[SÉRIES] Capitaine Marleau – Saison 4 – Épisode 8 – Follie’s

Résumé : Employée dans un cabaret parisien, une stripteaseuse se volatilise du jour au lendemain sans laisser de traces.

Chargée de l’enquête, la capitaine Marleau interroge la propriétaire du sulfureux établissement, une dame quelque peu irascible…

Acteurs : Corinne Masiero (la capitaine Marleau), Catherine Ringer (madame Rosa), Samuel Mercer (Vincent Schoeffler), Zahia Dehar (Sunlight), Michel Fau (), Maxime D’Aboville (), Blanca Li (), François Bureloup (Armand Chevillard), Romain Ogerau (l’officier de gendarmerie), Luc Piat (un gendarme), Boris Sirven (un gendarme)

Realisatrice : Josée Dayan

Scénariste : Marc Eisenchteter

Diffusion : le 7 janvier 2023 (RTBF)

Ce que j’en ai pensé :
L’avantage, en Belgique, c’est qu’une partie des séries françaises sont diffusées quelques jours avant l’Hexagone, ce qui me donne souvent l’occasion de les voir avant vous.

Merci à la RTBF (télé Belge) qui est toujours fourrée dans vos tournages (au générique, il est toujours marqué « avec la participation de la R.T.B.F).

Ce que j’apprécie le plus, dans les enquêtes de la capitaine Marleau, c’est sa gouaille, son humour cynique, ses petites phrases assassines (ok, pour les parents des victimes, ce ne doit pas être drôle) et pour le fait qu’elle n’ait pas de famille pour venir phagocyter l’épisode.

Non, je n’ai rien contre les flics ou gendarmes avec famille, ex-femme ou ex-mari, mais bien souvent, les enfants leur font des tas d’emmerdes et ça devient redondant (oui, je sais, c’est les scénaristes qui veulent ça, mais à la fin, c’est trop).

Dans cet épisode, notre capitaine a un supérieur ! Mince alors, un commandant de gendarmerie qui essaie de lui donner des ordres, de lui dire que l’enquête sur la disparition d’une fille bossant dans un cabaret n’en vaut pas la peine, que la fille a dû aller prendre des vacances sans prévenir la direction.

Mouais, Marleau n’aimant pas qu’on lui dise quoi faire va enquêter et aller mettre sa chapka dans les coulisses du cabaret, fouillant un peu partout, emmerdant tout son petit monde et soulevant des lapins un peu partout.

J’ai trouvé cet épisode assez émouvant, du moins attendrissant, avec madame Rosa (Catherine Ringer) qui se comporte en mère poule avec ses talents, qui ont tous un passé trouble. Elle les protège, comme une chatte protège ses petits. Ils forment une famille et ils m’ont un peu ému, en particulier Samuel, le travestit (Vincent Schoeffler).

Dans cette affaire de disparition, une autre viendra se greffer et au fur et à mesure que Marleau soulèvera ses lapins, elle tombera sur des trucs chelous et pas très catholique, si vous voulez mon avis.

Par contre, à un moment donné, cela deviendra un peu difficile de comprendre l’ensemble, de voir l’intégralité de la toile, tant il semblera avoir des éléments disparates. Heureusement qu’à la fin, on nous expliquera bien tout.

Bref, un épisode différent des autres, notamment par la présence d’un commandant de gendarmerie qui voudrait que Marleau lui obéisse, ce qui est peine perdue. Mon seul bémol sera pour la jeune gendarmette qui aide la capitaine : un peu trop fofolle.

Encore une affaire de résolue pour la capitaine Marleau qui repartira ensuite sur les routes de France et de Navarre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°119] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°02).

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Entre fauves : Colin Niel

Titre : Entre fauves

Auteur : Colin Niel
Édition : Rouergue Noir (2020) / Livre de Poche Thriller (2022)

Résumé :
Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n’a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal.

Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas.

Critique :
Non, je n’aime pas les chasseurs, qu’ils flinguent le gibier de nos contrées ou les animaux exotiques d’ailleurs, et encore moins ceux qu’ils posent devant leurs trophées, exposant leurs massacres sur les réseaux sociaux…

Mais de là à faire du bashing, à les poursuivre, à les traquer, sur le Net ou dans la vie réelle, il y a un pas que je ne franchirai pas, contrairement à Martin, un garde au parc national des Pyrénées.

Un ami m’avait expliqué, il y a un certain temps, que l’on ne savait pas toujours ce qu’il se cachait derrière une photo, lorsqu’elle n’était pas expliquée, que l’on ne savait pas d’où elle était tirée, dans quelles circonstances… Mais que l’on avait tendance à extrapoler dessus et à lui inventer une légende qui convenait, surtout si ça peut faire le buzz.

Une jeune fille, avec un arc, devant la dépouille d’un lion, en Namibie, ça a de quoi révolter les anti-chasses (je le serais aussi) et Martin, notre garde, va mener l’enquête pour tenter de trouver l’identité de cette jeune fille, sans doute blindée de thune, pour avoir pu s’offrir une chasse au lion.

Donner l’histoire de cette photo, c’est ce que Colin Niel va tenter de faire, avec ce roman choral, qui nous emmènera des Pyrénées à la Namibie, passant du dernier représentant des ours qui a disparu à un lion qui s’est mis à chasser les vaches et les chèvres des bergers du Kaokoland.

L’auteur donnera la parole à cette chasseuse, surnommée Lagolas, à Martin, le garde du parc, à Charles, le lion chasseur et à Kondjima, le jeune Himba qui a vu son troupeau de chèvres décimé par un lion solitaire.

La première moitié du roman est entraînante et je suis allée de surprises en surprises, la chasseuse n’étant pas aussi mauvaise qu’on pourrait le penser… Le récit n’étant pas linéaire, on passera de l’arc pyrénéen à celui qui s’est déroulé en Namibie, quelques mois auparavant. Cela ajoute du mystère et du suspense, ce qui fait que le récit avance très vite.

Malheureusement, les personnages sont assez linéaires, stéréotypés, manquant de profondeur et le pire fut Martin, très radical, même s’il n’a pas tort dans ce qu’il dit, parlant des torts que les Hommes font à la Nature et aux animaux. Imbu de lui-même, il croit qu’il est le seul à détenir la vérité.

Là où le bât a blessé, ce n’est pas dans son obsession à trouver l’identité de la jeune fille, mais quand il a commencé à jouer au stalker, la suivant, l’espionnant, pénétrant dans son appart et lorsqu’il la suivra dans la montagne, là, le récit a perdu tout sens commun, notamment à cause du comportement dingue de Martin qui agira comme un vulgaire chasseur.

Le final ne manquera pas d’ironie, il est cruel, violent et on se prendra l’instant karma dans la gueule… L’histoire de la photo est dévoilée et elle ne manquait pas de cynisme non plus.

En fait, tout est ironique dans ce récit, puisque le lion, s’il s’est mis à s’attaquer aux troupeaux, c’est à cause de l’extension des Hommes, qui prennent de plus en plus de place, de la sécheresse, de l’extinction des troupeaux d’animaux sauvages qu’il chassait avant. Tout est lié et l’Homme, horrible virus, a propagé la maladie partout.

Dommage que les personnages aient été si stéréotypés et que Martin ait viré radicaliste, sinon, cela aurait pu être un coup de coeur. Son comportement extrémiste dans la montagne, m’a dérangé fortement. J’ai beau ne pas aimer les chasseurs, il est des choses qui ne se font pas, sinon, on ne vaut pas mieux qu’eux.

Malgré mes bémols, ce n’est pour autant pas une lecture ratée, car elle m’aura fait réfléchir sur le fait que l’être humain est un prédateur, une créature qui sème le vent et s’étonne ensuite de récolter la tempête, un être qui détruit quasi tout, qui pollue au-delà du possible et dont certains, qui ne pensent qu’à s’enrichir, sont prêts à tout pour y arriver, même à écraser les vivants : humains, animaux, plantes, insectes…

Nous sommes dans la merde, mais c’est de notre faute, nous nous y sommes mis dedans. J’ai fait mon introspection et bien que n’étant pas contaminée par la consommation, je consomme tout de même, comme tout le monde. J’ai moi aussi ma part de responsabilité (sans doute moins grande que d’autres, enfin, je crois).

Comme quoi, même avec une lecture qui m’a un peu déçue par certains aspects, elle m’a tout de même élevée plus haut, me faisant pousser les curseurs de la réflexion plus loin. Une fois de plus, c’est ironique, ce roman. Rien que pour cela, je ne risque pas de l’oublier…

Chouette, alors, il me reste encore d’autres romans de cet auteur et je compte bien les lire. Qui sait, je ferai peut-être encore fumer mon cerveau ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°117].

Où reposent nos ombres : Sébastien Vidal

Titre : Où reposent nos ombres

Auteur : Sébastien Vidal
Édition : Le mot et le reste (20/10/2022)

Résumé :
Été 1987. Johanna, Franck, Vincent et Christophe se connaissent depuis toujours et forment une bande que rien ne peut séparer.

Un dimanche d’août, quittant les rues de leur petit village de Province pour rejoindre la forêt, ils découvrent un endroit coupé du monde où vit un homme étrange que tout le monde surnomme « l’Indien ».

Au même moment, en région parisienne, deux jeunes amis entament une cavale sanglante après un braquage et mettent le cap plein sud pour se faire oublier. Rapprochées par le destin, ces trajectoires dissemblables vont se télescoper et exhumer de grandes souffrances enracinées dans le passé.

Durant cette période de transition délicate qu’est l’adolescence, la petite bande va apprendre à grands frais que l’innocence à une fin, contrairement à la violence.

Critique :
Haute Corrèze, vacances d’été, 1987. Une bande de 4 jeunes de 15 et 16 ans, amis depuis l’enfance, passent leurs vacances à s’amuser, à rouler à vélo, à jouer aux cartes, bref la belle vie, le genre de vacances et de potes dont on a toujours rêvé.

Le soleil est au rendez-vous (chanceux !) et cette petite bande bien sympathique tombe sur un lac tranquille, dans la forêt, bref, LE spot dont tous les gamins auraient rêvés d’avoir pour passer leurs vacances d’été.

Ce roman avait tout pour me plaire. Même si j’avais un peu peur de comment l’auteur allait mettre en scène cette bande de gamins. Le King est un champion dans le genre (ÇA) et je n’ai pas été déçue du travail de Sébastien Vidal !

Sa bande était réaliste, sympathique et j’ai pris un plaisir fou à me replonger dans les années 87, que je connais bien, puisque j’étais jeune aussi, à cette époque (plus jeune que les gamins du roman). Nos quatre ados vont faire une rencontre qui va être importante, dans leur vie… Ce sera un beau deal, de beaux échanges.

L’écriture est belle, poétique, brillante, sans pour autant que l’auteur en fasse des caisses ou surjoue avec les émotions, les émois et les emmerdes qui peuvent arriver, dans la vie d’ados, dont certains parents sont… des enfoirés de première !

Dans ce roman rural, il y aura une alternance de chapitres : la bande de jeunes et les deux braqueurs en cavale. On se doute qu’à un moment donné, les deux récits vont se télescoper et passé la moitié du récit, je croisais les doigts pour les deux histoires restent en parallèle et que jamais elles ne se croisent…

Entre nous, on se serait bien passé du récit des deux braqueurs en cavale, qui sèment des morts sur leur passage et dont l’un des deux pète un câble, prenant plaisir à tuer. Si au début, leur cavale en manquait pas de rythme, à la fin, elle a fini par me lasser et je n’attendais qu’une seule chose : que quelqu’un leur fasse la peau, flic, voyou ou simple quidam.

Pour moi, dans ce roman magnifique, l’histoire avec les ados se suffisait à elle-même, fallait pas aller chercher autre chose, car ces récits de cavale, ça a tiré le roman vers le bas et sans cela, c’était le coup de cœur.

Toute leur violence a fini par me lasser, par me débequeter et le final, bien qu’inattendu, m’a tué, à cause d’un geste irréparable qui a été commis par l’auteur (au travers d’un des personnages), donnant lieu à une perte (non, pas celle d’un chien ou d’un chat)… Argh, là, il n’aurait pas dû… Nous ne saurons jamais ce qu’en a pensé l’instigatrice de ce bon plan, devant le chaos qui en a résulté.

Si je devais me positionner par rapport au récit des gamins, c’est un coup de cœur véritable, une tornade d’émotions. Pour le récit des braqueurs, à partir d’un moment, cela devient redondant, et j’ai bien eu envie de zapper leurs chapitres (ce que je n’ai pas fait, mais j’étais à ça).

Un très bon roman rural, noir, malgré les vacances, le soleil, les copains, un spot génial pour passer du bon temps… Des vacances qui les marqueront à jamais et qui signifiera la fin de l’insouciance, de l’innocente, de la belle vie.

Bien que nous soyons dans un village, loin de l’agitation des grandes villes, dans ces jolies maisons, il peut aussi se passer des horreurs et l’on n’imagine pas la facilité avec laquelle les crimes peuvent s’y commettre, en toute impunité, les voisins restant des témoins silencieux.

Un très bon roman qui parle du Mal qui rôde partout, parfois plus proche qu’on le pense et que les attaques peuvent venir d’une personne de confiance (et non pas d’un étranger)… Une très belle lecture, remplie d’émotions, belles et douloureuses. Une bande de copains qui va rester longtemps dans ma tête.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°116].

L’affaire du musée‭ ‬– Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS1 : Eric Larrey

Titre : L’affaire du musée‭ ‬– Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS1

Auteur : Eric Larrey
Édition : Autoédité (25/04/2022)

Résumé :
Le Palais des Arts est une vénérable institution. Niché au cœur de Lyon, il accueille les visiteurs qui viennent admirer peintures, sculptures et autres antiquités.

Un havre de paix, jusqu’à ce jour de mai 1873, où son directeur reçoit une bien curieuse lettre anonyme, lui annonçant… un prochain cambriolage.

La menace est étonnante! Quel cambrioleur serait assez téméraire pour prévenir sa victime ?

Appelés à prendre en charge cette affaire, nos deux détectives n’ont guère de temps devant eux, puisque le méfait est programmé pour cette nuit même…

Critique :
Dans cette nouvelle holmésienne, nous retrouvons à nouveau un jeune Sherlock Holmes de 20 ans, menant ses enquêtes à Lyon, accompagné d’Edmond Luciole, sorte de Watson avant l’heure, qui aide Holmes dans ses enquêtes et les consigne dans son carnet.

En 1873, le directeur du musée vient voir les deux hommes afin de leur demander de l’aide : il a reçu une lettre anonyme dans laquelle l’auteur lui signale qu’il va le cambrioler.

Ben oui, j’ai commencé les nouvelles à l’envers… D’abord la deuxième, avant de passer à la première. Pas grave, mais pas malin. D’ailleurs, j’aurais dû commencer par les romans de cet auteur, afin d’en savoir plus sur ce jeune Holmes vivant à Lyon… Oui, tous ces apocryphes se dérouleront à Lyon…

Que l’on réanime à nouveaux les plus sensibles d’entre nous (Dame Ida, notamment), qui ne jurent que par un Holmes en Angleterre. J’ai survécu à cette lecture qui se déroule à Lyon, même si dans l’absolu, je préfère Londres (sans être contre les déplacements de Holmes).

Là aussi, l’enquête est bonne, des plus correcte, telle qu’elle aurait pu échoir à un jeune détective anglais de 19 ans, exerçant à Lyon… Tout comme Holmes, j’avais trouvé le petit truc que les autres n’avaient pas vu. Le récit ne manque pas d’offrir quelques surprises, si l’on a pas compris comme Holmes, ce qui se tramait.

Comme dans l’autre nouvelle, le bât a blessé aux mêmes endroits : Holmes, bien que ressemblant au canonique, manque de présence, de flamboyance et on a l’impression qu’il n’est pas là, comme si l’enquête était menée par un détective brillant, mais dont on ne perçoit guère la lumière. Dans les récits canoniques, Holmes écrase tout le monde de sa personnalité.

Holmes est un personnage fort, qui s’impose sans s’imposer. Là, sa présence était ténue, comme si l’auteur n’avait pas su lui donner toute sa prestance, toute sa flamboyance. Dommage !

Edmond Luciole, par contre, fait très bien le Watson, à tel point que lorsqu’il racontait cette ancienne affaire, je le visualisais à nouveau avec une moustache et une tête de Watson. Grrr, non, ce n’est pas Watson, ce n’est pas Watson.

Comme pour l’autre affaire (celle de Noël) les dialogues étaient en italique, ce n’est toujours pas folichon à lire et étaient toujours assez pauvre en détails. Pas de description de l’action que le personnage exécute, pendant qu’il est en train de parler.

Donc, pas de : « Voilà, dit Holmes en rassemblant ses doigts devant lui, les yeux pétillants de malice, notre homme est parti par la porte… ». Dans cette nouvelle, que des dialogues brutes, l’action étant décrite avant ou après, jamais durant le dialogue.

Certes, c’est au format de la nouvelle, il faut aller à l’essentiel, mais un peu plus ne nuit pas au texte et l’enrichirait, même. L’auteur développe une bonne intrigue et fait l’impasse sur son personnage principal qui est un jeune Holmes et sur les dialogues. Dommage.

Pourtant, malgré mes bémols, j’ai apprécié ma lecture. Dans le fond, vu que l’intrigue est correcte et que le Holmes n’est pas très différent du canonique (sa présence en moins), c’est plaisant, ça change des apocryphes qui le transforme en bouffon.

PS : dans les dernières pages son livre, l’auteur nous explique ses recherches sur la ville de Lyon dans les années 1870, nous parle des personnages réels qui interviennent dans l’enquête et signale que s’il a écrit des nouvelles, c’est pour faire comme Conan Doyle qui commença par des nouvelles avant de faire des romans…

Pas op hein, manneke (attention, mon gars) ! Par pour Sherlock Holmes, puisque les deux premières publications furent les romans « Une étude en rouge » et « Le signe des Quatre », avant de passer au format nouvelle avec « Un scandale en Bohême ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°114].

L’affaire de Noël – Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS2 : Eric Larrey

Titre : L’affaire de Noël – Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS2

Auteur : Eric Larrey
Édition : Autoédité (03/12/2022)

Résumé :
Décembre 1874, Lyon est sous la neige et Noël approche à grands pas. Une année riche en enquêtes les plus diverses s’achève et Edmond entend bien profiter d’un peu de repos. C’était sans compter sur l’inépuisable imagination des malfrats.

Un important industriel lyonnais vient de se faire voler un prototype, fruit de plusieurs mois de travail.

Une affaire urgente aux conséquences inattendues…

Critique :
Dans cet apocryphe holmésien, c’est un jeune Sherlock Holmes qui mène les enquêtes (20 ans), accompagné d’Edmond Luciole, qui est un Watson avant l’heure : il aide Holmes dans ses enquêtes et les consigne.

En 1874, juste avant Noël, il leur arrive une bien étrange affaire, le tout dans la neige, à la recherche d’un prototype volé dans une usine.

Cette série d’apocryphes me tentait depuis longtemps et vous le savez, je résiste rarement à un Sherlock Holmes. Le temps était maussade et comme nous étions en janvier, j’ai décidé de commencer par une nouvelle qui se déroule quelques jours avant Noël.

L’enquête est bonne, des plus correcte, telle qu’elle aurait pu échoir à un jeune détective anglais de 20 ans, exerçant à Lyon… Oui, à Lyon… Que l’on réanime les plus sensibles qui ne jurent que par un Holmes vivant en Angleterre. J’ai survécu à son changement de pays, il est jeune et se fait la main dans le Sud.

Par contre, là où le bât a blessé, c’est dans le personnage de Holmes, qui, bien que fort ressemblant au canonique, m’a semblé ne pas être assez présent. Si, il est là, il mène son enquête, mais jamais dans le récit l’on ne ressentira sa présence écrasante, flamboyante, comme dans les nouvelles de Conan Doyle.

Holmes a une personnalité forte, très marquante, qui s’impose sans s’imposer, mais on doit le sentir (honni soit qui mal y pense). Là, sa présence était plus ectoplasmique qu’autre chose, sa personnalité bien marquée ne se faisant pas sentir. On aurait très bien pu avoir un détective sagace à la place.

Edmond Luciole, par contre, fait très bien le Watson, à tel point que lorsqu’il racontait cette ancienne affaire, je le visualisais avec une moustache et une tête de Watson. J’ai dû me secouer la tête plusieurs fois et me répéter que ce n’était pas Watson.

Autre souci, ce sont les dialogues : en italique… Bof, pas folichon dans un roman ou une nouvelle. Par contre, ils étaient assez pauvre en détails.

Je m’explique : lorsqu’un personnage prend la parole, j’apprécie que l’auteur décrive, dans le dialogue, ce que fait le personnage. Exemple : « Voilà, dit Holmes en avançant vers les traces de pas dans la neige, notre homme est parti par là… ». Dans cette nouvelle, que des dialogues brutes, l’action étant décrite avant ou après.

Certes, c’est au format de la nouvelle, il faut aller à l’essentiel, mais un peu plus ne nuit pas au texte et l’enrichirait, même. L’auteur développe une bonne intrigue et fait l’impasse sur son personnage principal qui est un jeune Holmes et sur les dialogues. Dommage.

Pourtant, malgré mes bémols, j’ai apprécié ma lecture. Dans le fond, vu que l’intrigue est correcte et que le Holmes n’est pas très différent du canonique (sa présence en moins), c’est plaisant, ça change des apocryphes qui le transforme en bouffon.

PS : dans les dernières pages son livre, l’auteur nous explique ses recherches sur la ville de Lyon dans les années 1870, nous parle des personnages réels qui interviennent dans l’enquête et signale que s’il a écrit des nouvelles, c’est pour faire comme Conan Doyle qui commença par des nouvelles avant de faire des romans…

Pas op hein, manneke (attention, mon gars) ! Par pour Sherlock Holmes, puisque les deux premières publications furent les romans « Une étude en rouge » et « Le signe des Quatre », avant de passer au format nouvelle avec « Un scandale en Bohême ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°113].

Erectus – 03 – Le dernier hiver : Xavier Müller [LC avec Bianca]

Titre : Erectus – 03 – Le dernier hiver

Auteur : Xavier Müller
Édition : XO (03/11/2022)

Résumé :
Et si le passé, le présent et le futur n’étaient qu’illusion ?

Vous êtes là, deux amoureux à admirer l’extraordinaire météorite qui illumine le ciel, lançant autour d’elle des pépites dorées. Puis la personne que vous aimez, tout à coup, s’endort. Et quand elle se réveille, elle n’est plus la même. Elle vous considère comme son ennemi. Pire : comme sa proie !

Paris, Rome, New York, Tahiti… le cataclysme foudroie la planète, inversant le temps, remontant aux origines, effaçant l’évolution. C’est la superrégression. Un cauchemar. Et le spectre du dernier hiver pour l’humanité…

Critique :
Le premier tomes d’Erectus m’avait emballé, le deuxième avait eu un début un peu plus lent (avant de se poursuivre superbement ensuite), j’attendais donc le dernier avec une impatience mêlée de crainte…

Le risque, avec des suites, c’est qu’il y ait une régression scénaristique ou que l’auteur se prenne les pieds dans le tapis en voulant faire mieux (ou aussi bien) et que le final ne soit pas à la hauteur des attentes. Ce qui fout en l’air tout ce qui a précédé.

Alors, verdict ? Pas de crainte à avoir, si les Humains, les animaux et les plantes vont subir des régressions, le scénario, lui, va encore évoluer !

L’auteur a fait encore plus fort, plus fort que le Roquefort, plus fort que les deux précédents, le tout, sans perte de qualité scénaristique, que du contraire ! Son récit m’a emporté, m’a balayée, tout en restant réaliste, scientifique et sans jamais lasser. Pire, son livre, je l’ai bouffé sur une seule journée, affamée que j’étais. Ou contaminée !

Dans ce dernier tome, il a poussé les curseurs encore plus loin… J’ai frémi, tant tout était réaliste et j’espère que cette trilogie restera dans le domaine de la SF, car c’est trop flippant de penser que ceci pourrait, un jour lointain (ou proche), arriver.

Je ne vous dirai pas ce qu’il se passe dans ce dernier tome, il vaut mieux être vierge de tout résumé afin d’en profiter un maximum, d’avoir l’effet de surprise, de se prendre les révélations en pleine tronche et d’admirer le talent de l’auteur pour que, tout ce qu’il a mis en place, se tienne.

Il ne suffit pas de jouer avec la science, avec les lois de la physique ou bien le temps, il faut aussi que le récit reste cohérent, que l’auteur aille au bout de son idée, sans que son imagination débordante ne perde les lecteurs en route. L’équilibre doit toujours être assuré afin de ne pas se gameller.

Ce que Xavier Müller a réussi avec brio : cohérence et réalisme étant les maîtres mots de ce dernier tome, qui est brillant (au cas où certains ne l’auraient pas compris), vertigineux, qui donne le tournis et ne vous laissera que peu de répit, sans pour autant virer au thriller survitaminé qui perdrait de sa cohérence.

L’élément fantastique qui s’ajoute ne perturbe en rien le scénario, que du contraire. Vu ce qu’il se passe, cela reste cohérent et on se laisse embarquer pour un voyage des plus fous en Normandie et ailleurs.

Le seul léger bémol, c’est qu’il y a un peu de manichéisme dans les personnages. Les Gentils sont honnêtes, corrects, droits, justes, non vénaux et leurs défauts ne sont pas énormes, ce sont des gens dont on aimerait qu’ils soient nos collègues, nos voisins, nos amis, de notre famille.

Le Méchant, lui, est intelligent, profiteur, opportuniste, bref, réaliste. Heureusement, il échappe aux clichés que l’on retrouve chez certains auteurs (Ken Follet, entre autre) où les méchants sont stéréotypés à mourir. Celui du tome 2 faisait plus méchant d’opérette, pas ici.

Le manichéisme est ténu, à tel point que je ne l’ai pas ressenti durant ma lecture et ce fut au moment d’écrire ma chronique que je m’en suis rendue compte. Pas de panique, ce léger manque de défauts chez les Gentils ne pose aucun problème durant la lecture. C’est vraiment un point de détail, tant le reste est excellent.

Oserais-je dire que la saga Erectus est bandante ?? Oui, j’ose !

Ce thriller se révèle être une lecture virale, à laquelle il n’existe aucun antidote, si ce n’est aller jusqu’au bout de sa lecture. Après, un sentiment de manque se fait ressentir. Hé oui, la trilogie est terminée, il faut reprendre une vie normale.

La lecture suivante risque de me paraître fadasse, après un tel cocktail détonnant !

Une lecture addictive pour Bianca et moi, la preuve dans sa chronique ! Une manière de bien commencer l’année avec des bons romans qui donnent des LC réussies !

PS : bonne idée que l’auteur a eue, d’insérer un rapide résumé des tomes précédents, car les ayant lus à leur sortie, ma mémoire n’avait gardé que les faits les plus marquants et j’ai eu un peu de mal à remettre les personnages, ma mémoire les ayant un peu mélangé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°112].

Sherlock Holmes en Limousin : Jean-Louis Boudrie

Titre : Sherlock Holmes en Limousin

Auteur : Jean-Louis Boudrie
Édition : La geste (01/09/2021)

Résumé :
Lorsque Sherlock Holmes et le Dr Watson sont invités par un ami limousin aux commémorations du 700ème anniversaire de la mort du roi Richard Cœur de Lion devant le château de Châlus en Limousin, ils acceptent avec empressement.

En même temps, il leur est demandé conseil pour mettre fin aux agissements de la Bande à Burgou, un légendaire bandit de grand cœur et de grands chemins qui rançonne les bois de la région ; on le croyait disparu, il refait surface.

Une immersion dans un monde de veilles pierres et de forêts sauvages peuplées de loups cruels et de diverses créatures, un monde qui leur est totalement étranger et qu’ils devront apprivoiser, à moins que ce ne soit le contraire.

Qui l’emportera ? La froide analyse et les savantes déductions du célèbre détective ?

Ou la ruse et l’audace des hommes des bois ? Et s’il y avait des femmes des bois ? Et un trésor caché dans les ruines ?

Une chose est certaine : cette affaire laissera des traces de part et d’autre, et Sherlock Holmes le dira lui-même : Unfortgettable !

Inoubliable, mon cher Watson !

Critique :
Puisqu’il me reste encore des apocryphes holmésiens non lus, je me suis dit que c’était le bon moment pour les lire : début d’année, pas envie de commencer avec du trop lourd…

Oui, mais pas au point de vouloir lire du léger, une sorte de burlesque non assumé qui m’a plus souvent fait lever les yeux au ciel et qui, sans son statut d’apocryphe holmésien, aurait fini sa vie sous un meuble bancal.

Oserai-je dire que c’est un roman policier ? Il ne se passe pas grand-chose…

Sérieusement, l’intrigue tient sur un ticket de métro, les bandits de grand chemin ne font parler d’eux qu’après une centaine de pages et ça tient aussi de la pantalonnade grotesque, à tel point qu’on en vient à se demander si ces bandits ne sont pas là que pour amuser le détective ! Une ligne, à la fin, me fera penser que je n’avais peut-être pas tort…

Et Holmes, dans tout cela ? À se demander à quoi il sert ! Il n’enquête pas vraiment, ses déductions ne ressemblent à rien, il promet qu’il va tout résoudre, mais c’est à se demander comment il a fait, hormis attendre que tout tombe tout cuit. Oh, il se bougera un peu sur la fin, mais on est loin du détective officiel de Conan Doyle qui réfléchit.

Je ne sais toujours pas comment il a pu déduire qu’il y avait, dans le petit mot reçu à la fin, l’ombre du professeur de mathématique maléfique… Le mot était écrit par le complice, rien ne laisse présager qu’il y avait, derrière, le méchant canonique, mais oui, il était bien là. Mystèèère !!

Quant aux explications finales, elles sont en option ! Ou alors, on doit faire le job et faire marcher nos petites cellules grises… Expression que l’auteur utilise pour Holmes (là, Poirot va lui faire un procès) et qui ne lui va pas du tout. Apparemment, toutes ces histoires pour une trahison et une histoire de femme… Et les pierres qui sont tombées non loin de Holmes, c’étaient toutes des accidents ? Démerdez-vous pour le savoir !

Quant à Watson, on est loin du gentleman de Conan Doyle… Notre brave médecin plote une dame (sans le faire exprès), couchera avec elle après un excès de tabasco dans sa nourriture (ainsi qu’avec une autre, plus tard) et Holmes lui demandera, le lendemain, si c’était bon (la nuit de baise, pas le tabasco !).

Oula, en 1889, les Anglais parlaient de sexe entre eux ? Que Holmes et Watson allassent se dégorger le poireau, ma foi, c’est humain, mais que Holmes lui demande comment c’était, là, je m’insurge ! Tout comme Holmes fredonnant « What a wonderful world » (Louis Armstrong) après avoir planté son bâton dans la motte d’une madame.

Ah, les anachronismes ! Ceux qui font rire dans les comédies… L’auteur a eu l’idée d’insérer dans son texte des références à notre époque, des petites phrases qui auraient dû faire sourire, mais qui m’ont plus fait lever les yeux au ciel qu’autre chose tant elles tombaient comme des cheveux dans la soupe…

N’est pas Goscinny qui veut, Holmes n’est pas un comique troupier et si certaines références pouvaient prêter à sourire (le bruit et l’odeur, la tête de veau sauce Gribiche, le petit pas pour l’homme,…), j’ai des doutes sur le « casse-toi pauv’c** » de Sarko, sur le « sauf les cul-de-jatte, bien entendu » (extrait d’une chanson de Brassens), sur Holmes imaginant Pierre Desproges sur la même place, dans le futur (et j’en passe)…

Ou on fait du burlesque assumé (faut pas se louper) ou on se contente de glisser moins de références… Ici, l’auteur se prend les pieds dans le tapis. Trop est l’ennemi du bien.

On peut faire de l’humour dans un Sherlock Holmes, mais il se doit d’être plus fin, plus raffiné et surtout, on essaie tout de même d’offrir aux lecteurs une intrigue policière bien ficelée, même avec une simple affaire. On ne lui donne pas l’impression de le planter là, avec des explications vite expédiées et qui n’éclairent rien.

Mais ceci n’est que mon opinion, l’auteur fait ce qu’il veut, de toute façon, c’est son livre, mais vu ma déception (et le prix de l’ouvrage), je pense que j’ai le droit de rouspéter, puisque mon achat a fait vivre des gens (et payé leur facture d’énergie ?).

J’allais oublier aussi le présence d’un loup apprivoisé (à sa naissance), qui un jour, suivra Holmes, qui se trouve à cheval, avec trois de ses congénères (le loup apprivoisé n’appartenant à aucune meute, sans doute des solitaires qui l’accompagnent ?), dans le but de lui faire peur… Je n’ai pas vu l’utilité de cette poursuite…

Ni dans le fait que des loups aient préférés manger une bergère, en lieu de place de ses moutons, ainsi qu’un homme blessé… La forêt est giboyeuse, il y a des sangliers à tous les coins de sentier, des cerfs, des chevreuils, et le loup ne mange les humains que s’il crève la dalle (et encore). Le syndicat des loups pourrait porter plainte pour incitation à la haine et propagation de faits totalement faux, dans le but de les vilipender.

Quant aux policiers de bled, ils portaient tous des noms de grands crus : Gyvré, Chambertin, Montrachet, Bordeaux,… Oui, ça m’aurait fait rire ailleurs, mais pas ici. Trop c’était trop…

Anybref, il y a, dans ce roman policier qui n’a de policier que le nom, trop choses inutiles, qui ne servent à rien, qui ne font pas avancer l’histoire, ni l’enquête, mais qui servent à noircir des pages, dans le but de faire rire et qui ne font que desservir le texte (pourtant, je suis bon public, même avec des blagues à Toto, avec parcimonie) et qui m’ont juste fait lever les yeux au plafond, bien trop souvent.

C’est le deuxième roman des éditions La Geste, avec Holmes, qui me déçoit et j’ai peur de lire les suivants… Moi qui pensais passer un bon moment holmésien, je me suis fourrée le doigt dans l’œil, jusqu’au coude.

Ce genre d’écriture, de roman, n’est pas fait pour moi, ou alors, avec un inspecteur de Scotland Yard, un simple flic anglais en vacances et où le comique troupier est assumé et bien réalisé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°110].

Airborne 44 – Tomes 4 – Destins croisés : Philippe Jarbinet

Titre : Airborne 44 – Tomes 4 – Destins croisés

Scénariste : Philippe Jarbinet
Dessinateur : Philippe Jarbinet

Édition : Casterman (2012)

Résumé :
Je marche dans une guerre qui broie tout : les hommes, les femmes, les enfants, les paysages… Rien, ni personne, ne lui échappe… Même mes souvenirs semblent vouloir mourir… Je marche dans une guerre noire, mais je garde l’espoir qu’il y ait au bout… …une lumière.

Critique :
Nous retrouvons Gavin, le soldat américain, là où nous l’avions laissé, sur la plage de Omaha Beach, bien que depuis le précédent album, il ait avancé avec son unité.

Unité décimée, bien entendu. Malgré tout, pas le choix, faut avancer, faut aller se mesurer, une fois encore, avec les soldats allemands, qui n’ont plus rien à perdre, qui savent très bien qu’après, ce sera l’Allemagne qui sera envahie par les autres, alors, ils se battent avec l’acharnement de ceux qui sont désespérés.

Peu de dialogues, au début de cet album, mais le scénariste nous fait partager les pensées de Gavin, qui, bien qu’enfonçant des portes ouvertes, n’en restent pas moins pétries de vérités.

Les dessins sont toujours magnifiquement bien réalisés et toute la violence des combats est bien rendue. Pas de manichéisme, heureusement, entre les soldats américains et allemands, les salauds comme ceux qui n’ont rien demandé se trouvant des deux côtés de la barrière.

Une fois de plus, beaucoup d’émotions dans ce quatrième tome, qui termine d’une belle manière, le récit commencé dans le précédent et s’attache à nous montrer des petites histoires dans la grande, notamment une malencontreuse erreur d’un soldat qui lui pèsera sur le cœur et un beau geste de pardon d’un autre côté.

L’album ne tournera pas que autour de Gavin, nous suivrons aussi une jeune fille dans la résistance, dans les hôpitaux de fortune sur le front où les hommes estimaient que les femmes n’étaient pas capables d’être autre chose qu’infirmière et dans la ville de Paris où les résistants de la 13ème heure se vengeront en tondant des pauvres femmes…

Ce second tome clôt correctement le diptyque consacré à Gavin et au débarquement de Normandie.

Un bel album, aussi bon que le premier, même si différent.

Airborne 44 – Tome 3 – Omaha Beach : Philippe Jarbinet

Titre : Airborne 44 – Tomes 3 – Omaha Beach

Scénariste : Philippe Jarbinet
Dessinateur : Philippe Jarbinet

Édition : Casterman (2011)

Résumé :
En 1938, un jeune franco-américain de 17 ans, Gavin, est en vacances avec ses parents sur la côte normande. Il y tombe amoureux d’une séduisante jeune française, Joanne, et va vivre sur place, l’espace de quelques semaines, le plus bel été de son existence.

Six ans plus tard, le 6 juin 1944, dans la ligne de mire des batteries allemandes, Gavin s’apprête à remettre les pieds sur le sol normand, au sein de la première vague d’assaut en passe de débarquer à Omaha Beach. Son esprit est plein du souvenir de Joanne, avec qui il a correspondu des années durant.

Mais depuis avril 1944, Joanne n’a plu écrit. Pour elle, Gavin va s’efforcer de survivre…

Critique :
Gavin Jentro va débarquer sur une plage de Normandie, mais pas pour des vacances, cette fois-ci.

Si je vous dis que nous sommes le 6 juin 1944, je pense que vous comprendrez tout de suite dans quelle horreur Gavin et bien d’autres, vont mettre les pieds.

Quelques années plus tôt, en 1938, notre Gavin, dont la mère est Normande, était venu passer des vacances dans le coin, sans penser une seule seconde qu’un jour, il y reviendrait en tant que soldat et que la belle plage serait souillée par le sang et les corps de milliers de soldats morts.

Des corps morts pour les cormorans, comme le chantait quelqu’un (même s’il ne parlait pas des soldats, mais d’un navire).

Il avait connu l’amour avec Joanne, les étreintes, les promenades à vélo, le sexe et l’amour, celui avec un grand A.

Cette bédé, qui ne met pas en scène des soldats de la 101e aéroportée (US Airborne), n’en reste pas moins criant de vérité, tant les événements mis en scène sont réalistes, bien que romancé, puisque Gavin et les autres personnages, américains ou allemands, sont issus du scénariste.

On a beau détester les guerres, les trouver inutiles, sanguinaires, horribles, cela ne m’a jamais empêché de vouloir en savoir plus et donc, de lire des récits de la Seconde Guerre Mondiale, surtout.

Comme les deux premiers tomes m’avait enchanté, j’ai décidé de poursuivre ma lecture de cette série et bien m’en a pris.

Heu, sauf que j’aurais dû prendre aussi le tome 4, puisque cette histoire est un diptyque et que là, je crève de ne pas connaître la suite… Bien que je m’en doute, car j’ai remarqué un détail important et que j’ai compris ce qui était vraiment arrivé à un personnage.

Dans cette série, les personnages ne sont pas manichéens, tout le monde aura son mot à dire : résistants et collabos, soldats allemands et soldats libérateurs. On a la trouille dans les barques, mais aussi dans les bunkers, et tout le monde joue sa vie, dans cette affaire (sauf les plus hauts gradés, planqués).

Même si le jeune soldat allemand n’a pas envie de tuer les soldats qui débarquent, c’est ça ou mourir, sous les balles de son officier en premier, puis sous celle de l’ennemi ensuite (oui, pour les soldats allemands, les Anglais, Américains, Canadiens, étaient l’ennemi).

Les dessins sont très réalistes, eux aussi, et les tons pastel leur allaient à ravir, même durant le débarquement et sa grande boucherie sanglante.

Un grand album et une série qui est réussie, jusqu’à présent !

Un bon anniversaire à Sherlock Holmes !! 

 

Sherlock Holmes contre Arsène Lupin – La revanche : Martine Ruzé-Moens

Titre : Sherlock Holmes contre Arsène Lupin – La revanche

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net (10/06/2021)

Résumé :
Sherlock Holmes, le célèbre détective britannique, a pris sa retraite et mène une existence paisible sur la côte anglaise.

Alors qu’une série de cambriolages est perpétrée à Étretat, plusieurs indices laissent à penser que le non moins célèbre Arsène Lupin pourrait être impliqué.

La gendarmerie locale étant impuissante, Maurice Leblanc, qui fait partie des victimes, appelle Sherlock Holmes à la rescousse.

Va-t-il saisir cette opportunité pour se venger des échecs cuisants que Lupin lui avait jadis infligés ? Saura-t-il relever le défi que le gentleman-cambrioleur va lui lancer ?

Critique :
Mon bilan final de lecture ayant été clôturé ce 28 décembre dernier, je me trouvai fort dépourvue, sans lecture de prévue.

Comme je voulais me la couler douce, il me fallait une lecture plaisir, non pas pour me tourner les pouces, mais pas au point non plus de frémir.

Les apocryphes écrits par Martine Ruzé-Moens ont toujours été des bonnes pioches. J’aime son Sherlock Holmes, différent de celui de Doyle, bien entendu, mais l’explication est fournie dans ses romans.

Bref, c’était le polar idéal à lire, avec la sureté du plaisir à venir. Et puis, il me tardait de savoir ce qu’allait être la rencontre entre Holmes et Lupin.

Une fois de plus, l’autrice a changé la donne, se jouant des codes en donnant une vie propre au gentleman cambrioleur, qui lui aussi, n’était pas la copie conforme de celui créé par Maurice Leblanc. Et c’était bien vu !

Le roman est court, ce qui est un plus pour les enquêtes de Holmes, qui ne doivent pas s’éterniser sur des pages et des pages. Pour lui, le format des nouvelles est ce qui lui sied le mieux.

Dans ce roman, en fait, nous avons deux nouvelles : la première qui se résout assez facilement, puis la seconde, plus dangereuse, plus complexe et le duel entre Holmes et Lupin. Les deux se déroulant à Étretat, mais je ne vous dirai pas si les enquêtes de Holmes ont un rapport l’une avec l’autre. No spolier.

Non, on ne cassera pas la baraque avec ce roman de 200 pages : l’enquête est correcte, comme toujours, bien pensée, comme une véritable enquête qui aurait pu être soumise à Homes. On commence doucement, avec un truc qui semble banal, avant d’aller plus en profondeur dans les investigations. Le banal peut cacher du plus grave.

Cette lecture m’a fait du bien, sans pour autant me vider le cerveau (non, elle n’offre pas du temps de cerveau disponible), car j’ai tenté de déduire ce qu’il s’était passé, ce qui se cachait sous ces cambriolages, où aucun bien de valeur ne disparaissait, de trouver l’instigateur, les complices… Parfois, j’ai eu une illumination, pour le reste, Holmes aura toujours des longueurs d’avance sur moi.

Anybref, une lecture parfaite pour terminer l’année en beauté (même si elle comptera pour 2023) , avec une lecture plaisir garantit, en compagnie de mon Sherlock Holmes et de Mathilde, même si elle est plus souvent dans l’ombre, laissant ce diable de détective mener ses investigations tranquillement.

Une lecture qui ressemble à un carré de chocolat qu’on laisse fondre sur la langue…

Un bémol ? Oui, il ne me reste plus qu’un apocryphe de cette autrice à lire… Merdouille, mon dernier carré de chocolat !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°107].