Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées : Arnü West

Titre : Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées

Scénariste : Arnü West
Dessinateur : Arnü West

Édition : Milan (juin 2005)

Résumé :
Dans l’Angleterre de la fin du XIXe siècle, la reine commence sa journée avec les dernières nouvelles du Saint-Empire et apprend que le poulailler royal s’est effondré.

Dans son désarroi, elle en appelle à la police et aux canons de la garde royale.

Dans ce deuxième volet, nous retrouvons Donald Collins, notre schizophrène qui croit être Sherlock Holmes, et son médecin, le docteur Harrison, que Collins prend pour Watson, dans une course-poursuite trépidante à travers Londres.

Le savant fou Moriarty a créé un robot-aimant géant qui se nourrit de métaux, attirant à lui du plus petit boulon à la locomotive empruntée par nos héros dans leur fuite. C’est la panique dans la ville !

Un bijou de non-sens et d’absurdité, ce récit à l’humour très « british » réjouira les amateurs d’apocalypses et de volaille.

Critique :
Marrant, autant ou le premier tome m’avait semblé un peu poussif, j’ai trouvé le second meilleur, pourtant, il y a encore plus de gadgets que dans le premier et toutes les situations sont plus qu’impossibles, sans en SF.

Sans doute me suis habituée à l’humour de l’auteur et à ses dessins que je n’aime pas trop.

Comme prévu, le second est la suite directe du premier et j’ai retrouvé tous les protagonistes là où je les avais laissé la veille, sans devoir attendre, l’avantage de prendre les albums 14 ans après leur sortie.

Pour ce qui est de l’humour, il est toujours dans l’absurde, dans des running gags ou poussés jusqu’au point le plus loin, nous sommes dans de la parodie et elle est mieux passé cette fois-ci, comme je le soulignais plus haut.

Le Grand Méchant est toujours aussi mégalo, toujours aussi assoiffé de conquérir le monde mais comme tous les Grands Méchants de cet acabit, il est mal entouré, mal secondé et il faut tout faire sois-même, comme d’habitude.

Avec cet album, je serai moins critique qu’avec le premier car je l’ai trouvé plus intéressant, plus drôle, plus délirant, plus fou encore et j’ai passé un moment de lecture tout ce qu’il y a de plus correct, avec un petit sourire aux coins des lèvres.

Ne cherchez pas un scénario béton armé, il est assez simple, conventionnel : on a tous et toutes vu des dessins animés de ce genre, étant gosse, avec des méchants mégalo, des inventions de fous, ne serait-ce déjà que dans « Meitantei Holmes » (Sherlock Hound).

Une série un peu folle, avec un humour mêlant le british avec celui de la parodie, des inventions folles, un Sherlock Holmes pas si fou que cela, même si ce n’est pas le vrai, un scénario déjà vu mais malgré tout, l’album se laisse lire et on se prend à sourire assez souvent.

Des albums que je laisserais plus à des holmésiens atteint de collectionnite aigüe ou à ceux qui n’ont rien contre le fait qu’on présente un Holmes sous un autre jour (puisque ce n’est pas lui).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer : Arnü West

 

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Titre : Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer

Scénariste : Arnü West
Dessinateur : Arnü West

Édition : Milan (janvier 2004)

Résumé :
À la fin du XXIème siècle, le directeur de l’asile psychiatrique de Londres décède accidentellement.

Le Docteur Harrison est pressenti pour prendre sa suite. Mais pour cela, la tradition veut qu’il réussisse à ramener à la raison un malade de son choix.

Donald Collins sera celui-ci.

Sa pathologie ? Une schizophrénie qui le pousse à croire qu’il est Sherlock Holmes !

Critique :
Lorsque l’on souffre d’Holmésologie aiguë, on soigne son mal de toute les manières possibles et imaginables.

Cet album en est la preuve absolue puisque le Holmes de ces pages n’est pas le vrai mais Donald Collins, un fou qui se prend pour Sherlock Holmes et qui prend le futur directeur de l’asile pour son fidèle Watson.

Hé oui, c’est la règle, pour accéder au poste de directeur de l’asile psychiatrique de Londres, il faut guérir un patient de sa folie et ce pauvre Docteur Harrison pense guérir cet homme qui se prend pour le grand détective.

Si on aime les pastiches qui ne se prennent pas au sérieux et les gadgets en tout genre, style inventions d’un savant fou ou de Gru, alors on sera gâté car ces pages en regorgent.

Personnellement, je n’ai pas vraiment aimé les dessins mais cela ne m’a pas empêché de lire cette bédé qui se veut plus drôle que sérieuse.

Les policiers de Scotland Yard ont un chef pas des plus malins, Moriarty est LE génie du mal pour Holmes et Klepto Girl une voleuse de haut vol qui fait tourner la police londonienne en bourrique.

Alors si on n’est pas trop regardant sur le scénario qui comporte des utilisations de voitures ou d’engin bizarre et qu’on aime les histoires qui ne se prennent pas au sérieux, on passera un moment de lecture agréable.

Pourtant, il m’a manqué un petit quelque chose pour prendre mon pied véritablement. La succession de cascades, de retournements de situation et le côté opérette du Grand Méchant m’ont sans doute un peu lassé avant la fin.

Fin qui a tout l’air d’être à suivre dans l’album suivant pour en avoir le fin mot.

Bon, ce n’est pas la fin du monde non plus, c’était une belle surprise de tomber sur ces deux albums que je connaissais pas, mais ce n’est pas une saga qui restera dans ma mémoire, ni dans mes annales.

De plus, comme je ne possède que deux albums, elle ne sera pas longue à lire. Sans être trop sévère, ça se lit, on sourit mais voilà.

City Hall – Tome 1 : Guérin & Lapeyre

Titre : City Hall, Tome 1                                                          big_3

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Guillaume Lapeyre
Édition : Ankama Editions (2012)

Résumé :
City Hall se déroule dans un univers dépourvu de papier et dans lequel l’écriture manuscrite, interdite depuis des siècles, n’est plus enseignée. La raison en est simple, tout ce que vous écrivez prend vie.

Devenu une arme trop dangereuse, le papier a été à l’origine d’une guerre d’ampleur planétaire destinée à l’éradiquer de la surface du globe qui dura près de deux cent ans.

Après quoi, ce monde a suivi un autre chemin que le nôtre et la technologie s’est développée plus rapidement que la Révolution Industrielle, les dotant déjà de voitures ou d’autres machines de notre siècle.

Nous voici donc dans un environnement mécanique, prônant le travail à la chaîne comme une nouvelle méthode de rentabilité révolutionnaire, mais possédant déjà internet et des écrans LCD.

C’est dans ce contexte qu’un ennemi inattendu va faire son apparition. Il possède du papier, de quoi écrire, a reçu l’éducation nécessaire pour s’en servir et compte bien en tirer profit.

Ce criminel se voit donc propulser au rang d’ennemi public numéro un, mais cela n’y change rien, personne ne sait comment l’arrêter… ou presque.

Car il existe peut-être un homme susceptible de l’appréhender, un écrivain de génie… Jules Verne. Mais acceptera-t-il de se voir confier le dernier carnet présent dans la vieille Albion ? Et risquera-t-il sa vie pour arrêter l’homme au masque de corbeau ?

Ce qui est certain, c’est qu’il n’accomplira pas cette mission seul, et que pour son enquête, il aura certainement besoin des services d’un jeune écrivain numérique encore inconnu, Arthur Conan Doyle…

Critique : 
Ce « manga » français m’avait intrigué lors de sa sortie. Pensez-vous, réunir dans un Londres post victorien (1902) où le papier et l’écriture sont bannis, deux auteurs tels que Jules Verne et Conan Doyle !

Le papier est banni ?? Oui, nous sommes dans un univers dépourvu de papier (même aux chiottes ??) et l’écriture manuscrite est interdite depuis des siècles.

Pourquoi ? Tout ce que vous écrivez prend vie. Le papier et l’écriture sont devenus une arme trop dangereuse. N’allez pas croire qu’on se trouve à l’époque de Neandertal, non, non ! La technologie s’est développée plus rapidement que durant notre Révolution Industrielle, ils possèdent déjà des voitures et les auteurs publient sur des e-book.

Une brillante idée de réunir les deux auteurs dont je vous parlais plus haut. Je l’ai appris ensuite, mais il est dit que c’est en lisant les textes de Jules Verne que Conan Doyle a appris le français.

Nos deux personnages sont jeunes, et Jules, plutôt bôgosse, est un espèce d’inventeur un peu fou. Génial, mais fou. Et avec un volant entre les mains, il devient dangereux !

Quant à Conan Doyle, il est à croquer lui aussi. Tout comme son futur personnage de détective, il est capable d’observer et déduire. Bref, un Sherlock Holmes en puissance !

Arthur Conan Doyle !! Étudiant, écrivain amateur, chimiste débutant… et historien novice !!
Quelqu’un qui a tout à apprendre, en somme…
Vous auriez tort de le penser capitaine !
— Inspecteur !!
— Peu importe… je disais donc qu’il existe un domaine où il nous surpasse tous ! Et croyez-moi sur parole lorsque je vous dis que toutes vos années d’expérience policière risquent de ne pas souffrir la comparaison.
— Je demande à voir…
— De toute évidence, vous êtes un homme soigneux, inspecteur. Votre moustache est taillée impeccablement et vos vêtements repassés avec attention. Néanmoins, la trace de cendre étalée sur l’épaule de votre veste suggère que vous avez été appelé pour une urgence. Urgence suffisamment importante pour que vous ne preniez pas la peine d’être présentable. Si j’en crois la poussière caractéristique que laissent vos empreintes de pas sur la moquette, vous avez emprunté un cab et vous êtes rendu dans le quartier des affaires en centre-ville. Là-bas, à en croire le sang qui tache le bas de votre pantalon, vous avez découvert une victime, agressée il y a peu, ainsi qu’un indice d’une importance capitale que vous vous êtes empressé de ranger dans votre poche. Puis, vous êtes venu ici afin de la présenter au maire Little, car la situation, exceptionnelle et inédite, exigeait que vous ne perdiez pas une seconde, d’où l’aspect un peu cireux de votre teint, trop peu habitué à autant de stress et d’exercices. Je ne m’explique pas, en revanche, ce parfum de poudre qui plane autour de vous…Avez-vous utilisé une arme à feu récemment ??
— Incroyable !! Comment avez-vous su… ??
— Pour le manque de sport ou pour le caractère dramatique de notre affaire ?

Il souffle aussi un petit vent orwellien (« 1984 ») sur le manga puisque l’on a réarrangé l’histoire afin de gommer une guerre et on a manipulé les gens en leur disant que si on n’utilisait plus de papier, c’était pour des raison écologiques et économiques. Sans oublier un certain « Big Eye »…

— Je ne peux pas croire que pour protéger votre vilain petit secret, vous avez rayé de notre histoire une guerre qui a eu pour conséquence l’anéantissement de plusieurs millions d’individus.

J’ai été étonnée de voir que beaucoup d’autres personnages étaient calqués sur des vrais…

Belle idée que de nous dresser le portrait des personnages principaux au fil des chapitres (et nous gratifie de quelques belles citations d’auteurs connus).

« Les contes de fées ne révèlent pas aux enfants que les dragons existent. Les enfants le savent déjà. Les contes de fées révèlent aux enfants qu’on peut tuer les dragons ».

« Un royaume digne de ce nom ne peut exister sans inégalité entre ses habitants. Certains doivent être libres, d’autres servir, certains règnent, d’autres se soumettent ».

En la voyant courte vêtue, jamais je n’aurais pensé que le personnage d’Amelia Earhart avait vraiment existé et qu’elle était la première femme à avoir traverser l’océan Atlantique en avion.

Dans City Hall, on peut dire qu’elle allie la belle paire de loches avec une descente de reins à faire baver (bander ?) Doyle, qu’elle manie les flingues mieux qu’un super héros qui sauve le monde dans un blockbuster américain et qu’elle a un caractère d’ours mal léché.  Caricature quand tu nous tiens.

Quant au maire de Londres, il ressemble beaucoup à Malcom X ! Normal, il se nomme « Malcolm » et ajoute un « X » à son prénom lorsqu’il signe des documents électroniques !

Le méchant a une tête de corbeau… Une sale tête avec son masque. C’est un bon méchant qui veut tout détruire grâce à des papercuts nés du papier qu’il possède, mais il lui manque un poil (une plume) de ce petit truc qui lui donne de l’envergure et qui fait qu’on est fasciné par le méchant (Dark Vador, par exemple).

Le maire de City Hall a-t-il raison de faire appel à Jules Verne pour jouer avec des carnets de papier pour contrer le vilain pas beau qui récite du Poe ?? Ça fait peur parce que Verne est un peu trop sûr de lui… et fou autant le bordel dans la ville que le méchant vilain pas beau, sans se soucier des conséquences. Il est encore un peu enfant, parfois, mais il a de l’humour et de la répartie.

– Excellent ! [Jules Verne]
– Pardon ?
– Vous avez dit un « bon » romancier… Or, il semblerait d’après le City Hall Tribune Of Art que le terme adéquat soit un « excellent » romancier. J’aurais préféré « génial » ou encore « exceptionnel »… Mais mon égo n’aurait  probablement pas survécu à pareils compliments.

Du rythme, un scénario assez bien foutu, des arbres qui cachent la forêt (l’avantage de publier une critique après avoir relu les 3 premiers tomes), des personnages principaux sympathique, une Amélia version « Madame Bellepaire, de Loches », un majordome très typé, un inspecteur-chef bête et impulsif et une myriade de personnages connus un peu détourné de leur véritable vie.

Défauts ? Les onomatopées qui parsème les pages et qui rende le tout un peu trop chargé. Et puis, je rejoindrai les autres chroniqueuses en signalant que l’on aurait pu faire un personnage féminin sans lui coller des obus au niveau de la poitrine !

Malgré tout, j’avais accroché au récit et j’ai poursuivi l’aventure. Je relis la série avec plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du meilleur manga 2012 DLire-Canal BD et celui de la Meilleure BD au style manga 2012 par les lecteurs d’Animeland) et au « Mois anglais III » chez Titine et Lou.