L’épopée de Gengis Khan – 03 – La chevauchée vers l’Empire : Conn Iggulden

Titre : L’épopée de Gengis Khan – 03 – La chevauchée vers l’Empire

Auteur : Conn Iggulden
Édition : Pocket (2011) – 608 pages
Édition Originale : The epic story of the great conqueror : Bones Of The Hills (2008)
Traduction : Jacques Martinache

Résumé :
La conquête des terres chinoises à peine achevée, Gengis Khan se voit contraint d’envoyer ses guerriers dans une autre direction.

Mohammed, le shah du Khwarezm, a en effet torturé et massacré les émissaires que le chef mongol lui avait envoyés, et Gengis se doit de laver cet affront.

Pour le grand khan et ses armées menées par ses frères et ses plus fidèles généraux, c’est le début de la plus longue campagne qu’ils aient jamais entreprise, à l’assaut d’un immense territoire qui s’étend de la mer d’Aral aux rives de la mer Caspienne.

La conquête continue… Mais si Gengis sait se montrer à la hauteur lorsqu’il s’agit de conquérir, sera-t-il capable d’assurer sa succession afin de veiller à la pérennité de son empire et de son peuple ?

Critique :
Pour ma dernière chevauchée aux côtés de Gengis Khan et de ses guerriers Mongols, j’ai été servie en action, sang, violences…

Pourtant, ma soif de conquêtes littéraire n’est pas prête d’être étanchée, tout comme celle de Gengis, sauf que lui, c’était conquérir des territoires.

Lorsque l’Empire Romain s’est étendu et qu’ils ont conquis toute la Gaule (sauf un village peuplé d’irréductibles Gaulois), ils ont construit des routes, des bâtiments, des aqueducs, apporté leur savoir, leur culture (après avoir saigné à blanc les territoires et les populations, bien entendu).

Bref, ils ont joué au parfait petit colonisateur (ironique) venant apporter la lumière aux barbares, ainsi que leur savoir-faire.

Gengis Khan, lui, n’a rien apporté que la désolation, les pillages, la mort… puisqu’il n’a rien construit sur les territoires qu’il a conquis, n’ayant pas assez de guerriers que pour les occuper et n’ayant pas envie de changer de vie, passant de nomade à sédentaire.

D’ailleurs, lui et ses hommes pillaient les richesses, mais sa yourte ne portait pas de signe de richesse extérieure, ni intérieure. Aucun de ses généraux, les chefs des tumans (10.000 guerriers) n’avait de signe extérieur de richesses et n’occupait leurs postes que grâce à leur mérite.

Dans le dernier tome de cette trilogie (les suivants ne sont pas traduits, dommage), on n’aura aucun moment de répit (ou si peu), sans pour autant que la chevauchée devienne fatigante.

Que du contraire, l’auteur atteint même son apogée avec ce troisième opus de la vie de Gengis Khan. Les descriptions de combats et de violences sont parfaitement décrites (sans jamais devenir lourde).

Après avoir suivi les formations militaires des fils du khan, on assistera, impuissants, aux tensions entre les deux fils aînés de Gengis : Djötchi et Djaghataï, sans qu’aucun généraux n’osent dire au khan qu’il exagère dans son mépris pour Djötchi. Hé, c’est que le khan, il en impose et que tout le monde est à ses ordres.

Gengis est un assassin en puissance, il a peut-être uni les différentes tribus de son peuple, mais à quel prix ? Celui de la mort et du sang puisqu’il entraînera tout son peuple derrière lui pour attaquer sans cesse ou faire le siège de différentes cités.

Le khan est inflexible, têtu et ne souffre pas qu’on lui fasse l’affront de tuer ses émissaires, alors, il a envahi et razzié le Khwarezm (l’actuel Ouzbékistan et une petite partie du Turkménistan).

Pourtant, si l’on fait les comptes, vu le nombre de vies perdues (dizaines de milliers), même parmi les femmes et les enfants, cela en valait-il vraiment la peine ? Pas besoin d’y répondre, on connaît la réponse.

Aux travers des yeux de ses généraux ou de ceux de ses ennemis, on comprendra ses stratégies de batailles, mais aussi leur manière de vivre, de penser, d’être. C’est tout un pan de la culture mongole, nomade, qui nous est offert. Et ils vivaient à la dure.

Dans ce dernier tome du règne de Gengis Khan, jamais l’auteur ne fait l’apologie des méthodes du grand khan, il le met en scène, lui, ses généraux, ses guerriers, son peuple, nous parle de leur méthode de vie, de leur pensées, sans jamais prendre parti.

Sa plume virevolte sur les pages mieux qu’un petit cheval mongol et son récit se lit tout seul, les 600 pages passant même trop vite.

Une excellente biographie de Gengis Khan, romancée, tout en restant fidèle à l’Histoire. C’est très instructif à lire, sans jamais devenir redondant, sans jamais être lourd ou chiant à lire. Une fresque historique à découvrir afin de mieux connaître les invasions Mongoles et leur terrible Khan qui fut plus un razzieur, un pilleur, un démolisseur qu’un bâtisseur.

Lu dans son édition Pocket – 608 pages

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°309], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°62], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°67], Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Whiskey : Bruce Holbert

Titre : Whiskey

Auteur : Bruce Holbert
Édition : Gallmeister Americana (04/09/2019)
Édition Originale : Whiskey (2018)
Traducteur : François Happe

Résumé :
Andre et Smoker ont grandi dans le Pacifique Nord-Ouest, près de la réserve indienne de Colville.

Après le divorce de leurs parents, dont la passion désordonnée n’a résisté ni au temps ni à l’alcool, les deux frères deviennent inséparables. Adultes, ils restent farouchement loyaux l’un envers l’autre.

Aussi, lorsque Smoker apprend que son ex-femme a confié leur fille à une communauté marginale nichée en pleine montagne, Andre n’hésite pas une seconde à tout lâcher pour se joindre à lui.

Commence une quête qui, de bagarres en virées alcoolisées, repoussera les limites de l’amour fraternel.

Critique :
Est-ce parce que j’ai lu un excellent livre (Dites-leur que je suis un homme) que ceux qui suivent me semblent sans saveur ?

Après avoir peiné à en finir un autre juste avant (vous en saurez plus dans les prochains jours, je suis en LC avec Rachel), voilà que celui-ci passe lui aussi à la trappe.

Il avait tout pour me plaire mais durant ma pénible lecture, j’ai eu l’impression d’aller dans un sens alors que le roman partait dans un autre.

Impossible de m’attacher aux personnages des frères Andre et Smoker, impossible de m’attacher à l’histoire d’amour vache entre leurs parents, impossible de m’attacher à leur quête, leurs déboires, leurs vies impossibles…

Anybref, j’ai soupiré maintes et maintes fois et pour finir, j’ai terminé la lecture en diagonale.

Non, ça ne me fait pas plaisir d’écrire ce genre de chronique… Contrairement à des romans ou des bédés qui ont vraiment quelque chose de merdique à souligner, ici, je n’ai pas vraiment de matière pour faire une chronique assassine…

L’écriture n’était pas gnangnan, l’histoire avait du potentiel, les personnages étaient bien tourmentés, se demandant au fil de leur vie comment être des enfants, des ados, des maris ou des pères.

La narration alternant le présent et le passé était bien utilisée car elle mettait sous le feu des projecteurs les points importants dans la vie de tous les protagonistes, tentant de nous montrer comment tout ce petit monde en était arrivé là, à ce point de non retour, à cette impasse, à cette vie sacrifiée.

Mais voilà, le roman est parti dans une direction et moi dans un autre et jamais nous ne nous sommes rencontré pour passer un bon moment ensemble. Tant pis, ça arrive dans la vie d’une lectrice (ou d’un lecteur) surtout si cette personne dévore les livres tel un cannibale boulimique de littérature.

Bah, j’irai voir ailleurs et ce n’est pas ce qui manque sur ma PAL dantesque et plus haute que la plus haute montagne…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°72.