Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford : Faith Martin

Titre : Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins Noir (13/11/2019)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 1: A Fatal Obsession (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.

Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.

La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions.

Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, coroner, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Critique :
Réussir un duo d’enquêteurs, ce n’est pas facile. Surtout un duo homme/femme.

Il faut un subtil équilibre entre les deux personnages et que l’on s’attache au moins à l’un des deux, sinon, c’est loupé, comme dans « Jacks – Pour qui sonne le glas à Londres ? » où je ne me suis attachée à personne.

Ouf, dans ce polar, l’auteur a réussi à équilibrer ses deux enquêteurs, à les faire atypique, opposé l’un l’autre tout en se complétant car la fraîcheur et le dynamisme de la jeunesse n’est jamais entré en concurrence avec les cheveux argentés de celui qui possède l’expérience et un esprit subtil.

En 1960, être policière n’est pas une sinécure. Les femmes ne sont pas encore nombreuses dans la police et le chef de Trudy Loveday (19 ans) ne lui donne que des petites affaires, comme s’il voulait la protéger, comme si elle était en sucre.

Gardons en mémoire qu’il y a 60 ans (ce qui n’est pas si vieux), la femme était encore dans le schéma enfant/cuisine/mari.

D’ailleurs, la mère de Trudy ne se prive pas de lui rappeler qu’il devrait se trouver un gentil mari et vite pondre des enfants, comme si c’était le rôle d’une femme, comme un animal doit se reproduire pour la survie de la race.

Heureusement que le coroner (et non le médecin légiste comme noté dans les résumés) Dr Clement Ryder a deux yeux pour voir et un cerveau dont il sait se servir.

Cet ancien chirurgien, reconverti en coroner, a du flair et remarque vite que tout compte fait, Trudy était le bon choix, car elle est intelligente, vive d’esprit et un brin rebelle.

Pourtant, il n’est pas facile à vivre : il est inflexible, brillant, peu avenant, cherche les détails, n’hésite pas à dire aux policiers qu’ils se trompent et cache à tout le monde sa maladie de Parkinson. Pour les flics, c’est un casse-pied et on le surnomme le vautour.

Il  y a beaucoup de dynamisme dans leur couple d’enquêteur, de la bonne humeur, de la fraîcheur et le duo se complète bien, même si au départ, le binôme a dû se chercher avant d’arriver au point d’équilibre.

L’écriture est vive, plaisante à lire, ça se dévore très vite car l’enquête est addictive et bourré de mystères, de fausses-pistes et si j’avais compris une chose (le corbeau), j’étais loin d’avoir perçu tout ce que cela impliquait, le mobile et surtout, quel mystère se cachait derrière la mort accidentelle de Gisela Fleet-Wright.

Sans révolutionner la littérature policière, ce roman se laisse lire les doigts de pied en éventail, sans se prendre la tête. Le duo d’enquêteurs marche très bien, on aimerait les retrouver dans les enquêtes suivantes afin de voir quelles affaires ils vont résoudre ensuite.

Les autres personnages ne sont pas bâclés, ils ont tous leur place dans ce récit qui fleure bon les années 60 mais où n’avions pas encore beaucoup de droits, nous les femmes.

Délicieusement rétro, frais, rythmé et agréable à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°283 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Black Butler – Tome 5 : Yana Toboso

Titre : Black Butler : Tome 5                                            big_2-5

Scénariste / Dessinateur : Yana Toboso
Édition : Kana (2010)

Résumé :
Ciel Phantomhive est l’héritier d’une grande famille de la noblesse anglaise. C’est sur ses épaules que repose l’empire familial. Il vit dans un grand manoir entouré de ses domestiques et de Sebastian, son majordome qui lui sert aussi de garde du corps.

Mais il ne faut pas se fier à ses belles manières car des gangsters menaçant la vie de son jeune maître découvrent, à leurs dépends, sa vraie nature… Ciel aurait-il signé un pacte avec le Diable ?!

Critique : 
Non, on ne devient pas fournisseur de la Cour en claquant des doigts ou en faisant une risette à la reine Victoria ! Pour obtenir le précieux sésame qu’est le Royal Warrant, faut se sortir les tripes et proposer des produits irréprochables !

Deux règles, en fait : se distinguer durant un concours ET servir gratuitement la famille royale durant trois ans.

Cette fois-ci, le curry est à l’honneur avec un concours de cuisine à faire pâlir Master Chef. Notre beau et sexy Sebastian doit affronter l’ancien serviteur du prince Soma, Aghni, doté, comme Diego Maradonna, de « la main de dieu ».

Entouré de montagnes d’épices permettant des combinaisons infinies, Sebastian s’affaire car il n’a jamais préparé de curry de sa vie et s’il veut que son maître gagne de Royal Warrant, va falloir faire mieux qu’un truc avec de la poudre de curry !

— Ce curry manque de corps !

[Pensées de Sebastian] Donner du corps en conservant le goût tel quel ? Quelle indication ambiguë. Les humains aiment ce qui est obscur et incompréhensible… c’est bien pourquoi ces créatures sont faites pour moi…

Lorsque j’avais lu la première fois ce tome, j’avais terminé ma lecture avec l’eau à la bouche de voir tout ces mets passer devant mon nez !

Quasi incollable sur le sujet on devient… car dans ce tome, pas vraiment d’enquête, juste le match au sommet entre Aghni, préparateur de curry du tonnerre de Dieu et Sébastian, diable de majordome.

Bon, il faudra penser aussi à la fin de l’épisode de clôturer l’enquête des pendus par les pieds… mais c’est bouclé en vitesse, le coupable n’étant pas puni.

Si la reine Victoria, en guest star dans ce tome, fait « débile » à force de se coucher à terre en pleurant son prince Albert qui a passé l’arme à gauche, le prince Soma, lui, prend un peu de plomb dans la cervelle en se rendant compte que tout le monde n’est pas à son service.

Au final, Sebastian nous concoctera un curry « indien » avec une touche anglaise ! Et me donnera faim !

« Il met quelque chose dans la marmite ! Du chocolat ?!

— Du chocolat dans le curry ?

— C’est répugnant ! Il est fou ?

[Pensées d’Aghni] C’est un véritable ingrédient ! Le mélange de cacao, de beurre de cacao, de lait et de sucre accentue l’arôme et l’amertume tout en conférant plus de corps et d’onctuosité à l’ensemble ! C’est une idées que seuls les anglais pourraient avoir ! Un indien n’y penserait jamais.

Ok, agréable, mais j’ai quand même hâte d’avoir une véritable enquête dans le prochain !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.