[FILMS] Les nanars de Dame Ida – La momie de Alex Kurtzman (2017)

Titre : La Momie – The Mummy

Production : Universal Pictures

Réalisateur : Alex Kurtzman

Avec : Tom Cruise, Russel Crowe, Annabelle Wallis

Sorti en 2017

Intro Allociné :
Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain.

Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.

Note des spectateurs Allociné : 2,5/5

Note des critiques de presse sur Allociné : 2,3/5

Note Télérama : 1/4

Ce que j’en ai pensé :
Ah! La dure vie que celle de mère de famille !

Outre le fait que les enfants coûtent cher et fassent vite de vous une esclave domestique, vous devez passer du temps avec eux et les accompagner parfois au cinéma ou regarder avec eux des films en VOD…

Et disons que… Les choix cinématographiques des ados sont parfois déconcertants.

Grâce à ma progéniture j’ai donc dû découvrir l’un des grands navets du début du XXIème siècle : La Momie.

Laquelle ? Et bien bonne question… Puisqu’on ne peut pas dire que Tom Cruise et ses amis aient fait preuve d’originalité dans le choix de cette thématique.

En effet suite à la légendaire malédiction de Tout Ank Amon au début du XXème siècle, le thème avait était déjà traitée en long en large et en travers par le cinéma muet, le noir et blanc parlant, puis les premiers films couleurs…

On avait même eu le droit en 1999 à une saga plus récente avec le délicieux Brendan Fraser et le très musclé Arnold Vosloo…

Le premier volet reprenant les grandes lignes de l’histoire de la momie d’un prêtre maudit se vengeant des archéologues qui avaient mis la main sur sa momie et ses richesses… et voulant reconquérir le sosie de sa bien aimée.

Ben oui, on a beau être un monstre ou une carcasse vide farcie d’aromates, on n’en a pas moins besoin d’amuuuur!

La saga de 1999 m’avait plu car grâce au ton de comédie qu’elle employait de façon plaisante, elle faisait oublier le caractère peu crédible de ces histoires fantastiques ancrées dans les traditions d’une mythologie à laquelle plus personne ne croit depuis des millénaires.

On la regarde aussi bien pour rire que pour les effets spéciaux et les splendides décors… Et les références archéologiques bien que débordant du cadre académique restaient assez crédibles.

Mais avec le film de 2017, non seulement on a  l’impression que le soleil ne se lève jamais une fois arrivé à Londres où les momies ne font pas non plus trop couleur locale (bon, je vous l’accorde, le soleil n’est pas ce qui caractérise mieux la capitale britannique…) mais en plus tout le monde se prend très très très au sérieux.

Sans déconner… Qui peut parler avec sérieux de momies maudites sans passer pour un dingue ou sans que ça ne sonne carrément faux ?

Or donc, Nick Morton est un militaire américain qui profite de faire la guerre au moyen orient et de la confusion engendrée par les islamistes détruisant les œuvres antiques pour mettre la main sur des trésors archéologiques à vendre au marché noir…

Déjà le mec… profiteur de guerre, trafiquant, arrogant et parfaitement égocentrique… il n’est pas sympathique…

Et puis comme il est joué par le N°2 de la scientologie qui fait la leçon au monde sur le fait qu’il détient la vérité, son amoralité est encore plus irritante, non ?

Et encore, il a piqué la carte aux trésors en fouillant les papiers d’une archéologue avec qui il venait de coucher.

Bref, un parfait gentleman, non ?

Le film n’est pas commencé depuis un quart d’heure qu’on a juste envie de voir le héros se faire fusiller. J’avoue que ça n’aide pas à apprécier la suite.

Et voilà qu’il découvre la momie d’une ancienne princesse égyptienne maudite et enterrée vivante pour avoir passé un pacte avec le dieu Seth afin de prendre le trône de son père qui devait échoir à son petit frère.

Sans le savoir et afin de s’en mettre plein les fouilles sans doute, cet abruti de Morton brise les sortilèges qui neutralisaient les pouvoirs de la momie, et voilà la diablesse libérée qui va aller foutre le boxon à Londres pour retrouver les accessoires qui lui manquent pour accomplir un rituel qui la rendra toute puissante et lui permettra de dominer le monde. Rien que ça.

Ce film qui était donné comme un reboot s’inspirant de la saga de 1999, et devait donner lieu à une suite qui n’a jamais vu le jour. Le public ne peut que s’en réjouir vu la daube que le premier volet représentait.

Ben oui, quand on prétend faire un reboot… on reste un minimum fidèle au point de départ.

Là c’est carrément autre chose : il ne s’agit pas de la momie d’un prêtre renégat enterré vivant (Tiens ? alors pourquoi courre-t-il après ses vases canopes censés contenir ses viscères dans le film de 1999 ??? bon là je vous l’accorde ils ont commis une bourde…), mais d’une princesse qui s’était alliée les puissances des ténèbres pour régner. Parité oblige sans doute ?

Il ne suffit pas de nous faire entre rapidement apercevoir le livre des morts de la saga de 1999, et de coller des araignées pouvant faire penser aux scarabées mangeurs de chair, ou que la momie se requinque en bouffant les fluides vitaux de ses victimes pour qu’on puisse dire qu’il s’agit d’un reboot.

En plus leur momie est pathétique… Elle est tatoué avec des caractères qui tiennent plus de l’alphabet runique celte que des hiéroglyphes égyptiens !

Sur le plan historico-archéologique une telle confusion jette un discrédit éternel sur les crétins qui ont produit cette bouse.

Et puis Seth… nan… c’est pas le dieu des morts non plus… Dans la bouche d’archéologues c’est dramatique parce qu’une telle erreur est éliminatoire en première année d’égyptologie !

Le dieu des morts c’est son frère, Osiris (*). Seth c’est seulement le vilain méchant pas beau du panthéon.

Et puis pourquoi ont-ils eu besoin de rajouter des templiers dans l’histoire ? C’est un artifice scénaristique pour justifier de délocaliser le film à Londres sans doute parce que ça coûtait moins cher que de faire des décors égyptiens ?

Pire encore… On nous colle le Dr Jekyll et Mister Hide dans l’histoire !!! Vous voyez le rapport avec la choucroute, vous ? N’importe quoi !!!

Et je vous passe les fines allusions totalement inutiles au loup-garou de Londres (Morton est hanté par le fantôme d’un type qu’il a tué), aux histoires de vampires ou de zombies…

Et vu la nullité de l’ensemble vous ne m’en voudrez certainement pas de spoiler un peu et de vous révéler que notre N°2 de la scientologie devient carrément le dieu qu’il rêve de devenir à la fin !

Nan mais je vous jure ! Prend-on les spectateurs pour des cons prêts à gober n’importe quoi ? Comme s’il suffisait de piocher dans toutes les thématiques ou dans le supermarché des grands films fantastiques pour se faire un cocktail correct ! Là on a juste un patchwork mal cousu et dont les carrés ont été très mal choisis.

Et puis… faut qu’il arrête Cruise… Il est comme tout le monde… il chope des rides… faut qu’il cesse de faire croire qu’il a 20 ans de moins…

Déjà qu’on a du mal à croire que son QI dépasse le 85 qui le ferait rentrer dans la norme basse…

Et puis, depuis que son charme de bogosse n’opère plus on se rend compte avec horreur qu’il joue comme un pied (note de la Belette Cannibal : Cruise a été désigné responsable du fiasco de ce film ! La star aurait exercé un contrôle excessif sur tous les aspects de la production du blockbuster et aurait transormé le film en ode à sa propre gloire – Fin de la note, vous pouvez reprendre une activité normale).

Son jeu et sa gestuelle sont surfaits au point de friser le ridicule. Sa façon de jouer le « je me prends au sérieux » me fait carrément penser aux mimiques de Trump.

C’est vous dire si ça fait authentique ! Les autres acteurs ne sont guère plus brillants (à part Annabelle Wallis), notamment la momie qui aurait mieux fait de rester muette sans doute…

Mais en même temps avec une histoire et des dialogues aussi mauvais, pouvaient-ils faire mieux ?

Bref, un reboot totalement raté et dont on a certainement renoncé à produire la suite il n’est pas près de faire oublier la série qui la précédé (La momie – Le retour de la Momie – La tombe de l’empereur dragon).

(*) Oui, Dame Ida à raison ! Non, ce n’est pas Anubis (le mauvais jeu de mot n’est pas loin) qui est le Dieu des Mourus ! Tu veux des preuves, lecteur/trice sceptique ? Dans les croyances des Égyptiens de l’Antiquité, c’est Osiris qui règne sur le monde des morts. Quand quelqu’un meurt, il comparait devant Osiris, afin d’être jugé. Un tribunal des morts est constitué par Anubis (il est là, le dieu à tête de chacal), le dieu de l’embaumement, Maât, la déesse de la justice, et présidé par Osiris. Ils auraient demandé Vikidia, ils l’auraient su !

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Shiloh : Shelby Foote

Titre : Shiloh

Auteur : Shelby Foote
Édition : Rivages (06/02/2019)
Édition Originale : Shiloh (1952)
Traducteur : Olivier Deparis

Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France.

Un de ses livres les plus importants en Amérique s’appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps.

Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable devant le spectacle de la violence et la mort. Tous les paradoxes à l’œuvre dans une guerre.

Critique :
Si avant ce roman on m’avait parlé de « Shiloh », j’aurais de suite pensé à Alambix (Astérix et le bouclier Arverne) désignant une réserve de grain, de son parler bien particulier.

Raté et j’ai moins envie de rire car Shiloh est le lieu d’une bataille durant la guerre de Sécession, 6 et 7 avril 1862.

Moins connue que celle de Bull Run, mais tout aussi absurde, inutile, sanglante et tout ce que vous voulez comme adjectif désignant les guerres.

Shiloh, en fait, c’était petite chapelle du sud-ouest du Tennessee et durant quelques jours, ce ne fut pas un lieu de paix ou de recueillement mais un lieu où des hommes se donnèrent la mort et où certains prirent peur.

Renseignements pris sur Wiki, il parait que l’armée de l’Union déplora 13.047 victimes (1.754 tués, 8.408 blessés et 2.885 disparus) et les pertes des Confédérées furent de 10.699 hommes (1.728 tués, 8.012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).

À ce moment là, ce fut une des batailles plus sanglantes de l’Histoire des États-Unis. Qui l’eut cru ?

Les deux camps furent horrifiés par le carnage (tu m’étonnes). Personne ne pensait que la guerre allait durer encore trois années et que huit batailles allaient être encore plus sanglantes… Glaçant, n’est-il pas ?

Tiens, Wiki me dit aussi qu’en hébreu, Shiloh signifie « havre de paix » et désigne, soit la ville de Silo (Canaan), soit la figure biblique Shiloh (figure biblique) dont la signification est contestée. La vie est ironique, je trouve…

Ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs, les questions, les attentes sont les mêmes, qu’ils soient simples soldats, artilleurs ou officier.

Après ma lecture, je serais incapable de vous faire un cours sur cette bataille, mais je pourrais vous résumer la chose en un seul mot : bordel ! Oui, c’est le mot car c’était un sacré bordel sur le champ de bataille et, comme dans toutes les guerres, cette bataille était absurde et les gains minimes en cas de victoire.

Juste pour faire mousser les officiers… Comme toujours. Mais qui monte au front ? Les soldats, même si, dans ces armées, nous avons des officiers pourvus de sacrées paires de coui**** car ils chargent en tête, avec leurs hommes et font preuve de bravoure (ou de folie pure, les deux termes sont jumeaux).

Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Un récit qui nous plonge au cœur de la bataille, dans l’exaltation avant les combats, dans les conditions météorologiques déplorables avec de la boue, de la pluie, du froid, qui nous laisse voir les craintes des hommes quand la bataille a commencé et les horreurs que ce genre d’activité réserve : douleurs, amputations, blessures, confusions, morts, décisions imbéciles…

Je vous avoue avoir soupiré d’aise une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, les cris des soldats m’ont poursuivis et il me faudra un certain temps avant de rire devant un ancien album des Tuniques Bleues.

Terrible et magnifique en même temps. Il était plus que temps que ce roman nous parvienne dans sa traduction pour les francophones.

Heimaey : Ian Manook

Titre : Heimaey

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel

Résumé :
Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard.

Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye.

Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca.

Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.

Critique :
Ayant découvert la Mongolie avec l’agence de voyage Manook, je me réjouissais de rependre mon paquetage et de repartir avec lui sur les pistes mongoles.

Pas de bol, il a arrêté cette destination et cette année, puisqu’il nous proposait l’Islande, j’ai mis mon passeport à jour et j’ai embarqué pour le pays des trolls, des elfes, des fées, des légendes et des petits chevaux à l’allure si confortable du tölt.

Après avoir lu Yeruldelgger, je n’avais qu’une seule envie, partir en Mongolie et voilà qu’une fois de plus, je rêve de visiter l’Islande, cette terre perdue que j’avais déjà explorée avec ce bon vieux Erlendur, le policier bougon d’Arnaldur.

Niveau dépaysement policier, j’ai été servie puisque Kornélius, notre policier, a plus du Yeruldelgger que du Erlendur ! Baraqué comme une montagne, costaud comme un Troll, se fichant de la hiérarchie, menant son enquête comme il l’entend et, tout comme son homologue mongolien, il s’envoie en l’air avec la médecin légiste !

Mais dans ce pays, tout le monde se balade à poil, baise avec tout le monde, à deux ou plus, sans que cela pose le moindre problème à personne… Ils sont libérés ! Et le premier qui chante ♫ libérée, délivrée ♪ je l’assassine !

Sinon, la comparaison s’arrête là car la trilogie mongole n’a rien à avoir avec ce polar islandais.

Visiter un pays, avec l’agence Manook, c’est, entre autre, bouffer des sites majestueux, mais aussi explorer la face plus sombre du pays, son côté moins carte postale, le tout accompagné de personnages hauts en couleur que l’on a du mal à laisser sur place pour réintégrer la réalité.

Si les voyages forment la jeunesse, alors, l’agence Manook me propose une sacrée cure de rajeunissement à chaque roman, tout en m’instruisant pendant que l’on enquête sur les morts qui parsèment chacune de mes excursions.

On pourrait penser que le voyage proposé par notre Tour-Operateur est tout organisé et que nous n’aurons aucune surprise durant notre périple. Que nenni !

Suivez bien les coordonnées GPS et vous tomberez ensuite sur de multiples petits fils rouges qui au final, n’en formeront qu’un seul, vous donnant un panorama où tout n’est pas noir ou blanc, mais irisé de multiples couleurs et où tout le monde a quelque chose à se reprocher.

Ne plus aller en Mongolie m’avait profondément attristée, mais je suis prête à signer pour repartir en Islande, que ce soit en voiture, en hélico, en drone, à pied, à vélo ou à cheval. Ma valise est prête, m’sieur Manook !

Un polar qui part dans une direction inattendue et un voyage père-fille qui ne se déroulera pas tout à fait comme le père l’avait pensé, lui qui voudrait ressouder les liens avec sa fille et qui va se retrouver à cavaler sans plus savoir à quel saint (sein ?) se vouer.

Normal que tout ne se passe pas comme prévu, nous sommes sur des terres de légende, dans un pays exceptionnel où la Nature et les Hommes sont imprévisibles (et les banquiers véreux).

Anybref, excellent moment de lecture avec ce polar islandais, mélange de road-movie et de thriller, mêlant habillement le périple de deux français en Terres Islandaises avec ses légendes, ses paysages époustouflant, ses habitants bien campés, ses policiers non armés, son passé et ses cadavres en tout genre.

Je ne peux que vous recommander de vous envoler pour l’Islande en compagnie de Manook Ian Air. Veuillez éteindre vos cigarettes et attachez vos ceintures !

Ah non, on ne dit plus ça… Veuillez éteindre vos portables !

♫ Nous étions jeunes et larges d’épaules
Bandits joyeux, insolents et drôles
On attendait que la mort nous frôle
On the road again
On the road again. ♪ (Lavilliers)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

La légende de Santiago : Boris Quercia

Titre : La légende de Santiago

Auteur : Boris Quercia
Édition : Asphalte Noir (11/10/2018)
Édition Originale : La sangre no es agua (2019)
Traducteur : Isabel Siklodi

Résumé :
Rien ne va plus pour Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili. Sa fiancée Marina ne l’aime plus, ses collègues policiers le méprisent, et il est rongé par la culpabilité depuis qu’il a aidé son beau-père, gravement malade, à mourir.

Aussi, quand il tombe sur le cadavre d’un trafiquant dans un resto chinois, son premier réflexe est d’empocher la demi-livre de cocaïne pure qu’il trouve également sur les lieux.

Un coup de pouce bienvenu pour traverser cette mauvaise passe, d’autant qu’on vient de lui confier une enquête sensible sur des meurtres racistes…

Mais ce faux pas ne va pas tarder à le rattraper.

Critique :
Me voici revenue du Chili où j’ai été enquêter sur des crimes lâches avec Santiago Quiñones.

Au passage, j’ai sniffé de la coke, subit un tremblement de terre, pris des coups dans la gueule, euthanasié son beau-père avec un coussin, cassé la gueule d’un pauvre innocent, et j’en passe.

– Toi, Santiago, quand tu fous la merde, tu ne la fous pas qu’à moitié.

C’est comme ça lorsqu’on suit les pas de Santiago Quiñones, on ne sait jamais trop dans quoi on va s’embarquer, juste que ce sera un truc assez barge, à la limite de la légalité, qu’on passera la ligne rouge de nombreuses fois car notre flic n’en est pas à une près. Je connais l’animal, ce n’était pas ma première.

Un clou chasse l’autre. Il y a toujours quelqu’un de plus méchant que toi, qui par comparaison te donne l’impression d’être un ange.

Niveau enquête, on ne peut pas dire non plus qu’on s’est foulé, Santiago et moi… Pas trop vite les gars, on ne se cherche pas du boulot non plus. Que les petits jeunes se fassent les dents sur les enquêtes, ils ne sont pas encore blasés, eux…

Moi, ça m’est égal, ils sont jeunes, ils débutent. Je demande à les voir dans quelques années, quand ils auront de la bedaine, quand ils éviteront de se mouiller, quand ils trahiront leurs propres principes et seront corrompus comme tout le monde. Mais je ne serai plus là pour le constater. Je serai certainement déjà quelques pieds sous terre, et cette enquête n’y changera rien.

Santiago Quiñones est un flic chilien qui n’entre dans aucune catégorie… Oubliez les fins limiers tels Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Columbo et même Navarro, notre policier n’a rien reçu en héritage de ceux-là.

Les promotions ne sont pas pour lui, il est bordeline, ne s’embarrasse pas avec les règlements, sniffe de la coke volée, trompe sa femme, est un électron libre, vous montre un visage impassible en toutes circonstances et est poursuivi par sa « légende noire », comme il l’appelle.

« Je suis la pomme pourrie dans le panier, personne ne veut rester dans mes parages. Je suis l’exemple même du flic raté, qu’on montre du doigt aux nouveaux. Pour recadrer un petit jeune, j’ai entendu un collègue dire : « Si tu continues comme ça, tu vas finir comme Quiñones. » Je suis une légende, ils me croient capables de tout, et comme souvent dans les légendes, tout est faux. »

Peut-être que tout aurait été différent si je n’avais pas laissé les petits jeunes jouer aux détectives. Je serais allé droit au but, en commençant par passer les menottes au suspect et l’attacher à la cuisinière avant même de lui demander son nom. Mais c’est justement ce genre de réflexes qui m’ont toujours empêché de grimper les échelons. Je ne voulais pas en rajouter avec ma légende, je les ai laissés faire pour qu’ils apprennent le métier.

On ne se plonge pas dans un récit de Boris Quercia pour lire une enquête policière digne de ce nom : son flic est blasé, il n’enquête pas trop fort pour certains délits, bien que pour d’autres, il soit prêt à tuer les coupables, mais ce n’est pas en surchargeant ses narines de poudre blanche qu’on résout une affaire.

En fait, on lit l’auteur pour découvrir un portrait de la ville de Santiago du Chili comme aucun Tour Opérateur ne vous montrera. Avec Quiñones pour guide, on passe de l’autre côté du décor de carte postale et on explore les faces cachées et sombres de la faune chilienne.

Le Chinois a trois fils, tous délinquants – ils doivent avoir repris le flambeau. Un banal changement de gérance. Tant qu’il y aura des acheteurs, il y aura des vendeurs. À quoi ça sert de mettre en taule le dealer de service ? À rien, il sera remplacé par un autre et tout continuera comme d’habitude, eux qui trafiquent et nous à leurs trousses. C’est l’heure de la récré, on va tous dans la cour jouer aux gendarmes et aux voleurs.

Dans ce pays, c’est pas la modestie qui nous étouffe. Tout le monde sait comment améliorer notre économie, mais bizarrement, ça continue d’aller mal.

La première fois qu’on lit Quercia, on pourrait être perturbé par ses multiples retours en arrière afin d’explorer la vie de ses personnages, mais une fois qu’on a pris le pli (il vient très vite), on s’amuse de cette manière de faire redescendre l’adrénaline et de faire durer le suspense.

Pas de temps mort, même lorsque notre flic est face à sa mère qui ne se remet pas de la mort de son second mari, même face à ses problèmes avec son demi-frère qu’il vient de rencontrer ou face à ses aventures sexuelles assez folles (on est vachement plan-plan face à Santiago !!) ou ses soucis avec le contrôle anti-dopage.

Elle met de la poudre sur ma bite, dure comme un bâton. Elle ressemble à un beignet couvert de sucre glace.
Ensuite elle revient sur moi, me montrant son dos, et guide doucement ma bite jusqu’à son cul. Elle m’enfourche petit à petit et je rentre en elle doucement jusqu’à ce que ses fesses se posent sur mes hanches. On reste un moment comme ça, sans bouger. Angélica gémit. On ne bouge pas, mais elle me serre puis relâche à l’intérieur et c’est comme si elle me suçait. La coke se mêle à notre sang comme si des milliers de points traçaient des lignes de plaisir qui vont jusque dans ma tête. Angélica gémit encore et commence à bouger doucement en avant et en arrière, jusqu’à ce que j’explose en elle.

« Elle ne m’a jamais laissé l’enculer, il me dit, complètement bourré, un peu amusé et à la fois désemparé.
– C’est parce que tu ne bandes pas, gros lard… »

C’est toujours avec brio que l’auteur relance la machine, sans qu’elle s’essouffle et sans faire d’esbroufe car les emmerdes qui surgissent dans la vie de Santiago suffisent à alimenter la machine, le tout pimenté de soucis avec un peu tout le monde, que ce soit des bandits, des flics, sa mère ou des femmes un peu trop fatales.

Coucher avec Angélica de temps en temps réveillait mon amour pour Marina. Évidemment, il est impossible d’expliquer ça à ta femme.

Les 250 pages passent trop vite et on se surprend, au moment de tourner la dernière page, d’en redemander encore un peu plus. Merde, c’est fini…

Un roman brutal, sombre, violent, dont le personnage principal par en long dérapage incontrôlé et voit sa vie de merde partir en couilles sans qu’il ne puisse rien faire d’autres que de s’enfoncer un peu plus dans les ennuis car c’est plus fort que lui, Santiago a un côté destructeur.

Un flic torturé, déglingué, cynique, sarcastique, adepte de sexe et de coke, sans oublier les cigarettes et qui voit sa ville changer sous ses yeux, avec l’augmentation de la pédophilie, la montée de la xénophobie et des extrémistes en tout genre, prêt à tout pour rendre le Chili aux Chiliens.

Il nous insulte copieusement et nous sort le typique « vous ne savez pas à qui vous avez affaire », ainsi que l’autre grand classique de ceux qui regardent beaucoup la télé : « Je veux parler à mon avocat. » Il me gonfle tellement que je lui lance :
« Ton costume nazi, il est dans le coffre ? Ou c’est ton petit noir qui te le repasse ? »

C’est fantastique d’être chef, on peut dire une chose un jour et son contraire le lendemain, et ça passe crème. On ne demande de la cohérence qu’aux subalternes.

Allez, je pourrai encore un peu profiter de mon flic borderline avec le premier tome de la trilogie, le seul que je n’aie pas encore lu (Les rues de Santiago).

Personne n’a jamais rien fait, personne n’est jamais coupable de rien. Tout le monde a toujours de bonnes raisons, des politiciens véreux aux pédophiles. Les premiers disent que c’est la seule façon de financer la politique, les seconds que les enfants les ont provoqués, mais ils sont tous innocents, c’est toujours les circonstances.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Nains – Tome 11 – Torun de la forge : Nicolas Jarry & Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 11 – Torun de la forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions – Heroic Fantasy (août 2018)

Résumé :
Fuyant la vengeance d’un maître du Talion, la famille de Torun s’est exilée à l’autre bout du monde.

Le jeune nain se retrouve alors sans mentor pour lui enseigner l’art de la forge. Le prêtre du village se propose de le prendre comme disciple afin qu’il puisse lui succéder.

La mort dans l’âme, il s’apprête à accepter quand sa route croise celle d’un ermite à moitié fou, un nain vivant comme une bête au fin fond des bois…

Critique :
Si dans le cycle des Elfes j’ai une préférence pour la saga des Elfes Noirs et Sylvains, dans le cycle Nains, ma préférence va à ceux de l’ordre de la Forge et des Errants car ce sont souvent eux qui m’ont apporté le plus d’émotions.

Le premier tome, avec Redwin de la Forge était époustouflant et celui avec  son fils cadet, Jorun, tout autant.

Dans ce tome 11, nous entamions une autre histoire, avec d’autres personnages, mais puisque les albums de cette saga font partie d’un tout, on croise souvent des têtes connues.

Direction la terrible Légion de Fer, celle où les Nains s’engagent lorsqu’ils veulent fuir les règles, le poids de la tradition naine, le déshonneur ou la justice… Là, on ne vous demandera rien, si ce n’est de savoir vous battre.

Un guerrier forgeron va nous conter une histoire, alors qu’il s’éloigne de la tente d’un instructeur, après lui avoir donné un couteau forgé de sa main.

Il fait nuit, il tombe des trombes d’eau et le dessinateur a réussi à donner à ce temps de merde une réalité grâce à ses traits précis et l’utilisation de couleurs sombres.

Une fois de plus, le scénariste nous entraîne dans une histoire connue : le poids des fautes du père, l’entêtement, l’exil, le poids des secrets, le dépassement de soi, les rêves improbables et une enfance difficile, sans les parents, aux côtés d’un grand-père, d’une gamine et d’une grande sœur qui trime pour faire bouillir la marmite.

Oui, on est dans du déjà-lu, du connu, mais le gamin qui nous raconte son enfance, ses rêves, ses espoirs et sa rencontre avec un vieil ermite le fait si bien qu’on ne peut être conquis par ce Marmouse un peu borné, qui aurait aimé être forgeron, comme son père, si celui-ci ne les avait pas contraint à fuir avant de mourir, laissant ses enfants à son propre père, infirme.

Torun aurait aimé suivre une voie, mais celle-ci lui est fermée, son grand-père se trouvant médiocre forgeron et le gamin étant trop âgé que pour entrer en apprentissage : alors il cherche sa voie, prêt à tout pour forger, quitte à s’engager dans la Légion de Fer alors qu’il n’a pas l’âge. Mais celle-ci n’accepte pas les gamins.

— Quelles que soient les circonstances qui te poussent à vouloir t’engager, il va falloir y faire face en véritable poilu, Torun… On ne grandit pas en fuyant les épreuves, mais en les traversant.

Il avait la rage sur la terre entière à cause du fait qu’ils vivaient comme des Errants alors qu’ils appartenaient à ceux de la Forge, et là, c’est la douche froide… Va falloir devenir membre du Temple comme préconisé par son papy ? Ça le fait chier, le Torun. Ne lui reste plus que l’ermite qui vit dans la forêt…

Des épreuves, notre garçon va en vivre quelques unes traumatisantes et comprendre que le comportement de renoncement qu’il a méprisé il y a peu peu lui tomber dessus sans coup férir et le laisser aussi inerte qu’un rat mort.

Son apprentissage, il va le faire dans le sang, la colère mais aussi dans l’amour des siens.

Les scènes de combats sont magnifiques, détaillées, pleines de vigueur, de sang, de combat de grands guerriers, sans compter qu’il faut aussi expliquer aux autres QUI a tué des familles de fermiers sans défenses… et arriver à deviner l’identité de ce vieil ermite un peu fou mais qui sait forger et qui va nouer avec Torun les liens qu’il n’a pas su nouer avec son cadet.

Torun est un jeune Nain qui m’a conquise, emportée, pour qui j’ai frémi. Tous les codes de la fantasy sont réunis, accompagnés de ceux de notre société à nous et de nos travers habituels (dont celui d’éliminer les autres pour avoir tout).

Un album à lire, une saga à découvrir, enfin, pour ceux qui aiment la fantasy… Bien que, au final, on soit toujours dans une critique et une analyse de notre société humaine. En cela, nous sommes les meilleurs inspirateurs qui soient.

Mon père m’a dit un jour qu’il n’existait pas de poilus médiocres, seulement des poilus qui n’avaient pas eu la chance de rencontrer un maître capable de révéler leur talent…

Un diction dit que celui qui renonce pourrait bien le faire un instant avant qu’advienne le miracle. Alors nous ne renonçons pas. Nous attendons le miracle. Et les quelques instants que nous grappillons font parfois la différence entre la vie et la mort… Entre la défaite et la victoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier : Nicolas Jarry & Nicolas Demare

Titre : Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil Productions (24/01/2018)

Résumé :
Trente-huit ans ont passé depuis la mort de la jeune Tiss. Abokar a été le seigneur de bataille du grand-père du roi actuel. Il est vieux, très vieux, il combat depuis plus d’un siècle. Il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il a été jadis.

Son corps, habitué à la rudesse des campagnes, le fait souffrir, et ses pensées semblent parfois le fuir… Abokar sait qu’il est temps pour lui de tirer sa révérence…

Critique :
Non, je ne fais pas comme le Maréchal Groucho… Grouchy (pardon) et arriver après la bataille ! D’accord, l’album est sorti en janvier 2018, mais je profite toujours de mon anniversaire fin novembre pour me faire offrir les dernières bédés manquantes à ma collection.

Pardon pour ceux qui n’aiment pas ça, mais dans les prochains jours, vous risquez de voir défiler des Nains, des Elfes, des Orcs et des Gobelins.

Mon cher et tendre a fait le plein (mdr)… Manu, si tu me lis… Descends ! (les fans des Inconnus comprendront).

Mais je m’égare ! Un qui ne s’égare pas, c’est Abokar, vieux chef des armées, un Poilu habitué à tenir le rang, à se battre et un stratège hors pair ! Ze Napoléon, en version Austerlitz et pas Waterloo, bien entendu.

Bérézina pour ce grand chef, il est atteint d’une maladie dégénérescente qui le fait trembler et risque de le faire mourir dans d’atroces souffrances et surtout, de le faire pisser eu chier sous lui et ça, il n’en est pas question pour lui !

Habitué à donner des ordres, à se faire obéir et à envoyer bouler les politiciens ou banquiers, Abokar a du mal à accepter se déchéance, tout comme il n’accepte pas les boiteux dans ses rangs ou les gens qui contestent ses ordres.

J’ai pris plaisir à retrouver un jeune marmouse croisé dans le tome 5 : Dohan, le jeune frère de Tiss, première pisseuse à entrer dans l’ordre du Bouclier. C’est Dohan le boiteux qu’Abokar déteste et encore plus lorsque ce dernier lui sauve la mise.

Dohan est tellement présent dans la première moitié de l’album que j’ai pensé à un moment que le scénariste s’était planté dans le titre puisque je suivais les pérégrinations de Dohan et non celles d’Abokar, avant de retrouver ce vieux guerrier.

En plus de mettre en avant un vieux guerrier atteint de tremblote et de perte de contrôle, les auteurs lui ont ajouté un boiteux, un guerrier qui n’a jamais trouvé sa place à cause de son handicap et exilé aux confins du royaume, sur un Mur qui bouche un passage au Nord, empêchant des Nains renégats de les envahir. GOT en hommage ?

Le duo improbable, les deux guerriers handicapés chacun par un mal et qui vont tenter de sauver l’empire de la menace venue en droite ligne du Nord…

Une fois de plus, l’univers des Nains m’a enchanté et vu le nombre de phylactères ou de cartouches explicatifs. Certains pourront trouver que ça fait trop de textes et que ça ralentit le rythme de lecture, mais je n’ai pas ressenti cela de cette manière.

Pour moi, ces explications étaient nécessaires et m’ont fait passer plus de temps sur la bédé. Moralité ? Ma lecture a duré plus longtemps… ♫ Pour mon plaisir ♪

Derrière tous ces beaux dessins, il y a aussi un récit, un scénario étoffé, travaillé, qui laisse la place au suspense, au mystère et à de belles stratégies.

Certes, on pourra me dire que le scénario reste classique car on n’a plus rien inventé depuis longtemps et tout à été déjà écrit car souvent tiré de l’Histoire du monde, de l’Homme ou de la politique.

On a beau lire les mêmes histoires en fantasy (ou ailleurs), on continue de les dévorer avec avidité car lorsque les conteurs sont bons, on se fiche pas mal de lire un scénario « déjà-vu ».

Bien que moins poignant que « Tiss du Bouclier », Abokar mérite lui aussi d’être connu car il reste un guerrier légendaire, un meneur de nains hors pair (paires ?). Quant à Dohan, malgré sa patte folle, il a un cerveau, sait l’utiliser et mérite lui aussi d’être un grand guerrier car il a du courage et ne fuis pas devant le danger.

Une fois de plus, un tome qui m’a fait passer un bon moment de lecture, avec un vrai scénario, même si avec moins d’émotions que d’autres albums précédents et des superbes dessins.

Oui, je suis une inconditionnelle des sagas Nains, Elfes et Orcs & Gobelins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

La Nuit de Walpurgis : Gustav Meyrink

Titre : La Nuit de Walpurgis

Auteur : Gustav Meyrink
Édition : Marabout Collection Bibliothèque N°451 (1973)
Édition Originale : Walpurgisnacht (1917)
Traducteur : A. D. Sampieri

Résumé :
Selon la tradition, la nuit de Walpurgis a lieu tous les ans le 30 avril — la nuit où les fantômes sont libérés de leurs chaînes.

De loin en loin, il est des nuits de Walpurgis plus grandioses, plus décisives qui, elles, peuvent libérer l’humanité entière de son asservissement. Alors vient la « grande délivrance »…

Cette histoire cruelle, pleine de mystère, de symboles et d’horreurs, est avec « Le Golem » un des deux grands chefs-d’œuvre de Gustav Meyrink.

Critique :
Diable, ce livre avait attiré mon regard dans un rayon de la bouquinerie que je fréquente assidûment (ils me doivent une villa aux Bahamas, minimum).

Une vieille couverture avec un joli dessin de fantômes et la perspective de passer du bon temps avec un livre guère plus épais que 182 pages… (Comme le livre de Tolstoï, il est « guère épais »… *rires*).

Moi qui pensais lire ce livre cachée sous la couette, à la lueur d’une lampe de poche à la lumière tremblotante et faiblissante parce que les piles dataient de 40-45.

Ou tout simplement assise dans divan, sous les lampes et pas à la lueur d’une bougie.

Hem… Vous ai-je déjà touché un mot sur le syndrome du livre de moins de 200 pages et qu’on a du mal à terminer ? Celui pour lequel on ne retarde jamais l’heure de son coucher ? Non ?

L’auriez-vous déjà vécu, ce sentiment affreux de vous dire que ces 182 pages sont les plus longues de votre existence ??

Je vois à vos haussements de sourcils et vos hochements de têtes que oui, c’est du vécu.

Pourtant, il s’annonçait bien, ce livre !

Un mélange de l’historique et de l’occulte, sur fond de Bohème, le destin des personnages broyés par le maelström d’événements hors de contrôle : cela aurait dû fonctionner.

Où le bât a-t-il blessé ??

Qui a tout foutu en l’air cette histoire au point de me donner envie de jeter le livre par la fenêtre ?

L’ambiance du livre n’est pas coupable, car chaque description respire ♫ la Bohême ♪. De ses auberges à ses rues, tout y est baroque, vivant et agréablement gothique.

Le récit est habilement mené et bien qu’il ne soit pas rebondissant à toute les pages, cela bouge tout de même et on est entraîné dans l’aventure.

Par contre, le style et de l’écriture sont à guillotiner sur place ! Bon sang, que de longs monologues endormants et chiants ! Et cela sur le tiers du livre, ce qui les rend impossible à sauter.

Les autres personnages sont sans relief, ennuyeux à souhait et seul celui de la bohémienne tire son épingle du jeu. C’est peu.

La lecture est accablée par d’innombrables enchaînements, par des phrases trop courtes, des phrases trop longues et la ponctuation est chaotique.

Si l’expérience du livre à chier, long, lent et laborieux est pour vous encore inédite, « La nuit de Walpurgis » vous ouvre grand ses pages parce qu’une virginité pareille, cela doit se perdre sur le champ.

Si jamais j’ai d’autres titres de livres qui vous donnent envie de tout laisser tomber, si l’expérience vous a plu et que vous adorer vous emmerder dans un livre… chacun ses vices !

 

L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia

Titre : L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle

Auteur : Bob Garcia
Édition : La mécanique générale (02/11/2017)

Résumé :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience.

Les visions et les révélations s’enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s’oppose est persuadé que tout cela n’est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l’effroi.

Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l’entendre ?

Ce récit est tiré d’une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.

Critique :
J’ai été eue ! Mais bien eue, pour ne pas dire bien bais**… Moi qui me plaignais encore l’autre jour avec une copinaute de ces romans que l’on réédite en changeant ET la couverture ET le titre…

Bardaf, la copinaute avait été eue la dernière fois, cette fois-ci, c’est mon tour !

Comprenez bien que je n’ai rien contre le fait que l’on change la couverture d’un roman lorsqu’il passe du Grand Format au format Poche, mais quand, en prime, on change le titre ET le 4ème de couverture, comprenez bien qu’il y a de quoi y perdre son latin, ou son holmésien, dans ce cas-ci.

Ce roman, je me délectais à l’avance de le lire. 720 pages de Sherlock Holmes, vous imaginez que pour moi, ça fait le même effet qu’une solution à 7% de cocaïne !

Donc, cet épais apocryphe attendait le moment propice pour être dévoré quand, soudain, catastrophe nationale, je reçois un petit commentaire d’Eric75 sous ma chronique de « Penny Blood » sur Babelio qui me disait, en substance : « J’ai l’impression que ce livre est ressorti sous le titre « L’affaire Mina Marten » (sous-titre : Sherlock Holmes contre Conan Doyle). Donc à un prix aujourd’hui beaucoup plus abordable ! ».

Heureusement que j’étais bien assise sinon, j’aurais défailli ! Bon sang, il a raison l’homme, c’est bien les deux mêmes histoires, même si on a tout renouvelé pour mieux attirer le chaland, sans doute.

De deux choses l’une : soit je me morfondais et tentais de noyer ma peine, ma déception, ma rage, mon ire dans des mojitos (je préconise toujours le rhum brun), soit je le relisais puisque de tout façon, j’avais oublié une grande partie du livre, sauf en ce qui concernait la petite Histoire dans la Grande, mais les détails s’étaient effacés de ma mémoire.

J’avais même oublié que nous avions l’ombre de Jack dans ce roman, c’est vous dire l’état de ma mémoire ! Donc, évitez de boire autant de café et de mojito que moi et tout ira bien pour vos petites cellules grises : vous n’oublierez plus jamais rien.

Folie que de le relire ? Sans doute, mais bon, j’avais un Challenge Pavé de l’Été à honorer, les 675 pages de récit brut étaient les bienvenus et un rafraichissement de ma mémoire aussi, surtout après 5 ans.

Le spiritisme, le voyeurisme (oups) et la voyance, ce sont des foutaises, même Patrick Jane le disait, alors, le coup des fées qui dansent devant des gamines ou des gens qui pensent voir mon avenir ou mon passé, c’est « buiten » (dehors) avec un coup de pied au cul.

J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits (comme le 13 Miller’s Court ?) qui nous feront passer de la période des Celtes à celle des Romains, du grand incendie, de Jack, et je le redis une fois de plus, il n’en fallait pas plus et deux récits en moins auraient donné un peu plus de souffle au récit.

Holmes et Watson sont presque fidèles au canon holmésien et notre détective, toujours grand enquêteur, mettra les bouchées doubles pour tenter de savoir si la spirite dit des conneries ou la vérité en les plongeant dans l’Histoire de l’Angleterre.

Les enquêtes de Holmes sont prenantes, on se déguise, on explore Londres et on ira plus patauger dans les bas-fonds que prendre le thé chez la baronne de La Tronche En Biais ou la duchesse Dufermoir de Monsac !

Cette fois-ci, je savais où j’allais et donc, je n’ai pas sursauté lors du retour dans le présent de Holmes, les sauts dans le temps me laissant toujours un peu barbouillée, sans doute à cause des 88 miles à l’heure nécessaire pour passer d’une époque à une autre.

Ne me souvenant plus du final, je pensais être surprise, mais pas de bol, une fois de plus, je l’ai vu venir, mais cela n’a pas gâché cette relecture, que du contraire, le livre a bien vieilli.

Un polar historique composé d’une grosse tranche de petites Histoires brutes et fort sombre. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Pour les autres, on peut consommer sans modération, mais prenez tout de même la peine de manger et bouger durant la lecture (et boire, aussi !!).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (720 pages).

L’enfant de poussière [Le cycle de Syffe 1] : Patrick K. Dewdney [LC avec Stelphique]

Titre : L’enfant de poussière

Auteur : Patrick K. Dewdney
Édition : Au diable Vauvert (17/05/2018)

Résumé :
La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage.

Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre.

En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.

Critique :
Une petite incursion dans le monde de la Fantasy, ça ne fait jamais de mal quand on apprécie le genre.

Je pense que même ceux qui n’ont pas l’habitude de ce style là trouveront à boire et à manger dans ce roman car l’univers décrit est plus proche du Moyen-Âge que de la fantasy pure et dure, car ici, pas de magie.

Commençons par ce qui m’a plu dans le roman, notamment les personnages, surtout celui de Syffe, jeune orphelin de dix ans, plus habitué à recevoir des insultes (il est « teinté ») ou la menace de se faire couper la main, que de recevoir de l’aide ou des marques d’amitié.

Syffe n’a rien d’un héros, il est maigrichon, grognon (parfois), faible, se laisse emporter par ses émotions et dans ce monde qui ne fait pas de cadeau, ce monde où il faut essayer de survivre, les enfants doivent vite passer au stade « adultes » et Syffe devra le devenir, lui aussi, à l’âge de dix ans.

L’écriture de Dewdey m’a enchanté, c’est un excellent conteur, mais, et c’est là que le bât a blessé, j’ai trouvé que ce pavé de 625 pages avaient un peu trop de longueurs et j’ai eu du mal à en venir à bout tant certaines parties étaient longues.

Ajoutons à cela que durant trois jours, je n’ai pas eu le temps de lire une seule ligne (réanimez-en certains, c’est violent ce que je viens de confesser), vous comprendrez que j’étais contente d’en venir à bout, surtout que le côté politique de l’histoire m’a un peu barbé (pour une fois que la politique me barbe dans un roman !!).

C’est donc fort mitigée que j’ai terminé ce roman. Pas de regrets de l’avoir découvert, d’avoir rencontré des personnages intéressants (Syffe, Uldrick le guerrier Var, le première-lame Hesse, le chirurgien Nahirsipal Eil Asshuri), d’avoir fait un long voyage semé d’embûches et de quelques réflexions philosophiques.

Oui, j’ai apprécié le voyage, l’aventure, ainsi que les révélations qui parsèment le roman, quand notre jeune Syffe reçoit la lumière de Sherlock Holmes et comprend ce que nous n’avions pas toujours soupçonné, mais purée, que c’était long et même sur la fin, alors que ça bougeait beaucoup plus, j’avais du mal à terminer, un peu comme un cheval qui a marché trop longtemps et qui peine à arriver à l’écurie.

Dommage parce que ce roman trônait en haut de ma PAL et qu’il avait reçu des bons échos de la part de copinautes.

À voir maintenant si je continuerai la route avec Syffe, afin de ne pas rester sur cet insoutenable suspense, ou si je passerai mon tour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019)Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book (auteur anglais) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (624 pages).


Synopsis (Par Stelphique) :

La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage.

Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’au jour où il est contraint d’entrer au service du seigneur local. Tour à tour serviteur, espion, apprenti d’un maître-chirurgien, son existence bascule lorsqu’il se voit accusé d’un meurtre. En fuite, il épouse le destin rude d’un enfant-soldat.


Pourquoi je l’ai choisi :

J’avais repéré cette lecture, chez une autre copinaute passionnée Dealer de lignes et elle m’a convaincue de découvrir cet auteur, puis quand ma binôme préférée adorée, Belette ET Cannibale,  a accepté ma demande de LC, j’étais encore plus motivée !

Clairement cette couverture sublime, est la raison de mon attirance vers cette lecture! Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Le diable Vauvert qui m’ont permis de découvrir ce livre, via l’opération Masse critique !

Ce que j’ai ressenti :…Naître Poussière, et devenir Lumière…. 

  • Lune Tranquille : Syffe, L’enfant de Poussière vivote dans les rues de Corne-Brune, avec l’insouciance de l’enfance, accompagné de sa fratrie d’infortune : Cardou, Brindille et Merle. D’amitiés sincères en amour naissant, il grandit chichement, mais relativement heureux au sein de la ferme Tarron. Mais le temps de l’innocence va bientôt se finir et, à force de courir les rues et afficher une curiosité sans vergogne: les Lunes vont changer…

« L’espoir de jours meilleurs n’étaient pas une chose intangible, lorsqu’on attendait, comme nous, après de minuscules bonheurs. »

  • Lune des neiges : 4 livres/ 4 lunes changeantes, et autant d’étapes de vie difficile pour cet enfant syffelin un peu trop malin pour son propre bien…. Il va tour à tour, être sous l’influence de trois hommes charismatiques, (Hesse, Nahirsipal et Uldrick) qui vont tantôt l’initier, le former, le manipuler, mais l’aimer aussi, un peu, malgré les coups (durs) qui pleuvent… C’est un très beau roman d’apprentissage qui nous raconte avec une plume magnifique, le parcours d’un enfant miséreux. D’espion en apprenti chirurgien, à graine de guerrier, Syffe est un gamin attachant, au destin étrange, dans un Moyen-âge revisité où les conditions de vies sont rudes, mais pire encore, est cette atmosphère permanente de violences dans lequel, il essaye de se faire une place…

« Il y avait l’odeur aussi, l’odeur âcre de la civilisation, qui reniflait le feu et l’ordure et la merde moisie. »

  • Lune des labours : Dans ce premier tome de Fantasy, l’enseignement de Syffe est riche d’expériences et de savoirs, mais surtout il ouvre la voie sur la perspective de penser par soi-même. Il y a des graines lancées au vent, qui fleurissent dans son esprit, et il grandit, avide de leçons et de lectures, avec plus de perspicacité sur la religion, la politique, la notion de liberté. Malgré cette vie de rien, faite de trahisons blessantes et de pertes effroyables, l’intérêt de cette lecture se situe bel et bien, dans le lent cheminement du héros de pouvoir s’affranchir de la haine, de la servitude, de l’ignorance.

« Un bel esprit ne sert à rien, si on ne s’en sert pas. »

  • Lune glanante: S’il est vrai que ce livre recèle de richesses indéniables, on peut y sentir aussi quelques longueurs. Il y a une beauté exceptionnelle, des scènes de vies époustouflantes, des émotions bouleversantes, mais quelques fois, cela manque de dynamisme. Pour autant, je me suis attaché à cet enfant et il y a beaucoup de mystères encore à découvrir, (j’ai hâte d’en savoir plus sur Elle), alors je serai très curieuse de lire la suite de ce Cycle de Syffe…

« C’est une chose étrange, la vie. »(…). « Les certitudes changent. Même celles pour lesquelles on a donné le plus. » 

Ma note Plaisir de Lecture   9/10

Les dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (14/02/2018)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks – Sherlock Holmes and the Shadwell Shadows (2016)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Automne 1880. Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu’il rencontre Sherlock Holmes.

Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell.

Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt…

Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination.

Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou…

Critique :
Qu’as-tu lu ? Le Chtulhu ? Le cul qu’à lu ? Non, le Cul-Tu-Lu ! Et Sherlock Holmes…

En fait, on aura plus de Holmes que de Cthulhu car ce dernier sera cité mais jamais présenté à nos yeux avides ou révulsés.

Prendre le canon, en faire des confettis et le réécrire est un exercice qui peut se révéler casse-gueule s’il n’est pas bien réalisé.

Si à cette opération périlleuse vous ajoutez une confrontation de Holmes avec le fantastique, vous risquez de vous retrouver sur une planche savonnée et inclinée au-dessus d’une mer infestée de requins à jeun !

L’auteur doit aimer vivre dangereusement ou avoir eu envie d’assouvir ses fantasmes littéraires les plus fous. Beaucoup ont essayés et tous n’y sont pas arrivés.

Verdict de l’autopsie ? Ça aurait pu casser, ça a passé, mais à un certain moment, j’ai eu l’impression tout de même qu’on avait sorti les forceps ou la vêleuse car le truc était quand même gros à passer.

On se serait bien passé de la cantinière de Watson, du manuscrit qu’il n’a jamais osé écrire et qu’il rédige une fois qu’il est âgé, sur la fin de sa vie, pour confier, tenez-vous bien, à Lovecraft, l’auteur américain à qui il va demander de les enfermer dans un coffre et de jeter la clé car Watson veut exorciser littéralement ce qu’il a vécu au début de sa collaboration avec Holmes. On lui dirait bien de l’écrire et de le brûler ensuite !

Je ne m’attends pas que ces récits soient publiés. Au contraire, il est impératif qu’ils ne voient jamais le jour. J’ai l’intention de les confier aux soins d’un auteur américain du nom de Lovecraft. […] Lovecraft saura quoi faire de ces livres, à savoir les enfermer dans un coffre-fort dont il jettera la clé. Il n’est même pas utile qu’il les lise. Je veux simplement les extirper de moi, pour ainsi dire ; comme un chirurgien procède à l’ablation d’un organe malade. Avant de mourir, je souhaite me débarrasser de leur poids cumulé, de la gangrène que constitue leur présence dans mon âme. Ceci est donc une sorte d’exorcisme littéraire.

Anybref… Une fois passé cette intro qui m’a fait froncer les sourcils, j’ai entamé le récit réécrit de la rencontre Holmes/Watson et de ce côté là, je n’ai rien à redire, l’auteur a maitrisé ses personnages et la nouvelle version est tout à fait dans la ligne de ce qui va se dérouler ensuite.

Comme je le disais, l’exercice de la confrontation de Holmes et du fantastique est périlleuse, foire souvent, réussi rarement, surtout si le fantastique se révèle être du véritable surnaturel et pas de faux, comme dans le Chien des Baskerville, par exemple.

Une partie de l’enquête est bien contée, réaliste pour Holmes, avec un Watson aux avants-postes et pas en train de jouer les remplaçant sur le banc de touche ou le benêt de service.

On a du suspense, des morts mystérieuses, un méchant avec de l’envergure et on aurait pu continuer sur ce terrain là et puis, le surnaturel est entré en jeu et j’ai trouvé que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière. Ça manquait de réalisme, c’est arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Pourtant, pour le reste, le côté fantastique avec ses créatures sorties de je ne sais où passe assez bien et la créature qui m’a fait soupirer était une réelle, en la personne d’un certain professeur. Il allait bien dans le rôle et pour l’explication finale, mais j’aurais préféré un autre méchant que l’habituel canonique.

Au final, malgré ces bémols, j’ai tout de même trouvé le roman bien fichu et la sauce a pris entre Holmes et les créatures qui avaient tout des envahisseurs reptiliens de la série V ou de la créature version fog londonien tout noir.

Pas de coup de cœur mais le roman n’est pas à balancer dans le talus car il avait ses points forts et à souffert à cause de cette manie qu’on les auteurs de prendre la malle en fer blanc ou la cantinière de Watson ou de nous faire le coup du récit jamais raconté et qui tombe dans les mains d’une personne qui en hérite.

Minime, je sais mais l’auteur aurait pu trouver autre chose que Watson l’écrivant pour l’envoyer à un auteur qui devra l’enfermer… Ce n’est pas vraiment plausible si on désire réellement que ce récit ne soit jamais publié.

Mais là où le bât a blessé vraiment, c’est lorsque Holmes est mis devant ce qui règne dans l’obscurité et dans l’univers. Ça manquait un peu de réalisme dans la manière dont c’est amené.

Pour le reste, j’ai apprécié l’aventure, le mystère, le fantastique, les monstres des profondeurs, les incursions dans les bas-fonds londoniens, le suspense était bien dosé, les personnages réalistes par rapport au récit et assez fidèles canoniquement parlant, quant au final, il était enlevé et bourré d’adrénaline.

Si l’auteur publie les deux autres récits et qu’ils sont traduit, je serai au poste afin de voir les évolutions (ou pas) de nos deux héros qui devraient de nouveau se retrouver confrontés aux créatures divines et comment tout cela va être amené.

Un roman à déconseiller aux esprits cartésiens, aux allergiques au fantastique, aux adeptes du canon holmésiens pur et dur.

Pour ceux qui sont ouverts au fantastique et veulent voir Holmes dans une enquête inhabituelle, le roman pourrait leur procurer du plaisir. de mon côté, je ne regrette pas de l’avoir découvert.

Pour la cotation, un 2,5 aurait été vache, un 3 un peu trop large… Comptons un 2,75 pour la possibilité d’amélioration et en encouragement pour avoir osé réécrire le canon et confronter Holmes aux bestioles qui auraient eu plus leur place chez Lovecraft que chez Doyle (même dans ses mondes perdus). 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).