Golem – Le tueur de Londres : Peter Ackroyd [LC avec Bianca]

Titre : Golem – Le tueur de Londres

Auteur : Peter Ackroyd
Édition : Archipoche Suspense (03/01/2018)
Édition Originale : Dan Leno and the Limehouse Golem (1994)
Traducteur : Bernard Turle

Résumé :
Londres 1880. Un assassin insaisissable, invisible, opère dans le quartier de Limehouse.

Le peuple, la presse, la police l’ont surnommé le Golem, du nom de cette créature de la mystique juive, démon sanguinaire fait d’argile, capable de se défaire et de se reconstituer à volonté.

Le journal intime d’un certain John Cree révèle qu’il serait le mystérieux Golem, décrit ce qu’il appelle son oeuvre d’artiste, le massacre minutieux et jubilatoire de deux prostituées, d’un vieux sage et d’une famille entière.

Mais sa femme, Elizabeth Cree, une ex-chanteuse de music-hall, semble elle aussi dissimuler bien des secrets.

Le chemin de ces êtres énigmatiques croise et recroise celui de personnages historiques, l’écrivain George Gissing, Karl Marx et Dan Leno, « L’homme le plus drôle du monde », la star du théâtre populaire à cette époque.

Tous se rencontrent sans se connaître, dans la salle de lecture du British Museum ou au théâtre. Tous seront soupçonnés par la police dans sa traque du Golem.

Critique :
D’habitude, je préfère lire le roman avant de voir le film, mais dans ce cas-ci, j’ai fait le contraire et bien mal m’en pris !

Oui, j’aurais dû lire avant de voir car le roman a éclairé le film que j’avais trouvé confus et dont j’étais sortie sans trop avoir de certitude sur les événements que j’avais vus.

Comme ce fut le cas lors de la lecture de « Shutter Island » de Lehane, tout s’est éclairé lors de ma lecture et le roman m’a permis de comprendre le film (j’avais rien capté du film avec Di Carpacio).

L’histoire est un éternel recommencement… Si j’avais lu le roman avant, j’aurais eu les outils nécessaires lors du visionnage du film.

Le changement brusque de « narrateur » dans le roman ne m’a pas perturbé car, comme dans le film, nous suivons plusieurs protagonistes et si, au départ, on ne voit pas bien ce qu’ils viennent faire là, au fur et à mesure de la lecture, on distingue mieux les fils de la toile et la place de chacun.

Le film mettait en avant l’inspecteur John Kildare, alors que le roman le laisse plus dans l’ombre, mais la lecture permet de mieux se concentrer sur les différents personnages et puisqu’il n’y a pas d’effets spéciaux, on n’est pas distrait par les changements opérés par le scénariste lorsqu’il nous montre le même meurtre commis par plusieurs suspects (ceux qui ont vu le film verront bien de quoi je parle) .

L’auteur nous décrit bien le Londres d’en bas, celui des années 1860 à 1880 (même si je n’y étais pas) et son style est très cinématographique, je trouve, car lors de ma lecture, je voyais les images défiler, et je pense que cela n’avait rien à voir avec des réminiscences du film…

Beaucoup de mystères planent sur le récit, même si la scène d’ouverture ne laisse aucun doute sur l’issue fatale pour l’un des protagonistes puisque nous assistons à sa pendaison.

En tout cas, cette lecture a été addictive et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai pris plaisir à replonger dans les cabarets, à chanter, à jouer la comédie, à suivre le meurtrier dans ses pérégrinations sanglantes et à croiser des gens connus à la salle de lecture du British Museum.

Un polar historique qui m’a permis de comprendre son adaptation cinématographique (il n’est jamais trop tard) et dont ses personnages m’ont fait parcourir quelques quartiers mal famés de Londres, ce qui ne pouvait que me ravir.

♫ Allez venez milord, vous asseoir à ma table ♪ *mode cabaret enclenché*

Par contre, pour ma binôme de LC, Bianca, ce fut la bérézina totale et elle n’a jamais réussi à accrocher au récit, abandonnant même l’affaire en cours. Comme quoi, tous les goûts sont dans les lectrices.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Publicités

[FILMS] Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell (1994)

Quatre mariages et un enterrement (titre original : Four Weddings and a Funeral) (4 weddings and a funeral) est un film britannique de Mike Newell, sorti en 1994.

Cette comédie dramatique au ton très novateur a connu un succès mondial retentissant. Elle marque le retour en force du cinéma britannique et hisse Hugh Grant au rang de star.

Synopsis : Charles est célibataire. Seul compte son petit cercle d’amis, composé de Fiona, Gareth, Tom, Matthew et Scarlett, sa colocataire.

L’amour ne le tente pas et quand il fait la connaissance de Carrie lors d’un mariage où il officie en tant que témoin, il n’imagine en rien la passion qui va l’envahir. Car Charles tombe amoureux de Carrie.

Et ses retrouvailles quelques mois plus tard avec la demoiselle, sur le point de se marier avec un riche Écossais, ne vont que confirmer les sentiments qu’il éprouve pour elle…

Fiche technique :

  • Titre original : Four Weddings and a Funeral
  • Titre français : Quatre mariages et un enterrement
  • Réalisation : Mike Newell
  • Scénario : Richard Curtis

Distribution :

  • Hugh Grant : Charles
  • Andie MacDowell : Caroline alias « Carrie »
  • James Fleet : Thomas alias « Tom »
  • Simon Callow : Gareth
  • John Hannah : Matthew
  • Kristin Scott Thomas : Fiona
  • David Bower : David
  • Charlotte Coleman : Scarlett
  • Timothy Walker : Angus

Ce que j’en ai pensé : 
Encore un de mes films anglais préféré ! Non seulement on a une ambiance so british, mais en plus, le film alterne les moments « comiques » et ceux plus tragiques, avec des vraies émotions.

Avant de le revoir, je me souvenais de Rowan Atkinson, en curé maladroit et du comédien John Hannah, dans ses premiers pas au cinéma, acteur que j’ai toujours apprécié, même dans son rôle de Dominium dans « Spartacus – Blood and sand).

Pour moi, ce film, c’est LA comédie romantique par excellence avec ces deux personnages, Charles (Hugh Grant) et Carrie (Andie MacDowell) qui vont se croiser au cours de 4 mariages et un enterrement. Dois-je vous rappeler que Charles est obnubilé par Carrie (qui est l’amie des dentistes… C’était plus fort que moi).

La première fois que je l’avais vu, j’étais tombée de haut car ce film enlevait à l’acte nuptial son caractère « sacré », le tout dans une série de quatre tableaux, tous plus jubilatoires les uns que les autres.

Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il est construit comme un film à sketches puisque nous aurons 4 tableaux, dont un sera fort émouvant, comparé aux autres qui étaient hilarants, mais traité tout en sobriété. Ok, j’ai encore eu les larmes aux yeux !

Non mais sérieux ? Est-on obligé de se marier ? On peut s’aimer et faire sa vie sans pour autant officialiser l’affaire avec flonflons, officier d’état civil, curé, famille, bouffe, dépenses somptuaires, non ?

Ok, le mariage donne plus de droit que la cohabitation… Mes dirigeants devaient nous en donner plus, notamment pour les pensions des conjoints survivants, mais il ne l’a pas fait. Donc, l’a bien fallu passer devant l’officier d’état civil !

Anybref, je kiffe ce film et ses sonneries de réveil, ses retards, ses « putain », ses vieilles bagnoles pouraves, ses cérémonies de mariage où tous les hommes portent le queue-de-pie et chapeaux haut-de-forme, ses diners avec ses discours balbutiants, cette bande d’ami un peu doux dingue,…

Un film que je regarde avec grand plaisir, même si je n’ai plus aucune surprise puisque je sais ce qu’il va se passer.

Ça n’enlève rien au plaisir de finir le film avec un sourire de débile affiché sur mes lèvres en regardant les portraits finaux.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Oscar Wilde et le mystère de Reading : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 6]

Titre : Oscar Wilde et le mystère de Reading

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : 10-18 (19/09/2013)
Édition Originale : Oscar Wilde and the murders at Reading Gaol (2012)
Traducteur : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Tout juste libéré de la prison de Reading, ou il a été enfermé deux ans, Oscar Wilde se réfugie à Dieppe. Il croise la route d’un mystérieux étranger manifestement très intéressé par son histoire.

Jour après jour, Wilde entame le récit de son calvaire, des corvées endurées, de la censure… sans oublier le double meurtre qu’il lui a fallu résoudre.

Car dans une affaire si délicate, à quel saint se vouer, si ce n’est au détenu le plus célèbre de Reading Gaol ?

Critique :
Cela faisait un petit temps que ce roman trônait sur ma pile, plusieurs fois je l’avais pris en main, à chaque fois je l’avais reposé, repoussant sans cesse le moment fatidique de la lecture…

Pourquoi ? Parce que c’était le dernier qu’il me restait à lire de cette série consacrée aux enquêtes d’Oscar Wilde, et qu’en plus, c’était le volume consacré aux deux années que Wilde passa en prison, accusé du crime de sodomie.

À cette époque, et jusqu’à peu, la sodomie était un crime punissable d’emprisonnement en Angleterre, et même si depuis longtemps on n’enfermait plus les homosexuels, la loi existait toujours dans le code anglais jusqu’il y a peu.

Oscar Wilde, mon dandy flamboyant, mon amateur de bons mots, de bons champagnes, de mets capiteux, de fêtes, cet amateur d’indolence, ce brillant écrivain, réduit à des travaux forcés dans un bouge infâme où l’on n’a même pas le droit de parler !

 » … avant sa chute et son incarcération Oscar Wilde était un homme heureux. Le bonheur était, pour ainsi dire, l’essence même de sa personnalité. Oscar Wilde était une fête – c’était une fête d’être avec lui, une fête de le connaître. Il aimait la vie : il la savourait. »

Au matin du lundi suivant – le 27 mai 1895 – je fus confronté à toute l’horreur de ma situation. J’avais fréquenté les princes, dormi dans des draps fins, respiré des flagrances subtiles. J’avais bu les meilleurs champagnes, m’étais nourri de homard et de caviar frais. À six heures, ce jour-là, je m’éveillais dans ma cellule de Newgtate et fumai ma dernière cigarette.

Comme dans « On the brinks » de Sam Millar, l’auteur décrit avec force les conditions inhumaines des prisons anglaises (de sa cellule de Newgate à la prison de Pentonville, puis à Wandsworth et enfin à Reading Goal) et du comportement, inapproprié, de certains matons, dont le gardien Braddle, cancrelat de l’existence qui ne se sent fort que lorsqu’il rabaisse les plus faibles que lui.

« Mon séjour à Pentonville fut un enfer. Pendant quatre semaines, j’endurai la torture du moulin. Heure après heure, jour après jour, nous étions trente-deux malheureux anonymes, silencieux, sans visage, enfermés dans une gigantesque roue en bois où nous marchions, marchions, marchions – sans autre but que notre humiliation. »

En prison, le temps n’avance pas. Il tourne sur lui-même. Il parait évoluer en cercle autour d’un centre de douleur. En prison, il n’y a qu’une saison : la saison du chagrin… C’est toujours le crépuscule dans les cellules, comme c’est toujours le crépuscule dans les cœurs.

Si les 5 autres tomes étaient joyeux, celui-ci est assurément le plus sombre, le plus tragique, le plus triste, car nous savons qu’après ses deux ans d’emprisonnement, Wilde ne survivra pas longtemps et s’éteindra le 30 novembre 1900.

Le mercredi 20 novembre 1895, je fus transféré de la prison de Wandsworth à celle de Reading. De toutes mes journées de détention, celle-ci fut sans doute la plus humiliante. On m’emmena par le train. De deux heures à deux heures et demie ce jour-là, je dus rester debout sur le quai principal de la gare de Clapham Junction, en tenue de bagnard, menotté, de façon que chacun pût me voir. On m’avait arraché à ma cellule dans l’infirmerie de la prison de Wandsworth sans me laisser un instant pour me préparer. J’offrais le plus grotesque des spectacles. Quand ils m’apercevaient, les badauds éclataient de rire.

Au lieu de libations et de joyeusetés proférées par notre dandy anglais, nous aurons droit à un compte-rendu des joyeusetés qui se déroulaient dans les geôles anglaises, pourtant, jamais le récit ne sombrera dans le pathos et de temps en temps, il sera même éclairé par un geste de bonté de la part de l’un ou l’autre intervenant.

Et quand il levait les yeux sur sa congrégation de détenus, son regard ne suggérait ni mépris, ni inquiétude, n’évoquait ni rat, ni belette.

Cette fois-ci, l’enquête de Wilde sera plus discrète, les conclusions se dérouleront dans sa tête, avant qu’il ne nous raconte tout, et il faudra être attentif durant sa lecture car nous le savons tous, le diable se cache dans le moindre petit détail.

Pourtant, les leçons de mon Maître ont dû porter leurs fruits, parce que comme Wilde, j’ai déduis une chose que personne d’autre dans la prison n’avait compris ! Et nous avions raison, lui et moi. Normal, nous sommes les meilleurs.

Un tome plus sombre, moins joyeux, car voir le grand Oscar Wilde trainé dans la boue, vilipendé, voué aux gémonies, n’est jamais agréable.

— Je suis déjà mort, répliquai-je.
— Non, Wilde. C’est peut-être en enfer que vous vivez, mais vous vivez.

Le pauvre ne pouvait pas savoir que maintenant, il serait toujours considéré comme un Grand Auteur et que le monde se contrecarre de ses préférences sexuelles (enfin, ceux qui, comme moi, n’en tienne pas compte, Frigide doit l’avoir mis à l’index et ce n’est pas là qu’il faut le mettre).

Un tome où l’enquête se déroulera d’une autre manière, plus subtile, plus cachée, où nous apprendrons les faits au compte-goutte et où il faudra attendre les dernières pages pour avoir les ultimes conclusions et voir la pièce dans toute sa splendeur car nous sommes face à un Grand du crime, un criminel qui aurait fait le bonheur d’un Holmes car il était retors à souhait.

Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie. Notre affaire est de le débrouiller, de l’isoler, de l’exposer dans toutes ses parties…c’est du moins ce que dit mon ami Conan Doyle.

Un tome qui, comme je le redoutais, ne clôt pas la série puisqu’un nouveau tome est sorti en septembre 2017 (je viens de l’apprendre maintenant) et que je pourrai donc retrouver mon Wilde aux côtés de Conan Doyle et oublier ainsi les conditions de détentions inhumaines qui furent celles des prisons anciennes.

C’est avec regret que j’ai terminé cette lecture et même si le récit était sombre, Wilde a su, même dans l’adversité, me l’égayer.

Je méprise les journalistes : ils passent leur temps à s’excuser en privé de ce qu’ils ont écrit en public. Et je n’ai pas beaucoup plus d’affection pour les éditorialistes. (Après tout, qu’y a-t-il derrière un éditorial sinon préjugés, bêtise, verbiage et coquecigrues ?).

Toute autorité est avilissante, Mr Wilde. Elle avilit ceux qui l’exercent et elle avilit ceux sur qui elle s’exerce.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°54 – L’Illustre Client – lire un livre dont le titre contient le nom d’un personnage célèbre), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Maurice : E. M. Forster

Titre : Maurice

Auteur : Edward Morgan Forster
Édition : 10-18 (2006)
Édition originale : Maurice (Edward Arnold Publishers Ltd) Écrit vers 1913, mais publié seulement en 1971

Résumé :
Dès son plus jeune âge, Maurice Hall est hanté par des rêves dont il s’explique mal la nature étrange et mélancolique.

Contrairement à « Howards End », « Avec vue sur l’Arno » et « Route des Indes », plongées dans la conscience féminine, ce roman publié à titre posthume retrace le parcours initiatique d’un jeune homme, Maurice (James Wilby dans l’adaptation de James Ivory), jalonné de ses rencontres avec Clive (Hugh Grant), étudiant comme lui à Cambridge, puis Alec, garde-chasse de ce dernier.

Éveil à la conscience (amorcé à Cambridge, lieu du bonheur et de la tolérance pour Forster), Maurice est le récit de la lente progression du héros vers une véritable connaissance de soi.

Au-delà de l’histoire d’amour et de la prise de conscience homosexuelle, Maurice se distingue des autres romans de Forster par son caractère plus intimiste et par la forme plus radicale que revêt l’expression de la liberté individuelle.

Placée sous le signe de la gradation, cette œuvre est peuplée de personnages qui sont aux autres autant d’étapes vers l’accomplissement de soi.

Maurice, jeune homme médiocre, devient par la grâce d’une liberté conquise de haute lutte contre lui-même un véritable héros forsterien.

Critique :
L’amour qui n’ose pas dire son nom… Ou l’homosexualité dans les très sélectes universités anglaises.

Maurice a mis du temps pour comprendre qu’il marchait de l’autre côté du trottoir ! Il a fallu qu’il entre à Cambridge pour enfin ouvrir les yeux sur ses préférences sexuelles.

Oui, sa préférence à lui, ce sont les jeunes garçons de son âge dont un camarade d’université qui deviendra son compagnon, même si jamais rien n’est affiché.

En ce temps-là (1910), en Angleterre, l’amour entre hommes était toujours considérée comme un crime et passible de peine de prison tandis qu’en France, le code Napoléon avait déjà rendu la chose « légale ».

Pour vous dire la bêtise humaine : si l’homosexualité masculine était punissable, celle entre les femmes pas car le législateur ne l’avait pas prise en compte. Paraîtrait que la reine Victoria avait trouvé tellement répugnant qu’elle avait jugé la chose impossible. Mais je n’ai aucune preuve de ses dires non plus.

Pas facile de vivre son homosexualité dans l’univers conformiste et répressif de l’Angleterre édouardienne !

Maurice n’appartient pas à l’aristocratie proprement dite, mais nous évoluons dans les milieux bourgeois, les milieux où on ne se mélange pas entre classes, où les domestiques sont priés de rester à leur place, où il faut sauvegarder les apparences, quoiqu’il arrive.

Cette société bourgeoise anglaise est régie par des règles désuètes, vieillottes, bourrée de morale chrétienne, tout le monde était enfermé dans un carcan plus serré qu’un corset taille XS porté par le troll Hébus de la série fantasy Lanfeust !

Franchement, j’ai eu très envie d’en baffer plus d’un et plus d’une, dans ce roman riche en apprentissage de la vie chez les bourgeois, qui, comme le chantait si bien Jacques Brel ♫ Les bourgeois c’est comme les cochons Plus ça devient vieux plus ça devient bête ♫

Nous suivrons le récit du jeune Maurice, de ses 14 ans à ses 24 ans, passant d’un enfant effacé, paresseux, dans les jupons de maman, à un étudiant du collège effacé, paresseux, puis, enfin la chenille deviendra papillon avec Maurice amoureux d’un camarade, filant le parfait amour, mais sans le consommer !

Ah ben oui, messieurs dames ! L’amour entre hommes était plus toléré s’il était platonique. Se chipoter la chose, mon dieu, vous n’y pensez pas ! Nos deux amants s’aiment mais ne s’astiquent pas le manche mutuellement, aucun ne jouant avec la batte de criquet de l’autre.

Entre nous, bourré d’hormones qu’ils devaient l’être à 19-20 ans, je me demande comment ils ont fait pour ne pas succomber à la bêbête à deux dos.

James Wilby & Hugh Grant

Maurice est un personnage qui va évoluer au fil des pages, passant de chenille pataude effacée à papillon flamboyant d’amour, avant de virer tyran avec sa mère et ses deux petites sœurs.

Si la première histoire d’amour a tout d’une folie entre deux jeunes gens, la seconde histoire d’amour, celle qui sera le moins développée dans le livre, est pour moi la plus importante, la plus mûre, celle où Maurice aura le plus de couilles, ou il sera le plus touchant et où il prendra encore plus de risques en transgressant toutes les règles de l’époque, notamment le mélange des classes.

Un livre que j’ai tardé à lire, reportant sans cesse la lecture au fil des Mois Anglais et là, je suis contente d’avoir pris le taureau par les cornes car c’est une œuvre majeure en ce qu’elle nous parle des difficultés de vivre son homosexualité et des carcans empesés de la bourgeoisie anglaise.

Sans compter que le roman nous laisse avec moult question : Clive a-t-il vraiment changé de bord où a-t-il eu peur des conséquences à long terme de cet amour interdit ? Maurice avait-il vraiment envie de rentrer dans la normalité ?

Bon, yapuka se faire le film, maintenant, afin de découvrir le jeune Hugh Grant déjà super sexy et le futur Lestrade de la série Sherlock BBC (Rupert Graves).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

La prunelle de ses yeux : Ingrid Desjours [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

logo-chronique-prunelle

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!
Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 
Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « La prunelle de ses yeux » de Ingrid Desjours.

Dossier n°03

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 décembre 2016, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié : Pas de résumé, moins on en sait et mieux on se porte dans cette histoire.

Date du crime d’édition : 13 octobre 2016, cadavre récent.

Arme du crime : L’autorité ! Mais l’autorité agressive, celle qui fait peur, celle qui fait agir les gens comme des braves petits chienchiens à leur maîmaître.

Le respect de l’autre est bafoué, il n’existe pas, le droit à la différence non plus. Assassinés, tout simplement avec l’aide de l’indifférence et de l’envie d’appartenir à la Meute.

Nous sommes dans une Haute École, une boîte à élite, celle qui forme les dirigeants de demain et certains ne sont pas des Flamby ! Tous les moyens sont bons et la fin justifie les moyens. Que le meilleur gagne.

« Il s’agit ici de la mètis, un terme grec désignant l’intelligence et la ruse mises au service de la survie, la capacité à se mettre dans la peau de son adversaire pour imaginer ce qu’il ne peut voir ou concevoir, afin de mieux le piéger ».

Suspects : Ingrid Desjours, serial auteur des plus prolifiques, dont je n’ai pas encore eu l’honneur et le plaisir d’autopsier tout les cadavres qu’elle a commis. Notre suspecte a un air angélique, mais il ne faut pas s’y fier, c’est psychocriminologue qui a exercé de nombreuses années auprès des criminels sexuels belges.

Autant dire que son casier judiciaire est chargé et qu’avec elle comme suspecte principale, on risque d’avoir du sang sur la planche et des trucs bien tordus (ça c’est pour Anne-Ju, les tordus).

Arme du crime probable : La vengeance, toujours cette bonne vieille vengeance comme mobile du crime.

Aidée par la haine de l’Autre, sous la complicité de la Haute École, des gens riches, et de ceux qui, pour s’intégrer, suivent la meute.

Batte de base-ball ou batte « je nique tes os ».

Modus operandi du crime : Une auteure qui joue avec les sentiments de ses lecteurs, qui souffle le chaud et le froid et qui nous présente un thriller psychologique.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ? La prunelle de ses yeux est un thriller habillement conçu dont il ne vaut mieux rien connaître de sa conception avant la lecture. Restez vierge de tout résumé car les 4ème de couvertures sont bavards et pourraient vous gâcher la lecture.

J’ai apprécié sa découpe, son récit sur le fil du scalpel, ses mystères dévoilés au fur et à mesure de mon examen post-mortem, ses personnages qui ne vous livrent pas tout dès la première entaille.

Victor est une énigme, son père est un macho man de première, Tancrède un petit salopiaud et Maya restera avec des zones d’ombres durant un certain temps.

Notre aveugle mystère est encore plus dans les zones d’ombre. Ses yeux fonctionnent, ses nerfs optiques sont intacts, ses neurones aussi, mais il ne voit pas.  La cécité de conversion est une terrible pathologie… Et il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir !

Maya et son aveugle sont des gens brisés par la vie, pour différentes raisons : l’un n’y voit goutte et ne rêve que de vengeance, l’autre a subit la vie et à cause des mensonges de certains, elle a dû fuir. Elle picole dur et se flagelle mentalement.

Qui manipule qui ? Qui détient la vérité ?

La tension psychologique est aussi serrée que le cul d’une nonne aux mains de pirates atteint de priapisme.

De plus, il y l’a aussi un réquisitoire contre l’imbécilité faite Homme, contre ces gens qui jugent les autres sur leurs origines, leur identité sexuelle, qui les rendent responsable de tous les maux du pays…

C’est brillant, bien torché, on commence à autopsier et on ne s’arrête qu’à la fin, lorsque le roman est en lambeaux et digéré après un bon rôt pour expulser toutes ces horribles pensées de certains personnages abjects.

Si le corps m’a intrigué et séduit dans ses débuts, il y a eu un relâchement des tissus sur la fin, une perte de tonicité, de tonus, de punch sur la dernière découpe. Comme si on découpait de la guimauve ! Mon seul bémol.

Verdict du détective Cannibal ? Le détective en moi avait compris une chose, je le soupçonnais fortement et l’auteur a confirmé mes déductions, mais ensuite, elle m’a coupé l’herbe sous le pied avec le véritable récit de ce qu’il s’était passé et là, je ne peux dire que « au temps pour moi » parce que mon doigt est quand même allé un peu se foutre dans mon œil, mais pas jusqu’au coude, heureusement !

Tiens, ça me fait penser aussi qu’il faudrait diligenter une enquête dans ces écoles hautes et prestigieuses, ces boites qui forment nos dirigeants (enfin,  les vôtres, messieurs dames les français), ces boites élitistes où l’on ne vous forme peut-être pas à être le meilleur mais  à écraser mieux tout les autres.

Cet établissement est censé tirer le meilleur de ses élèves, il en distille le pire.

Y’a pas à dire, madame Desjours est montée sur un ring et elle boxe beaucoup de choses dans son roman : des gens, mais aussi des institutions, des pensées uniques, des politiciens qui font leur beurre sur la misère des gens et la montée du chômage et qui promette qu’avec eux, ça va changer.

Si les 3 premières parties étaient diaboliquement mises en scène et en page, j’ai moins apprécié la dernière, la trouvant un peu trop mielleuse à mon goût.

De plus, à ce moment là, j’avais des envies de meurtres sur Maya que je trouvais un peu trop gnangnante (plus que d’habitude) et ses pensées amoureuses me pompaient un peu l’air.

Dommage parce que jusqu’à ce moment là, l’affaire était une réussite.

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

Étoile 3,5

Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

Jack the Reader 4

logo-stelphique

Allez les petits loulous, par ici, installez vous, faites attention à vos mirettes, et à La prunelle de vos yeux :

Résultat de recherche d'images pour

Le WRC est de retour et vous en met plein la vue !

La journaliste elfique, Stelphique est dans la place et vous offre le temps d’une interview, son éclairage lumineux sur le dernier livre de Ingrid Desjours.

Afficher l'image d'origine

La violence dans tous ses états…ou comment ressentir même le plus léger craquement…

Par définition, les fées sont des êtres libres. En tant que représentante elfique sur la Terre, j’ai du mal à saisir cette soumission contre la volonté, cette obéissance sans réflexion face à l’oppression…

Dans ces pages, nous rencontrons donc toutes formes de dominance et les tragédies qui accompagnent forcement ce genre de pratiques extrêmes.

Que ce soit le bizutage dans les écoles d’élites avec un effet tornade de meute, la violence conjugale avec ses uppercuts bien sentis ou la pression psychologique d’un membre de la famille qui s’insinue aussi pernicieusement dans le développement constructeur d’un enfant, l’auteure arrive à nous expliquer ce qui rend ses phénomènes possibles, la lente mais indéniable inclination de l’oppressé face à l’oppresseur, qui peut être n’importe qui, finalement, dans ce jeu du plus fort…

Et si cette démonstration en exemple concret ne vous suffit pas, Ingrid Desjours vous en rajoutera une couche avec en début de chapitres, les recherches scientifiques sur la théorie de la résignation acquise….

L’auteure nous offre une histoire prenante et déchirante avec ce fond de violence sanglante, qui nous prend aux tripes, nous en fait voir de tous les dégradés de rouge, et nous émeut aussi dans sa façon de se placer du coté des victimes…

Un même drame va unir par la force des choses des êtres complètement différends, avec chacun une vengeance à assouvir et cet engrenage d’ondes négatives en font un livre plein de tensions qu’on ne peut lâcher…

La construction du livre et cette course à la vérité est hautement addictive….

« N’oublies pas, fils, l’homme est un loup pour l’homme. Tu dois supplanter la meute. »

Afficher l'image d'origine

La cécité de conversion…ou comment regarder avec le cœur…

« Je souffre de ce que l’on appelle une cécité de conversion. Mes yeux vont bien, tout est physiologiquement normal, sauf que mon cerveau a décrété que j’étais aveugle alors je le suis. »

Voilà bien une affliction bien gênante, mais avec cette cécité on comprend que la violence est à double vitesse, autant elle peut être physique, que psychologique…Le mal qui touche le héros est un gros handicap, mais du coup la lecture devient plus sensorielle, plus recentrée sur l’émotion et , c’est bien le point fort de ce roman.

Nous autres elfes, savons regarder avec le cœur, donc, voir une auteure s’inspirer de cette vision intérieure est pour nous une révélation, et étant donné que c’est notre première lecture de cette auteure, on peut dire qu’elle rentre direct dans notre collimateur du Women’s Reading Club, autant que dans le cercle très fermé des lecteurs féériques….

Vous pouvez donc vous lancer aveuglement, (autant que possible), et avec confiance vers cette lecture énergique. Ingrid Desjours prend soin de la prunelles de vos yeux, en la faisant tressaillir dans les recoins sombres de ses pages….

Afficher l'image d'origine

LOGO-NATH-3

Ingrid Desjours, votre talent n’est plus à prouver. Un talent que la Cour ne pourra réfuter, un talent pluricéphale qui fait de vous une auteure dangereuse à tous points de vue. Un talent enfin, qui réunit de nombreux lecteurs. Ceux-là même qui se pressent devant ce tribunal, attendant un verdict qu’ils espèrent clément et retenant leur souffle pendant ce réquisitoire auquel je sais qu’ils n’adhéreront pas.

Puisqu’il n’est de pire juge que soi-même, je mets en garde mon auditoire quant au manque d’objectivité qui pourrait m’envahir mais il est de mon devoir, en tant qu’avocate générale, de pointer du doigt les quelques imperfections qui nous réunissent aujourd’hui. Pour autant, je n’en oublierai pas les preuves à décharge qui vous démontreront ma totale intégrité.

Que jugeons-nous aujourd’hui ? Un roman ou bien l’état d’une société qu’il dépeint ? Qui avons-nous sur le banc des accusés ? Une auteure ou son œuvre ? Je répondrais que nous jugeons un tout car il n’est de roman sans écrivain et sans tableau pour faire évoluer des personnages.

Lors de ce procès, nous avons pu entendre le témoignage du médecin légiste qui a effectué l’autopsie et je reviendrai peu sur les preuves de qualité qu’elle a su présenter devant ce tribunal. Certes, Ingrid Desjours a utilisé un tableau social que tous nous connaissons, la montée de certains partis que je qualifierais d’ »extrême honte » vous parle autant qu’à moi et c’est avec crédibilité que l’auteure en tire partie.

Il est a noter que sa formation de psychologue transparaît dans ce roman et que les déviances et les intolérances de certains personnages sont expliqués, voire étudiés, à travers leurs enfances et leurs éducations.

Pour paraphraser l’écrivain belge Joseph Messinger : « Toute notre éducation est fondée sur le chantage affectif et la double contrainte, la carotte et le bâton, et l’apprentissage sans intelligence des préjugés les plus stupides ». Nous ne sommes pas ici pour disserter sur les terribles conséquences de graves manquements éducatifs mais ce tribunal appréciera ma reconnaissance de la légitimité de l’auteure et son expérience en la matière.

Voyez comme je m’adresse à cette Cour en mettant l’accent sur les qualités d’un roman qu’aujourd’hui je ne défends pas ou si peu. Voyez comme j’ai apprécié cette construction insolite et assez remarquable…

Je me fais procureure devant une presse qui est unanime et pourtant je n’ai su voir en ce roman autre chose qu’un divertissement éphémère. Si bien que je n’ai su me déparer de cette impression d’excès de romantisme qui a entaché mon jugement.

Les quelques incohérences que j’ai pu noter auraient pu être oubliées si pour ma part, j’avais pu ressentir une quelconque sympathie pour les protagonistes de cette affaire, or ils furent les artisans de leur propre perte et en dépit du travail acharné de l’auteure pour faire perdre les repères à son lecteur, je n’ai pas su en saisir la substance et je n’ai su lesquels d’entre eux aimer.

Ingrid Desjours, votre récit est pavé de bonnes intentions et j’en ai apprécié le fond. Vous dénoncez certains travers de notre chère patrie et vous y mettez votre cœur et votre sueur. Vous avez gagné mon respect et mon admiration là où d’autres se seraient heurtés à un rempart. Mais je n’ai d’autre choix que celui d’exercer le rôle qui m’est dévolu, à tel point qu’il me faut parfois faire acte de sévérité.

J’en appelle à la partialité de cette Cour mais je ne voudrais influencer son verdict. Eu égard à ce qui précède, c’est l’avocate mais c’est aussi la lectrice qui vous le dit : Lisez ce roman, votre jugement n’en sera que plus légitime.

Le mien, ma foi, n’a que la valeur que vous voudrez bien lui donner .

Enregistrer

Enregistrer

Vicious : La série qui est plus que joyeuse car elle est gay !

vicious-serie-2013

Vicious est une sitcom britannique en 14 épisodes (2 saisons) de 23 minutes diffusée du 29 avril 2013 (saison 1) au 19 mai 2016 (saison 2) sur ITV.

Elle est produite par Gary Janetti, le producteur de la série « Will & Grace ».

La série a pour acteurs principaux Ian McKellen et Derek Jacobi, qui jouent respectivement Freddie et Stuart, deux hommes gays vivant ensemble depuis 48 ans, mais en proie à une relation piquante d’amour-haine.

vicious-critique-serie-saison-1-ian-mckellen-2014

Freddie et Stuart

Synopsis :
Freddie et Stuart sont deux hommes qui vivent ensemble dans leur appartement de Covent Garden depuis près 50 ans.

Freddie était un acteur et Stuart travaillait dans un bar lorsqu’ils se sont rencontrés, mais leurs carrières touchent à leur fin et leur vie consiste maintenant à recevoir fréquemment des invités, à s’assurer que leur vieux chien Balthazar respire toujours et à se lancer des insultes piquantes.

vicious-d1fb03a8c569b4deb5d48b975c43d7b9

Distribution :
Ian McKellen : Freddie Thornhill
Derek Jacobi : Stuart Bixby
Iwan Rheon : Ash Weston
Frances de la Tour : Violet Crosby
Marcia Warren : Penelope
Philip Voss : Mason

vicious-press-packne-4

Vous êtes un peu raplapla du moral ? Ça va pas fort dans votre vie ou dans celle de vos proches ? Vous voudriez penser à autre chose en riant aux éclats ?

Bougez plus, arrêtez vos cachetons et filez visionner la série britannique « Vicious » (en VOSTFR pour bien faire) !

De quoi ça cause ? De la vie d’un couple d’homosexuels de plus de 70 ans qui vivent dans leur appart de Covent Garden !

D’un côté, vous avez Gandalf (Ian McKellen) qui vit depuis 48 ans avec le Frère Cadfael (Derek Jacobi).

Leur meilleure amie, un peu nymphomane sur les bords, est Olympe Maxime (Frances de la Tour) qu’on a vu dans Harry Potter et la Coupe de feu et leur nouveau voisin est…. Oh mon dieu, tous aux abris, c’est Ramsay Bolton (Iwan Rheon), le sadique de GOT !

Pardon, je recommence !

Freddie Thornhill (Ian McKellen) vit depuis 48 ans avec Stuart Bixby (Derek Jacobi), leur amie est une espèce de nymphomane du nom de Violet Crosby (Frances de la Tour).

Leur quotidien change lorsque emménage un nouveau voisin jeune et beau : Ash Weston (Iwan Rheon, le méchant sadique de GOT).

Deux saisons, 7 épisodes par saison, des épisodes de 23 minutes, peu de décors (le salon et la cuisine essentiellement), peu de personnages (6, essentiellement) des rires comme dans la série Friends et l’impression d’être au théâtre.

Je vous jure que si vous avez le moral dans les chaussettes, vous oublierez tout durant 23 minutes de pur bonheur jubilatoire !

Ian McKellen et Derek Jacobi sont parfait dans leurs rôles de vieux homosexuels, leur gestuelle étant parfaite, le petit doigt juste comme il faut, les mimiques, la démarche, sans pour autant virer à la Zaza Napoli.

C’est so british et les entendre avec leur véritable voix est encore meilleur, je trouve. Ce serait une hérésie pour moi de visionner cette série en français. Je lis vite, les sous-titres ne sont pas un soucis pour moi.

Et là où je m’éclate, c’est dans les répliques qui fusent et qui volent bas entre ce couple qui s’aime mais qui s’envoie les pots plutôt que les fleurs.

vicious-itv-browneyedboy

Genre, pour leur anniversaire de vie commune, Stuart demande à Freddie ce qu’il va lui offrir :
— Cela fait 48 ans que je te supporte… Le voilà mon cadeau d’anniversaire. Et le tien ?
— Une concession mortuaire ! Et j’espère que tu l’utiliseras dès ce soir !

Oui, leurs répliques volent bas, ça fuse, entre eux ou avec leur amie un peu obsédée par trouver le grand amour, Violet.

Ajoutons à cela Penelope qui ne sait jamais où elle est, qui est à côté de ses pompes, Alzheimer en force, mais qui, pas de chance, se souvient et dit à voix haute ce qu’elle n’aurait pas dû se souvenir !

vicious-6a00d8341c730253ef01b8d0b09ca9970c

Et puis, voir Iwan Rheon (Ash, le jeune et nouveau voisin d’en haut) dans un rôle comique et pas de sadique de la pire espèce, et bien, ça soulage !

Heureusement que je  ne l’ai pas vu en premier dans ce rôle, il aurait été moins convaincant dans celui de Ramsay Bolton dans la série GOT…. Non, il jouait trop bien le sadique !!

Franchement, je suis contente que le blog « Le cinéma avec un grand A » en ait parlé, cela a éveillé ma curiosité, je suis allée sur le Net, j’ai commis un acte répréhensible (pas en Belgique !) et j’ai visionné la première saison avec délectation.

Il y a des petits gimmick que l’on retrouve au fil des épisodes et le fameux « You remember our friend, Violet ? ».

Des dialogues drôles, cyniques, méchants, qui volent bas, un couple qui se lance des horreurs à la tête mais qui s’aime, des amis un peu encombrants, des répliques à se pisser dessus de rire, de l’humour noir : le bonheur total !

Oui, je me suis marée durant les 7 premiers épisodes, je n’en pouvais plus !

D’ailleurs, pour l’épisode 7 de la saison 1, celui de Noël, je pleurais de rire en me tenant les côtes, tellement elles me faisaient mal à force de hurler de rire et je suis montée me coucher en pouffant toujours de rire et avec une douleur en dessous du bras, la même que celle qui arrive quand on éternue trop fort ou que l’on tousse trop violemment (au niveau du nichon).

Dommage qu’il y ait si peu d’épisodes et si peu de saison (2)…

PS : visionné toute la saison 2 et j’ai de nouveau bien ri ! Excellente série, hélas trop courte…

Étoile 5

Un extrait, mais sans les sous-titres, hélas ! Mais cela vous donnera un aperçu des personnages et du jeu des acteurs !

Ici avec le gimmick « Tu te souviens de notre amie, Violet ? »

BILAN - I'm Happy Agnès

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histoires homosexuelles de l’antiquité) : Nicolas Carteret

cvt_aux-origines-de-la-pederastie-petites-et-grandes_592

Titre : Aux origines de la pédérastie (petites et grandes histories homosexuelles de l’antiquité)

Auteur : Nicolas Carteret
Édition : La Musardine (2016)

Résumé :
« Être pédé comme un Grec » : cette insulte populaire témoigne de ce que l’homosexualité des Grecs anciens est désormais proverbiale. Mais que sait-on vraiment de l’amour entre hommes tel que le pratiquaient les Hellènes, deux mille ans avant nous ?

À quoi correspond la notion de pédérastie, si chère à Platon et à ses contemporains, et en quoi diffère-t-elle de l’homosexualité telle que nous la concevons aujourd’hui ?

Donnant la parole aux sources antiques, textuelles et visuelles, Nicolas Cartelet retrace l’histoire d’une pratique aussi bien amoureuse que pédagogique, philosophique et militaire, trop longtemps ignorée ou simplifiée par nos moralistes modernes. Une première partie, introductive et didactique, décrit et explique la pratique de la pédérastie grecque.

Une seconde partie, dans la veine d’une histoire populaire à la Pierre Bellemare ou à la Franck Ferrand, s’attache aux amours homosexuels de personnages mythiques et historiques célèbres.

aux-originesCritique :
Chouette,au prochain repas de famille, j’aurais un autre sujet de conversation croustillant ! Et attention, si je le rendrai croustillant, ce n’est sera pas moins avec des accents d’érudition…

Mais comment est née la pédérastie ? Ou du moins, comment certains hommes ont commencé à pratiquer le frotti-frotta entre eux ? (plus, si affinités).

Voilà un ouvrage très sérieux qui nous raconte la vie des Hellènes et des garçons…

Enfin, d’après l’auteur, les éromènes (ceux qu’on aime) n’étaient pas de trop jeunes garçons, quand aux érastes (ceux qui aiment), ce n’étaient pas non plus des vieux satyres, mais des adultes d’un peu plus de 20 ans.

Bref, la première partie qui m’explique le pourquoi du comment est vachement intéressante, sans être trop technique ou historique : on apprend la place de la femme dans la société grecque de l’époque (cloitrée, chez les familles aisées), l’auteur nous explique que si la pédérastie était normalement pratiquée dans les milieux assez haut de la société, elle était mal vue par le peuple d’en bas.

Le tout étant agrémenté de quelques extraits de céramiques avec des hommes nus.

Non, rien de porno car pour l’époque, la représentation de gros machins était mal vue et s’apparentaient aux satyres.

Franchement, j’ai ouvert grand mes yeux parce que ce n’était pas tout à fait comme je le pensais et on est loin de la débauche de Sodome et Gomorrhe et loin de la pédophilie aussi.

La seconde partie, plus importante 120 pages contre 50), nous raconte, sous forme de petites histoires, l’homosexualité vue avec les dieux de l’Olympe ou avec des personnages ayant véritablement existé, comme Alexandre Le Grand.

Ces dernières, je les ai lues comme on lit des histoires quand on est enfant : une tous les soirs.

Si celles avec Zeus, Apollon, Héraclès m’intéressaient un peu moins (on est dans la mythologie !), si celle d’Achille appartient à la littérature, celles d’Alexandre et de Socrate étaient plus dans le réel.

On sent bien (oups) le travail de l’auteur et rien qu’à voir la bibliographie, on comprend qu’il y a du travail sérieux derrière tout ça.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’eusse aimé que la première partie soit plus importante que la seconde, j’aurais aimé continuer de dévorer de l’Histoire grecque et en savoir encore plus.

Anybref, voilà un livre que je n’aurais sans doute pas coché dans les nouveautés de la rentrée, et que, sans l’opération de Babelio, jamais je n’aurais lu, ce qui aurait été dommage pour ma culture et pour les futurs repas de famille.

Vivement la fin de l’année que je leur parle de cette époque où les éromènes ne se faisaient pas sodomiser !

Un petit livre très intéressant que je ne regrette pas d’avoir ouvert car dans le mot « culture », il y a aussi le mot « cul »…

Étoile 3

Enregistrer

Retour à Oakpine : Ron Carlson

couv rivire

Titre : Retour à Oakpine

Auteur : Ron Carlson
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
La petite ville d’Oakpine, au cœur des magnifiques paysages du Wyoming, offre une vie paisible à ses habitants. Et c’est à cela qu’aspire Jimmy, 50 ans, atteint du sida.

Devenu un écrivain renommé à New York, il souhaite désormais retrouver sa ville natale pour y passer les derniers mois de sa vie, et renouer avec ses parents.

Il découvre que le destin vient de réunir à Oakpine ses trois meilleurs amis d’enfance : Craig, Frank et Mason. Chacun a fait son chemin, construit une vie, mais tous se trouvent aujourd’hui à un tournant de leur existence.

Petit à petit, au gré de ces retrouvailles, les quatre hommes vont se rendre compte que leur amitié est la meilleure arme pour effacer les fantômes du passé et affronter les obstacles du présent.

Avec pour décor des images lumineuses et émouvantes de l’Ouest américain, Ron Carlson dépeint toute l’humanité de ses personnages et offre un portrait bouleversant de l’amitié, dans un nouveau roman qui confirme son infini talent à sonder les âmes.

wyomingCritique : 
♫ C’est un beau roman, c’est une belle histoire… ♪

Oui, voilà comment on pourrait résumer ce roman qui ne comporte pas de meurtres, de cadavres ou de tout autre ingrédients qui font monter mon plaisir habituellement.

Ici, c’est une vieille histoire d’amitié entre 4 garçons qui, après la mort du frère aîné de l’un d’eux, se sont séparés, chacun sa route, chacun son destin…

Et puis, un jour, l’un d’eux fait son grand retour à Oakpine : malade du SIDA, Jimmy s’en revient chez ses parents qu’il avait quitté un peu brutalement lorsqu’il était jeune et son père refuse toujours de lui adresser la parole.

Lorsqu’il entendit la voix de son père, il sentit quelque chose se déchirer dans son cœur, comme une feuille de papier qu’on déchire, qu’on déchire lentement, la page d’un livre, mais la déchirure était si ancienne.

Puis, quelques jours auparavant, c’est Mason, avocat, un autre du groupe qui est revenu pour vendre la maison de ses parents… Lui aussi a des vieilles blessures mal refermées et l’impression qu’il est passé à côté des choses essentielles de la vie.

C’est fou comme les grandes amitiés de notre jeunesse résistent souvent peu au passage à l’âge adulte.

Craig, Frank, Jimmy et Mason. De vieux potes qui répétaient dans le garage de l’un, chacun a suivi sa route et ils se sont un peu perdu de vue, totalement, même, pour certains. Ne sont resté à Oakpine que Craig et Frank.

L’écriture est belle, sans pour autant être pompeuse ou « pompante ». Elle est joyeuse, gaie, triste parfois, remplie de souvenirs que ces gamins ont partagés un jour dans cette petite ville du beau Wyoming.

Traversant les magnifiques mesas dans les étranges lueurs du jour naissant pour franchir la frontière du Wyoming, Mason sut que c’était précisément ce qu’il cherchait : un changement, une fin, un nouveau chapitre de sa vieille existence. Il commencerait par un mois de travail sur une vieille maison. Il n’était pas perdu. Ce n’était pas une quête ; c’était un voyage empreint de gravité.

La plume de l’auteur vous prend par la main afin de vous montrer cette belle et vieille amitié qui renaît tout doucement de ses cendres, tel le Phoenix, il vous parlera aussi de l’amour qui peut aussi prendre des tournants inattendus ainsi que des espoirs que certains avaient en sortant de Terminale et qui se sont mués en désillusions.

Ce roman n’est pas à lire en espérant qu’il se passera un truc de fou, c’est juste l’histoire de 4 mecs, de leur famille, leurs enfants (quand ils en ont) qui aspirent, eux aussi, à une autre vie, comme leurs parents en leurs temps; ces 4 garçons dans le vent qui, un jour, montèrent leur groupe de musique sans jamais se prendre pour les Rolling Stones.

Ces garçons, qui, comme nous en sortant de notre dernière année, la Terminale (ou la Rétho, en Belgique), avaient de grands projets, de grandes ambitions et qui sont passé à côté de bien des choses.

C’est plus qu’un roman sur l’amitié qui a tout de même perduré, malgré le temps, ce sont aussi des personnages empreints d’une humanité, des gens qui, même sans s’identifier à eux (j’ai jamais joué de la musique dans un groupe), arrivent à vous faire sentir bien dans leurs pages.

Venant d’un petit patelin, moi aussi je me suis exilée ailleurs parce qu’il n’y avait aucun avenir à rester là, tout comme beaucoup de jeunes d’Oakpine firent et feront. La désertion sociale, ça me connait…

C’est un beau roman, c’est une belle histoire…

Ou comment passer un moment de grâce dans un roman…

Étoile 4,5

Le « Challenge US » chez Noctembule et Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook.

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

(Article écrit avant les attentats qui ont eu lieu, ce matin, dans ma ville de Bruxelles).

Oscar Wilde et le nid de vipères : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 4]

oscar-wilde-et-le-nid-de-viperes-p

Titre : Oscar Wilde et le nid de vipères

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : 10-18 (2011)

Résumé :
Impeccable dandy à l’élégance excentrique, Oscar Wilde ne manquerait jamais une soirée mondaine en compagnie d’Arthur Conan Doyle.

Surtout si elle est donnée par l’une des femmes les plus en vue de Londres, la duchesse d’Albemarle.

Mais la mort brutale de leur hôtesse entraîne les deux brillants compères dans une enquête au plus près des secrets de la Couronne.

« Un suspense à tout rompre, mais surtout la sensation d’une incroyable familiarité avec Wilde, le mythe ».

9782264051240Critique :
Oscar Wilde au service secret de sa Majesté ! Pas au service secret de la Queen, mais du futur King, alors, remballons la musique de James Bond.

Une fois de plus le mystère a rendez-vous avec les bons mots, l’humour et l’élégance d’Oscar Wilde.

— Avez-vous déjà goûté du sang, Mr. Wilde ? lui ai-je demandé. Du sang frais, du sang qui apparaît encore tiède sur votre langue ? Du sang humain ?
— Non. La carte des vins de mon club est d’une pauvreté désespérante.

476 pages passées avec le dandy célèbre, 476 pages qui se lisent toutes seules, en même pas deux jours (c’est dire que je l’ai dévoré).

Certes, on ne lit pas les enquêtes d’Oscar Wilde pour leur rythme trépidant, mais pour passer un bon moment en compagnie d’un Oscar Wilde enquêtant tel Sherlock Holmes, le tout sous le regard de son Watson à lui, Robert Sherard (mais lui, c’est un Watson assez fade et effacé).

— Vous êtes extraordinaire, Oscar, commenta le prince en riant. Doyle avait raison : vous êtes plus Holmes que Holmes lui-même. Attelez donc votre génie à cette affaire, s’il vous plaît. La duchesse était mon amie. C’est le moins que je puisse faire pour elle désormais.

Ajoutons à cette enquête et à ces morts mystérieuses, les moustaches et le regard parfois courroucé d’un Arthur Conan Doyle et la présence d’un autre écrivain en devenir : Bram Stoker.

Aujourd’hui, il [Wilde] a déclaré : « J’aime les hommes qui ont un avenir et les femmes qui ont un passé ». N’est-ce pas brillant ?

La plume de l’auteur a l’art et la manière de nous plonger dans l’époque (1890, ici) et de nous donner l’impression que l’on voit les protagonistes bouger devant nos yeux. Oui, quand je lis un Oscar Wilde, je suis avec eux, je les vois comme si j’étais au cinéma, sans que l’auteur ait besoin d’en faire des tonnes et sans que son écriture soit bâclée ou sans originalité.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est la présentation du récit : Robert Sherard voudrait publier l’histoire, Oscar Wilde est lui épuisé par son incarcération de deux ans dans la prison de Reading, pour homosexualité.

Vu qu’il ne souvient plus très bien de l’affaire, notre Robert lui remet le dossier avec des extraits de ses carnets à lui, de ceux de Doyle, de Stoker, des lettres, des télégrammes. Le lecteur a un point de vue de plusieurs personnages et cela ajoute du piquant car nous ne sommes pas bloqué par un seul narrateur.

Un roman policier historique qui même la fiction à la réalité, qui mélange des personnages ayant réellement existé avec des fictifs, le tout donnant un récit qui a tout d’une affaire d’état ou un complot visant la monarchie.

Une belle bouffée d’air frais dans mes lectures sombres.

— Douter est absolument captivant, Arthur, et croire est très ennuyeux. Être aux aguets, c’est être vivant ; se laisse bercer par la sécurité, c’est commencer à mourir.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine et Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016).

Imitation Game [FILMS]

Titre : Imitation Game                                                                 big_4-5

Imitation Game est un film biographique américano-britannique réalisé par Morten Tyldum, sorti en 2014. Il s’agit de l’adaptation de la biographie Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence (Alan Turing: The Enigma) d’Andrew Hodges.

Le film est inspiré de la vie du célèbre mathématicien et cryptanalyste britannique Alan Turing, notamment pendant la seconde Guerre mondiale où il a travaillé à Bletchley Park.

Le titre du film est une référence à l’introduction de l’article écrit par Turing en 1950 pour présenter ses recherches sur l’intelligence artificielle et notamment ce qui est devenu par la suite le test de Turing.

Celui-ci est brièvement évoqué dans le film, mais n’est pas le sujet principal du film, qui se concentre sur son travail sur Enigma.

Réalisation : Morten Tyldum

Scénario : Graham Moore, d’après Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence (Alan Turing: The Enigma) d’Andrew Hodges

Résumé : 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Sortie : États-Unis : 29 août 2014 / Royaume-Uni : 14 novembre 2014 / France : 28 janvier 2015.

Distribution :

  • Benedict Cumberbatch (VF : Stéphane Roux) : Alan Turing
  • Keira Knightley (VF : Marie-Eugénie Maréchal) : Joan Clarke
  • Matthew Goode (VF : Jean-Christophe Dollé) : Hugh Alexander
  • Rory Kinnear (VF : Xavier Fagnon) : L’Inspecteur Robert Nock
  • Mark Strong (VF : Eric Herson-Macarel) : Stewart Menzies
  • Charles Dance (VF : Philippe Catoire) : Commandant Denniston
  • Allen Leech (VF : Yannick Blivet) : John Cairncross
  • Matthew Beard (VF : Hugo Brunswick) : Peter Hilton
  • Steven Waddington (VF : Loïc Houdré)  : Le Super intentant Smith
  • Tom Goodman-Hill (VF : Luc-Antoine Diquéro)  : Le Sergent Staehl
  • Tuppence Middleton : Helen

Ce que j’en ai pensé :
Bon, vous le savez, dès que l’on parle de Sherlock, je perds toute impartialité et tout mon être ne se sent plus…

Ça marche aussi avec son interprète anglais, Benedict Cumberbatch.

D’Enigma, je ne connaissais que les grandes lignes, mais je ne savais pas qui avait craqué le code, no comment…

Je savais que la pomme du géant des I-MachinBrol était peut-être en rapport avec un homme qui s’était suicidé, mais jamais je n’avais fait le rapprochement entre Allan Turing et le casseur d’Enigma.

Ce que certains critiques pensent du film, je m’en torche le popotin, parce que pour moi, ce fut un moment de grande émotion. Benedict-Sherlock est tout simplement parfait et le côté « autiste » du mathématicien ressemble assez fort à celui de Sherlock.

Monsieur Turing ne se prend pas pour de la merde, il connait sa valeur et n’a pas l’intention d’être modeste.

Son côté asocial est aussi un peu sherlockien par bien des abords. Le travail en équipe n’est pas son fort et il faudra l’intervention de la belle Keira Knightley pour lui donner un coup de pouce.

Pour les côtés historiques et les largesse prise avec l’Histoire, voyez plus bas ce que j’ai trouvé sur le Net, ici, je ne vous parlerai que de l’émotion que j’ai ressentie en suivant les souvenirs de monsieur Turing, arrêté par un flic et auquel il lui raconte sa fabuleuse histoire.

Pas de courses-poursuites, mais un récit haletant tout de même : la machine va-t-elle fonctionner, ou pas ?

Beaucoup de tensions entre les protagonistes et des acteurs au top de leur forme.

Le regardant en V.O-stfr, j’avais vraiment l’impression de me trouver au milieu du groupe et d’assister à la naissance de cette fabuleuse machine, précurseur de nos PC, en beaucoup plus gros et plus bruyant.

Je ne vous révèlerai rien de plus, sauf que ce film m’a émue, retournée, émotionnée.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag

Les événements historiques :

Le film suggère que le travail à Bletchley Park a reposé sur un petit groupe de cryptologues enlisés durant les premières années de la guerre, jusqu’à la percée soudaine qui leur a permis de casser le code d’Enigma : des progrès ont été en réalité accomplis dès 1939 et des milliers de personnes travaillaient sur le projet à la fin de la guerre.

Durant toute cette période, il y eut des percées et des revers, comme lorsque les Allemands ont modifié l’utilisation des machines Enigma, et que les casseurs de code de Bletchley Park ont dû revoir leur système.

Turing, que le film fait apparaître alors complètement marginalisé, est censé écrire une lettre à Churchill pour obtenir le contrôle de l’équipe et des fonds pour la machine de décryptage : Turing a en réalité fait une démarche avec plusieurs de ses collègues, dont Hugh Alexander, à Churchill (qui avait auparavant visité Bletchley Park) ; ils cherchaient à obtenir davantage de ressources administratives pour le projet, ce que Churchill a fait immédiatement.

Dans le film, Turing baptise sa machine électromécanique « Christopher » du nom de son ami d’enfance : elle s’appelait en réalité « Victory ». Victory s’inspirait de la « Bombe » conçue en 1938 par le cryptanalyste polonais Marian Rejewski. La bomba kryptologiczna de Rejewski exploitait une faille temporaire dans les procédures d’exploitation allemandes.

Une nouvelle machine reposant sur une autre stratégie a été conçue en 1940 par Turing (avec une contribution clé du mathématicien Gordon Welchman, passé sous silence dans le film). Plus de 200 Bombes britanniques ont été construites sous la supervision d’Harold Keen de la British Tabulating Machine Company.

L’équipe Hut 8 décide dans une scène peu crédible de ne pas exploiter le décryptage du premier message, annonçant une attaque allemande sur le navire où sert le frère d’un des casseurs de codes (Peter Hilton), parce que cela révèlerait aux Allemands qu’ils ont cassé le code d’Enigma : Hilton n’avait pas de frère, et les décisions prises sur la façon et le moment d’utiliser les résultats de l’équipe l’étaient naturellement à des niveaux beaucoup plus élevés.

Le film décrit l’arrestation de Turing en 1951, suite aux soupçons d’un policier qui le croit un espion soviétique puis aux informations fournies par le cambrioleur à propos de l’ex-amant de Turing. En réalité elle a lieu en 1952. La scène de l’interview, où Turing raconte l’Imitation Game au policier est fictive.

Joan Clarke apprend dans le film le procès de Turing après coup et lui rend visite durant sa peine : il n’y a toutefois aucune trace d’une visite de Joan Clarke à cette époque, mais Turing était resté en contact avec elle après la guerre et l’avait informée de son procès à venir.

Le film montre Turing incapable de penser clairement ou de faire tout travail après la castration chimique qu’il a subi : malgré sa faiblesse physique et ses changements physiques (y compris gynécomastie) sous l’effet du traitement hormonal, Turing produisait à cette époque un travail novateur sur la morphogenèse, d’ailleurs inspiré par les modifications corporelles dues à la castration chimique.

Le film parle du suicide de Turing au bout d’un an de traitement hormonal : la cause de la mort de Turing fait en réalité débat. La période de castration chimique s’est achevée quatorze mois avant sa mort.

Une sous-intrigue d’espionnage met en cause Turing dans le film : il aurait un temps cédé au chantage de son collègue John Cairncross, ne révélant pas qu’il était un espion moyennant le silence sur son homosexualité ; or Turing et Cairncross travaillaient dans des unités différentes de Bletchley Park et rien ne dit qu’ils se soient rencontrés.

L’historien Alex Von Tunzelmann juge sévèrement cette mise en cause : « La liberté de création est une chose, calomnier la réputation d’un grand homme – tout en reprenant le préjugé hostile des années 1950, selon lequel les gays représentaient automatiquement un risque pour la sécurité – en est une autre.