Helstrid : Christian Léourier [LC avec Rachel]

Titre : Helstrid

Auteur : Christian Léourier
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (21/02/2019)

Résumé :
Certains mondes ne sont pas faits pour l’humanité : Helstrid est de ceux-là. Des températures de -150 °C ; des vents de 200 km/h ; une atmosphère toxique.

Pourtant, la Compagnie tient à exploiter ses énormes ressources en minerai, appâtant les volontaires à l’exil à grand renfort de gains conséquents.

Des hommes et des femmes à l’image de Vic, qui supervise le travail de prospection et d’exploitation des machines. Un job comme un autre, finalement, et qui vaut toujours mieux que d’affronter son passé laissé sur Terre…

Jusqu’à ce que le porion soit contraint d’accompagner un convoi chargé de ravitailler un avant-poste à plusieurs centaines de kilomètres de la base principale.

Un trajet dangereux, mais les IA sont là pour veiller à la bonne marche des véhicules suréquipés et à la protection du seul humain embarqué. Dans pareilles conditions, tout ne peut que se passer au mieux…

Critique :
♫ Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ♫ Chagrin d’amour dure toute la vie ♪

Vic, après un gros chagrin d’amour, a signé un contrat comme on s’engagerait dans la légion : 5 ans à bosser sur la planète Helstrid.

Sauf que ici, ça va durer bien plus longtemps et que lorsqu’il reviendra sur Terre, tout le monde aura pris un coup de vieux. Comment est-ce possible ? Parce que le voyage entre la Terre et Helstrid dure 25 ans !

Un huis-clos sur une autre planète, où les conditions climatiques sont dantesques, à tel point qu’on se demande si ça vaut vraiment la peine d’y envoyer des Hommes vu que les I.A sont capables de tout gérer elles-mêmes, sans faire des bévues comme l’Homme.

Dans cette novella, on aura l’opposition intelligence artificielle avec celle de l’Homme, en particulier Vic, le personnage principal, avec Anne-Marie, l’I.A qui s’occupe de faire fonctionner son camion et qui est bien plus intelligente et plus raisonnée que l’Homme dont elle est chargée de garder en vie.

Vous vous doutez bien que le voyage ne sera pas de tout repos, sinon, pas de quoi écrire une novella. Et des coups du sort, Vic va en subir une kirielle, prouvant par là que les emmerdes volent bien en escadrilles.

Vic n’est pas un personnage pour qui on aura de l’empathie, il râle tout le temps, n’arrête pas de penser à son ex-copine qui l’a planté comme un con sur Terre, ensuite, il râle sur l’I.A Anne-Marie qui se la joue psychanalyste et qui nous assure que tout ira très bien, madame la marquise parce qu’elle va trouver un autre itinéraire, no panique.

N’ayant que peu lu de la SF, je ne pourrai pas me baser sur mes lectures pour juger cette novellas de space-opera. Pour moi, tout est quasi nouveauté. Le côté huis-clos était prenant et même si je me suis doutée de la fin, j’ai tout de même mis les gaz pour vérifier mon hypothèse.

Le format court nous empêchera d’en savoir plus sur cette planète où le climat change souvent, où des secousses sismiques ont lieu ainsi que des tempêtes, ni si la Compagnie qui exploite cette planète fera des économies en s’abstenant d’y envoyer des hommes qu’elle paie bien cher pour se tourner les pouces…

Une LC faite sur proposition de Rachel, que je remercie au passage, de m’avoir fait découvrir un autre ouvrage de la collection Le Bélial’. Comme moi, elle a apprécié sa lecture, a trouvé Vic peu attachant et à adoré le final.

Acadie : Dave Hutchinson

Titre : Acadie

Auteur : Dave Hutchinson
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (29/08/2019)
Édition Originale : Acadie (2017)
Traduction : Mathieu Prioux

Résumé :
Parce qu’il était précisément le type qui avait le moins envie du poste, Duke a été désigné Président de la Colonie. La Colonie, c’est cet ensemble d’habitats spatiaux cachés dans un système stellaire isolé et sans grand intérêt.

Le boulot de Duke, purement honorifique, lui permet de se la couler douce… sauf dans les situations de crise comme celle qui se présente. Car voilà qu’une sonde en provenance de la Terre arrive aux frontières du système.

Pour les résidents de la Colonie, il n’y a pas pire nouvelle. Cela fait cinq siècles qu’ils fuient l’autorité terrienne : sous la houlette de la généticienne Isabel Potter, ils ont établi une véritable utopie itinérante où une frange toute particulière de la population, les Ecrivains et les Gamins, peut laisser libre cours à sa créativité en matière de reprogrammation génétique.

Etre rattrapés est tout simplement inenvisageable : pour avoir violé les strictes lois bioéthiques terriennes, même il y a plusieurs siècles, c’est la peine capitale qu’ils encourent. Heureusement, Duke est l’homme de la situation… non ?

Court roman roublard mené à cent à l’heure, Acadie questionne avec humour et acuité les dérives d’une science sans conscience.

Critique :
Bienvenue dans le fin fond du fin fond du fin fond de la galaxie.

Après le trou du cul de cette même galaxie, tournez à gauche et continuez la route durant quelques années lumières et vous arriverez sans doute directement sur La Colonie.

Sauf que, elle vous aura détecté avant votre arrivée et aura déjà plié bagage.

Duke est le président de La Colonie, mais le titre est honorifique et refourgué à celui qui en veut le moins, qui s’en fiche le plus. Bref, le plus blasé et Duke est un grand blasé.

Si d’aventure en aventure (♫) vous passiez les systèmes de défense, qui, comme les voies du Seigneur, sont dit impénétrables, c’est à lui que reviendra de donner l’ordre à La Colonie de jouer les filles de l’air.

Le vocabulaire est assez technique, fait de mots en novlangue pour donner l’impression que depuis le fil à couper le beurre, on a inventé des trucs super géniaux pour voguer dans l’espace, mais entre nous, ces nouveaux mots cassent un peu le rythme de lecture, déjà qu’il faut s’y retrouver dans les différents flash-back et que, en si peu de pages, l’auteur doit aller droit au but, ce qui a rendu mes débuts de lecture assez difficile.

Isabel Potter (qui n’est pas parente avec Harry) a fait des expériences génétiques sur Terre et comme on voulait la passer par la case pertes plus que profits, elle s’est barrée dans un vaisseau, emportant avec elle d’autres humains qui, depuis des siècles, vivent dans l’espace, dans La Colonie. Les passages avec les Écrivains sont assez spéciaux et à la limite du questionnement.

Ma préférence ira pour la seconde moitié du roman, lors de la rencontre avec un autre vaisseau et le twist final qui, bien que je l’ai senti arriver, m’a fait sourire car il expliquait bien des choses, dont celles que nous avions eu en commençant notre lecture.

Avec un début de lecture difficile, le twist final n’a pas réussi à faire remonter mon sentiment général et c’est donc mitigée que je suis ressortie de cette lecture, même si elle a occupée mon esprit encore longtemps puisque je réfléchissais sur ce que j’avais lu, analysant les différentes choses que ce roman mettait en avant pour les dénoncer.

Ne prenez rien pour acquis !

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°28], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les somnambules : Chuck Wendig

Titre : Les somnambules

Auteur : Chuck Wendig
Édition : Sonatine (04/03/2021)
Édition Originale : Wanderers
Traduction : Paul Simon Bouffartigue

Résumé :
Un nouveau monde, le nôtre ?

Dans un petit village de Pennsylvanie, Shana surprend sa soeur, Nessie, quittant d’un pas résolu leur maison. Lorsqu’elle tente de l’intercepter, la petite fille ne réagit pas à sa présence. Mutique, absente, le regard vide, elle avance… Croyant à une crise de somnambulisme, Shana commence à la suivre.

Rapidement, elles sont rejointes par un deuxième errant, frappé des mêmes symptômes que Nessie. Puis un autre. Bientôt, ils sont des centaines à converger vers la même destination inconnue, tandis que leurs proches, impuissants, leur emboîtent le pas. Très vite, cette mystérieuse épidémie enflamme le pays.

Chuck Wendig tend à notre monde un miroir dans lequel se reflètent ses hantises les plus contemporaines : l’irruption de l’inconnu, la peur de l’autre, la défiance envers le gouvernement, la force rampante des discours religieux et extrémistes… Rappelant autant Le Fléau que The Leftovers,

Les Somnambules est un portrait humain mais sans concession d’une société au bord de l’extinction.

Critique :
Lève-toi et marche…

Lecteur/trice, prévois de bonnes chaussures parce que ce sera une longue marche et elle comportera des chausse-trapes, des dangers, des suprémacistes Blancs qui tenteront d’arrêter ta marche.

Prévois aussi un canapé confortable car la marche ne sera pas que longue en kilomètre parcourus mais aussi en pages avalées (plus de 1.100).

Que la taille et la longueur en te rebute pas, ami de la littérature car tu ne le sentiras pas passe, ou si peu. Tu seras si bien au coeur de ce mystère, de cette pandémie bizarre que tu ne verras pas les pages se tourner.

L’auteur aurait pu suivre une seule direction, se contenter de nous faire marcher, mais non, il a été intelligent, créatif et ce, bien avant l’apparition du Covid19.

Les réactions des gens face à ce phénomène, qu’ils ne comprennent, pas ressemble terriblement à nos comportements depuis 1 an de Covid. Entre les complotistes, les illuminés de Dieu, les écolos, les protecteurs, ceux qui ne savent pas, il y en aura pour tout le monde.

La différence c’est qu’il nous a pondu une pandémie qui fait passer la nôtre pour une peccadille, un tout petit caillou dans les rouages de la machine, alors que lui, il te jette un pavé (au propre comme au figuré) et il te skette (« casser », en patois wallon) la machine, divisant l’Amérique en plusieurs parties : les marcheurs, leurs bergers, les pros-somnambules et les antis avant de refragmenter ces morceaux en suprémacistes survivalistes et en infectés.

Sorte de Fléau (Stephen King) en version moderne, la comparaison s’arrêtera là, sauf à comparer les portraits des personnages, tous très bien réalisés (même si ma préférence ira à ceux du Fléau), travaillés, possédant de la profondeur. Les portraits des suprémacistes sont moins travaillés mais je pense qu’il serait difficile de leur trouver des circonstances atténuantes.

Le scénario n’est pas conventionnel, il ira dans des directions inattendues et tant mieux car l’auteur a évité aussi que son récit ne s’enlise, ne stagne ou ne devienne redondant. Cela a augmenté mon plaisir de lecture et mon addiction.

La surprise était au rendez-vous tout au long de ma lecture et j’en ai eu pour mes sous, du début à la fin, sans que cela vire au grandguignolesque puisque son récit avait des points d’ancrage dans notre époque, même s’il a poussé le bouchon plus loin et que je croise les doigts que jamais pareil scénario apocalyptique ne se produise en vrai (vœu pieux, ça nous pend au nez).

L’autre point fort de ce roman, c’est son final qui est plus que réussi, contrairement à celui du Fléau (Stephen King) qui n’était pas à la hauteur des 1.500 pages lues. Chuck Wendig a réussi à donner au sien une dimension dantesque, un véritable combat pour la vie et à le faire de manière intelligente. Ça m’a troué le cul (pour parler vulgairement mais que tout le monde comprenne bien).

Si nous n’avions pas le choc des photos, ce lourd pavé possédait le poids des mots et c’est avec de l’acide que l’auteur a dû diluer son encre car entre les phrases, on discernait un peu de cynisme, de sarcasmes et quelques coups bas pour les sociétés humaines qui mènent le monde à sa perte (et le reste avec).

Un roman post-apo qui, malgré ses 1.100 pages, ne devient jamais ennuyeux ou ne semble trop long. Une lecture intense, au goût de prémonitions qui risquent un jour de passer en faits réels.

Hormis quelques libertés avec les sciences, la plupart des horreurs qui se déroulent dans ces pages sont hélas bien réelles et l’on a vu comment la peur durant une pandémie pouvait transformer les humains en pire que des bêtes.

Surtout que notre pandémie l’est aussi sur les réseaux sociaux avec toutes les conneries qui peuvent s’y raconter et contre ça, pas de médicaments pour guérir.

Un sacré roman post-apo, une lecture intéressante, hautement addictive, qui prend aux tripes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°240].

La faucheuse – Tome 1 : Neal Shusterman

Titre : La faucheuse – Tome 1

Auteur : Neal Shusterman
Édition : Robert Laffont (16/02/2017)
Édition Originale : Arc of the Scythe – Book 1 – Scythe (2016)
Traducteur : Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2017

Résumé :
Les commandements du Faucheur : Tu tueras. Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation. Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue. Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté. « MidAmérique, milieu du 3e millénaire.

Dans un monde où la maladie a été éradiquée, on ne peut plus guère mourir qu’en étant tué aléatoirement (« glané ») par un faucheur professionnel.

Citra et Rowan sont deux adolescents qui ont été sélectionnés pour devenir apprentis-Faucheurs ; et, bien qu’ils aient cette vocation en horreur, ils vont devoir apprendre l’art de tuer et comprendre en quoi cette mission est bel et bien une nécessité.

Critique :
Imaginez un monde où plus personne ne meurt… Les maladies n’existent plus, les crimes non plus.

Et si par le plus grand des malheurs, vous passiez sous les roues d’un trente tonnes, des ambudrones (les robots ambulanciers) vous enverront de suite en résurrection !

Comptez 4 jours si l’accident était grave.

Ben comment on va mourir, alors ?? Tout simplement grâce aux Faucheurs qui, sans l’aide d’une faux, vous glaneront et vous enverront, pour de bon, six pieds sous terre.

Aucune arme ou manière n’est prohibée pour vous glaner (tuer). On leur demande juste de respecter des quotas, de ne pas cibler des groupes particuliers, d’avoir de l’empathie et de ne pas vous faire souffrir.

Vous voulez savoir ? C’était jubilatoire cette lecture où la Mort n’existe plus, où des êtres supérieurs doivent la donner et où les gens, alors qu’ils ont accès au Thunderhead (sorte de Wiki puissance 1.000 avec une A.I), préfèrent regarder des hologrammes de chats. Tiens, on dirait notre société !

Les personnages sont bien traités, travaillés, ambigus, même si certains méchants sont vraiment des méchants et que rien ne pourra plaider en leur faveur.

Malgré ce petit manichéisme, j’ai apprécié que nos deux ados soient des jeunes pleins de perspicacités, de ruses, sachant jouer avec les règles et les retourner dans la figure de certains. Ils m’ont été sympathique tout de suite.

L’auteur nous dépeint une société qui a tout de la société parfaite : plus de guerres, plus de chômage, plus de maladies graves, l’immortalité (quasi) et pourtant, on dirait que sous le vernis de la perfection se dissimule quelques imperfections.

En effet, comment arriver à jouir pleinement de la vie quand la mort est quasi inexistante et que vous pouvez rajeunir si vous en avez marre de vos soixante ans ?

De plus, comment être sûr que certains Faucheurs ne prennent pas leur pied en donnant la mort et n’abusent pas de leurs prérogatives, façon petit tyran ?

Pas de temps mort dans ce roman qui ne conviendra peut-être pas au plus jeunes car certaines scènes de massacres sont assez violentes, du suspense, du mystère, de la compétition, un suicide suspect et une société de faucheurs gangrénée par l’envie de pouvoir de certains.

Un roman difficile à lâcher, une véritable tuerie au niveau du scénario que de ses personnages, ainsi que dans la structure et l’élaboration de son récit avec le poil à gratter qui parsème la description de la nouvelle société.

Un final super qui vous laisse devant deux choix : poursuivre l’aventure avec le tome 2 ou vous arrêter là.

Moi je continue, en espérant que le deuxième tome soit aussi brillant que le premier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°31 – Les Hommes Dansants – lire un livre appartenant au genre « Jeunesse »).

[SÉRIE] Westworld : La série qui a lifté le western de papa !

Westworld est une série télévisée américaine de science-fiction créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy, et notamment produite par J. J. Abrams et Bryan Burk, et diffusée depuis le 2 octobre 2016 sur HBO.

C’est l’adaptation télévisée du film Mondwest (Westworld) écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973.

La série est diffusée en version originale sous-titrée en français depuis le 3 octobre 2016 en France sur OCS City, en Belgique sur Be 1 et en Suisse sur RTS Un. Elle est diffusée en version française depuis le 9 janvier 2017 en Belgique sur Be Séries.

Synopsis :
Westworld est un parc d’attractions futuriste recréant l’univers de l’Ouest américain (Far West) du XIXe siècle. Il est peuplé d’androïdes, appelés « hôtes » (hosts), réinitialisés à la fin de chaque boucle narrative.

Les visiteurs, appelés « invités » (newcomers), peuvent y faire ce qu’ils veulent sans aucune conséquence.

Mais à la suite d’une mise à jour du programme des androïdes, les dirigeants du parc devront faire face à plusieurs bugs dans leur comportement.

Musique :
Ramin Djawadi compose la bande originale de la série. Il a déjà travaillé avec la chaîne HBO sur Game of Thrones et avec Jonathan Nolan sur la série Person of Interest.

En plus des compositions originales, Ramin Djawadi réarrange des chansons modernes dans des versions pour piano de saloon ou orchestre symphonique. Il explique vouloir souligner avec ce choix l’anachronisme de la série mettant en scène des robots au Far West.

Dans la première saison, il réarrange par exemple des chansons de Radiohead (No Surprises, Fake Plastic Trees), des Rolling Stones (Paint It, Black), de Soundgarden (Black Hole Sun), de The Cure (A Forest), de Nine Inch Nails (Something I Can Never Have), de The Animals (The House of the Rising Sun) ou d’Amy Winehouse (Back to Black).

Ce que j’en ai pensé : 
Je ne sais pas comment te dire, chez ami(e) lecteur(trice), ce que je ne sais pas écrire… faudrait que j’invente des mots qu’existent pas dans le dico…

(toute ressemblance avec une chanson n’est absolument pas fortuite)

Westworld, c’est une série qui mélange le western avec la SF et de cet accouplement étrange est né un beau bébé, un bébé compliqué, faut bien suivre ses premiers pas et ne rien rater de son retheutheu mais je vous jure que ça vaut le coup de poser ses fesses sur une chaise, un fauteuil, un canapé (biffez la mention inutile ou inconfortable) et de se délecter de cette série qui, en 10 épisodes, te chambouleront tout.

Imaginez un monde où vous pouvez faire ce que vous voulez : braquer la banque, violer le banquier, vous taper la tenancière du bordel du coin et flinguer le pianiste si celui-ci a fait une fausse note…

Rien ne vous sera reproché ! Emprisonnerait-on un gosse qui a hurlé de joie dans une attraction de Disney ? Non.

Et ici, nous sommes aussi dans un parc, une sorte de Disney Land version cow-boys et indiens et on a le droit de flinguer tout les habitants de ce petit monde ! On s’en fout, se sont des robots !

Des robots qui ressemblent follement à des humains, mieux que le Canada Dry ©, et qui n’ont absolument pas conscience d’être des robots.

« Et le huitième jour, l’Homme créa des robots humains, ou des humains robots »…

Lorsque l’Homme joue à Dieu, ça donne quelque chose de joli, de novateur, mais c’est bien entendu imparfait, tout comme nous. Un androïde, ça bugue, ça foire, et ça pourrait aussi ne pas s’en tenir au scénario chargé dans sa carte mère, son processeur, son A.I…

Et c’est, à chaque fois, par la souffrance et la douleur des souvenirs régurgitant dans le subconscient des hôtes que passe leur humanisation et l’évolution de leur conscience, car la douleur est une des sensations rendant certains souvenirs plus facile à se remémorer que d’autres.

Niveau acteurs, rien à redire, Ed Harris est flippant en homme en noir à la recherche d’un autre truc dans le parc, lui qui le hante depuis des lustres, Anthony Hopkins est charismatique en concepteur de parc, sorte de Dieu créateur. Mais je ne me fierais pas à lui…

Les autres, je les connais moins bien, mais chacun est à sa place dans son rôle et leur jeu d’acteurs donne une série réaliste à tel point qu’on a l’impression que tout est vrai et que nous assistons à tout, en tant que témoin impuissant.

Et puis, les bandits ont des gueules à l’emploi, mais certain ont un côté sexy et ne sont pas toujours les salopards cruels que l’on pourrait croire.

Sexy l’ami. Tu m’enlèves ??

Le scénario est riche, dense, fouillé, faut bien tout suivre consciencieusement, d’ailleurs, cette série, vaut mieux se la taper toute d’un coup ou en peu de jours, c’est plus facile pour tout remettre en place ensuite.

Oui, cette série fait travailler tes neurones, car elle est remplie de flashbacks, de sauts entre le monde faux et le monde réel des concepteurs de ce Parc, c’est rempli d’allusions à d’autres personnages dont on ne sait rien, mais qui entretiennent le mystère et le suspense.

Entre les flashbacks de Dolores, ses multiples vies, son aventure avec Logan et William, les nouveaux scénarios du parc qui sont ajoutés au fur et à mesure, la possibilité qu’il y ait autre chose derrière le jeu, l’homme en noir, les conflits en interne, les androïdes qui commencent à réfléchir, à sortir des scénarios préconçus ou encore la mention de ce fameux Arnold qui hante la conscience de nombreux hôtes au sein du parc, il y a de quoi remplir sa petite tête.

Il arrive il descend… l’homme en noir… Men in black

Alors on a déjà un scénario béton, des personnages fouillés, qui évoluent, qui cachent des choses, qu’ils soient robots ou humains, on a des visiteurs qui révèlent leur vraie nature, du rythme, de l’action, des flashbacks et, et…

Une bande-son à se damner, mes aïeux ! Ramin Djawadi n’est plus à présenter, il a déjà conçu entre autre la bande-son de « Game of Thrones » qui est somptueuse et celle de « Person of Interest, » que je ne connais pas.

Sa reprise de « Paint It Black » des Rolling Stones (une de mes chansons préférées), reprises au piano bastringue et illustrant la scène où les bandits viennent flinguer tout le monde dans la ville, donne des frissons de plaisir sur les bras. Une telle chanson ça collait bien à la scène et son changement de tempo, de musique, était surprenant, frais, et j’adore.

Tout est bien travaillé dans cette série qui sors des sentiers battus, que ce soit la musique, ou tout ce dont je viens de vous parler, mais aussi les costumes, les décors, les acteurs, tout est réaliste, magnifique et on sent que les concepteurs n’y ont pas été avec le dos de la cuillère pour nous offrir un tout grand spectacle.

Bon, ce n’est pas pour les t’its n’enfants non plus, car on a de la violence omniprésente durant tous les épisodes, et des nus, aussi… Fatalement, on stocke les androïdes dans leur plus simple appareil, alors, les nibards, les chattes et les bistouquettes, ça défile !

Autre chose, la preuve qu’il faut être attentif : il y a une timeline à partir d’un moment et on retourne en arrière, dans le passé. Comment le sait-on ? Les logos de la société Westworld changent !

Timeline

Bon, je sais aussi que certains crieront à la caricature avec William qui, gentil petit monsieur, choisira un chapeau blanc alors que Logan, son pote et beau-frère, prendra un chapeau noir car il n’a pas l’intention de rester sagement assis sur une chaise, lui !

Et si certains dialogues étaient bluffants, originaux, pas piqué des vers, il y a de temps en temps une réplique un peu basique, téléphonée, ou ne volant pas très haut, mais bon, dans l’ensemble, c’est une goutte d’eau !

Anybref, si tu n’as pas encore découvert cette série, il est plus que temps de le faire parce que c’était une véritable révolution, un peu comme le fut LOST en son temps, mais je croise les doigts que les concepteur ne nous sortent pas une fin comme ils le furent pour l’autre série…

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.