Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre : Jacques Tardi

Titre : Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB – Tome 3 – Après la guerre

Scénariste : Jacques Tardi
Dessinateur : Jacques Tardi

Édition : Casterman (28/11/2018)

Résumé :
Le final du récit le plus intime de Tardi.

Après son retour du Stalag, René Tardi donne naissance à son fils Jacques en 1946, puis, toujours militaire, il est envoyé en Allemagne dans la zone occupée par la France.

Toute la famille va l’y rejoindre, et s’installer dans une caserne. C’est là que le petit Jacques vivra ses premiers souvenirs, entre ruines et camps militaires.

Puis ce sera le retour à la campagne française, près de Valence, ou entre station-service et garage, son père essaie malgré tout de boucler les fins de mois.

Avec ce dernier volume, Tardi boucle le récit paternel et ouvre une porte sur son enfance, sans toutefois tomber vraiment dans l’autobiographie.

Critique :
Voilà le dernier tome qui clôt une trilogie magnifique, remplie d’émotions, d’Histoire et de tacles pour l’imbécilité humaine, surtout quand l’Homme se fait la guerre.

Ici, nous sommes dans l’après-guerre et Tardi continue de frapper sous la ceinture, là où ça fait le plus mal, et il a bien raison de souligner les comportements horribles qui eurent lieu après la fin de la guerre.

Et surtout l’hypocrisie des uns et des autres, dénonçant la paille dans l’oeil de la voisine qui finira tondue au lieu de voir la poutre dans son oeil à lui, le planqué ou le dénonciateur sans scrupules.

Tardi se met toujours en scène aux côtés de son père, qui nous reparle de quelques faits marquants d’avant-guerre (et de son évitement qui aurait pu avoir lieu), de ses quelques faits d’armes durant la drôle de guerre et surtout de son retour dans sa famille, entre une épouse qui ne veut rien entendre de la guerre ou de la politique ou des anciens qui lui rabâchent sans cesse que leur guerre n’en fut pas une, que la Grande Guerre, ça au moins, c’était une guerre et qu’on l’a gagné…

Bref, pas facile de se reconstruire quand on te rabaisse, quand on ne veut pas écouter tes traumatismes et que tu as toi-même du mal à en parler, que tu t’énerves pour un rien et que tu en veux à tout le monde, surtout à ceux qui se sont enrichis durant le conflit.

Une fois arrivé à sa propre naissance, Jacques Tardi laissera sa place à son double, à son lui-même mais en version bébé, puis jeune gamin.

L’occasion était trop belle et l’auteur parle aussi de sa famille, de sa mère qui lui reprochait sans cesse d’avoir tout bousillé à l’intérieur lorsqu’il était né, l’empêchant ensuite d’avoir des enfants ; ses multiples déplacements avec ses parents lorsque son père était basé en Allemagne ; le mépris des uns pour les autres et le fait qu’ensuite ses parents l’aient confié à ses grands-parents et qu’il ait ressenti cela comme un abandon.

Anybref, on a un peu de tout dans ce dernier tome, de l’après-guerre avec les comportements de tout un chacun et le passé de l’auteur qui, selon moi, est très instructif car nous sommes dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de tous les événements politiques importants qui eurent lieu à ce moment-là.

De quoi se cultiver encore un peu plus, tout en savourant les piques acérées lancées par ses personnages, que ce soit son paternel ou lui-même. Tardi n’est pas tendre et il a raison de taper sous la ceinture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Vinland Saga – Tome 09 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 9

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/03/2011)

Résumé :
La vie de Thorfinn a basculé le jour où Knut a tué Askeladd et où, pour le punir d’avoir osé porter la main sur lui, le nouveau roi autoproclamé d’Angleterre l’a réduit en esclavage.

Le jeune homme vit à présent au Danemark, dans la ferme de Ketil. Privé de sa raison de vivre, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Sa rencontre avec Einar, un esclave récemment acquis par maître Ketil va pourtant l’obliger à changer d’attitude.

Pour la première fois de sa vie, Thorfinn a un ami, et c’est toute sa vision du monde qui risque bien d’en être bouleversée.

Critique :
Thorfinn, qui jusqu’à présent était un garçon enragé qui tirait toujours la gueule a perdu sa seule raison de vivre : sa vengeance est à l’eau pour cause de mort de son ennemi, celui qui avait tué son père.

Voir notre Thorfinn n’être plus que l’ombre de lui-même fait froid dans le dos…

Amorphe, avec zéro expression sur le visage, on dirait un zombie en mode arrêt total.

On quitte donc les champs de bataille pour aller s’intéresser de plus près à l’exploitation d’une ferme au temps de vikings… Celle de Ketil.

Voilà un cours plus intéressant que ceux que l’on voyait à l’époque, lorsque j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école. De plus, pour l’exploitation des sols, on passe avant tout par l’exploitation de l’Homme par l’Homme…

Un air de déjà-vu ou d’entendu… Thierry Le Luron, imitant Georges Marchais, en autre…

Tiens, ajoutons un truc toujours d’actualité : pour prouver sa virilité et son courage, Ormar, le fils de Ketil (un sale merdeux de jeune homme bon à rien qui en a marre que son papa ne le prenne pas au sérieux) passe à tabac des esclaves qui ne peuvent pas se défendre…

Anybref, on a un proprio sympa, pour un esclavagiste, un fiston héritier qui est une couille-molle et qui s’y croit et un autre esclave, Einar, pacifiste convaincu, qui va devenir ami avec Thorfinn et défricher avec lui un vieux bois afin de planter ses propres cultures.

Le boulot dur les rapproche, même si Thorfinn ne sait jamais dire merci et le mystère viendra de leur rencontre avec un petit vieux ronchon, Sverker, qui apparemment se plait à leur donner des ordres en échange de son cheval.

Un tome qui marque un changement brusque et net dans la vie de Thorfinn puisque d’enragé, le voilà aussi éveillé qu’un lombric, le regard vide et un ami !

Les amateurs d’action, de sang, de combats épiques et de têtes ou autres membres qui volent, risquent de tomber de haut.

En fait, si on quitte la violence des champs de bataille, on en retrouve une autre, de violence, celle qui est larvée, celle des maîtres envers leurs esclaves, celles des serfs livres envers ceux qui ne le sont pas et qui profitent de leur statut pour se croire sortis de la cuisse de Jupiter et chercher des noises à ceux qui ne peuvent riposter.

Quant à Knut, qui avant était un pleurnichard sans rien entre les jambes, il a toujours sa nouvelle paire de couilles greffées et ses manigances pour accéder au pouvoir sont dignes de Game of Thrones. On meurt beaucoup empoissonné dans son entourage.

Un tome de transition qui nous montre Thorfinn sous un autre jour et qui pose sans aucun doute les bases de la suite de ses aventures. Je me doutais qu’on ne pouvait pas passer 20 tomes avec une envie de vengeance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Shiloh : Shelby Foote

Titre : Shiloh

Auteur : Shelby Foote
Édition : Rivages (06/02/2019)
Édition Originale : Shiloh (1952)
Traducteur : Olivier Deparis

Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France.

Un de ses livres les plus importants en Amérique s’appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps.

Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable devant le spectacle de la violence et la mort. Tous les paradoxes à l’œuvre dans une guerre.

Critique :
Si avant ce roman on m’avait parlé de « Shiloh », j’aurais de suite pensé à Alambix (Astérix et le bouclier Arverne) désignant une réserve de grain, de son parler bien particulier.

Raté et j’ai moins envie de rire car Shiloh est le lieu d’une bataille durant la guerre de Sécession, 6 et 7 avril 1862.

Moins connue que celle de Bull Run, mais tout aussi absurde, inutile, sanglante et tout ce que vous voulez comme adjectif désignant les guerres.

Shiloh, en fait, c’était petite chapelle du sud-ouest du Tennessee et durant quelques jours, ce ne fut pas un lieu de paix ou de recueillement mais un lieu où des hommes se donnèrent la mort et où certains prirent peur.

Renseignements pris sur Wiki, il parait que l’armée de l’Union déplora 13.047 victimes (1.754 tués, 8.408 blessés et 2.885 disparus) et les pertes des Confédérées furent de 10.699 hommes (1.728 tués, 8.012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).

À ce moment là, ce fut une des batailles plus sanglantes de l’Histoire des États-Unis. Qui l’eut cru ?

Les deux camps furent horrifiés par le carnage (tu m’étonnes). Personne ne pensait que la guerre allait durer encore trois années et que huit batailles allaient être encore plus sanglantes… Glaçant, n’est-il pas ?

Tiens, Wiki me dit aussi qu’en hébreu, Shiloh signifie « havre de paix » et désigne, soit la ville de Silo (Canaan), soit la figure biblique Shiloh (figure biblique) dont la signification est contestée. La vie est ironique, je trouve…

Ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs, les questions, les attentes sont les mêmes, qu’ils soient simples soldats, artilleurs ou officier.

Après ma lecture, je serais incapable de vous faire un cours sur cette bataille, mais je pourrais vous résumer la chose en un seul mot : bordel ! Oui, c’est le mot car c’était un sacré bordel sur le champ de bataille et, comme dans toutes les guerres, cette bataille était absurde et les gains minimes en cas de victoire.

Juste pour faire mousser les officiers… Comme toujours. Mais qui monte au front ? Les soldats, même si, dans ces armées, nous avons des officiers pourvus de sacrées paires de coui**** car ils chargent en tête, avec leurs hommes et font preuve de bravoure (ou de folie pure, les deux termes sont jumeaux).

Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Un récit qui nous plonge au cœur de la bataille, dans l’exaltation avant les combats, dans les conditions météorologiques déplorables avec de la boue, de la pluie, du froid, qui nous laisse voir les craintes des hommes quand la bataille a commencé et les horreurs que ce genre d’activité réserve : douleurs, amputations, blessures, confusions, morts, décisions imbéciles…

Je vous avoue avoir soupiré d’aise une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, les cris des soldats m’ont poursuivis et il me faudra un certain temps avant de rire devant un ancien album des Tuniques Bleues.

Terrible et magnifique en même temps. Il était plus que temps que ce roman nous parvienne dans sa traduction pour les francophones.

L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 08 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 08

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/10/2010)

Résumé :
Arrivé à York où son père, le roi Sven, l’a « invité » à venir célébrer ses prouesses militaires, Knut complote un coup d’état avec les conseils avisés d’Askeladd.

Mais au cours du banquet, les choses dérapent. Sven, conscient de l’ambition de son fils, offre à Askeladd un choix sans équivoque: Le pays de Galles ou Knut.

Si Askeladd n’apporte pas à Sven la tête de Knut, celui-ci enverra ses armées raser le pays de ses ancêtres.

Acculé, Askeladd prend une décision qui bouleversera non seulement la vie de Thorfinn, mais aussi celle de toute l’Europe.

Critique :
Tel est pris qui croyait prendre !

À la manière d’un épisode de Game Of Thrones, on aurait pu penser que Askeladd avait gagné le jeu avec le roi Sven, mais comme à la chandeleur, ce dernier va le retourner comme une crêpe, sans oublier d’ajouter la pâte à tartiner maison afin de bien la lui enfoncer profond là où je pense.

Oui, c’est un traitement inadmissible pour une pauvre crêpe, je sais…

Ah, cruel dilemme dans lequel se trouve Askeladd ! Le choix de Tantale car quelque soit son choix, aucun ne le satisfera à 100%, sans compter qu’un coup de pute de la part du roi Sven est toujours possible.

Ce tome nous met à la croisée des chemins, on sent bien qu’après ça, rien ne sera plus le même pour personne ! Que se soit pour le roi Sven, pour son fils Knut (fille ?), pour le mercenaire Askeladd (c’est peu de le dire !!) et Thorfinn, son ennemi juré.

Maintenant, notre jeune Thorfinn va pouvoir chanter ♫ Colchiques dans les prés, C’est la fin de l’été ♪  mais pas sûr que ce nouveau statut le ravisse, surtout qu’on lui a pris sa raison d’être : venger la mort de son père qui avait été tué par Askeladd.

La conquête de l’Angleterre par les Danois vient de prendre un tournant à 180°, on quitte la perfide Albion et ses jeux du trône pour le Danemark et je peux vous dire qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume et que Thorfinn va nous montrer un autre visage, maintenant que l’auteur l’a placé dans un autre arc narratif.

Vivement la suite en espérant qu’elle soit toujours du niveau de ces premiers tomes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Armoiries imaginaires attribuées à Knut au XIIIe siècle par Matthieu Paris

L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29 aout 2014)

Résumé :
L’expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au cœur de l’Afrique.

Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons.

Les légionnaires vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu’ils pouvaient imaginer !

Critique :
Il m’a fallu un certain temps avant de mettre la main sur la suite du tome 1 « Le lion de Nubie » mais une fois que ce fut fait, trainer pour la lire, je ne fis pas !

Allez hop, on rempile dans la Légion ! Engagez-vous, qu’ils disaient…

Je me demande si nos valeureux légionnaires ne préféreraient pas se faire taper dessus par des gaulois belliqueux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Nos hommes, des mercenaires, considérés comme déserteurs par Rome, accomplissent leur mission en secret, le tout pour la grandeur de Rome et si ça foire, ben, on n’en parlera pas.

Et ça a dû foirer puisque comme dans le premier album, on retrouve notre Marcus Livius en fâcheuse posture, sommé de tout raconter dans les détails la cause de sa désertion et sur cette fameuse expédition dont Caïus Bracca l’avait chargé, car ce dernier a avalé son extrait de naissance et n’est plus là pour témoigner.

Retour au récit de l’expédition… Nos légionnaires, face à ceux qu’ils considèrent comme des sauvages ou des sous-hommes, se comportent comme les grands con…quérants qu’ils sont, toujours prêt à apporter la civilisation à grands coups de glaive, s’attendant toujours à ce que les peuples asservis se prosternent devant eux qui représentent la Gloire de Rome.

Imbus d’eux-mêmes, ces hommes ont fait crisser mes dents, mais la réalité étant ainsi, je ne vais pas me voiler la face ou jouer ma vierge effarouchée : il en a été ainsi de tout temps et je ne serais pas surprise qu’il en fut toujours ainsi.

Mais puisque nos valeureux guerriers n’en font qu’à leur tête et rêvent de découvrir des richesses, ils n’ont pas écouté leur guide autochtone, Dubaku, et les voilà esclaves d’hommes Noirs, eux qui sont Blancs avec des fortes tendances suprémacistes puisque rien n’est plus grand que Rome.

Dans des tons moins sombre que le premier tome, cet album poursuit son exploration de ce qui se trouvait bien plus bas que l’Égypte et n’avait pas encore été découvert par l’envahisseur colonisateur, celui qui aime apporter les bienfaits de sa civilisation à des gens qui ne s’en sortaient pas si mal que ça avant sa venue.

Malgré tout, l’histoire a un peu du mal à décoller et elle est sauvée par les dessins superbes, même si certains romains se ressemblent un peu trop et qu’il nous faille un tatouage pour les différencier… Toujours un excellent travail sur les psychologies des légionnaires, dont certains sont en train de changer fameusement et révèlent leurs vrais visages. Et c’est sombre !

Ajoutons à cela quelques petits complots et toujours ce stupide Homme Blanc qui n’en fait qu’à sa tête car il ne veut pas devoir quoi que ce soit à son guide Noir ou aux esclaves présents sur le site de la mine. Ce sont des Romains, fallait pas s’attendre à un autre comportement.

La touche de mystère, présente lors du récit des guerres intestines qui ravagent le pays de Dubaku, notamment avec la disparition de la reine, trouve son dénouement à la fin de cet album mais relance le suspense pour la suite que je ne vais pas manquer de lire et de chroniquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 07 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 07

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/06/2010)

Résumé :
Escorté par Askeladd et le récalcitrant Thorfinn, le prince Knut arrive enfin au camp de Gainsborough, fort de l’armée de Thorkell qui s’est ralliée à sa cause.

Il y est reçu en audience par le roi Sven en personne.

Commence alors une guerre psychologique entre le vieux roi et son jeune fils qui ne cache pas son intention de lui prendre le trône.

Pour tous les protagonistes de l’histoire, c’est l’heure de choisir sa voie, de réaliser son destin ou bien encore de s’en libérer.

Mais la route s’annonce douloureuse et souillée de sang.

Critique :
Si vous voulez le trône sur lequel est assis votre père et que votre frère n’y accède pas, il n’y a pas 36 manières de l’obtenir…

Et si vous êtes roi et que vous ne voulez pas que votre couillon de fiston vous le chipe, vous n’avez pas 36 solutions non plus !

Game of thrones n’a rien inventé, il doit tout à l’Histoire et elle se répète encore une fois dans ce manga : tuer ou être tué !

Knut n’a rien d’un combattant, rien d’un homme courageux, tous les guerriers de Thorkell ou d’Askeladd aimerait savoir s’il a bien une bite dans son pantalon.

Il est vrai que les traits de Knut sont plus féminins que masculins…

Ce que j’apprécie depuis le tout début, dans cette saga, ce sont les dessins : les traits sont fins, stylisés, bref, un régal pour les yeux. Quant aux combats, les suivre sont aussi un véritable plaisir tant tout est bien détaillé.

En ce qui concerne les personnages, ils sont fouillés, détaillés, travaillés, que ce soit un personnage important ou l’imbécile du coin, sans compter qu’ils ne sont pas figés et qu’ils évoluent, en bien ou en mal, ça, on le découvre au fil des tomes.

Le scénario ne tourne pas en rond, on ne s’amuse pas comme un chien qui tenterait d’attraper sa queue mais on avance et le mangaka fait toujours en sorte de nos garder du suspense, ce qui me fait penser que ceux qui ont suivi cette série au lieu d’arriver après, comme moi, on dû souffrir entre chaque parution de tome.

L’auteur ne délaisse pas le côté historique pour nous proposer uniquement des scènes de baston ou de batailles. Cela nous permet de comprendre un peu mieux la psychologie et le mode de vie, de pensée, des gens à cette époque là.

Le roi Sven Ier a bien existé et son fils Knut aussi (dit Cnut ou Knud). Des Danois sur le trône d’Angleterre… Shocking, dirait la reine actuelle.

Mais ce qui m’a le plus fait flipper, dans ce tome, c’est le jeu psychologique auquel Askelaad et le roi Sven vont jouer. Chacun gagnant des points sur l’autre, chacun ne voulant rien laisser passer, l’issue de leur joute est incertaine et rien n’est gagné.

Niveau lecture, ce duel des mots fut un régal et son issue m’a troué le cul !

Ouf, je peux sans problème entamer la lecture du tome suivant sans attendre, ce qui aurait été un suspense insoutenable, nom d’un Norrois !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Vinland Saga – Tome 06 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 06

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (2010)

Résumé :
Après des semaines de course-poursuite à travers l’Angleterre, l’armée d’Askeladd a finalement été rattrapée par celle de Thorkell.

Voyant Askeladd grièvement blessé, Thorfinn se précipite dans la bataille sanglante.

Pour sauver la tête de l’assassin de son père, le jeune Islandais en exil accepte de se battre en duel contre Thorkell.

De son côté, le prince Knut, traumatisé par la mort de son fidèle Ragnar, prend une décision qui bouleversera l’Europe.

Critique :
Oulà, mais je manque à tout mes égards, moi ! Cela faisait déjà si longtemps que j’avais abandonné le jeune Thorfinn combattant le grand guerrier Thorkell dans la neige et le froid de l’Angleterre !

Le tout en suspens, sans savoir si le petit teigneux allait arriver à prendre la main sur le grand baraqué face à lui et sur ce qu’il allait advenir d’Askeladd, blessé et du prince Knut le chouinard.

Pour Knut, bonne nouvelle, il est enfin allé s’acheter une paire de couilles et il va s’affirmer un peu plus au lieu de passer son temps à geindre à tel point que tout les guerriers le prennent pour une fille.

Ce tome fait la part belle au combat qui oppose le blondinet Thorfinn, excellent combattant, mais aussi petit roquet qui s’énerve très vite – Askeladd lui répète sans cesse – et le badass Thorkell, sans omettre de nous en apprendre un peu plus sur Thors le Troll, le père de Thorfinn, que Thorkell a bien connu lorsqu’ils se battaient au sein des Jomsvikings.

Une partie du voile se lève et le mystère est moins épais…

Mais il n’y a pas que de la baston pure dans ces 224 pages, ce serait trop facile, il y a aussi de la stratégie, car si le blondin est trop fougueux et aveuglé par la haine pour réfléchir, Askeladd a tout d’un Napoléon au sommet de sa forme, niveau stratégie. Ce dernier est fin, très fin.

Alors que je pensais aller dans une direction, l’auteur change son arc directionnel afin de nous entraîner dans de nouvelles péripéties et là je peux vous dire que je ne sais pas où je vais me retrouver…

Sûrement pas au soleil des Bahamas, je prédis même que je vais encore me geler les orteils dans la poudreuse anglaise, ces pauvres étant sous la domination des vikings et pas de Brexit en vue !

Peut-être bien qu’on se dirige vers une guerre des trônes… et à ce jeu là, soit on gagne, soit on meurt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Camargue rouge : Michel Faure

Titre : Camargue rouge

Scénariste : Michel Faure
Dessinateur : Michel Faure

Édition : Glénat (2013)

Résumé :
Dans un tout petit musée de Saintes-Maries-de-la-Mer, on peut contempler le souvenir d’un moment qui semble imaginaire, tellement il fut incroyable…

Au début du XXe siècle, toute la troupe du Wild West Show, Buffalo Bill en tête, se retrouva coincée sur le port de Marseille.

Un riche propriétaire camarguais, el Baroncelli, leur proposa alors de s’installer sur ses terres du delta du Rhône.

Michel Faure, amateur d’histoires savoureuses, ne pouvait pas passer à côté de celle-ci : la rencontre entre les plus grands chefs indiens avec le peuple des gitans et des gardians.

L’extraordinaire confrontation entre les femmes gitanes et les Indiennes, qui se ressemblent tant. Et tout ce qui peut découler d’un tel choc de civilisations : amour, conflit, jalousie. Une histoire authentique, et qui valait bien un beau livre…

Critique :
Pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas encore, je voue un amour aux chevaux, alors, vous pensez bien que la Camargue fait partie d’un lieu où j’aimerais vivre et si en plus, on ajoute à cette région des Indiens Lakotas, non pas pour le fun, mais parce que c’est la vérité, moi, je fonce sur l’histoire.

Entre nous, j’aurais vendu mon âme au diable pour chevaucher avec les guardians ET les indiens. Là, j’aurais atteint le summum de l’extase.

D’ailleurs, apparemment, les Indiens ont pris goût à chevaucher aux côtés des guardians, participer à l’abrivado et trier les taureaux les a rendu heureux comme ils ne l’avaient plus été depuis des lustres.

Si une partie de l’histoire racontée dans cette bédé est de la fiction, le reste, quant à lui, ne l’est pas, car oui, il y a bien eu des Indiens en Camargue, amené avec le Wild West Show de Buffalo Bill et coincé à cause d’un incendie sur le bateau.

Au lieu de appesantir sur les souffrances des Lakotas et des gitans, l’auteur a préféré mettre en avant le fait qu’ils sont des fils du vent, qu’ils vont où ils veulent et que le voyage a toujours fait partie de leur mode de vie, que les réserves ne sont pas faites pour les uns et que la vie sédentaire n’est pas faite pour les autres non plus.

Associés avec les guardians du marquis de Baroncelli, les trois peuples vont fraterniser (gitans, camarguais, indiens).

Durant une bonne partie de l’album, l’émotion va me saisir à la gorge, surtout lorsque la petite-fille de Crazy Horse va revenir en peu de mot sur le massacre de Wounded Knee et sur le fait que cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu son peuple aussi heureux, aussi libéré.

Certes, l’auteur ajoute une histoire d’amour, mais elle permet de suivre deux personnages importants et de voir que malgré tout ce qui les unit, bien des choses les sépares, surtout que ni l’un ni l’autre ne veut abandonner son peuple.

Ce que j’ai apprécié le plus, ce sont les dessins, magnifiques, surtout des chevaux (mais je viens d’apprendre que Michel Faure dessinait l’Étalon Noir), personnages à part entière, mais aussi le fait que l’auteur ne représente pas les Indiens de manière fantaisiste, qu’il ne sombre pas dans le larmoyant ni dans tout le monde il est beau et il est gentil.

Des gens qui pensent que les Indiens sont des sauvages, il en existait toujours au début du 20ème siècle et nous croiserons ces gens aux pensées bêtes et méchantes, mais vous savez qu’il est toujours de bon ton de traiter l’autre de sauvage… Le 21ème siècle n’a rien changé en cela.

La bédé est réaliste, teintée d’histoire vraie, explorant avec justesse une page méconnue de la grande Histoire, pour mon plus grand plaisir.

Une belle découverte que j’ai faite là et c’est avec un soupir de regret que j’ai refermé cette bédé qui a si bien su mettre en valeur une région, la Camargue et trois peuples (les camarguais, les Indiens et les gitans).

Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02] : Indrek Hargla

Titre : Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02]

Auteur : Indrek Hargla
Édition : Babel Noir (2015)
Édition Originale : Rataskaevu viirastus (2010)
Traducteur : Jean-Pascal Ollivry

Résumé :
Tallinn, 1419. Le gardien d’une tour est retrouvé mort alors qu’il avait, la veille, déclaré avoir vu un spectre.

Quelque temps plus tôt, une prostituée était découverte noyée dans un puits après avoir rapporté le même témoignage.

Rue du Puits, une maison qu’on dit hantée concentre des haines ancestrales, à deux pas de la boutique de Melchior l’apothicaire.

Ce dernier arpente les ruelles de la Vieille Ville jusqu’au cimetière des dominicains, à la recherche de la vérité.

Critique :
— Je s’appelle Grote…

Désolé, mais c’était trop tentant, surtout lorsqu’on a un mort qui se prénomme Tobias Grote et qu’à chaque fois qu’on lit son nom dans le roman, on a envie de pouffer de rire, repensant au personnage des gardiens de la galaxie.

Je vais direct éliminer ce que j’ai sur le cœur au sujet de ce polar historique : un mort que l’on retrouve avec, sur le visage, une expression de terreur indicible.

Il me semblait que lors de la mort, tous les muscles se relâchaient et que donc, hormis la rigor mortis qui commencera quelques heures plus tard, le visage du décédé ne pouvait donner qu’une impression d’apaisement et pas de terreur.

— Je n’ai jamais vu pareille expression sur un mort. D’habitude, ils ont un visage apaisé, et un peu figé, tu vois ce que je veux dire. Mais Grote… c’était comme s’il avait vu un spectre.

— Il avait le visage raidi par la peur, et ce n’était pas l’effet de la douleur, j’en suis certain. Quand quelqu’un fait une chute pareille, la douleur est si intense qu’elle est impossible à supporter. Mais là, cette tête, cette bouche ouverte, ces yeux écarquillés de peur… quelle horreur ! Dieu miséricordieux !

Nous sommes en 1419, à Tallin, en Estonie et si les voyages forment la jeunesse, vu mes lectures dépaysantes, je n’aurai jamais besoin de crème anti-rides.

L’auteur prend le temps de planter le décor, même si c’est le deuxième tome, ce qui fait qu’un lecteur qui, comme moi, prendrait la série à rebrousse-poil, n’aura pas l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe et pourra découvrir le petit monde où Dieu et le diable sont très présents dans les esprits des gens et où la médecine en est encore à ses humeurs.

Melchior est un apothicaire qui est compétent et s’il n’a pas le niveau d’un Sherlock Holmes, il a tout de même su dénouer la pelote de nœud qu’étaient ses morts un peu étranges et comprendre aussi ce que les morts avaient voulu dire par le fait qu’ils avaient vu un spectre.

Étant en 1419, les gens étaient fort susceptibles de croire à de telles calembredaines que celles d’histoires de spectre ou de personnes mortes revenant hanter le lieu où elles avaient perdu la vie et notre apothicaire Melchior va voir son enquête s’emberlificoter dans des racontars dont on ne saura plus trop où est la vérité et où est le mensonge.

Parce qu’entre les morts de maintenant, ceux d’il y a quelque temps et ceux d’il y a septante ans (70), il y a moyen d’y perdre son latin… Ou sa vertu, sachant qu’un moine était monté comme Rocco Siffredi… Son spectre reviendrait-il nous hanter car cet homme n’a pas trouvé la paix ? Est-ce que Satan l’habite encore ?

— C’est ainsi que le récit de ses fautes anciennes s’était répandu parmi les frères ; sans doute ces histoires avaient-elles aussi pris leur essor lorsque les frères avaient vu, quand ils étaient au sauna, que le membre viril du jeune Adelbertus était long et épais, du genre dont les femmes raffolent, de sorte que tous les frères qui le voyaient détournaient le regard et disaient en pensée une prière de remerciement, eux qui, plus modestement équipés, risquaient moins d’être en permanence induits en tentation.

— On dit que ce qu’elle vit alors la réjouit fort, et que toutes les histoires qui circulaient à propos d’Abelardus étaient véridiques. C’était comme un arbre gigantesque qui s’était mis à pousser sous son habit de moine, et en voyant cela la femme l’avait saisi entre ses mains

Si le diable n’est pas responsable des morts, il se cachera dans les petits détails qui m’ont échappés et l’explication finale aura des relents d’ignominie pure et d’horreur, mais l’élément fantastique n’y sera pas.

Je ne conseillerai pas les enquêtes de Melchior à des amateurs de thriller car le rythme est assez lent au départ, l’auteur nous expliquant, aux travers des récits ou des pensées de ses personnages, une partie de l’histoire de la ville et du pays, ce qui donnera à la lecture un air de leçon d’histoire sans que cela ne devienne saoulant.

Une enquête plaisante, un dépaysement certain, une société médiévale que l’on découvre avec avidité (ce qui me permettra de me coucher moins bête au soir) avec la religion omniprésente, la politique aussi, la torture, les exécutions et des personnages aux caractères bien détaillés, restants réalistes dans leurs paroles, bien que je ne me sois pas trouvée dans cette ville à cette époque.

Un polar médiéval qui prend son temps et dont le final aura plus tendance à choquer le lecteur par son côté glauque au lieu de lui donner une bonne claque de par son inventivité, à la manière d’un roman de la mère Agatha Christie. Il reste assez classique dans son mobile, même si on a une pointe d’inventivité qui aurait pu être exploitée un peu plus.

Une découverte que je ne regrette pas, mais je ne pense pas avoir le temps de revenir à Melchior l’apothicaire, ou alors, d’ici quelques années.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).