Durango – Tome 11 – Colorado : Yves Swolfs

Titre : Durango – Tome 11 – Colorado

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Alpen Publishers (1992) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2007)

Résumé :
Un mystérieux personnage a fixé rendez-vous à Durango dans une ville minière du Colorado, Nortonville, pour une mission non moins mystérieuse. Fraîchement descendu du train, le tueur professionnel s’aperçoit que la ville en question est gérée par un shérif aux méthodes peu orthodoxes et par des adjoints à la gâchette facile.

Qui peut bien avoir besoin des services de Durango dans ces lieux où la population semble terrorisée ?

Critique :
Diantre, que diable, que vois-je ? Durango voyageant dans un train et non pas juché sur une monture tel un cow-boy solitaire loin de chez lui ?

Serait-ce une copie de notre Durango ? Non, pas possible… Le regard noir jeté à un importun un peu trop curieux fini de me rassurer : ceci est bien notre Durango !

De plus, si on veut se rassurer un peu plus, notre ami ne débarque pas dans une ville pour rejoindre le monde civilisé puisque celle ville est gérée par la poigne de fer de Norton, directeur de la mine qui tient ses travailleurs dans une misère noire digne de Germinal, épaulé par Maxwell, un shérif véreux, lui-même entouré d’hommes de mains qui n’ont rien d’enfants de cœur.

Nortonville, Colorado… T’as pas envie d’y passer tes vacances et encore moins de bosser pour Norton. Toute la ville lui appartient, il fixe le prix des loyers, des denrées alimentaires et ce que les mineurs gagnent ne suffit même pas à les nourrir correctement, eux et leurs familles.

Si Jack London était passé par-là, il les aurait nommé aussi « le peuple des abysses » tant leur misère est elle aussi organisée par la pouvoir en place. Un omnipotent qui gère la ville, ça ne donne jamais rien de bon, et un omnipotent qui confie la gestion à un shérif magouilleur et tueur aidé d’une milice privée, ça donne un truc encore plus pire !

Une fois de plus l’Amérique décrite dans cet album n’a rien de réjouissante, en même temps, quand on ouvre un Durango, il faut savoir qu’on va se trouver à cent mille lieues des Bisounours, mais en pleine ligne de mire des révolvers qui vont parler, et tout le monde sait que le luger de notre gaucher sexy fait plus de bruit que les autres.

Un album qui se déroule sur fond de misère sociale, de révolte des mineurs matée dans le sang et la poudre, avec une fille qui veut lutter contre son père tout puissant, et des hommes qui aimeraient que leurs gosses mangent à leur fin.

Quant à notre blondin de Durango, il aura fort à faire pour s’en sortir vivant, même si la dernière case pourrait nous donner l’impression qu’il va terminer sa carrière de tueur au tome 11.

L’aventure s’étalant sur deux albums, lors de ma première lecture, j’avais dû attendre un certain temps avant d’avoir droit à la suite, maintenant, les doigts de pieds en éventail et un café chaud en main, je peux enquiller les deux sans stress, avec plaisir et délectation, comme toujours avec mon cher Durango !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

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Né sous les coups : Martyn Waites

Titre : Né sous les coups                                            big_5

Auteur : Martyn Waites
Édition : Payot et Rivages (2013)

Résumé :
1984 : Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs sont en grève. « Deux tribus partent en guerre », pour reprendre un tube célèbre.

À Coldwell, cité minière du Nord, les mineurs ont lutté quasiment jusqu’à la mort, mais ça n’a pas suffi : manipulant l’opinion, recourant à la violence policière, les Tories avaient, à l’époque, méthodiquement cassé les reins du mouvement ouvrier.

Pour les vaincus, le prix de la défaite sera exorbitant : vingt ans plus tard, Coldwell est une ville sinistrée, gangrenée par tous les fléaux sociaux.

Histoire d’un affrontement impitoyable aux conséquences dévastatrices, histoire de criminels qui prospèrent sur la misère, histoires d’amour contrariées, tragiques, mais aussi poignantes, Né sous les coups est la fresque de tout un monde mis à terre qui lutte pour survivre sur deux générations, baignant dans la musique anglaise des années 70 et 80.

Critique : 
Tout comme le chantait Renaud, moi aussi je me changerais bien en chien, et comme réverbère quotidien, je m’offrirais Madame Thatcher. Et je ne serai pas la seule à aller me soulager sur sa tombe, je le sais.

Pourquoi est-ce que je parle de Miss Maggie dans ma chronique ? Parce qu’il est question de son gouvernement dans ce roman noir social.

Ce fut une lecture  dure, âpre, une lecture qui me marquera profondément, un roman dont j’ai dévoré les 200 dernières pages sans pause, restant épuisée à la fin de ma lecture à cause de ma course effrénée dans les rues de la ville, les flics à mes trousses, leurs matraques me chatouillant les côtes et fracassant le sommet de mon crâne, j’ai sauté par-dessus les haies, les chiens policiers à mes trousses, les policiers montés m’ont coursé dans les rues, je me suis faite plaquer contre le mur par les destriers rendu fous par leurs cavaliers, les chevaux redevenant des machines de guerre pour la cause.

Le rapport de force se trouva inversé. Les mineurs étaient quelques centaines, les policiers cinq mille.
Ils attendirent le départ des caméras de télévision, puis ils chargèrent.
La police montée. Les chiens policiers. Ils attaquèrent tout le monde, sans distinction. Quiconque avait un lien avec la grève, homme ou femme, jeune ou vieux, était une cible légitime. Les matraques antiémeutes furent réutilisées pour la première fois depuis dix ans. La dernière fois qu’elles l’avaient été, elles avaient causé la mort d’un manifestant antinazi.
Les gens se firent bastonner, piétiner, mordre.

Il ne faisait pas bon être mineur gréviste en 1984…

« 1984 » n’est pas qu’un roman célèbre d’Orwell… C’est en 1984 que l’Angleterre est entrée dans les temps modernes tels que nous les connaissons. C’est en mai 1984 que la bombe à retardement à été enclenchée et que le compte à rebours fut lancé dans un sinistre « tic-tac ».

Une seul nom : Margaret Thatcher, dite « la dame de fer ». Elle a été réélue pour un second mandat, les gens n’ayant aucune autre alternative crédible. La dame de fer s’est attaqué aux mineurs et les mines ont fermés, entrainant des combats, des tabassages en règle de mineurs et la mort des villes qui vivaient du charbon, pourtant rentable. Les grévistes n’ont pas eu le soutien de la population…

Le succès de ces opérations modifia les mentalités des membres du gouvernement. Il autorisa à penser l’impensable. S’ils pouvaient faire ça impunément, alors ils pouvaient se permettre tout et n’importe quoi.
Les gens ne diraient rien si les mineurs se faisaient démolir. Ils auraient trop peur de perdre leur propre boulot.
On pouvait faire tout et n’importe quoi sans avoir rien à craindre.

Ce roman jongle avec deux périodes, celle de 1984, nommée « avant » et 2001, nommée « maintenant », nous faisant changer d’époque mais avec les mêmes personnages, sans savoir ce qui s’est passé pour eux pendant ces 17 ans (on le saura à la fin).

1984, dans la ville minière de Coldwell, près de Newcastle… Nous sommes  en compagnie de  Tony, un jeune footballeur professionnel qui a du potentiel; de Louise qui cherche l’amour; de Tommy, une jeune brute, bras droit et gauche d’un caïd de la pègre locale; Mick un mineur syndicaliste qui aime la dive bouteille et Stephen Larkin, un journaliste idéaliste.

Tout ce petit monde évolue alors que les mineurs se lancent dans leur ultime combat, certains étant plus impliqués que d’autre.

2001… de la ville de Coldwell en état de siège en 1984 à celle décrépite et moribonde, tout a changé et ♪ « non, non, rien n’a changé » ♫.

Si la révolte semble être morte sous les coups de matraque donné en 1984, la résignation qui a engourdi les mineurs continue de faire son œuvre en 2001. La ville est morte et seule la pègre fait son beurre en vendant de l’herbe.

Ce roman nous montre la manipulation des masses par les médias qui, avec un reportage, peut faire passer le clan A pour des brutes et le clan B pour des victimes. Ici, ce furent les mineurs qui se firent passer pour des brutes sanguinaires et les poulets pour des pôvres petits. Démagogie, quand tu nous tiens.

Le gouvernement Thatcher voulait détruire la classe ouvrière et seuls les mineurs se sont révoltés… Le reste du monde ne comprenait rien et s’en fichait. Ce n’était pas son combat et de toute façon, les médias étaient instrumentalisées, les gens manipulés et les mineurs esseulés.

Les personnages de ce roman sont multiples, certains plus attachants que d’autres. Multiples, mais travaillés ! Ils ont leurs contradictions, ils ont des idéaux, des espoirs de vie meilleure, des envies, du courage mélangé à une part de lâcheté. Et les pire ne sont pas toujours les caïds… N’est-ce pas, Keith ?

Martyn Waites nous balance sans ménagements au milieu de cette population fracassée, moribonde, en état de mort clinique quasi. Il nous jette parmi cette population dépossédée de son travail, privée de son droit à faire bouillir la marmite, amputé de leur fierté et de la solidarité entre camarades mineurs.

Ils n’ont plus rien et ne peuvent léguer à leurs enfants que le malheur, le renoncement à tout et la haine de soi.

Pour eux et pour la génération suivante commence une longue et pénible descente aux Enfers, une descente bien plus dégradante que celle qui les transformait en rats qui grattaient la terre pour en extraire les pépites noires.

L’échec ne naît pas de la révolte mais de la résignation…

Un roman aussi noir que l’anthracite mais au bout du tunnel, il y a souvent de la lumière…

Photo d’illustration : Ce face-à-face à la mine d’Orgreave, près de Sheffield, a été l’un des tournants de la grève des mineurs de 1984-1985. La police a empêché les manifestants de fermer l’usine et ce fut le début d’une longue et douloureuse débâcle, jusqu’à la défaite finale.

Il y a eu d’autres batailles sanglantes après celle-ci, mais le fait que les mineurs n’aient pu obtenir le soutien d’autres ouvriers lors de la bataille d’Orgreave les a dégoûté et isolé. Bien que les grévistes aient recueilli des dons d’argent importants, la tactique du gouvernement Thatcher — anticiper en stockant du charbon et envoyer des troupes de briseurs de grève remplacer les manifestants — s’est révélée efficace et a marqué la fin de l’époque des puissants syndicats.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), le Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

Anthracite : Valerio Evangelisti

Titre : Anthracite                                                  big_3-5

Auteur : Valerio Evangelisti
Édition : Payot et Rivages (2008)

Résumé :
1875. Dix ans ont passé depuis la fin de la guerre de Sécession. Les jeunes États-Unis sont désormais un territoire à conquérir pour les puissants conglomérats de l’industrie du rail, du charbon et de l’acier.

Entré au service des Molly Maguires, une organisation secrète qui opère au sein des mineurs irlandais de Pennsylvanie, le mercenaire Pantera se retrouve au cœur d’un puzzle complexe.

Ici, les conflits sociaux ne sont que façade, masquant des forces souterraines qui se livrent une lutte sans pitié dont l’enjeu est la domination de l’Amérique pour les siècles à venir.

Petit plus : Roman inclassable aux multiples clés, western à l’italienne digne de Sergio Leone, lecture sociale et politique des origines de l’Amérique moderne, Anthracite est tout cela et plus encore.

Critique : 
1875… Dix ans que la guerre de Sécession a cessé, c’est sûr. Mais les États-Unis sont un territoire à conquérir et tout est encore à faire au niveau du réseau ferroviaire. Pour le moment, c’est le bordel et tout le monde tente de tirer la couverture à lui, surtout les conglomérats du charbon, de l’acier et du chemin de fer.

Sans compter les Irlandais qui font tout péter, assassinent des gens, et ont réalisé une grève de 5 mois. C’est dans ce sac de nœud que va tomber Pantera, mercenaire Mexicain et prêtre vaudou, engagé par Molly, ancienne prostituée Irlandaise.

Sa mission ? (qu’il a accepté) : trouver et exécuter un espion que l’agence Pinkerton a infiltré chez les Irlandais de l’Ancient Order of Hibernians.

Pourquoi ? Parce que c’est sur base du seul témoignage de cet espion que 19 grévistes Irlandais, membres des Hibernians, viennent d’être condamnées à mort.

Motif ? Accusés d’avoir perpétré des actes de violence lors de la grève. Les patrons des mines de charbon en Pennsylvanie ne rigolent pas et la méthode qu’ils utilisent pour saper les associations ouvrières, c’est de les faire infiltrer par des agents de la Pinkerton… Agents qui pourchassent les Molly Maguire, tout en cassant du syndicaliste et du gréviste au passage.

Bref, dans ce roman, ça ne rigole pas ! Mais ça bouge.

Pantera est un personnage assez violent, il ne rigole pas souvent et tue sans états d’âmes. Niveau compétences « infiltration », c’est James Bond avec un six-coups. C’est l’espion qui va au charbon, au sens propre comme au figuré. Il est impitoyable et je l’ai apprécié énormément !

« Il ne pouvait même pas attribuer son trouble à la peur. Lors de ses récents voyages, il avait fait une découverte cruciale : tout le monde paraissait avoir besoin de lui. Comme tueur à gages, en premier lieu, mais également comme intermédiaire avec les forces occultes. Alors peu lui importait d’être courtisé par les compagnies de chemin de fer, les terroristes irlandais, les agences briseuses de grèves et les révolutionnaires aux motifs obscurs. Finalement, cela ne faisait qu’accroître la valeur marchande de son pistolet. Pourquoi s’en inquiéter ? »

Si je me suis laissée dire que dans les deux tomes précédents, Pantera, le palero (sorcier vaudou) jouait à l’exorciste, ici, les sorts et autres gris-gris sont remisés au placard, même s’il nous parle un peu de son Nganga.

Ici, pas de duel dans la rue, mais une toute autre lutte, qui est sociale et politique. Une lutte des classes : patronat contre ouvriers, Irlandais contre autres nations – surtout contre les Anglais et les Gallois – entre mineurs et manoeuvres, entre freineurs des trains et conducteurs,….

La guerre de Sécession est terminée, une autre guerre est toujours en cours : elle est sournoise, violente et sans merci. Ici, on n’applique pas l’adage « L’union fait la force » : tout les hommes se déchirent entre eux, faisant le bonheur de ceux qui les exploitent. « Diviser pour régner », c’est bien connu.

Le livre m’a surpris, parce que au départ, je ne pensais avoir affaire qu’à l’infiltration de Pantera chez les Pinkerton afin de découvrir le traître chez les Irlandais. Un roman d’espionnage, en somme… Un James Bond sans gadgets, version western, un Colt Frontier enfoncé dans la ceinture.

Sur le cul ! Si l’auteur se sert bien de ce prétexte au départ, ensuite, le tout dépasse tout ce qu’on aurait pu penser : le puzzle est complexe, on patauge dans la corruption, les manipulations, les conflits sociaux et on se rend compte que les marionnettistes sont souvent haut placés…

Le quatrième de couverture ne mentait pas, nous sommes bien en présence d’un roman noir inclassable, mélangeant le western spaghetti – musique de Morricone – avec du social, de la politique et de l’Histoire des États-Unis.

Le roman, sur ses 451 pages, nous entrainera dans l’histoire des débuts de l’industrialisation des États-Unis, on assistera aux premiers pas, balbutiants et chancelants, du syndicalisme et du socialisme, on découvrira la lutte inégale entre le tout puissant chemin de fer et les « petits » propriétaires terriens.

Quant aux légendes de l’Ouest (les frères James ou Billy The Kid), elles sont manipulées, elles aussi, par plus fort qu’elles.

Les relations entre les immigrants sont tendues : la rivalité règne en maître car ils ont emporté avec eux, dans leurs maigres bagages, les haines européennes (on retrouve les Irlandais à la botte des Anglais).

Pour le reste, on passera en revue les conditions de vie atroces des ouvriers américains en cette fin de XIXème siècle, enfants compris, le tout gangréné par le racisme et la xénophobie (face à leur racisme, on est des petits joueurs, dans les années 2000 !).

Le roman aborde aussi l’histoire d’un certain nombre de société secrètes… Le tout sur un ton assez cynique, avec une écriture trempée dans le vitriol, sans concession.

« Les vigilantes déclaraient se battre pour rétablir l’ordre et la loi. Ils maquillaient donc leurs comportements derrière une hypocrisie intolérable. En cela, pensa Pantera, les Américains qui détenaient le pouvoir étaient des maîtres.
Ils étaient diaboliquement doués pour affubler leurs abus de pouvoir de nobles motivations, même lorsque leur véritable but ne recelait qu’une infime parcelle de morale. Les Mexicains en savaient quelque chose, tout comme les Peaux-Rouges ou les pauvres légalistes anglais condamnés, longtemps auparavant, à une terrible agonie après avoir été recouverts de goudron et de plumes afin que leur pores ne puissent plus respirer ».

Bref, on a pour son argent dans ce roman noir qui explore beaucoup de choses très noires de l’âme humaine.

Un bémol tout de même : la profusion de personnages.

Il vaut mieux être bien concentré lors de sa lecture et avoir le temps de lire des pans entier, comme je l’ai fait, sinon, vous risquez de ne plus vous y retrouver. Parce que entre les O’Donnel, les O’Connel, les O’Molavplublan, les McEusdresse, les McCarron, les McDo et autre McEugène, j’y ai perdu mon latin ! Ah, ces Irlandais… Ils sont tous haut en couleurs !

Un roman aussi noir que l’anthracite que l’on a extrait, à la sueur du front et à coup de morts, des mines sordides de Pennsylvanie… Une pépite noire qui ne vous salira pas les mains mais qui ne se prive pas de brosser un portrait fort noir et au vitriol de l’Histoire sanglante des États-Unis…

Allez, Enio, balance la musique…

POLAR - MolliesHistMarker

Livre participant au Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez Arieste, au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au « Challenge US » chez Noctembule et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.