Vinland Saga – Tome 5 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 5

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/12/2009)

Résumé :
Angleterre 1013. Avec l’hiver qui s’installe et la neige qui rend les routes impraticables, l’armée de Knut est contrainte de s’établir dans un petit village anglais jusqu’au printemps.

Histoire de s’assurer que leur position resterait secrète, Askeladd n’a pas hésité à faire massacrer tous les villageois, hommes, femmes et enfants.

Askeladd ne reste pas inactif. Il a un rêve, et pour l’accomplir, il doit trouver un moyen de transformer le prince Knut en chef de guerre impitoyable…

Critique :
Voilà un tome riche en action et en rebondissements ! Alors qu’on aurait pu penser se trouver face à un tome pépère puisque les troupes d’Askeladd ont investi un petit village pour attendre que la neige soit moins épaisse.

Pas de bol pour eux, un témoin de leurs méfaits a pu se sauver et raconter à d’autres ce que lui et ses hommes avaient fait aux villageois.

Si certains pensaient se la couler douce, et bien, c’est loupé, va falloir se battre et mettre les voiles, tout en évitant les mutineries parce que les hommes sont fatigués, en ont plein le cul et commence à se demande si Askeladd a encore la baraka puisque maintenant, ils ont Thorkell à leurs fesses.

Qui va le trahir ? Arrivera-t-il à faire de Knut un homme de combat et un homme de commandement ou ne pourra-t-il l’envoyer que dans un salon de thé, avec le petit doigt en l’air ? Et Thorfinn sera-t-il d’accord de lui servir de nounou ?

Je ne sais toujours pas où va n’emmener l’auteur, mais je prends toujours autant de plaisir à suivre cette saga, qui, je le pense, va m’emporter assez loin.

Le scénario ne laisse pas la place à la sieste, sans pour autant être trop trépidant et en devenir lourd. Les personnages sont bien travaillés et nous étonnent souvent, car ils ne sont pas figés, ils évoluent et peuvent aussi nous cacher des tas de petites choses, les coquins.

Mais certains dans leur ligne de conduite, comme Thorkell qui, en plus d’avoir de l’humour, l’envie de se battre tout le temps, quitte à se vendre à l’ennemi, n’aime pas les traitres ni les hommes qui se rendent.

Un tome qui bouge, assez violent, mais hautement addictif car j’ai encore plus envie de me faire toute la série.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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Cheval de guerre : Michael Morpurgo

Titre : Cheval de guerre

Auteur : Michael Morpurgo
Édition : Gallimard Jeunesse (2012)
Édition Originale : War Horse
Traducteur : André Dupuis

Résumé :
Une très belle histoire d’amitié, de sagesse et d’humanité. Joey le cheval de ferme, devenu cheval de guerre, en 1914, nous raconte son histoire, avec simplicité.

Témoin de la Grande Guerre, il va vivre l’horreur des combats auprès des Britanniques, des Allemands, ou du côté des Français.

Pour lui, les soldats, les paysans, les officiers, les vétérinaires ne sont pas des ennemis, mais des hommes, chez qui il rencontre la bonté comme la méchanceté.

Joey partage leurs souffrances et leurs peurs, et sait leur redonner de l’espoir.

Critique :
Cheval de guerre prenait les poussières depuis un certain temps : je voulais le lire, mais je n’osais pas.

Un cheval qui se retrouve dans la Grande Guerre, un jeune garçon qui aimait son cheval et qui le perd, trop dur pour mon petit coeur.

En ce qui concerne le film, c’est encore pire, je n’osais pas non plus le regarder pour ces mêmes raisons.

Maintenant que j’ai franchi le pas avec le roman, je vais me tourner vers le film, mais pas tout de suite.

Dans cette boucherie qui fut cette Grande Guerre, des hommes n’avaient pas demandé de la faire, et même ceux qui l’avaient souhaité, ont vite déchanté. Mais les animaux, eux, qu’est-ce qu’ils y comprennent aux conneries de quelques humains qui voulaient absolument en découdre ? Rien…

Le narrateur est Joey, le cheval et nous verrons sont arrivée dans la ferme du père d’Albert, son débourrage, l’amitié qui le lie au jeune garçon et son arrivée dans cette guerre atroce où les morts tombent comme des mouches sous les balles et les obus. Une cavalerie, face à des mitrailleuses, c’est du suicide !

Changeant une fois de plus de cavalier, passant des mains anglaises aux allemandes, ce cheval a bien mérité à un moment donné la croix de guerre donnée par un soldat allemand pour services rendus. Joey et Topthorn, son ami le cheval noir ont parfois eu plus de dignité et de courage que certains officiers.

Vous allez me dire qu’un récit narré par un cheval n’a aucune valeur, ce à quoi je vous répondrai que si, il a de la valeur, car le cheval, lui, il ne juge pas, il ne veut pas à tout pris prendre cette colline ou dézinguer les types dans la tranchée d’en face. Il est innocent lui, et on le transforme en bête de guerre.

Ce roman jeunesse est émouvant au possible et mes yeux se sont humidifiés car je me suis demandé ce qui se passerait si j’avais été à la place d’Albert et vu mes Louloutes à moi partir à la guerre.

Auraient-elles survécu ? Dans quel état seraient-elles revenues ? M’auraient-elles reconnues ? Senti le pantalon avec leurs naseaux soyeux comme habituellement ? Reniflé mes poches arrière dans l’espoir d’une carotte planquée là ? La plus jeune aurait-elle encore eu envie de me sortir le smartphone de la poche ?

J’ai mis du temps à sortir ce roman et je me dis que j’ai bien fait de profiter du Mois Anglais pour enfin prendre mon courage à deux mains afin de le lire. Il est sobre, profonde, bourré d’humanité, de courage, de gentillesse, mais aussi de dureté et de morts, tombés des deux côtés pour rien…

Dans ce roman, pas de manichéisme non plus : les Allemands ne sont pas présentés comme des barbares sans coeur et les Alliés des gentils soldats.

Non, ici, tout le monde patauge dans la même boue, dans la même merde, tout le monde crève sous le joug, hommes comme chevaux. Des enculés de pute de fils, il y en a des deux côté du No man’s land et des êtres humains sachant faire preuve de compassion aussi. Tous les Hommes sont les mêmes, pas de Bons d’un côté et de Méchants de l’autre.

Un très beau roman qui m’a pris à la gorge. Une vision de 14-18 différente, vue par les yeux d’un animal qui n’avait rien demandé.

PS : je me console en me disant que les chevaux ne sont plus utilisés à la guerre et qu’en cas où ça reviendrait, les soldats auraient beau faire entre une Louloute qui ne pense qu’à son ventre (et donc à manger en tout lieu) et une autre Louloute qui confond la moindre étendue d’herbe plane avec la ligne droite d’un champ de course… Sûr qu’on perdrait la guerre avec deux cas pareils !

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 4 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 4

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/09/2009)

Résumé :
Angleterre 1013, l’armée danoise du roi Sven à la Barbe Fourchue continue sa campagne d’invasion. Malgré la supériorité de son armée, sa progression est bloquée à Londres, ville imprenable, protégée par Thorkell le Grand, un Viking passé à l’Anglais par simple ennui.

Sven décide alors de confier la responsabilité du siège à son fils Knut, à la tête d’une armée de quatre mille hommes.

Mais l’armée de Knut se fait décimer et le prince est pris en otage par Thorkell, bien décidé à attirer l’attention du roi du Danemark.

Sur un coup de tête, Askeladd part avec sa seule troupe à la rescousse de Knut. Un pari extrêmement dangereux pour gagner argent et gloire…

Critique :
Que se passe-t-il lorsqu’un jeune bad boy badass se trouve face à un prince très très timide et très très efféminé ?

C’est le clash ! Trop tentant pour le roquet Thorfinn de ne pas se foutre de la gueule du prince Knut qui se cache derrière Ragnar, le géant ado-sitter du prince.

Mais avant de se dire des gentillesses pleines de fiel, il va d’abord falloir sortir de cette fumée provoquée par les feux allumés par les hommes d’Askeladd et grouiller ses puces pour ne pas se faire attraper par les troupes de Thorkell.

Comme je le disais précédemment, les personnages évoluent et certains cachaient bien leur jeu… Maintenant, je ne sais pas non plus si Askeladd joue double ou triple jeu. Avec lui, tout est possible.

Ce tome se consacre à la marche forcée que les hommes d’Askeladd vont devoir faire afin d’échapper à Thorkell, lancé sur leurs trousses. Askeladd étant avare d’informations, ses hommes vont commencer à se poser des questions, à douter de lui, et quand on commence ainsi, c’est que la grève n’est pas loin !

Avec des airs de western spaghetti qui serait venu s’inviter dans le Moyen-âge, ce tome de transition nous apprend des tas de choses sur Askeladd et m’est avis qu’il n’a pas fini de nous étonner, le bougre de salopard qui n’a pas hésité à massacrer tout un village pour y abriter ses hommes.

Un tome de transition, certes, mais un tome généreux en péripéties, en aventures, sans pour autant se disperser dans tous les sens et bâcler ses arcs narratifs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 3 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 3

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (11/06/2009)

Résumé :
Août 1013, suite au massacre des camps vikings de Northumbrie, l’armée danoise se fait de plus en plus agressive en Angleterre. D’expédition en expédition, l’armée dirigée par Floki, rejointe par celle d’Askeladd, arrive enfin à Londres.

Mais après des décennies d’attaques. Londres est plus que parée contre les Vikings. Pour l’armée danoise, le combat s’annonce d’autant plus rude que Thorkell, le frère cadet du général des Jomsvikings Sigvald, lassé de combattre des Anglais qu’il juge trop faibles, a décidé de changer de camp pour s’amuser un peu.

Face à cet imprévu de taille, Askeladd a, comme toujours, une idée de génie : envoyer le jeune Thorfinn lui rapporter la tête de Thorkell en échange d’une promesse de duel…

Critique :
♪ Ce soir, nous irons à Londinum, pour pilier, pour tuer ♫

Nous sommes en l’an de grâce de 1013 et la puissante flotte des Vikings du Danemark, menée par le roi Sven, entre dans le Nord de l’Angleterre par rivière Humber (pas Uber !).

Sorry de vous l’apprendre, mais lorsque les Hommes du Nord, autrement dit, les Vikings, vont à Londres, ce n’est pas pour faire du shopping, même si les deux mots riment.

Le Wessex pillé, le Wessex volé, le Wessex incendié, le Wessex dévasté ! Londres, elle, résiste encore et toujours à l’envahisseur grâce à un transfert de poids : Thorkell, un viking qui est passé du côté opposé de la Tamise.

Nous retrouvons, dans tous ces arcs narratifs, notre jeune Thorfinn, toujours en rage, en rogne, contre la Terre entière. Bouche fermée, yeux révolvers, toujours prompt à se battre. Les djeuns diraient qu’il a la haine !

Askeladd, le chef des pillards qui le possède (on apprend au fur et à mesure des tomes d’où vient Thorfinn) a fait de lui une machine à tuer. Pourtant, jusqu’à présent, si Thorfinn a réussi à tuer toutes ses cibles, il est toujours incapable de vaincre Askeladd en combat singulier et donc, de retrouver sa liberté.

Expliqué de la sorte, on pourrait penser que l’on a affaire à un manga bourré de testostérones, de mecs violents, de sang qui gicle et de boyaux qui explosent, genre Ken Le Survivant. Mais il n’en est rien !

Non, non, non, le manga est fin, la psychologie des personnages est travaillée, on ne sait pas ce qui se cache derrière la personnalité de chacun et au fil des tomes, on aura quelques surprises.

Déjà qu’on remarque que Thorfinn a de la sensibilité et essaye de préserver une famille de la machine à broyer qu’est l’armée de Sven, le roi des Hommes Blonds Sexys…

Les dessins sont harmonieux, les scènes de combats bien détaillées, le scénario est riche, complexe, bourré de mystères, de vengeance, de rédemption.

J’ai vraiment envie de suivre ces personnages dans leurs aventures pour les voir évoluer.

En attendant, évitez d’aller à Londres, les Vikings sont en guerre !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les âges sombres : Karen Maitland [LC avec Bianca]

Titre : Les âges sombres

Auteur : Karen Maitland
Édition : Sonatine (2012) / Pocket (2014)
Édition Originale : The Owl killers (2010)
Traducteur : Pierre Demarty

Résumé :
1321. Les habitants d’Ulewic, une petite cité isolée de l’est de l’Angleterre, sont sous le joug de leur seigneur et de l’Église, celle-ci ayant supplanté, depuis quelques années, le paganisme qui régnait dans la région.

Non loin du village s’est installée une petite communauté chrétienne de femmes, des béguines originaires de Belgique.

Sous l’autorité de sœur Martha, elles ont jusqu’alors été assez bien tolérées. Mais les choses commencent à changer. Le pays connaît en effet des saisons de plus en plus rigoureuses, les récoltes sont gâchées, les troupeaux dévastés et le besoin d’un bouc émissaire se fait sentir.

Neuf hommes du village, dont on ignore l’identité, vont profiter de la tension qui commence à monter pour restaurer un ordre ancien et obscur.

Renouant avec de terribles rites païens, usant de la terreur, du meurtre et de la superstition, ils vont s’en prendre aux béguines, qui devront les démasquer et élucider les secrets du village avant que la région ne soit mise à feu et à sang.

Critique :
Anus horribilis… Voilà comment les Béguines Martha d’Ulewic, petit village perdu au fin fond du trou de cul de l’est de l’Angleterre, auraient pu résumer l’an de grâce 1321.

JDM résumera cette première journée de mai qui commença sous des auspices merdiques pour bien des gens et qui, tel une goutte d’eau tombant sur le visage, donnera ensuite naissance à un torrent dévastateur.

Voilà une brique que je viens de m’enfiler en même pas trois jours, dévorant chaque page comme une affamée, m’attachant à certains personnages ou ayant envie d’en trucider certains…

Dieu mais qu’ils n’étaient pas très malins, en 1321 ! Dieu qu’ils étaient crédules, ces bonnes gens du fin fond de l’Angleterre profonde. Dieu qu’ils étaient manipulables ! On en faisait ce qu’on voulait…

À la moindre chose qui ne tournait pas rond, que ce soit des changements climatiques, des épidémies, des maladies, il fallait de suite trouver un bouc émissaire et les étrangers de tout poils étaient tout trouvés pour se voir accuser de moult crimes qu’ils n’avaient pas commis.

Vu l’époque, je leur pardonnerai leur imbécilité et leur manque de réflexion : ils n’étaient pas instruit, ils étaient crédules, qu’ils soient païens ou religieux, ne savaient pas vérifier les dire des uns ou des autres, l’Église et les nobles avaient encore tout pouvoir sur eux et pouvaient leur servir des fake à volonté puisque eux-mêmes y croyaient, bien souvent…

De nos jours, ils n’ont plus ce pouvoir, ils l’ont délégué à d’autres, mais j’ai l’impression que ♫ non, non, rien n’a changé ♪ tout tout à continué ♪ car l’Homme est toujours prompt à s’enflammer pour des futilités ou à gober ce qu’à brait l’âne du coin ou dans la télé. En 1321, ils avaient des circonstances atténuantes, eux.

Nous avions beau être dans l’Histoire, puisque le roman s’appuie sur des faits réels et une part des légendes, mais je l’ai trouvé très contemporain, moi.

Ce polar historique donnera la voix à plusieurs narrateurs, ce qui nous permet de nous balader dans le récit en suivant des personnages différents, de suivre leurs pensées, d’en apprendre plus sur eux. Ils sont humains, réalistes, avec des pensées et des actions bien de leur époque.

Pas de dichotomie dans les personnes qui gravitent dans ce roman, ils sont travaillés et si je pensais que Philip D’Acaster allait avoir un grand rôle en tant que salaud tout comme les Maîtres-Huants, ils sont resté, au final, plus en retrait que je ne l’aurais pensé. On peut toujours me surprendre, donc.

Impossible de s’embêter, je le suis gorgée des faits historiques, je me suis plongée dans le passé, me suis baladée dans les temps obscurs et tout en me gavant de l’histoire, je suis arrivée à la conclusion que cette époque n’aurait pas été faite pour moi car certaines questions sur la religion n’était pas bonnes à poser à voix haute.

L’auteure a fait aussi un super travail au niveau de l’écriture, la rendant accessible, même dans les descriptions qui, sans cela, aurait pu rendre le récit lourd. Pas de soucis, il est d’une fluidité tout en évitant un style plat.

Un polar historique qui parle de croyances, de foi, d’acceptation de la différence de l’autre, de la place de la femme en cette époque (derrière les fourneaux, évidemment, avec autant de droit qu’un animal), de crédulité, de propagande, de manipulations des foules, de fourberie (et pas de Scapin) et de jalousie.

Une LC réussie ou, une fois n’est pas coutume, Bianca et moi sommes sur la même longueur d’onde pour dire que nous avons aimé !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)  et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

L’Affaire Léon Sadorski : Romain Slocombe [LC avec Bianca]

Titre : L’Affaire Léon Sadorski

Auteur : Romain Slocombe
Édition : Robert Laffont (25/08/2016)

Résumé :
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné.

Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy.

De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les « terroristes ».

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police…

De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Critique :
Léon Sadorski est ce qu’on peut appeler un salaud, un pute de fils, le genre de personnage abject avec qui l’on a pas envie d’aller boire un verre, et encore moins de croiser sa route, surtout si dans la famille, on a des prénommés Sarah ou Lévy.

Ça risque de vous foutre la vie en l’air parce que nous sommes en 1942 et que je pense que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Malheureusement, Léon Sadorski n’est pas un cas isolé, il est même un type tout ce qui a de plus normal dans cette France occupée dont les priorités sont de bouffer, faire des risettes à l’ennemi ou du moins, ne pas s’attirer leurs foudres, faire un peu de fric sur le dos des gens qui ont des choses à se reprocher, comme des « origines en désaccord avec l’idéologie des nazis ».

Et pour Léon, on pourra ajouter qu’il est le roi de la moule puisqu’il aime faire le coup du grand cyclope à Madame et visiter d’autres cavernes aux merveilles parce que ce n’est pas parce qu’il est au régime qu’il ne peut pas manger aux autres pelouses. Par contre, si sa femme fait pareil, il l’assommerait à coup d’beignes ♫

Le ton du roman est froid, sans concession, limite au sclapel et rien ne nous est épargné dans ce Paris occupé par les Z’Allemands qui sont encore triomphants. Niveau perversité et mauvaise foi, c’est des champions du monde et l’auteur ne vas pas se priver de nous faire vivre ces jours sombres comme si nous y étions.

D’ailleurs, je ne me suis senti en empathie ou en sympathie avec aucun personnages, et pourtant, ça ne m’a pas empêché de dévorer le roman, tentant de comprendre comme l’Homme peut en arriver à des extrêmes pareilles, à des violences pareilles…

La propagande avait fait son job, elle l’avait bien fait, même. Elle refera le job plus tard, transformant tous ces collabos en parfait petits résistants. Mais ceci est une autre histoire.

Bon, le répétez à personne mais, si j’ai adoré ce roman, il m’a glacé les sangs et certains passages furent lu avec le cerveau déconnecté sinon j’aurais perdu toutes mes couleurs et toute chaleur dans mon corps.

Sans pour autant entrer dans le voyeurisme graveleux ou gratuit, l’auteur nous immergera dans le quotidien de ces braves gars des Renseignements généraux qui ont des méthodes bien à eux pour faire parler les gens et leur faire avouer des choses dont ils ne sont pas coupables.

Je vous le dis, c’est glacé comme la lame d’un scalpel et pour rien au monde je n’aurais voulu vivre à cette période, ni que ce genre d’horreur se reproduise avec moi pour personnage principal. Oui, je fuis !

Mais je ne fuirais pas les autres romans mettant en scène ce pute de fils d’enculé de salopard de sous-merde qu’est Léon Sadorski.

Une LC avec Bianca qui fut partagée : j’ai adoré ce roman, elle, par contre, ne l’a pas terminé tant elle a trouvé le personnage principal détestable. Pas de chronique pour Bianca (on dirait un titre de film ou de roman).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°43 – Les Plans du Bruce-Partington – lire un livre se passant en temps de guerre).

 

Fatherland : Robert Harris

Titre : Fatherland

Auteur : Robert Harris
Édition : Pocket (16/03/1998)
Édition Originale : Fatherland (1992)
Traducteur : Hubert Galle

Résumé :
Berlin, 1964. Les forces de l’Axe ont gagné la guerre, la paix nazie règne sur l’Europe. L’Amérique a refusé le joug. Mais, dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre.

Deux meurtres viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d’anciens S.S. de haut rang jouissant d’une paisible retraite. Chargé de l’affaire, l’inspecteur March s’interroge.

S’agit-il d’un règlement de comptes entre dignitaires ? Pourquoi la Gestapo s’intéresse-t-elle à l’enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui semble menacer les fondations du régime ?

Dans Berlin pavoisé, les bourreaux guettent, prêts à tout pour étouffer les dernières lueurs de la liberté.

Critique :
Purée, le mois d’avril aura été riche en lectures « abandonnées » ! Du jamais vu en 30 malheureux jours.

Ben oui, une fois de plus, voilà un roman que je voulais lire absolument et dont je n’ai pas réussi à franchir le cap.

Ok, j’ai déjà dépassé la page 30, allant même jusque la 111 (le quart), mais que ce fut long et dur !

Pas à cause du fait que les allemands aient gagné la Seconde Guerre, pas du fait que les nazis soient rois, mais à cause du rythme du livre !

Robert Harris, j’avais déjà tenté de le lire avec « Imperium » qui mettait en scène Marcus Cicéron, le brillant avocat et orateur et philosophe célèbre.

Bingo, je n’avais pas réussi à dépasser la page 40 et le roman avait fini dans les dons.

On prend les mêmes et on recommence. Je ne saurai donc jamais qui a tué ces anciens S.S. et entre nous, tant mieux ! Sauf que j’aurais aimé décerner une médaille à leur assassin, moi…

Ou, du moins, savoir dans quel complot ces meurtres bizarres s’inscrivaient et pourquoi on ne voulait pas que l’inspecteur Xavier March, de la Kripo (la Kriminalpolizei de Berlin) poursuive ses investigations.

Là où je me suis arrêtée, on mettait déjà des bâtons dans les roues de ce Sturmbannführer. À vos souhaits.

Mes incursions dans les uchronies ne sont pas toujours couronnées de succès, mais je ne baisserai pas les bras et je reviendrai au genre avec un autre auteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Possédées : Frédéric Gros [LC avec Bianca]

Titre : Possédées

Auteur : Frédéric Gros
Édition : Albin Michel (18/08/2016)

Résumé :
En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines, est brusquement saisie de convulsions, victime d’hallucinations.

Elle est bientôt suivie par d’autres sœurs et les autorités de l’Église les déclarent « possédées ». Contraints par l’exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville.

L’affaire des possédées de Loudun, brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes.

Critique :
♫ Possédées, nous étions toutes possédées ♪ Avoir envie de s’auto-flageller ♫ Et à des bites rêver ♪ Possédées ♪

Le sexe de nos religieuses serait-il devenu l’enfer ? Oui, parce que Satan l’habite (je n’ai pas pu résister au jeu de mot).

Enfin, c’est ce qu’il paraît parce que ce roman, je l’ai survolé de très haut, sautant les phrases et n’arrivant à m’agripper à rien.

Une lecture en travers, voilà comment je désignerais ce que je viens de faire, ne m’arrêtant que sur certains passages, et même eux n’étaient pas intéressants.

Mea culpa, j’ai péché ! Mon père, donnez-moi l’absolution parce que j’ai commis le péché de lecture en diagonale.

Et si vous ne me pardonnez pas, alors, excommuniez-moi, déclarez-moi hérétique, je m’en fous, parce que de toute façon, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Si ce n’est de m’être laissée tenter par un résumé aguichant, intéressant, intriguant…

Anybref, une lecture qui ne restera pas dans mes annales (avec deux « n » s’il vous plait, bougre de petits cochons) et niveau bonnes sœurs, ma préférée restera toujours Sœur Marie-Thérèse des Batignolles.

Une lecture à oublier et un livre à bazarder au plus vite.

Ma copinaute Bianca a adoré sa lecture, elle. Voyez son avis, pour avoir une autre opinion que la mienne.

Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°40 – Le Manoir de l’Abbaye – lire un livre dans lequel la religion est un sujet important).

Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants : Ken Follett [LC avec Bianca]

Titre : Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (30/09/2010) / LP (04/01/2012)
Édition Originale : The Century Trilogy – Book 1 – Fall of Giants (2010)
Traducteurs : Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Viviane Mikhalkov

Résumé :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde…

Cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – vont se croiser, s’aimer, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire: la Première Guerre mondiale et la Révolution russe.

Cette gigantesque fresque brasse toute la gamme des sentiments humains et dresse une galerie de portraits saisissants : des personnages exceptionnels, passionnés, ambitieux, attachants, tourmentés, qui bravent les obstacles et les peurs pour s’accomplir en dépit des tragédies qui les emportent.

Entre saga historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et lutte des classes, Le Siècle, la nouvelle épopée de Ken Follett en trois volumes, traverse la période la plus agitée, la plus violente et la plus complexe des temps modernes : la grande aventure du XXe siècle…

Critique :
♫ Qui c’est qui est très gentil ? Les gentils ♪ Qui c’est qui est très méchant ? Les méchants ♫ Qui c’est qui est l’mieux à l’écrit (les gentils) ♫ Qui n’a pas de circonstances atténuants (les méchants) ♪

Cette petite chanson pour illustrer le problème des romans de Ken Follet : le manichéisme de ses personnages et le fait que peu d’entre eux évoluent dans un sens ou l’autre.

Les méchants restent bêtes, méchants et bornés et les gentils sont pourvus de toutes les qualités.

Et vous savez le pire ?? C’est que chez Ken Follet, ça ne me pose que très peu de problème ce manichéisme assumé.

Si en lisant (ou en regardant) Game Of Thrones, je frémis pour chaque personnage que j’apprécie, je sais que chez Ken Follet j’ai peu de risque de les voir mourir. Ce n’est sans doute pas très réaliste, je le sais, mais j’apprécie le fait de ne pas me faire du mauvais sang pour les personnages que j’apprécie.

De plus, dans ce roman, les femmes sont toutes avec des envies d’indépendance, féministes, battantes, intelligentes (je ne m’en plaindrai pas). Je parle bien entendu des femmes ayant un grand rôle à jouer.

Voilà, c’est dit.

Par contre, niveau saga historique, là, le père Follet, il assure un max parce que je viens de lire la Première Guerre Mondiale comme j’aurais aimé qu’on me l’expliquasse à l’école (pour info, on nous a parlé de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie et la guerre qui commence avec le jeu des alliances et puis, basta, terminé, merci au revoir).

Durant 1.000 pages, l’auteur va nous faire passer de 1911 à 1924, nous montrant les prémices du futur conflit à venir (discussion politiques) et ensuite de ce qui se déroula durant la guerre (certaines batailles), et ce, au travers de plusieurs personnages bien distincts, que ce soit au niveau des nationalités ou de leur origines sociales.

Dommage que en plus des russes, des anglais, des gallois, des américains et des allemands, il n’y ait pas eu le point de vue de personnages belges puisque les allemands ont traversé mon petit pays sans nous demander notre avis.

PS : Ils voudraient le refaire maintenant, ils se retrouveraient bloqués au carrefour Léonard, sur le Ring, sur le pont Van Praet et casseraient leurs chenilles sur nos routes pleines de trous.

L’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur la presse qui fit monter la haine envers les perdants ou qui fit la propagande de la guerre, sur les gouvernements, les officiers ou les aristocrates très va-t-en-guerre (pour ne pas sortir les noms d’oiseaux), sans parler des officiers à qui il n’aurait même pas fallu confier un chien pour aller le faire pisser.

J’aimerais vous parler plus en profondeur de ce livre, de cette saga énorme, de tout ce qu’elle renferme d’important, de vous dire que j’avais l’impression d’y être, que le suspense était tel, à un moment donné, que j’ai espéré que la guerre ne se fisse pas, que Lénine ne prenne pas le pouvoir et que la bataille de la Somme ne se termine pas en boucherie.

C’est vous dire le talent de l’auteur pour me faire espérer des faits que je sais avérés.

L’avantage d’un récit historique romancé, c’est qu’il nous permet de nous attacher à certains personnages et cela rend les discussions politiques moins absconses, moins impersonnelles.

L’avis de ma copinaute Bianca se trouve sur son blog : un lecteur averti en vaut deux ! Et un clavier Azerty aussi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) , le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°27 – Traité Naval – Intrigue en partie politique).

Les Voies d’Anubis : Tim Powers

Titre : Les Voies d’Anubis

Auteur : Tim Powers
Édition : Bragelonne (18/02/2015)
Édition Originale : The Anubis Gates (1983)
Traducteur : Gérard Lebec

Résumé :
Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d’imaginer qu’il ne va pas tarder à le rencontrer en personne… en 1810 !

Car après avoir accepté l’offre d’un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain.

Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants des mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l’Histoire ?

Mêlant les thèmes du voyage temporel, du mythe du loup-garou et de la magie noire égyptienne dans le Londres victorien, ce roman qui a remporté les prestigieux prix Apollo et Philip K. Dick, est le grand classique à l’origine du steampunk.

Critique :
Les voies d’Anubis sont-elle impénétrables, comme celle de Dieu ?

Et bien non, elles sont totalement pénétrables, dans un sens comme dans l’autre, mais pas à tout moment car les failles ne sont pas ouvertes partout et en même temps…

Ah, quel voyage fantastique je viens de faire, mes amis ! Dans le temps et dans l’espace.

Nous partîmes en 1983 et pas un prompt saut dans le temps, nous arrivâmes en 1810, à Londres.

Oubliez le Londres de Sherlock Holmes, si la misère est bien présente, si les mendiants et leur confrérie sont bien là a agiter leur escarcelle, nous sommes aussi dans un monde où la magie existe, même, si, au fil des époques, elle perd de sa force.

Difficile de s’ennuyer dans ce roman fantastique, sauf peut-être au départ, qui est un peu poussif, mais ensuite, attachez vos ceintures et accrochez à tout ce qui dépasse.

Dans ces pages de l’édition cuivrée (du plus bel effet) il y a moult personnages différents, en plus du principal, Brendan Doyle, sans que pour autant on puisse les mêler et ne plus s’y retrouver.

Niveau action, on n’est pas volé sur la marchandise, ça bouge, ça saute dans le temps et pour le même prix, vous passerez donc de 1983 à 1810, puis dans les années 1660. N’oubliez pas votre passeport, ni votre crème solaire, car en plus de voyager dans le temps et on ira se balader à Alexandrie (♫ Alexandra ♪).

Les voyages dans le temps… Quand je me mets à réfléchir à la chose, j’en attrape des migraines : comment peut-on influencer le passé alors qu’on vient juste se sauter dans le passé ?

On pourrait le changer, mais le passé n’aurait pas pu être changé à l’avance par nous, puisque l’on vient juste d’y sauter !

Un peu comme si Marty McFly, en chantant Johnny Be Good de Chuck Berry au bal de ses futurs parents, devenait en fait Chuck Berry, qui lui, n’aurait tout simplement pas existé, puisque ce serait McFly qui, en chantant la chanson, l’avait crée. Vous suivez ?

Impossible que ce soit McFly qui soit l’auteur originel de la chanson dans le passé, puisqu’il vient seulement d’arriver dans le passé et que moi, je ne comprend plus ce qui a bien pu se passer dans ces foutus voyages temporels (j’ai jamais rien compris, d’ailleurs).

Bref, grosse migraine en tentant de comprendre ces choses rationnellement, mais si je ne cherche pas la petite bête à la quadrature du cercle des voyages temporels, le tout devient foutrement amusant dans l’histoire.

Un roman abracadabrantesque, comme disait l’autre. Sans compter que nous mélangeons plusieurs mythes, dont celui des Dieux Égyptiens, des voyages dans le temps sans voiture, et que l’auteur récrit le mythe du loup-garou de manière totalement éclairée et jubilatoire.

Anybref, si vous aimez le fantastique, un brin de steampunk (léger, on est à ses débuts), la grande Aventure (avec un A majuscule), les voyages en tout genre, Londres, la mythologie égyptienne, la magie, l’action, le mystère, le suspense, la poésie, je vous conseille d’embarquer pour le Grand Voyage !

Prière de laisser tout objets vous rattachant à votre époque à l’accueil, merci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, le Challenge Totem (Loup-Garou) chez Lili Galipette et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).