Hercule Poirot (BD) – Tome 5 – La Mystérieuse affaire de Styles : Jean-François Vivier, Romuald Gleyse et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – Tome 5 – La Mystérieuse affaire de Styles

Scénariste : Jean-François Vivier (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Romuald Gleyse

Édition : Paquet – Agatha Christie (05/08/2020)

Résumé :
1917, le capitaine Hastings, blessé au combat, est rapatrié en Angleterre et vient passer sa convalescence à Styles Court, dans la demeure familiale de son ami John Cavendish.

L’ambiance est lourde car Emily, la mère de John, s’est remariée avec l’antipathique Alfred Inglethorp, plus jeune qu’elle.

Et quand Emily meurt, empoisonnée, le hasard fait bien les choses avec la présence sur les lieux d’un ancien policier belge, un ami du capitaine Hastings. Hercule Poirot saura-t-il démêler le vrai du faux et confondre le coupable ?

Critique :
Cette mystérieuse affaire de Styles, je l’ai lue d’abord en roman, lorsque j’étais gamine, puis j’ai vu plusieurs fois d’adaptation télé avec David Suchet dans le rôle de Poirot, je l’ai vue adaptée par « Les petits meurtres d’Agathe Christie », je l’ai relue en roman et maintenant, je me la fait en version bédé.

Pas de surprise à avoir, je me souviens encore de la résolution de l’affaire. Néanmoins, j’apprécie toujours une relecture, quelle qu’elle soit, d’un roman d’Agatha Christie.

La première chose qui m’a frappée, dans cette adaptation, ce sont les dessins, notamment celui du capitaine Hastings qui, avec son uniforme militaire et son képi, avait un petit air de ressemblance avec Francis Blake (E.P Jacobs). Ensuite, ça sautera moins aux yeux.

En tout cas, je ne serai pas fan des illustrations qui m’ont donné l’impression d’être enfantine. Elles auraient mieux collé à une bédé d’humour qu’à une adaptation d’un roman policier. Hercule Poirot n’est pas bien réalisé, il lui manque son élégance, sa raideur, son côté guindé.

Malgré ces défauts, l’adaptation est bien faite, même si, du fait de ses 64 pages, il a fallu tailler dans le scénario original. Cela donne du rythme à l’ensemble, certes, mais cela paraît aussi être trop précipité à un moment donné.

Les explications de Poirot sont claires, détaillées, pas de soucis pour ceux ou celles qui ne connaîtraient pas l’histoire et la découvriraient pour la première fois.

Cette adaptation n’entrera pas dans les plus réussies (ce n’est que mon avis), malgré tout, bien que les dessins m’aient semblés simplistes, le corps du roman est respecté, malgré les coupes scénaristiques. C’est ce qui est le plus important, à mon sens.

Cette bédé policière pourra faire le bonheur des lecteurs et lectrices qui n’ont pas encore découvert l’univers d’Agatha Christie et qui n’ont pas le courage (ou l’envie) de se lancer dans ses romans (ce ne sont pas des pavés, je vous rassure).

Malgré tout, je privilégierais la découverte par le biais des romans originaux ou, au pire, par l’excellente série télé avec David Suchet (oui, j’adore son interprétation de Poirot).

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°252], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Agatha Christie (BD) – T19 – La maison du péril : Didier Quella-Guyot, Thierry Jollet et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie (BD) – T19 – La maison du péril

Scénariste : Didier Quella-Guyot (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Thierry Jollet

Édition : Emmanuel Proust (05/11/2009

Résumé :
Trois fois, la jolie Magdala échappe à la mort… Le détective belge Hercule Poirot ne croit pas aux coïncidences, trop, c’est trop ! Mais en enquêtant sur l’entourage de la jeune femme, il va découvrir bien des zones d’ombre…

Critique :
Cela fait des années que j’avais lu ce roman d’Agatha Christie, puis, je l’ai vue deux fois en série télé.

La première fois dans la série Hercule Poirot (avec David Suchet) et l’autre, dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie » (version avec le commissaire Larosière).

Ma mémoire se souvenait encore de l’essentiel, donc, si l’adaptation était fidèle, ce serait zéro surprises, mais le but était plus de voir ce que valait cet album, vu que la collection réalisée par les éditions Emmanuel Proust est en dents de scie, avec plus de bas que de hauts.

Les dessins sont classiques, le visage de Poirot, de loin, est élégant, mais une fois que l’on rapproche la caméra, heu, qu’on le dessine en plan serré, c’est moins joli, on le dirait boursouflé (léger). Nous sommes loin de son visage de forme ovoïde, mais au moins, il me plaît bien (j’ai vu des horreurs).

Il y a quelques dialogues entre Hastings et Poirot qui sont amusants, mais la version télé avec David Suchet était plus amusante, plus légère. Bon, c’est David Suchet aussi…

— Dites, on est invités ce soir à un feu d’artifice chez Nick.
— Quoi ? Vous me réveillez pour m’annoncer un feu d’artifice, ce soir ?
— Elle sort de ma chambre.
— Oh ! Bravo Poirot ! Je ne vous croyais pas à ce point séducteur.
— Hastings ! Qu’allez-vous imaginer ?

Cette adaptation bédé se situera dans les hauts de la pile, car elle est très bien faite. Il y a assez de détails pour que l’on ne tombe pas des nues lorsque Poirot explique le tout, même s’il le fait en quelques cases, seulement.

Si, comme d’habitude avec la reine du crime, rien n’est simple, que ses intrigues sont bien ficelées et que l’on tombe souvent de haut une fois la solution donnée, il n’y avait pas besoin de faire des longueurs dans les explications, elles sont limpides.

On comprend tout très facilement (je n’avais rien oublié, le suspense et la surprise étaient donc inexistants pour moi), pas comme dans d’autres adaptations où mon esprit avait bugué et qu’il m’avait fallu une nouvelle adaptation pour comprendre (Le crime du golf, pour ne pas le citer).

Ici, c’est clair, c’est net, c’est propre. Put***, que ça fait du bien !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°248], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Agatha Christie – Tome 02 – Mort sur le Nil (BD) : François Rivière, Solidor et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 02 – Mort sur le Nil (BD)

Scénariste : François Rivière (d’après l’œuvre d’Agatha Christie)
Dessinateur : Solidor

Édition : Emmanuel Proust (05/11/2002)

Résumé :
Linnet Ridgeway n’aurait jamais dû épouser le fiancé de sa meilleure amie… Car sa lune de miel va virer au cauchemar… Elle est retrouvée assassiné dans la cabine du luxueux paquebot qui descend le Nil.

Les petites cellules grises d’Hercule Poirot se mettent alors en branle : tous les passagers ont en effet de bonnes raisons d’en vouloir à la richissime héritière.

Critique :
La première chose qui fait mal aux yeux, dans cette bédé, ce sont les couleurs !

Les tons jaunes criards de la première planche m’ont déjà donnée envie de faire demi-tour. Je pensais que cela s’estomperait ensuite, mais peine perdue, le jaune sera la teinte dominante.

D’accord, nous sommes en Égypte, les tons se devaient d’être chauds, mais là, c’est loupé.

Par contre, j’ai bien aimé le Poirot : pas trop rond comme j’ai déjà vu dans certains adaptations, pas une tête de crétin non plus. Un bon point pour cette adaptation dont je me souviens encore parfaitement du modus operandi et du nom de la personne coupable. No spolier !

Bizarrement, les visages de quelques personnages masculins sont allongés (Simon Doyle et le colonel Race). Pour le reste, nous sommes dans de la ligne claire, à la manière de « Blake & Mortimer », pour les citer en exemple.

Les paysages de l’Égypte sont bien représentés, ainsi que l’ambiance délétère qui règne sur cette croisière qui ne semble pas s’amuser.

Le couple Ridgeway/Doyle se fait persécuter par l’ancienne fiancé de Doyle, Jacqueline de Bellefort. La jeune Cornélia est persécutée par sa cousine Marie qui l’a prise sous son aile et la jeune Rosalie Otterbourne est persécutée par sa mère, vieillissante et acariâtre.

Non, ce n’est pas la croisière s’amuse ! Plutôt la croisière se fait occire… Pas moins de trois personnes perdront la vie sur ce joli bateau.

Ce qui m’avait fasciné, dans le roman, c’est qu’en plus de tomber de haut lors de la résolution de cette affaire, c’est que la reine du crime avait bien caché ses indices et fait en sorte que tous les personnages aient une chose à se reprocher, ait commis un acte dont ils/elles n’ont pas envie de parler, ne sont pas des agneaux mais des voleurs…

Cela a bien été retranscrit dans la bédé, même si, en 48 pages, il faille faire des sacrifices. Au moins, le plus important était présent.

Les explications finales sont présentes, sans être brouillonnes, bien que, dans le roman, elles soient plus longues. Ici, elles sont données à la dernière page et il semble que Poirot se dépêche de nous les donner avant que la dernière case n’arrive. Suivez bien les explications.

Finalement, cette adaptation bédé n’était pas si mal que ça. J’ai connu bien pire, dans cette série éditée par E.P. Dommage pour les couleurs horriblement criardes, elles aussi.

PS : exceptionnellement, à 14h, j’aurai de nouveau une fiche sur une adaptation bédé de l’œuvre d’Agatha Christie, sans couleurs criardes, cette fois-ci !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°157], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°39] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

[SÉRIES] Le Noël d’Hercule Poirot – Hercule Poirot’s Christmas : Saison 6 / Épisode 1 (1995)

Le Noël d’Hercule Poirot (Hercule Poirot’s Christmas) est un téléfilm britannique de la série télévisée Hercule Poirot, réalisé par Edward Bennett, sur un scénario de Clive Exton, d’après le roman Le Noël d’Hercule Poirot, d’Agatha Christie.

Ce téléfilm, qui constitue le 42e épisode de la série (saison 6, épisode 1), a été diffusé pour la première fois le 1er janvier 1995 sur le réseau d’ITV.

 

Synopsis :
Hercule Poirot se prépare à passer tranquillement les fêtes de Noël. Mais cinq jours avant Noël, Simeon Lee, un vieillard impotent, tyrannique et très riche, lui demande de se faire passer pour un vieil ami et de venir s’installer dans son manoir pour les fêtes afin de protéger sa vie qu’il croit en danger.

Il a réuni sa famille, trois fils sans affection, deux mystérieuses belles-filles et une nièce exotique, afin de leur annoncer qu’il va modifier son testament et procéder à quelques aménagements dans l’attribution des rentes.

Il annonce cette nouvelle sans ménagement à sa famille. Peu après, Simeon est retrouvé mort dans sa chambre fermée à clef de l’intérieur…

Ce que j’en ai pensé :
Si je déteste les téléfilms sirupeux qui passent avant la période de Noël et consacrés à cette période festive, si je ne lis que rarement des romans ayant pour thématique la Noël en décembre, je ne crache pas sur un Hercule Poirot.

Un meurtre, du mystère, du suspense, un enquêteur intelligent, la bonne société anglaise qui cache ses miasmes sous les tapis, les chansons de Noël autour d’un piano et ces réunions de famille qui tournent toujours au drame, ça, se sont de bons ingrédients pour cette période !

De plus, visionner l’épisode repassant à la télé, avec un bon plaid sur les genoux et, cerise sur le plaid, mon chat sur ce dernier, la tête posée sur mon bras gauche, ça n’a pas de prix !

Peu de suspense pour moi puisque je me souvenais du modus operandi et du nom du coupable, non pas en raison de ma relecture de 2014, mais parce que j’avais regardé l’adaptation télé de « Petits meurtres en famille » avec Antoine Duléry et Marius Colucci (adaptation qui ne devait pas avoir de suite, en raison du final… Vu le succès, il y a eu une suite et il faut faire totale abstraction des faits ensuite en raison de l’incompatibilité chronologique entre la mini-série de 2006 et la série de 2009).

« Les petits meurtres d’Agatha Christie », la version avec Swan Laurence, avait aussi adapté ce roman dans « Meurtres en solde », gardant le même modus operandi, tout en changeant le coupable.

Anybref, tout cela n’a pas entamé mon plaisir de retrouver ce cher David Suchet dans le rôle d’Hercule Poirot, de le voir évoluer dans cette famille anglaise typique qui se déchire autour du fric et de l’héritage de leur père. Un des fils, député, a beau afficher de grands airs, sans la rente octroyée par leur père, il ne pourrait mener ce même train de vie, vu ce que sa femme dépense…

Disputes aussi parce que la fille de leur sœur, exilée et décédée, est arrivée et que le paternel voudrait la coucher sur son testament. Zut alors, il décèdera avant ! En chambre close…

Sans avoir souvenir du nom du coupable, il serait assez difficile de mettre la main dessus, tant la reine du crime a su cacher ses indices et jouer avec les règlement des romans policiers puisqu’elle ne le respecte en rien. Tant mieux, fuck the rules !

Comme toujours, ces anglais, pétri d’égo, se pensent mieux que le reste du monde, mieux que ces étrangers qui les envahissent – regards appuyés sur Hercule Poirot – ce français qu’ils regardent avec condescendance, ne sachant même pas qu’il est Belge.

Et lorsque notre détective dénonce les coupables dans ses enquêtes, la haine brille dans leurs yeux, mécontents qu’ils/elles sont d’avoir été découvert par un étranger ! Bravo les gars, c’est toujours la faute des autres, bien entendu… L’Histoire est un éternel recommencement, hélas, l’Homme n’apprend rien de ses erreurs de jugement.

Si l’adaptation française était plus longue (4 épisodes de 90 minutes), ajoutant d’autres personnages, d’autres faits à l’histoire originelle d’Agatha Christie, sa version courte et épurée n’en reste pas moins très bonne, allant à l’essentiel et se jouant des téléspectateurs comme la reine du crime savait si bien le faire.

Le final reste excellent, même en le connaissant, tant il est imprévu et bien vu !

Noyeux Joël à tout le monde et si Hercule Poirot n’a pas mis le petit Jésus dans une crèche, il ne tient qu’à vous de le faire (ou pas, c’est votre liberté). Le tout sans connotation religieuse, bien entendu ;-))

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°104],Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°79].

[Série] ABC contre Poirot (2018) : Sarah Phelps

ABC contre Poirot (The ABC Murders) est une mini-série télévisée britannique de quatre épisodes, écrite par Sarah Phelps et réalisée par Alex Gabassi, diffusée du 26 au 28 décembre 2018 sur BBC One, en trois épisodes. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom d’Agatha Christie publié en 1936.

Synopsis :
En 1933, à Londres, le célèbre détective belge Hercule Poirot est vieillissant et coule une retraite paisible. C’était sans compter sur Alexander Bonaparte Cust, qui arrive à Londres et s’installe dans une pension glauque.

Avec sa machine à écrire, il tape des lettres, signées d’un mystérieux ABC, qu’il envoie à Hercule Poirot. Dans ces lettres, ABC explique à demi-mot son jeu macabre : assassiner, dans l’ordre alphabétique, des personnes dont le nom et le prénom commencent par la même lettre que la ville où le meurtre a lieu.

Le détective décide d’enquêter mais se heurte à l’inspecteur Crome. Sur chaque scène de crime, Poirot retrouve un indicateur des chemins de fer ouvert à la lettre correspondante et taché de sang.

Peu à peu, Poirot commence à faire le lien entre lui, ces villes et les personnes assassinées…

Personnages principaux :

  • John Malkovich : Hercule Poirot
  • Rupert Grint : Inspecteur Crome
  • Andrew Buchan : Franklin Clarke
  • Eamon Farren : Alexander Bonaparte Cust
  • Jack Farthing : Donald Fraser
  • Gregor Fisher : Dexter Dooley
  • Tara Fitzgerald : Lady Hermione Clarke
  • Henry Goodman : Sidney Prynne
  • Shirley Henderson : Rose Marbury
  • Bronwyn James : Megan Barnard
  • Freya Mavor : Thora Grey
  • Kevin McNally : inspecteur Japp

Ce que j’en ai pensé :
A.B.C contre Poirot, je commence à connaître puisque j’ai vu son adaptation pour « Les petits meurtres d’Agatha Christie » et que j’ai lu, en juin, son adaptation en bédé.

Là, je découvrais, au cours d’un zapping, une nouvelle adaptation du roman en mini-série avec John Malkovich dans le rôle de Poirot.

Évacuons de suite ce qui m’a profondément gêné : John Malkovich n’est pas un Poirot crédible du tout !

Il n’est pas obnubilé par ses petites cellules grises, ne porte pas sa moustache ridicule mais une barbichette, ne semble pas avoir une haute opinion de lui-même, n’a pas vraiment l’allure d’un dandy et on dirait que son orgueil est parti en vacances sans le prévenir…

J’adore John Malkovich, mais pas dans le rôle du détective belge ! Il a foiré le personnage, selon moi, mais ceci n’est que mon avis, vous le savez bien.

C’est un Poirot vieux (en 1933 ???) qui se trouve face à nous. Son succès n’est plus là, c’est un has been. Exit aussi l’inspecteur Japp, pensionné heureux qui bine ses salades, avant de d’aller les manger par la racine…

Par contre, son remplaçant, c’est Ron Weasley ! Heu, pardon, Rupert Grint… Je le préférais en gamin dans Harry Potter, ici, dans son rôle de l’inspecteur Crome, remplaçant de l’inspecteur Jaap, il joue le rôle d’un homme imbu de sa personne, qui ne réfléchit pas toujours avec discernement et considère Poirot comme un vieux chieur.

Ron, ta copine Hermione t’aurait conseiller d’aller faire un tour à la bibliothèque ! Là, tu verras que Poirot n’est pas un imbécile ! D’ailleurs, il y a une lady Hermione dans l’épisode…

Maintenant que j’ai évacué le mal, tirons la chasse et passons à ce que j’ai apprécié dans cette mini-série : les décors et les ambiances 1933…

Qui dit 1933, dit merde brune qui commence à sentir mauvais du côté de l’Allemagne et ça remonte jusqu’à la perfide Albion, qui en a marre des immigrés et qui aimerait qu’on les remballe chez eux (une éternelle rengaine), Hercule Poirot y compris, lui qui n’a pas fait la guerre quand son pays a été envahi (son pays qui est aussi le mien… ♫).

Pas besoin de vous faire de dessins, les imbécilités faites en paroles ou en actes ne changent pas selon les époques, on charge à fond l’étranger, on le rend coupable de tous ses maux et on se dit qu’une fois entre nous, on sera mieux.

Erreur fatale, mais tout le monde ne l’a pas encore compris… L’hypocrisie est dans le camp des Anglais, eux qui ont eu un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et dont les habitants des colonies auraient sans doute apprécié qu’ils foutassent le camp de chez eux.

Anybref, c’est dans cette ambiance « brexit » que se trouve l’Angleterre quand le tueur ABC se met à trucider en suivant l’alphabet.

En fouillant un peu sur le Net, j’ai appris que la réalisatrice n’avait jamais lu les romans d’Agatha Christie et qu’elle était donc partie totalement vierge en ce qui concernait ce personnage. Au lieu de reproduire à l’identique ce qui avait déjà été fait 100 fois, elle a préféré mettre Hercule Poirot au centre de l’épisode et lui écrire un passé.

Un passé qui m’a fait tomber de haut… On aimera ou l’on criera à l’hérésie. Il est vrai que découvrir Poirot dans cette profession-là à de quoi déstabiliser (non, Ida, il n’est pas meneuse de revue au Moulin Rouge !!!).

Mon avis restera mitigé sur cette mini-série. Autant où j’ai apprécié les ambiances des années 30 qui montraient les Anglais dans leur xénophobie galopante (comme c’était déjà le cas durant l’ère victorienne), autant où j’ai apprécié les décors qui donnaient vraiment l’impression d’avoir voyagé dans le temps, autant où j’ai aimé les petits changements apporté à l’œuvre originale qu’est le roman, je reste bloquée sur Malkovich en Poirot.

Il ne saurait égaler David Suchet (qui pourrait ?), mais j’aurais mieux aimé que l’on fasse cette mini-série sans son personnage, avec un autre enquêteur, comme dans l’adaptation française. Malkovich ne m’a pas emballée en Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°17] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°71].

Agatha Christie – Tome 16 – Cartes sur table : Franck Leclercq et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 16 – Cartes sur table

Scénaristes : Franck Leclercq et Agatha Christie
Dessinateur : Franck Leclercq

Édition : Emmanuel Proust Éditions (2009)

Résumé :
Quatre spécialistes du crime et quatre criminels endurcis sont conviés à dîner par l’étrange Monsieur Shaitana.

Une soirée peu commune, qui se conclut par une passionnante partie de bridge…

Et l’assassinat du maître de maison !

Entre alors en scène le plus légendaire des détectives : Hercule Poirot… Cette fois-ci, « ses petites cellules grises » auront fort à faire pour résoudre cette énigme criminelle des plus complexes.

Critique :
À l’époque lointaine où j’avais lu le roman, il m’avait semblé difficile à comprendre car je ne connaissais rien (et je ne connais toujours rien) au bridge. Pour la petite précision, je devais avoir dans les 14 ans lorsque je l’avais lu.

Ayant tout oublié, la série « Les petits meurtres » avait été une bonne chose pour faire la mise à jour mémorielle et faire en sorte de ne plus oublier le nom du coupable et le moment où il avait choisi de passer à l’acte.

Les dessins ne m’ont pas enchantés mais comparés à d’autres de cette même collection (ou d’autres éditions), on pourrait presque dire qu’ils sont super, même si certains traits sont épais alors que la première planche avait des airs de ligne claire.

L’allure générale de Poirot n’est pas une de celle que j’apprécie, mais comme toujours, comparée à d’autres albums, la tête de notre détective est plus que correcte.

Je reprocherai à sa démarche ou à certaines de ses poses, un côté un peu trop statique, une raideur dans les dessins qui semble plus tenir d’un Lego© que de son allure guindée naturelle, comme le montre l’illustration ci-dessous.

Et puis, shocking, une seule allusion à ses petites cellules grises, aucune trace de ses petites manies habituelles et encore pire, il fait toute l’enquête avec le même costard brun informe, ce qui est choquant car ça ne met pas en valeur sa recherche de l’élégance.

Nous sommes face à un Poirot de pacotille, une imitation alors que l’album est une transcription fidèle du roman et non un apocryphe. On le voit même non rasé, les cheveux pas encore coiffé lorsqu’il prend son petit-déjeuner.

Heureusement qu’il lui reste son talent de détective et qu’il arrivera à résoudre cette sombre affaire de meurtriers parfaits que Shaitana avait rassemblé dans sa demeure afin de jouer avec eux comme un chat avec des souris. Sauf qu’une souris avait tué le chat.

En ce qui concerne les dessins de Ariadne Oliver (sa première enquête avec Poirot), ils sont changeants selon les case et elle avait une allure un peu trop glamour et nous sommes loin de la toison de cheveux gris qu’on lui attribue dans les romans originaux. Au moins, son caractère féministe est resté mais elle n’a pas croqué la pomme…

Par contre, les anglais sont fidèles à eux-mêmes en ayant une très haute opinion d’eux et de leur cher pays !

Si les dessins ne sont pas au point, ils sont tout de même un poil meilleurs que d’autres et les couleurs assez claires n’ont jamais assombris des visages ou des décors. Hélas, ça manquait un peu de pep’s.

Cette mise en album d’un roman fait toujours perdre des tas de détails, il faut caviarder et couper un peu partout afin de tout caser dans 48 pages. Je vais me répéter, mais avec plus de pages, le récit aurait pu être plus complet et moins tranché.

La bédé est une bonne idée pour ceux ou celles qui voudraient découvrir Poirot et qui auraient la flemme de lire les romans originaux et pourtant, rien ne vaudra jamais l’original à la copie. Par contre, pour se remettre en mémoire le roman, la bédé est intéressante. Il y a à boire et à manger dans le concept.

Une fois plus, la Reine du Crime avait trouvé un plan retors, machiavélique qui laissait son lecteur bouche bée devant la résolution. Fallait y penser !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°30], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°60], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

 

Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 03 – Crime en toutes lettres : Sophie Hannah

Titre : Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 04 – Crime en toutes lettres

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (2018) / Livre de Poche (2019)
Édition Originale : The Mystery of Three Quarters
Traduction : Valérie Rosier

Résumé :
Hercule Poirot découvre une femme l’attendant devant sa porte, furieuse qu’il l’ait accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Poirot est sous le choc, il ne connaît pas non plus cet homme.

Une deuxième surprise l’attend à son bureau, lorsque John McCrodden lui annonce avoir reçu une lettre signée de Poirot, l’accusant du meurtre de Pandy.

Critique :
Pour les inconditionnels du détective belge, Hercule Poirot, lire ses nouvelles enquêtes écrites par Sophie Hanna, ce n’est pas la même chose.

Ça en a la couleur, ça y ressemble, mais c’est du Canada Dry© mis à côté d’un vieux whisky qui a passé du temps dans son fût de chêne.

N’allez pas croire que ce soit mauvais, le Canada Dry© est d’ailleurs mon soda préféré ! Malgré tout le talent de l’auteure, il lui est impossible de faire comme Agatha Christie.

La première chose qui frappe, se sont les différents personnages qui semblent futiles, guère approfondi, légers. Ceux d’Agatha Christie avaient baignés dans leur jus, les sauces étaient relevées, épicées, vous nappaient le palais, tandis qu’ici, hormis le gamin, Timmy, ils avaient tous l’air d’avoir baigné dans un bouillon Knorr industriel, comme si l’auteur avait manqué de tendresse pour eux.

Les deux premiers personnages étaient même à baffer : invectivant Poirot, à qui ils reprochaient l’envoi d’une lettre horrible, où ce dernier les accusait d’un crime, aucun des deux n’a pris la peine d’écouter le détective leur jurer de ses grands dieux n’avoir jamais écrit pareille lettre.

Ils étaient tellement dans leur trip, versant leur fiel sur le détective et sur tout le monde dans leur entourage, sans écouter un traitre mot de Poirot, que sur le moment, j’ai pensé à deux acteurs de caméras cachées jouant un rôle et je m’attendais presque à voir jaillir monsieur Zygo ou Marcel Béliveau, hilares, d’avoir réussi à piéger Hercule. Loupé.

Dans les critiques lues, certains reprochaient un récit trop long à se mettre en place, je ne leur donnerai pas tort, ça avance lentement, mais je n’ai pas ressenti cette lenteur de mon côté.

J’ai pris plaisir, malgré tout, à suivre Hercule Poirot, même si ce n’était qu’une copie du vrai et qu’il m’a semblé, à certains moments, un peu fadasse aussi, comme s’il lui avait manqué ces fameux jus de cuisson made in Christie et qui lui donnaient un goût hors du commun, irrésistible, celui que David Suchet su lui donner quand il lui prêta ses traits.

Dans ce troisième tome des nouvelles enquêtes, pour la première fois, l’on va parler de la peine de mort, avec d’un côté ses adeptes et de l’autre son détracteur. Comme toujours, dans ces discussions là, c’est tout ou rien et chacun est certain d’avoir raison, là où Poirot mettra plus de tempérance, là où moi je suis souvent le cul entre deux chaises.

Il y aura beaucoup d’hypocrisie ensuite, mais ça, c’est normal face à l’être humain qui n’est pas à une contradiction près et qui nous la joue ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪. L’analyse finale de Poirot sera un joli petit moment car il mettra les mots qu’il faut sur pareille hypocrisie. Il n’y avait, hélas, pas de gorille pour entraîner cette personne dans le maquis…

Une autre chose m’a un peu dérangée, c’est les sentiments amoureux de certains qui étaient un peu trop too much. Que vous gardiez de bons souvenirs d’un amour de vacances, c’est normal, mais que vous restiez amoureux fou, pendant des années, d’une femme que vous n’avez connu que trois jours, là, ça devient plus tiré par les cheveux (ou alors, c’était un super coup au lit), limite ado amouraché qui n’a pas su évoluer et à mis sur un piédestal cette femme.

Contrairement aux originales, cette enquête de Poirot ne m’a pas fait pousser des cris en découvrant la résolution de l’énigme car, sans être banale, elle ne cassera pas la baraque comme ont peu le faire celle de la reine du crime.

Malgré tout, je saluerai tout de même l’ingéniosité de l’auteure qui, si elle n’a pas réussi à nous offrir un vrai Hercule Poirot (mission impossible), a tout de même tenté le tout pour le tout afin de s’en approcher au plus près (mais il manquera toujours les sauces made in Agatha) et pour nous offrir une enquête qui sortait des sentiers battus, sans pour autant révolutionner le polar.

Mitigée je suis. D’un côté, j’ai apprécié ma lecture, sans pour autant qu’elle me transporte et de l’autre, je suis un peu déçue des personnages qui n’avaient pas d’envergure, dont certains étaient exaspérant (je demande qu’on les tue dans le prochain roman) et que mon cher Poirot n’était pas tout à fait tel que je l’ai toujours connu.

Ce n’est pas du polar haut de gamme, mais ce n’est pas la merde littéraire que je pensais, au vu des différents critiques lues (et qui m’ont fait rire, surtout le coup des escargots dans le compost).

Malgré tout, l’auteure aurait pu mieux faire au niveau des personnages qui auraient dû être soignés, surtout les vieilles filles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°290], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°43] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La Mystérieuse Affaire de Styles : Agatha Christie [LC avec Bianca]

9782702449370_1_75Titre : La Mystérieuse Affaire de Styles

Auteur : Agatha Christie
Éditions : Le Masque / Livre de Poche
Édition Originale : The Mysterious Affair at Styles (1920)
Traducteur : Marc Logé (ou Thierry Arson)

Résumé : Pendant la Première Guerre mondiale, Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre, est invité dans la demeure de Styles Court (ou Styles en version abrégée) par son ami John Cavendish, qui lui apprend que sa mère s’est remariée avec un homme beaucoup plus jeune, le mystérieux Alfred Inglethorp.

À Styles, tout le monde a l’air de le détester. Sauf évidemment Mrs Inglethorp.

Plus tard, Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent sur Alfred Inglethorp. Hercule Poirot, ancien Inspecteur de Police Belge, qui est aussi au village de Styles Saint-Mary, est invité par Hastings à résoudre cette affaire.

Apparemment, Poirot pense qu’ Alfred Inglethorp n’est pas l’assassin et il essaye de le disculper. Mais Poirot a-t-il une idée derrière la tête?…

la_mysterieuse_affaire_de_stylesCritique :

Alors que je suis capable de me souvenir des coupables dans certains romans d’Hercule Poirot, ici, c’était le trou noir complet, j’avais tout oublié !

Pire, dans mes souvenirs, je pensais que la personne à qui l’on faisait boire le bouillon de 11h, était un vieil homme et que l’astuce était l’utilisation d’un… Hop, hop, hop, je ne vous dirai plus rien parce que je ne vais pas divulgâcher et pire, si ça se trouve, j’ai fait un bouillon avec plusieurs romans.

Lorsque Bianca m’a proposé cette LC, je n’ai pas hésité longtemps et j’ai dit « Voui » (Rabbi Jacob, sors de ma tête). Mon seul problème était que je m’étais remis cette enquête en mémoire en regardant son adaptation télé avec le magnifique David Suchet et celle des « Petits meurtres d’Agatha Christie » et que donc, j’allais avoir zéro suspense…

Loupé, j’ai eu du suspense, j’ai hésité, j’ai pensé que ma mémoire me jouait des tours, une fois de plus, que j’avais zappé un morceau dans la série avec David Suchet ou que la version française avait peut-être plus de liberté que je ne le pensais…

Merde alors, c’est bien le talent d’Agatha Christie que de jouer avec ses lecteurs, que de s’amuser avec des illusions, des insinuations, les codes du polar, nos pensées, notre compréhension ou notre propension à ne pas voir ce qui crève pourtant les yeux.

Bordel de Dieu, je me suis laissée prendre une fois de plus ! Malgré mes ricanements en début de lecture, parce que je savais QUI était coupable, à un moment, j’ai douté de moi, de mes souvenirs et j’ai changé mon fusil d’épaule, visant un autre personnage.

Hercule Poirot ne serait pas content de moi ! Sherlock Holmes non plus… Parce que la Reine du Crime n’est pas la reine pour rien. Pour ma défense, je dirai que même Poirot a failli se faire avoir ! Bon, lui est retombé sur ses pattes de suite, là où moi je nageais en pleine purée de pois.

Anybref, si vous avez envie de vous faire entuber par autre chose que le gouvernement, quel qu’il soit, faites-vous entuber par la Reine du Crime, ça fait du bien au moral et met de bonne humeur.

Tout est sous vos yeux, mais c’est à vous de voir ! Avec elle, on ne sortira pas un personnage inconnu d’un chapeau, comme certains auteurs m’ont déjà fait le coup. Non, avec Agatha Christie, c’est cash, à vous de savoir lire et à vous de savoir observer ! Parce que bien souvent, nous voyons, mais nous n’observons pas !

Un roman policier qui se lit presque d’une traite, qui nous parle entre autre, de la société anglaise, de son racisme, de ses préjugés, de ses mœurs, de ces distinctions de classe et, last but not least, met en scène pour la première fois le détective Belge expatrié pour cause de Première Guerre Mondiale, Hercule Poirot !

Un plaisir de le relire avec Bianca, pour qui c’était sa première lecture. Comme moi, elle a adoré. Son avis est à lire ici !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°224], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°09].

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°2XX], Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°XX].

Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD) : Didier Quella-Guyot, Marek et Agatha Christie

Titre : Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD)

Scénariste : Didier Quella-Guyot
Dessinateur : Marek
Adapté de : Agatha Christie

Édition : Paquet (07/08/2019)
Édition Originale : Appointment with Death (1938)

Résumé :
Dans un chic hôtel de Jérusalem, Mrs. Boynton est réputée pour être un véritable tyran avec son entourage.

Quand le corps de la mégère est découvert sans vie sur le site de Pétra, tous ses proches deviennent des suspects potentiels. Le détective Hercule Poirot saura-t-il découvrir le coupable ?…

Cette enquête qui se déroule dans le site mythique de Pétra est inspirée du vécu de la Reine du crime, qui fut mariée à un archéologue…

Critique :
Cela faisait des années que j’avais lu « Rendez-vous avec la mort » et je me suis remis ce roman en mémoire en regardant son adaptation dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie ».

Bien entendu, l’équipe du commissaire Swan Laurence n’est pas partie à Pétra, en Jordanie… Mais la mégère de l’adaptation télé était si criante de vérité à tel point que je l’aurais bien assassinée moi-même.

Celle de cette adaptation bédé l’est moins… Fatalement, en 60 pages, on ne sait pas prendre le temps de la rendre horriblement exécrable. Ne me demandez plus comment elle était dans le roman, ça date depuis tellement de temps…

Mon seul bémol pour cette adaptation bédé sera pour les dessins. La tête d’Hercule Poirot ne me revenait absolument pas et c’est embêtant… Moi qui adore David Suchet dans le rôle… Les couleurs étaient elles aussi mal rendues et les tons jaunes ocres étaient du plus mauvais effet, inesthétiques.

Anybref, quand la mégère avale son bouillon de 11h, il est peu de monde pour la pleurer et encore moins le lecteur. Maintenant, le tout est de savoir qui lui a fait passer le goût du pain, même si son décès semble dû à sa mauvaise santé et au périple qu’elle accomplissait avec ses deux enfants, majeurs et vaccinés, mais toujours sous la coupe de môman.

Lorsque Hercule Poirot est dans le coin, un crime est toujours commis, impossible pour lui de profiter de vacances ou d’aller quelque part sans être sollicité, lui et ses petites cellules grises. Le voici chargé de faire toute la lumière sur la mort étrange de la vieille bique.

Le fait d’avoir vu l’épisode dernièrement m’a permis de me remettre en mémoire le mobile du crime, donc, je n’aurais pas dû avoir de surprise… De suite j’ai trouvé le coupable et je ne l’ai plus lâché, jusqu’à la solution finale où Hercule m’a fait comprendre que si la série française gardait les mobiles et les entourloupes de la mère Christie intactes, elle changeait tout de même les identités et bardaf, j’étais tombée dedans à pieds joints.

Une relecture qui m’a fait du bien à la mémoire et m’a donné envie de ressortir cet Hercule Poirot de ma collection afin de le relire et de profiter du beau soleil de Pétra au lieu du temps gris et morne que nous avons pour le moment.

5/5 pour le scénario original d’Agatha Christie mais des points perdus pour les dessins que je n’ai pas vraiment appréciés au niveau de ce cher Hercule Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°166].

London noir : André-François Ruaud

Titre : London noir

Auteur : André-François Ruaud
Édition : Les Moutons Electriques (11/10/2019)

Résumé :
Londres ! Plus grande cité d’Europe, ancienne capitale de l’Empire britannique, Londres immense et vivace, théâtre urbain de Sherlock Holmes, de Jack l’Éventreur, d’Hercule Poirot ou de James Bond.

Londres, la ville polar par excellence : depuis Holmes jusqu’à Bond, en passant par Fu Manchu, Jeeves, Lord Peter ou Miss Marple, de l’ère victorienne aux swinging sixties, une histoire de Londres sur un siècle, tout le roman noir d’une métropole.

Avec trois promenades guidées, de Rimbaud à Lénine, dans les pas de Sherlock Holmes et le long de la Tamise de Richmond à Chiswick.

« Esquisser un guide de Londres et de son histoire, à travers ses grandes figures de la littérature policière : telle fut notre ambition. Retracer sur un siècle le roman noir d’une métropole. »

Critique :
Londres, esquissée au travers de son Histoire et de sa littérature policière, tout un programme.

Programme ambitieux que de réunir l’Histoire d’une ville, son urbanisme, ses squares, ses quartiers, ses frontières entre le West et l’East End et de les mélanger avec les grandes figures de la littérature policière.

Et ça marche plutôt bien (pour ne pas dire que ça marche super bien) car en ouvrant ce livre, non seulement on découvre Londres d’une autre manière, mais en plus, on s’instruit (ok, faudra retenir tout ça ensuite).

Vous l’aurez deviné, ma partie préférée fut celle consacrée à la Londres victorienne où en plus d’avoir enrichi mon savoir, j’ai exploré le tout en compagnie de Holmes.

Petit carton rouge à l’auteur qui aurait dû, à mon sens, se contenter des références canoniques pour Sherlock Holmes et ne pas introduire, sans le préciser, des théories holmésiennes que l’on retrouve dans son autre recueil « Sherlock Holmes, une vie ».

C’est une supputation d’holmésiens que la mère de Sherlock se nomme Violet ! Les études qu’il a faite sont aussi l’objet de théories mais personne ne peut dire s’il a fait Oxford ou Cambridge (ou aucune des deux) et encore moins que c’est sa maman qui lui a payé son premier logement à Montague Street.

L’auteur aborde autant les beaux quartiers du West End que les taudis de l’East End, parlant de la frontière entre les deux, de cette société rigide qui pensait que la pauvreté était une mauvaise chose et qu’elle était surtout de la faute des gens qui la subissaient.

On est allé sur les docks où des pauvres hères embauchaient à la journée, se ruant l’un sur l’autre pour obtenir un boulot mal payé, éreintant et qui ne leur remplirait pas le ventre.

Quand je vous disais que c’était un véritable roman noir qui explore toutes les facettes de la ville de Londres.

Anybref, ce livre est instructif, un mélange habile des grandes figures du roman policier et de cette ville de Londres qu’ils ont tous et toutes arpentées, en long et en large, de l’époque victorienne, édouardienne, sous le blitz de 1914, sous celui de 1940 et qui ont vu Londres s’agrandir, certains quartiers devenir encore plus pauvre ou qui ont vécu dans le Londres des guerres mondiales.

À déguster avec ou sans modération mais je conseillerais une lecture étalée sur le temps, grignoter ce recueil au soir, avec une bonne tasse de thé et tout autre mignardises que vous voulez.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°265 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).