Wanted – Tome 4 – L’or sous le scalp : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 4 – L’or sous le scalp

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1999/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son coeur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Puis l’amour, l’amour pour Rosita, la prostituée enlevée, le mènera à sa recherche dans un Mexique en pleine révolution, occupé par le corps expéditionnaire français, soutien de l’empereur autrichien imposé.
Critique :
Maintenant que Wanted et Yaqui Jed ont réglé leur compte aux frères Bull, les deux hommes se séparent, le métis partant avec une Indienne et notre chasseur de primes s’en retournant dans les bras de la belle Rosita.

Chaque fois que Wanted s’envoie en l’air avec la belle prostituée, bardaf, il y a des gars qui rentrent dans sa piaule, le revolver au poing alors que Wanted a son six-coups bien dressé (non, on ne voit rien).

Les guerres indiennes ont repris de plus belles et il est enrôlé de force dans la bande de Kit Carson afin de chasser, tuer, éradiquer, envoyer dans une réserve tout ce que la région comporte comme Indiens, qu’ils soient Utes, Navajos, Apaches…

Wanted étant à la recherche du trésor des frères Bull (plan tatoué sur le crâne de l’un d’eux), il va chercher à tout prix à se défaire de la bande d’assassins d’Indiens avec qui il doit faire la route.

On a une fois de plus un scénario conventionnel avec un trésor caché et un territoire donné à traverser afin de le retrouver.

Bien entendu, le territoire est peuplé d’irréductibles Indiens (pas des Gaulois, non) qui n’ont pas l’intention de vous laisser faire tranquillou, des mercenaires de Kit Carson qui n’ont pas l’intention de vous foutre la paix non plus… Sinon, sans ces dangers, où serait l’action et le suspense ?

Les dessins évoluent un peu, mais de temps en temps, on retrouve Wanted avec un visage bizarre, mal dessiné. La qualité n’est pas égale dans toutes les planches.

À noter que le chasseur de primes/desperados Lee Charleston a des airs de Lee Van Cleef… 

La relecture n’est pas tendre avec la saga Wanted, moi non plus. Ça se laisse lire sans prise de tête, on a du suspense, de l’action, du rythme, mais rien de neuf sous le soleil.

Comment ça « ça vaut pour toutes les bédés westerns » ?? Ok, je ne dirai pas le contraire, on en a fait le tour en long, en large et en travers, mais il y a toujours moyen de surprendre les lecteurs, même avec du conventionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°88] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 21 – La dernière carte : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 21 – La dernière carte

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1983) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry, Red Neck et MacClure sont à Chihuahua parce que, selon Blueberry, c’est le seul endroit où il ait une chance de retrouver Vigo.

Ce dernier aurait en effet en sa possession un document concernant le vol du trésor de guerre sudiste. Ce qui innocenterait Blueberry.

Publié pour la première fois en 1983, c’est le premier album du cycle de La Réhabilitation de Blueberry (deux tomes).

Critique :
Cela fait quelques albums que Blueberry ne porte plus l’uniforme des Tuniques Bleues et qu’il court partout dans le but de prouver son innocence dans plusieurs sales affaires qui lui pendent au cul (Hors-la-loi).

Déjà qu’on l’accuse de tentative d’assassinat sur le président Grant, mais en plus, il y a toujours la vieille affaire du trésor de guerre des Confédérés qui a disparu alors qu’il devait le ramener.

Il est plus que temps qu’on le réhabilite, le Blueberry et qu’on lui offre une médaille !

Cet album est moins bon que les précédents, pour plusieurs choses : les couleurs sont horribles, criardes, pas agréable pour les yeux. Certains encrages sont trop légers, comme si on avait oublié de repasser un coup dessus et le scénario est mal équilibré.

Alors que ça traîne un peu en longueur au départ, le final est précipité. Entre les deux, c’est le remake de la grande évasion, sans moto et sans plan foireux de la 7ème compagnie. Bien que le coup des matelas n’était pas si mal trouvé… (mdr)

Le Mexique change de dirigeants comme de chemise et les coups d’état sont nombreux. Aujourd’hui, Vigo est gouverneur de l’État de Chichuahua, mais demain ? Ou dans une heure ? En tout cas, le hasard fait toujours bien les choses et c’est tant mieux pour que nous puissions continuer de lire les aventures de Blueberry.

Je déplorerai aussi que le bandit de l’album, El Tigre, soit aussi fin que le papier d’une cigarette, l’auteur n’ayant pas pris la peine de lui donner de l’épaisseur. Mais comme je le disais, on démarre lentement, comme un vieux diesel et ensuite on fonce pour boucler l’album qui est un 46 planches.

Pour une fois, voilà un album qui n’arrive pas à la cheville des autres, aussi bien au niveau des dessins, que du scénario et que des couleurs. Carton plein dans la demi-teinte, comme si les auteurs avaient eu d’autres occupations et que Blueberry en avait pâti.

Malgré tout, ça reste un album que j’ai pris plaisir à relire, mais il manque de professionnalisme et c’est bien dommage.

Il ne me reste plus qu’un seul tome à relire du cycle de la Réhabilitation de Blueberry et je pourrai dormir sur mes deux oreilles quand mon lieutenant préféré aura réussi à blanchir sa réputation, à défaut de domestiquer sa chevelure ou son caractère de cochon.

Oui, c’est ma 36.000ème relecture mais malgré tout, je vibre toujours pour lui et je m’inquiète aussi… C’est ce qui prouve le talent du scénariste Jean-Michel Charlier car les relectures n’entament jamais le suspense et mes angoisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°82] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 20 – La tribu fantôme

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Éditions : Hachette (1982) / Dupuis Repérages (1992) / Dargaud (2003)

Résumé :
Blueberry a réussi à s’évader avec la complicité de Mc Clure, Red Neck, Chihuahua Pearl et des Navajos, dont Vittorio, leur chef, et Chini, la fille de Cochise.

C’est envers ces derniers que Blueberry a une dette: en effet, Cochise et les anciens végètent toujours dans la réserve que leur ont laissé les soldats Américains, et les rigueurs de l’hiver approchent.

Sortir de la réserve n’est pas un problème, mais survivre clandestinement pour rallier la frontière Mexicaine tout en échappant à l’armée des États-Unis, voilà le nouveau challenge que va relever le Lieutenant Blueberry, et la tribu de Cochise va sembler se volatiliser dans la nature, ce qui lui vaudra bien le nom de « Tribu Fantôme »…

Publié pour la première fois en 1982, c’est le dernier album du cycle de « Blueberry fugitif » (trois tomes).

Critique :
Voilà un album que j’apprécie particulièrement car ici, les Indiens vont tenir la dragée haute aux militaires Blancs qui vont les chercher comme dans une partie géante de cache-cache.

Après les massacres gratuits dans « Tête jaune » ou la mise en réserve, qui a tout d’un mouroir, des Navajos, dans l’album précédent, on rétablit un semblant d’équilibre qui fait du bien au moral.

Vittorio n’est pas un égoïste, son peuple crève dans cette putain de réserve qui est torride en été et polaire en l’hiver, ce qui cause moult décès et des famines chez les Navajos, qui, pour la plupart, sont des femmes, des enfants et des vieillards.

L’Homme Blanc serait fichu le camp, laissant son peuple se démerder, pas chez les Indiens. La mentalité n’est pas la même et on le ressent une fois de plus dans cet album dont les couleurs sont dans des tons sables.

Mais pour libérer et évacuer les siens qui sont sous les yeux des Longs Couteaux, va falloir plus que ruser et c’est là que Blueberry va faire la différence, lui qui connait tous les codes, les us et coutumes des Blancs, ainsi que leur manière de réfléchir.

Cet album est bourré de suspense car dans cette partie de cache-cache géante, la défaite signifie la mort pour les Navajos. Même la fuite sera synonyme de mort pour certains des plus âgés qui ne pourront fuir et qui se sacrifieront pour que les autres survivent.

Blueberry est un stratège hors pair et avec l’aide de ses deux bras gauches que sont  Mc Clure et Red Neck, il va réussir à brouiller les pistes et à niquer les Tuniques Bleues de manière brillante.

Un vingtième album qui, comme d’habitude, a un excellent scénario, du suspense, du mystère, une chasse à l’Homme Rouge qui va réunir bien des hommes prêt à tout pour les anéantir, oubliant que les Indiens ont le sens du sacrifice pour sauver les leurs, de la ruse et Blueberry !

Maintenant que Blueberry a encore accompli une mission impossible, il serait temps de penser à sa réhabilitation chez les Tuniques Bleues…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°77] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Sur les pas de Geronimo : Corine Sombrun et Harlyn Geronimo

Titre : Sur les pas de Geronimo

Auteurs : Corine Sombrun et Harlyn Geronimo
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
Combattant légendaire, Geronimo (1829-1909) fut l’un des derniers chefs indiens à déposer les armes après avoir tenu en échec près de la moitié de l’armée des Etats-Unis.

Malgré les promesses qui lui ont été faites, il ne reverra jamais sa terre natale : les restes du vieux guerrier chiricahua seront ensevelis dans le cimetière militaire de Fort Sill, en Oklahoma.

Aujourd’hui, Harlyn Geronimo, son arrière-petit-fils, engagé dans la défense des droits de son peuple, continue de se battre pour honorer la mémoire de son aïeul et pour que soit réalisé son ultime souhait.

Né de la rencontre entre une Française, Corine Sombrun, et Harlyn Geronimo, ce livre présente le portrait croisé du héros indien et de son descendant.

Au fil d’un voyage vers la Gila River, mêlant le récit intime et l’histoire d’un peuple, les auteurs évoquent la « mémoire apache » mais aussi les défis auxquels cette communauté doit faire face de nos jours.

Critique :
Que sait-on de Geronimo ? Pas grand-chose en somme, hormis qu’il était un grand guerrier Apache…

Nous croyons savoir, nous pensons savoir, moi même je pensais savoir et tout compte fait, je ne savais pas grand-chose.

Il était temps que cette biographie arrive dans mes mains afin d’augmenter mon savoir sur cet Amérindien dont tout le monde connait le nom mais pas vraiment l’homme derrière.

Corine Sombrun, chamane en Mongolie, nous raconte sa rencontre avec Harlyn Geronimo, arrière-petit-fils du célèbre guerrier Apache et medicine-man.

Alternant les chapitres où l’auteure nous raconte son périple au côté de Harlyn Geronimo et ceux parlant de Geronimo, cette biographie se lit toute seule et je l’ai trouvée ni trop copieuse, ni trop concise. Un bel équilibre qui évite de devenir indigeste au bout d’un moment.

Le récit consacré à Geronimo le guerrier est en fait raconté par son arrière-petit-fils, Harlyn, comme s’il s’adressait à lui au travers du texte. Il nous parle des croyances Amérindiennes (des Apaches), de leur mode de vie, de leur culture, tout en gardant des choses secrètes (sur les plantes médicinales entre autres).

C’est tout un pan de la culture Apache que j’ai découvert et que Harlyn voudrait faire revivre, afin que les siens cessent de s’empiffrer et de grossir devant la télé, les pubs et qu’ils reviennent à une vie plus saine, plus proche de la Nature.

Parlant de son combat pour récupérer les os de son aïeul, Harlyn nous racontera toutes les fausses promesses que les Hommes Blancs firent au peuple de Geronimo, leur placement dans des réserves humides qui provoquera la tuberculose, la famine, l’interdiction de pratiquer ses rites, sa culture…

C’est un récit fort émouvant à certains moments car Geronimo ne s’est jamais battu que pour son peuple, pour ses droits les plus primaires, pour sa terre, pour retourner vivre avec les siens aux sources de la Gila.

Le gouvernement Américain, l’armée, les Blancs, ont fait de lui un assassin sanguinaire et n’ont jamais compris que la plupart des Apaches voulaient vivre en paix mais décemment, comme tout être humain qui se respecte. Mais ils gênaient…

Un très beau récit entre le descendant direct de Geronimo et son ancêtre, un parallèle intéressant entre le peuple Mongol et les Apaches, un voyage fantastique aux sources des traditions des Apaches chiricahuas et un échange des plus instructifs entre Corine Sombrun et Harlyn Geronimo.

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Walter Appleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : WalterAppleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dupuis (2020)

Résumé :
Son master de cow-boy en poche, Walter Appleduck regagne la ville en compagnie de Billy, l’adjoint du shérif de Dirtyoldtown. Son objectif est désormais que celui-ci s’ouvre aux valeurs modernes et humanistes.

Mais loin de son Ouest sauvage, Billy, homme rustre, macho, grossier et alcoolique, a beaucoup de mal à s’adapter.

Critique :
Walter Appleduck est un être civilisé, cultivé, poli, instruit, ouvert d’esprit et aux autres cultures.

Puisque son stage à DirtyOldTown  est terminé, il invite l’adjoint au shérif, Billy, dans la grande ville.

Billy, l’adjoint, est le négatif de Walter : il est grossier, bourru, impoli, imbuvable, raciste, con, gaffeur, macho, crétin, inculte, rustre,… n’en jetez plus !

Anybref, pour arriver à ouvrir l’adjoint du shérif aux valeurs humanistes et modernes, faut se lever très tôt le matin.

On prend les mêmes, on recommence, mais on inverse l’histoire : après le citadin qui débarquait dans la ville de l’Ouest, voici le bouseux délicat de la gâchette qui arrive en ville. Changez de trottoir !

Ce que j’apprécie dans cette bédé, c’est le ton décalé, déjanté, utilisé par les auteurs, que se soient dans les dessins ou dans les dialogues.

Lorsque l’on est attentif, on remarque des petits détails amusants dans les cases, comme ces chevaux devant un grand hôtel qui portent les insignes Rolls-Royce et Ferrari. Il y en a plein, à vous de les découvrir.

Billy est un personnage qu’on n’a pas envie de trimbaler derrière nous tant il est un crétin fini mais il est drôle et ses péripéties avec le bandit Rascal Joe sont des plus hilarantes. Le tout est à prendre au second degré, bien entendu.

C’est corrosif, sous le couvert d’humour, les auteurs taclent notre société de consommation, l’art, les restos gastronomiques, le racisme… Tout y passe à la moulinette de l’humour noir et des running gags avec Rascal Joe.

Scénario déjanté avec des dessins cartoonesques (qui va bien au ton de la bédé), cette bédé est parfaite pour rire un bon coup, pour se détendre le corps et l’esprit ou pour se changer les idées si on broie du noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°74] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 3 – Le Shérif de la ville sans loi : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 3 – Le Shérif de la ville sans loi

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1997)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son cœur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps « les frères Bull » ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des Indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… Il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Critique :
La vengeance est un plat qui se mange froid mais Yaqui-Jed, métis Navajo, préfère la savourer la plus chaude possible et Wanted va lui donner un coup de main tout en aidant une jolie veuve.

Attendez un peu… Une jolie veuve, un ranch convoité, un fils assassiné, une spoliation des biens et un chasseur de primes qui aide…

Il y a comme des relents de « Once upon a time in the west », dans cet album (le chemin de fer en moins-, d’ailleurs, un personnage a la tête de Bronson.

Si l’on veut lire du western dans ce qu’il a de plus classique, l’album es tout ce qu’il y a de plus honorable, classique de chez classique, mais si on a envie de voir autre chose que ce qui a déjà été mis en scène tant de fois, faudra aller voir ailleurs.

Les dessins ont un peu évolués par rapport au premier tome mais les couleurs sont toujours à chier et ça tire l’album vers le bas.

Rien de neuf sous le soleil, que de l’ultra-classique avec le shérif véreux qui tient tout le monde sous sa coupe et un Wanted qui va tirer plus vite que son ombre (surtout plus vite que les autres) et réussir là où personne d’autre que lui ne réussirait.

Pas mal, le niveau remonte un peu mais ça reste dans les sentiers battus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°73] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Les enquêtes de Leaphorn et Chee – 01 – Porteurs-de-peau : Tony Hillerman

Titre : Les enquêtes de Leaphorn et Chee – 01 – Porteurs de peau

Auteur : Tony Hillerman
Édition : Rivages Noir (1990/2018)
Édition Originale : Skinwalkers (1986)
Traduction : Danièle et Pierre Bondil

Résumé :
Les porteurs-de-peau sont les sorciers, les loups Navajo qui décident d’apporter le mal à leurs congénères. Ils rôdent dans les ténèbres de la grande réserve, parfois couverts d’une fourrure d’animal, et possèdent des pouvoirs surnaturels. Trois meurtres sont commis, peut-être quatre.

Une nuit, Jim Chee, le policier navajo traditionaliste, est tiré de son sommeil et plongé dans l’angoisse.

Alors commence une enquête qui lui fera côtoyer le lieutenant Joe Leaphorn et les marquera tous deux profondément, dans leur esprit comme dans leur chair.

Critique :
Jim Chee, policier Navajo, doit la vie à une chatte abandonnée…

Il ne l’a pas vraiment recueillie, puisque pour lui, un animal doit savoir se suffire à lui-même et ne pas compter sur les humains car un chat domestique n’a aucune chance de survie dans ce monde sauvage.

Mais c’est tout de même grâce à la chatière installée qu’il a échappé au tireur.

Il y avait trop du Navajo traditionaliste en lui pour intervenir dans la vie d’un animal sans avoir une raison de le faire. Mais il était curieux. Un animal comme celui-là, élevé et nourri parmi les hommes blancs saurait-il retrouver assez de ses instincts de chasseur pour survivre dans le monde des Navajos ?

Trois meurtres ont eu lieu sur la réserve, plus une tentative en ce qui concerne Jim Chee et la police tribale Navajo est au point mort.

On a bien arrêté un homme qui a tiré sur une des victime, mais le problème est que cette victime à été tuée à coups de couteau…

Ce roman est le premier qui rassemble le policier Jim Chee et l’enquêter Joe Leaphorn. Puisque j’avais commencé à l’envers, je me devais de revenir aux sources et ce par quoi tout a commencé.

Tony Hillerman nous immerge dans la société Navajo, dans leurs rites, leurs croyances, leur mode de vie, de pensées. Utilisant des mots de leur langue (glossaire en fin de volume), il rend ce récit encore plus réaliste.

Ne vous attendez pas à de grandes démonstrations, le Navajo se doit d’être modéré en tout chose et il ne courra pas en hurlant « YOUPIE », lui. Nos deux enquêteurs policiers sont aux antipodes l’un de l’autre. Chee est mince, Leaphorn est plus épais, Chee croit aux fantômes, Leaphorn non. Ils n’étaient pas fait pour se rencontrer, et pourtant.

On ne se plonge pas dans un Hillerman comme dans un autre roman policier. Ici, pas de page-turner, de suspense à couper au couteau. L’auteur prend son temps, développant ses personnages, leur environnement, leur mode de vie.

Pour l’auteur, ce sont les personnages qui sont les plus important, l’enquête passe au second plan, elle est juste le moyen de nous faire découvrir une autre civilisation qui est toujours attachée à ses rites, à certaines croyances et qui vit en marge du reste du monde.

Lire les enquêtes de Jim Chee et Joe Leaphorn est quelque chose que l’on doit savourer, un bonbon qui fondra lentement sur la langue, un bonbon qu’on ne sait pas croquer pour faire fondre plus vite. Alors, il faut lui accorder le temps qu’il mérite et ne pas vouloir aller plus vite que le temps.

Observez bien, ne ratez aucun indices car ils seront peu nombreux. L’enquête sera ardue et les mobiles pas aussi clair que Joe Leaphorn le voudrait, lui qui ne croit pas aux porteurs-de-peau…

Et n’oubliez pas, comme les Navajos, restez modéré en toute chose et n’abandonnez pas vos animaux à la campagne car ils ne sont pas adaptés à la vie sauvage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°72] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 19 – La longue marche : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 19 – La longue marche

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Fleurus (1980) / Hachette (1982) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003-2013)

Résumé :
Le lieutenant Blueberry est emprisonné à Fort Bowie (Arizona). Une escorte s’apprête à l’emmener à la plus proche station de chemin de fer. Il doit en effet être jugé à Durango pour vol, évasion, haute trahison et tentative d’assassinat sur la personne du président des États-Unis.

Mais c’est peut être sans compter sur Red Neck et Mac Clure, fidèles amis de Blueberry, qui vont tout tenter pour le faire évader.

D’autres alliés avancent aussi dans l’ombre : Chini, la jolie fille de Cochise, et un groupe de Navajos emmenés par Vittorio.

Dix-neuvième album de la série de bande dessinée Blueberry, publié pour la première fois en 1980, c’est le deuxième album du cycle de Blueberry fugitif (trois tomes). Le titre est une allusion à la longue marche des Navajos survenue en 1864.

Critique :
J’avais relu « Nez-Cassé » il y a deux ans et je n’avais pas eu le temps de continuer le cycle « Blueberry fugitif », ce qui était une grave erreur de ma part puisqu’il est excellent (mais bon, je l’ai déjà relu au moins 36 fois).

Pour ne pas changer, Blueberry est dans une merde pas possible. Là, on l’accuse d’avoir tenté d’assassiner le président, rien que ça.

Jamais de sa vie Blueberry ne sera pris au sérieux quand il clame son innocence. Et jamais il n’aura une aventure pépère sans coups fourrés qui le mettent à mal vis-à-vis de la hiérarchie.

Cet album, qui n’a pas été édité chez Dargaud (je ne sais pas pourquoi) possède une fois de plus un scénario béton, avec de l’action, du suspense, le retour des Navajos chez qui Blueberry s’était réfugié dans le tome précédent et une évasion de dingue, orchestrée par ses deux compères Red Neck et Mac Clure.

Et quand ces deux là montent un plan d’évasion, c’est vachement plus réfléchi que les plans foireux d’évasion dans « La 7ème compagnie ». Ici, au moins, aucun con ne fera sauter de ponts…

Autant les personnages Blancs ne savent pas reconnaître leurs erreurs dans les Blueberry, autant l’Homme Rouge sait battre sa coulpe et admettre que Blueberry avait raison.

— La ruine de mon peuple a enfin ouvert les yeux de Vittorio, aveuglé par la soif de gloire ! Seul le plan de Tsi-Na-Pah était sage ! En le refusant, moi Vittorio ai provoqué la mort inutile de beaucoup de braves… J’ai dit !

Les dessins de Giraud sont toujours fidèles à eux-mêmes et les cases débordent de détails, de plans larges, de visages en gros plan. Les décors sont toujours majestueux et on ressent bien tout le poids des paysages naturels des États-Unis.

Blueberry est toujours un grand stratège, il pense comme un Blanc, ce qui aide bien les Indiens qui eux ne penseraient pas à certains détails. Notre lieutenant est un joueur de poker, le bluff, il connait, et certains vont en faire l’amère démonstration.

Ce dix-neuvième tome se recentre sur les Indiens, comme le précédent et les met en avant d’une manière intelligence, réaliste. On est loin des emplumés un peu crétins de Lucky Luke ou d’autres bédés, films, séries. Les auteurs ont rendu à César ce qui était à César et aux Indiens ce qui étaient à eux.

C’est aussi l’occasion de dénoncer le système des réserves qui parquaient les Indiens dans des coins hostiles, où on se les gèle en hiver (on ne leur donne pas assez de couvertures) et où on se liquéfie en été, sous le soleil infernal. Le tout sans recevoir assez de nourriture…

Et l’Homme Blanc, les militaires, estiment que le Rouge doit se taire car c’est déjà bien qu’on lui donne ces terres arides. Bref, belle mentalité que nous avons là.

Comme toujours, Blueberry ne m’a jamais déçu, ni au niveau du personnage, ni au niveau du scénario, des décors, des personnages secondaires… Tout est bien pensé, pesé, c’est taillé au millimètre et, last but not least, nous recroisons la route de certaines personnalités marquantes du cycle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°66] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1996/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son cœur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des Indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Critique :
Wanted est une série 100% western, qui utilise tous les codes du western de manière ultra-classique, sans nouveautés et avec des dessins pas géniaux.

On ne parlera même pas des couleurs, ça risquerait de plomber l’ambiance… Elles sont à chier.

J’avais relu la saga en 2015 mais je n’avais chroniqué que « Les frères Bull », tome 1 de cette série qui en comptera 6.

La série Durango jouait elle aussi dans le western classique à 100% mais la mise en scène donnait un souffle nouveau, ici, ce n’est pas la cas.

J’avais plus d’indulgence avec la série lorsque je l’ai commencée, vers 1995. Maintenant, j’en vois tous les défauts et le tome 2 ne remonte pas dans mon estime.

Une histoire de vengeance, c’est classique mais ça marche toujours. Vengeance contre qui ? Contre des salopards qui scalpent de paisibles Hopis (femmes et enfants compris) pour toucher la prime « Navajos » parce qu’ils n’ont pas les couilles d’aller chercher les scalps sur la tête de ces terribles Navajos… Et non content de tuer des innocents, ces salopards violent. Yaqui Jed veut leur peau après la mort de sa femme et ses gosses.

Tout ceci se trouvait dans le premier tome. Dans cette suite, nous avons toujours Yaqui Jed, notre métis Indien qui ressemble à Rahan en quête de vengeance, aidé par le chasseur de primes surnommé Wanted, qui y va les pieds de plombs mais qui y va quand même.

Ce que je reproche à ce deuxième tome, c’est d’être bordélique et d’aller dans tous les sens, quitte à perdre le lecteur au passage.

Comme dans « Le bon, la brute et le truand », nous avons notre chasseur de primes et le métis qui se retrouvent au milieu de la guerre de Sécession, coincés dans l’affrontement entre deux beaux-frères (véridique !) : le confédéré Henry Hopkins Sibley contre son beauf, l’unioniste Edward Canby qui est accompagné par les troupes du célèbre Kit Carson.

Ajoutons à cela les guerres Indiennes et nous avons un brol pas possible de conflits en tous genre qui semblent n’être là que pour faire durer l’histoire de vengeance un peu plus longtemps.

Je reprocherai aussi un manque de profondeur des personnages. Tout cela ressemble à de la caricature, à des images d’Épinal, à du bon gros western spaghetti où la sauce est si lourde qu’on a du mal à avaler et encore plus à digérer.

Sans le Mois Américain, je n’aurais pas relu cette saga, mais comme je n’avais chroniqué que le premier tome, j’ai eu envie de poursuivre et bien mal m’en pris… J’aurais dû relire ma propre chronique avant de commencer la relecture du tome 1.

La lie du vin étant tirée, je vais terminer le cycle de la vengeance et je passerai à du bien meilleur, comme du Blueberry, ou même du Lucky Luke et du Jerry Spring.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°58] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Walter Appleduck – Tome 1 – Cow-boy stagiaire : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : Walter Appleduck – Tome 1 – Cow-boy stagiaire

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dupuis (Février 2019)

Résumé :
Walter Appleduck est un jeune homme cultivé, poli et bien éduqué qui fait un « master cowboy ». Le shérif de DirtyOldTown et son adjoint Billy ont accepté de le prendre en stage pour lui apprendre les rudiments du métier.

Critique :
Le panneau à l’entrée de la ville de DirtyOldTown est clair et net : « Étranger, ici on n’aime pas trop les étrangers ».

Pourtant, vous auriez tort de passer votre chemin car la ville de DirtyOldTown vaut le détour, surtout ses habitants.

D’accord, le shérif ne fout rien, on s’évade facilement de la prison, Rascal Joe vous le dira et son adjoint, Billy est l’archétype du type rustre, macho, grossier, misogyne, violent, alcoolique, bas du front, xénophobe, arriéré, fermé, ethnocentré, opportuniste, conservateur et aux idées dangereusement fascisantes. Dixit Miss Rigby que Billy drague comme un manche.

Mais nom d’un colt chargé, qu’est-ce qu’on se marre avec l’adjoint Billy ! Parce que même si c’est un xénophobe bas de plafond, il fait rire tellement il est crétin.

J’avais découvert cette bédé dans l’hebdo Spirou et j’avais déjà ri. La relire m’a fait encore plus rire car j’ai remarqué des tas de petits détails dans les dessins que je n’avais pas aperçu lors de ma première lecture.

Fabrice Erre, le dessinateur, a le sens du détail. Par contre, son trait à lui, c’est les gros yeux, l’absence de coudes (il ne sait pas les dessiner) qui donne des bras tout mous et les doigts aussi, quant aux chevaux, on ne va pas en parler car je n’ai jamais vu un équidé galoper de la sorte.

Ailleurs, je hurlerais, mais pas dans une bédé humoristique qui utilise tous les codes du western tels que les duels, les attaques de banques, de diligence, des Indiens, l’arrivée du télégraphe, la poursuite d’un hors-la-loi tout en les détournant pour les mettre parfois à la sauce moderne.

Le pauvre Walter Appelduck qui vient en tant que stagiaire va découvrir un monde qu’il ne suspectait pas… Lui qui rêvait d’authenticité pour sa thèse, il va souvent être surpris et les lecteurs aussi, pour notre plus grand plaisir.

Détourner les clichés des western pour en faire une critique acide et drôle de notre société, fallait y arriver. Pari réussi pour ce duo qui m’a fait rire devant tant de situations folles, délirantes, dingues, drôles, le tout à la sauce un peu acide car c’est traité de manière intelligente, même sous couvert d’humour bête.

Le fait d’avoir des références de notre monde dans celui du far-west, comme le magazine people Cowser, les émojis dans les télégrammes, une cuisine équipée ou autre ne choque pas.

Anybref, voilà une bande dessinée intelligente, drôle, caustique, qui, tout en respectant les codes western les détourne pour tacler notre société de consommation, l’égalité des sexes, les préjugés, le racisme, la politique, la liberté de presse, la privatisation des sociétés, le travail non payé…

Rions de nos travers et faisons-le intelligemment. Une bédé qui, malgré ses dessins « gros nez », vole beaucoup plus haut qu’on ne pourrait le penser, au premier abord.

Le Shérif : — Que se passe-t-il ?!
Le conducteur du convoi : — Le convoi a été attaqué par des Indiens ! Alors qu’on passait tranquillement au milieu de leur village en écrasant tout…
Le Shérif : — Saletés de bougnoules à plumes !
Walter : — C’est un peu raciste de dire ça, non ?
Le Shérif : — Hein ? Mais non je suis pas raciste.. J’ai même un ami qui a des poules avec des plumes… Non vraiment, c’est pas mon genre…
Walter : — Ah, ben vous me rassurez, parce que les Indiens sont des êtres humains à la culture ancestrale foisonnante qui, pour être différente de la nôtre, n’en est pas moins riche et variée !…
Le Shérif : — « Des êtres humains », hu hu hu…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°50] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.