Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Deux détectives, Cosmo Smith et Fletcher Jones, de la fameuse agence Pinkerton (réputée pour passer incognito) viennent quémander de l’aide auprès de ce redoutable cow-boy habile aux armes, cavalier accompli, toujours prêt à secourir le plus faible, la veuve, l’orphelin ou l’opprimé, qui ignore la peur, ce serviteur de la justice aux nerfs d’acier plus connu sous le nom de Lucky Luke (sans oublier son fidèle compagnon sans qui toutes ces aventures ne seraient rien, son cheval Jolly Jumper).

Sa mission est de réussir à expulser du Texas le fameux gang des frères James. Après avoir écumé le Missouri, Jesse James et ses compagnons sont signalés au Texas.

Lucky Luke accepte de s’y rendre et permettre l’arrestation de la bande James.

Critique :
Il y a des tas d’incompréhension dans ma vie et on peut d’or et déjà ajouter le début de cet album où les auteurs nous exposent, en détail, toutes les qualités de Lucky Luke et de Jolly Jumper…

Qu’ils les ajoutent sur la page de garde, comme pour Astérix, ce serait bien pour ceux qui découvriraient la série sans la connaître, mais nous balancer deux pages de ce genre d’intro, je n’en vois pas la raison, si ce n’est que pour meubler.

Autant où les personnages de Billy The Kid, de Calamity Jane ou des Dalton, les vrais ou les cousins, étaient des portraits réussis, autant où celui de Jesse James est mince et ne provoque aucune empathie.

Monsieur voulait jouer à Robin des Bois, voler les pauvres pour donner aux riches, mais dès qu’il donnait l’argent au pauvre, celui-ci devenait riche et donc, Jesse James le braquait à son tour.

De toute façon, la réalité historique est que Jesse James était un voleur, point barre et la légende qui dit qu’il aurait donné de l’argent à une femme pour qu’elle sauve sa ferme de la banque, revolant ensuite cet argent au banquier, est fausse.

Il y avait du potentiel dans ce desperado et son frère qui nous cite Shakespeare à tous ses dialogues, même s’il ne dit que oui ou non. Il y avait du potentiel dans leur cousin, un gros balourd au cerveau léger. Mais on a loupé tout ça et le résultat donne un album mitigé où rien n’arrive à décoller vraiment.

Jesse James et sa bande vont jouer aux honnêtes gens comme le firent une fois les Dalton, mais en moins drôle, les gens de cette petite ville du Texas sont des couards, comme toujours, comme ceux de la ville où sévissait Billy The Kid, mais eux aussi en moins drôle et, comme tous les autres, ils auront un regain de fierté et trouveront leur courage, planqué aux fonds de leurs bottes.

Un album de Lucky Luke qui n’est guère brillant, où le potentiel de Jesse James est galvaudé et où les auteurs donnent l’impression de meubler des pages juste pour dire qu’ils ont rempli le quota nécessaire pour faire un album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°59, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 03 – Lune d’argent : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 03 – Lune d’argent

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1956)

Résumé :
En mauvaise posture Jerry… six ans plus tôt, une gamine a été enlevée lors d’un raid des Kiowas.

A la demande de son grand-père, Jerry parcourt le territoire de cette nation dans le but de retrouver celle qui avait pour nom Daphné Elliott.

Pas de chance Jerry, car, déguisé en colporteur il est tombé sur un parti de guerriers qui, en plus de lui voler sa marchandises, veulent également lui faire la peau.

Entravé au sol il ne doit son salut qu’à l’intervention inopinée de Pancho.

En fuite tous deux, pourchassés par la meute rouge, ils se dirigent vers le territoire des Dakotas car Jerry n’a pas oublié sa mission.

Critique :
Les Jerry Spring ont souvent un ton assez moralisateur et celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Normal, cette série était destinée à la jeunesse et il fallait que tout soit propre et que tout se termine bien, sinon, panpan cucul la censure !

Et panpan cucul Monsieur Dupuis aussi car les aventures de Jerry Spring étaient destinées aussi aux jeunes lecteurs de l’hebdo Spirou.

Mais je ne vais pas bouder mon plaisir, Jerry Spring a enchanté mes lectures jeunesses (piqués dans la biblio de papa) et si j’ai toute la collection, c’est que, dans le fond, j’apprécie la série.

Elle vieillit mal, par contre. Ce qui passait lorsque j’avais 12 ans et même 15, passe moins bien une fois la trentaine dépassée. Le côté naïve romantique est loin, je travaille, j’ai voté mainte et mainte fois et je me suis fait les dents sur ma déclaration d’impôts.

Anybref, je ne suis plus une oie blanche qui est contente que tout se termine bien et surtout, aussi facilement !

Putain, sa mère, comment Jerry et Pancho ont niqué les Dakotas ! Pfouit, ni vu, ni connu, j’t’embrouille ! Et évidemment, ils ne sont pas fait rattraper par les guerriers Rouges dont un devait être plus vénère que ses frères puisqu’on lui soustrayait sa fiancée, Lune d’Argent, cette jeune fille Blanche enlevée il y a 6 ans par les Indiens.

Daphne Eliott pour son richissime oncle bienveillant. Hé oui, tout le monde n’a pas les moyens de retrouver les siens enlevés par les Indiens… Ni Jerry Spring sous la main. Ni une jeune fille qui, après avoir passé 6 ans chez les Indiens, semble se réadapter tout de suite à la vie des Blancs… Heu… Pas réaliste.

Une autre chose qui me chagrine, c’est que, pourvu de grosses cases, cet album ne fait pas l’éloge de la ligne claire : les traits sont épais, peu détaillés et les paysages ne sont corrects que lorsque notre dessinateur ne nous propose pas des gros plans sur les personnages. Même au niveau des couleurs, j’ai déjà vu mieux.

Avec juste trois bandes par page, on dirait que l’auteur/dessinateur n’a rien trouvé d’autre comme solution pour remplir un album de 46 pages.

Jijé, tu ne m’entends plus, mais bon sang, tu aurais pu étoffer un peu ton histoire, lui donner un peu plus de profondeur et ne pas résoudre tout par des deus ex machina.

On tourne en rond au départ et puis, miracle, on tombe sur la jeune fille enlevée qui, toujours un miracle, parle encore l’anglais !

Miracle de nouveau, on arrive à la soustraire aux Indiens et elle fait même preuve d’intelligence en faisant en sorte de nous donner une nuit et un peu plus avant que ses Frères Rouges ne s’inquiètent de son non-retour.

Pourtant, il y a du bon, sans cette série et notamment le fait que les Indiens ne soient pas présentés comme des êtres assoiffés de guerre, de pillage, de viols mais soient des êtres Humains comme les autres, avec leurs défauts, leurs qualités, leurs prises de conscience et leur évolution dans l’histoire, comme le fit Tête Folle, le fils de chef chez les Kiowas.

Pas le meilleur album de Jerry Spring, un scénario qui semble être étiré pour faire 46 pages alors qu’on a un final précipité et une sacrée ellipse entre le moment où Jerry qui Pancho en canoë et le moment où il le retrouve, à la plantation du riche type. Allez, en quelques lignes on explique tout et hop, terminé, merci, au revoir.

On pouvait faire mieux, bien mieux… Mais c’est trop tard.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°54, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Walt Slade – Tome 4 – Le Chariot mystérieux : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 4 – Le Chariot mystérieux

Auteur : Bradford Scott
Édition : Marabout Junior (1966)
Édition Originale : Gunslick ou Dead in Texas (1965)
Traducteur : Cyrille Vermeersch

Résumé :
Dans une petite ville frontière au Sud des États-Unis, une légende terrifie les bergers mexicains : chariot fantomatique et affreuse bête à tête de loup apparaissant et disparaissant comme par miracle dans la nuit…

Devant les coups de main de plus en plus nombreux dépouillant les éleveurs, Walt Slade entreprend une difficile enquête, se heurtant à d’inexplicables événements.

Trouvera-t-il la clé de l’énigme ?

Critique :
Une petite touche de fantastique avec ce chariot fantôme qui terrifie les bergers et cette affreuse bête à tête de loup, les deux apparaissant et disparaissant dans la nuit…

Mais rassurez-vous, Walt Slade résoudra l’affaire et comprendra qu’il n’y a point de mystère ou d’intervention diabolique dans ce phénomène !

Nous sommes un peu comme dans Le Chien Des Baskerville, d’ailleurs, Walt Slade est un peu comme Sherlock Holmes : grand avec des yeux gris et des cheveux noirs, un nez busqué, un bon sens de la déduction, un cerveau.

Bref, un détective à cheval et au far west.

Walt Slade (prononcez « Wolt Sléde ») est donc un Texas Ranger qui a tout d’un super détective et d’un super héros car il s’en sortira toujours vainqueur (Bob Morane, sort de ce corps).

Grand et bô, il tire vite et droit, mieux que Lucky Luke et chevauche un superbe étalon noir. Sexy Boy…

Anybref, on aurait envie de chevaucher avec lui ou mieux, de se faire chevaucher par lui (ou de le chevaucher, on a tout le kamasutra pour s’amuser, tout compte fait).

Sans oublier qu’il est intelligent et courageux, qu’il possède de l’intuition pour résoudre ses affaires, il a une très belle voix et chante en s’accompagnant à la guitare… Rhâââ, lovely !

Dans cette enquête qui sent le fantastique, notre Texas Ranger va avoir affaire au Napoléon du Crime car le cerveau qui se trouve derrière toute cette mascarade carnavalesque est un cerveau brillant, tel un Moriarty dans le monde des cow-boys.

On a de l’action, du mystère, une enquête, la recherche d’indices, de l’aventure, de l’alcool, des cordes à lyncher, des balles de revolvers qui sifflent et des sueurs froides car notre bô Walt Slade a failli laisser des traces de freinages dans le fond de son caleçon long lorsqu’on lui tendit un piège dans un canyon resserré…

Cherchez pas à comprendre pourquoi j’ai un faible pour ce genre de littérature de gare (des psychiatres sont devenus fous en essayant de comprendre) car il n’y a pas d’explications censées, juste une envie folle de m’encanailler avec des romans qui volent moins haut que d’autres.

M’en fiche, j’ai pris du plaisir à relire les trois livres que je possède sur ce Texas Ranger qui a tout pour venir hanter mes nuits avec son six-coups qui crache le feu et sa longue Winchester… Phallique, tout ça !

Mais redevenons sérieuse. Pour se changer les idées et s’aérer l’esprit, rien de mieux qu’un Walt Slade ! Et ces derniers temps, j’ai tellement aéré mon cerveau qu’il y a des courants d’air dedans.

Bon, il est temps de reprendre une activité normale et de revenir à la littérature qui m’est chère : le polar et les romans noirs qui ont un peu plus de profondeur.

Quoique, dans les Walt Slade, on a une écriture assez imagée, fort poétique, d’ailleurs, je ne résiste pas à vous l’inclure en fin de billet :

Décevante était la lenteur avec laquelle il voyait se rapprocher la crête. Sa progression était devenue une reptation douloureuse le long de la paroi grise inondée de soleil, brûlante sous ses doigts saignants, qui marquaient son passage d’empreintes écarlates.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°53, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle

Auteur : Bradford Scott
Édition :
Édition Originale : Death in the Saddle (1965)
Traducteur : Gérard Colson

Résumé :
À travers une action trépidante où se succèdent les hold-up, les vols de bétails, les attaques de convois et les banques, se dégage l’attachante personnalité de Walt Slade, ranger, sheriff-adjoint, une des gâchettes les plus rapides de l’Ouest et l’un des héros les plus populaires des Etats-Unis.

Opposé à Crater Moral, redoutable Outlaw, il trouve en lui un adversaire digne de ses talents.

Critique :
Walt Slade (prononcez « Wolt Sléde ») est un Texas Ranger qui a tout d’un super héros.

Il est grand, beau, possède des yeux gris très pâles, des cheveux noirs aux reflets bleutés, tire vite et droit, mieux que Lucky Luke et chevauche un superbe étalon noir.

Sans oublier qu’il est intelligent et courageux, qu’il possède de l’intuition pour résoudre ses affaires, il a une très belle voix et chante en s’accompagnant à la guitare…

Oui, Walt a tout du bô gosse, tout en étant honnête et tout se résout grâce à lui.

Littérature de gare, tout à fait.

Collection « Marabout Junior Western »… Mais cherchez pas à comprendre (des psychiatre se sont suicidés en essayant), j’ai pris du plaisir à relire ces trois livres que je possède sur ce Texas Ranger hors du commun et qui a tout pour lui.

On s’embête pas, ça tire dans tous les sens, tout s’arrange à la fin, Walt a toujours les bonnes idées.

Pour se changer les idées et s’aérer l’esprit, rien de mieux ! Et de temps en temps, ça fait du bien au cerveau, ces petits temps de repos sans qu’une célèbre marque de boisson gazeuse n’en profite.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington : Achdé & Laurent Gerra

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington

Scénariste : Laurent Gerra
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2008)

Résumé :
Alors que la campagne fait rage et que les menaces d’attentat se multiplient, Lucky Luke est chargé d’escorter dans l’Ouest sauvage Rutheford Hayes, candidat à l’investiture suprême.

De Memphis au Texas, des tribus indiennes aux saloons les plus mal famés, la balade ne sera pas de tout repos.

Troisième Lucky Luke signé Gerra et Achdé, l’homme de Washington est une hilarante course poursuite où les mœurs politiques des pieds tendres sont impitoyablement disséquées.

Critique :
Après une guerre civile dévastatrice et 8 ans de bordel avec le président Ulysse Grant qui fit de la corruption un état d’esprit, les États-Unis ont envie d’un président moins corruptible et plus sérieux pour se relever et aller de l’avant.

Il y en a deux, un pour les Démocrates et deux pour les Républicains : un honnête homme et un candidat autoproclamé qui a fait fortune dans le pétrole, vient du Texas et a une sale tronche de DoubleYouBouche…

Le pays n’étant pas sûr, on charge Lucky Luke de protéger le candidat à la présidence, Rutheford Hayes, qui voudrait aller à la rencontre de ces concitoyens, surtout ceux de l’Amérique sauvage.

Les auteurs ont fait un choix assumé (je suppose) avec un candidat Républicain, mais tout comme Lucky Luke, si ce candidat est élu et que son programme est respecté, cet homme me réconciliera avec la politique !

Mais entre nous, il y a peu de chance que les américains soient d’accord avec son programme qui a tendance à donner des droits à ceux qui n’en ont pas et ça fait grincer les dents des électeurs, et de la NRA aussi car il veut restreindre les armes.

Une fois de plus, on part en voyage en train dans l’Amérique, partant à la rencontre d’une partie de sa faune humaine, qu’elle soit des plus sympathiques ou des plus affreuses, comme ces types avec des taies d’oreillers en coton 100% blanc qui s’amuse à faire danser un pauvre Noir.

Les auteurs tirent à boulets rouges sur certaines mentalités, les plus sombres, jouent avec les mots, font des références politiques ou humoristiques à notre monde avec une chanteuse nommée Britney Schpires ou un fou des armes nommé Sam Pallin.

Alternant les piques tout en les enrobant d’humour et l’action, les auteurs ne s’en tirent pas si mal et nous offrent un album correct, agréable à lire, où l’on sourit, mais sans éclats de rire non plus.

Qu’à cela ne tienne, leurs calembours passent comme une lettre à la poste (un jour où il n’y a pas grève) et on a l’impression de se trouver face à un Lucky Luke de l’ancienne génération, celle de Morris chez Dupuis, mais avec plus de références bien ciblées à notre monde qu’il ne le faisait lui, restant plus dans le général, ce qui donne des gags intemporels.

Je ne sais pas comment passeront les références à notre société d’aujourd’hui lorsque ces albums seront lus dans 20 ou 30 ans, comme c’est le cas avec les Lucky Luke de l’époque Dupuis.

Mon seul bémol sera pour le traître dans leur train (comme on avait dans l’album « La caravane ») car c’est à se demande quand à eu lieu la substitution… Parce qu’elle a dû avoir lieu après la présentation, une personne ne pouvant se trouver à deux endroits à la fois.

Bon, je me doute de quand à eu lieu la substitution, mais j’aurais aimé savoir ce qu’était devenu le véritable personnage remplacé par le salopard ! Tout de même, là, il restait un point à éclaircir.

En tout cas, je n’ai pas de regrets de lecture pour cet album, il est agréable, possède de l’humour et un scénario bien mieux réussi que certains albums de ma connaissance et datant de l’ère où Morris passa chez Dargaud (à l’instigation de Goscinny) et où certains albums de ce duo manquaient de sel, de sauce, de liant (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

Et que dire de ceux qui tentèrent de remplacer Goscinny après son décès !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°49, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Cow-Boys – Mythe et réalité : Yves Berger & Claude Poulet

Titre : Cow-Boys – Mythe et réalité

Auteurs : Yves Berger & Claude Poulet
Édition : du Chêne Photographie (1996)

Résumé :
Fou des Amériques, de géographie, d’ornithologie, du Sud, de la guerre de Sécession, des Indiens, des chats, de la Provence et de la langue française.

Yves Berger est aussi, depuis trois décennies, le directeur littéraire des Éditions Bernard Grasset.

Critique :
Non, n’offrez pas ce livre à une petite fille qui n’aime que les ballerines ou à un petit garçon qui n’aime que les camions de pompiers !

Sélectionnez plutôt celui ou celle qui ne se sent plus dès qu’elle voit un cheval avec une selle western, qui bave devant les film de Sergio Leone ou tout autre film dès qu’il y a des chevaux et des cow-boys.

Privilégiez le lecteur ou la lectrice qui adore Lucky Luke. Et là, vous en ferez une personne heureuse !

Passant en revue, au fil des 4 saisons,  le travail des cow-boys de maintenant, l’auteur nous glisse quelques petites explications tandis que les photographies de Claude Poulet font mouche en nous montrant l’étendue des prairies, la taille des troupeaux (et bien moindre qu’en 1860), le travail harassant et difficile des vaqueros américains, tout en nous gratifiant, de temps en temps, de plans serrés sur un pommeau, un mors, un éperon.

Peu de texte, mais des images qui font pétiller les yeux, même scintiller, dans mon cas, moi qui me pâme toujours devant une selle western (j’en possède 2) et tout l’équipement qui va avec. Par contre, je n’ai plus vraiment les chevaux pour aller avec ce style là (avant, oui).

Un beau livre que j’ai pris plaisir à revoir une fois de plus, m’immergeant dans les troupeaux de vaches, sortant mon lasso pour attraper un veau, le retourner, le marquer, le castrer, ou plus, si affinités.

Une rude vie, un job mal payé, mais une vie au grand air et à toutes les intempéries.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé, Pennac & Benacquista

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton

Scénaristes : Daniel Pennac & Tonino Benacquista
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2010)

Résumé :
Rentré d’une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu’un nouveau héros a conquis l’Ouest.

Allan Pinkerton, adepte de méthodes d’investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

Critique :
Il n’est pas facile de reprendre le personnage d’un autre auteur et de se l’approprier, ou, du moins, de ne pas le dénaturer.

Niveau dessins, Achdé tient la route, son Lucky Luke ressemble à celui de Morris, le brin d’herbe en plus (sacrilège la disparition de sa cigarette roulée et pourtant, je suis non fumeuse).

Point de vue humour, on a quelques bons jeux de mots, on retrouve l’ambiance comique des vrais Lucky Luke, avec des petites références à notre époque, comme cet Horatio Caine dans un labo de la Pinkerton.

Mais nous sommes loin de la qualité humoristique de Goscinny, même si ce dernier avait la bride super serrée par le cavalier Morris qui ne lui laissait pas galoper allègrement dans les jeux de mots qui faisaient rire aux éclats ou étaient d’une finesse incomparable.

Retenez bien qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ! Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes… 

Anybref, malgré cet humour qui ne fait pas rire aux éclats mais sourire, on retrouve tout de même ce qui faisait le sel des aventures de Lucky Luke ancienne version (celle de l’époque de Dupuis) avec une population qui relègue Lucky Luke dans les has been, ne jurant plus que par Allan Pinkerton.

Ce n’est pas la première fois que notre cow-boy solitaire est désavoué par la populace avant que celle-ci ne change son fusil d’épaule et le rappelle au secours. On a eu souvent le cas dans toute l’histoire de notre lonesome cow-boy et dans la vie réelle aussi. Les gens sont des girouettes.

Historiquement, on suit le chemin du véritable Allan Pinkerton qui n’était pas un enfant de cœur et prêt à tout pour arriver au sommet et faire de son agence qui ne dormait jamais, L’AGENCE de référence avec des nouvelles méthodes, bien plus avancées que celle de notre Lucky Luke, dont la science criminelle, l’espionnage et surtout, les ragots.

Pour ses fiches sur tout le monde, Pinkerton m’a fait penser à la folie de Hoover qui voulait lui aussi ficher tout le monde, même si celui-ci n’arrivera que bien plus tard dans l’Histoire des États-Unis.

Le climat est à la délation pour tout et n’importe quoi, Pinkerton envoie en taule à tour de bras pour des peccadilles et les prisons sont surchargées.

Les emprisonnements ont beau être amusant à découvrir, le tacle est tout de même sévère (et sous la ceinture) car il rappelle les heures sombres de nos pays et je ne reléguerai pas ce genre de comportement au passé car il est toujours présent et nourrissez-le d’un peu de climat de peur ou de jalousie et bardaf, on recommencera les arrestations arbitraires.

Tout ici est emballé dans de l’humour, présenté avec finesse, mais si on se donne la peine de faire une analogie ou de réfléchir un peu, ça fait peur parce que ça pue aussi le Big Brother et de nos jours, plus besoin de se planquer sous le lit, il suffit que tous ceux qui veulent des infos sur nous aillent sur nos profils Fesse Bouc, Touitter, Snap-Chatte, Rince tes grammes, Pine Tes Restes et j’en passe.

Franchement, je ne tirai pas à boulets rouges sur cet album car il vole plus haut que certains à l’époque où Morris avait claqué la porte chez Dupuis pour aller chez Dargaud et où ses scénaristes n’étaient guère inspiré, même le grand Goscinny (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

De plus, contrairement aux albums Les Tontons Dalton et La Terre Promise, les auteurs ne reprennent pas des gags tirés des Tontons Flingueurs ou de Rabbi Jaccob, ce que j’avais trouvé un peu trop facile, même si je n’ai rien contre les clins d’oeils, tant qu’ils ne deviennent pas des transposition de films !

Un bon album de Lucky Luke, pas le meilleur, pas dans l’excellence, pas dans le haut du panier, mais il est correct et j’ai apprécié le côté « ancien » que l’on retrouve dans cet album qui, une fois de plus, met les Dalton en vedette.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°45, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris & Lo Hartog Van Banda

Titre : Lucky Luke – Tome 53 – Fingers

Scénariste : Lo Hartog Van Banda
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1983)

Résumé :
Finger est un magicien qui à la manie de voler sans qu’il ne s’en aperçoive. Il se fera arrêter, ira en prison et rencontrera les Dalton. Ils vont finir par s’évader tous les cinq et Lucky Luke va partir à leur recherche. Il va réussir à les retrouver et à les ramener en prison.

À cause d’une gaffe de Finger, le gouverneur rend Lucky Luke responsable des actes de Finger. Luke à la lourde responsabilité de surveiller les doigts habiles de Finger.

À cause de ce magicien, Luke et Finger se feront capturer par les Indiens, Finger réussira un vol de banque sous la surveillance de Luke, notre héros se fera mettre en prison et ils vont éviter une guerre avec les Indiens.

Critique :
Est-ce moi ou cette impression que l’ère Lucky Luke post-Goscinny ne vaut pas tripette ??

Est-ce moi qui me fais des idées ou bien l’impression que cet album a plus d’un dessin animé que d’une bédé, est réelle ?

Si le départ avait bien commencé et que j’avais souri devant les facéties de Fingers, cet étrange prestidigitateur qui a tout d’un pickpocket, on peut dire qu’ensuite ce fut encore plus laborieux qu’un discours d’un politicien en campagne électorale (là au moins on peut rire ou frémir).

Fingers aurait été génial en petite aventure et puis c’est tout. En longue histoire, c’est poussif, les running-gags sont répétitifs (c’est leur rôle mais là, c’était laborieux) et de ce fait, perdent ce qui faisait leur charme et nous on perd le sourire.

Pourquoi les Sioux entrent-ils sur le sentier de la guerre ? Nul ne le saura. Pourquoi leur chef, Chien Rouge, grand ami de Lucky Luke veut-il le sacrifier ? Si vous le savez, merci de me le faire savoir.

La partie avec le duel entre Lucky Luke et le sorcier des Indiens a tout d’un dessin animé et c’est pauvre scénaristiquement parlant.

La parodie du procès de Fingers reste amusante, on y retrouve l’absurdité qui faisait le sel de l’album « Le juge » sans pour autant arriver à son niveau.

C’est parce que je prends soin de mes albums bédés, sinon, ce dernier aurait valsé par la fenêtre.

Je pensais que l’album du Klondike était pour le moment le moins bon avec les exécrables Bandit Manchot et La Fiancée de Lucky Luke, et bien, ils ont trouvés un nouveau compagnon : Fingers !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°35, Le Challenge  « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole

Auteur : Bradford Scott
Édition : Marabout Junior (1967)
Édition Originale : Trail of Guns and Gold (1964)
Traducteur :

Résumé :
La terreur règne sur la petite ville de Traino. Une bande écume la région, attirée par la présence du pétrole. Son chef est inconnu, mais efficace : convois dévalisés, troupeaux décimés, ventes forcées de terre…

Walt Slade, appelé à la rescousse, s’aperçoit bientôt que le mystérieux meneur doit être un des notables de Traino. Mais lequel ? Il faudra tout le flair du ranger pour le découvrir…

Critique :
D’accord, ce n’est pas de la grande littérature, mais je vous jure que pour « casser » la routine des polars/thrillers et autre nouveautés littéraires de l’année dont je me gave, c’est parfait !

Et puis, qu’est ce qu’on ne ferait pas pour le Mois Américain chez Titine (tous les ans en Septembre, venez nombreux).

Dépaysement assuré, chevauchées épiques digne d’un western spaghetti, la musique d’Ennio Morricone en moins, mais rien ne vous empêche de lire le bouquin en écoutant la bande-son de « Il buono, il brutto, il cattivo ».

Ici, face à des hommes prêt à tout pour l’or noir, les habitants d’une petite ville sont désemparés.

Mais putain, que fait Lucky Luke, nom d’une pipe ?? Ah non, pardon, ce n’est pas son aventure à lui, ici, c’est Walt Slade et c’est un poil moins politiquement correct que ce bon vieux Luke car on peut mourir, dans ce roman.

« Autour de ses hanches étroites, il portait une large ceinture à double rangée de cartouches, qui soutenait deux gaines bien huilées. Celles-ci montraient les crosses noires de gros calibres .45… Dans l’Ouest qui avait grandi trop vite, la seule loi était celle du plus fort ou, plus exactement, du plus rapide : le tireur dégainait son colt comme un duelliste son épée. Une gaine mal entretenue pouvait coûter la vie de son négligent propriétaire ».

Les convois sont dévalisés, les troupeaux décimés, les propriétaires terriens sont bien forcé de vendre leurs terres, même s’ils ne le veulent pas, puisqu’on leur demande gentiment… Un colt sur la tempe vous incite fort à signer un bout de papier.

D’ailleurs, Michel Audiard l’a toujours dit : « Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus ».

Heureusement, le ranger Walt Slade va dépatouiller tout cela, châtier les vilains pas beaux et tout rentrera dans l’ordre. Oui, un peu comme dans les Lucky Luke… Mais le sang en plus !

C’est du « Marabout Junior », donc, tout doit finir dans le happy-end. Les Méchants seront punis et les Gentils récompensés.

Tiens, j’ai déjà lu ça ailleurs mais je ne sais plus où… C’était un gros bouquin, mais vraiment très très gros… Et très vieux…

Oui, de temps en temps, les romans de gare, j’aime ça. D’accord, ça ne casse pas trois pattes à un canard mais c’est une petite bouffée d’air frais quand on en a besoin, une pause pour le cerveau en surmenage, une lecture reposante, où on doit juste tourner les pages sans se prendre la tête.

Ce genre de roman n’auront jamais le Grand Prix des Dialogues mais j’ai déjà lu des romans têtes de gondole qui étaient mal écrits, avec des phrases encore plus basiques que dans cette aventure de Walt Slade.

Alors, what’else ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°33, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.