Jack The Ripper : Téléfilm (1988)

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Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un téléfilm britanno-américain en deux parties, diffusé pour la première fois le 21 octobre 1988.

Il met en vedette Michael Caine et Jane Seymour.

Cette fiction est basée sur l’enquête de l’inspecteur Frederick Abberline sur les meurtres de Jack l’éventreur à l’automne 1888.

À l’occasion du centenaire de l’affaire, les scénaristes ont pu avoir accès aux dossier de Scotland Yard.

Ce téléfilm a été nominé trois fois aux Emmy Awards et au Golden Globes.

1. Synopsis :

À l’automne 1888, un mystérieux tueur en série terrorise l’East End de Londres en y assassinant plusieurs prostituées. Les victimes sont retrouvées égorgées et éventrées en pleine rue.

L’inspecteur Frederick Abberline est chargé de mener l’enquête avec son adjoint, le sergent George Godley (Lewis Collins).

L’investigation s’annonce difficile, aucun témoin ne semble vouloir parler, les pistes sont nombreuses et la presse extrapole les faits pour vendre ses feuilles de choux.

Guidé par un médium, Abberline se met sur la piste d’un homme aux multiples identités, comme le principal interprète de la pièce de théâtre Dr Jekyll et M. Hyde.

Mais de nouveaux éléments viennent s’ajouter à l’enquête, comme des lettres de menaces signées Jack l’Éventreur et une inscription antisémite sur un mur « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » (Les juifs sont ceux qui ne seront pas blâmés en vain).

Abberline et Godley se rendent compte que les meurtres de Whitechapel cachent quelque chose de bien plus sordide…

2. Fiche technique :

  • Titre : Jack l’éventreur
  • Titre original : Jack The Ripper
  • Réalisation : David Wickes
  • Scénario : Derek Marlowe et David Wickes
  • Production: David Wickes
  • Montage : Keith Palmer
  • Photographie : Alan Hume
  • Musique : John Cameron
  • Décors : John Blezard
  • Son : Chris Munro
  • Sociétés de production : Euston Films, Lorimar Television et Thames Television
  • Pays :  Royaume-Uni États-Unis
  • Date de sortie : 21 octobre 1988
  • Durée : 182 minutes
  • Format : Couleur
  • Langue : Anglais

3. Distribution :

  • Michael Caine : Inspecteur Frederick Abberline
  • Armand Assante : Richard Mansfield
  • Ray McAnally : William Gull
  • Lewis Collins : Sergent George Godley
  • Ken Bones : Robert James Lees
  • Jane Seymour : Emma Prentiss
  • Susan George : Katie Eddowes
  • Lysette Anthony : Mary Jane Kelly
  • Michael Gothard : George Lusk
  • Edward Judd : Tom Arnold
  • Hugh Fraser : Charles Warren
  • John Laurimore : Inspecteur John Spratling
  • Peter Armitage : sergent Kirby
  • Gary Love : Derek
  • Gary Shail : Billy White
  • Richard Morant : docteur Theodore Acland
  • Michael Hughes : Docteur Llewellyn
  • Harry Andrews : Coroner Wynne Baxter
  • Jonathan Moore : Benjamin Bates
  • George Sweeney : John Netley
  • Angela Crowe : Liz Stride
  • T.P. McKenna : O’Connor
  • Kelly Cryer : Annette
  • Sheridan Forbes : Millie
  • Roger Ashton Griffiths : Rodman
  • Ann Castle : Lady Gull

Michael Caine en inspecteur Abberline

4. Ce que j’en pense :

Avant même la musique du générique,  il est dit, en début de téléfilm, qu’ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, que l’histoire est basée sur des faits réels et qu’ils ont travaillé avec des criminologues… On va voir, alors !

Je serai directe : il y a du pour et du contre…

Niveau « pour », je parlerai de la reconstitution du Londres de 1888, des petites ruelles sombres de Whitechapel qui, pour l’époque où fut tourné le film, n’est déjà pas si mal (Ripper Street a de plus belles reconstitutions, mais nous ne sommes pas en 2014).

Michael Caine, ancien Sherlock Holmes, s’en sort bien avec son rôle de l’inspecteur Aberline et son adjoint Georges a tout d’un Watson, moustache comprise.

Tous les personnages sont là, les historiques, et rien à redire sur eux à ce niveau (il y aura des critiques pour certaines, mais plus bas).

Niveau « presse » de 1888, les scénaristes ont choisi le fameux journal « The Star », journal radical, et ont mis en avant le journaliste Bates (dont certains disent qu’il serait l’auteur d’une ou plusieurs missives envoyées aux policiers et signée « Jack The Ripper »).

Si au départ les journalistes ont eu le mérite de décrire les conditions de vie épouvantables des quartiers de l’East End, ensuite, ça ressemblera plus à le d’acharnement sur la police et sur Sir Charles Warren qu’autre chose…

Cette « dualité » est présente aussi dans le téléfilm, ainsi que les raison qui ont fait que Warren n’était plus en odeur de sainteté pour la populace.

La musique grandiloquente du générique fait plus penser à un film avec « Sissi » ou à la musique avant un discours de la reine d’Angleterre à Noël qu’à celle d’un téléfilm consacré au tueur de Whitechapel, mais bon, c’est secondaire.

Le rythme n’est pas trépidant mais l’histoire se déroule sans que l’on baille pour autant.

Les meurtres ont lieu comme de bien entendu, les flics pataugent, ils interrogent, distribuent des tracts, ne savent plus à quels saints se vouer, et ils ont la crainte que tout Whitechapel ne s’embrase.

Sa piétine, on réclame la démission de Warren et les gens ont peur. Tout ça, c’est correct.

Oui mais, il est où le bât qui blesse ?? On y arrive…

Put*** ! Les incohérences historiques !

Détail qui a tout de même son importance : le corps de Mary Ann Nichols avait été lavé avant son autopsie ! Ici, ils ont oublié de le faire.

Notre détective Abberline qui s’exclame, en parlant des prostituées occasionnelles de Whitechapel que « ce sont des filles à 4 shillings ».

Heu, je ne sais si c’est dû au zèle des traducteurs, mais ces pauvres filles étaient loin de gagner cette somme dans la rue. Une passe coutait dans les 2 pences, j’ai parfois entendu 6 pences.

Le shilling étant shilling est une pièce en argent valant 12 pence (1/20 de livre). En 6 « passes », elles avaient 1 shilling. Il en fallait 24 pour obtenir les fameux 4 shillings. Ça devait les tirailler en bas, si elles avaient fait 24 passes ! Bref…

J’avoue que j’ai tiqué lorsque le complot royal avec le duc de Clarence fut évoqué, mais j’ai passé outre puisqu’à l’époque, les gens avaient dit tout et n’importe quoi, dont des protections en haut lieu…

Vous me direz qu’en 1888, c’était un peu normal, la populace n’était pas aussi instruite que nous. Certes, mais accuser le pouvoir royal est habituel dans ce genre d’affaire : je me souviens des théories toutes aussi folles lors de nos sordides affaires de pédophilie en 1996. Le monde change, mais pas tant que ça.

Que les scénaristes, pour les besoin de leur histoire, jouent avec la réalité et décident de faire comme si les victimes se connaissaient avant, passe encore, c’est de bonne guerre.

Mais qu’ils vêtent les prostituées comme des dames, là, je m’insurge !

Les prostituées (et toutes les autres habitantes de Whitechapel) vivaient misérablement. Toutes leurs possessions, c’est-à-dire peu de choses, se trouvaient sur elle.

J’ai lu les rapport de la police sur le contenue des poches des victimes et croyez-moi, ce qu’elles possédaient était très chiche… Elles n’auraient jamais eu les moyens d’être si bien habillées.

Mauvais point aussi pour les dents de ces femmes qui étaient une véritable vitrine pour le dentifrice Pepsodent Whitening Blancheur Extra.

Bon sang, les gars, il leur manquaient des dents, d’autres étaient toutes noires… Pareil pour les gens de l’East End : tout ceux que l’on croise ont des dents à mettre les dentistes au chômage direct. Ils auraient pu faire attention et nous copier les dents sur Jacquouille.

Autre grosse erreur : lors de la découverte du cadavre de Liz Stride. Il est dit qu’elle a été mutilé comme les autres femmes. FAUX, elle n’a eu QUE la gorge tranchée. On pense que l’assassin a pris peur lors de l’arrivée d’un passant.

William Gull, médecin de la reine et tête de liste dans les complots : il est censé avoir plus de 70 ans et souffre d’une paralysie de tout le côté gauche suite à un infarctus…

Dans le téléfilm, il est un fringuant homme d’une soixantaine d’années et il va bien.

Autre point qui me fait tiquer : d’après les scénaristes, les meurtres auraient eu lieu dans un fiacre…

Parlons-en de la voiture ! Une magnifique voiture, avec les armoiries de la reine, tiré par deux magnifiques frisons, cocher tellement masqué que ça attire encore plus l’attention !

À chaque sortie de cette fameuse voiture, on a droit à une musique angoissante de circonstance et des bruits de respiration qui ferait penser à un Dark Vador souffrant d’asthme.

Les prostituées tuées dans une voiture, ainsi le tueur a le temps de les dépecer et personne ne verra rien et aucun flic n’osera arrêter une voiture avec les armes royales…

Vous avez fumé quoi, messieurs les scénaristes ?

Impossible, si on réfléchit deux secondes : un fiacre aurait attiré l’attention, beaucoup trop ! Surtout dans ces quartiers. À Mitre Square, ce aurait manqué de discrétion et n’oublions pas que personne n’avait rien vu ni rien entendu !

De plus, impossible de bien découper ou de mutiler le corps à cause des cahots de la voiture et de plus, il a été prouvé que les victimes n’avaient pas été transportées, mais tuées sur place.

Je vous passerai le petit effet qui fait comme si le sang s’échappait de l’arrière du fiacre… Grotesque !

Pourtant, je vous rappelle qu’il est dit en début de téléfilm qu’ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, que l’histoire est basée sur des faits réels et qu’ils ont travaillé avec des criminologues…

Autre horreur : Sir William Gull n’a jamais examiné le rein qui a été envoyé par courrier à George Lusk. C’est le docteur Thomas Openshaw qui a eu cette tâche.

Gull authentifie le rein comme appartenant à une femme de 45 ans souffrant d’alcoolisme et de la maladie de Bright (néphrite). Tout comme les divers médecins l’avaient constaté – du moins, c’est ce que plusieurs articles de presse relataient.

STOP, à cette époque, il était impossible de dire en auscultant un rein, s’il provenait d’un homme ou d’une femme. Il faut pour cela les techniques modernes. Sans compter que la consommation de Gin ne laisse pas de traces dans les reins ! Au moins, les scénaristes ont respecté les « conclusions » erronées de l’époque, mais pas le bon docteur.

Une dernière incohérence pour la route : l’inscription à la craie « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » retrouvée dans Mitre Square le 30 septembre, après le meurtre de Catherine Eddowes était bien trop neuve, alors que dans la réalité, l’inscription y était déjà bien avant le meurtre, les deux n’ayant aucun rapport, en principe.

Par contre, bien qu’ils aient commencé avec un complot royal, les scénaristes se sont ensuite dirigés vers un tout autre coupable, et je dis « merci », bien que ce coupable soit aussi réaliste que s’ils nous avaient sorti un Sherlock Holmes en tant que tueur de Whitechapel !

Pour la petite histoire, quatre fins différentes avaient été tournées afin de conserver le suspense pour le lancement du film. Un peu comme dans « L’empire contre-attaque » et la phrase célèbre de Dark Vador.

Si j’avais vu ce téléfilm AVANT de bosser en amateur sur le dossier « Éventreur », je n’aurais jamais décelé toutes les incohérences et le téléfilm serait passé comme une fleur, hormis pour le complot royal, les habits des prostituées et le nom du coupable.

Mon problème est que j’en savais plus sur les meurtres de 1888 depuis début juin qu’avant et cela m’a aidé à voir les incohérences, me faisant pester et me gâchant une partie de mon visionnage.

Mais si on fait abstraction de tout cela, les reconstitutions sont bien faites niveau « décors », les personnages agréables et le tout a une certaine cohérence dans le mobile et même le coupable, si, historiquement parlant, cette personne avait eu la capacité de les commettre.

Mais pas en fiacre, s’il vous plait ! Là, ils sont allé trop loin et ce qui se voulait « terrifiant » est devenu grotesque, un peu comme lorsque l’on nous monte un chien des Baskerville qui a tout d’un chien version « Muppet Show ».

Ils ont eu accès aux archives de Scotland Yard, c’est vrai…

L’histoire est bien basée sur des faits réels, même s’ils ont pris certaines grosses libertés avec la réalité pour nous faire du show.

Ils ont travaillé avec des criminologues…. Hem, et les criminologues ont validés leurs théories du fiacre ?

Il leur fallait sans doute un truc de plus « fort » que la banale réalité des choses…

Dommage…

Le petit crieur de journaux était doublé par ce qui me faisait penser à la voix française du jeune Sangoku (Dragon Ball) !

5. Autour du film :

Cent ans après les meurtres, les scénaristes ont pu avoir accès aux archives de Scotland Yard.

Ils découvrent ainsi que le double meurtre de la nuit du 30 septembre ont été commis en un temps très court, ce qui laisse à penser que l’assassin a utilisé un véhicule hippomobile.

Les rapports d’autopsie insistent sur la netteté des plaies, comme si le meurtrier connaissait parfaitement l’anatomie.

Les enquêteurs se mettent sur la piste d’un chirurgien et découvrent que Sir William Gull, l’un des médecins de la famille royale, est mort peu après le dernier meurtre.

Son acte de décès est signé par son gendre et confrère, ce qui est contraire à la déontologie. Sir Gull bénéficiait de plus d’une berline aux insignes royaux, lui évitant ainsi d’être stoppée par la police.

Les scénaristes en concluent que Sir Gull fut probablement celui qui se faisait appeler Jack l’Éventreur.

L’hypothèse a déjà été évoquée dans un livre de Stephen Knight, douze ans auparavant, et sera reprise dans de nombreuses fictions comme la bande dessinée « From Hell » et son adaptation cinématographique.

  • Les scènes intérieures ont été tournées aux Studios Pinewood à Iver Heath dans le Buckinghamshire.
  • Les scènes extérieures ont été tournées à Belper dans le Derbyshire.
  • Hugh Fraser porte les vêtements que l’ancien chef de Scotland Yard, Charles Warren, a réellement portés.
  • Quatre fins différentes ont été tournées afin de conserver le suspense pour le lancement du film.

6. Récompenses et Nominations :

  • Emmy Awards 1989 : Meilleurs maquillages dans une mini-série
  • Golden Globes Awards 1989 : Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm (Michael Caine)
  • Emmy Awards 1989 : Meilleur acteur de soutien dans une mini-série (Armand Assante)
  • Golden Globes Awards 1989 : Meilleure performance pour un acteur dans une minisérie ou téléfilm (Michael Caine)
  • Golden Globes 1989 : Meilleur acteur de soutien dans une mini-série ou téléfilm (Armand Assante)

 

Le livre rouge de Jack L’éventreur : Stéphane Bourgoin

Titre : Le livre rouge de Jack L’éventreur                  big_4-5

Auteur : Stéphane Bourgoin
Édition : Grasset (1998)

Résumé :
« Le Livre rouge de Jack l’Éventreur » est un livre de fond sur la vie de cet ancêtre de nos « serial killers », sur lequel tant de légendes et de mythes erronés se sont greffés.

Stéphane Bourgoin reprend l’enquête à zéro. Il reconstitue l’atmosphère misérable et sombre de l’East End londonien de 1888. Il nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables, comme celui de Annie Chapman et de Mary Jane Kelly…

Il examine les différentes théories, plus ou moins classiques, qui font successivement de Jack l’Éventreur un étrangleur, un magicien, un étranger, un membre de la famille royale : déjà un mythe ! Stéphane Bourgoin nous livre les archives secrètes de Scotland Yard.

Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy. Ce texte est donc un panorama complet, scientifique et fascinant, du destin de l’Éventreur.

Le récit est suivi d’un certain nombre de documents décisifs autour du personnage : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives.

Critique : 
Ça, c’est ce qui s’appelle une sacrée étude sur Ze First Serial Killer : l’Éventreur de Whitechapel qui se fera appeller « Jack » suite à une lettre intitulée « Dear Boss » et envoyé à la Central News Agency par une personne dont on ne certifiera pas qu’elle était bien le tueur…

Pour mémoire, la lettre était écrite à l’encre rouge et signée « Yours truly Jack the Ripper ».

Ceci est une étude clinique des meurtres de 1888, aussi précise qu’un coup de scalpel car l’auteur s’en tient aux faits et rien qu’aux faits (Sherlock Holmes aurait aimé, lui aussi aime les faits) !

Pas d’extrapolation sur X ou Y qui aurait pu être le tueur puisque, malgré toute la débauche de faits, de témoignages, d’indices et tutti quanti, on ne peut pas en tirer une théorie.

Et l’auteur se gardera bien de vous fournir une piste. Il vous expliquera juste pourquoi telle ou telle théorie est fumeuse, surtout celle du complot royal sortie du chapeau malade de Stephen Knight.

La légende nourrie par la fiction a maintenant totalement occulté les faits, colportant un grand nombre de mythes qu’il est indispensable d’évacuer si nous souhaitons, un jour, connaître la vérité :
1. Il n’y a jamais eu de brouillard lors d’aucun des meurtres.
2. Les lettres signées « Jack l’Éventreur » n’ont très probablement pas été écrites par le meurtrier, mais sont l’œuvre d’un jeune journaliste.
3. Le duc de Clarence n’est pas Jack l’Éventreur (ni aucun membre de la famille royale).
4. Mary Kelly n’était pas enceinte lors de son assassinat.
5. Les dossiers de Scotland Yard n’ont pas été classés pour de mystérieuses raison jusqu’en 1992 : il est habituel d’agir ainsi dans le cas d’affaires criminelles graves en Angleterre. De fait, on peut déjà les consulter depuis de nombreuses années !

Dans ce roman, on reprend l’enquête à zéro, on entre dans les ruelles sombres et tortueuses, on se balade dans la rue la plus dangereuse de Londres : Flower and Dean Street, on se penche sur les conditions de vies déplorables des habitants de l’East End et on suit les meurtres…

Désolé pour les plus sensibles, mais l’auteur nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables de Mary Ann Nichols, d’Annie Chapman, d’Elizabeth Stride, de Catherine Eddowes et de Mary Jane Kelly…

Pour nous offrir un menu aussi copieux et sérieux, Stéphane Bourgoin a eu accès aux archives secrètes de Scotland Yard. Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy.

Cette lecture m’a permis aussi de confirmer que Michel Moatti dans « Retour à Whitechapel » était très professionnel aussi dans les faits, même s’il les a romancé et de soupirer devant un téléfilm sur Jack, à cause de toutes les incohérences !

Le récit est suivi d’un certain nombre de documents sur le tueur  : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives pour celui ou celle qui voudrait compléter sa collection.

Ce texte est vraiment un panorama complet et scientifique sur l’Éventreur. Médical, quasi, mais tellement intéressant !

À ne pas lire si vous n’êtes pas intéressé par ce vieux mystère de 1888…

Ce « Livre rouge de Jack l’Éventreur » est le premier de tous les ouvrages jamais écrits sur le personnage (et il y en eu plusieurs centaines) à vous proposer un panorama complet, tant d’un point de vue documentaire que sous ses aspects les plus fictifs, qu’il s’agisse de romans, de nouvelles, pièces de théâtre, cinéma, télévision.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

[Série] Whitechapel – Saison 1 – Le retour de Jack l’Éventreur (2009)

Whitechapel est une série télévisée policière et dramatique britannique produite par « Carnival Films » diffusée depuis le 2 février 2009 sur ITV.

En France, la série est diffusée depuis le 18 décembre 2009 sur Arte et Paris Première.

  • Série policière (2008)
  • Titre original : Whitechapel
  • Acteurs principaux :
    • Rupert Penry-Jones (V. F. : Damien Ferrette) : Détective Joseph Chandler
    • Phil Davis (V. F. : Thierry Wermuth) : Détective Ray Miles
    • Steve Pemberton (V. F. : Denis Boileau) : Edward Buchan
  • Acteurs secondaires :
    • Christopher Fulford (V. F. : Thierry Murzeau) : Fitzgerald (épisodes 1×01 à 2×02)
    • Johnny Harris (V. F. : Luc Boulad) : Détective Sanders (épisodes 1×01 à 2×03)
    • Sam Stockman (V. F. : Vincent de Bouard) : Détective Kent
    • George Rossi (V. F. : Jean-Jacques Nervest) : Détective McCormack (épisodes 1×01 à 2×03)
    • Alex Jennings (V. F. : Hervé Bellon) : Commander Anderson (épisodes 1×01 à 2×03)
    • Claire Rushbrook(V. F. : Julie Dumas) : Dr Llewellyn
    • Ben Bishop (V. F. : Christophe Lemoine) : Détective Mansell
    • Paul Hickey (V. F. : Bernard Lanneau) : Dr David Cohen
    • Branko Tomovic (V. F. : Emmanuel Karsen) : Antoni Pricha
    • Tameka Empson (V. F. : Fily Keita) : Mme Burki
    • Peter Serafinowicz (V. F. : Boris Rehlinger) : Inspecteur Torbin Cazenove
    • Craig Parkinson (V. F. : Jean-Pierre Michael) : Jimmy Kray & Johnny Kray
    • Chrissie Cotterill (V. F. : Michelle Bardollet) : Angie Brooks
    • Hannah Walters (V. F. : Véronique Alycia) : Dr Megan Riley
    • Camilla Power (V. F. : Laura Blanc) : l’inspecteur Mina Norrow
    • David Schneider (V. F. : Arnaud Arbessier) : Marcus Salter
    • Paul Chequer (V. F. : Damien Witecka) : Nathan Merceron
    • Lydia Leonard (V. F. : Anne Dolan) : Morgan Lamb
    • Alistair Petrie (V. F. : Vincent Violette) : Dr Simon Mortlake
  • Durée : 0h45mn
  • 3 saisons / 12 épisodes  (série en cours)

1. Épisodes :

Première saison (2009)

  1. Le retour de Jack l’éventreur (Part 1)
  2. Le retour de Jack l’éventreur (Part 2)
  3. Le retour de Jack l’éventreur (Part 3)

Deuxième saison (2010) – Non visionnée

  1. Le retour des frères Kray (Part 1)
  2. Le retour des frères Kray (Part 2)
  3. Le retour des frères Kray (Part 3)

 

2. Présentation de « Whitechapel –  Le retour de Jack l’éventreur » :

Production anglaise d’ITV, « Le retour Jack l’éventreur », se déroule de nos jours, dans le quartier de Whitechapel, les lieux mêmes des méfaits du célèbre serial killer londonien.

Une femme est retrouvée égorgée dans le quartier de Whitechapel. Le capitaine Chandler est chargé de l’enquête.

Jeune loup plein d’avenir, ambitieux, brillant, il se pique de psychologie et sait utiliser les médias… sauf qu’il tire son expérience de ses seules lectures et que, pour la première fois, il est confronté à la réalité d’un meurtre. Il devra faire équipe avec le lieutenant Miles, un homme de terrain et d’expérience, proche de la retraite et volontiers cynique, qui supporte assez mal d’être sous les ordres de Chandler.

Avec Miles et ses acolytes, la coopération s’annonce difficile. Chandler fait alors appel à Edward Buchan, un spécialiste de Jack l’Éventreur, et entame avec lui une épuisante course contre la montre. Mais l’assassin frappe à nouveau…

3 détectives, 3 caractères et 3 individus particulièrement opposés : l’inexpérimenté Joseph Chandler (Rupert Penry-Jones), le vieux Sergent Ray Miles (Phil Davis) et un « éventrologue » (spécialiste des éventreurs, comme chacun le sait) farfelu, Edward Buchan (Steve Pemberton) sont à la poursuite d’un tueur qui semble reproduire les crimes d’il y a 120 ans !

En 2008, lors de sa diffusion anglaise, cette mini série de 3 fois 60 minutes, rassembla près de 8, 13 millions de téléspectateurs !

3. Ce que j’en ai pensé…

Cela faisait un petit temps que cette série dormait dans mon disque dur, attendant ma retraite prévue dans 35 ans pour être enfin visionnée.

Las, le « mois anglais » sonna le glas pour cette série qui vient de passer à la casserole ! Oui, je me suis enfilée les trois épisodes de la saison 1 d’un coup.

Mini-série, c’est le cas de le dire. Tout comme « Sherlock » de la BBC, une saison, 3 épisodes et terminé ! Sauf que ici, on traque un coupable sur les trois épisodes, tandis que dans « Sherlock », on varie le coupable (hormis avec l’ami Moriarty).

À propos de la série « Sherlock »… En voyant la tête des acteurs de « Whitechapel », j’ai reconnu le chauffeur de taxi, Jefferson Hope, qui jouait dans l’épisode 1 de la saison 1. Phil Davis, de son vrai nom, reconnaissable à ses dents de devant.

Générique… Ça commence fort : une homme dans les ruelles sombres, des coupures de presse semblant dater de 1888, les photos des victimes du tueur de Whitechapel, le très connu nom de « Mitre square » (Catherine Eddowes, la présumée quatrième victime y fut retrouvée)…

Musique entrainante et qui vous fait comprendre que vous n’aurez pas affaire à un film style « Le gendarme de Saint-Tropez ».

Premières minutes de visionnage : Incendie… policiers qui contiennent les curieux et les casseurs, des pompiers en train de circoncire le feu, heu, de circonscrire l’incendie.

Une fliquette rentre chez elle, satisfaite du devoir accompli, une mystérieuse silhouette la suit…

Un râle, sorte de glougloutement, se fait entendre dans le fond de la nuit, ou plutôt, d’une arrière-cour : une femme y est allongée et si elle respire en glougloutant, c’est dû au fait que sa gorge est tranchée.

Appelant les secours, la policière manquera de se faire  une crise cardiaque maison ou des traces de freinages car elle aperçoit une silhouette munie d’un couteau en train de les mater.

Le décor est planté !!

On change de décor pour retrouver un bôgosse bien fringué, genre celui qu’on aimerait croiser au coin d’une ruelle sombre pour le violer… Rien à dire, il a la claaaasse, monsieur Joseph Chandler (Rupert Penry-Jones)…

Le voici nommé à la tête du commissariat de Whitechapel. Il plonge dans le bain de suite puisqu’un meurtre a eu lieu… Oui, la gorge tranchée !

Pas facile pour cet homme de se faire accepter par les autres policiers qu’il aura sous ses ordres, surtout quand on devient blanc devant un corps et qu’on a plus une tête d’un bureaucrate que d’homme de terrain !

Lorsqu’on est un jeune loup plein d’avenir et qu’on tire toute son expérience de ses seules lectures… Oui, on est un bureaucrate ! Hum, pas évident dans ce cas-là.

Le vieux Sergent Ray Miles (Phil Davis) et ses hommes ne vont pas lui simplifier la vie. Eux, se sont des hommes de terrain, des vrais.

Pour corser le tout, môsieur le capitaine Joseph Chandler a des TOC : se lave quatre fois les mains, aligne son bic parallèlement à son GSM, le tout perpendiculaire au méridien de Greenwich, sans doute.

L’avantage des séries anglaises, c’est que les policiers de leurs séries n’ont rien de super flics qui savent tout, genre Gil Grissom (Experts Las Végas), ou la froideur d’un Horatio Caine (Experts Miami).

Non, ici, ils sont humains, avec leurs défauts, leurs qualités. Ils sont mal fringués, ils ont du bide, boivent des boissons sucrées et alcoolisées, mangent des crasses et, horreur, ne doivent se laver qu’une fois tout les premiers dimanches du mois (uniquement les mois de 30 jours) !

Dans leurs locaux, ça y pue le fauve, ça sent le rance et l’oignon sous les bras. Ça rote, ça pète et ça fiche le camp une fois l’heure arrivée.

Alors, quand le patron qu’ils n’aiment pas trop leur gueule dessus pour l’odeur d’écurie, le bordel et la malbouffe, ça n’aide pas les choses !

Quand un ripperologue tente de les convaincre qu’ils sont face à un copycat de l’Éventreur de 1888, les policiers rigolent, surtout quand leur patron croit le ripperologue et leur parle d’un autre Éventreur.

Buchan, le ripperologue est un petit bonhomme pathétique, un vrai spécialiste de l’Éventreur qui fait chaque soir visiter les lieux des meurtres de 1888 à  des touristes. De plus, il a écrit un bouquin sur-documenté que j’aimerais bien avoir. Un homme qui a dédié sa vie à un meurtrier sans être pour autant fasciné par lui. Non, ce qu’il aurait voulu, c’est l’arrêter.

L’avantage pour moi, c’est d’avoir bossé sur les meurtres de 1888 AVANT de voir cette série, ce qui m’a permis d’avoir une longueur d’avance par rapport à un téléspectateur qui n’y connaîtrait rien : dès l’incendie du 31 août, j’avais compris…

Tout est bien respecté dans la série : les meurtres, dont les deux dont on pense qu’ils sont de Jack mais dont on n’est pas sûr – Martha Tabram et Emma Smith – les descriptions des suspects, les lieux (approximatif, certains n’existant plus), le tablier de cuir, la lettre…

C’est vraiment l’enquête de l’Éventreur transposée en 2008 ! Un peu à la manière de « Sherlock » à la BBC.

Le tout sur un tempo qui ne laisse pas beaucoup de place à l’ennui !

D’ailleurs, l’ennui ne sera jamais présent durant mon visionnage de la première saison.

Ça bouge, ça enquête, ça s’engueule, ils partent dans tous les sens, les policiers ne croyant pas au début à un copycat de 1888 et se gaussant du fait que leur jeune patron leur donne à lire des romans parlant du tueur de Whitechapel !

Les fausses pistes se suivent, on arrête un peu tout le monde, on suspecte tout le monde et à la fin, on se prend un coup de pied dans le cul monumental !

Durant tout mon visionnage de la première saison, j’avais vraiment l’impression d’être avec les flics car on s’attache très vite à eux, à leur grande gueule et leurs méthodes un peu borderline. Même les seconds rôles sont réussi, je pense à notre Éventrologue, Edward Buchan.

Malgré tout, ils évolueront tous, certains mettant de l’eau dans leur vin et d’autres en potassant les manuels de science criminelle.

Trois épisodes et une sacré évolution dans les personnages.

Pour moi, cette série est une véritable réussite !

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine et au « Mois anglais III » chez Titine et Lou.

CHALLENGE - Embarquez pour Mois anglais

Jack The Ripper – 13. Reportages

Oups, petit oubli en fin de mon travail de présentation sur Jack l’Éventreur : les vidéos des reportages que j’avais visionné.

Pour celui ou celle, ou ceux qui voudraient « entendre » au lieu de lire, ou qui voudrait avoir moult informations en plus, je leur conseille surtout de visionner le premier reportage posté qui est plus complet et est animé par des historiens et deux auteurs, Sophie Herfort et Stéphane Bourgoin, qui ont tout deux consacré un livre à Jack.

1. « L’ombre d’un doute : Jack L’Éventreur, son vrai visage » (Reportage de France 3)

2. Dossier Shepper « Qui est vraiment Jack l’Éventreur ? » (Reportage de France 5)

Retour à Whitechapel : Michel Moatti

Titre : Retour à Whitechapel                                      big_4

Auteur : Michel Moatti
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
Automne 1941, Amelia Pritlowe est infirmière au London Hospital et tente de survivre aux bombardements de l’armée allemande. Lorsqu’elle reçoit la lettre posthume de son père, elle n’imagine pas qu’elle va devoir affronter un cataclysme personnel tout aussi dévastateur. Sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire comme elle l’a toujours cru.

Sa mère, Mary Jane Kelly, a été la dernière victime de Jack l’Éventreur. Elle avait deux ans. Mue par une incommensurable soif de vengeance, l’infirmière va se lancer dans une traque acharnée.

Elle intègre anonymement la société savante d’experts « ripperologues », la Filebox Society, et va reprendre l’enquête depuis le début, reconstituer les dernières semaines de la vie de sa mère, suivre toutes les pistes et accepter tous les sacrifices pour retrouver celui qui reste encore aujourd’hui une énigme.

En décryptant les documents d’époque, Michel Moatti recompose l’atmosphère nocturne et angoissante de l’East End du XIXe siècle.

En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, il propose une solution à l’énigme posée en 1888 : qui était Jack the Ripper ?

Critique : 
Là, je m’incline devant le roman de monsieur Moatti car il a réussi à mélanger la fiction avec le réel, donnant vie au quartier de Whitechapel et à quelques unes de ses prostituées les plus célèbres !

Nous sommes en 1941 et tout l’Europe est écrasée par les bottes des Boches… Toute ? Non, une île résiste encore et toujours à l’envahisseur, mais est écrasée par les multiples bombes que le cousin Germain lui envoie. C’est le Blitz à Londres et il vaut mieux louvoyer entre les bombes.

Secouant la manche de ma grosse veste remplie de poussière due à l’effondrement d’un bâtiment, je pénétrai au London Hospital afin de faire la connaissance avec Amelia Pritlowe, une infirmière qui, comme moi, tente de survivre aux bombardements du sinistre moustachu.

C’est penchée sur son épaule que j’ai lu, avec elle, la lettre posthume qu’elle venait de recevoir de son père.

Moi, j’avais lu le résumé, donc je savais déjà que cette lettre allait être son petit Hiroshima à elle. Oui, je n’exagère pas… Cette lettre, ce sera son cataclysme personnel, tout aussi dévastateur qu’une bombe de grande puissance qui vous pèterait dans les mains.

Sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire comme elle l’a toujours cru. Que nenni !! Sa maman se prénommait Mary Jane Kelly… Ça vous remet ?? Yes, Mary Jane, la dernière victime de Jack l’Éventreur, celle sur laquelle il  s’était lâché…

Souvenirs ? Néant car elle n’avait que deux ans. Alors, Amelia va retrousser ses manches et mener l’enquête, 53 ans après.

Alors, non seulement l’auteur propose une nouvelle vision de l’identité du meurtrier qui me plaît bien, mais en plus, il a parfaitement mis en scène le tout.

On alterne les chapitres avec l’enquête d’Amélia, prête à toute, même à entrer dans un club de « ripperologues », et les chapitres qui se déroulent en 1888, dans les ruelles sombres de Whitechapel.

« Il y a alors quelque chose de pourri dans l’Empire britannique, et le tueur en série est le nettoyeur fou de sa capitale, comme s’il s’était assigné à lui-même une mission, s’attaquant à des filles de rien pour les précipiter dans le néant ».

L’incendie des docks, le 31 août, nuit de la mort de Mary Ann Nichols s’y trouve, la manifestation des ouvrières de l’usine d’allumettes « Bryan & May » qui ont eu le visage ravagé et dévoré par le phosphore, les femmes qui devaient vendre leur corps pour gagner de quoi boire un coup et dormir dans un asile qui avait tout du taudis… Tout se trouve dedans !

« Douze visages d’horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l’acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore. Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l’émail jauni de dents putréfiées. D’autres n’avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l’avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L’une d’entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un œil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l’orbite voisine ».

Celui qui voudrait en savoir un peu plus sur  l’atmosphère nocturne et angoissante de l’East End de 1888, et bien, il est servi !

Un magnifique travail de reconstitution, comme si on y était, le tout sans ennuyer le lecteur une seule seconde. Les pages ont défilé sur deux jours. Je l’aurais même lu plus vite si je n’avais pas eu d’autres choses sur le feu.

À cause ou grâce au tueur de Whitechapel, les 5 victimes sont passé de l’ombre à la lumière, passant du néant à la postérité pour l’éternité, devenant les prostituées les plus célèbres de l’univers…

« La sauvagerie de ses crimes, le caractère fulgurant de sa « carrière » – il n’a officiellement sévi que quelques mois, d’août à novembre 1888, laissant derrière lui cinq victimes -, l’énigme intacte de son identité font de cet être réel un mythe ».

Grâce à l’auteur, les victimes viennent de revivre une nouvelle fois : leurs personnalités, leurs vies de misère, leurs joies,leurs emmerdes, leurs personnalités sociales et affectives…

Tout est recomposé, sans pathos, sans exagération, le tout formant un roman où le voyeurisme n’est pas invité et où l’enquête que mène Amélia a quelque chose de touchant.

On a même droit à des fac-similés des documents d’enquêtes de l’auteur. Un vrai travail qu’il a accompli là.

Je ne sais pas si sa théorie est bonne, mais la proposition de solution à l’énigme posée de 1888 pourrait être plausible…

Une lecture qui m’a enchanté !

Je vous laisse, je vais me réfugier dans le métro, il pleut des bombes dans ma ville de Londres ! Voici pour vous le mot de la fin…

« L’indifférence est la caractéristique saillante de tous les tueurs en série, qu’ils agissent en solitaire ou en bande, comme lors des génocides. C’est cette indifférence à l’autre qui doit dois retenir de les admirer ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et« Ma PAL fond au soleil » chez metaphore.

Jack The Ripper – 12. Mode opératoire, théories, suspects… [FIN]

POLAR VIC - Jack fond rouge1. Mode opératoire ??

L’animal a eu assez facile pour s’amuser dans la grande plaine de jeu qu’était Whitechapel…

Les crimes eurent lieu pour la plupart dans des lieux publics ou semi-publics, trottoirs ou cours d’immeubles.

Pourquoi ? Parce que à l’époque, on ne faisait pas crac-crac avec une prostipute dans un bordel, comme maintenant, avec des belles vitrines. On n’allait pas non plus à l’hôtel Sofitel ou dans les appartements privés. Que nenni, tout ça a un prix que personne n’avait dans ce quartier.

Non, eux, ils faisaient ça dehors, au grand air, le vent leur rafraichissant les couilles.

À la faveur de la nuit, on tirait son coup vite fait mal fait dans une cour d’immeuble ou dans un passage privé entre deux immeubles, voire même au bout d’une impasse.

Une fois terminé, ces messieurs rentraient leur petit machin, les putes redescendaient leur robes, encaissaient l’argent (6 pences, si le mec partait pas en courant, parfois moins, on a pas vraiment un tarif établi) et « merci au revoir au plaisir, mes amitiés à madame votre rombière ».

Toute les victimes ont été égorgées, vraisemblablement par-derrière (un sodomite ?). Jack ouvrait l’abdomen de la victime, en retirait les viscères (intestins, reins, utérus), pour les disposer ensuite sur le cadavre ou les emporter.

La précision avec laquelle les victimes étaient éviscérées et le fait que les meurtres avaient lieu pendant la nuit, dans des lieux non éclairés, indiquent que le tueur avait des connaissances chirurgicales particulièrement avancées.

Du moins, c’est ce que certains disent !

 POLAR VIC - Jack signature

2. Théories loufoques & coupables potentiels, indices oubliés, littérature sur le sujet :

2.1 Les Indices passés à la trappe :
Suite au double ice-crime du 30 septembre, la police inspecta les lieux à la recherche d’indices ou de témoins.

Vers 3h du matin (j’ai pas vérifié l’heure), un inspecteur nommé Alfred Long découvrit un graffiti inscrit à la craie blanche sur un mur non loin du lieu où Catherine Eddowes avait été assassinée.

Le texte, je vous l’avais noté en haut, était : « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » (Les juifs ne seront pas blâmés pour rien).

Je vous avais expliqué aussi que, afin de ne pas éveiller de mouvements anti-sémites, l’inscription avait immédiatement notée et effacée.

Les ripperologues ont cependant relevé une curieuse corrélation entre la mauvaise orthographe du mot Juwes au lieu de Jews (juifs) et le nom de Jubelum, (apprenti d’Hiram) rencontré dans le livre saint des francs-maçons.

Il en a été déduit que Jack l’Éventreur était soit franc-maçon, soit proche des francs-maçons… Mais là, je ne me prononce pas !! J’y crois pas, de toute façon !

Le foulard rouge… Certains témoins avaient décrit un homme portant un foulard rouge. On a oublié aussi que le foulard pouvait être l’arme du crime pour l’étranglement.

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2.2 Théories et suspects potentiels :

  • Après le meutre d’Annie Chapman, les policiers avaient arrêté un boucher juif du quartier, John Pizer : un morceau de tablier de cuir aurait été retrouvé sur les lieux du crime. Il avait été toutefois établi assez vite que ce morceau de cuir n’avait aucun lien avec le crime. Pizer fut cependant incarcéré pendant deux jours, afin de permettre à la police de le disculper aux yeux de la foule qui voulait le lyncher.
  • Albert Victor, héritier de la couronne d’Angleterre et petit fils de la reine Victoria. Certains ont affirmé que le fils aîné du futur Edouard VII était le tueur. Albert Victor était homosexuel et atteint de la chaude-pisse (syphillis). On le disait fasciné par l’éviscération du gibier durant les parties de chasse et il se serait déchaîne en 1888 sur du gibier humain. Inconvénient ? L’agenda du prince lui fournit un alibi à l’heure de chaque crime.
  • Sir William Gull, le médecin et chirurgien de la reine Victoria (qui avait dans les 70 balais, eu des attaques cardiaques et avait un côté paralysé).
  • Walter Sickert, un peintre et artiste

Ces 3 derniers suspects célèbres ont même fait l’objet de livres et d’adaptations cinématographiques. C’est vous dire leur célébrité !

  • Le Docteur Neill Cream, pour avoir déclaré « Je suis Jack l’… » lors de sa pendaison en 1892, fut longtemps considéré comme le suspect numéro un. Il avait empoisonné quatre prostituées dans le sud de Londres. Il n’a jamais su achever sa phrase puisque le bourreau fit sauter le verrou de la trappe, le privant de la parole et de la vie.

Théorie loufoque puisque, après vérification, ce docteur fou purgeait une peine de prison dans l’Illinois, au États-Unis, au moment où l’Éventreur dépeçait dans les ruelles de Whitechapel.

  • Le mystérieux James Maybrick se faisait passer pour Jack l’éventreur dans son journal intime. Mais les experts ont pu déterminer que le journal ne datait pas de 1888 mais de 1981 ! En 1995, l’ouvrier Barett qui avait déclaré l’avoir trouvé sous une lame de son plancher confessera être l’auteur de ce faux carnet.
  • « L’hypothèse Pedachenko » sortie en 1923 de l’esprit du journaliste William Le Queux qui désignait le médecin russe, Alexander Pedachenko, comme le tueur de Whitechapel. Ce journaliste, qui avait sans doute fumé la moquette, disait que cet obtétricien était habité par des pulsions homicides (moi, le doute m’habite).

Selon lui, il aurait été envoyé à Londres par la police secrète stariste afin de comettre une série de meurtres dans le but de ridiculiser les policiers de la perfide Albion qui accueillait des opposants russes.

  • Francis Tumblety, un Américain… Cet étranger détestait les prostituées, possédait des connaissances médicales et possédait une collection d’organes génitaux féminins (certains collectionnent les timbres ou les papillons…). Il avait le profil, habitait en plein coeur de l’East End et a quitté Londres en décembre 1888.

Arrêté le 19 novembre 1888, Scotland Yard le soupçonnant d’être lié aux meurtres des prostituées, il fut relâché sous caution. Il s’enfuit finalement aux États-Unis ; plusieurs enquêteurs furent lancés à ses trousses, mais Tumblety parvint à disparaître mystérieusement en janvier 1889.

Par la suite, on rapporta des assassinats étrangement semblables à ceux de l’éventreur dans le Far West, ainsi que six horribles meurtres à Managua. Tumblety mourut à Saint Louis, le 28 mai 1903.

Il avait tout du suspect crédible, malgré sa grande taille (1,80m) alors que les rares témoignages de l’époque décrivait un Éventreur comme plus petit, et malgré son âge de 55 ans, âge très élevé pour un tueur en série à « orientation » sexuelle.

Aucun fait avéré ne vient cependant confirmer ou infirmer ces théories. Certains pensent même, aujourd’hui, que la piste de l’expert en anatomie n’est pas la bonne.

Cette idée d’un chirurgien comme coupable était due en grande part au témoignage du docteur Bagster Phillips lors de l’enquête qui a suivi l’assassinat de Annie Chapman, nous explique Stéphane Bourgoin dans son « Livre rouge de Jack l’Éventreur ».

D’après lui, sur cet aspect des meurtres, Phillips est contredit par certains confrères et par divers policiers puisque l’assassin avait été incapable de décapiter Annie Chapman alors qu’il en avait l’intention.

De plus, notre Éventreur avait raté son coup en tranchant la vessie, ratant ainsi son coup et l’endommageant.

Sachant aussi qu’à cette époque, de nombreuses personnes achetaient leurs bêtes vivantes pour les tuer et les dépecer elles-mêmes, il était donc assez facile d’acquérir une certaine pratique dans le maniement dudit couteau.

Comment est-on arrivé à reparler de Francis Tumblety plus de cent ans après (en 1993) ? À cause d’une lettre autographe, datée de 1923 et dûment authentifiée comme étant de la main de John George Littlechild, le chef du département secret de Scotland Yard en 1888. Lettre ressurgie en 1993… et qui a fait reparler de cet homme.

  • Melville Macnaghten : puisque dans une lettre du 19/10/1888, l’expéditeur disait que son motif était la haine et le dépit contre les autorités du Yard depuis qu’il avait été renvoyé du même Yard, l’auteur Sophie Herefort l’a suspecté et réuni ses preuves. En tout cas, cet homme n’aimait pas Warren qui l’avait fait venir des Indes en lui promettant un engagement qu’il n’a pas eu le poste… Poste qu’il obtiendra plus tard puisque c’est lui qui classa le dossier sans suite…

POLAR VIC - Jack from_hell2.3 Littérature :

La littérature s’est bien amusée, tout comme le cinéma, à tenter de résoudre les crimes.

Patricia Cornwell dans son livre « Jack l’éventreur, affaire classée » défend la théorie selon laquelle Walter Sickert serait l’auteur de ces cinq meurtres. Ses œuvres de peinture seraient le reflet de ses crimes.

L’auteure a dépensé 5.000.000$ pour étayer ses théories qui sont assez mal passées dans le milieu des Ripperologues. Ils lui reprochent, notament, d’avoir cherché les faits pour étayer la théorie.

Selon Holmes, on rassemble les faits et ensuite, on établit une théorie, jamais la théorie avant les faits !

De plus, Sickert ayant été incinéré, il n’y a plus d’échantillons d’ADN.

L’argument de ce livre tourne cependant autour d’un faisceau de coïncidences n’ayant pas force de preuve. Elle démontre certes que Sickert est lié à une ou plusieurs lettres écrites au nom de l’éventreur, mais elle ne parvient pas à fournir la preuve irréfutable de sa culpabilité.

Dans son « Livre rouge de Jack l’éventreur », Stéphane Bourgoin tente de décrire objectivement les faits sans chercher à établir l’identité de Jack l’éventreur.

Dans « From Hell », une bande dessinée d’Alan Moore, le coupable serait le médecin royal Sir William Gull, chirurgien de la famille royale.

Si les motivations de ce praticien demeurent aujourd’hui sujettes à controverses (les prostituées auraient été témoins d’un mariage secret – non prouvé – entre le prince Albert d’Angleterre et une jeune roturière catholique ; Gull aurait alors reçu pour mission de les éliminer afin qu’elles ne puissent exercer de chantage sur la famille royale), sa candidature apparaît d’autant plus vraisemblable que les rapports d’autopsie insistent sur la qualité des éviscérations.

Outre le fait que les meurtres furent commis de nuit, dans des lieux obscurs, un chirurgien pouvait avoir assez de connaissances anatomiques pour y procéder. Mais comme j’en parlais plus haut, la théorie du chirurgien à fait long feu ! Hormis en littérature et au cinéma.

Pire que tout : dans « L’ultime défi de Sherlock Holmes », l’auteur, Michael Dibdin, donne comme coupable… Non, je ne vous dirai rien, hormis que la solution est du domaine de l’impossible, mais bon, nous sommes dans de la pure fiction et le roman ne se veut pas une étude sur l’affaire de Whitechapel.

Dans le rayon des livres qui nous parlent de notre Éventreur préféré, il y a (liste non exhaustive !) :

  • Jack l’éventreur : Tom A. Cullen
  • Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet
  • Jack l’éventreur démasqué : Sophie Herfort
  • Le livre rouge de Jack L’éventreur : Stéphane Bourgoin
  • Duel en enfer : Bob Garcia
  • 1888, Jack l’Éventreur et les fantasmes victoriens : Roland Marx
  • Jack l’éventreur, le premier sérial killer : Paul Roland
  • Retour à Whitechapel : Michel Moatti
  • Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur : Ellery Queen
  • Les Damnées de Whitechapel : Peter Watson
  • L’affaire des vierges de glace : Sophie Bellocq-Poulonis
  • Le vrai journal de Jack L’Éventreur (d’après les notes du dr. Watson) : Bob Garcia
  • Le retour de Jack l’Éventreur : Christian Jacq (J.B Livingstone)
  • Les nombreuses morts de Jack l’Éventreur : André-François Ruaud
  • Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K. : Philippe R. Welté

Plus de romans ICI !

Voilà, j’en ai terminé avec les articles sur Jack… Je pourrais encore en dire plus, mais alors, les articles auraient été plus long et je ne le désirais pas.

POLAR VIC - JACK Couteau

CHALLENGE - Embarquez pour Mois anglais

Jack The Ripper – 11. Une légende était née : surnom

1. La légende était née :

Il est un fait que, comparé à d’autres tueurs en série, Jack l’éventreur n’a fait que très peu de victimes.

Seulement cinq et pourtant, on en parle toujours, il fascine certaines personnes, ceux qui étudient ses crimes sont nommés « Ripperologue » et ils sont aussi acharnés que des holmésiens.

Mais pourquoi a-t-il marqué ainsi l’inconscient collectif ? Comment se fait-il que 126 ans plus tard, on en parle encore et qu’il fasse toujours rêver ??

Plusieurs raisons peuvent expliquer sa notoriété :

À l’époque des faits, déjà, ses crimes eurent un écho retentissant dans les médias. Lui, on peut dire qu’il a fait le buzz !

Si une/plusieurs lettre(s) envoyée(s) est bel et bien de lui, on pourra même ajouter qu’il y a eu une utilisation des médias par l’éventreur lui-même ! Vraiment un fait nouveau à l’époque.

Sur les centaines de lettres reçues par les journaux et la police, quelques-unes lui furent attribuées (à tort ou à raison, nul ne le sait) à l’époque et ces lettres ont vraiment contribué à propulser les méfaits du criminel à la une de l’actualité durant plusieurs mois.

Son acharnement sur ses victimes était particulièrement impressionnant : elles étaient égorgées, décapitées ou éventrées. Une violence inouïe.

Le tueur s’est joué de tout et à résisté à tout : aux éventuels témoins, aux badauds, aux voisins, aux comité de vigilance, aux policiers, aux chiens engagés pour tenter de suivre ses traces, même Abberline, pourtant talentueux, d’après ce que j’ai lu, a déclaré forfait !

Scotland Yard échec et mat par un tueur… ça la fou mal et ça aide un tueur à monter sur la plus haute marche du podium ! On a même classé l’affaire en 1892 !! Un criminel insaisissable, ça fait toujours sourire.

L’agilité de Jack l’éventreur a également contribué à sa célébrité… Ni vu, ni connu !

De plus, toute cette affaire s’est achevée sur le silence et le mystère. Comme si Jack s’était dissout, tel un cachet d’aspirine dans un verre d’eau.

Cela a aussi contribué à ce que ces meurtres entrent dans les annales et laissent une telle trace dans l’imaginaire collectif.

Les spéculations, qui n’ont jamais cessé depuis le premier jour, continuent à susciter l’intérêt.

Et on spécule plus sur son identité qu’en Bourse !

2. Son surnom «  Jack The Ripper »

— Examen surprise ! Prenez vos feuilles et répondez à la question, tous et toutes, même les deux qui dorment dans le fond de la classe !!

— D’où vient son surnom ?? Oui, les lettres !! Mais laquelle ??

« Dear Boss » bravo aux fayots du premier rang ! Mais encore ?? La « Saucy Jack », bravo !!

Mais comme je vous l’expliquais dans le paragraphe consacré aux lettre reçues par la police, la Central News Agency et le comité de vigilance, RIEN n’atteste que le surnom de « Jack The Ripper » provienne du criminel lui-même !!

Il se prénommait peut-être Théodore…

Petit rappel qui ne fait pas de mal : ce surnom qui fut retenu par l’Histoire trouvait son origine dans la fameuse lettre appelée « Dear Boss », reçue le 27 septembre 1888 par la Central News Agency (suivez, bon sang !).

Bien qu’elle n’ait jamais été authentifiée comme étant « de la main du tueur », elle était néanmoins signée « Jack The Ripper ».

Si le pseudonyme « Jack the Ripper » est resté et a acquis ses lettres de noblesse, c’est surtout dû au fait que Scotland Yard avait reproduit cette lettre dans les journaux en espérant que quelqu’un reconnaîtrait l’écriture et permettrait ainsi d’identifier l’assassin.

Personne n’a reconnu l’écriture, mais le surnom lui a collé à la peau et lui collera encore longtemps.

3. Des autres victimes possibles ??

Plusieurs autres femmes furent agressées ou assassinées pendant la période où sévit Jack l’éventreur. Certains de ces crimes lui sont parfois attribués :

  • Annie Millwood, née en 1850, victime d’une agression le 25 février 1888, entraînant son hospitalisation pour de nombreuses blessures dans les jambes et le corps. Elle quitta l’hôpital et décéda de mort naturelle, le 3 mars 1888.
  • Ada Wilson, victime d’une agression survenue le 28 mars 1888, à laquelle elle survécut.
  • Martha Tabram (née Martha White, également connue sous le nom de Emma Turner), née le 10 mai 1849 et assassinée le 7 août 1888. Son corps fut retrouvé lardé de 39 coups de couteau.

Elle est considérée par certains comme une victime possible de Jack l’éventreur, compte tenu du lieu et de la date de sa mort.

Ce cas présente toutefois un modus operandi fort différent des autres : ni égorgée ni dépecée, Martha Tabram fut seulement poignardée.

  • Elizabeth Jackson, une prostituée dont le corps fut retrouvé morcelé dans la Tamise entre le 31 mai et le 25 juin 1889.

Jack The Ripper – 10. Cinquième victime : Mary Jane Kelly

Novembre… Tout Londres est en émoi car ce 9, on  fêtait le Lord Mayor’s Show, une manifestation importante durant laquelle le futur maire prenait place dans son bureau, avec or et apparats. Les gens étaient nombreux dans les rues.

Il y avait aussi la fête l’anniversaire du Prince de Galles.

Tout Londres est en émoi ?? Non, pas partout…

Pendant qu’on lui découpe son gâteau d’anniversaire, à ce prince de Galles, au 13 Miller’s Court, c’est une toute autre affaire qui se déroule.

Une chose horrible qui marquera l’opinion et fera du bruit, provoquant la démission du directeur Sir Charles Warren !

Enfin, il est dit qu’il avait déjà donné sa démission, mais l’affaire était restée secrète.

Mary Jane Kelly a 25 ans et c’est une jolie blonde. Ravissante, selon les dires de l’époque. Il paraîtrait qu’elle aurait exercé d’abord dans une maison close de luxe à Londres (non, pas chez Dodo La Saumure) et certains disent même qu’elle aurait été demi-mondaine à Paris.

Au moment de son décès, elle n’avait plus payé son loyer depuis plusieurs semaines et son amant, Joe Barnett, était au chômage (pour certains, ils étaient encore ensemble, pour d’autres, non, c’est « Daaallaaasss » cette histoire).

Voilà pourquoi elle avait dû retourner faire le tapin à Whitechapel : pour survivre.

Les gens la décrivaient comme une jeune femme gentille avec tout le monde. Une amie ajouta qu’elle devenait grossière lorsqu’elle était saoule, mais qu’elle était adorable et honnête lorsqu’elle était sobre.

Une prostituée de ma connaissance m’a dit qu’elle l’avait vue sortir au bras d’un homme imposant à moustache rousse. Ses voisins m’ont assurés qu’à 1h du matin, on l’entendait rire et chanter et qu’il y avait de la lumière.

9h du matin, le proprio, John McCarthy, en attente de son fric, envoie Thomas Bowyer, un petit commissionnaire (apprenti chez certains) réclamer à Mary Jane le loyer qu’elle lui doit.

N’obtenant pas de réponse lorsqu’il frappa à la porte et vu que cette dernière était verrouillé, le gamin, assez dégourdi et souple, monta sur une poubelle et passa sa tête par la lucarne.

La curiosité est un vilain défaut et il en fera l’amère expérience à ses dépends : il partit en hurlant.

Quelqu’un m’a dit aussi qu’un carreau était cassé chez Mary Jane et que le gamin avait zieuté par le trou… En tout cas, ce qu’il vit lui fit courir ventre à terre prévenir John McCarthy qui alla vérifier à son tour que son apprenti n’avait pas de problèmes de vision.

Tout deux se rendirent alors au poste de police de Commercial Street pour tout expliquer à l’inspecteur Beck.

Ni une, ni deux, ils se rendirent tous au 13 Miller’s Court, l’inspecteur regarda par la fenêtre et, dans la semi-obscurité, il aperçu un corps affreusement mutilé.

Beck prévint son supérieur, qui arriva rapidement sur les lieux et fit mander le médecin de la police, le Dr George Bagster Phillips.

L’inspecteur Abberline arriva peu après. Ils attendirent que le préfet de police, Sir Charles Warren, arrive à son tour… mais celui-ci venait juste de démissionner officiellement.

Ils ouvrirent la porte et pénétrèrent dans une petite chambre à peine meublée.

Le corps de la jeune Mary Kelly était allongé sur le lit, les jambes écartées, le corps en charpie. Elle avait été égorgée, le tueur avait coupé sa carotide.

Notre Jack avait opéré dans un lieu clos, avec toute la nuit devant lui et le résultat est là sous nos yeux : un chef-d’œuvre de monstruosité ! Genre étal de boucher fou….

Les mutilations avaient eu lieu après sa mort. Malgré tout, la férocité de ce meurtre horrifia le docteur Phillips, pourtant expérimenté.

[Attention, descriptions dégueu]

C’était Jack Le Dépeceur, ce 9 novembre !  Mary Jane Kelly était nue. Son abdomen et l’intérieur de ses cuisses avaient été enlevés et la cavité abdominale avait été vidée de ses viscères.

L’utérus, les reins et un des seins se retrouvèrent sous la tête de Mary Jane, son autre sein était près de son pied droit (me demandez pas ce qu’il foutait là !). Mary Jane a terminé quasiment démembrée.

Le foie est entre ses pieds, les intestins placés à la droite du corps, la rate à gauche… Le cœur… ?? Il est où le cœur ? Ben, il n’est plus là ! Trophée emporté ?? Une autre recette digne des plus grands maîtres queux ?

L’autopsie fut menée par le Docteur Bond, en présence des Docteurs Phillips et Brown. C’est en tentant de reconstituer le puzzle « mille pièces » qu’était le corps de Mary Kelly, qu’ils réalisèrent que le tueur avait emmené le cœur.

Les médecins affirmèrent que les mutilations avaient été effectuées avec un couteau très aiguisé, d’environ 15 cm de long.

Le Dr Phillips estima que Mary Kelly avait dû être assassinée entre 5 et 6 heures du matin.

Extrait du rapport du légiste :

« Le corps est allongé au milieu du lit, les épaules à plat, mais l’axe du corps est légèrement incliné vers le côté gauche, la tête tournée sur la joue gauche ».

« Le bras gauche se trouve le long du corps, avec l’avant bras replié à angle droit et reposant en travers de l’abdomen. Le bras droit, quelque peu détaché du corps, se trouve sur le matelas, tandis que l’avant bras, posé sur l’abdomen, laisse apercevoir les doigts serrés ».

« Les jambes sont largement écartées, la cuisse gauche formant un angle droit avec le tronc, tandis que la cuisse droite dessine un angle obtus avec le pubis ».

« Toute la surface extérieure de l’abdomen et des cuisses a été arrachée, alors que les viscères ont été retirés de la cavité abdominale ».

« Les seins sont coupés à leur base, les bras mutilés de nombreux coups de couteau irréguliers, et le visage est totalement méconnaissable. Les tissus du cou ont été sectionnés jusqu’à l’os ».

« Les viscères ont été éparpillées un peu partout : l’utérus, les reins et un sein se trouvent sous la tête ; l’autre sein, près du pied droit ; le foie, entre les pieds ; les intestins, à la droite du corps ; la rate à la gauche du corps ; des lambeaux de chair de l’abdomen et des cuisses ont été empilés sur une table ; le cœur a été retiré et n’a pas été retrouvé ».

[Fin des descriptions insoutenables]

D’après mes amis médecins de l’époque, deux bonnes heures furent nécessaires pour accomplir ce travail de mutilations (j’en ai mis 2h30 moi, mais je suis un peu faible ces derniers jours).

À cette époque, on ne flashouillait pas les scènes de crimes comme dans « CSI Las Vegas » et pas de Horatio Caine pour enlever ses lunettes devant la beauté de la scène. Mais, tout de même, les corps des victimes ont été photographié pour la postérité.

Quand à tous nos charcutages, découpages, éviscérations et éventrations en tout genre, tout a été soigneusement consignés dans des rapports.

Le meurtre horrible de Mary Kelly enflamma les esprits et engendra à nouveau la panique dans les rues de Whitechapel, qui furent une fois de plus désertées la nuit.

La police travailla d’arrache-pied. Chaque piste fut suivie, chaque suspect fut longuement interrogé. Mais les enquêteurs n’obtinrent aucun résultat probant et furent fortement critiqués.

Le « Times » fut plus compréhensif. Il expliqua que les meurtres étaient accomplis avec « une perfection qui déroute les enquêteurs« .

Aucun indice probant n’était laissé par le tueur et aucun mobile rationnel ne pouvait être trouvé pour ces meurtres horribles.

Ensuite, ce fut terminé pour l’ami Jack ! Plus personne n’entendit parler de lui, comme s’il s’était évaporé, repartit sur sa planète… Est-il mort ?? A-t-il décidé de prendre sa retraite ?

La démission de Sir Charles Warren était-il ce qu’il désirait puisqu’on n’entendit plus parler de lui dès que le départ du préfet fut annoncé ??

On ne le saura sans doute jamais, mais ce tueur avait marqué de son empreinte le XIXème siècle et les suivants aussi, puisqu’on en parle encore !

En tout cas, c’est malheureux de le dire, mais les meurtres de l’Éventreur eurent des conséquences positives pour l’East End.

Comme l’explique Stéphane Bourgoin dans « Le livre rouge de Jack l’Éventreur » : « Les forfaits servirent de catalyseurs pour unifier l’action des réformateurs de tous bords, grâce à la pression de l’opinion publique, horrifiée des descriptions contenues dans la presse sur la vie de Whitechapel« .

Les rues, d’habitude si sombres que l’on y voyait quasiment rien, furent beaucoup mieux éclairées par de nouveaux lampadaires.

La reine Victoria était furieuse à cause des crimes et avait ordonné au Premier Ministre de doter chaque rue d’un éclairage public et d’améliorer la formation des policiers.

Les taudis sordides furent démolis à partir de 1889 et des logements neufs furent reconstruits.

Les enfants orphelins ne furent plus laissés à la rue et l’on vota des lois pour qu’ils soient protégés.

Cette affaire mis aussi en avant la dualité de Londres, son côté bi (dualité du monde, aussi) : d’un côté, les splendeurs, les marbres, la richesse et de l’autre, la boue du caniveau !

Toutefois, l’East End resta encore un quartier pauvre et dangereux durant des décennies.

Mais, last but not least, en précipitant 5 prostituées dans la tombe, il fit d’elles les prostituées les plus connue au monde !

En les tuant, il leur a offert une existence immortelle puisqu’on parle toujours d’elles alors qu’on ne connait pas les noms des autres pauvres femmes qui arpentaient le bitume à cette époque là, pour gagner quelques pences.

Jack The Ripper – 9.2 Mais que fout la police ??? [PART III et fin]

Dans l’East End, la peur s’était intensifiée et durant la semaine qui suivit le double meurtre, les rues de Whitechapel furent quasiment désertées à la tombée de la nuit.

Les prostituées évitèrent de rester dehors, autant qu’elles le pouvaient, se logeant dans des asiles de pauvres ou dans leur famille. Les Londoniens évitaient le quartier et les commerçants virent peu de clients.

La peur fait adopter des comportements stupides, parce que depuis les meurtres, les rues n’avaient jamais été aussi sûres ! Tout le monde était en état d’alerte et de nombreux policiers, qu’ils soient en civil ou en uniforme, patrouillaient jour et nuit.

De plus, le « Comité de Vigilance de Mile End » employait des hommes, équipés de sifflet et de gourdin, pour sillonner les rues après minuit.

Un policier s’habilla même en femme et se fit passer pour une prostituée, essayant d’attirer le tueur. Il s’attira surtout les quolibets des habitants du quartier…

La police visita les asiles de nuit et interrogea plus de 2000 logeurs.

Plus de 80 000 prospectus furent imprimés et distribués, demandant à d’éventuels témoins du double meurtre de s’adresser au poste de police le plus proche.

76 bouchers et équarrisseurs furent interrogés, ainsi que leurs employés.

La police interrogea aussi les marins qui travaillaient sur la Tamise.

Des chiens policiers furent déployés dans le quartier, mais on ne possédait pas d’objet ayant appartenu au tueur que les chiens auraient pu renifler. Et puis, les odeurs putrides de Whitechapel perturbèrent l’odorat des chiens.

Durant tout le mois d’octobre, toute la ville respira car aucun meurtre sauvage ne vient entamer sa quiétude et répandre le sang dans les ruelles sombres et sordides.

L’Éventreur aurait-il prit sa retraite anticipée ? Serait-il mort ? En aurait-il eu marre ? Indigestion provoquée suite à l’ingestion d’un rein frit ?

Que nenni ! L’homme aiguisait son couteau, tout simplement…

À suivre avec le meurtre atroce de Mary Jane Kelly…

CHALLENGE - Embarquez pour Mois anglais

Jack The Ripper – 9.1 Mais que fout la police ??? [Part II]

On ne leur taillera pas trop de costumes, ils ont tout de même réunis quelques indices durant les autopsies et quelques témoignages… qui embrouillent plus qu’ils n’éclairent !

Pour Elizabeth Stride, le Dr Blackwell expliqua que le tueur devait être quelqu’un « habitué à utiliser un lourd couteau« . Il semble qu’Elizabeth n’a pas été étranglée avant d’être égorgée, et le couteau était plus large et moins pointu.

De plus, de nombreux témoins contactèrent la police pour expliquer qu’ils avaient vu « Liz » juste avant sa mort.

L’agent de police William Smith, qui avait fait sa ronde près de Berner Street et avait vu Liz parler avec un homme vers minuit et demi, peu avant son meurtre.

Il le décrit comme un homme « d’environ 28 ans » qui portait un « chapeau de chasse sombre et un manteau noir, une chemise blanche et une cravate« . Il avait un paquet dans les mains et avait « l’air respectable« .

Un autre témoin, Israël Schwartz, expliqua à l’inspecteur Swanson qu’à 00h45, il avait vu un homme s’arrêter et parler à une femme qui se tenait debout devant la cour.

L’homme avait essayé de tirer la femme en direction de la cour, mais elle avait résisté et il l’avait jetée à terre. Elle avait crié, mais pas vraiment fort. Croyant assister à une dispute, Schwartz s’était éloigné.

De l’autre côté de la rue, il avait vu un homme sortir d’un pub. Cet homme ou celui qui avait tiré la femme vers la cour avait crié « Lipski ! » (Israël Lipski était un Juif qui avait empoisonné une jeune anglaise en 1887 et son nom était depuis utilisé pour insulter les Juifs).

Schwartz, Juif lui-même, avait pris peur et s’était enfui. Il avait eu l’impression que l’homme du pub l’avait suivi.

Schwartz identifia le corps de Liz comme celui de la femme qu’il avait vue jetée à terre, puis décrivit l’homme qui l’avait poussée : environ 30 ans, environ 1m65, cheveux bruns, moustache, vêtu de noir, une casquette noire à visière, rien dans ses mains. L’homme du pub avait environ 35 ans, 1m80, des cheveux châtains, une moustache, un manteau sombre, un chapeau noir à bords larges.

La police prit les témoignages de Smith et de Schwartz très au sérieux.

Deux autres témoins apparurent peu après. William Marshall vivait au 64, Berner Street et s’était tenu non loin du lieu du meurtre vers 23h45, plus d’une heure avant le meurtre.

Il avait vu Liz discuter avec un homme d’âge moyen, portant une casquette à visière assez courte « comme un marin« , plutôt corpulent, de taille moyenne, habillé comme un employé de bureau avec une veste noire et qui parlait « comme un homme éduqué« .

Malheureusement, Marshall n’avait pu voir le visage de l’homme. Liz avait très bien pu parler à un autre homme que son assassin, une heure avant le meurtre.

Un dénommé James Brown contacta la police pour annoncer qu’il avait vu Liz vers 00h45, quelques minutes avant sa mort.

Brown avait estimé l’heure plutôt que d’en être sûr : il n’avait pas de montre.

Lorsqu’il avait atteint l’intersection de Berner et de Fairclough Street, il avait vu Liz parler à un homme. Brown avait entendu Liz dire : « Pas ce soir, un autre soir« . L’homme était assez grand et portait un long manteau sombre.

Ces témoignages n’aidèrent malheureusement pas la police à trouver un suspect. D’ailleurs, ils le cherchent toujours !!

Pour Catherine Eddowes, 4ème victime, l’autopsie [âmes sensibles, fichez le camp] révéla que l’abdomen avait été ouvert et les intestins détachés. Le rein gauche, comme nous le savons, avait été prélevé avec soin, sans être abîmé.

L’utérus avait été coupé horizontalement et presque entièrement enlevé, alors que le vagin et le col de l’utérus n’avaient pas été endommagés.

Le foie, l’aine, le pancréas avaient été tranchés. Selon le Dr Brown, le médecin légiste, le meurtrier avait utilisé un couteau très aiguisé d’environ 15cm de long.

Il ajouta : « L’instigateur de cet acte devait avoir une grande connaissance anatomique, pour réussir à retirer le rein et connaître sa position. De telles compétences peuvent être acquises par quelqu’un habitué à tuer des animaux… Il a fallu au moins cinq minutes pour perpétrer ces mutilations« .

Le visage de Kate était mutilé au niveau des yeux, une partie du nez avait été coupé, ainsi que le lobe de son oreille droite.

[Revenez maintenant ! Le rapport d’autopsie est terminé]

Niveau témoins, Joseph Lawende vint expliquer qu’il avait vu un couple discuter dans Church Passage, près de Mitre Square. Lawende reconnut les vêtements de Kate.

L’homme qui parlait avec elle avait environ 30 ans, était de taille moyenne, vêtue d’un manteau gris, arborait une petite moustache claire et portait un une casquette à visière grise ainsi qu’un foulard. A peine 10mn plus tard, Kate était assassinée.

Sérieusement, arriver à tirer le portrait de ce type va être coton !!

Si ça se trouve, de tous ces hommes décrits, il n’y avait peut-être même pas le tueur, mais juste des clients potentiels ou autre…

À suivre… « Mais que fou la police – part III »