Ce lien entre nous : David Joy

Titre : Ce lien entre nous

Auteur : David Joy
Édition : Sonatine (26/03/2020)
Édition Originale : The Line That Held Us (2018)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l’ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu’il braconne, il tue un homme par accident.

Le frère du défunt, connu pour sa violence et sa cruauté, a vite fait de remonter la piste jusqu’à lui. Un face à face impitoyable s’engage alors.

Critique :
Caroline du Nord, les Appalaches, une de mes destinations régulières en littérature.

La Nature est grande et belle, encore un peu, on verrait les petits papillons gambader gaiement dans ces paysages bucoliques…

On aurait même envie de chantonner ♫ promenons-nous dans les bois ♪ avant que le chasseur ne nous tire dessus…

Oublions le bucolique, nous sommes dans un roman de Davis Joy et jusqu’à présent, ce n’est pas son fond de commerce, les petits papillons.

Ses personnages traînent toujours derrière aux une vie de merde absolue, des pères alcoolos, des torgnoles reçues ou des coups de ceintures, le tout dans des cabanes qui ferait passer le moindre poulailler du fond de votre jardin pour une demeure de patron de Cac40.

Nous partons sur une histoire vieille comme le Monde : une vengeance… Darl Moody a confondu Carol Brewer avec un sanglier… Entraînant son pote Calvin avec lui dans cette merde, il lui demande un coup de main pour l’enterrer ni vu, ni connu…

Dwayne, le frangin de Carol l’a mauvaise et il va chercher les coupables de la disparition de son frère. Je vous le dis de suite, ça va chier ! Non, ça va saigner !

Des liens, il y en a partout dans ce roman : un lien fraternel entre Dwayne et son frère handicapé, Carol, qu’il a toujours protégé; un lien fraternel aussi entre Darl et Calvin, qui, sans être frère, sont potes depuis toujours. Un lien amoureux aussi, entre Calvin et Ange, sa copine. Le tout tissant une trame épaisse qui donne au roman une atmosphère sordide, noire, lourde.

Vous qui lisez ce roman, gardez-vous de porter tout jugement sur l’un ou l’autre, car, malgré les apparences, je n’ai jamais réussi à en détester l’un plus que l’autre, à en cautionner un ou à en condamner un autre. Impossible. Chacun a ses motifs pour agir ainsi et même la scène la plus horrible a ses circonstances atténuantes.

Ailleurs, ça ne marcherait pas, mais dans les Appalaches, dans ces petits trous du cul paumés de l’Amérique, chez ces pauvres gens qui se sont battus toute leur vie pour quelques dollars, c’est presque normal. Ici, la loi ne s’applique pas !

L’action est présente, mais c’est le côté psychologique qui est le plus important et c’est pour lui que ce roman vaut la peine d’être découvert.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°212.

Le Soleil des Scorta : Laurent Gaudé

Titre : Le Soleil des Scorta

Auteur : Laurent Gaudé
Édition : Babel (2006)

Résumé :
La lignée des Scorta est née d’un viol et du péché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté.

À Montepuccio, dans le sud de l’Italie, seul l’éclat de l’argent peut éclipser l’indignité d’une telle naissance. C’est en accédant à l’aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d’eux l’opprobre.

Mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie.

À l’histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s’éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta.

Critique :
Une fois de plus, j’avais un excellent roman qui prenait la poussières depuis des années dans mes étagères.

Je me souviens que je l’avais acheté un jeudi, jour de l’ascension, dans une bouquinerie ouverte les jours fériés. Il y avait du soleil et nous étions en 2008…

Shame on me d’avoir attendu 12 ans avant de lire ce roman que je voulais absolument découvrir (les auteurs qui me font des demandes de lecture comprendront que s’ils comptent sur ma vitesse de déstockage, ils auront des cheveux blancs).

La honte d’avoir mis si longtemps à la découvrir pèsera sur mes épaule autant que soleil des Pouilles qui, dès les premières lignes, a brûlé mes yeux.

Quelle histoire, mes amis ! Quel texte, quelle plume ! Pourtant, l’histoire est banale, habituelle, déjà vue, rien de neuf sous le soleil avec une histoire de bâtards, de bandits, de repris de justice qui vient retrouver la femme qu’il aurait voulu prendre avant d’entrer en prison.

L’ambiance est donnée dès les premières phrases, le style est concis mais puissant. Avec peu, Gaudé raconte beaucoup et fait passer des émotions en vrac, des plus belles aux plus sales. Des plus fortes aux plus douces.

L’auteur, d’un coup de plume magique, nous transporte à Montepuccio, petit village des Pouilles, paumé près de la mer, écrasé sous le soleil.

Les personnages principaux, les petits-enfants de Luciano Mascalzone sont attachants, n’ayant hérité que d’un nom maudit, les Scorta vont s’en sortir à la force du poignet, sans jamais relâcher la pression, sans jamais baisser les bras.

Un récit plein d’amour, de sueur, de sang, de fumée de cigarette, de secrets, de travail et de malédiction laissée en héritage par un père voleur à ses enfants. Un récit confession puisque c’est Carmela qui raconte leur histoire au curé du village.

Ne cherchez pas de l’action, ici, on ne court pas, il fait trop chaud et puis, non n’a rien sans rien, autrement dit, sans trimer dur. Les personnages ont leurs défauts, ne sont pas des anges, mais ils sont d’autant plus humains et attachants.

Un roman qui décrit la vie dans un petit village d’Italie au début du 20ème siècle, un roman puissant, beau, lyrique, bourré de soleil.

Un roman qui de filiation,  d’héritage, qu’il soit d’argent ou du sang, d’amour de la terre, de l’amour porté à son village, à sa famille, l’histoire d’une fratrie qui a survécu alors qu’on ne donnait pas cher de leur peau.

♫ C’est un beau roman, c’est une belle histoire ♪

C’est la famille qui compte. Sans elle tu serais mort et le monde aurait continué de tourner sans même s’apercevoir de ta disparition. Nous naissons. Nous mourons. Et dans l’intervalle, il n’y a qu’une chose qui compte. Toi et moi, pris seuls, nous ne sommes rien. Mais les Scorta, les Scorta, ça, c’est quelque chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°211.

PAZ : Caryl Férey

Titre : PAZ

Auteur : Caryl Férey
Édition : Gallimard Série noire (03/10/2019)

Résumé :
Un vieux requin de la politique.
Un ancien officier des forces spéciales désormais chef de la police de Bogotá.
Un combattant des FARC qui a déposé les armes.
Un père, deux fils, une tragédie familiale sur fond de guérilla colombienne.

Critique :
Voyager avec Air Férey n’est pas sans risques…

Les parachutes ne sont pas compris dans le billet et durant tout le voyage mouvementé, on encaisse des G à hautes doses à tel point qu’on se demande si on reviendra vivant ou, au mieux, que l’on reviendra totalement disloqué

[Pour info, l’unité G (gravité), est une unité d’accélération correspondant approximativement à l’accélération de la pesanteur à la surface de la Terre].

Pourtant, j’y reviens toujours, à cet auteur…

Oh, je l’avais laissé un peu sur le côté ces derniers temps, mais pas parce que je n’aimais plus ses romans, juste parce que j’avais peur de repartir dans une spirale infernale et de m’en prendre, une fois de plus, plein la gueule, les tripes, le cœur, le plexus.

Généralement, après lecture d’un de ses romans, j’ai besoin de relire quelques « Martine » ou autre « Oui-Oui » pour remettre mon palpitant et mon cerveau à la normale.

Caryl Férey ne nous écrit pas un roman banal, il va au fond des choses, il est allé sur des terrains (et c’est risqué) où vous et moi n’irons jamais, il se documente et régurgite le tout dans des romans Noirs, profonds, qui ne vous laissent jamais indifférents et qui, surtout, instruisent sans vous donner l’impression que vous suivez un cours magistral sur l’Histoire du pays.

Et l’Histoire de la Colombie, ce n’est pas celle des Bisounours. Vous me direz que c’est pour tous les pays du Monde, mais j’ai comme l’impression que la Colombie a morflé plus que certains et qu’elle se situe dans le groupe de tête des pays aux Histoires les plus sanglantes.

Alors oui, c’est violent ! Autant le savoir avant de commencer qu’on ne va pas aller prendre le goûter chez Petzi. Le roman de Caryl est réaliste, donc, vous qui ouvrez ce roman, oubliez toute espérance.

Ici, on nous parle de meurtres sanglants, comme au temps de Violencia (période de guerre civile qui dura de 1948 à 19601 et provoqua la mort de 200.000 à 300.000 Colombiens, et la migration forcée, notamment vers les centres urbains, de plus de deux millions d’autres), des cartels de drogues, des FARC, de la corruption, de ce que les habitants ont endurés et endurent toujours.

La violence est-elle trop présente ? Je vous dirai que « oui mais non » car dans les notes de fin d’ouvrage, l’auteur nous avoue avoir édulcoré certaines choses et on ne pourrait pas écrire un roman réaliste sur la Colombie sans mettre en scène une partie de cette violence. Sauf si c’est le Guide du Routard que vous voulez lire.

Oui, j’en ai pris plein ma gueule, oui j’ai souffert avec ses habitants, avec les jeunes filles mineures et j’ai morflé avec les personnages qui ne sont jamais épargnés dans les romans de Férey.

Si la journaliste Diana, si Flora la formatrice auprès des ex-FARC et si Angel avaient toute ma sympathie, Lautaro le flic testostéroné n’avait reçu que mon mépris avant que l’auteur ne nous parle de la jeunesse de ce flic brutal et ne fasse pencher la balance vers l’empathie. C’est ça aussi le double effet Caryl Férey : arriver à te faire aimer un espèce de salopard froid et résolvant la violence par la violence.

Caryl Férey n’est pas un auteur qui écrit ses romans avec de l’encre ou avec un PC, non, il les écrit avec ses tripes, la plume trempée dans son sang, sa sueur et il te balance ça dans la gueule, sans précautions aucune, parce que tout compte fait, c’est une réalité que nous ne voulons pas voir…

Se plaçant du côté des opprimés, des laissés-pour-compte, des petites gens, des politiciens, l’auteur nous assène des Vérités dérangeantes comme autant de coups de poings sur un ring où les règles du marquis de Queensberry ne prévalent pas car on frappe sous la ceinture et en traître.

C’est violent, oui, c’est réaliste, c’est Noir, sombre, sans une once de lumière, ça pue la corruption à tous les étages, la poudre blanche, la coca, les armes à feu, la poudre, le sang, la sueur, les règlements de compte et les histoires de famille bien sordides.

J’aime bien quand Caryl Férey me tape dessus à coup de roman Noir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°98.

De Cape et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII : Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

Titre : De Cape et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou

Édition : Delcourt (22/11/2017)

Résumé :
« Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » Le fidèle lapin. Eusèbe, autrefois condamné à perpétuité, révèle enfin son passé.

En ces temps de misère et de violence, où de cruels mousquetaires terrorisent les gardes du cardinal et où saltimbanques et spadassins battent l’estrade et croisent le fer, la vie d’un homme ne vaut pas cher.

Alors celle d’un lapin…

Critique :
Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le lapin Eusèbe ??

Vous le saurez enfin en lisant cette intégrale qui reprend les tomes 11 ( Vingt mois avant) et 12 (Si ce n’est toi…) de la saga « De cape et de crocs » !

Un des running gag de cette saga était que chaque fois que Eusèbe voulait expliquer comment il avait fini aux galères, un évènement l’empêchait de raconter ses mésaventures.

A tel point que je pensais que ce n’était qu’une plaisanterie des auteurs car imaginer qu’un aussi gentil et naïf lapin (le plus minouche de toute la bédé) ait pu commettre un crime atroce ou un vol horrible pour mériter les galères ??

— QUI A DONNÉ DE LA PAILLE À CE LAPIN ?!
— C’est moi, père
— Pourquoi m’as-tu désobéi ?!
— Parce qu’il est trop mignon !
— TROP MIGNON ?! C’est ma foi vrai…

Et bien non, ce n’était pas une fanfaronnade, Eusèbe s’est bien retrouvé dans la galère après qu’il soit monté à Paris. Cette intégrale vous racontera tout et je vous jure que vous n’êtes pas à l’abri de quelques surprises de taille. Comme quoi, la taille ne fait pas tout.

— Le chemin de Paris ? Malheureux ! N’entendez-vous point ce qu’en disent les colporteurs ? Cette ville est un repaire de brigands ! Elle n’est peuplée que de détrousseurs ! De coupe-jarrets ! De chiffonniers prêts à vous écorcher tout vif pour vendre votre peau au plus offrant ! Les denrées y sont chères et les mœurs dissolues ! Il y a trop de monde ! Trop de bruit ! Petit lapin, je vous en conjure… N’allez pas à Paris !

Suivre Eusèbe passant de personnage secondaire à principal, sans retrouver nos amis Don Lope et Armand est assez difficile car nous n’avons pas eu pour habitude de voir notre lapin naïf aux avants-postes de la narration et de l’aventure.

Les puristes pourraient trouver lourd son côté gentillet et le fait qu’il ne voie jamais la part sombre dans les autres ou qu’il leur pardonne trop facilement, en tout cas, de mon côté, ayant toujours eu un faible pour l’immaculé lapinou, j’étais à la fête.

Débarquer dans un Paris à l’époque des Mousquetaires de Dumas, arpenter les ruelles sales, me faufiler dans la Cour des Miracles, trembler pour mon blanc lapin sans raison, puisque le récit se passant « 20 moins avant » (et non « 20 ans après » comme chez Dumas), je savais que mon white rabbit allait s’en sortir.

Tout ce qui faisait le sel de la saga se retrouve de nouveau dans les pages, que ce soit les dessins superbes ainsi que les multiples références à d’autres œuvres, et là, ce sera au lecteur de retrouver leurs origines, ainsi que de débusquer les poésies, pamphlets, sonnets satiriques ou juste profiter des belles tirades littéraires.

— Vous seriez donc, Horace oryctolague, un de ces auteurs satiriques qui manient l’épistolaire comme on manie les pistolets ?
— Je n’entends point ce que vous dites, mais cela sonne comme de l’esprit.

— Qu’ils soient vêtus de pourpre ou d’azur,je ne vois ici que d’importuns manieurs d’épée, prêts à s’entre-tuer pour un de leurs points d’honneur ridicules ! Vous êtes le passé. Vous êtes le désordre. Je vous ferai connaitre la loi du nouveau temps !

Anybref, on ne s’embête pas dans cette intégrale qui clôt cette saga que j’avais découverte grâce au mensuel Lanfeust Mag, qui tirera sa révérence en février 2019 et dont je vais aussi devoir faire mon deuil.

Le seul bémol viendra qu’Eusèbe s’en sort un peu mieux dans les personnages secondaires que dans les principaux, mais ceci est un détail car j’ai vraiment pris du plaisir dans ces mésaventures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Les spectres de la terre brisée : S. Craig Zahler

Titre : Les spectres de la terre brisée

Auteur : S. Craig Zahler
Édition : Gallmeister Americana (23/08/2018)
Édition Originale : Wraiths of the Broken Land (2013)
Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
Mexique, été 1902. Deux soeurs kidnappées aux États-Unis sont contraintes à la prostitution dans un bordel caché dans un ancien temple aztèque au coeur des montagnes.

Leur père, John Lawrence Plugford, ancien chef de gang, entame une expédition punitive pour tenter de les sauver, accompagné de ses deux fils et de trois anciens acolytes : un esclave affranchi, un Indien as du tir à l’arc, et le spectral Long Clay, incomparable pro de la gâchette.

Le gang s’adjoint également les services d’un jeune dandy cultivé, ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution alléchante.

Peu d’entre eux survivront à la sanglante confrontation dans les badlands de Catacumbas.

Un western impitoyable qui balaie tout sur son passage, comme un film de Tarantino au volume poussé à fond.

Critique :
Si vous cherchez un western tranquille et gentillet, évitez absolument ce dernier titre sorti des écuries prolifiques de Gallmeister car vous risqueriez la crise cardiaque tant la violence est omniprésente et sans concession aucune.

« Une assemblée de chacals » était déjà brut de décoffrage, mais malgré tout, j’ai trouvé ce roman plus brutal et il n’y avait pas un goût de betteraves ou de pommes pour adoucir ce tord-boyaux bourré de poudre de revolvers et de dynamite.

On pourrait lui reprocher le fait de ne pas donner des masses d’indications sur ses personnages principaux, cette troupe d’hommes hétéroclites. Ils seront esquissés au plus près, détaillé à la serpe et vous n’en saurez pas des masses sur le dandy Nathaniel Stromler qui accompagnera la famille Plugford (John Lawrence, le père et ses deux fils : Stevie l’alcoolo et Brent le rancher), un Noir affranchi, un Indien et un tireur d’élite aussi sombre que la nuit.

Pourtant, malgré le peu de détails que l’on aura sur les différents personnages, la plume de l’auteur arrivera tout de même à leur donner de la consistance, de la présence, comme si nous avions chevauché avec eux, partageant la même quête pour retrouver les deux filles enlevées.

Ce que j’ai aimé, chez l’auteur, c’est que les femmes ne sont pas des faibles créatures et les deux sœurs Plugford nous le démontreront à plusieurs reprises, même s’il faudra attendre plus longtemps pour Yvette.

Par contre, on a l’impression, lorsqu’on lit les chapitres, que tout est agencé à la manière d’un film, rendant la lecture très visuelle. Tout est prétexte à faire des scènes d’action violentes et aucune torture ou autre saloperie ne nous sera épargnée. Ici, tout le monde est noir dans son âme et la fin justifie tous les moyens.

Si les 100 premières pages m’avaient parues un peu longues, les 300 suivantes sont passées telle l’express de 23h brûlant tous les signaux, faisant ronfler la chaudière au risque de la faire exploser.

Petit bémol : à force de faire des scènes d’action et d’avoir un rythme fou, le fond est sacrifié sur l’autel de la forme. La profondeur des actions de vengeance est inexistante et les dialogues sont très typés westerns violents. Quant à l’humour, il est aussi noir qu’un café serré fabriqué au pétrole brut.

Ce qui donne, finalement, l’impression que le chien se mord la queue et qu’a force de s’amuser dans l’écriture de son western sombre, l’auteur a oublié de nous monter une véritable intrigue. L’action c’est bien, mais un scénario, c’est mieux.

Attention, je ne dis pas que ce roman a une intrigue sur ticket de métro, mais on a un sentiment de vacuité, un sentiment de manque, un vide. Nom de Zeus, il ne manquait pourtant pas grand-chose pour en faire un excellent roman comme l’assemblée de chacals, sans pour autant perdre de vue le côté violent des personnages et de leur expédition vengeresse.

Malgré ce petit bémol, ce fut une lecture jouissive de par son côté très visuel des scènes d’action.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (400 pages).

 

Les Filles des autres : Amy Gentry

Titre : Les Filles des autres

Auteur : Amy Gentry
Édition : Robert Laffont (19/01/2017)

Résumé :
ÊTES-VOUS BIEN CERTAINE DE CONNAÎTRE VOTRE FILLE ? D’AILLEURS, EST-CE VRAIMENT LA VÔTRE ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse.

Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.

Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes.

Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

Critique :
Sans les avis positifs de mes petits camarades de Babélio ou des copinautes de blog, j’aurais fait l’impasse sur ce roman qui avait tout d’un « déjà-lu et déjà-vu ».

Une fille qui disparaît et qui revient 8 ans après, semant le doute dans l’esprit de certains membres de sa famille, on sent venir le récit téléphoné, puisqu’il y a autant de chance que ce soit bien elle qu’une autre. C’est du 50/50.

Que pouvait-on faire de mieux que ce qui a déjà été fait, écrit, tourné, raconté ?

La famille Whitaker avait tout pour vivre tranquillement : le mari, Tom, la maman, Anna, et leurs deux filles, Jane et Julie. Tout a basculé quand Julie s’est faite enlever et qu’elle est revenue, 8 ans plus tard… Est-ce bien elle ?? Ou pas…

Une resucée cette histoire, sans aucun doute…

« Femme de peu de foi »… Voilà ce que je suis, car jamais je n’aurais pensé qu’on puisse faire du neuf, donner une sacré dose de suspense et torturer ainsi le lecteur avec un pitch aussi bancal que celui de « Est-ce bien toi ? » Ou pas…

Entrez dans ce roman vierge de toutes certitudes car elles vont valser, tanguer, prendre l’eau, avant de remonter à la surface, triomphantes… Ou pas !

Plusieurs morceaux de choix dans ce roman bourré de suspense : on y découvre  le récit de l’enlèvement, la vie de la famille ensuite, déchirée, bancale, avec la sœur cadette qui se chercher et la mère qui ne sait quoi faire face à sa seconde fille.

Puis Julie revient (ou c’est pas elle ?) et là, on découvre la famille qui doit se refaire après ce retour brutal et le récit de son emprisonnement.

Autant la perte du membre de la famille était traumatisante et avait laissé un trou béant, autant sa réapparition est facteur, elle aussi, de troubles, de chamboulements et de questions.

Et puis, dans cette histoire, il y a une autre histoire qui elle, se déroule à rebours : on commence par le personnage final avant de revenir au premier de la liste et là, je vous jure que vous vous poserez des tas de questions !!

Le pire est que tout est criant de vérité ! On ne se contente pas de faire un roman à suspense et de balancer les faits pour faire sursauter nos cœurs ou faire tourner nos méninges, non, on nous donne aussi des scènes de la vie familiale quotidienne qui ne sont pas des plus tendres, vu la situation vécue par la famille.

Difficile de parler de ce roman car on aurait peur de dévoiler trop, mais sachez qu’il ne faut pas le biffer, tel son titre et ne pas se fier à son pitch qui a l’air banal tant il a été conté.

Les personnages sont attachants, on ne sait pas toujours de quel côté les prendre, ni de quel côté ils sont, mais leurs comportements est réaliste et leur psychologie est bien travaillée, surtout en ce qui concerne leur comportement après la disparition de Julie (et après son retour), avec les associations de disparitions d’enfants ou dans leur rôle de parents qui pensent connaître leurs enfants.

Un roman à suspense, mais pas que… (comme aurait pu le titrer les éditions La Jouanie).

Un roman brillant, bien construit, qui laisse la place au mystères, aux doutes, aux espoirs, aux peurs, aux révélations inattendues… Mais je ne vous dirai pas dans quel ordre.

Un roman qui prouve que l’on pouvait faire du neuf et du super bon sur un pitch éculé.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule..

Deux sœurs : Barbara Garlaschelli

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Titre : Deux sœurs

Auteur : Barbara Garlaschelli
Édition :Payot et Rivages (2007)

Résumé :
Deux sœurs à l’approche de la quarantaine. Célibataires encore séduisantes. Elles vivent ensemble depuis toujours dans la maison léguée par leurs grands-parents.

Amelia, la brune, est institutrice et gère le quotidien. La blonde Virginia, elle, rêve à travers les feuilletons télévisés qu’elle regarde à longueur de temps. le rythme paisible des journées cache les failles et les douleurs de leur vie, hantée par de lourds secrets.

Quand arrive dans ce huis clos le trop séduisant Dario, représentant de commerce et joueur impénitent, l’équilibre précaire des deux sœurs s’effondre pour basculer dans l’horreur.

Construit en courtes séquences, ce thriller psychologique incisif tient en haleine jusqu’au dénouement. Par ses personnages tourmentés et sa noirceur, il évoque le Stephen King de Misery.

Deux sœurs a reçu le prix Scerbanenco en Italie.

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Crevons de suite cet abcès qui me fait mal au sujet de ce roman dont on me dit, en 4ème de couverture, qu’il évoque le « Misery » de Stephen King… Non, non et non !

Certes, nous avons un homme retenu prisonnier par deux quadragénaires dont l’une – Amélia – est une véritable tyran envers sa sœur mais hormis cette détention, nous sommes très loin du calvaire enduré par l’écrivain Paul Sheldon et loin d’Annie Wilkes, l’infirmière sadique et azimutée.

Rendons à Stephen King ce qui est à Stephen King : nous sommes loin de  son Misery…

Attention, cela ne veut pas dire que ce roman-ci n’est pas bon ou qu’il est chiant, loin de là !  Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

De la tension, on en aura ! Du huis-clos est inscrit au programme. Du suspense aussi, grâce à la construction du roman qui n’est pas linéaire dans le temps, ce mélange entre passé et futur rendant la tension encore plus vive.

Les personnages sont bien décrits, travaillés, et autant le portrait que l’on nous brosse d’Amélia, la sœur aîné, fait froid dans le dos, autant celui de sa sœur Virginia donne envie d’être son amie, elle qui a un monde imaginaire où elle aime se réfugier, elle qui n’est jamais allée plus loin que le pont, elle qui reste à la maison, vivant sa vie par procuration, devant son poste de télévision (merci J-J.G).

Ces deux sœurs ont eu une enfance un peu bizarre, entre un père partit courir une autre femme que la sienne, une mère aux abonnés absents, étant uniquement présente de corps mais pas d’esprit, nos deux gamines ont donc été élevées par leurs grands-parents et elles ne se sont jamais mariées, restant dans la maison familiale, vivant l’une pour l’autre.

Là où l’auteure excelle, c’est dans la mise en place des événements, plongeant un (renard) séducteur – Dario – qui aime jouer avec les femmes dans une maison (poulailler ?) où deux sœurs vivent seules en étant tout l’une pour l’autre, avec une douce rêveuse et une qui aime avoir la main mise sur cette sœur, justement.

Le renard aurait mieux fait d’aller voir après d’autres poules… Ou de ne pas se frotter à l’une et puis à l’autre.

Le huis-clos est oppressant – à cause d’Amélia – le jeu de séduction est subtil, tout en douceur, tout en coups de poignards dans le dos, et on n’en sortira que pour faire des incursions dans le passé et en savoir plus sur nos deux sœurs et sur l’événement traumatisant qui s’est passé dans leur enfance.

Ce roman, une fois entamé, difficile de ne pas vouloir aller jusqu’au bout ! Il n’est pas épais, se lit très vite et est délectable au niveau de ses personnages.

Bien que l’intrigue soit du déjà-lu, elle est traitée d’une manière qui vous fera froid dans le dos dans les dernières lignes.

Amélia n’est pas Annie Wilkes, loin de là, mais elle a une part d’ombre qu’il vaut mieux ne pas trop explorer.

PS : Il vaut bien un 3,75 Sherlock !!

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (198 pages).

PeaceMaker – Tome 3 : Ryoji Minagawa

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Titre : PeacrMaker – Tome 3

Auteur : Ryoji Minagawa
Édition : Glénat (18/01/2012)

Résumé :
Toujours à la recherche de son frère, Hope Emerson se retrouve pris avec ses compagnons dans le piège d’Iconoclast, la ville champ de bataille.

Parviendront-ils à sortir vivants de cet enfer où tous les coups sont permis ?

peacemaker-tome-3-tome-3Critique :
Continuerais-je cette série ou pas ? Oui, sans doute encore un tome pour voir si ça me plait toujours et si non, je l’abandonnerai sans un remords, mais avec des regrets car j’aurais aimé suivre les aventures de nos amis les flingueurs (qui ne sont pas des Tontons).

Où le bât a-t-il blessé ? Dans le fait que j’ai l’impression que ce tome n’est là que pour nous promener dans une grosse baston entre tireurs en tout genre et de nous remplir un numéro sans devoir trop se casser le cul pour le scénario et son avancée.

Nos amis, tout juste échappés de la ville Tarkus étaient en train de souffler un brin et les voici surpris et emprisonnés par Conny, une Crimson Executer des plus charognes, des plus infâmes, des plus difficile à vaincre car capable de dissimuler son « aura » aux autres, mais capable de sentir sur des autres.

Elle aurait pu les flinguer sur place, mais préfère les faire entre dans la ville d’Iconoclast, une ville en ruine, une ville qui ni plus rien d’autre qu’un vaste champ de bataille où s’affrontent et s’entretuent des duellistes, des mercenaires, des ninjas, des terroristes, des snipers, des bandits…

Celui qui survit est proclamé le vainqueur. Bien entendu, il n’y a pas de règles, hormis celle de tirer plus vite que les autres et tous les coups vaches sont permis !

Ma foi, ce genre de scènes dans une ville en ruine aurait été balaise pour un tome final, mais pas vraiment pour un tome 3 car on n’a pas l’impression d’avancer d’un poil dans leur affaire…

Les dessins de la ville en ruine sont super, nos amis vont devoir se sortir les tripes pour vaincre Conny la maîtresse des lieux, celle qui n’a jamais été battue sur son terrain de jeu et Hope va nous montrer qu’il est capable de développer un aura puissant. Oui, nous flirtons souvent avec le fantastique.

Pas de temps mort, certes, des tas de morts, of course, des combats en veux-tu en voilà, du sang, des tripes – ah ben non, ça reste propre quand même – et des duels sans la musique enivrante d’Ennio Morricone.

Niveau action, j’ai été servie, mais niveau avancée de leur enquête, je me sus sentie frustrée.

C’est pour cela que j’hésite à poursuivre cette série… Ma foi, si je trouve les suivants en seconde main, je risquerai le coup, parfois, on a un tome un peu fourre-tout et ensuite, ça repart.

Étoile 2

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

Mois du polar - sharon-pour-logo-polar21

Peace Maker – Tome 2 : Ryoji Minagawa

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Titre : Peace Maker – Tome 2

Scénariste : Ryoji Minagawa
Dessinateur : Ryoji Minagawa

Édition : Glénat (2011)

Résumé :
Peace Emerson et ses compagnons franchissent la mer vers une terre inconnue, à la recherche de son frère.

Mais la traversée ne sera pas de tout repos : ils sont toujours la proie des tentatives d’assassinat des Crimson Executers, et ce ne sont là que les préliminaires des nouveaux dangers et des révélations qui les attendent sur le nouveau monde de Tarkus.

peace-maker-9782723480413_pgCritique :
Avec beaucoup de retard je viens de découvrir la suite des aventures de Hope Emerson, un tireur émérite et de ses deux compagnons de route : Kyle Palmer, l’intello et Beat Gabriel, un tireur tout aussi excellent que Hope.

Sans oublier la petite Nicola Crimson, fille du chef des Crimson Executer, recherchée par les membres de sa « famille » depuis qu’elle a pris la fuite et qu’elle est protégée par Hope Emerson et ses deux amis.

On commence par un voyage mouvementé à bord de ce qui ressemble furieusement à un transatlantique (et je ne sais pas vraiment en quelle époque nous sommes) en direction de Tarkus.

Pas le temps de se reposer, ça fuse de partout avec le Crimson Executer qui veut faire sauter le paquebot. Va falloir toute l’ingéniosité de Kyle et l’adresse au tir de Hope et de Beat pour en venir à bout et terminer façon croisière s’amuse, enfin !

Le pays de tarkus a tout du Moyen-Orient de par la physionomie de ses habitants et de leur habillements. Et si on pensait se reposer un peu, c’est rappé de nouveau !

Ce deuxième tome met en avant du suspense et des tirs de fous, réalisés à pleine vitesse dans une des premières voitures Ford ou sur une motocycle qui commence par « Harley »…

Bon, on va me la faire à moi, c’est tout bonnement impossible de ne jamais rater ses cibles quand on fonce à toute berzingue, mais on n’est pas ici pour le réalisme des choses mais plus pour le fun et passer un bon moment en faisant parler la poudre.

On a des mystères, de l’action, de la morve de gamine qui coule de partout, des magouilles, un assassinat qui a tout de politique et sans doute une injustice quand au coupable présumé.

Ma foi, je passe un bon moment avec nos tireurs professionnels, j’apprécie les personnages principaux, leurs côtés sombre héros et j’ai bien envie de savoir ce qui va leur arriver dans l’avenir.

Verdict ? Je continue la série !

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

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Peace Maker – Tome 1 : Ryoji Minagawa

Peace Maker - Tome 1 - Ryoji Minagawa

Titre : Peace Maker – Tome 1

Scénariste : Ryoji Minagawa
Dessinateur : Ryoji Minagawa

Édition : Glénat (2011)

Résumé :
L’Ouest sauvage version manga.

Hope Emerson, fils du célèbre Peace Emerson, a hérité de son père l’étrange technique du Spot Burst, un tir multiple qui fait de lui le gunner le plus redoutable de l’Ouest des États-Unis.

Un talent qui finalement le transforme en cible pour tous les mercenaires désireux de se faire un nom… ou mandatés par un riche millionnaire du nom de Philip Crimson qui semble étrangement déterminé à l’abattre.

peace-maker-blog_mCritique :
La critique disait que c’était un seinen musclé absolument jouissif et, bien qu’il me faille plus pour me faire jouir (on parle bien de littérature, je vous jure), j’ai tout de même passé un agréable moment avec ce manga à la sauce western.

Pour ceux qui ne sont pas amateurs de mangas dans l’âme, un seinen est un manga pour jeune homme de 15 à 30 ans.

Hope Emerson est une jeune homme affamé, avec un air un peu bête, et transportant dans son sac un magnifique Colt Single Action Army, appelé aussi un « pacificateur » mais qui refuse de s’en servir pour tuer des innocents.

À première vue, tout le monde prend Hope Emerson pour un guignol, un mec qui ne sait pas se servir d’une arme, mais si, il peut le faire ! Yes, he can ! Par contre, par dans des duels pour gagner de l’argent, mais pour tuer des bandits et des salopards.

Un Lucky Luke sans cheval, sans cigarette, sans Rantanplan et sans les Dalton, mais Hope tire aussi vite que lui, bien que pas plus vite que son ombre.

Si l’auteur reprend les codes du western spaghetti, il les mets à sa sauce et sans les pâtes, je dirais car bien que nous ayons des gens qui voyagent dans des attelages tirés par des chevaux (y aurait-il un magaka qui sache dessiner les chevaux correctement et les traits d’attelage aussi ??), les villes sont construites en dur et nous n’avons donc pas le charme des maisons en planches de nos bons vieux western.

Exit aussi les cow-boys juchés sur leurs selle, montant leurs fidèles destrier. Par contre, nous avons des bandits, les « Crimson Executers » au look assez étrange : un géant maniant avec aisance une mitrailleuse, qu’on vient de l’inventer, apparemment puisque Hope Emerson n’en avait jamais vue (Gatling en inventa une en 1862, mais a la taille d’un petit canon et il y avait aussi les Nordenfeldt et Gardner en 1880, en autre, mais pas aussi épurée que celle du manga), ou un grand type aux yeux qui font peur et entièrement recouvert d’une protection contre les balles.

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Autre bizarrerie, il ne semble pas y avoir de shérif ou de police dans les villes car je n’ai pas vu l’ombre d’une étoile. Étrange…

Les dessins sont corrects, hormis les chevaux et certains visages qui laissent à désirer et à chaque méthode de tir nouvelle, on nous explique son nom et la manière dont elle est exécutée, ce qui donne plus de réalisme à la chose.

Les dialogues sont assez drôles, avec, notés en tout petit sous le dialogues, comme si on les avait ajouté après.

On a du mystère avec la tuerie entière dans le village de Faden, dont Nicola, petite fille, semble être l’unique survivante (on en apprendra plus sur elle au fil des pages), le souffle de la future grande aventure à la fin de ce premier tome, de l’humour, un personnage principal qui a tout du looser qui ne sait pas garder 1$ sur lui, ni jouer au cartes, qui ne donne pas non plus l’impression que c’est un excellent tireur car il ne la ramène pas.

Une belle découverte que je compte poursuivre avec les tomes suivants, ne devant pas attendre deux mois pour lire la suite.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

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CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur