Go West Young Man – Intégrale : Collectif

Titre : Go West Young Man – Intégrale

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Bamboo Grand angle (03/11/2021)

Résumé :
« Le parcours sauvage et violent d’une montre pendant la conquête de l’Ouest. Un western qui sent la poudre et la boue…”

En quatorze histoires, Go West young man retrace la conquête de l’Ouest américain, de 1763 à 1938.

Des conflits des grands lacs au désert du Mexique, les destins se succèdent. Trappeurs et pionniers, tribus indiennes, desperados et prostituées vont se battre et survivre dans les grandes plaines, les villes champignons et les guerres interminables.

Si les grands thèmes sont à l’honneur dans cet album, c’est le côté obscur des Hommes qui ressort, présentant avec un goût amer le rêve américain. Racisme, génocide indien, condition des femmes, guerres et misère.

Go West young man est un hommage au western, mais un hommage lucide.

Critique :
Allez, go west ! On enfourche sa monture et on s’élance dans les grandes plaines.

Ou plutôt, on suit le cheminement d’une montre (durant 175 ans) et on revisite l’Histoire américaine, ses saloperies, son ségrégationnisme, ses meurtres, ses massacres, ses guerres et le pony-express (faut bien un truc sympa dans ce programme sombre).

De 1763 à 1938, au travers de 14 récits, de longueurs différentes, les différents dessinateurs vont mettre en images des scènes reflétant l’Amérique.

Pas besoin d’en faire des tonnes : un gros tas de crânes de bisons symbolisent bien le massacre fait par l’Homme Blanc et une réflexion d’un personnage, parlant des Indiens qui ne savent plus chasser et crèvent de faim, sont plus parlants et plus percutants qu’un long discours.

Tous les personnages de l’épopée Américaine se retrouvent présentés dans cet album magnifique. On aura les anglais, les colons, les Indiens, les cow-boys, les voleurs de bétail, les détrousseurs de diligence, les trappeurs, Geronimo, les convois qui traversaient le pays, la révolution mexicaine, la guerre de Sécession, le racisme, les puits de pétrole, les prostituées, le pony express, les Tuniques Bleues… dans le bon ordre, bien entendu.

Le fil rouge reliant toutes ces histoires sera la montre, passant de mains en mains, apportant chance ou malchance, finissant souvent recouverte de sang.

Le changement de dessinateur ne pose pas trop de problème, je m’y suis faite très vite, d’autant que j’en connaissais assez bien.

Pour celles et ceux qui aiment le western, je ne dirai qu’une seule chose « GO » et pour les frileux qui ne sont pas fans du genre « GO » aussi ! Voilà de quoi faire un tour de l’Amérique sans bouger de son canapé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°60] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

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Ecotopia : Ernest Callenbach

Titre : Ecotopia

Auteur : Ernest Callenbach
Édition : Folio SF (2021)
Édition Originale : Ecotopia
Traduction : Brice Matthieussent

Résumé :
Trois États de la côte ouest des États-Unis – la Californie, l’Oregon et l’État de Washington – décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia.

Vingt ans après, l’heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain.

Au fil de ses articles envoyés au Times-Post, William Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l’autogestion, la décentralisation, les 20 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, le rapport à la nature, etc.

Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien : d’abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d’amour intense avec une Écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.

Critique :
Certains auteurs (et autrices, n’oublions pas les femmes), arrivent à mettre le doigt, bien à l’avance, sur des phénomènes de société.

Que ce soit Orwell et la terrible dictature du Big Brother (1949), ou Katharine Burdekin, mettant en garde contre l’idéologie nazie (en 1937), ces personnes avaient un côté avant-gardiste.

Ils sont nombreux, mais je ne citerai que ces deux-là, sinon, ma chronique fera 10 pages.

Ernest Callenbach, lui, avant l’heure, parla d’écologie, de décroissance, sans pour autant que les gens qui la choisissent vivent comme des Amish (cfr votre président). Même s’il me serait difficile de vivre comme les gens d’Écotopia et non pas en raison du manque de technologies.

Non, non, ils possèdent des technologies, mais tout doit être réparable ! Bon, je possède deux mains gauches, mais ce qui me gênerais le plus dans cette société qui est tournée vers l’écologie, c’est la promiscuité entre les gens. J’ai tendance à être ours des cavernes et vivre avec tout un tas de personnes me dérangerais fortement. Idem pour l’amour libre.

Comme cela fait 20 ans que trois états ont fait sécession avec le reste de l’Amérique et que personne ne rien d’eux, on a envoyé le journaliste William Weston mener l’enquête. Comme moi, il est sceptique, il n’a rien du ravi de la crèche et cette société lui semble trop belle pour être vraie. Il sera impartial ! De plus, il est stéréotypé et rempli d’apriori.

Tout comme moi, s’il est resté froid au départ, ne voulant pas se réjouir trop vite de cette nouvelle société écologique, voulant, comme moi, des preuves que tout cela est génial, il s’est peu à peu laissé gagner par Écotopia et son côté égalitaire pour les hommes et les femmes, l’acceptation de l’homosexualité et son anticapitalisme.

Moi aussi je me suis laissée doucement séduire, parce que j’y ai trouvé des bonnes idées qui étaient novatrices et que vu où nous en sommes, si on ne braque pas direct, on va se prendre le mur (qu’on se prend déjà dans la gueule).

Par contre, là où le bât a blessé, c’est dans la manière narrative : le ton est plat, il ne se passe pas grand-chose, notre journaliste découvrant, peu à peu, tout ce qui fait cette nouvelle société (éducation, temps de travail, chasse, énergies, société, sexe…), qui, par certains de ses comportements, pourrait faire penser à une bande d’hippies.

Bon, au lieu de kèter (mot wallon) et de nous raconter ses nuits agitées, j’aurais préféré que William Weston nous dévoile autrement Écotopia. Le cul, c’est bien, mais à force de lire ses parties de jambes en l’air, ça devient lassant.

Bizarrement, notre journaliste a commencé à s’ouvrir à la société écotopienne quand il a pu se vider autrement qu’à la force du poignet… Cela mériterait bien une enquête.

Malgré tout, par bien des innovations, cette société était en avance sur son temps et très écologique (recyclage des déchets, agriculture sans pesticides, zéro voiture,…) et le récit, même s’il manque de chaleur, n’en reste pas moins intéressant, même s’il n’est pas toujours facile à lire. Disons que le récit est exigeant, sans pour autant qu’il soit nécessaire d’être écolo ou d’avoir fait ingénieur.

Bien qu’il comporte quelques longueurs, que le style narratif du journaliste se fasse sur un ton assez froid, ce roman SF dystopique n’en reste pas moins intéressant, surtout à notre époque où tout bascule. Déjà, lors de sa publication en 75, il était novateur, puisque situé juste après le choc pétrolier.

L’univers mis en place n’est pas chimérique, ni le pays des Bisounours, que du contraire, il est réaliste.

Peut-être plus tout à fait en 2022 (où Internet et les smartphones sont rois), et pourtant, une grande partie des préceptes mis en place à Écotopia pourraient fonctionner de nos jours, mais pas sûr que la majorité ait envie de s’y plier.

Une dystopie intéressante à découvrir, malgré le fait qu’il n’y ait pas vraiment d’intrigue.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Louisiana, la couleur du sang – Tome 2 : Léa Chrétien et Gontran Toussaint

Titre : Louisiana, la couleur du sang – Tome 2

Scénariste : Léa Chrétien
Dessinateur : Gontran Toussaint

Édition : Dargaud (22/01/2022)

Résumé :
Ce deuxième volume de la trilogie « Louisiana » poursuit la saga d’une famille de planteurs dans le sud des États-Unis au XIXe siècle.

Après le décès d’Augustin, patron tyrannique du domaine, sa veuve tente de prendre en main son destin, malgré les conflits qui l’opposent à son fils revenu d’Europe et sa fille aux idées progressistes.

Ce chapitre met de nouveau en lumière la violence d’une société dominée par les hommes sur fond de racisme symbolisé par l’esclavagisme, à la veille de la guerre de Sécession qui fera éclater ce modèle.

Critique :
1961, nous retrouvons Louise Soral, notre grand-mère, mettant en ordre des documents, avant de reprendre le fil de son récit, celui qui eut commença en 1805, dans une plantation sucrière, dans le Sud de l’Amérique.

Laurette, la mère de Joséphine, est en fait la grand-mère de Louise Soral.

Depuis le décès de son mari, Laurette pète un câble, parlant toute seule, devenant raciste (ce qu’elle n’était pas du tout avant) et oubliant que son mari s’est fait sauter le caisson.

Antoine, le frangin de Joséphine est revenu et il n’a pas changé : un buveur, un violeur, un profiteur, un mec qui pense que les autres lui appartiennent et que les esclaves sont des objets dont on peut disposer à l’envi, surtout les femmes.

Les personnages de Laurette et Joséphine ne sont plus les mêmes, elles sont bien différentes des deux personnes du premier album. Jeune, Joséphine était amie avec une jeune esclave de la plantation, maintenant, elle ne supporte pas que son fils aime une fille Noire. Ce qui, à cette époque, une telle relation (avec de l’amour et l’envie de se marier) n’était ni morale, ni légale.

Nous sommes loin des idées larges qu’avait la Joséphine du début, de sa tolérance. Elle utilise même des mots honni à notre époque (mais pas à la sienne, bien entendu).

La preuve que tout le monde change, en bien ou en mal. Par contre, l’Histoire se répète, comme toujours, puisqu’elle est un éternel recommencement. On a beau avoir eu l’envie de changer les choses, une fois adulte, une fois mariée et avec un enfant, Joséphine a relégué ses rêves, ses projets.

Quant aux hommes, ils restent les mêmes, surtout son frère et Joséphine a cette horrible impression que la malédiction familiale ne recommence.

J’étais contente que le personnage de Marie Laveau, la prêtresse vaudou, soit plus présente dans cet album. Afin d’asseoir son pouvoir, elle doit acquérir un grand savoir, notamment sur les petits secrets des hommes… C’est le prix à payer pour rester libre, elle qui cumule le fait d’être une femme et Noire de peau.

J’ai préféré cet album au premier, il est sombre, mais d’une manière différente du premier et les personnages avaient moins ce côté manichéen, limite caricatural. Certes, voir Joséphine changer à ce point n’est pas agréable, mais c’est plus conforme à son époque et au moins, elle a plus de nuances.

En prenant de l’âge, les personnages deviennent ce qu’ils n’auraient pas voulu devenir avant. Hormis Jean, le fils de Joséphine, qui, même devenu adulte, reste tolérant, veut changer de vie, épouser la fille Noire qu’il aime toujours. Vous pensez bien que môman Joséphine n’est absolument pas d’accord.

Lorsque Joséphine n’avait pas de responsabilités, il était doux de rêver et de jurer que jamais l’on ne deviendrait comme ses parents ou les autres adultes (on passe par ce moment nous-même, ado), et puis boum, une fois mise devant les responsabilités et une plantation à faire tourner, on finit par devenir comme les autres, ceux qui ricanaient devant l’égalité des races (concept de races qui n’existent pas, en plus).

Ce deuxième album fait aussi le lien entre la narratrice, notre vieille grand-mère (qui a 100 ans, alors) et Jean, le fils de Joséphine.

Les dessins sont toujours réalistes et les coloris, même dans les tons sombres, mettent bien en valeur le travail de graphisme.

Un bon deuxième album, meilleur que le premier, selon mon avis (mais qui ne vaut pas grand-chose), même si, sur la fin, Joséphine dépasse les bornes de toutes les limites… Ah la salope !

Dommage que je ne possède pas le troisième album, celui se termine sur la guerre de Sécession qui se profile et j’aimerais savoir ce qu’il va arriver aux membres restants de cette famille : Joséphine, son fils Jean, son épouse et leur petite fille, Louise…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Louisiana, la couleur du sang – Tome 1 : Léa Chrétien et Gontran Toussaint

Titre : Louisiana – Tome 1 – La couleur du sang

Scénariste : Léa Chrétien
Dessinateur : Gontran Toussaint

Édition : Dargaud (13/09/2019)

Résumé :
La Nouvelle-Orléans, 1961. Louise, vieille femme au crépuscule de sa vie, décide de rompre le lourd silence qui entoure l’histoire de ses ancêtres, propriétaires d’une plantation de canne à sucre dans le sud des Etats-Unis au XIXe siècle.

Qu’ils soient blancs, noirs, créoles ou esclaves, catholiques ou adeptes du culte vaudou, tous vont s’aimer, se détester, s’unir ou se séparer, retrayant la vie intime de cette plantation créole.

Critique :
Scarlett O’Hara et Rhett Butler… Personnages phares du livre « Autant en emporte le vent », de Margaret Mitchell (1936) et héroïne du film du même nom, multi oscarisé.

1961, des gamines lisent le roman et demandent à leur mamy de leur parler de l’époque des plantations, ce que leur aïeule refuse de faire, avant de se confier à sa dame à tout faire.

L’Histoire américaine est remplie de squelettes dans les placards, de sang, de meurtres, de racisme, de génocide et l’esclavage tient une importante place dans ce passé que l’on voudrait cacher sous les tapis. Les coupables sont morts depuis longtemps, mais l’esclavage moderne n’est pas une utopie, il existe toujours.

Cette bédé, très sombre, très réaliste, nous plonge dans une plantation de cannes à sucre, bien avant la Guerre de Sécession, à une époque où l’esclavage régnait en maître, la ségrégation aussi, ainsi que les coups de fouet.

Les esclaves Noirs devaient se taire et subir, mais pas qu’eux, les épouses des planteurs n’avaient guère plus de droit, si ce n’est celui d’être condescendant envers leurs inférieurs, c’est-à-dire les esclaves ou les Noirs avec un peu plus de liberté.

Oui, l’épouse du maître et sa fille ont beau être féministes et progressistes, malgré tout, la mère n’apprécie pas qu’une personne Noire lui parle en égale. Nous sommes dans les années 1800, il ne faut pas trop leur demander non plus.

Déjà que pour l’époque, c’est quasi fantastique de trouver des personnes qui possèdent une conscience humaine et une qui a compris que les différences entre les races n’existaient pas, que leurs esclaves avaient une âme. Ça ne devait pas courir les rues, des prises de conscience pareilles, à l’époque.

Les dessins de cette bédé sont très réalistes, de même que le contexte abordé. C’est sombre, violent et à ne pas laisser traîner devant des enfants. Les comportements des hommes sont crus, ils boivent, considèrent leurs esclaves comme du bétail et se servent dans les femmes (ou les très jeunes filles), comme bon leur semble.

De l’autre côté, l’épouse et la fille sont au-dessus de la mêlée, plus humaines, plus intelligentes. On est à la limite du manichéisme, le portrait de la mère étant compensé par cet orgueil qui lui fait dire qu’une femme Noire n’a pas à lui parler en égale. Gaffe à ne pas se prendre les pieds dans le tapis avec des considérations du XXIè siècle dans un récit se déroulant au début XIXè.

Ce premier tome m’a donné envie de lire le suivant, afin de voir où le récit va nous emmener, notamment durant la Guerre de Sécession qui va se profiler et le retour du fils, Antoine, qu’on a exilé en France après ses frasques totalement folles.

Et puis, on a envie de savoir où se situe la grand-mère qui raconte l’histoire dans toutes cette fresque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°31], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 57 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le cœur battant du monde : Sébastien Spitzer [LC avec Bianca]

Titre : Le cœur battant du monde

Auteur : Sébastien Spitzer
Éditions : Albin Michel (21/08/2019) / Livre de Poche (2021)

Résumé :
Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues entent la misère, l’insurrection et l’opium.

Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine.

Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance. L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx.

Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.

Après « Ces rêve qu’on piétine », un premier roman très remarqué et traduit dans plusieurs pays, qui dévoilait l’étonnante histoire de Magda Goebbels, Sébastien Spitzer prend le pouls d’une époque où la toute-puissance de l’argent brise les hommes, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs.

Critique :
Londres, XIXe siècle, ma période préférée (pas pour y vivre ou y bosser). Londres, immense cœur battant du monde, mais immonde cloaque aussi.

Londres, la ville aux  multiples visages, la ville où les ouvrières (et ouvriers) trimaient comme des forçats et où la semaine des 35 heures se faisait en trois jours.

Le résumé était alléchant et il me tardait d’entamer ce roman qui me promettait beaucoup. Ma rencontre avec Charlotte fut un plaisir, je sentais bien que j’allais l’apprécier, elle, tout comme le docteur Malte (qu’on perdra de vue ensuite).

Puis, un autre personnage a fait son entrée, un certain monsieur Engels et, à ma toute grande honte, je n’ai pas tilté de suite, pourtant, je l’ai étudié à l’école, ce mec. Puis, lorsque mon shilling est tombé, j’ai compris aussi qui était « Le Maure » dont on parlait, un type que j’avais aussi étudié à l’école aussi et dont le portrait brossé dans le roman n’était guère flatteur.

Mais quelle faignasse, le Marx ! Dépensier, incapable d’aller bosser, se faisant entretenir par Engels (qui aurait dû aller s’acheter une paire de cojones, soit dit en passant) et qui, lorsqu’il touchera enfin son héritage, ira louer une maison bourgeoise, jouant les bourgeois lui-même, tout en continuant de se faire entretenir comme une maîtresse par Engels et en gagnant un peu d’argent en boursicotant !

Si j’étais mesquine, je dirais que le patient zéro de la gauche caviar, ce fut lui ! L’homme n’était pas exempt de contradictions, tout comme Engels (comme tout le monde, sauf qu’eux, ils cumulent).

Ce roman est une mine d’information en tout genre pour la période concernée : de 1850 à 1867. Bien des sujets vont être abordés, notamment la famine des Irlandais, la guerre de Sécession, le blocus des port, le coton qui n’arrive plus, les faillites des usines de filature, les conditions de travail déplorables, la misère, l’opium, la crasse, les grèves, l’Internationale qui commence, la lutte des classes, les Fenians,…

L’auteur s’est fortement documenté et tout respire le réalisme. De ce point de vue là, je n’ai pas à me plaindre. Par contre, le récit manquait de flamboyance, d’émotions, de vie, tout simplement. Il était trop clinique, trop rigide.

Cela a commencé après que Charlotte ait recueilli le petit Freddy : le récit passe du gamin qui vient de naître à ses 12 ans. L’ellipse est grande, trop grande. Le personnage de Charlotte a changé, sans doute à cause des sacrifices qu’elle a dû faire pour élever seule un enfant.

Le récit ne donnera que des bribes, me laissant un goût de trop peu. Non pas que je voulais faire du voyeurisme sur leur misère, mais j’aurais aimé en apprendre plus sur ses sacrifices et non pas me contenter de miettes, alors que pour d’autre sujets, j’ai eu des détails dont je me serais bien passée (une opération).

Les personnages de Charlotte et Freddy ont perdu du corps dans cette ellipse, de la profondeur et pire, du réalisme ! Alors que les autres personnages étaient bien ancrés, eux, je les ai vu partir à la dérive et Charlotte finira en personnage laborieux.

Et puis, il est difficile de savoir quel personnage est mit à l’honneur dans ces pages, puisque le récit suivra aussi bien Charlotte et Freddy, que Marx et Engels. Sur la fin, au moment où l’on abordera les révoltes des Fenians, j’avais décroché.

Un récit plus concentré sur Freddy et Charlotte m’aurait mieux convenu, une écriture plus ramassée dans certains passages aurait donné de l’oxygène au roman, et rallumé la flamme, même si ces détails étaient utiles pour ancrer le tout dans le réalisme (les lecteurs ne sont jamais contente, je sais et nous ne manquons pas de contradictions non plus).

Dans l’ensemble, cette lecture ne fut pas un fiasco, le côté historique était très bien rendu, même si une narration au passé lui aurait rendu service, ainsi qu’une écriture moins clinique. L’histoire manquait d’émotions brutes, alors que nous sommes dans l’East End, dans la misère, avec des gens qui bossent dans les usines 13 à 15h par jour, pour un salaire de misère.

Un roman dont j’attendais beaucoup et où un récit au ton assez froid m’a fait perdre une partie de mon intérêt pour cette histoire, où certains personnages ont manqué de cohérence, de profondeur, d’étoffe qui font les grands personnages marquants dans une lecture.

Et pourtant, sa partie historique était bien réussie, m’a appris beaucoup de choses, m’a immergé dans l’époque à tel point que je ne peux pas dire que tout était foiré et que je n’ai pas pris du plaisir à certains moments.

Une LC avec Bianca en balance… Elle ne vous dira pas tout à fait la même chose que moi, allez donc lire son avis et laissez lui un petit mot.

Lonesome – Tome 3 – Les liens du sang : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 3 – Les liens du sang

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (20/10/2021)

Résumé :
Le chemin de la vengeance a mené notre pistolero solitaire jusqu’à New York, sur la piste de l’homme qui a semé le chaos dans sa vie et au Kansas : le sénateur Dawson.

L’homme n’est pas facile à approcher, et les ruffians de la grande ville se révèlent plus coriaces que ceux des plaines.

Le héros anonyme peut-il compter sur l’aide de Miss Lyle, cette mystérieuse enquêtrice qu’il ne cesse de recroiser ? Une seule chose est certaine : cette fois-ci, aucune vision ne pourra le préparer aux révélations qui l’attendent.

Critique :
« Luke, je suis ton père ! ».

Ce qui avait explosé comme un coup de tonnerre dans un certain film, est, en fait, vieux comme le monde : un homme méchant, mauvais, qui ne rêve que de foutre le pays à feu et à sang afin ensuite de pouvoir se glisser au pouvoir avec ses petits copains, a eu un fils, il y a longtemps et ce fiston n’a rien à voir avec son géniteur maléfique.

Lorsqu’un type débarque à New-York du Kansas, il est de suite taxé de bouseux. Lorsque c’est le contraire, le new-yorkais sera traité de pied-tendre… Notre cow-boy solitaire vient de débarquer du Kansas à New-York et les préjugés, les clichés, chevauchent avec lui.

Le seul reproche que je pourrais faire à cette série, c’est sa grande ressemblance avec Durango (du même auteur) : un beau blond, as de la gâchette, taiseux, redresseur de torts. Hormis que Lonesome porte la barbe, a un visage plus épais et ne possède pas le calibre caractéristique de Durango (ni son cigare à la Eastwood).

D’ailleurs, les dessins de Swolfs sont reconnaissables entre mille, quelque soit la série, on retrouve les mêmes traits bien distincts chez différents personnages.

Par contre, l’histoire est différente et l’univers aussi, bien que l’on soit dans du western où les balles fusent et que les corps tombent aux pieds. Swolfs ne s’est pas contenté de resservir les mêmes plats et il est allé un peu plus loin.

La politique, ses politiciens véreux, qui complotent pour foutre le pays en l’air et faire en sorte qu’il ne se relève pas…. Qui veut le pouvoir prépare la guerre et tous les ingrédients sont là pour que ça pète et que Lincoln chavire.

Les dessins sont toujours ceux de Swolfs, c’est à dire réalistes, détaillés, avec de belles couleurs, des traits fluides et des cases bien fournies en détails, que ce soit de la ville ou des décors naturels ou pas.

Il est préférable de relire les deux premiers tomes avant de se plonger dans ce nouvel opus. J’ai été bête de ne pas le faire, cela m’aurait remis tous les détails en mémoire. Le sujet est épais, copieux et ma mémoire est une passoire.

Même si Durango reste dans mon coeur (vieille histoire d’amour), je dois dire que Lonesome, bien que semblable sur certains points de vue, est différent. Et j’apprécie de plus en plus cette série, surtout que l’auteur met à l’honneur une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui appartient à la Pinkerton.

Une bédé western qui respecte les codes, mais qui creuse un peu plus que d’habitude. Il y a de la profondeur et de la recherche scénaristique, même si les complots sont aussi vieux que le « Je suis ton père »…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°85], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Dans la vallée de l’ombre de la mort : Kirk Mitchell

Titre : Dans la vallée de l’ombre de la mort

Auteur : Kirk Mitchell
Édition : Folio Policier (08/09/2011)
Édition Originale : Deep Valley Malice (1996)
Traduction : Daniel Lemoine

Résumé :
Au beau milieu du carnage de la Guerre de Sécession, un tueur s’attaque à des femmes Dunkers, ces Baptistes allemands qui refusent de porter les armes pour l’un ou l’autre camp.

Le colonel Simon Wolf, Juif Sudiste engagé dans l’armée du Nord, va traquer le meurtrier jusqu’au bout dans ce gâchis absurde où l’on entasse bras et jambes coupés dans un chariot et où le typhus finit le travail commencé par les armes parce qu’on a installé les latrines de l’hôpital près de la seule source disponible.

Critique :
Des meurtres de civils ont lieu durant le grand carnage de la guerre civile américaine…

Ce sont des femmes Dunkers, des Baptistes Allemands que personne n’aime car ils vivent dans leur coin et surtout, qui n’ont pas voulu prendre les armes durant ce conflit fratricide.

Ils sont contre l’esclavage, même s’ils vivent dans le Sud, ils refusent de prendre les armes contre leurs Frères, vous comprenez bien que tout le monde se fiche qu’on en passe certains par le fil du sabre.

Tout le monde ? Non, un homme résiste encore et toujours à l’indifférence… Simon Wolf est un cas à lui tout seul : colonel, chirurgien, originaire du Sud, opposé à l’esclavage, fils du ministre de la guerre Sudiste et engagé chez les Nordistes.

J’oubliais, il est Juif… Ça ne m’en touche même pas une, mais dans la troupe, il y a des têtes de bois et un Sudiste Juif engagé au Nord, ça fait naître des questions. Oh, il est manchot aussi, depuis la bataille d’Antietam… Il soigne, n’opère plus, mais est chargé de l’enquête sur la mort étrange des femmes Dunkers après en avoir recueilli une.

Virginie, automne 1864, campagne de la vallée de Shenandoah…

Enquêter dans une grande boucherie à ciel ouvert, faut le faire ! Surtout quand on est le seul à vraiment vouloir faire toute la lumière sur cette sordide affaire ! Surtout quand on soulève des inimités à force de vouloir faire la lumière et qu’on suspecte des gradés d’être coupables.

Ne vous attendez pas à une enquête trépidante, l’auteur laisse son personnage prendre son temps, avancer doucement, tomber dans des embuscades, échapper à la mort, se demande ce qu’il fout là.

En fait, je vous dirai que l’enquête n’est là que pour nous parler de la folie meurtrière des hommes, de la soif de sang et de victoires des gradés, prêts à tout pour gagner quelques mètres, quelques collines, pour se faire accrocher quelques médailles de plus sur leurs vareuses.

Custer, Sheridan sont des assassins, des tueurs de masses, autant des soldats du Sud que de leurs propres hommes Nordistes puisque qu’aucun ne compte à leurs yeux. On dirait presque des enfants lançant leurs soldats de bois dans une bataille imaginaire.

Hélas, le sang n’est pas factice, les blessés et les morts non plus et ils sont responsables des montagnes de membres amputés que l’on entasse en tas dans des chariots. Mais pour les soldats, ils sont des héros, des meneurs, des hommes que l’on suivrait même en enfer.

Politiquement, on a monté les habitants d’un pays l’un contre l’autre, pour le prétexte fallacieux de l’abolition de l’esclavage, mettant de côté que le Sud resterait toujours le Sud, qu’il gagne où qu’il perde la guerre. L’auteur nous le fait comprendre dans son récit et c’est avec le cœur lourd que l’on suit cette guerre civile meurtrière.

Un récit qui prend son temps, qui nous plonge dans un bain de sang et de tripes, sans jamais virer au glauque ou au voyeurisme, sans jamais devenir lourd et qui nous expédie, avec un réalisme glaçant, dans une partie de la Guerre de Sécession, dans ses batailles, ses enjeux, ses jeux de pouvoir, mettant à jour les ambitions des gradés.

Une enquête qui ne sera pas facile pour Simon Wolf, un des personnages les plus sympathiques du roman car il a compris depuis longtemps que cette guerre était une boucherie et que rien de bon n’en sortirait.

Un roman policier de guerre qui traînait depuis trop longtemps dans ma PAL ! Merci à Sharon d’en avoir parlé et de m’avoir donné envie de l’en sortir.

PS : joyeux anniversaire à Sherlock Holmes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°163].

Les tuniques bleues – Tome 65 – L’envoyé spécial : José-Luis Munuera et Béka

Titre : Les tuniques bleues – Tome 65 – L’envoyé spécial

Scénaristes : José-Luis Munuera et Béka
Dessinateur : José-Luis Munuera

Édition : Dupuis (30/10/2020)

Résumé :
Londres 1861. William Russell, journaliste au Times, couvre une grève dans une usine, au grand dam de ses supérieurs qui lui reprochent de se ranger du côté des ouvriers. Pour se débarrasser de lui, la rédaction du journal l’envoie de l’autre côté de l’Atlantique où la guerre de Sécession fait rage.

En Amérique, dans le camp de l’armée nordiste, le caporal Blutch et le sergent Chesterfield sont chargés d’escorter ce drôle d’observateur anglais, flegmatique et distingué, qui prend des notes sur le champ de bataille en chevauchant une mule.

« La vérité, c’est une question de point de vue ! » s’exclame Blutch dans ce nouveau tome des « Tuniques bleues » coscénarisé par le couple BeKa et Jose Luis Munuera, et dessiné par Jose Luis Munuera.

William Howard Russell (1820-1907) est un journaliste anglais, considéré comme le premier correspondant de guerre. Il a couvert la guerre de Sécession.

Dans l’esprit de la série culte de Cauvin et Lambil, et en attendant la parution du tome 64 en 2021, qui marquera le dernier scénario de Cauvin, les auteurs s’emparent du tandem fétiche pour évoquer l’éternelle tentation d’instrumentalisation de la presse par le pouvoir et la difficulté pour elle de rester objective.

Critique :
Il y deux sortes de passionnés de la bédé : les puristes qui ne veulent pas de reprise par d’autres et les autres que ça ne dérange pas, tant que ça reste dans la ligne éditrices et que les scénarios sont intéressants.

Je me situe souvent le cul entre deux chaises mais pour certaine série (Spirou, par exemple), cela ne me dérange pas la continuité par d’autres alors que pour Blueberry, Astérix, on s’est éloigné de la qualité scénaristiques des albums mères.

Mais je suis ici pour parler de l’album 65 de Tuniques Bleues, paru avant le 64 qui marquera la fin de l’ère Cauvin-Lambil qui prennent leur retraite de cette série mythique. Ça me désole, mais ces derniers temps, les albums des Tuniques Bleues ne m’enchantaient plus au niveau du scénario et je trouvais qu’on tournait en rond.

Le trait de Munuera, je le connais de longue date, ayant lu Les Campbell, Nävis et Zorglub. Malgré tout, après 60 albums dessinés par Lambil (4 premiers par Salvérius), il faut un peu de temps pour s’habituer à une autres manière de dessiner les personnages. Souvent, dans les expressions, je revoyais celles des personnages des autres séries du dessinateur Munuera…

Le scénario est excellent et j’ai été étonnée de voir un journaliste du Times de Londres aller jouer l’envoyé spécial sur la Guerre de Sécession, mais effectivement, c’était logique que d’autres s’intéressent au conflit.

William Russell, le journaliste du Times, a tout son flegme britannique et son but à lui, c’est de raconter la guerre telle qu’elle se déroule, de ne pas cacher le nombre de morts, la folie de ce conflit fratricide, de l’imbécillité de certains généraux, le tout, sans prendre parti pour un camp ou un autre.

Si les ronds-de-cuir et les militaires voulaient un journaliste pour leur tresser des lauriers à leur gloire et à leur cause, ils remarquent vite qu’ils se sont fourré le sabre dans le cul, jusqu’au coude et décident de mettre un bâillon sur ce journaliste qui oublie de censurer ses articles, ou de les tourner dans le bon sens du Nord, comme certains firent durant la Première Guerre Mondiale.

À l’Ouest, il y a du nouveau car cet album, même s’il manie toujours l’humour, va plus en profondeur dans les personnages, dans leurs réflexions, leurs actions et les auteurs n’hésitent pas à montrer ce que peu de gens aimeraient voir : une coalition entre les dirigeants des deux camps ! La guerre est une affaire politique.

Je me suis régalée avec ce tome 65 et cela faisait longtemps que je ne prenais plus autant de plaisir à lire mes Tuniques Bleues, sauf à relire les anciens albums (jusqu’au 27, j’adore, entre le 28 et le 36, c’est inégal, au delà, je ne les relis jamais).

La thématique de la presse utilisée par le pouvoir sur place pour son propre bien à lui, dans le but de faire de la propagande ou de minimiser les faits existe depuis toujours et il n’est pas toujours simple pour un journaliste ou son journal de rester objectif devant des menaces, des dessous de table, des tentatives de musellement.

Et encore, durant la Guerre de Sécession, les journaux n’appartenaient pas à des millionnaires/milliardaires/industriels/ et le chantage à la publicité n’avait pas le même impact que maintenant (même si le nerf de la guerre est toujours le fric, le fric, le fric, le fric – et non pas des frites sur l’air des Tuches).

Un excellent album qui renoue avec ce que j’aimais dans cette série : de l’humour mais aussi de la profondeur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°121].

Wanted – Tome 5 – Superstition Mountains : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 5 – Superstition Mountains

Scénariste : Thierry Girod
Dessinateur : Simon Rocca

Édition : Soleil (2000)

Résumé :
Faut-il être impitoyable pour exercer le métier de  » chasseur de primes  » !

A cet exercice, l’homme solitaire, visage ravagé par une cicatrice en forme de W, que tout le monde connaît sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.
Critique :
Tout ça pour ça ? Aurais-je envie de dire après avoir fini cet album.

Qu’est-ce qui a foiré dans ce 5ème album qui possède de l’action, de l’aventure, du rythme et tout ce qui fait qu’un western est un western ?

Juste la sensation qu’on en a fait beaucoup pour pas grand-chose et que le coup de la carte au trésor tatouée sur le crâne d’un frère Bull n’était qu’un prétexte nous refourguer une aventure en deux albums.

Mon copinaute de Babelio, Alfaric, m’a donné le nom : un MacGuffin.

Pourquoi aller enterrer un trésor volé aussi loin de sa ville ?? En territoire Indien, qui plus est ? Au fin fond du trou du cul du trou du cul du trou de cul. Bref, tellement enterré loin qu’il n’est pas temps d’en avoir besoin sur le champ…

Évidemment, dans un album western, un trésor enterré loin des villes et dans un territoire hostile, ça donne matière à scénariser deux albums bourrés d’action, de suspense, de mystère, de retournements de situation, de combats, d’entourloupes en tout genre. Du pain béni pour tout le monde.

Alors oui, j’ai eu du plaisir avec cet album qui est sans temps mort et où notre joyeuse troupe va devoir se faufiler entre les éclaireurs Navajos, les guerriers Apaches et les soldats de Kit Carson, sans oublier qu’on peut croiser d’autres emmerdements sur la route.

Gros dilemme donc pour la cotation… Le scénario est bourré de rebondissements, d’action, le lecteur ne s’embête pas, mais j’ai l’horrible sensation que les auteurs n’avaient pas grand-chose sous la dent et qu’ils ont péchés par facilité en nous pondant le coup de la carte au trésor dont ce dernier est enterré au diable-vauvert.

Maintenant, ceci n’est que mon avis, c’est-à-dire pas grand-chose. D’autres y ont trouvé leur compte, j’y avais trouvé le mien il y a 20 ans et maintenant, même si j’ai passé un bon moment western, j’ai l’impression de m’être fait un peu entuber au niveau du scénario de base.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°91] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 4 – L’or sous le scalp : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 4 – L’or sous le scalp

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1999/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son coeur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Puis l’amour, l’amour pour Rosita, la prostituée enlevée, le mènera à sa recherche dans un Mexique en pleine révolution, occupé par le corps expéditionnaire français, soutien de l’empereur autrichien imposé.
Critique :
Maintenant que Wanted et Yaqui Jed ont réglé leur compte aux frères Bull, les deux hommes se séparent, le métis partant avec une Indienne et notre chasseur de primes s’en retournant dans les bras de la belle Rosita.

Chaque fois que Wanted s’envoie en l’air avec la belle prostituée, bardaf, il y a des gars qui rentrent dans sa piaule, le revolver au poing alors que Wanted a son six-coups bien dressé (non, on ne voit rien).

Les guerres indiennes ont repris de plus belles et il est enrôlé de force dans la bande de Kit Carson afin de chasser, tuer, éradiquer, envoyer dans une réserve tout ce que la région comporte comme Indiens, qu’ils soient Utes, Navajos, Apaches…

Wanted étant à la recherche du trésor des frères Bull (plan tatoué sur le crâne de l’un d’eux), il va chercher à tout prix à se défaire de la bande d’assassins d’Indiens avec qui il doit faire la route.

On a une fois de plus un scénario conventionnel avec un trésor caché et un territoire donné à traverser afin de le retrouver.

Bien entendu, le territoire est peuplé d’irréductibles Indiens (pas des Gaulois, non) qui n’ont pas l’intention de vous laisser faire tranquillou, des mercenaires de Kit Carson qui n’ont pas l’intention de vous foutre la paix non plus… Sinon, sans ces dangers, où serait l’action et le suspense ?

Les dessins évoluent un peu, mais de temps en temps, on retrouve Wanted avec un visage bizarre, mal dessiné. La qualité n’est pas égale dans toutes les planches.

À noter que le chasseur de primes/desperados Lee Charleston a des airs de Lee Van Cleef… 

La relecture n’est pas tendre avec la saga Wanted, moi non plus. Ça se laisse lire sans prise de tête, on a du suspense, de l’action, du rythme, mais rien de neuf sous le soleil.

Comment ça « ça vaut pour toutes les bédés westerns » ?? Ok, je ne dirai pas le contraire, on en a fait le tour en long, en large et en travers, mais il y a toujours moyen de surprendre les lecteurs, même avec du conventionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°88] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.