Les Quatre de Baker Street – Tome 5 – La Succession Moriarty : Legrand, Djian & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 5 : La Succession Moriarty

Scénaristes : Olivier Legrand & Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (2014)

Résumé :
1892. Pour Billy le fin limier, Charlie le garçon manqué et Tom le monte-en-l’air (sans oublier le chat Watson !), une nouvelle vie commence une vie sans leur mentor Sherlock Holmes, disparu tragiquement dans les chutes de Reichenbach avec son ennemi juré, le professeur Moriarty…

Mais une rencontre des plus inattendues va bientôt précipiter nos héros dans une nouvelle aventure pleine d’action, de dangers et de rebondissements : une mystérieuse affaire d’enlèvement, impliquant les anciens lieutenants du diabolique Moriarty.

Les apprentis-détectives parviendront-ils à déjouer les plans des héritiers du Napoléon du crime ? La partie est lancée… et les francs-tireurs de Sherlock Holmes sont sur le coup !

Découvrez la nouvelle aventure menée tambour battant des Quatre de Baker Street !

Critique : 
Dire que j’ai bondi de joie lorsque j’ai vu que le tome 5 était sorti serait un euphémisme !

Depuis que nos trois lascars et le chat s’étaient retrouvé orphelins suite à la fausse mort de Holmes (eux ne savaient pas qu’elle est fausse), je me demandais ce que l’auteur allait apporter comme contribution au Grand Hiatus (mai 1891-1894).

Il m’importait surtout de savoir si l’auteur allait faire revenir Holmes plus vite ou s’il allait laisser les Quatre se débrouiller seuls durant quelques albums. Ma crainte étant de ne pas revoir de sitôt l’ombre du Grand Holmes planer sur les rues de Londres.

Alors ? Mystèèèère…. Je vous rassure, cet opus ne m’a pas déçu et retrouver Sherlock Holmes fut un grand plaisir pour moi, autant que pour les quatre francs-tireurs de Baker Street.

– Monsieur… c’est… c’est vous?
– C’est bien moi, jeune Billy Fletcher, mais je vous serais reconnaissant de ne pas prononcer mon nom à voix haute… Les murs de Londres ont des oreilles.

Londres, 1892… Oui, Holmes se montre beaucoup plus vite que prévu, mais son frère Mycroft l’a informé d’une affaire pressente, qui, si elle arrivait à son terme, permettrait aux successeurs de feu Moriarty de renflouer leurs caisses (les comptes en Suisse, pays du secret bancaire, y’a que ça de vrai !).

Les dessins sont toujours soignés, lumineux, aérés et non surchargés, le Londres de l’époque est bien représenté, avec ses différences entre les classes sociales, bien que le côté politique et social soit moins présent dans ce tome. Par contre, l’humour est toujours présent.

– Ça… ça fait combien de coups de feu, là ?
– Je n’en sais rien… j’ai perdu le compte… Ça s’est arrêté, on dirait.
– Qu’est-ce… qu’est-ce qu’on fait ?
– On rentre au poste… Faut quand même qu’on signale ça, non ?
– T’as raison ! En plus, je cracherais pas sur une bonne tasse de thé, moi… Tu veux que je te dise ? Si ça se trouve, c’était même pas des coups de feu… Et si c’était des pétards ? Y’a pas de chinois dans le coin ?

(Deux policiers très courageux, à Londres, dans l’East End)

Holmes a de multiples expressions, les gamins sont débrouillards, attachants et pas toujours obéissants. On sent qu’ils aiment travailler pour Holmes : il est réglo, paye rubis sur l’ongle et ça pimente leur vie.

Ajoutons à cela que nous avons une affaire délicate, des méchants au petit poil, le colonel Moran, un fusil à vent, des déguisements et un Watson… Ah, ce cher docteur Watson !

Je me demandais si l’auteur allait choisir l’évanouissement et l’absolution totale à la Conan Doyle, ou le coup de poing à la Moffat (BBC). Autre version dans la bédé, mais bien plus en adéquation avec la réaction que le docteur aurait dû avoir lors de la réapparition de Holmes dans les récits canoniques.

Tromperies, trahisons, magouilles, extorsions de fonds, coups de poignard dans le dos, sont aussi à la carte de ce tome 5.

On le sait, lors d’une succession, les coups bas ont toujours lieu. Et puis, le pouvoir, ça ne se partage pas !

Bref, de l’action, une enquête holmésienne, des personnages très attachants : le cocktail parfait à siroter dans son fauteuil, sans modération.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Publicités

Les Quatre de Baker Street – T4 – Les orphelins de Londres : Legrand, Djian & Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street, Tome 4 : Les orphelins de Londres

Scénaristes : Olivier Legrand et Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition  : Vents d’Ouest (2012)

Résumé :
Les rues de Londres sont en pleine exaltation. Les journaux font leur choux gras sur la mort de Sherlock Holmes dans les Alpes suisses, alors que le détective se battait avec son ennemi de toujours, Moriarty.

Pour les « quatre » de Baker Street, la peine se heurte aux désillusions. Des tensions apparaissent alors entre les enfants.

Billy souhaite poursuivre l’œuvre de celui qu’il considérait comme son maître en la matière ; tandis que Black Tom préfère reprendre ses anciens larcins auprès de son oncle et de ses voleurs de fils. Tous prennent des chemins différents.

Black Tom est accueilli avec joie par son oncle qui voit l’occasion de réaliser des méfaits plus ambitieux.

Charlie est incarcéré dans un pensionnat pour avoir essayé de dérober du pain.

Billy, quant à lui, a moins de chance. Il vient de tomber nez à nez avec Bloody Percy, un criminel qu’ils ont aidé à emprisonner et qui vient tout juste de s’évader.

Avec une telle menace, la bande des quatre de Baker Street parviendra t-elle à se réunir une fois de plus ?

Critique :
Pour ceux et celles qui suivent, je vous avais parlé des trois premiers tomes qui montaient en puissance, de manière crescendo, le suivant étant encore mieux que le précédent avec en apothéose, le numéro trois, tant il était génial au point de vue de son scénario.

Pouvaient-ils faire aussi bien que le troisième ? Ou, du moins, ne pas sombrer, comme d’autres avant eux, dans la médiocrité ?

J’avoue que je les avais attendu au tournant… Heureusement pour eux, il ne m’avaient pas déçus. Le tome 4 tenait la route et je m’étais régalée. Avec le recul, mon opinion n’a pas varié d’un iota : toujours super, cette série !

Pourtant, j’avais eu de la crainte en lisant le résumé qui abordait un hiatus célèbre… Mes petites mains délicates avaient tremblé et mon coeur, une fois de plus, avait cessé de battre.

ARGH ! Sherlock Holmes n’est plus ! Il a disparu lors d’une ultime confrontation avec le diabolique professeur Moriarty et les journaux annoncent que le célèbre détective aurait trouvé la mort dans les Chutes de Reichenbach… Mon Dieu, je meurs !

Nos trois francs-tireurs de Baker Street sont en plein désarroi (moi aussi) : leur pygmalion, Sherlock Holmes, est mort. Le plus atteint est le jeune Billy Fletcher qui considérait le détective un peu comme un père de substitution.

Ce drame crée des tensions entre eux, au point qu’ils se séparent après une bagarre.

Catastrophe, le trio vole en éclats : Billy, Black Tom et Charlie (accompagnée de son fidèle matou) vont suivre chacun un chemin séparé qui va les mener très vite dans de terribles ennuis.

Le salopard de Bloody Percy, incarcéré, va jouer les filles de l’air, bien décidé à retrouver ces maudits gamins qui l’ont fait arrêter…

Et nos trois compères qui se sont séparés ! Suspense… Mon coeur en a eu des palpitations et même maintenant, ça palpite encore et toujours ! Oui, je pleure encore lorsque je relis dans la canon « Le problème final » et je ne peux pas m’en empêcher lors de la lecture de la lettre que Holmes laissait à Watson.

Bref, je trouve que les deux scénaristes ont eu mille fois raison de farfouiller dans les nombreux flous littéraires qui parsèment l’œuvre de Conan Doyle (et des flous, Dieu sait qu’il y en a !!).

Tout en reprenant la référence canonique des Francs-Tireurs de Baker Street et en changeant les noms des personnages, ils nous en ont inventé trois bien sympathiques et ils ont l’art de nous conter les aventures de ces gamins aussi débrouillards qu’attachants.

Dans les tomes précédents, nous avions eu : un enlèvement, une série de meurtres et une mission d’infiltration. Pas mal pour des gamins des rues, non ??

Ici, nos trois détectives en herbe sont confrontés à la dure réalité de la vie. Sherlock Holmes n’est plus !!! 😦

Bon, déjà que l’époque victorienne n’est pas tendre avec les enfants… et les auteurs vont nous en faire découvrir un autre pan de la dure vie avec les larcins qu’il faut commettre pour vivre, la haine viscérale entre Anglais et Irlandais, les « pensionnats » pour jeunes filles, où elles sont exploitées et moins bien considérées que du crottin de cheval écrasé dans la rue.

En tout cas, je tire mon chapeau au dessinateur qui nous retranscrit, d’une manière formidable, l’époque.

Le trait du dessin est toujours aussi pointilleux et les planches de l’album sont, une fois de plus, superbes. Pas de surcharge, un trait clair et de belles couleurs. Des décors aux personnages, rien n’est laissé au hasard.

Quand au scénar, c’est une véritable réussite et je ne me suis pas ennuyée une seule minute.

Il y a du rythme, il est soutenu, l’humour est toujours présent et le fait de suivre les trois – pardon – les quatre parcours de nos amis est un régal. Même le chat Watson a ses cases rien que pour lui.

– « Metafoire »… sérieux Tom où t’es allé pêcher un mot pareil ?
– C’est un ami qui me l’avait appris. Un intello qui savait lire, et tout. Et c’est « métaphore ».
– Et ça veut dire quoi ? On dirait le nom d’une maladie…
– C’est un genre de symbole. Une image… Mais avec des mots. Par exemple…
– Oui ?
– Par exemple si une fille a les yeux verts et que tu dis qu’elle a des émeraudes dans les le regard… C’est un genre de métaphore.

Avec Percy sur les traces de Billy, Charlie dans son pensionnat, plus les flics sur les talons du « satané noiraud d’Irlandais », pas moyen de s’embêter.

Comment vont-ils s’en sortir ? Les trois amis se remettront-ils ensemble ? Non, pas de spoiler, je resterai muette. Mais il y a beaucoup d’émotions à la clé.

Lisez-le, vous le saurez. Et pas besoin d’être un aficionado du détective de Baker Street pour lire ces bédés. Elles sont pour tout le monde. Je vous le dis, je ne m’en lasse pas et à chaque nouvelle sortie, je danse la gigue !

Les 3 : « WATSON !!! »
Watson : « Vous avez appelé votre chat… Watson ? »

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Challenge « Victorien » chez Arieste, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Sélection officielle Jeunesse Angoulême 2012 & Prix du Festival de Blois 2009) et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.