Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1957 / 1986)

Résumé :
Sur le territoire des Indiens Utes, une famille de pionniers est massacrée. Jerry Spring et Pancho découvrent les corps criblés de flèches et préviennent le shérif de la ville voisine.

Tous trois se rendent à la réserve indienne pour enquêter, mais le chef Long-Cri leur certifie que les Utes ont définitivement enterré la hache de guerre et que ses guerriers n’ont attaqué aucun visage pâle depuis des années.

Le shérif est sceptique, tout comme ses concitoyens qui souhaitent organiser des représailles et parlent de « casser de l’Indien » comme au bon vieux temps, avant la signature des traités et la création de la réserve.

Lorsqu’une nouvelle victime est découverte, blessée d’une flèche dans le dos, le shérif propose d’organiser une patrouille pour battre la campagne, à la recherche des assassins.

Critique :
Avant, lorsque tu passais la Passe des Indiens, tu y trépassais car ces derniers transformaient tout les Blancs en pelote d’épingles, mais avec des flèches au lieu d’épingles.

Ça fait beaucoup plus mal et bien souvent, ça tuait catégoriquement.

Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça. Tout est pacifié, on a fumé le calumet de la paix et c’est terminé de flécher les colons.

Ah ben tiens, non… Apparemment, les Indiens ont ressorti les flèches et ce n’est pas pour vous indiquer le meilleure route à suivre, sauf si c’est celle du paradis…

Mais dites-moi, ça ne puerait pas un peu, cette histoire de gens criblés de flèches ?? N’y aurait-il pas, un jour, un sale moustachu qui aurait fait de même, habillant ses soldats allemands en soldats polonais pour attaquer des allemands ?

D’accord, c’était bien après ces événements, mais le truc est vieux comme le monde, toujours d’actualité et il a beau avoir de la barbe tant il est éculé, ça marche toujours, les gens étant prompt à sauter sur l’occasion de casser de l’Indien en guise de vengeance, ou juste pour le plaisir d’en casser.

EDIT : vous pouvez remplacer le mot « Indien » par celui d’un autre peuple, religion, gens du voyage… ça marche à tous les coups.

Au moment où j’écrivais cette phrase, les Poppies se sont mis à chanter dans ma tête que ♫ Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué, héhé ♪

À défaut d’Amérindiens, de nos jours, on s’attaque à d’autres, comme je vous le disais plus haut (il faut enfoncer le clou pour ceux qui n’auraient pas compris ou ne voudrait pas comprendre qu’on se fait encore berner à l’heure actuelle).

Dormez-en paix, braves gens, Jerry Spring est là pour résoudre cette affaire et fesser les vilains Méchants, même si sa tâche ne sera pas facile, toute la ville ayant envie d’aller tirer sur des Indiens comme d’autres iraient tirer aux pigeons d’argile.

Le scénario nous plonge dans le racisme primaire, dans la peur des autres, plus précisément, de l’autre et l’auteur ne tombe pas dans le piège de ne mettre les échauffés du cerveau uniquement chez les Blancs car les jeunes guerriers de Long-Cri veulent aussi venger leur honneur et ne pas se laisser faire une fois de plus.

L’auteur en profite aussi pour quelques tacles assassins sur les traités jamais respectés par l’Homme Blanc, par le fait qu’il laisse crever les Indiens de faim sur leurs réserves et que ces derniers ne peuvent même plus chasser pour subvenir à leurs besoins.

Jerry Spring, tel un Sherlock Holmes juché sur son cheval, va démêler ce sac de nœud, faire face à des lâches qui attaquent dans le dos (des deux côtés), de ceux qui ont le cerveau bouillonnant et  une multitude de personnes qui ont envie d’en découdre avec ceux d’en face.

Un scénario avec de la recherche, de la profondeur et un Sancho Watson très perspicace et observateur.

Un bon tome que celui-ci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°65, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne : Jijé & Philip

Titre : Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne

Scénariste : Philip
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1987)

Résumé :
Pas de chance, Jerry et Pancho… Ils se sont fait voler leurs montures et leurs armes dans un petit désert près de Puerto Penasco, au Mexique.

Sauvés de la mort certaine par un « peone » de passage, conduits en ville, ils retrouvent les auteurs.

Désarmés, ils parviennent à régler leurs comptes grâce à l’aide d’une jeune femme qui les engage pour une mission : ravitailler un camps de prospecteurs dirigé par son mari.

Le voyage dure plusieurs jours. Mais le lourd chariot bâché attise la convoitise d’un parti d’Apaches. L’attaque est lancée.

Critique :
Une fois de plus, on demande à Jerry Spring de transporter de la marchandise, mais ce ne sont pas des machines à coudre (voir Trafic d’armes) mais du ravitaillement pour un camp de prospecteur.

Pancho et Jerry seront accompagnés par l’épouse du prospecteur, la belle señora Juanita Muños pour un voyage qui ne sera pas de tout repos.

Pas le temps de souffler, dans cet album aux multiples rebondissements et bourré de bons sentiments et de mise en garde pour le brave lecteur.

L’esclavage, ce n’est pas bien, la cupidité non plus, les Indiens sont des Humains comme les autres et même s’ils t’attaquent dans le but de te tuer, si tu gagnes, tu les laisse reprendre leurs blessés et tu laisses aussi la vie sauve aux deux salopards qui t’ont dépouillé dans le désert au début de l’album et qui ont tenté de te tuer ensuite.

Jerry Spring, c’est un boy-scout. Parfois même un peu trop à mon goût, trop lisse, trop gentil, trop vas-en-paix, mon ennemi.

Si dans les Lucky-Luke ça passe mieux, c’est surtout parce que l’homme qui tire plus vite que son ombre appartient au registre « comique » là où Jerry Spring s’inscrit plus dans un registre réaliste (déjà de par ses dessins) et par des méchants plus sérieusement méchants que ceux de l’univers de Morris.

Ici, on peut mourir ! Pas les gentils, mais les vilains, oui. Bon, Jerry a été gentil avec les Indiens qui voulaient les tuer et capturer la sqaw blanche, mais le fait d’avoir épargné les blessés sera payant. On est dans de la bédé.

Là où on sent le côté moralisateur, c’est dans le final où tous les prospecteurs d’or, en fuite, se battront pour leur paquet de poudre jaune. L’album étant sorti en 1987, la censure a dû moins tiquer qu’elle ne l’aurait fait 20 ans plus tôt et je ne pense pas qu’elle ait demandé à Jijé de changer son final horrible comme Mitaq dû le faire avec un de ses albums (La patrouille des Castors – Tome 7 – Le Secret des monts tabou).

Moralisateur, affreux, mais réaliste quand on connait l’Humain et sa cupidité légendaire, sans oublier tout ce qu’on est capable de faire pour de l’or. Ou pour des pots de Nutella… Même si on n’en arrive pas à cette extrémité là.

Un album correct, pas d’ennui en vue, du rythme, de l’action, des retournements de situations, des aventures comme il ne nous en arriverait pas en 10 vies et un Jerry Spring au faîte de sa forme. Pancho aussi.

PS : au début de l’album, nos amis se sont fait voler leur affaire et errent dans le désert, sous le soleil. Jerry Spring n’a pas son beau et fier destrier, Ruby. Bizarre qu’un homme ait pu voler son cheval, dans tous les autres albums, c’est impossible. Sauvés, ils retrouvent les voleurs et exigent, en priorité, leurs armes… Pas leurs chevaux (Ruby et Chiquito) ? Bon, ils récupèrent leurs affaires, on ne parle pas des chevaux et quelques jours plus tard, Jerry a son fidèle Ruby à ses côtés… Il y a eu une ellipse faramineuse, là ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°61, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1965 / 1980)

Résumé :
La cavalerie manquant de chevaux, le commandant du fort charge Jerry Spring et un certain Jim Barret d’aller capturer des chevaux sauvages dans le Montana et le Wyoming.

« Les Broncos du Montana » est la dix-septième histoire de la série Jerry Spring de Jijé. Elle est publiée pour la première fois du no 1322 au no 1343 du journal Spirou. Puis est publiée sous forme d’album en 1965.

Critique :
Jerry Spring est un homme courageux, loyal, non raciste, qui ne connait pas la haine, ni l’envie, ni la jalousie, qui est intègre et qui n’a qu’une parole.

Alors, quand il s’engage auprès du commandant du fort à prospecter les chevaux sauvages au Wyoming et à laisser le Montana à Jim Barret, il n’a qu’une seule parole et n’ira pas tenter de capturer les chevaux sauvages au Montana, même si c’est là qu’ils sont.

Pas de bol, sans le savoir, c’est son ami Pancho qui trahira la parole faite par Jerry à ce mal élevé de Barret car notre gros moustachu préféré va aller chasser les hardes de broncos avec les Dakotas.

Ce que j’apprécie dans ce tome et dans les autres de la saga, ce sont avant tout les dessins, très réalistes, avec des chevaux bien esquissés.

Évidemment, ici, les Méchants sont des vilains pas beaux et finissent toujours mal, alors que les gentils, eux, gagnent toujours, sont pétries de bons sentiments et de toutes les vertus.

Malgré ça, j’apprécie toujours relire ma collection de Jerry Spring parce que ça fait du bien de voir un univers où le méchant perd et le gentil gagne. Où certaines personnes n’ont qu’une parole, sont sans haine, sans animosité, respectant les autres peuples et leurs coutumes.

On a de l’action, une chasse au cheval sauvage, des Indiens mis en évidence, mais pas dans le mauvais rôle, car c’est plutôt le Visage-Pâle qui est montré sous son mauvais jour, qui est aussi celui de tous les jours, sans forcer le trait.

On pourrait penser que ça a mal vieilli, une personne qui découvrirait la collection de nos jours le penserait sans doute, mais de mon côté, je trouve que non, même si la saga ne correspond plus à la réalité que l’on mettrait en scène de nos jours.

N’oublions pas que cette série passait dans le journal Spirou et que Monsieur Dupuis, le directeur de la maison d’édition et de l’hebdo, était plus catho que le pape. En ce temps-là, il ne fallait pas troubler les lecteurs.

Ça reste de bonne facture et ça fait du bien au cerveau quand il est surchargé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°56, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 2 – Yucca ranch : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 2 – Yucca ranch                      big_2

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé
Édition : Dupuis (1955)

Résumé :
Martha Fenton a été enlevée et son père n’a d’autre recours que de vendre le ranch familial pour payer la rançon exigée par les ravisseurs.

Ainsi dépossédés, il ne reste donc plus pour eux d’autre choix que de partir vers la Californie.

Au cours de ce périlleux voyage, accompagnés de Jerry, ils devront traverser les territoires de tribus indiennes sur le pied de guerre. Avant peut-être de pouvoir récupérer leur bien…

Critique : 
Pancho s’emmerdait sans son copain Jerry, alors, il s’est lancé à sa poursuite. Si son cheval n’avait pas mis le pied dans un terrier, se faisant ainsi une entorse, jamais ils n’auraient vécu cette aventure !

Quoi de mieux qu’une jeune fille enlevée contre rançon ? Afin de la délivrer, le père devra se résoudre à vendre le « Yucca Ranch »…

Mais Jerry Spring est un petit Sherlock Holmes en herbe et lui, il a retrouvé la fille, la sauvant même des griffes des méchants qui ne comptaient pas le rendre !

Dommage que dès le départ nous ayons une indication sur l’instigateur de tout cela… La fille valait-elle un tel prix ? Non, mais elle avait trouvé du pétrole sur les terres du ranch…

L’auteur se trouvant sans doute à court d’histoire une fois que la belle fut délivrée et le ranch vendu, il nous entraine alors dans un récit assez mouvementé jusqu’en Californie, Pancho et Jerry étant les guides de la petite caravane composée du père, de la fille, du fils et du beau-frère.

Niveau personnages, ils sont conventionnels, à savoir que les bandits sont de vrais bandits et les bons, de vrais « bons », même pas un peu « brute » et encore moins « truands » !

Un album qui ne casse pas trois pattes à un canard mais qui est agréable à lire car on ne s’ennuie pas, on se fait poursuivre par des indiens Kiowas, ensuite des Navajos et au final, on résout toute l’affaire en arrêtant le méchant, qui, une fois de plus, se confesse en regrettant tout alors qu’il à l’article de la mort…

Comme dans l’album précédent, très moralisateur pour les jeunes lecteurs, faisant passer le message que « les bandits, c’est pas des gentils, en plus, ils se trahissent l’un l’autre ! ».

Challenge « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur, « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2014), « Polar Historique » de Sharon et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.