Le manuscrit de Grenade : Marianne Leconte

Titre : Le manuscrit de Grenade

Auteur : Marianne Leconte
Édition : Pygmalion Fantasy (16/02/2011)

Résumé :
1491, Andalousie.
Sous le règne implacable des rois catholiques d’Espagne, il ne fait pas bon être juif ou musulman…

Condamnée pour sorcellerie, une femme se tord dans les flammes du bûcher. Elle laisse à sa fille, la rousse Myrin, une prophétie aux mots énigmatiques et une pierre de lune aux étranges pouvoirs…

Traquée par le Grand Inquisiteur Jimenez et ses hommes, Myrin se lance dans une fuite éperdue sur les routes d’une Espagne ensanglantée par la Reconquista, en compagnie de Pedro, un musulman converti, et d’Isabelle, jeune noble catholique promise au couvent.

Au terme de leur périlleux voyage, Grenade la légendaire, dernière cité maure qui résiste encore aux assauts des armées chrétiennes…

Critique :
Classé en fantasy, ce polar historique a tout du fantastique  et peu de la fantasy puisque nous sommes dans notre Monde.

La touche fantastique est donnée par la magie. Attention, pas la magie à la Harry Potter ! Personne ne vous lancera un Adava Kadavra

Par contre, nous avons des Doués, c’est-à-dire des personnes qui possèdent un Don et en cette époque de l’Inquisition, il ne fait pas bon appartenir à cette catégorie, comme il n’est pas bon d’être Juif, Musulman ou accusé de sorcellerie.

De l’action, de l’aventure version Indiana Jones fatigué, une quête, une touche d’ésotérisme, des guerres de religion, un manuscrit à retrouver et une énigme vite résolue.

Sans être mauvais, ce roman historico-fantastique aurait gagné de la profondeur s’il y avait eu plus de pages pour mieux développer les personnages, qui sont attachants mais trop faiblement esquissés, pour approfondir leurs différents voyages afin de rejoindre la ville de Grenade, leur donner plus de fil à retordre durant leur périple, plus de péripéties…

Là, on a l’impression que tout s’est fait les doigts dans le nez avec une rapidité qui rendrait vert de jalousie le professeur Langdon du Da Vinci Code. La résolution et la fin de la quête étaient trop facile, trop rapide, trop « on ne s’en sort pas encore si mal malgré tout ce qui est lancé à nos miches ».

On me dira que si l’art est difficile, la critique est aisée… En effet, lorsque l’auteur n’épargne pas ses personnages et les fait mourir quasi tous (G.R.R Martin), on pleure, on gémit, on le supplierait même d’en épargner.

Si l’auteur en fait voir de toutes les couleurs à ses personnages, les maltraite un peu trop souvent pour finir par un happy end (Ken Follet, Di Fulvio), on râle car on trouve que pour en arriver là, il aurait peu leur épargner quelques malheurs au lieu de tenter de nous tirer des larmes à chaque chapitre.

Si un personnage tombe dans moult embuscades et s’en sort à chaque fois avec peu d’égratignures (« Le Hussard » de Giono ou dans les romans de Christian Jacq), on trouvera ça pas très réaliste et vachement redondant, lassant.

L’exercice est périlleux et trouver le juste équilibre n’est pas facile. Oui, dans la quête, il leur arrivera des accidents « graves » durant leur périple, mais tout le monde s’en sort toujours par une pirouette, par le hasard qui fait bien les choses, par un bandit qui s’attache à Isabeau, déguisée en mec (et qui a des érections sans comprendre pourquoi – la preuve que la bite des hommes a un cerveau), par un tour de magie…

Même la résolution de l’énigme, de la prophétie, se déroule très vite… Heu, personne n’avait jamais trouvé la grotte depuis le temps ? Vu la vitesse à laquelle notre groupe y parvient, elle ne devait pas être cachée très fort…

Quant à l’énigme, elle sera résolue fissa, sans qu’il y ait d’erreur de lieu. Pas si hermétique que ça, cette arcane mystérieuse… Messieurs Indiana Jones et Langdon, vous pouvez allez vous rhabiller !

Anybref, ce roman a du bon, il m’aurait sans doute plu lorsque j’étais jeune, à la recherche d’histoire se terminant bien, de personnages/héros à qui il n’arrive pas trop de bricoles et qui s’en sortent quasi toujours des différents traquenard (le genre de choses qui fonctionnent parfaitement bien dans les bédés comme Lucky Luke, Astérix, Lanfeust,…).

À mon âge, avec mon bagage littéraire, ce n’est plus vraiment ma came. L’auteur qui succombe aux facilités de l’intrigue, ça me fend le cœur et me gâche mon plaisir littéraire.

Ça me fait presque de la peine de lui coller une cotation sévère car s’il y a un domaine dans lequel ce polar historico-ésotérico-fantastique a brillé, c’est dans celui du dépaysement, de l’évasion, de l’aventure.

Malgré mes bémols, malgré ma critique sévère, il a fait son job de m’emmener ailleurs et le soleil d’Andalousie a réchauffé mes épaules.

Comme quoi, il en manquait vraiment peu (pour être heureux ♪) pour passer d’un roman mitigé, trop survolé, cédant trop vite aux facilités à un roman profond avec des personnages forts.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°228 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 16].

 

La Cité de feu : Kate Mosse

Titre : La Cité de feu

Auteur : Kate Mosse
Édition : Sonatine (23/01/2020)
Édition Originale : The Burning Chambers (2018)
Traducteur : Caroline Nicolas

Résumé :
France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s’exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent.

À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d’un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant converti dont la vie en danger.

Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d’un vaste complot, lié à une sainte relique.

Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies.

Après Labyrinthe, vendu à plusieurs millions d’exemplaires, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque érudite et captivante.

Elle y donne la parole à ces figures féminines trop souvent oubliées par l’histoire officielle.

D’une efficacité redoutable, La Cité de feu confirme l’inimitable maestria narrative de son auteur.

Critique :
Non, la Kate Mosse qui a écrit ce roman historique n’est pas le mannequin !

Le domaine de prédilection de cette Kate Mosse est la littérature et elle le fait avec brio.

Labyrinthe et Sépulcre datent dans mes lectures, mais j’en ai gardé de bons souvenirs.

France, 1562. Le feu couve entre les catholiques et ceux qu’ils considèrent comme des hérétiques : les huguenots.

Oui, c’est une histoire de culte…

Ou plutôt, une histoire d’intolérance. Pas au lactose ou au gluten, mais au culte de l’autre.

Un constat affolant : rien n’a changé entre le passé et le présent. À l’époque, on a déjà l’impression d’être dans une querelle de bac à sable, entre des sales gamins qui cherchent misère aux d’autres et puis vont l’accuser de tous les torts devant la maîtresse d’école, ou à maman.

La seule différence, c’est que dans cette réalité, il y a des morts, des pillages, des cassages de magasins, la répression est forte et on ne se bat pas à coup de pelle en plastique. De nos jours, l’Humain n’a pas évolué, le bac à sable est toujours là et ça reste violent.

Autre constat, c’est que l’auteur est toujours aussi douée pour immerger son lecteur dans le bon espace-temps, lui donnant l’impression d’arpenter les ruelles de Carcassonne  ou de Toulouse telles qu’elles l’étaient en 1560. D’emblée vous y êtes.

Ses personnages, même s’ils souffrent un peu de manichéisme (mais je pardonne), sont eux aussi bien travaillés, réfléchis et j’ai eu directement de la sympathie pour Marguerite, dite Minou (tiens, mon chat est dans le livre ?) et tous ceux qui vont graviter autour d’elle.

Les actions, les pensées, les agissements de ces personnages me semblent conformes à ce qu’ils devaient être à l’époque, autrement dit, mesdames, brossons-nous pour nos droits, nous n’en avons point ! Minou, elle, prend ses droits et joui tout de même d’une grande liberté et d’un père assez large d’idées, tolérant envers les autres.

Ne vous attendez pas à un récit trépident, nous n’allons pas courir comme des malades, tel le professeur du Da Vinci. Ici, on va piano, sans pour autant que le récit se traîne ou nous endorme, que nenni.

Le récit est riche, le scénario bien travaillé, le récit est intéressant, fait froid dans le dos lorsque nous irons dans les souterrains de l’Inquisition, vous donnera envie de pleurer sur l’imbécillité humaine qui ne tolère pas d’autres manière que celle de l’Église catholique pour pratiquer son culte.

Un roman historique qui envoie du lourd, dont le récit est bien équilibré, les personnages sont attachants, le contexte historique bien présent, sans pour autant virer à l’indigestion car tout le conflit entre catho et huguenots est bien intégré à toute l’intrigue et au final, on ne se sent même pas dépaysé car l’intolérance est toujours ancrée comme une moule à un rocher.

Un roman qui a l’épaisseur d’un pavé, qui en est un (608 pages), sans jamais devenir lourd et pesant et pourtant, le pavé, tu te le prends dans la tronche. Et tu en redemandes.

PS : moi, mon culte, je le mets sur la commode, comme dans un San-Antonio.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°191.

Les maîtres inquisiteurs – Tome 04 – Mihaël : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 04 – Mihaël

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (20/01/2016)

Résumé :
Sur cette île à l’apparence idyllique, les naufragés pensent avoir trouvé le paradis perdu, le lieu semble répondre comme par magie à leurs moindres besoins.

Pourtant, le rêve va très vite se transformer en cauchemar…

Des créatures, surgies de nulle part, les enlèvent un par un. Lorsque Noenn, une fillette rescapée, disparaît à son tour, Mihaël refuse de l’abandonner.

Pour sauver cet enfant, il entreprend alors un périple jusqu’au coeur de l’île et de ses sombres secrets…

Critique :
Une nouvelle mission pour notre Maître Inquisiteur Mihaël : une maladie décime les récolte de riz sur l’île d’Enésie, qui est un grenier à céréales.

Un bien rare étant cher, les marchands font monter les prix ce qui pourrait donner du riz et du blé plus chers que l’or, d’ici peu.

Évidemment, on soupçonne des malversations politiques ou financières.

Comme si certains pouvaient  planquer des tanker de céréales ou inoculer des maladies à des céréales (ou animaux) pour faire monter les prix !

Une enquête qui commençait normalement mais au cours du voyage, une île surgie de nulle part vient dévier notre Inquisiteur et son elfe…

Une île qui semble maléfique, comme vivante, va les piéger de différente manière et les faire disparaître, comme dans Dix petits nègres, mais en version 12 compagnons.

Mihaël n’est pas un maître Inquisiteur comme les autres, il est plus cool, est un bon vivant, n’hésite pas lever le coude, n’est pas trop sérieux, est sexy et même son pouvoir semble minable car c’est le flower power (d’une graine ou du pollen, il peut faire jaillir des fleur ou des racines).

Le coup de l’île maléfique qui retient les gens, qui les piège et les élimine n’est pas neuve, elle sent même le souffre tant elle a déjà été utilisée.

Pourtant, malgré tout, on se prend au jeu car le scénariste a donné une présence assez marquée aux différents personnages et sans entrer dans trop de détails, il a su leur insuffler des caractéristiques qui les fait se démarquer l’un de l’autre.

Les dessins sont très agréables pour les yeux, même s’ils manquent parfois de petits détails, mais ça ne gâche rien au plaisir de feuilleter l’album.

Niveau dialogues et explications, on a de quoi lire pour nos longues soirées d’hiver, même si le final est vite expédié alors que l’intro avait été assez longue. De longs préliminaires et une conclusion rapide dans un dernier coup de rein. Le plaisir ayant été au rendez-vous, je ne porterai pas plainte.

Nous pensions avoir une enquête sur des malversations politico-financières et nous voici à traquer un truc pas net qui vient d’éliminer quelques rares survivants du naufrage. Moi qui vient de lire The Call Of Chtulhu, ça sentait le calamar pas frais, ou un air de déjà-lu.

Malgré la longue intro, je n’ai pas eu l’impression de tourner en rond ou de m’emmerder grave car il y a de l’humour et notre Inquisiteur est moins guindé que les autres, par contre, son elfe, lui, est sérieux comme un pape mort.

Une enquête qui a pris une autre tournure, qui est devenue une autre, bien plus dangereuse que des financiers, des personnages attachants, sympathiques, un Inquisiteur qui, malgré ses pouvoirs qui semblent risibles est plus fort qu’on ne le pense.

Bon, avec tout ça, on n’en sait pas plus sur l’univers des Inquisiteurs et le final introduit un nouveau mystère. Heureusement que je possède les suivants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°108 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – Ghost and hauntings : îles hantées).

Les Maîtres inquisiteurs – Tome 3 – Nikolaï : Jean-Luc Istin & Augustin Popescu

Titre : Les Maîtres inquisiteurs – Tome 3 – Nikolaï

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Augustin Popescu

Édition : Soleil (21/10/2015)

Résumé :
Dans la région froide du petit Gottland, le maitre inquisiteur Nikolaï et son elfe Boldween font une découverte macabre : un corps est ancré dans la glace.

Très vite, le lien est fait entre la victime et le pèlerinage sacré du dragon bleu. L’inquisiteur décide de débusquer le coupable et s’immisce parmi les voyageurs.

L’enquête s’enlise et d’autres meurtres viennent s’ajouter au premier…

Le meurtrier se cache au milieu de deux mille pèlerins et le mobile reste un mystère !

Critique :
Nikolaï, c’est LE type qu’il faut inviter à vos barbecues estivaux !

Perdez plus votre temps à faire des tipis de petits bois, à arroser le tout d’essence ou à mettre des cubes inflammables pour faire prendre votre feu : Nikolaï se chargera d’allumer le feu sous vos petites saucisses !

Johnny devait penser à lui lorsqu’il chantait ♫ Allumer le feu, alluuuuu-mmmmer le feu ♪

Trêve de plaisanterie, on n’est pas dans la merde : le fleuve Ygdryl s’est tari, les chemins du pèlerinage vers la source sont blindés de croyant, certains peuples voyageant avec les reliques sacrées et un Inné vient de signaler à Nikolaï, Maître Inquisiteur de son état, qu’un cadavre était pris dans les glaces, un peu plus haut.

Voilà une enquête plus que délicate pour Nikolaï… En plus de devoir jouer à Sherlock Holmes version « pouvoirs magiques », il va devoir éviter que les peuples gardiens des 3 artefacts du Dragon Bleu ne s’entretuent, trouver celui qui tue les gardiens de ces reliques sacrées et le tout, sans la vue !

Et oui, Nikolaï, tel Shiryû du Dragon (Saint-Seya), a renoncé à ses yeux afin d’accroître son pouvoir.

Niveau enquête, j’ai eu du bon, je n’ai rien vu venir ! En ce qui concerne le suspense, j’ai été servie car la tension entre les différents protagonistes était palpable et la haine était dans leurs yeux.

Sachant que tous ont des vieilles rancunes non soldées, on se demande qui aurait intérêt à déclencher un conflit entre ces peuples… La NRA ? Sans doute ! Mais qui aurait intérêt à ce que le fleuve ne coule plus ? Un fabriquant de bouteilles d’eau ? Non, on est plus loin que ça.

L’auteur, Jean-Luc Istin, frappe toujours là où ça fait mal et reprend toujours un tas de choses de notre monde, qu’il met à la sauce des mondes fantasy, tout en restant pertinent, caustique et en mettant le doigt là où il faut le mettre.

J’ai trouvé intéressant de mettre, face aux croyants, un Inquisiteur athée, un homme qui ne croit qu’à la magie car il sait qu’elle régit toutes choses dans son monde. Nikolaï, sous ses airs de frère Cadfael version cheveux longs, a plus d’un tour dans son sac et sait être diplomate afin d’éviter l’embrasement entre certains.

Le final est excellent et l’auteur a réussi à me surprendre une nouvelle fois, le bougre.

Une enquête difficile, des meurtres à la pelle, une fleuve tari, la magie qui faiblit, un complot, des riches qui deviennent de plus en plus riches au détriment des pauvres et un Inquisiteur qui va devoir ouvrir l’œil, et le bon, même s’il est aveugle.

Nikolaï, un Maître Inquisiteur qui a les cheveux longs mais pas les idées courtes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Les Maîtres inquisiteurs – Tome 2 – Sasmaël : Nicolas Jarry & Paolo Deplano

Titre : Les Maîtres inquisiteurs – Tome 2 – Sasmaël

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (03/06/2015)

Résumé :
Au nord de l’Ardaigne, dans la cité de Destrion, un fou-furieux a massacré tous les occupants d’un palais appartenant à la puissante famille de Tyr.

Le forcené a finalement été arrêté par le maître des lieux, le prince Bran de Tyr, mais ce dernier a également succombé à ses blessures.

Pour le Maître inquisiteur Sasmaël, il pourrait s’agir dune enquête parmi tant d’autres qui ont émaillées sa longue vie… pourtant ce n’est pas le cas ! L’assassin n’est autre que son ancien mentor, le vénérable et très intègre Maître inquisiteur Fendraël.

Pour Sasmaël le temps est compté sil veut innocenter son vieux compagnon et ainsi sauver l’avenir politique de l’Inquisition.

Lors de l’autopsie, il découvre que Fendraël a été drogué, que son esprit a été corrompu.

Avec laide de son elfe Lotweën il remontera la piste des véritables coupables jusqu’à Vieilles-Forges, une cité industrielle au coeur d’un trafic d’armes avec les clans Mannlander du Sud du Gottland.

Une guerre semble se préparer… Et l’Ordre des Maîtres inquisiteurs pourrait bien être impliqué…

Critique :
Quand un tueur implacable s’amuse à tuer tous les occupants d’un palais, faut envoyer un enquêteur et pour cette mission, Sasmaël et son elfe Lotweën sont tout indiqué.

Surtout s’il faut la jouer profil bas et éviter d’ébruiter la chose car le tueur n’est autre qu’un Inquisiteur, le Maître de Sasmaël, en plus.

Gênant, tout de même…

Rien à dire de Sasmaël : hormis la magie et la science du combat à l’épée en plus, Holmes n’a rien à lui envier.

En plus, en tant qu’Inquisiteur, les plaisirs de la chair ne sont pas vraiment des choses admises dans l’ordre et si on veut dégainer, on est prié de sortir une épée, un poignard ou tout autre chose que son p’tit bigorneau.

Nous avons beau être dans de la fantasy moyen-âgeuse, enquêter chez des Nains, tomber sur des Orcs assoiffés de combats, pour le reste, nous sommes face à une bonne vielle enquête et à des petits rappels de ce qui s’est passé dans notre Monde.

Comment ne pas penser aux Anglais lorsque l’on parle de commerce de l’opium et de vente de cet opiacé à des autres peuplades pour les tenir calme ? Comment ne pas assimiler la confrérie du Soleil, composée d’hommes et de femmes de pouvoir et qui se réunit une fois par an sur l’île de Bilsberg à une sorte de Bilderberg humain ?

Comment ne pas faire une analogie entre la fabrication en stoemelings (en black, en noir, en schmet) d’armes et leur vente à des peuples fort belliqueux avec nos pays qui arment des autres, pensant que ceux-ci ne vont les utiliser que proprement ou dans un but de défense ?

Anybref, pour les allergiques à la fantasy, je conseillerais tout de même cette série car elle est au final très humaine car tous nos travers se trouvent réunis dans ces pages ou dans celles des autres tomes.

Niveau dessins, je les ai trouvé agréables mais peu détaillé dans les expressions et lorsque les personnages sont loin, le visage n’est même pas détaillé, ce qui est un peu dommage vu le niveau du dessinateur et de la maison d’édition.

Leur sombritude ne m’ont pas dérangé, par contre car elle collait bien à l’ambiance et il aurait été déplacé de sortir une belle palette de couleur alors qu’on arpente les couloirs des forges des Nains ou que l’on autopsie son vieux Maître.

Ma découverte sur le tard de la saga des Maîtres Inquisiteurs continue donc sous de bons auspices.

J’ai apprécié le duo Inquisiteur-Elfe (une elfe, ça change) et Sasmaël, avec qui le courant est passé, est un Inquisiteur beaucoup plus froid qu’Obeyron, plus réfléchi, moins soupe au lait, moins cruel, bien qu’il ne faille lui chier dans les bottes ou tenter de le tuer, ça vous équivaudrait à recevoir une décharge de courant…

Ah, quel grand malheur pour moi d’avoir découvert cette saga !! Elle est terrible et ça ne va pas arranger mes finances ! Moi qui voulais revenir à la fantasy, me voici plongée dedans et par le biais des bédés.

Allez, je vous laisse et je continue ma lancée sur l’enquête suivante puisque chaque tome se termine par un nouveau mystère (en tout cas, pour les tomes 1 & 2).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Les maîtres inquisiteurs – Tome 01 – Obeyron : Oliver Peru & Pierre-Denis Goux

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 01 – Obeyron

Scénariste : Oliver Peru
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions (25/03/2015)

Résumé :
Obeyron ! Le pire Maître-Inquisiteur que le monde ait porté; aux dires de ses ennemis… ainsi que de ses amis.

S’il est une chose qu’a réussi le mage dans la grande guerre qui a ravagé le monde d’Oscitan, c’est provoquer la haine, la méfiance, la peur, le mépris, la discorde et beaucoup d’autre nobles sentiments.

Devenu Maître-Inquisiteur après le conflit afin de lutter contre le crime, Obeyron n’obéit qu’à une seule maîtresse, la justice.

Jusqu’à sa dernière mission dans la lointaine forêt des Soupirs, où on l’a piégé et laissé pour mort.

Seulement, voilà, on ne tue pas un Inquisiteur si aisément. Et Obeyron est bien décidé à enquêter sur sa propre mort.

Critique :
Le Maître Inquisiteur Obeyron ne laisse personne indifférent et a pléthore d’ennemis. Bon nombre de personnes ont souhaité sa mort.

Il faut dire aussi que cet Inquisiteur est violent et n’hésitera pas à vous coller une ordonnance et une sévère, si vous franchissez la ligne rouge (ou pour moins que ça).

Obeyron correctionne fort : il émascule, il éborgne, il emprisonne, il casse des membres ou pire…

La justice c’est lui.

Reprochant à certains de torturer des prisonniers de guerre, il n’hésite pas lui-même à passer par ces extrémités lorsqu’il veut des renseignements ou faire avouer des suspects/coupables. Tout les moyens sont bons pour lui.

Là, tel un Sherlock Holmes qui aurait reçu une injection de Hulk et aurait l’épée entre les dents, il va enquêter sur rien de mois que sa propre mort !

Non, il n’est pas ressuscité, c’est juste que tout le monde le croyait mort et le voici de retour, 40 ans plus tard, criant vengeance et cherchant à savoir QUI a tué I’Jaren, son ami Elfe, toute leur troupe et qui lui en voulait pour en vouloir à sa couenne.

Il est bon de savoir que les Inquisiteurs peuvent vivre très très longtemps ! 40 ans, pour Obeyron, ce n’est même pas une année pour nous. De plus, ils possèdent tous un pouvoir et celui d’Obeyron est de pouvoir produire des clones de lui-même.

Si Holmes suivait la piste patiemment, Obeyron va droit au but et ne s’embarrasse pas des cadavres ou blessés qu’il pourrait laisser derrière lui.

À la vitesse d’un phacochère enragé, il remonte la piste avec l’élégance et la discrétion d’un éléphant énervé dans un magasin de porcelaine de Limoges.

Pas de bol, les loulous et les louloutes, voilà encore une saga prometteuse qui va sans doute me ruiner, comme bien d’autres. Tant pis, je roulerai à pied et je ne ferai pas le plein dans les prochains mois. Mdr

Rien que les dessins sont un enchantement, l’univers semble fort riche, même s’il n’est pas encore tout à fait détaillé. Je suppose que nous en apprendrons plus dans les autres tomes (j’en ai déjà lu les albums 6 et 8 dans Lanfeust Mag) et que, comme pour les autres sagas, nous allons découvrir tout un monde nouveau.

Obeyron est un personnage complexe : violent, ayant soif de justice et de la faire respecter, il est sans cesse en train de marcher sur la ligne et chez lui, faire preuve de retenue implique de faire tout exploser pour tenter d’éparpiller l’ennemi façon puzzle.

La narration est bien agencée car le récit alterne les moments présents de son enquête après son come-back et les flash-back afin de nous faire comprendre ce qu’il s’est passé il y a 40 ans. Les couleurs passant alors au sépia pour le passé.

L’utilisation de I’Jaren, son assistant Elfe, sous forme de spectre parlant est aussi une excellente idée car ce dernier joue le rôle de Jiminy Cricket, la voix de la conscience, la voix de la raison, celui qui tente de tempérer le caractère à l’emporte-pièce d’Obeyron.

Le scénario n’est pas constitué que d’une intrigue au sujet d’une enquête et l’auteur a réussi à me surprendre sur le personnage d’Obeyron et de son entourage. Ah oui, pas mal, ça, monsieur Peru, bien vu !

Anybref, voilà encre une super saga que je vais m’empresser de découvrir car je sens qu’il y a moyen de passer de très bons moments de lectures et de revenir, par un autre biais, à la fantasy que j’ai un peu délaissé, ne trouvant plus rien qui me fasse vibrer.

Les Maîtres Inquisiteurs vont me faire vibrer et on a déjà l’introduction d’un élément qui, je suis sûre, sera déterminant dans les autres albums.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).