Les dragons de la frontière – Tome 2 – Cuerno verde : Gregorio Muro Harriet et Iván Gil

Titre : Les dragons de la frontière – Tome 2 – Cuerno verde

Scénariste : Gregorio Muro Harriet 🇪🇸
Dessinateur : Iván Gil 🇪🇸

Édition : Glénat (13/10/2021)

Résumé :
Un Ouest mythique. Des cavaliers de légende. 1779. Les séries de raids meurtriers menés par le chef Tavibo Narigant, que les espagnols surnomment Cuerno Verde, ont fini de convaincre le gouverneur Juan Bautista de Anza de s’attaquer à ce dangereux chef de guerre comanche.

De Santa Fe au Nouveau-Mexique, il rassemble quelques 150 dragons accompagnés de 450 miliciens espagnols et indiens avant de pénétrer dans la comancheria.

En parallèle, dans le camp comanche, Madeline n’espère même plus être sauvée. Elle a embrassé son rôle de protectrice des femmes prisonnières du camp. Mais très bientôt, la guerre, le chaos et la mort viendront bouleverser le triste quotidien auquel elle s’était accoutumée.

Western espagnol plein de sang, de drames et d’héroïsme, Les Dragons de la Frontière réussit le tour de force de respecter les codes du genre tout en y apportant un nouveau souffle, et nous replonge dans les décors mythiques de la légende de l’Ouest américain.

Critique :
Suite et fin du premier tome… Il y aura peut-être une suite, mais en attendant, avec ces deux albums, on a une histoire qui est clôturée.

Le western qui n’en est pas un continue d’être agréable à lire, sans pour autant arriver à devenir exceptionnel. Il ne manquait pas grand-chose à cette bédé pour arriver à me conquérir tout à fait, hélas, elle n’y est pas arrivée vraiment.

Malgré tout, j’ai apprécié de découvrir ce pan méconnu de la colonisation de l’Amérique par les Espagnols et de voir que leurs actes, leurs pensées, n’étaient pas si différentes de celles des Européens qui sont venus ensuite.

Les Indiens avaient déjà dû subir bien des avanies avec les Espagnols, mais ce fut pire ensuite.

Dans ce second tome, le gouverneur Anza a réussi à intégrer les pacifiques Hopis dans ses troupes afin qu’ils l’aident à combattre les terribles guerriers Comanches dirigés par Cuerno Verde.

On ne s’ennuie pas durant sa lecture, le scénariste s’est documenté sur le sujet, on sent qu’il le maîtrise et que nous lisons une page d’Histoire, même si elle est romancée. Plusieurs personnages se détachent du lot, on en apprend un peu plus sur leur histoire, ce qui les rend plus attachants.

Maintenant, j’en sais un peu plus sur cette période de colonisation espagnole dans ce qui deviendra le Mexique et une partie des États-Unis.

Finalement, si ce diptyque ne m’a pas entièrement conquise, j’en ressors tout de même contente de l’avoir découvert, car il m’a éclairé sur une période méconnue de l’Histoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°209], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°113] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°23).

Les Tourments : Rodrigo Hasbún

Titre : Les Tourments

Auteur : Rodrigo Hasbún 🇧🇴
Édition : Buchet / Chastel (03/10/2016)
Édition Originale : Los afectos (2015)
Traduction : Juliette Barbara

Résumé :
Bolivie, années 1950 : Hans Ertl, ancien cameraman de Leni Riefenstahl, a quitté l’Allemagne avec sa famille pour s’installer à La Paz.

Là, dans cette Amérique latine sauvage et mystérieuse, le patriarche hors norme se réinvente un destin d’explorateur, obsédé jusqu’à la folie par la cité inca perdue de Païtiti dans la forêt amazonienne.

Ni sa femme ni ses trois filles ne sortiront indemnes de ces aventures ; et alors que la famille se délite et que chacun tente d’émerger de ce maelstrom, les soubresauts d’une autre histoire, celle des mouvements de libération nationale qui secouent l’Amérique latine, viennent à leur tour bouleverser la destinée des Ertl.

Le texte prend corps à travers les voix des trois filles et d’un des amants de l’aînée, Monika ; s’y mêle, sur près de vingt ans, fiction, éléments biographiques et faits historiques pour livrer une fresque concise et subtilement nostalgique sur le destin d’une de ces familles marquées au fer par les errances idéologiques du XXe siècle et sur l’histoire sanglante d’un pays, la Bolivie.

Critique :
Cela devait arriver, à force de dévorer des livres, je devais bien tomber sur une déception littéraire.

Entre ce roman et moi, la magie n’a pas eu lieu, la sauce n’a pas pris, la mayonnaise n’est pas montée et même une tonne de liant pour sauce n’aurait pas suffit, tant je l’ai survolé, n’arrivant à m’accrocher au récit que peu de fois.

Hans Ertl, père de trois filles et ancien cameraman de Leni Riefenstahl (qui avait réalisé Les Dieux du stade, pour documenter les Jeux olympiques de Berlin, en 1936).

Il a quitté l’Allemagne et est allé s’installer avec sa famille en Bolivie. Explorateur après avoir été alpiniste, il entraînera deux de ses filles dans son expédition pour tenter de trouver la citée perdue Inca de Païtiti, dans la forêt amazonienne.

Dans ce roman, plusieurs voix se succéderont pour nous raconter le destin de cette famille, mais hélas, si j’ai accroché à certains passages, les autres m’ont laissés de marbre et cette lecture fut laborieuse.

Mélangeant des moments de fictions avec des moments réels, cette biographie romancée d’une famille allemande exilée en Bolivie n’a jamais réussi à me faire décoller.

Le changement de personnages y est sans doute pour quelque chose, rendant le récit un peu chaotique, sans oublier cette économie de tirets cadratins (ou de guillemets) devant les dialogues… Les dialogues se retrouvent pris dans la narration et cela pèse sur la lecture.

C’est une méthode d’écriture que je retrouve souvent chez les auteurs sud américains et cela foire mes lecture à 97% (chez certains, ça passe tout seul car les dialogues sont bien incorporés au texte). Heureusement, il y avait peu de dialogues. Ou malheureusement, parce qu’un récit avec peu de dialogues, cela appauvri le tout, je trouve (sauf exceptions).

Je n’ai jamais réussi à entrer dans le récit et j’en suis sortie sans regrets. Dommage, j’avais envie d’en apprendre un peu plus sur la vie à La Paz, sur l’exil de cette famille allemande, sur leur père qui se comporte comme un fantôme, sur ses filles, dont on ne saura que peu de choses, finalement, l’auteur ne développant même pas ce qu’a fait l’une d’elle pour se retrouver au ban de la société. L’aînée restera une énigme.

Bon, tant pis, ça devait arriver… Au suivant !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°10) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Bolivie).

La Villa des mystères : Federico Andahazi

Titre : La Villa des mystères

Auteur : Federico Andahazi 🇦🇷
Édition : Folio SF (2004)
Édition Originale : Las Piadosas (1998)
Traduction : Claude Bleton

Résumé :
Été 1816 : le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désœuvrés, Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire : écrire l’histoire gothique ultime, la plus sombre, la plus originale.

Polidori, secrétaire et souffre-douleur de Byron, jaloux du talent de son maître, reçoit d’étranges lettres anonymes qui l’informent de l’existence des jumelles Legrand, des comédiennes scandaleuses, courtisanes, célèbres et méprisées. Et qui surtout lui proposent un étrange pacte littéraire… Qui lui écrit ces lettres scellées à la cire noire ?

Que devra-t-il donner en échange du chef-d’œuvre dont il rêve ? Cette Villa des mystères est le théâtre d’un roman gothique moderne qui explore des régions insoupçonnées, troublantes, de la sexualité, et revisite avec malice un moment fondateur des littératures de l’imaginaire : la création du Frankenstein de Mary Shelley.

Critique :
Un jour, on eut l’idée d’enfermer des gens ensemble, de les filmer et de voir ce qu’il en ressortirait… Rien de terrible n’en était sorti, hormis un mauvais porno dans une piscine et des kilomètres de banalités, de débilités…

Ce que nous avons oublié, c’est que l’idée n’était pas neuve et qu’elle avait déjà été utilisée, accouchant d’autre chose que de ce qui allait devenir de la télé-poubelle.

Dans une villa sur les rives du lac Léman, par temps de pluie, se retrouvent enfermé cinq personnages : Percy et Mary Shelley, Lord Byron, Claire Clairmont ainsi que le docteur Polidori, le secrétaire jaloux de Lord Byron. Ils se font chier comme des rats morts.

De ce séjour, après un pari littéraire (écrire une histoire gothique) qu’elle fut la seule à l’accomplir jusqu’au bout, Mary Shelley enfanta de Frankenstein. Mais pas que… Je n’en dirai pas plus.

Ce roman fantastique est bizarre, limite dérangeant. Le début est un peu foutraque, j’ai même failli abandonner, tant cela me semblait confus et emmerdant au possible. Oui, un peu comme de la télé-réalité, lorsque l’on n’aime pas du tout ça. Puis, j’ai avancé de quelques pages et à partir de ce moment-là, plus moyen de décrocher du récit !

Imaginez un vampire… Créature fantastique se nourrissant à la jugulaire des êtres vivants, suçant leur sang, afin de vivre. Et bien là, nous serons face à une créature étrange, qui, pour vivre, doit aussi se nourrir de la sève d’autrui.

Cette femme difforme, née entre deux jumelles, suce et avale. Je vous laisse quelques secondes pour comprendre de quoi elle a besoin pour vivre…

Si vos pensées sont grivoises, coquines, cochonnes, pas de doute, vous avez tout compris. Messieurs, ne vous réjouissez pas trop vite, elle-même le dit : sa laideur fait rentrer le petit gris dans sa coquille. Quant à ceux qu’il a fallu traire, ils ont fini avec une balle dans la tête…

Ce roman fantastique, glauque, dérangeant (*), n’est pas qu’une réécriture du mythe du vampire. Il y a aussi une sorte d’analogie (en un seul mot), entre la sève pompée des membres de ces messieurs et l’accouchement de ce qui sera donné à certains. Une paternité dont ils seront fiers (ou honteux), heureux, tout en la réfutant, pour certains…

Parce que ce roman raconte aussi un hold-up (dont je ne divulguerai rien de plus), un pacte avec le diable, avec Faust, une partie de son âme que l’on offre (l’âme se niche où elle veut) en échange d’autre chose, une chose désirée et qui serait infâmante, si cela se savait.

Ce récit est parfois à la limite de l’érotisme, il est licencieux, violent. C’est un roman qui parle de naissances, de gestation pour autrui, mais pas dans le sens premier du terme.

De plus, la chute finale est bien amenée, dans la lignée du récit. Avec un récit aussi court, j’avais un peu peur que cela ne se termine en eau de boudin, mais non. On a même envie de rire.

Un roman fantastique qui n’est pas fait pour les enfants (-16 ans), qui risque de mettre un peu mal à l’aise certains lecteurs (ou lectrices). Les passages épistolaires ne m’ont même pas gêné, alors qu’en général, cela coince.

La morale n’est pas sans fondement non plus : lors d’un pacte, rien ne s’acquiert gratuitement, sans que l’on doive payer un tribu, monétaire ou autre. Parfois, on pourrait même y laisser sa raison.

(*) Il y a une scène qui ressemble à de la pédophilie. Un adulte, le précepteur des jumelles, a, avec elles, une relation qui est de la pédophilie. Le consentement des deux jeunes filles n’y change rien, c’est un adulte et il est dit, dans le roman, que les filles venaient de devenir femme. Je suppose qu’elles venaient d’avoir leurs premières règles. En 1816, ce ne devait pas être à l’âge de 12 ans (ou moins, comme dans les années 2000), mais sans doute plus tard. Malgré tout, la scène est gênante…

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°09).

Les dragons de la frontière – Tome 1 – La piste de Santa Fe : Gregorio Muro Harriet et Ivan Gil

Titre : Les dragons de la frontière – Tome 1 – La piste de Santa Fe

Scénariste : Gregorio Muro Harriet 🇪🇸
Dessinateur : Ivan Gil 🇪🇸

Édition : Glénat (17/02/2021)

Résumé :
Un Ouest mythique. Des cavaliers de légende. Mai 1774. Miguel, jeune vétérinaire, est membre d’un convoi de bétail mené par une troupe de dragons de Cuera, ces fameux cavaliers lanciers espagnols chargés de garder la frontière nord-américaine de l’empire espagnol.

Mais à l’issue d’une attaque de leur caravane par des Apaches, Miguel est capturé avec Madeleine, une religieuse. Adoptés par le chef de la tribu, les jeunes gens n’auront d’autre choix que de s’adapter à la rude vie de leur nouvelle  » famille « .

Malgré eux, ils seront pris au cœur d’une tourmente guerrière opposant Apaches, Comanches et dragons de Cuera…

Western espagnol plein de sang, de drames et d’héroïsme, Les Dragons de la frontière réussit le tour de force de respecter les codes du genre tout en y apportant un nouveau souffle, et nous replonge dans les décors mythiques où s’est écrite la légende de l’Ouest américain.

Critique :
Voilà un western comme j’en ai peu vu dans ma vie de lectrice ! Nou sommes en 1774, alors, exit les cow-boys, vive les Lanciers Espagnols des Dragons.

Enfin, on se comprend… Cela reste des colonisateurs et ils auront déjà bien massacrés les Amérindiens avant l’arrivée des suivants qui poursuivront les tueries commencées.

Attention, les Apaches Mescaleros ne sont pas des moutons que l’on envoie à l’abattoir sans qu’ils restent sans rien faire. Ce sont de terribles guerriers et les Comanches sont encore pires.

Les Apaches ont enlevés une jeune nonne, à la mission et Miguel, un jeune lancier, se lance à leur poursuite pour tenter de récupérer la jeune épouse du Christ (qu’on se demande s’il ne voudrait pas qu’elle divorce pour l’épouser lui).

Miguel, c’est une tête brûlée, il fonce sans réfléchir, il a des soucis avec les ordres, n’écoute pas la hiérarchie, mais c’est aussi un homme intelligent, sorte de MacGyver sans couteau suisse.

L’album est rythmé, composé aussi de cases sans paroles, notamment dans une attaque du camp des Apaches et dans la course-poursuite. Les dessins sont bien exécutés, les couleurs sont chaudes, agréables, elles reflètent bien les tons des plaines arides où règne la sécheresse.

Les Apaches sont décrits comme impitoyables et pourtant, le chef sera assez gentil avec Madeleine, la jeune nonne (bon, tout est relatif, il l’a enlevé pour en faire sa femme, sans lui demander son avis).

Les Dragons Espagnols ne sont pas des anges non plus, bien que, dans ce premier album, ils semblent être plus « gentils » que les Apaches. À voir l’évolution dans le deuxième tome.

Difficile de juger après un seul album, mais je garde en tête que les dessins sont bien exécutés, que le scénario ne manque pas de dynamisme, d’aventures, de rebondissements, mais, pour le moment, il manque un peu de profondeur.

En tout cas, cela change des westerns classiques se déroulant post 1850 puisque nous sommes en plein dans conquête espagnole du XVIe siècle et que c’est un sujet peu souvent traité dans les romans du genre.

Une bédé qui explore une autre époque de l’Ouest Mythique, qui se place à la frontière avec les États-Unis, côté Mexique et qui nous montre la dure vie des colons dans ces contrées hostiles, sous un soleil implacable.

Il me faudra lire la suite pour me faire une opinion tranchée, mais si je ne suis pas super conquise par ma lecture, j’ai tout de même passé un bon moment de détente et elle avait du bon.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°110] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°05). ).

 

Ils ont fait l’Histoire – 06 – Gengis Khan : Denis-Pierre Filippi et Manuel Garcia

Titre : Ils ont fait l’Histoire – 06 – Gengis Khan

Scénariste : Denis-Pierre Filippi
Dessinateur : Manuel Garcia 🇪🇸

Édition : Glénat / Fayard – Ils ont fait l’Histoire (2019)

Résumé :
Au XIIIe siècle, Gengis Khan et ses hordes de cavaliers mongols ont semé la terreur. De la Chine à l’Europe, en passant par le Moyen-Orient, ils ont mis à genou les plus grandes puissances de l’époque…

Mais avant de devenir ce grand conquérant que le monde entier connait, Gengis Khan se faisait appeler Temüdjin. Né au coeur des arides steppes d’Asie centrale, c’était le fils d’un chef de clan assassiné par les siens. Un jeune garçon en exil, condamné à errer avec sa mère et à lutter pour sa survie.

Comment, de cette jeunesse difficile, Temüdjin a-t-il finalement réussi à unir les tribus d’un pays déchiré par les guerres intestines et à constituer le plus vaste empire de tous les temps ?Gengis Khan est entré dans l’Histoire comme l’un des plus redoutables maîtres de guerre que la Terre ait porté.

Son nom est synonyme de conquêtes sanglantes et de pouvoir absolu, mais peu connaissent sa véritable histoire. Découvrez l’homme qui se cache derrière la légende…

Critique :
Gengis Khan est mort. Son convoi funéraire traverse la steppe.

Un jeune moine du monastère chinois de T’ien-Ch’ang Kuan vient l’annoncer à un vieux moine et lui pose la question de savoir s’il doit se réjouir ou s’inquiéter du décès du Khan.

La réponse n’est pas simple, aucune des solutions n’étant vraiment bonne. C’était un leader qui a uni les peuples, mais à quel prix ? Massacres…

Le patriarche va alors lui raconter le vie du jeune Temüdjin… Comprendre ce qu’il était peut aider à cerner celui qu’il est devenu.

C’est donc l’enfance de Temüdjin que les auteurs ont choisi de nous raconter, celle qui a forgé l’homme qu’il est devenu. Effectivement, sans tous ces événements, on pourrait se demander s’il serait devenu ce qu’il est devenu ensuite.

Le portrait est nuancé, il n’est pas tout à fait noir, ni tout à fait blanc. Le personnage de Gengis Khan n’est pas simple, celui de Temüdjin non plus. Si vous voulez en apprendre plus, ce ne sera pas avec cette bédé de 48 pages que vous aurez une biographie complète et détaillée.

Néanmoins, les choses importantes s’y retrouvent. Notamment le décès de son père, leur exclusion des clans, sa captivité, l’enlèvement de son épouse, son ascension au sein des clans, son amitié avec Djamuqa puis leur rivalité et les premières batailles de Temüdjin en tant que Khan.

Les dessins sont jolis, les couleurs aussi, cela donne un air solennel aux visages. Par contre, les chevaux, ce n’est pas tout à fait ça.

C’est un album intéressant pour ceux ou celles qui voudraient en savoir plus sur l’enfance et les débuts de ce grand conquérant que fut Gengis Khan. Personnage intriguant, intéressant, déroutant, il savait se montrer inflexible et tuer ou bien incorporer les prisonniers dans son armée, faisant d’eux des hommes de confiance.

La dernière planche est bien pensée, bien trouvée et magnifique avec ce loup bleu montant la garde devant la tombe de Gengis Khan (on ne sait pas où elle se trouve).

En fin d’album, il y a tout un dossier historique sur Gengis Khan, les Mongols, leurs conquêtes. Pour les passionnés d’histoire qui veulent en savoir un peu plus.

Une bédé très intéressante, instructive, résumant les grandes lignes de la jeunesse de Temüdjin.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°04).

Vivre avec nos morts : Delphine Horvilleur

Titre : Vivre avec nos morts

Auteur : Delphine Horvilleur
Édition : Grasset (03/03/2021)

Résumé :
À travers onze chapitres, Delphine Horvilleur superpose trois dimensions, comme trois fils étroitement tressés : le récit, la réflexion et la confession.

Le récit d’ une vie interrompue (célèbre ou anonyme), la manière de donner sens à cette mort à travers telle ou telle exégèse des textes sacrés, et l’évocation d’une blessure intime ou la remémoration d’un épisode autobiographique dont elle a réveillé le souvenir enseveli.

Nous vivons tous avec des fantômes : « Ceux de nos histoires personnelles, familiales ou collectives, ceux des nations qui nous ont vu naître, des cultures qui nous abritent, des histoires qu’on nous a racontées ou tues, et parfois des langues que nous parlons. »

Les récits sacrés ouvrent un passage entre les vivants et les morts. « Le rôle d’un conteur est de se tenir à la porte pour s’assurer qu’elle reste ouverte » et de permettre à chacun de faire la paix avec ses fantômes…

Critique :
Lorsque l’autrice était venue parler de son livre, à La Grande Librairie, j’avais eu l’envie de le lire. Puis, les romans se sont accumulés sur la pile et il était passé à l’as…

Heureusement, ce mercredi 13 mars, Delphine Horvilleur était invitée sur le plateau et elle m’a rappelé cette lecture à mon bon souvenir.

Leïla Slimani avait raison : dans ce livre, on rit et l’on est parfois submergé par l’émotion.

Ces 11 histoires où madame Horvilleur, rabbin, a accompagné les familles endeuillées, sont toutes différentes, bien qu’elles tournent autour de ce grand mystère qu’est la mort et de ce qui pourrait y avoir ensuite et dont personne n’a de certitudes (je me méfie de ceux/celles qui me certifient que…).

Cet ouvrage est pour tout le monde, que l’on soit croyant, pratiquant, athée, agnostique, le cul entre deux chaises. De toute façon, la mort passera pour chacun d’entre nous et tout le monde l’a déjà vue emporter des êtres chers.

L’autrice commence par présenter la personne dont elle va parler, que ce soit des personnalités connue comme Elsa Cayat, la psy de Charlie Hebdo, victime de la fusillade, de Simone Veil et de son amie Marceline Loridan, des plus anciennes comme Moïse ou Abel…

Ou bien des inconnus, comme Sarah, vieille dame qui n’aura que son fils à ses funérailles, la meilleure amie de l’autrice, décédée trop tôt, ou bien ce garçon qui se demande où va aller son petit frère.

On a beau avoir officier à bien des enterrements, réconforté bien des familles, ce n’est pas pour autant que l’on arrive à se blinder totalement. En plus de nous expliquer son métier, ses difficultés, des anecdotes et des blagues juives, l’autrice nous parle aussi de sa vie, de sa famille, de ces survivants qui se taisent, qui ne parleront jamais de ce qu’ils ont vécu.

Le texte est toujours intéressant, quelque soit votre position avec les religions ou les croyances, son but n’étant pas de vous dire que sa vérité est plus grande que la vôtre, loin de là. Le but est plus de nous parler du judaïsme, de la mort, de la vie, de leur ironie, le tout avec des anecdotes fort intéressantes.

Cette lecture m’a envoyé moins bête au lit.

Un roman sans langueurs, où les talents de conteuse de madame Horvilleur font merveille, nous contant les légendes du judaïsme, nous instruisant sur certaines choses (sans jamais faire de prosélytisme), nous faisant rire (Marceline qui voulait fumer un joint pendant le discours de Macron), nous faisant sourire, nous racontant de belles histoires, sans jamais verser dans le pathos ou le trop intellectuel qui nous perdrait.

L’équilibre parfait.

Une belle lecture humaniste et j’avais eu tort de laisser d’autres romans s’empiler dessus.

La supplication – Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse : Svetlana Alexievitch

Titre : La supplication – Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse

Auteur : Svetlana Alexievitch
Édition : J’ai Lu (05/10/2016)
Édition Originale : Tchernobylskaïa molitva (1996)
Traduction : Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Résumé :
« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte :
— Vous ne devez pas

 oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! »

Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure.

Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale nucléaire ?

Svetlana Alexievitch nous fait entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L’évènement prend alors une toute autre dimension.

Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

Critique :
Le premier témoignage m’a déjà foutu par terre : c’était celui de l’épouse d’un des pompiers envoyés sur la catastrophe au tout début.

On les a appelé pour un incendie, ils sont partis le cœur tranquille, pensant n’avoir affaire qu’à un simple feu qu’ils maîtriseraient facilement. Il n’en était rien, mais ils ne le savaient point.

Partis sans protection, ils revinrent ensuite sous totale contamination.

Quatorze jours, c’est le délai maximum de votre existence après avoir été soumis à des radiations comme ils le furent.

L’épouse d’un est allée à l’hôpital, s’est occupée de son mari, qui avait été transformé en mini centrale nucléaire. La dégradation du corps est horrible. Son amour était immense, peu de femmes seraient restées auprès de leur mari. Hélas, le prix à payer était le plus fort. L’épouse était enceinte de 6 mois… Je n’en dirai pas plus.

Ce roman est composé de multiples témoignages, que ce soit ceux des habitants, des soldats, des liquidateurs, des témoins, des déplacés… Tous ces témoignages sont ceux et celles des suppliciées de Tchernobyl.

Ceci n’est pas une fiction, rien n’est romancé, ce sont des témoignages bruts. Les gens racontent, se souviennent et chaque récit semble plus glaçant que le précédent.

Ces villages vidés de tous leurs habitants, où sont resté uniquement les animaux domestiques. Tout ces gens qui pensaient revenir ensuite et qui sont parti avec le minimum…

Certains sont revenus, en douce, pour cultiver leur jardin, reprendre leurs affaires. Ou voler ce que les militaires enterraient, les objets contaminés… Sans penser qu’ils allaient se contaminer encore plus.

Les dirigeants ont sacrifiés les populations et les liquidateurs envoyés sur le toit pour enlever le graphite, sans protection.

Parfois, on leur en donnait, mais puisque les chefs minimisaient les effets et payaient bien, les hommes y sont allés, le cœur léger, les tire-au-flanc étant très mal vu, chez eux. Ils avaient une autre mentalité, ils servaient la patrie, ils obéissaient et surtout, la vodka coulait à flot, alors, il ne pouvait rien leur arriver de grave !

Avec le recul et les maladies arrivant, bien des soldats ou des liquidateurs, comprendront les risques qu’on leur a fait prendre au mépris de tout danger. Les roubles qu’on leur donnait en plus, les salaires triples, ne valaient pas les conséquences qu’ils ont subis ensuite.

Il fallait ne rien dire, mettre une chape de plomb sur l’incident (un incident, rien de plus) et brosser les merdes sous les tapis. C’est ce qu’ils ont fait et on devrait les en remercier, car ils ont pris des risques énormes pour les autres.

Le problème étant que la radioactivité, ça ne se voit pas, ça n’a pas d’odeur, alors, comment y croire ? Comment arriver à comprendre qu’il ne faut pas manger les fruits de son verger, cultiver sa terre ou boire le lait de sa vache ?

Les différents témoignages sont bouleversants, ils sont bruts de décoffrage, ils expriment la souffrance, l’incompréhension, les départs pour d’autres lieux, la perte de tout, ainsi que l’exclusion par les autres, puisqu’ils venaient de la zone.

Durant ma lecture, l’émotion m’a souvent submergée, me forçant à faire des pauses et à lire autre chose, afin de ne pas sombrer totalement.

Ceci n’est pas un roman, ni une fiction, ce sont des portraits de gens réels, de personnes fracassées, arrachées à leurs terres, à leurs vies. Des gens que l’on a sacrifié, des vies que l’on a considérées comme sans valeur. Des victimes à qui on a jamais donné la parole.

Ce sont aussi des soldats (liquidateurs) qui ont été envoyés en première ligne, sans connaître vraiment les risques et certains, même en les connaissant, on tout donné, afin d’épargner des vies. Des liquidateurs qui ne savaient pas qu’ils étaient déjà morts, à force de respirer et de manger des röntgens.

Dame Ida va encore me traiter de « Glauque-trotter » et elle n’aura pas tort…

Pourtant, je ne regrette pas d’avoir osé lire ce recueil de témoignages afin de savoir, de rendre un hommage silencieux à ces femmes, à ces hommes, ces enfants, morts ou déplacés, ces gens à qui on n’a rien voulu dire. À ces gens dont on ne parle jamais.

Et puis, malgré le fait que j’avais 10 ans lors de la catastrophe, il ne m’en restait aucun souvenir, comme si ma mémoire avait tout oublié. On ne peut pas oublier.

Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Biélorussie).

Retour de flammes – Tome 2 – Dernière séance : Laurent Galandon et Alicia Grande

Titre : Retour de flammes – Tome 2 – Dernière séance

Scénariste : Laurent Galandon
Dessinateur : Alicia Grande

Édition : Glénat (24/02/2021)

Résumé :
Paris, 1941. Le pyromane détruisant les pellicules de films allemands et l’assassin de Victoire courent toujours.

À travers son exploration des milieux interlopes du spectacle sous l’Occupation, le commissaire Engelbert Lange voit resurgir de vieux démons.

Hanté par le fantôme de sa mère qui l’avait abandonné pour tenter une carrière de comédienne et espionné de près par la Gestapo, pas facile de garder la tête froide pour résoudre cette double-enquête digne d’un film de Clouzot…

À travers ce polar historique bien ficelé et dessiné par la prometteuse Alicia Grande, Laurent Galandon nous fait arpenter les rues d’un Paris occupé où le cinéma peut aussi bien servir à contester le pouvoir qu’à le maintenir.

Critique :
C’était la dernièr’ séquence ♪ C’était la dernièr’ séance ♫ Et le rideau sur l’écran est tombé ♫ (*)

Et oui, avec ce second album, les réponses seront données, mais ce sera aussi la dernière séance, celle où la projection s’arrête.

Le passé du commissaire Lange est révélé et je comprends mieux pourquoi il avait tant de haine envers le monde du cinéma. À sa place, nous aurions fait de même.

Le scénariste évite aussi le manichéisme des acteurs/actrices tournant pour la Continental, firme allemande, juste pour les cachets juteux qu’ils reçoivent : lorsque le producteur Greven (un allemand) veut quelqu’un ou quelque chose pour ses films, il ne recule devant rien et bien des acteurs/actrices n’ont pas eu le choix de refuser.

Pourtant, il n’est pas tout à fait noir, plutôt en nuances de gris, comme bien des personnages de ce diptyque, ce qui les rend terriblement réalistes.

Les choses s’accélèrent dans ce tome, l’enquête fait de grands pas et j’ai été scotchée par la résolution, tant je n’avais rien vu venir !

Le scénariste est aussi allé un peu plus loin qu’une résolution à la « Colonel Moutarde avec le briquet dans la cabine de projection ». C’est plus profond que ça, plus réfléchi dans l’esprit du Commissaire Lange, qui, contrairement à son nom, laissera passer ce que d’autres auraient retenu.

Cela le rend plus humain aussi. Et sa partie de bras de fer avec Greven était très bien menée aussi, bravo l’ami !

♫ La lumière s’éteint déjà et le film est terminé… ♪

Ces deux bédés, qui se déroulaient dans le milieu du cinéma et à Paris sous l’Occupation de 1941, étaient véritablement bien menées. Comme quoi, ceux qui disent du mal des bédés (que ce sont pour les enfants), se trompent lourdement.

(*) Eddy Mitchell – La dernière séance

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°150], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°32] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages).

Retour de flammes – Tome 1 – Premier rendez-vous : Laurent Galandon et Alicia Grande

Titre : Retour de flammes – Tome 1 – Premier rendez-vous

Scénariste : Laurent Galandon
Dessinateur : Alicia Grande

Édition : Glénat (05/02/2020)

Résumé :
Le cinéma est une arme de guerre. Paris, sous l’Occupation, septembre 1941. Un incendie dans le cinéma Le Concordia détruit la pellicule d’un film de propagande nazi.

Chargé de résoudre l’affaire, le commissaire français Engelbert Lange découvre sur les lieux qu’il est surveillé par la Gestapo.

Car c’est la deuxième fois qu’un acte similaire est perpétré dans la capitale, les autorités allemandes prennent donc la chose très au sérieux : la piste terroriste est privilégiée. Son enquête va conduire Lange dans le monde du 7e Art. Il va découvrir l’intensité créatrice et le vent de liberté qui subsistent dans un Paris sous tension.

Mais entre la pression de ses supérieurs et celle de l’occupant, il va surtout devoir rendre des comptes… et voir resurgir de vieux démons.

À travers ce polar historique bien ficelé et dessiné par la prometteuse Alicia Grande, Laurent Galandon nous fait arpenter les rues d’un Paris occupé où le cinéma peut aussi bien servir à contester le pouvoir qu’à le maintenir.

Une enquête en deux volumes.

Critique :
Dans le film « La cité de la peur », un mystérieux assassin tuait les projectionnistes qui projetaient le film « Red is dead », un film d’horreur nanardesque. C’était délicieusement décalé.

Ici, c’est différent : un mystérieux type détruit des films de propagande nazi. Nous ne sommes pas dans une comédie, mais en 1941, sous l’Occupation.

Un agent de la police secrète allemande demande au commissaire Lange d’éponger cette affaire avant qu’il n’y ait des fuites et que les gens évitent les cinémas et ses merveilleux films allemands ! C’est de l’ironie de ma part, bien entendu, ce n’en est pas du fridolin qui cherche surtout un coupable Juif.

Le graphisme est très beau, les dessins sont réalistes, coloriés dans des tons pastels, assez clairs. Bref, c’est un bel objet.

Comme le commissaire Lange, nous sommes des néophytes en matière de cinéma des années 40, heureusement, en même temps qu’une personne le renseignera, nous pourrons en apprendre plus de notre côté et se coucher moins bête.

Le scénariste a fait du bon boulot en amenant des détails de la vie à Paris sous l’occupation et les infos sur le cinéma de l’époque de manière subtile, intégrant le tout dans son scénario, dans les dialogues, sans que cela ressemble à un cours. Alicia Grande, la dessinatrice, a bien restitué le tout en images.

Bien des sujets seront mis en lumière dans ce premier album, les uns s’imbriquant dans les autres à la manière des briques de couleurs célèbres, le tout formant une toile cohérente. De plus, notre commissaire n’enquêtera pas que sur le pyromane des bobines de propagandes. Il y a du crime mystérieux aussi.

Les personnages ne sont pas figés, chacun a ses petits secrets, ses bizarreries. Le commissaire décroche le pompon (mais je ne dirai rien de plus), son adjoint, l’inspecteur Goujon fera fort lui aussi, sa voisine Clothilde n’est pas en reste non plus…

Des mystères, des enquêtes qui doivent se faire avec délicatesse pour ne pas froisser les copains des dignitaires nazis et où le mot « collaboration » peut prendre plusieurs sens, bon comme mauvais.

Le résultat est que le premier tome est instructif tout en étant addictif. Nous sommes face à des enquêtes dont les mystères sont aussi épais qu’une bottine allemande et avec des personnages qui nous cachent bien des petits secrets inavouables…

Bien des personnages connus se retrouveront croqués dans ce premier album, dont Tino Rossi qui ne chantait pas « petit papa Noël » à la table des officiers allemands ou le réalisateur Clouzot qui ne faisait qu’une seule prise puisque les mètres de pellicule étaient comptés, ainsi que Danielle Darrieux et Fernandel chez Maxim’s.

Une bande dessinée sur une période sombre de l’Histoire et ce ne sont pas les projecteurs du cinéma qui vont lui donner de la lumière, vu que le régime de Vichy a créé le C.O.I.C (Comité d’Organisation de l’Industrie Cinématographique) afin de contrôler la production cinématographique…

Sans compter qu’il fallait correspondre aux exigences de Goebbels qui voulait que les français se contentent de films creux, de sornettes légères, de films inconsistants, comme les producteurs de films faisaient déjà puisque soumis à la censure vichyste.

Une belle découverte, une fois de plus et je m’en vais de ce pas lire le second tome (c’est un diptyque) afin de découvrir ce qu’il se cache derrière tous ces mystères…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°138], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°20], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages), et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Espagne).

 

A fake story : Laurent Galandon et Jean-Denis Pendanx

Titre : A fake story

Scénariste : Laurent Galandon
Dessinateur : Jean-Denis Pendanx

Édition : Futuropolis (13/01/2021)

Résumé :
Le 30 octobre 1938, Orson Welles met en ondes, sur CBS, la Guerre des mondes de H. G. Wells, racontant l’attaque de la Terre par des extra-terrestres. C’est la panique ! « Une fausse guerre terrifie tout le pays », titrent les quotidiens du lendemain.

Dans le récit de Laurent Galandon, afin « d’échapper au massacre des Martiens », un homme tue sa femme et tire sur son fils avant de se suicider. Un ancien journaliste vedette de CBS, Douglas Burroughs, va mener l’enquête.

Il en fera un livre. A Fake Story pose la question du vrai et du faux avec un art consommé, dans une enquête policière réjouissante.

Critique :
Souvenez-vous, c’était le 30 octobre 1938… Hier, en fait !

Orson Welles mettait en ondes, sur CBS, « La Guerre des mondes » de H. G. Wells, racontant l’attaque de la Terre par des extra-terrestres venant de la planète Mars (pas la planète Twix !).

La légende dit que cette pièce radiophonique avait créé la panique chez les gens écoutant la radio, provoquant des mouvements de panique.

Une Fake News tellement bien mise en scène que tout le monde avait marché à fond.

Comment est-ce possible ? Avant de rire d’eux, il faut se remettre dans le contexte de l’époque, celui où la radio commençait et où tout le monde n’en était pas équipé. En écoutant Orson Welles raconter l’invasion des Martiens, je comprend que les gens aient paniqué.

D’ailleurs, je me souviens que chez nous, la RTBF (chaîne nationale de télé) avait fait de même, un 13 décembre 2006, avec un reportage intitulé « Bye Bye Belgium » qui campait le tableau de la scission du plat pays et les conséquences dramatiques qui s’ensuivraient brutalement, du jour au lendemain.

Au bas de l’écran, une mention que bien des téléspectateurs n’avaient pas remarquée : « Ceci n’est peut-être pas une fiction ». Nous avions marché comme un seul Homme et tremblé dans nos chaumières.

Cet album est réalisé avec des aquarelles aux tons assez doux et il va nous conter, brillamment, l’enquête que Douglas Burroughs, ancien journaliste, mandaté par la radio CBS, va mener après qu’un homme ait tué sa femme et tiré sur son fils avant de se suicider, au motif qu’il ne voulait pas que les martiens tuent sa famille. Le fils survivra, il est entre la vie et la mort.

Que s’est-il passé, doudou dis donc ? La radio et Orson Welles sont-ils en cause ?

En 96 pages, tout sera dit, tout sera expliqué, aussi bien l’affaire dans son entier, que le développement des personnages, les fausses pistes,…

Les personnages sont crédibles, dans leurs pensées, leurs réflexions (racisme), leurs actions et l’enquête ne manque pas de suspense, de mystères, de retournements et j’ai été surprise par la fin, même si j’avais eu des soupçons.

Et puis, bardaf, je me suis faite avoir moi aussi !

Excellent, cette petite histoire dans la grande Histoire, cette petite fiction dans la grande Fiction, cette mise en abyme qui permet aux auteurs de nous raconter cette enquête qui servira aussi de prétexte à nous parler de l’Amérique profonde, raciste, ségrégationniste et fortement bigote.

Une bande dessinée réussie à tous les points de vue et une enquête menée de main de maître.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°130], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°12] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 98 pages).