Lanfeust de Troy – Tome 9 – La forêt noiseuse : Christophe Arleston et Didier Tarquin

Titre : Lanfeust de Troy – Tome 9 – La forêt noiseuse

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Didier Tarquin

Édition : Soleil (03/11/2021)

Résumé :
12 ans se sont écoulés. Lanfeust a repris son métier de forgeron et propose ses services de village en village. Sous cette couverture, il est en fait un agent au service du Conservatoire d’Eckmül…

Rien ne va plus dans le monde de Troy. Les sages, relais de la magie, disparaissent un à un. Lanfeust lui-même a perdu son pouvoir. Qui est cet être mégalomane qui plonge villes et villages dans le chaos ?

Et quid de cet arbre gigantesque d’où semblent provenir tous les maux qui les accablent ? Lanfeust et Hébus, à nouveau réunis, partent au Delpont enquêter sur ces étranges disparitions…

Critique :
Chouette, le retour de Lanfeust ! Et Lanfeust de Troy, en plus. Oui, j’avais envie de remettre les pieds à Eckmül sans pour autant entamer une relecture du cycle.

21 ans après la parution du tome 8, Arleston et Tarquin nous offrent un tome 9.

Lanfeust n’est plus un gamin, ni un jeune homme, et je me demande si je ne le préférais avec son ancien look que le nouveau.

Hébus, le troll, est devenu un sage à Eckmül, ce qui le change de sa vie antérieure. Oui, le monde de Troy a bien changé…

La peur est toujours qu’un nouveau tome ne soit pas à la hauteur et n’arrive pas à la cheville de l’ensemble du cycle. D’un côté, on a envie de se plonger dedans et de l’autre, on renâcle un peu.

Les dessins de Tarquin sont toujours aussi agréables à regarder. Ils ne varient pas (ou si peu) et les codes habituels se retrouvent dans les cases. Rien à redire sur les couleurs, tout est impeccable.

Troy a un problème, plusieurs problèmes : les mages qui relaient la magie meurent tous prématurément, leurs remplaçants n’arrivent jamais à bon port et les gens changent de pouvoir ou le perde totalement.

C’est une catastrophe ! Que se passe-t-il ? Afin d’en savoir un peu plus, il faut aller enquêter discrètement et régler les emmerdes. Pour cette mission, il faut envoyer Lanfeust, devenu forgeron itinérant après avoir sauvé le monde.

On prend presque les mêmes et on recommence des aventures. Ce sera une mission pour Hébus, Lanfeust, aidés par les deux jeunes, Aspette et Atastrophe. Un jeune fille apprentie forgeronne et un jeune apprenti sage. Une fille qui n’a pas froid aux yeux et un jeune garçon qui a vite peur.

Un nouveau duo à l’ancienne, comme du temps de C’ian et Cixi (une fille qui n’avait pas froid aux yeux, ni ailleurs, face à sa sœur, bien plus prude).

Les auteurs n’ont pas oublié de mettre au point un méchant bien méchant, avec un pouvoir magique vachement difficile à contrer. Bref, il y avait de quoi faire durer l’affaire sur deux albums au minimum, ou plus.

Ben non, moi qui avait l’angoisse de ne pas avoir la fin de l’histoire et de devoir attendre la publication du tome suivant, j’ai été étonnée de voir que l’histoire se terminait avec ce tome.

Devoir attendre pour lire la suite m’aurait frustrée, mais que cet album se termine aussi vite me frustre encore plus (jamais contente!).

L’humour manque un peu à l’appel, je trouve. Les anciens albums de Troy possédait cet humour potache qui me faisait pouffer de rire à tout bout de champ, sans oublier qu’en retournant les albums, on découvrait des phrases cachées, même dans les formules magiques.

Ici, nous aurons juste droit à un détournement de la chanson Alexandrie, Alexandra. En ce qui concerne notre monde, nous aurons les petits oiseaux qui relient tout le monde ensemble en leur donnant des nouvelles de ce qui se passe de par le monde, en ce compris des théories complotistes.

Cette série m’a habitué à mieux, beaucoup mieux, et à des cycles plus longs qu’un one-shot. L’histoire prend du temps à se mettre en place (ce qui est normal) et ensuite, tout se précipite un peu trop rapidement, comme si Lanfeust avait juste eu affaire à un méchant normal, de petite envergure, alors que celui mit au point par les auteurs avait de quoi lui en faire voir un peu plus longtemps.

Maintenant, pour ceux ou celles qui prennent la série en route, pas de problème, on explique vite fait bien fait les principes de magie sur Troy et on peut se permettre de lire cet album sans devoir attendre pour lire la suite.

Apparemment, à ce que j’ai compris, les albums qui suivront seront tous en one-shot.

Oui, j’ai des bémols, oui, j’aurais aimé que l’histoire dure plus longtemps, oui, il y avait matière à faire plus, mais malgré tout, j’ai pris du plaisir à retrouver mon Lanfeust et ce cher Hébus.

Cette saga d’heroïc-fantasy a enchanté une grand partie de ma vie et j’ai toujours pris plaisir à la relire. Alors, je serai au rendez-vous pour le tome 10, si tome 10 il y a…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°177] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Orcs et Gobelins – Tome 13 – Kor’Nyr : Sylvain Cordurié et Pierre-Denis Goux

Titre : Orcs et Gobelins – Tome 13 – Kor’Nyr

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Pierre-Denis Goux
Couleurs : Julia Pinchuck

Édition : Soleil (23/06/2021)

Résumé :
Depuis peu, le peuple du Pays des Vents subit les raids des Aggerskells, des pillards venus du Nord de l’Ourann. Ces redoutables guerriers s’attaquent aux clans orcs et ne laissent que mort et désolation derrière eux.

Ancien khan qui s’est retiré des combats dans la fleur de l’âge parce qu’il ne voulait pas servir les intérêts des Hommes, Kor’nyr rassemble plusieurs chefs orcs.

Son but : constituer une force qui pourra écraser les Aggerskells dans un premier temps, mais aussi faire enfin des orcs un peuple uni, capable de décider de son destin.

Critique :
Kor’Nyr a écorné son image de khan en voulant jouer à Temudjin unissant les différents peuples et les menant à la victoire contre les autres…

Déjà que chez les Orcs, si les clans tolèrent un chef, ils ne tolèreront jamais un Capo di tutti capi, ni un despote, ni un tyran.

Se foutre sur la gueule l’un l’autre, d’accord, mais pas s’en prendre plein la gueule quand on l’ouvre, juste parce que le grand chef rêve de vengeance.

Pourtant, l’idée était foutrement bonne d’unifier tout les Orcs ensemble afin de se débarrasser de tous les envahisseurs. Kor’Nyr (et non Kor’Ryn, il le prendrait mal) est un fin stratège, contrairement aux autres chefs qui foncent dans le tas.

Le départ de l’album commence comme un vieux classique : le gobelin Viil nous parle de ce chef Orc qu’il a servi durant de nombreuses années. Avec lui, nous assisterons à son basculement de chef éclairé à chef tyrannique despotique, mégalo et suspicieux, ivre de vengeance et n’écoutant plus rien d’autre que sa parano.

Comment en est-il arrivé-là ? Lisez l’album et vous le saurez !

Pierre-Denis Goux nous offre des dessins de très grande qualité, dont une double planche magnifique lors de l’affrontement avec les Nains du Bouclier. La coloriste, Julia Pinchuck, donne à tous ces dessins des jolies couleurs, mettant tout le reste en valeur.

Quant à Sylvain Cordurié, il nous a pondu un très bon scénario, mélangeant habillement l’action, la politique, les magouilles, les guerres et le mode de vie des culs-verts que sont les Orcs.

Un seul bémol, vu le nombre de chefs de clans, il y a moyen de se perdre dans toutes ces gueules fracassées, ces noms gutturaux. Heureusement, j’ai bien observé les détails et grâce à des cicatrices sur la trogne, des incisives cassées, des coupes afro, des piques dans la cuirasse, j’ai réussi à départager qui était qui, lorsque je les croisais dans les cases.

Un scénario qui partait sur des bases classiques avant de bifurquer sur d’autres sentiers, différents de ce que j’avais lu dans une autre bédé, mettant aussi en scène des Orcs (La Guerre des Orcs – 01 & 02) et l’un deux qui rassemblait tous les clans sous une seule bannière. J’ai eu peur d’une redite, il n’en fut rien.

De plus, le final est tout en émotion, ce qui était totalement inattendu. Mais bien vu. Si le tome 13 était une course pour échapper à des horreurs sur jambes (et du pur divertissement), celui renoue avec les scénarios plus approfondis, plus travaillés, plus politiques

Je me faisais la réflexion que, contrairement aux sagas Elfes, Nains et Mages, celle des Orcs & Gobelins ne comportait que des grands mâles couillus et aucune femme, si ce n’est la demi-orc du tome précédent (et qui ne faisait pas de la figuration !), là où les autres sagas alignent des femmes qui en ont. Surprise, la couverture du prochain tome comporte une femme !! Yes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages).

Héroïc’ Pizza – Tome 1 – Pepperoni power : Augustin

Titre : Héroïc’ Pizza – Tome 1 – Pepperoni power

Scénariste : Augustin
Dessinateur : Augustin

Édition : Soleil (06/08/2006)

Résumé :
Difficile de manger équilibré entre deux tournois, ou de se sustenter au cours d’une bataille.

Que faire quand la faim vous tiraille, mais qu’un duel avec un dragon vous attend ? Commandez une pizza ! La restauration rapide débarque dans l’héroïc fantasy !

Albert Colin, jeune recrue chez Héroïc Pizza met un point d’honneur à livrer sa marchandise, tout en évitant de se faire massacrer par la concurrence ou boulotter par ses clients, ce qui n’est pas chose facile dans un monde peuplé de brutes sanguinaires et de princesses psychopathes !

Critique :
Cette bédé loufoque mais hyper drôle, je l’avais découverte dans le mensuel « Lanfeust Mag » (rendez-le nous, nom de Zeus !!!). Je ne compte plus les découvertes génialissimes que j’ai faite dans ce super mensuel qui ne paraît plus maintenant.

Les dessins d’Augustin sont spéciaux mais je les ai toujours bien aimé, m’amusant à chercher les petits détails dans les cases, notamment les petits champignons, autres bestioles bizarres ou pour lire les inscriptions sur les panneaux (toujours drôles).

Augustin, c’est aussi celui qui nous avait offert la plus sexy canon prof d’histoire/géo de la bédé, Paméla Hérodote, souvent peu vêtue mais je pense que maintenant, ça ferait hurler les ultras féministes de tout poils qui hurleraient à la mauvaise image de la femme (oui mais avec elle, au moins, j’apprenais bien, même si j’aurais préféré un mec bien roulé).

Héroïc’ Pizza, ce sont les aventures un peu folles et très drôles de Albert Colin, livreur de pizza de son métier dans un Moyen-âge (ah, on vient d’intéresser Lydia) version heroïc fantasy, donc avec des dragons, des belles au bois dormant, des trolls, des mages, des fées et autres trucs habituels.

C’est tout un univers de folie qu’Augustin a créé dans son monde, très décalé, drôle, sale aussi (on marche dans la boue, on se reproduit avec sa cousine), les stéréotypes sont utilisés mais pour faire rire et non stigmatiser.

On rit, on glousse, on se marre, certes, mais quand on y repense ensuite, on se rend bien compte que l’auteur utilise l’humour pour dénoncer les cadences infernales, les contrats de travail, l’esclavage, les parents qui ont un plan d’avenir tout tracé pour vous, les formations dans les entreprise où l’on efface votre personnalité, les sous-traitance dans des pays en voie de développement, le capitalisme, le business à tout prix…

C’est l’univers impitoyable du Travail, l’exploitation de l’Homme par l’Homme ! Quand on relit cette bédé après avoir vu un reportage sur la fabrication des frites dans son pays, le rire a tendance à se coincer dans la gorge car ce qu’on a vu à la télé, ce n’était pas aussi marrant que dans la bédé…

Dans ce premier tome, on va découvrir comment Albert Colin est devenu livreur de pizza et suivre sa formation, voir tous les jobs proposés par l’entreprise Heroïc’ Pizza (appelez l’inspection du travail, viiiite !) et aller livrer avec lui ses pizzas, tomber dans des pièges, affronter des dragons,… On ne s’embête pas ! Heureusement, tel un Vil Coyote, Albert Colin survit à tout.

Le ton est caustique, sarcastique et moi j’adore ! Cela faisait des années que je n’avais plus relu mes Héroïc’Pizza à cause de trop de bédés dans mes biblios…

Heureusement, comme un rangement s’imposait, je les ai retrouvées dans une étagère, coincées entre d’autres et au lieu de ranger, je me suis assise et j’ai lu cette bédé en me bidonnant. Ça faisait trop longtemps.

À déguster toute chaude sortie du four, sur pierre et non congelée !

Le nouveau Blogustin d’Augustin

La célèbre Pamela Hérodote qui officie encore sur le Blog d’Augustin

Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 44 pages et le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) – Une bd autour de la magie.

Mages – Tome 04 – Arundill : Nicolas Jarry et Bojan Vukic

Titre : Mages – Tome 04 – Arundill

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
Arundill avait six ans quand elle a été achetée par l’alchimiste « triste-sourire » qui en fait sa disciple et sa fille adoptive…

Aujourd’hui la jeune femme appartient à l’ordre des Ombres et elle s’est jurée de le retrouver.

Elle brûle de se venger de ce qu’il lui a fait subir, même si pour ça elle doit enfreindre les règles et devenir elle-même une proie pour son ordre.

Critique :
Arundill est une alchimiste guerrière, appartenant à l’ordre des Ombres et il vaut mieux ne pas se mettre en travers de sa quête…

Triste-Sourire, qui l’a acheté lorsqu’elle avait 6 ans et en a fait sa disciple, lui a effacé la mémoire…

Si elle veut se venger de lui, son enquête minutieuse devra se faire hors des clous, quitte a maquiller un peu la vérité afin d’apprendre quelques détails qui lui permettront de retrouver celui qui a fait ce qu’elle est.

Ponctué de flash-back qui vont nous raconter une partie de l’apprentissage d’Arundill ainsi que la dureté de l’épreuve finale entre les différents disciples où il ne doit en rester qu’un (Koh-Lanta version trash, super trash où le maillon faible ne se contente pas de sortir du jeu). Depuis, elle en veut à mort à son ancien maître et ne rêve que de le tuer.

Les dessins du Serbe Bojan Vukic sont des petits bijoux pour les yeux, des diamants resplendissants grâce au travail du coloriste, Nanjan.

Les combats sont dynamiques, bourrés de signes ésotériques que les alchimistes exécutes dans les airs et si l’album ne connait pas vraiment de temps mort, on a envie de s’attarder sur les détails des cases afin de ne rien rater.

Le scénario se joue de ses lecteurs, comme les alchimistes se jouent de nous et s’abusent les uns les autres avec des homoncules et autres sorts pour se tirer d’affaire. Pour cela, le final est explosif.

Nicolas Jarry est un habitué, il sait se jouer de nous et jouer avec nos convictions solidement ancrées. L’enfer est pavé de bonnes intentions et les méchants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, pareil pour ceux qui se disent gentils, qui sait ce qu’ils cachent dans leurs âmes pas si pure que ça…

La nouvelle saga consacrée aux Mages est, elle aussi, une réussite et les Terres d’Arran s’étoffent de plus en plus avec tous ces albums et ces peuples qui l’habitent. Mais un doute m’habite aussi : tous ces êtres vivants vont-ils rester dans un semblant d’harmonie (euphémisme avec les Orcs) ou bien un peuple va-t-il essayer de régner sur tous (quelqu’un a vu l’anneau de Sauron, dernièrement ?).

J’attends la suite avec impatience et j’espère recroiser la route de notre alchimiste badass qui n’a pas froid aux yeux, ni aux miches et qui, en se vengeant, aurait dû creuser plusieurs tombes… La vengeance valait-elle la peine ? À méditer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°149].