Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 8 – Un cow-boy à Paris : Jul et Achdé

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 8 – Un cow-boy à Paris

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (02/11/2018)

Résumé :
Le sculpteur français Auguste Bartholdi fait une tournée spectaculaire aux États-Unis pour lever des fonds qui lui permettront d’achever la future Statue de la liberté.

Mais plusieurs incidents visent la statue et même directement Bartholdi. Lucky Luke est missionné pour escorter le Français, et ce, jusqu’à Paris.

C’est un choc culturel pour le cow-boy qui, non content de traverser l’Atlantique pour la première fois, découvre la splendeur de la ville lumière, et le mode de vie de ses autochtones, les parisiens.

Critique :
Et bien voilà, ce n’était pas si compliqué que ça que d’arriver à faire un Lucky Luke post Morris qui tienne la route et qui ait des petits airs de ce que nous avions avant.

Hélas, pas de petits jeux de mots savoureux comme Goscinny savait en faire (même si Morris ne le laissait pas faire, ayant les jeux de mots en horreur et n’en voulant pas dans ses Lucky Luke)…

Malgré tout, on a un comique de situation, des petits travers soulignés, comme avec certains parisiens n’aimant pas les touristes, des personnages connus qui traversent les nouveaux pavés devant la Sorbonne et des petits traits d’humour en droite ligne de notre époque à nous (grève des cheminots, fouilles à l’entrée des prisons,…).

Le voyage de Lucky Luke à Paris ne dure pas tout l’album, avant qu’il ne mette les pieds (et les sabots) dans la ville lumière, il parcourra le far-west avec le sculpteur Bartholdi et la main de la statue de la liberté afin de récupérer des sous pour sa construction.

On reste dans la tradition des Lucky Luke avec les saloons et les types louches, le goudron et les plumes, les danseuses légères, les tirs plus vite que son ombre… Bref, du classique de chez classique, mais ça marche toujours parce que c’est ce qui lui sied le mieux.

Juste une petit interrogation : lorsque Bartholdi et Lucky Luke arrivent à Titusville, célèbre ville de l’album « À l’ombre des derricks » (qui se déroule chronologiquement avant la construction de la statue de la liberté), notre cow-boy explique au sculpteur qu’il s’agit d’une ville qui vit du pétrole mais ne fait aucune allusions au fait qu’il a bien connu la ville !

Pour les puristes, nous sommes loin d’un album Morris/Goscinny au faîte de leur art, mais ne boudons pas notre plaisir lorsque l’album est correct, amusant, drôle, bourré de références en tout genre, de comique de situation et de tout ce qui fait que Lucky Luke est savoureux à lire.

Des comme ça, moi, j’en redemande !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°1XX] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 09 – Un cow-boy dans le coton : Achdé et Jul

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 09 – Un cow-boy dans le coton

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (23/10/2020)

Résumé :
Lucky Luke se retrouve bien malgré lui propriétaire d’une immense plantation de coton en Louisiane. Accueilli par les grands planteurs blancs comme l’un des leurs, Lucky Luke va devoir se battre pour redistribuer cet héritage aux fermiers noirs.

Le héros du far-west réussira-t-il à rétablir la justice dans les terrains mouvants des marais de Louisiane ? Dans cette lutte, il sera contre toute attente épaulé par les Dalton venus pour l’éliminer, par les Cajuns du bayou, ces blancs laissés-pour-compte de la prospérité du Sud, et par Bass Reeves, premier Marshall noir des États-Unis.

Critique :
Lucky Luke, comme beaucoup de personnages de littérature, n’a pas le droit de prendre des vacances ou de se reposer : même dans le trou du cul du far-west, il arrive encore à tomber sur des personnes qu’il connaît bien et adios le repos !

Alors, les Dalton, ils font partie du décor, s’ils ne s’évadent pas, ce n’est pas un vrai Lucky Luke.

Par contre, le premier Marshall Noir, Bass Reeves, lui, on ne l’avait jamais vu dans le petit monde du cpw-boy qui tire plus vite que son ombre.

Oui, Bass Reeves, ou le River Bass de la bédé du même nom et qui est plus politiquement correct dans un Lucky Luke que dans la version de Darko Macan et Igor Kordey.

Lucky Luke qui se frotte au racisme du Sud, l’idée est bonne et louable, mais j’ai l’impression qu’on a survolé le sujet sans vraiment entrer dedans et qu’on s’est perdu en cours de route.

Nous sommes dans un Lucky Luke, je comprend que les gars du KKK doivent être caricaturés comme le furent les Indiens, la Cavalerie, les éleveurs, les bandits… Nous sommes là pour rigoler après tout et se moquer de ces gens est une bonne méthode.

Donc, qu’on en fasse des zozos de carnaval ne me dérange absolument pas. Dans l’univers de Lucky Luke, les Méchants sont plus bêtes que méchants, mais c’est la manière dont on résout le problème qui m’en pose un.

Le Deus Ex Machina qui réglera le problème de cet album marchait du temps de Morris et Goscinny mais moins dans les nouvelles aventures… Nous avions manqué de profondeur dans le scénario et j’aurais préféré que l’on règle le problème de manière moins… (titre d’une chanson fort connue sur le Rocher).

En 46 pages, Lucky Luke ne passera pas longtemps dans sa plantation, aura peu de soucis comparé à l’histoire du fermier mit du barbelés sur la prairie ou au milieu des O’Hara et des O’Timmins ou face à un juge et son ours apprivoisé…

On survole le tout, on essaie de bourrer un max de références connues (qui sont amusantes, je ne dis pas le contraire), mais ça nous éloigne du sujet principal : la plantation de coton, l’or blanc du Sud.

Pire, les Dalton feront même tapisserie et nous éloignerons une fois de plus de la plantation pour nous mettre face à des Cajuns et leur manière de parler particulière. Une grande référence du Sud, mais en 46 pages, il faut faire des choix drastiques ou faire plus court.

La présence des Dalton donnera quelques scènes d’humour, notamment leur évasion et leur entrée dans les marais, mais de ce fait, l’auteur survolera le sujet des plantations et des esclaves Noirs qui ne l’étaient plus, tout en l’étant encore.

Même eux sont caricaturés à l’extrême et aucun ne ressort du lot pour rester dans nos mémoires comme est resté Sam, le meilleur verseur de café du Mississippi et du Missouri réunis !

Nous sommes loin des albums de Morris/Goscinny de chez Dupuis où les personnages étaient marquants, fort en gueule, sympathiques, amusants, hauts en couleur, mauvaise foi… Des personnages que l’on n’oublie jamais, qui reste dans nos mémoires, autant les méchants flamboyants tel Joss Jamon que les gentils ou les loufoques. De cet album, je ne retiendrai personne !

Un album qui n’est pas mauvais, loin de là, qui possède de l’humour, des situations cocasses, des petites références à des personnages de notre époque et littéraires, un album qui partait d’une bonne intention mais qui n’arrive jamais vraiment à conclure dans le coton à force de se disperser un peu partout pour arriver à tout caser en 46 pages.

Mais au moins, je ne pourrai pas leur reprocher comme dans les autres albums, de mettre en scène des dialogues de films connus (Les Tontons Flingueurs et Rabbi Jacob) pour « Les Tontons Dalton » et « La Terre promise » sans rien inventer de neuf.

Comme je ne suis pas mauvaise joueuse, je lirai encore les nouvelles aventures de Lucky Luke mais mon or blanc à moi restera les albums du duo Morris/Goscinny qui seront très difficile à égaler.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°128].

Bouncer – Tome 02 – La pitié des bourreaux : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 02 – La pitié des bourreaux

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes Associés (2002)

Résumé :
Bouncer et Seth sont bien loin du tumulte de Barro City. Le manchot a emmené son neveu dans un endroit retiré, une vallée où lui-même a été initié au maniement des armes et au contrôle de soi.

Seth entame une longue initiation, où souffrance et privation seront son quotidien. Sera t-il prêt à temps pour venger la mort de ses parents ?

Critique :
Dans ce deuxième tome, on clôt l’arc narratif de la vengeance de Seth.

Notre jeune garçon est parti avec son oncle, le Bouncer, pour apprendre à manier les armes, chez celui qui apprit à son oncle à se battre.

L’apprentissage du jeune Padawan ne sera pas chose facile mais au moins, les auteurs ne se sont pas trop épanché dessus, ne nous faisant partager que les scènes les plus mythiques.

Si j’avais trouvé que dans le premier album, le scénariste semblait avoir mis toutes les horreurs possibles et imaginables, toutes les perversions, tout ce qui était le plus abject, il s’est un peu calmé dans son deuxième tome, même si nous sommes toujours très loin de La Petite Maison Dans La Prairie (et heureusement que nous en sommes loin).

L’Ouest dépeint est plus réaliste que celui de Lucky Luke, il est violent, fait de morts, d’attaques de diligence, de ségrégation, de petits esprits, de violences et de morts par les armes à feux.

Si j’ai trouvé que Seth tombait un peu trop vite amoureux et que son histoire d’amûr n’était pas réaliste, tout le reste était profond à souhait et le dilemme dans lequel ses pères littéraires vont le placer est pervers à souhait. Ça, par contre, j’adore !

Le final est assez conventionnel, même si on a une pointe d’horreur avec le diamant retrouvé (je ne vous dirai pas où il était caché) et il termine d’une manière honorable l’arc narratif commencé dans le tome 1.

Si après ces deux albums, la série n’avait pas continué, les lecteurs ne seraient pas restés sur leur faim.

De nos jours, ceux qui n’en veulent plus peuvent s’arrêter après deux stations s’ils estiment que leur chemin de croix fut assez laborieux, mais moi, je continuerai l’aventure car je suis curieuse de voir ce que les tomes suivants me réservent.

Bouncer, ça avait mal commencé entre nous et là, ça c’est réchauffé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°102].

Marshal Bass – Tome 4 – Yuma : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 4 – Yuma

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2019)

Résumé :
Un bon criminel ne reste jamais vraiment à l’ombre. Même s’il a été incarcéré, Chef Powell règne d’une main de fer sur pénitencier de Yuma grâce à son argent et son influence.

Le marshal adjoint River Bass a pour mission d’infiltrer la prison et de mettre pour de bon un terme aux activité de Powell.

Mais que peut-il faire, seul face à six cents détenus en colère, affamés, désespérés… et prêts à en découdre à tout instant ?

Critique :
— Marshall Bass, votre mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer le pénitencier de Yuma où un politicien condamné utilise son argent pour y faire la loi et se faire chouchouter.

Voilà donc notre premier marshall Noir de l’Histoire en route pour se faire embastiller.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se refermer ♪ (je ne résiste jamais).

Notre homme a du pain sur la planche puisque le politicien Powell règne en maître sur la prisons, ses prisonniers et les gardiens.

Une fois de plus, l’album est très sombre au niveau du scénario et est à réserver à des adultes avertis. Les couleurs sont lumineuses, nous sommes peut-être à l’ombre mais sous le soleil implacable de Yuma.

Bass est ronchon, il rumine son acte qui a eu lieu à la fin de l’album précédent et ça ne le met pas de bonne humeur. Il va falloir jouer serré pour se faire entendre alors qu’un politicien Blanc distribue son argent comme des Dragibus.

C’est violent, c’est noir, c’est sans espoir… Un huis-clos oppressant dont on ne sait pas qu’elle en sera l’issue tant tout semble mal barré pour notre marshall.

Une fois de plus, j’ai passé des moments forts avec mon marshall bourru.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2018)

Résumé :
Dans la ferme de River Bass, Bathsheba, sa femme, s’occupe de ses nombreux enfants.

Don Hercalio Vega, un riche propriétaire mexicain profite de l’absence du marshal pour passer faire des avances à la mère de famille mais cette dernière n’est pas d’humeur.

Sa fille aînée a disparu avec un indien de passage dont elle s’est entichée. Pas un mot, pas un au revoir, Dieu sait où elle peut être.

Critique :
Marshall Bass n’est pas un gentil marshal tout sympa, que du contraire, il est ambigu au possible, pas lisse du tout, bourré de défauts…

Bref, l’homme est réaliste et dans ce troisième tome archi sombre qui m’a laissé la bouche ouverte, muette de stupéfaction, dans le final, les auteurs ajoutent une facette à ce personnage qui n’a pas fini de nous étonner.

Sa fille aînée n’a rien trouvé de mieux que de foutre le camp avec un Indien dont elle est amoureuse.

Bass, père d’une famille nombreuse, ne donne pas l’impression de s’occuper plus que ça de ses gosses et s’il en a tant, c’est parce qu’il ne sait pas la garder dans son pantalon et qu’il fait coup de la nuit de noces dès qu’il revient près de son épouse.

Course-poursuite au pas, dans la neige, dans le froid, et qui partira dans un sens tout à fait inattendu, non conventionnel, même si les thèmes sont archi-connus. Tout l’intérêt est dans la manière dont les sujets courants sont traités et mis en page.

Je ne serai jamais fan des dessins, mais malgré tout, il faut souligner les décors, grandioses, mettant bien en valeur la nature, son côté implacable, son univers impitoyable (là, vous avez sûrement des envies de fredonner le générique d’une série).

Un album sombre, violent, effroyable dans sa dernière partie, mais j’aime ressortir lessivée d’une lecture car généralement, c’est qu’elle a été bonne.

Mon seul bémol sera toujours pour les dessins et les traits des visages. On aime ou on n’aime pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°93] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 22 – Le bout de la Piste : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 22 – Le bout de la Piste

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Novedi (1986) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry contacte le géneral Dodge pour qu’il plaide sa cause auprès du président Grant. Il a avec lui toutes les preuves de son innocence dans l’affaire du trésor des confédérés, mais il refuse de se livrer et de laisser faire la justice.

Il lui faut retrouver les véritables conspirateurs qui ont essayé de tuer Grant et sa piste remonte à Kelly, le directeur du penitencier où Blueberry était détenu.

Le Bout de la piste est le vingt-deuxième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario), Jean Giraud (dessin) et Janet Gale (couleurs).

Publié pour la première fois en 1986, c’est le dernier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Blueberry, comme le lecteur, arrive au bout de la piste d’un récit commencé 9 albums plus tôt dans « Chihuahua Pearl » (tome 13).

Ça fait long la tentative de réhabilitation, même si, depuis le tome 13, Blueberry a vécu des aventures pour 1.000 vies.

Il devait aussi se blanchir de deux actes d’accusation graves : le vol du trésor des Confédérés et la tentative d’assassinat du président Grant.

Si l’album précédent (La dernière carte) n’était pas au top au niveau du scénario et des couleurs, celui-ci renoue avec les grandes heures de Blueberry et les auteurs nous offrent un festival d’action, de suspense et de complot pour terminer ce cycle ainsi que clore toutes les anciennes affaires qui pendaient au cul de notre lieutenant.

Cela avait beau être ma 36ème relecture, il n’en reste pas moins que j’ai eu de belles surprises car j’avais oublié le nom du comploteur en chef et de celui qui le secondait, comme quoi, perdre la mémoire, ça a du bon aussi, on redécouvre l’histoire avec des yeux neufs.

Petit coup de blues car ce tome signe aussi la fin des aventures de Blueberry pour moi puisque les albums suivants ne font pas partie de mes préférés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°84] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 21 – La dernière carte : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 21 – La dernière carte

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1983) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry, Red Neck et MacClure sont à Chihuahua parce que, selon Blueberry, c’est le seul endroit où il ait une chance de retrouver Vigo.

Ce dernier aurait en effet en sa possession un document concernant le vol du trésor de guerre sudiste. Ce qui innocenterait Blueberry.

Publié pour la première fois en 1983, c’est le premier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Cela fait quelques albums que Blueberry ne porte plus l’uniforme des Tuniques Bleues et qu’il court partout dans le but de prouver son innocence dans plusieurs sales affaires qui lui pendent au cul (Hors-la-loi).

Déjà qu’on l’accuse de tentative d’assassinat sur le président Grant, mais en plus, il y a toujours la vieille affaire du trésor de guerre des Confédérés qui a disparu alors qu’il devait le ramener.

Il est plus que temps qu’on le réhabilite, le Blueberry et qu’on lui offre une médaille !

Cet album est moins bon que les précédents, pour plusieurs choses : les couleurs sont horribles, criardes, pas agréable pour les yeux. Certains encrages sont trop légers, comme si on avait oublié de repasser un coup dessus et le scénario est mal équilibré.

Alors que ça traîne un peu en longueur au départ, le final est précipité. Entre les deux, c’est le remake de la grande évasion, sans moto et sans plan foireux de la 7ème compagnie. Bien que le coup des matelas n’était pas si mal trouvé… (mdr)

Le Mexique change de dirigeants comme de chemise et les coups d’état sont nombreux. Aujourd’hui, Vigo est gouverneur de l’État de Chichuahua, mais demain ? Ou dans une heure ? En tout cas, le hasard fait toujours bien les choses et c’est tant mieux pour que nous puissions continuer de lire les aventures de Blueberry.

Je déplorerai aussi que le bandit de l’album, El Tigre, soit aussi fin que le papier d’une cigarette, l’auteur n’ayant pas pris la peine de lui donner de l’épaisseur. Mais comme je le disais, on démarre lentement, comme un vieux diesel et ensuite on fonce pour boucler l’album qui est un 46 planches.

Pour une fois, voilà un album qui n’arrive pas à la cheville des autres, aussi bien au niveau des dessins, que du scénario et que des couleurs. Carton plein dans la demi-teinte, comme si les auteurs avaient eu d’autres occupations et que Blueberry en avait pâti.

Malgré tout, ça reste un album que j’ai pris plaisir à relire, mais il manque de professionnalisme et c’est bien dommage.

Il ne me reste plus qu’un seul tome à relire du cycle de la Réhabilitation de Blueberry et je pourrai dormir sur mes deux oreilles quand mon lieutenant préféré aura réussi à blanchir sa réputation, à défaut de domestiquer sa chevelure ou son caractère de cochon.

Oui, c’est ma 36.000ème relecture mais malgré tout, je vibre toujours pour lui et je m’inquiète aussi… C’est ce qui prouve le talent du scénariste Jean-Michel Charlier car les relectures n’entament jamais le suspense et mes angoisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°82] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1982) / Dupuis Repérages (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry a réussi à s’évader avec la complicité de Mc Clure, Red Neck, Chihuahua Pearl et des Navajos, dont Vittorio, leur chef, et Chini, la fille de Cochise.

C’est envers ces derniers que Blueberry a une dette: en effet, Cochise et les anciens végètent toujours dans la réserve que leur ont laissé les soldats Américains, et les rigueurs de l’hiver approchent.

Sortir de la réserve n’est pas un problème, mais survivre clandestinement pour rallier la frontière Mexicaine tout en échappant à l’armée des États-Unis, voilà le nouveau challenge que va relever le Lieutenant Blueberry, et la tribu de Cochise va sembler se volatiliser dans la nature, ce qui lui vaudra bien le nom de « Tribu Fantôme »…

Publié pour la première fois en 1982, c’est le dernier album du cycle de « Blueberry fugitif » (trois tomes).

Critique :
Voilà un album que j’apprécie particulièrement car ici, les Indiens vont tenir la dragée haute aux militaires Blancs qui vont les chercher comme dans une partie géante de cache-cache.

Après les massacres gratuits dans « Tête jaune » ou la mise en réserve, qui a tout d’un mouroir, des Navajos, dans l’album précédent, on rétablit un semblant d’équilibre qui fait du bien au moral.

Vittorio n’est pas un égoïste, son peuple crève dans cette putain de réserve qui est torride en été et polaire en l’hiver, ce qui cause moult décès et des famines chez les Navajos, qui, pour la plupart, sont des femmes, des enfants et des vieillards.

L’Homme Blanc serait fichu le camp, laissant son peuple se démerder, pas chez les Indiens. La mentalité n’est pas la même et on le ressent une fois de plus dans cet album dont les couleurs sont dans des tons sables.

Mais pour libérer et évacuer les siens qui sont sous les yeux des Longs Couteaux, va falloir plus que ruser et c’est là que Blueberry va faire la différence, lui qui connait tous les codes, les us et coutumes des Blancs, ainsi que leur manière de réfléchir.

Cet album est bourré de suspense car dans cette partie de cache-cache géante, la défaite signifie la mort pour les Navajos. Même la fuite sera synonyme de mort pour certains des plus âgés qui ne pourront fuir et qui se sacrifieront pour que les autres survivent.

Blueberry est un stratège hors pair et avec l’aide de ses deux bras gauches que sont  Mc Clure et Red Neck, il va réussir à brouiller les pistes et à niquer les Tuniques Bleues de manière brillante.

Un vingtième album qui, comme d’habitude, a un excellent scénario, du suspense, du mystère, une chasse à l’Homme Rouge qui va réunir bien des hommes prêt à tout pour les anéantir, oubliant que les Indiens ont le sens du sacrifice pour sauver les leurs, de la ruse et Blueberry !

Maintenant que Blueberry a encore accompli une mission impossible, il serait temps de penser à sa réhabilitation chez les Tuniques Bleues…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°77] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 19 – La longue marche : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 19 – La longue marche

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Fleurus (1980) / Hachette (1982) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003-2013)

Résumé :
Le lieutenant Blueberry est emprisonné à Fort Bowie (Arizona). Une escorte s’apprête à l’emmener à la plus proche station de chemin de fer. Il doit en effet être jugé à Durango pour vol, évasion, haute trahison et tentative d’assassinat sur la personne du président des États-Unis.

Mais c’est peut être sans compter sur Red Neck et Mac Clure, fidèles amis de Blueberry, qui vont tout tenter pour le faire évader.

D’autres alliés avancent aussi dans l’ombre : Chini, la jolie fille de Cochise, et un groupe de Navajos emmenés par Vittorio.

Dix-neuvième album de la série de bande dessinée Blueberry, publié pour la première fois en 1980, c’est le deuxième album du cycle de Blueberry fugitif (trois tomes). Le titre est une allusion à la longue marche des Navajos survenue en 1864.

Critique :
J’avais relu « Nez-Cassé » il y a deux ans et je n’avais pas eu le temps de continuer le cycle « Blueberry fugitif », ce qui était une grave erreur de ma part puisqu’il est excellent (mais bon, je l’ai déjà relu au moins 36 fois).

Pour ne pas changer, Blueberry est dans une merde pas possible. Là, on l’accuse d’avoir tenté d’assassiner le président, rien que ça.

Jamais de sa vie Blueberry ne sera pris au sérieux quand il clame son innocence. Et jamais il n’aura une aventure pépère sans coups fourrés qui le mettent à mal vis-à-vis de la hiérarchie.

Cet album, qui n’a pas été édité chez Dargaud (je ne sais pas pourquoi) possède une fois de plus un scénario béton, avec de l’action, du suspense, le retour des Navajos chez qui Blueberry s’était réfugié dans le tome précédent et une évasion de dingue, orchestrée par ses deux compères Red Neck et Mac Clure.

Et quand ces deux là montent un plan d’évasion, c’est vachement plus réfléchi que les plans foireux d’évasion dans « La 7ème compagnie ». Ici, au moins, aucun con ne fera sauter de ponts…

Autant les personnages Blancs ne savent pas reconnaître leurs erreurs dans les Blueberry, autant l’Homme Rouge sait battre sa coulpe et admettre que Blueberry avait raison.

— La ruine de mon peuple a enfin ouvert les yeux de Vittorio, aveuglé par la soif de gloire ! Seul le plan de Tsi-Na-Pah était sage ! En le refusant, moi Vittorio ai provoqué la mort inutile de beaucoup de braves… J’ai dit !

Les dessins de Giraud sont toujours fidèles à eux-mêmes et les cases débordent de détails, de plans larges, de visages en gros plan. Les décors sont toujours majestueux et on ressent bien tout le poids des paysages naturels des États-Unis.

Blueberry est toujours un grand stratège, il pense comme un Blanc, ce qui aide bien les Indiens qui eux ne penseraient pas à certains détails. Notre lieutenant est un joueur de poker, le bluff, il connait, et certains vont en faire l’amère démonstration.

Ce dix-neuvième tome se recentre sur les Indiens, comme le précédent et les met en avant d’une manière intelligence, réaliste. On est loin des emplumés un peu crétins de Lucky Luke ou d’autres bédés, films, séries. Les auteurs ont rendu à César ce qui était à César et aux Indiens ce qui étaient à eux.

C’est aussi l’occasion de dénoncer le système des réserves qui parquaient les Indiens dans des coins hostiles, où on se les gèle en hiver (on ne leur donne pas assez de couvertures) et où on se liquéfie en été, sous le soleil infernal. Le tout sans recevoir assez de nourriture…

Et l’Homme Blanc, les militaires, estiment que le Rouge doit se taire car c’est déjà bien qu’on lui donne ces terres arides. Bref, belle mentalité que nous avons là.

Comme toujours, Blueberry ne m’a jamais déçu, ni au niveau du personnage, ni au niveau du scénario, des décors, des personnages secondaires… Tout est bien pensé, pesé, c’est taillé au millimètre et, last but not least, nous recroisons la route de certaines personnalités marquantes du cycle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°66] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes associés (20/06/2001)

Résumé :
Etats Unis, fin de la guerre de sécession… un petit groupe de confédérés ne pouvant croire à la défaite de leurs camps continuent la guerre comme si de rien n’était. Ils se livrent aux pillages, viols autres cruautés sans aucun complexes.

Leur chef, le capitaine Ralton, un homme dément, prend conscience que son détachement ne pourra se livrer à ses massacres longtemps avant que les nordistes ne leur tombent dessus et ne les réduisent en charpies.

C’est pourquoi il décide de séparer son détachement et de partir avec ses meilleurs hommes à l’abri pendant quelques temps.

Il s’en va chez son frêre qu’il n’a pas vu depuis longtemps et avec lequel il s’est séparé en de mauvais termes. C’est à cause de lui que Ralton est défiguré, mais ne serait il pas venu le temps de lui faire payer ceci…

Critique :
*Voix de Jacques Martin*
— Bonjour, tu aimes La Petite Maison Dans La Prairie ? Les Bisounours ? Mon Petit Poney ? Lucky Luke ? Bref, toutes ces choses pleines de gentillesse, de bons sentiments où les Gentils sont très gentils, les Méchants très drôles et un peu cons et où les Bons gagnent toujours ??
— Oh oui, j’aime ça *voix enfantine*
— Et bien alors ne lis pas cette bédé !!

Avec Alejandro Jodorowsky au scénario, il ne faut pas s’attendre à du western gentillet à la Lucky Luke mais à quelque chose d’ultra violent dépassant même la série Durango.

Niveau violences, je pense que Jodorowsky a fait le tour : viols, pillages, incendies, décapitations, tortures, assassinats, pédophilie, prostitution et un personnage fouillera même les entrailles de sa mère morte…

Ma foi, on a fait le tour de ce qui était le plus abject, dans cette bédé western. Comme si l’auteur avait décidé d’y incorporer toute l’horreur dont sont capables des êtres humains quand ils se comportent de la pire des manières.

Là, le glauque dépasse l’entendement et perd de son charme.

Certes, l’Ouest, juste après la guerre de Sécession, ce n’était pas Le Manège Enchanté, mais tout de même… L’impression est qu’on a noyé le scénario dans de l’ultra violence (sérieusement, Durango, à côté, c’est pour les p’t’its z’enfants).

J’ai lu sur Babelio que Jodorowsky et Boucq ont inventé un genre nouveau : le « western shakespearien ». Sanguinolent à mort et, en trame de fond, on a une histoire ultra conventionnelle de vengeance, de trésor perdu et de Confédérés qui ne veulent pas se rendre.

Les dessins m’ont énormément gênés tant ils sont moches au niveau des visages, les chevaux donnent l’impression d’être démesurés en longueur… Par contre, les paysages étaient bien faits, ça compense un peu.

Malgré l’ultra violence exagérée et le scénario conventionnel, j’ai été happée par le récit, me demandant jusqu’où les auteurs allaient aller (sont allés trèèèès loin) et par le personnage énigmatique du Bouncer.

Les flash-back sont insérés aux bons endroits, ils permettent d’éclairer les personnages, de leur donner de l’épaisseur, un passé et d’expliquer le pourquoi du comment, le Grand Méchant Sudiste Ralton, a décidé de flinguer, torturer et plus si affinités.

J’ai beau être un peu mitigée, ma curiosité est titillée et comme on m’a prêté la série, je ne vais pas me gêner pour la lire et voir les tomes suivants sont toujours dans cette violence extrême. J’espère que non car cela fout souvent en l’air des scénarios.

 

et

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°65] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.