Cul-de-sac / Piège nuptial : Douglas Kennedy

Cul-de-sac - Douglas Kennedy

Titre : Cul-de-sac (Paru aussi sous le titre de « Piège nuptial »)

Auteur : Douglas Kennedy                                                       big_5
Édition : Gallimard (2006) / Folio Policier

Résumé :

Ce récit d’un voyage au paradis des grands espaces australiens qui vire au cauchemar éveillé est un petit bijou. Nick, héros malgré lui de ce thriller féroce, n’avait rien contre ce pays avant d’écraser un kangourou par une nuit sans lune.

Sa rencontre avec la jeune et robuste Angie va le mener en plein cœur du bush. Au milieu de nulle part. Au sein d’un clan d’allumés coupés du monde, sans aucune route pour quitter ce traquenard.

Nick, désormais, n’a qu’une seule obsession : comprendre ce qu’il fait là et sauver sa peau. Fuir alors que toute la communauté le surveille…

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Critique : 

WAW, quel voyage en terre australe je viens de me faire, moi !

Par contre, je maudis tous ces auteurs de polars qui me font rayer des destinations sur ma carte des voyages de rêves : Caryl Férey m’a fait rayer la Nouvelle-Zélande et Kennedy (Douglas, pas John) vient de m’ôter toute envie de sillonner le continent des marsupiaux.

D’ailleurs, pour mieux vous parler de ma lecture, je vais laisser la parole à Jacquouille la Fripouille qui pourra mieux que moi résumer en un mot ce livre : DIIINNNGGUUEEE !

Imaginez un peu : Nicholas Hawthorne fait partie de ce que ne nommerais des journalistes « pisse-copie », heu, pardon, Nick est un journaliste pigiste, il a 38 ans et bosse pour des petits journaux aux États-Unis.

Rien de bien transcendantal. Oui, mais voilà, il vient de trouver une vieille carte de l’Australie et en est tombé amoureux. Son rêve ? « L’Australie ! L’Australie ! Je veux la voir, et je l’aurai » chantonne-t-il dans sa salle de bain.

Il vend tout (il a pas grand-chose) et le voilà débarqué au pays des Aborigènes, claquant ses économies pour acheter un combi Volkswagen avec la ferme intention traverser le bush (mais pas Georges W.).

Le con oublie une règle simple : ne pas conduire la nuit parce vu qu’il fait plus noir que dans le …., et bien, on risque de percuter un ‘rou. Je parle de « Kangourou », pas d’un type avec des cheveux couleur de feu.

Les emmerdes sont arrivées quand il a pris une auto-stoppeuse, Angie, et qu’il a joué à la bêbête à deux dos avec elle.

« Angie », si Mick Jagger l’avait connue, il n’aurait sûrement pas écrit une sublime chanson sur son pire cauchemar !

Notre Angie, elle est aussi douce et tendre qu’un pilier de mêlée, elle a une sacrée descente et rote comme deux hommes. C’est Nick qui le dit.

Quand elle fait l’amour c’est… Nick, précise-nous un peu plus, si tu veux bien !

« Le sexe, avec elle, ressemblait à une resucée du sac de la Gaule par Attila : on se retrouvait nettoyé en deux temps trois mouvements. Elle ne faisait pas l’amour, elle vous prenait d’assaut. Sans plus de tendresse que de sentiments. Comme la majorité des hommes au plumard, quoi… ».

Merci, Nick, pour ces précisions.

« Ce n’est pas tous les jours qu’une femme se roule sur vous avec l’ardeur d’un bulldozer, ou sollicite instamment vos hommages toutes les deux heures ».

Stop, nous avons tous bien compris l’affaire que tu as levée, mon vieux Nick (sans Barbe-Noire, les lecteurs de vieilles bédés comprendront) !

Ce livre est jouissif, tout simplement ! Des éclats de rire, des pouffements, des yeux écarquillés tellement on n’en croit pas ses yeux.

Un voyage de malade au pays des kangoufous (non, pas de faute de frappe) ! Sérieux, nous sommes bien dans le pays des dingos !

Chez Angie, il y a de la mauvaise foi à faire pâlir de jalousie un ministre surpris en train de nier ses comptes offshore ou un président en train de nier une relation buccale avec sa stagiaire. Face à elle, ils ne font pas le poids. Effroyable. Ma mâchoire s’en est décrochée, de stupeur et de rire.

Mauvaise foi aussi dans le cadre des trois dirigeants du village d’allumés, qui, tels des bons petits communistes, mettent leurs ouailles au régime « steak de ‘rou » mais s’empiffrent, en cachette, de rôti et d’aloyau cent pour cent pur boeuf. Tiens donc…

Vous cherchez de la tendresse dans votre prochaine lecture ? Passez votre chemin.

De l’amour ? Heu, pas au sens d’Harlequin, en tout cas. De la baston et des coups ? Oh oui. Ruez-vous dessus.

Et en prime, on vous servira du ‘rouburger à tous les repas. C’est ‘Rounald Macdonald à domicile. Ici, la bière coule à flot et on fume comme des dragons. Artères bouchées garanties sur facture.

J’ai dévoré mes 290 pages presque d’une traite, accélérant la cadence de lecture sur les 40 dernières, tellement je voulais connaître la fin.

La seule chose qui m’ait déroutée, au départ, c’est le langage un peu argotique utilisé par Nick (le livre est à la première personne du singulier) et venant de mes dernières lectures où j’étais dans les pensées d’un chien de traineau dans le Grand Nord… ça dépote. Mais on s’y fait très vite et on ne le lâche plus.

Un vrai truc de ouf !

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

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