Oscar Wilde et les crimes de la Tamise : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 7]

Titre : Oscar Wilde et les crimes de la Tamise

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : Terra Nova (2017) / City Poche (2018)
Édition Originale : Jack the Ripper : Case Closed (2017)
Traducteur : Benoît Domis

Résumé :
Londres, 1889. Arthur Conan Doyle est fatigué de Sherlock Holmes, le personnage qui l’a rendu célèbre. Oscar Wilde, lui, est ruiné comme à l’accoutumée, et traîne son ennui de clubs privés en soupers fins.

Mais le Londres de cette fin de siècle offre trop d’opportunités pour laisser deux hommes de cette envergure oisifs bien longtemps.

Pour faire fortune et retrouver cette pulsion de vie si chère à Oscar, quoi de mieux que d’enquêter sur les meurtres du déjà célèbre Jack l’Eventreur qui sème derrière lui les corps de femmes atrocement mutilés ?

L’homme opère dans les bas-fonds de Londres, mais les suspects se rencontrent jusque dans les salons les plus raffinés de la capitale.

Un tel voyage ne peut que mettre en joie le fantasque Oscar. Arthur, lui, doit surtout prendre garde à ne pas se laisser entraîner trop loin par ce tourbillon d’extravagance et d’immoralité…

Une nouvelle enquête d’Oscar Wilde dans le Londres victorien.

Critique :
On a eu des 4ème de couverture qui en disait trop et des mensongers, ici, on en a un qui se plante dans la date puisque nous ne sommes pas en 1889 mais en janvier 1894.

Autrement dit, 5 ans après les crimes de Whitechapel et Conan Doyle avait publié dans The Strand Magazine la nouvelle intitulée « Le dernier problème » où Holmes tombait dans les chutes…

Le diable se cachant dans les détails, je voulais le souligner, des fois que l’éditeur me lirait et aurait envie de corriger son 4ème.

Bordel de dieu, quelle joie de retrouver mon Oscar Wilde enquêtant avec ce cher Conan Doyle sur les crimes de Whitechapel !

En tombant sur ce roman dans une librairie, j’ai frôlé la crise cardiaque et l’orgasme en même temps. Je subodore que j’ai fait l’un et puis l’autre. Me demandez pas l’ordre mais sachez que l’orgasme s’est prolongé durant la lecture…

Sacrebleu, mon Oscar Wilde de retour alors que je l’avais laissé aux portes de la mort après son incarcération dans la prison de Reading ? Une résurrection ? Un miracle, Salomon ?

Non, Oscar Wilde est bien mort dans la misère la plus totale après sa sortie de prison (30/11/1900) et ne nous fera pas le coup de Jésus ou de Holmes.

Ce récit est comme le « Chien des Baskerville » où Conan Doyle avait fait revivre Holmes de manière détournée, en faisant dire à Watson que l’histoire n’avait jamais été publiée à l’époque et qu’elle était antérieure à sa disparition.

Ici, c’est presque pareil, l’enquête se situe donc avant la prison de Reading (25/05/1895) dans la chronologie et notre Wilde est déjà en train de fricoter avec Bosie, (Alfred Douglas), le fils du 9ème marquis de Queensberry.

Oscar Wilde est un bon vivant, dépensier, intelligent. Avec lui, c’est une citation à la minute et un bon mot toutes les pages. Il est jubilatoire ! Ses réflexions sont dignes d’un Sherlock Holmes et Doyle a tout d’un Watson car il le suit sans jamais comprendre la manière qu’à son ami de réfléchir. Et Conan Doyle n’a rien vu venir.

Nous sommes en 1894 et des crimes similaires à ceux de 1888 ont eu lieu. Durant leur enquête, nos deux amis se remémoreront les crimes de 1888 et l’auteur ayant potassé son sujet, c’est détaillé sans que cela devienne rébarbatif pour les non-initiés et assez complet pour que les aficionados de Jack The Ripper aient leur came.

Un véritable plaisir que ce fut de retrouver ces deux-là pour une enquête dans le Londres victorien où plane l’ombre de Jack The Ripper. Copy cat ou véritable retour du tueur en série ? Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous le dire ?

Jubilatoire, amusant, sérieux, intelligent, joyeux, sombre, ce récit est comme la personnalité d’Oscar Wilde : flamboyante ! Non seulement nos deux protagonistes sont réalistes, mais ceux qui les entourent aussi et le scénario est tissé d’un fil qui, au final, donnera une trame qui aurait pu être celle de 1888. Qui sait ?

Bien que tout ceci ne soient jamais que pures théories ou conjectures, mais au moins, elle tient mieux la route que celle de Cornwell ou, plus récemment, celle de Russel Edwards.

Je ne sais si cette nouvelle aventure est née d’une envie de l’auteur de faire enquêter Wilde et Doyle sur les meurtres de 1888 ou si cette nouvelle histoire est due au fait que la série marche super, mais je ne vais pas pinailler, il peut encore m’en sortir, des récits Wilde/ACD, tant qu’ils sont de cette qualité là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet

Titre : Mary Jane Kelly – La dernière victime

Auteur : Didier Chauvet
Édition : L’Harmattan Graveurs de mémoire (01/06/2002)

Résumé :
Avec cette première biographie de Mary Jane Kelly, jeune et jolie prostituée irlandaise à la personnalité si attachante qui fut la dernière victime de Jack l’Éventreur, l’auteur nous replonge au cœur du Londres de la fin du 19e siècle, et dresse un portrait sans fard des mœurs, des soubresauts de l’époque, des conditions de vie inhumaines des déshérités de l’East End, ces quartiers maudits dans lesquels Jack l’Éventreur va frapper en 1888.

Critique :
Avant toute autre chose, j’aimerais pousser un ch’ti coup de gueule contre cet epub !

Acheté sur une grande plate-forme bien connue, je me suis pourtant retrouvé avec un texte en tout petit caractères, sans possibilité d’agrandir, comme si au lieu d’être numérisé, on était face à des scans de basse catégorie.

Non mais allo quoi ? Je ne l’ai pourtant pas payé en monnaie de singe et je me retrouve avec un fichier merdique de chez merdique.

Fallait la loupe pour arriver à lire sans se faire saigner les yeux. Comment voulez-vous faire une chronique honnête quand on est face à un sabotage pareil ?

En pompant la couverture du livre chez les éditions de L’Harmattan, je suis tombée sur ce petit texte qui explique peut-être cela : « Les ebooks publiés avant 2011 sont susceptibles d’être issus d’une scannérisation, merci de consulter l’aperçu pour visualiser leur qualité ».

Bon mon colon, si j’avais su, j’aurais pas v’nu, comme le disait si bien le petit Gibus.

Pourtant, on avait du potentiel mais vu ainsi, il est impossible d’aller jusqu’au bout sans frôler la déficience oculaire.

Malgré tout, je peux tout de même vous en parler un peu car j’ai fractionné ma lecture.

L’auteur nous décrit l’East End où les conditions de vie n’avaient rien d’idyllique, croyez-moi. Il a potassé le sujet, il est précis et ce n’est pas plombant de le lire, juste horrible pour la vue, mais l’écriture de l’auteur n’en est pas la cause.

Retraçant l’histoire de l’East End, depuis l’arrivée de Huguenots, le récit n’est jamais trop professoral mais intéressant, du moins, pour ceux qui se passionnent pour Jack, Whitechapel et les ruelles mal famées de Londres (non, ça ne se guérit pas).

La première partie, consacrée à l’East End, se lit assez vite et c’est avec regret qu’on la quitte, car il y avait encore tant à dire.

La deuxième partie est consacrée à Mary Jane Kelly, dite Ginger, où l’auteur nous la présente avec une courte biographie, décrit les lieux où il vivait (au 13 Miller’s Court), le carreau cassé dans une dispute et surtout nous explique la perte par MJK de l’unique clé de son gourbi,  faits que l’on n’avait jamais entendu parler jusqu’il y a peu.

Une copinaute ayant lu « Jack the Ripper : The casebook » m’en avait parlé il y a quelques années et depuis, l’info est reprise, mais pas toujours. Pourtant, ce détail insignifiant à son importance puisque lorsque les policiers arrivèrent, la porte était fermée à clé !

Soit elle l’avait retrouvée, soit le tueur l’avait en sa possession… Mystèèèère ! La troisième partie consacrée au meurtre nous donnera les faits, rien que les faits, pas de théorie fumeuse, si ce n’est les noms de différents suspects qui furent suspectés (logique) d’être Jack.

L’auteur, dans un soucis de coller le plus aux faits, parlera même de Caroline Maxwell qui affirma avoir vu Mary Jane vivante ce vendredi 9 novembre à 8h30…

Thomas Bowyer frappant à la porte de Mary Jane à 10h45 avait vu son corps en mille morceaux sur le lit. Et elle était déjà froide depuis longtemps. La police soutint donc que madame Maxwell l’avait croisée la veille, le jeudi. Le témoin ne revint jamais sur son témoignage.

Analyse brute des faits, véritable travail de fourmi, même si d’autres avant lui ont débroussaillé le terrain, l’auteur nous décrit minutieusement les événements de cette nuit du 9 novembre 1888 où Mary Jane Kelly fut dépecée par ce qui pourrait être Jack The Ripper (les ripperologues ne sont pas tous d’accord sur les victimes même si on a établit 5 victimes canoniques).

Jack The Ripper n’a toujours pas été identifié à ce jour et je n’ai jamais cru les théories fumeuses des certains auteurs mâles ou femelles.

Ce roman, qui n’en est pas vraiment un, s’adresse vraiment à ceux qui sont mordus de Jack The Ripper et qui ne sauraient pas encore tout ce qu’il y a à savoir.

Je ne sais pas tout sur Jack, je sais qu’on ne sait jamais, mais je n’ai rien appris de neuf dans ces pages que je ne savais déjà. Stéphane Bourgoin étant passé par là, après lui, les mouches car les autres peuvent aller voir ailleurs.

Dommage que l’on vende un livre numérique fait à partir de scans, obligeant le lecteur à le lire sur un programme pour PDF, en plissant un peu les yeux. Le travail de l’auteur est remarquable, précis, mais ne s’adresse qu’aux puristes.

Je ne coterai pas l’état de l’epub, sinon, se serait un zéro pointé et l’auteur ne mérite pas ça, sauf si c’est lui même qui a scanné les feuilles !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur : CED

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur

Scénariste : CED
Dessinateur : CED

Édition : Makaka (23/11/2018)

Résumé :
De nouveaux meurtres sont perpétrés dans le quartier de Whitechapel, à Londres. L’inspecteur Lestrade reçoit de mystérieuses lettres revendiquant les crimes, qui sont signées… Jack l’éventreur !

Dix ans après sa disparition, le tueur en série serait-il de retour ? Incarnez Holmes ou Watson, repérez-vous grâce à la carte du quartier et découvrez le fin mot de cette énigme, car le héros, c’est vous !

Critique :
Entre cette collection et moi, c’est une histoire d’amour qui dure depuis le tome 1 (chroniques des tomes 2 / 3 / 4) et depuis le départ, l’auteur, CED, n’a eu de cesse de se renouveler.

Le but du jeu est toujours le même, certes, faut trouver QUI a tué, on voyage toujours autant dans le livre, suivant les numéros, mais la teneur des enquêtes changent.

Le tome 2 possédait 4 enquêtes, dans le tome 3, on pouvait incarner Moriarty lui-même et dans le 4, la belle Irene, en sus de pouvoir enquêter dans la peau de Holmes ou de Watson.

Ici, 10 ans plus tard, une femme s’est faite poignarder dans une ruelle sordide de Whitechapel et l’ombre de Jack The Ripper semble planer une nouvelle fois. Le changement par rapport à 1888, c’est que la victime n’est pas une prostituée, mais ça, on ne le dit pas dans l’album.

Oh purée qu’est-ce que j’ai sué une fois de plus pour ne rien louper, pour enquêter de la manière la plus concentrée qui soit et au bout d’une heure, je n’avais toujours pas trouvé qui était le coupable, même si j’avais une vague idée.

Dans ce genre de bédé, on en a pour ses sous car on met du temps à arriver au bout de l’enquête, tant les indices, les suspects, les interrogatoires, les fausses pistes, sont légions.

Pour une fois, j’ai quasi réussi à trouver toutes les petits énigmes dans l’énigme et à accéder à des détails importants qui m’ont aidé à affiner ma résolution, même si je n’en étais pas sûre à 100% car CED sait brouiller les pistes et nous donner des infos qui ne serviront qu’à jeter le fog dans notre esprit, moins brillant que celui de Holmes.

Il faut en tout cas être bien attentif durant son enquête, je jamais hésiter à suivre un chiffre afin de rien rater, comme les inscriptions sur les murs.

À un moment donné, je me suis même retrouvée bloquée dans l’avancée de l’histoire parce que je n’avais pas observé avec attention une scène et de ce fait, loupé un chiffre qui m’envoyait vers deux autres suspects et me faisait gagner des points finaux.

La bonne idée était de nous fournir un plan de Whitechapel « vierge » que nous devons compléter au fur et à mesure que nous trouvions des adresses durant nos pérégrinations, ce qui laisse la possibilité de revenir sur ses pas quand on pense qu’on a loupé un détail important.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’ai eu l’impression que Holmes et Watson étaient plus en retrait que dans les autres éditions… Qu’on les voyait moins, qu’ils intervenaient moins… Comme si j’étais seule alors que j’incarnais Watson.

L’avantage de ces enquêtes, c’est que nous pouvons les refaire à l’envi, en choisissant un autre personnage à incarner la prochaine fois et ainsi, on reprend tout à zéro (ou on a bien noté les indices dans le carnet et on a les réponses) avec un autre personnage, ajoutant de la difficulté avec Holmes ou préférant la facilité avec Watson.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’Éventreur : José Ortiz & Antonio Segura

Titre : Jack l’Éventreur

Scénariste : Antonio Segura
Dessinateur : José Ortiz

Édition : Magic Strip (1992)

Résumé :
8 histoires de tueurs en série, se déroulant entre 1869 et 1888.

Critique :
Parlons d’emblée de ce que je n’ai pas apprécié dans cette bédé : les dessins en noir et blanc !

Non, je n’ai rien contre le noir et blanc, que du contraire, mais ici, on est loin de la ligne claire et le tout donnait une impression de fouillis, rendant la lecture plus ardue, plus âpre et faisant un peu saigner les yeux à force de les plisser pour essayer de distinguer des détails.

Horribles et moches, voilà mon verdict pour les dessins… D’ailleurs, j’ai souvent eu du mal pour distinguer à quel personnage j’avais affaire, ce qui est un comble.

Passons maintenant à la bonne nouvelle, entre deux conjonctivites due à cette lecture : leur Jack est bien trouvé, c’est une théorie qui pourrait se tenir et expliquer bien des choses, notamment qu’on ne l’ait jamais attrapé ou même identifié depuis toutes ces années.

Les ambiances sont sombres, bien entendu, le niveau de vie social et la misère sont bien représenté, les taudis aussi et idem pour ce qui est de la mentalité anglaise qui voulait que le tueur ne soit pas un Anglais, parce que shocking !

— Croyez-moi !! Je vous le dis !! Ce Jack est un marin… venu d’ailleurs… Aucun sujet de sa Gracieuse Majesté ne serait capable de commettre pareille boucherie.

— Bougez-vous un peu les enfants ! Pour seulement 4 pennies je t’emmènes au 7ème ciel. T’en reviendra pas.
— Pas ce soir… Demande à un autre.
— Désolé… Impossible… La bonne Annie nous a déjà offert ses services… À tous.

Et puis, tout est parti en couillonnade… Le tout sans queue ni tête, ou plutôt si, mais dans un style tellement brouillon que j’ai moult fois soupiré de dépit tant il était pénible d’avancer dans ce fatras de cases noires comme le charbon où l’on ne distingue jamais les traits des protagonistes, ou alors, après avoir plissé les yeux ou attendu une avancée dans le récit pour enfin comprendre que c’était lui.

Le fil rouge est bien entendu des histoires de meurtres, commis non pas par un, mais pas plusieurs qui se nomment Jack et qui tuent de toutes les manières possibles et imaginables, sans pour autant que ce soit sur des prostituées que leur rage s’acharne.

Pas de sexisme, pas de sélection, ça tue tout. Le tueur a mille visages, mille mobiles, mille victimes.

Tiens, entre deux assassinats, j’ai croisé un type portant une espèce de MacFarlane et deerstalker, un autre qui avait tout des traits d’un Boris Karloff en créature du docteur Frankenstein… Me demandez pas ce qu’ils foutaient là, après ça, j’ai décroché.

Anybref, pas besoin de vous faire un dessin pour vous prouver combien cette lecture a été pénible et inintéressante.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

La vie commence vendredi : Ioana Pârvulescu

Titre : La vie commence vendredi

Auteur : Ioana Pârvulescu
Édition : Seuil (06/05/2016)
Édition Originale : Viaţa începe vineri (2009)
Traducteur : Marily le Nir

Résumé :
Vendredi 19 décembre 1897 : on trouve un inconnu évanoui dans la neige, dans une forêt aux environs de Bucarest. Il est habillé bizarrement, ne porte ni barbe ni moustaches, s’exprime d’une drôle de façon.

Toute la ville est en effervescence : serait-ce Jack l’Éventreur, à la une de tous les journaux, un fou échappé de l’asile, un vrai faussaire ou un faux journaliste? Et s’il venait d’une autre époque ?

Un voyage dans le temps qui nous entraîne, à la suite de ce personnage mystérieux, dans la capitale roumaine à la fin du XIXe siècle, le siècle de la joie de vivre, où l’on croyait fermement à l’avenir et aux progrès de la science.

Un compte à rebours, en treize journées trépidantes, avant le réveillon du 31 décembre 1897.

Critique :
Si on ne sait toujours pas ce qui se passe dans cette putain de boite de cassoulet dans la nuit du 2 au 3 (Roland Magdane), maintenant, on sait ce qu’il se passa du 19 au 31 décembre 1897 à Bucarest (la capitale de la Roumanie, pour les fâchés avec les capitales).

Véritable immersion dans la vie roumaine de cette fin de 19ème siècle, l’auteur, qui connait son sujet, va nous entrainer dans bien des familles, grâce à de multiples personnages, du simple commissionnaire, à la jeune fille rêveuse en passant par un policier, un préfet de police ou des notables.

C’est là que le bât commence à blesser.

En plus d’un récit qui s’écoule paresseusement, d’une enquête qui donne l’impression de ne pas avancer, la multitude de narrateurs ne servaient pas toujours l’histoire et la rendaient même parfois un peu difficile à appréhender car il fallait suivre, leur nom n’étant pas noté en début de chapitre et avec des noms roumains, il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver.

Par contre, l’écriture de l’auteure est magnifique et j’ai pris plaisir à lire les mots qu’elle avait tamponnée sur les pages (Dany Boon, sort de ma tête) tant ils étaient délicieux pour l’esprit. Là, rien à dire, c’étaient des perles.

— Vous, Iulia, vous êtes comme une petite araignée qui, sentant qu’on l’approche ou qu’on la touche, replie instantanément ses pattes, se roule en boule — on pourrait la confondre avec une petite pierre noire. (…) Maintenant vous faites la même chose, mais, moi, je n’ai plus le temps d’attendre que vous vous détendiez. 

Découvrir la vie roumaine à cette époque était très agréable et j’ai apprécié tous ces petits moments de vie, même si, à la fin, ils ralentissaient le récit qui n’allait déjà pas très vite. Par contre, les petits moments de philosophie étaient du miel pour la gorge enrouée.

Revenons aux bémols car après les fleurs, je lance le pot…

Le roman nous promettait du mystère avec l’apparition mystérieuse d’un homme que l’on suspecte d’être Jack The Ripper, dixit le 4ème de couverture… Il devait être en campagne électorale, lui, parce que c’était juste de belles promesses.

Cet homme retrouvé dans la neige et dont personne ne sait qui il est, ni d’où il vient, a été suspecté un peu de tout, en passant pas faussaires et Martien ! Quant aux suspicions d’être le Ripper, elles ne durent guère et sont plus le fait des commères adeptes de ragots.

D’ailleurs, sur ce mystérieux homme qui semble comme tombé du ciel et qu’on a retrouvé dans la neige, nous en saurons peu, l’auteur ne lui ayant pas assez donné la parole et ce seront les dernières lignes du livres qui confirmeront ce que je suspectais, mais d’une autre manière.

Quant à la résolution de l’homme mort d’une balle et d’une disparition d’objet du culte, la résolution tombera un peu comme un cheveu dans la soupe et nous n’en saurons pas plus puisque une fois le nouvel an passé, nous n’en parlerons plus et irons vers le point final.

Au final, si j’ai aimé la description de le vie à Bucarest en 1897, si j’ai apprécié l’écriture de l’auteure et la manière dont elle décrit les lieux, dont elle fait parler ses personnages, dont elle les fait philosopher.

Dommage que l’enquête ait été fort diluée entre tout ce petit monde qui vaque à ses occupations et que le côté fantastique n’était pas assez mis en valeur, comme la promesse non tenue des 13 journées trépidantes qui, sans être somnolentes, auraient pu être abrégées quelque peu afin de donner plus de rythme au récit.

Lecture en demi-teinte, mais malgré tout, j’en retire du bon, comme quoi, tout n’est jamais perdu dans une lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

— Si j’achète une boîte de conserve, une boîte de cassoulet par exemple, à consommer avant le 2 janvier, qu’est-ce qui ce passe si je l’ouvre le 3 ? Franchement, entre nous ; qu’est-ce qui peut bien ce passer dans cette boîte dans la nuit du 2 au 3 ? Est-ce que les germes attaquent à minuit pile ? Tous les germes avec des montres chrono ! Qu’est-ce qui ce passe si j’ouvre la boîte à 1h du matin ? Est-ce que je peux encore sauver des haricots ? Si tous les haricots sont mort et que la saucisse bouge encore qu’est-ce que je fait moi ?

L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia

Titre : L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle

Auteur : Bob Garcia
Édition : La mécanique générale (02/11/2017)

Résumé :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience.

Les visions et les révélations s’enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s’oppose est persuadé que tout cela n’est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l’effroi.

Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l’entendre ?

Ce récit est tiré d’une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.

Critique :
J’ai été eue ! Mais bien eue, pour ne pas dire bien bais**… Moi qui me plaignais encore l’autre jour avec une copinaute de ces romans que l’on réédite en changeant ET la couverture ET le titre…

Bardaf, la copinaute avait été eue la dernière fois, cette fois-ci, c’est mon tour !

Comprenez bien que je n’ai rien contre le fait que l’on change la couverture d’un roman lorsqu’il passe du Grand Format au format Poche, mais quand, en prime, on change le titre ET le 4ème de couverture, comprenez bien qu’il y a de quoi y perdre son latin, ou son holmésien, dans ce cas-ci.

Ce roman, je me délectais à l’avance de le lire. 720 pages de Sherlock Holmes, vous imaginez que pour moi, ça fait le même effet qu’une solution à 7% de cocaïne !

Donc, cet épais apocryphe attendait le moment propice pour être dévoré quand, soudain, catastrophe nationale, je reçois un petit commentaire d’Eric75 sous ma chronique de « Penny Blood » sur Babelio qui me disait, en substance : « J’ai l’impression que ce livre est ressorti sous le titre « L’affaire Mina Marten » (sous-titre : Sherlock Holmes contre Conan Doyle). Donc à un prix aujourd’hui beaucoup plus abordable ! ».

Heureusement que j’étais bien assise sinon, j’aurais défailli ! Bon sang, il a raison l’homme, c’est bien les deux mêmes histoires, même si on a tout renouvelé pour mieux attirer le chaland, sans doute.

De deux choses l’une : soit je me morfondais et tentais de noyer ma peine, ma déception, ma rage, mon ire dans des mojitos (je préconise toujours le rhum brun), soit je le relisais puisque de tout façon, j’avais oublié une grande partie du livre, sauf en ce qui concernait la petite Histoire dans la Grande, mais les détails s’étaient effacés de ma mémoire.

J’avais même oublié que nous avions l’ombre de Jack dans ce roman, c’est vous dire l’état de ma mémoire ! Donc, évitez de boire autant de café et de mojito que moi et tout ira bien pour vos petites cellules grises : vous n’oublierez plus jamais rien.

Folie que de le relire ? Sans doute, mais bon, j’avais un Challenge Pavé de l’Été à honorer, les 675 pages de récit brut étaient les bienvenus et un rafraichissement de ma mémoire aussi, surtout après 5 ans.

Le spiritisme, le voyeurisme (oups) et la voyance, ce sont des foutaises, même Patrick Jane le disait, alors, le coup des fées qui dansent devant des gamines ou des gens qui pensent voir mon avenir ou mon passé, c’est « buiten » (dehors) avec un coup de pied au cul.

J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits (comme le 13 Miller’s Court ?) qui nous feront passer de la période des Celtes à celle des Romains, du grand incendie, de Jack, et je le redis une fois de plus, il n’en fallait pas plus et deux récits en moins auraient donné un peu plus de souffle au récit.

Holmes et Watson sont presque fidèles au canon holmésien et notre détective, toujours grand enquêteur, mettra les bouchées doubles pour tenter de savoir si la spirite dit des conneries ou la vérité en les plongeant dans l’Histoire de l’Angleterre.

Les enquêtes de Holmes sont prenantes, on se déguise, on explore Londres et on ira plus patauger dans les bas-fonds que prendre le thé chez la baronne de La Tronche En Biais ou la duchesse Dufermoir de Monsac !

Cette fois-ci, je savais où j’allais et donc, je n’ai pas sursauté lors du retour dans le présent de Holmes, les sauts dans le temps me laissant toujours un peu barbouillée, sans doute à cause des 88 miles à l’heure nécessaire pour passer d’une époque à une autre.

Ne me souvenant plus du final, je pensais être surprise, mais pas de bol, une fois de plus, je l’ai vu venir, mais cela n’a pas gâché cette relecture, que du contraire, le livre a bien vieilli.

Un polar historique composé d’une grosse tranche de petites Histoires brutes et fort sombre. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Pour les autres, on peut consommer sans modération, mais prenez tout de même la peine de manger et bouger durant la lecture (et boire, aussi !!).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (720 pages).

Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse : Shirley Harrison

Titre : Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse

Auteur : James Maybrick / Jack the Ripper (Auteur présumé)
Auteur : Shirley Harrison (Éditeur scientifique)
Auteur : Robert Smith (Auteur de la postface, du colophon)
Éditions : JC Lattes (1193) / Le Livre de Poche (1993)
Édition Originale : The Diary of Jack the Ripper – The Discovery, the Investigation, the Authentication, the Debate (1993)
Traducteur : Jérôme Jacobs

Résumé :
Premier serial-killer connu de l’histoire du crime, Jack l’Éventreur demeure un personnage énigmatique. De la série d’assassinats, d’une barbarie rarement égalée, dont furent victimes cinq prostituées londoniennes en 1888, on n’a jamais trouvé l’auteur.

Le journal intime découvert en 1991 est-il bien l’œuvre du tueur ? Ce dernier serait-il alors James Maybrick, honorable marchand de coton de Liverpool, l’un des suspects de l’époque, lui-même assassiné par sa femme ?

On lira ici ce récit hallucinant d’une jalousie débouchant sur la démence, de ces errances dans les rues de Londres à la recherche de prostituées que le narrateur va éventrer « comme des pêches mûres ».

Une enquête rigoureuse, due à la journaliste Shirley Harrison, fait ensuite le point sur l’origine de ce document et son auteur présumé, ainsi que sur la controverse passionnée que déclencha sa découverte.

Le dossier complet d’une des plus extraordinaires affaires criminelles de tous les temps.

Critique :
Chers lecteurs et lectrices, voici le roman parfait pour vous ! Du moins, il sera parfait, dans sa version poche, pour caler un meuble bancal…

Si vous possédez la version Grande Édition, celle avec des images, je vous suggère d’aller le coincer sous la tour qui penche, à Pise.

Là, vous vous dites sûrement : mon dieu, mais quelle barbare avec ses livres, la Belette !

Je réserve ce genre de traitement uniquement aux livres qui m’ont horripilé, énervé, agacé, exaspéré, irrité…

Ceux qui vous vendent des vessies pour des lanternes, ceux qui se parent de leurs plus beaux atours alors qu’ils ne sont que des contrefaçons.

Imaginez une personne qui n’est pas au fait des événements de 1888 et qui lirait ce sois-disant « Journal de Jack L’Éventreur » : passant déjà 60 pages du livre puisque composées du récit manuscrit de James Maybrick, qui se dit être Jack The Ripper, puis, découvrant avec la traduction un récit assez chaotique, rempli de phrases qui n’ont pas toujours du sens, des mots notés ça et là, des résumés des meurtres horribles…

Puis, lisant avec des étoiles plein les yeux l’histoire de ce carnet que Tony Devereux, patron d’un pub, donna en mai 1991 à Mike Barret, en lui disant de faire pour le mieux avec ce fameux carnet.

On nous expliquera ensuite ce que Mike Barret fit comme démarches afin de recouper les faits du carnet avec la réalité, toutes les analyses du papier et de l’encre qui furent effectuées, afin de savoir si le carnet était un vrai de 1888 ou si, comme pour les carnets d’Hitler, tout ceci était un faux grossier.

Et c’est là, mesdames et messieurs, que l’on vous fait avaler des couleuvres de la taille d’un boa constrictor : tout ceci n’est que fumisterie ! La lanterne n’est qu’une vessie et ces carnets sont encore plus faux que les nibards d’Ève Vallois (Lolo Ferrari pour les intimes).

Bien entendu, je le savais avant de commencer ma lecture, ayant lu les bons ouvrages avant, ceux qui parlaient de ce canular (Mike Barret ayant ensuite avoué l’avoir écrit), mais le lecteur lambda pourrait prendre ce récit pour réel, comme avec les élucubrations de Stephen Knight dans « Jack the Ripper : The Final Solution » (1976).

Donc, après avoir lu 15 pages de guimauveries qui tendent à nous prouver que le carnet est vrai, après avoir sauté 60 pages d’écriture anglaise manuscrite, après avoir lu leur traduction et soupiré moult fois face à un récit tourmenté, désordonné et pénible à lire, après avoir lu les quelques 220 pages du dossier de Shirley Harrison qui revient sur les crimes de 1888 et qui tend à faire coller les faits à sa théorie, à l’instar de madame Cornwell, la lectrice que je suis en est ressortie avec la nausée et l’envie de caler un meuble bancal avec ce roman en version poche (non illustré).

Si James Maybrick EST Jack The Ripper, ce n’est pas de cette manière qu’on me le fera croire ! La seule chose positive que je retiendrai, c’est la remise en mémoire de l’affaire des crimes de Whitechapel (de manière édulcorée, bien entendu).

Ce roman, s’il ne finit pas sous un meuble, pourra rester dans mes livres uniquement pour grossir la collection « Jack The Ripper », mais il ne sera jamais conseillé en lecture, sauf si je souhaite faire plaisir à un(e) ami(e) masochiste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Les damnées de Whitechapel : Peter Watson

Titre : Les damnées de Whitechapel

Auteur : Peter Watson
Édition: Paulo Raman (2011)

Résumé :
Londres, début de l’automne 1888. Depuis l’heureux dénouement de l’affaire du Signe des Quatre, le docteur Watson vit sur un nuage. Mary Morstan lui ayant promis sa main, il a décidé de réendosser sa blouse blanche et de ressortir sa vieille trousse médicale afin que son couple puisse vivre de ses honoraires.

Aussi envisage-t-il de quitter Baker Street pour aller s’installer dans un quartier agréable de la grande ville et y fonder une famille.

Sherlock Holmes est quant à lui en proie avec son plus terrible ennemi : le désœuvrement. Depuis quelques temps déjà, il se morfond nuit et jour, tristement allongé sur son canapé.

Les meurtres simultanés de deux prostituées à Whitechapel ainsi qu’un vol commis à Pondicherry Lodge vont subitement le tirer de sa retraite et remettre en branle les rouages de la formidable machine à penser qu’il est.

A la suite de toute une série de rebondissements inattendus, les deux hommes vont devoir quitter la grande métropole afin de s’employer à ce que la Lumière triomphe des Ténèbres.

Critique :
Lorsque je pris connaissance du livre, je m’attendais à une enquête classique de Holmes face à l’Éventreur, les cinq meurtres, l’attente entre le quatrième et le cinquième… Bref, le coup classique, quoi.

Et bien là, j’en fus pour mes frais parce que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Je fus surprise et agréablement surprise, même, par la tournure de l’histoire.

L’auteur, dans le but de ne pas mélanger l’histoire et la fiction, a changé quelque peu les noms des victimes ainsi que celle d’un apparenté royal. Cela lui a permis de prendre plus de liberté avec la véracité des faits de 1888 et de ne pas décevoir les « ripperologues » en attente d’un nom.

Bref, l’enquête ne s’occupera « pas vraiment » des crimes commis dans les ruelles sordides de Whitechapel, mais partira dans un autre sens, Holmes voulant laisser les policiers résoudre eux-mêmes les crimes sordides (vous comprendrez tout en lisant).

Malgré tout, l’ombre de l’assassin ne sera jamais loin, les pistes se recoupant souvent. On a beau partir d’un côté, au final, on retombe sur les traces de l’assassin.

Entre nous, le final m’a fait accélérer la cadence de lecture, voulant à tout prix connaître la fin. L’auteur m’a donné quelques sueurs froides et… Non, je ne dis rien de plus, cela dévoilerait ce que je ne peux dévoiler.

Le style d’écriture est agréable, ressemblant aux écrits victorien, sans langage moderne. Repéré une seule coquille dans l’absence d’un tiret cadratin. Rien de bien terrible.

Le seul point négatif du livre est un paragraphe un peu longuet où l’ajout d’un point final n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de reprendre mon souffle.

Un autre passage qui pourrait rebuter certain est la description du cérémonial d’ouverture d’une tenue de Loge maçonnique.

Moi, cela ne me dérange pas, mais je pense que cela pourrait en faire soupirer d’autres, les fils de la veuve étant assez cérémonieux, comme vous devez le savoir.

C’est ce que j’appellerai l’exercice périlleux du juste milieu, étant donné que si l’auteur abrège, on considéra qu’il ne maîtrisait pas son sujet (maçonnique) et s’il en fait trop… ben, on le taxera d’en faire trop.

Le Holmes du livre n’est pas caricatural, du moins, pas plus que l’original dont Watson nous contait les nombreux travers dans « Le rituel de Musgrave ».

Je l’ai trouvé fidèle à lui-même, tout en sachant que, bien entendu, les auteurs mettent un peu du leur dans le personnage.

Watson n’est pas un gros balourd, c’est un homme amoureux de Mary et qui va bientôt convoler en juste noce.

La relation entre les deux amis est à cent lieues du « gay-friendly » à la mode ces dernières années, Holmes sait être taquin ou caustique envers Watson et même assez sec avec Lestrade.

Un clin d’œil à la nouvelle « Les hommes dansants » avec un message codé et de nombreuses allusions au canon disséminées par-ci par là.

Petite anecdote : Elveden Hall dont on parle dans le livre existe bel et bien et fut réellement, dans le passé, la résidence du Maharaja Duleep Singh (le nom change dans le récit).

Pour la petite histoire, la chambre n° 12 que l’auteur fait occuper à Watson, à l’hôtel La Cloche, a réellement la réputation d’être hantée (aujourd’hui encore) par le fantôme d’un… curé !

Le livre m’a fait passer un très bon week-end avec Holmes et je remercie l’auteur pour cela. Son histoire était originale, à cent lieues des autres déjà lues, fidèle à la réalité tout en gardant ses distances avec elle. le plus dur fut de fermer le livre quand je l’ai eu terminé et de quitter mon détective préféré.

Je vous le disais, je l’ai dévoré, le livre.

Son unique point merdique est qu’il est difficilement trouvable, hormis sur un grand site de vente de livres en ligne (mais pas que des livres), il me semble…

Le Livre rouge de Jack l’éventreur : Stephane Bourgoin [Nouvelle Édition Actualisée]


Titre : Le Livre rouge de Jack l’éventreur [Nouvelle Édition Actualisée]

Auteur : Stephane Bourgoin
Édition : Points Crime (2014) – Grasset (1998 – pour l’ancienne version)

Résumé :
En 1888, cinq femmes sont massacrées par un serial killer surnommé « Jack l’Éventreur ». Ces prostituées du misérable quartier de Whitechapel, à Londres, sont mutilées, certains de leurs organes prélevés…

Ces semaines de terreur sont à l’origine d’un mythe qui dure depuis plus de 125 ans. Le tueur est-il un chirurgien de la reine ? Un boucher ? Un franc-maçon ?

Grâce à l’étude des archives secrètes de Scotland Yard et aux analyses des profilers du FBI, à la lumière des derniers développements de la police technique et scientifique et des ultimes suspects « confondus » par l’ADN, Stéphane Bourgoin dresse le portrait de l’assassin.

Critique :
Ceux qui ont de la mémoire se diront « Mais, la Belette Cannibal nous en a déjà parlé durant un Mois Anglais, de ce livre consacré au Ripper ! » et ils auront raison (juin 2014).

Non, non, non, rassurez-vous, je ne suis pas en train de vous ressortir une vielle chronique afin de voir qui suit !

Ce que je viens de lire, c’est la version augmentée et actualisée, comprenant les dernières théories farfelues de Russel Edwards de 2014 avec l’analyse ADN d’un châle qui aurait appartenu à Catherine Eddowes.

Bien entendu, selon môssieur Edwards, il a résolu l’affaire et nous a donné le nom du VÉRITABLE coupable. Et mon cul, c’est du nougat ?

Vous allez me dire « Attends, ma Belette, c’est juste ce petit truc en plus qu’il y a dans la nouvelle édition actualisée parue chez Points en 2014 ? » (vous faites des longues questions, vous).

Écoutez, j’ai relu, mais je n’avais ni le temps ni l’envie de vérifier, dans les 17 chapitres qui constituent le prologue, si des mots ou des virgules avaient changé !

Ma relecture ne m’a pas permis de « voir » si des choses avaient changé ou si des paragraphes avaient été réécrits. La seule chose dont je peux jurer, c’est que le chapitre 12 consacré aux tests ADN a été ajouté dans la version augmentée parue chez Points…

Pour le reste, les nouvelles incluses en fin d’ouvrage sont les mêmes que dans l’édition de 1998 parue chez Grasset; la bibliographie et la filmographie sont, bien entendu, augmentées, puisque 20 ans séparent ces deux ouvrages.

Ayant déjà lu les nouvelles il y a deux ans, je me suis plus consacrée à relire le prologue consacré aux crimes de 1888.

À celui ou celle qui voudrait en savoir plus sur Jack The Ripper, je conseillerai fortement de lire cet ouvrage de monsieur Bourgoin car il vous donne les faits, rien que les faits, qu’ils soient avérés ou pas, en vous expliquant bien ceux qui ne sont pas crédibles, sujet à caution (ces derniers sont nombreux) ou digne d’extrapolation.

C’est clair, c’est net et c’est précis ! Pas de doute à avoir.

Si vous désirez connaître l’identité de l’éventreur, passez votre chemin, vous ne la trouverez pas dans ces pages, mais vous aurez tous les indices connus sur l’affaire et vous n’aurez plus qu’à investiguer vous-même (bonne chance !).

Avec un peu de bol, d’ici quelques années, vous ferez une annonce télé comme quoi vous savez QUI était Jack The Ripper. Moi, de mon côté, je vous écouterai en bouffant du pop corn et en ricanant telle une hyène qui a tout vu et tout entendu dans sa vie.

Anybref, cet ouvrage ne se veut pas être une extrapolation sur l’identité du tueur de Whitechapel, puisque, malgré toute la débauche de faits, de témoignages, d’indices et tutti quanti, on ne peut pas en tirer une théorie.

Et l’auteur se gardera bien de vous fournir une piste. Il vous expliquera juste pourquoi telle ou telle théorie sont fumeuses, surtout celle du complot royal sortie du chapeau malade de Joseph Sickert et racontée par Stephen Knight.

Alors, quelle édition choisir, docteur Jack The Reader ?

De mon côté, j’apprécie la Grasset car elle est en grande édition, imprimée sur papier épais qui résiste à mes surlignages au crayon ou au fluo jaune.

L’éditions de chez Points est en format poche, donc plus facile, elle est à jour, mais faudra se garder de passer du fluo jaune sur ses lignes !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Le retour de Jack l’Eventreur : J.B Livingstone

Titre : Le retour de Jack l’Eventreur

Auteur : J.B Livingstone (pseudo de Christian Jacq)
Édition : Les Éditions du Rocher (1989)

Résumé :
A la fin du siècle dernier, une affaire tristement célèbre, la plus mystérieuse de l’histoire criminelle, devait bouleverser l’Angleterre : plusieurs meurtres de femmes de petite vertu étaient commis dans un quartier sordide de Londres par celui que l’on appela sans jamais déceler son identité, Jack l’Éventreur.

Plus d’un demi-siècle plus tard, les mêmes faits atroces se reproduisent à Whitechapel.

La date des meurtres, les crimes eux-mêmes, les affreuses blessures, les mutilations… Tout porte la marque du héros maudit.

La surprise confine à la stupéfaction lorsque les huit suspects repérés par le super-intendant Marlow apparaissent comme les inquiétantes réincarnations de ceux de l’année 1888… Il y a de quoi devenir fou…

Jack l’Éventreur, par la grâce d’un élixir de jouvence, serait-il de retour ? Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour reprendre ses sinistres activités ? Un dément aurait-il ourdi cette œuvre noire ?

Mais mû par quel mobile ? Une fois de plus la perspicacité de Higgins est mise à rude épreuve.

Critique :
Mais quel est l’imbécile qui a établi ma liste de lecture pour le Mois Anglais de juin 2017 ? Ah mince, c’est moi…

Niveau nombres de lectures pouraves mensuelles, je ne sais pas si j’ai déjà réussi à faire pire…

Victor Pivert, déguisé en Rabbi Jacob, m’aurait dit : « Et bien, fallait pas jouer le mauvais chameau ! ».

Parce qu’ici, nous sommes face à la toute grande littérature… de gare ! Attention, pas d’une grande gare, une toute petite gare paumée dans le trou du cul du monde.

Si les écrits de monsieur Christian Jacq (J.B Livingstone c’est lui) m’ont emporté à un moment de ma vie de lectrice, il n’en serait plus rien maintenant et la preuve m’est apportée sur un plateau d’argent.

Je vais sortir mon scalpel pour l’autopsie sauvage de ce truc littéraire.

Déjà une grosse erreur dans le résumé où l’on nous dit que nous sommes « plus d’un demi-siècle plus tard » : un gros demi-siècle plus tard, oui ! Parce que 1888 + 50 nous donnerait l’année 1938, hors, on nous parle de police scientifique et d’ordinateurs !

Nous nous trouvons clairement dans la moitié des années 80… Autrement dit, presque un siècle plus tard que les événements de 1888.

J’assassine qui maintenant ? Les dialogues et la narration à la limite du neuneu ? Où l’on se demande si c’est un grand auteur qui les a écrit où s’il a délégué la tâche à son p’tit n’veu ?

Il y avait de quoi devenir fou. Certains ne tarderaient pas à croire que Jack l’Éventreur n’était pas mort et qu’après de trop courtes années de répit il avait décidé de se lancer dans une nouvelle croisade meurtrière contre les dames de petite vertu de Whitechapel. Cela ne se pouvait pas…

Les personnages qui sont stéréotypés, clichés et poussifs au possible ?

Comme les chats, l’ex-inspecteur-chef voyait dans l’obscurité.

L’ex inspecteur-chef Higgins est bourré de qualités, sans défauts aucun, de plus, il parle aux suspects comme si c’était des gosses que l’on gronde !

— Pouvez-vous jurer que vous n’aviez pas l’intention d’assassiner cette femme ? demanda Higgins avec gravité.
— Oui, inspecteur. Mais j’ignore si ma parole possède une quelconque valeur à vos yeux.

Higgins se fit sévère.
— Je vous interdis bien de vous en servir ailleurs que dans votre boucherie. [En parlant d’un couteau sacrificiel].

Quand au super-intendant Marlow, je ne sais pas où Scotland Yard l’a pêché, mais bon sang, quel crétin fini !

Nous sommes dans les années 1980 et ce petit monsieur ne veut pas importuner les aristocrates parce que selon lui, les gens de la haute ne peuvent pas être le coupable des crimes atroces ! On lui dit que nous ne sommes plus à l’ère Victorienne ??

Higgins crut que le superintendant était sur le point de défaillir.
— Higgins… Si vous éprouvez un peu d’amitié pour moi, laissez le duc à l’écart ! Comment un homme de cette qualité pourrait-il avoir massacré des femmes de mauvaise vie ?
— Il rodait bien dans Whitechapel le 31 août et le 8 septembre, et il figure bien sur votre liste.

De plus, ce trouillard rêve depuis toujours d’intégrer la garde rapprochée de la reine Elizabeth II, la plus belle femme du royaume, selon lui.

Depuis son enfance, Marlow était amoureux de la plus belle femme du monde, la reine Élisabeth II. Il rêvait d’appartenir au corps d’élite qui formait sa protection rapprochée. Encore fallait-il présenter d’impeccables états de service.

Rien qu’à entendre certaines de ses réflexions et on comprendra qu’il est coincé de chez coincé et limité intellectuellement. Bref, pas crédible pour un sous, ce super-intendant.

— […] C’est dur, l’existence, loin de son pays… Alors, il me faut des compensations. Quand mon âme souffre trop, je viens à Whitechapel. Normal, non ?
Scott Marlow était révolté. Comment l’Angleterre morale et rigoriste de la reine Victoria, le modèle de la civilisation, pouvait-elle s’en aller ainsi à vau-l’eau ? Comment l’establishment pouvait-il accepter que des mœurs aussi dissolues dénaturassent ainsi un quartier de la capitale de l’Empire ? S’il n’avait tenu qu’à lui, il aurait immédiatement mis sous les verrous cet ivrogne dont les vêtements étaient imprégnés d’une détestable odeur d’alcool à bon marché.

Attendez, je suis tombée sur pire ! Quand notre Higgins, ancien inspecteur-chef à Scotland Yard (à la retraite), accepte d’enquêter sur le meurtre horrible, il va se faire aider par une jeune prostipute qui assistera – à la demande expresse d’Higgins – aux interrogatoires des suspects, réalisés dans une vieille boutique de Whitechapel, cachée derrière un rideau. Non mais j’hallucine, moi !

— Je vous propose d’être mon assistante, mademoiselle. Je dois procéder au premier interrogatoire d’un certain nombre de suspects. Consentiriez-vous à m’aider ?
La jolie blonde tapa dans ses mains et sautilla sur place.
— Aider le Yard ? C’est formidable ! J’en ai toujours rêvé !

— Soyez remerciée pour votre parfaite collaboration, mademoiselle. Sans doute serons-nous appelés à nous revoir.
La jolie blonde offrit à Higgins son plus délicieux sourire.
— Avec plaisir, inspecteur.

Autre GROSSE incohérence : je veux bien admettre qu’il serait possible qu’un Copy Cat nous refasse les crimes de 1888… Mais quelle est la probabilité pour que Scotland Yard se retrouve face à une liste de suspects ressemblant à celle de 1888 ou que l’on retrouvait dans les fantasmes complotistes de certains ?

Non mais allo quoi ? On aurait plus de chance de se faire mordre par une chauve-souris enragée alors qu’on habite au 30ème étage, sans ascenseur, avec porte blindée, que de réunir tout ce petit monde : un boucher juif, un chirurgien, un noble attaché à la famille royale, un avocat (qui se nomme Montague aussi), un russe, une sage-femme et un peintre !!

Je vous passerai le final, bête à manger du foin, avec un coupable aux motifs simplistes, pas réalistes pour deux sous et totalement injustifiés.

Anybref ! Une lecture morne, sans joie, un roman sans profondeur, sans rien d’intéressant, avec des personnages fades, clichés, des enquêteurs dont un est un grand dadais qui voit le coupable chez tout le monde, sauf chez les nobles et qui arrêterait n’importe qui sans preuves.

Je m’y suis emmerdée, mais emmerdée, dans cette histoire !

Sans le Mois Anglais 2017, ce bouquin aurait terminé sa vie par la fenêtre ou sous un meuble bancal, arrêté dès la page 10 (ou même avant).

— Il n’existe que trois solutions, sir. La première relève de l’irrationnel le plus absurde : Jack l’Éventreur utiliserait un élixir de jouvence qui lui permettrait de continuer à frapper. Mais, en ce cas, pourquoi aurait-il attendu si longtemps avant de reprendre ses sinistres activités ? La seconde est exigée par la raison la plus obtuse : nous serions en présence de simples coïncidences. Vouer un tel culte au hasard, après tant d’indices troublants, me paraîtrait plutôt léger. Aussi suis-je partisan de la troisième solution : le retour de Jack l’Éventreur.

Heureusement qu’il ne m’avait rien coûté… Allez, au suivant !

 

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.