And Then There Were none – La Série kill them all !

And Then There Were None est une mini-série britannique en trois épisodes de 55 minutes diffusée du 26 au 28 décembre 2015 sur la chaine BBC One. Elle est adaptée par Sarah Phelps (en) du célèbre roman Dix petits nègres écrit par Agatha Christie.

La série est produite à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance d’Agatha Christie.

1. Synopsis :
En 1939, l’Europe est au bord de la guerre. Dix personnes qui ne se connaissent pas (huit invités et deux domestiques) se retrouvent sur « Soldier Island » (l’Île du Soldat), une île le long de la côte du Devon en Angleterre.

Isolés du continent, leur hôte, un certain U. N. Owen, mystérieusement absent les voilà qu’ils se retrouvent tour à tour accusés de crime. Après que deux personnes trouvent la mort, les autres comprennent qu’un meurtrier est parmi eux.

2. Acteurs principaux :

  • Douglas Booth : Anthony Marston (épisode 1)
  • Charles Dance : Juge Lawrence Wargrave
  • Maeve Dermody : Vera Claythorne
  • Burn Gorman : Detective Sergeant William Blore
  • Anna Maxwell Martin : Ethel Rogers (épisode 1)
  • Sam Neill : Général John MacArthur (épisodes 1-2)
  • Miranda Richardson : Emily Brent (épisodes 1-2)
  • Toby Stephens : Dr Edward Armstrong
  • Noah Taylor : Thomas Rogers (épisodes 1-2)
  • Aidan Turner : Philip Lombard

Ce que j’en ai pensé :
Voilà une série qui « that kills all » !!

C’est sur le blog de Fanny que j’en avais entendu parler et  cette mini-série produite par la BBC m’avait intriguée et éveillé ma curiosité.

Les Dix Petits Nègres ayant été un roman que j’avais dévoré lorsque j’étais plus jeune, au point que je ne voulais plus le lâcher…

Ayant acquis la série de trois épisodes, j’ai profité de mon après-midi de congé jeudi 07 janvier pour visionner la série, bien au chaud sous le plaid, car dehors il pleuvait comme vache qui pisse.

L’atmosphère… Pas de doute à avoir, nous sommes bien dans une série anglaise ! Tout ici sent l’Angleterre ! Le phrasé, le thé, les petits doigts en l’air, le côté gentleman, les classes sociales séparées (une réplique « Je suis médecin, vous n’êtes que secrétaire)…

En plus, j’ai toujours trouvé cette histoire d’Agatha Christie fort sombre car ici, pas de Hercule Poirot ou tout autre enquêteur/détective pour vous donner le sentiment que le coupable sera arrêté.

Non, ici, tout le monde meurt et ceci n’est pas un spolier ! Quoiqu’il arrive, ils y passeront tous, le titre le dit bien. Et comme le disait si bien mon cher Docteur House « Tout le monde ment ».

Quel avantage alors de regarder une série dont on connait le déroulement, le nom du coupable, la fin et toussa toussa ?

La manière dont elle est adaptée, pardi ! Et voilà une très belle adaptation !

Les acteurs, déjà, tous au top. Bien choisi, casting parfait, diction parfaite (vu en V.O-STFr), sérieusement, à les voir jouer, on pourrait croire que ce n’est pas un jeu mais un truc réel, filmé par des caméras cachées un peu partout. Un Blair

Dans le rôle du Juge Lawrence Wargrave, c’était le papa de Tyrion ! Oui, le juge était ce diable de lord Tywin Lannister, celui qui est resté un jour très longtemps assis sur les chiottes… Ceux qui ont vu GOT comprendrons.

Mais je me plaindrais aux producteurs, la présence de Tyrion avec quelques répliques graveleuses ou en train de peloter quelques nichons aurait mis un peu d’ambiance festive dans cette sombritude (néologisme) !

Un autre m’a fait penser à ce brave docteur Watson, en plus énervé et moins sympa… Le Dr Edward Armstrong, joué par un certain Toby Stephens était un personnage brillant.

Son côté obscur, son alcoolisme, son agressivité, sa paranoïa sur la fin… Hummm, un plaisir ! De plus, en fouillant le Net, j’ai appris qu’il était le fils de Robert Stephens, le Sherlock Holmes de « La vie privée de S.H » de Billy Wilder.

Et puis, il y avait le beau et ténébreux Philip Lombard ainsi que le joli cœur amateur de bolides et de poudre blanche, Anthony Marston.

Philip a un corps de rêve, une plastique à damner un sein (faute exprès) et une chute de pelvis qu’on aimerait voir de plus près… Mais pourquoi cette serviette ne tombe-t-elle pas, nom de Zeus !

Nous avons aussi une pétasse bourgeoise et donneuse d’ordres en la personne de Emily Brent et ma foi, sa perte n’en fut pas une grande ! Une espèce de sainte-nitouche qui aurait dû jouir quelques fois dans la vie pour être un peu plus détendue et moins coincée.

La plus angélique semble être celle qui a été engagée par les époux Owen pour faire secrétaire : Vera Claythorne.

Quand aux deux serviteurs de la maison, les Rogers, ils sont tout aussi énigmatiques que les autres, ont eux aussi des secrets inavouables et une certaine gueule à l’emploi pour un film d’épouvante tant ils foutent la trouille.

Tous ont été accusé par un enregistrement d’avoir du sang sur les mains, mais un seul a osé avouer que oui, il avait déjà tué, tous les autres s’enfonçant dans le déni et le téléspectateur découvrira petit à petit leurs sombres secrets

Mais pas chez tous, on en gardera quelques uns pour la fin…

L’atmosphère et les acteurs ne sont pas les seuls à être au poil. La musique aussi ! Angoissante, effrayante, faisant augmenter le rythme cardiaque de la pauvre spectatrice que j’étais, tremblant de peur pour eux tout en bavant de désir devant les deux beaux mâles de l’île.

Les sonorités de la B.O m’ont fait penser que Ramin Djawadi, celui de la bande son de Game Of Thrones, était présent… mais non, ce n’était pas lui, pourtant, ces cordes, ces violoncelles, ça y ressemblait et la bande son a ajouté de la tension à l’affaire.

Certains pourraient reprocher des mots un peu vulgaires, de la drogue, de l’alcool, choses qui ne se trouvaient pas dans le roman d’Agatha, mais moi, ça ne m’a pas dérangé.

Je pense que si j’étais coincée sur une île avec un assassin, je m’enverrais de la blanche dans les narines et de l’alcool dans le gosier. Le contraire ferait plus mal.

Quand aux dialogues, ils volaient plus haut que ceux des 8 salopards… pourtant, nous étions dans un huis-clos, mais ici, la tension était sous contrôle du réalisateur et le tout monte progressivement.

En résumé : une excellente petite série, remplie de tensions, de mystères, de peur, de parano et on a beau savoir QUI a tué, on se prend au jeu.

J’ai visionné les trois l’un à la suite de l’autre tellement j’étais dans l’action.

Étoile 4

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Jurassic World : Quand le Dino est sans Shirley [FILMS]

Fiche technique

  • Titre original et français : Jurassic World
  • Titre québécois : Monde jurassique
  • Réalisation : Colin Trevorrow
  • Scénario : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa et Amanda Silver, d’après certains personnages créés par Michael Crichton
  • Direction artistique : Page Buckner, Christa Munro et David Scott
  • Décors : Ed Verreaux
  • Musique : Michael Giacchino
  • Production :PatrickCrowley,FrankMarshall et ThomasTull
    • Production déléguée : Jon Jashni et Steven Spielberg
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue originale : anglais
  • Format : couleur − 35 mm − 2,00:1 − son Dolby Digital / DTS
  • Genre : aventure, science-fiction, action
  • Durée : 124 minutes
  • Dates de sortie :
    • États-Unis et Québec12 juin 2015
    • France et Belgique : 10 juin 2015

Distribution

  • Chris Pratt (VF : David Krüger) : Owen Grady
  • Bryce Dallas Howard (VF : Barbara Beretta) : Claire Dearing
  • Vincent D’Onofrio (VF : Stefan Godin) : Vic Hoskins
  • Ty Simpkins (VF : Victor Biavan) : Gray Mitchell
  • Nick Robinson (VF : Leonard Hamet) : Zach Mitchell
  • Jake Johnson (VF : Stéphane Roux) : Lowery Cruthers
  • Omar Sy (VF : lui-même) : Barry
  • B. D. Wong (VF : Daniel Lafourcade) : Dr Henry Wu
  • Judy Greer (VF : Anne Massoteau) : Karen Mitchell
  • Irrfan Khan (VF : Asil Rais) : Simon Masrani
  • Katie McGrath (VF : Élisa Bourreau) : Zara Young
  • Lauren Lapkus (VF : Maïa Michaud) : Vivian Krill
  • Brian Tee (VF : Alexandre Guansé) : Katashi Hamada
  • Andy Buckley (VF : Emmanuel Lemire) : Scott Mitchell
  • Eric Edelstein : Nick, le superviseur de la salle de contrôle de l’Indominus Rex
  • Colby Boothman-Shepard : Luke, le jeune dresseur

Synopsis

Avec le rachat de la société de biotechnologie InGen, le jeune milliardaire Simon Masrani a rendu possible le rêve de John Hammond : l’ouverture d’un gigantesque parc d’attractions centré sur le clonage et l’exposition de dinosaures vivants à partir de leur ADN fossilisé dans de lʼambre.

Vingt-deux ans après l’ouverture de Jurassic Park, le « plus grand parc à thèmes jamais construit dans l’histoire humaine« , les scientifiques aux ordres de Claire Dearing (Bryce Dallas Howard) tentent de trouver une nouvelle attraction pour captiver les milliers de visiteurs qui débarquent chaque jour par bateau depuis le Costa Rica. Deux spécimens d’une nouvelle espèce de dinosaure façonnée par la main de l’Homme, Indominus rex, voient ainsi le jour.

Ce que j’en ai pensé :
Voilà, j’ai enfin vu le nouveau Jurassic Park… World ! Bourré de sales bestioles remplies de dents (avec des dents creuses, ces sales bêtes ne pensent qu’à bouffer), ou d’autres paisibles herbivores, pâturant agréablement dans la verte vallée.

Le début plante le décor, les personnages, ça commence doucement, puis on ajoute quelques pulsions d’adrénaline et des senteurs de sueurs froides. Avant que, bien entendu, tout ne dégénère parce que vous le savez « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Mais, malgré toute la débauche d’effets spéciaux, le nouveau T-Rex (Indominus Rex), plus méchant, plus dangereux, plus fourni en dents, plus sadique, plus intelligent que l’ancien Rex du Park, ben ça marche pas !

Ça bouge, c’est bourré d’adrénaline et de testostérones, mais je n’ai pas retrouvé la magie du premier Jurassic Park, celui qui m’avait secoué.

La version World de 2015 manque singulièrement de profondeur dans l’histoire et les personnages.

Les deux gosses perdus dans le parc de 2015 sont deux frères, le plus jeune qui est passionné par les dinos et l’aîné plus fasciné par les créatures sorties de la côte d’Adam… les filles !

Mais j’ai ressenti moins d’atomes crochus avec eux qu’avec les gosses du premier, le gamin, le passionné et sa sœur qui se moquait de tout mais ensuite apprenait et changeait de comportement.

Les deux adultes, un homme et une femme, comme dans le 1, mais si Chris Pratt m’avait fait soupirer de plaisir dans « Les gardiens de la galaxie », ici, il me laisse de marbre. Il est trop gros bras… ça perd de son charme, je trouve.

Non, le nouveau couple me plait moins que le tout premier, qui avait plus de profondeur, plus de glamour, ce n’était pas des Indiana Jones, mais des paléontologues qui avaient dû se décarcasser avec les moyens du bord pour échapper à la grosse bêbête.

Tiens, parlons-en de la grosse bêbête : l’Indominus Rex… L’Homme ne comprenant toujours pas qu‘il ne doit pas jouer à Dieu et créer des espèces en mélangeant des ADN d’autres animaux, au risque de voir la créature se retourner contre lui.

Ok, elle est plus vicieuse que le premier T-Rex, plus intelligente, mais moi, il ne m’a pas empêché de dormir…

Sincèrement, dans le premier, lorsque tout le petit monde était rassemblé devant la cage de Rex, c’était plus flippant qu’ici !

Il pleuvait, il faisait sombre, la chèvre avait disparu, un morceau était retombé sur la vitre du la voiture et ensuite, l’eau du verre s’était mise à faire des ronds. Ça c’était foutrement plus flippant !!!

Ici, quand Indominus Rex marche, ça fait du bruit, mais rien ne bouge ! Même pas les graviers qui sautent, la voiture qui tressaute… ce monstre déplace ces je ne sais combien de tonnes et ça fait autant de vibrations qu’un chaton marchant sur la pointe des coussinets !! Manque de réalisme, là, les gars…

Idem pour les Raptors, ceux qui me faisaient flipper quand on entendait leurs griffes sur l’inox de la cuisine. Oui, je flippais… pas ici, ça manque d’un truc : le sel ! C’est fade.

Je saluerai les petits clins d’œil au premier film : le mec de la sale de contrôle avec un t-shirt « Jurassic Park », la musique qui est constituée de quelques-uns des principaux thèmes composés par John Williams (les deux premiers volets), l’ancien parc, envahit par la végétation, la banderole que le T-Rex avait faite tomber, les vieilles jeeps…

Ce qui m’avait plu aussi dans le premier, c’était le milliardaire John Hammond, vieux barbu ventripotent qui avait tout de l’image d’un Dieu, qui, tout fier de sa création, n’avait pas pensé une seule seconde qu’elle lui échapperait.

Répétant à l’envi qu’il avait dépensé sans compter, il illustrait bien le savant un peu fou, riche, qui a voulu jouer et réveiller le chat endormi pour toujours.

Ce vieillard qui répétait que tout était sous contrôle et que les dinos ne pouvaient pas se reproduire (ils ne produisaient que des femelles) avant que la caméra ne nous montre des œufs en train d’éclore.

Le message du premier était subtil, celui de 2015 est brut de décoffrage. Oui, la cupidité est aussi au rendez-vous, mais le personnage qui joue le cupide est exécrable, on le sent venir de suite, j’aimais mieux le gros du premier film (Nedry), qui n’avait pas l’air d’un méchant, celui qui glissait dans la boue, sous la pluie, avant de se faire asperger à mort par un dino qui avait l’air tout gentil.

Puisqu’on parle des dinos… là aussi je trouvais plus de réalisme quand le Dr. Ellie Sattler caressait le tricératops comparé à Owen Grady (Chris Pratt) qui caresse la tête d’un diplodocus. L’émotion était présente en 1993, pas en 2015.

Bon, je ne tire pas à boulets rouges sur le Jurassic World, mais il manque singulièrement de saveur, de profondeur, d’âme, de sel, de subtilité, d’émotions…

Niveau effets spéciaux, il dépasse bien entendu son ancêtre de 1993.

En fait, le soucis vient que je l’ai comparé au premier volet… si ce film avait été le seul, il aurait réuni tout ce qu’un adepte de l’adrénaline demande. Je l’aurais super bien aimé, même.

Mais j’attendais un peu plus que de la testostérone et de l’action… je ne veux pas QUE ça, j’apprécie aussi un peu de profondeur, même au milieu de bestioles disparues depuis de millions d’années !

Dix petits nègres : Agatha Christie

Titre : Dix petits nègres

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1939) / Livre de Poche (2004) / …

Résumé :
Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent.

Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités.

Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres.

Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes.

Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît.

Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte.

Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Petit plus : Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue…

La reine du crime nous livre ici un classique de la littérature policière !

Critique :
Peut-on être fan de romans policiers et ne pas lire la reine du crime, j’ai nommé : Agatha Christie ? Difficile…

De toute façon, on ne peut pas lire Agatha Christie sans passer par « Dix petits nègres ».

Il ne fut pas mon premier livre de cette auteur, mais une fois que j’ai entamé celui-là, j’ai eu du mal à m’en détacher, au point que, lorsque ma mère avait crié « à table » je m’étais dirigée à la cuisine et continuant de lire, comptant bien lire en mangeant (un de mes vices).

Ce dont il ne fut pas question ! Non, je ne lirais pas à table, non je ne sauterais pas le repas non plus. La mort dans l’âme, j’avais posé le livre et dévoré mon assiette pour le reprendre plus vite.

Il fait partie des livres dont j’ai eu le plus difficile de me détacher.

D’ailleurs, plus de 20 ans après, je me souviens toujours du coupable et du pourquoi.

Histoire haletante, huis clos dantesque, suspense, frissons, questions, aussi, sur le pourquoi tous ces gens sont réunis et sur ce qu’ils ont fait.

Oui, ils sont tous coupables d’une chose où l’autre, ont du sang sur les mains, de manière directe ou indirecte…

Par exemple, les Rogers n’ont pas assassiné Jennifer Brady, dans le sens qu’ils ne lui ont pas donné un coup de couteau. Ils se sont contentés de ne pas agir pour la sauver.

L’absence de Poirot avait failli me dissuader d’acheter ce roman, mais je m’étais dit que « oh, après tout, on verra bien ». J’avais tout à fait raison !

L’ambiance du livre est lourde, le climat paranoïaque, le huis clos pesant entre les protagonistes, le compte à rebours est implacable et il décompte les gens qui restent sur l’île, le suspense est présent de bout en bout, et ce, jusqu’au bout.

Ne croyez pas que tout est fini dans les dernières lignes tant que vous n’avez pas vu le mot « fin ».

Et le dénouement était à la hauteur de mes espérances, même au-delà puisqu’il me fit l’effet d’un uppercut dans la mâchoire, n’ayant rien vu venir.

Bref, la reine du crime a frappé un grand coup avec ce roman devenu culte.

Et que dire des liens entre les dix phrases qui étaient inscrites sur le tableau et les meurtres qui ont suivi ? Du grand art, tout simplement.

C’est vraiment un excellent livre à lire et je trouve que c’est le meilleur de tous les livres d’Agatha Christie.

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Je sais qui tu es : Yrsa Sigurdardottir

Je sais qui tu es - SigurdardottirTitre : Je sais qui tu es                                       big_3-5

Auteur : Yrsa Sigurdardottir
Édition : Points (2013) / Belgique loisirs (2013)

Résumé :
Trois amis s’embarquent pour une drôle d’aventure : retaper en plein hiver une maison abandonnée à Hesteyri, village désert de la région des fjords, à l’ouest de l’Islande, pour le transformer en gîte estival.

Chacun a des motivations très différentes pour s’imposer ce défi : Garðar y voit l’occasion de s’en sortir et de regagner l’admiration de sa femme, Katrín, qui l’accompagne par pure solidarité conjugale. Leur amie Lif les suit, c’est pour elle une chance de faire le deuil de son mari, récemment décédé.

Tous trois ont une chose en commun : ils s’attendaient à être seuls.

De l’autre côté du fjord, la police fait appel à Freyr, un psychiatre brisé par la disparition mystérieuse de son fils, trois ans auparavant, pour éclaircir les circonstances troubles du suicide d’une vieille femme.

Il ne s’attendait pas à ce que cette enquête le ramène à son drame personnel.

POLAR - je sais qui tu esCritique : 
« Lire ce roman seul(e) dans une maison à la campagne est fortement déconseillé » disait l’inscription sur la couverture. Alors, qu’en est-il ? Accroche commerciale or not accroche ?

Si je devais trouver une comparaison avec une autre lecture en huis-clos, qui fiche la trouille et que j’ai lu « adulte », je dirais que « Shining » est bien plus flippant. Mais ceci est mon avis personnel, bien entendu.

Certes, les chapitres consacrés au trio qui s’est embarqué dans un trou perdu pour retaper une maison en plein hiver, alors que le village est désert, sont assez angoissant. J’ai tremblé pour Garðar, Katrín, Lif et le petit chien Putti.

Pas autant eu peur que lors de ma lecture de « Shining », mais bon, je sentais monter la trouille et le sentiment oppressant du huis-clos, m’en délectant à l’avance.

Là où la pression est retombée comme un soufflé, c’est quand on est passé à l’autre histoire du livre : Freyr, un psy brisé auquel les flics ont fait appel pour une classe vandalisée et le suicide d’une vieille dame dans une église.

Pour illustrer le fait que ma tension artérielle soit retombée en flèche dès le chapitre II, je pourrais comparer ça avec un show érotique qui serait soudain coupé par un épisode de l’inspecteur Barnaby. Douchée je fus, mon adrénaline retombant dans les chaussettes, mais j’ai poursuivis ma lecture, ne comprenant pas très bien le rapport.

À force d’alterner les chapitres, j’avais les nerfs en pelote dû aux multiples cliffhanger des trois lascars (et le chien) dans leur trou perdu où ils n’ont pas l’air si seuls qu’ils le pensaient. Des événements troublants s’y déroulent et c’était une déchirure véritable que de les quitter. Encore une auteure sadique !

Après quelques chapitres, j’avais compris que ce qu’il se passait dans la « petite » enquête du psy aurait toute son importance plus tard et je me suis passionnée pour ces mystères, me demandant constamment comment tout cela allait se terminer et être expliqué.

Je me doutais que tous ces faits inexplicables mettraient à jour un truc bien plus terrible et je dévorais ce roman.

Le style d’écriture était agréables, profond comme le sont les écrivains islandais, mais sans s’étendre sur les descriptions de paysages, parlant plus des personnages et de leurs blessures. Les moments « trouilles » montaient en puissance et je sentais monter l’orgasme littéraire poindre. Que du bonheur, quoi.

Là où le bât à blessé, c’est dans les explications finales… Les premières m’avaient comblées de plaisir à cause de leur ingéniosités et de leurs perversités, me donnant quelques coups de pied au cul en passant. Je vous dit, j’approchais du Saint-Graal !

Mais… Il y a un « mais » ! Je ne m’attendais pas du tout à la présence d’un élément qui est venu foutre par terre une partie de mon plaisir. C’était pire que si on m’avait annoncé que le chien des Baskerville était bel bien sorti tout droit des Enfers !

Un peu comme si, messieurs, votre strip-teaseuse sensuelle, après avoir fait monter la tension jusqu’à l’ultime dévoilement, alors qu’elle serait en train de retirer son string avec lenteur, le dos tourné, vous faisant hurler de plaisir… Et au moment où elle se tourne, vous apercevez un énorme membre viril… C’était un Katoï. Et bien, ça fait cet effet là !

Lorsque je lis King ou Sire Cédric, je m’y attend, ça ne me choque pas, mais ici… Il m’a fallu du temps pour avaler cette explication là ! Un peu trop facile, un peu trop capillotractée je trouve.

Malgré ce gros bémol, ce fut tout de même une belle lecture angoissante, mais je grogne sur une partie des explications finales.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et au Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires.

CHALLENGE - Nordique loups_scandinavieCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)

Le sang des pierres : Johan Theorin [Saga Quatuor de l’île d’Öland 3]

Sang des pierres - Johan Theorin
Titre : Le sang des pierres                                  big_2-5

Auteur : Johan Theorin
Édition : Le Livre de Poche (2013)

Résumé :
À la fonte des neiges, les gens du continent regagnent l’île d’Öland. Peter Mörner s’est installé dans la maison familiale, pour trouver la paix, loin de son père.

De sa luxueuse villa, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Gerloff, vieux loup de mer, a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance…

Mais la mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l’hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent…

Petit plus : Après le brouillard d’automne de « L’Heure trouble », l’hiver, saison du deuil, de « L’Echo des morts », Johan Theorin tresse ici un suspense virtuose où se mêlent présent et passé sur fond de réveil printanier des forces de la nature.

L’intrigue balance entre le présent de l’île et son passé pauvre et ténébreux, peuplé de noyés, de fantômes, d’elfes et de trolls. Pourtant, l’histoire parvient à se maintenir jusqu’au bout à la lisière du surnaturel sans jamais la franchir tout à fait.

Sang des pierres - ThéorinCritique : 
Deux suédois enfilés l’un après l’autre, c’est un peu indigeste… Je parle, bien entendu, de lire deux polars suédois l’un après l’autre ! Surtout que ce roman, comparé au précédent, n’est pas un foudre de guerre niveau rapidité de l’action.

L’auteur prend vraiment son temps pour nous amener là où il veut nous conduire et ça n’a tenu qu’à un cheveu de fées si je n’ai pas lâché ce roman après 100 pages, tant j’attendais – en vain – un cadavre !

« On peut mener un cheval à l’abreuvoir, mais on ne peut pas le forcer à boire » dit le dicton… mais puisque j’étais à l’abreuvoir, je me suis dit qu’il serait bête de ne pas continuer afin de voir ce qui lui valait l’étiquette rouge « Prix des lecteurs – Sélection 2013 ».

Rien de neuf sous le soleil de minuit avec ce polar qui se déroule sur l’île d’Öland, mais je ne regrette pas de m’être accrochée parce que le final est plus trépidant que tout le reste et niveau action, ça bougeait plus que le postérieur d’une danseuse de samba quadragénaire. Ce qui n’est déjà pas si mal, comparé au départ !

Les deux premiers crimes, ici, seront dû à un incendie criminel et c’est Peter Mörner, personnage principal, qui va mener sa petite enquête, plus pour en apprendre sur son père que pour en découvrir l’auteur. Il faut dire qu’il connait peu son père qui avait des activités un peu… Non, non, je ne dirai rien de ses activités, z’avez qu’à lire le livre, tiens !

Tiens, un autre crime ! Ah, il était temps !

Niveau personnages et contrairement au revêtement Téfal, ils sont très attachants, c’est d’ailleurs une des choses qui m’avait incité à poursuivre ma lecture.

Nous avons plusieurs personnages qui sont récurrents, sur cette île d’Öland, et j’ai apprécié que, durant la narration, nous fassions des petits crochets dans le temps, lorsque l’un ou l’autre des protagonistes se souvient de son jeune temps.

L’écriture est « simple », autrement dit, sans chichis, sans phrases alambiquées et les références aux fées et aux trolls sont légion, dans cette partie de la lande de l’île.

Bref, un roman agréable, aux atmosphères creusées (mais j’ai déjà lu des atmosphères plus mieux), assez lent, même si, a contrario, je l’ai lu en peu de temps. Par contre, je ne lui accorderai pas le « prix des lecteurs ».

Lu et passé un bon moment, mais sera oublié d’ici peu. Et puisque la légende raconte que sur cette île d’Öland, il suffit de faire un vœu en déposant une offrande pour les fées dans le creux d’une table en pierre, et bien, j’ai fait le vœu d’avoir une lecture « coup de cœur » pour le prochain livre.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (prix des lecteurs 2013 – sélection)  et  « Un hiver en Suède » de Mes chroniques Littéraires (plus au Marathon Lecture organisé par elle-même le 22 & 23 mars 2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)Winter on the island IICHALLENGE - À tous prix

Ric Hochet – Tome 2 – Mystère à Porquerolles : A-P Duchateau & Tibet

Ric Hochet 2 - Mystère à PorquerollesTitre : Ric Hochet – Tome 2 : Mystère à Porquerolles       big_5

Scénariste : A-P Duchateau
Dessinateur : Tibet

Édition : Le Lombard (1964) 

Résumé :
Ce matin-là, Ric Hochet apprend que son ami Bob Drumont, en reportage à Porquerolles, a disparu depuis deux jours. Inquiet, le journaliste décide d’aller là-bas pour tirer cette affaire au clair.

Sur place, la disparition de Bob demeure fort mystérieuse et Ric a bien du mal à obtenir des informations…

A Toulon, il a découvert dans une boutique le bijou fétiche de son ami.

A Porquerolles, à l’hôtel de la Marine, la chambre réservée par Bob a subi une fouille sévère. Tout porte à croire que ce dernier a été victime d’un enlèvement surtout lorsque Ric reçoit un message codé de Drumond l’incitant à rester sur l’île et à se méfier d’un certain « B ». Serait-ce le Baron de Gusbin, le mécène de Porquerolles ?

POLAR - RC PorquerollesCritique :
Les bédés sorties il y a longtemps auront toujours un avantage indéniable sur les contemporaines : 62 planches au lieu des minables 46. On en avait pour son argent.

Le scénariste peut prendre son temps et ne doit pas résoudre le tout à la hussarde, dans la dernière case de la dernière page.

Voilà pourquoi avec ses 60 pages d’aventures (on commence à la page 3) et son excellent scénario, couplé à de bons dessins, « Mystère à Porquerolles » est une des meilleures aventures de Ric.

Déjà, l’endroit idyllique qu’est l’île de Porquerolles est dépaysant lorsqu’il pleut comme vache qui pisse dehors.

De plus, le mystère est là : Bob Drumont, en reportage sur l’île, a disparu. Ric y est envoyé et directement, il se passe des choses étranges et on ne veut pas que certaines personnes parlent.

Bon, page 14 on apprend déjà qui est un des « méchants », mais le lecteur est loin de se douter de toutes les complicités. Bien qu’en en découvrant une de plus, il reste toujours le cerveau de tout, celui dont on ne voit quasi rien.

Ric va devoir se méfier s’il ne veut pas que sa deuxième aventure soit aussi la dernière. Heureusement, bien qu’on essaye cent fois de le tuer, il passe au travers de tout.

Aventures, rebondissements, soleil, mystère, trappe souterraine, écoute de chambre, déguisements et ce n’est que sur la fin qu’on apprend qui était le cerveau.

Lors de ma première lecture, je n’avais pas trouvé, maintenant, j’ai beau le savoir, relire cette aventure – qui fait partie de mes préférées – est toujours un plaisir agréable.

Duchâteau maîtrisait ses scénarios et savait nous cacher des indices importants sans que l’on fasse le rapprochement et sans utiliser des artifices partant dans tous les sens comme il fera souvent ensuite.

Bref, c’était du Ric Hochet grand cru, celui-là. Après, on a eu de la piquette.

Le mystère Sherlock Holmes : Pièce de théâtre

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« Le mystère Sherlock Holmes » de Thierry JANSSEN

Mise en scène : Jasmina DOUIEB
Costumes : Ronald BEURMS

Avec :
Nicolas OSSOWSKI (SHERLOCK HOLMES)
Othmane MOUMEN (WATSON)
Ana RODRIGEZ (IRENE ADLER)
Jo DESEURE (LA COMTESSE)
Gérald WAUTHIA (OSWALD)
Thierry JANSSEN (RICHARD)
Didier COLFS (LESTRADE)

Quand : Du jeudi 18 avril au samedi 18 mai 2013

Où :Théâtre Royal du Parc, rue de la Loi, 3 à 1000 Bruxelles

2356227217.3Et oui, désolé de vous apprendre que c’est trop tard et que vous ne pourrez pas voir cette super pièce… Moi même, je suis allée la voir durant le long week-end de l’ascension et là, c’est fini…

Bon, pour que vous séchiez vos larmes, je vais vous parler de la pièce et vous dire tout le bien que j’ai pensé d’elle.

Parce que, il faut dire une chose, il n’est pas évident de rallier des spectateurs de tout âge avec une pièce sur le détective le plus célèbre.

Thierry Janssen, le metteur en scène y est parvenu, réussissant le tour de force de plaire à une holmésienne telle que moi et de plaire aussi à mon homme,  néophyte en la matière. La seule différence étant que moi j’ai repéré les adaptations non canoniques et pas lui…

L’année dernière, ils avaient proposé « Le tour du monde en 80 jours », qui avait été un succès.

Avec « Le mystère Sherlock Holmes », ce talentueux adaptateur a mis en scène un spectacle populaire, de qualité, bourré de rebondissements et d’humour, épicé d’un brin de grand guignol, mâtiné d’univers à la Tim Burton et Lewis Carol, d’un soupçon de fantastique enfermé dans un huis clos, d’une touche de sensuel, de références canoniques, de références à d’autres films, le tout baignant dans le sang et le mystère plus épais que le smog londonien.

Moi qui suis une mordue de Sherlock Holmes, je me suis régalée et mon homme aussi.

Avantage ? La pièce, vous ne la verrez nulle part parce qu’il n’a rien adapté ou pompé une intrigue déjà existante. Non, il a tout écrit ! Na !

Au commencement de la pièce, il était une fois Sherlock Holmes qui était revenu de son Grand Hiatus et qui, n’ayant plus Moriarty sous la main, s’emmerdait ferme.

Watson fut bien tenté de le faire lever de son fauteuil où il était engoncé, la seringue dans son bras presque enfoncée. Mais Holmes a encore de la vivacité, bien qu’il vive dans la fumée, avec les rideaux tirés.

Premières impressions des personnages : Holmes est grand, athlétique, bien que sa figure soit maquillée trop blanche.

Watson, plus petit, mince, moustache, horrible costume, mais je le trouve sexy et j’ai bien aimé son rôle de garde-fou du détective, son rôle d’ami, même si Holmes lui répète à l’envi qu’il n’est pas son ami.

Watson ne veut pas qu’il se drogue et leur passe d’arme à la canne bouge dans tous les sens. Dès le départ, le rythme est là.

Petite psychanalyse à la Freud ?

Arrive Irène Adler pour un pas de danse avec l’homme du 221b. Là, bien que la scène soit sensuelle, je n’ai pas aimé l’actrice, sa manière de parler, d’en faire trop, et la robe qu’elle portait, bien que l’échancrure ait dû ravir les premiers rangs, elle n’était pas victorienne.

Mention spéciale à l’inspecteur Lestrade qui mérite une invitation à un prochain dîner de cons… Lapsus dans ses expressions, nous sortant des « ne pas chercher Médée à quatorze heures » ou « on n’est pas sorti de l’asperge« , jonglant maladroitement avec les mots, les tordant dans le mauvais sens, se moquant bien du style.

Il est drôle et il jalouse Holmes parce qu’il ne lui arrivera jamais à la malléole.

Si le commissaire Lestrade débarque à Baker Street (sans savoir que Holmes est vivant – on ne lui dit jamais rien), c’est parce qu’il a un mort sur les bras et que, comme d’habitude, il ne sait pas comment résoudre son enquête.

Une enquête ? Voilà le mot magique qui va booster le moral de Sherlock Holmes. Bien que lorsqu’il apprend l’endroit du crime, il se doute qu’il doivra affronter ses vieux démons…

Je vous explique la future enquête qui va se dérouler dans une ambiance angoissante : nous sommes le soir de Noël et notre petit monde (Irène comprise) file en barque vers l’île.

620658815Cette île possède un manoir et c’est là que Sherlock a passé son enfance.  Enfance que l’on doute brisée par quelque chose de grave.

Mais en ce qui nous concerne, c’est le comte Arthur Blackmore a été trouvé mort au pied de la falaise… Suicide ou meurtre ? Je ne vous gâche pas la surprise de ce que Holmes vous apprendra sur le comte.

Où est l’angoisse ? *roulement de tonnerre* C’est une île que l’on dit maudite, elle serait, selon la légende, sise sur la Bouche des Enfers *roulement de tonnerre* et elle est constamment envahie par les brumes (qui ne comptent pas pour des prunes).

De plus, on accède à cette île maudite à l’aide d’un passeur encapuchonné dans un sinistre manteau… Ce mec fait froid dans le dos lorsqu’il tend la main pour recueillir son obole.

Le huis clos ? L’île se retrouvera cernée par les glaces… Coupée du monde !

Je vous avais parlé de l’ambiance à la Tim Burton sur scène et dans l’adaptation ? Oui, et bien, j’vous explique plus en détail :

Avec la rencontre du fils du châtelain, Richard Blackmore, en version chapelier fou et taxidermiste dingue, on ne pouvait pas mieux tomber. Mr. Lewis Carroll fut son professeur de littérature. Suite à un traumatisme violent, le jeune comte infortuné n’a jamais grandi. Il est un peu innocent, simple d’esprit, sporadique… Thierry Janssen endosse ce rôle magistralement.

3362515160.4Sa mère, la mystérieuse comtesse Margaret Blackmore (et épouse du défunt Arthur), est une parfaite silhouette Timburtonienne qui cache à tous un passé inavouable. Flanquée d’Oswald, un majordome monstrueusement bossu et d’un chien nommé Cerbère, pour parachever l’ambiance fantastique.

600503442Quoi de mieux pour faire remonter à la surface les blessures de l’enfance de Sherlock ?

La belle Irène ? Oubliant Holmes, elle se métamorphose en une vamp sensuelle en quête d’hommes à croquer ou de bijoux à dérober, dans l’ordre ou le désordre. Dans le rôle, Ana Rodriguez m’a moins convaincue que les autres.

Et c’est parti pour un autre moment de folie, sans temps mort, mais où les cadavres se suivent à la queue-leu-leu !

Le château est macabre, le parfait décor pour des incantations sataniques ou des étranges rituels de magie noire.

1036181541On se croirait dans Alice au pays des Merveilles avec le Chapelier fou qui s’amuse à servir le thé, sans oublier des allusions au Docteur Jekyll et Mr. Hide et au mythe du Cthulhu, de Lovecraft. Les références sont trop nombreuses et il faudrait une seconde vision pour tout repérer.

En quelques mots, il y a des squelettes dans les placards, les gens perdent la tête, les cadavres disparaissent et Sieger, le fantôme du père de Holmes erre sur la lande…

Voici Sherlock Holmes à la recherche de ses racines, tentant de résoudre le nouveau mystère et un ancien, que je ne dévoilerai pas. Il lutte contre la figure paternelle, ressentant des bouffée de nostalgique de l’amour maternel.

L’homme de Baker Street doit affronter le déferlement de ses émotions : « Tous ces souvenirs m’empêchent d’y voir clair. Je ne sais plus qui je suis » nous dira-t-il.

Oui, Sherlock Holmes, bien qu’il le cache, nous laisse apercevoir une part de son humanité, celle qu’il cache bien.

« Te crois-tu assez courageux pour vaincre tes propres démons ? » demandera Violet, la mère de Sherlock Holmes, dans un rêve.

Non, on ne connaît pas le véritable nom des parents de Holmes, mais les holmésiens sont partis du principe que si Holmes, durant le Grand Hiatus, a choisi de voyager sous le nom de Siegerson, c’était en référence au prénom de son père « Sieger » puisque son nom voudrait dire « Le fils de Sieger ».

Quand à la mère et son prénom « Violet », cette hypothèse vient du fait qu’une bonne moitié de ses clientes se prénomment Violet et que c’était le prénom de la mère de Conan Doyle.

Certes, l’auteur prend des libertés avec l’enfance du héros. Le tout est supposé, puisque nous savons peu de chose… Pour ne pas dire rien. C’est ici que l’holmésien fera la différence avec le non-initié.

Les ingrédients d’un bon moment sont donc tous réunis pour le plus grand plaisir des grands : crime, sang, vengeance, jalousie mortelle, des passages secrets menant droit aux Enfers débordants de flammes dévorantes, mystère et introspection au son d’un violon tout aussi endiablé…

Oui, tout est fait pour terroriser et pour plaire à un public friand de mystérieux et de macabre.

Attention, ne mangez rien, les mets sont empoisonnés ! Quant au cake à la carotte de la mère de Sherlock, c’est sa madeleine de Proust.

4105198077Une enquête parsemée de cadavres et de fausses pistes… Mais sont-elles si fausses que ça, les pistes ? Holmes a l’air de patiner un peu sur cette enquête, se faisant prendre à partie par l’inspecteur Lestrade.

Ah, Lestrade n’en a pas fini de jalouser l’intelligence du grand Sherlock Holmes qui possède cette mémoire étonnante et cette logique tellement prompte  et … intuitive.

Nous aurons même droit à certaines interrogations que la plupart des holmésiens se sont posées un jour, que certains auteurs ont mises en scène (L’ultime défi de Sherlock Holmes). Une fois de plus, cela ravira l’holmésien, quel que soit son niveau (les niveaux 7 à 10 ne doivent pas oublier de prendre leurs pilules).

Thierry Janssen s’inspire de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle, multipliant les clins d’œil au canon holmésien, aux films et séries, entrant aussi dans le terrier de « Alice » et faisant référence à la « Chasse au Snark » (toujours de Lewis Caroll).

J’ai adoré Holmes (Nicolas Ossowski) qui a une allure parfaite, très calme,  très britannique  et qui convient  bien  personnage de Sherlock.

Un tonnerre d’applaudissement aussi pour Watson (le jeune Othmane Moumen) et son agilité de cabri, sa bienveillante patience et son amitié indéfectible, car Sherlock Holmes est plutôt rugueux malgré ses apparences de Dandy : « Seule la logique vous sauve de l’ennui ».

Lestrade souffrira d’irritation chronique devant tant de suffisance. Lestrade, notre enquêteur  maladivement jaloux de Sherlock Holmes et totalement dépourvu d’imagination.

Pas d’hérésie canonique non plus avec des ustensiles inadaptés : Holmes et Watson porteront une grande cape, pour aller sur l’île, mais pas un vilain macfarlane. J’aurais bien piqué leurs capes à la fin de la représentation, d’ailleurs. Juste un petit deerstalker passe-partout et pas l’horrible que nous voyons dans certains films.

Oui, l’univers de Conan Doyle était bien présent, mâtiné de celui d’autres.

Un final on ne peut plus inattendu, mais tout à fait plausible. « Inattendu » dans cette pièce, mais j’avais déjà lu de pareils scénarios… cela ne m’a pas empêché de le savourer.

Même la musique était bien trouvée. Heureusement, une mauvaise musique aurait fait foiré l’excellente mise en scène.

Les coups de tonnerre et les éclairs sont de la partie, les coups de feu tirés dans le mur aussi, ainsi que les musiques d’épouvante. A croire que le tout fut savamment orchestré par … le Diable  lui-même.

Dans cette pièce, les surprises déferlent dans un rythme infernal, « à en avoir la chair de poulpe » selon le mot de l’inspecteur Lestrade, qui se gorge de lapsus drolatiques.

Il y a une accumulation de procédés qui donneront à cette mise en scène un côté satirique très désopilant et le texte est bardé d’humour et de parodies savoureuses qui a tenu le public en haleine.

MAGNIFIQUE !

Allez, deux p’tit extraits :

Sherlock Holmes : Je ne suis qu’un mensonge ! Une erreur ! L’Enfant d’un ange et d’un démon !!!
Lestrade : Vous aussi vous croyez à ces légendes ?
Sherlock : Absolument pas. C’est juste pour l’atmosphère !

****

Sherlock : Ces traces confirment qu’on a bien traîné ici les corps du Comte et d’Oswald. Sentez-vous ce courant d’air ? Ce passage secret ouvre sur l’extérieur.
Watson : Aïe !
Sherlock : Quoi ?
Watson : Je me suis brûlé avec la cire.
Sherlock : Vous êtes plus douillet qu’une femme ! Approchez votre flamme par ici, près de la roche. Vous voyez ?
Watson : Qu’est-ce que c’est ?
Sherlock : Des symboles cabalistiques. Ces dessins m’ont l’air très anciens. Ils datent certainement de bien avant la construction du Manoir.
Watson : Mais où  sommes-nous ?
Sherlock : Dans la Bouche des  Enfers !!!
Watson : Bon sang de bonsoir !
Sherlock : Silence !

Dix petits nègres : Agatha Christie

Titre : Dix petits nègres

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1939) / Livre de Poche (2004) / …

Résumé :
Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent.

Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités.

Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres.

Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes.

Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît.

Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte.

Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Petit plus : Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue…

La reine du crime nous livre ici un classique de la littérature policière !

Critique :

Peut-on être fan de romans policiers et ne pas lire la reine du crime, j’ai nommé : Agatha Christie ? Difficile…

De toute façon, on ne peut pas lire Agatha Christie sans passer par « Dix petits nègres ».

Il ne fut pas mon premier livre de cette auteur, mais une fois que j’ai entamé celui-là, j’ai eu du mal à m’en détacher, au point que, lorsque ma mère avait crié « à table » je m’étais dirigée à la cuisine et continuant de lire, comptant bien lire en mangeant (un de mes vices).

Ce dont il ne fut pas question ! Non, je ne lirais pas à table, non je ne sauterais pas le repas non plus. La mort dans l’âme, j’avais posé le livre et dévoré mon assiette pour le reprendre plus vite.

Il fait partie des livres dont j’ai eu le plus difficile de me détacher.

D’ailleurs, plus de 20 ans après, je me souviens toujours du coupable et du pourquoi.

Histoire haletante, suspense, frissons, questions, aussi, sur le pourquoi tous ces gens sont réunis et sur ce qu’ils ont fait.

Oui, ils sont tous coupables d’une chose où l’autre, on du sang sur les mains, de manière directe ou indirecte…

Par exemple, les Rogers n’ont pas assassiné Jennifer Brady, dans le sens qu’ils ne lui ont pas donné un coup de couteau. Ils se sont contentés de ne pas agir pour la sauver.

L’absence de Poirot avait failli me dissuader d’acheter ce roman, mais je m’étais dit que « oh, après tout, on verra bien ». J’avais tout à fait raison !

L’ambiance du livre est lourde, le climat paranoïaque, le huis clos pesant entre les protagonistes, le compte à rebours est implacable et il décompte les gens qui restent sur l’île, le suspense est présent de bout en bout, et ce, jusqu’au bout.

Ne croyez pas que tout est fini dans les dernières lignes tant que vous n’avez pas vu le mot « fin ».

Et le dénouement était à la hauteur de mes espérances, même au-delà puisqu’il me fit l’effet d’un uppercut dans la mâchoire, n’ayant rien vu venir.

Bref, la reine du crime a frappé un grand coup avec ce roman devenu culte.

Et que dire des liens entre les dix phrases qui étaient inscrites sur le tableau et les meurtres qui ont suivi ? du grand art, tout simplement.

C’est vraiment un excellent livre à lire et je trouve que c’est le meilleur de tous les livres d’Agatha Christie.

Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » chez Kabaret Kulturel et « Les 100 livres à lire au moins une fois » de Bianca.

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Shutter Island : Dennis Lehane

Shutter Island - Lehane (2)

Titre : Shutter Island

Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2006)

Résumé :

Shutter Island est un îlot au large de Boston où un hôpital psychiatrique semblable à une forteresse accueille des pensionnaires atteints de troubles mentaux graves et coupables de crimes abominables.

Un matin de septembre 1954, le marshall Teddy Daniels et son équipier Chuck Aule débarquent sur cette île pour enquêter sur l’évasion de Rachel, une patiente internée après avoir noyé ses trois enfants.

Dès leur arrivée, les deux policiers perçoivent l’étrange atmosphère de ce lieu clos. Ils comprennent vite que personne ne les aidera dans leur mission et ils se posent plusieurs questions : quel rôle jouent sur l’île les médecins qui dirigent cet hôpital et quelles méthodes expérimentent-ils sur leurs patients ?

À quoi sert le phare qui domine l’îlot et dont l’entrée semble inaccessible ?

Persuadés que l’évadée a bénéficié de complicités, les deux marshalls vont ruser pour découvrir tout ce qu’on leur cache mais un message codé laissé par Rachel les enfonce davantage en plein mystère.

Petit à petit, ce drame fait ressurgir chez Teddy des éléments de son passé : il a connu la douleur de perdre sa femme dans un incendie criminel.

Mais lorsque Chuck Aule découvre que le pyromane responsable des malheurs de son collègue se trouve interné sur l’île, il s’interroge sur Teddy : celui-ci est-il venu pour enquêter ou pour se venger ?

POLAR - shutter-island-bCritique : 

Ma deuxième fois avec Lehane fut tout aussi réussie que ma première, pourtant, le livre partait avec un gros handicap puisque j’avais vu le film de Martin Scorsese, avec le bô Léonardo Di Caprio.

« Mon dieu ! Elle savait la fin » se disent avec effroi tous ceux qui ont lu le livre.

Oui, je connaissais la fin, malgré tout, cela n’a pas entamé mon plaisir durant lecture, bien que j’aie eu peur de ne pas apprécier le livre étant donné que j’avais moyennement aimé le film.

En fait, j’avais trouvé le film un peu touffu (monsieur Scorsese, si vous me lisez, j’implore votre pardon pour ce que je viens de dire) et je n’avais pas tout capté, surtout la fin.

Le film était sombre et j’avais décroché quelques fois, la faute sans doute aussi à la mauvaise qualité de film téléchargé. Oui, punie.

Par contre, durant ma lecture, je vous avoue que j’avais le palpitant à 100 à l’heure et ma visite sur l’île me laissera quelques séquelles psychologiques. L’avantage des livres sur les films, c’est que nous sommes actifs.

Lehane joue avec nous comme un chat avec une souris, nous faisant croire que nous allons en réchapper, mais que dalle !

Il le fait si bien (je parle de l’écriture) qu’à un moment donné, j’étais à fond dans l’histoire, sursautant à chaque rebondissements que nous apprenait le marshall Teddy Daniels, avant de me secouer en me disant « Imbécile, tu connais la fin, pourtant ».

Si ça c’est pas un talent digne d’un grand auteur…

Pire : malgré tout, j’ai tout de même senti le coup de pied au fondement à la fin parce là, faut avouer que c’est grandiose ! En plus, cerise sur le gâteau, j’ai enfin compris le film !

Alléluia !

PS : petit avantage, durant ma lecture, j’avais Di Caprio qui se promenait dans ma tête. Avouez qu’il y a pire…

Titre lu en Lecture Commune avec Liliba et faisant partie aussi des Challenges « Thrillers et polars » chez la même et

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