Agatha Raisin – Tome 9 – Sale Temps pour les sorcières : M.C. Beaton [par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin – Tome 9 – Sale Temps pour les sorcières – Mystère et boule de cristal

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (2018)
Édition Originale : Agatha Raisin – Book 09 – And the Witch of Wyckhadden (2000)
Traducteur : Amélie Thomas

Résumé :
Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse.

N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée… Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Critique :
Agatha ne s’étant pas fait que des amies lors de sa précédente aventure, elle n’a pas achevé celle-ci indemne, et porte encore sur le crâne les traces d’un sabotage capillaire à la crème dépilatoire.

Ce n’est pas ainsi qu’elle va reconquérir le beau James ! Aussi préfère-t-elle se retirer sur la côte, dans une ville touristique choisie au hasard, afin de se faire oublier le temps de retrouver toute sa flamboyante splendeur de quinqua triomphante et prête à mettre la gente masculine à ses genoux.

Dissimulant sa disgrâce sous une coûteuse perruque (Agatha n’a pas les moyens d’acheter bon marché !), elle-même dissimulée par une collection impressionnante de turbans et de foulards, Agatha traîne comme une âme en peine dans un hôtel me faisant vaguement penser au film Shinning, peuplé essentiellement de retraités que le directeur a décidé de gaver comme s’il envisager de les revendre au kilo sur le marché.

Les soirées sont formidables… Vous avez le choix entre le Scrabble, les comédies musicales ringardes du théâtre ou les soirées « danse de salon » de la salle des fêtes ! Et je ne vous parle même pas de la météo très… britannique, c’est-à-dire calamiteuse.

Et comme si ça ne suffisait pas, la voilà harcelée par les écologistes qui en veulent à son superbe vison !

Notre Agatha effrayée par les perspectives son propre vieillissement que ce séjour s’acharne à lui faire entrevoir, se jette donc comme une désespérée dans une aventure avec un bel inspecteur de police, veuf qui plus est (ce qui garantit que son célibat n’est pas la conséquence de son incapacité à plaire, à garder une femme, ou à s’en contenter d’une seule).

Par désœuvrement et surtout parce qu’elle est pressée de retrouver sa crinière de lionne au regard d’ourse pour rentrer chez elle au plus vite, Agatha se laisse tenter par une petite consultation chez la sorcière du coin qui paraît-il a le secret de multiples philtres et sortilèges susceptibles de faire repousser ses cheveux…

Un petit filtre d’amour au passage ? Oui ? Inutile ce l’emballer, c’est pour consommer tout de suite ! Qu’est-ce que ça casserait bien les pieds de James si elle pouvait se trouver enfin un homme qui veuille d’elle ! N’est-ce pas étrange que chaque homme qu’Agatha rencontre ne soit là que pour essayer de lui faire oublier James ? Et que plus elle s’acharne à essayer de l’oublier, plus elle se retrouve en train de penser à lui ?

Il s’avère que la sorcière sera retrouvée assassinée quelque temps après, par notre Agatha elle-même qui une fois de plus sait faire ce qu’il faut pour se mettre dans les ennuis où qu’elle passe ! Rassurez-vous ! Il y aura quelques morts supplémentaires, chacun d’entre eux rapprochant davantage Agatha de la prison à vie.

Agatha ne change pas ! Mais le fait d’être allée chercher l’aventure un peu plus loin que dans son village des Cotswolds, l’air marin, cette station balnéaire surannée peuplée de dames aux cheveux violine en perles et carrés de soie, et de messieurs portant blazer, moustache et cannes à pommeaux donne à ce nouveau volet de ses aventures la bouffée d’oxygène et de renouveau qu’avait tant manquée dans le tome précédent.

James Lacey et être aimée restent ses obsessions habituelles, sans qu’Agatha ne se rende compte qu’il s’agit en réalité de la même obsession et pas de deux obsessions différentes dont elle préfère refouler à quelle point elles sont indissociables. C’est être aimée de James qu’elle veut ! Rien d’autre ! Pas besoin de la faire allonger sur un divan et de se laisser pousser la barbe comme Freud pour le comprendre !

Mais les circonvolutions que son esprit tortueux continue à emprunter pour éviter de voir la vérité en face, restent d’une mauvaise fois toujours aussi délicieuse et comique que d’habitude puisqu’elles la conduisent à des situations cocasses dignes d’un vaudeville !

Et puis, dans cet hôtel/maison de retraite, Agatha croise de nouveaux personnages aussi bizarres les uns que les autres…

Qui de façon surprenante, viennent l’aider à révéler certains de ses traits les plus humains. Mais… Chut ! On frise le spoiler là !

Du grand Agatha !

 

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Le Treizième Conte : Diane Setterfield [LC avec Bianca]

Titre : Le Treizième Conte

Auteur : Diane Setterfield
Édition : Presse Pocket (2011)
Édition Originale : The Thirteenth Tale (2006)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination.

Aujourd’hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne.

Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida.

Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité.

Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de sœurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres.

« Dense, bourré de surprises et de fausses pistes, déroutant, intrigant, captivant, un peu gothique et terriblement britannique. » Daphné de Saint Sauveur –Le Figaro Madame

« Un hommage aux livres, à la littérature du XIXe siècle anglais, à la magie des mots, à l’art de raconter des histoires. Roman dans le roman, mise en abîme, la verve romanesque de Diane Setterfield fait des merveilles. Un livre à dévorer. » Marilyne Camhi – LeFigaro.fr

Critique :
Cela faisait longtemps que ce roman dit « gothique » prenait la poussière dans mes étagères et je remercie Bianca, ma copinaute de LC, de me l’avoir fait extirper !

Notre choix de lecture fut-il judicieux ? Oui et non…

Ce roman était encensé par la critique et je me demande encore qu’est-ce qui les a fait vibrer et pas moi dans le long récit d’introduction de l’histoire.

Certes, on avait un peu de « L’Ombre du vent » dans cette description de boutique où s’entassent des livres et où une jeune fille ne vit que pour eux, mais chez moi, ce fut assez soporifique car trop long.

À un moment donné, faut conclure ! Trop de préliminaires tuent les préliminaires.

Pourtant, il est un fait que pour une amoureuse des livres, un roman pareil, c’est du pain béni car si le personnage principal qu’est Margaret, la future biographe, adore les romans, on sent aussi transparaître cet amour des livres dans la plume de l’auteur.

Elle ne fait pas de la figuration et les références sont nombreuses en ce qui concerne les grandes œuvres anglaises.

Oui mais voilà, c’est long à se mettre en place et le roman ne devient intéressant qu’à partir du moment où Vera Winter entame son récit familial. Et là encore, j’ai zappé des passages et sauté quelques paragraphes.

Niveau personnages, on est gâté par une galerie de frappa-dingues tout droit sorti d’un asile de fous ou d’une galerie de mauvais parents destinées à vous illustrer comment il ne faut surtout pas être.

Entre une mère qui ne regarde pas sa vie vivante vivre mais se complait dans la mort de son autre enfant, entre des parents qui ne regardent pas leur premier né, puis un père qui s’attache, à l’exagéré, à sa fille, en passant par un frère qui est totalement barjot de sa sœur qui ne s’occupe même pas de ses enfants…

Il y a des fausses pistes dans le livre et il faudra attendre les 100 dernières pages pour que le rythme s’accélère et que l’on se rapproche du secret caché dans ces pages. Là, je n’ai plus lâché le roman.

Anybref, beaucoup de pages lues pour un petit plaisir ressenti à la fin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver)Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book etLe Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°18 – La Boîte en Carton – lire un livre dans lequel tout commence par une lettre/un colis).

En de bonnes mains : Bill James [Harpur & Iles 11]

Titre : En de bonnes mains [Harpur & Iles N°11]

Auteur : Bill James
Édition : Payot et Rivages (02/05/2013)
Édition Originale : In Good Hands (1194)
Traducteur : Danièle Bondil

Résumé :
Deux malfrats sont retrouvés morts dans une mise en scène sophistiquée. Ce double meurtre échauffe les esprits et en rappelle deux autres assez semblables dans leur mode opératoire.

La tension monte au sein du commissariat car le principal suspect n’est autre que l’adjoint au chef de la police, Desmond Iles en personne.

Les deux gangsters avaient été impliqués dans le meurtre d’un jeune inspecteur infiltré ; Iles aurait-il franchi la ligne rouge et décidé de faire justice lui-même ?

En tout cas, le chef Mark Lane n’a qu’une envie : se débarrasser de cette personnalité gênante, et pour cela, il a besoin de Colin Harpur qui se trouve pris entre deux feux.

La comédie du pouvoir entre flics et truands par un maître de l’humour noir britannique.

Critique :
*Voix de velours* Mesdames et Messieurs, veuillez détacher vos ceintures et allumer vos cigarettes, aujourd’hui, le commandant de bord vous propose un roman noir écrit par un maître de l’humour noir britannique.

Le commandant et l’équipage vous souhaitent une heureuse et plaisante lecture dans ce roman noir qui a tout d’une comédie du pouvoir entre flics et truands.

Nous volons depuis 15 pages et la température extérieure est de -7C°.

La vitesse de lecture est constante, même si la commandante est aux aguets, une pénurie pouvant arriver à tout moment…

Mesdames et messieurs, on nous signale du poste de pilotage des turbulences entre l’écriture du roman et la commandante de bord, Belette. Nous volons depuis à peine 30 pages pour le moment et la vitesse de lecture a diminuée fortement.

D’après les infos du steward en chef, la commandante survole le roman en diagonale et même ça, c’est pénibles, d’après elle. Ses radars ne détectent rien d’intéressant et selon les instruments du bord, c’est insipide, ce roman noir.

Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures, les turbulences sont telles que le roman pourrait voler de ses propres ailes dans la cabine… Éteignez aussi vos cigarettes, l’autodafé n’est pas loin…

Mesdames et messieurs, atterrissage va avoir lieu plutôt que prévu, la commandante de bord a jeté le roman et pense sortir un autre plan de vol, quelque chose de plus aguichant, d’après mes sources auprès du steward en chef.

La commandante de bord parle d’un moteurs poussifs, de turbine ne turbinant pas, de personnel de bord à chier (que les passagers pardonnent à l’humble hôtesse de l’air que je suis), d’un plan de vol où l’humour noir devait avoir pris ses congés annuels ou d’un 4ème de couverture menteur.

Nous sommes au regret de vous dire que nous nous allons nous poser en vitesse et choisir une autre destination pendant que ce plan de vol là va aller servir de cale à une roue d’avion dans un hangar en pente douce.

Nous vous remercions pour le voyage, en espérant vous retrouver bientôt sur nos lignes, pour un vol un peu moins fade que celui qui fut le votre car malgré le titre, la commandante de bord n’a pas été « en de bonnes mains ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) ,Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants : Ken Follett [LC avec Bianca]

Titre : Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (30/09/2010) / LP (04/01/2012)
Édition Originale : The Century Trilogy – Book 1 – Fall of Giants (2010)
Traducteurs : Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Viviane Mikhalkov

Résumé :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde…

Cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – vont se croiser, s’aimer, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire: la Première Guerre mondiale et la Révolution russe.

Cette gigantesque fresque brasse toute la gamme des sentiments humains et dresse une galerie de portraits saisissants : des personnages exceptionnels, passionnés, ambitieux, attachants, tourmentés, qui bravent les obstacles et les peurs pour s’accomplir en dépit des tragédies qui les emportent.

Entre saga historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et lutte des classes, Le Siècle, la nouvelle épopée de Ken Follett en trois volumes, traverse la période la plus agitée, la plus violente et la plus complexe des temps modernes : la grande aventure du XXe siècle…

Critique :
♫ Qui c’est qui est très gentil ? Les gentils ♪ Qui c’est qui est très méchant ? Les méchants ♫ Qui c’est qui est l’mieux à l’écrit (les gentils) ♫ Qui n’a pas de circonstances atténuants (les méchants) ♪

Cette petite chanson pour illustrer le problème des romans de Ken Follet : le manichéisme de ses personnages et le fait que peu d’entre eux évoluent dans un sens ou l’autre.

Les méchants restent bêtes, méchants et bornés et les gentils sont pourvus de toutes les qualités.

Et vous savez le pire ?? C’est que chez Ken Follet, ça ne me pose que très peu de problème ce manichéisme assumé.

Si en lisant (ou en regardant) Game Of Thrones, je frémis pour chaque personnage que j’apprécie, je sais que chez Ken Follet j’ai peu de risque de les voir mourir. Ce n’est sans doute pas très réaliste, je le sais, mais j’apprécie le fait de ne pas me faire du mauvais sang pour les personnages que j’apprécie.

De plus, dans ce roman, les femmes sont toutes avec des envies d’indépendance, féministes, battantes, intelligentes (je ne m’en plaindrai pas). Je parle bien entendu des femmes ayant un grand rôle à jouer.

Voilà, c’est dit.

Par contre, niveau saga historique, là, le père Follet, il assure un max parce que je viens de lire la Première Guerre Mondiale comme j’aurais aimé qu’on me l’expliquasse à l’école (pour info, on nous a parlé de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie et la guerre qui commence avec le jeu des alliances et puis, basta, terminé, merci au revoir).

Durant 1.000 pages, l’auteur va nous faire passer de 1911 à 1924, nous montrant les prémices du futur conflit à venir (discussion politiques) et ensuite de ce qui se déroula durant la guerre (certaines batailles), et ce, au travers de plusieurs personnages bien distincts, que ce soit au niveau des nationalités ou de leur origines sociales.

Dommage que en plus des russes, des anglais, des gallois, des américains et des allemands, il n’y ait pas eu le point de vue de personnages belges puisque les allemands ont traversé mon petit pays sans nous demander notre avis.

PS : Ils voudraient le refaire maintenant, ils se retrouveraient bloqués au carrefour Léonard, sur le Ring, sur le pont Van Praet et casseraient leurs chenilles sur nos routes pleines de trous.

L’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur la presse qui fit monter la haine envers les perdants ou qui fit la propagande de la guerre, sur les gouvernements, les officiers ou les aristocrates très va-t-en-guerre (pour ne pas sortir les noms d’oiseaux), sans parler des officiers à qui il n’aurait même pas fallu confier un chien pour aller le faire pisser.

J’aimerais vous parler plus en profondeur de ce livre, de cette saga énorme, de tout ce qu’elle renferme d’important, de vous dire que j’avais l’impression d’y être, que le suspense était tel, à un moment donné, que j’ai espéré que la guerre ne se fisse pas, que Lénine ne prenne pas le pouvoir et que la bataille de la Somme ne se termine pas en boucherie.

C’est vous dire le talent de l’auteur pour me faire espérer des faits que je sais avérés.

L’avantage d’un récit historique romancé, c’est qu’il nous permet de nous attacher à certains personnages et cela rend les discussions politiques moins absconses, moins impersonnelles.

L’avis de ma copinaute Bianca se trouve sur son blog : un lecteur averti en vaut deux ! Et un clavier Azerty aussi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) , le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°27 – Traité Naval – Intrigue en partie politique).

Les étrangers dans la maison – Inspecteur Charles Resnick 2 : John Harvey

Titre : Les étrangers dans la maison – Inspecteur Charles Resnick 2

Auteur : John Harvey
Édition : Payot et Rivages (janvier 1995)
Édition Originale : Rough Treatment (1990)
Traducteur : Olivier Schwengler

Résumé :
Maria Roy a menti en décrivant les cambrioleurs qu’elle a surpris chez elle, comme deux petits noirs en blousons. Harold, son mari, n’a pas tout dit sur ce que contenait son coffre-fort.

Quant au grand type élégant qui s’est courageusement interposé contre un commando venu saccager le restaurant chinois où il dînait, il est autant industriel du textile que lester young était chanteur d’opéra…

Tant que ces gens-là se mentent les uns aux autres, tout le monde y trouve plus ou moins son compte. Mais lorsque chacun a leur tour, ils viennent mentir au détective-inspecteur charlie resnick, il cherche le lien entre les menteurs, un kilo de cocaïne en vadrouille et une vague de cambriolages non éclaircis.

Quitte à mettre son nez dans les affaires d’un collègue indélicat et à fréquenter l’univers impitoyable de la télévision…

Critique :
Lire une enquête de l’inspecteur Charlie Resnick, c’est comme écouter du jazz : un jazz lent, rempli de grisaille où les notes sont jouées de manière nonchalante, avec quelques pointes d’ironie qui saillent dans cette mélodie qui ne manque jamais de consistance.

Autrement dit, si vous voulez un roman qui swingue et qui twiste, passez votre chemin et changez de disquaire !

Notre inspecteur officie dans la ville de Nottingham, et, tel le Shérif de Robin des Bois, il se retrouve face à des cambriolages dont ses collègues policiers n’arrivent pas à trouver les auteurs.

Dans les romans de Harvey, on prend le temps de planter le décor, de faire opérer les cambrioleurs pendant que l’inspecteur polonais (Resnick) cherche à vendre sa maison.

On étoffe aussi un peu les personnages qui gravitent dans les pages, que ce soient les cambrioleurs, les cambriolés, les policiers, les chefs, les collègues… Personne n’est laissé pour compte, même les seconds rôles, et donc, vous comprendrez que si l’on donne une place importante aux personnages, aux décors et à leurs tranches de vie, on est incapable de proposer un rythme trépidant.

Mais lorsqu’on se plonge dans une enquête de l’inspecteur Resnick, l’amateur de sandwich, de café, de jazz, de chats et au côté bourru, c’est parce que l’on recherche l’adrénaline ailleurs que dans les courses poursuites ou les rebondissements à chaque fin de chapitres !

Au départ, quand il avait commencé à ne plus pouvoir dormir, il avait réduit sa consommation de caféine : moins pendant la journée, plus du tout le soir. Résultat, son équipe en avait fait les frais. On ne pouvait plus rien lui dire sans qu’il devienne odieux.

Nous sommes dans l’Angleterre des années 80/90, celle de la Dame de Fer, celle des inégalités sociales qui furent creusées par le Thatcherisme galopant et sa politique de libéralisme à gogo. Vous voyez, le décor et l’ambiance ont toute leur importance et sont des personnages à eux tout seul.

Ici, pas de flics brillants, pas de super héros, pas de méchants machiavélique, juste des petits trafiquants de drogue, des petits voleurs à la semaine, des magouilleurs du dimanche, bref, que du réaliste.

Ce que j’apprécie chez cet auteur, en plus de ses ambiances bien senties de l’Angleterre qui se réveille avec la gueule de bois à cause du chômage qui gonfle comme un ballon de baudruche (ou ce que vous aimez voir se gonfler, bande de coquins), c’est sa prose émaillée de petites piques, de jolies réparties, de belles saillies, bien expédiées, bien envoyées, bien utilisées.

— Robert semble avoir eu sa petite crise, apparemment ?
— Ça se produit souvent ?
— Ce type est réglé comme une horloge. Robert présente plus de symptômes pré-menstruels que moi ou n’importe quelle femme de mes relations. Sauf qu’il ne saigne pas.

Le flegme britannique mâtiné de bons mots qui font sourire.

— Alors, si j’ai bien compris, un après-midi bestial et elle boucle sa valise ? Mais qu’est-ce que t’as dans la braguette ? Un missile radioguidé ?
— C’est pas ce qu’on a dans la… commença Grabianski.
— Oui, je sais, compléta Grice. C’est l’art de s’en servir, O.K. ! tu m’épargnes la soirée thématique.

— Je t’ai dit que j’avais faim. Alors je vais manger et toi tu restes si tu veux pour t’offrir une maladie vénérienne de luxe.

— C’est pas beau, ça ? Millington qui la ramène sur la guerre des Tongs, maintenant ! Les cours par correspondance ont encore frappé !

Jack Skelton et hésita un instant à frapper à la porte pour demander ce qui n’allait pas, mais il n’en fit rien, bien sûr. Autant s’inviter à une garden-party de la Reine pour lui demander des nouvelles de son transit intestinal.

Et puis, avec lui, on a toujours le plaisir d’être surpris par l’arbre qui cache bien souvent une forêt d’autres choses.

Un plaisir de fin gourmet que je ne conseillerai qu’aux amateurs de romans noirs qui cherchent les ambiances tamisées et aux notes de jazz langoureuses.

Trente-six heures s’étaient écoulées depuis le cambriolage et pourtant la trêve continuait. Elle ne l’agonissait plus d’injures et c’est à peine si elle se montrait revêche. L’autre soir, pour un peu, elle lui aurait même fait une petite pipe et il avait dû faire semblant de dormir pour la décourager.

En retroussant sa lèvre supérieure, Levin découvrit deux incisives assez impressionnantes pour casser une belette en deux d’un seul coup.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°15 – Diadème de Beryls – Vol de bijoux), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharonet Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse : Shirley Harrison

Titre : Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse

Auteur : James Maybrick / Jack the Ripper (Auteur présumé)
Auteur : Shirley Harrison (Éditeur scientifique)
Auteur : Robert Smith (Auteur de la postface, du colophon)
Éditions : JC Lattes (1193) / Le Livre de Poche (1993)
Édition Originale : The Diary of Jack the Ripper – The Discovery, the Investigation, the Authentication, the Debate (1993)
Traducteur : Jérôme Jacobs

Résumé :
Premier serial-killer connu de l’histoire du crime, Jack l’Éventreur demeure un personnage énigmatique. De la série d’assassinats, d’une barbarie rarement égalée, dont furent victimes cinq prostituées londoniennes en 1888, on n’a jamais trouvé l’auteur.

Le journal intime découvert en 1991 est-il bien l’œuvre du tueur ? Ce dernier serait-il alors James Maybrick, honorable marchand de coton de Liverpool, l’un des suspects de l’époque, lui-même assassiné par sa femme ?

On lira ici ce récit hallucinant d’une jalousie débouchant sur la démence, de ces errances dans les rues de Londres à la recherche de prostituées que le narrateur va éventrer « comme des pêches mûres ».

Une enquête rigoureuse, due à la journaliste Shirley Harrison, fait ensuite le point sur l’origine de ce document et son auteur présumé, ainsi que sur la controverse passionnée que déclencha sa découverte.

Le dossier complet d’une des plus extraordinaires affaires criminelles de tous les temps.

Critique :
Chers lecteurs et lectrices, voici le roman parfait pour vous ! Du moins, il sera parfait, dans sa version poche, pour caler un meuble bancal…

Si vous possédez la version Grande Édition, celle avec des images, je vous suggère d’aller le coincer sous la tour qui penche, à Pise.

Là, vous vous dites sûrement : mon dieu, mais quelle barbare avec ses livres, la Belette !

Je réserve ce genre de traitement uniquement aux livres qui m’ont horripilé, énervé, agacé, exaspéré, irrité…

Ceux qui vous vendent des vessies pour des lanternes, ceux qui se parent de leurs plus beaux atours alors qu’ils ne sont que des contrefaçons.

Imaginez une personne qui n’est pas au fait des événements de 1888 et qui lirait ce sois-disant « Journal de Jack L’Éventreur » : passant déjà 60 pages du livre puisque composées du récit manuscrit de James Maybrick, qui se dit être Jack The Ripper, puis, découvrant avec la traduction un récit assez chaotique, rempli de phrases qui n’ont pas toujours du sens, des mots notés ça et là, des résumés des meurtres horribles…

Puis, lisant avec des étoiles plein les yeux l’histoire de ce carnet que Tony Devereux, patron d’un pub, donna en mai 1991 à Mike Barret, en lui disant de faire pour le mieux avec ce fameux carnet.

On nous expliquera ensuite ce que Mike Barret fit comme démarches afin de recouper les faits du carnet avec la réalité, toutes les analyses du papier et de l’encre qui furent effectuées, afin de savoir si le carnet était un vrai de 1888 ou si, comme pour les carnets d’Hitler, tout ceci était un faux grossier.

Et c’est là, mesdames et messieurs, que l’on vous fait avaler des couleuvres de la taille d’un boa constrictor : tout ceci n’est que fumisterie ! La lanterne n’est qu’une vessie et ces carnets sont encore plus faux que les nibards d’Ève Vallois (Lolo Ferrari pour les intimes).

Bien entendu, je le savais avant de commencer ma lecture, ayant lu les bons ouvrages avant, ceux qui parlaient de ce canular (Mike Barret ayant ensuite avoué l’avoir écrit), mais le lecteur lambda pourrait prendre ce récit pour réel, comme avec les élucubrations de Stephen Knight dans « Jack the Ripper : The Final Solution » (1976).

Donc, après avoir lu 15 pages de guimauveries qui tendent à nous prouver que le carnet est vrai, après avoir sauté 60 pages d’écriture anglaise manuscrite, après avoir lu leur traduction et soupiré moult fois face à un récit tourmenté, désordonné et pénible à lire, après avoir lu les quelques 220 pages du dossier de Shirley Harrison qui revient sur les crimes de 1888 et qui tend à faire coller les faits à sa théorie, à l’instar de madame Cornwell, la lectrice que je suis en est ressortie avec la nausée et l’envie de caler un meuble bancal avec ce roman en version poche (non illustré).

Si James Maybrick EST Jack The Ripper, ce n’est pas de cette manière qu’on me le fera croire ! La seule chose positive que je retiendrai, c’est la remise en mémoire de l’affaire des crimes de Whitechapel (de manière édulcorée, bien entendu).

Ce roman, s’il ne finit pas sous un meuble, pourra rester dans mes livres uniquement pour grossir la collection « Jack The Ripper », mais il ne sera jamais conseillé en lecture, sauf si je souhaite faire plaisir à un(e) ami(e) masochiste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Oscar Wilde et le mystère de Reading : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 6]

Titre : Oscar Wilde et le mystère de Reading

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : 10-18 (19/09/2013)
Édition Originale : Oscar Wilde and the murders at Reading Gaol (2012)
Traducteur : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Tout juste libéré de la prison de Reading, ou il a été enfermé deux ans, Oscar Wilde se réfugie à Dieppe. Il croise la route d’un mystérieux étranger manifestement très intéressé par son histoire.

Jour après jour, Wilde entame le récit de son calvaire, des corvées endurées, de la censure… sans oublier le double meurtre qu’il lui a fallu résoudre.

Car dans une affaire si délicate, à quel saint se vouer, si ce n’est au détenu le plus célèbre de Reading Gaol ?

Critique :
Cela faisait un petit temps que ce roman trônait sur ma pile, plusieurs fois je l’avais pris en main, à chaque fois je l’avais reposé, repoussant sans cesse le moment fatidique de la lecture…

Pourquoi ? Parce que c’était le dernier qu’il me restait à lire de cette série consacrée aux enquêtes d’Oscar Wilde, et qu’en plus, c’était le volume consacré aux deux années que Wilde passa en prison, accusé du crime de sodomie.

À cette époque, et jusqu’à peu, la sodomie était un crime punissable d’emprisonnement en Angleterre, et même si depuis longtemps on n’enfermait plus les homosexuels, la loi existait toujours dans le code anglais jusqu’il y a peu.

Oscar Wilde, mon dandy flamboyant, mon amateur de bons mots, de bons champagnes, de mets capiteux, de fêtes, cet amateur d’indolence, ce brillant écrivain, réduit à des travaux forcés dans un bouge infâme où l’on n’a même pas le droit de parler !

 » … avant sa chute et son incarcération Oscar Wilde était un homme heureux. Le bonheur était, pour ainsi dire, l’essence même de sa personnalité. Oscar Wilde était une fête – c’était une fête d’être avec lui, une fête de le connaître. Il aimait la vie : il la savourait. »

Au matin du lundi suivant – le 27 mai 1895 – je fus confronté à toute l’horreur de ma situation. J’avais fréquenté les princes, dormi dans des draps fins, respiré des flagrances subtiles. J’avais bu les meilleurs champagnes, m’étais nourri de homard et de caviar frais. À six heures, ce jour-là, je m’éveillais dans ma cellule de Newgtate et fumai ma dernière cigarette.

Comme dans « On the brinks » de Sam Millar, l’auteur décrit avec force les conditions inhumaines des prisons anglaises (de sa cellule de Newgate à la prison de Pentonville, puis à Wandsworth et enfin à Reading Goal) et du comportement, inapproprié, de certains matons, dont le gardien Braddle, cancrelat de l’existence qui ne se sent fort que lorsqu’il rabaisse les plus faibles que lui.

« Mon séjour à Pentonville fut un enfer. Pendant quatre semaines, j’endurai la torture du moulin. Heure après heure, jour après jour, nous étions trente-deux malheureux anonymes, silencieux, sans visage, enfermés dans une gigantesque roue en bois où nous marchions, marchions, marchions – sans autre but que notre humiliation. »

En prison, le temps n’avance pas. Il tourne sur lui-même. Il parait évoluer en cercle autour d’un centre de douleur. En prison, il n’y a qu’une saison : la saison du chagrin… C’est toujours le crépuscule dans les cellules, comme c’est toujours le crépuscule dans les cœurs.

Si les 5 autres tomes étaient joyeux, celui-ci est assurément le plus sombre, le plus tragique, le plus triste, car nous savons qu’après ses deux ans d’emprisonnement, Wilde ne survivra pas longtemps et s’éteindra le 30 novembre 1900.

Le mercredi 20 novembre 1895, je fus transféré de la prison de Wandsworth à celle de Reading. De toutes mes journées de détention, celle-ci fut sans doute la plus humiliante. On m’emmena par le train. De deux heures à deux heures et demie ce jour-là, je dus rester debout sur le quai principal de la gare de Clapham Junction, en tenue de bagnard, menotté, de façon que chacun pût me voir. On m’avait arraché à ma cellule dans l’infirmerie de la prison de Wandsworth sans me laisser un instant pour me préparer. J’offrais le plus grotesque des spectacles. Quand ils m’apercevaient, les badauds éclataient de rire.

Au lieu de libations et de joyeusetés proférées par notre dandy anglais, nous aurons droit à un compte-rendu des joyeusetés qui se déroulaient dans les geôles anglaises, pourtant, jamais le récit ne sombrera dans le pathos et de temps en temps, il sera même éclairé par un geste de bonté de la part de l’un ou l’autre intervenant.

Et quand il levait les yeux sur sa congrégation de détenus, son regard ne suggérait ni mépris, ni inquiétude, n’évoquait ni rat, ni belette.

Cette fois-ci, l’enquête de Wilde sera plus discrète, les conclusions se dérouleront dans sa tête, avant qu’il ne nous raconte tout, et il faudra être attentif durant sa lecture car nous le savons tous, le diable se cache dans le moindre petit détail.

Pourtant, les leçons de mon Maître ont dû porter leurs fruits, parce que comme Wilde, j’ai déduis une chose que personne d’autre dans la prison n’avait compris ! Et nous avions raison, lui et moi. Normal, nous sommes les meilleurs.

Un tome plus sombre, moins joyeux, car voir le grand Oscar Wilde trainé dans la boue, vilipendé, voué aux gémonies, n’est jamais agréable.

— Je suis déjà mort, répliquai-je.
— Non, Wilde. C’est peut-être en enfer que vous vivez, mais vous vivez.

Le pauvre ne pouvait pas savoir que maintenant, il serait toujours considéré comme un Grand Auteur et que le monde se contrecarre de ses préférences sexuelles (enfin, ceux qui, comme moi, n’en tienne pas compte, Frigide doit l’avoir mis à l’index et ce n’est pas là qu’il faut le mettre).

Un tome où l’enquête se déroulera d’une autre manière, plus subtile, plus cachée, où nous apprendrons les faits au compte-goutte et où il faudra attendre les dernières pages pour avoir les ultimes conclusions et voir la pièce dans toute sa splendeur car nous sommes face à un Grand du crime, un criminel qui aurait fait le bonheur d’un Holmes car il était retors à souhait.

Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie. Notre affaire est de le débrouiller, de l’isoler, de l’exposer dans toutes ses parties…c’est du moins ce que dit mon ami Conan Doyle.

Un tome qui, comme je le redoutais, ne clôt pas la série puisqu’un nouveau tome est sorti en septembre 2017 (je viens de l’apprendre maintenant) et que je pourrai donc retrouver mon Wilde aux côtés de Conan Doyle et oublier ainsi les conditions de détentions inhumaines qui furent celles des prisons anciennes.

C’est avec regret que j’ai terminé cette lecture et même si le récit était sombre, Wilde a su, même dans l’adversité, me l’égayer.

Je méprise les journalistes : ils passent leur temps à s’excuser en privé de ce qu’ils ont écrit en public. Et je n’ai pas beaucoup plus d’affection pour les éditorialistes. (Après tout, qu’y a-t-il derrière un éditorial sinon préjugés, bêtise, verbiage et coquecigrues ?).

Toute autorité est avilissante, Mr Wilde. Elle avilit ceux qui l’exercent et elle avilit ceux sur qui elle s’exerce.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°54 – L’Illustre Client – lire un livre dont le titre contient le nom d’un personnage célèbre), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Agatha Raisin enquête – Tome 8 – Coiffeur Pour Dame : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 8 – Coiffeur Pour Dame

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (02/11/2017)
Édition Originale : Agatha Raisin and the Wizard of Evesham (1999)
Traducteur : Marina Boraso

Résumé :
Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent !

Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective.

Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

Critique :
Agatha Raisin s’ennuie dans son bled paumé, et entre deux réunions de la société des Dames de Carsely…

Toutes ces dames de Carsely ne parlent plus que du nouveau coiffeur d’Evesham et en sont folles.

Effectivement, il semble faire un excellent travail améliorant leurs tignasses de provinciales.

Cela tombe bien ! Agatha qui se doit toujours d’être au sommet de la sofistication doit impérativement se refaire une beauté , et prend donc rendez-vous avec l’artiste des tifs!

Non seulement Agatha trouvera son nouveau chignon très classe… Mais le coiffeur se révèle en outre être un bellâtre plein de charme, qui en use et en abuse auprès de toutes ces dames en les complimentant bassement comme un habile gigolo.

Or… Depuis que James lui fait la tronche à cause de leur mariage raté, l’obligeant à jouer régulièrement les cougars pour éviter que des toiles d’araignées n’empêchent son gynéco de faire son job, et accessoirement l’obligeant aussi à se rassurer sur le fait qu’elle n’est pas encore si vieille que ça… Agatha est prête à se laisser conquérir par tout ce qui porte un pantalon et se montrerait disposé à lui jouer la comédie du grand amour.

Mais… Agatha n’est pas dupe. Elle se rend bien compte que quelque chose cloche et que le bellâtre se montre entreprenant avec toutes celles qui le paient pour un chignon, une permanente, une teinture ou plus si affinité. Il y a forcément quelque chose qui cloche ! Une intrigue ! Un loup ! Un complot !

Et ce n’est pas Sir Charles un de ses anciens flirts locaux qu’elle a ressorti du placard pour aiguillonner la jalousie de son voisin James, qui l’en dissuadera.

Et tandis qu’elle s’escrime à essayer de mettre à jour les secrets de son coiffeur en jouant les Mata Hari prête à donner de sa personne… s’illusionnant au passage sur une association professionnelle potentielle avec son as du brushing pris subitement par l’ambition de créer sa propre chaîne de salons…

La voilà qui renoue avec Sir Charles qui fait un sex-friend tout à fait acceptable à l’occasion.

Or… Le bellâtre de coiffeur pour dames meurt subitement, zigouillé pratiquement sous les yeux d’Agatha !

Evidemment… Accumulant quelques mensonges aussi maladroits qu’inavouables face aux enquêteurs qui commencent à trouver ça louche, et ayant malgré elle entretenu la rumeur publique d’un début de liaison avec la victime à qui elle a fait imprudemment des cadeaux de prix histoire de l’appâter en vue de révéler ses complots au grand jour, Agatha se trouve en situation de faire un suspect potentiel…

Comme c’est original ! Cela ne lui était jamais arrivé!

Et quand on est une enquêtrice amatrice et suspecte à la fois… on n’a plus le choix : il faut trouver le ou la coupable pour se disculper. Et la voici partie, accompagnée de Sir Charles (James est parti en vacances pour ne plus voir Agatha lui infliger le défilé de ses amants) dans un recensement de toutes les victimes à qui le défunt artiste capillaire a réussi à soutirer des sous, déclenchant ainsi de nouvelles catastrophes et péripéties.

Agatha Raisin serait-elle une obsédée sexuelle ? Que nenni ! C’est une sentimentale ! Elle veut être aimée pour elle-même ! Mais de préférence par de beaux mâles dominants et charmants capables de satisfaire ses besoins qui ne se limitent pas à prendre une tasse de thé avec la femme du pasteur en parlant théologie !

Et ce n’est pas sa faute à elle si James continue à lui en vouloir de ne pas lui avoir dit qu’elle était encore mariée (puisqu’on vous dit qu’elle l’avait oublié !), chose qu’il n’a appris que devant l’autel et accessoirement devant tout le village (c’est embarrassant vous en conviendrez…)!

Il faut bien qu’elle trouve quelqu’un voulant bien d’elle avait qu’elle n’ait définitivement passé la date de consommation !

Bref, en plus d’être une série de romans policiers sans prétention, les aventures d’Agatha Raisin ont un petit parfum de Barbara Cartland, voire de Bridget Jones (ben oui… elle est un peu gaudichonne sur les bords Agatha quand il s’agit de séduire les zômes)… car oui Agatha est très fleur bleue…

Mais une fleur qui a perdu la sienne et ne veut pas courir le risque de la laisser repousser ! Bref… c’est une chaudasse ! Et je vous avoue… que bien que n’étant pas particulièrement prude, je trouve les obsessions d’Agatha pour retrouver l’amour en se jetant sur tout ce qui porte un pantalon un peu lassante au bout de la huitième aventure.

Evidemment, elle reste attachiante (nan ! la faute est volontaire, on ne la corrige pas !)… Et son côté « je mets les pieds dans le plat » et « je résous mes enquêtes  à la machette en manquant de provoquer la fin du monde » à la façon des époux Beresford est même parfois assez jubilatoire bien que là encore quelque peu répétitive à la longue…

Anybref, c’est toujours avec plaisir et gourmandise que je retrouve Agatha et ses amis de Carsley… mais j’aimerais toutefois que son créateur accepte l’idée de faire évoluer son personnage…

Juste un tout petit peu… Histoire de l’aider à se renouveler.

Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2 : Collectif

Titre : Sherlock Holmes en toutes lettres – Tome 2

Auteur : Collectif (Anthony Burgess, Davis Grubb, Michael Moorcock, Rick Boyer)
Édition :
Édition Originale : Payot et Rivages (13/09/2017)
Traducteurs : Frédéric Brument et Jean-Paul Gratias

Résumé :
Saviez-vous que la pantoufle persane dans laquelle Sherlock Holmes rangeait son tabac fut l’objet de la convoitise d’une fétichiste unijambiste ?

Et que Sherlock Holmes et Watson avaient dû quitter un temps leur mythique logement de Baker Street à la demande de Mme Hudson ?

Autre fait inconnu à ce jour et révélé par notre expert : Holmes a fait du trapèze dans un cirque pour combattre le « Houdou ».

Vous saviez en revanche que le célèbre détective pratiquait le violon, mais n’imaginiez pas que la musique pouvait tuer.

Davis Grubb, Michael Moorcock, Rick Boyer et Anthony Burgess, quatre grandes plumes rivalisent d’imagination pour rendre hommage à l’un des personnages les plus mythiques de la littérature mondiale.

Critique :
« Les avatars de Sherlock Holmes » m’avaient un peu laissé sur ma faim et je n’avais pas pris autant de plaisir que je le pensais à leur lecture.

Si le tome 1 était fort éloigné du canon habituel, le deuxième mériterait la pastille “A.O.C” car les nouvelles semblent toutes droites sortie des originales.

Hormis la première qui ne concerne pas vraiment le détective de Baker Street, mais des membres d’une société holmésienne (“Le Reclus brun” de Davis Grubb, celui de “La nuit du chasseur”), les trois suivantes sont des plus jouissives, surtout celle de “Zolnay le trapéziste” (de Rick Boyer, l’auteur du “Rat géant de Sumatra”,  un apocryphe exceptionnel) et de “Dorset Street” (de Michael Moorcock).

“Meurtre en musique” d’Anthony Burgess (“L’Orange mécanique”) est très bien aussi, mais les deux précitées avaient un petit côté plus fouillé, plus profondes, elles étaient plus longues, aussi.

Autant le premier tome se lisait vite, autant celui-ci met plus de temps avant l’arrivée à la page finale, celle qui vous fait regretter d’arriver déjà au bout. Mais comme dit mon mari “Toutes les bonnes choses ont une fin”.

Comme je le disais plus haut (suivez, que diable), le personnage se Sherlock Holmes est en tout point conforme à l’original, nous ne sommes pas dans des textes de SF, ou de loufoqueries, mais dans des nouvelles policières pures et dures, avec des tas de déductions du Maître, ce qui me rend toujours guillerette.

Si j’avais compris en partie la solution de  “Zolnay le trapéziste”, je n’ai pourtant aucun mérite, ayant des connaissances que mon détective préféré n’a pas, puisque je suis née bien après lui. Celui ne retire pas du mérite.

Quant à la première, celle du “Reclus brun”, j’avais entrevu la fin aussi, mais je me suis laissée porter par la plume du talentueux Davis Grubb qui nous offre ici un récit moins sombre que sa nuit du chasseur, et, bien que Holmes ne soit pas présent dans sa nouvelle, on sentira néanmoins son ombre planer sur les pages.

Un excellent recueil, plus dans l’esprit du canon que son prédécesseur qui lui, était plus dans la parodie.

Du Sherlock Holmes pur jus, certifié Origine Contrôlée et Conforme.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembuleet Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

 

Agatha Raisin enquête – Tome 7 – À la claire fontaine : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 7 – À la claire fontaine

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (02/11/2017)
Édition Originale : Agatha Raisin and the Wellspring of Death (1998)
Traducteur : Françoise du Sorbier

Résumé :
La population d’Ancombe, village voisin de Carsely, est divisée suite à l’arrivée d’une société d’eau minérale qui veut exploiter la source d’eau douce.

Agatha Raisin, qui travaille pour les relations publiques de cette société, enquête sur le meurtre du président du conseil du village qui aurait été assassiné avant de pouvoir donner son accord pour l’exploitation de la source.

Critique :
Or donc… Je résume les épisodes précédents… Agatha avait réussi à convaincre son séduisant voisin James Lacey de l’épouser.

Or son premier mari dont elle n’était pas divorcée et dont elle avait préféré refouler l’existence en se persuadant qu’il était mort depuis longtemps a la très très mauvaise idée de surgir comme un diable de sa boîte pendant la cérémonie où James et Agatha devaient s’unir…

Léger malaise…

Et voilà que le mari ressurgi du passé ne trouve rien de mieux que de se faire assassiner, d’obligeant ainsi Agatha, première suspecte de la liste pour la police, à résoudre l’énigme de son violent départ pour un mode meilleur…

Cela étant, toujours très fâché (on se demande pourquoi, il aurait dû se douter qu’Agatha n’est jamais à court de surprises), James était partit seul profiter de leur voyage de noces à Chypre…

Agatha tenta de le poursuivre jusque-là bas pour se jeter tête baissée dans une nouvelle enquête puisque partout où Agatha passe… y a des gens qui trépassent (purée ! pourvu qu’elle ne passe jamais près de chez moi – Je ne lui donnerai pas mon adresse en tout cas)…

A son retour, Agatha trouve les Cotswolds en ébullition car au petit village d’Ancombe, près de Carsely, où réside notre Agatha préférée, la propriétaire d’un terrain sur lequel jaillit une source qui alimente le village, accepte de laisser un accès à son eau une grande entreprise afin qu’elle puisse la commercialiser.

Voilà une décision qui provoque des remous terribles au conseil municipal où les élus se font la guerre…

Et voilà qu’Agatha tombe sur le cadavre du président du dit conseil municipal en allant remplir sa gourde à la source pour préparer son thé. Et la voici à nouveau en selle pour une nouvelle enquête qui la conduira à renouer avec son ancien métier de chargée de communication au service de l’entreprise voulant revendre l’eau de la source… position et couverture bien pratique pour être au cœur des évènements…

Elle en profitera au passage pour coucher avec un des séduisants patrons de la firme, bien plus jeune qu’elle, histoire de bien faire remarquer à James ce qu’il manque.

Comme si l’empilement des cadavres ne suffisait pas, voilà que d’obscures groupuscules soi-disant écologistes manipulés par on ne sait trop qui viennent rajouter une couche de complications à cette affaire que l’on trouvera au final assez embrouillée et difficile à suivre mais qui va contribuer à ce que James et Agatha reprennent leur collaboration… Au moins pour cette fois.

Entre les préoccupations sentimentales d’Agatha, celles de son ami policier dont les parents effrayants font fuir toutes les copines, les potins du village, les inimitiés intestines des membres du conseil municipal, les arcanes de la grande entreprise et les mystères mystérieux de ceux qui y travaillent, et l’instrumentalisation de l’écologie pour mettre davantage le souk…

Je vous avoue que je me suis un peu perdue au point d’avoir fini par renoncer à comprendre, me laissant mener passivement par l’auteur…

Et de fait… en perdant une bonne part de plaisir à suivre cette intrigue labyrinthique.

Mais Agatha c’est Agatha… Odieuse, cynique, mesquine, avec son sens de la répartie so british, s’embarrassant peu des convenances… Et en même temps… avec ses petits points de fragilité… Bien cachés… tout au fond… Qui nous la rendent un peu humaine…

Bref, c’est ma copine, et c’est toujours avec plaisir que je vais passer quelques jours dans les Cotswolds avec elle par le biais des pages…

J’y retrouve avec plaisir les personnages récurrents qui l’entourent et leurs petits drames. Je suis donc fan de la série.

Mais cette fois ci… l’intrigue était un peu trop embrouillée à mon goût. Trop d’informations pour mon petit cerveau un peu ramolli par les fêtes de fin d’année sans doute…

J’espère que le tome 8 sera à la hauteur !