14. Sherlock Holmes : The Empty House – La maison vide

EMPTY tumblr_mz93e2nCLV1qey6hwo1_1280

SAISON 2 – ÉPISODE 1

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : Howard Baker
  • Scénariste : John Hawkesworth
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 17ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 9 juil. 1986 – ITV Network (14ème épisode diffusé); États Unis : 5 fev. 1987 – WGHBH ; France : 16 avril 1989 – FR3 (17ème épisode diffusé)
  • Durée : 50 min 35 sec

300px-Granada-empt-titre

  • Distribution :

Jeremy Brett … Sherlock Holmes
Edward Hardwicke … Dr. John Watson
Robert Addie … Mr. Murray
Patrick Allen … Colonel Sebastian Moran
Richard Bebb … Sir John Hardy
Colin Jeavons … Inspector Lestrade
Paul Lacoux … The Hon Ronald Adair
Eric Porter … Professor Moriarty
Roger Rowland … Butler
Rosalie Williams … Mrs. Hudson

Granada-empt-14

Le Pitch ?
Depuis trois ans, le docteur Watson porte le deuil de son ami Sherlock Holmes englouti dans les chutes de Reichenbach avec son ennemi juré Moriarty, près du village suisse de Meiringen.

Au printemps 1894, l’inspecteur Lestrade sollicite ses services de médecin légiste pour le meurtre récent de Sir Ronald Adair, un jeune aristocrate amateur de cartes.

Tous deux regrettent l’absence du détective, car les circonstances de cette mort semblent inexplicables.

En sortant songeur du tribunal où le procès n’a rien révélé, Watson est bousculé par un vieillard bibliophile d’allure peu amène, qui force sa porte quelques instants plus tard et qui s’avère être… Holmes. Watson s’évanouit sous le choc. Son ami est bel et bien vivant devant lui !

Empty House - retrouvailles

Pour ceux et celles qui virent pour la première fois le diffusion de cette saison 2 en 1986, ils purent découvrir le nouveau Watson choisi pour ces nouveaux épisodes : Edward Hardwicke.

Exit donc mes cher David Burke qui quittait la série pour motifs personnels, dont sa nouvelle épouse et son p’tit dernier qui venait de naître et auxquels il voulait se consacrer.

Jeremy Brett perdait un ami cher, un ami intime, mais il en gagna un nouveau avec Edward Hardwicke.

Entre nous, je parie que certains à l’époque ne remarquèrent même pas que l’acteur jouant Watson avait changé…

David Burke, à gauche. Edward Hardwicke à droite. L’ancien et le nouveau Watson.

david-burke-edward-hardwicke-watson

Edward Hardwicke composera un personnage, plus posé et plus mûr, correspondant parfaitement à la propre évolution de Holmes qui semble plus mûr et plus profond lorsqu’il réapparaît à l’écran.

J’avais lu que Jeremy Brett avait mis beaucoup de son expérience personnelle dans cet aspect plus noir et plus spirituel du personnage, sa femme étant décédée deux mois plus tôt.

Comme pour la première saison avec David Burke, le premier épisode diffusé où apparaît Edward Hardwicke, n’est pas le premier filmé, mais le quatrième (le premier étant « Abbey Grange »). Ceci afin de permettre aux acteurs de prendre leurs marques et à Edward Hardwicke d’être complètement à l’aise dans son personnage.

Revenons à la série…

Watson nous reparle de Holmes, nous signalant au passage que cela fait 3 ans qu’il a disparu dans les chutes de Rechenbach, à Meiringen, en Suisse, en 1891. Il a encore les larmes aux yeux en passant devant le 221b.

tumblr_m2nvbePrxU1qh8evro9_r1_250

Les enquêtes de Holmes devaient lui manquer puisqu’il est devenu aussi médecin pour Scotland Yard et le voici qui rencontre Lestrade sur la scène d’un crime qui a tout de l’impossible : l’Honorable Adair gît, mort, une balle dans la tête, porte de sa chambre fermée de l’intérieure, pas d’arme à proximité et il était à l’étage, avec un mur que l’on ne pouvait escalader.

Lestrade regrette la disparition de Holmes et avoue à Watson, que, bien que n’approuvant pas toujours ces méthodes, il considérait « Holmes comme le meilleur amateur qui ait été et peut-être qui sera jamais » tout an ajoutant que le détective s’était révélé parfois plus fin limier que lui !

Le téléspectateur n’a qu’une hâte, c’est de découvrir Holmes. Pour celui qui l’a déjà vu maintes et maintes fois, on connait son déguisement, la surprise n’est plus au rendez-vous.

Empty House 2

Watson, en sortant de chez le coroner où l’on tentait de trouver l’origine de la mort de l’Honorable Adair, bouscule un vieux bouquiniste bougon et renverse ses livres, le faisant râler encore plus.

Ensuite, le vieil homme se présente chez lui afin de le remercier, faisant par-là le forcing pour rentrer.

Jamais le vieil homme ne croise les yeux de Watson, et pour cause, c’est Holmes. D’ailleurs, on distingue bien la voix de Brett quand il parle, même déguisée elle est reconnaissable entre mille.

Pendant que Watson regarde sa biblio vide, l’homme enlève ses oripeaux, on le distingue dans le reflet de la vitre et la voix de Holmes demande à Watson si ça ne le dérange pas qu’il fume dans son cabinet.

Boum, Watson s’évanouit !

Empty House 8

Une fois revenu à lui, Holmes lui explique ce qu’il a fait durant 3 ans et surtout, pourquoi il a joué les morts et n’a pas fait savoir à Watson qu’il était toujours en vie alors que son frère Mycroft le savait.

Dans cet épisode, les scènes sont très chargées en émotion et complicité, les retrouvailles en particulier étant essentielles.

On sent l’amitié entre les deux hommes transparaître lorsqu’ils se retrouvent dans le cabinet médical de Watson.

Watson est encore sous le choc, mais il veut tout savoir et surtout, comment Holmes a pu sortir vivant des chutes !

Empty House 9

Puisqu’on reparle des chutes, on nous remontre ce qui s’est vraiment passé et une fois de plus, la scène de combat entre Moriarty et Holmes est toujours aussi kitch et Holmes en fait beaucoup pour en arriver au même résultat !

Pourquoi soulever Moriarty pour le jeter dans le gouffre quand un coup de pied dans le ventre aurait suffit ou une poussée violente vers l’arrière ??

Malgré tout, la scène racontée est émouvante parce que l’on découvre un Holmes prêt à crier après Watson quand celui-ci hurle son nom au bord du gouffre et on verra Holmes avec les larmes aux yeux quand Watson s’en ira et que lui décidera, pour son bien, de jouer au mort.

Empty House - Holmes hésite

Anecdote (1) : Cette scène émouvante était une idée de Jeremy Brett.

« C’était délibéré, expliquera-t-il. Ce n’était pas dans le script, mais je voulais montrer que Holmes ressentait de l’affection pour Watson et que l’espace d’une seconde, ses émotions ont presque pris le pas sur sa raison. »

Alors Holmes, résigné, escaladera la montagne, passera au-dessus des grosses branches et se fera tirer dessus par un complice de Moriarty, le colonel Moran !

Anecdote (2) : Dans toutes ces scènes tournées à Reichenbach, Jeremy portait ses bottines favorites, les mêmes depuis le début de la série et qui présentaient de sérieux signes d’usure. Il refusait de s’en séparer et elles étaient tellement glissantes que son assurance ne prie pas en charge les risques courus au bord des chutes…

Dans cet épisode émouvant, on sent bien que Watson est un triste qu’il ne lui ai pas confiance mais Holmes lui rétorquera que s’il n’avait pas cru réellement à sa mort, il n’aurait pas su le transmettre dans l’histoire qu’il écrivit sur le drame.

Le détective ajoutera, ému, que c’est uniquement parce qu’il a le cœur trop tendre (comparé à Mycroft) qu’il ne lui a jamais écrit, même s’il a eu envie 1000 fois de le faire.

Nous avons aussi une adorable scène du retour à Baker Street et de l’effusion de Mme Hudson quand elle aperçoit le reflet de son pire locataire dans le miroir.

Empty House 1

Anecdote (3) : À la fin de la saison précédente lors du tournage du « Dernier Problème » à Meiringen, l’équipe avait prévu de filmer des plans supplémentaires, certaines scènes du duel entre Holmes et Moriarty et celles avec Holmes resté seul, pouvant servir à l’épisode de « La Maison Vide ».

À cette époque, ils ne savaient pas si la saison serait reconduite ou pas…

Par contre toutes les séquences de Watson découvrant la disparition de son ami ont été tournées en 1985, dans le nord du pays de Galles.

Revenons à notre Holmes ! Épuisé par sa traversée en mer pour revenir en Angleterre, il se couchera sur la table d’auscultation de Watson, remontra la couverture et s’endormira de suite.

Watson, ami fidèle, lui remontera la couverture afin qu’il n’ait pas froid…

La Maison Vide (qui se nomme Camdem House) est une histoire essentielle dans le Canon, puisqu’elle ressuscite Sherlock Holmes, après trois ans d’absence.

Bon, nous avions des moments émouvants, mais cet épisode comporte aussi des moments très tendus : le guet dans l’obscurité de dans la maison vide attise le suspense, la lutte puis la capture du Colonel Moran apportent énergie et action.

Empty House 3

L’acteur qui joue le rôle de Moran trouvait une tirade du canon holmésien trop mélodramatique  : « rusé démon, démon de l’enfer… » est en effet un peu exagérée après que Holmes eut piégé le chasseur de tigre et ancien numéro 2 de Moriarty.

Le script fut donc légèrement changé, perdant également la citation shakespearienne de Holmes, issue de la Nuit des Rois (Twelfth Night) : « Journeys end in lovers’ meeting » (« les voyages se terminent par la rencontre des amants »).

L’acteur campe ici un rôle vieux militaire désabusé, rempli de morgue et de dédain et qui regarde tout le monde de haut quand on l’arrête dans la maison vide alors qu’il vient de tirer sur la tête de Holmes réalisée en cire.

Ben oui, avec un fusil à air comprimé, pas difficile de tirer de loin et de tuer l’Honorable Adair !

Un épisode qui change tout puisque nous changeons de Watson, un épisode émouvant, avec beaucoup d’émotions (ça t’en fait deux émotions pour le prix d’une), une madame Hudson avec un rôle plus étoffé, des répliques et des moments de tendres complicités avec son ancien locataire qui vient de revenir.

Un rôle plus étoffé que dans le canon et j’aime ça !

5ac7e5b026335b3353e67da6aa04acfe

Beaucoup d’amitié et de tendresse dans les retrouvailles entre nos deux hommes, sans qu’il y ait ambiguïté (pas d’amour !!), une amitié qui a résisté à la mort d’un des deux, un Watson qui pardonne (un peu facilement !) et qui est prêt à suivre Holmes pour une enquête difficile et terriblement dangereuse.

Un épisode qui marque le début d’un Watson plus mûr et d’un Sherlock plus sombre.

Empty House 5

Le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

Étoile 4

Petit Plus : Cette période entre 1891 et 1894 pendant laquelle Holmes se fait passer pour mort, est appelée le Grand Hiatus par les holmésiens.

Holmes reviendra finalement à Londres pour affronter les derniers complices de Moriarty qui le pourchassent.

Mais pourquoi l’avoir fait mourir ??

Parce que  Conan Doyle souhaitait consacrer son temps à des œuvres à ses yeux plus sérieuses, comme celles plus historiques. Pourtant, sa fortune, il la devait à son détective excentrique !

Oui, Conan Doyle ne voulait plus écrire des aventures de Sherlock Holmes.

Sa première tentative pour arrêter d’écrire les aventures de son détective fut qu’il se mis à multiplier les exigences financières envers les éditeurs.

Mais, rien à faire, ils payèrent ! Et réclamèrent de nouvelles aventures, du Holmes, encore du Holmes. Son triomphe même avait fini par l’ennuyer et donc, il fit le nécessaire, inventa un Grand Méchant digne de son détective et les fit valser dans les chutes de Rechenbach, voilà, merci, au revoir !

Tout de suite après avoir terminé « The final problem », il écrivit à un ami qu’il ne pourrait pas le faire revivre, au moins pour quelques années et que l’évocation même de son nom lui donnait la nausée…

Conan Doyle croyait être enfin débarrassé de sa créature… Pas de bol, sa tranquillité fut vite compromise par une réaction à laquelle il était loin de s’attendre.

Déjà, à Londres, on porta le brassard noir après la mort de Holmes… Et des éditeurs lui demandèrent de le faire revenir, sa propre mère, même, l’exigea !

En 1903, un éditeur américain (merci à lui !!) le convainquit en lui proposant une grosse somme d’argent, de ressusciter Sherlock Holmes et de le faire ressurgir du gouffre de Reichenbach dix ans plus tard…

keep-calm-and-love-sherlock-holmes-for-the-english-month.jpg

13. Sherlock Holmes : The Final Problem – Le Dernier Problème [Série]

FINA tumblr_mhryawfr121qfrnkno1_500

SAISON 1 – ÉPISODE 13

Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
Réalisateur : Alan Grint
Scénariste : John Hawkesworth
Décorateur : Tim Wilding
Musique : Patrick Gowers
13ème épisode tourné
Série 2 : 6/6
1ère diffusion : Angleterre : 29 sept 1985 – ITV Network (13ème épisode diffusé); États- Unis : 13 mars 1986 – WGBH; France : 19 mars 1989 – FR3 (13ème épisode diffusé)
Durée : 51 min

FINA 300px-Granada-fina-titre

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Eric Porter …  Moriarty
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Olivier Pierre …  Director of the Louvre
Claude Le Saché …  Minister of the Interior
Michael Goldie …  The Artist
Paul Humpoletz …  Herr Steiler

Final problem 7

Le pitch ?
Au printemps 1891, Watson rentre à Baker Street pour retrouver Sherlock Holmes qui vient de passer quatre mois sur le continent.

Le détective fait une entrée surprenante par la fenêtre et lui raconte comment il vient de réchapper à une série de tentatives de meurtre, commanditée par le professeur James Moriarty.

Engagé par le gouvernement français pour retrouver la Joconde, dérobée au Musée du Louvre, Holmes vient de retrouver le chef d’œuvre et de démanteler le trafic de faux tableaux, orchestré par Moriarty.

Dès lors, le détective est devenu une entrave aux agissements et à la propre liberté de ce criminel génial et machiavélique, surnommé « Le Napoléon du crime ».

Pour la première fois, Moriarty a donc décidé de s’expliquer en face à face et se rend en personne, à Baker Street. L’entretien est tendu. Chacun campe sur ses positions et tout compromis est impossible.

En partant, Moriarty promet à Holmes une inévitable destruction. Le détective demande à Watson de l’accompagner en Europe jusqu’au démantèlement de l’organisation, puis repart secrètement comme il était venu.

Après de nombreuses péripéties, les deux amis atteignent Meiringen, en Suisse. Mais le danger menace toujours et Moriarty veille.

Final problem 10

Cet épisode n’est pas mon préféré puisque mon Sherlock Holmes préféré va mourir dans les chutes de Recheinbach…

Ok, c’est pour de faux, mais au moment où Conan Doyle, l’auteur des romans (pour ceux du fond qui ne suivent jamais) le fit plonger dans les chutes avec Moriarty, c’était pour du vrai !

C’est bon qu’ensuite il nous l’a ressuscité tel Jésus, mais ça a mis plus que trois jours.

Je n’aime pas non plus cet épisode parce que c’est le dernier avec David Burke dans le rôle de Watson, ensuite, ce sera Edward Hardwicke qui va le remplacer.

Non, non, non, n’allez pas croire que je n’aime pas le suivant, mais juste que le premier avait une bonne tête de Gummy Bear qui me plaisait bien (l’homme de gauche).

david-burke-edward-hardwicke-watson

Anybref ! (Meloe, si tu me lis, tu nous manques !) On comment par un générique avec une musique plus sombre, plus triste. Ambiance mortuaire annoncée avec le générique sur carte de condoléances posée sur ce qui ressemble à un cercueil.

Notre Holmes échappe d’emblée à un cocher fou qui cherche à l’écraser, ses chevaux hennissent…

Mais pourquoi fait-on toujours faussement hennir des chevaux quand il ne le faut pas ? Quand on attelle, la jument ne hennit que si elle croise des nouveaux copains, et tout son corps change, son encolure se tend, son trot accélère, elle se redresse, se fait belle…

Bref !

Holmes court, se bat, grimpe aux murs, tentant d’échapper à des mystérieux agresseurs à Londres et à Paris aussi, où le Louvre l’a appelé parce qu’on a volé la Mona Lisa !

tumblr_m9t49k4O6K1rb45vyo1_250

Retour à  Londres où le scénariste nous plonge aussi dans l’angoisse avec Watson que l’on voit au travers d’une lunette de fusil…

Oui, il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre pour que Holmes rentre par la fenêtre arrière du 221b. Il est fébrile, il évite les fenêtres, a les yeux cerclés de rouge, la peau pâle, les cheveux au vent, comme s’il avait été violé durant 3 nuits par la belle Irene Adler…

tumblr_mlrjjubhxg1s22x0vo2_500

Il raconte tout alors à Watson et lui parle du Napoléon du crime qu’est James Moriarty, lui déclare qu’il a peur d’un fusil à air comprimé qui pourrait le tuer d’une balle bien placée s’il passe devant les fenêtre et il lui conte aussi son enquête à Paris.

Notre détective retrouve votre Joconde, déjoue les plans de Moriarty qu’on voit grimacer comme s’il avait un gros étron de coincé quelque part et qu’il n’arrivait pas à l’expulser. Un vrai gros… Vas-y, pousse, c’est un garçon.

Mori4

Dix jours que je n’ai pas été faire mon petit paquet…

LA scène d’anthologie est la confrontation entre Holmes et Moriarty qui vient de débarquer à Baker Street.

Ils se jaugent tout les deux, comme deux lions sur le même carré de savane.

tumblr_mq1mfgBR8f1qf93l9o1_250

Moriarty n’est pas venu pour boire le thé mais pour lui dire que ces derniers temps, il a foutu en l’air quelques une des ses opérations et qu’il serait peiné s’il devait prendre des mesures extrêmes au sujet de Holmes.

Il lui dira aussi que son front est moins développé qu’il ne l’avait pensé, en référence à la croyance de l’époque qui voulait que si on avait une grosse tête ou un front développé, c’était signe d’intelligence.

Entre nous, après le récit de la confrontation Holmes/Moriarty, les amatrices de yaoi et de slash Holmes/Watson ont dû avoir bon en voyant Sherlock à genoux devant Watson pour, non pas le demander en mariage, mais se faire soigner la main qui était écorchée.

tumblr_m9t49k4O6K1rb45vyo5_250

Ensuite, tout s’accélère : le départ de Watson pour la gare, en changeant de fiacre comme un vrai James Bond, son arrivée dans le train, la non-présence de Holmes dans le wagon mais celle d’un curé et Watson qui sursaute quand le curé le salue d’un « Bonjour Watson ».

tumblr_m9t49k4O6K1rb45vyo8_250

L’épisode est conforme à la nouvelle canonique si ce n’est qu’ici, les paysages, on les voit vraiment et nos deux amis prennent du bon temps en Suisse, respirant l’air pur des montagnes, buvant du vin, bref, ils vivent tranquilles en attendant que toute la bande de Moriarty soit sous les verrous…

Hélas, le gros requin de Moriarty évitera le coup de filet et… Nos amis continuent leur voyage en Suisse, avec un guide, un cheval, et Holmes voit des Moriarty partout.

Dernière ligne droite, une auberge tranquille et l’aubergiste qui leur parle d’une ballade avec en point de mire, les chutes de Reichenbach.

Nos amis y partent le lendemain. Mais non, Sherlock, n’y va pas !!

La ruse est toujours la même pour éloigner Watson de Holmes, dans toutes les versions et on a droit à la confrontation de Holmes/Moriarty…

Enfin, on ne la voit pas tout de suite… Faut faire durer le suspense !

Lorsque Watson comprend à son arrivée à l’auberge qu’on s’est foutu de lui, il repart dans l’autre sens en courant le plus vite possible et quand il arrive devant les chutes de Reichenbach, il trouve juste l’alpenstock de Holmes le bâton de marche).

tumblr_lxuh2jO4Yo1qf5f6ao1_250

Après, il mettra la main sur le carnet de Holmes, avec une lettre qu’il lui a laissé.

Au départ, c’est la voix de Watson qu’on entend pour la lecture, ensuite, c’est celle de Holmes et là, on découvre ce qu’il s’est passé.

Final problem Lettre

La bagarre entre Holmes et Moriarty prête à sourire tant leurs gestes durant la venue au main sont risibles, mal fichu, grandiloquents et improbables !

On ne parlera même pas des trucages de la chute car on voit les câbles !

Malgré tout, voir les yeux de Watson devenir humides, ça vous fout le cœur en l’air et on aurait envie de la consoler en lui disant : « tu sais, il va revenir, il est pas tombé dedans ».

Le générique de fin est aussi triste, on revoit Watson nous expliquer que c’est avec tristesse qu’il prend la plume pour nous raconter les talents singuliers dont son ami Sherlock Holmes était pourvu.

La caméra nous montrera quelques objets mythiques de Holmes, à savoir sa babouche dans laquelle il conservait son tabac, ses pipes,  sa seringue…

Si la Granada n’avait plus tourné d’épisodes ensuite, ils auraient clôt la série sur la mort de Holmes.

Un épisode dans lequel on dit « au revoir » pour de faux à Holmes mais adieu pour de vrai à David Burke qui incarna un merveilleux Watson durant 13 épisodes.

La série a vieilli, certes, mais pas « mal vieilli » comme d’autres et je prends toujours plaisir à la regarder, même si les scènes de combats ont tout du film de série B.

Beaucoup d’émotions, dans cet épisode.

Étoile 4

tumblr_mfttkxkZW41qcdh68o1_500

Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

keep-calm-and-love-sherlock-holmes-for-the-english-month.jpg

 

12. Sherlock Holmes : The Resident Patient – Le Pensionnaire en Traitement

RESI tumblr_lql4b6ODUz1qgt20vo1_500

SAISON 1 – ÉPISODE 11

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : Derek Marlowe
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 11ème épisode tourné
  • Série 2 : 4/6
  • 1ère diffusion : Angleterre : 15 septembre 1985 – ITV Network (11ème épisode diffusé); États Unis : 13 février 1986 – WGBH; France : 5 mars 1989 – FR3 (11ème épisode diffusé)
  • Durée : 50 min 15 sec

RESI 300px-Granada-resi-titre

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Nicholas Clay …  Dr. Percy Trevelyan
Patrick Newell …  Blessington
John Ringham …  Inspector Lanner
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Tim Barlow …  Russian Count
Brett Forrest …  Count’s Son

Le pitch ?
Le docteur Percy Trevelyan rend visite à Sherlock Holmes pour lui exposer sa bien curieuse situation.

Jeune médecin plein d’avenir mais sans un sou, il a saisi l’offre de Blessington de financer son cabinet dans le quartier cossu de Brook Street et de s’établir chez lui en tant que pensionnaire en traitement, en lui versant les trois quarts de ses honoraires.

Pendant deux ans, les affaires prospèrent et l’arrangement se passe au mieux.

Mais depuis l’étrange visite d’un comte russe et de son fils en consultation, Blessington semble en proie à un état de très grande agitation. Il prétend que pendant que l’un se faisait examiner, l’autre aurait pénétré dans sa chambre. Depuis il parle de « frayeurs mortelles » et son comportement est devenu anormal.

Holmes accepte de rendre visite à Blessington, mais le soupçonne de cacher la vérité.

Or, le lendemain, Blessington est trouvé mort. Il semble s’être suicidé par pendaison.

Voilà encore un épisode qui est cher à mon cœur car il mélange adroitement mystère, enquête et humour !

Intro : Un gros moustachu dort avec tellement d’oreillers que je me demande comme il y arrive… Une voix s’élève soudain « Sutton, Sutton, please help me » avec une telle ironie dans la voix qu’on pourrait penser que Deadpool est dans le coup !

Le vieux moustachu suant se lève, descend les escaliers et tombe sur des hommes plantés devant un cercueil noir qui s’ouvre et nous montre le gros moustachu couché dedans sur des pièces d’or. Un cauchemar dont notre gros moustachu vient d’être victime.

RESI patient0

Direction ensuite le 221b… Ah ben non ! Pour une fois, cet épisode commence chez le barbier et non pas dans l’habituel salon du 221b où Holmes reçoit son futur client.

Watson se fait couper les cheveux et Holmes, assis sur le siège à côté, tape avec ses doigts sur l’accoudoir du fauteuil (vidéo plus bas, avancez jusqu’à 3:45).

Watson, voulant l’épater et lui prouver qu’il sait appliquer ses méthodes, lui dit de ne pas le prendre mal, il sait que ça l’importune mais il lui conseille de ne pas réagir comme ça.

Le regard de Holmes ressemble un peu à ça lorsqu’il lui répond par un « What ? ».

index

Pendant que le barbier coiffeur lui coup eles cheveux, Watson balance toute sa déduction à Holmes, sur le fait qu’il est en colère parce que madame Hudson est en train de réaliser son grand nettoyage de printemps et que Holmes est furieux d’avoir dû quitter la chaleur et le confort du 221b.

Holmes l’encourage même à donner le chemin qu’il a suivi pour arriver à une telle déduction et une fosi qu’il a terminé, la sourire au lèvre, Holmes le saque en lui disait qu’il est ici pour demander conseil au barbier pour un spécimen de cheveux que l’on a retrouvé sur un cadavre et que s’il pianotait ainsi des doigts, c’était parce qu’il se souvenait du doigté de Joachim lors de sa cadence du 3ème mouvement du concerto de violon de Beethoven.

On retrouvera ces clins d’œil d’humour tout au long de l’épisode, propre à la série et au duo Holmes/Watson.

Ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin dans les bons mots puisqu’ils s’amuseront à faire des déductions à deux voix, en observant bras dessus bras dessous, la voiture de leur futur client.

Percy Trevelyan est un jeune médecin qui a une bien étrange histoire à raconter… Et il la longuement, de façon sérieuse et argumentée, même si de prime abord, elle paraît assez saugrenue.

L’homme qui l’a sorti de la misère où il végétait, bien qu’excellent médecin (mais quand on n’a pas d’argent, difficile d’avoir pignon sur rue), qui lui a offert un cabinet de médecine sur Brook Street en échange des 3/4 de ses revenus journaliers, l’homme qui est en quelque sorte son patient à demeure, et bien, cet homme a un comportement pour le moins étrange, frôlant la paranoïa !

On s’est introduit dans sa chambre, mais on n’y a rien dérobé, alors qu’il avait une malle pleine de fric ! Il est entré dans une colère noire et à suspecté tout le monde, même le bon docteur.

La preuve, lorsque Holmes, Waton et Trevelyan montent à l’étage voir le gros moustachu de Blessington, celui éteint les lumières et les menace de son révolver ! Mais comme il n’a pas voulu dire la vérité à Holmes, celui-ci est retourné à Baker Street avec Watson.

Le lendemain, caméra qui se promène dans la chambre de Watson, on voit qu’il construit un bateau en modèle réduit et Holmes est derrière lui pour le réveiller. Blessington est mourru !

Un pendu ! Blessington se serait-il suicidé ??

Le mystère vient de s’épaissir et Sherlock Holmes fait travailler ses petites cellules grises, heu, met en route ses facultés pour faire toute la lumière sur l’histoire.

Jeremy Brett va donner tout ce qu’il a pour jouer une scène muette qui dure au moins plus de 2 minutes ! Là, sous les yeux des policiers présents, de Watson et de Trevelyan, il va se déplacer à pas de loup afin de récolter tous les indices disséminés dans la chambre du pendu.

Pour la jouer, Jeremy s’est référé à une fameuse séquence du film français de 1955, du « Rififi chez les hommes » de Jules Dassin. Cette scène de la Granada fut baptisée la « rififi sequence ».

Mais ce silence est meublé par l’activité intense de Sherlock Holmes, sous le regard de trois paires d’yeux attentifs.

Cette séquence, tournée à l’initiative de Jeremy est très représentative de l’essence même de l’investigation du détective sur la scène du crime. Elle est d’ailleurs à l’identique de la description faite par Conan Doyle dans la nouvelle.

Holmes s’accroupit, inspecte la moindre encoignure, gratte la poussière, collecte fibres et cendres de cigarettes, puis les places soigneusement dans de petites enveloppes pour analyse.

Ensuite, une autre scène qui est merveilleuse, c’est celle du 221b où Holmes cherche désespérément un dossier et à tout fout le bordel dans l’appart, jetant ne l’air ses documents, des journaux…

tumblr_mqe8577QxS1soxppho3_400

Le regard de Watson, ça vaut le coup (cf. double photo du bas) !

— Qu’est-ce que vous cherchez ?
— Worthingdon ! W ! Mars 1880, j’en suis sûr.
— Mars 1880 ? demande Watson tout en se dirigeant vers le meuble et sortant un dossier. 1880… Mars…

watson dossiers

Et il lui tend le fameux dossier après lui avoir fait savoir que madame Hudson ne sera pas contente en voyant tout ce désordre… Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle hurlera en le voyant ensuite !

tumblr_lq8hgp7WnR1qa7pfco1_500

Maintenant, en voyant le dossier, on comprend quelques trucs de plus avant que Holmes ne nous explique le tout.

On terminera une fois de plus sur une touche d’humour avec Holmes qui s’exerce au violon sur le 3ème mouvement de Beethoven et Watson qui est exaspéré car il n’arrive pas à se concentrer pour écrire cette enquête qu’il compte nommer « Le mystère de Brook Street » et ce sera Holmes qui lui conseillera « The resident patient ».

On retrouve les thèmes chers à Conan Doyle, la résurgence du passé, la trahison, la vengeance.

L’enquête sera assez courte, le récit du médecin étant conséquent mais vu qu’il est bourré de mystère, on ne s’ennuie pas une seconde durant sa narration.

Pas d’action ni de courses-poursuites, mais du mystère et de l’humour, beaucoup d’humour entre Holmes et Watson.

La scène d’entrée avec le barbier, celle avec les papiers et la finale avec le violon sont des scènes dont je ne me lasse pas.

À Noter que ces scènes n’existent pas dans le canon.

Dans les vieilles éditions mal traduites ou non corrigées, nous avions la scène d’intro « Beecher-Gordon » qui appartenait en fait à « La boîte ne carton » (non écrite par Linda de Suza) et où Watson disait qu’on était en octobre et que la journée était lourde…

Non, y’a pas à dire, la Granada a fait du bon boulot dans ses adaptations du canon holmésiens et à su ajouter quelques touches drôles sans pour autant virer dans la farce.

Un excellent épisode à voir ou à revoir, au choix !

Étoile 4

Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

keep-calm-and-love-sherlock-holmes-for-the-english-month.jpg

11. Sherlock Holmes : The Norwood Builder – L’entrepreneur de Norwood

NORW e5153d0e74a905301b36de7c2f3e8250

SAISON 1 – ÉPISODE 10

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : Ken Grieve
  • Scénariste : Richard Harris
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 10ème épisode tourné
  • Série 2 : 3/6
  • 1ère diffusion : Angleterre : 8 septembre 1985 – ITV Network (10ème épisode diffusé); États Unis : 20 février 1986 – WGBH; France : 26 février 1989 – FR3 (10ème épisode diffusé)
  • Durée : 46 min 20 sec

NORW 300px-Granada-norw-titre

  •  Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Rosalie Crutchley …  Mrs. Lexington
Colin Jeavons …  Lestrade
Helen Ryan …  Mrs. McFarlane
Jonathan Adams …  Jonas Oldacre
Matthew Solon …  John Hector McFarlane
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Andy Rashleigh …  Bearded Constable
Anthony Langdon …  Tramp
Ted Carroll …  Seafaring Tramp

Le pitch ?
Un jeune avoué dans tous ses états, M. John Hector McFarlane, vient solliciter l’aide urgente de Sherlock Holmes.

Sur le point d’être arrêté par l’inspecteur Lestrade, il se dit faussement accusé du meurtre de Jonas Oldacre, entrepreneur célibataire et retraité, qui voulait faire de lui l’unique héritier de sa fortune.

A la suite d’une soirée prévue pour mettre la dernière main à cet étrange testament, un incendie a ravagé un dépôt de bois, derrière sa maison de Norwood. Oldacre a disparu et la police a découvert dans le brasier, des restes humains calcinés qui pourraient être les siens.

Le jeune homme qui vient de découvrir la terrible accusation dans la presse, n’a que quelques instants pour se confier à Sherlock Holmes, avant d’être arrêté.

Un coffre ouvert, une lourde canne à pommeau oubliée sur place, le témoignage accablant de la gouvernante, l’empreinte sanglante d’un pouce. Tout semble incriminer l’infortuné McFarlane.

NORW tumblr_nyjloyewKA1u60piko1_1280

Intro : Une maison qui brûle… Non, un dépôt de bois ! Un homme, curieux, qui regarde par la fenêtre, les pompiers qui arrivent à toute berzingue, poussant leurs chevaux, dont une belle paire de blancs.

Et puis, digne d’un film d’horreur, on découvre la main d’un squelette dans les cendres du dépôt encore toutes chaudes. Un barbec d’enfer !

Les pompiers, précédé d’une bonne qui a tout d’une Alica Sapritch dans La Folie Dees Grandeurs, mais en moins drôle, entre dans le bureau du maître de maison (on  suppose aisément que c’est son bureau) et découvrent le coffre ouvert ainsi qu’une lourde canne dont le pommeau est rempli de sang.

— À l’assassin ! On a tué monsieur James Oldacre !

Retour à Baker Street, la rue est en travaux, et nous retrouvons John Watson et Sherlock Holmes qui font leur courses.

Norwood Builder (2)

Les scènes de rue nous montre la vie de l’époque, le bordel des travaux, les attelages qui passent tant bien que mal parmi tout ce fatras.

Holmes, lui, il se lamente sur le fait que Londres est devenu sans intérêt et notre brave Watson, pour lui remonter le moral, lu fait l’étalage de toutes les affaires qu’il vient de résoudre dernièrement.

Ben tiens, ce ne serait pas un futur client, là, en train d’essayer de convaincre madame Hudson de le laisser entrer malgré le fait que Holmes ne soit pas là ?

Le jeune McFarlane est en fuite car accusé d’un meurtre qu’il dit ne pas avoir commis. Il leur indique le journal pour que nos deux amis prennent connaissance des faits.

NORW norwood3

Malheureusement, l’inspecteur Lestrade arrive déjà, sûr d’avoir mis la main sur le coupable, puisque McFarlane a vu Oldacre hier et que c’est sa canne qui l’a assassiné !

Ici, on assiste à une joute entre Homes et Lestrade. Le policier sait que l’affaire est close, il a l’assassin, point à la ligne, mais Holmes, lui, il veut entendre la version du jeune McFarlane et demande à Lestrade de leur accorder 30 minutes.

Là, tout est dans les regards et la mauvaise foi de Lestrade qui avoue que Holmes les a bien aidé une ou deux fois… Alors qu’il n’en est rien et que Holmes leur a sauvé la mise bien plus souvent que ça !

NORW tumblr_ng1skn2tCW1qeqypwo1_500

Le jeune McFarlane nous raconte tout. Juriste, il a reçu la visite de James Oldacre, ancien entrepreneur qui lui a demandé de lui rédiger son testament qui faisait du jeune McFarlane son légataire universel !

— J’ai bien connu votre mère, dans le temps, puis elle a rencontré votre père et l’a épousé. Vous pourriez être le fils que je n’ai pas eu… Oh, au fait, ne dites rien à votre mère, ce sera une surprise !

NORW 260px-Granada-norw-5-Jonas-Oldacre

Blablabla, moi, je foutrais le camp bien vite, mais pas le jeune homme qui, tout comme le bon juriste qu’il est, va transcrire tout ça juridiquement et venir apporter le tout, au soir, chez Oldacre.

Putain, la gueule que tire la Sapritch de bonne ! On dirait qu’elle vient d’enterrer toute sa famille et que c’est McFarlane le responsable ! Madame Lexington a tout d’une bonne qu’on aimerait pas avoir… Aussi sympathique qu’une porte de prison un jour de grève.

NORW 260px-Granada-norw-6-Mrs-Lexington

Après le départ du juriste, sans avoir retrouvé sa canne, l’entrepôt a brûlé et on a découvert le corps d’Oldacre dedans… enfin, son squelette !

Là, nous sommes face à une enquête véritable, une enquête où Holmes doute, ou Holmes pense perdre et voit la défaite arriver à grand pas. Lestrade aurait-il raison ?

NORW builder1

Tout incrimine le jeune homme, surtout le témoignage de sa pauvre mère, qui le sait innocent, mais qui avoue aussi que oui, elle fut fiancée à Oldacre mais qu’elle a rompu quand elle s’est rendue compte qu’il était méchant et aimait faire souffrir les autres.

Et oui, son fils avait un jour trouvé la photo de sa mère, jeune, portrait lacéré par un Oldacre en furie quand elle avait rompu.

Merde alors, le con, il savait ça et pourtant, il est allé chez Oldacre comme si de rien n’était ?? Qu’on lui foute deux claques !

Holmes ne reste pas sans rien faire, il mène même son enquête auprès d’un vagabond après avoir trouvé des signes cabalistiques devant la maison d’Oldacre.

Son pote sans-abri l’a laissé choir après avoir reçu, sois-disant, de la bouffe de la méchante Lexington ! Portenawak, elle les déteste !

NORW6

Le lendemain matin, retrouvera un Holmes abattu, tentant de chercher mais ne trouvant pas et disant à Watson qu’il ne mangera pas car son cerveau à autre chose à faire que d’être distrait par la digestion, lui avouant que Lestrade va gagner et qu’il sent venir la défaite à grands pas.

Il a des tas de détails, mais faut les faire coller aux faits, là !

NORW tumblr_lpxlusTzj31qaeogao1_500

Allez Holmes, un peu de thé et puis on continue ! Si vous voulez, je peux examiner les papiers de James Oldacre…

Allez, on repart sur les lieux ! On examine la paperasse, Watson est là pour ça, on interroge le bouledogue Lestrade, on papote avec les policiers…

1182_900

Cette enquête, que j’apprécie beaucoup, est aussi celle où Holmes va devoir faire marcher son cerveau pour résoudre l’affaire et innocenter son pauvre client.

Faut analyser les cendres, faire l’acrobate sur des poutres (oh mon dieu, quelle souplesse, my dear !), se déguiser, interroger des sans-abris, chercher la faille, l’erreur, le petit détail qui cloche, les contradictions dans le discours de certains.

NORW builder5

J’aime aussi le fait que Lestrade ne se prive pas de se gausser de Holmes, sentant venir sa défaite car notre Lestrade a une preuve en plus ! L’empreinte du pouce ensanglanté de Mcfarlane sur le mur, près des vêtements !

NORW4

C’est cette chère madame Lexington Sapritch qui leur a fait remarquer et là, on assiste à la transformation de Holmes, qui, tel un chien à la recherche de son os, va arpenter les pièces de la maison dans tous les sens avant d’utiliser un subterfuge qui a déjà fait merveille dans une autre affaire…

Abracadabra ! Dans le cul, Lestrade !

entrepreneur Norwood 1

Dialogue de fin avec le coupable :

— Allez vous faire pendre, Holmes !
— Ce privilège sera d’abord le vôtre !

Une excellente enquête où Holmes devrai faire preuve de tout ses talents d’enquêteurs, faire travailler son cerveau, rassemble des indices, les analyse, déduit ce qu’il faut déduire…

Et puis, ces petites joutes verbales entre Lestrade et Holmes, ça n’a pas de prix !

Déjà dans le canon, je trouvais que l’enquête était excellente, bien recherchée, bourrée de mystères et puis, voir un Holmes qui ne sort pas la solution de son chapeau, ça fait aussi du bien, ça prouve qu’il est un homme, qu’il peut douter, ne pas trouver, se tromper, faire des erreurs.

Le jeu de Jeremy Brett est toujours excellent lui aussi, il se mouve avec aisance, avec la grâce d’un danseur de balai et Watson est le parfait compagnon pour s’occuper des tâches ingrates qui sont celles de fouiller les papiers !

Une enquête dont je ne me lasse pas !

Étoile 5

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

keep-calm-and-love-sherlock-holmes-for-the-english-month.jpg

10. Sherlock Holmes : The Crooked Man – Le tordu

CROOK tumblr_n4qhd5mUZf1qdlf3ro1_r10_400

SAISON 1- ÉPISODE 5

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : Alan Grint
  • Scénariste : Alfred Shaughnessy
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 6ème épisode tourné
  • Série 1 : 5/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 22 Mai 1984 – ITV Network – (5ème épisode diffusé); États- Unis : 18 avril 1985 – WGBH; France : 29 janvier 1989 – FR3 (6ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 35 sec

300px-Granada-croo-titre

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Colin Campbell …  Private Bates
Paul Chapman …  Major Murphy
Lisa Daniely …  Nancy Barclay
Denys Hawthorne …  Colonel James Barclay
Maggie Holland …  Mrs. Fenning

crook

Le pitch ?
Une violente altercation éclate entre les époux Barclay, enfermés dans le petit salon.

Alertés par des cris, les domestiques découvrent peu après le corps du colonel James Barclay qui gît dans son sang, auprès de sa femme Nancy, évanouie. Elle devient rapidement la seule suspecte. Mais le major Murphy est convaincu de son innocence et demande à Sherlock Holmes de résoudre cette énigme.

Sur place, Holmes trouve bientôt des indices particulièrement mystérieux. A côté du cadavre se trouvent une sorte de canne et les empreintes d’un homme infirme accompagné d’un étrange animal.

CROOK2

Intro : Une maison bourgeoise, des domestiques qui vaquent, qui vaquent… la bonne qui arrive devant la porte de ses maîtres et elle entend des bruits d’une dispute violente, suivie d’un cri horrible, comme si on avait annoncé à la dame de maison qu’elle allait devoir héberger sa belle-mère chiante.

Un domestique déguisé en militaire (l’aide de camp du maître de maison) fonce dehors, sous l’orage qui gronde et entre dans le petit salon par la fenêtre ouverte.

Non, ce n’était pas le cousin de Spiderman, la pièce est au rez-de-chaussée, tout simplement !

Et qu’est-ce que c’est-y qu’il y voit ? La maîtresse allongée dans le divan, évanouie, et son maître allongé devant l’âtre, du sang à sa tête et aussi mort qu’on peut l’être !

— C’est une catastrophe, comme le disait si bien le mage dans Les Visiteurs 1.

Le colonel Barclay est mort et sa femme est la principale suspecte dans l’affaire…

Puisque l’entrée en matière est faite, direction un fort militaire où l’on surprend John Watson et Sherlock Holmes en train de traverser la cour derrière un militaire.

CROOK - Granada-croo-14

Dans cet épisode, on sent tout le mépris de Holmes pour les militaires ! Ses yeux, sa manière de parler, tout suinte son mépris pour les hommes qui se mettent au garde-à-vous.

Ayant l’opportunité de regarder les épisodes en V.O STFR, je ne m’en prive pas juste pour le plaisir d’entendre la diction parfaite de Jeremy Brett.

Pour Jeremy Brett,  Holmes se devait de détester l’armée et la discipline militaire (rien ne le prouve dans le Canon). C’est pourquoi le détective semble de mauvaise humeur, si récalcitrant et laconique pendant l’entretien avec le major Murphy à Aldershot.

C’est Watson qui lui a proposé l’affaire et le major Murphy, qu’ils rencontrent, est plus enclin à penser que Nancy Barclay n’a pas tué son mari.

CROOK5

Michael Cox regretta plus tard l’air fâché de Holmes des premières scènes. C’était trop tard. Jeremy avait sans doute gardé un mauvais souvenir de son père, militaire et rigide.

Le major Murphy qui leur explique toute l’affaire ne se gêne pas pour dire que le colonel Barclay a un peu trop vite monté en grade et que de simple sergent, il est vite passé sur les plus hautes marches de la hiérarchie.

Il nous avouera même que le colonel était d’un tempérament jaloux et brutal. Ouh le vilain !

CROOK4 C’est une nouvelle de Conan Doyle que j’aime beaucoup parce qu’elle parle du destin tragique d’un homme (et d’une femme, aussi, chabadabada).

Bien qu’ici l’enquête soit un peu en retrait, on a tout de même droit à Sherlock qui se met à quatre pattes devant la cheminée où fut trouvé mort Barclay, et ensuite, on le verra courir dans la pelouse, non pas pour se rouler dedans, mais pour suivre une piste, celle de la personne qui se trouvait avec le couple Barclay dans le salon !

CROOK7

Ici, les flics se font un peu passer pour des imbéciles puisqu’ils ont cru que le bâton retrouvé à côté du cadavre avait servi à le tuer, alors qu’il n’en était rien !

De plus, les flics sont passés à côté d’empreintes boueuses d’un animal qui s’est trouvé dans la même pièce que les protagonistes… Watson pensait à un chat, mais Holmes le détrompe.

C’était plus bas qu’un chat et plus long aussi… Et là, Watson m’a scié en deux en proposant :

— Hermine ou belette ??

CROOK - b34d991523f283a1cd80546b85a87f2a

J’aurais aimé que Jeremy Brett me joue une scène aussi sensuelle avec le tisonnier dans mon salon !

— Alors, la Belette ? On n’a pas été sage ? On est une vilaine petite fille qui va recevoir un gros coup de mon long tisonnier…

Anybref ! Revenons à notre mort et laissons de côté ces fantasmes coquins ! On en apprendra un peu plus lors de l’interrogatoire de la bonne, de l’aide de camp du colonel et surtout, de l’amie de Nancy, celle qui allait avec elle dans un dispensaire afin d’offrir aux plus démunis de la soupe et des vêtements.

CROOK - hqdefault

On interroge la bonne

Cette scène dans la série n’est pas conforme à celle du livre puisque dans la nouvelle de Conan Doyle, c’était dans la rue que Nancy rencontrait cet homme étrange, tout tordu et pourvu d’un étrange animal.

Dans la nouvelle, tous deux marchent l’un vers l’autre dans une ruelle sombre, lorsqu’ils se rencontrent sous la lumière d’un réverbère.

Cela aurait pu être une scène très forte mais elle a perdu tout sa magie lorsqu’ils l’ont transposée dans cette vente de charité de l’Armée du Salut.

Jeremy Brett (Holmes) et David Burke (Watson) étaient vraiment contrariés par cette modification.

Il est dit que Jeremy batailla ferme pour essayer de garder la scène originale, mais sans succès. Pour David Burke c’était comme d’avoir gribouillé sur un magnifique tableau. Il avait raison, toute l’émotion de la scène est foutue le camp.

Néanmoins le spectateur assiste ensuite à une très belle scène entre Holmes et l’amie de Nancy Barclay qui brise sa promesse pour la sauver.

The Crooked Man(1984)

Comme je vous le disais plus haut, mais je me répète pour ceux du fond qui ne suivent pas, dans cet épisode, l’enquête est un peu mise en retrait par rapport au destin tragique d’un homme.

La solution de l’énigme est révélée par le coupable lui-même à la fin de l’histoire. Bien que Holmes ait tout de même déduit certains faits alors que les autres étaient toujours en train de pédaler dans la semoule et de nager dans le brouillard.

CROOK1

Holmes et Watson aux Folies Bergères ? Non, juste un bar à militaires.

Ce coupable est aussi une victime qui n’inspire que la compassion.

Dans la scène pénible des aveux d’Henry Wood, Holmes et Watson deviennent des témoins, muets devant l’horreur du récit et on ressent avec eux l’émotion et le malaise qu’ils éprouvent.

CROOK6

Beaucoup d’émotions, dans cet épisode. De l’humour, aussi, entre Watson et Holmes, à la fin de l’épisode avec un Watson qui a fait une excellente déduction et qui répondra à Holmes par un « Élémentaire mon cher Holmes ».

Une histoire d’amour, de la vengeance, de haine, de trahison, de la jalousie…

On a envie d’écraser une larmiche à la fin…

Étoile 4

Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

Pix Transformée

8. Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

SAISON 1 – ÉPISODE 8 (Série II)                                                 big_4

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Réalisateur : Paul Annett
  •     Scénariste : William Craig
  •     Décorateur : Michael Grimes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     8ème épisode tourné
  •     Série 2 : 1/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 25 août 1985 – ITV Network (8ème épisode diffusé); Etats Unis : 27 février 1986 – WGBH; France : 12 février 1989 – FR3 (8ème épisode diffusé)
  •     Durée : 51 min 20 sec

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Natasha Richardson …  Violet Hunter
Joss Ackland …  Jephro Rucastle
Lottie Ward …  Mrs. Rucastle
Patience Collier …  Miss Stoper
Angela Browne …  Mrs. Toller
Peter Jonfield …  Toller
Michael Loney …  Fowler
Rachel Ambler …  Alice

Le pitch ?

Sherlock Holmes broie du noir en fumant sa pipe. Il se lamente sur la déchéance de son art qui a atteint le « point zéro » avec une demande de conseil pour un emploi…

Cependant il daigne écouter Miss Violet Hunter, et son récit commence à l’intriguer.

La jeune femme lui confie son étonnement et son inquiétude, à propos du poste de gouvernante qu’Edward Rucastle lui propose aux Hêtres-Rouges, sa maison proche de Winchester.

Son employeur lui offre des gages très élevés en échange d’exigences bien particulières. Elle devra porter certaines robes choisies par lui, s’asseoir à une place précise et surtout couper sa magnifique chevelure, condition sine qua non pour obtenir la place.

Se refusant tout d’abord à sacrifier ses longs cheveux roux, la jeune femme finit par s’y résoudre et est engagée. Holmes décide de rester vigilant.

— MYSTÈÈÈÈRE ! comme le disait un magicien célèbre.

Une maison de campagne, la nuit… Un homme fait le mur. Pas pour en sortir, mais pour y entrer. Pas de bol pour lui, Médor le cador était lâché et le mec cavale en sens inverse pour repasser le mur plus vite qu’un perchiste aux J.O !

Ça vous met déjà dans l’ambiance ! Et que personne ne rouspète sur le fait que le toutou galope moins vite que le monsieur. Ce qui est impossible ! L’homme est un animal qui a de l’endurance à la course mais niveau rapidité, on est des escargots face à un chien.

Baker Street, un brouillard à couper au couteau tellement il est épais. Watson a un air mutin, le genre de sourire qui donnerait l’impression qu’il a fait des galipettes toutes la nuit tandis que Holmes, lui, tire une tête d’un qui aurait dû entendre les grincements de matelas toute la nuit.

Au temps pour moi, le sexe n’a rien à voir là-dedans !

Holmes se lamente sur le fait que Watson embellisse ses affaires, qu’il met en valeur le superflu.

Que le crime est commun mais la logique rare, que le criminel a perdu toutes ambitions, toute originalité.

Bref, il râle aussi parce qu’il n’a pas d’affaires, qu’on lui demande de retrouver des crayons disparus (ils se sont taillés, sans doute) ou si on doit accepter un poste de gouvernante ou pas.

Pourtant, s’il savait que cette innocente question allait déboucher sur une affaire sérieuse, il n’aurait pas pris cet air condescendant devant la jeune fille qui est venue lui raconter son étrange entretien d’embauche.

Violet Hunter va lui soumettre une affaire, qui, vu de près, n’a pas l’air si terrible… Quoique !

L’entretien qu’elle a passé chez une placeuse était pour le moins suspect. Elle entre dans le bureau et l’homme présent au côté de la placeuse dit d’emblée qu’elle est superbe, lui fait des sourires et à des exigences qui ferait penser que le mec est un mac en mal de prostituées pour son bordel.

Monsieur Rucastle à tout du chien en chaleur ! Il lui tourne autour, tout sourire et ne se prend pas pour de la merde, non plus. Monsieur est imbu de son gnome de 6 ans…

– Bah ! interrompit-il. Tout cela n’a rien à voir avec la question. Ce qu’il importe avant tout de savoir, c’est si vous possédez ou non les allures et le maintien d’une femme du monde. Voilà la seule chose qui compte à mes yeux. Si vous ne possédez pas cela, vous êtes inapte à faire l’éducation d’un enfant appelé peut-être à jouer plus tard un rôle considérable dans l’histoire de son pays.

Il lui offre même 100£, le double du salaire, pour un poste de gouvernante, mais faut que la jeune fille sacrifie son ample et belle chevelure et porte les robes qu’on lui dira de porter et pose son cul là où on lui dire de le mettre…

Tenez, en voici la preuve ! [Extrait de la nouvelle écrite]

– A la bonne heure. Ainsi, tenez, un exemple. Nous sommes un peu maniaques, voyez-vous, un peu maniaques, oui… mais nous avons bon cœur tout de même. Eh bien ! si l’on vous demandait de porter une robe à notre convenance et qui vous serait fournie par nous, vous n’auriez pas d’objection à satisfaire notre petite fantaisie, hein ?
« – Non, répondis-je, profondément surprise malgré tout.
« – Et si l’on vous demandait de vous asseoir ici, ou là, vous n’en seriez pas contrariée, non plus, n’est-ce pas ?
« – Oh ! non !
« – Ou encore de vous faire couper les cheveux avant de venir chez nous ?

Oui, ça jette un froid sur la jeune fille qui a de très beaux cheveux !

Monsieur Rucastle et son épouse

J’adore la tête de la placeuse, ses mimiques, ses petites phrases pour ne pas froisser le client, qui, comme tout le monde le sait, à toujours raison.

La vieille mal baisée est même très en colère sur Violet qui vient de refuser un poste à 100£/an car cela lui a fait perdre le banknote que le souriant Rucastle lui avait donné.

Holmes, qui ronchonnait au départ, sent un truc louche et dangereux là-dessous.
– Un danger ? Quel danger prévoyez-vous donc ?
Holmes hocha gravement la tête.
– Ce ne serait plus un danger si nous étions à même de le préciser, répliqua-t-il. Mais, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, passez-moi une dépêche, et j’accours aussitôt.

Malgré tout cela, Holmes congédie la demoiselle de manière assez cavalière en lui désignant la porte lorsqu’elle a fini son histoire et qu’il lui a conseillé de prendre la place (la demoiselle avait refusé, mais maintenant, elle veut accepter tout de même, Mr Rucastle l’ayant relancée).

On dégage !

— Je ne permettrais jamais à ma sœur d’accepter un tel poste, dira tout de même Holmes à Watson dans la série, une fois la jeune fille partie.

(– Mon Dieu, mademoiselle, je vous avoue franchement que ce n’est pas la situation que je choisirais pour ma sœur, si j’en avais une.) [dans le texte canonique et en présence de la demoiselle].

Quand la demoiselle envoie un télégramme, Holmes vole à son secours !

Nous aurons droit à quelques autres répliques holmésiennes durant le trajet e train :

– Des faits ! Il me faut des faits à l’appui ! On ne peut fabriquer de briques quand on n’a pas de terre à sa disposition.

 [Et sa réflexion sur les maisons isolées dans la campagne qui ne lui inspire rien de bon]

– Savez-vous bien, Watson, me dit-il, que c’est un des travers des esprits comme le mien de ne jamais envisager les choses que du point de vue qui me préoccupe ? Quand vous regardez ces habitations éparpillées, vous êtes frappé par leur côté pittoresque. Quand je les regarde, moi, la seule chose que j’éprouve est le sentiment de leur isolement et de la facilité avec laquelle les crimes peuvent s’y commettre en toute impunité.

– Grand Dieu ! m’exclamai-je. En quoi ces vieilles demeures peuvent-elles vous faire penser à des crimes ?

– Elles m’inspirent toujours une sorte d’horreur indéfinissable. Voyez-vous, Watson, j’ai la conviction (conviction basée sur mon expérience personnelle) que les plus sinistres et les plus abjectes ruelles de Londres ne possèdent pas à leur actif une aussi effroyable collection de crimes que toutes ces belles et riantes campagnes.

– Mais c’est abominable ce que vous me dites là !

– Et la raison est bien évidente. La pression qu’exerce l’opinion publique réalise ce que les lois ne peuvent accomplir. Il n’est pas de cul-de-sac si infâme et si reculé où les cris d’un enfant martyr ou les coups frappés par un ivrogne n’éveillent la pitié et l’indignation des voisins, et là toutes les ressources dont dispose la justice sont tellement à portée de la main qu’il suffit d’une seule plainte pour provoquer son intervention et amener immédiatement le coupable sur le banc des accusés. Mais considérez au contraire ces maisons isolées au milieu de leurs champs et habitées en majeure partie par de pauvres gens qui n’ont autant dire jamais entendu parler du code, et songez un peu aux cruautés infernales, aux atrocités cachées qui peuvent s’y donner libre cours, d’un bout de l’année à l’autre, à l’insu de tout le monde. Si la jeune fille qui nous appelle à son secours était allée habiter Winchester, je n’aurais jamais eu aucune crainte à son égard. C’est parce qu’elle se trouve à cinq milles dans la campagne que je ne me sens pas tranquille. Et cependant, il est évident qu’elle n’est pas personnellement menacée.

Mon verdict ?

Du mystère, de l’action, quelques belles réparties canoniques, j’adore cet épisode, en série ou en nouvelle.

On ne sait pas pourquoi Mr Rucastle a absolument voulu avoir mademoiselle Hunter alors que d’autres gouvernantes avaient plus de références ou de compétences qu’elle.

Mais dès qu’elle est entrée dans le bureau, c’est elle qu’il voulait et à n’importe quel prix ! Tout en restant intransigeant sur ses demandes : porter de temps en temps des vêtements qu’on lui dira de mettre, s’asseoir là où on lui dira de se mettre et couper ses cheveux !

Ce que j’apprécie aussi, c’est que, tout comme la Violet Smith du « Cycliste solitaire », elle a beau être une jeune femme, ce n’est pas une potiche pour autant !

Elle aussi se pose des questions lorsqu’elle a reçu l’ordre de s’asseoir durant une heure sur le petit divan dans le bow-windows, tandis que Rucastle la fait rire aux larmes pour que le temps lui semble moins long.

Dans sa robe bleue électrique qu’elle doit porter, elle réfléchit et la fois suivante, elle cache un petit miroir dans le creux de sa main afin de voir ce qui se déroule dans son dos.

Elle n’a pas froid aux yeux non plus quand elle passe une porte habituellement fermée à clé afin d’aller voir ce qu’il y a dans la tourelle du manoir.

C’est grâce à la témérité de sa cliente que Holmes récoltera des faits afin de fabriquer ses briques lorsqu’il la retrouvera à l’auberge du Cygne Noir. Pas pour une partie de jambes en l’air, voyons ! Parce que la demoiselle s’est sentie en danger.

La demoiselle n’hésite pas non plus à faire ce que Holmes lui demande de faire, puisque les Rucastle sont de sortie au soir.

Oui, elle a du cran, ce n’est pas une pleurnicheuse et c’est bien dommage que Holmes l’oublie aussi vite.

[Extrait du canon] « Quant à Mlle Violet Hunter, mon ami Sherlock Holmes,contrairement à ce que j’avais prévu, se désintéressa d’elle complètement dès que l’énigme dans laquelle elle avait joué un rôle si prééminent fut solutionnée ».

Il devrait lui être reconnaissant, de par sa demande de conseils, elle lui a apporté une belle affaire sur un plateau !

Bien sûr, il y a des petits couacs dans la série : notamment le chien méchant des Rucastle !  Ce chien que l’on affame pour le rendre plus teigneux et qui ne répond qu’aux ordres de Toller, l’homme à tout faire.

Lorsqu’il attaque une personne, on voit de suite que le chien de fait que jouer… Le sang sur les vêtements de la victime ressemble plus à de l’encre rouge qu’à de la vraie hémoglobine.

Mais on oublie vite ces petits défauts car l’esprit est concentré sur l’épisode et le suspense est au rendez-vous, ainsi que les questions sur le pourquoi du comment Violet doit faire tout ça chez ses employeurs.

La complicité entre Holmes et Watson est bien présente et on sent que les deux acteurs ne doivent pas faire semblant, ils s’entendent bien et s’apprécient mutuellement.

Il faut entendre Watson dire d’un ton docte, à la jeune Violet, lorsqu’ils sont à l’auberge et qu’elle disait qu’elle aimerait comprendre :

— On ne peut théoriser sans informations. (Ce qui fera sourire Holmes qui allait répondre la même chose à la jeune fille).

Le dialogue final entre Holmes et Watson est amusant aussi. Notre bon docteur lui lit, à voix haute, le texte qu’il a écrit sur cette enquête, terminant sur du grandiloquent…

Or, souvenez-vous, au début, Holmes lui reprochait de s’attarder sur le sentimental et non sur la logique…

Pour mémoire : [Les crimes sont fréquents, la logique est rare. Donc, c’est sur la logique qu’il faut insister, et non sur les crimes. Vous n’avez fait qu’une série de contes avec ce qui aurait dû être une suite de conférences].

— Verdict ? (demande Watson)
— Un compte-rendu admirable, Watson.
— Point trop de vie et de légèreté selon vous ?
— Je m’en remet bien humblement à votre jugement littéraire…

La mimique de fin de Holmes veut tout dire… Watson pavane, mais Holmes se moque.

La vidéo de leur échange final…

Petites vidéos marrantes :

Challenge « Victorien » chez Camille, Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

7. Sherlock Holmes : Le Cycliste Solitaire – The Solitary Cyclist

Sherlock Holmes :  Le Cycliste Solitaire  – The Solitary Cyclist

SAISON 1 – ÉPISODE 4

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : Paul Annett
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 1er épisode tourné
  • Série 1 : 4/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 15 Mai 1984 – ITV Network (4ème épisode diffusé); Etats Unis : 4 avril 1985 – WGBH; France : 25 décembre 1988 – FR3 (1er épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 10 sec

  •   Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Barbara Wilshere …  Violet Smith
John Castle …  Carruthers
Michael Siberry …  Woodley
Ellis Dale …  Williamson
Sara Aitchison …  Sarah Carruthers
Simon Bleakley …  Peter
Penny Gowling …  Mrs. Dixon
Stafford Gordon …  Landlord
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Miss Violet Smith fait irruption au 221b Baker Street pour demander de l’aide à Sherlock Holmes, sur le point de réaliser une expérience chimique délicate.

Sa vie a été bouleversée depuis que deux amis de son oncle Ralph, Carruthers et Woodley, lui ont appris qu’elle était son unique héritière, mais que malheureusement il était mort dans la misère en Afrique du Sud.

En guise de compensation, Robert Carruthers lui propose de l’héberger et devenir professeur de piano de sa fille, à Chiltren Grange, pour un généreux salaire.

Chaque week-end, rentrant à bicyclette chez elle, Miss violet a remarqué, sur une portion de route déserte, un cycliste à barbe noire qui la suit à distance depuis quelques temps et qui déjoue ses tentatives de le voir de plus près. 

Une fois de plus, l’intro est mystérieuse à souhait et plante le décor : une forêt de sapins, un chemin forestier en bon état, une jolie cycliste qui roule.

Bucolique ? Pas vraiment car la caméra nous montre un homme sur un vélo, caché dans une trouée de sapins.

Un autre adepte de la pédale ? On aurait de sérieux doutes en le voyant vérifier que son révolver est bien chargé avant de se lancer derrière la jolie jeune fille.

Doux Jésus, il la suit ! Pas discrètement, en plus. Genre 10 mètres derrière la jeune fille.

Et je ne vous parle même pas de son allure générale : chapeau melon, lunettes noires, grosse barbe fournie.

Ensuite, le plan nous montre la cycliste roulant dans les rues de Londres.

tumblr_m4gpv0YMzU1r9m52d

Comme d’habitude, après cette intro qui plonge le spectateur dans l’expectative, nous retrouvons nos deux compères à Baker Street où nous retrouvons Holmes devant sa paillasse du parfait petit chimiste, jouant avec sa cornue.

Faut pas le déranger et ça va le faire râler que madame Hudson, sa logeuse, vienne lui signaler qu’une jeune fille désire le voir.

Madame Hudson l’a prévenu, elle est obstinée, la demoiselle et elle se permet même de faire irruption dans l’appart de nos deux gaillards.

Puisque l’expérience chimique est interrompue, Holmes se lève en bougonnant  et va vers la demoiselle qui se présente : Violet Smith.

De nouveau nous avons droit à une séance de déduction de la part de Holmes qui sait se montrer courtois envers le beau sexe.

Il ne se prive pas d’examiner les mains et les doigts de la demoiselle… Non, pas pour les renifler comme si c’était des Fingers, juste pour vérifier une hypothèse.

Il pensait la demoiselle dactylographe, mais il a compris qu’elle était pianiste.

La scène est amusante car ensuite, Watson examinera, lui aussi, les mains de la jolie demoiselle.

À croire qu’ils vont la demander tous les deux en mariage !

Dans cette scène de l’examen des mains de Violet Smith par Sherlock Holmes, Jeremy a voulu montrer que le détective cachait sa sensibilité, derrière le masque du professionnel qui en déduit qu’elle est pianiste.

On ressent son trouble dans ce contact délicat, presque caressant et sensuel de la main de la jeune fille et de l’effleurement de son visage.

Dommage, toute cette scène ne se finira pas par une scène de galipettes !

Tout au long de la série, l’acteur cherchera à montrer ce qu’il nommait des « fêlures holmésiennes », les traduisant par des expressions ou des gestes qui trahissent la sensibilité refoulée du détective, son émotion à la musique ou au désarroi de ses des clients.

Non, Holmes n’est pas qu’une machine à penser et nous le voyons ici.

Cela ne l’empêchera pas de faire une petite grimace lorsque la demoiselle lui apprendra qu’elle se mariera à la fin de l’été.

Ici aussi le récit est rempli de mystère : une jeune fille qui vit seule avec sa maman, pas de famille, hormis un oncle en Afrique du Sud.

Un avocat la contacte et lui présente deux hommes : Monsieur Woodley – une sale gueule – et monsieur Carruthers – distingué.

Ces deux messieurs lui signalent la mort du tonton, qui ne lui laisse rien, mais puisque les deux hommes l’ont bien connu et que monsieur Carruthers a besoin d’une préceptrice pour apprendre le piano à sa fille, il est prêt à engager la demoiselle pour 100£ par an.

Ce qui équivaut au double de salaire prévu pour la fonction. Holmes renifle déjà du louche. Nous aussi.

Surtout que la tronche du sieur Woodley n’inspire pas confiance et on se demande pourquoi, par pure amitié, le Carruthers engagerait pour le double du salaire pratiqué, cette jeune demoiselle, nièce de son ami mort sans le sou.

Violet Smith n’est pas une faible femme, une demoiselle qui s’inquiète pour un rien, mais elle trouve tout de même bizarre de ce faire suivre par un cycliste solitaire en pleine forêt alors qu’elle se rendait à la gare pour prendre le train pour Londres.

Si la jeune fille vit chez Carruthers la semaine pour donner des cours de piano à sa fille, elle rentre le week-end chez sa mère.

Et ce cycliste la prend en filature aussi bien entre son trajet de Chiltren Grange à la gare de Farnham, qu’en sens inverse, de la gare de Farnham à Chiltren Grange.

Si la demoiselle ralentit, lui aussi, elle accélère, il fait de même, elle s’arrête, lui aussi.

Elle a même essayé de le surprendre, accélérant et puis s’arrêtant net après la boucle de la route, mais le mystérieux barbu avait disparu.

Lorsque je disais que la demoiselle n’était pas une faible femme, cela se vérifie aussi à la manière dont elle a tenu tête à l’infâme Woodley qui lui a fait des avances déplacées et quasi impérieuses.

Comme si elle avait envie de l’épouser ! C’est un rustre qui pense que lorsqu’une femme dit « non » ou ne veut pas quelque chose, c’est qu’en fait, elle le désire ardemment.

C’est vous dire sa manière de penser de la gent féminine ! Carruthers est un gentleman, lui.

J’aime cet épisode pour la femme forte qu’il nous présente : Violet Smith.

Il met aussi en avant Watson à qui Holmes confie la tâche, samedi, d’aller surveiller le passage à vélo de Violet et essayer d’en apprendre un peu plus sur son mystérieux suiveur.

Le docteur Watson est comme nous, il a un esprit brillant, mais il n’est rien comparé au Maître.

Il se planque dans les bois, observe la jeune Violet se faire suivre et essaye d’apercevoir la tronche du barbu, mais il est trop loin. Par contre, il a trouvé le nom du propriétaire de ce petit bois.

Notre ami est persuadé qu’il a bien fait et, tout content de ses investigations lorsqu’il est de retour à Londres, raconte à Holmes ce qu’il a découvert.

S’attendant – ou espérant – des félicitations, il est tout dépité lorsque le détective lui réplique qu’il en aurait appris bien plus en allant au pub, là où tous les ragots ont lieu.

— J’ai bien fait ??
— NON !

En plus d’avoir du mystère et des trucs louches qui se passent sur les chemins forestiers, il y a toujours une pointe d’humour dans les échanges entre Holmes et Watson.

Le regard que Holmes lance à Watson quand celui-ci, tout guilleret, attends le susucre qu’il n’aura jamais car il mal négocié sa mission.

Le regard aussi de Holmes, soupirant, hésitant à lui dire qu’il a tout foiré et puis décidant, tout de même, de le lui dire.

Un autre moment drôle est quand Holmes décide d’aller à Farnham lui-même pour enquêter. Watson, assis dans le fauteuil, murmure, avec quelque ironie :

— Essayez le pub, c’est une mine d’information.

Holmes, qui a l’ouïe fine, entend le murmure sarcastique et répond :

— Merci Watson ! C’est une info capitale !

Cet épisode a beau être le premier tourné de toute la série, on sent déjà la complicité entre Jeremy Brett (Holmes) et David Burke (Dr John Watson).

Le pub est haut en couleur… Un homme, visiblement éméché, et portant la croix, a bien du mal à monter sur son cheval !

Notre détective interroge, l’argent délie toutes les langues, c’est bien connu mais il se retrouve face-à-face à l’infâme Woodley, peu apprécié par les gens du cru.

Les déductions, c’est bien, l’action, c’est encore mieux ! Holmes sait se battre et il le prouve… sauf que nous sommes dans une série tout public et que les scènes de combats sont pitoyables au possible !

Nous assistons donc à un combat de boxe (à mains nues) entre le gentleman qu’est Holmes et l’infâme Woodley.

Hors, en boxe, il y a des règles qui doivent être respectées et vu que l’adversaire est un rufian, les règles, il s’essuie le derrière avec !

Holmes fait mouliner ses poings dans tous les sens, ce qui donne un caractère burlesque à la scène, pareil pour son jeu de jambes qui ressemble plus à celui d’un ballet de danse classique que d’un combat de boxe.

J’ai lu que c’était Jeremy Brett himself qui avait assuré la chorégraphie des pas de danse, prouvant son sens de l’humour et de la dérision.

La scène est cocasse et drôle : un petit coup envoie Holmes reculer à l’autre bout de la pièce ! Un autre envoie l’infâme Woodley rouler sur une table, KO… Oui, c’est très rapide !

Le tout sous les « ohh » et « ahh » de l’auditoire qui applaudira Holmes pour le KO car personne dans le petit village n’aime le rouquin Woodley. C’est un rustre et un mal poli.

Anecdote : Les applaudissements à la fin du spectacle sont une idée du réalisateur.

Au final Sherlock Holmes en revient amoché, mais non pas peu fier de sa prestation.

Par contre, pour son petit bobo au-dessus du sourcil, il se fait soigner comme un petit garçon par maman Watson !

Il ira même jusqu’à regarder le résultat dans le miroir. Ouf, sa sexy-face est toujours aussi belle.

Mon avis : Bien que dans le canon, nos deux héros aient commencé très jeunes (27 ans pour Holmes dans « Une étude en rouge » et 30 pour Watson, à quelques années près) et que les acteurs face à nous soient tout de même bien plus âgés (Brett a 51 ans et mourra 11 ans plus tard – David Burke en a 50), ils ont réussi à insuffler du dynamisme dans la série, ils débordent d’énergie donnent aux épisodes toute leur énergie.

C’est tonique et divertissant. On est loin des vieux croulants souvent interprétés à l’écran.

Si le début de l’histoire est conventionnel avec une intrigue mystérieuse et une enquête à mener, cela n’empêchera pas la suite d’être drôle.

Ici, tout le mystère réside dans le fait que l’on ne sait pas pourquoi on suit Violet, ni qui !

solitaryLa musique, adaptée aux événements qui se déroulent sous nos yeux, donne une dimension tragique à l’histoire.

En effet, il y une accumulation de périls autour de la jeune fille : Woodley et sa violence, on pourrait presque penser qu’il va la culbuter sur la table, l’attitude de Carruthers, qui la défend mais qui semble avoir peur de Woodley.

Ce Carruthers, homme riche, qui n’a même pas un attelage avec des chevaux !

Sans parler du mystérieux cycliste à la barbe noire et d’autres choses que je ne divulguerai pas.

Voir ces épisodes, c’est plonger dans un autre siècle, découvrir les toilettes des dames, les beaux costumes de ces messieurs qui vont chez le barbier pour se faire raser.

Les décors sont superbes et j’aime revoir Baker Strett, qui, bien que différent de mon interprétation personnelle, est tout de même bien réalisée.

Holmes est un homme de déduction mais aussi un homme d’action et il n’hésite pas à ordonner à Watson d’arrêter le cheval sans conducteur et qui galope seul, tirant la charrette dans laquelle Violet était dedans.

tumblr_lq2gn1rMho1qa7pfco1_500Nous retrouverons aussi de l’humour à la fin de l’épisode, dans l’expérience ratée de chimie qui manquera d’asphyxier nos deux héros.

Vu la fumée qui sort de Baker Street par la fenêtre qu’ils ont ouvert de toute urgence, des gens ont même appelés les pompiers !

Anecdotes : Les tournages ont eu lieu à Cheshire Willington Hall, un hôtel près de Tarporley pour Chiltern Grange, la maison de Carruthers.

Les poursuites en bicyclette et en calèche près de Charlington Hamm se passent dans la magnifique forêt de Delamere.

L’extérieur du Pub est en réalité la partie élisabéthaine bâtie en 1581, du manoir d’Adlington Hall près de Macclesfield.

L’acteur qui interprète Carruthers, John Castle, est l’acteur qui jouait n°12 dans la série « Le Prisonnier », puis plus récemment il apparait dans les séries anglaises policières « L’inspecteur Morse » et « Wycliffe ».

Michael Cox disait qu’il serait toujours reconnaissant envers le metteur en scène Paul Annett. Il accomplit le dur travail de montrer à Jeremy et David Burke, comment ils devaient jouer leurs rôles, à quoi ils devaient ressembler, quelles sortes de vêtements ils devaient porter, quels rapports ils devaient entretenir…

Il évita beaucoup d’erreurs à Jeremy qui avait tendance à en faire trop, en accentuant les traits de son personnage, s’il n’était pas remis sur les rails et dirigé fermement.

MV5BMjE4MjM3Mzc2N15BMl5BanBnXkFtZTgwODc0NjUyMjE@._V1_http://www.youtube.com/watch?v=D8IizHBD54I

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11

6. Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

SAISON 1 – ÉPISODE 3

  •   Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •   Réalisateur : Alan Grint
  •   Scénariste : Jeremy Paul
  •   Décorateur : Margaret Coombes
  •   Musique : Patrick Gowers
  •   4ème épisode tourné
  •   Série 1 : 3/7
  •   1ère diffusion : Angleterre : 8 Mai 1984 – ITV Network (3ème épisode diffusé); Etats Unis : 28 mars1985 – WGBH; France : 8 janvier 1989 – FR3 (3ème épisode diffusé)
  •   Durée : 51 min 30 sec.

  •     Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Nicholas Geake …  Charles Gorot
David Gwillim …  Percy Phelps
John Malcolm …  Tangey
Eve Matheson …  Miss Tangey
Pamela Pitchford …  Mrs. Tangey
David Rodigan …  Inspector Forbes
Ronald Russell …  Lord Holdhurst
Alison Skilbeck …  Annie Harrison
Gareth Thomas …  Joseph Harrison
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Alors qu’il se livre à une expérience chimique pour résoudre une affaire de meurtre, Holmes reçoit la visite de Watson.

Un évènement tragique vient de briser la vie de son ancien camarade Percy Phelps, fonctionnaire au ministère des Affaires Étrangères.

Alors qu’il ne s’était absenté qu’un bref moment de son bureau, on lui a subtilisé un document diplomatique ultra secret, un traité naval conclu entre l’Angleterre et l’Italie, dont il faisait la copie.

Son honneur bafoué et sa carrière gravement compromise, Phelps en est tombé malade. Il est alité depuis 9 semaines à la campagne sous la garde de sa fiancée Annie et du frère de celle-ci qui lui a d’ailleurs cédé sa chambre.

Sherlock Holmes accepte de se rentre au chevet du malade. Il doit récupérer le traité avant qu’il ne quitte le pays, ce qui mettrait en péril l’équilibre des forces européennes.

Cela faisait un an que je n’avais plus entendu l’intro musicale de la série Granada, mon dernier visionnage remontant à juin 2014, pour le mois anglais précédent.

Tonnerre de Brest, pas moyen de trouver la vidéo en V.O sur le Net ! Tant pis, on sortira le DVD pour l’occasion (avec les emmerdes que cela comprend lorsque l’on fait souvent des arrêts… ça ne redémarre jamais juste !!).

Intro : Le tonnerre gronde, la pluie tombe à verse et on entend un homme crier dans la nuit « Au secours, ne m’abandonnez pas ! ». Une charrette tirée par un cheval s’avance au pas, sous cette pluie diluvienne.

Hurlant qu’il est déshonoré, un homme est descendu d’une charrette et conduit dans une maison. On doit le soutenir sinon il s’écroule.

Un poivrot qui aurait trop bu et qui verrait des éléphants roses dans son éthylique coma ?

Oui, cet épisode sera mystérieux !

Ensuite, sans en savoir plus, nous nous retrouvons au 221b, avec Sherlock Holmes qui joue avec son petit matériel (pas de mauvaises pensées) de parfait petit chimiste. Dans un ballon à fond rond, on dirait qu’il nous fait bouillir de la bière.

C’est la voix de Watson qui lui fait tout arrêter. Il faut dire que votre colocataire qui hurle à plein poumons « HOLMES ! Où êtes-vous ? » a de quoi laisser perplexe. Ouvre la porte de l’appart et tu verras où il est !

Ah, ces hommes qui demandent avant même de se donner la peine de chercher !

Je plains de tout cœur leur logeuse, madame Hudson, parce qu’il règne un bordel monstre dans l’appart ! Watson va le découvrir avec effroi, sans parler de sa tête en découvrant des douilles de révolver ainsi qu’un V.R tracé à l’aide de balles dans le mur !

Cette petite interruption sera bénéfique pour Holmes puisque Watson lui apporte une affaire : il a reçu une lettre d’un ancien camarade d’école, Percy Phelps.

Une fois encore Holmes fait montre de ses talents pour déduire des informations sur l’auteur de la lettre et nous prouve que dans leur duo, c’est lui le dominant car, demandant à Watson de venir avec lui et voyant que celui-ci renâcle en parlant de ses patients qu’il lui reste à visiter : « Si vous trouvez vos affaires plus importantes que les miennes… ».

Il y a du mystère dans cet épisode et une touche d’espionnage puisque notre Percy Phelps (que nous trouvons alité et au bons soins de son infirmière non conventionnée de future femme), qui travaillait au Ministère des Affaires Étrangères, s’est vu dérobé un document ultra secret !

Il ne s’est absenté que quelques minutes, le temps d’aller se commander un café chez le concierge du bâtiment, et alors qu’il était en bas, la clochette correspondant à son bureau retentit !

Le document perdu était tellement important qu’il en est tombé malade de se l’être fait volé et ça fait deux mois qu’il est alité !

Si au moins son infirmière de fiancée était cochonne, on comprendrait, mais là, le gars est juste couché, en proie aux fièvres les plus folles. Sa future s’occupe de lui comme une mère au chevet de son fils malade et le futur beau-frère fait tourner le reste.

Monsieur le Beauf peut se permettre de ne pas travailler, alors, il reste avec sa sœur (sans doute pour qu’elle ne faute pas en avance).

Le Traité naval est célèbre pour le monologue de la rose de Holmes. « What a lovely thing a rose is ! « 

Le détective s’approche de la fenêtre et plongé dans une rêverie, s’extasie sur la beauté d’une rose écarlate qu’il tient entre ses doigts :

« Quelle jolie rose ! … Le raisonnement déductif n’est jamais aussi nécessaire qu’en matière de religion. Il peut avoir, bien conduit, toute la rigueur des sciences exactes. Les fleurs sont la meilleure preuve que nous ayons de la bonté divine. Tout le reste, la force qui est en nous aussi bien que la nourriture que nous mangeons, est indispensable à notre existence même. Mais cette rose, c’est du luxe ! Son parfum et sa couleur, nous pourrions nous passer d’eux. Ils ne sont que pour embellir notre vie. Tout le superflu nous est donné par gentillesse et, je le répète, les fleurs nous sont une bonne raison d’espérer.« 

Jeremy Brett (Sherlock Holmes) aimait ce discours et tenait absolument à jouer cette scène qui montrait un Holmes poète, ému et sensible à la beauté de la nature, à défaut d’être sensible à la nature des femmes.

Une facette insoupçonnée de son caractère à dévoiler – devant un Watson médusé et presque inquiet, et le couple stupéfait et désappointé.

On peut les comprendre : le traité volé intéresserait bigrement la France ou la Russie et Holmes, au lieu de se ruer pour résoudre l’affaire, il prend une rose et se fait poète.

Anecdote : Jeremy Brett est aussi à l’origine du geste délicat qu’à Holmes envers sa logeuse, madame Hudson : il lui offre une rose. Par ces petites attentions, il a rendu leur relation plus complice tout au long de la série.

Dans cet épisode, non seulement Holmes dévoile tout son talent de détective, nous fait des cachoteries, des plaisanteries, répond du tac-au-tac à l’inspecteur Forbes, le remettant à sa place en lui signifiant que dans 53 affaires (résolues par lui), son nom n’était apparu que 4 fois, la police ayant donc eu le bénéfice des 49 autres.

Mais en plus… Il est sexy baby dans son beau costume quand il va trouver l’oncle de Phelps – un Lord – qui lui avait confié le traité afin qu’il en fasse une copie !

Durant tout l’épisode Holmes est d’une élégance rare : beaux costumes pour rendre visite au Lord, chapeau haut-de-forme, canne, mais vêtements plus clairs lorsqu’il était en visite chez Phelps et que la journée était ensoleillée.

L’humour est présent aussi durant cette entrevue puisque Holmes énonça une fine et ironique observation : il a fait remarquer à Watson que le Ministre des Affaires Étrangères avait fait ressemeler ses chaussures.

Cela signifiait que le Ministre était incapable d’assumer l’achat d’une nouvelle paire de chaussures… C’est vous dire l’état de ses finances !

Humour aussi lorsque Watson dévoile que la grand-mère de Sherlock Holmes était française. Sherlock n’a pas l’air content que l’on dévoile ainsi sa parfaite maitrise de la langue de Molière.

Évidemment, quand Holmes prend en charge vos affaires, on se sent tout de suite mieux et Phelps reprend du poil de la bête.

Le mystère s’épaissit pourtant lorsque nous voyons une ombre se glisser dans sa chambre…

Sa future femme qui aurait des envies nocturnes ? Non, non, juste une ombre inquiétante.

Holmes a beau ne pas faire confiance aux femmes, il confie tout de même une mission importante à la fiancé de Percy Phelps. J’aime le regard complice qu’ils se font tous les deux.

Si elle n’avait pas obéi en tout point, l’enquête de Holmes aurait été ruinée. La carrière de son futur époux aussi. Déjà que s’être fait voler un traité important dans son bureau est susceptible de vous envoyer à la case « renvoi ».

Notre détective est un cachotier et il ne divulguera son plan à personne, descendant de la charrette qui les ramène Watson, Phelps et lui, à la gare afin de prendre le train pour Londres.

On le verra rêveur sous les arbres, au soleil et on le découvrira même caché dans le foin, avec un cheval pour témoin.

Le spectateur ne saura pas encore tout de suite ce qu’il s’est passé et c’est un Holmes blessé à la main et le visage de six pieds de long qui s’en revient à Baker Street.

Phelps et Watson sont à table, devant un petit déjeuner plantureux mais Phelps n’a pas d’appétit.

tumblr_n4cfjxQYNF1r8dr0do2_r3_250

Holmes aimait la mise en scène et il n’a pas pu résister à faire une farce à Percy Phelps qui va en danser de joie !

Notre détective leur expliquera ensuite ce qu’il s’est passé la nuit du vol du traité, ainsi que l’endroit où il était caché. Mais ça, je ne vous le dirait pas !

Holmes, lui, était caché dans du foin, et en se relevant, il n’aura plus un seul brin sur lui. Là, j’aimerais bien savoir comment il a fait…

Il y a beaucoup de théatralisme dans la découverte de la personne coupable. Déjà, Holmes se déplace avec aisance, comme dansant devant les box.

On verra, au ralentit, deux ombres se battre après que Holmes soit arrivé par derrière, surprenant le coupable en posant sa main sur l’épaule de cette ombre mystérieuse.

Même lorsqu’il avait ouvert la fenêtre à guillotine, il y avait une intensité dramatique.

Mon avis final : j’aime cet épisode, qu’il soit écrit ou visuel car il y a du mystère derrière.

Qui à volé le Traité Naval ? Comment savait-il qu’il le trouverait sur le bureau de Phelps ? Où a-t-on caché ce putain de traité ? A qui profite le crime ?

L’honneur est aussi mis en avant : Percy Phelps est déshonoré car on lui avait confié le traité pour qu’il le recopie, et lui, il se l’est fait dérober parce qu’il n’a pas pensé à fermer son bureau le temps de descendre demander un café.

Un petit côté espionnage aussi, car le vol du traité pourrait avoir des conséquences graves si la France au la Russie l’achetait. Pensez-vous, un traité signé entre l’Angleterre et l’Italie (sur la navigation).

Holmes n’est pas impressionné par le Lord, on le sent détendu, se moquant bien de la place que l’autre a dans la hiérarchie.

Nous, téléspectateurs, si nous n’avons jamais lu l’histoire, nous nous ferons balader, comme Watson, ne comprenant pas comment le traité à disparu et qui l’a barboté.

Il faut toujours attendre les explications de Holmes à la fin pour se dire « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».

Si Conan Doyle ne développait pas plus que ça les différentes classes sociales, ici, on aura tout de même droit, dans cet épisode, à quelques réflexions sous-jacentes sur les inégalités qui règnent en ces temps là :

  • Percy Phelps est issu de la haute société, il a des liens avec des gens riches et aristocrates qui l’ont promu dans sa carrière au gouvernement. Il est sur le point de se marier et d’entrer dans une famille d’une couche inférieure de la société – des fondeurs de fer du nord de l’Angleterre – et Watson, issu de de classe moyenne, a été à l’école avec lui.
  • L’inspecteur Forbes avait fait une descente chez les Tongies, la femme de l’huissier. On a découvert une famille souillon, très pauvre, où la mère travaille dur pour tenter de nourrir ses enfants.

Anecdotes diverses :

David Gwillim (Percy Phelps) raconta : « J’ai passé tout le temps où je ne tournais pas à arpenter la région. Un weekend j’ai marché pendant 80 kilomètres  – inutile de vous demander pourquoi Percy était si pâle ! »

Alison Stilbeck (Annie Harrisson) se rappela avec émotion les scènes en robe victorienne, où elle étouffait littéralement pendant l’été 1983 particulièrement chaud. Si bien qu’elle pensait jouer pour la comédie radiophonique anglaise populaire « The Navy Lark ».

Le tournage extérieur s’est déroulé dans la belle campagne du Cheshire, la maison de Percy Phelps étant l’une des maisons du village de Pott-Shrigley, et dans les environs de Manchester.

On retrouve un dialogue basé avec fidélité sur le texte de la nouvelle, et une prise d’image directement inspirée des dessins de Sidney Paget.

Toujours perfectionniste, Jeremy prit les mêmes attitudes que son alter ego de crayon, dans le monologue de la rose. D’autres scènes sont copie conforme (rencontre avec Percy Phelps, repas final).

Jeremy et Michael Cox souhaitaient insérer le dialogue sur les Boarding Schools, ces internats réservés à l’élite et qui prônaient confort spartiate, brimades et discipline stricte.

Cela n’a pas été possible. Jeremy aura plus tard, l’opportunité d’en parler sur scène, dans la pièce de théâtre de Jeremy Paul : « The Secret of Sherlock Holmes ».

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11

5. Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle

Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue  – The Blue Carbuncle

SAISON 1 – ÉPISODE 7

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : Paul Finney
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 7ème épisode tourné
  • Série 1 : 7/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 5 juin 1984 – ITV Network (7ème épisode diffusé); Etats Unis : 25 avril 1985 – WGBH; France : 5 février 1989 – FR3 (7ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 50 sec
  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Frank Mills …  Peterson
Frank Middlemass …  Henry Baker
Ken Campbell …  James Ryder
Desmond McNamara …  John Horner
Amelda Brown …  Jennie Horner
Brian Miller …  Inspector Bradstreet
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Rosalind Knight …  Countess of Morcar

Le pitch ? La veille de Noël, Sherlock Holmes est réveillé par Peterson, un commissionnaire, qui lui confie une oie et un chapeau melon cabossé. Il les a ramassés sur le lieu d’une altercation entre ivrognes dans les rues de Londres.

Holmes lui offre l’oie et garde le chapeau melon. En l’examinant, il en déduit une multitude de détails qui stupéfient Watson.

Peu après, Peterson revient bouleversé. Son épouse vient de trouver une pierre bleue scintillante dans le jabot du volatile. Holmes réalise qu’il s’agit de l’Escarboucle bleue, pierre précieuse de valeur inestimable, qui vient d’être dérobée à la comtesse Morcar, à l’Hôtel Cosmopolitan.

La police a déjà un coupable désigné : le plombier John Homer, qui fut condamné par le passé. Mais il jure de s’être amendé et clame son innocence.

Sherlock Holmes retrouve le possesseur du chapeau melon, Mr. Henry Baker, totalement étranger à l’affaire, puis remonte la piste de l’oie et tombe ainsi sur le véritable voleur sur le marché de Covent Garden.

Rien à dire, ils savaient se fouler pour leur intro, à la Granada : au travers d’une pierre précieuse, on voit tous ses possesseurs dans le monde et dans quelles manières ils s’en sont appropriés. Tout n’est que meurtre et vol, bain de sang et violence.

Ensuite, on tombe sur deux membres du personnel qui se pelotent sur le canapé d’une chambre de l’hôtel Cosmopolitan, le tout devant le sapin de Noël. La comtesse de Morcar revient, faut arrêter les cochonneries !

Oh, catastrophe, l’escarboucle bleue de la comtesse a disparue et on arrête le pauvre John Horner, plombier mais ancien voleur reconvertit, qui avait bossé ce jour-là dans la chambre de la comtesse.

Pendant ce temps-là, Watson sort du 221b et un homme y entre, muni d’une oie blanche et morte…

Holmes tiré de son sommeil par sa logeuse, ronchonne, met la main sur une cigarette directement et cherche ensuite des allumettes. Qu’il ne trouve pas, la boite étant vide.

Bon sang, une cigarette à allumer et rien pour le faire !!

Jeremy, dans cet épisode contribua fortement au tournage de la scène de la première cigarette au saut du lit. Fumeur invétéré lui même, Jeremy connaissait les envies de nicotine irrépressibles du petit matin.

Il savait que Holmes, également dépendant du tabac, devait les ressentir lui aussi et il les intégra dans son interprétation.

Holmes était un grand fumeur, mais pour sa première pipe du matin (oups, trivial comme phrase), c’était un peu dégueulasse car elle était composée avec les vieux restes de tabac froid récupérés dans les pipes fumées la veille.

Pipes rangées dans son râtelier près de la cheminée. Heureusement Jeremy n’essaya jamais de montrer ça !!

Ensuite, la scène devient encore plus cocasse avec le détective qui se précipite dans le salon pour trouver une allumette, sa chemise de nuit entrouverte lui battant les jambes, robe de chambre grise passée sur le tout, cherchant fébrilement des allumettes pour allumer sa fichue cigarette.

Le grand détective mourant d’envie de tirer sur sa première cigarette de la journée n’est pas ici à son avantage.

Il sursautera lorsque le commissionnaire Peterson lui adressera la parole, déposant son oie et le chapeau melon sur la table.

Aaah, voir Holmes au saut du lit (mais on ne nous parle pas des petites raideurs du matin), en chemise de nuit (on glisserait bien la main dessous), le voir allongé dans le sofa pendant qu’il écoute Peterson lui expliquer comment il est entré en possession de l’oie et du chapeau melon… C’est tout simplement magnifique !

C’est aussi pour cela que j’ai sélectionné cet épisode – que je visionne toujours avec plaisir – car on pénètre dans la vie quotidienne de nos héros avec force de détails.

Cette volonté de recréer l’intimité en dehors de l’enquête, donne plus de crédibilité aux histoires et rend les personnages plus attachants.

En plus, c’est la période de Noël ! Voir Watson chargé de cadeaux, c’est magique, on rêverait d’un papa Noël tel que lui…

Et puis, aussi bien la nouvelle canonique que l’épisode de la série nous offre l’une des plus belles leçons de déduction de Holmes : le chapeau melon abandonné avec l’oie, lors de la rixe, aux pieds de Peterson.

Lorsque Watson rentre, il lit à voix haute l’article qui relate le vol de l’escarboucle bleue à la Morcar.

Holmes reste silencieux, observant le chapeau avec attention, ce qui rendra le docteur un peu moqueur sur cette étude.

Il n’aurait pas dû…

Humour avec la tête de Holmes qui lui demandera ce qu’il déduit du chapeau : Watson déduit peut de choses ! Juste le nom du proprio, mais là, c’était facile.

A partir de ce vieux melon cabossé, Holmes fait une description détaillée de son propriétaire, son aspect physique, son caractère, ses manies, son mode de vie (dont le fait qu’il n’ait probablement pas le gaz chez lui).

Watson s’esclaffe, moqueur. Notre détective devra lui expliquer le cheminement de son raisonnement infaillible (on passera sur le fait qu’une grosse tête soit le fait d’un homme intelligent, mais à cette époque, on le pensait vraiment).

Moment plus agité avec Peterson qui fait irruption, tremblant et confus : dans le jabot de son oie, il y avait… l’escarboucle bleue !

Voilà un épisode qui allie une enquête au poil, l’humour, les déductions, le jeu des acteurs et leur complicité.

« Watson, marry me, please »

Holmes est un rusé, il arrivera à retrouver le propriétaire du chapeau et de l’oie, tous les détails de ses déductions corroborés par monsieur Henry Baker. Qui est étranger au vol de la pierre.

Néanmoins le docteur ne s’avoue pas si facilement vaincu. Doutant des déductions de son ami et ayant envie de démontrer que Holmes ne peut pas toujours avoir raison, Watson interrogera le proprio du chapeau au sujet du gaz qu’il n’aurait pas fait installer chez lui.

Si Watson voulait piéger son ami et prouver son erreur, il en sera pour ses frais puisque, une fois de plus, Holmes avait raison…

Cette petite compétition intellectuelle est très amusante. Les dialogues sont toujours incisifs et percutants. Watson apparait comme un homme intelligent, fier et résolu, qui finalement éprouve une réelle admiration pour son ami.

Holmes nous prouve aussi qu’il est capable de remonter une piste, de retomber sur ses pieds et de tirer les vers hors du nez des gens qui ne veulent pas parler en rusant un peu.

La manière dont il fait parler le marchand de volailles est tout simplement excellente ! Utiliser le fait que le marchand est un jouer de pari invétéré…

Bref, le détective est au meilleur de sa forme et Brett aussi.

L’atmosphère de Noël contraste avec le côté sordide de l’affaire mais cela donne un petit plus. Je dois même vous avouer que c’est l’épisode préféré de mon homme.

Moi, j’adore voir Holmes ranger la pierre précieuse dans son tiroir, juste au côté du portrait de Irène Adler et prendre un peu le temps avant de refermer le tiroir.

Une fois de plus, Holmes se substituera à la loi, ne dénonçant pas le véritable voleur. Noël est propice au pardon.

Au moment de passer à table à minuit, Watson lui rappelle que Horner, le plombier, est toujours en prison. Abandonnant son verre de vin et la belle table, Holmes se lèvera pour aller prévenir l’inspecteur Bradstreet.

John Horner retrouvera sa femme et ses deux enfants et la vioque retrouvera sa pierre précieuse…

4. Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League

 

Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League

SAISON 1 – ÉPISODE 12

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : John Hawkesworth
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 12ème épisode tourné
  • Série 2 : 5/6
  •  1ère diffusion : Angleterre : 22 septembre 1985- ITV Network (12ème épisode diffusé); Etats Unis : 6 mars 1986 – WGBH; France : 12 mars 1989 – FR3 (12ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 40 sec

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Roger Hammond …  Jabez Wilson
John Labanowski …  Athelney Jones
Tim McInnerny …  Vincent Spaulding/John Clay
Eric Porter …  Moriarty
Reginald Stewart …  Doorman
Malcolm Weaver …  Archie
Richard Wilson …  Duncan Ross

Le pitch ? Une annonce de la Ligue des Rouquins parue dans la presse, retient l’intérêt de Jabez Wilson, qui a une boutique de prêts sur gages dans la City.

Son commis lui a signalé que cette Fondation cherchait à embaucher un homme roux, pour un très haut salaire de 4 livres par semaine.

Malgré la file des postulants, Wilson est tout de suite retenu pour sa perfection capillaire.

Son travail purement nominal consiste à recopier l’intégralité de l’Encyclopedia Britannica à raison de quatre heures par jour, tous les jours sans exception et sans quitter son poste de la journée. Mais deux mois plus tard, Jabez Wilson trouve porte close en allant à son bureau. Son employeur s’est volatilisé et la mystérieuse Ligue semble n’avoir jamais existé.

Il vient se plaindre à Sherlock Holmes d’avoir perdu son emploi, mais le détective soupçonne une affaire beaucoup plus complexe.

PS : cette vidéo est introuvable sur You Tube pour des raison de droits d’auteurs, bref, je ne sais pas vous la mettre en lien vidéo et je l’ai regardée sur un de mes DVD.

Intro : La banque située à la « Saxe Coburg Street » semble attirer l’attention d’un mystérieux homme. Le fourgon marqué d’un « V.R » pour Victoria Regina décharge des colis bien lourds, tandis qu’un des chevaux de l’attelage gratte le sol.

Le mystère est entretenu par un des hommes de l’attelage qui laisse tomber de manière délibérée un papier important sur le sol. Nous ne verrons que les main manucurées de celui qui ouvrira l’enveloppe parlant d’un dépôt de la Banque de France de 60.000.

Sherlock Holmes est en compagnie d’un client d’un roux flamboyant. L’acteur, Roger Hammond, est affublé d’une défroque presque clownesque et nous interprète un Jabez Wilson naïf et roublard, geignard et rapace, obséquieux et irascible, un désopilant personnage de farce.

Oui, « La ligue des rouquins » est un épisode marrant !

Alors que nous découvrons Holmes et son roux de client, Watson entre dans la pièce, s’excusant en découvrant Holmes occupé et il fait demi-tour.

C’est pour ce genre de chose que j’adore Jeremy Brett dans le rôle : Holmes court et saute par-dessus le canapé pour rattraper son ami et hagiographe.

— Oh, sorry Holmes.
No, no, you couldn’t have come at a better time.
I was afraid you were engaged.
I am, very much so. Dr. Watson shares my love of all that is bizarre, but outside the routine of everyday existence.

C’est une anthologie, cette scène du saut au-dessus du canapé ! (sur la vidéo regroupant des moments marrants de la série : c’est à la 1:00).

Si notre détective stupéfie son client avec ses déductions sur son dur labeur, ses travaux d’écriture, son voyage en Chine… une fois qu’il lui a expliqué le chemin de ses déductions, il se faite entendre dire « Je pensais que c’était malin, mais en fait, je vois maintenant que ce n’est rien du tout ».

Une fois la moue de Holmes passée, Jabez Wilson raconte sa mésaventure.

Son commis lui ayant parlé d’une ligue des « rouquins » qui cherchait leur roux, il s’est rendu sur place et a failli se décourager devant l’importance de la file.

Malgré tout, c’est lui qui fut choisi !

Moment très drôle : l’entrevue où Duncan Ross, le « Président de la Ligue des Rouquins », se pâme d’admiration devant la parfaite chevelure rousse de Wilson, si irrésistible que, contrevenant au règlement de la Ligue, il engage le prêteur bien qu’il soit sans enfants.

Duncan Ross est joué par Richard Wilson, qui joue Gaius dans la série « Merlin ».

Sa mission ? Recopier l’intégralité de l’Encyclopedia Britannica à raison de quatre heures par jour, tous les jours, sans exception et sans quitter son poste de la journée. Il est payé, bien entendu…

Alors qu’il énumère les mots qu’il avait déjà fait, ceux en « A », on voit Watson se retenir de rire et Holmes aussi. Ils reprennent leur sérieux afin d’écouter la fin.

Leurs figues plus en détail…

Mais deux mois plus tard, Jabez Wilson a trouvé porte close en allant à son bureau. Son employeur s’est volatilisé et la mystérieuse Ligue semble n’avoir jamais existé.

À la fin de son récit, Watson n’en peut plus, il se marre !

Holmes le sermonne bien d’un « Watson », mais lui même est prêt d’exploser, ce qu’il fait, riant un peu avant de retrouver son sérieux devant un Wilson qui ne trouve pas ça drôle du tout !

Notre brillant détective sait qu’une chose plus grave se cache sous ce qui à l’air d’être une farce coûteuse.

La description de son assistant de Wilson, celui qui bosse pour moitié prix alors qu’il a du talent, le fait tiquer de manière imperceptible.

C’est pour cela que j’aime cette aventure, c’est parce qu’elle comporte une part de mystère : pourquoi demander à un roux de recopier une encyclo et le payer ??

Pour réfléchir, Holmes va fumer… « It is quite a three pipe problem, and I beg that you won’t speak to me for fifty minutes ».

He curled himself up in his chair, with his thin knees drawn up to his hawklike nose, and there he sat with his eyes closed and his black clay pipe thrusting out like the bill of some strange bird.

Anecdote : Sherlock Holmes fumait comme un sapeur : cigarettes, cigares et pipes.

Jeremy Brett, fumeur invétéré lui-même, détestait la pipe. Son frère Patrick, expert en la matière, lui donna des leçons et lui fournit du tabac doux. Mais cela ne devint jamais un plaisir pour lui…

C’est un Holmes bondissant et ayant compris qui réveille un Watson endormi sur le fauteuil avec un livre…

Direction le magasin de Jabez Wilson afin de reconnaître les lieux : Mortimer, le buraliste, le marchand de journaux, le restaurant végétarien (hein Elyon que ça te fait pouffer de rire, ce resto !), la banque Suburbian et le dépôt de voitures McFarlane.

Quelques petits coups de canne devant le magasin de Jabez Wilson et Holmes demanda une rue quelconque à Vincent Spaulding, le commis de Wilson…

Une fois que Holmes avait vu la disposition de lieux et exécuté ce qu’il avait fait, laissant Watson et le téléspectateur (le lecteur aussi) ébahi et médusé, il avait tout compris de l’affaire et savait pourquoi on avait créé la ligue des rouquins et choisi Jabez comme digne représentant à recopier l’encyclopédie Britannique.

Non seulement Holmes est un détective brillant, il connait son Londres par cœur, mais il ne dédaigne pas d’amuser non plus.

Puisqu’il ne sait rien faire de plus maintenant, il propose à Watson d’aller écouter Sarasate qui joue au Saint-James Hall !

Notre détective aimait la musique et le violon et l’acteur a laissé transparaître les moments de purs bonheur qu’il passait à écouter le violoniste.

J’adore cette scène parce que Watson y va de sa voix off en nous parlant de ce grand homme. Holmes, hein, pas le violoniste !!

S’il y aura des moments plus calme avec la planque, ensuite, tout passe à la vitesse supérieure et on termine sur une belle notre finale : Holmes a réussi son enquête.

Rien à redire, Conan Doyle avait inventé une nouvelle bien foutue en partant d’un truc tout bête…

Petite entorse au canon dans cet épisode parce que l’on voit « le professeur » dont on devine qu’il est Moriarty.

Oui, nous aurons la confirmation que c’est le Napoléon du Crime qui était derrière tout cela. On conseillera même à Holmes de ne plus prononcer son nom s’il tient à la vie.

Moriarty est trèèès fâché, mais il le cache à son « homme de main ».

La scène finale est une de mes préférées : après avoir expliqué tout le cheminement de ses déductions à Watson qui achète un livre, se moquant un peu du fait qu’il n’ait pas compris…

Holmes lui avoue ensuite que sa vie n’est qu’une fuite en avant, ce à quoi rétorquera Watson en lui disant qu’il est un bienfaiteur de l’humanité.

Holmes lui dit alors « L’homme n’est rien, l’œuvre c’est tout, comme le disait Gustave Flaubert à George Sand ».

L’accent de Jeremy, dans la V.O est horrible et on a du mal à comprendre si on ne connait pas la phrase avant.

Pourtant, Holmes parlait très bien le français !!

Et on termine avec la sale gueule à Moriarty qui le regarde de loin…

Petite note : Si les producteurs ont inclus Moriarty et fait une grosse entorse au récit canonique, c’est pour préparer le téléspectateur à l’épisode suivant : « Le dernier problème ».

En effet, dans le canon, Doyle avait sorti son Grand Méchant de son chapeau magique, afin d’en finir avec son détective qui lui prenait tout son temps, lui qui ne voulait écrire que des romans historiques.

Mais ici, le réalisateur ne voulait pas prendre le téléspectateur néophyte au dépourvu et il a donc fait inclure Moriarty.

Je n’ai pas regardé l’épisode suivant parce que je déteste « Le dernier problème » qui ne sonne pas vraiment le glas de Holmes, mais celui de David Burke dans le rôle de Watson.

En effet, l’acteur était papa depuis peu et voulait consacrer son temps à sa jeune épouse et à l’enfant. Avant son départ, il suggéra le nom de son remplaçant.

Ce sera Edward Hardwicke, déjà connu au théâtre, qui le remplacera dans « La maison vide », épisode avec le grand retour de Holmes.

Edward Hardwicke reçut l’aval de Granada. Il fut immédiatement adopté par l’équipe. Il s’avéra être le choix idéal pour le deuxième Watson, un partenaire complémentaire et un ami sûr pour Jeremy.

David Burke / Edward Hardwicke

Dès le départ, tous deux se retrouvèrent au diapason sur leur vision du docteur et l’importance de l’amitié.

J’aime bien Edward, il joue un Watson plus mûr pour la saison 2, mais j’ai toujours eu un gros faible pour David Burke et ses petits sourires.

Là aussi le nouveau duo fonctionne à merveille.

Watson reste intelligent, actif et sensible. Edward Hardwicke lui donne un aspect plus mûr et serein, une sorte de sagesse et de bonté profondes.

Tout comme pour le premier épisode de la saison 1 qui avait été tourné en troisième lieu afin que les acteurs et le reste de la troupe trouvent ses marques et soient au top pour l’épisode d’ouverture de saison, ils firent de même pour la saison 2.

Le premier épisode tourné fut « Le Manoir de l’Abbaye », deuxième épisode, afin que le nouveau Watson/Hardwicke trouve ses marque avec Holmes/Brett et qu’ils puissent tourner « La maison vide », l’épisode le plus important de manière professionnelle.