Vinland Saga – Tome 11 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 11

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/12/2012)

Résumé :
Grâce à leurs efforts et leur dur labeur, Thorfinn et Einar peuvent enfin entrevoir leur liberté. Mais la santé fléchissante du vieux maître, Sverker, est loin d’être la seule ombre à planer sur le bonheur des deux esclaves.

Dans une ferme voisine, le propriétaire des lieux, Carrock, ainsi que toute sa famille, sont massacrés par l’un de leurs eslaves, avide de se venger des humiliations qu’il a subies de son maître. Après avoir brûlé la ferme, il s’évanouit dans la nature…

Mais la plus grande menace qui pèse sur la ferme de Ketil viendra de la capitale du royaume danois, Jelling.

Critique :
Si Roulio Essuie-glaces chantait ♫ Yé né pas changé ♪, ni Thorfinn ni le roi Knut ne peuvent reprendre le refrain avec lui car ils ont bien changés, ces deux là.

Aussi bien de look, Knut étant devenu un beau guerrier blond ténébreux (toujours avec une paire de bollekes) et Thorfinn quitte lentement sa léthargie pour se reprendre et se trouver un nouveau but dans la vie.

Au final, aussi bien le roi Knut que Thorfinn vont avoir le même : supprimer l’esclavage !

Sauf que, au départ, on avait un Knut limite fleur bleue qui s’évanouissait à la moindre violence et qui, maintenant, n’hésite pas à tuer pour arriver à ses fins, et nous avions un Thorfinn assoiffé de vengeance, bourré de violence qui maintenant nous la joue pacifiste.

Ils ont bien changé…

Mais n’allez pas croire que tout est Blanc ou Noir dans cette saga, que nenni !! Si Knut est devenu un homme violent, froid, criminel, c’est parce qu’il n’a pas eu le choix, c’était tuer ou être tué et puis, petit à petit, son idéal s’en est allé et il a marché sur le chemin le plus simple : assassiner ceux qui se mettaient en travers de sa route.

Son Jiminy Cricket à lui, c’est la tête de son père, qui lui parle et qu’il est le seul à voir, pour Thorfinn, c’est le fantôme d’Askelaad. Marrant de voir que ces deux hommes reçoivent des conseils des fantômes des hommes qu’ils ont haïs.

Ajoutons à celà que Knutt n’hésitera pas à comploter, à magouiller, afin d’arriver à ses fins et le fils de Ketil, Ormar, va lui servir le tout sur un plateau, à l’insu de son plein gré.

Ce que j’apprécie, dans cette saga, c’est que le portrait des personnages soit toujours aussi fin, le mangaka jouant sa partition sur la psychologie des personnages et sur leur rédemption possible, ou leur basculement du côté plus qu’obscur de la Force.

Sans oublier que Knut va devoir régner sur deux pays : l’Angleterre et le Danemark. Un pays à diriger, c’est déjà pas folichon, mais sur deux à la fois, c’est encore plus compliqué qu’il n’y parait.

En tout cas, on se doute que dans les prochains tomes, on va avoir une confrontation entre Knutt et Thorfinn et je me demande bien ce qu’il va en résulter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 10 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 10

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/10/2011)

Résumé :
Au contact d’Einar, Thorfinn aperçoit un monde qui lui était étranger, celui de la paix. Pourtant, il continue d’être rongé par des cauchemars dont il ne parvient jamais à se souvenir et qui pourtant semblent contenir un message important.

Mais aucune vie n’est exempte de violence te Thorfinn et Einar ont de plus en plus de problèmes avec des paysans de la ferme, jaloux de voir le maître accorder de l’attention à de vulgaires esclaves.

Vient alors pour Thorfinn le moment de se rappeler les paroles de son père et d’Askeladd et de faire le choix le plus important de sa vie…

Critique :
Habitués que nous avons été à suivre des combats vikings, qui aurait pu dire que le lecteur apprécierait tout autant la description de la vie dans les champs du Danemark ?

Franchement, je n’aurais pas parié un cent sur un tel engouement et pourtant, pourtant, le mangaka est arrivé à rendre tout cela passionnant en insérant dans cette vie rythmée par les travaux, des petits plus qui donnent envie d’aller plus loin dans l’aventure.

Les différents personnages qui se croisent dans ce tome n’y sont pas non plus étrangers et l’auteur a pris soin de les travailler, de leur fournir une personnalité propre, que se soit le fils du propriétaire, le petit vieux acariâtre et râleur qui aide Thorfinn et Einar, la jolie favorite de Ketil, l’épouse de Ketil qui doit avec ses règles perpétuellement ou les mercenaires engagés pour protéger le domaine.

Tout le monde interagit et sans même s’en rendre compte, on dévore ce tome avec avidité, se demandant toujours comment nos deux amis, Thorfinn et Einar, vont faire pour s’en sortir.

Hé oui, il y a toujours les serviteurs libres de Ketil qui, étant en dessous du tableau hiérarchique, cherchent des poux à ceux qui ne s’y trouvent même pas… Toujours descendre le plus faible, paraît que ça rehausse son prestige… Et puis surtout, c’est si facile.

Thorfinn change, même s’il a toujours l’air un peu zombie, il grandit, devient adulte, on oublie le jeune homme colérique qu’il était, l’assassin sans bruit qu’il fut, et les nombreuses morts qu’il a sur la conscience.

Il comprend que pour avancer, il va devoir changer et affronter ses démons, comme il le fit dans le Valhöll, ce qui donne un petit côté fantastique à l’épisode.

Toujours un tome de transition, mais ici, Thorfinn évolue, change. Il avait déjà commencé à changer au contact d’Einar, un pacifiste, mais là, il repasse du bon côté de la Force et va tenter de quitter son côté obscur.

Un tome bourré de mystères et de suspense, quoiqu’on pourrait en penser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Nuits Appalaches : Chris Offutt

Titre : Nuits Appalaches

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister Americana (07/03/2019)
Édition Originale : Country Dark (2018)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
À la fin de la guerre de Corée, Tucker, jeune vétéran de dix-huit ans, est de retour dans son Kentucky natal. En stop et à pied, il rentre chez lui à travers les collines, et la nuit noire des Appalaches apaise la violence de ses souvenirs.

Sur son chemin, il croise Rhonda, quinze ans à peine, et la sauve des griffes de son oncle. Immédiatement amoureux, tous deux décident de se marier pour ne plus jamais se quitter.

Tucker trouve un boulot auprès d’un trafiquant d’alcool de la région, et au cours des dix années qui suivent, malgré leur extrême précarité, les Tucker s’efforcent de construire un foyer heureux : leurs cinq enfants deviennent leur raison de vivre.

Mais quand une enquête des services sociaux menace la famille, les réflexes de combattant de Tucker se réveillent.

Acculé, il découvrira le prix à payer pour défendre les siens.

Critique :
Et bien, ça m’arrive tellement rarement de ne pas avoir ma phrase d’intro pour une chronique que ça mérite d’être souligné !

Là, je suis toujours un peu groggy, suite à ma lecture passionnante et émouvante de ce que j’appellerais « Les aventures de la famille Tucker ».

Aventures « merdiques », il va sans dire, puisque cette famille habite les collines du Kentucky et que, sans vouloir entrer dans les stéréotypes, je suis pourtant forcée de le faire, car habiter cette région vous colle une étiquette sur le front et que malheureusement, une partie de cette étiquette est véridique.

Peuplée de familles vivant dans la précarité, de pères violents, alcoolos, de jeunes désœuvrés, les collines du Kentucky recèlent toujours une faune assez haute en couleur, même si je ne les ai visitées que par la littérature, mais Chris Offutt en parle tellement bien, qu’on les aime directement, ces white trash.

La famille Tucker est composée d’un vétéran de la guerre de Corée – Tucker – qui a rencontré sa future épouse – Rhonda, 15 ans – en la délivrant de son oncle qui voulait se la faire le jour des funérailles du père de cette même Rondha… Ça vous situe ?

Pour faire bouillir la marmite, notre Tucker devient coursier pour un bootlegger du coin, puisque nous sommes en 1953 et que fabriquer de l’alcool est toujours une activité lucrative. Tucker ne sait rien faire d’autre que la guerre, alors, coursier, ça lui va très bien.

Dix ans plus tard et 5 enfants aussi, Tucker est le meilleur coursier et même si sa famille vit dans la précarité, il est prêt à tout pour elle.

La force de ce roman tient dans ses personnages qui n’ont rien pour eux, au départ, qui ressemblent à tous les gens précarisés de la colline, si ce n’est que chez les Tucker, on aime ses enfants, on les protège, on les couvre de tendresse et que l’on se demande pourquoi on n’arrive pas à faire des enfants sans handicap (une seule fille est née « normale).

Énormément d’émotions dans ce père qui parle à son fils, Big Billy, atteint d’hydrocéphalie, énormément de tendresse dans cette soeur, Jo, qui s’occupe de ses sœurs atteintes, elles, d’autres handicap, tellement de questions et de peine dans cette mère, Rhonda, qui se voit mettre au monde des enfants anormaux et qui fait tout ce qu’elle peut pour tenir sa maison en ordre.

Il y avait aussi tellement de compréhension dans cette dame des services sociaux qui sait comment adresser la parole aux Tucker, alors que son collègue ne veut qu’une chose : les retirer tous à leur mère.

Ce qui entrainera des conséquences lourdes pour la famille et pour ce crétin des services sociaux qui a vu des animaux de foire, des parasites, en lieu et place d’êtres humains doués de sensibilités et d’amour.

Un sacré putain de roman noir comme la nuit, mais une nuit pourvue d’étoiles qui brillent au firmament et qui vont me hanter longtemps tant le récit était magnifique, la plume portant son récit d’une manière acérée.

Un roman noir comme je les aime et comme je voudrais en lire plus souvent. Mon seul bémol sera pour le fait qu’il était trop court et que j’aurais aimé passer plus de temps avec les membres de la famille Tucker.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 09 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 9

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/03/2011)

Résumé :
La vie de Thorfinn a basculé le jour où Knut a tué Askeladd et où, pour le punir d’avoir osé porter la main sur lui, le nouveau roi autoproclamé d’Angleterre l’a réduit en esclavage.

Le jeune homme vit à présent au Danemark, dans la ferme de Ketil. Privé de sa raison de vivre, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Sa rencontre avec Einar, un esclave récemment acquis par maître Ketil va pourtant l’obliger à changer d’attitude.

Pour la première fois de sa vie, Thorfinn a un ami, et c’est toute sa vision du monde qui risque bien d’en être bouleversée.

Critique :
Thorfinn, qui jusqu’à présent était un garçon enragé qui tirait toujours la gueule a perdu sa seule raison de vivre : sa vengeance est à l’eau pour cause de mort de son ennemi, celui qui avait tué son père.

Voir notre Thorfinn n’être plus que l’ombre de lui-même fait froid dans le dos…

Amorphe, avec zéro expression sur le visage, on dirait un zombie en mode arrêt total.

On quitte donc les champs de bataille pour aller s’intéresser de plus près à l’exploitation d’une ferme au temps de vikings… Celle de Ketil.

Voilà un cours plus intéressant que ceux que l’on voyait à l’époque, lorsque j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école. De plus, pour l’exploitation des sols, on passe avant tout par l’exploitation de l’Homme par l’Homme…

Un air de déjà-vu ou d’entendu… Thierry Le Luron, imitant Georges Marchais, en autre…

Tiens, ajoutons un truc toujours d’actualité : pour prouver sa virilité et son courage, Ormar, le fils de Ketil (un sale merdeux de jeune homme bon à rien qui en a marre que son papa ne le prenne pas au sérieux) passe à tabac des esclaves qui ne peuvent pas se défendre…

Anybref, on a un proprio sympa, pour un esclavagiste, un fiston héritier qui est une couille-molle et qui s’y croit et un autre esclave, Einar, pacifiste convaincu, qui va devenir ami avec Thorfinn et défricher avec lui un vieux bois afin de planter ses propres cultures.

Le boulot dur les rapproche, même si Thorfinn ne sait jamais dire merci et le mystère viendra de leur rencontre avec un petit vieux ronchon, Sverker, qui apparemment se plait à leur donner des ordres en échange de son cheval.

Un tome qui marque un changement brusque et net dans la vie de Thorfinn puisque d’enragé, le voilà aussi éveillé qu’un lombric, le regard vide et un ami !

Les amateurs d’action, de sang, de combats épiques et de têtes ou autres membres qui volent, risquent de tomber de haut.

En fait, si on quitte la violence des champs de bataille, on en retrouve une autre, de violence, celle qui est larvée, celle des maîtres envers leurs esclaves, celles des serfs livres envers ceux qui ne le sont pas et qui profitent de leur statut pour se croire sortis de la cuisse de Jupiter et chercher des noises à ceux qui ne peuvent riposter.

Quant à Knut, qui avant était un pleurnichard sans rien entre les jambes, il a toujours sa nouvelle paire de couilles greffées et ses manigances pour accéder au pouvoir sont dignes de Game of Thrones. On meurt beaucoup empoissonné dans son entourage.

Un tome de transition qui nous montre Thorfinn sous un autre jour et qui pose sans aucun doute les bases de la suite de ses aventures. Je me doutais qu’on ne pouvait pas passer 20 tomes avec une envie de vengeance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Shiloh : Shelby Foote

Titre : Shiloh

Auteur : Shelby Foote
Édition : Rivages (06/02/2019)
Édition Originale : Shiloh (1952)
Traducteur : Olivier Deparis

Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France.

Un de ses livres les plus importants en Amérique s’appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps.

Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable devant le spectacle de la violence et la mort. Tous les paradoxes à l’œuvre dans une guerre.

Critique :
Si avant ce roman on m’avait parlé de « Shiloh », j’aurais de suite pensé à Alambix (Astérix et le bouclier Arverne) désignant une réserve de grain, de son parler bien particulier.

Raté et j’ai moins envie de rire car Shiloh est le lieu d’une bataille durant la guerre de Sécession, 6 et 7 avril 1862.

Moins connue que celle de Bull Run, mais tout aussi absurde, inutile, sanglante et tout ce que vous voulez comme adjectif désignant les guerres.

Shiloh, en fait, c’était petite chapelle du sud-ouest du Tennessee et durant quelques jours, ce ne fut pas un lieu de paix ou de recueillement mais un lieu où des hommes se donnèrent la mort et où certains prirent peur.

Renseignements pris sur Wiki, il parait que l’armée de l’Union déplora 13.047 victimes (1.754 tués, 8.408 blessés et 2.885 disparus) et les pertes des Confédérées furent de 10.699 hommes (1.728 tués, 8.012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).

À ce moment là, ce fut une des batailles plus sanglantes de l’Histoire des États-Unis. Qui l’eut cru ?

Les deux camps furent horrifiés par le carnage (tu m’étonnes). Personne ne pensait que la guerre allait durer encore trois années et que huit batailles allaient être encore plus sanglantes… Glaçant, n’est-il pas ?

Tiens, Wiki me dit aussi qu’en hébreu, Shiloh signifie « havre de paix » et désigne, soit la ville de Silo (Canaan), soit la figure biblique Shiloh (figure biblique) dont la signification est contestée. La vie est ironique, je trouve…

Ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs, les questions, les attentes sont les mêmes, qu’ils soient simples soldats, artilleurs ou officier.

Après ma lecture, je serais incapable de vous faire un cours sur cette bataille, mais je pourrais vous résumer la chose en un seul mot : bordel ! Oui, c’est le mot car c’était un sacré bordel sur le champ de bataille et, comme dans toutes les guerres, cette bataille était absurde et les gains minimes en cas de victoire.

Juste pour faire mousser les officiers… Comme toujours. Mais qui monte au front ? Les soldats, même si, dans ces armées, nous avons des officiers pourvus de sacrées paires de coui**** car ils chargent en tête, avec leurs hommes et font preuve de bravoure (ou de folie pure, les deux termes sont jumeaux).

Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Un récit qui nous plonge au cœur de la bataille, dans l’exaltation avant les combats, dans les conditions météorologiques déplorables avec de la boue, de la pluie, du froid, qui nous laisse voir les craintes des hommes quand la bataille a commencé et les horreurs que ce genre d’activité réserve : douleurs, amputations, blessures, confusions, morts, décisions imbéciles…

Je vous avoue avoir soupiré d’aise une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, les cris des soldats m’ont poursuivis et il me faudra un certain temps avant de rire devant un ancien album des Tuniques Bleues.

Terrible et magnifique en même temps. Il était plus que temps que ce roman nous parvienne dans sa traduction pour les francophones.

Vinland Saga – Tome 08 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 08

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/10/2010)

Résumé :
Arrivé à York où son père, le roi Sven, l’a « invité » à venir célébrer ses prouesses militaires, Knut complote un coup d’état avec les conseils avisés d’Askeladd.

Mais au cours du banquet, les choses dérapent. Sven, conscient de l’ambition de son fils, offre à Askeladd un choix sans équivoque: Le pays de Galles ou Knut.

Si Askeladd n’apporte pas à Sven la tête de Knut, celui-ci enverra ses armées raser le pays de ses ancêtres.

Acculé, Askeladd prend une décision qui bouleversera non seulement la vie de Thorfinn, mais aussi celle de toute l’Europe.

Critique :
Tel est pris qui croyait prendre !

À la manière d’un épisode de Game Of Thrones, on aurait pu penser que Askeladd avait gagné le jeu avec le roi Sven, mais comme à la chandeleur, ce dernier va le retourner comme une crêpe, sans oublier d’ajouter la pâte à tartiner maison afin de bien la lui enfoncer profond là où je pense.

Oui, c’est un traitement inadmissible pour une pauvre crêpe, je sais…

Ah, cruel dilemme dans lequel se trouve Askeladd ! Le choix de Tantale car quelque soit son choix, aucun ne le satisfera à 100%, sans compter qu’un coup de pute de la part du roi Sven est toujours possible.

Ce tome nous met à la croisée des chemins, on sent bien qu’après ça, rien ne sera plus le même pour personne ! Que se soit pour le roi Sven, pour son fils Knut (fille ?), pour le mercenaire Askeladd (c’est peu de le dire !!) et Thorfinn, son ennemi juré.

Maintenant, notre jeune Thorfinn va pouvoir chanter ♫ Colchiques dans les prés, C’est la fin de l’été ♪  mais pas sûr que ce nouveau statut le ravisse, surtout qu’on lui a pris sa raison d’être : venger la mort de son père qui avait été tué par Askeladd.

La conquête de l’Angleterre par les Danois vient de prendre un tournant à 180°, on quitte la perfide Albion et ses jeux du trône pour le Danemark et je peux vous dire qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume et que Thorfinn va nous montrer un autre visage, maintenant que l’auteur l’a placé dans un autre arc narratif.

Vivement la suite en espérant qu’elle soit toujours du niveau de ces premiers tomes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Armoiries imaginaires attribuées à Knut au XIIIe siècle par Matthieu Paris

Comme les lions : Brian Panowich

Titre : Comme les lions

Auteur : Brian Panowich
Édition : Actes Sud/Actes noirs (06/03/2019)
Édition Originale : Like Lions (2018)
Traducteur : Laure Manceau

Résumé :
Pendant des décennies le sanguinaire clan Burroughs a régné sur Bull Mountain, Georgie. Ils ont donné dans le trafic d’alcool, la culture de marijuana et ont distribué de la meth dans six états.

Maintenant ils sont tous morts, ne reste que Clayton – le bon fruit né d’un arbre pourri – le dernier survivant.

Sheriff de Bull Mountain il veut enterré son héritage brutal et stopper les violents conflits sur lesquels les Burroughs ont construit leur empire.

Mais les prédateurs débarquent avec l’intention de ré-établir la pompe à drogue et argent de la ville. La mort d’un jeune d’un clan adverse va ameuter les loups à la porte de Clayton.

Pour sauver sa montagne et sa famille Clayton doit choisir entre le passé auquel il ne peut échapper et la loi…

Critique :
Paraît que le lion peut s’accoupler 50 fois par jour, mais l’orgasme du cochon dure 30 minutes… À vous de voir dans lequel des deux vous voudriez vous réincarner.

Oui, le lion est un sacré copulateur, mais aussi un gros fainéant puisque ce sont les lionnes qui chassent et qui se tapent tout le boulot.

Gardez bien cela à l’esprit lorsque vous commencerez à lire ce roman noir comme son prédécesseur (Bull Mountain), mais un chouïa moins sombre, je trouve.

Ici, nous n’avons plus Abel tuant Caïn (non, non, je ne fais pas erreur, je me comprends) mais une guerre des gangs qui évite tout de même les clichés des exécutions en pleine rue puisqu’une partie du gang de Viner ne voulait pas aller marcher sur les plates bandes du clan Burroughs, hormis le fiston Viner, tête brûlée par lequel toute la merde va commencer et immerger tout le monde.

Clayton Burroughs, est de retour ! Pas en grande forme, il s’était pris deux balles dans le coffre dans le tome 1 et maintenant, il boite, boit de nouveau et hésite toujours entre être un sheriff à part entière ou continuer la petite entreprise hyper lucrative commencée par son grand-père, puis reprise par son p’pa et ensuite par son frère aîné : le trafic de drogue en tout genre.

Pour le moment, la lucrative entreprise connait la crise puisque plus un gramme de drogue n’est acheminée dans la montagne et la plupart des caïds ou hommes de mains de son frère sont parti voir ailleurs si le trafic de meth ne se porterait pas mieux.

L’auteur s’engouffre dans un sujet bien connu, celui de la nature qui a horreur du vide et dans notre cas, c’est celui du milieu de la drogue et des truands qui n’aime pas laisser vide la case des trafics en Géorgie du Nord.

L’auteur a su planter un décor réaliste, plus vrai que nature et des personnages qui, bien que faisant partie du clan Burroughs, bien qu’étant des truands, on s’y attache, surtout à Clayton, sa famille et Mike Le Croûteux.

Intelligent, l’auteur a su dresser d’eux des portraits affinés, sans trop s’appesantir sur leur passé, mais tout en nous disant assez pour qu’on ait envie de les apprécier. C’est tout en finesse et en justesse.

Le portrait qu’il nous dresse est celui des bouseux, des gars du Sud qui ont choisi la facilité en passant du mauvais côté de la Loi et si certains sont bas de plafond, d’autres plus tourmentés, certains n’ont rien à voir avec des ploucs et leur cerveau marche du tonnerre niveau stratégie.

Sans en faire trop niveau paysages, le décor est tout de même planté et on sent bien qu’ici nous sommes dans le Sud profond, une fois de plus, celui qui offre le plus de diversité sociale.

Alors oui, il y a de la violence, oui ça risque de saigner, oui on a des morts et certains sont mérités car quand on fait le malin, faut pas s’étonner de tomber dans le ravin et d’entrainer tout le reste du clan avec soi.

Voilà un roman noir comme je les aime, même si celui-ci est moins sombre que d’autres et qu’il possède tout de même une petite lueur de clarté qui donne envie de croire à la possibilité de rédemption ou de changement de mentalité chez certains.

Et puis, le final m’a laissé sur le cul, littéralement et là, je me dis que l’auteur a réussi un coup de pute magnifique. J’adore me faire botter les fesses de la sorte en terminant un roman.

Un roman noir maîtrisé, une suite qui est dans la lignée du premier tome et mes craintes de voir le tout partie en carabistouilles (c’est pas vraiment le mot que je voulais utiliser, je vous laisse deviner mon choix) étaient infondées.

On reste dans du plus classique que pour Bull Mountain mais tout est sous le contrôle de l’auteur qui, il le savait, était attendu au tournant. Pari réussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 07 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 07

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/06/2010)

Résumé :
Escorté par Askeladd et le récalcitrant Thorfinn, le prince Knut arrive enfin au camp de Gainsborough, fort de l’armée de Thorkell qui s’est ralliée à sa cause.

Il y est reçu en audience par le roi Sven en personne.

Commence alors une guerre psychologique entre le vieux roi et son jeune fils qui ne cache pas son intention de lui prendre le trône.

Pour tous les protagonistes de l’histoire, c’est l’heure de choisir sa voie, de réaliser son destin ou bien encore de s’en libérer.

Mais la route s’annonce douloureuse et souillée de sang.

Critique :
Si vous voulez le trône sur lequel est assis votre père et que votre frère n’y accède pas, il n’y a pas 36 manières de l’obtenir…

Et si vous êtes roi et que vous ne voulez pas que votre couillon de fiston vous le chipe, vous n’avez pas 36 solutions non plus !

Game of thrones n’a rien inventé, il doit tout à l’Histoire et elle se répète encore une fois dans ce manga : tuer ou être tué !

Knut n’a rien d’un combattant, rien d’un homme courageux, tous les guerriers de Thorkell ou d’Askeladd aimerait savoir s’il a bien une bite dans son pantalon.

Il est vrai que les traits de Knut sont plus féminins que masculins…

Ce que j’apprécie depuis le tout début, dans cette saga, ce sont les dessins : les traits sont fins, stylisés, bref, un régal pour les yeux. Quant aux combats, les suivre sont aussi un véritable plaisir tant tout est bien détaillé.

En ce qui concerne les personnages, ils sont fouillés, détaillés, travaillés, que ce soit un personnage important ou l’imbécile du coin, sans compter qu’ils ne sont pas figés et qu’ils évoluent, en bien ou en mal, ça, on le découvre au fil des tomes.

Le scénario ne tourne pas en rond, on ne s’amuse pas comme un chien qui tenterait d’attraper sa queue mais on avance et le mangaka fait toujours en sorte de nos garder du suspense, ce qui me fait penser que ceux qui ont suivi cette série au lieu d’arriver après, comme moi, on dû souffrir entre chaque parution de tome.

L’auteur ne délaisse pas le côté historique pour nous proposer uniquement des scènes de baston ou de batailles. Cela nous permet de comprendre un peu mieux la psychologie et le mode de vie, de pensée, des gens à cette époque là.

Le roi Sven Ier a bien existé et son fils Knut aussi (dit Cnut ou Knud). Des Danois sur le trône d’Angleterre… Shocking, dirait la reine actuelle.

Mais ce qui m’a le plus fait flipper, dans ce tome, c’est le jeu psychologique auquel Askelaad et le roi Sven vont jouer. Chacun gagnant des points sur l’autre, chacun ne voulant rien laisser passer, l’issue de leur joute est incertaine et rien n’est gagné.

Niveau lecture, ce duel des mots fut un régal et son issue m’a troué le cul !

Ouf, je peux sans problème entamer la lecture du tome suivant sans attendre, ce qui aurait été un suspense insoutenable, nom d’un Norrois !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Vinland Saga – Tome 06 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 06

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (2010)

Résumé :
Après des semaines de course-poursuite à travers l’Angleterre, l’armée d’Askeladd a finalement été rattrapée par celle de Thorkell.

Voyant Askeladd grièvement blessé, Thorfinn se précipite dans la bataille sanglante.

Pour sauver la tête de l’assassin de son père, le jeune Islandais en exil accepte de se battre en duel contre Thorkell.

De son côté, le prince Knut, traumatisé par la mort de son fidèle Ragnar, prend une décision qui bouleversera l’Europe.

Critique :
Oulà, mais je manque à tout mes égards, moi ! Cela faisait déjà si longtemps que j’avais abandonné le jeune Thorfinn combattant le grand guerrier Thorkell dans la neige et le froid de l’Angleterre !

Le tout en suspens, sans savoir si le petit teigneux allait arriver à prendre la main sur le grand baraqué face à lui et sur ce qu’il allait advenir d’Askeladd, blessé et du prince Knut le chouinard.

Pour Knut, bonne nouvelle, il est enfin allé s’acheter une paire de couilles et il va s’affirmer un peu plus au lieu de passer son temps à geindre à tel point que tout les guerriers le prennent pour une fille.

Ce tome fait la part belle au combat qui oppose le blondinet Thorfinn, excellent combattant, mais aussi petit roquet qui s’énerve très vite – Askeladd lui répète sans cesse – et le badass Thorkell, sans omettre de nous en apprendre un peu plus sur Thors le Troll, le père de Thorfinn, que Thorkell a bien connu lorsqu’ils se battaient au sein des Jomsvikings.

Une partie du voile se lève et le mystère est moins épais…

Mais il n’y a pas que de la baston pure dans ces 224 pages, ce serait trop facile, il y a aussi de la stratégie, car si le blondin est trop fougueux et aveuglé par la haine pour réfléchir, Askeladd a tout d’un Napoléon au sommet de sa forme, niveau stratégie. Ce dernier est fin, très fin.

Alors que je pensais aller dans une direction, l’auteur change son arc directionnel afin de nous entraîner dans de nouvelles péripéties et là je peux vous dire que je ne sais pas où je vais me retrouver…

Sûrement pas au soleil des Bahamas, je prédis même que je vais encore me geler les orteils dans la poudreuse anglaise, ces pauvres étant sous la domination des vikings et pas de Brexit en vue !

Peut-être bien qu’on se dirige vers une guerre des trônes… et à ce jeu là, soit on gagne, soit on meurt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Les Trois Mousquetaires : Alexandre Dumas [LC avec Bianca]

Titre : Les Trois Mousquetaires

Auteur : Alexandre Dumas
Édition : Le Livre de Poche – Les Classiques de Poche (2017)
Édition originale : 1844

Résumé :
Le roman raconte les aventures d’un Gascon désargenté de 18 ans, d’Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII.

Ces quatre hommes vont s’opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche.

Critique :
Ma culture des trois mousquetaires s’arrêtait à un dessin animé de l’époque de Club Dorothée « D’artagnan et les trois mousquetaires » où tout le monde avait des têtes d’animaux…

Plus récent (et à cause d’une petite sœur) ma connaissance s’était agrandie avec le dessin animé « Albert le cinquième mousquetaire »…

C’est vous dire si ma culture avait besoin d’un coup de torchon afin de revenir à la normale avec le roman de Dumas (ou d’un de ses ghostwriter).

Véritable roman d’aventure, de capes et d’épées et de péripéties en tout genre, ce roman a tout pour nous entraîner dans de folles cavalcades afin d’empêcher un complot d’arriver à sa fin, de sauver une belle jeune fille, de confondre une vile espionne qui mérite le titre de super salope perfide ou de faire le siège d’une ville avec l’armée du Roi, Louis XIII.

Si j’avais lu ce roman lorsque j’étais jeune, j’aurais sans doute moins remarqué les petites incohérences et le changement de caractère de certains personnages, tel d’Artagnan qui, tantôt semble être un volcan prêt à aller croiser le fer avec Rochefort et l’instant d’après semble le plus posé des hommes.

Tout comme un jour il est fou amoureux de madame Bonacieux, puis de Ketty, la femme de chambre de Milady de Winter puis de milady, elle-même, changeant sans cesse de sentiments, tel un ado en chaleur. Purée, d’Artagnan, décide-toi, mon gars !

Ou comme Felton qui se fait retourner par une milady manipulatrice, une madame Bonnacieux qui écoute aussi son baratin, à se demande comment est-ce possible de croire à de telles fadaises débitées par une inconnue…

Ben si, c’est possible, on croit bien tout ce que nous débite la télé et les réseaux sociaux et on s’en va, bille en tête ! Pour le personnage de John Felton, là, je lui décerne le titre du connard d’imbécile de crétin de sa mère d’empaffé de sa race.

Beaucoup de rebondissements, dans ces pages, on peut comprendre puisqu’à l’époque, c’était diffusé en feuilleton, il fallait donc du cliffhanger, du suspense, du mystère, des trahisons, des complots, de l’espionnage, des reines à sauver et des maris à cocufier.

Si nos quatre héros (d’Artagnan, Aramis, Porthos et Athos) accompagné de leurs quatre valets (Grimaud, Mousqueton, Bazin et Planchet) sont des personnages sympathiques et courageux, ils ne seraient rien sans des méchants de grande envergure, que ce soit la Milady de Winter, la perfide éminence grise de son éminence le cardinal de Richelieu (dont on ne sait pas trop pour qui il roule), l’énigmatique comte de Rochefort et le ténébreux comte de Wardes.

Évidemment, dans la réalité, des aventures pareilles sont quasi impossibles, mais nous sommes dans de la réalité sublimée et cela devient de la fiction et là, tout est permis, pour le plus grand plaisir du lecteur qui voit le récit et les personnages virevolter dans une danse endiablée, lui procurant quelques heures de saines distractions.

Attention, je ne dis pas que tout est inventé, les ferrets en diamants de la reine ont bel et bien disparu, le siège de La Rochelle a eu lieu, des personnages de ces pages ont réellement existé

Certains pourraient se demander ce que pareil titre fait dans un Mois du Polar, mais c’est parce que nous sommes bel et bien face à un polar, nom d’un mousquet !

On a des mystères, des enlèvements à résoudre, une reine à sortir de la merde, du suspense, de l’espionnage, des complots, des morts, des tentatives d’assassinats, une vieille affaire qui revient à la surface, un jugement, des magouilles, des assassins et des assassinés et il faut résoudre tout ça pour que le pays tourne mieux.

Que vouloir de plus ? L’auteur a pris un contexte historique et s’est introduit dedans afin de la magnifier, de le détourner, de le changer, de le malaxer pour le préparer à sa sauce, même si on se doute qu’il a eu un cuisinier pour lui couper les légumes et commencer la cuisson du bouillon, c’est Dumas qui a assaisonné le tout de sa plume magique.

Ma copinaute de LC, Bianca, a apprécié sa lecture, même si elle a trouvé le siège de La Rochelle un peu trop long et je ne peux pas lui donner tort, même si chez moi c’est passé un peu mieux.

Question à deux balles : son éminence le cardinal de Richelieu est-il le créateur des slips du même nom ?? (Éminence…)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), et  Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°49 – La pierre de Mazarin – lire un livre se déroulant à l’époque du cardinal de Mazarin, le 17è siècle).