Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise : Jul & Achdé

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (04/11/2016)

Résumé :
« Jack la poisse » a un service à demander à son ami Lucky Luke : que celui-ci escorte sa famille de Saint-Louis à Chelm City. La petite troupe quitte la misère de la Pologne pour conquérir sa part du rêve américain.

Bien que le périple doive s’étirer sur 4500 kilomètres, traverser un désert et un territoire indien, le cow-boy justicier accepte sans sourciller.

Jack, dont le véritable patronyme est Jacob Stern, est bien soulagé de ne pas avoir à révéler à ses proches qu’il n’est pas avocat à New York, mais garçon vacher dans le Middle-West.

La mission s’annonce simple et sans encombre. Mais c’est compter sans le fait que Moïshé, Rachel, Hanna et Yankel sont juifs, et que la pratique quotidienne de leur religion est souvent incompatible avec la vie dans l’Ouest sauvage.

Critique :
Je ne pense pas qu’il serait possible, de nos jours, de refaire un film tel que « Rabbi Jacob » et donc, le pari de faire rire avec le judaïsme et l’immigration était un pari osé pour les auteurs.

Rien que pour cela, je saluerai l’idée et la prise de risques, sans compter que les auteurs ont été drôles sans jamais être irrespectueux.

Le judaïsme est décrit dans ses grandes longueurs, dans ce que l’on connait le plus, mais sans jamais être condescendant ou moqueur.

La famille juive des Stern est accompagnée de Lucky Luke comme escorte et c’est tout naturellement qu’ils lui expliquent pourquoi ils ne peuvent pas manger certains aliments ou voyager la nuit de vendredi à samedi.

Si l’humour est présent, c’est hélas par des clins d’oeils à un film connu (Rabbi Jacob) où les auteurs empruntent des répliques célèbres ou alors, des clins d’oeils à d’autre film, comme Star Wars, mais point de calembour maison, comme le faisait le regretté Goscinny, même si Morris ne lui laissait pas trop en faire.

[Lucky Luke] — Quel rêve épouvantable ! Je crois que je ne digère pas la carpe farcie…
[Jolly Jumper] — Méfie-toi du côté obscur de la farce, Luke !

— Comment ? Lucky Luke, vous n’êtes pas juif ?!
— Ben non.
— Lucky Luke n’est pas juif…Ça alors ? Et votre cheval non plus n’est pas juif ?
— Lui non plus, hélas…
— Bon ben, c’est pas grave ! Je vous prend quand même !

Alors oui, on sourit, mais j’aurais préféré des nouveautés, sans pour autant renier les connues, mais bon, on est loin des « Ming Li Foo est voué à la propreté, il vient d’essuyer des coups de feu ! » qui dans le genre, était tout à fait innovant.

Tout comme dans le précédent, « Les Tontons Dalton », cet album n’est qu’un florilège de bons mots connus mais rien de neuf sous le soleil. Dommage.

Je soulignerai juste un calembour d’humour noir fait par Moishé Stern sur les voyages inconfortables que les juifs ont l’habitude de faire… Fallait oser ! Celui sur l’étoile du shérif était plus subtil.

— C’est joli mais euh… tous les juifs d’ici sont-ils obligés de porter une étoile sur leurs vêtements ?
— Ce monsieur est le shérif de la ville, miss Hanna !
— Un juif shérif ?! C’est beau l’Amérique.

Avec des airs d’albums comme « La caravane » (très bon) ou de « La fiancé de Lucky Luke » (très mauvais) nous sommes face à une aventure où, une fois de plus, Lucky Luke doit escorter des gens et les protéger mais sans que l’histoire ne soit trépidante et si l’aventure est plaisante, on attend l’action un peu trop longtemps et elle n’arrive pas vraiment.

Si l’album ne brille pas par sa nouveauté et est très conventionnel, le fait d’avoir placé une famille juive ashkénaze sous la houlette de Lucky Luke est néanmoins neuve et méritait d’être mise en album, j’aurais préféré des nouveaux gags mélangés à des clins d’oeils.

Le juge Roy Bean les accuserait de casus belli, les condamnerait à 50 dollars environ d’amende et les ferait poursuivre par son ours, attachés tous les deux à un arbre, avant de leur faire payer pour qu’ils lui offrent une bière et de les obliger à nous sortir de nouveaux calembours pour l’album suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

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Blueberry – Tome 17 – Angel Face : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 17 – Angel Face

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
L’action se déroule à l’époque du premier mandat d’Ulysses S. Grant, vers 1870.

La première page de cet épisode est un récapitulatif du cycle débutant par « Chihuahua Pearl » jusqu’au « Hors-la-loi » et se concluant par « Le Bout de la piste », avec pour intrigue principale le sort du trésor des confédérés entremêlée avec un plan d’assassinat du Président des États-Unis.

Critique :
Faut croire que le complot visant à assassiner JFK était mieux préparé et avait une meilleure organisation que celui visant à éliminer Grant…

Ou tout simplement, pour JFK, il n’y avait pas la célèbre tenancière de bordel, Guffie Palmer, pour faire échouer le tir du flingueur d’élite.

Pas de bol, cette bonne vieille Guffie, dans les bras d’Ulysse Grant, murmure le nom de Blueberry et il n’en faut pas plus à tout le monde pour le croire coupable et se mette à le chasser.

Déjà que ce dernier vient d’échapper aux conspirateurs de l’assassinat, à ces types sans foi ni loi qui voulaient descendre le président afin afin de favoriser la création d’une « dictature militaire » aux États-Unis et en faire un parfait bouc émissaire, mort de préférence.

Je vous l’ai déjà dit, Blueberry, c’est pas pour les tits n’enfants, c’est plus violent que Lucky Luke, ça va encore plus loin qu’un Durango et les auteurs n’ont jamais eu pour habitude de ménager leur personnage.

Là, ils vont nous faire ♫ Il court il court le Blueberry, le Blueberry de Fort Navajo ♪ Il est passé par ici, il ne repassera pas par là ♫

Cache-cache… Blueberry va devoir y jouer pour semer ses poursuivants et éviter de se faire attraper car il sait qu’on le tuera d’abord et qu’on le jugera ensuite. Non seulement ils doit éviter les policiers et les soldats qui sont en nombre dans le ville de Durango, mais en prime, il lui faut éviter de se faire allumer par les hommes de Blake, un des homme de main de la conspiration « Élimine ton président ».

Un album jonché de cadavres, de tentative d’assassinat, de grand complot, de bandits pas manchots, d’une petite mémé qui fume le gros cigare, d’un pompier sexy et d’un président qui pense que ses hommes sont incapables de retrouver l’homme qui voulut le tuer.

Hé, mister president, je ne te chanterai pas Happy Birthday To You, mais je te dirai que Blueberry, c’est un sacré morceau et qu’il a plus d’un tour dans son sac, comme notamment se déguiser en courant d’air qui aurait pu soulever la jupe de Norma Jean.

Un album bourré d’action, une fois de plus, de suspense et toujours avec un final qui donne envie de se ruer sur la suite afin de savoir si on va réhabiliter notre grand lieutenant au nez cassé et au regard ténébreux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le Hors-la-loi est le seizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le premier album du cycle du premier complot contre Grant (deux tomes).

Emprisonné depuis plusieurs mois au bagne de Francisville, Blueberry « avoue » où se trouve caché le trésor des Confédérés qu’il aurait prétendument volé. Convoyé dans un train, il profite d’une attaque armée pour s’évader.

Par la suite, il trouve refuge dans un bordel tenu par Guffie Palmer et se voit dans la quasi-obligation d’accompagner un jeune homme, « Angel Face », vers le Mexique.

Lors de la pré-publication dans Pilote, l’épisode s’intitulait « L’Outlaw ».

Critique :
Ce n’est pas courant, mais ♫ les portes du pénitencier ♪ sur Blueberry se sont refermées et c’est là qu’il devra finir sa vie, sauf, si, tel les membres de la 7ème Compagnie, il s’évade au clair de lune.

Saut il s’évade, soit il va y crever parce que le directeur est un petit sadique de la pire espèce qui va le faire trimer sans eau, sans repos afin qu’il crache le morceau au sujet du trésor des confédérés après lequel il courait dans les 3 épisodes précédents.

Je ne divulguerai rien, mais sachez juste que l’Union n’a pas touché une seule pièce d’or de ce fabuleux trésor et bien entendu, tout le monde pense que Blueberry l’a enterré quelque part.

Blueberry, jamais à court d’idées folles, va nous la jouer à la Louis Chedid et chanter ♫ Je me suis fait la belle, je me suis fait la belle ♪

Machiavélique ! C’est le mot pour résumer cet album où j’étais bien incapable de dire qui baisait qui, car non seulement on va de surprise en surprise, mais en plus, celui qui croyait baiser peut se retrouver en train de se faire prendre à sec et sans élan et cela donnera un final bourré de « nom de dieu, j’l’ai pas vue venir celle-là », sauf si vous l’avez déjà lu et que vous vous souvenez de tout. Moi j’avais la mémoire vide.

Une fois de plus, les auteurs ne mettent pas leur héros dans de l’ouate et il va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle, courir comme un fou, tenter de se dépêtrer de ce sac de noeuds et, comme d’habitude, faut pas penser que on termine en happy end mais que un cliffhanger qui laisse présager moult emmerdes pour le tome suivant.

Blueberry, une valeur sûre de la bédé, toujours un plaisir à relire.

Allez, vite la suite, parce que je ne m’en souviens plus du tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974) – Le Lombard (1974-1977)

Résumé :
Ballade pour un cercueil est le quinzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le dernier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

Presque tous les acteurs de l’album précédent convergent vers un « pueblo abandonné », Tacoma, à la recherche du trésor des Confédérés.

Après avoir affronté les jayhawkers et Lopez à plusieurs reprises, la troupe de Blueberry ramène le trésor à la frontière des États-Unis, où elle aura à faire face au commandante Vigo, aux jayhawkers à nouveau et à un chasseur de primes.

Critique :
Voilà un album comme nous n’en verrons sans doute plus de nos jours car il est composé de 72 pages d’aventures pures et dures.

Maintenant, business oblige, on couperait l’album en deux.

Franchement, ici, on en a pour ses sous, niveau lecture, car le début de l’album est composé de longs textes expliquant l’origine de Blueberry, cet homme bourru, têtu, bagarreur, buveur, coureur de jupons, de pistes, au nez cassé et qui poste un nom de gonzesse (Myrtille).

Avant même l’émergence de la saga « La jeunesse de Blueberry », nous en savions enfin plus sur ses origines et je peux vous dire que malgré le fait que je connaisse les origines de mon lieutenant de cavalerie préféré, cela m’a fait plaisir de les relire.

Dans ce lourd album dense, notre lieutenant court toujours après le fameux trésor des confédérés, il n’est pas le seul et sa piste sera jonché de cadavres car dans cette course à l’or, tous les coups bas sont bien entendus permis.

Zéro temps mort, même pas pour laisser souffler les bêtes, des balles qui sifflent, des tombes que l’on creuse, un cercueil qui va faire un long voyage, des trahisons, des coups bas, des aides improbables, du whisky, de fausses pistes, de jeu de cache-cache, de chausses-trappes et j’en passe.

Du rythme sans perdre son souffle, un suspense maintenu tout au long de l’album et des surprises en veux-tu en voilà !

Je ne sais pas ce qu’il en est des nouvelles éditions, mais dans l’ancienne, on a beaucoup de couleurs monochromes et des cases coloriées tout dans le même ton, ocre ou bleu gris. Si on a l’habitude, ça ne fait pas de mal aux yeux, mais si on ne l’a pas, on pourrait être surpris.

Cet album met aussi en avant la fièvre de l’or et ce que l’Homme est capable de faire pour en obtenir, devenant fou devant ce métal jaune, prêt à trahir ou à mourir pour lui.

Les auteurs étant impitoyables pour leurs personnages, ça va saigner et on ne comptera plus les morts à la fin de l’odyssée du trésor des Confédérés. C’est sombre, violent et tous les travers de l’Homme sont réunis dans ces pages.

Personne n’en sortira indemne, personne n’en sortira grandi et certains partiront les pieds devants…

Un tournant dans la saga Blueberry, une trilogie qui marque, un peu à l’image du diptyque « L’or de la sierra » dont je vous parlais l’année dernière (Ici et ).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Lucky Luke – Tome 20 – Billy the Kid : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 20 – Billy the Kid

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
Dans cet album, les auteurs reprennent le personnage de Billy the Kid, bandit notoire, né en 1859 et mort à 21 ans.

En fait, ils reprennent surtout son nom et jouent sur son surnom (kid signifie gamin en anglais) pour en faire un personnage de sale gosse.

La véritable histoire de Billy the Kid n’est abordée à aucun moment dans l’album.

En braquant sa première diligence à cinq ans, Billy the Kid commence son impressionnante carrière de bandit. Il s’installe à Fort Weakling où il terrorise la population.

Lucky Luke arrive à Fort Weakling, étonné que la rue soit aussi déserte. Il est ensuite bizarrement accueilli par le directeur de l’hôtel. Puis il fait la connaissance de Billy the Kid qui, drôlement, sympathise avec lui et l’invite à boire du chocolat chaud au saloon.

Critique :
Si vous voulez briller au prochain repas de famille ou à la machine à café, évitez de leur raconter cette aventure de Lucky Luke car elle n’est pas à prendre pour argent comptant : le célèbre desperado dont il est question ici, Billy The Kid, n’est pas canonique !

Ce n’est pas la première fois que les auteurs font entrer des personnages réels dans les aventures de leur lonesome cow-boy, mais ici, ils prennent des grosses libertés en faisant de Billy un sale gamin méritant une grosse fessée.

Évidemment, c’est bien plus drôle ainsi.

Les situations cocasses ne manquent pas et comme la ville où Billy a élu domicile est peuplée de couards de la pire espèce, tout le monde fait moult courbettes devant le sale gamin, lui donne l’argent de la banque, de la diligence, le tout sans qu’il ait besoin de tirer un coup de feu où qu’une victime porte plainte.

Terrorisés qu’il sont, les habitants de Fort Weakling (weakling qui veut dire « faible ») et ce n’est pas la venue du célèbre cow-boy tirant plus vite que son ombre qui va les rendre plus courageux ! Courage, laissons-nous faire et ne nous plaignons pas.

L’album est drôle du fait de Billy, le sale gosse qui ne sait pas lire, qui aime les histoires de princesses, mais sans méchantes sorcières, sinon il cauchemarde ! Billy, qui boit du chocolat chaud, pique des crises et mange des caramels.

Oui, Billy est un gamin en pleine crise d’adolescence, un enfant à qui on a passé tous les caprices, qui a braqué une diligence à pas d’âge et a juste été privé de dessert.

Même Lucky Luke n’arrive pas à en venir à bout tant ce gamin est insolent, lui qui voit le cow-boy comme un type qui le fait rire et tant la population lui fait ses quatre volontés sans broncher.

Si le dessin de Morris est excellent, l’album ne brille pas par les jeux de mots de Goscinny et on le dirait même aux abonnés absents tant on ne « sent » pas sa plume dans cet album, ce qui ne retire rien au fait que je l’apprécie, mais il manque son grain de sel, son groin de folie.

Le scénario reste excellent de par son déroulement et de par la stratégie adoptée par Lucky Luke pour venir à bout de ce sale môme qui n’a pas volé la fessée donnée en couverture, quoiqu’en dise les brillants penseurs qui l’ont consacrée au rang de torture pour enfant (alors que les adultes amateurs de sado-maso l’ont érigée en chose sensuelle).

Je viens d’apprendre qu’une fois de plus, la censure était passée par là dans la case de départ où l’on voit Billy téter le canon d’un revolver, ce qui, à l’époque, avait été jugé inappropriée par ces messieurs de la censure.

Un tome plaisant mais pas du niveau de certains, malgré tout, j’ai de la tendresse pour cet album, et cela, ça ne s’explique pas mais ça me rend sans doute plus indulgente.

J’y vois aussi un reflet de notre société où l’enfant-roi ne doit jamais être contrarié, ni stoppé dans ses bêtises, jamais grondé, et où même les adultes (politiciens) ne sont presque jamais punis pour leur fautes, aussi grosses soient-elles.

J’vous jure, il y a des fessées qui se perde !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 14 – L’homme qui valait 500 000 $ : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 14 – L’homme qui valait 500 000 $

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1973)

Résumé :
L’Homme qui valait 500 000 $ est le quatorzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1973, c’est le deuxième album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

La ville mexicaine de Chihuahua et ses alentours sont le théâtre de divers affrontements entre Blueberry, le gobernador Lopez, Chihuahua Pearl, le commandante Vigo, les jayhawkers Kimball et Finley, ainsi que MacClure et Red Neck.

Ils sont tous à la recherche du trésor des Confédérés, dont le secret est détenu par un ancien colonel sudiste enfermé dans le « bagne-forteresse de Corvado ».

Critique :
Après l’Homme qui valait 3 milliards (d’ancien francs !!) ou The Six Million Dollar Man dans sa V.O, nos voici avec un grand blond qui vaut 500.000$ or !

Le trésor des Confédérés, le fric qu’ils ont mis à l’abri lors de la victoire des mecs en Bleu, afin de reprendre la guerre plus tard et de la gagner, bien entendu.

Un homme connaît la cachette de ce fabuleux trésor et tout le monde a envie de jouer à Indiana Jones afin de le mettre la main dessus.

Peu de personnes sont au courant et si notre lieutenant badass Blueberry ne s’était pas mêlé d’une incursion de soldats mexicains poursuivant un pauvre type, il ne se retrouverait pas dans cette galère.

Blueberry ne se la coulera jamais douce… Le voici enfermé et les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer et c’est là qu’il finira sa vie, sauf s’il s’évade… En compagnie d’un détenu mis au secret, le beau grand blond détenteur du secret du trésor, ce qui, vous conviendrez, commence à devenir compliqué.

Heureusement pour nos deux hommes qu’ils bénéficieront d’une aide extérieure afin de nous rejouer la Grande évasion, avec autant de panache que lorsque la 7ème compagnie s’est évadée.

Un album sans temps mort, avec son lot de trahisons, de retournements de situation, d’évasion, de mariage glamour avec militaires et fusils, de morts, de prisonniers qui nous rejoueront les Révoltés du Bounty et un final qui laisse présager encore beaucoup de suspense et d’aventures dans le prochain tome !

Blueberry ou comment passer de bons moments de lecture, le cul dans le divan, à défaut d’une selle western pour le savourer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 13 – Chihuahua Pearl : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 13 – Chihuahua Pearl

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1973)

Résumé :
Chihuahua Pearl est le treizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin).

Publié en 1973, c’est le premier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).
Quelques années après la guerre de Sécession, le conseiller militaire du président des États-Unis « oblige » Blueberry à retrouver le trésor de Confédérés dans le but de prévenir la reconstitution d’une armée sudiste qui servirait à mener une guerre de reconquête.

Démis de ses fonctions et plus tard accusé de meurtre, Blueberry se met en route vers la ville mexicaine de Chihuahua.

Après avoir affronté des soldats mexicains, il prend contact avec une femme belle et volontaire surnommée « Chihuahua Pearl ».

Surpris alors qu’il l’embrasse, Blueberry se fait un ennemi du gouverneur de l’État en place. En plus, une bande de jayhawkers est aussi à la recherche du trésor.

Critique :
♫What can make you move, Chihuahua ♫Can you feel the groove ChihuahuaWhat can make you dance ♪ Oh Chihuahua ! ♪What can make you sing Chihuahua ♪Take it and you win Chihuahua ♫

Quand la belle et voluptueuse Chihuahua Pearl serre un cigare dans ses dents, je pense que les hommes auraient envie qu’elle s’occupe du leur, mais sans les dents…

Mais avant que notre lieutenant borderline Blueberry ne croise les lèvres pulpeuses et les courbes généreuses de la belle Chihuahua, il va lui arriver moult aventures et, une fois de plus, il aura l’impression d’être le dindon de la farce, un pion sur l’échiquier, sans qu’il sache toujours très bien qui joue avec qui.

Une chasse au trésor, ça vous dit ? Le magot que les confédérés auraient planqué lors de la capitulation n’a toujours pas été retrouvé, certains n’en avaient même pas connaissance, de l’existence de ce magot. Mais une fois que l’on sait, ça donne envie de jouer tout en laissant les règles de côté.

Mike Blueberry est envoyé pour retrouver l’homme qui a enterré le trésor, mais comme il doit faire ça dans la discrétion, on va le renvoyer à la vie civile et même ajouter des griefs à son palmarès déjà bien rempli de conneries en tout genre.

Chasse au trésor et partie de cache-cache pour éviter les soldats mexicains de Vigo, le chasseur de primes et les jayhawkers de Kimball et Finlay, tout en essayant de se faire rejoindre par le poivrot de MacClure et son autre acolyte, Red Neck.

Qui a dit qu’on allait se la couler douce ??? Va falloir faire gaffe à préserver sa peau, à éviter les mauvaises rencontres et ménager sa monture ! Les chemins pour passer au Mexique ne sont pas nombreux, ce qui ferait plaisir à Trumpette…

Un tome qui mélange adroitement les codes du western et du polar, distillant adroitement le suspense et les retournements de situation, le tout avec une pincée de manipulations, de jalousie, d’envie et de soif de l’or.

Un tome qui ne ménagera pas notre lieutenant mal rasé, mal coiffé, mal embouché, sale, puant et au caractère de cochon. Mais c’est ainsi que nous l’aimons, non ?

— Sûr ! Mais pour comprendre, faut que je vous fasse deux confidences… Primo : que tous les officiers au-dessus du grade de lieutenant sont complètement abrutis… Deuxio, que le degré d’abrutissement double à chaque nouveau galon…
— Très intéressant… Eh bien, confidence pour confidence, je suis le général MacPherson, conseiller militaire du président des États-Unis…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Avaler du sable : Antônio Xerxenesky

Titre : Avaler du sable

Auteur : Antônio Xerxenesky
Édition : Asphalte (05/02/2015)
Édition Originale : Areia nos dentes
Traducteur : Mélanie Fusaro

Résumé :
Mavrak est une petite ville du Far-West peuplée de pistoleros et de filles de joie, située au milieu d’un désert de sable brûlant. Ici, la sobriété est déraison.

Depuis toujours, deux familles, les Marlowe et les Ramirez, s’opposent en une rivalité assassine. Celle-ci se voit bientôt ranimée par le meurtre lâche d’un des fils Ramirez.

D’autant qu’un shérif est envoyé à Mavrak pour faire régner la justice dans cette zone de non-droit.

Critique :
Mesdames (et messieurs, on ne sait jamais) avant de baver sur le clavier à cause du bel animal (celui de devant ou de derrière, au choix), je vous préviens de suite que je ne vais pas critiquer un western bourré de love boys…

L’image est indépendante de l’article, pour une fois, mais vu le moment de lecture que je viens de passer, j’avais envie de me faire plaisir les yeux.

Les familles Marlowe et Ramirez sont un peu les O’Timmins et les O’Hara du coin. Ils ne savent pas se piffer et personne ne sait pourquoi. Si nous étions en Corse, nous aurions un peu le même genre de rancœur comme entre le clan de Figatellix et celui d’Ocatarinetabellatchitchix… En tout cas, c’est très grave !

Car ce que je raconte, c’est l’histoire de mes ancêtres, des tensions qui se sont progressivement amplifiées et qui ont culminé avec le retour des morts. Non. Je mens. J’écris sur une ville, la bourgade où mes ancêtres ont vécu, celle où les Ramírez et les Marlowe ont existé et ont cessé d’exister. De cet endroit, il reste peu de chose. Cherchez sur une carte ou dans un atlas : vous ne trouverez rien.

Les éditions Asphalte ont pour habitude de me sortir de mes sentiers habituels de lecture me proposant des auteurs moins connus dans nos contrées, nous proposant de l’exotisme intelligent et noir.

Si  j’ai ronchonné un peu en lisant les chapitres avec les atermoiements d’un des personnages, qui tente d’écrire un livre western sur ses ancêtres (les Ramirez) qui avaient vécu dans le trou du cul du monde au temps du Far-West, j’ai pris mon mal en patience, attendant patiemment le retour des enfants terribles qui étaient ses ancêtres.

Parce qu’en plus de larmoyer et de boire comme un trou, notre homme écrivain nous gratifie dans son texte d’onomatopées et met même en page un bug informatique qui lui ravage un super passage qu’il venait d’écrire et que nous ne connaîtrons jamais. Frustration, quand tu nous tiens.

Déjà que niveau dialogues, l’avarice régnait en maître au niveau des guillemets et des tirets cadratins… Ce qui me fait souvent bouillir intérieurement et rend le style plus brouillon.

Anybref. On remarque vite dans le récit western qu’il y a une analogie entre les relations de Juan Ramirez (l’auteur) et Martín, son fils qu’il n’a jamais compris et celles qui régnaient entre son ancêtre et Juan, un des fils de celui-ci, celui qui était parti étudier dans le Nord, qui ne buvait pas et qui tirait aussi bien qu’un type atteint de la parkinson.

T’es le pistolero le plus lent de l’Ouest ! Une espèce de limace avec un poncho ! Une tortue à éperons ! Viens plus me dire que t’es pas un pistolero. Maintenant, tu l’es. Je l’ai décidé.

Un fils qui ne savait même pas boire, ça ne pouvait pas être un homme, un vrai. Surtout dans une ville où, selon Miguel, la sobriété est déraison.

À un moment, je me suis même demandée si Juan Ramirez n’écrivait pas son western pour tenter de comprendre et d’exorciser le fait qu’il ne voyait plus son fils et qu’il avait tout raté avec lui, tout comme cet ancêtre avant lui, l’histoire étant un perpétuel recommencement.

Si j’étais doté d’un talent pour la fiction, je modifierais sans pitié les événements. Parce que Miguel, d’une certaine façon, répète tout ce que j’ai fait. Ou, plutôt, moi, plus de cent ans plus tard, je répète tous ses désastres. Je suis la preuve définitive que l’histoire est cyclique. 

Une bonne idée de scénario et j’ai de suite accepté le postulat que son histoire de western n’était peut-être qu’une invention de son esprit, qu’il se mettait en scène avec son fils, dans une autre époque, afin de comprendre où tout avait foiré…

Jusque là, tout allait donc plus ou moins bien dans le récit et l’auteur confirmait même que j’avais bien deviné.

Tu en penses ce que tu veux, lecteur, mais moi, je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Tout le reste est faux. Ce n’est pas un western. C’est autant un western qu’Apocalypse Now est un film de guerre. 

Je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Rien de plus.

Là où je suis tombée de ma chaise, c’est lorsque des zombies sont entrés en action dans le roman western et que tout est parti en sucette !

Heu ? Déjà que les récits de morts-vivants ne sont pas ma came, mais bon, si je lis un livre de zombies, je sais que je vais en voir débouler. Mais pas ici, bordel de merde !

Encore un livre qui va rejoindre ma pile de « À donner » !

L’univers, c’était Mavrak, et la petite ville s’extrayait de l’inertie matinale pour démarrer la journée. Par la fenêtre, rien n’échappait au regard de Miguel Ramírez. Il vit des chevaux s’abreuver. Il vit un Marlowe. Il vit son autre fils, Juan, cheveux gras volant dans son cou malgré son chapeau. Son petit-fils Sergio, au loin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Le casse – Tome 5 – Gold Rush : Luca Blengino & Antonio Sarchione

Titre : Le casse – Tome 5 – Gold Rush

Scénariste :
Dessinateur :

Édition :

Résumé :
Yukon. 1899… Hermès Coltrane, prestidigitateur de talent et ancien braqueur de trains, est rejoint par le jeune Mac, un ancien complice récemment évadé et dont la tête est mise à prix.

Ensemble, ils se lancent dans un voyage à travers le froid et la glace pour monter une équipe hors du commun.

Leur but : voler « The Stone », la plus grosse pépite d’or jamais découverte. Et la subtiliser au colonel Zondrick, l’homme qui, quelques années plus tôt, a détruit leur vie…

Critique :
Je dois avoir un faible pour le Klondike, moi, ces derniers temps, parce que je viens encore de passer la terrible Chilkoot Pass et de faire le voyage épuisant et frigorifiant jusque Cripple’s Junction, ville minière perdue dans le trou de cul glacé du monde !

Aujourd’hui je vais vous parler du vol du Youkounkoun ! Ah pardon, on me signale en régie qu’il a déjà été volé… et qu’en plus, c’était un diamant.

Or ici, on va tenter de voler le plus grosse pépite d’or jamais trouvée dans le Yukon : « The Stone », 50kg d’or le plus pur et certains aimeraient bien faire d’elle une Rolling Stone, c’est à dire la chouraver pour devenir riche, rouler le terrible Zondrik pour se venger de lui, et accessoirement, inscrire leurs noms dans l’Histoire.

Pour ça, faut réussir le casse du siècle et ne pas la jouer comme le cambrioleur Dortmunder dans « Pierre qui roule », justement.

Ce qui m’a attiré dans cette bédé, c’est avant tout sa couverture, le fait que cela se déroule aux États-Unis, les dessins, que j’ai trouvé très réalistes, les couleurs sépia de certaines cases.

Emballé c’est pesé et j’ai été embarquée dans une aventure folle, folle, folle, une sorte de casse à la Ocean Eleven, avec moins de monde, mais tout aussi bien détaillée, aussi extravagante.

Les personnages des voleurs sont sympathiques, trainent derrière eux un passé trouble, mais j’ai éprouvé de l’affection pour eux.

Zondrik, le proprio de la plus grosse pépite d’or, est – contrairement à Zorglub – un véritable salopard de la pire espèce et l’ombre de son Z plane, telle celle d’un sadique psychopathe lâchée dans la nature. Lui, les voleurs ou toute personne qui ne lui revient pas, il lui tranche la tête avec une véritable guillotine !

Beaucoup de violence et d’adrénaline dans cette bédé, de l’action, de l’intelligence, des tours de magie et d’illusion, car, même si la magie n’existe pas en tant que telle, le but du jeu consiste seulement à faire voir aux gens ce que vous voulez qu’ils voient.

Et le coup était parfaitement réussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1981)

Résumé :
Blutch et Chesterfield tentent d’échapper à une patrouille Nordiste. Leur but est d’atteindre la fontière Mexicaine où ils seront alors à l’abris. Mais de l’autre coté, chez les Mexicains, deux bandes rivales de bandits sèment la terreur.

Tentant de fuir à nouveau, ils trouvent sur leur chemin le cadavre d’un prêtre et de son serviteur. Afin de se fondre dans la population et de quitter leur uniforme qui mettaient leur vie en péril, il décident d’échanger leur vêtement avec ceux des deux victimes.

Chesterfield, qui possède la même corpulence que le pauvre prêtre, sera El Padre.

Critique :
Cette aventure en terre inconnue ne commence pas par un plan large d’une bataille, mais par nos deux amis poursuivis par un patrouille de Sudistes qui gagne du terrain.

Heureusement, face à eux il y a le Rio Grande qu’ils vont s’empresser de traverser puisque le scénariste a été assez sympa pour leur mettre un gué à disposition.

Les voici donc en terre mexicaine, ce qui n’est pas plus sécurisant que les Sudistes, et en plus, ces enfoirés montent la garde pour ne pas que notre duo retraverse.

Que fallait-il donc faire ? Traverser le Rio Grande ou pousser la chansonnette comme Eddy Mitchell ? Le traverser, pardi, et tâcher de ne pas se faire prendre par les mexicains basanés version guérilleros, les peones étant moins dangereux.

Une fois de plus, le sergent va faire preuve d’inventivité, de ruse et ça ne fonctionnera pas, car ils vont jouer de malchance avec les gris devant eux, un chef indien cruel à leur poursuite et une bande de mexicains mené par un gros type pas commode du tout.

Ce que j’adore dans cet album, c’est que nos deux amis, pour tenter de s’enfuir de cette terre hostile et échapper à Jacomino, le rebelle indien, vont se se vêtir des habits des deux morts trouvés sur leur route : un prêtre et son aidant et notre sergent au caractère bien trempé va devenir El Padre pour les peones du coin, sous la coupe du tyran au sombrero.

Comment s’en sortir coincés qu’ils sont entre ces deux bandes rivales qui ne s’entendent que pour pilier les convois d’armes ?

Les répliques volent bas, Chesterfield a tout d’un Don Camillo énervé et n’hésitera pas à dire à voix haute ce que d’autres auraient peur de penser à voie basse.

C’est un album que j’ai pris plaisir à relire, ayant oublié toute une partie, notamment celle de l’otage, et ma relecture fut une fois de plus placée sous le signe du rire et des sourires devant la mauvaise humeur du sergent et l’hilarité compréhensible de Blutch.

Des situations cocasses, des engueulades, des répliques qui volent dans les gencives, un sergent toujours aussi soupe au lait et un final qui, une fois de plus, ne sera pour récompenser nos deux hommes.

Un de mes préférés à cause de l’humour présent, du scénario drôle et bien pensé, et pour le fait aussi qu’on s’éloigne de la guerre, ce qui n’est pas plus mal, même si nous sommes dans une bédé humoristique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.