Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic : Jacques Lamontagne

Titre : Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic

Scénariste : Jacques Lamontagne
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Kennes (2018)

Résumé :
Pauvre Felter ! Il doit se rendre aux obsèques de sa sœur en Angleterre, de l’autre côté de l’Atlantique. Pour cela, pas le choix, il doit prendre le bateau. Lui qui souffre tellement du mal de mer…

Heureusement, Shelton se propose de l’accompagner ! Mais le voyage sera loin d’être calme, avec une nouvelle enquête qui se profile à l’horizon pour notre duo de choc… En effet, dans la cabine B215, un passager vient de mettre fin à ses jours.

Enfin, c’est ce que tout le monde croit avant que Felter, entre deux nausées, n’arrive et ne remarque certains détails troublants…

Critique :
♫ Love Boat soon will be making another run ♪ The Love Boat promises something for everyone ♫ Set a course for adventure ♪ Your mind on a new romance ♫

STOOOOP ! On rembobine. Impossible de passer la musique de Love Boat (La croisière s’amuse) alors qu’il y a eu un crime en chambre close dans le bateau !

Mais que sont venus faire dans cette galère Felter, notre libraire hypocondriaque amateur de chats et Shelton, l’ancien boxeur jovial reconverti en journaliste ??

Felter déteste les navires, il souffre du mal de mer, mais puisque sa sœur est décédée, il se sent obligé de monter à bord de l’Adriatic qui traverse l’océan en direction de l’Angleterre, pour aller voir sa frangine une dernière fois avant sa mise en terre.

Entre deux vomissements, notre sagace libraire va pouvoir mettre au travail ses petites cellules grises et ses talents de déduction car la traversée ne sera pas de tout repos.

Si l’histoire des vols est assez simple, même simpliste (il n’y a que Shelton qui n’a rien vu venir), celle du crime en cabine close est plus complexe, même si ensuite elle m’a fait penser à une résolution de la grande Agatha Christie, mais transposée sur la mer que l’on voit danser le long des golfes clairs.

Je fais ma maline, mais sur le moment, je séchais ferme et n’arrivais pas à trouver la solution de ce meurtre. Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est après la résolution que j’ai fait le rapprochement avec un Agatha Christie que j’avais revu dans la série « Les petits meurtres ».

Nos personnages sont toujours aussi sympathiques, drôles, leur duo se complétant autant qu’il diffère. Les dessins sont agréables, détaillés, lumineux et l’album est humoristique.

Une chouette série qui met en scène deux personnages aux antipodes l’un de l’autre, une sorte de Holmes/Watson en version comique et hypocondriaque. Un régal pour ceux qui aiment la bédé et les enquêtes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°162 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°007].

Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire : Jacques Lamontagne

Titre : Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire

Scénariste : Jacques Lamontagne
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Kennes (2017)

Résumé :
Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais.

Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière.

Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat) ; le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs).

Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Critique :
Sherlock Holmes et le docteur Watson transposés à Boston, États-Unis… Ce n’est pas une nouveauté…

Deux chois s’offraient à l’auteur : copier ou s’inspirer des deux personnages et c’est cette dernière option qu’ail a choisi.

Un excellent choix car pour le détective, le roi de la déduction, nous avons Thomas Felter, un libraire, très petit, hypocondriaque, maniaque, célibataire et possédant… Quatre, non, cinq, six chats ? Sept ? Purée, ils bougent tout le temps, je n’arrive pas à les compter !

Dans le rôle du faire-valoir aux muscles, nous avons Isaac Shelton, un ancien boxeur, Irlandais, sans le sous et journaliste free-lance.

Un duo improbable qui marche du tonnerre ! Deux personnages qui n’auraient pas dû devenir copains mais que le hasard et un cadavre ont fait se rencontrer.

Les dessins sont sympas, lumineux, clairs et les dialogues bien pensés, bien pesés et le duo de personnages est mis en scène comme il le fallait. Ils sont attachants, sympathiques et aussi opposés l’un et l’autre qu’un Holmes et un Watson.

Dans cette bédé, rien n’est en trop, le scénario de l’enquête est soigné et l’auteur évite l’écueil du dénouement de l’enquête trop tarabiscoté ou de celui trop simpliste. Le bon dosage n’est jamais facile à atteindre, mais il n’a pas cédé à la facilité.

Suivre nos deux enquêteurs est un vrai plaisir, on a des situations cocasses, un Boston des années 20 bien reconstitués, les cases sont propres, sans surcharges, les dialogues sont fins et l’humour est toujours présent, en touche délicate, tout comme l’élément fantastique qui n’est là que pour nous troubler.

Moi je trouve que cette bédé à un petit goût à la Green Manor et on en redemande. Ça tombe bien, j’ai le tome suivant sous la main !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°157 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°02].

Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2] : Francisco González Ledesma

Titre : Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2]

Auteur : Francisco González Ledesma
Édition : Folio Policier (14/02/2013)
Édition Originale : Las calles de nuestros padres (1984)
Traducteur :

Résumé :
S’appeler Amores et avoir si peu de chance en amour, c’est tout de même un comble. Amores est un journaliste plus ou moins raté qui a rencontré une charmante jeune fille dans un bar et l’a suivie dans un hôtel de passe, où l’attendaient deux surprises de taille : premièrement sa conquête est un travesti, deuxièmement sous son lit est caché le cadavre de Maria Teresa, secrétaire de direction dans une banque, baignant dans son sang.

L’avocat de cette banque connaît bien une jeune fille Lauri qui meurt à son tour.

Trois hommes vont mener l’enquête, le journaliste, l’avocat et le vieil inspecteur Mendez.

Mais la véritable héroïne du roman, c’est Barcelone dont on visite tous les bas-fonds sous la conduite de celui qui la connaît le mieux et en incarne l’esprit, l’inspecteur Mendez, malpropre, vulgaire, sarcastique mais plein d’humanité et toujours prêt à défendre les humbles.

Critique :
Non mais allo quoi ? Serais-je sous le coup d’une malédiction littéraire depuis le début de l’année 2018 ?

Parce que là, c’est plus possible… Autant de lectures foireuses, c’est louche ! Surtout que je n’ai pas choisi des auteurs merdiques mais des auteurs policiers et de romans noirs connus et reconnus !

Et je l’ai quand même eu dans le cul (la rime était trop tentante).

Nouvelle déception avec ce roman de Francisco González Ledesma qui avait pourtant eu les honneurs d’un hors-série polar (Marianne mars 2015 ou celui de 2016).

Où je suis maudite, ou je suis dans une mauvaise passe, ou je n’ai pas adhéré au style de l’auteur qui digresse beaucoup dans son récit afin de nous parler de la ville de Barcelone.

Non pas que je n’avais pas envie d’en apprendre plus, mais le style de l’auteur n’est pas passé chez moi. L’art et la manière de faire qu’il utilise pour nous parler de sa ville m’ont donné envie soit de m’endormir, soit de lancer le livre en travers de la pièce.

Bref, c’était la Grouika !

Quoi t’esse ?

C’est George W. Bush qui visite un village en Afrique, et il fait tout un discours.
— Mes amis les africains !.
Alors tous les africains crient en coeur « La Grouika ! La Grouika ! ».
— Mes amis africains, je suis content d’être parmi vous ! continue-t-il en voyant tout le monde lever les bras en l’air.
— La Grouika ! La Grouika !
— Et vous verrez, bientôt à la place de toutes vos petites hutes à la con, vont bientôt pousser de très belles maisons !
— La Grouika ! La Grouika !
— On va prendre vos richesses dans vos sous-sols, mais on va aussi vous construire des écoles !
— La Grouika ! La Grouika ! crie le peuple en délire.
Bon, il fait tout un discours de la même trempe et après, alors qu’il descend les marches, il discute avec un des officiels de là-bas, un Ministre.
— Ils ont aimé mon discours ! fait Bush, tout heureux, se gargarisant de la chose et pensant à tous les bénéfices qu’il va réaliser avec ce petit pays.
— Absolument, monsieur le président ! acquiesce le Ministre.
Puis, tout à coup, le Ministre attrape la manche de Bush et le retire en arrière.
— Attention Monsieur Bush, vous avez failli marcher dans de la Grouika !

Bon, sur ce, je m’en vais chercher un autre roman qui, je l’espère, me passionnera un petit peu plus et ne finira pas abandonné sur le coin d’un meuble (avant de finir sous le meuble si celui-ci devenait bancal).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Lucky Luke – Tome 54 – Le Daily Star : Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie


Titre : Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star

Scénaristes : Xavier Fauche & Jean Léturgie
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1984) / Lucky Comics (2000)

Résumé :
Lucky Luke fait la rencontre de Horace P. Greely. Ce jeune homme est un journaliste de talent qui a décidé de partir dans l’Ouest fonder son propre journal, le Daily Star.

Homme intègre, il n’hésite pas à dénoncer les injustices ou la malhonnêteté. Mais cela lui joue des tours et il se fait quelques ennemis dans la ville où il s’est installé. Luke décide de lui venir en aide.

Critique :
Voilà un album de Lucky Luke comme je les aime : de l’humour, des running gags qu’on a plaisir à revoir, de l’Histoire de l’Amérique et un Lucky Luke qui se fait voler la vedette par le personnage de Horace P. Greely, journaliste intègre et fondateur du journal Daily Star qui imprime plus vite que l’encre ne sèche.

Oui, Horace est une sorte de Twitter avant l’heure car il donne les infos en temps réel.

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et encore moins à écrire, dès lors, lorsque vous imprimez noir sur blanc que les alcools servis par le parton du saloon sont frelatés, ne vous étonnez pas que ce dernier vous expulse de la ville.

De nombreuse fois, Horace et sa Washington Impériale n°3 offerte par ses parents se sont retrouvés dans le cours d’eau à la sortie de la ville. C’est d’ailleurs là qu’il a fait la connaissance de notre cow-boy solitaire préféré et de son fidèle destrier.

Horace est un personnage drôle, attachant, émouvant dans sa quête de publier la vérité, sans langue de bois, comme tout journaliste devrait être.

Hélas, vous savez comme moi qu’on aime museler la presse en la corrompant (tout Homme a son prix) ou en menaçant les gens qui veulent creuser dans la fange pour extirper la vérité.

Ça ne va pas faire plaisir à certains dans la ville de Dead End City où le tenancier du saloon n’a pas apprécié l’article sur son whisky frelaté et l’épicier sur ses marges exagérées.

Beaucoup d’humour dans cet album, de l’humour fin, en plus, avec Lucky Luke et Horace cherchant par tout les moyens à imprimer le journal, sur tous les supports possibles et imaginables – ce qui donnera des clins d’oeil des plus amusants sur notre époque – et l’imprimant même avec du café lorsque l’encre n’arrivera pas.

« Vous manquez de café ? Faites infuser votre Daily Star ! »

Inventant des slogans publicitaires, se faisant payer en nature, inventant le premier journal parlé, gravant son nom sur les fers de son cheval, Horace n’est jamais à court d’idées pour diffuser son journal, ne se sentant plus lorsque les ventes passent de 30 à 35 exemplaires.

J’avais déjà pris un plaisir fou à lire cet album post-Goscinny (R.I.P.) qui contenait tout ce que j’apprécie dans les aventures de Lucky Luke et j’ai pris autant de plaisir à le relire et m’esclaffer devant leurs bons mots.

Rien à redire, cet album est une belle réussite et il peut trôner avec mes Lucky Luke préférés !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Ton avant-dernier nom de guerre : Raúl Argemi

Titre : Ton avant-dernier nom de guerre

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Payot et Rivages (2013)

Résumé :
Victime d’un accident de la route, le journaliste Manuel Carraspique se retrouve hospitalisé au coeur de l’Argentine profonde.

Il partage sa chambre avec un Indien Mapuche, que les infirmières appellent Marquez mais qui ne s’appelle peut-être pas ainsi comme le soupçonnent les policiers qui viennent lui rendre visite.

Manuel a plus ou moins perdu la mémoire, mais pas ses réflexes de journaliste. Dans le silence de la chambre, il entreprend de faire parler le blessé.

Ce dernier raconte des choses terribles, des histoires à dormir debout dont il serait le héros. Délire ou vérité ? Manuel n’est pas au bout de ses surprises.

Roman à la construction brillante, dans lequel les récits se superposent jusqu’au vertige final, « Ton avant-dernier nom de guerre » a remporté de nombreuses récompenses, dont le prestigieux prix Dashiell Hammett et le prix Luis Berenguer.

Critique :
Lorsque vous êtes un journaliste accidenté, tombé dans un petit hôpital un peu paumé et que dans le lit à côté de vous, il y a un indien Mapuche suspecté d’avoir trucidé une partie de sa communauté, faudrait être absolument amnésique ou très con pour ne pas profiter de l’occasion et l’interviewer, même s’il est dans un semi-coma et grand brûlé.

Je pensais tomber sur un récit noir d’un indien Mapuche racontant ses déboires à un journaliste (l’auteur en est un, de journaliste), en apprendre un peu plus sur ce peuple, sur comment on les a traité, au travers de ce petit roman noir qui fut primé.

Ou encore, apprendre des faits sur le coup d’état militaire du général Videla (mars 1976), ce qui provoqua non seulement un massif exil d’Argentins et un massacre de plus de 30.000 personnes. Oui, je suis d’accord, on ne nous en parle pas assez souvent.

Il n’en fut rien. Ce roman noir hargneux est constitué d’une superposition de récits dont on ne sait s’il sont sortis de l’esprit embrumé du journaliste Manuel Carraspique ou si le Mapuche lui raconte réellement ce qu’il s’est passé, puisqu’il est censé être dans le coma.

Le tout donnant un récit bordélique sans nom dans mon pauvre cerveau qui avait bien du mal à faire la part des choses et qui, au final, a opté pour une solution qui s’est révélée être la bonne.

Hé, on ne me le fait plus, à moi ! Ou alors, faut monter son coup correctement, mais depuis Di Caprio sur son île avec des fous, je me méfie de tout, surtout des récits éparpillés façon puzzle.

Il est vrai que le final est bien vu, surtout pour celui ou celle qui ne s’y attendait pas, et il aurait  pu sauver le reste du roman, mais ce ne fut pas le cas chez moi, hélas.

Anybref, après la lecture de ces 160 pages qui oscillent entre de la fantasmagorie, de la paranoïa et un récit échevelé, j’en suis sortie frustrée et totalement aussi inculte sur le sujet qu’en ouvrant le roman.

Du moins, le récit ne pas appris grand-chose que je ne savais déjà. Et vu les récits parcellaires auquel j’ai eu droit, me reste plus qu’à tout remettre dans l’ordre maintenant.

Un roman noir qui aurait pu ma plaire, mais dont je suis sortie frustrée à cause de ses scènes incohérentes, de son récit morcelé, qui provoqua un début d’indigestion chez moi et l’envie de zapper le reste, ce que je n’ai pas fait, puisque, courageusement, je suis allée au bout.

Faudra que je vérifie si les autres romans de cet auteur que je voulais découvrir sont de la même veine ou pas.

Si encore c’était une daube, je calerais un meuble avec, mais ce n’est de la daube, c’est juste un récit bordélique qui donne envie de reposer le roman et de passer à autre chose.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017).