Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise : Jul & Achdé

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (04/11/2016)

Résumé :
« Jack la poisse » a un service à demander à son ami Lucky Luke : que celui-ci escorte sa famille de Saint-Louis à Chelm City. La petite troupe quitte la misère de la Pologne pour conquérir sa part du rêve américain.

Bien que le périple doive s’étirer sur 4500 kilomètres, traverser un désert et un territoire indien, le cow-boy justicier accepte sans sourciller.

Jack, dont le véritable patronyme est Jacob Stern, est bien soulagé de ne pas avoir à révéler à ses proches qu’il n’est pas avocat à New York, mais garçon vacher dans le Middle-West.

La mission s’annonce simple et sans encombre. Mais c’est compter sans le fait que Moïshé, Rachel, Hanna et Yankel sont juifs, et que la pratique quotidienne de leur religion est souvent incompatible avec la vie dans l’Ouest sauvage.

Critique :
Je ne pense pas qu’il serait possible, de nos jours, de refaire un film tel que « Rabbi Jacob » et donc, le pari de faire rire avec le judaïsme et l’immigration était un pari osé pour les auteurs.

Rien que pour cela, je saluerai l’idée et la prise de risques, sans compter que les auteurs ont été drôles sans jamais être irrespectueux.

Le judaïsme est décrit dans ses grandes longueurs, dans ce que l’on connait le plus, mais sans jamais être condescendant ou moqueur.

La famille juive des Stern est accompagnée de Lucky Luke comme escorte et c’est tout naturellement qu’ils lui expliquent pourquoi ils ne peuvent pas manger certains aliments ou voyager la nuit de vendredi à samedi.

Si l’humour est présent, c’est hélas par des clins d’oeils à un film connu (Rabbi Jacob) où les auteurs empruntent des répliques célèbres ou alors, des clins d’oeils à d’autre film, comme Star Wars, mais point de calembour maison, comme le faisait le regretté Goscinny, même si Morris ne lui laissait pas trop en faire.

[Lucky Luke] — Quel rêve épouvantable ! Je crois que je ne digère pas la carpe farcie…
[Jolly Jumper] — Méfie-toi du côté obscur de la farce, Luke !

— Comment ? Lucky Luke, vous n’êtes pas juif ?!
— Ben non.
— Lucky Luke n’est pas juif…Ça alors ? Et votre cheval non plus n’est pas juif ?
— Lui non plus, hélas…
— Bon ben, c’est pas grave ! Je vous prend quand même !

Alors oui, on sourit, mais j’aurais préféré des nouveautés, sans pour autant renier les connues, mais bon, on est loin des « Ming Li Foo est voué à la propreté, il vient d’essuyer des coups de feu ! » qui dans le genre, était tout à fait innovant.

Tout comme dans le précédent, « Les Tontons Dalton », cet album n’est qu’un florilège de bons mots connus mais rien de neuf sous le soleil. Dommage.

Je soulignerai juste un calembour d’humour noir fait par Moishé Stern sur les voyages inconfortables que les juifs ont l’habitude de faire… Fallait oser ! Celui sur l’étoile du shérif était plus subtil.

— C’est joli mais euh… tous les juifs d’ici sont-ils obligés de porter une étoile sur leurs vêtements ?
— Ce monsieur est le shérif de la ville, miss Hanna !
— Un juif shérif ?! C’est beau l’Amérique.

Avec des airs d’albums comme « La caravane » (très bon) ou de « La fiancé de Lucky Luke » (très mauvais) nous sommes face à une aventure où, une fois de plus, Lucky Luke doit escorter des gens et les protéger mais sans que l’histoire ne soit trépidante et si l’aventure est plaisante, on attend l’action un peu trop longtemps et elle n’arrive pas vraiment.

Si l’album ne brille pas par sa nouveauté et est très conventionnel, le fait d’avoir placé une famille juive ashkénaze sous la houlette de Lucky Luke est néanmoins neuve et méritait d’être mise en album, j’aurais préféré des nouveaux gags mélangés à des clins d’oeils.

Le juge Roy Bean les accuserait de casus belli, les condamnerait à 50 dollars environ d’amende et les ferait poursuivre par son ours, attachés tous les deux à un arbre, avant de leur faire payer pour qu’ils lui offrent une bière et de les obliger à nous sortir de nouveaux calembours pour l’album suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Publicités

Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique : Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Albert René (19/10/2017)

Résumé :
N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire !

Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions.

Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique !

Critique :
Astérix fait partie de ces bandes dessinées dont je ne ma lasse pas, du moins, quand les albums étaient scénarisés par René Goscinny.

Uderzo a du talent en tant que dessinateur, moins en tant que scénariste, du moins, assez inégal car lorsqu’il reprit les rênes du scénario, on a eu droit à des albums super, des moins bons, des horribles et des catastrophiques.

Depuis, c’est le 3ème album confié au duo Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. J’avais apprécié Astérix chez les Pictes qui avait du potentiel, mais peu d’humour, j’ai apprécié Le Papyrus de César qui mettait en avant les réseaux sociaux avec quelques touches d’humour, mais pas dignes de celles de Goscinny.

Puisque ce nouvel album parlait de courses de char, je l’attendais au tournant, espérant ne pas dire à Ben-Hur d’arrêter son char.

Vous connaissez le dessin animé Satanas et Diabolo ? La fameuse course avec les fous du volant ? Oui ? Et bien, cet album y ressemble un peu, le génie du mal Satanas et le ricanement de Diabolo en moins.

Sorte de croisement entre Astérix aux jeux olympiques et le tour de Gaule, on est tout de même loin des éclats de rire de l’ère Goscinny, sans ses jeux de mots magnifiques et avec une analyse moins fine et sarcastique de notre société. On est loin d’un « Obélix et compagnie », de son analyse de l’économie de marché, du marketing et cette critique humoristique du libéralisme.

Certes, ils se moquent des journalistes, de notre société soit disant moderne, des campagnes de pub faites pour vendre à n’importe quel prix, mais rien pour me faire éclater de rire ou noter un bon mot, que je retiendrais pour la postérité, comme avant.

Malgré quelques longueurs, l’album se laisse lire avec plaisir et je suis contente qu’Astérix continue sa vie, les personnages étant croqués fidèlement, que ce soit au niveau du trait ou des caractères.

Là où ça coince, c’est toujours au niveau scénaristique, la faute aux jeux de mots manquants ou non percutants, inoubliables comme il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ou chaque année les Ibères deviennent de plus en plus en dur.

Bref, un moment agréable de lecture, pas inoubliable, pas un de ceux que je relis dès que j’ai un coup de blues ou que je veux passer un bon moment, comme en Corse, en Hispanie et j’en passe !

Les aventures de Lucky Luke – Tome 6 – Les tontons Dalton : Laurent Gerra, Achdé & Jacques Pessis

Titre : Les aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – T6 – Les tontons Dalton

Scénariste : Laurent Gerra & Jacques Pessis
Dessinateur : Achdé (d’après Morris)

Édition : Lucky Comics (24/10/2014)

Résumé :Nos Dalton préférés végètent en prison quand la main du destin vient frapper d’un grand coup à leur porte !

Les redoutables desperados apprennent qu’ils sont tontons d’un petit garçon dont ils doivent momentanément assurer l’éducation.

Dieu merci ! Lucky Luke est chargé de surveiller les Dalton et l’insupportable bambin qui ne pense qu’à manger.

Mais les habitants de Rupin City ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée de tous ces Dalton dans leur paisible bourgade.

Critique : 
Il n’est pas toujours facile de reprendre un personnage de bédé après le décès de son créateur original, pas évident non plus de lui trouver encore et encore de nouvelles aventures quand il en a déjà tellement vécu…

Pas évident non plus de respecter le personnage original tout en lui insufflant ses propres envies de changements.

Si j’ai toujours eu un gros faible pour le Lucky Luke de Morris, scénarisé par le talentueux Goscinny, je me suis dit qu’un jour il me faudrait quand même découvrir sa nouvelle mouture concoctée par l’humoriste Laurent Gerra et le dessinateur Achdé.

Si je râle toujours d’avoir vu Lucky Luke perdre sa manie de fumer et de boire de l’alcool (le personnage s’est lissé, depuis ses débuts), je dois dire que sa reprise est presque comme l’original – je parle par rapport aux derniers albums édités chez Dupuis et de ceux chez Dargaud, ne visant pas les premiers albums où Lucky Luke ne ressemblait pas à cette figure que l’on connait maintenant.

L’album qui met en scène les Dalton obligés de vivre avec Lucky Luke et qui leur invente un neveu est amusant et rempli de références au célèbre film des « Tontons flingueurs » car on y retrouve des personnages du film, caricaturés (Francis Blanche, Jean Lefèbvre, Bernard Blier et Robert Dalban) ainsi que des répliques célèbres.

Mais… ben oui, il y a un « mais » : j’aurais préféré des références plus subtiles, parce que, ma foi, il est assez facile de monter un album en reprenant des répliques célèbres, l’exercice est moins facile quand on doit inventer des répliques drôles sois-même, comme le faisait Goscinny, avec un talent inégalé et inégalable, hélas.

J’ai trouvé que cet album, tout en étant distrayant et rendant hommage au célèbre film, péchait un peu par son manque d’action, d’ambition, qu’il était pourvu qu’un scénario qu’on aurait aimé plus profond, plus travaillé avec une meilleure utilisation des personnages originaux de Morris que j’ai trouvé sous-exploités.

Au niveau des dessins, Achdé a bien fait son boulot, on dirait ceux de Morris et il a un certain talent pour croquer des personnages de la vie courante que l’on reconnaît en étant plus attentif sur les décors de ville car ils gravitent parfois en second plan.

Malgré tout, j’ai pris plaisir à relire cette aventure que j’avais découverte en plusieurs épisodes dans l’hebdomadaire Spirou et je compte bien lire les autres albums publié chez Lucky Comics et que je ne connais pas, tout en relisant mes vieux Lucky Luke pour rire des bons mots du scénariste de l’époque qui nous quitta bien trop tôt…

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Challenge « Mois Américain » Septembre 2017 chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.