[SÉRIES] Downton Abbey – Saison 2 – La série qui te Down des émotions…

Cette saison s’étend sur une période allant de novembre 1916 à l’été 1919.

L’épisode de Noël, qui sert de conclusion à la saison 2, se situe entre Noël 1919 et les premiers jours de janvier 1920.

Bien que débutant dans l’ambiance festive de Noël, et se terminant sur une note romanesque et optimiste, il n’a pas grand-chose de l’enchantement que l’on attend en général de cet exercice de style, spécialité de la télévision britannique.

Loin d’être une parenthèse un peu magique dans l’univers de la série, il scelle le destin de certains protagonistes, en particulier celui de Bates.

Ce que j’en ai pensé :
Nom de dieu, quelle boucherie !! Quelle horreur ! Comment est-ce possible ??

Mais non, je ne parle pas de la série, bande de moules, mais de la Grande Guerre !

Non, je ne l’ai pas faite, mais on a droit à quelques morceaux (oups) dans la saison 2 puisque nous avions quitté nos personnages à l’aube de la déclaration de guerre et nous les retrouvons en novembre 1916, en plein boucherie des tranchées…

Vous savez que les reconstitutions de toilettes (les vêtements, je précise une fois de plus pour ceux qui ne suivent pas), décors, et toussa toussa, sont au top, mais pour ce qui est de te faire ressentir les émotions de la guerre, la peur et l’incertitude de ton avenir, ils sont doués aussi, les salauds !

My god, quelle saison 2 qui m’a fait passer par toutes les émotions possibles et imaginables entre mon cher Bates qui croule sous les emmerdes alors qu’il allait enfin d’ouvrir au bonheur et Matthew, mon bel officier blond, qui a des grave soucis avec « fauvette » qui ne se lèvera plus, suite à une blessure de guerre…

Le Thomas qui revient et qui est toujours aussi à égorger; Lord Grantham qui trépigne et qui est fâché de ne pas avoir été appelé sous les drapeaux (moi, à sa place, j’aurais pas voulu aller sur le chemin de Dames ou dans les tranchées sur la Somme); les bonnes gens qui regardent les jeunes hommes de travers parce qu’ils ne sont pas au front (mais quelle personne saine d’esprit aurait envie d’envoyer son fils sur le front ???).

Lady Mary qui ne sait pas à quel homme vouer son amour, qui en refuse un et puis se languit de lui quand il en trouve une autre; Downton Abbey qui se retrouve transformée en maison de convalescence pour les officiers (oui, les bêtes soldats n’ont pas droit au luxe, eux !)…

Lady Sybil, cherche à devenir infirmière et flirte avec le chauffeur et Lady Édith essaie de trouver sa place et un mec, ce qui n’est pas évident, la pauvre, à chaque fois qu’elle jette son dévolu sur l’un ou l’autre, ça ne va pas plus loin..

Bref, je vous assure qu’on ne s’emmerde pas, que l’atmosphère beaux dîners de la saison 1 a changé suite aux restrictions alimentaires, bien que chez les Grantham, on n’en soit pas encore à crever de faim… Loin de là !

Des péripéties, mais aussi des émotions avec un personnage qui nous quitte, des changements dans les personnalités des gens, certains, plus en retrait, tentent de s’affirmer…

Anybref, en un mot comme en cent, c’est toujours une super belle putain de série que je prends plaisir à regarder, à découvrir (après tout le monde, je sais), avec des personnages travaillés, profonds, qui évoluent et ne restent jamais figés, des décors somptueux et des fringues à se damner, si elles étaient pratiques dans la vie courante (mais on se doute qu’elles ne le sont pas).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

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Le chemin des âmes : Joseph Boyden

 

Titre : Le chemin des âmes

Auteur : Joseph Boyden
Édition:  Albin Michel / Le Livre de Poche (2008)

Résumé :
1919. Nord de l’Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d’Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre.

A sa grande surprise, l’homme qui descend du train est son neveu Xavier qu’elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable.

Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l’engagement dans l’armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l’enfer des champs de bataille en France…

Critique :
La Grande Guerre racontée par un survivant où par les mémoires d’un qui l’a fait, c’est assez courant dans la littérature.

D’accord, mais par un indien Cree, ça l’est moins, non ? Ah, je sens que je viens d’éveiller une étincelle de curiosité dans vos yeux blasés.

Ce roman – dont les qualificatifs me manquent pour vous dire à quel point je l’ai aimé – fut un véritable page turner dans mon cas.

Attention, pas une frénésie qui vous fait tourner les pages dans le but de savoir la fin. Non ! Les pages se tournent lentement afin de se laisser déguster et que l’on puisse s’imprégner de l’atmosphère assez dense de ce roman.

En fait, à un moment donné, vu le temps que j’avais passé à lire d’une traite, je me croyais bien plus loin dans la lecture. Et non, c’était tellement concentré que j’en avais lu moins que je ne le pensais.

Oh, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas écrit : le livre n’est pas touffu et indigeste ! Mais il est tellement prenant qu’on oublie tout.

D’un côté, nous avons Xavier Bird (Neveu ou X), un jeune Amérindien qui rentre au Canada après avoir passé quatre années dans l’enfer des tranchées de celle que nous avons nommé « La Grande Guerre » .

La tête basse, l’âme en peine, écorchée, le coeur broyé, une jambe en moins, ce jeune homme rentre seul : son ami d’enfance, Elijah, avec lequel il s’était engagé comme tireur d’élite est mort.

Pourtant, une surprise de taille l’attend à la gare de Toronto : Niska, sa tante, vieille indienne Cree, se trouve sur le quai de la gare, afin de le ramener en canoë.

Xavier la croyait morte, quand à elle, elle attendait Elijah car on lui avait dit que son neveu était mort.

Entre nous, vu son état, il est quasi mort au sens « imagé » du terme car Xavier erre entre le monde des vivants et celui des morts, ayant goûté la médecine de l’homme blanc nommée « morphine » et qui fit des ravages parmi les soldats, dont Xavier et avant, Elijah.

C’est cette putain de guerre qui a détruit son amitié avec Elijah et broyé leurs destinées. On sent bien que la morphine est plus un substitut à sa douleur « mentale » qu’à sa douleur « physique ». Cela l’empêche de penser à ce qu’il s’est passé là-bas.

Ce roman nous raconte donc (entre autre) la remontée du fleuve de Niska et son neveu, jusqu’au Nord de l’Ontario.

Le voyage durera trois jours, trois jours au cours desquels sa tante cherchera à maintenir Xavier en vie afin de le sauver. Ces trois jours seront son voyage sur « Le chemin des âmes ».

Ce que j’ai aimé dans cette lecture addictive, c’est le croisement de deux récits : celui de Xavier, quand il repense à la guerre, à son ami, à leur rencontre à l’orphelinat, à leur jeunesse insouciante… et le récit de Niska qui nous conte une partie de sa vie et des problèmes que rencontreront son peuple avec l’Homme Blanc !

Pour ce qui est de la partie « dans les tranchées », j’ai courbé l’échine afin de ne pas me faire descendre, les balles sifflaient à mes oreilles, la boue collait à mes basques, les poux me dévoraient et les rats qui grouillaient autour de moi me dégoutaient (pourtant, je n’ai rien contre les rats).

Récit flamboyant de la bêtise humaine (certains étaient heureux d’aller botter le cul des Fritz), des officiers qui donnent des ordres à la con puisqu’ils ne sont pas en première ligne, du fait que l’on apprend à des hommes à tuer, à s’entretuer et que l’on récompense ceux qui le font bien. Terrible.

La descente aux Enfers de nos deux amis est tout aussi terrible et j’ai souffert en voyant Elijah s’enfoncer dans sa douce folie, laissant son ami désemparé, lui qui n’avait pas son éloquence, lui qui le voyait s’éloigner de lui au sens propre comme au figuré.

Elijah aime la guerre, il aime tuer, Xavier pas…

Pour ce qui est du récit de sa tante Niska… Ah, là, nous ne pouvons que saluer l’arrivée de l’Homme Blanc et de ses bienfaits rangés dans sa musette.

Arrivant afin de « civiliser » tous ces païens, l’Homme Blanc les instruit, envoyant de force les enfants dans des écoles tenues pas des bonnes soeurs qui leurs inculqueront à grands coups de verge ou de cravache ce qu’est un Dieu, un vrai, et pas un Manitou de pacotille. Seul notre Dieu est le Vrai !

Pour le même prix, l’Homme Blanc vous offre même le Fils de Dieu et le Saint-Esprit, ainsi qu’un calendrier avec 365 saints ! Non, pas les seins auxquels vous pensez, messieurs les sauvages.

Vos enfants seront renommés et se verront offrir une vie merveilleuse au sein de l’internat, leur faisant oublier tous vos rituels de malade, faisant d’eux de futurs consommateurs capitalistes et de grands consommateurs d’alcool.

En plus, ayant fait de votre « chez vous » son « chez lui », l’Homme Blanc vous dictera votre conduite afin de mieux vous aider.

Ah, les bienfaits de la civilisation apportée par l’Homme Blanc !

Pour ceux qui ne disposeraient pas du second degré, je précise que c’était de l’ironie, mon discours sur « les bienfaits de la civilisation apportée par l’Homme Blanc » !

Ce genre d’horreur, commises par les colons sur les enfants indiens envoyés dans des orphelinats avec conversion à notre merveilleuse religion, j’en avais entendu parler dans une émission télévisée (Thalassa ? Envoyé Spécial ? Je ne sais plus) et j’avais été horrifiée par le traitement de barbare réservé à ses enfants, arraché de leur culture.

C’est ainsi que l’on détruit un peuple, en détruisant sa culture…

Tenez, voici un extrait de Niska sur la roublardise de l’Homme Blanc :

« A l’époque où je suis née, les wemistikoshiw (les blancs) dépendaient encore de nous. Ils venaient à nous comme de petits enfants au potlatch.

Quand l’hiver se faisait trop rude, nous leur donnions des fourrures à porter, de la viande séchée d’orignal pour leurs ventres vides. Au printemps, quand les mouches noires menaçaient de les rendre fous, nous leur apprenions à jeter dans leur feu le bois vert de l’épinette.

Nous leur montrions où se cachaient les poissons dans la rivière, quand l’été devenait chaud ; comment piéger les nombreux castors sans mettre en fuite toute la colonie.

Les Crees sont un peuple généreux. Comme les tiques des bois, les wemistikoshiw se collaient à nous, engraissant de saison en saison, jusqu’au jour où ce fut à nous de nous justifier devant eux. »

Et voilà ! Avec des mots simples mais forts, Niska nous livre une critique amère de ce que furent les colonisateurs de son peuple : des tiques !

Son récit s’entremêle à celui de Xavier et on plonge tout entier dans ce roman, frémissant et frissonnant pour nos deux copains : Xavier et Elijah, livrés à cette grande boucherie humaine.

Que furent leurs vies et leur enfance, comment en-est-on arrivé là… Petit à petit l’histoire se dévoile.

Sans tomber dans le pathos, on a les larmes aux yeux sur la fin et c’est avec regret que j’ai refermé ce livre.

C’est pour tout cela que ce livre m’a séduite directement et que je le conseille.