Don Vega : Pierre Alary

Titre : Don Vega

Scénariste : Pierre Alary
Dessinateur : Pierre Alary

Édition : Dargaud (02/10/2020)

Résumé :
Madrid, 1848. Don Vega, héritier d’une riche famille californienne, reçoit une lettre lui annonçant le décès de ses parents. L’auteur du courrier, le père Delgado, l’incite à rentrer « dans les plus brefs délais ».

À son retour, Don Vega découvre que le domaine familial est désormais géré par un ancien général, Gomez.

Celui-ci s’appuie sur Borrow, une brute sadique et sans scrupules, pour mettre la Californie en coupe réglée en rachetant des terrains à bas prix afin de les revendre plus cher.

Des peons ont le courage de se révolter. Le visage couvert d’une cagoule, ils se réclament d’el Zorro, un mythe populaire local. Le peuple les voit comme des héros.

Don Vega décide de suivre leur exemple : il revêt un costume noir et est bien décidé à faire payer les spoliations commises envers sa famille. La légende de Zorro est en marche…

Critique :
♫ Un cavalier qui surgit hors de la nuit et court vers l’aventure au galop… ♪

Tout le monde a encore en tête le générique de cette série datant de 1957 et qui a fait les beaux jours des gosses que nous étions dans les années 80 et dont les multiples rediffusions sur Fr3 continuent (et si vous l’aviez oublié, vous voici avec ça dans la tête toute la sainte journée).

Dans ce one shot, qui aurait mérité de faire plusieurs albums afin d’étoffer la légende, l’Histoire et d’épaissir les différents personnages, cette légende de Zorro n’a rien à voir avec la série de Disney tout public.

Le récit est sombre parce que l’Histoire n’est pas tirée d’un épisode des Bisounours mais de la réalité de 1849 où un flou juridique règne sur la Californie qui n’appartient plus au Mexique et qui ne fait pas encore partie des États-Unis, nation encore jeune.

Pas besoin de vous faire un dessin, les flous juridiques, les absences de législation, c’est du pain béni pour les profiteurs de tous poils qui cherchent à se remplir les poches en grugeant les propriétaires des terres et les futurs acheteurs.

Il y a de quoi se faire des couilles en or et le triste sire Gomez, aidé de ses sbires, a pris possession des propriétés de Don Vega et fait trimer des péons dans ses mines tout en réprimant dans le sang (ou par la corde) la moindre contestation, la moindre rébellion.

Nous sommes très loin des conneries du sergent Garcia ou des mimiques de Bernardo, qui ne se trouvent pas dans cet album, comme Tornado, pour cause de copyright de la marque.

Contrairement à la série Disney qui est tout public, cette bédé n’est pas faite pour les plus jeunes car il y a du sang, des morts, des assassinats, de l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Ici, lorsqu’un homme veut se lever et sortir de sa condition d’esclave en se déguisant en Zorro, ça se termine toujours mal pour lui et pour sa famille.

Le graphisme est agréable, dynamique, les visages expressifs, les décors détaillés et aux couleurs adaptées, oscillant dans des tons gris, bleus ou ocres selon les moments de la journée ou les décors entourant les personnages.

Mon seul bémol sera pour le fait que le plupart des personnages ne soient pas assez développés. Malgré les 87 planches, cela reste trop court pour en apprendre un peu plus sur le Méchant et encore moins sur Don Vega, par contre, on a une idée assez précise sur les saloperies qui se déroulaient en Californie en 1848, lorsqu’elle fut perdue par le Mexique.

Une belle relecture d’un classique qui ne surfe pas sur le burlesque ou le grandguignolesque mais qui dénonce la main mise du capitalisme sur le prolétariat et qui donne envie, à la fin, d’entonner l’internationale et de crier aux armes citoyens péons !

J’ai adoré le clin d’oeil final…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°248], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 87 pages, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°53] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Le dernier Templier – Tome 2 – Le chevalier de la crypte : Miguel de Lalor Imbiriba et Raymond Khoury

Titre : Le dernier Templier – Tome 2 – Le chevalier de la crypte

Scénariste : Raymond Khoury
Dessinateur : Miguel de Lalor Imbiriba

Édition : Dargaud (25/02/2010)

Résumé :
L’attaque au Metropolitan Museum of art de New York par des chevaliers templiers en arme a marqué tous les esprits.

Les trésors du Vatican qui étaient au cœur d’une exposition semblent être l’enjeu de l’attaque, et notamment cet objet des Templiers, l’étrange encodeur qui permettrait de déchiffrer des informations fondamentales…

L’agent Reilly mène l’enquête, aidé par le Vatican mais leur émissaire, monseigneur de Angelis, joue un double jeu et est prêt à tout que certaines informations demeurent définitivement secrètes.

Pendant ce temps Tess progresse dans ses recherches qu’elle partage avec Reilly à propos de ces mystérieux Templiers…

Critique :
L’avantage de l’adaptation en bédés du roman, c’est que l’on a les images sous les yeux…

Hélas, si les dessins sont de bonnes factures, les expressions faciales me semblent toujours réduites à leur plus simple expression.

Si dans le roman éponyme, j’avais matché avec le duo agent Sean Reilly (FBI) et Tess Chaykin l’archéologue, dans la version bédé, je me sens fort éloignée d’eux et je n’arrive pas à m’attacher à un seul personnage.

Ces considérations mises à part, le deuxième tome bouge, on a de l’action, Tess remonte la piste plus vite que les agents du FBI et maintenant, on sait qui était derrière le vol au MET.

Du côté des chevaliers Templiers, on en apprend un peu plus sur leur arrestation, sur la fuite de la ville d’Acre et sur ce qui a poussé le commanditaire à perpétrer l’attaque du MET pour récupérer un objet bien précis.

Rien de transcendantal pour le moment, juste un bon moment de lecture avec cette série, sans me prendre la tête, dans le but de me remettre le roman en tête parce qu’à l’époque, j’avais vraiment apprécié sa lecture (j’étais en pleine période de lectures ésotériques, mais à la fin, j’ai eu ma dose).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°247], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 50 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Le dernier templier – Tome 1 – L’encodeur : Miguel de Lalor Imbiriba et Raymond Khoury

Titre : Le dernier templier – Tome 1 – L’encodeur

Scénariste : Raymond Khoury & Miguel de Lalor Imbiriba
Dessinateur : Miguel de Lalor Imbiriba (Brésil)

Édition : Dargaud (2009)

Résumé :
Grande soirée de vernissage au Metropolitan Museum de New York où sont présentés les fabuleux trésors du Vatican.

Quatre cavaliers surgissent alors de nulle part, semant la terreur devant les caméras après avoir dérobé plusieurs objets!

L’un d’entre eux se révèle être particulièrement précieux, dissimulant certains secrets que l’on croyait enfouis à jamais…

Tess, une archéologue témoin de la scène, et Sean, un agent du FBI, vont mener une enquête dont l’issue s’avèrera décisive pour le monde chrétien!

L’ultime secret des Templiers sera-t-il enfin dévoilé ?

Critique :
Oui, je sais, les Templiers ont été mis à toutes les sauces, pire que s’ils avaient cuisinés dans l’émission « Top Chef », tout comme l’ultime secret du Christ et de tous les saints du paradis.

Lorsque j’avais lu le roman de Raymond Khoury, en 2006, j’avais apprécié le récit et ensuite, j’avais acheté les deux premiers tomes de la bédé, puis j’avais stoppé et étais passée à autre chose.

Me voici de retour avec les Templiers et de l’ésotérisme, sorte de retour aux affaires sans grand risque, sauf si la relecture se déroule mal.

Replongeons-nous dedans… Une première chose  : la couverture, elle en jette, non ? Quatre cavaliers Templiers sur des chevaux montrant les dents, le tout au milieu des gratte-ciels !

Les premières images nous plongent dans le temps, à Acre, en 1291, lorsque les Chevaliers du Christ perde la ville qui tombe aux mains des Sarrasins.

Les dessins sont agréables, dynamiques et les couleurs sont chaudes, dans cette partie, avant de redevenir plus sombres pour l’attaque du MET et d’osciller entre les deux selon les endroits où se déroulait l’action.

Pour l’action, on est gâté, ça bouge bien, on a de la baston, du mystère, du suspense et une belle touche d’ésotérisme avec nos amis les Templiers qui font encore parler d’eux, sans oublier la touche de religiosité avec le Vatican qui semble nous avoir quelques petits trucs (euphémisme, mais ici, je ne vise que ce qui est dans la bédé).

La relecture s’est donc bien passée alors ? Oui et non, parce que lorsqu’on creuse un peu, on se rend compte que les personnages sont horriblement creux et stéréotypés, chose dont je ne me souvenais pas, autant dans le roman originel que dans cette bédé.

L’agent Reilly du FBI est bôgosse et en plus, sympa à tout casser. Le genre de type avec qui on a vraiment envie d’aller boire un verre. Tess, l’archéologue, est mignonne, sympa et devient vite super pote avec notre bel agent.

Auparavant, j’aurais sans doute ça super chouette, mais 12 ans plus tard, je les ai trouvé fadasses, creux, manquant cruellement de profondeur, de charisme et un peu trop stéréotypés à mon goût.

Hormis ces bémols, j’ai tout de même l’intention de m’encanailler avec la suite de cette bédé afin de voir si la profondeur des personnages sera présente dans les autres tomes et pour découvrir quel est le secret ultime des Templiers, ce qu’ils ont caché dans le navire en revenant de Saint-Jean d’Acre ainsi que le message qu’ils ont laissé derrière eux et qui doit mener à un trésor, au minimum.

Une bédé ésotérique qui se laisse lire si on fait abstraction des personnages trop fades et qui a le mérite d’apporter du suspense, du mystère, de l’action et qui, finalement, fait passer une soirée lecture sans prise de tête.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°244], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 50 page, le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021 et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°51].

Batman – Gotham by Gaslight : Eduardo Barreto, Mike Mignola et Brian Augustyn

Titre : Batman – Gotham by Gaslight

Scénariste : Brian Augustyn
Dessinateur : Mike Mignola & Eduardo Barreto (Uruguay)

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2018)

Résumé :
Le légendaire Jack l’éventreur est l’ennemi public N°1 et sévit dans les rues de Gotham. Mais dans cet univers alternatif, le tueur en série va se heurter à une autre légende nocturne : Batman.

Pris dans une conspiration dont il est la victime, le Chevalier Noir nous entraîne à l’époque victorienne où l’obscurité de la nuit n’est troublée que pas la lueur fébrile et tremblante des réverbères de Gotham City.

Critique :
Batman vs Jack The Ripper ? Je demandais à voir… L’époque ne leur est pas commune (contrairement à celle avec Holmes) et l’endroit encore moins, sauf si Gotham a déménagée à Londres.

Ce comics avait été adapté en film, (en 2018 par Sam Liu – critique ici), mais très librement adapté et j’ai préféré faire la version bédé que celle du film sorti directement en vidéo à l’époque.

L’histoire commence par le meurtre de deux personne, en pleine campagne, durant un voyage en calèche et leur gamin est sauvé par un vol de chauve-souris.

Vienne, 1889… Bruce Wayne raconte ce rêve étrange qu’il fait à un docteur, un certain Freud. Mais ce n’est pas un rêve, c’est un souvenir plus ou moins fidèle d’un évènement réel. Ce qu’il voudrait savoir, notre homme c’est le rapport avec les chauve-souris.

Transposer l’univers de Batman à l’époque victorienne, fallait oser. Reprendre tous les personnages de son univers, Gotham comprise et les déplacer en 1889, c’était une idée qui valait la peine d’être exploité.

Si je ne suis pas tombée en pâmoison devant les dessins, je dois avouer tout de même qu’ils étaient plaisant et avaient un air rétro, comme si nous lisions un comics de 1889 dont les couleurs ne sont pas aussi vives que ceux de notre époque.

Par contre, je n’ai pas aimé les dessins représentant Batman, avec son masque ressemblant plus à celui d’un pingouin qu’à celui ultra sexy de la chauve-souris.

La ville de Gotham, aussi gangrenée par le crime et le vice que Londres est bien reproduite, mais ça fait tout de même bizarre d’y découvrir des fiacres et non des voitures ! Elle aussi a un charme rétro dû aux dessins, même si on a pas envie d’aller se frotter à sa pègre.

Comme toujours, notre Batman sauve les gens, se débarrasse des méchants mais quand des meurtres sordides de femmes ont lieu dans les ruelles sombres de Gotham, la presse titre « Bat-Man est-il le tueur ? » et le dire, c’est déjà le sous-entendre, c’est planter la graine de la peur, de la suspicion dans l’esprit des gens.

J’ai été surprise de la direction de l’histoire, du fait que Bruce Wayne ait dû résoudre cette affaire de cette manière (no spolier) mais la résolution était un peu faiblarde je trouve, surtout pour ce mobile aussi futile et un peu capillotracté à mon sens.

D’ailleurs, nous n’étions même pas à la moitié du récit que l’affaire Jack The Ripper était déjà pliée, résolue et au suivant ! Purée, rapide… Trop rapide, on a l’impression que l’on a survolé l’histoire, l’enquête, la résolution…

L’histoire suivante met en scène un mégalo qui veut dicter sa loi aux autorités de la ville de Gotham sous peine de la faire brûler. Il y a de l’action, de la baston, c’est rythmé et même si tout se règle dans les dernières pages, il y a tout de même un autre responsable que ce fou de Leroy.

Pas tout à fait conquise par cet opus de Batman.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°243] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Hel’Blar – Tome 1 – Les chasseurs de Draugar : Sergio A. Sierra et Alex Sierra

Titre : Hel’Blar – Tome 1 – Les chasseurs de Draugar

Scénariste : Sergio A. Sierra
Dessinateur : Alex Sierra

Édition : Sandawe (2017)

Résumé :
Norvège, an 910. Quel ennemi peut être assez fou pour s’attaquer aux terribles Vikings ?

C’est la question que se pose le groupe de guerriers et guerrières lancé à la poursuite de deux guerriers apparemment invincibles qui ont attaqué leur village et enlevé leurs enfants.

Ils ne trouveront la réponse qu’au terme d’une traque aussi angoissante que sanglante…

Critique :
Voilà une bédé qui déménage ! Il y a tous les éléments réunis pour donner une histoire géniale : de l’action, des guerriers vikings, des massacres de villages, des créatures sorties tout droit de l’enfer…

Les dessins sont très bien exécutés, les ambiances sont sombres à souhait, le mystère est bien présent, le suspense est utilisé à bon escient, les causeries aussi et les créatures foutent encore plus la trouille dessinées en ombre.

Ok, ça sent le scénario classique, déjà vu mais vous savez aussi que le plus important est la manière dont on raconte l’histoire. Une vieille blague connue bien racontée me fera toujours de l’effet.

Bingo ! Les frères Sierra ont réussi à me raconter une histoire qui m’a prise directement dans ce premier tome, sorte de mélange d’histoire de vampires, de morts-vivants, de marcheurs blancs à la G.R.R Martin ou de 13ème guerrier, film avec Antonio Banderas où des saloperies surgissaient d’une brume plus épaisse que celle de Londres au temps du smog (oui, j’adore ce film).

Maintenant, je ne sais pas si les vikings, à cette époque, utilisaient des mots comme « tarlouzes » ou « machos décérébrés », ? Je n’ai pas suivi un cours sur leur langage, mais je doute que ces mots soient parfaitement A.O.C.

Comme dans tout bon scénario, faut monter un groupe pour tenter de récupérer les enfants enlevés par cette horrible engeance que sont les Draugars (connus aussi sous les noms de Hel’blar, de mort noire ou de guerrier non-morts).

Nous avons beau être dans un univers de testostérone, de guerriers qui pillent pour subsister, de types qui fêtent le premier guerrier ennemi qu’ils ont tué ou qui jouent à celui qui pisse le plus loin (ou celui qui a la plus grosse), les femmes ne seront pas laissées de côté dans cette expédition puisque deux les accompagneront et que ce sont de sacrées guerrières.

Un album fantastique (dans les deux sens du terme) dont le scénario, même s’il est classique, est bien mis en scène, dont le suspense est bien équilibré, ainsi que les passages action ou blabla, sans que l’un prenne le pas sur l’autre.

Franchement, une belle découvert et vu le final, je ne vais pas attendre plus longtemps pour lire le second et dernier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°242], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Le chant du bison : Antonio Pérez Henares [LC avec Bianca]

Titre : Le chant du bison

Auteur : Antonio Pérez Henares
Édition : HC (21/01/2021)
Édition Originale : La cancion del bisonte
Traduction : Anne-Carole Grillot

Résumé :
Il fut un temps où deux espèces humaines coexistaient sur terre : Homo sapiens et Néandertaliens. Que s’est-il passé pour que l’une d’elles disparaisse ?

Chat-Huant est encore jeune lorsqu’il voit arriver dans sa grotte celui que l’on surnomme l’Errant, que tout le monde craint et respecte. La solitude du petit garçon et son intelligence poussent le grand homme à l’emmener avec lui dans son long périple.

Un voyage initiatique commence alors pour le jeune Homo sapiens, qui découvre de nouvelles contrées, de nouveaux horizons, de nouveaux clans, leur art, le pouvoir des femmes… Il va aussi s’approcher de la vallée des Premiers Hommes où vivent Terre d’Ombre et les Néandertaliens.

Mais alors que les Lunes de glace deviennent de plus en plus rudes, alors que chaque nuit est une occasion de mourir, Chat-Huant et Terre d’Ombre comprennent qu’ils ne vont pas avoir d’autre choix que celui de s’affronter pour tenter de survivre.

Extraordinairement documenté, Le Chant du Bison est aussi un roman d’amour et d’aventure au temps de la dernière glaciation. Best-seller en Espagne dès sa sortie, Le Chant du Bison est particulièrement actuel, mettant en lumière les valeurs écologistes et féministes de nos ancêtres néandertaliens.

Critique :
S’il y a bien une matière qui me faisait chier à l’école, c’était celle consacrée à la préhistoire et aux hommes des cavernes… Faut dire aussi qu’on en a bouffé à chaque rentrée des classes, des hommes des cavernes !

La faute n’est pas imputable à nos lointains ancêtres mais à la manière dont les profs donnaient leurs cours, revenant sans cesse sur les mêmes sujets (et j’ai quand même tout oublié) et sur le fait que, nom d’une pipe, j’aurais préféré en apprendre plus sur mon siècle (le 20ème, merci de ne pas remonter plus loin) et sur les deux guerres mondiales que sur les hommes en fourrures qui vivaient dans des grottes.

Une fois adulte, maintenant que l’on sait plus de chose qu’il y a 35 ans (purée, on m’a appris des conneries à l’école !), le sujet est devenue bien plus passionnant ! J’ai dévoré la bédé Sapiens et je me suis jetée comme une affamée sur Le chant du bison.

Il faut saluer avant tout le travail de documentation de l’auteur, ses notes en fin de chapitres étaient remplies de détails historiques, des quelques licences que l’auteur parfois a prises avec l’Histoire. C’était très instructif car tout son récit s’appuie sur des faits avérés ou des preuves découvertes dans les grottes, essentiellement en Espagne et dans le Sud de la France.

Les chapitres sont assez courts, ce qui fait que le récit avance bien, surtout qu’il est en alternance avec les aventures de Chat-Huant, qui fait partie des Peaux Sombres (Sapiens) et de Terre d’Ombre, métis entre une Peau Sombre et un Pattes Courtes.

Les Pattes Courtes ne sont pas une manière polie de parler de personne de petite taille qui souffrent de verticalité contrariée… C’est tout simplement l’appellation d’un Néandertalien, dit aussi Premiers Hommes.

Qu’est-ce qui s’est passé entre les Sapiens et les Néandertaliens ? Pourquoi une race s’est-elle éteinte et l’autre à t-elle prospéré ? Génocide ? Extinction naturelle ? Impossibilité des Néandertaliens d’évoluer comme les Sapiens ont réussi à la faire, développant des armes de jet et racontant des histoires pour fédérer tout le monde ? Les meilleurs enquêteurs sont sur la piste : pour le moment, rien n’est exclu…

L’auteur, dans son roman, nous donne une piste, qui est tout à fait plausible car les Hommes de l’époque n’ont pas tellement changé par rapport à ce que nous sommes maintenant : lutte pour le pouvoir, magouilles et compagnie, mise à l’écart d’un bon élément s’il est susceptible de nous faire de l’ombre, peur des autres (ceux qui sont différents de nous qu’on prend toujours pour des sauvages, des barbares), très haute opinion de nous-mêmes (trop haute)…

Ce récit est une grande aventure qui nous fera voyager dans le Nord de l’Espagne et ce, jusqu’en France, dans le Sud, plus précisément à la grotte Chauvet. Là, j’était en terrain connu puisque j’ai eu la chance de visiter la réplique de cette grotte et putain de nom de dieu, c’était magnifique (mais 1h, c’est trop rapide, j’aurais aimé y flâner, mais ce n’était possible qu’en juillet/août à l’époque où le covid ne pourrissait pas notre vie).

Les personnages sont attachants, autant Chat Huant que l’Errant, que Pavot ou même Terre d’Ombre, qui cherche sa place, lui qui est un sang-mêlé. Hé oui, rien n’a changé !

Si les Sapiens aiment bouger, aller voir ailleurs, changer de territoire, les Néandertaliens sont plus casaniers, n’aimant pas changer de méthode quand une fonctionne très bien, n’aimant pas aller sur les territoires des autres afin de ne pas ramener la merde ensuite. On ne peut pas leur donner tort non plus…

Ce roman n’est pas à lire si vous voulez de l’action pure et dure et un récit qui avance à la vitesse d’un coureur cycliste dopé, dans une descente de montagne. C’est un récit qui prend son temps : celui de planter ses décors, de nous montrer les mœurs de nos ancêtres, de présenter ses personnages et de les approfondir.

Malgré tout, dès la première ligne avalée, j’étais immergée dans mon récit et j’avais du mal à le lâcher car c’était instructif, intéressant, bien écrit et malgré le fait que les dialogues sont courts et peu présent, je me suis attachée aux personnages et me suis gavée de cette histoire qui, si elle m’avait été présentée ainsi à l’école, m’aurais empêché de soupirer sans fin.

Une LC réalisée avec Bianca, qui avait attiré mon attention sur ce roman qu’elle venait de recevoir et j’ai dit oui tout de suite ! Aucun regret car c’était une super lecture qui m’a bien rempli mon petit cerveau. Tourner la dernière page m’a donné un petit coup au cœur car j’étais bien avec ces personnages. Pour Bianca, la lecture fut plus mitigée, trouvant le récit trop dense et contemplatif. Deux avis différents… Suivez le lien pour lire le sien.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°43].

Les Lamentations du coyote : Gabino Iglesias

Titre : Les Lamentations du coyote

Auteur : Gabino Iglesias
Édition : Sonatine (04/02/2021)
Édition Originale : Coyote Songs (2018)
Traduction : Pierre Szczeciner

Résumé :
La Frontera, une zone de non-droit séparant le Mexique des États-Unis. C’est là que sévit le Coyote. Personne ne connaît son nom, mais à quoi bon ? Il est le Coyote, tout simplement.

Celui dont la mission divine est de sauver des enfants mexicains en leur faisant passer clandestinement la frontière vers la terre promise. La Virgencita veille sur eux – et sur lui, son guerrier sacré, son exécuteur des basses oeuvres.

Autour de lui, d’autres habitants de la zone, confrontés eux aussi à la violence, au deuil, au désespoir. Tous résolus à se soulever contre un monde qui fait d’eux des indésirables.

Cavales, fusillades, cartels, sacrifices sanglants, fantômes et divinités vengeresses… L’heure de la revanche latina a sonné.

Critique :
Pour moi, le Coyote, c’est celui qui poursuit inlassablement le Road-Runner, celui qui se prend des explosions dans la gueule et des rochers sur la gueule.

Au Mexique, le Coyote, c’est celui qui fait passer la frontera aux migrants qui veulent aller dans le pays où un peroxydé à la mèche blonde orange ne voulait pas qu’ils aillent.

Si son premier roman était un récit linéaire, celui-ci est un roman choral et si certaines voix m’ont emportées, d’autres m’ont laissée indifférente.

Le point de convergence de ces personnages, c’est la frontière mexicaine-américaine.

Une fois de plus, l’auteur trempe sa plume dans une encre fort sombre, noire comme la nuit. C’est violent, très violent. Le monde des Bisounours n’existe pas, ici. Nous sommes dans un monde cruel, impitoyable et vous savez que même si c’est une fiction, elle exsude la réalité.

Oui, c’est d’un réalisme à couper le souffle, le tout teinté de magie, de croyances, de mysticisme, de légendes, sans oublier la présence omniprésente de La Virgencita. Elle se trouve même représentée sur le blouson du Coyote.

Dans ce monde de folie, la Vierge côtoie des hommes armés qui s’en remette à sa bénédiction avant chaque opération, qui font bénir leurs guns, qui l’ont gravée sur les crosses de leurs flingues et où même le padre peut être un ancien de la A.B.

Malgré tout cela, le premier roman restera mon préféré car dans celui-ci, parmi les six portraits, deux ne m’ont pas emballés (la mère et Alma) et un autre m’a semblé moins puissant que les trois autres (Jaime).

Cette différence de puissance dans les personnages m’a fait redescendre brusquement à chaque fois que le chapitrage me ramenait à ces deux portraits.

Dommage…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°213].

West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone : Fred Duval et Andrea Fattori

Titre : West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone

Scénariste : Fred Duval
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Productions (13/01/2021)

Résumé :
Cody est le meilleur chasseur de bisons de l’Ouest et il le prouve encore une fois en abattant 69 bisons sous les yeux ébahis des spectateurs venus assister au massacre orchestré par Buffalo Bill.

S’ensuivent alors des années fastes et la création du lucratif « Buffalo Bill Wild West » mais Cody, entre deux tournées, a besoin de souffler.

Il part en dépit des mises en garde chasser à Yellowstone.

Critique :
Buffalo Bill ! Quelle légende, quel C.V ! Ce mec a tout fait, dans l’Ouest, du Pony Express, du massacre de bisons, on dit même qu’il était à Little Big Horn.

Bref, cet homme est une légende de son vivant.

Oui, mais… Est-ce bien vrai tout ça ou bien est-ce des carabistouilles ? Parce qu’on a peu de preuves de tout ce qu’on dit qu’il a fait.

Aurait-il enjolivé les faits ou bien est-ce les autres qui en ont rajouté en racontant son histoire ?

Cet album ne vous donnera pas la vérité, mais une clé pour comprendre comment la légende s’écrit, qui la propage et tout ce qu’on peut broder autour des silences d’une personne.

Comparé à Sitting Bull, j’ai trouvé que cette histoire se lisait vite, bien trop vite… Je me suis retrouvée à la fin sans vraiment m’en rendre compte. Merde alors, déjà fini ?

Effectivement, pas de temps morts, pas le temps de se tourner les pouces, à partir du moment où Buffalo Bill met les pieds dans le Yellowstone, tout bascule et les emmerdes commencent.

Les dessins sont agréables à regarder, les couleurs sont belles, le rythme du scénario est rapide, mais heu, il manque tout de même des explications finales, non ??

Des types veulent la peau de Buffalo Bill, le poursuivent, le harcèle, tuent des gens et à la fin, on ne sait même pas le pourquoi du comment ? Bah, si, on entend le meneur se plaindre qu’il a ruiné sa famille, mais rien de plus.

Buffalo Bill est un alcoolo fini qui ne tient pas ses promesses et adore aller jouer aux cartes à Deadwood puis aller voir les putes. On se doute qu’il a dû froisser le monsieur qui veut lui bouffer la rate au court-bouillon.

Donc, les amis, ne faites pas chier le mec qui poursuit Buffalo Bill car il vous traquera impitoyablement et ne se privera pas pour dézinguer vos amis, connaissances… Violent comme procédé, mais nous sommes dans l’Ouest.

Pour le moment, c’est l’album dont le scénario est le moins abouti, même l’album Billy The Kid, avec sa narration non chronologique, avait plus de profondeur.

Ce quatrième album manque de développement, pour moi. Il est rythmé, a de l’action, du mouvement, on ne s’emmerde pas une seconde, mais j’ai eu l’impression qu’il manquait une case explicative de cette haine vouée à l’encontre de Buffalo Bill. Une sensation de trop peu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°187], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°13] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°42]

 

Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan : Jean-Luc Istin et Sébastien Grenier

Titre : Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Sébastien Grenier

Édition : Soleil (27/01/2020)

Résumé :
Antarya traverse une crise des plus graves depuis que la reine Nawell a perdu la raison. Lors d’une trahison de haut vol, elle fait exécuter ses soldats. L’orc Kronan, capitaine de sa garde en réchappe.

Pour lui, celle qui dit se nommer Nawell est une usurpatrice et il compte bien le prouver mais aussi se venger.

Et quand Kronan se venge, il trace toujours un sillon de sang sur son chemin.

Critique :
Quand Kronan fâché, lui toujours faire ainsi !

Non, non, il ne vous crachera pas dessus (quoique) tel un lama sur le capitaine Haddock, mais il laissera un sillon de sang sur son chemin à tel point que vous n’aurez pas besoin de GPS pour le suivre !

N’allez pas pour autant considérer que Kronan est un barbare ! Non, cet Orc est capitaine des gardes de la reine d’Antarya et si les hommes acceptent d’être conduit par un Orc, c’est qu’il a des vertus.

Mais quand la reine semble péter une durite et massacrer tout le monde, Kronan a les crocs et le crucifier n’est pas la bonne action à avoir si on veut en être débarrassé ! Kronan est un guerrier et un Orc n’a pas peur de souffrir, ni même de la mort.

Quelle bonne idée j’ai eue d’aller faire un tour à la librairie, moi ! Cherchant tout autre chose, je suis tombée en arrêt fixe sur la superbe couverture et j’ai embarqué Kronan en même temps qu’un Elfe et Buffalo Bill.

Les amateurs des romans de Robert E. Howard retrouveront sans doute ce qui faisait l’identité des romans originaux, tandis que moi, n’ayant jamais lu les romans ou vu les adaptations cinématographique avec Schwartzy, j’étais vierge de tout et j’en ai bougrement profiter pour me gorger de cette histoire de vengeance et de quête de la vérité.

On peut dire ce qu’on veut, mais les scénaristes de la saga Orcs & Gobelins ont réussi à rendre les culs verts sympathiques, malgré leur violence et Kronan fera partie de mes chouchous car j’ai aimé sa vaillance, ses stratégies, sa fidélité aussi.

Les dessins sont un régal pour les yeux, avec de la finesse, le sens des détails et j’aurais aimé feuilleter l’édition Noir & blanc, mais ce sera pour une autre fois.

Le scénario a aussi tout du conventionnel : une reine qui devient sanguinaire, un prince consort et qu’on devrait laisser à l’intérieur, la soif de pouvoir, de sang, l’emprise d’un démon, des mages, des nécromanciens et un Orc qui rêve de vengeance, de la baston, des pillages, de l’action et du rythme.

Mais, une fois de plus, c’est la manière de raconter l’histoire qui est importante, les dialogues, la profondeur des personnages, leur manière d’interagir et ici, malgré les ingrédients habituels, le plat servi était un trois services, plus dessert : copieux et délicieux.

Conan le Barbare est peut-être devenu Connard le Barbant, sorte de Musclor atrophié du cerveau, entouré de belles nymphes tout aussi sans cervelle (sous la plume de Lyon De Sprague de Camp) mais Kronan l’Orc n’est pas comme lui : il a un cerveau et il sait s’en servir !

Une fois de plus, un excellent tome d’Orc & Gobelins !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°185] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°11].

Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic

Titre : Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil Productions 1800 (26/05/2011)

Résumé :
Nouvelle-Angleterre, 1850. Le jeune Ishmaël écoute avec incrédulité le récit que lui fait Herman Melville…

L’écrivain lui conte l’aventure fantastique d’un capitaine baleinier, Achab, embarqué pour une campagne qui l’entraînera aux confins des océans de la folie !

Ainsi que le destin de ce marin au corps couvert de cicatrice, qui sera peut-être le dernier espoir des matelots du Pequod.

Ishmaël ne croit pas ce que Melville lui raconte. Il ne croit pas à la folie du survivant d’un naufrage passé, qui délire et parle dans une langue qu’aucun humain ne connaît.

Et il ne croit pas à l’apparition de ce monstre tentaculaire qui envoie les navires par le fond. Ishmaël ne croit pas à la légende du Kraken.

Critique :
J’avais eu peur que le second tome ne fasse pchiiittt après un premier que j’avais apprécié, mais il n’en fut rien.

Mes attentes étaient de passer un moment de folie en mer, avec des marins courageux, un monstre horrible qui se nomme kraken, Cthulhu et de voir quel rôle on allait réserver à l’homme au mille cicatrices…

Mes attentes n’ont pas été déçues, j’ai vibré, j’ai admiré les beaux dessins, les détails, les couleurs superbes et cela m’a évité d’avoir mal au cœur sur la mer en furie (de vomir mon quatre heure et mon midi aussi).

Les puristes diront qu’on prend ses aises avec le roman de Moby Dick, avec le mythe du Chtulhu, même avec celui de la créature, mais puisque je ne voulais pas me prendre la tête, je ne me la suis pas prise.

On a de l’action, du rythme, même si on est coupé dans notre élan par Melville qui raconte cette histoire au jeune Ishmaël qui n’en croit pas un mot, bien entendu et qui lui annonce que le public ne voudra jamais d’une histoire pareille.

Peu de répit durant la lecture, un combat titanesque entre les hommes du Péquod, commandé par le Capitaine Achab, qui fait une fixette sur le kraken…

Les combats sont bien lisibles, les dessins de Bojan Vukic sont magnifiques et ma foi, il ne manquait plus que les éclaboussures d’eau, les embruns et l’odeur de poisson avarié du poulpe Cthulhu pour avoir l’impression d’y être.

Comme le match allé s’est soldé par un nul partout, avec des blessés, on aura droit au match retour entre Poulpy et Achab, avec une recrue de choix en la personne de monsieur cicatrices.

Faut pas chercher de la profondeur, il y en a peu, mais niveau action et rythme, on est servi car pas de répit pour Poulpy ! De plus, cela donne un bonne explication à la traque de folie que Achab livrera dans le futur roman de Melville.

À lire sans se prendre la tête tout en mangeant du poulpe grillé afin d’être dans le thon de l’album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°180], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°39] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°06].