L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : L’affaire des vierges de glace

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : Oeil du Sphinx (2007)

Résumé :
Alors que l’ombre de Jack l’Éventreur s’estompe des mémoires et que tous se persuadent de sa disparition, de nouveaux cadavres de femmes apparaissent dans le quartier de Whitechapel.

Contrairement aux cinq visites connues de l’Éventreur, elles semblent ne pas appartenir à l’engeance des prostituées.

Pourtant, les blessures observées sur leur corps sont identiques à celles infligées par Jack. Serait-il de retour ? L’inspecteur Lestrade, en charge de l’enquête, ne sait que penser …

Ses supérieurs ont imposé à l’opinion publique une vérité concernant l’Eventreur loin d’être acceptable.

Seul, Sherlock Holmes – que les autorités avaient sciemment écarté de cette grande affaire victorienne – pourrait l’aider à éclaircir l’affaire en lui évitant de saborder sa carrière.

Critique :
Une histoire inédite de Sherlock Holmes non racontée par son fidèle Watson ? Comment cela se fesse-t-il ?

Pas grave, le fils du docteur Watson va dicter cette Untold Stories (non racontée dans le canon holmésien) à sa petite-fille puisque c’est lui qui hérita de la fameuse malle en fer blanc qu’on ne ressort à toutes les sauces.

Comme ils le disent tous en avant-propos, le récit que l’on va lire n’est pas une fumisterie, contrairement à tous les autres. Sherlock Holmes a bel et bien existé et le docteur Watson était son Boswell.

Le pitch ? Des meurtres qui ressemblent à ceux de l’éventreur mais ce n’est pas lui… Holmes enquête avec son fidèle Watson sur ces meurtres qui surviennent 1 an après les méfaits du Jack.

Pour une fois, nous ne partons sur une théorie de l’identité de Jack The Ripper, mais avec un copy cat, ce qui fait que l’auteur peut mêler la fiction à la réalité, les détails historiques, sa connaissance des meurtres de 1888, et nous inventer la théorie qu’elle veut pour ce copier-coller des meurtres qui frappèrent le quartier de Whitechapel.

Rassurez-vous aussi, elle ne nous ressuscite pas Jack The Ripper qui aurait eu envie de refaire un tour sur la piste sanglante des prostituées éventrées.

Je rassure aussi les esprits un peu délicats, dans cet ouvrage, pas de descriptions sanguinolentes, gore ou dans le genre à vous faire rendre votre quatre heures ! On reste dans la sobriété.

Le livre se lit de manière très agréable, les personnages sont fidèles au canon holmésien, Watson est fort présent et on se plaît à suivre leur enquête d’autant plus qu’elle ne s’étirera pas en longueur puisque nous avons 108 pages (écrites en petits caractères).

Par contre, je ne sais pas si c’était moi qui brillais plus que d’ordinaire, mais lors de ma première lecture, j’avais assez vite compris qui était le coupable dans tout cela.

Je suis d’ailleurs toujours étonnée que Watson n’ait pas tilté lui aussi et que Holmes ne parle pas de cette contradiction en nous exposant la résolution de l’affaire.

Malgré tout, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’ai refermé le livre en quittant deux bons amis, avec un peu de regret.

Comme lors de ma première lecture, plus de pages ne m’aurais pas déplu et une résolution de l’affaire moins précipitée aussi car j’ai trouvé les aveux du suspect un peu trop spontanés, trop faciles à extorquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

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From Hell : Allan Moore & Eddie Campbell

Titre : From Hell

Scénariste : Allan Moore
Dessinateur : Eddie Campbell

Édition : Delcourt (Octobre 2000)

Résumé :
Whitechapel, 1888 : au cœur de ce quartier pauvre de Londres, où la misère rime avec la déchéance la plus totale, cinq prostituées vont être retrouvées assassinées dans des conditions terrifiantes.

Étranglées, éventrées, mutilées de la plus atroce des façons, elles sont les victimes de celui qui allait devenir le plus célèbre serial killer de l’histoire, et dont l’identité reste aujourd’hui une énigme : Jack l’éventreur.

Et si, derrière ce nom qui a fait couler tant d’encre, se cachait bien plus qu’on a voulu le dire ? Un invraisemblable complot qui réunirait quelques-uns des plus éminents représentants de l’aristocratie britannique, décidés à sauver la couronne d’un terrible scandale.

Critique :
Comment parler d’un pavé pareil ? En commençant pas le début, sans doute.

1888, tout Londres frémi sous les coups de couteau d’un envahisseur : Jack The Ripper. Tout le monde ? Oui ! Sauf l’assassin, bien entendu, qui lui résiste encore et toujours à la police…

Qui a tué les 5 prostituées entre  le 31 août et le 9 novembre 1888 ? Et bien, cette bédé vous offre une réponse et un coupable.

Mais attention, Allan Moore s’est inspiré de la théorie folle de Stephen Knight publiée dans « Jack The Ripper : The final solution », donc, ne prenez pas ce coupable pour argent comptant.

Les dessins sont en noir et blanc, il y a des tas de dialogues à lire et j’en suis venue à bout après une grosse semaine de lecture, le tout fractionné, sinon, ce serait indigeste tant il y a une multitude de détails à ingurgiter car l’auteur ne se contente pas de nous raconter les meurtres, il nous offre aussi une plongée dans le peuple de l’abîme.

Si le coupable désigné dans ce livre est bidon (à savoir William Gull, le médecin de Victoria), le reste ne l’est pas, notamment la description des meurtres et le vie merdique dans les bas-fonds de Londres, à celle époque. Le tout étant bien mis en page.

Dans les appendices, l’auteur nous détaille tout cela plus en profondeur, et souligne que lorsque Campbell a dessiné l’intérieur d’un Workhouse, c’était le véritable Workhouse de Marylbone !

On sent, derrière les dessins, que les auteurs se sont renseignés, ont potassés leur sujet et cela donne un réalisme à cette plongée en eaux troubles, dans cette fange de laissés-pour-compte, dans ce peuple des abîmes que tout  une partie de la ville ne voyait pas.

Le résultat étant que, malgré l’impossibilité pour cet homme d’être le coupable, le tout est tellement bien amené que ça passe comme un couteau bien aiguisé dans la poitrine d’une des victimes de celui qui signa « Jack The Ripper » la lettre « Dear Boss ».

Malgré tout, faut s’accrocher, les dessins en noir et blanc, hachurés, parfois, ne sont pas toujours des plus agréables pour les yeux et la visite du Londres en version métaphysique est assez fastidieuse (mais elle éclaire le côté zinzin de Gull).

Heureusement qu’il y a les pages explicatives en fin d’ouvrage, elles ont éclairé ma lanterne, surtout en ce concernait une partie de jambes en l’air, en allemand, et la vision, par l’épouse, d’un flot de sang sortant d’une église. Le Mal venait d’être conçu.

J’ai bien aimé aussi le dernier appendice « Le bal des chasseurs de mouettes » qui nous laisse voir toutes les théories fumeuses et tous les coupables désignés au fil des années.

C’est sombre, violent, noir, pas de lumière, pas couleur, c’est du lourd quand bien même le livre met en scène ne théorie fumeuse de Knight, celle-là même qui avait été reprise dans « Murder by decret », c’est à dire le complot royal et maçonnique.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), ,   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

Le fantôme de Mitre Square – Annexe au livre « Jack l’Éventreur, le secret de Mary Jane K » : Philippe R. Welté

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Titre : Le fantôme de Mitre Square – Annexe au livre « Jack l’Éventreur, le secret de Mary Jane K »

Auteur : Philippe R. Welté
Édition :

Résumé :
Dans son livre « Jack l’Éventreur, le secret de Mary K. » (2006), l’auteur Philippe R. Welté expliquait que son enquête était liée à une rencontre « paranormale ».

En juillet 2006, un document filmé allait prouver la véracité de ses dires.

Malheureusement, malgré son importance capitale à prouver les éléments surnaturels liés à son enquête, ce document ne fut pas inclus dans le livre « Jack l’Éventreur, le secret de Mary K. » (Tirage original aujourd’hui définitivement épuisé) car la maquette de l’ouvrage était déjà terminée.

En janvier 2009, le film de ce document fut présenté sur TF1 dans l’émission « Les 30 histoires les plus mystérieuses », présentée par Carole Rousseau et Jacques Legros. Il fut classé n°2 derrière la véritable histoire de « L’exorciste »(1973).

Mais ce qui fut filmé n’était en fait qu’une partie de l’iceberg….

Voici aujourd’hui une annexe intitulée « Le fantôme de Mitre Square », qui vous expliquera et vous démontrera en détails pour quelle raison ce phénomène fut filmé.

Car ce ne fut pas un hasard, loin de là…. Et c’est désormais à vous de le découvrir !

fantomes_002Critique :
Désolée, je ne crois pas aux fantômes ! Je ne crois pas non plus aux victimes qui, dans leur forme « ectoplasmique », viendrait demander de l’aide ou montrer des choses aux vivants.

Si le roman de l’auteur « Le secret de Mary Jane Kelly » abordait des théories intéressantes et jamais lues (du moins, par moi), je n’ai pas du tout adhéré au fait que l’auteur avait senti comme la présence de Mary Jane Kelly dans une ruelle.

Cette annexe porte bien son nom, elle est mince comme un mannequin anorexique et n’a pour but que de montrer la rencontre de l’auteur avec une forme pâle épicétout.

Ça ne valait pas la peine de l’acheter ni de le lire… Je me demande même si ça valait la peine d’en faire un article.

Si vous vous intéressez à Jack The Ripper, concentrez-vous sur son autre ouvrage, « Le secret de Mary Jane K » et oubliez celui-ci au plus vite car il ne vous apportera rien de plus.

étoile 0

« A year in England » chez Titine et Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions

British Mysteries 2016-2017

Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K. : Philippe R. Welté

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Titre : Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K.

Auteur : Philippe R. Welté
Édition : Alban éd. (2006)

Résumé :
Entre le 31 août et le 9 novembre, cinq prostituées sont sauvagement massacrées par un meurtrier insaisissable. Devant l’inefficacité de Scotland Yard, la peur et la paranoïa s’empare de la capitale britannique. Tout le monde devient suspect.

Les arrestations se multiplient, mais rien n’y fait. Celui que l’on surnomme Jack l’Éventreur a toujours une longueur d’avance sur la police.

Aux premières heures du 9 novembre, il va commettre un dernier meurtre d’une sauvagerie rarement atteinte avant de disparaître définitivement.

Considérée depuis toujours comme la clé de cette énigme, Mary Jane Kelly, une jeune beauté rousse de vingt-cinq ans, est la cinquième victime officielle de Jack.

Derrière le secret de sa disparition se cache aussi celui du meurtrier le plus mythique de tous les temps.

En dévoilant une piste jusque lors jamais explorée, Philippe R.Welté aboutit à une hypothèse à mille lieues de toutes les précédentes.

Une hypothèse inédite des plus fascinantes qui apporte enfin des réponses possibles aux nombreuses zones d’ombre demeurées inexpliquées à ce jour.

Jack_the_Ripper REDCritique :
Jack The Ripper ou Jack L’Éventreur pour les francophones… 5 victimes canoniques seulement à son actif et pourtant, son nom est le plus connu de tous les serial-killer, bien plus que des Ted Bundy (+100), les Jeffrey Dahmer, les Ed Gein ou que Peter Sutcliffe (13).

On dit de lui qu’il fut le premier serial-killer, mais ceci n’est pas confirmé… On parle de Gilles de Rais (un pote à Jeanne d’Arc), dont on dit qu’il aurait massacré 800 enfants et il y a encore la comtesse sanglante qui, entre 1600 et 1610 tortura à mort 650 jeunes filles dans le seul but de se baigner dans leur sang.

Ok les gars et les meufs, on n’a pas de preuves, ce pourraient être des gros ragots pas beaux ! Mais bon, tout ceci pour dire que le Jack n’était sans doute pas le premier à tuer en série.

Mais lui, contrairement à d’autres tueurs en série, les espacements entre les meurtres eurent tendance à augmenter et il s’arrêta subitement après le massacre au scalpel de Mary Jane Kelly, la nuit du 9 novembre.

Je dois dire que niveau théories loufoques, j’ai lu mon compte, des plus censées ou plus farfelues (le complot maçonnique, le docteur de la reine Victoria, son petit-fils ou le peintre Walter Sickert) aux plus « plausibles ».

Ici, l’auteur, après nous avoir fait un bref topo des faits, nous balance une théorie jamais entendue et qui est assez percutante ! Dois-je la dire ? Oui, il le faut bien…

Mary Jane Kelly ne serait pas morte, mais, complice du tueur, elle aurait mis en scène sa propre mort pour échapper aux soupçons que la police aurait pu avoir sur elle…

Soupçons ? Oui, elle aurait tué, en état de légitime défense, Martha Tabram (victime non canonique), mais ce serait faite voir par Mary Ann Nichols qui l’aurait fait chanter, donc, elle dû aussi la zigouiller, mais n’ayant pas su la tuer, elle aurait fait appel à son grand amour français, médecin, et qui est revenu la rechercher jusque dans les bas-fonds de l’East End.

Donc, on trouve une femme qui a la même corpulence que la MJK mais qui va mourir de cause naturelle, on la fout dans la chambre, on la dépèce pour pas qu’on puisse identifier le cadavre et boum, l’affaire est dans le sac !

Je vous passerai les détails de la suite avec les autres meurtres, je peux les faire via les commentaires, quand j’aurai un peu plus de temps, parce que les vacances, ça prend du temps sur le PC !

Anybref… Ça pourrait sembler farfelu dit ainsi (la théorie de l’auteur, pas que les vacances m’empêche de surfer), mais l’homme étaye tout.

Enfin, il fait de son mieux ! Je ne dis pas qu’il a tort, mais il romance quand même fort l’affaire de ce que Mary Jane et son amant de Paris auraient pu faire.

Par contre, je ne lui donne pas tort puisqu’ils y a des témoignages contradictoires. Des témoins affirment avoir vu ou parlé avec Mary Jane Kelly alors que le légiste situait la mort entre 1h et 2h du matin.

L’auteur joue donc sur les témoignages contradictoires, sur le fait que Elizabeth Stride n’est pas une victime de l’Éventreur car pas même couteau, ni même mode opératoire.

Vu que personne ne sait rien sur rien, on peut supputer jusque demain matin sans faire autre chose que de tenter d’attraper sa propre queue.

Malgré tout, le livre se lit avec plaisir, on apprend d’autres choses et ma foi, pourquoi pas cette théorie ? Cornwell a fait pire ! Et l’auteur ne se prive pas de dire tout le mal qu’il pense de son enquête…

La seule chose dont il aurait pu éviter, c’est le côté « j’ai croisé un fantôme » puisque l’auteur nous raconte qu’en s’engageant dans la rue qui était anciennement Buck’s Row il a ressenti une présence éthérée qui portait un parfum qui l’a grisé.

Là, ça fait un peu trop… Mais bon, hormis ce petit détail inutile, le reste est du bon pour celui ou celle qui est passionnée par les crimes de Whitechapel !

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Je suis le sang : Ludovic Lamarque & Pierre Portrait

Je suis le sang - Lamarque

Titre : Je suis le sang

Auteurs : Ludovic Lamarque & Pierre Portrait
Édition : Les Moutons Electriques (2016)

Résumé :
Londres, 1888. Au théâtre du Lyceum, la pièce Jekyll et Hyde fascine la bonne société victorienne tandis qu’une série de meurtres est commis dans l’East End.

Des prostituées sont sauvagement assassinées. Bram Stoker, écrivain et régisseur du Lyceum, voit dans ces meurtres atroces la matière pour écrire le grand roman qui lui vaudra la postérité.

En visitant les lieux du crime, il rencontre Mary Kelly, une prostituée irlandaise, et l’assassin que la presse surnomme bientôt : Jack l’Éventreur.

Petit Plus : Deux romanciers, le Bordelais Ludovic Lamarque et le Parisien Pierre Portrait, nous projettent en plein dans les sanglantes années 1880, lorsque l’affaire Jack l’Éventreur terrorisait la capitale britannique et tandis que le mythe de Dracula trouvait sa naissance…

Un thriller victorien méticuleusement documenté mais qui, comme l’aurait dit Alexandre Dumas, « viole l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants ».

Critique :
Que se passe-t-il lorsqu’un assassin s’attaque aux prostituées de Londres en 1888 ?

Beaucoup de choses, me direz-vous… Des victimes directes, des indirectes, un éclairage de la misère, une prise de conscience, des améliorations, des têtes qui tomberont sans qu’une guillotine doive être mise en action…

Mais aussi une résurgence du racisme, de l’antisémitisme, des vieilles peurs de l’autre, de l’étranger, la peur du pauvre.

Un tueur solitaire sème la terreur au cœur du plus grand empire que le monde ait connu et tient la meilleure police du monde en échec ! Quel affront pour la couronne ! Alors, oui, mieux vaut suggérer que le tueur n’est pas de ce monde pour ne pas perdre la face.

Et puis, dans tout ça, il y a la naissance d’un mythe, celui de Dracula de l’écrivain Bram Stoker.

Ce roman se divise en deux parties : la première concerne la découvert des meurtres, en commençant par Martha Tabram jusqu’au double meurtre du 30 septembre (Elizabeth Stride et Catherine Eddowes) en attendant le dernier, celui du 9 novembre (Mary Jane Kelly).

Nous découvrons notre personnage principal qui est Bram Stoker himself, régisseur du Lyceum Théâtre, qui n’a pas encore écrit son chef-d’œuvre gothique mais qui cherche quelque chose à publier, un roman dont on se souviendrait, mais pas sur les meurtres de Whitechapel, car trop vont le faire.

« Quel romancier ne serait pas attiré par cette série de crimes hors du commun? C’est le genre d’affaires qui n’arrive qu’une fois dans la vie d’un auteur. Au lieu de conter une histoire macabre, pour la première fois, je la vis. C’est très excitant. Le journaliste que je suis la relate et l’écrivain en moi la sublime. Écrire est un acte magique, Bram, vous le savez. »

« Les historiens écriront la véritable histoire de l’Éventreur. Pour moi, ce n’est qu’une source d’inspiration, je ne recherche pas la vérité. Mon but est de divertir mes lecteurs en les effrayant. »

Dans cette partie, Bram va s’intéresser aux crimes de 1888 et rencontrer le criminel himself ! Criminel qui aimerait que Bram écrive un livre sur lui.

Non, ici, pas de quête de l’identité du tueur, les auteurs nous en ont inventé un pour les besoins de l’histoire, tout en restant fidèle aux meurtres de 1888 dans ses grandes lignes.

Cette première partie fera la part belle à la montée de l’antisémitisme dans les quartiers de l’East End, au racisme, à la peur de l’autre, la peur de l’étranger, à la misère qui règne dans les ruelles, les maisons, les abattoirs à ciel ouvert, le sang qui coulait sans cesse dans les rigoles, à l’air libre.

Oui, Londres a peur, mais on se demande bien de qui les gens aisés du West End ont peur : du tueur ou de la pauvreté qui gangrène les quartiers de l’East End ?

Si les maladies pullulaient dans l’East End, il n’y en avait qu’une qu’on redoutait dans le West End, c’était le scandale. Dès l’instant où l’on en était frappé, on cessait d’exister. Vivant en apparence mais mort aux yeux des autres. Les premières causes en étaient le désir et l’ennui. A Londres, ils étaient les deux pires ennemis d’un gentleman.

Peur de l’étranger ou de découvrir que le criminel est un bon anglais, en dépit des affirmations qu’ils balancent, disant que ce ne peut pas être un anglais, parce qu’un anglais ne ferait pas ça ?

D’ailleurs, ces crimes ont eu lieu dans la mauvaise partie, l’East End, touchant les Sœurs de l’Abîme (les putes), alors le West End reste en observation de ces quartiers où pullule la misère, la mort et les crimes.

Et puis, de toute façon, les anglais ont la meilleure police du monde, alors, pourquoi s’en faire, on va l’arrêter en vitesse, ce meurtrier ! Tu parles Charles (Warren) !

Bram, lui, il arpente les rues, tentant de trouver une solution pour arrêter l’homme au couteau, se déguisant, croisant la route de prostituées, dont la belle rousse Mary Jane Kelly.

Cette première partie est déjà riche en émotions et en atmosphères de Londres à l’époque victorienne. Et Arletty peut dire ce qu’elle veut, ici, c’est bien « Atmosphère ! Atmosphère ! » et son rendu est magnifique tant on s’y croirait.

La seconde partie est consacrée à la recherche de Bram Stoker pour son futur livre, le tout en partant du tueur de Whitechapel dont il connait l’identité mais dont la révéler ne servirait à rien, faute de preuves.

Ici, c’est le processus d’écriture qui est mis en avant. Bram a son sujet d’inspiration, Mary Kelly qui lui a raconté sa vie, mais lui n’arrête pas de penser qu’il doit placer son récit dans les beaux quartiers s’il veut que les lectrices s’identifient à son personnage féminin.

Dans cette seconde partie, j’ai découvert un homme qui aimait mieux passer du temps avec des personnages de papier qu’avec les vivants et les auteurs ont bien rendu cette « folie » qui prend l’auteur et ne lui fait plus penser qu’à sa future œuvre, au point de se négliger lui, mais aussi les autres, dont Mary Kelly, qui la trouve saumâtre.

Comme je le disais, l’atmosphère de 1888 est bien décrite, bien rendue, les personnages sont attachants, même si j’ai eu un peu de mal avec la Mary Jane Kelly de ce roman, sortant juste d’un autre où elle avait un rôle moins glamour (Le secret de Mary Jane K). Mon esprit avait encore l’autre Mary dans la tête et j’ai dû la sortir de là pour me concentrer sur celle-ci.

La plume des auteurs m’a plongée d’office dans l’époque victorienne, j’ai suivi avec plaisir Bram Stoker dans ses deux quêtes (le tueur, le roman), j’y ai croisé mon vieux copain, Oscar Wilde ainsi que le tyrannique Henry Irving, j’ai tremblé en m’attachant à Mary Kelly car je savais que le 9 novembre…

Oscar Wilde avala la dernière lampée de son verre. « Si le bruit se répand que je suis capable de profondeur et de réflexion, je ne pourrai plus jamais écrire pour les journaux ! »

Et j’ai assisté avec un sourire de plaisir à la création de cette œuvre magistrale dans la littérature gothique : celle de Dracula, un VRAI vampire à l’âme plus noire que celle de tout les autres, mais un personnage qui m’avait fascinée.

Le sang était la clé. Le sang, comme le livre, reliait les Vivants aux Morts. Tout se transmettait par le sang : force, noblesse, fortune, talent, folie. Le sang faisait le lien entre réel et imaginaire, nature et surnaturel. Le sang était le grand fleuve dans lequel baignaient tous les hommes.

Un roman victorien qui viole l’Histoire, mais qui nous fait assister à la naissance de deux monstres : l’un bien réel (Jack) et l’autre de papier (Dracula) et au lien qui les unit puisque Bram est parti de sa connaissance du tueur.

Un pari osé, un pari risqué, un pari qui aurait pu capoter, mais un pari relevé ! Pour écrire une histoire pareille, il fallait de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace. Ils en ont eu et ils ont réussi.

Un roman angoissant, un roman à l’atmosphère lourde, tendue, un roman réaliste, un Londres parfaitement maitrisé, un travail de documentation colossal pour nous en rendre la quintessence et nous créer une atmosphère où il ne manquait plus que la puanteur des quartiers de l’East End.

Il ne s’agit ni des riches ni des pauvres, mais de tous les hommes. Nous aimons la nuit et ses sortilèges. L’histoire de Jack l’Éventreur nous fascine car nous avons hérité du goût de nos ancêtres pour le sang. Nous le glorifions dans nos contes et légendes, et nous le moralisons dans nos fables. Mais il est là, il rode, jamais bien loin de nos consciences, et il suffit de pas grand-chose pour l’exalter à nouveau et qu’il reprenne possession de nous. C’est pourquoi nous faisons tourner les tables et écrivons nos histoires gothiques. Forts de notre progrès, de notre science et de notre positivisme, nous nous sentons coupables de ressentir toujours cette attirance. Avec la mort, ce goût du sang est l’unique lien que riches et pauvres partagent.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes (BéDétectives) – Tome 4 – Jack l’Éventreur : André-Paul Duchâteau & Stibane

Titre : Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Stibane

Édition :  Bdétectives – Claude Lefrancq n°29 (1994)

Résumé :
Il s’agit d’une aventure inédite du célèbre détective anglais, jamais relatée par son fidèle historiographe, le docteur Watson, qui l’a simplement citée dans une des nouvelles consacrées à son ami.

Le pourquoi de cette omission ? Le lecteur en comprendra immédiatement le motif en découvrant que le criminel traqué par Holmes, dans cette aventure mouvementée, n’est autre que le plus fameux et le plus effrayant des criminels britanniques : Jack the ripper autrement dit Jack l’éventreur.

Pour de multiples raisons, le docteur Watson ne pouvait à cette époque éventer le secret du sanglant assassin.

SH - Versus JackCritique :
Ceci est une adaptation des crimes sordides qui eurent lieu à Whitechapel en 1888 par un dénommé Jack The Ripper.

Mais attention, c’est à la grosse louche qu’on y est allé !

Si vous voulez entendre hurler un Ripperologue ou un Holmésien, offrez-lui cette bédé. Mais ne comptez plus sur lui pour vous payer ne fut-ce qu’un café !

D’un point de vue des dessins, dans cette enquête, c’est une catastrophe, pour ne pas dire une horreur sans nom !

Holmes ressemble de plus en plus à un gros déménageur haltérophile bourré aux stéroïdes ! Une sorte de Schwarzy quand celui-ci n’avait pas encore atteint sa taille de Mister Univers.

Holmes est mince et les épaules de débardeur ne sont pas pour lui. Déjà que sur certains plans, on lui a dessiné une grosse figure…

Déjà que le dessin est pourave, mais le scénario l’est aussi ! Si au moins l’un des deux était là pour récupérer l’autre, mais non, de la mer** à tous les niveaux !

J’attire aussi votre attention sur le fait qu’il y a peu de similitudes historiques avec les faits et gestes du tueur de Whittechappel dans cette adaptation très libre…

Le scénariste, puisqu’il introduit un élément fictif en la personne de Holmes, nous écrit une toute autre histoire tant au niveau du nombre des victimes, de leur patronyme, du contexte des meurtres, des lieux, des dates, tout ça ne correspond pas. Rien n’est fidèle à la réalité historique, tout ceci est pure fiction.

Niveau horreur dans les lacérations, éventrations ou débitage de cadavre, on est loin de la violence de Jack… Pas de sein ou d’utérus prélevé ou disposé à côté de  l’épaule, les âmes sensibles peuvent le lire, sauf si elles sont attachées à un Holmes mince et vêtu d’autre chose que ce maudit macfarlane et son putain de deerstalker.

Sir Charles Warren (chef véritable du Yard avant sa démission), se voit renommer « Sir Henry Irving » et en plus, il porte l’uniforme de bobby… Un chef de la police déguisé en bobby alors que ce n’est pas carnaval ?

De plus, ce n’est pas le premier album où Watson ose appeler Holmes  « Sherlock ». No comment !

L’auteur nous balance aussi des tas de références holmésiennes en vrac (il y en a un peu plus ma p’tite dame, je vous l’laisse ?) : Moriarty (encore lui ?), Ricoletti au pied bot, le colonel Moran (on le voit dans tous les albums, en exagérant un peu), un grand chien noir style le chien de l’enfer dans Baskerville, mais horriblement mal dessiné, tout tremblotant, comme atteint de la parkinson, entouré d’une sorte de halo – dont on se demande bien ce qu’ils foutent là…

Dans le but de cautionner cet aventure comme une « Untold Story », sans doute, montrer qu’on a potassé le canon… Manquait plus que la belle Irene et on faisait une partouze avec tous les personnages…

Leurs utilisations est, selon moi, usurpée et maladroite. Marre de ne voir que James Moriarty en grand méchant dans toutes les aventures de Holmes. Inventez-en un autre, que diable !

Watson nous la joue « je suis peut-être le coupable… En fait, c’était « je suis un gros cachottier qui voulait faire avaler des couleuvres style boa constrictor à Holmes » et ça ne ressemble à rien. L’auteur a raté son coup. On y croit même pas.

Et dieu du ciel habillez Holmes correctement ! Enlevez-lui ce stupide manteau à carreaux dont Holmes est affublé dans tous ses albums, ôtez-moi cette casquette ridicule où pendouille un petit nœud. Fin du coup de gueule…

Je ne vous parle même pas de la fin, bâclée en quelques coups de cuillères à pot. Duchâteau, une fois de plus, s’est rendu compte que toutes les pages étaient gribouillées et que nous n’avions toujours pas les explications en entier et qu’il lui fallait finir au plus vite.

Comme les scénaristes qui écrivent leur final sur la moitié d’un ticket de métro usagé. Ic, en quelques phylactères c’est expédié et, comme avec certains Ric Hochet dont il est aussi le scénariste, on a l’impression de ne pas avoir eu toutes les explications car certains sont oubliés dans les dernières lignes.

On nage dans le grand n’importe quoi. Non, on coule… Le coupable des meurtres ? Je ne vous dirai rien, mais je vous jure que c’est encore pire que le complot royaliste, celui des fracs-maçonnique, ou des martiens…

Bon, je vous laisse, je vais vomir, je pense… Pas moyen de les relire sans avoir envie de passer la série à la broyeuse.

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Par, Challenge British Mysteries chez My Lou Bookk et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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La dernière victime : Emmanuel Ménard

Titre : La dernière victime                                                         big_3-5

Auteur : Emmanuel Ménard
Édition : Le masque (1992) CyLibris (2002)

Résumé :
Le 31 août 1888 débute dans les bas-fonds de Londres, dans le quartier de Whitechapel, une des plus célèbres affaires criminelles au monde.

En l’espace de quelques mois, la mort de quatre prostituées, retrouvées horriblement mutilées, fait surgir la figure diabolique de Jack L’Éventreur, la terreur de l’East End, dont l’identité est encore à ce jour demeurée mystérieuse.

Depuis cet automne de 1888, les hypothèses les plus folles se sont succédé… Complot franc-maçon, rejeton royal sombré dans la folie, médecin de la reine cherchant à venger la mort de son fils syphilitique, toutes les pistes ont été suivies…

Sans résultat, et pour cause, ainsi que vous pourrez le découvrir ici en côtoyant tous les acteurs de ce drame, du chef de la police londonienne, sir Charles Warren, à un jeune auteur de romans de détection, un certain médecin du nom de Conan Doyle…

Critique : 
The return of Jack The Ripper ! ♫ Tonton Jack est revenu ♫ Du sang, des viscères, comme on en avait jamais vu ♪

Non, non, il n’est pas « revenu » au sens premier du terme, c’est juste moi qui ait lu beaucoup sur lui ce mois-ci, dont un pas plus tard que le lundi 15 juin.

Là, je suis contente de ma lecture, pas de dégommage de roman en règle, pas de tir au bazooka sur un auteur qui tenterait à l’aide d’hypothèses foireuses ou capillotractées de nous faire croire que l’affaire est classée car il (elle) l’a résolue.

Nous sommes face à de la fiction, mais avec des personnages connus puisque nous croiserons Arthur Conan Doyle, médecin écossais qui a écrit un roman avec une sorte de détective appelé Sherlock Holmes (marchera jamais, mdr), le fameux incompétent Sir Charles Warren (chef de la police de Londres), l’inspecteur Abberline, Sa Très Gracieuse Majesté, etc.

— Ce général Warren, fit Elizabeth, tout gentleman qu’il est, me paraît fort incompétent.
— Je ne suis pas d’accord, s’écria Hallward émergeant de son mutisme. Warren n’a rien d’un gentleman.

Ici, les descriptions des meurtres, tout en étant véridiques, sont tout de même édulcorées, vous ne devrez pas lire les rapports d’autopsie (zut alors), ce qui fait que les âmes sensibles pourront le lire sans défaillir.

Les descriptions de l’East End ne sont pas détaillées comme dans les autres romans qui avaient tout du roman noir, mais l’accent est plus mis sur la psychologie des gens.

Nous avons tout d’abord le reflet des mœurs et des pensées de l’époque : pas de femmes dans la police; les meurtres ne peuvent être que des actes d’étrangers, jamais un anglais de ferait ça; le colonialisme, c’est bon pour les peuples parce qu’ils faut bien les civiliser, ces sauvages; quand à l’esclavage, c’est pas mauvais pour la santé, enfin !

Sans oublier que tous ces gens bien pensant des beaux quartiers se fichaient pas mal des gens qui vivaient dans « l’abîme » (l’East End), étaient tout à fait d’accord et heureux lorsque Sir Charles Warren fit charger 20.000 chômeurs par les policiers, déclenchant un Bloody Sunday…

Les gens riches et aisés se moquaient bien de la misère noire qui régnait dans certains quartiers et après deux meurtres sanglants, les voilà qui veulent jouer les bons samaritains. Hypocrisie, quand tu nous tient.

—[…] Depuis la mort de Mary Nichols, tout le monde, et notamment les gens aisés de Londres, s’aperçoivent que durant des années, ils ont côtoyé avec un mépris souverain une misère noire qui les dérangeait parce qu’elle était devant leur porte. Et pour rattraper des décennies d’hypocrisie, tout le monde s’émeut brusquement, clame la misère de l’East End, et veut apporter son écot pour améliorer la situation de Whitechapel. Ceux là même qui applaudissaient Warren quand il fustigeait « la racaille » sont les premiers à vouloir jouer les bons samaritains. Quel qu’ait été le but de Jack l’Éventreur, il aura au moins réussi à nous ouvrir les yeux sur la situation de l’East End ! D’après mon ami, tel a peut-être été toujours été le mobile de l’assassin.

Avec un style tout ce qu’il a de plus classique dans l’écriture, l’auteur nous entraine dans les rues de Whitechapel ainsi que dans l’enquête sur le fameux Jack menée par un pair du royaume : Lord Edward Ashley.

Œuvre de fiction, donc, pas de coupable ayant une existence réelle, mais tout de même bien trouvé. J’ai entrevu la vérité peu de temps avant Edward et je me suis demandée comment l’auteur allait meubler les 60 dernières pages.

Pas de panique, elles furent bien meublées et j’en suis restée ébahie. Purée, c’est vache un coup pareil mais bien pensé. Juste un léger bémol : tenir autant de gens dans le secret n’est pas très réaliste parce que les gens, ça parle !

Mention très bien pour un blackmailer qui, malgré toute ses exactions m’est resté sympathique jusqu’au bout.

Un bon roman fictionnel sur Jack The Ripper, sans trop de sang ou de boyaux, sans les théories fumeuses habituelles, avec une enquête bien ficelée, brillante et des personnages sympathiques et réels (pour certains).

Ça fait du bien après les spéculations orientées de madame Patricia Cornwell…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du Roman Policier du festival de Cognac 1992) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.