Loverboy – Miguel Ángel Morgado 03 : Gabriel Trujillo Muñoz

Titre : Loverboy – Miguel Ángel Morgado 03

Auteur : Gabriel Trujillo Muñoz
Édition : Folio Policier (2006)
Édition Originale : Mexicali City Blues : Loverboy
Traduction : Gabriel Iaculli

Résumé :
Tout est très sale, sur la frontière, la peau d’un Mexicain si bon marché, surtout s’il a deux gouttes de sang indien ; et dans le pays voisin, celui du rêve onéreux, on a parfois des besoins urgents : un rein, un pancréas…

Il suffit de savoir à qui s’adresser, et le tour est joué. C’est d’autant plus facile que, côté mexicain, les autorités sont hautement corruptibles.

C’est dans ces eaux troubles que va se débattre Morgado, le plus privé des privés, quand une grande et belle poulette vient lui montrer un film étrange et lui demande de chercher l’assassin du directeur de la Commission pour les droits de l’enfant.

Critique :
La preuve que l’on peut être court et intense, court et percutant, guère épais et en foutre plein la gueule à son lecteur/trice.

Gabriel Trujillo Muñoz attaque très fort et met les deux pieds dans du glauque poisseux qui colle aux doigts et qui fait crisper les orteils au fonds des charentaise.

Imaginez votre voiture qui a un soucis, il faudrait une pièce détachée bien spécifique mais pour cela, il faut attendre longtemps ou… aller la chiper sur une autre voiture.

Dans ce roman, ce n’est pas de voitures dont il est question, mais d’enfants malades et les pièces détachées que l’on prend ailleurs, pas besoin de vous faire un dessin : elles ne proviennent pas d’enfants qui seraient décédés à l’hôpital mais prélevée directement sur des enfants enlevés qui ne se relèveront jamais, sauf le jour de la résurrection (si ce jour existe) et les pauvres devront chercher leurs morceaux.

Putain, pour être glauque, c’est glauque !

Miguel Ángel Morgado est un avocat mexicain chargé de faire la lumière sur les enfants enlevés et la mort d’un médecin qui semble avoir découvert une piste et filmé une scène. Problème ? Les images sont pouraves.

Dans ce court roman, l’auteur nous décrit un Mexique qui serait la poubelle des États-Unis, juste bon à fournir de la drogue,  des travailleurs bons marchés, des prostituées, des organes prélevés sans accord sur des gosses, dans des cliniques privées et illégales, le tout pour guérir des enfants de riches Blancs friqués…

Hélas, la format court fait que l’auteur doit aller au plus pressé, le ton est radical, on ne tourne pas autour du pot et on va direct à la résolution, ou du moins, vachement vite. Comme dans la série les Experts où, avec des images pourries de 3 pixels, ils arrivent à lire le nom du gars dans le reflet de sa rétine, ici, son pote arrivera à lire un peu trop bien…

Pas crédible du tout, je l’avoue, mais le roman est plus un roman pour décrire le Mexique et ses gens, son racisme envers les Indiens, qu’un roman policier en bonne et due forme avec une recherche d’indices et des fausses pistes pour leurrer le lectorat.

Un gros bémol cependant : des tas de phrases sont en anglais… Mon anglais est rouillé et heureusement que je regarde souvent des séries en VOSTFR, ce qui m’a permis de tout comprendre. Bon sang, l’éditeur aurait pu se donner la peine de traduire et de les ajouter en fin de chapitre.

Anybref, je pinaille, mais de temps en temps, faut le faire. Dans l’ensemble, on se trouve face à un roman noir ultra court mais ultra percutant, pas de fioritures, on ne tourne pas autour du pot, on ne cherche pas midi à quatorze heure et on va direct à l’essentiel. On aimera ou pas.

Pour ma part, même si ça se précipite trop vite, le voyage valait le déplacement au Mexique. Maintenant, je vais vérifier que je n’ai perdu aucun organe…

— Mais nos hommes politiques veulent un bouc émissaire, et on ne peut pas trouver mieux qu’une Indienne qui n’est pas du pays.
— Comment ça, une Indienne qui n’est pas du pays ? s’exclama Morgado. C’est une Mexicaine, comme nous tous.
— Parlez pour vous, lança le docteur Acosta sans cacher son racisme. Pas en mon nom. Il ne faut pas confondre manganèse et bande à l’aise.
— Ni la connerie avec l’ignorance, répartit Guadalupe. Et il me semble que la première abonde, ici.

— Et maintenant, dis-moi, Morgado, qui est Sherlock Holmes et qui le docteur Watson ?
— Tu en es sûr ?
— Mon ordinateur en met sa souris au feu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°218 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 03].

 

 

 

 

 

Indian Blues : Sherman Alexie

Titre : Indian Blues

Auteur : Sherman Alexie
Édition : 10/18 Domaine étranger (2005)
Édition Originale : Reservation Blues (1995)
Traducteur : Michel Lederer

Résumé :
Indian Blues est une histoire tragi-comique sur le vieux thème du « pacte avec le diable ».

Le célèbre bluesman Robert Johnson, assassiné en 1938, réapparaît pour les besoins de la fiction cinquante ans plus tard, dans la réserve des Spokanes, à la recherche d’une Indienne susceptible de l’aider à rompre son sort.

Par un heureux hasard, des jeunes vont récupérer sa fameuse guitare et fonder un groupe de rock, les Coyote Springs, dont le succès extraordinaire les conduira à New York, au terme d’une réjouissante odyssée. Mais peut-on jouer impunément de l’instrument diabolique ?

Un livre fort, original et percutant sur le rêve américain et le prix du succès, par un auteur dont on n’a pas fini d’entendre parler, l’un des plus prometteurs de sa génération.

Critique :
Comment qualifier ce roman autrement que par l’adjectif « déjanté » ? Loufoque, marcherait aussi…

Si les descriptions de la vie des Indiens dans une réserve étaient réalistes (pauvreté, alcoolisme, drogues, chômage, désœuvrement des jeunes, dépendance aux rares subsides de l’Etat, haine, violences,…), sans pour autant appesantir le récit…

Si les personnages, réalistes, étaient des gens loufoques, des loosers magnifiques, hauts en couleurs, sans toute fois virer à la caricature imbécile…

Si le côté fantastique, tenant dans une guitare ensorcelée par le Diable lui-même, ne m’a pas dérangé outre mesure…

Ni le fait de faire intervenir dans l’histoire des grands chanteurs (Janis Joplin, Jimi Hendrix, Marvin Gaye,…), et même  Robert Johnson (assassiné en 1938 !), ce talentueux bluesman qui aurait vendu, à ce que quelqu’un m’a dit, son âme au diable pour jouer superbement de la guitare… Non, ça ne m’a pas dérangé outre mesure.

Alors, qu’est-ce qui a bien pu faire foirer cette lecture ?

Ce qui m’a dérangé, dans ce roman, c’est que l’on oscille sans cesse entre la réalité et l’onirique. Entre le rêve éveillé ou le cauchemar endormi, entre le fait que l’on ne sache pas toujours où se situait le vrai du faux et la redondance des aventures de nos zozos m’ont lassées, à dire vrai.

Dommage, parce que la description des Indiens dans une réserve était bien amenée, réaliste, sans en faire des tonnes, l’auteur arrivait à nous faire ressentir le désœuvrement de tout un peuple, de nous parler de toutes les trahisons que le gouvernement Américain leur a faite, de toutes les misères qu’ils ont vécues, de leur ressentiment, de leur haine, du fait qu’ils baissaient les bras et de tous ces Blancs, qui, maintenant, voulaient tous avoir du sang Indien dans les veines.

On a beau le savoir, l’avoir déjà lu, ça remue toujours les tripes.

Une lecture en demi-teinte, des passages ennuyeux à lire, où la tête dodeline vers le bas, avant de remonter d’un coup parce que les yeux viennent de tomber sur un passage plus intéressant.

On va oublier une partie de cette lecture et ne garder que le plus intéressant…

 

La piste des ombres – Tome 3 – Les écorchés : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 3 – Les écorchés

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2002)

Résumé :
Hiver 1869. Le fugitif Natanaël Dumont vient d’enterrer celle qu’il aimait près des tombes de leurs deux bébés.

Depuis, maudissant les trois pierres sacrées en sa possession depuis l’enfance, il erre comme un vagabond à travers les immenses plaines enneigées du Dakota. Il sombrerait certainement dans la folie, mais le destin veut qu’il croise alors la piste d’un chasseur de bisons et ses écorcheurs.

Il va partager l’horreur et l’absurdité du massacre comme une rédemption et retrouver la force d’affronter la vie.

Renouant peu à peu avec une civilisation sordide qui s’étend, il rencontrera d’autres êtres meurtris avec lesquels il partagera un bout de chemin. « Betty Timberline », la jeune prostituée, lui redonnera peut-être même le goût de l’amour…

Le grand retour de « La Piste des Ombres », magnifique et envoûtant western fantastique.

Critique :
Non mais allo quoi ? J’ai un très bon tome 3, une histoire qui tient la route, et pas de parution du tome 4 à l’horizon alors qu’au départ, elle était prévue pour 5 tomes…

Bordel de dieu ! Je ne saurai donc jamais la fin de l’histoire puisqu’elle s’est arrêtée en 2002 ?

L’auteur a-t-il envie de torturer son lecteur autant qu’il torture son personnage phare, Natanaël Dumont ?

Parce qu’il n’est pas épargné, le pauvre, comme sa compagne le fut dans le tome précédent.

Ah ils voulaient vivre d’amour et d’eau fraîche ? Ah ils pensaient avoir la belle vie après leur fuite

Peau d’zob, la vie fut dure pour nos deux jeunes amoureux et les hivers rigoureux n’épargnent personne. Nathanaël vient encore d’en faire les frais avec un trou caché sous la neige… Bardaf, ce fut l’embardée.

Nathanaël, un personnage fort et fragile à la fois. Encore un enfant de par son âge, tout en étant un adulte vu les épreuves traversées.

La possession des pierres maudites qui ne veulent pas le quitter et dont il doit payer un lourd tribu l’empêche de s’emmerder et de vivre heureux.

Une scène de cet album m’a rappelée une autre, dans le film « Danse avec les loups » : celle des bisons massacrés juste pour leurs peaux et dont les chasseurs avaient laissé les carcasses pourrir au soleil…

Lorsque Nathanaël va quitter sa bicoque misérable après avoir enterré sa femme, il va croiser la route du chasseur nommé California Joe, tueur de bisons sans états d’âme, qui ne pense qu’à les tuer pour amasser la maximum de peaux et se faire un maximum de fric.

En quelques cases, on résume l’Homme Blanc, sa passion pour l’argent, pour la destruction, pour le fait qu’il ne pense pas à demain, ni au futur, ni aux autres…

— Regarde, Nat. Regarde cette splendeur et dis-moi ce que l’on fait là…
— On détruit… On détruit tout ce qu’on touche. Tout ce qui est pur et sauvage. Voilà ce qu’on fait les gars.
Ces bêtes sont magnifiques, libres et magnifiques… Et nous, la lie de la Terre, minables parasites, nous les massacrons sans vergogne.

— Regarde cette plaine, mon ami à la peau sombre. Hier les buffalos, aujourd’hui les loups… Et après ce sera notre tour. Les Blancs sont fous.

Dans ce tome, on s’écarte un tout petit peu de l’univers fantastique créé par les pierres maudites, même si elles sont toujours bien présentes, attachées à Nathanaël et toujours en demande de sang, de mort, de vies aspirées. C’est leur dû.

Un tome très far-west, avec des couleurs plus lumineuses, des couchers de soleil fabuleux, des écorcheurs de bison qui semblent, comme Nathanaël, ne pas être à leur place…

Une bédé sombre, dont je ne saurai sans doute jamais la fin (si j’aurais su, j’aurais pas venu, comme le disait si bien le petit Gibus), un personnage aussi écorché que les pauvres bisons dans la plaine mais qui, contrairement à eux, semble aller de l’avant pour prendre son destin en main et l’arrivée de nouveaux personnages donnent du souffle à cet album.

Un très bel album. Des beaux dessins, des couleurs chaudes, des personnages profonds, attachants, la vie au far-west dans toute son horreur, dans toute sa splendeur, un scénario et des textes profonds.

Quand la terre était jeune, un arc, une flèche et un fusil furent déposés devant deux hommes. Celui qui avait le droit de choisir le premier prit le fusil et devint l’homme blanc. L’autre, qui n’avait plus que l’arc et la flèche devint l’indien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°165, le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°10] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

La résistance indienne aux Etats-Unis du XVIè au XXème siècle : Elise Marienstras

Titre : La résistance indienne aux Etats-Unis du XVIè au XXème siècle

Auteur : Elise Marienstras
Édition : Gallimard (1980) / Folio Histoire (2003/2014)

Résumé :
Ce livre raconte «une autre histoire» : parcourant cinq siècles, il présente, à partir aussi bien de textes d’une actualité proche que de récits plongeant dans les temps immémoriaux du mythe, la résistance d’un peuple à la négation de son existence.

Le récit de leur résistance tenace à la colonisation et à la tentative d’extermination permet d’entendre directement leur parole, de les observer dans l’action, de les retrouver comme les partenaires d’une histoire commune où Euro-Américains et Amérindiens ont chacun joué leur rôle.

Vus sous cet angle, les Amérindiens paraissent exemplaires : ils se sont opposés avec constance au vol de leurs terres, à la violence exterminatrice, à l’anéantissement de leurs structures sociales et de leurs cultures, saisissant les armes les plus propices – guerre, guérilla, recours légal, usage inversé de l’acculturation, ressourcement aux racines de la spiritualité ancestrale.

Exemplaires dans leur refus de séparer la lutte pour la survie du combat pour l’identité, les Amérindiens concrétisent, par l’affirmation de leurs propres valeurs, le doute qui saisit le monde actuel sur le bien-fondé des civilisations technologiques, l’exploitation abusive des ressources naturelles, l’enfermement de l’homme blanc dans une vie consacrée au seul profit matériel.

Critique :
C’est l’histoire de l’arrivée des envahisseurs… De Colomb qui ne découvrit jamais l’Amérique puisque d’autres l’avaient trouvée avant lui, à une époque où l’Homme ne naviguait pas mais où il prit le raccourci via le détroit de Béring gelé. Pas de bol pour lui, on ne peut découvrir ce qui a été découvert par d’autres avant.

C’est l’histoire de meurtres, d’assassinats, d’un génocide, où les noms de certains coupables sont connus mais ils ne passèrent jamais en jugement.

C’est l’histoire de la destruction humaine, culturelle d’un peuple. De sa tentative d’anéantissement, de tout ce que l’Homme Blanc, l’envahisseur, fit comme tentatives pour se débarrasser de l’Homme Rouge. Il failli y arriver.

C’est l’histoire d’Hommes qui ne voulaient plus du joug des Rois sur le continent de la vieille Europe, qui rêvèrent d’un pays libre et qui se comportèrent comme les rois et gouvernants tyranniques, ceux là même qu’ils fuyaient, qu’ils critiquaient.

Étude historique, rassemblant les faits, ce roman pourrait être considéré comme une enquête puisque l’auteur rassemble des faits, des preuves, des pièces à convictions, elle parle des morts, des différentes techniques pour éliminer les Amérindiens, allant de la distribution de couvertures infestées aux massacres purs et simples et en passant par la famine, le déplacement (à pied)…

Considérant toujours que ces Êtres Humains sont comme des enfants et doivent être sous la tutelle de papa et maman États-Unis, le colonisateur se montre paternaliste, distribue les fessées et oblige ses enfants turbulents à s’adapter, à changer de vie, à devenir comme l’Homme Blanc, un cultivateur et plus un chasseur.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me ferait profondément enrager qu’on vienne me dire que je dois changer mon mode de vie, tout en me faisant tuer, déplacer, exterminer, affamer, déculturiser (non, le mot n’existe pas)…

Alternant les faits bruts, les extraits de discours, les passages de lois, l’Histoire, l’auteure dresse un portrait où l’Amérique ne sort pas grandie. L’Humain non plus.

Il est tellement plus facile de voler ce que l’on convoite plutôt que de le demander gentiment ou de l’acquérir avec une contre-partie. Il est tellement plus intéressant de prendre ou d’acheter à vil prix les terres occupées par les Amérindiens afin de les revendre en multipliant les prix par des chiffres indécents…

Il est tellement facile d’exploiter la misère des Hommes qui crèvent la dalle en les sous-payant et en les faisant bosser dans des mines d’uranium, tellement facile de les déclarer inaptes à gérer leurs biens et ainsi prendre les richesses contenues dans les sols des réserves, réserves où on les consigna, avec moins que le minimum vital.

Je pourrais continuer ainsi, mais je vais encore me rendre malade.

Anybref, vous l’aurez compris, l’Homme est un Salopard pour l’Homme et si les Amérindiens n’étaient pas des anges, étant les envahis et les spoliés, ils avaient le droit de se défendre et d’organiser leur résistance. Et ils ont résisté !

Un récit qui se lit lentement, car il y a beaucoup à assimiler et des renvois en fin de livre. Un récit qui se lit avec les tripes nouées, une fois de plus.

Dommage qu’il date de 1980, ce qui fait que dans le texte, les faits s’arrêtent vers 1976 et seule la ligne du temps continue jusqu’aux années Obama (2010), sans doute des ajouts faits lors des réimpressions.

Un excellent ouvrage pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur les Amérindiens et les injustices dont ils furent victimes, avant de poursuivre plus en avant avec d’autres récits parlant du même sujet. J’ai bien l’intention d’un découvrir d’autres.

PS pour Dame Ida : non, je te rassure de suite, nous ne sommes pas en Septembre et ce n’est pas le Mois Américain ! Mais il n’y pas que le western qui me passionne…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°156 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°01].

La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2001)

Résumé :
Badlands, territoires inorganisés du sud Dakota. Depuis la mort du vieux cow-boy Zachary Cloverleaf, voilà un an, le jeune fuyard Natanaël Dumont et sa fiancée Julia Moami vivent reclus dans une « soddy », une cabane en terre, isolée dans les grandes pleines enneigées.

La solitude, la faim et le froid sont leur quotidien.

Un matin, Natanaël est heureux de sa découverte : des bouses de bison séchées, de quoi se chauffer quelque temps.

Mais près de la cabane, Julia pleure devant une petite tombe.

Au loin, des cheyennes observent et attendent. Ils savent que quelque chose va arriver… Et cette chose les terrifie.

Pendant ce temps, sous la pluie du Texas, le vieux Chiricahua Yrigollen raconte l’histoire des « GAHE », des démons indiens enfermés dans les « Pierres Brûlantes », à White Smile l’affranchi : « Je vais te parler des « GAHE », fils, et après tu prendras ton cheval et ton fusil et tu iras les chercher… »

Critique :
De temps en temps, je me fais un petit western… C’est comme un bon whisky, on n’en abuse pas, mais de temps en temps, on s’en file un p’tit coup pour se rincer la glotte (attention, l’abus d’alcool… blablabla).

Munie d’armes à feu et d’un bon cheval, j’ai suivi la piste qui m’a mené à nos deux fuyards : Natanaël et Julia que j’avais rencontré dans le premier tome et perdu de vue depuis 4 mois.

Bon, je n’ai pas eu autant de difficulté que les chasseurs de primes, ni que mon vieil ami White Smile, l’esclave affranchi.

Cette bédé western respecte les codes habituels mais qui a introduit une touche de fantastique avec les pierres maudites que sont les Gahe, celles dont on ne prononce pas le nom.

Le Chiricahua Yrigollen nous en a appris plus sur ces pierres maudites et à la fin de l’album, on se pose la question de savoir ce que Natanaël va en faire comme usage, elles qui n’apportent que mort et désolation et qui ont tendance à semer la mort dans l’entourage de ceux qui les possède, tout en leur apportant protection.

On n’a rien sans rien…

Les dessins sont toujours spéciaux, mais je les apprécie et l’auteur a une grande diversité dans les visages des personnages, dans leurs caractères aussi et pas de manichéisme, sauf pour les 4 chasseurs de primes, mais ils n’ont pas eu le temps de nous montrer le bon côté de leur Force.

Un tome en continuité du précédent, une vie que nos deux fuyards n’avaient pas pensé, pas voulue non plus, car la fuite est toujours plus belle et plus romantique dans les rêves ou lorsqu’on l’entame, ivre d’amour. Après, quand on crève de froid et de faim, il faut autre chose que l’amour et l’eau fraîche.

Les décors sont toujours bien rendus et l’épais tapis de neige qui recouvre tout ajoute une atmosphère froide à ses pages qui recèlent de la violence mais enlève de la sombritude (cherchez pas le mot au dico, il n’y est pas encore entré) au récit assez triste tout de même.

Il m’a fallu du temps avant de mettre la main sur les deux derniers tomes (je ne possédais que le premier), mais j’ai retrouvé le plaisir de la lecture de ce western de suite.

Le mystère n’est pas encore tout à fait levé et je gage que nous aurons des aventures plus folles dans le dernier car ici, c’était un tome de transition. En transit, certes, mais toujours foisonnant de détails et de rythme. Fallait juste faire un pont… On l’a fait dans le sang et la violence.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°146 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Undertaker – Tome 5 – L’indien blanc : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 5 – L’indien blanc

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Dargaud (31/10/2019)

Résumé :
Une diligence se fait sauvagement attaquer par les Apaches de Salvaje. Ceux-ci se montrent sans pitié et tuent les hommes blancs qui ont osé s’aventurer sur leurs terres. Pourtant, parmi les agresseurs, se trouve un Indien blanc…

Autrefois appelé Caleb, le jeune homme a été kidnappé et torturé par les amérindiens qui en ont fait l’un de leurs meilleurs guerriers.

Ce fut leur façon de punir sa mère, Joséphine Barclay, propriétaire de l’entreprise du même nom, pour avoir voulu faire passer le chemin de fer sur les terres apaches.

Critique :
Comment mon croque-mort préféré, mon Jonas, allait-il rebondir après le départ de deux femmes qui l’accompagnaient ?

Bonne question. Ça me faisait même un peu peur car selon l’évangile de Jonas « Quand tu enlèves de ton récit deux femmes fortes, méfie-toi que ce récit ne s’effondre comme une vieille bite ».

Si le récit ne s’est pas effondré, ses deux compères qui apportaient une touche de féminité (hum) m’ont tout de même un peu manqué.

Une fois de plus, les dessins sont soignés, au poil, magnifiques. Les décors nous plongent de suite dans l’histoire et l’action ne se fait pas attendre avec l’attaque d’une diligence par les Indiens.

Après, un peu de calme avec notre Undertaker qui enterre les morts et puis, on replonge dans les mystères, le suspense, l’action, l’aventure, le danger et les bons mots tout droits sortis de la bouche de notre Jonas.

Les auteurs nous en disent un peu plus sur son passé, qui, comme on nous l’avait fait entrevoir, n’est pas rose ! Il est même infréquentable, notre fossoyeur !

Ou du moins, il est toujours en train de marcher sur la ligne rouge, oscillant sans cesse entre le Bien et le Mal car entre les deux, la frontière est mince, poreuse et parfois, il faut laisser agir le Mal pour qu’il en ressorte du Bien, comme nous l’avions vu dans un tome précédent, même si c’est toujours dur à avaler.

Sur base d’un départ scénaristique classique (un jeune homme enlevé par les Indiens et qui devient l’un d’entre eux), nous allons nous en éloigner pour prendre un chemin de traverse, connu lui aussi, mais qui surprend toujours car les secrets peuvent surgir de n’importe où.

Nous offrant un Jonas un peu moins prolixe en citation de son évangile propre, les auteurs ont su rebondir après des albums très profonds, très chargés niveau émotions fortes et avec un Méchant vachement bien réussi.

Pas évident de rebondir après tout cela, sans oublier que notre Jonas n’a plus les deux femmes pour l’épauler, mais heureusement, il lui reste Jed, le vautour qui semble doué d’une grande perception qui fait de lui un ange gardien des plus atypique.

Un album qui reste dans le haut du panier, qui entame un nouvel arc narratif, à suivre sur le prochain tome et un scénario vieux comme le monde mais bien mis en scène et ça, c’est ce qui est le plus important.

Vivement la suite…. En espérant ne pas devoir trop attendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°115 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Sonora – Tome 3 – Le rêve brisé : Benoît Dellac, Jean-Pierre Pécau & Scarlett Smulkowski

Titre : Sonora – Tome 3 – Le rêve brisé

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac et Scarlett Smulkowski (couleurs)

Édition : Delcourt Néopolis (16/01/2019)

Résumé :
Une procession de chariots traverse le désert de Sonora en quête d’une terre fertile pour commencer une nouvelle vie. Une vie dignement gagnée avec pour seule richesse celle que feront sortir de la terre ces agriculteurs pionniers.

Aux aguets, l’un d’entre eux entend un oiseau, mais, dans l’ouest américain qui porte des plumes n’est pas toujours un oiseau…

Critique :
Dommage que cette saga se finisse au tome 3, presqu’à l’arrache, alors qu’il y avait moyen de développer quelques albums encore.

Le succès n’est pas toujours au rendez-vous, d’autres bédés, d’autres romans, merdiques eux, auront de meilleur chiffre de vente et on ne sait pas toujours pourquoi car pas mérité.

Au duel avec certains autres titres, cet album le gagnerait haut la main.

Je ne sais pas si le hasard fait bien les choses, mais je venais de relire et de chroniquer un album de Jerry Spring « La passe des Indiens » où l’on faisait tout pour mettre sur le dos des Indiens des meurtres horribles de Blancs et ici, et bien, c’est tout pareil, mais Jerry & Pancho en moins.

L’Amérique est une terre où tous les rêves semblaient permis et les Français qui avaient quitté l’Hexagone on l’impression de retrouver la zone tant l’utopie vendue n’est pas au rendez-vous et tant l’or vanté ne se laisse pas prendre si facilement.

Le général de Freney a toujours des rêves de grandeurs, veut instaurer la république française au Sonora (et merde aux Mexicains pas contents) et notre Max national se dit que tout compte fait, la vengeance ne résout rien et qu’il risque de devoir creuser deux tombes.

Tout en enquêtant sur les attaques des sois-disant Indiens, notre Français à l’épée cassée se lie d’amitié avec une pacifiste, socialiste ou communiste, mais qui rêve elle aussi de vivre en paix et ils s’en donnent les moyens en n’ayant pas d’armes et en laissant l’or où il est.

Mis en valeur par des couleurs chaudes, magnifiques, lumineuses et par des images sur la page entière, ce tome qui clôture la saga Sonora a tout d’un grand.

Les dialogues sont incisifs, les répliques fusent plus vite que les balles des fusils, les petites vérités assassines aussi et les jeux d’ombres donnent à Max un masque de Zorro et les temps morts sont absents.

— Ce ne serait pas la première fois que les puissants manipulent les faibles pour arriver à leurs fins, n’est-ce pas ?

À noter que je m’étais plantée royalement sur l’identité du personnage qui avait changé d’identité et que Max voulait tuer afin de venger son grand frère.

Toujours politique, ce tome se termine dans le sang et le sable, tous ceux ayant vécu par les armes périssant par les armes et Max va devoir accomplir une chose qu’il aurait mieux aimé ne jamais être obligé de faire. Violent, mais nécessaire.

Oui, les États-Unis auraient sans doute gagné à ne pas utiliser les armes à feu et à ne pas l’inscrire dans leur Constitution parce que le pacifisme, ça peut marcher.

Voilà une très bonne saga western qui se termine, plus vite que prévu et c’est bien dommage car le potentiel, il y était déjà.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°73.

Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1957 / 1986)

Résumé :
Sur le territoire des Indiens Utes, une famille de pionniers est massacrée. Jerry Spring et Pancho découvrent les corps criblés de flèches et préviennent le shérif de la ville voisine.

Tous trois se rendent à la réserve indienne pour enquêter, mais le chef Long-Cri leur certifie que les Utes ont définitivement enterré la hache de guerre et que ses guerriers n’ont attaqué aucun visage pâle depuis des années.

Le shérif est sceptique, tout comme ses concitoyens qui souhaitent organiser des représailles et parlent de « casser de l’Indien » comme au bon vieux temps, avant la signature des traités et la création de la réserve.

Lorsqu’une nouvelle victime est découverte, blessée d’une flèche dans le dos, le shérif propose d’organiser une patrouille pour battre la campagne, à la recherche des assassins.

Critique :
Avant, lorsque tu passais la Passe des Indiens, tu y trépassais car ces derniers transformaient tout les Blancs en pelote d’épingles, mais avec des flèches au lieu d’épingles.

Ça fait beaucoup plus mal et bien souvent, ça tuait catégoriquement.

Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça. Tout est pacifié, on a fumé le calumet de la paix et c’est terminé de flécher les colons.

Ah ben tiens, non… Apparemment, les Indiens ont ressorti les flèches et ce n’est pas pour vous indiquer le meilleure route à suivre, sauf si c’est celle du paradis…

Mais dites-moi, ça ne puerait pas un peu, cette histoire de gens criblés de flèches ?? N’y aurait-il pas, un jour, un sale moustachu qui aurait fait de même, habillant ses soldats allemands en soldats polonais pour attaquer des allemands ?

D’accord, c’était bien après ces événements, mais le truc est vieux comme le monde, toujours d’actualité et il a beau avoir de la barbe tant il est éculé, ça marche toujours, les gens étant prompt à sauter sur l’occasion de casser de l’Indien en guise de vengeance, ou juste pour le plaisir d’en casser.

EDIT : vous pouvez remplacer le mot « Indien » par celui d’un autre peuple, religion, gens du voyage… ça marche à tous les coups.

Au moment où j’écrivais cette phrase, les Poppies se sont mis à chanter dans ma tête que ♫ Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué, héhé ♪

À défaut d’Amérindiens, de nos jours, on s’attaque à d’autres, comme je vous le disais plus haut (il faut enfoncer le clou pour ceux qui n’auraient pas compris ou ne voudrait pas comprendre qu’on se fait encore berner à l’heure actuelle).

Dormez-en paix, braves gens, Jerry Spring est là pour résoudre cette affaire et fesser les vilains Méchants, même si sa tâche ne sera pas facile, toute la ville ayant envie d’aller tirer sur des Indiens comme d’autres iraient tirer aux pigeons d’argile.

Le scénario nous plonge dans le racisme primaire, dans la peur des autres, plus précisément, de l’autre et l’auteur ne tombe pas dans le piège de ne mettre les échauffés du cerveau uniquement chez les Blancs car les jeunes guerriers de Long-Cri veulent aussi venger leur honneur et ne pas se laisser faire une fois de plus.

L’auteur en profite aussi pour quelques tacles assassins sur les traités jamais respectés par l’Homme Blanc, par le fait qu’il laisse crever les Indiens de faim sur leurs réserves et que ces derniers ne peuvent même plus chasser pour subvenir à leurs besoins.

Jerry Spring, tel un Sherlock Holmes juché sur son cheval, va démêler ce sac de nœud, faire face à des lâches qui attaquent dans le dos (des deux côtés), de ceux qui ont le cerveau bouillonnant et  une multitude de personnes qui ont envie d’en découdre avec ceux d’en face.

Un scénario avec de la recherche, de la profondeur et un Sancho Watson très perspicace et observateur.

Un bon tome que celui-ci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°65, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne : Jijé & Philip

Titre : Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne

Scénariste : Philip
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1987)

Résumé :
Pas de chance, Jerry et Pancho… Ils se sont fait voler leurs montures et leurs armes dans un petit désert près de Puerto Penasco, au Mexique.

Sauvés de la mort certaine par un « peone » de passage, conduits en ville, ils retrouvent les auteurs.

Désarmés, ils parviennent à régler leurs comptes grâce à l’aide d’une jeune femme qui les engage pour une mission : ravitailler un camps de prospecteurs dirigé par son mari.

Le voyage dure plusieurs jours. Mais le lourd chariot bâché attise la convoitise d’un parti d’Apaches. L’attaque est lancée.

Critique :
Une fois de plus, on demande à Jerry Spring de transporter de la marchandise, mais ce ne sont pas des machines à coudre (voir Trafic d’armes) mais du ravitaillement pour un camp de prospecteur.

Pancho et Jerry seront accompagnés par l’épouse du prospecteur, la belle señora Juanita Muños pour un voyage qui ne sera pas de tout repos.

Pas le temps de souffler, dans cet album aux multiples rebondissements et bourré de bons sentiments et de mise en garde pour le brave lecteur.

L’esclavage, ce n’est pas bien, la cupidité non plus, les Indiens sont des Humains comme les autres et même s’ils t’attaquent dans le but de te tuer, si tu gagnes, tu les laisse reprendre leurs blessés et tu laisses aussi la vie sauve aux deux salopards qui t’ont dépouillé dans le désert au début de l’album et qui ont tenté de te tuer ensuite.

Jerry Spring, c’est un boy-scout. Parfois même un peu trop à mon goût, trop lisse, trop gentil, trop vas-en-paix, mon ennemi.

Si dans les Lucky-Luke ça passe mieux, c’est surtout parce que l’homme qui tire plus vite que son ombre appartient au registre « comique » là où Jerry Spring s’inscrit plus dans un registre réaliste (déjà de par ses dessins) et par des méchants plus sérieusement méchants que ceux de l’univers de Morris.

Ici, on peut mourir ! Pas les gentils, mais les vilains, oui. Bon, Jerry a été gentil avec les Indiens qui voulaient les tuer et capturer la sqaw blanche, mais le fait d’avoir épargné les blessés sera payant. On est dans de la bédé.

Là où on sent le côté moralisateur, c’est dans le final où tous les prospecteurs d’or, en fuite, se battront pour leur paquet de poudre jaune. L’album étant sorti en 1987, la censure a dû moins tiquer qu’elle ne l’aurait fait 20 ans plus tôt et je ne pense pas qu’elle ait demandé à Jijé de changer son final horrible comme Mitaq dû le faire avec un de ses albums (La patrouille des Castors – Tome 7 – Le Secret des monts tabou).

Moralisateur, affreux, mais réaliste quand on connait l’Humain et sa cupidité légendaire, sans oublier tout ce qu’on est capable de faire pour de l’or. Ou pour des pots de Nutella… Même si on n’en arrive pas à cette extrémité là.

Un album correct, pas d’ennui en vue, du rythme, de l’action, des retournements de situations, des aventures comme il ne nous en arriverait pas en 10 vies et un Jerry Spring au faîte de sa forme. Pancho aussi.

PS : au début de l’album, nos amis se sont fait voler leur affaire et errent dans le désert, sous le soleil. Jerry Spring n’a pas son beau et fier destrier, Ruby. Bizarre qu’un homme ait pu voler son cheval, dans tous les autres albums, c’est impossible. Sauvés, ils retrouvent les voleurs et exigent, en priorité, leurs armes… Pas leurs chevaux (Ruby et Chiquito) ? Bon, ils récupèrent leurs affaires, on ne parle pas des chevaux et quelques jours plus tard, Jerry a son fidèle Ruby à ses côtés… Il y a eu une ellipse faramineuse, là ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°61, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1965 / 1980)

Résumé :
La cavalerie manquant de chevaux, le commandant du fort charge Jerry Spring et un certain Jim Barret d’aller capturer des chevaux sauvages dans le Montana et le Wyoming.

« Les Broncos du Montana » est la dix-septième histoire de la série Jerry Spring de Jijé. Elle est publiée pour la première fois du no 1322 au no 1343 du journal Spirou. Puis est publiée sous forme d’album en 1965.

Critique :
Jerry Spring est un homme courageux, loyal, non raciste, qui ne connait pas la haine, ni l’envie, ni la jalousie, qui est intègre et qui n’a qu’une parole.

Alors, quand il s’engage auprès du commandant du fort à prospecter les chevaux sauvages au Wyoming et à laisser le Montana à Jim Barret, il n’a qu’une seule parole et n’ira pas tenter de capturer les chevaux sauvages au Montana, même si c’est là qu’ils sont.

Pas de bol, sans le savoir, c’est son ami Pancho qui trahira la parole faite par Jerry à ce mal élevé de Barret car notre gros moustachu préféré va aller chasser les hardes de broncos avec les Dakotas.

Ce que j’apprécie dans ce tome et dans les autres de la saga, ce sont avant tout les dessins, très réalistes, avec des chevaux bien esquissés.

Évidemment, ici, les Méchants sont des vilains pas beaux et finissent toujours mal, alors que les gentils, eux, gagnent toujours, sont pétries de bons sentiments et de toutes les vertus.

Malgré ça, j’apprécie toujours relire ma collection de Jerry Spring parce que ça fait du bien de voir un univers où le méchant perd et le gentil gagne. Où certaines personnes n’ont qu’une parole, sont sans haine, sans animosité, respectant les autres peuples et leurs coutumes.

On a de l’action, une chasse au cheval sauvage, des Indiens mis en évidence, mais pas dans le mauvais rôle, car c’est plutôt le Visage-Pâle qui est montré sous son mauvais jour, qui est aussi celui de tous les jours, sans forcer le trait.

On pourrait penser que ça a mal vieilli, une personne qui découvrirait la collection de nos jours le penserait sans doute, mais de mon côté, je trouve que non, même si la saga ne correspond plus à la réalité que l’on mettrait en scène de nos jours.

N’oublions pas que cette série passait dans le journal Spirou et que Monsieur Dupuis, le directeur de la maison d’édition et de l’hebdo, était plus catho que le pape. En ce temps-là, il ne fallait pas troubler les lecteurs.

Ça reste de bonne facture et ça fait du bien au cerveau quand il est surchargé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°56, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.