Le Gibier : Nicolas Lebel

Titre : Le Gibier

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Le Masque (10/03/2021)

Résumé :
La journée du commissaire Paul Starski commence assez mal : son épouse demande le divorce, son chien adoré est mourant et une prise d’otages l’attend dans un appartement parisien.

L’âme morose, il se rend sur place avec sa coéquipière, la glaciale et pragmatique Yvonne Chen, et découvre les corps d’un flic à la dérive et d’un homme d’affaires sud-africain.

Critique :
Quoi de plus naturel, après avoir lu « La chasse » que d’enchaîner sur « Le gibier » ? C’est dans l’ordre naturel des choses.

La chasse à coure m’a toujours fascinée… Non, pas dans le fait de traquer du gibier et de l’épuiser. Namého !

Juste dans le fait de galoper dans des bois, souvent privés, avec des chiens autour, au son des cors de chasse (mieux que les cors aux pieds).

Alors oui, le choix des titres de chapitres qui suivent le déroulement d’une chasse à courre, c’était bien vu de la part de l’auteur qui, dans ce roman, nous fait douter de qui est le gibier et qui est le chasseur.

J’avais été déçue que ce nouveau roman ne soit pas avec le capitaine Mehrlicht, j’étais même prête à arrêter de respirer tant qu’il n’entrait pas dans la danse, mais j’ai vite rangé mes envies de Kermit la grenouille car cette enquête n’était absolument pas pour Mehrlicht !

Pas dans ses cordes car il n’avait pas le caractère adéquat, tandis que le commissaire Strarki, oui. Non, non, pas de Hutch avec lui, mais la lieutenante Yvonne Chen (on devrait coller des procès aux parents qui ont nommé cette asiatique Yvonne).

L’un est guidé par ses sentiments, l’autre est froide comme un iceberg et pragmatique au possible. Et oui, le duo marche très bien et joue avec l’humour dans leurs dialogues. C’est toujours ce que j’apprécie chez l’auteur : son humour. D’ailleurs, j’ai bien ri avec la scène à la fourrière.

Cette histoire comment comme un polar dans la plus pure tradition du style : un double suicide (ou meurtre ?) en chambre close. Puis, tout doucement, le train bifurque pour prendre une autre voie, entraînant son lecteur à sa suite avant de totalement révolutionner le tout en faisant exploser ses certitudes.

Ayant été à bonne école avec des auteurs qui révolutionnaient le polar en fuckant toutes les règles (Agatha Christie et Franck Thilliez, pour ne pas les citer), j’ai senti où se trouvait la couille dans le pâté et c’était bien vu de ma part.

Bon, ça m’a tué une partie du roman, de comprendre avant tout le monde, puisque j’ai échappé au coup de masse sur la tronche et que j’aurais aimé me le ramasser dans ma gueule de lectrice…

Dans les séries télés, j’accuse toujours tout le monde sans trouver le coupable et là, dans ce polar révolutionnaire de Lebel, j’ai été plus lucide qu’une voyante du même nom. C’est ballot, ça (long soupir).

Malgré ma perspicacité, c’était bien vu de la part de l’auteur de ne pas suivre les sentiers battus du polar et d’offrir à ses lecteurs une enquête bourrée de chausse-trappes, de fausses pistes, de coups de putes et de nous faire courir un peu partout dans la forêt afin de nous perdre avant l’hallali final et la fameuse curée.

C’était une bonne curée (mes excuses à Annie Cordy) ! Le récit était addictif et intelligent. Quant aux personnages, ils étaient parfaitement à leur place, réalistes et attachants.

Après cette lecture, j’avais une envie folle de manger du gibier (qui n’est pas ma tasse de thé). Ça tombait bien, il me restait, au congélo, des tournedos de chevreuil, en provenance d’une super boucherie où l’on peut acheter de la viande les yeux fermés et on les a mangé avec une petite sauce échalotte/vin rouge de derrière les fagots, le tout arrosé de quelques verres d’un vin de Graves de 6 ans d’âge. Une tuerie, ce repas !

Nicolas Lebel, le seul auteur qui te donne envie d’aller chasser le gibier, à mains nues dans une forêt profonde, en hurlant « ADRIANNNNE », tel un Rambo déchaîné, le couteau entre les dents, mon colonel. Ou tout simplement d’écouter des cors de chasse, le soir, au fond des bois.

PS : avant de commencer ce roman, faites comme moi, ne lisez pas le 4ème de couverture sur les sites, il est bien trop bavard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°09].

Tout le bleu du ciel : Mélissa Da Costa [LC avec Bianca]

Titre : Tout le bleu du ciel

Auteur : Mélissa Da Costa
Édition : Le Livre de Poche (2020) – 838 pages

Résumé :
Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce.

Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté.

À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Critique :
Si l’on vous annonçait que vous n’aviez plus que pour 2 ans à vivre, que feriez-vous ? Sachant que la maladie qui vous frappe de plein fouet dans votre jeunesse est un Alzheimer précoce…

Émile à 26 ans et est condamné à mourir dans un hôpital, sa mémoire fichant le camp au fur et à mesure. Lui, ce qu’il veut, c’est voyager et mourir ailleurs qu’à l’hosto. Il achète donc un camping-car et passe une petite annonce pour avoir un compagnon de voyage. Ce sera une jeune fille : Joanne.

Lorsque je suis montée dans ce camping-car, je m’y suis sentie bien, même si l’histoire ne roulait pas vite, même si l’histoire était constituée de phrase somme toute banales. De poncifs, de gestes du quotidien.

Les personnages me plaisaient, sans m’enthousiasmer et j’avais envie de tracer la route avec eux, de chausser mes godasses de rando et d’aller avec ma tente sur le dos faire un périple avec eux deux dans les Pyrénées. Bianca, qui faisait cette LC avec moi, est descendue à la première pompe d’essence et s’est enfuie en courant…

Ce roman a des airs de feel-good book, même si l’on se doute que l’on va lire la chronique d’une dégénérescence annoncée et que cela se terminera pas le décès d’Émile, sauf si les médecins se sont mis le doigt dans l’œil. Mais ça, se serait très con.

Effectivement, il ne se passe pas grand-chose dans ce gros pavé, l’auteure prenant la peine de nous décrire les gestes du quotidien, les repas, la cuisson des pâtes, la confection des salades, les achats de matériel pour la rando…

Rassurez-vous, il n’y a pas que ça ! Ce roman possède aussi ses petits moments d’émotions, ses petites touches de tendresse, de prises de conscience, cette amitié qui grandit et même de très grands moments remplis d’émotions larmoyantes.

Les descriptions des paysages sont bien présentes et cela donne l’impression d’être dans les Pyrénées, de marcher avec eux, de ressentir la soif, la fatigue. Là, je me suis retrouvée.

L’auteure a pris la peine de doter Émile et Joanne d’un passé et si celui d’Émile nous est divulgué assez vite, il faudra passer le cap de plus de la moitié pour apprendre ce qui rend Joanne aussi mélancolique. Joanna est un personnage très touchant, elle parle peu mais elle a une présence énorme dans ces pages.

Quant à Émile, il est encore plus touchant avec ses pertes de mémoires qui le rendent totalement perdu, presque fou de ne pas savoir ce qu’il fait là, triste d’avoir oublié ce qu’il  a fait ces deux derniers jours. Alzheimer n’est pas une maladie facile pour l’entourage et comme on oublie les souvenirs les plus récents, c’est Joanne qui va trinquer…

Bizarrement, l’extrême lenteur du récit ne m’a pas dérangée (contrairement à d’autres romans), même si, au bout d’un moment, la lassitude s’est installée (j’avais tout de même dépassé le cap de la page 560). Trop long, c’est trop long (je vous offre cette pensée philosophique de haut vol).

Ce sera mon plus gros bémol pour cette lecture : 838 pages, c’est trop ! Il y avait moyen de nous expliquer le périple de nos deux compagnons de voyage avec 250 pages de moins, ce qui aurait donné plus de rythme au récit. Le début est poussif, c’est là que j’ai perdu ma copinaute de lecture…

Pourtant, le voyage était intéressant à faire car il n’était pas qu’un simple voyage au gré des envies de nos deux compagnons, non, c’était surtout un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, une introspection, afin de perdre tout ce qui n’était pas bon pour leur esprit, leur coeur. Une sorte de grand nettoyage de printemps dans leur tête, une vidange de tout ce qui leur broyait le cœur et leur donnait des idées noires.

Ce voyage était initiatique pour eux deux et le pari fut réussi. À nous de faire sortir les scories de nos esprits et de ne garder que le plus beau, le plus lumineux, le plus agréable de nos vies.

Lu dans sa version Livre de Poche de 838 pages.

Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

1991 : Franck Thilliez

Titre : 1991

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir (06/05/2021)

Résumé :
La première enquête de Franck Sharko !

En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l’école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l’affaire des Disparues du Sud parisien.

L’état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau.

Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.

Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu’à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d’entrer en possession d’une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac.

Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu’il a pu imaginer…

Critique :
Putain, comment Franck Thilliez a-t-il su ? C’est flippant… Ça fout la trouille, même. Je vous explique pourquoi…

J’ai enfin commencé à lire « Les fleurs du mal » et voilà ti pas que ce recueil de Baudelaire est au centre du dernier roman de Thilliez ! Flippant…

Cet homme est le diable ! Il a vu l’avenir et a su que lorsque j’ouvrirais son dernier thriller, j’en serais à la moitié du Baudelaire… Sueurs froides car cet auteur voit mon avenir ! On commençait bien.

Thilliez est un sadique, d’entré de jeu, il vous ferre et ne vous lâchera plus, vous baladant (avec votre consentement éclairé) dans son histoire, tel un marionnettiste jouant avec ses pantins (que nous sommes).

Après avoir été me promener en 1794, j’avais envie de remonter le cours du temps, mais pas de trop, d’aller à une époque où les smartphones et l’Internet n’existaient pas, où les PC commençaient à apparaître, mais restaient minoritaires.

Il a fallu peu de choses à l’auteur pour me plonger dans le bain de l’année  1991 (non, je ne retournerai pas à l’école !) et profiter de cette belle époque où je vivais, insouciante, mon walkman sur les oreilles (pour ça, le smartphone est mieux, plus de capacité, plus d’autonomie et pas besoin de piles).

Malheureusement, un jeune de moins de 20 ans qui lirait ce roman ne comprendra pas pourquoi le policier doit insérer un film dans un appareil pour prendre des photos… Ni pourquoi on ne pose aucune question à Google… mdr

Ses personnages sont maitrisés, qu’ils soient primordiaux ou secondaires, l’auteur a pris le temps de leur brosser une personnalité, typique de ces années-là.

Ses flics puent les années 90 : ils fument, sont sexistes, se moquent de l’informatique, salopent les scènes de crimes et pleurnichent sur le bon vieux temps où l’on pouvait casser la gueule aux suspects. Sans trop en dire ou en faire, il les a doté d’une vie propre, réaliste.

Comme toujours, son scénario est fou, à s’arracher les cheveux et pourtant, à la fin, tout rentre parfaitement bien dans l’ordre, tout s’explique et tout est maîtrisé. Toujours plus loin, toujours plus haut…

Ici, pas moins de deux enquêtes qui sont sur la table : une ancienne non résolue et une nouvelle. Exercice périlleux que d’en proposer deux à la fois, casse-gueule et pourtant, jamais l’auteur ne se prend les pieds dans le tapis. Du grand art.

Si j’avais réussi à comprendre comment l’auteur du courrier avait deviné à quel prénom penserait le quidam à qui il avait envoyé une lettre, ce n’est pas dû à mon intelligence, juste à une ancienne lecture où il s’agissait de trouver le chiffre auquel la personne penserait.

L’auteur a toujours eu une longueur d’avance sur mes déductions, même si j’en ai eu une sur les enquêteurs. Là, mon petit Sharko, t’avais pas les neurones en forme, pour ce coup-là que j’ai eu d’avance sur toi. Pour le reste, je m’incline respectueusement.

Dans les romans de Thilliez (surtout après ses deux derniers), vous avez tendance à suspecter tout le monde. Une petite vieille traverse la rue ? Suspecte !! Un gosse ? Suspect !! Un mort ? Très louche… à surveiller.

Et si d’aventure (en aventure) vous obtenez le nom des personnages, vous les passerez aux filtres de tous les codes possibles (et imaginables), développés dans ses derniers romans : à l’envers, à l’endroit, en diagonale, vous tenterez le coup en ajoutant la vitesse du vent, en retirant l’âge du capitaine ou en le multipliant par le coefficient de traversée d’une rue pour trouver un job.

Monsieur Thilliez, vous me faites devenir folle depuis que je vous lis ! Vos romans me rendent zinzin dès que je tente de comprendre le pourquoi du comment. Un jour, c’est le service psychiatrique d’un hôpital qui vous écrira une réclamation pas piquée des vers.

En plus, monsieur Thilliez, vous êtes dangereux pour la santé : palpitations cardiaques durant une bonne partie du roman tant le suspense était fort, mains moites à certains moments, peurs primales, tripes qui se nouent, cerveau qui surchauffe, esprit qui n’y était plus pour personne durant ma lecture, risque de louper mon arrêt de métro (à ne pas lire à la plage, risque de noyade avec la marée montante !).

Bref, monsieur Thilliez, vos super romans sont une calamité, un cataclysme pour ma santé ! C’est décidé, j’arrête de vous lire, sur ordre de mon médecin, avant que je ne tombe raide morte durant la lecture d’un de vos futurs (ou anciens) romans. Avec ma chance légendaire, je clamserais avant d’avoir le fin mot de vos énigmes.

Non mais vous faites quoi encore à lire ma bête chronique ?? Allez plutôt lire le dernier Thilliez, nom d’une pipe (Magritte, sors de mon corps) ! Et si vous l’avez lu, rien de ce que je dis ne vous est étranger, vous êtes initié, vous savez de quoi l’auteur est capable.

Vivement ma prochaine lecture ! (Ben quoi ? Fuck les recommandations des médecins). Avec ou sans Sharko, bien que c’était une super idée de nous le présenter jeune, à son entrée au mythique 36, jeune bleu qui devait encore faire ses preuves, s’intégrer, avant de devenir celui que nous connaissons depuis longtemps.

PS : l’auteur n’a pas deviné l’objet auquel j’avais pensé, en commençant le roman. À sa décharge, je n’aurais jamais pu penser à tel scénario machiavélique…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°01].

Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings : Fabrice David et Jaime Calderón

Titre : Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Soleil (2009)

Résumé :
1066. L’Angleterre se prépare à devenir le théâtre de l’une des plus furieuses et des plus épiques batailles de tout le Moyen Age.

C’est pourtant un tout autre enjeu qui fera basculer le sort des îles britanniques.

Inscrit dans le cuir, n’y a-t-il pas un secret susceptible de transformer le destin de la chrétienté ?

Odon de Bayeux, demi-frère du Duc Guillaume, sera le premier à découvrir à quel point les Voies du Seigneur semblent tortueuses.

Critique :
Si vous m’aviez demandé de vous parler d’Hastings, je vous aurais sorti la biographie du compagnon d’enquête d’Hercule Poirot…

Et si ensuite, vous m’aviez aiguillé sur la fameuse bataille d’Hastings, j’aurais été incapable de vous donner la date, les protagonistes et qui gagna le match (et à combien de buts d’écarts).

Comme il n’est jamais trop tard pour augmenter sa culture, je me suis dirigée vers cette bédé historique qui, en plus de nous faire vivre la bataille d’Hastings de l’intérieur, ajoutera à cela un petit mystère contenu dans un parchemin et qui est de la bombe !

Pour les Nuls qui se trouvaient au fond de la classe avec moi, je vous résume le brol en quelques lignes : Guillaume Le Bâtard (pas encore « Le Conquérant »), qui est, pour l’instant, le duc de Normandie, s’apprête à se lancer à l’assaut de l’Angleterre (anti-brexit, le mec). Son énorme flotte est postée à Bayeux et n’y fait pas tapisserie.

Son but ? Renverser celui qui revendique le trône (Harold) et s’approprier le pays, aidé en cela par Hardrada, le chef saxon (vikings).

Odon, le demi-frère de Guillaume le Conquérant n’a rien d’un espion mais il va devoir jouer double-jeu pour tenter de récupérer ce précieux parchemin, sans que son frangin le sache.

Les atouts de cette bédé sont ses dessins, très bien réalisés et son scénario qui est empli de mystère. Pour l’issue de la bataille, si vous trouvez le suspense trop dur, Wikiki vous dira tout mais vous ne vivrez pas cette bataille de l’intérieur.

Les découpages de l’histoire sont dynamiques, quasi cinématographiques et une fois que l’on a lu les premières cases, on n’a plus envie de s’en aller, mais plutôt de lire jusqu’au bout.

Le mystère sur le parchemin sera levé, les lecteurs sauront ce qu’il contient et c’est une bonne chose car cela évite de devoir attendre la fin de la saga pour savoir. Effectivement, il aurait pu changer bien des choses…

Anybref, voilà une bédé historique plus que correcte, avec un scénario qui romance quelque peu l’Histoire, sans pour autant la dépraver ou la changer totalement.

Mon seul inconvénient sera pour les personnages avec lequel je n’ai eu aucun atome crochu, mais ceci n’est pas trop grave.

Par contre, plus de pages auraient permis aux auteurs de faire durer un peu plus la bataille afin que l’on soit vraiment immergé à fond dedans. Ici, elle se termine un peu trop vite.

L’intrigue liée au parchemin commence dans ce premier tome et je me doute bien qu’elle continuera dans les autres. Si j’ai le temps, je tâcherai de poursuivre cette saga afin de voir sur quelles routes (en dur ou maritimes) elle va me mener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°293], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°46], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les enquêtes du Louvre – 01 – Enquête étrusque au Louvre : Carole Declercq [LC avec Bianca]

Titre : Les enquêtes du Louvre – 01 – Enquête étrusque au Louvre

Auteur : Carole Declercq
Édition : City (04/11/2020)

Résumé :
Fougueuse et indépendante, Anna Stein vient d’ouvrir un cabinet d’expertise d’art à Paris, mais sa jeunesse et son sale caractère font grincer bien des dents.

Alors, quand le milliardaire François Borelli lui demande d’inventorier sa collection, c’est enfin la reconnaissance qu’elle attendait.

Mais quelques jours plus tard, Borelli est retrouvé mort. Malade, il avait certes déjà un pied dans la tombe, mais ne l’y aurait-on pas un peu précipité ? Lorsque d’autres cadavres s’invitent dans l’entourage du collectionneur, Anna est obligée de mener l’enquête.

Aidée par un extravagant lord anglais, courtisée par un policier italien et poursuivie par son ancien amoureux, la jeune femme ne sait plus où donner de la tête. Pourtant, elle doit garder les idées claires.

Car dans les eaux troubles du trafic d’art, à vouloir déterrer d’inavouables secrets, elle risque d’être la prochaine victime…

Critique :
YES ! À peine les musées réouverts que j’avais déjà mon billet Thalys pour aller au musée du Louvre à Paris !

Bon, c’est au travers de la fiction que je suis entrée au Louvre sans faire la queue mais je m’en fiche parce que ça a fait du bien.

Pour les fans de meurtres, je risque de doucher vos attentes puisqu’il faudra attendre un peu moins de la moitié du roman (il en fait 280) pour avoir un cadavre et encore, mort naturelle. Et avant le mort naturel ? Ben rien, nada… Pas d’enlèvements, pas de disparitions, pas de courses-poursuites.

Non, non, ne partez pas parce que même en prenant son temps durant plus d’une centaine de pages pour poser sa panoplie de personnages, à la limite de la caricature (mais ils étaient drôles) et planter ses décors, l’auteure ne m’a jamais donné envie de m’endormir ou d’aller voir ailleurs pour des trépidations.

Ne connaissant rien au monde de l’art et des musées, j’ai apprécié d’en apprendre un peu plus, sans que cela devienne indigeste ou lourd, sans que cela vire au cours magistral. À la fin du roman, je ne sais toujours pas grand-chose, mais c’était toujours plus qu’au départ. Je soulignerai aussi que ça ne vire jamais au Da Vinci Code et autres romans dérivés.

Comme je le soulignais plus hauts, les personnages sont assez typés, on est à deux doigts de la caricature mais le ton du roman étant léger (sans être débilitant), les différents protagonistes allaient bien à l’atmosphère générale du récit sans pour autant virer à la série bas-de-gamme produite par une chaîne de télé fort connue pour que l’on s’abrutisse le soir et que l’on offre notre temps de cerveau disponible à Qui-Vous-Savez.

Si l’enquête n’a rien de transcendantal, rien d’exceptionnel, rien qui vous trouera le cul, le ton général fut une bouffée d’air frais pour moi qui avait lu mon lot de romans noirs, sombres et bourrés de morts, de dictature et autre.

C’est bien simple, je l’ai dévoré sur une petite journée, ayant bien du mal à le reposer tant je m’amusais comme une petite folle avec les personnages, dont Anna, son oncle Albert et Thomas Alexander, un lord anglais devenu libraire à Paris et fan de San-Antonio.

Anybref, sans révolutionner la littérature policière, sans avoir des cadavres à toutes les pages, en utilisant la violence avec parcimonie, l’auteure a réussi un agréable petit cosy-mystery à la française en nous faisant entrer dans le monde de l’art et des musées, le tout avec une plume légère, humoristique, sans pour autant être gnangnante ou simpliste.

Roman policier addictif, qui n’essaie pas d’en faire plus pour s’imposer, qui prend son temps sans pour autant que le lecteur ne s’emmerde. Un roman policier qui fait du bien au moral, qui apporte un rayon de soleil dans une journée grise et vous requinque d’un coup après des lectures assez dures.

Un tout grand merci à Bianca de m’avoir proposée cette LC qui est réussie parce que sans elle, jamais je n’aurais coché ce roman et cela aurait été une erreur. De son côté, c’est plus mitigé, elle aurait aimé que le meurtre arrive plus vite et en apprendre plus sur les étrusques. Comme quoi, deux avis différents ! N’oubliez pas d’aller lire le sien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°260].

Miroir de nos peines : Pierre Lemaitre [LC Bianca]

Titre : Miroir de nos peines

Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Albin Michel (02/01/2020) / LP (2021)

Résumé :
Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.

Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.

Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique…

Critique :
Dans ces deux précédents romans consacré à l’entre-deux-guerres, Pierre Lemaître m’avait emporté, bouleversé et apporté des émotions fortes telles que la colère (sur certains comportements, personnages), de la joie, de la tristesse.

Bref, j’en avais vu de toutes les couleurs aux côtés de ses personnages grandioses, réalistes, flamboyants, généreux ou qu’on avait envie de trucider.

Le dernier tome n’a pas dérogé à la règle, il terminera comme les autres dans mes coups de coeur car lui aussi m’a emporté, telle une foule en délire, dans des émotions fortes qui ont mis à mal mon pauvre cœur de lectrice.

L’exode, raconté par la mère de mon père, ça fleurait bien l’amusement, les chamailleries, la belle vie et l’aventure. Des bons souvenirs pour elle.

Oui, mais non, mémé, ce n’était pas la belle vie et l’amusement pour tout le monde, ces milliers de gens jetés sur les routes suite à la guerre et qui devait encore en plus subir les hausses des prix, le mépris des autres et les avions allemands qui ne lâchaient pas des confettis.

Quitter sa maison, son village, sa ville, son pays, avec son barda, les enfants, ça n’a rien d’une promenade de santé et où que vous alliez, on vous verra comme des envahisseurs. La peur est un ennemi mortel pour l’esprit humain, elle lui fait voir des choses qui n’existeront pas et le fait devenir une sorte d’ours enragé, que les exilés soient du pays voisin, du département voisin ou tout simplement son voisin.

Une fois de plus, Lemaître a réussi à nous emporter dans les affres de la drôle de guerre, suivant plusieurs personnages à la fois, sans avoir à quel moment leurs arcs narratifs vont se rejoindre, ni pourquoi.

Personnages flamboyants, une fois de plus, attachants, réalistes et pouvant évoluer et passer de salopard fini à un homme cachant de la fragilité sous de la colère.

Désiré est le plus magnifique, véritable caméléon qui joue tout au culot. Raoul est un magouilleur brutal, Gabriel un jeune homme timide, Louise, croisée toute jeune dans le premier tome est ici une femme en proie à des doutes et M Jules, patron du café est un sacré numéro aussi qui a réussi à m’émouvoir avec peu.

Son dernier roman consacré à l’entre-deux-guerres, je l’ai dévoré en peu de temps tellement il était addictif, bien écrit, historiquement bien fait, précis, travaillé, au scénario excellent, mélangeant les drames avec de l’humour. Nous avons beau être en 1940, les réactions des gens ne sont pas éloignées des nôtres en 2021.

L’absurdité des décisions, les imbécilités des décideurs, sans oublier celles de la population (parce que nous n’avions rien à envier à nos gouvernants, point de vue conneries absurdes) sont présentes et bien que personne ne puisse Twitter, les rumeurs et la propagande vont bon train, pervertissant l’esprit de tout le monde, rendant les gens pareils à des bêtes féroces (heureusement, pas tout le monde).

Sur le final de cette magnifique fresque historique, j’ai eu envie de poser le livre et de laisser libre cours à mon chagrin. J’arrivais au bout de cette belle aventure, j’allais quitter les personnages à tout jamais et ils m’avaient apporté tellement de belles choses que j’avais le cœur lourd à l’idée de les quitter.

De plus, même si les pires bassesses humaines remontaient à la surface, même si la haine guidaient les actions de certains, si la colère envers les réfugiés sortait par tous les pores et que la peur commandait les esprits, les quelques gestes de solidarité m’avaient émus eux aussi. Tout n’est pas à jeter chez l’Humain.

Une fois de plus, ce sont des destinées personnelles qui nous font vivre de l’intérieur ces jours troubles de la drôle de guerre qui eut lieu en 1940, quand les Allemands sont entrés en Belgique comme en France comme du persil s’enfonçant dans du beurre mou, laissant derrière eux des corps sans vie, des vies brisées, exilées.

Une magnifique fresque historique, réaliste, portée par des personnages qui resteront dans ma mémoire tant ils étaient superbes, même avec leurs défauts ou leurs sales caractères.

Une LC réussie avec Bianca même si celle-ci préfèrera le tome 2 dans cette trilogie.

La république des faibles : Gwenaël Bulteau

Titre : La république des faible

Auteur : Gwenaël Bulteau
Édition : La manufacture de livres (04/02/2021)

Résumé :
Le 1er janvier 1898, un chiffonnier découvre le corps d’un enfant sur les pentes de la Croix-Rousse. Très vite, on identifie un gamin des quartiers populaires que ses parents recherchaient depuis plusieurs semaines en vain.

Le commissaires Jules Soubielle est chargé de l’enquête dans ce Lyon soumis à de fortes tensions à la veille des élections. S’élèvent des voix d’un nationalisme déchainé, d’un antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus et d’un socialisme naissant.

Dans le bruissement confus de cette fin de siècle, il faudra à la police pénétrer dans l’intimité de ces ouvriers et petits commerçants, entendre la voix de leurs femmes et de leurs enfants pour révéler les failles de cette république qui clame pourtant qu’elle est là pour défendre les faibles.

Critique :
Ce polar historique qui fleure bon le roman noir, nous parle de la France d’en bas, celle qui se lève tôt, celle des sans-dents.

En un seul mot : des prolétaires de tous bords. Ceux qui triment comme des bêtes, tirent le diable par la queue, où les hommes boivent, traitent les femmes comme des moins que rien, ont la haine des Juifs, des étrangers, des Prussiens, des flics…

En commençant son histoire par la découverte du corps supplicié d’un enfant, déposé dans une décharge, l’auteur nous balance directement dans la fosse à purin avant même que l’on ait pu tester la température du bouillon de culture.

La misère noire, on va en bouffer, mais sans jamais jouer au voyeur car l’auteur a évité le pathos et le larmoyant. Oui, c’est brut de décoffrage, oui c’est glauque, oui c’est violent et c’est à se demander si on en a un pour relever l’autre, dans ce petit monde qui est aux antipodes de La petite maison dans la prairie.

L’enquête aura plusieurs ramifications, elle servira de fil conducteur à l’auteur pour nous montrer la ville de Lyon en 1898, en pleine affaire Dreyfus, à une époque où Zola et son « j’accuse » fit l’effet d’une bombe et où les gens se transformèrent en bêtes sauvages dans le but d’aller casser du juif.

Le travail historique et documentaire est énorme, mais jamais nous n’aurons l’impression que l’auteur nous déclame une leçon apprise en cours d’histoire car tous les éléments historique s’emboîtent parfaitement dans le récit, sans jamais l’alourdir, l’appesantir, ou ralentir le ryhtme.

Mesdames, ne cherchez pas vos droits dans ces pages, nous n’en avons pas, ou si peu : celui de fermer notre gueule, d’écarter les cuisses et de rester à notre place, devant les fourneaux. Je préviens les petits esprits que cela pourrait choquer et qui voudrait ensuite porter plainte contre l’auteur pour maltraitance féminine.

L’Histoire ne fut pas tendre avec nous les femmes (nous le charme), comme elle fut violente aussi pour bien d’autres personnes ! On ne va pas renier le passé ou le passer sous silence sous prétexte que certains ne veulent pas en entendre parler ou veulent nous imposer la cancel culture.

Ce que ce roman décrit et met en lumière est terrible, car à cette époque, on a de la maltraitance enfantine, féminine, ouvrière, c’est bourré d’injustices, d’inégalités sociales, d’antisémitisme, de misère crasse, de mauvaises foi et de type qui ont des relations inadéquates avec des enfants.

La République (IIIème) avait promis de protéger les faibles, mais ce sont eux qui morflent en premier. La société est bourgeoise, l’ordre est bien établit dans les classes et ceux d’en haut n’ont pas trop envie que les trublions socialistes d’en bas viennent foutre en l’air cet ordre. S’il le faut, la police et le rouleau compresseur de la Justice viendront y mettre bon ordre, dans ces agitateurs.

Un roman noir puissant, violent, sans concession, brut de décoffrage. Une belle écriture, sans fioritures et une plume trempée dans l’acide des injustices sociales. Un très bon premier roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°225].

La cité de larmes : Kate Mosse

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Titre : La cité de larmes

Auteur : Kate Mosse
Édition : Sonatine (21/01/2021)
Édition Originale : The City of Tears (2020)
Traduction : Caroline Nicolas

Résumé :
1572. Depuis dix ans, les guerres de Religion ravagent la France. Aujourd’hui, enfin, un fragile espoir de paix renaît : Catherine de Médicis a manœuvré dans l’ombre et le royaume s’apprête à célébrer le mariage de la future reine Margot et d’Henri, le roi protestant de Navarre.

Minou Joubert et son époux Piet quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Alors que la tension est déjà à son comble dans les rues de Paris, on attente à la vie de l’amiral de Coligny. C’est le début du massacre de la Saint-Barthélemy. Précipités dans les chaos de l’Histoire, Minou et Piet sont sur le point de prendre la fuite quand ils découvrent la disparition de Marta, leur fillette de sept ans…

Après La Cité de feu, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque historique et familiale pleine de rebondissements. Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, elle tisse sa toile et le lecteur, captivé, regarde s’écrire l’Histoire.

Une famille plongée dans l’enfer de la Saint-Barthélemy : l’Histoire de France comme vous ne l’avez jamais lue !

51176327Critique :
L’Histoire de France racontée par une Anglaise ! Et dans cette histoire, la perfidie n’est pas toujours du côté d’Albion…

Celle qui n’est pas encore Marianne se comporte aussi comme une traîtresse et plus le sang coule et plus les gens ont envie de le faire couler.

On a toujours quelque chose à venger et à ce rythme-là, on peut assassiner au nom d’une vieille rancune ou des morts durant des siècles.

Si je retournais dans le passé, je ferais en sorte d’éviter le mois d’août 1572 et la ville de Paris, car bien que étiquetée catho tendance « je me pose beaucoup de questions et je ne sais rien de rien », je risquerais ma tête en tant que non pratiquante, profane…

Une fois encore, l’auteure nous entraîne dans les horreurs des guerres de religions, dans les querelles sanglantes entre protestants (huguenots) qui pratiquent la religion réformée et les catholiques qui pratiquent la totale et ne démordent pas que leur religion est la seule, la vraie, la plus mieux, bref…

Pas de place pour les autres croyants qui voudraient un culte plus sobre, si ce n’est de la place au cimetière. Aimez-vous les uns et les autres… Tu parles !

Les ambiances sont travaillées pour que les lecteurs n’aient aucun doute sur l’époque à laquelle ils sont transportés, le travail de documentation de l’auteure est titanesque et c’est toujours un plaisir de découvrir l’Histoire de France dans ses romans.

Par contre, autant où le premier opus m’avait emporté de suite (La cité de feu), autant où celui-ci a pris plus de temps à arriver à un certain rythme de croisière et à entrer dans l’action. Les débuts sont un peu lents et il a fallu que l’on arrivasse à Paris, quelques jours avant la funeste Saint-Barthélemy pour que le roman se mette à bouger vraiment.

Entre nous, j’aurais préféré avoir plus de pages sur cet épisode sanglant que fut la Saint-Bath… Là, c’est assez vite expédié. Je l’avais vécu de l’intérieur avec Ken Follet (Une colonne de feu) mais j’aurais aimé que Kate Mosse y passe plus de pages.

Les femmes ont leur place dans les romans l’auteure et ce n’est pas jouer les seconds rôles, celui de la potiche de service qui fait à manger pour les hommes !

Non, dans ce roman, les femmes ont de la force de caractère, même si elles se font toujours rabrouer par les mecs qui leur demandent de tenir leur place, mais malgré tout, elles en veulent, elles ont la hargne et tous les mâles dans ses pages ne sont pas des Alphas, phallocrates, misogynes et empêcheur de dire haut ce que les femmes pensent tout bas.

Les chapitres sont nombreux mais assez courts, ce qui donne la possibilité à l’auteure de multiplier les points de vue des personnages et de nous faire voyager entre l’un et l’autre. Plusieurs intrigues se dérouleront sous nos yeux avant que toutes ne se rejoignent pour un final démentiel qui sera bourré d’action (sans pour autant en arriver à celle d’un 007, restons sérieux).

Un très bon roman historique qui parle des guerres de religions, des jeux de pouvoir entre les têtes couronnées, de massacres de Protestants, de haine de l’autre, d’inégalités sociales, de religions intransigeantes et qui met en scène un couple attachant (Minou et Piet), leur famille et bien des secrets enfouis que certains ne voudraient pas voir remonter à la surface.

Un roman historique hautement documenté, possédant des couleurs sociales, des références historiques, une jolie plume pour nous conter le tout et un rythme assez lent au départ, avant de prendre une vitesse de croisière plus intéressante pour la lectrice que je suis.

Étoile 3,5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°223], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°08].

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Le sang des Belasko : Chrystel Duchamp

Titre : Le sang des Belasko

Auteur : Chrystel Duchamp
Édition : L’Archipel Suspense (14/01/2021)

Résumé :
Cinq frères et sœurs se réunissent dans la maison de leur enfance, la Casa Belasko, une imposante bâtisse isolée au cœur d’un domaine viticole au sud de de la France.

Leur père, vigneron taiseux, vient de mourir. Il n’a laissé qu’une lettre à ses enfants, dans laquelle sont dévoilés nombre de secrets.

Le plus terrible de tous, sans doute : leur mère ne se serait pas suicidée – comme l’avaient affirmé les médecins six mois plus tôt. Elle aurait été assassinée…

Au cours de cette nuit fatale, les esprits s’échauffent. Colères, rancunes et jalousies s’invitent à table. Mais le pire reste à venir. D’autant que la maison – coupée du monde – semble douée de sa propre volonté.

Quand, au petit matin, les portes de la Casa se rouvriront, un membre de la fratrie sera-t-il encore en vie pour expliquer la tragédie ?

Critique :

J’adore les huis-clos, quand les gens ne peuvent s’échapper de la maison, de l’île… Quand c’est bien rédigé, c’est le must !

Et c’était le must absolu ! Un véritable récit addictif à ne pas commencer avant d’aller au lit sous peine de nuit blanche. Heureusement, le roman est assez court (238 pages), ce qui permet de la dévorer en une seule journée.

La famille Belasko est composée de trois frères et de deux soeurs, réunis en ce jour pour le décès de leur père, six mois après que leur mère se soit suicidée. Ambiance funèbre, certes, mais surtout lourde car les deux frères aînés ne savent plus se voir en peinture et il semblerait que toute la fratrie ait des squelettes dans le placard…

La lettre écrite par leur père, leur apprenant que leur mère ne s’est pas suicidée mais qu’elle a été assassinée va mettre le feu aux poudres et chacun va y aller de ses petits reproches l’un envers l’autre, autant les frères que les sœurs.

La construction du récit, qui commence par la fin, est telle que le suspense est maintenu jusqu’au bout, que le mystère reste des plus opaques et que l’on se fait balader d’un personnage à l’autre, selon celui ou celle qui prend la parole pour balancer son avis, ses griefs, sa haine à ses frères et soeurs.

Jalousie, rancœurs, trahisons, favoritisme, tout est prétexte à envoyer des piques aux autres, à se disputer, à jeter de l’huile sur le feu et le lecteur se demande comment tout cela va finir… Ah bon non, on sait déjà comment ça va se terminer, mais pas qui va se retrouver sur un lit d’hôpital à tout raconter à l’inspecteur de police.

Les personnages sont magnifiques, tous ont des secrets, tous ont des choses à se reprocher, personne n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir, même si chacun se croit plus ange que les autres. 

La maison recèle des secrets, le père, parano, a fait installer des caméras au rez-de-chaussée et des volets qui se ferment à heures fixes et a soigneusement entretenu un secret avec un soupirail.

Les mystères vont se dévoiler au fur et à mesure mais en attendant, votre rythme cardiaque va augmenter et le suspense se faire de plus en plus présent. Difficile de lâcher ce roman qui allie suspense de fou, mystère épais, scénario implacable, narration au poil et construction intelligente afin de mieux prendre les lecteurs dans ses filets.

Hautement addictif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°220].

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Le chant du bison : Antonio Pérez Henares [LC avec Bianca]

Titre : Le chant du bison

Auteur : Antonio Pérez Henares
Édition : HC (21/01/2021)
Édition Originale : La cancion del bisonte
Traduction : Anne-Carole Grillot

Résumé :
Il fut un temps où deux espèces humaines coexistaient sur terre : Homo sapiens et Néandertaliens. Que s’est-il passé pour que l’une d’elles disparaisse ?

Chat-Huant est encore jeune lorsqu’il voit arriver dans sa grotte celui que l’on surnomme l’Errant, que tout le monde craint et respecte. La solitude du petit garçon et son intelligence poussent le grand homme à l’emmener avec lui dans son long périple.

Un voyage initiatique commence alors pour le jeune Homo sapiens, qui découvre de nouvelles contrées, de nouveaux horizons, de nouveaux clans, leur art, le pouvoir des femmes… Il va aussi s’approcher de la vallée des Premiers Hommes où vivent Terre d’Ombre et les Néandertaliens.

Mais alors que les Lunes de glace deviennent de plus en plus rudes, alors que chaque nuit est une occasion de mourir, Chat-Huant et Terre d’Ombre comprennent qu’ils ne vont pas avoir d’autre choix que celui de s’affronter pour tenter de survivre.

Extraordinairement documenté, Le Chant du Bison est aussi un roman d’amour et d’aventure au temps de la dernière glaciation. Best-seller en Espagne dès sa sortie, Le Chant du Bison est particulièrement actuel, mettant en lumière les valeurs écologistes et féministes de nos ancêtres néandertaliens.

Critique :
S’il y a bien une matière qui me faisait chier à l’école, c’était celle consacrée à la préhistoire et aux hommes des cavernes… Faut dire aussi qu’on en a bouffé à chaque rentrée des classes, des hommes des cavernes !

La faute n’est pas imputable à nos lointains ancêtres mais à la manière dont les profs donnaient leurs cours, revenant sans cesse sur les mêmes sujets (et j’ai quand même tout oublié) et sur le fait que, nom d’une pipe, j’aurais préféré en apprendre plus sur mon siècle (le 20ème, merci de ne pas remonter plus loin) et sur les deux guerres mondiales que sur les hommes en fourrures qui vivaient dans des grottes.

Une fois adulte, maintenant que l’on sait plus de chose qu’il y a 35 ans (purée, on m’a appris des conneries à l’école !), le sujet est devenue bien plus passionnant ! J’ai dévoré la bédé Sapiens et je me suis jetée comme une affamée sur Le chant du bison.

Il faut saluer avant tout le travail de documentation de l’auteur, ses notes en fin de chapitres étaient remplies de détails historiques, des quelques licences que l’auteur parfois a prises avec l’Histoire. C’était très instructif car tout son récit s’appuie sur des faits avérés ou des preuves découvertes dans les grottes, essentiellement en Espagne et dans le Sud de la France.

Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que le récit avance bien, surtout qu’il est en alternance avec les aventures de Chat-Huant, qui fait partie des Peaux Sombres (Sapiens) et de Terre d’Ombre, métis entre une Peau Sombre et un Pattes Courtes.

Les Pattes Courtes ne sont pas une manière polie de parler de personne de petite taille qui souffrent de verticalité contrariée… C’est tout simplement l’appellation d’un Néandertalien, dit aussi Premiers Hommes.

Qu’est-ce qui s’est passé entre les Sapiens et les Néandertaliens ? Pourquoi une race s’est-elle éteinte et l’autre à t-elle prospéré ? Génocide ? Extinction naturelle ? Impossibilité des Néandertaliens d’évoluer comme les Sapiens ont réussi à la faire, développant des armes de jet et racontant des histoires pour fédérer tout le monde ? Les meilleurs enquêteurs sont sur la piste : pour le moment, rien n’est exclu…

L’auteur, dans son roman, nous donne une piste, qui est tout à fait plausible car les Hommes de l’époque n’ont pas tellement changé par rapport à ce que nous sommes maintenant : lutte pour le pouvoir, magouilles et compagnie, mise à l’écart d’un bon élément s’il est susceptible de nous faire de l’ombre, peur des autres (ceux qui sont différents de nous qu’on prend toujours pour des sauvages, des barbares), très haute opinion de nous-mêmes (trop haute)…

Ce récit est une grande aventure qui nous fera voyager dans le Nord de l’Espagne et ce, jusqu’en France, dans le Sud, plus précisément à la grotte Chauvet. Là, j’était en terrain connu puisque j’ai eu la chance de visiter la réplique de cette grotte et putain de nom de dieu, c’était magnifique (mais 1h, c’est trop rapide, j’aurais aimé y flâner, mais ce n’était possible qu’en juillet/août à l’époque où le covid ne pourrissait pas notre vie).

Les personnages sont attachants, autant Chat Huant que l’Errant, que Pavot ou même Terre d’Ombre, qui cherche sa place, lui qui est un sang-mêlé. Hé oui, rien n’a changé !

Si les Sapiens aiment bouger, aller voir ailleurs, changer de territoire, les Néandertaliens sont plus casaniers, n’aimant pas changer de méthode quand une fonctionne très bien, n’aimant pas aller sur les territoires des autres afin de ne pas ramener la merde ensuite. On ne peut pas leur donner tort non plus…

Ce roman n’est pas à lire si vous voulez de l’action pure et dure et un récit qui avance à la vitesse d’un coureur cycliste dopé, dans une descente de montagne. C’est un récit qui prend son temps : celui de planter ses décors, de nous montrer les mœurs de nos ancêtres, de présenter ses personnages et de les approfondir.

Malgré tout, dès la première ligne avalée, j’étais immergée dans mon récit et j’avais du mal à le lâcher car c’était instructif, intéressant, bien écrit et malgré le fait que les dialogues sont courts et peu présent, je me suis attachée aux personnages et me suis gavée de cette histoire qui, si elle m’avait été présentée ainsi à l’école, m’aurais empêché de soupirer sans fin.

Une LC réalisée avec Bianca, qui avait attiré mon attention sur ce roman qu’elle venait de recevoir et j’ai dit oui tout de suite ! Aucun regret car c’était une super lecture qui m’a bien rempli mon petit cerveau. Tourner la dernière page m’a donné un petit coup au cœur car j’étais bien avec ces personnages. Pour Bianca, la lecture fut plus mitigée, trouvant le récit trop dense et contemplatif. Deux avis différents… Suivez le lien pour lire le sien.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°43].