Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 11 – Ma Dalton

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Ma Dalton est une vieille femme qui de plus est la mère des Dalton, les 4 frères les plus redoutables de l’Ouest. Lorsque Luke arrive à Cactus Juncton, il fait la connaissance de Ma Dalton. Cette femme est prise en pitié par les habitants des environs. En effet, les marchands la laissent attaquer leur commerce.

Mais tout se corse lorsque Ma Dalton écrit à ses enfants, qui sont en prison, qu’elle a rencontré Lucky Luke. Furieux, Joe accompagné de ses frères s’évade pour retrouver Lucky Luke dans l’espoir de le descendre….

La petite ville de Cactus Juncton ne sera plus aussi calme désormais !

Critique :
Ma Dalton a tout de la caricature de la mère castratrice envers l’ainé de ses rejetons (Jo) ou de mère poule pour le cadet (Averell) à qui elle passe toutes les fautes, toutes les erreurs, lui qui est son bébé.

Évidemment, ça ne plait pas aux trois autres frangins, surtout au plus petit taille qui est tout de même l’aîné de la fratrie : Jo Dalton.

Si au départ Ma Dalton a tout de la petite mamy sympathique qui, pour ne pas perdre sa fierté devant les commerçants qui lui font la charité, les braque avec une vieille pétoire déchargée, sous leurs regards goguenards.

— Alors, Ma Dalton, qu’est-ce que ce sera pour aujourd’hui ?
— Un bon steak, et n’oublie pas du mou pour mon chat, ou je te refroidis comme ta viande !

Comme elle veut faire honneur à son nom et qu’elle ne veut pas avoir l’impression de vivre de la charité publique, elle fait semblant d’attaquer les commerçants…

Mais méfions-nous de l’eau qui dort, car si la mère des Dalton a tout de la petite vieille douce et charmante, elle a tout de même l’expérience des chaines limées avec feu son mari et elle ne condamne pas les exploits de ses rejetons, tant que ceux-ci se lavent les mains avant de passer à table et évitent de dire des gros mots.

[Ma Dalton à Joe Dalton] —  Tu aurais dû me demander la permission avant d’attaquer les banques !

[Ma Dalton à Joe Dalton] — Je n’aime pas savoir mes enfants séparés. Tes frères en prison, sans toi, sont livrés à toutes les influences, et je crains qu’ils ne finissent mal…

Ma Dalton est un album plaisant à relire, un petit bijou de situations cocasses, drôles, émouvantes, entre une mère et ses quatre enfants célèbres, sans oublier un cow-boy qui tire plus vite que son ombre, un Jolly Jumper qui pêche et un Rantanplan qui nous offrira quelques belles scènes d’anthologie.

— Ça mord ?
[Jolly Jumper] — Dès que quelqu’un voit un cheval pêcher, il faut qu’il pose des questions idiotes !

[Lucky Luke trouvant Jolly Jumper en train de pêcher] — Que tu enlèves ta selle, passe encore. Mais avec quoi enfiles tu l’asticot sur l’hameçon ?
[Jolly Jumper] — Comme tout le monde : avec dégout…

En fait, on pourrait même dire que les vedettes, dans cet album, sont les frères Dalton car Lucky Luke s’effacera un peu devant cette famille haute en couleur.

[Jack Dalton lisant une lettre de Ma Dalton à ses frères] — Et c’est en voyant ce Monsieur Lucky Luke que j’ai eu l’idée de vous écrire, soyez sages, couvrez-vous si vous vous évadez et je vous … c’est quoi cette lettre ?
[William]  — C’est un « g »
[Jack]  —  Et je vous engrasse gien fort, et Averell mon gégé…

Pas grave, leurs déboires compensent tout le reste et c’est toujours un régal de voir Joe s’énerver, de réaliser que la situation leur échappe, de rire devant ce grand dadais d’Averell, chouchou de môman, déclenchant l’ire de ses frères.

Peut-être pas le meilleur des Lucky Luke, mais dans la collection éditée chez Dargaud, ils ne sont pas nombreux, les albums qui sortent du lot, au contraire de ceux publiés chez Dupuis.

Anybref, un album d’une excellente facture, qui fait plaisir à relire et croyez-moi, ces derniers temps, j’en ai découvert quelques uns publiés chez Dargaud et je n’ai pas toujours été aussi bien servie qu’avec Ma Dalton (que je connaissais car lu il y a… un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !).

Ma Dalton, c’est assurément une bonne pioche et Goscinny, sans se déchaîner, se laisse aller à son talent.

 Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

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Lucky Luke – Tome 14 – Ruée sur l’Oklahoma : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 14 – Ruée sur l’Oklahoma

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1960)

Résumé :
Vers 1830, le gouvernement américain avait donné l’Oklahoma aux Indiens où ils s’ennuyaient ferme.

Plusieurs années plus tard, il le leur rachète pour quelque verroterie afin d’y favoriser la colonisation.

Il est décidé que, le 22 avril 1889, le territoire sera ouvert à la colonisation et, pour être sûr qu’il n’y aura personne d’installé avant la ruée, Lucky Luke est chargé de surveiller l’opération.

Celui-ci commence par vider le territoire des habitants qui s’y étaient aventurés sans autorisation légale puis il va surveiller les candidats à la ruée à la frontière.

Ruée sur l’Oklahoma est la vingt-septième histoire de la série Lucky Luke par Morris (dessin) et Goscinny (scénario). Elle est publiée pour la première fois du n°1046 au n°1070 du journal Spirou. Puis est publiée en album en 1960.

Critique :
Les indiens de leur territoires ayant été délogés et dans des réserves parqués,
L’armée se trouva fort dépourvue lorsque pour les colons, l’heure fut venue,
D’aller s’installer dans cet état qu’est l’Oklahoma…

Imaginez que l’on vous dise qu’un état aussi grand qu’un département français et vide de tout habitant peut être colonisé et qu’une terre vous sera donnée si vous plantez votre poteau nominatif…

Plus d’un sera tenté de participer afin d’obtenir une terre gratuitement, et à fortiori, encore plus tenté de tricher.

Pas de bol, Lucky Luke est chargé par le gouvernement de surveiller les colons qui auraient la mauvaise – ou la bonne – idée de franchir la frontière avant la date du 22 avril 1889 afin de s’adjuger les meilleurs emplacements.

Goscinny collaborait avec Morris depuis le tome 9 « Des rails sur la prairie » et il n’est toujours pas crédité dans les pages de mon album qui est une réédition datée de 1977… Honteux, selon moi, car Goscinny apporta beaucoup de son esprit et de son humour aux aventures du cow-boy solitaire loin de son foyer, même si Morris l’empêchait de faire trop de calembours, disant qu’ils seraient trop difficile à traduire lors des publications à l’étranger.

Des situations cocasses du départ avec les tricheurs de tout poil, nous passerons aux problèmes une fois le territoire ouvert, avec des running gags notamment entre les colons Martin et Jones, avant de passer à du plus sérieux avec des élections afin d’élire le maire de ce territoire.

Si Coyote Will, le méchant dans cet album-ci a tout du méchant intelligent, son associé, Dopey, est une fois de plus un benêt de la pire espèce, mais un benêt attachant et, une fois n’est pas coutume, un imbécile qui évoluera vers un rôle plus important dans l’histoire que celui par qui les gags arrivent.

Les dessins de Morris étaient en pleines évolutions et nous sommes face à un Lucky Luke émacié, ainsi que son cheval, Jolly Jumper, plus en finesse qu’en rondeur, et non encore doué de parole ou de pensées.

Alors non seulement il y a de la profondeur dans le scénario et dans certains personnages, mais en plus, cette histoire a une fin qui nous donne une belle leçon de morale en nous démontrant que la stupidité et l’avidité de certains peuvent aussi se retourner contre eux.

À lire et relire sans modération.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.