Salut l’amie je t’aimais bien… Black Kat, alias Karine s’en est allée sur la pointe des pieds

Cela faisait un moment que le Black Kat (Karine) avait mis son blog en pause, pour cause de crabe (ce que je ne savais pas).

Sans nouvelles d’elle depuis un moment, des membres d’un Forum se sont inquiétés et l’un d’eux, après une petite enquête via le blog de Karine, a remonté ma piste et, voyant que nous étions membres de ce même forum, m’a contacté pour essayer d’avoir de ses nouvelles.

Par le biais d’une copinaute de Fesse Bouc, j’ai appris que notre chère Black Kat était partie en juin 2019.

Vous me connaissez, je ne fais jamais ce genre d’article, mais là, ça m’a fait mal, sa disparition. J’adorais ses articles et elle m’a souvent tentée, faisant monter ma PAL.

Je ne sais pas ce qu’il y a après la mort, vie dans l’au-delà ou grand néant, ni même si on se retrouve un jour quelque part, mais si il y a une vie après la mort, j’espère qu’elle lit un bon livre avec The Bear, qui nous avait quitté aussi.

Salut l’amie, je t’aimais bien.

Et merci pour m’avoir fait un petit clin d’oeil, un jour (janvier 2017), en commençant tes récaps mensuels… Comme je le faisais depuis un certain temps.

1280 âmes : Jean-Bernard Pouy

Titre : 1280 âmes                                                       big_3-5

Auteur : Jean-Bernard Pouy
Édition : du Seuil (2000) / Points (2000)

Résumé :
Si Pierre de Gondol est le plus petit libraire de Paris, sa connaissance de la littérature tous azimut est considérable.

C’est ainsi qu’un matin, l’un de ses clients, dérouté par la lecture d’un célèbre roman de Jim Thompson, vient lui demander où sont passés les cinq personnes oubliées dans la traduction de ce texte qui, en anglais, se nomme Pop 1280 et, en français, 1275 âmes.

Pierre va alors se transformer en détective littéraire, pour retrouver dans d’autres livres, mais aussi en effectuant le voyage jusqu’aux Etats-Unis, la trace de ces étranges disparus.

Une enquête littéraire haute en couleurs, qui revisite les grands textes tout en posant sur l’Amérique un regard débarrassé de bien des clichés.

Critique : 
La preuve qu’on peut avoir la plus petite mais être efficace quand même… Voyez plutôt : Pierre de Gondol possède la plus petite librairie de Paris – What did you think ?? – mais c’est un librairie efficace car sa connaissance en littérature est considérable et tous azimut.

Dans son 12m², il ne possède que des livres rares, des incunables, des signés… Sa clientèle ? Des amoureux pervers polymorphes du livre !

« Mes clients : des amoureux pervers polymorphes du livre et de l’écrit en général. Une race en voie de disparition, disent les gazettes. Le dernier carré. Mais de tels dingues que, pour abattre, faudrait envoyer l’armée ».

Ses clients, des érudits tout comme lui, aime lui poser des questions, des énigmes… Jusqu’au jour où un lui parle du roman de Jim Thompson « Pop. 1280 » et traduit par Marcel Duhamel « 1275 âmes » (le N°1000 !)… Soit-disant que ça sonnait mieux !

Pour un Belge qui dira « Mille deux cent septante-cinq âmes », oui, mais le français ira par un autre chemin, nous donnant un « Mille deux cent soixante-quinze âmes »… Faut déjà additionner !

Alors, elles sont où, ces 5 âmes perdues ?? Et c’étaient quels personnages qui sont passé dans les limbes lors de la traduction ?

– Vous connaissez Jim Thompson, bien sûr.
– Quand même…
– Et le numéro 1000 de la Série Noire.
– 1275 âmes. Un chef d’œuvre.
– Traduit par Marcel Duhamel himself. Titre anglais ?
– Pop 1280.
– Voilà le problème. Soi-disant que ça sonnait mieux. Mais avec des conneries comme ça, lors de cette traduction, cinq personnes ont disparu, cinq habitants de la bourgade de Pottsville.
– Ploucville, comme disait Duhamel.
– Ça me taraude. Ça m’empêche de considérer cette littérature, la noire, comme parfaite, un truc comme ça. J’aimerais que vous me les retrouviez, ces passés à l’as, pour raison signifiante. Je vous en garderais une éternelle reconnaissance.

Pour ceux qui ne le saurait pas encore, la mythique « Série Noire », qui importait et traduisait des romans « noirs » américains, n’était pas toujours regardante dans ses traductions et sabrait de bon cœur dans le texte original afin qu’il « colle » avec le nombre de pages prévu.

Véritable enquête, ce petit roman nous emporte dans Paris et ensuite, aux États-Unis, dans son trou du cul parfois, pour un périple où les références culturelles, littéraires et cinématographiques vont se bousculer au portillon et être très utile pour l’enquête.

Parce que Pottsville, la ville du roman avec le shérif Nick Corey, elle n’existe pas ! Alors, il faut aussi mener une enquête avec des cartes afin de trouver une petite ville du début du siècle, avec une rivière capable d’emporter des corps, un chemin de fer et une rue qui donne sur la rivière…

Notre libraire est un érudit, ses références culturelles sont nombreuses, son enquête est sérieuse et c’est un véritable plaisir que de se détendre avec ce roman, surtout si on a lu « 1275 âmes ».

L’auteur nous parlera aussi des nombreuses adaptations cinématographiques qui furent faites des romans de Thompson, ainsi que des passages coupés dans le roman, dont deux pages importantes au début et manquantes dans la traduction.

Mélangeant la culture avec l’humour, les 166 pages défilent sans que l’on s’ennuie une seconde et je vous avoue que j’ai souri très souvent des bons mots de Gondol qui ne se prend pas la tête… la tête de Gondol ! Déjà que son surnom est « Épictète »…

Si j’ai sorti rapidement ce livre acheté la semaine dernière, c’est suite à une question d’un membre de Babelio, au sujet de « 1275 âmes » et qui voulait savoir de qui Buck parlait-il en disant à Nick Corey « Tu dois te prendre pour l’Autre. Celui qu’a la même initiale que toi ».

J’ai apparemment trouvé la solution puisque confirmée dans « 1280 âmes ».

À lire si vous voulez en savoir plus sur « 1275 âmes » ou tout simplement pour boire un super bouillon de culture, additionné de bons mots ou de métaphores, tout en voyageant en Oklahoma avec notre libraire érudit et vous détendre après des lectures sombres.

« Mon interlocuteur était autant scotché sur son siège qu’un Malien dans l’avion du retour. »

« Le lendemain, je me suis levé avec, dans la tête, une scie, un air idiot, un truc de pub, « Le soleil vient de se lever, encore une belle journée, l’ami Ricoré… » Va savoir pourquoi…
Moi, le café, c’est sacré. Et, contrairement à la majorité coincée de nouvelops, j’aime bien le robusta. Mais va expliquer ça à des arabicomaniaques branchés sur le Costa-Rica. « 

« Bizarrement on s’en fout. Car au niveau des probabilités, on a autant de chances de se prendre un astéroïde sur la tronche que de mettre un singe devant une machine à écrire et qu’il se mette à taper, par hasard, la première phrase de La Divine Comédie. »

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015),  « Challenge US » chez Noctembule et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.