Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé, Pennac & Benacquista

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton

Scénaristes : Daniel Pennac & Tonino Benacquista
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2010)

Résumé :
Rentré d’une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu’un nouveau héros a conquis l’Ouest.

Allan Pinkerton, adepte de méthodes d’investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

Critique :
Il n’est pas facile de reprendre le personnage d’un autre auteur et de se l’approprier, ou, du moins, de ne pas le dénaturer.

Niveau dessins, Achdé tient la route, son Lucky Luke ressemble à celui de Morris, le brin d’herbe en plus (sacrilège la disparition de sa cigarette roulée et pourtant, je suis non fumeuse).

Point de vue humour, on a quelques bons jeux de mots, on retrouve l’ambiance comique des vrais Lucky Luke, avec des petites références à notre époque, comme cet Horatio Caine dans un labo de la Pinkerton.

Mais nous sommes loin de la qualité humoristique de Goscinny, même si ce dernier avait la bride super serrée par le cavalier Morris qui ne lui laissait pas galoper allègrement dans les jeux de mots qui faisaient rire aux éclats ou étaient d’une finesse incomparable.

Retenez bien qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ! Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes… 

Anybref, malgré cet humour qui ne fait pas rire aux éclats mais sourire, on retrouve tout de même ce qui faisait le sel des aventures de Lucky Luke ancienne version (celle de l’époque de Dupuis) avec une population qui relègue Lucky Luke dans les has been, ne jurant plus que par Allan Pinkerton.

Ce n’est pas la première fois que notre cow-boy solitaire est désavoué par la populace avant que celle-ci ne change son fusil d’épaule et le rappelle au secours. On a eu souvent le cas dans toute l’histoire de notre lonesome cow-boy et dans la vie réelle aussi. Les gens sont des girouettes.

Historiquement, on suit le chemin du véritable Allan Pinkerton qui n’était pas un enfant de cœur et prêt à tout pour arriver au sommet et faire de son agence qui ne dormait jamais, L’AGENCE de référence avec des nouvelles méthodes, bien plus avancées que celle de notre Lucky Luke, dont la science criminelle, l’espionnage et surtout, les ragots.

Pour ses fiches sur tout le monde, Pinkerton m’a fait penser à la folie de Hoover qui voulait lui aussi ficher tout le monde, même si celui-ci n’arrivera que bien plus tard dans l’Histoire des États-Unis.

Le climat est à la délation pour tout et n’importe quoi, Pinkerton envoie en taule à tour de bras pour des peccadilles et les prisons sont surchargées.

Les emprisonnements ont beau être amusant à découvrir, le tacle est tout de même sévère (et sous la ceinture) car il rappelle les heures sombres de nos pays et je ne reléguerai pas ce genre de comportement au passé car il est toujours présent et nourrissez-le d’un peu de climat de peur ou de jalousie et bardaf, on recommencera les arrestations arbitraires.

Tout ici est emballé dans de l’humour, présenté avec finesse, mais si on se donne la peine de faire une analogie ou de réfléchir un peu, ça fait peur parce que ça pue aussi le Big Brother et de nos jours, plus besoin de se planquer sous le lit, il suffit que tous ceux qui veulent des infos sur nous aillent sur nos profils Fesse Bouc, Touitter, Snap-Chatte, Rince tes grammes, Pine Tes Restes et j’en passe.

Franchement, je ne tirai pas à boulets rouges sur cet album car il vole plus haut que certains à l’époque où Morris avait claqué la porte chez Dupuis pour aller chez Dargaud et où ses scénaristes n’étaient guère inspiré, même le grand Goscinny (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

De plus, contrairement aux albums Les Tontons Dalton et La Terre Promise, les auteurs ne reprennent pas des gags tirés des Tontons Flingueurs ou de Rabbi Jaccob, ce que j’avais trouvé un peu trop facile, même si je n’ai rien contre les clins d’oeils, tant qu’ils ne deviennent pas des transposition de films !

Un bon album de Lucky Luke, pas le meilleur, pas dans l’excellence, pas dans le haut du panier, mais il est correct et j’ai apprécié le côté « ancien » que l’on retrouve dans cet album qui, une fois de plus, met les Dalton en vedette.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°45, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Bernard Prince – Tome 04 – Aventure à Manhattan : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 04 – Aventure à Manhattan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1971)

Résumé :
Fin décembre, l’équipage du Cormoran fait escale à New York afin de livrer des marchandises à un client.

Dans le port, Barney Jordan reçoit une étrange proposition : on lui demande de prendre la place, temporairement et contre une forte rétribution, d’un milliardaire de Boslavie à qui il ressemble étonnement…

Critique :
♫ Dans l’port d’Manhattan, y’a un milliardaire qui fume et un Barney Jordan qui l’alcool écume dans l’port d’Manhattan ♪

Rassurez-vous, je ne vais pas écorcher plus longtemps la chanson de Jacques Brel mais à défaut du port d’Amsterdam (qui n’aurait pas collé avec le Mois Américain), on a le port de Manhattan où nos trois amis viennent d’accoster.

On les a placé dans les quais des transatlantiques et Barney Jordan avait envie de s’arrimer aux côtés du France et de lui demander de se pousser un peu.

Le gros transatlantique est celui d’Aloysus Gerdelsohn, un milliardaire de Boslavie (qui doit se trouver non loin de la Bordurie des aventures de Tintin) et le nom du rafiot a des accents flamand puisqu’il se nomme « Graf Gustav » et « Graaf », ça veut dire comte dans la langue de Vondel du Nord de mon pays qui n’est pas plat.

La substitution, ça n’existe pas (Bécaud, arrête de chanter !) ! Même les sosies de… ne leur sont pas semblables au point d’avoir l’impression d’être face à des jumeaux parfaits. Avec du grimage, on peut y arriver mais faut pas oublier le ramage qui bien souvent n’a rien à voir avec la personne copiée. Souvent copié, mais jamais égalé, pourrait-on dire.

Hormis dans la bédé ou tout peut arriver et puisque Barney Jordan ressemble comme deux gouttes d’eau à Aloysus Gerdelsohn, il lui est demandé de jouer son rôle pour que ce dernier puisse vaquer à ses signatures de contrats sans que son adversaire du pays voisin ne lui les souffle sous le nez.

De l’humour, de l’action, un temps de merde où tombe la neige (non, Adamo, sors de ma tête) et un plan de génie pour arriver à retrouver une personne disparue parce que enlevée.

La Patrouille des Castors l’avait utilisé aussi, cette astuce, dans un de leur album, pour retrouver le vélomoteur de Tapir (Les loups écarlates), mais eux s’étaient adressés aux scouts, Bernard Prince, lui, a bossé à Interpol et connait des truands.

Sans révolutionner le genre, cette aventure est tout de même bien fichue, les décors de Manhattan avec leurs grattes-ciel sublimés par la neige, les rafales de vents, les quartiers sordides bien représentés avec des tons plus sombre, faisant ressortir la glauquitude (oui, j’invente des mots et je vous les offre) des lieux.

Pas de temps mort, du suspense, de l’adrénaline, de l’humour, des retournements de situations, un milliardaire qui a de la suite dans les idées et du courage à revendre, sans oublier un caractère bougon comme son sosie, Barney Jordan.

Une aventure et une enquête, qui, pour une fois, se déroulent dans une vraie ville et pas dans les confins des trous du cul du monde, dans tous ces endroits où nous n’aurions pas envie d’aller en vacances et puis, dans cet album, on ne se frotte pas aux éléments naturels déchaînés, ni à des monstres marins, ni à des pirates, ni à des volcans crachant du feu.

Reposant, cette aventure !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°40 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ? : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ?

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1999)

Résumé :
Le général Grant est en danger !

Un traître s’est infiltré parmi les Fédérés pour l’éliminer. Tout le monde est suspecté, on ne peut se fier à personne… Sauf aux deux hommes qui ont dénoncé le complot : Blutch et Chesterfield.

Nos Tuniques préférées se transforment en Bleus à tout faire pour exaucer les moindres caprices du général Grant : goûter sa soupe, cirer ses bottes et surtout essayer de démasquer le traître avant qu’il ne parvienne à ses fins !

Critique :
Chesterfield ne brillera jamais par son intelligence et aura toujours tendance à ouvrir sa grande gueule quand il ne faut pas… Ce qui donne toujours suite à des situations cocasses, drôles, amusantes…

Blutch voulait déserter, une fois de plus, mais sa rencontre avec un soldat mourant va changer la donne car il a beau détester l’armée, apprendre qu’il y a un complot qui vise à tuer le général Grant lui fait reprendre le bon chemin afin d’en avertir le galonné.

La tête de Chesterfield lorsqu’il voit que son caporal veut absolument parler à Grant et que ce dernier finira par le recevoir ! La jalousie était dans ses yeux.

Le général Grant est un grand paranoïaque et suspectera tout le monde de vouloir le tuer, même les autres galonnés, même le général Alexander, même ce pauvre capitaine Stilman, celui qui passe sa vie à siroter du jus d’orange à la paille.

La guerre est toujours en arrière-plan, mais cette fois-ci, faut se transformer en petit Sherlock Holmes afin de savoir qui est le tueur qui doit commettre un attentat afin de tuer le général Grant, chef des armées Nordistes.

S’attaquer à la tête pensante, qu’elle pense ou pas, mais du moins, à la tête commandante, c’est un coup classique dans une guerre, même si les Alliés n’avaient jamais voulu faire assassiner le moustachu, pariant sur le fait qu’il serait remplacé et que celui-là, on ne le connaîtrait pas…

Une fois de plus l’humour de situation est au rendez-vous et il faut prendre cet album avec le second degré car les personnages iront dans le registre du burlesque.

Burlesque, c’est le mot, que ce soit le général et sa paranoïa extrême, ou Chesterfield imbu de sa mission, comprenant trop tard qu’il aurait mieux fait de fermer sa gueule, ou Blutch déguisé en enquêteur à la tête d’une troupe de militaires afin d’en apprendre un peu plus sur le complot qui vise le général…

Ici, rien n’est sérieux, même pas l’homme qui doit assassiner le général. En fait, dans cette aventure, les hommes sont des imbéciles et c’est une femme qui se taillera la part du lion car, elle, elle a du courage et une sacrée paire de couilles (au figuré, bien entendu).

Les auteurs taclerons un bon coup dans les tibias de tous ces messieurs qui pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans leur monde et que c’était des petites choses fragiles à protéger dans la soie et le papier bulles.

Un moment drôle et assez fin, c’est lorsqu’un des soldat demande à un autre de lui définir le rôle de l’éclaireur… Encore un qui aurait mieux fait de fermer sa gueule !

Pas le meilleur, mais comparé à certains autres, on est dans du fin et on évite le lourd.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°38 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Martiens, go home ! : Fredric Brown

Titre : Martiens, go home !

Auteur : Fredric Brown
Édition : Folio SF (2010/2016)
Édition Originale : Martians, Go Home (1955)
Traducteur : Alain Dorémieux

Résumé :
« Salut Toto ! Salut Chouquette ! », voilà les mots prononcés lors de la première rencontre entre un martien et un homme.

L’étonnement et l’émerveillement vont être cependant de courte durée. En effet, les petits hommes verts ne sont pas du tout comme nous avions pu les imaginer jusqu’à présent.

Malpolis, prétentieux, indécents, curieux à l’extrême, ils sont tout simplement insupportables. Ils prennent, de plus, un malin plaisir à révéler les secrets les mieux gardés.

Grâce au « couimage », ils sont insaisissables et se déplacent instantanément où ils veulent. Seuls les psychiatres et les pharmaciens profitent de leur arrivée.

Lorsqu’on leur demande pourquoi ils sont là, ils répondent : « Qu’est-ce que les gens vont faire dans les zoos sur ta cochonnerie de planète ? »

Que pourra bien faire un auteur de science-fiction en mal d’inspiration, un marabout africain ou un portier de Chicago face à ce fléau impitoyable.

Brown, qui excelle dans l’art du coup de théâtre et de la chute, nous propose une oeuvre absolument « loufoque » ! Un grand moment de rire et de détente pour tous.

Critique :
Ce livre est effrayant, angoissant, stressant et il m’a foutu mal à l’aise comme l’ont fait avant lui des dystopie où l’on brûlait des livres, où Big Brother voyait tout, où l’on réécrivait l’Histoire, où les femmes n’étaient que des juments reproductrices…

Et pourtant, il est drôle, amusant et j’ai ri.

C’est la le plus dangereux ! On ri, mais quand on y pense bien, si ce genre de truc arrivait, on serait dans une belle merde !

Imaginez que vous ne soyez plus à l’abri de rien, plus aucun secret, même dans le plus épais coffre-fort, n’est protégé car ces Martiens voient à travers tout…

— Oh… je vois. Jeunes mariés, sans doute ?
— D’aujourd’hui, précisa avec orgueil Dorothy.
— Parfait !… Dans ce cas, je veux bien quelque chose. J’ai entendu parler de vos dégoûtantes habitudes en matière d’accouplement. Je vais vous regarder faire.

Et, en dépit des inhibitions dues à la nécessité d’agir en silence, ce fut quand même une nuit de noces en fin de compte.
Leur satisfaction aurait été entamée (et elle le fut effectivement le lendemain) s’ils avaient su, comme on devait très vite s’en apercevoir, que les Martiens voyaient non seulement dans le noir, mais aussi à travers les couvertures. Ou même les murs. Comme avec des rayons X. Une faculté spéciale comme le couimage, valable avec tous les corps solides. Ils lurent des lettres et des livres sans les ouvrir, déchiffrèrent des documents gardés dans des coffres-forts… Leur acuité visuelle était hors ligne.

Vous baisez sous les couvertures ? Ils voient tout et se permettront même de dire que votre manière de copuler est affreuse, sale et j’en passe. Ils sont curieux et adorent rapporter les ragots, vos secrets les mieux enfouis… Bref, partout où ils passent, c’est le bordel et Big Brother peut aller se rhabiller.

Ils vous rendent dingue à surgir n’importe quand, n’importe où car ces Martiens ont la faculté de se téléporter, enfin, non, de couimer, ce qui veut dire la même chose mais en plus perfectionné. De toute façon, nous sommes trop cons que pour comprendre.

— Est-ce que vous êtes vraiment… euh… un Martien ?
— Nom d’Argeth, mais il est stupide ! Oser encore le demander !

Cherchez pas à devenir amis avec eux, ils sont irrespectueux, farceurs, grinçants, colporteurs de ragots, arrogants, exaspérants, exécrables, grossiers, injurieux, malfaisants, nuisibles, odieux, offensants, perfides, pernicieux, pervers, railleurs et rendraient fous en peu de temps tout un régiment de mois bouddhistes zens.

Ils parlent aussi toutes les langues et en moins d’une heure ils peuvent en apprendre une nouvelle.

Oui, on ri, mais on rigole moins lorsqu’on assiste à l’effondrement de nos sociétés, à celle des Bourses, on entre dans une crise économique plus grave que celle de 1929…

L’industrie du cinéma est à l’arrêt, plus moyen de tourner un film, la radio a cessé toutes émissions, impossibles avec ces petits êtres verts qui foutent le bordel, l’armée est en chômage technique (on ne sait ni les tuer, ni les blesser) aussi et tout ceux qui vivaient autour de ses institutions ne gagnent plus un rond et c’est la récession économique puissance 1.000.

Les seules entreprises qui ne connaissent pas la crise sont les vendeurs d’alcool et les psychanalystes de tout poil.

— Normal, Chouquette, vous les Humains vous êtes bêtes, stupides et vous vous réfugiez dans l’alcool quand ça ne va plus !
— Mais tu vas fermer ta gueule, sale Martien de merde !
— Tu vois, Chouquette, on arrive à vous énerver facilement… Au fait, ceux qui te lisent savent-ils que ton code de CB est le [SPOLIER] et tes codes de PC [CENSURE] [CENSURE] [CENSURE] [CENSURE] [CENSURE]
— Mais tu vas fermer ta gueule, oui ! Pourquoi vous êtes là, au fait ?
— C’est pas tes oignons Chouquette et en plus, tu écris comme un pied. Allez, je me casse…

Tout ça à cause d’un milliard de petits merdeux verts qui sont plus infernaux que des gosses de 5 ans, vous savez, ceux qui savent faire tourner en bourrique les adultes que nous sommes.

Le final, lui, il m’a fait sourire et penser que l’auteur avait bien joué son coup.

Une chouette découverte que ce petit roman de SF désopilant !

Maintenant, j’espère que ces saloperies vertes ne viendront pas nous pourrir la vie, parce que je ne donne pas cher de l’économie Mondiale ! Et tout ça, sans même un conflit… Saletés de martiens, va !

PS : Ce livre a été écrit en 1955, publié en France en 1957, et l’action en 1964.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°37 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris & Lo Hartog Van Banda

Titre : Lucky Luke – Tome 53 – Fingers

Scénariste : Lo Hartog Van Banda
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1983)

Résumé :
Finger est un magicien qui à la manie de voler sans qu’il ne s’en aperçoive. Il se fera arrêter, ira en prison et rencontrera les Dalton. Ils vont finir par s’évader tous les cinq et Lucky Luke va partir à leur recherche. Il va réussir à les retrouver et à les ramener en prison.

À cause d’une gaffe de Finger, le gouverneur rend Lucky Luke responsable des actes de Finger. Luke à la lourde responsabilité de surveiller les doigts habiles de Finger.

À cause de ce magicien, Luke et Finger se feront capturer par les Indiens, Finger réussira un vol de banque sous la surveillance de Luke, notre héros se fera mettre en prison et ils vont éviter une guerre avec les Indiens.

Critique :
Est-ce moi ou cette impression que l’ère Lucky Luke post-Goscinny ne vaut pas tripette ??

Est-ce moi qui me fais des idées ou bien l’impression que cet album a plus d’un dessin animé que d’une bédé, est réelle ?

Si le départ avait bien commencé et que j’avais souri devant les facéties de Fingers, cet étrange prestidigitateur qui a tout d’un pickpocket, on peut dire qu’ensuite ce fut encore plus laborieux qu’un discours d’un politicien en campagne électorale (là au moins on peut rire ou frémir).

Fingers aurait été génial en petite aventure et puis c’est tout. En longue histoire, c’est poussif, les running-gags sont répétitifs (c’est leur rôle mais là, c’était laborieux) et de ce fait, perdent ce qui faisait leur charme et nous on perd le sourire.

Pourquoi les Sioux entrent-ils sur le sentier de la guerre ? Nul ne le saura. Pourquoi leur chef, Chien Rouge, grand ami de Lucky Luke veut-il le sacrifier ? Si vous le savez, merci de me le faire savoir.

La partie avec le duel entre Lucky Luke et le sorcier des Indiens a tout d’un dessin animé et c’est pauvre scénaristiquement parlant.

La parodie du procès de Fingers reste amusante, on y retrouve l’absurdité qui faisait le sel de l’album « Le juge » sans pour autant arriver à son niveau.

C’est parce que je prends soin de mes albums bédés, sinon, ce dernier aurait valsé par la fenêtre.

Je pensais que l’album du Klondike était pour le moment le moins bon avec les exécrables Bandit Manchot et La Fiancée de Lucky Luke, et bien, ils ont trouvés un nouveau compagnon : Fingers !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°35, Le Challenge  « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 36 – Quantrill : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 36 – Quantrill

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1994)

Résumé :
Une bande de cavaliers pro-sudistes sème la terreur à travers toute l’Amérique ! À sa tête, le terrible William Clarke Quantrill, assisté de ses deux lieutenants, les frères James : Frank et Jesse.

Au cours d’un raid mené à Lawrence, dans le Kansas, Jesse James est fait prisonnier par Blutch.

C’est l’occasion rêvée pour le général Alexander de mettre la main sur Quantrill. Il ordonne au sergent Chesterfield de partager la cellule du captif.

Sa mission : s’évader avec Jesse James en espérant que ce dernier le mènera à son chef.

Le caporal Blutch, chargé de les suivre discrètement et d’informer le camp des Bleus, risque de pimenter quelque peu cette aventure périlleuse !

Critique :
Cette mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer les troupes de Quantrill, pilleur professionnel avec sa troupe de bandits portant des uniformes sudistes, sans pour autant être des soldats sudistes.

Mais soyez discret parce que Quantrill n’est pas le lapereau de l’année et ses deux lieutenants sont les frères James, dont un est le célèbre Jesse…

Décidément, le sergent Chesterfield restera un crétin toute sa vie, enfin, il sera un crétin durant toute la guerre de Sécession et il l’était déjà avant…

C’est un personnage qui n’évolue pas, qui n’évoluera pas et qui est prévisible comme ce n’est pas possible. Dans certaines aventures, ce gimmick est amusant.

Le fait qu’il soit têtu comme une mule, imbu de ses galons, imbu de sa personne, curieux, toujours prêt à se faire bien voir des officiers mais toujours prêt aussi à l’ouvrir quand il ne faut pas le met toujours dans des situations pas possibles.

À charge pour Blutch, le caporal qui n’en a rien à foutre de l’armée, de le sortir de là, prenant au passage la punition ou les emmerdes comme lui.

Dans cette aventure véridique – puisque Quantrill a existé – Chesterfield est aussi discret qu’un éléphant en tutu rose dans un magasin de porcelaine et Blutch est mieux camouflé que tous les James Bond réunis.

Malgré les situations horribles (les pillages et toutes les exécutions qui vont avec), ce tome possède de l’humour, des situations cocasses, une vérité historique et le tout est traité sérieusement mais avec une sérieuse dose de rire.

Une fois de plus, nos amis vont encore se trouver dans des situations pas possibles et se retrouveront punis parce que Chesterfield, voulant briller devant les galonnés, a été trop con pour voir le piège grossier qu’on lui tendait et parce que, une fois de plus, il n’a pas voulu écouter Blutch.

Un album nettement mieux que d’autres car au-delà du tome 27 (Bull Run), la série a perdu de son attrait, de son humour, elle est devenue poussive dans certains albums (En Avant l’Amnésique – Les Bleus en folie – Les Planqués – Requiem pour un Bleu – Puppet Blues – La Traque – Les quatre évangélistes – Carte blanche pour un bleu), d’autres, on tournait en rond comme le chien après sa queue en recyclant du vieux (La Traque).

Anybref, les exceptions ne seront pas la règle mais voilà un album qui a du bon et qui fait partie de ceux qui, après le tome 27, sont toujours un plaisir à relire (Grumbler et Fils – Émeutes à New York).

Profitons-en, ils sont peu nombreux ! Avant, nous en avions des très bons, mais ensuite…

— Dans toute histoire qui finit mal, on cherche toujours des boucs émissaires. Dans celle-ci, ils n’ont pas été loin pour les trouver.
Notez qu’on a encore eu de la chance, au départ on devait être fusillés, mais le général a trouvé que c’était encore trop beau pour nous…. 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°30 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 63 – Le Pont sur le Mississipi : Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie

Lucky Luke - Tome 63 - Le Pont sur le Mississipi - Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie
Titre : Lucky Luke – Tome 63 – Le Pont sur le Mississipi

Scénaristes : Xavier Fauche & Jean Léturgie
Dessinateur :
Morris

Éditions : Lucky Productions (1994) / Lucky Comics (2005)

Résumé :
Le chemin de fer, toujours le chemin de fer ! Il arrive sur les 2 rives du Mississipi, à Saint Louis et à Illinoistown.

La traversée des passagers et des marchandises s’effectue par bateau, et le tout est dirigé par les frères Cayman.

Bat Cayman est maire des 2 villes, et les commerces lui appartiennent. Le rythme des traversées dépend plus de l’argent laissé aux boutiques que d’une grille d’horaires nets.

Pour gagner du temps de trajet (on en est toujours là), la construction d’un pont de chemin de fer est décidée.

L’érection de cet ouvrage n’ira pas sans problème, heureusement Lucky Luke passe par là et va réguler les débordements. Tous, sauf ceux du Mississipi !

Critique : 
Ce cher vieux Mississippi ! Je l’avais déjà remonté en bateau mais là, on va faire un pont. C’est tout con, un pont… Ben non !

Entre nous, les frères Cayman auraient dû laisser Lucky Luke monter sur le bateau qui traverse les deux rives du Mississippi (entre Saint Louis et Illinoistown) et ne pas le faire chier, parce que quand on fait chier Lucky Luke, la riposte arrivera plus vite que tu ne le penses.

Si cet album n’a pas la saveur du magnifique « En remontant le Mississippi », puisque Goscinny nous a quitté (putain de test à l’effort !), il en a tout de même le goût et on retrouve tout ce qui fait le sel des aventures du cow-boy solitaire, c’est-à-dire sa pugnacité pour lutter contre les Méchants, qui, dans ses albums, sont souvent plus bêtes que méchants.

Nous n’échapperons pas au duo bien huilé des frères Cayman qui ont tirent toutes les ficelles de la ville (mais pas celles des Tampax© ! Oui, je sors) et qui font fric de tout bois, même sur les ventes de cercueils !

Ils règnent sur les deux villes tels deux mafioso et tout le monde leur refile des parts sur tout. Ils sont de toutes les combines et comme le chantaient si bien les Frères Rap Tout ♫ Faut qu’tu craches, faut qu’tu paies, Pas possible que t’en réchappes, Nous sommes les frères qui rappent tout ♪

Leur petite entreprise ne connait pas la crise car quand on est maire des deux villes traversées par le fleuve capricieux et qu’on est gérant des bacs de transport, le business veut que l’on fasse patienter les gens le plus longtemps possible afin qu’ils dépensent leur argent dans vos saloons, salles de jeux, pompes funèbres…

Il y a de l’humour, surtout avec l’arrivée de Ned, vu dans le tome « En remontant le Mississippi » le meilleur pilote sur le Mississippi, jamais avare d’une anecdote accompagné comme toujours de son acolyte Sam, détenteur du titre du meilleur verseur de café du Mississippi et du Missouri réunis !

— Au fait, vous ai-je raconté le jour où le Mississippi était tellement sorti de son lit que j’ai jeté l’ancre dans le jardin de la Maison Blanche ?

On a de l’action, de l’humour, une belle aventure, un bras de fer avec les frères Cayman, jamais à court de mauvaises idées pour faire capoter la construction de ce pont par l’ingénieur James Eads.

Anybref, on peut le classer dans les Lucly Luke « post-Goscinny » qui sont correct niveau scénario, même s’il ne se classera pas dans les albums de tête de cette ère-là (Le Daily Star reste le meilleur « post-Goscinny » pour le moment).

À savourer avec un bon Mojito.

PS : À souligner un petit anachronisme dans les lectures de Jolly Jumper ! Sur une planche, on voit Jolly Jumper lire Tom Sawyer, or « Les Aventures de Tom Sawyer » ont été publiées en 1876 soit deux ans après les événements relatés dans l’album. Oui, ce qui se déroule dans l’album est véridique. Morris a basé son histoire sur des faits réels et s’est librement inspiré de la construction du Pont Eads, qui relie Saint-Louis, dans le Missouri, à East Saint-Louis dans l’Illinois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°24, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur  et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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Astérix – Tome 22 – La grande traversée : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 22 – La grande traversée

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
Dans le village, c’est l’effervescence. La préparation de la potion magique requiert une certaine quantité de poisson « raisonnablement » frais, et celui-ci vient à manquer.

Plutôt que d’attendre un arrivage de Lutèce qui semble bien compromis, Astérix et Obélix s’embarquent sur un petit bateau de pêche et découvrent les difficultés de l’apprentissage d’un nouveau métier.

Pris dans une terrible tempête, ils accostent sur une terre lointaine peuplée d’étranges mercenaires romains à plumes. Dans quel pays ont-ils donc bien pu accoster ?

Critique :
Mettez vos livres d’Histoire au feu et les profs au milieu, oubliez Colomb, oubliez Amerigo, oubliez les Vikings car ceux qui ont découvert l’Amérique, c’est Astérix et Obélix !

Avec un drakkar Vikings sur leurs talons, certes, mais à la photo finish, les Gaulois furent les premiers à mettre leurs pieds sur cette île qui a tout de celle de Manhattan.

Mais avant de poser les pieds sur une Terre Inconnue bien avant l’émission de Frédéric Lopez, nos Gaulois vont commencer leur aventure par une bonne bagarre au sujet du poisson qui n’est pas très frais.

Incroyable mais vrai, incroyable mais pas frais, Ordralfabétix fait venir son poisson de Lutèce (oui, madame, de Lutèce) alors qu’il a la mer adossée au village ! Pécher du poisson, non mais ça va pas la tête ??

Mon seul bémol sera pour l’excuse un peu bidon qui est le déclencheur de toute cette aventure rocambolesque : il faut du poisson relativement frais à Panoramix pour préparer la poisson magique, pardon, la potion magique et nos deux amis sont donc chargé d’aller en pécher un peu en mer.

Si vous allez pécher avec Astérix et que ce dernier vous demande de jeter le filet, attachez-le d’abord, ne faites pas comme Obélix… Sans poissons à pécher, sans nourriture à avaler, on est heureux de tomber sur les pirates et, pour une fois, on ne leur coulera pas leur bateau.

Bourrés de clins d’oeil, cet album n’est pas le plus fin en calembours, ni le meilleur au niveau des romains, puisqu’ils sont absents, mais voir nos deux Gaulois sur les terres Américaines sans que eux ne le sachent (ils n’auraient pas pu) a un côté amusant.

Loin des magnifiques « Astérix chez les Bretons » ou « Astérix en Hispanie » qui possédaient un scénario et un humour haut-de-gamme, cet album est tout de même plaisant à relire et il sert bien pour commencer le Mois Américain puisque les deux précités avaient, eux aussi, été utilisés en ouverture des Mois Anglais et Espagnols.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°23 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Agatha Raisin enquête – Numéro Spécial – Le Noël d’Agatha – Gare au pudding [Par Dame Ida, Spécialiste Mondiale Très Reconnue de la fiction Agathienne Contributrice Bénévole]

Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Numéro Spécial : LE NOEL D’AGATHA – GARE AU PUDDING

Par Dame Ida, Spécialiste Mondiale Très Reconnue de la fiction Agathienne

Contributrice Bénévole

INTRO : Agatha Raisin, notre détective privée bien connue, n’a pas de projet de voyage au bout du monde pour échapper aux fêtes de Noël qui ont la fâcheuse habitude de renvoyer les célibataires à leur solitude, même lorsqu’ils sont invités quelque part !

Voilà qu’elle se pique de l’idée saugrenue de devenir Dame Patronnesse et d’inviter toutes les personnes âges seules de Carsely pour un Noël qui va évidemment s’avérer tragique, puisque chaque aventure d’Agatha Raisin est inaugurée par le refroidissement définitif d’un habitant de son village qui détient le record mondial de mort violente/habitant …

RÉSUMÉ : Agatha est d’humeur pensive en l’approche des fêtes de fin d’année et en discute avec sa bonne amie, Mrs Bloxby, la femme du pasteur qui lui, malgré son devoir de charité chrétienne ne cache jamais rien de son acrimonie à l’adresse de notre héroïne préférée.

Voilà que devant l’incontournable tasse de thé qui se doit d’occuper les mains quand on papote outre-Manche, Agatha est prise d’une illumination et imagine pour une fois de ne pas s’exiler très loin du monde occidental et de ses traditions en attendant que Noël soit passé, mais d’affronter ces fêtes en faisant le bien !

La voilà décidée à organiser un réveillon chez elle, et d’y inviter toutes les personnes âgées isolées de Carsely dont Mrs Bloxby l’aide à dresser la liste. Il y en a six au total… Plus ou moins valides, plus ou moins sympathiques… Mais ça n’est pas grave, Agatha s’y connaît en personne pas sympathiques et sait ne pas s’en laisser conter et les remettre à leur place si besoin.

Mrs Bloxby prendra la précaution cependant de lui rappeler qu’elle est peut être une bonne organisatrice d’événements de com’ mais que côté organisation de repas, elle est parfois à côté de la plaque, notamment lorsqu’il s’agit de cuisiner autrement qu’en réchauffant une barquette au micro-onde !

Evidemment, Agatha reste Agatha… Et s’accroche à l’idée qu’elle n’est pas moins capable qu’une autre, mais… reconnaissant qu’elle pourrait se laisser déborder en devant gérer ses inviter et la cuisine en même temps, elle admettra l’idée de faire appel à un traiteur…

Sauf pour l’inévitable Christmas Pudding flambé qu’elle se fait un point d’honneur à confectionner elle-même avec l’aide de son ancien collaborateur Roy Silver célibataire lui-même et qui s’est invité chez Agatha pour les fêtes.

Munie du livre de cuisine le plus facile à suivre qui soit du Royaume Uni et de tous les ingrédients requis, les acheter n’étant pas un problème pour Agatha, la voilà partie dans un massacre pâtissier en règle, puisque notre détective n’a pas appris que la pâtisserie, c’est de la chimie et que ça suppose de suivre les étapes à la lettre, et de respecter les proportions au gramme près, sans parler des temps et mode de cuisson, ou les temps de refroidissement…

Et pourquoi réduire en poudre ou en morceau un ingrédient dont on imagine qu’il pourrait « fondre » tout seul comme par magie ? Bref, vous l’aurez deviné ce pudding promet d’être immonde, et le coup d’insecticide passé dessus pour chasser les mouches qui l’ont attaqué n’a certainement rien arrangé…

Roy essaie de rattraper le coup et de cacher la misère en le recouvrant d’un glaçage caramel qu’il maîtrise, et au terme d’un réveillon bien arrosé au cours duquel les esprits de nos chers aînés se sont un peu échauffés, voilà que le moment où les employés du traiteur s’en vont et que l’instant d’apporter le dessert arrive…

Or, tandis qu’Agatha adopte une position improbable pour essayer de flamber son « œuvre » selon l’usage, l’un des petits vieux, pervers notoire qui lui avait offert un string en remerciement de son invitation, lui passe la main sous la jupe pour lui tripoter les fesses.

Allez savoir pourquoi, mais Agatha n’a pas trop apprécié, et le pudding dégoulinant a fini sur la tête de l’obsédé, qui s’écroula raide mort sur le coup…

Evidemment, l’une des invitées crie au meurtre alors que les autres témoins de la scène voulaient protéger Agatha… Mais il fallait bien faire venir la police, l’ambulance etc… Bill Wong prend les choses en main…

Mon avis : Les amateurs de séries anglaises connaissent la tradition qui courre outre-Manche et selon laquelle chaque producteur fait un épisode « spécial » pour Noël.

En général ces épisodes sont l’occasion de retrouver les personnages qui ont accompagné les spectateurs tout au long de l’année, autour d’un épisode ayant sa propre trame scénaristique détachée de la trame habituelle de la série.

Le plus souvent il est question de Noël également. Il s’agit d’une parenthèse, d’un trêve des confiseurs…

Souvenez-vous ! Ils nous ont fait le coup entre les saisons 3 et 4 de Sherlock avec l’Effroyable Fiancée… Et Même Downton Abbey nous avait gratifiés d’un épisode à l’humour tout sauf victorien (qui n’est d’ailleurs pas inclus au coffret)…

Anybref, et bien, cette aventure d’Agatha Raisin est à considérer comme étant dans cette veine. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un roman mais d’une courte nouvelle qui n’atteint pas la quarantaine de pages. Autant dire que c’est vite lu… Et que c’est loin de ressembler à un Agatha Raisin habituel.

Mais rassurez-vous, c’est gratuit ! C’est en effet un petit cadeau offerts aux amis d’Agatha, lors de l’achat d’un autre volume… Et pour tromper le couillon en épaississant d’avantage le volume du livre, on rajoute autant de page en vous mettant le début du premier tome des enquêtes d’Agatha…

Bref, le petit cadeau à faire circuler aux amis pour leur donner envie d’en savoir plus sur la détective la plus gaffeuse du Commonwealth !

Comme c’est court, on retrouve assez peu de personnages secondaires habituels… Mrs Bloxby au début… Bill Wong assez brièvement…

Et Roy qui va partager le réveillon avec elle. Exit Sir Charles et James Lacey ! Les six invités d’Agatha sont de parfaits inconnus…

Comme l’ensemble ne fait que quelques pages, difficile de ne pas spoiler pour vous donner mon avis. Donc… ne lisez pas la suite si vous ne voulez pas en savoir trop…

Quoi que dans ces quelques pages, le style et la description des situations abracadabrantes brillent plus que l’intrigue qui elle est d’une platitude parfaite. En fait il n’y en a pas vraiment.

Personne n’aura évidemment la gougeâterie de faire le lien entre le fait qu’Agatha se sente vieillir et son soudain intérêt pour les personnes âgées… Ni entre l’âge de l’auteur et le plaisir qu’elle a pris pour brosser rapidement les portraits de six petits vieux…

On aura deux morts et un mariage en 40 pages… Mais pas l’ombre d’un assassin. L’innocence d’Agatha triomphant assez rapidement après une autopsie la mettant hors de cause : son pudding n’avait pas tué son invité obsédé…

Cela étant, elle aurait probablement eu huit morts par empoisonnement s’il avait été mangé… Mais bon… Un mariage et deux enterrements… ça me rappelle un film anglais tiens…

Mon impression de l’aventure 17 n’avait pas été très engageante et j’avais dit attendre l’auteur au tournant.

Evidemment, cette brève nouvelle gratuite n’est pas à considérer comme étant la 18e aventure… et je n’exigerai pas le même traitement d’une intrigue en 40 ou 150 pages…

Donc… Je réserve encore ma décision sur la nécessité de confier d’autorité et en urgence la franchise Agatha à quelqu’un de plus doué que l’auteure actuelle.

PS du Cannibal Lecteur : dans 4 mois, c’est Noël !!! (maintenant que j’ai foutu le bordel, je me casse).