Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise HS1 : Pétros Márkaris

Titre : Épilogue meurtrier – Trilogie de la crise HS1

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (2016)
Édition Originale : Titloi telous – O epilogos (2015)
Traduction : Michel Volkovitch

Résumé :
Quatrième tome d’une trilogie devenue tétralogie sur la crise grecque.

Le commissaire Charitos continue de parcourir Athènes entre son bureau et son appartement, et nous offre à la fois une vision politico-sociologique d’un pays où la population désespérée s’en prend aux immigrés et se tourne vers le populisme de l’extrême droite violente, et une enquête policière où ressurgissent les fantômes de la guerre civile et des années 50.

Critique :
Une trilogie en 4 volumes, cela devient une tétralogie… On pourrait se demander ce que l’auteur avait encore à nous dire après trois formidables romans noirs avec, en toile de fond, la crise Grecque.

Rassurez-vous, Pétros Márkaris en avait encore sous la pédale et, une fois de plus, il entraîne ses lecteurs (et lectrices) dans la Grèce post-crise, après que l’Allemagne lui ait collée une punition à la mesure des fautes commises par les gouvernants.

Hélas, ce ne sont jamais les politiques qui paient leurs fautes et après avoir ouvert les fenêtres et balancé des tonnes de fric à tout le monde, on a tout refermé et on a puni les gens qui en avaient profité.

Une fois de plus, les meurtres ne sont là que pour nous parler de cette Grèce qui a été flagellée et de ses habitants qui tirent le diable par la queue, laissant les voitures au garage, le carburant coûtant trop cher, ou ayant carrément rendu les plaques…

Dans ce dernier tome consacré à la crise, notre commissaire Kostas Charitos va avoir bien du mal à comprendre qui est caché derrière ces meurtres, et nous aussi !

Au menu, nous aurons de la corruption de fonctionnaires, que les gens sont obligés de payer afin de faire avancer leur dossier, sans que ces mêmes fonctionnaires ne comprennent qu’avec un tel comportement, ils entravent le développement économique de leur pays.

L’auteur nous parlera aussi de ces Grecs qui en font le minimum au boulot, les yeux rivés sur la pendule, refusant de bosser une minute de plus, que l’enseignement secondaire est merdique, obligeant les parents à payer afin de donner des cours privés à leurs enfants.

Il parlera aussi des primes données par l’Europe, à tort et à travers, le racisme exacerbé des Grecs, leur haine des autres, l’arrivée au pouvoir du parti Aube Dorée, qui n’a de dorée que son nom, de la dictature des Colonels, de la guerre civile,…

Oui, c’est noir ! Heureusement qu’il y a quelques scènes familiale afin d’apporter un peu de soleil à toute cette sombritude. Hélas, pas de banquets rempli de victuailles, l’épouse du commissaire cuisine avec ce qu’elle a et elle ne manque pas de cœur et d’idées.

L’auteur a eu bien raison d’ajouter un 4ème tome à sa trilogie car il ne manque pas de piquant, Pétros Márkaris nous dressant un portrait sans concession de la Grèce, même si on sent bien qu’il aime son pays, qu’il a de la tendresse pour lui, pour ses habitants, bien que ses critiques soient acérées.

Qui aime bien, châtie bien. Jamais de manichéisme, dans les romans de Márkaris. Pire, on ressent souvent de l’empathie pour le/les coupables.

Un polar bien sombre, même sous le soleil de la Grèce. Un polar qui clôt brillamment cette trilogie devenue une tétralogie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°125], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°07] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Grèce).

Deadpool (Marvel Dark) – 01 – La nuit des morts-vivants : Cullen Bunn et Ramón Rosanas

Titre : Deadpool – 01 – La nuit des morts-vivants

Scénaristes : Cullen Bunn & Swierczynski Duane
Dessinateurs : Ramón Rosanas & Bond Philip

Édition : Panini Comics – Marvel Dark (2014)

Résumé :
Après une violente indigestion, Deadpool sort du coma et découvre que l’apocalypse a eu lieu !

Les zombies ont envahi le monde… et le mercenaire ne souhaite pas finir dans leurs estomacs.

Cullen Bunn, l’auteur de la Deadpool Massacrologie, vous présente le plus sombre récit dédié à Deadpool, dans la lignée de la Nuit des Morts Vivants de George Romero.

Critique :
Deadpool, j’ai adoré le personnage dans le film : décalé, m’en-foutiste, cynique, caustique, à l’humour grinçant, bref, un anti-héros ! Donc, j’avais envie de le découvrir en comics et ma pioche fut bonne.

La première chose que j’ai apprécié, ce sont les dessins. Ceux-ci sont d’excellente facture et réalistes.

La deuxième chose, ce sont les couleurs, ou plutôt, l’absence de couleurs ! Tout le récit est en noir et blanc, les seules touches de couleurs sont pour Deadpool, puisqu’il ‘a pas été zombifié.

Il est donc repérable. Le décalage est garanti. Cela donne à l’album une touche colorée qui m’a bien plu.

Ses phylactères sont en jaunes, ce qui rend ses paroles encore plus visibles. Enfin, bien souvent, ce sont des monologues, Deadpool parle pour lui tout seul, fait ses petites réflexions et c’est ce qui fait sourire.

Oubliez votre peur des zombies, laissez de côté l’horreur et l’épouvante, nous sommes plus dans un style de zombies de Séries B que ceux qui foutent vraiment la trouille comme dans Walking Dead.

Oubliez aussi la profondeur des personnages ou du scénario, qui est d’un classique absolu. Deadpool a fait une longue sieste, l’apocalypse a eu lieu, tout le monde, ou presque, est transformé en zombie et tous les super-héros sont morts en combattant les morts-vivants !

Le but n’était sans doute pas de faire un album intelligent, mais de rendre hommage au film « Nuit des Morts Vivants » de George Romero, ainsi qu’à d’autres, que je n’ai pas repérés, ma culture du zombie étant assez basique.

Ce qui m’a troué le cul, c’est d’apprendre que TOUS les super-héros sont morts en combattant les zombies… Vu le nombre de super-héros dans l’écurie Marvel, vu les super-puissants qui s’y trouvent avec des armures ou des peaux à l’épreuve de tout, apprendre qu’ils sont tous morts, voir le bouclier du Cap abandonné, ça fait mal au bide et pose des questions sur leurs supers pouvoirs…

Anybref, il devait sans doute en être ainsi pour laisser le champ libre à ce fou de Deadpool et lui donner le rôle de sauver le Monde…

Donc, zéro cauchemars en vue lors de la lecture de ce comics, mais des sourires assurés, notamment dans les réflexions de Deadpool. On aura quelques scènes un peu gore, trash, avec des têtes coupées, mais si j’y ai survécu sans soucis, vous devriez vous en sortir haut la main.

C’est amusant, sympathique et on prend plaisir à lire ce récit de zombies totalement déjanté.

La seconde histoire, « Frappe aveugle » bien plus courte et aux dessins moins bien exécutés (c’est une histoire de goût) reste néanmoins un moment humoristique avec Deadpool en fâcheuse position qui nous gratifiera de ses réflexions toujours caustiques ou humoristiques.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – USA, Bulles & cimetière.

 

La mer éclatée – Intégrale : Joe Abercrombie

Titre : La mer éclatée – Intégrale

Auteur : Joe Abercrombie
Édition : Bragelonne Fantasy (2017) – 864 pages
Éditions Originales : Half a King (2014) / Half the World / Half a War
Traduction : Juliette Parichet

Résumé :
Découvrez les Intégrales Bragelonne ! Cette édition exclusive numérique contient les ouvrages suivants : La Moitié d’un roi ; La Moitié d’un monde ; La Moitié d’une guerre.

« J’ai fait le serment de venger la mort de mon père. Je suis peut-être la moitié d’un homme, mais ce serment était entier. » Né faible aux yeux de son père, le prince Yarvi a juré de récupérer un trône dont il n’a pourtant jamais voulu.

Mais il doit d’abord affronter la cruauté de sa propre famille, les humiliations de l’esclavage, ainsi que les eaux amères de la Mer Éclatée.

Tout cela avec une seule main valide. C’est au côté d’une étrange assemblée d’exclus et de marginaux, et non parmi les nobles de son rang, que Yarvi apprendra à être un homme – s’il survit aux épreuves de toutes sortes qui l’attendent…

Critique :
Celui qui cherche la vengeance devrait creuser deux tombes : une pour son ennemi et une pour lui…

Yarvi sait de quoi je parle, lui qui a décidé de venger la mort de son père et de son frère, alors que les deux le méprisaient ouvertement.

Allez savoir pourquoi notre jeune homme, qui ne possède qu’un bras (pas de chocolat ?) valide, l’autre étant une sorte de moignon, qui ne sait pas se battre, à peine tenir une épée, a prononcé ce serment totalement fou.

Yarvi n’avait sans doute pensé que sa vengeance entraînerait d’autres personnes, étrangères à tout cela, à mourir pour sa cause ou à cause de sa vengeance. Des amis, des soldats, des innocents, autrement dit, un bain de sang pour n’avoir qu’une faible satisfaction une fois la vengeance accomplie.

Quand aux serments, ils ont tendance à un peu trop lier les gens qui les prononcent. Enfin, pas toujours, Yarvi en a respecté certains et en a bazardé d’autres. On s’arrange comme on peu avec sa conscience et si on juge que l’acte accompli est un moindre mal, on pourra dormir sur ses deux oreilles.

Voilà dans la fantasy comme je l’aime ! Déjà, les personnages ne sont pas ce que l’on pense, ils changent, cachent leur jeu. Yarvi n’a rien d’un guerrier badass, il est faible, ne sait pas se battre et ne possède que son enseignement de futur ministre, ce qui lui donne une langue acérée et la possibilité de se jouer des autres.

Les dialogues sont soignés, on a de l’humour noir, des vérités à imprimer, à mettre en action, à ne pas oublier et bien que nous soyons dans de la fantasy, le fond du récit est hautement contemporain de notre Histoire : guerres pour le pouvoir, pour être encore plus calife que l’on n’est déjà calife, posséder les autres, les faire plier sous notre joug, leur imposer notre croyance (la déesse unique alors que les autres croient en plusieurs dieux), peur de ce que les autres pourraient faire, peur de leur pouvoir qui est de mettre l’or sur papier (l’invention de la lettre de change ou du chèque), la place des femmes, la possession d’armes de destruction massive…

Si la première partie est consacrée à Yarvi, la suivante (qui est le tome 2) sera pour Épine et Brand et la troisième pour Skara, Raith et Koll (tome 3). Ce n’est pas pour autant que l’auteur laisse tomber les autres, ils sont toujours présent, évoluent, changent et jamais je n’ai réussi à savoir où se situait exactement Yarvi tant il pouvait être sage et tout autant où il aurait pu être un parfait tyran.

L’auteur n’a pas oublié les femmes dans son récit et elles se tailleront une belle place parmi les hommes, en tant que combattantes, forgeronnes, reines, sorcières, navigatrices, esclaves. Vraies salopes, femmes perfides, femmes lucides, femmes de fer ou femmes essayant de ménager la chèvre et le chou (tout en comprenant, un peu tard, qu’il est très difficile à garder l’équilibre), évoluant aussi au fil des pages, prenant de l’ampleur à certains moments ou disparaissant ensuite du récit.

Pas d’édulcorants dans cette histoire, les morts saignent, les tripes sortent, la guerre est sale et le comportement des soldats, mercenaires et autres dirigeants n’a rien de glorieux. C’est sale et monstrueux. Soyez pas dans leur passage, fuyez pauvres fous.

Le ton de l’auteur est cynique, ses personnages aussi, personne n’est tout à fait blanc ou noir, tout le monde étant teinté de gris et comme nous, ont parfois des réactions qui ne les mets pas en valeur, des actes condamnables, des choses qu’ils regretteront ensuite (ou pas) car personne ne connait à l’avance les répercussions que pourraient avoir la pose de l’acte X au jour J.

N’ayant jamais lu les autres romans de l’auteur, je n’ai aucun point de comparaison mais je compte bien remédier à cette erreur et me plonger dans ces autres trilogies afin de voir si son univers est toujours aussi réaliste et cynique (j’espère) ou si, comme d’autres, on retrouve toujours les mêmes recettes cuisinées (Gemmel).

Les manigances des ministres et des dirigeants avaient un goût machiavélique. L’auteur a réussi à tenir la barre de son scénario et à ramer sans jamais faiblir dans son récit que j’ai dévoré très vite (pour un gros pavé). Il est cohérent dans les actions de ses personnages et nous réserve quelques petites surprises durant son histoire.

En attendant, je suis contente d’être repartie dans de la très bonne fantasy (ceci n’est que mon avis, hein), réaliste, cynique, noire, sans concession, sans happy end bisounours (même si je pleure la disparition de certains personnages), où la guerre était vraiment ce qu’elle est (sale et monstrueuse) et où les personnages ne se soucient pas d’être aimé car être craint dure plus longtemps !

Lu dans sa version « Intégrale » papier (864 pages), mais cette intégrale existe aussi en 3 volumes au format poche édités par les éditions Bragelonne. Les couvertures sont super aussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°314], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°67] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées – 864 pages.

 

Au bal des absents : Catherine Dufour

Titre : Au bal des absents

Auteur : Catherine Dufour
Édition : Seuil Cadre noir (10/09/2020)

Résumé :
Claude a quarante ans, et elle les fait. Sa vie est un désert à tous points de vue, amoureux et professionnel ; au RSA, elle va être expulsée de son appartement.

Aussi quand un mystérieux juriste américain la contacte sur Linkedin – et sur un malentendu – pour lui demander d’enquêter sur la disparition d’une famille moyennant un bon gros chèque, Claude n’hésite pas longtemps.

Tout ce qu’elle a à faire c’est de louer la villa « isolée en pleine campagne au fond d’une région dépeuplée » où les disparus avaient séjourné un an plus tôt. Et d’ouvrir grands les yeux et les oreilles. Pourquoi se priver d’un toit gratuit, même pour quelques semaines ?

Mais c’est sans doute un peu vite oublier qu’un homme et cinq enfants s’y sont évaporés du jour au lendemain, et sans doute pas pour rien.

Une famille entière disparaît, un manoir comme premier suspect. Entre frissons et humour Au bal des absents est une enquête réjouissante comme on en lit peu.

Critique :
Est-il possible, dans un roman fantastique, de faire du social, de tirer à la kalach sur Pôle Emploi, le chômage, les formations à la con (qui ne mènent à rien), sur le RSA, sans que le tout ne soit un gloubi-boulga immangeable ?

Pardon, j’oubliais de dire que l’auteure fait aussi une belle déclaration d’amour aux livres du King et s’amuse avec les films d’horreur et  d’épouvante, qu’ils soient kitschissimes ou cultissimes.

Oserais-je dire que c’était presque un roman feel-good même s’il m’a fait dresser les poils des bras ? Ou était-ce tout simplement un roman fantastique d’épouvante (mais pas trop) qui se serait accouplé avec un roman social, à tendance noire (parce que le social chez les friqués, c’est pas un roman noir) et dont l’humour, noir, bien entendu, servirait à graisser les rouages ?

Inclassable, ce roman est tout bonnement inclassable, sauf à la caser dans les putain de romans qui réussissent à faire passer un excellent moment de divertissement, tout en ayant un fond et de l’épaisseur, autant dans son scénario que dans son personnage principale.

Claude, femme de 40 ans, émarge du RSA et la voilà qu’elle se retrouve à jouer les détectives privées dans une maison perdue dans le trou du cul de la France pour rechercher ce qui a pu arriver à une famille de touristes américains, disparue un beau jour…

Inclassable je vous dis, même avec un point de départ ultra conventionnel. Déjà, Claude n’est pas une femme banale, elle a du caractère, de la hargne et jamais je ne regarderai ma binette de jardin de la même manière.

Ce roman policier, roman noir, fantastique (dans les deux sens du terme) est à découvrir car sous le couvert du divertissement et de l’épouvante, il parle d’une société à double vitesse : celle qui laisse les plus démunis sur le côté, celle qui enfonce les demandeurs d’emploi au lieu de les aider, celle qui nous étouffe sous la paperasserie, celle des plans sociaux, des dégraissement, des start-up nation (je cause bien le dirigeant de multinationale, hein ?)…

L’angoisse est bien dosée, jamais trop exagérée et souvent suggérée (votre esprit est votre pire ennemi dans cette lecture). Malgré tout, j’ai frémi de peur mais toujours avec le sourire aux lèvres car Claude est une enquêtrice drôle qui manie aussi bien l’humour sarcastique que la binette de jardin.

Jamais le roman ne devient désespérant et malgré les ennuis, les coups du sort, le peu d’argent possédé par Claude (qui lui fait développer des combines pour manger, boire ou se laver gratuitement), jamais on a la sensation d’une ambiance plombée.

Plume trempée dans l’encrier du cynisme, additionnée d’humour noir, l’écriture est incisive, mordante, désopilante et laisse peu de moment de répit au lecteur. Mais l’encre n’est pas aussi noire que le café corsé, il y a de la lumière dans ce roman social, de l’espoir.

PS : Ok, peu d’espoir qu’un jour, les sites de l’administration arrêtent de buguer quand on a besoin d’eux, peu d’espoir aussi qu’au bout du fil (si on arrive encore à y trouver de la vie), une personne compatissante et professionnelle nous réponde que « oui, le site c’est de la merde, mais pas de soucis, on va tenir compte de votre inscription et vous aider ». Ça arrive parfois, mais c’est comme les apparitions de la Sainte Vierge : très rare !

Une lecture comme j’aimerais en faire plus souvent. Addictif à tel point que j’ai tout dévoré d’un coup. Un roman à lire car le plus horrible dans tout cela, c’est notre société à la « marche ou crève ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°2XX].

My home hero – Tome 1 : Naoki Yamakawa & Masashi Asaki


Titre : My home hero – Tome 1

Scénariste : Naoki Yamakawa
Dessinateur : Masashi Asaki

Édition : Kurokawa Seinen (19/01/2019)
Édition Originale : My Home Hero, book 01 (2017)
Traduction : Nabhan Fabien

Résumé :
Que seriez-vous prêt à faire pour sauver la vie de votre enfant ?! Je ne suis qu’un pauvre type qui aimerait pouvoir se dégonfler au point de disparaître…

Tetsuo est un modeste père de famille qui se passionne pour les romans policiers. Il découvre un jour des traces de coups sur le visage de sa fille qui vient à peine de quitter le foyer familial pour vivre seule. Tetsuo retrouve rapidement le coupable et le suit.

Sans savoir que cela le mènera à commettre un crime qui changera pour toujours la destinée de sa famille. Mais pour le bien de sa fille, ce papa fait le choix de la lutte …

Critique :
Un manga seinen qui parle de yakuzas, de mafia, de gans, de meurtres, de découpage de cadavre et qui arrive à me faire rire… Étonnant, non ? Et pourtant, comme le disait une actrice connue « Je ne suis pas folle, vous savez ».

Tetsuo est un modeste père de famille, le genre de papa gâteau qui fait tout pour sa fille, qui la couve, que cherche à la voir, à passer des moments avec elle.

À ses heures perdues, il écrit des polars. Rien de prétentieux, il s’inspire beaucoup de ce qu’ont déjà écrit les autres.

Et alors que tout semblait bien aller dans sa ville monotone et tranquille, le voilà avec un cadavre sur les bras, à se demander comment faire pour s’en sortir et s’en débarrasser.

Bourré de situations cocasses et d’humour noir, ce manga m’a fait découvrir des choses intéressantes, notamment comment se débarrasser le plus facilement possible d’un corps. Par certains aspects, j’ai pensé à un épisode de la série Breaking Bad où Walter White doit lui aussi réduire un cadavre à l’état le plus liquide possible.

En prenant ce manga au second degré, il me fut plus facile d’accepter que notre pauvre homme de 47 ans, le genre d’homme tranquille qui ne sera jamais le meneur d’un groupe, ait su trouver toutes les astuces pour liquéfier le corps dans la baignoire et rapporter ensuite les restes dans une sorte de doggy bag valise.

Notre Tetsuo n’a rien d’un super héros, ni d’un mec couillu, il est monsieur-tout-le-monde, mais je me demande combien réussirait cette mission sans craquer, sans foirer le truc, sans rien oublier… Tetsuo est à deux doigts de craquer, il a la trouille de sa vie mais il y arrive, lui !

Le tout sous la compréhension absolue de son épouse qui va l’aider et sous le regard un peu absent de sa fille qui ne se rend pas compte de ce que ses parents sont en train de faire pour elle et qui me semble fort apathique. Limite à baffer, la fille !

En tout cas, dans ce manga, on ne voit pas le temps passer, le rythme est assez élevé, sans pour autant aller trop vite et le mangaka nous évite les scènes les plus gores. L’humour noir est présent, les situations cocasses font sourire, il y a du suspense et on se demande bien comment cette petite famille va s’en sortir avec les yakuzas.

J’ai bien envie de poursuivre avec le tome suivant, lorsque je l’aurai acheté, pour voir comment ce manga va évoluer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°204] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°30].

Madame B : Sandrine Destombes

Titre : Madame B

Auteur : Sandrine Destombes
Édition : Hugo et Compagnie (05/03/2020)

Résumé :
Blanche Barjac, Madame B, est nettoyeur de profession. Malfaiteurs, tueurs à gages et meurtriers, tous font appel à elle pour qu’il ne reste plus une trace de leurs crimes et délits.

Après plusieurs années passées à s’imposer dans ce monde d’hommes, Blanche est devenue une professionnelle respectée dans ce milieu si particulier. Digne héritière de son beau- père qui l’a formée, elle est reconnue pour son efficacité, sa discrétion et son savoir-faire.

Si après chacune de ses interventions Madame B garde un indice comme « assurance-vie », elle n’est pas la seule à accumuler les preuves compromettantes.

En menant l’enquête sur le maître-chanteur qui la persécute et la fait douter chaque jour un peu plus de sa santé mentale, Blanche revient sur son passé et réalise que malgré les nettoyages, toutes les taches ne sont pas effacées. Et que chaque acte entraîne des conséquences.

Critique :
Initiales B.B ! Blanche Barjac est ce que l’on appelle maintenant une technicienne de surface. Autrement dit, une femme de ménage.

Mais attention, pas une femme de ménage comme les autres ! Elle, elle nettoie les scènes de crimes…

Oui mais ce n’est pas le nettoyage des scènes de crimes après le passages des experts de Miami Las Vegas, mais les scènes de crimes que personne ne doit jamais découvrir…

Après son passage, plus aucune trace ne subsiste ! Mr Propre en est jaloux. Si jamais, je vous donne le nom de sa société, on ne sait jamais, ça pourrait servir un jour : RécureNet & associés. Allez-y de ma part.

Anybref, lorsqu’un grain de sable vient se foutre dans votre mécanique bien huilée, tout par en couilles pour le plus grand plaisir littéraire des lecteurs car le roman est rythmé, les indices distillés au compte-goutte, l’auteure joue avec nous, avec ses personnages, avec nos perceptions, nos pieds.

C’est excellent, addictif et je l’ai lu en peu de temps, tellement j’ai dévoré ce thriller.

Chapeau aussi à l’auteure qui a réussi à mettre en scène une héroïne qui n’a rien d’une Tomb Raider bad-ass et à nous la rendre sympathique, alors que, tout de même, elle nettoie des scènes de crime pour des assassins et fait disparaître les corps.

Nous devrions la blâmer, elle devrait avoir des remords… Que dalle, elle reste attachante, comme des taches de sang sur une moquette (avant son passage).

Accrochez-vous au livre car le rythme est assez trépidant, sans jamais devenir trop rapide et perdre le lecteur dans la course folle. On cherche, on creuse, on se demande qui a mis le grain de sable dans la mécanique, la grippant, qui devient fou, qui a trahi et comment tout cela va se terminer.

Si j’avais vu arriver certaines choses, cela n’a en rien enlevé à mon plaisir de lecture car je n’en étais pas sûre à 100%. L’auteure brouille les pistes afin que nous aussi, on se demande ce qui va nous arriver.

Une excellente lecture addictive, une nettoyeuse attachante, pour laquelle j’ai eu de l’empathie, alors que je n’aurais pas dû, mais c’était plus fort que moi. Bref, une bonne pioche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°158].

Soeur Marie-Thérèse des Batignolles – Tome 1 – Soeur Marie-Thérèse des Batignolles : Maëster

Titre : Soeur Marie-Thérèse des Batignolles – Tome 1 – Soeur Marie-Thérèse des Batignolles

Scénariste : Maëster
Dessinateur : Maëster

Édition : Fluide glacial (1989 – 2013)

Résumé :
Maëster crée Sœur Marie-Thérèse en 1989… On ne voit pas bien ce que fait cette bonne femme dans une église…

C’est une fumeuse (pas que de tabac…), elle boit, elle est injurieuse et même parfois violente…

Soeur Marie-Thérèse des Batignolles c’est une suite de petites histoires qui se déroulent la plupart du temps dans une église.

L’humour que Maester donne a sa bonne sœur est pour le moins spécial, c’est un humour très très noir… avis aux âmes sensibles.

Critique :
Si on aime l’humour noir, trash, décalé, il faut se faire cette chère Sœur Marie-Thérèse des Batignolles !

Et par « se faire », je ne sous-entend pas juste qu’il faut lire ses bédés, parce que notre sœur, elle ne serait pas contre le fait de tirer un coup non plus…

Sœur Marie-Thérèse, c’est un cas à elle toute seule, à se demander ce qu’elle fout chez les bonnes soeurs car cette bonne vivante boit son litre de rouge, fume (même de la beuh), se pique, marche avec des écrases-merdes, fout des coups de poings à tout le monde, fait voler les chiards énervants dans un super-marché et a un fond raciste.

Notre Sœur Marie-Thérèse est aussi à sa place chez les bonnes soeur q’un éléphant dans un magasin de porcelaine et face à elle, le capitaine Marleau est un modèle de délicatesse subtile et de gentillesse incarnée. Si, si, je vous jure !

Oui, Sœur Marie-Thérèse est encore plus irrécupérable que l’adjoint Billy dans la série « Walter Appleduck » car contrairement à lui, elle n’a pas oublié d’être conne. Son cerveau marche du tonnerre et sa vision du monde est cynique au possible.

Constitué de planches en noir et blanc (je ne voudrais pas la lire en couleurs), le dessin de Maëster est assez caricatural.

À noter que le visage de la Sœur évolue entre le tome 1 et le tome 3. Dans les premières cases de ce tome, elle fait plus âgée et moins gro… Oups, pardon… Je voulais dire qu’elle semblait plus élancée alors qu’après, elle s’est empâtée… Aie je vais en prendre sur le coin de ma gueule si elle m’entend !

Le plaisir est de regarder ses cases dans leur entièreté afin de repérer les petits détails cachés en arrière-plan, ou écrit sur des panneaux. Je me marre toujours et j’en découvre encore (ou alors, j’avais oublié).

L’auteur se moque de la religion, c’est trash, bourré d’humour noir qui ferait tomber dans les pommes les plus sensibles d’entre nous, ou alors, les culs les plus serrés de certains bigot(e)s.

J’ai lu un nom de bar qu’on oserait plus nommer ainsi de nos jours… Ça commence par « A » et ça se termine par « bar » et le crier bien fort dans un magasin peut vous valoir de sérieux ennuis avec la direction, les flics, les clients… Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes.

Sœur Marie-Thérèse n’est pas pour les âmes délicates… Ses albums sont à se faire prescrire en cas de panne de lecture, de coup de blues, de grisaille intellectuelle, d’anticléricalisme confirmé, ou tout simplement juste pour le plaisir (comme le chantait si bien Herbert Léonard)…

Hé, t’as envie de chanter maintenant, non ???

 

Preacher (Urban) – Tome 1 : Garth Ennis et Steve Dillon

Titre : Preacher (Urban) – Tome 1

Scénariste : Garth Ennis
Dessinateur : Steve Dillon

Édition : Urban Comics Vertigo Essentiels (2015)
Édition Originale : Preacher, book 1 (2009)
Traduction : Jérémy Manesse

Résumé :
Au premier abord, le révérend Jesse Custer ne semble pas différent des autres petits pasteurs de province des États-Unis. Isolé dans une petite ville du Texas, le temps s’y dilue sans agitation, et avec lui, l’ardeur de sa foi.

Jusqu’au jour où un terrible accident vient anéantir son église et décimer l’ensemble de ses fidèles. Depuis lors, Jesse développe d’étranges pouvoirs émanant d’une force spirituelle appelée Genesis.

En proie au doute et à de multiples interrogations, l’homme se lance alors à la recherche de Dieu et, chemin faisant, croise la route de Tulip, son ex-fiancée, et de Cassidy, un vampire irlandais.

Un pèlerinage au coeur de l’Amérique, où le Bien et le Mal ne font qu’un.

(Contient Preacher #1-12)

Critique :
Bon, il est temps que j’écrive ma chronique au lieu de me taper la main sur la cuisse tellement j’ai apprécié ce comics.

De l’audace, il ne fallait que ça pour arriver à mettre en scène une histoire déjantée, sombre, noire, folle, aux dialogues extras.

N’en jetez plus, même les dessins, je les ai appréciés !

Par contre, si vous êtes allergiques au fantastique, prenez une boîte d’antihistaminique car vous pourriez avoir une crise de boutons…

Imaginez un paradis où un ange aurait copulé avec un démon et qu’un enfant serait né de cette union sauvage et sensuelle. Désolée de vous l’apprendre de cette manière, mais apparemment, les anges ont un sexe (une bite) et ils peuvent l’utiliser.

Je ne vous en dirai pas plus, z’avez qu’à lire le comics, tiens ! Partez sur la route en compagnie de Jesse, le pasteur habité par l’entité Genesis (pas le groupe), suivi de Tulip, son ex-copine et de Cassidy, le vampire. Faites juste gaffe au Saint des tueurs.

Oui, c’est irrévérencieux au possible, c’est violent, sombre, les têtes explosent, les gros mots fusent, le racisme crasse colle aux basques de certains personnages, mais bon sang, qu’est-ce que c’est jouissif ! Sauf si vous êtes une grenouille de bénitier… Là, vous risquez de défaillir grave votre mère.

Certains personnages sont un peu dans la caricature, mais la majorité sont étoffés, travaillés. Les personnages secondaires sont pour la plupart des trous du cul bas de plafond.

Une fois de plus, je me dois de remercier Jean-Marc-Les-Bons-Tuyaux (Actu du Noir) pour m’avoir donné envie de lire cette saga. J’ai mis un peu de temps mais maintenant que je suis lancée, j’espère avoir le temps de la lire en entier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°95] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc [FIN DU CHALLENGE].

Walter Appleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : WalterAppleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dupuis (2020)

Résumé :
Son master de cow-boy en poche, Walter Appleduck regagne la ville en compagnie de Billy, l’adjoint du shérif de Dirtyoldtown. Son objectif est désormais que celui-ci s’ouvre aux valeurs modernes et humanistes.

Mais loin de son Ouest sauvage, Billy, homme rustre, macho, grossier et alcoolique, a beaucoup de mal à s’adapter.

Critique :
Walter Appleduck est un être civilisé, cultivé, poli, instruit, ouvert d’esprit et aux autres cultures.

Puisque son stage à DirtyOldTown  est terminé, il invite l’adjoint au shérif, Billy, dans la grande ville.

Billy, l’adjoint, est le négatif de Walter : il est grossier, bourru, impoli, imbuvable, raciste, con, gaffeur, macho, crétin, inculte, rustre,… n’en jetez plus !

Anybref, pour arriver à ouvrir l’adjoint du shérif aux valeurs humanistes et modernes, faut se lever très tôt le matin.

On prend les mêmes, on recommence, mais on inverse l’histoire : après le citadin qui débarquait dans la ville de l’Ouest, voici le bouseux délicat de la gâchette qui arrive en ville. Changez de trottoir !

Ce que j’apprécie dans cette bédé, c’est le ton décalé, déjanté, utilisé par les auteurs, que se soient dans les dessins ou dans les dialogues.

Lorsque l’on est attentif, on remarque des petits détails amusants dans les cases, comme ces chevaux devant un grand hôtel qui portent les insignes Rolls-Royce et Ferrari. Il y en a plein, à vous de les découvrir.

Billy est un personnage qu’on n’a pas envie de trimbaler derrière nous tant il est un crétin fini mais il est drôle et ses péripéties avec le bandit Rascal Joe sont des plus hilarantes. Le tout est à prendre au second degré, bien entendu.

C’est corrosif, sous le couvert d’humour, les auteurs taclent notre société de consommation, l’art, les restos gastronomiques, le racisme… Tout y passe à la moulinette de l’humour noir et des running gags avec Rascal Joe.

Scénario déjanté avec des dessins cartoonesques (qui va bien au ton de la bédé), cette bédé est parfaite pour rire un bon coup, pour se détendre le corps et l’esprit ou pour se changer les idées si on broie du noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°74] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Coup de vent : Mark Haskell Smith

Titre : Coup de vent

Auteur : Mark Haskell Smith
Édition : Gallmeister Americana (05/09/2019)
Édition Originale : Blown (2018)
Traduction : Julien Guérif

Résumé :
À quoi sert d’avoir dix millions de dollars en devises variées si, comme Neal Nathanson, on se trouve perdu en mer à bord d’un voilier en train de sombrer ? Strictement à rien, sauf à en brûler un sac ou deux dans l’espoir fou d’attirer l’attention.

Sauvé in extremis, Neal se réveille attaché au garde-fou d’une navigatrice en solitaire, méfiante et bien décidée à entendre son histoire. Neal lui parle alors de Bryan, un jeune loup de Wall Street qui a réussi à détourner un magot conséquent avant de s’enfuir dans les Caraïbes.

Bien sûr, la banque qui l’employait a lancé des enquêteurs à sa poursuite, avant que les clients spoliés ne s’aperçoivent (enfin) que les traders sont des voleurs.

C’est ainsi que Neal, accompagnée d’une pro de la finance, la très douée Seo-yun, s’est retrouvé en charge de récupérer l’argent. Simplement, il n’était pas le seul.

Critique :
Oublions pour un moment la rentrée littéraire de septembre 2020 et repartons en arrière pour revenir sur celle de septembre 2019.

Voilà une petite pépite bourrée d’humour cynique et grinçant que je n’avais pas encore eu le temps de lire et il aurait été dommage de passer à côté tant elle est bien calibrée.

Qui n’a jamais rêvé de partir au loin avec des millions après avoir arnaqué la banque ? Tentant…

Lorsqu’un trader vole des clients riches à millions, sans que cela se voit, sans avoir les yeux plus gros que le ventre et quand il monte une super combine pour ne pas être retrouvé, là, c’est le moment suprême ! On se lève et on applaudit, pour peu, on ferait un croche-pied à ceux qui tenteraient de le poursuivre.

Hélas, les traders ne peuvent pas voler les clients richissimes d’une banque ! Seule la banque peut les niquer, c’est sa prérogative, mais ne vous montrez pas plus filou qu’elle.

La construction est à rebours : nous commençons pas la scène sur un voilier en perdition, avec un homme qui brûle une partie de l’argent pour attirer l’attention d’un autre bateau. Que fait-il là ? Comment est-il arrivé là ? On le saura ensuite en commençant pas le début.

Roman cynique, grinçant, ironique, original de par sa construction et ses personnages (Bryan LeBlanc notre trader sympa, sa collègue Seo-yun Kim qui se fout de son mariage, le détective Neal et Piet, un nain Noir pourvu d’une grande queue), « Coup de vent » se dévore avec un grand sourire tant on frôle l’absurde et le burlesque à certains moments sans que jamais ça ne foire dans le scénario.

Roman noir, roman policier, roman choral aussi, il ne laisse pas indifférent car on se demande le détective Neal arrivera à retrouver Bryan qui a si bien camouflé son coup, brouillé ses pistes, pris ses précautions… Enfin, on l’espère car vous savez ce qui foire le premier dans un plan de bataille ? Le plan de bataille lui-même !

Sous couvert de cynisme grinçant et d’humour burlesque, l’auteur tacle Wall Street, ses bulles spéculatives, l’argent Roi, les riches qui veulent devenir encore plus riches, les achats d’action qui ne se font plus que pour spéculer, gagner du fric rapidement, avant de les revendre aussi vite.

Le genre de jeu auquel se livrent les super riches et qui laissent sur le carreau les petits, ceux qui ne connaissent pas tout à fait les règles du jeu, ceux qui veulent des placements bon père de famille et qui, quand la bulle éclate, se retrouvent dehors, sans maison, sans argent, tandis que les gros continuent de s’engraisser.

Un roman de bandits et de policiers mais où l’auteur a pris le contre-pied de ce que nous avons l’habitude de lire, qui nous revisite la recette éculée et nous sort un plat goûteux, épicé, sensuel, sexuel, grinçant, politiquement incorrect et aux dialogues drôles, parfois assez crus.

Fallait pas en faire plus pour régaler la lectrice que je suis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°67] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.