Waylander – Tome 2 – Dans le royaume du Loup : David Gemmell

Titre : Waylander – Tome 2 : Dans le royaume du Loup

Auteur : David Gemmell
Edition :  Bragelonne (2004)
Résumé :

Il venait d’un enfer de souffrance et entra dans un monde de mort. Dans les monts de Skeln, Dakeyras l’homme des bois et sa ravissante fille Miriel vivent dans la solitude et l’harmonie.

Ils ne savent pas qu’un groupe de guerriers sanguinaires rôde dans les montagnes. Des hommes qui n’ont jamais connu la défaite, pour qui la vengeance et la torture sont comme la viande et la boisson.

Pour dix mille pièces d’or, ils sont prêts à tuer l’homme des bois. Ces combattants endurcis n’ont pas peur de cette mission… Ils devraient.

Car Miriel est une fille de feu et d’acier, maîtrisant l’arc et l’épée grâce à l’enseignement du plus mortel assassin qui ait jamais vécu : son père, mieux connu sous le nom de… Waylander !

Critique :

Ah, je vous l’avais bien dit que Waylander n’était pas si irrécupérable que cela ! La preuve, malgré sa blessure due à la perte de sa femme – il y a longtemps – malgré son passé d’assassin, il coule des jours heureux avec sa fille adoptive, Miriel.

Ok, il ne lui apprend pas les règles du crochet ou du tricot, mais savoir manier une arbalète est utile lorsque votre tête est mise à prix !

Oui, mesdames et messieurs les lecteurs, sa tête est mise à prix comme celle des Dalton !

Le roi Karnak, usant de son pouvoir royal, désire protéger son gamin, Bodalen (et pas Bo Derek) qui a eu la très très mauvaise idée d’envoyer six pieds sous terre l’une des filles de notre héros solitaire…

Oui, le héros solitaire… Vous savez, l’ancien assassin, tout de cuir noir vêtu, possédant une grosse arbalète qui peut tirer deux coups de suite… huumm. Ah, ça vous revient !

Bodalen aurait mieux fait de tuer une autre personne, de massacrer un village tout entier, mais voilà, il a fallu que ce gamin de merde tue la mauvaise personne et que son papounet le roi veuille le protéger. Pauvre petit.

Les chiens sont lâchés, ou plutôt : ce que le pays compte de plus cruels parmi les membres de la corporation des tueurs sanguinaires et sans merci (et non syndiqués).

Aie, aie, aie, les miches de Waylander vont chauffer !  Ou bien ce seront celles des tueurs sanguinaires… parce que Waylander est fâché, il doit reprendre le turbin alors qu’il est en vacances.

Moi, ça me mettrait de fort méchante humeur !

Waylander va donc reprendre la route du boulot afin de démasquer ces sales emmerdeurs qui l’obligent à reprendre du service et, tant qu’il y est, il pourrait aussi – accessoirement – sauver une nouvelle fois son pays de la guerre. Tant qu’a faire ! Et la crise économique, il la résout quand ? Plus tard…

Waylander est peut-être « dans le royaume du Loup », mais il n’a rien du petit chaperon rouge ou de la grabataire grand-mère ! S’il vous balance une galette, vous ne survivrez pas…

Ce qui change par rapport au premier tome c’est que Waylander n’a plus vingt ans, mais l’âge de ses artères ! Et oui, les héros vieillissent, eux aussi.

Et bien que son instinct soit toujours vivace et jamais égalé – bien que souvent copié – il a aussi une fille sur laquelle il doit garder un oeil.

Gemmel, dans ce tome, étoffe une fois de plus la psychologie de notre héros en cuir noir. La mort de sa femme lui pèse toujours lourd sur la conscience (au moins, il en a une) mais il a appris à vivre sans elle (je parle de sa femme).

Pour le reste, ce deuxième opus reste du Gemmel : autrement dit, il continue dans le lignée du précédent : baston, tueries, sang, brutalité, c’est haletant et c’est épique, même si on se dit qu’il aurait pu encore mieux faire.

Si ça ne mange pas de pain, ça se lit facilement et on se retrouve à enquiller la suite sans même s’en rendre compte.

Prochain tome : « Waylander le grabataire entre au home pour assassin du Troisième Age ». Au menu : de la purée…

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

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Waylander – Tome 1 : David Gemmell

Titre : Waylander, Tome 1

Auteur : David Gemmell
Edition : Bragelonne (2001)
Résumé :

Le Roi de Drenaï a été assassiné. Une armée d’envahisseurs déferle sur le pays, avec pour mot d’ordre de tuer hommes, femmes et enfants. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il repose sur les épaules de celui que la nation surnomme Waylander.

Seul, il va s’aventurer en territoire nadir pour retrouver la célèbre Armure de Bronze, symbole de liberté.
Mais peut-on faire confiance à ce Waylander ?…
Après tout, c’est lui qui a assassiné le roi.

Petit plus :

– David Gemmell est l’auteur de Fantasy le plus connu et le plus vendu en Angleterre, juste derrière Terry Prattchet.
– Waylander est le deuxième grand succès de Gemmell après Légende. C’est avec Waylander que Gemmell s’est taillé une réputation internationale et s’est établi comme auteur majeur du genre.
– Le héros de ce roman est le personnage préféré des lecteurs de David Gemmell. Tant et si bien qu’il a écrit deux autres romans dans le même univers avec ce personnage, à la demande des fans et donc des éditeurs.

Critique :

John McClane, dans ses films, se promenait avec deux flingues en main, mais Waylander fait mieux que lui : une arbalète à deux arcs !

Plus complexe pour dézinguer et pas de chargeur ou de viseur infrarouge. John McClane peut aller se rhabiller !

C’est un mec, Waylander, un vrai, tout de noir vêtu (du cuir, huum), assassin à ses heures perdues (c’est son job, en fait, et sa petite entreprise ne connait pas la crise) usant de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour arriver à éliminer ses victimes (des notables), désignées par contrats.

Waylander, c’est mises à mort, trahisons,  magouille et compagnie… Drenaï, ton univers impitoyable. De plus, il fait son job correctement : il est plus silencieux qu’une ombre, il ne parle pas beaucoup et est implacable. C’est du satisfait ou remboursé.

Aie, catastrophe, le Roi de Drenaï a été assassiné ! Les Vagrians, une bande d’envahisseurs, déferlent sur le pays telles des tiques sur le dos d’un chien, avec, pour ordre de pilier et envahir le pays, sans oublier de tuer hommes, femmes et enfants au passage, dans l’ordre ou le désordre, mais d’épargner quelques femmes, s’ils veulent se soulager… Charmant.

 

Et pendant que ça gerroie au loin, Waylander croise la route de Dardalion et lui sauve même la vie. Un assassin qui sauve une vie ? Peut pas être tout à fait mauvais, le bougre ! Déjà qu’il n’occis jamais des femmes et des enfants. Réglo.

Dardalion, c’est un prêtre de la Source et on peut dire que c’est lui qui sera à l’origine de tout ce qui va arriver à Waylander dans ce premier tome.

Dardalion lui colle aux basques et ils vont bien vite se retrouver empétré dans cette foutue guerre entre Drenaï et les Vagrians.

Ben oui, une guerre, c’est le bordel et vu que les Vagrians ont envahis les Drenaï, ça chauffe !

Pour sauver le royaume, il faudrait retrouver la mythique Armure de Bronze… (et là un type se met à chanter dans ma tête : « les chevaaaliers du Zodiaaaque, s’en vont toujours à l’attaque… » ce qui me fait dire que je suis irrécupérable).

Cette protection magique est cachée dans une grotte en territoire Nadir. Pas trop complexe. Quoi ? Elle est remplie de loups-garous ? Waylander va avoir du mal à récupérer le catalyseur de l’espoir de Drenaï.

Au fait, vous savez qui a assassiné le roi Drenaï ? Non ? J’vous l’donne en mille : Waylander ! Et c’est à lui qu’on demande de sauver l’bazar ?

Gemmel ne fait jamais ses héros irrécupérable et Waylander ne fera pas exception.

Puisqu’il a été « touché » (pour ne pas dire infecté) par la pureté de Dardalion, le prêtre de la Source qu’il a sauvé, il accepte la mission, confié par le fantôme du père de sa précédente victime.

Oui, nous sommes bien dans du Gemmel ! C’est classique chez lui : les héros sont torturés, hanté par leur passé, avec des blessures secrètes, bien souvent causées par une femme qu’ils ont perdu (partie, enlevée ou morte assassinée) et qu’ils aimaient plus que tout.

Une fois de plus, le héros, en tuant le roi, a commis un meurtre qui s’avère être le meurtre de trop, celui qui lui fait prendre conscience que tuer c’est MAL, ça le fait vomir sur son existence, il se découvre un âme et réveille sa conscience qu’il croyait avoir laissé en gage au Mont de Piété ou à la consigne d’une gare.

Chez Gemmel, l’héroïsme est magnifié, par contre, les scènes de combats sont un peu pâlottes alors que nous sommes en pleine guerre. A croire que les guerriers furent passé dans un programme informatique qui a généré une armé de clones. Ma déclaration fiscale a plus d’épaisseur qu’eux.

Pire, Gemmell ne décrit  pas son décor, du coup on doit faire le travail sois-même. Dommage. Une carte en début de roman n’aurait pas été du luxe.

Malgré ses défauts, Waylander est un personnage qui m’a bien plu.

Bien que froid et distant dès le départ, il changera au fil du roman et des deux autres tomes.

Sa rencontre avec Dardalion nous a changé l’assassin sociopathe en un homme plus ouvert aux autre et  l’on découvrira que, sous cette carapace de tueur sans pitié, se cache en fait un homme qui n’attend plus rien de la vie, ayant déjà tout perdu.

D’accord, cela ne l’excuse pas ! Le fait d’avoir tout perdu n’efface pas ses crimes, mais on comprend le cheminement : il n’avait rien d’un méchant, il a tout perdu et son premier crime de vengeance en a entrainé un autre et ainsi de suite. Après, il est trop tard. Un peu comme Druss.

Le seul bémol dans l’histoire fut sa relation avec Danyal. Trop guimauve, on aurait pu s’en passer largement ou alors, il aurait fallu changer un peu le personnage de cette femme, la creuser un peu plus, la rendre moins « roquet agressif ». Mais bon, un détail.

Dardalion, le prête de la Source, est plus travaillé. Lui aussi il a évolué, comme Waylander, mais dans le sens inverse. Si le loup s’est fait agneau, l’agneau a fait pousser ses crocs. Il est devenu un Prêtre-guerrier.

Pour résumer, malgré ses défauts, le roman est intéressante et lire du Gemmel m’a toujours fait du bien, même si à la fin, les trames restent semblables.

Ce que j’aime, c’est que son héros doit s’impliquer – un peu malgré lui – dans cette guerre où il n’a rien à faire, changeant petit à petit et devenant plus humain.

Un peu comme Stanislas Lefort (de Funès) dans le film « La grande vadrouille » qui se retrouve, lui aussi, imbriqué dans une histoire dont il n’en a que faire et bien obligé de s’impliquer alors qu’il comptait se la couler douce tout en faisant des ronds de jambe devant l’ennemi.

C’est ça que j’aime ! Le héros qui n’en est pas toujours un, avec ses faiblesses, ses défauts.

Sans compter ce que j’apprécie aussi par-dessus tout : les passages où Waylander flingue des gens plus vite que son ombre, dégainant son arbalète, lançant ses dagues… Paf, paf !

« T’es mort et tu ne le sais pas encore » (les fans auront reconnu la citation tirée de Ken – pas le mari de Barbie – mais le Survivant).

Oui, je suis une lectrice avide d’élimination de son prochain.

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

L’Étoile du Matin : David Gemmell

Titre : L’Étoile du Matin

Auteur : David Gemmell
Édition: Bragelonne (2003/2007/2012)
Résumé :

Les hordes angostines déferlent sur les frontières méridionales des Hautes-Terres : l’invasion a commencé. Sur leur passage, les Angostins sèment terreur et destruction, soutenus dans leur conquête par la sorcellerie d’un nécromancien fou.

Inconscient de ses actes, il décide de ramener à la vie les Rois Vampyres, morts depuis des siècles. Seul Jarek Mace, le bandit de grand chemin, aura le courage de se mettre en travers de la route des Angostins et des morts-vivants. Très vite, il deviendra le héros dont les Hautes-Terres ont besoin, et ralliera son peuple sous sa bannière.

Tous voient en lui L’Étoile du Matin, figure légendaire, revenue également d’entre les morts pour sauver une fois encore les Hautes-Terres. Seule une personne connaît la vérité, Owen Odell le barde, l’ami de Mace.

Des années après ces événements, Odell se souvient et nous raconte l’histoire de ce fameux bandit, du sauveur dont on chante encore les exploits, le coupe-jarret qui aurait égorgé père et mère pour le prix d’un repas.

Critique :

Owen Odell est un conteur et un magiquien (non, pas de faute de frappe), et il a bien connu celui que la Légende nomma « L’étoile du Matin », autrement dit Jarek Mace… le dernier héros des Highlands, le libérateur, celui qui a combattu les rois vampyres et qui s’est dressé devant l’envahisseur angostin. Une Légende que Owen a écrite.

Une Légende ? Tu parles ! Un bandit, un voleur, un séducteur de femmes, plus amoureux de l’or que Picsou. Un type qui, découvrant que le village dans lequel il vit vient d’être razzié par les troupes d’Arzek, découvrant que les villageois, hommes, femmes ou enfants sont morts, hurle sa rage… mais pas sa rage de voir Wulf le forestier bossu serrer dans ses bras les corps sans vie de ses enfants qu’il aimait, non, Jarek hurle parce qu’on lui a volé l’or qu’il avait planqué.

Et s’il parle de vengeance, ce n’est pas pour venger les cadavres des enfants innocents qui furent massacrés, non, c’est juste pour récupérer le chariot d’or !!

Alors, je ne vous dis pas sa tête quand, dès son retour avec le chariot, les gens de tous les environs l’acclament, criant et remerciant « l’étoile du matin » de leur avoir ramené leurs richesses que l’envahisseur avait spolié…

Ouh, il l’avait trouvé mauvaise !

Oui, Jarek Mace n’est pas du bois dont on fait les héros, que du contraire. Et pourtant, dans ce livre, Owen raconte tout leur périple, la rédemption de cet homme qui ne vit que pour lui et pour devenir riche.

C’est une belle histoire d’amitié entre des gens qui n’auraient jamais dû se rencontrer, c’est une belle résistance à l’ennemi, de beaux combats, qui est loin d’être épique et sur un champ de bataille avec le bruit des armures qui s’entrechoquent….

Non, les combats ont la solitude pour paysage et auront pour guerriers les quatre hommes et les deux femmes qui constitueront ce groupe disparate.

Combats contre le mal absolu, combats pour leur liberté et pour chasser les oppresseurs.

Jarek a beau être un homme imbuvable, je l’ai apprécié parce que sous la forteresse, se cache sans doute un coeur. Et rien à dire sur les autres personnages qui sont bien travaillés. J’ai passé trois jours très agréables en leur compagnie.

Quand à la fin, nous avons affaire à Gemmel et l’auteur nous réserve une petite surprise de son cru qui m’a fait ouvrir les yeux tous grands.

Mince alors, je l’ai pas vue venir, celle-là !

Excellent Gemmel comme d’habitude, même si les trames restent sensiblement les mêmes.

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï