Le Suppléant : Henry Mountbatten-Windsor* *ou plutôt de son gosht-writter appointé [par Dame Ida, Pigiste Pipôle Stagiaire Adjointe à la Rédaction]

Titre : Le Suppléant

Auteur : Prince Harry
Édition : Fayard (10/01/2023)
Édition Originale : Spare (2023)
Traduction : Nathalie Bru et Santiago Artozqui

Résumé :
C’est l’une des images les plus marquantes du XXe siècle : deux jeunes garçons, deux princes, marchant derrière le cercueil de leur mère sous les regards éplorés – et horrifiés – du monde entier.

Alors que Diana, princesse de Galles, rejoignait sa dernière demeure, des milliards de personnes se demandaient à quoi pouvaient bien penser les princes à cet instant, ce qu’ils ressentaient – et quelle tournure allait prendre leur vie désormais.
Pour Harry, voici enfin venu le moment de raconter son histoire.

D’une honnêteté brute et sans fard, LE SUPPLÉANT est un livre qui fera date, plein de perspicacité, de révélations, d’interrogations sur soi et de leçons durement apprises sur le pouvoir éternel de l’amour face au chagrin.

L’avis de Dame Ida :
Je n’envisageais pas d’acheter ce livre afin de ne pas participer à l’entretien du train de vie de gens qui ont déjà à eux deux plus d’argent que mon époux, moi-même, mais aussi tous mes proches réunis ne parviendront jamais à gagner en une vie, voire une dizaine de vies… Et qui ne sont pas fichus d’écrire un livre eux-mêmes… Mais une bonne amie me l’a passé… et forcément, curieuse… J’ai passé un week-end dessus.

400 pages qui, initialement, auraient dû en faire le double, dit-on, avant qu’il ne soit expurgé du pire du pire pour ne pas rendre à jamais impossible une réconciliation que les déclarations de la presse rendraient de plus en plus improbable. En tout cas c’est que dit aujourd’hui la presse…

Oui mais voilà… La presse pipôle ne nous raconterait que des conneries. C’est d’ailleurs ça la principale révélation du bouquin !

Bon, je vous l’accorde que la presse nous raconte souvent des conneries, surtout sur les pipôles, on le savait déjà, ce n’est pas une révélation… Mais le décalage entre ce que les médias répètent et finissent par nous faire tenir pour vrai, parce que plusieurs sources le répètent, et ce qu’Henry Mountbatten-Windsor (ben oui, c’est ça en principe son vrai nom – d’autant qu’il n’est plus censé avoir de titres) déclare, est assez troublant.

Exit la Meghan qui harcèlerait ses collaboratrices… Ce serait un complot fomenté par l’une d’entre-elles, virée pour s’être fait passé pour la Duchesse de Sussex, afin de se faire offrir des cadeaux gratuits… Mouais… Il est aussi possible que ce grand benêt amoureux, peu objectif, n’ait pas envie de voir que certaines façons de parler puissent poser problème ou que quant on envoie des SMS le dimanche matin, de très bonne heure… ça peut aussi réveiller le destinataire, même si on prétend qu’il n’est pas tenu de répondre.

Exit le scandale de la tiare, Henry étant supposé avoir levé le ton contre l’habilleuse de la Reine, qui s’opposait au choix d’une tiare russe, controversée pour le mariage…

Alors que le choix de la tiare se serait porté sur une autre et en outre, en présence de la Reine elle-même, qui avait approuvé ce choix… L’habilleuse n’aurait seulement pas apprécié qu’on lui fasse remarquer les retards qu’elle a pris pour faire parvenir la tiare sélectionnée pour les essais coiffure nécessaire (poser une tiare ne s’improvise pas au dernier moment; il faut que le coiffeur apprenne à le faire avant le jour J).

Il n’y aurait donc eu aucun appel de Mamie pour gronder son petit fils et lui dire qu’il ne faut pas parler ainsi au personnel et l’affaire de la tiare russe serait une pure invention de l’habilleuse !

Fausse également, l’hypothèse voulant que la Reine ait découvert la décision d’exil des Sussex via leur blog, puisque la presse avait déjà prévu d’annoncer, le lendemain, des éléments confidentiels, transmis directement par un courrier des intéressés au roi actuel sur les conditions de leur départ… éléments qui avaient donc fuité alors que les négociations avec la Reine et son successeur étaient déjà en cours…

Et tout serait à l’avenant, découlant de fuites plus ou moins mensongères des collaborateurs et secrétaires royaux, qui ont un sens étrange de leurs devoirs, de confidentialité, allant même jusqu’à vendre des infos fausses aux médias, pour mieux arrondir leurs fins de mois, vu qu’ils sont mal payés au Palais !

Et le narrateur n’épargnera pas la nouvelle femme de son père en lui attribuant la responsabilité de certaines fuites, pour que la presse s’intéresse moins à son propre fils en galère… L’ennui, évidemment, c’est qu’on ne pourra jamais vérifier quelles sont les vraies versions… Et c’est ça qui fait enrager l’ex-prince : sa parole n’est pas et n’a jamais été considérée comme la vérité, les théories alternatives de la presse inventée par elle-même ou par d’autres, ayant été répandues dans les oreilles du public auparavant.

Cela étant, nous pouvons compter sur l’Establishment pour ne jamais rien nous dire de manière transparente.

Alors nous n’avons aujourd’hui que les déclarations d’Henry Mountbatten-Windsor, et celles d’une presse dont on sait par ailleurs qu’elle n’a pas hésité non plus à raconter bien des saloperies.

Tiens… Quand la Reine est morte, on annonçait qu’elle était au plus mal à la nation dans l’après midi, alors que c’était déjà fini (on l’apprendra le lendemain quand l’heure exacte du décès sera annoncée). On voulait attendre que toute la famille soit arrivée pour annoncer la nouvelle, ça peut se comprendre… Mais ça veut dire et ça prouve que la communication du palais n’est pas fiable, puisqu’elle peut employer le mensonge. Le narrateur, quant à lui, avait été averti dans l’avion du décès de sa grand-mère, alors que la nation priait encore pour la survie de celle-ci…

Alors la vérité véritablement vraie… bien malin qui saura la connaître… Le Palais ment… les employés vendent de faux tuyaux… certains le feraient sur ordre de certains membres de la famille… Et pendant ce temps, le narrateur raconte sa propre vérité et son propre point de vue.

Mais il n’échappera pas aux lecteurs attentifs que ce point de vue passe aussi à travers les interprétations et le prisme d’une subjectivité très en souffrance. Ben oui… il souffre, ce narrateur. C’est une évidence.

Cela étant, difficile de se faire une idée très claire de ce qu’endurent les « royals » britanniques, avec la presse. Nous ne recevons pas les tabloïds britanniques en France et nous mesurons assez peu les débordements hallucinants que la liberté de la presse permet, outre-manche. On peut raconter n’importe quoi, sur n’importe qui, sans rien risquer, à condition d’y mettre certaines formes.

Et oui chers amis… En France (je ne sais pas comment ça se passe en Belgique), les lois sur la vie privée et la diffamation, les lois réprimant les discours racistes etc… ne permettent pas de dire n’importe quoi, dans les journaux, alors que visiblement la presse britannique pourrait mentir en toute liberté, sans jamais avoir à en rendre compte, sauf dans des cas particuliers limités, toujours possibles à contourner.

Nous ne savons donc des péripéties de la Firme que ce que la presse francophone s’autorise à reprendre. Cela nous parvient plus soft, très édulcoré, moins racoleur, plus sérieux… Mais ce n’est pas nécessairement plus vrai pour autant !

Un tri a juste été fait par les services juridiques, pour mettre au panier les « infox » des tabloïds qui tomberaient sous le coup de la loi chez nous, et il semblerait que ce soit le cas de la majorité de ce qui se publie de l’autre côté du tunnel ou du channel, ça dépendra par quel moyen vous y allez.

Mais pour apprendre tout cela, il vous faudra accepter de mourir d’ennui pendant 80 % de ce livre, où le gosht-writter de Monsieur Mountbatten-Windsor nous fera part de manière assez répétitive de ses états d’âmes, de ses nombreux voyages (purée le bilan carbone du type ferait frémir la petite Gretha T!!!), de ses souvenirs d’armée ou de collégien…

Ce livre est, bien souvent, creux ou vide, reprenant des anecdotes sans intérêt, déifiant le souvenir de sa mère avec quelques bons sentiments, par-ci par-là… Mais sans réelles révélations, car la plupart des éléments abordés ont déjà été révélés par la presse.

Quant à ses liens avec certaines personnes, ils ne seront pas suffisamment détaillés pour qu’on saisisse quelque chose de leurs relations, comme s’ils étaient de parfaits figurants anonymes.

Même son père, sa grand-mère, son frère et quelques autres ne feront pas l’objet de développements, nous permettant réellement de voir comment il les saisit subjectivement, ce qui nous en révélerait peut être trop… Leurs descriptions sont très factuelles, sans profondeur…  Aux lecteurs de se les imaginer à travers ce qu’ils auront lu dans une presse… qui selon lui n’est que mensongère.

Il est pourtant de notoriété publique que les Windsor forment une famille dysfonctionnelle, pas douée avec les sentiments, etc…

Et d’ailleurs, le narrateur ne manquera pas une occasion de les tacler, mais sans jamais véritablement rien mettre en lumière, quoi que ce soit, des liens qu’ils ont les uns avec les autres et de la façon dont il s’en débrouille. Probablement, valait-il mieux zapper ces questions pour laisser une porte ouverte à un retour possible du narrateur, dans le giron familial, quand sa femme se sera fatiguée de lui.

Anybref, ce n’est pas de la grande littérature et ça a donc l’avantage d’être vite lu…

D’ailleurs c’est certainement le but, pour toucher un lectorat très vaste et rapporter plus d’argent possible… Mais c’est souvent sans intérêt, et la lecture diagonale m’a soulagé les yeux et l’esprit assez souvent.

Et puis… Ce livre m’a dérangé par certains aspects.

Quand on revendique avec autant de force un droit à l’intimité, pourquoi s’appesantir sur des détails sur l’anatomie de son pénis, sur ses inquiétudes concernant l’intégrité de celui-ci suite à un voyage au pôle nord, pour cause d’engelures et de sa décision de le mettre au chaud dans une « chaussette », sur mesure, en polaire, lors de son voyage au pôle sud ? Pourquoi nous raconter en quelques mots la perte de sa virginité ? Pourquoi nous parler de ses ex, aussi ?

Parce que la presse avait raconté autre chose ? Mouais… Pas certaine de cela… Démentir nécessite-t-il toujours de tout dévoiler ? À la presse intrusive, faut-il réagir par l’impudeur totale ? Always complain, always explain… La rupture du narrateur avec sa propre famille est manifestement une rupture éthique et philosophique sur la façon de se positionner.

Autre problème : Henry Mountbatten-Windsor ne nous cachera rien de ses consommations fréquente et précoce de cannabis, de cocaïne, de drogues hallucinogènes, et surtout de ses abus d’alcool. Et à aucun moment il ne tiendra un discours critique à cet égard. Il en parle d’une manière totalement banale comme si c’était parfaitement normal de se défoncer régulièrement à la beuh dès le collège !

La cocaïne ? Ben quoi ? Tout le monde n’en prend-il pas ? Et l’alcool après tout, ce n’est même pas illégal ! Où est le problème d’évoquer une cuite à pratiquement chaque chapitre ? Quant aux drogues hallucinogènes, on vous dira que c’était une thérapie alternative à son malaise psychologique, pour lequel il reconnaît n’avoir jamais vraiment  consulté un psy dans la durée, sauf dans l’année qui a précédé son exil.

Ce discours, sans aucune critique sur ses consommations de drogues ou d’alcool et leurs effets, me semble parfaitement irresponsable de la part d’un père de famille et d’une personne ayant une telle audience médiatique. Ce livre va être lu par des millions de gens… N’a-t-il jamais imaginé qu’un passage un peu critique sur les dangers des drogues aurait été de bon ton ?

La recherche en neurosciences pose que la consommation régulière de cannabis à l’adolescence altère le développement cognitif et diminue le QI durablement… La psychiatrie sait aussi très bien que de nombreux épisodes psychotiques sont déclenchés par cette drogue et qu’elle n’a rien d’anodin, même si certains voudraient qu’elle soit librement commercialisable, au motif qu’on l’utilise pour préparer des médicaments (à titre indicatif; la morphine est utilisée en médecine ou pour des médicaments antalgiques, mais est-ce une raison pour légaliser l’héroïne ?).

Dira-t-il que la cocaïne peut rendre paranoïaque à long terme ou mettre ses consommateurs en dangers, à cause de la surestimation des compétences qu’elle entraîne chez ses consommateurs ? Evidemment non ! Sans faire l’apologie des drogues, il les présente sous un jour inoffensif sans avertissement ni conseil de modération…

Même la dernière psy qu’il aura consultée, la seule dont il nous parle, il ne l’aura vue qu’un an ou deux tout au plus sa thérapie s’achevant avec le Meghxit. Bref… Elle n’aura certainement pas duré suffisamment pour faire le tour de ses tendances toxicomaniaques, de ses tendances alcooliques, de sa dépendance au risque (être militaire n’a pour lui de sens que si on va au front, à bien le lire), et surtout d’un deuil pathologique ancien (le jeune Henry se serait accroché jusqu’à l’âge de 17 ans à l’idée que sa mère se serait fait passer pour morte afin de vivre un exil anonyme!), sans parler d’un trouble de stress post-traumatique, auto-diagnostiqué, dont les symptômes tels qu’ils seront évoqués dans le livre, ne correspondent pas spécifiquement à ça, et ne seraient apparus qu’après sa carrière militaire.

Bref, le jeune homme n’allait franchement pas bien. Il est carrément fracassé et on peut se demander s’il va réellement mieux eu égard au manque de recul de questionnement ou d’autocritique de son discours.

Jamais il ne se remet en question… Il préfère les méthodes alternatives, les délires new-age, les tantras, les voyantes… voire l’homéopathie (granules de sucre sans AUCUNE substance active, les substances supposées être utilisées à des doses plus qu’infinitésimales n’ont aucune efficacité scientifiquement démontrée, et les résultats atteignent péniblement l’effet placebo) pour soigner des troubles anxieux !

La préférence systématique pour les méthodes alternatives signe le plus souvent une méfiance ou un évitement des méthodes scientifiquement éprouvées… Et donc, une résistance profonde au changement.

Et même si je comprends qu’il doit être très pénible de vivre constamment dans le viseur de la presse-caniveau britannique qui atteint des abysses de bassesse, je ne résumerais pas à cette unique raison les traits persécutifs qu’il exprimera à l’égard de la presse, de l’establishment, de sa famille, si j’en crois la théorie complotiste à peine voilée qu’il évoquera au sujet du décès de sa mère dont la version officielle a été arrêtée du fait de la « corruption »…

Sachant que les autorités françaises ont collaboré à cette enquête, l’évocation d’une « corruption », même s’il ne dit pas qui serait corrompu, relèverait de l’incident diplomatique, s’il avait encore quelque accréditation pour s’exprimer au nom de la Couronne !

Il reproche constamment à sa famille de n’avoir jamais partagé son exaspération à l’égard des tabloïds, de leurs intrusions, de leur harcèlement, et de leurs mensonges. Mais oublie-t-il que cette famille en est aussi l’objet et n’a eu d’autre choix que de s’en débrouiller, eu égard aux coudées franches que la loi leur laisse en Grande-Bretagne ?

Dans la prière des Narcotiques Anonymes, que l’on dit en début ou en fin de réunions, n’y a-t-il pas une petite phrase où l’on dit qu’il faut « accepter ce qu’on ne peut changer » et s’y adapter ? Cela fait partie du programme de réhabilitation. Monsieur Henry devrait méditer sur cette petite phrase si un jour il avait la bonne idée de participer à leurs réunions.

Sa famille n’a d’autre choix que de respecter la loi. Aucun manquement, aucune critique contre la loi sur la liberté de la presse ne serait tolérée de la part de la famille royale britannique ! Et par son comportement et ses exaspérations contre la presse, il met objectivement le statut de sa famille en danger, en laissant supposer que cette famille pourrait questionner la liberté de la presse et la liberté d’expression, qui sont des piliers fondamentaux de ce pays.

Critiquer ouvertement la liberté d’expression de la presse, même pour en condamner les abus, mettrait l’institution monarchique en position d’être suspectée de tyrannie ou de velléités dictatoriales !

Nous pouvons tous déplorer que la liberté de la presse britannique ne puisse se voir opposer aucune loi sur le respect de la vie privée… ou qu’on puisse publier des mensonges, sans avoir à en rendre compte…

Mais c’est ainsi qu’est la loi britannique et la famille royale, pour préserver son statut, doit s’y faire et s’y adapter. Et s’y adapter suppose de garder un contrôle rigoureux sur sa présentation, sur ses moindre faits et gestes et sur tout ce qu’on dit quand on sort dans un lieux public… C’est injuste, mais c’est ainsi.

Alors, le voir monter dans les tours parce que la presse a parlé de ses consommations de cannabis, de cocaïne ou d’alcool devant des tiers, en groupe ou dans des lieux publics… et que le seul problème avec ses consommations de drogues a été que la presse en parle.

Excusez-moi… Mais là, je ne peux pas le plaindre. Si tu ne veux pas te voir reprocher de faire des conneries, et bien tu commences par ne pas en faire, au lieux de faire comme la plupart des sales gosses dont la seule réaction est de dire : « Qui a osé me dénoncer ! ».

Franchement un strip-billard à Las Vegas, alors qu’on ramène de parfaits inconnus dans la suite où on se soule ? Est-ce bien raisonnable quand on est supposé avoir l’habitude de devoir toujours faire attention à qui prend des photos ? Ou joue-t-on un peu avec le feu pour s’en plaindre après ?

Bonhomme, si tu ne veux pas voir tes fesses dans la presse, ne les découvre que dans ta salle de bain ou dans ton lit ! Ou alors montre les et… assume !

Personnellement, si le narrateur est accro à la beuh et ruine son QI avec, c’est son problème tant qu’il ne fait pas de prosélytisme ! Mais dans ce cas là, qu’il assume comme le ferait Doc Gynéco ! Mais qu’il ne se plaigne pas après, si ça fuite dans la presse, parce qu’il le fait sans se soucier d’être vu !

Est-ce que je fais des sextapes moi ? Non. Pourquoi ? Ben parce que je sais que même si ça ressemblerait plus à un reportage animalier sur la reproduction des éléphants de mer, un vidéogramme peut être téléchargé, piraté, diffusé, et regardé par la planète entière.

Alors ? Quand tu sais que les photos de tes moindres conneries seront revendues quoi qu’il arrive et bien… Tu t’abstiens ! Sinon… tu assumes et tu ne te plains pas. On pourra me trouver coincée… Mais je parle juste de sens des responsabilités. Si tu aimes montrer ton cul aux gens, il faut te faire à l’idée à l’ère d’internet que même des gens que tu n’as pas choisis, finiront par le voir aujourd’hui.

Par ailleurs, quand il parle de ses stratagèmes pour faire des courses dans des supérettes ou pour s’acheter des vêtements… Heu… Excusez-moi… Mais à l’ère de la livraison à domicile ou des services VIP dans les grands magasins où on vous reçoit dans un salon et on vous apporte un choix du type de produits recherchés… Ne cherche-t-il pas les problèmes ?

Tu vois Deneuve ou Adjani faire leur marché ? Tu crois que Brad Pitt se promène au rayon caleçons d’un centre commercial ? Comment faisait son frère ? Ses oncles ? Ses cousines ? Dans une famille qui a autant de thunes, et des services de sécurité, on ne me fera pas croire qu’il n’y aurait eu personne pour faire ses courses ! Comme si c’était si drôle de faire ses courses !

Pitié ! Je me dispenserais bien de devoir les faire moi ! J’ai pus la force de pousser mon caddie bondé dans des allées noires de monde le samedi ! C’est pas juste parce que j’ai peur d’être prise en photo ! Et si j’osais me lamenter là dessus au bureau mes collègues me regarderaient comme une conne en me disant « Ben c’est la vie, Ida ! Fais-toi livrer si tu ne veux plus pousser ton caddie! »…

Le mec, il a un secrétaire particulier des gardes du corps et même le cuisinier de papa qui lui apporte des plats sous vide et toussa toussa… mais il va nous faire croire qu’il doit faire ses courses comme n’importe qui ! Pauvre garçon… il ne réalise pas ce que vivent les vrais gens dont il voudrait se faire plaindre ! Pitié !

Son obsession à se poser comme victime de la presse, à l’instar de sa mère qui pourtant savait aussi très bien l’utiliser (et ça il tend à l’oublier), là où le reste de sa famille a dû apprendre à faire le dos rond, n’étant en réalité pas plus protégé que lui (on se souviendra des conversations entre Charles et Camilla, rendues publiques où il disait vouloir être son tampax… Une humiliation assez sympa… On ne parlera pas des unes, sur la fois où son père a commandé un sherry au pub alors qu’il était collégien, ou de toutes les petites amies et liaisons qu’on lui a prêtées avant son mariage !), me semblera parfois peu entendable même si je conçois que de voir les gens qui entrent ou sortent de chez vous être harcelés par les paparazzis ou les parents ou proches de vos petites amis harcelés également, est prodigieusement scandaleux.

De même le sujet de sa relation avec son frère me semblera problématique. La dimension projective (le fait d’attribuer à l’autre des sentiments qu’on ressent à son égard) des sentiments de rivalités, qu’il attribue à son frère aîné à son égard, me semblera évidente, notamment quand ils se trouvent régulièrement associés à une sorte de listage de tous les privilèges dont il jouit et dont le narrateur prétend ne pas se préoccuper.

S’il ne s’en préoccupe pas, alors, pourquoi en fait-il si souvent la liste ? Mon Dieu ! Le futur roi jaloux de son frère parce qu’on l’autorise à porter l’uniforme de son choix et la barbe à son mariage ! Qui y croit ? Dégringolé au cinq ou sixième rang dans l’ordre de succession, il était presque à la limite de ce que la Reine n’ait plus son mot à dire sur son mariage… Pauvre vieille… Elle n’avait juste pas envie de se raidir sur des questions de protocole pour un petit fils qui n’avait aucune chance de régner…

Et son frère s’est fait plus royaliste que la reine en ne comprenant pas l’abandon d’un point de protocole concernant son frère… Whaou… Le scandale du siècle !!! La preuve que son aîné est un jaloux pathologique !

Quand on l’entend raconter devant des caméras que son aîné et sa femme lui en voudraient à lui et à son actrice, d’être plus populaires qu’eux… et qu’ils sont contre eux, à cause de ça… on ne pourra trouver ça que pathétique !

Comme si le problème était là ! Il y a juste un aîné qui va devoir récupérer le job de diriger la firme et qui, comme son propre père, ne peux féliciter ou soutenir un trublion qui torpille le système !

Et puis mince… J’ai des enfants et des frères et sœurs… Et quand on a pris un peu de maturité et qu’on va bien dans sa tête, c’est suffisant pour savoir, qu’entre frères et sœurs, on imagine toujours que l’autre est plus avantagé que soi, vis à vis des parents !!! C’est normal d’imaginer ça quand on est enfant… Mais rester là-dessus une fois adulte c’est un peu plus ennuyeux. Et quoi que vous fassiez, en tant que parent, pour empêcher ça entre vos enfants, ça revient tout le temps sur la table.

Quand les parents essaient d’être justes et ne vont pas dans le sens d’un de leurs enfants, celui-ci a toujours l’impression qu’on préfère les autres à lui ! C’est tout le temps comme ça dans les fratries… L’aîné attend plus longtemps son premier téléphone et trouve injuste que le petit frère ait le sien plus jeune etc… C’est la vie ! Mais quand on est adulte, on est supposé passer à autre chose, non ? Faudrait grandir un peu peut-être ? Mais s’il n’y parvient pas à son âge, peut être est-ce le signe qu’il a encore besoin d’une aide ?

Alors oui c’est vrai… Les parents seront davantage satisfaits quand un de leurs enfants travaille bien à l’école, ou se montre bien élevé, s’approprie les valeurs de la famille… et déçus si l’un est en échec, part en vrille, se drogue, picolle etc. Alors oui… Chez les Mountbatten-Windsor-Spencer, c’est l’aîné qui est le mieux rentré dans le moule… Ben oui c’est comme ça… Et ça tombe bien en plus parce que c’est sur lui qu’on compte pour reprendre la firme… So what ? Il faut lui reprocher ? Et lui reprocher de faire son job en approuvant pas la démission de son frère ? Mais croyez-vous que les Windsor ont bien vécu le départ d’Edward VIII pour épouser sa maîtresse nazi en son temps ?

Est-ce leur faute, à son père et à son frère, si le cadet n’a pas bien réussi à l’école ? Sont-ce eux qui lui ont allumé son premier joint, sachant que la consommation de cannabis pendant la puberté fait perdre des points de QI ? Non, mais à entendre le narrateur, ils auraient « autorisé » l’establishment à faire de lui une sorte de bouc émissaire, supposé servir de contre-feu afin de ne pas trop regarder leurs affaires ! Ben voyons ! J’imagine bien son père, le fournir en coke, pour être certain qu’il se fasse photographier en train de sniffer, tant qu’on y est !

Faut-il fusiller tous les Windsor qui ont appris et réussi à se débrouiller des tabloïds en commençant par prendre de la distance avec leurs mensonges et par ne plus y faire attention ? Les mouches à merde sont toujours gênantes, mais nous avons toujours mieux à faire que de les écraser ou de sauter dans la merde à pieds joints pour s’acharner sur elles ! Et bien c’est malheureusement ce que fait le narrateur de ce livre.

Le problème, c’est que seules les personnes avec de bonnes assises de personnalité, bien construites, ayant une bonne estime d’elles-mêmes, sont capables de se passer de se voir renvoyer constamment une bonne image d’elles mêmes, par tous les miroirs qu’ils croisent. La presse est un de ces miroirs qui vous renvoient une image de vous-même, déformée, fausse… sans doute…

Et pour supporter que des crétins disent n’importe quoi sur vous, en permanence, et bien il faut être suffisamment certain de ce qu’on est, de sa valeur, de ce qu’on veut dans la vie etc. Et l’incapacité d’Henry Mountbatten-Windsor à faire face à ce que le reste de sa famille doit supporter, révèle surtout ce qu’il en est des profondes blessures qui l’ont empêché d’avoir une image de lui-même suffisamment solide.

D’ailleurs, ce livre ne démontre-t-il pas à quel point il est en définitive fragile et en recherche constante de lui-même, arpentant littéralement la Terre du pôle nord au pôle sud dans l’espoir de se trouver enfin ?

Ne démontre-t-il pas non plus que les traumatismes psychologiques de l’enfance devraient être pris en charge sur le plan psychologique sur le champ, et que sa famille a clairement merdé en ne lui offrant pas ce secours au plus tôt ?

Espérons pour lui qu’il se trouvera un jour… Dans pas trop longtemps… ça nous évitera un autre livre aussi creux.

 

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‭Les détectives du Yorkshire – 08 – Rendez-vous avec le diable : Julia Chapman ‬[LC avec Bianca]

Titre : ‭Les détectives du Yorkshire – 08 – Rendez-vous avec le diable

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont – La bête noire (24/11/2022)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 8: Date with Evil (2022)
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leignie

Résumé :
Dans le huitième roman des détectives du Yorkshire, Samson et Delilah sont sur le point de découvrir que toutes leurs nouvelles affaires pourraient être connectées à un réseau maléfique qui semble entourer Bruncliffe.

Résoudront ils leurs affaires avant que le danger ne vienne frapper directement à leur porte ?

Critique :
On peut dire que j’attendais cette lecture avec l’impatience d’un gosse un soir de Noël. Est-ce que me petits souliers ont été bien remplis ? Oh que oui ! Pour une fois, pas d’écart entre le plaisir ressenti durant l’attente et celui durant la lecture.

Les détectives du Yorkshire, ce sont des cosy mysteries qui ont un point commun avec Columbo : les lecteurs en savent toujours plus que les protagonistes !

Depuis le 1er tome, nous savons qui est le salopard d’enfoiré de sa mère, le criminel, le trafiquant, le type dont il faut se méfier… Et nous sommes les seuls à le savoir. Ce que nous ne savons pas, c’est quand et comment ils le découvriront.

Comme pour beaucoup de sales affaires qui se sont passées à Bruncliffe ou dans ses environs et que notre duo d’enquêteurs n’ont pas résolues, pensant à tort, qu’il s’agissait d’un suicide, d’un accident…

Non, ça ne diminue pas le suspense, d’en savoir plus que les protagonistes, que du contraire, ça frustre encore plus. Combien de fois n’ai-je pas hurlé à Samson ou à Delilah, que le criminel leur faisait de belles courbettes, qu’il était face à eux ? Que ce n’était pas un suicide, mais un crime ? Mauvais pour la tension, cette série !

Dans chacun des romans, on a une affaire plus importante et d’autres, qui semblent banales, comme la disparition de choux, le vol d’œufs, de linge, de bisous manquant sur une carte postale… Bref, des petits faits dont on pense, à tort, qu’ils sont insignifiants. C’est une erreur !

Tels des petits ruisseaux se regroupant pour former un ruisseau, puis un fleuve, avant de rejoindre une mer ou un océan, toutes ces petits choses simples, ces détails, se rejoignent afin de former un tout, s’imbriquant dans l’immense toile d’araignée que l’autrice a tissé dans ses romans.

Tel un mécanisme d’horlogerie, tous les rouages tournent et les plus petits ont aussi leur importance, parce que sans eux, les plus grands tourneraient mal. Il serait amusant de les relire tous, l’un à la suite de l’autre, pour les revoir dans leur ensemble et se rendre compte que tout était bien huilé, bien préparé, bien pensé.

Chaque personnage aura son utilité, même la colporteuse de ragots, même un ne faisant pas partie des principaux, aura, un jour, son moment de gloire et je suis contente que dans celui-ci, l’autrice ait mis sous les lumières, George, le frère de Ida Capstick et que cette dernière ait pris de l’importance au fil des tomes.

Dans cette série, les personnages ne sont pas trop manichéens, même si, Samson, Delilah et bien d’autres, sont des gentils, des gens avec lesquels ont auraient envie d’aller boire une pinte, au pub du coin. Des gens normaux, des gens d’un village où la vie privée est un vain mot.

Oui, ils sont devenus des amis, même les plus bourrus, même les plus bourrins, ne sont pas des méchants, juste des gens des collines, un peu frustres, qui ne s’embarrassent pas du superflu, de diplomatie, d’hypocrisie. Cachant leurs sentiments sous des grognements.

Ce 8ème tome était, une fois de plus, une réussite à bien des égards : du rythme, de l’action, des moments plus calmes, au départ, le temps que tout le monde reprenne ses esprits après leur dernière enquête et ne commencent à mettre un peu d’ordre dans les affaires que les gens leurs ont confié.

Le suspense monte crescendo et sur le final, il est haletant, on court partout, on a peur, même si on se doute que tout se terminera bien… Du moins, on l’espère. Et puis, ce qui m’a fait plaisir, c’est que ce tome 8 clôture toutes les affaires, que tous les mystères levés dans les romans précédents, trouvent ici leur conclusion définitive.

Maintenant que les protagonistes du romans en savent autant que nous (mais sans avoir eu recours au narrateur omniscient, eux), j’espère que la série ne s’arrêtera pas là et que nous pourrons encore suivre leur pérégrinations durant quelques tomes… Juste pour le plaisir.

Ma première lecture de l’année est une réussite, tout comme notre première LC de 2023. Là, Bianca et moi, sommes sur la même longueur d’ondes. La preuve sur son billet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°109] et le Challenge British Mysteries 2023 chez Lou et Hilde – De janvier à mars (N°1).

Un Noël à New York – Petits crimes de noël 12 : Anne Perry

Titre : Un Noël à New York – Petits crimes de noël 12

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 Grands détectives (2016)
Édition Originale : A New York Christmas (2014)
Traduction : Pascale Haas

Résumé :
Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright.

Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration.

Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

De Hell’s Kitchen à Central Park, Jemina devra trouver son chemin à travers les rues enneigées de New York, sans se douter qu’un danger mortel la menace.

Critique :
Ne me demandez pas ce qui m’arrive, cette année, mais voilà que ce mois de décembre, j’ai eu l’envie soudaine de lire des récits se déroulant durant la période de Noël, moi qui préfère les lire en juillet/août.

Pour faire bonne figure, j’ai tout de même choisi un polar historique afin d’avoir un meurtre sous le sapin. Il n’est pas sous le sapin, mais dans un lit (rien de graveleux, hélas).

Dans ce polar de Noël, Jemina Pitt, la fille de Thomas et Charlotte Pitt, accompagne son amie Delphinia Cardew à New-York, où celle-ci va épouser le fils de l’associé de son père, un mec pété de thunes (toute comme elle). Delphinia est totalement in love de son Brent Albright.

Le mystère est que la mère de Delphinia a abandonné sa fille lorsque cette dernière était tout bébé et que le frangin du futur marié a peur que la mère, qui a eu un comportement scandaleux, ne vienne foutre le bronx le jour du mariage. Le Bronx, à New-York, c’est normal (jeu de mot foireux après Noël).

J’avoue que Anne Perry m’a habitué à mieux, beaucoup mieux, dans sa saga avec Thomas Pitt, notamment en nous parlant, mieux que personne, du Londres victorien et nous décrivant avec précision l’Angleterre de cette époque, avec les différentes classes sociales, les petits doigts en l’air pour boire les cup of tea, tandis que dans les taudis, la misère grouille comme les rats (Hidalgo est innocente)…

Il est difficile d’entrer dans des détails historique avec un roman de 156 pages et c’est tout le problème de ce petit polar historique : il se lit trop vite et ne va pas au fond des choses, donnant l’impression qu’un nombre précis de pages ne devait pas être dépassé et que, quoiqu’il en coûte, il fallait le clore en vitesse.

Allez hop, il faut donc sauter des étapes importantes, notamment l’arrestation de la personne coupable ! Ah oui, mais non, c’est super important, ça, l’arrestation ! Déjà que Jemina et le policier n’ont que peu d’éléments à charge, ni aucune preuve tangible. La personne coupable aurait pu ricaner et dire « Prouvez-le » et là, c’est Tintin (et Milou avec) ! On a de fortes présomptions, la logique parle (même moi j’avais trouvé qui c’était dès la découverte du cadavre), oui, mais pas de preuve directe.

Mais puisque l’on arrête la personne coupable, je suppose que cette dernière a avoué, ce qui est difficilement compatible avec son caractère froid et calculateur. Mais je m’égare…

De plus, si dans la version londonienne, l’autrice prend toujours le temps de donner à la ville une place importante, ici, New-York faisait de la figuration et n’a pas obtenu la place qu’elle méritait. La visite de quelques quartiers emblématiques est rapide et on lui signale qu’on n’ira pas à Hell’s Kitchen, car trop dangereux.

Malgré ces gros bémols et ce final qui m’a semblé se dérouler en accéléré à l’aide de quelques phrases explicatives, le reste du roman n’est pas si mal que ça : il est plaisant à lire un jour de réveillon de Noël, reposant et on le dévore assez vite afin d’apprendre le secret caché et honteux de la maman indigne de Delphinia. Effectivement, pour l’époque, c’était scandaleux au possible.

Ce ne sera pas le polar de l’année, ni même celui du mois de décembre et ma préférence restera pour la saga de Thomas Pitt.

Avec une centaine de pages de plus, l’autrice aurait pu développer mieux son intrigue, la recherche d’indices et l’arrestation de la personne coupable, dont j’aurais aimé que l’on nous décrive son visage, ses dénégations, la réaction des autres personnages… Ce qui fait le sel d’un polar !

Si j’ai été contente de passer du temps avec Jemina Pitt, que j’ai connue dans le ventre de sa maman et que j’ai vu grandir, j’ai trouvé le reste du roman assez mièvre, notamment avec un gros cliché final. Le fait de ne pas suivre l’arrestation de la personne coupable est une aberration dans un polar et le résumer en quelques lignes insipides est une hérésie.

Une lecture pour se détendre l’esprit avant un réveillon de Noël, pour se détendre après les fêtes de Noël, pour lire sur la plage, sans se prendre la tête.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°106].

‭Petits meurtres à Endgame : A. K. Benedict ‬[LC avec Bianca]

Titre : Petits meurtres à Endgame

Auteur : A. K. Benedict
Édition : Charleston (18/10/2022)
Édition Originale : The Christmas Murder Game (2021)
Traduction : Laura Bourgeois

Résumé :
Lily Armitage espérait ne jamais devoir retourner à Endgame, le domaine familial où sa mère est décédée vingt et un ans plus tôt. Mais lorsque sa tante l’invite au traditionnel jeu de piste de Noël, la curiosité est plus forte qu’elle.

Car cette année, l’enjeu est de taille : non seulement le gagnant héritera du domaine, mais les indices révéleront enfin la vérité sur la mort de sa mère.

Alors que le réveillon de Noël approche, la tension monte entre les cousins. Tous ont leurs raisons de vouloir gagner, et certains n’ont pas l’intention de jouer franc-jeu. Et quand une tempête de neige les force à rester confinés dans le manoir, les retrouvailles familiales prennent une tournure funeste…

Bien décidée à connaître le fin mot de l’histoire, Lily comprend vite que le domaine renferme de sombres secrets, et qu’elle risque sa vie dans ce jeu dangereux…

Cosy mystery, fêtes de Noël et grand manoir : un jeu de piste haletant au cœur d’une famille aux secrets bien gardés.

Critique :
Des meurtres pour Noël, un huis clos, de la neige, un manoir familial dans le Yorkshire, un jeux de piste, des énigmes, comme une sorte de Cluedo grandeur nature ça te dit ?

Purée, bien sûr que je veux lire ce cosy mystery anglais ! Est-ce qu’on demande à un chien s’il veut un os ? Bien sur que non. C’est pourquoi j’ai accepté de suite la proposition de Lecture Commune avec ma copinaute Bianca.

Ce fut une bonne pioche, même si ce cosy mystery souffre de quelques défauts dont je vous parlerai plus loin.

Munie d’une veste chaude, de plusieurs paires de chaussettes épaisses, de plaid et d’un thermos de thé chaud, je me suis aventurée dans cet ancien manoir reconvertit en hôtel pour séminaires. La propriétaire des lieux, décédée, a tout de même tenu à ce que l’on réunisse ses enfants, neveux et nièces, pour un dernier jeux de pistes dont le gros lot est l’acte de propriété du manoir…

Les points forts de ce cosy sont ses énigmes, bien pensées, bien traduites aussi (important, on le comprendra au fil de sa lecture) et qui font appel à la sagacité de la famille Armitage pour décrypter les anagrammes ou autres jeux de mots.

À ce petit jeu là, je suis nulle, tandis que Lily, elle, est un véritable Sherlock Holmes en puissance. Hélas, elle n’a pas son aura, ni sa personnalité, elle est même super fade, la Lily ! Avant de retourner au manoir familial, elle aurait dû aller s’acheter un bon kilo de réparties et au moins 500 grammes d’agressivité, afin de résister au sarcasmes de sa cousine Sara, qui elle, a trop d’aigreur en elle…

Si les énigmes sont bien faites, si le final est génial, si la double enquête est bien menée, si le suspense est présent, les mystères aussi, si les décorations de Noël, dans le manoir, sont grandioses, les personnages, par contre, manquaient de décorum, de boules (oui, les mecs en manquaient !!) et de consistance. Lily est trop molle, Sara trop agressive et personne ne la remet jamais en place, ou alors, avec mollesse.

Ils m’ont fait penser à ces dirigeants qui condamnent fermement un dictateur, mais ne bougent pas d’un millimètre, sauf à froncer les sourcils, ce qui ne fait peur à personne, bien entendu. Bref, les portraits sont déséquilibrés, pas assez travaillés, et pourtant, cela ne m’a pas vraiment posé de problème durant ma lecture. Dommage pour ce manichéisme. Le travail aurait pu être plus approfondi pour eux.

Autre chose que j’ai remarqué et qui manquait un peu de réalisme, c’est qu’après le premier cadavre, personne ne semble vouloir enquêter, virer parano ou raser les murs en claquant des dents… Pourtant, il est impossible que ce soit un accident ou un suicide, à moins d’être contorsionniste.

Heu, avec la neige, les routes sont coupées, ils n’ont pas de téléphones, ils ont un cadavre sur les bras, l’assassin ne peut être que parmi eux (un proche, donc !) et personne ne semble avoir envie de courir comme un poulet sans tête ???

Moi, dans une situation pareille, j’aurais la chair de poule, les chocottes, l’esprit en mode parano et je serrerais tellement les fesses que, même avec des fayots à bouffer à tous les repas, rien ne sortirait ! Au moindre bruit suspect la nuit, par contre, ce serait crise cardiaque ou traces de freinage assurées ! Et bien, cette peur de l’autre, cette suspicion, on ne peut pas dire qu’elle a vraiment lieu. Non, on continue le game. Ils ont dû garder leurs émotions pour eux, sans doute…

Malgré mes quelques bémols, la lecture de ce Cluedo m’a enchanté, je n’ai pas vu le temps passer et mes petites cellules grises ont tourné à plein régime pour tenter de trouver les pièces visées dans les petits poèmes, de résoudre les énigmes, de trouver qui avait tué Mariana, 20 ans plus tôt (ou si c’était bel et bien un suicide), qui a tué une partie des participants de ce jeu de piste de Noël (bingo, j’avais compris), ainsi que les titres des romans policiers préférés de l’autrice, caché dans le récit (3 trouvés, c’est peu).

Pour apprécier pleinement cette lecture, il faut se laisser porter par les événements, ne pas être trop regardant sur le réalisme qu’une famille qui n’enquête pas sur les meurtres qui ont lieu en leur sein, qui ne deviennent pas parano, mais continuent le jeu.

Un huis-clos où l’autrice à mis en place tout ce qu’il fallait pour les garder enfermés ensemble, sans possibilité de fuir (à moins de vouloir se choper une hypothermie sévère), avec un assassin parmi eux, sans que l’on sache qui va être le prochain ou la prochaine, le tout avec envies de meurtre, pour les lecteurs, envers la peste de Sara.

Une lecture sans prise de tête, agréable, fun, qui fait du bien. Si le début est un peu plus long à se mettre en place, une fois les jeux commencé, il est difficile de lâcher ce cosy mystery avant la solution finale.

Là, c’est une LC réussie avec Bianca, ça tombe bien, c’était notre dernière de l’année. J’espère que celles prévues en janvier serons des réussites aussi, parce que nous avons prévu des auteurs et ses sagas que nous avons appréciées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°105].

‭Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton ‭: ‬Faith Martin [LC avec Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton

Auteur : Faith Martin
Édition : Harper Collins (02/11/2022)
Édition Originale : A Fatal Affair (2021)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Printemps 1962. Alors que le paisible village de Middle Fenton s’apprête à célébrer le 1er mai, une jeune femme est retrouvée étranglée et ligotée au mât à rubans. Une semaine plus tard, son petit ami est découvert pendu dans une grange.

Le jeune homme se serait donné la mort après avoir tué sa fiancée – c’est du moins ce qu’en déduit la police, mais cette conclusion est loin de faire l’unanimité.

La policière Trudy Loveday et son complice, le coroner Clement Ryder, ont tôt fait de comprendre qu’un meurtrier court encore dans la nature. Mais le tueur a déjà prouvé qu’il était prêt à éliminer toute personne qui chercherait à le confondre…

Auront-ils le temps de démasquer l’assassin avant qu’il ne frappe à nouveau ?

Critique :
Grâce à la policière Trudy Loveday et le coroner Clement Ryder, je pourrai me vanter d’avoir fait Oxford ! Certes, pas les études dans l’école prestigieuse, mais ça, ça restera entre vous et moi.

Alors, quoi de neuf, docteur Ryder ? Oh, le meurtre, par étranglement, de la reine de mai, dans le petit village de Middle Fenton et puis le suicide par pendaison de son petit copain.

Une pendaison, c’est chelou, non ? Notre ancien chirurgien, devenu coroner, va devoir se pencher sur ce suicide, à la demande du père, commissaire de police, qui ne croit pas que son fils se soit donné la mort.

Enquêtant discrètement, pour une fois, notre jeune policière, Trudy Loveday, va devoir épauler Ryder (surnommé le vieux vautour) sans son uniforme de policière, puisque c’est en loucedé qu’ils procèdent et sans pouvoir enquêter sur l’étranglement de la jolie jeune fille.

Comme toujours, on ne perd pas de temps, le meurtre a déjà eu lieu, la pendaison aussi et le roman commence avec notre coroner qui interroge les différentes parties, dans le tribunal.

Ensuite, direction le petit village où toutes les commères papotent, afin de faire la lumière sur cette sombre affaire. Ce sont deux jeunes gens qui sont décédés, tout de même, pas une vieille tante acariâtre avec magot !

L’auteur prend son temps, sans pour autant faire traîner les choses inutilement. Nous sommes dans les années 60, la majorité des femmes restent à la maison, devant leurs fourneaux, et l’auteur sait y faire pour nous plonger dans ces ambiances sixties et dans cet esprit de clocher qui est souvent l’apanage des petits villages où tout le monde se connaît.

Le duo Loveday et Ryder marche toujours très bien, pas d’amour à l’horizon, ce qui est parfait, mais plus une relation mentor/stagiaire ou presque père/fille. Le coroner respecte la jeune policière, lui apprend à conduire et connait bien sa valeur, là où ses collègues pensent encore qu’elle est juste bonne à classer des dossiers et à servir le thé.

Lire ces cosy mystery, c’est aussi un moment de détente où l’on ne se prend pas la tête, sauf à chercher le ou les coupables et où l’on prend plaisir à retrouver le duo improbable, mais qui fonctionne à la perfection.

Les suspects sont nombreux et cette fois-ci, je me suis plantée sur toute la ligne ! Ah, j’avais un nom pour l’assassin et je me suis fourrée le doigt dans l’œil ! Pour ma défense, nos enquêteurs pataugeaient aussi et sans une aide inopinée, ils seraient toujours en train de fureter sans rien trouver.

Hé oui, pour résoudre les enquêtes, il faut parfois une dose de chance… Et de la tchatche !

Anybref, une fois de plus, c’est un très bon polar, sans prétention aucune, si ce n’est de divertir avec des assassinats…

Cette LC avec Bianca est réussie, tout comme moi, elle a apprécié arpenter le petit village de Middle Fenton et se dire que les commères devaient parler dans le dos, se racontant les rumeurs et les potins, elles qui savent tout, là où les hommes ne voient rien…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°80].

La maison des jeux – 02 – Le voleur : Claire North

Titre : La maison des jeux – 02 – Le voleur

Auteur : Claire North
Édition : Le Bélial’ Une Heure-Lumière (22/09/2022)
Édition Originale : The Gameshouse, book 2: The Thief
Traduction : Michel Pagel

Résumé :
Depuis des siècles, il existe un établissement mystérieux connu sous le nom de Maison des Jeux.

Un établissement qui accueille deux loges. Dans la basse, des fortunes se font et se défont face à un échiquier, devant une table de backgammon ou n’importe quel autre jeu. Ceux que favorisent la chance ou le talent sont parfois invités à concourir dans la haute loge…

Là, le jeu se déroule à l’échelle d’un pays, les pièces du plateau sont de véritables individus, les cartes impliquent la manipulation de véritables personnes ; dans cette loge, les enjeux sont des souvenirs, des compétences, des années de vie… voire bien davantage encore.

Bangkok, 1938. Remy Burke, membre de la haute loge, reprend conscience après une nuit trop arrosée et se souvient qu’il a parié avec Abhik Lee, joueur redoutable, un bien précieux : sa mémoire.

Le jeu qui déterminera le vainqueur ? Une partie de cache-cache, Lee ayant un mois pour trouver Burke ; après quoi les rôles seront inversés.

Le plateau de jeu ? La Thaïlande toute entière. Burke doit donc se cacher comme il le peut… ce qui n’est pas chose aisée quand on est un Européen à la forte carrure. D’autant que Lee dispose de tous les moyens possibles pour traquer sa proie…

Critique :
Qui n’a jamais joué à cache-cache, quand il était gosse ? Souvenez-vous de la satisfaction immense que vous retiriez lorsque vous aviez une cachette tellement géniale que personne n’avait réussi à vous trouver !

Et bien, dans cette novella, nous allons jouer à cache-cache, mais avec des règles plus poussées que celle de notre enfance.

Plateau de jeu ? Toute la Thaïlande ! L’inconvénient c’est que Remy Burke, celui qui doit se cacher, est grand et Blanc et que le jeu est déséquilibré, le chercheur ayant bien plus de cartes dans sa main que lui.

Dans cette novella, les cartes sont des personnes que l’on joue et les enjeux sont autre chose que de l’argent. Vous pourriez très bien, en perdant, gagner les hémorroïdes de votre adversaire ou gagner sa compréhension du Japonais médiéval, ou bien perdre 20 ans de votre vie (ou les gagner)… TOUT peut-être mis en jeu.

Cette partie de cache-cache commence comme une bonne chasse à l’Homme (sauf qu’on ne peut le tuer, en principe) : Remy Burke est poursuivit par Abhik Lee, il n’a que peu de cartes en main, il est facilement repérable et il n’a pas la carrure pour ce genre de jeu.

Le narrateur ? On ne sait pas. On dirait des esprits qui se faufilent et voient tout, nous l’expliquant ensuite. C’est un procédé qui fonctionne bien dans cette série de novella.

Le suspense est au rendez-vous et la tension aussi. N’allez pas croire que c’est juste une partie de je me cache et tu essaies de me trouver, non, non, cela va bien plus loin que cela.

La Maison des Jeux est une institution toute puissante, elle défait des gouvernement, elle place des hommes au pouvoir, le tout par l’entremise de ses jeux et de ses joueurs.

Il y a des complots dans l’air et depuis le premier tome, on sent qu’il se passe des choses pas nettes dans les coulisses, ce deuxième tome confirmant que ça magouille, sans que l’on sache encore ce que cela va donner, même si, vu l’année (1938), on sent venir l’affaire. Cela risque d’être épique.

Le Serpent nous présentait la Maison des Jeux, ses règlements et la partie jouée avait été hautement stratégique. Dans Le Voleur, pensais que celle-ci le serait moins, mais non, la stratégie est bien présente, elle est magnifique, même et inattendue.

Une fois de plus, j’ai été bluffée par les joueurs et pas l’autrice qui a su mener sa barque pour nous amener là où il fallait, ménageant le suspense, les mystères, les magouilles politiques et me clouant sur place avec le final de cette novella.

Excellent, je n’ai rien d’autre à ajouter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°76].

Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant : T. E. Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant

Auteur : T. E. Kinsey
Édition : City – Policier (01/09/2021)
Édition Originale : Death Around the Bend (2017)
Traduction : Karine Xaragai

Résumé :
Septembre 1909. Lady Hardcastle et sa femme de chambre, Florence, sont invitées au domaine de Lord Riddlethorpe pour une semaine de courses automobiles et de fêtes.

Des vacances tout à fait charmantes… Jusqu’au moment où l’un des pilotes meurt dans un accident lors de la toute première course.

Simple accident ? C’est ce que pense la police locale qui n’a aucune envie de se décarcasser à chercher la petite bête !

Mais quand Lady Hardcastle découvre que la voiture a été sabotée, elle prend les choses en main et décide de mener l’enquête. Et entre les domestiques du domaine et les invités, il y a une belle brochette de suspects…

Même dans le calme de la campagne, une seule chose est certaine : la mort peut vous faucher au tournant sans prévenir…

Critique :
Le vilain adage dit « Femme au volant, mort au tournant », mais celui qui est mort dans le tournant, c’est un homme et un pilote de course, en plus ! Les femmes sont innocentes…

Lady Hardcastle était toute contente de partir passer quelques jours à la campagne, chez un ami de son frangin, en compagnie de Armstrong (pas le coureur cycliste), sa dame de compagnie et femme à tout faire. Quelle expédition ! Quel nombre impressionnants de malles a-t-il fallu prendre, vu qu’elle devait se changer trois fois par jour.

Comme toujours, dans ce cosy mystery, on commence doucement, on prend le temps de se plonger dans l’époque, dans les histoires de nos personnages principaux, qui prennent le train, qui discutent ensemble, se vannant gentiment, n’hésitant pas à se lancer quelques piques amusantes.

Il n’est pas conseillé de lire cette saga si l’on veut du trépidant, par contre, si le but est de passer un bon moment de lecture, sans se prendre la tête, tout en découvrant la vie en Angleterre dans les années 1900 (1908/1909), notamment les mœurs des riches et la vie dans les campagnes, alors, c’est parfait.

Le duo Lady Hardcastle et Armstrong (pas le chanteur) marche toujours du tonnerre et leur enquête autour de la mort durant la course du pilote, va leur causer quelques petits soucis. Difficile de trouver un coupable, ou alors, il faut suspecter le plus probant d’entre eux. Puis, tout va aller plus vite, on a un autre cadavre, un empoisonnement et une tentative de meurtre…

Dire que Lady Hardcastle et Armstrong (pas le type qui a marché sur la lune) voulaient passer des petites vacances tranquilles pénardes. Impossible, dès que vous aimer enquêter, les meurtriers et les cadavres vous collent aux basques. Hercule Poirot, Columbo et bien d’autres, le savent.

Voilà un cosy mystery qui prend le temps de vivre, de nous faire vivre, de nous amuser, de nous distraire, avec des personnages truculents, qui savent causer, répondre et mener l’enquête sans en avoir l’air. Les réparties font mouches et j’ai souri très souvent durant ma lecture.

Cette fois-ci, j’ai compris bien avant notre duo d’enquêtrices : un détail m’a fait lever la tête, j’ai réfléchi et j’étais sur la bonne piste bien avant elles. Mieux, j’avais déduit l’identité du coupable. Bien vu sur toute la ligne. Cela ne m’a pas ôté le plaisir, que du contraire !

Qu’est-ce que j’ai gagné en trouvant le coupable ? Le droit de lire le suivant !

Un cosy mystery qui ne se prend pas la tête, qui détend, qui apaise et qui n’est pas dénué d’intelligence non plus, puisque nos deux femmes ne sont pas des imbéciles et qu’en plus, elles essaient de vivre en avance sur leur temps.

Pour cette LC, Bianca et moi sommes du même avis ! Son avis est ici.

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°64] et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Pauses cosy Halloween.

 

‭Respirer le Noir : Collectif

Titre : ‭Respirer le Noir

Auteur : Collectif
Édition : Belfond Noir (05/05/2022)

Résumé :
Barbara Abel, Franck Bouysse, Hervé Commère, Adeline Dieudonné, François-Xavier Dillard, Chrystel Duchamp, R. J. Ellory, Karine Giebel, Vincent Hauuy, Sophie Loubière, Jérôme Loubry, Dominique Maisons et Mo Malø. Ces auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour de l’odorat.

Douze nouvelles originales, singulières et surprenantes, pour autant de voyages olfactifs à la découverte de mondes connus ou futuristes, de personnages terrifiants ou terriblement humains ; douze expériences sensorielles qui vous marqueront durablement de leur effluve.

Retenez votre souffle et laissez vos sens vous guider dans le noir.

Critique :
N’ayant jamais été fan du styles de la nouvelle, il fallait tout de même envoyer du lourd pour arriver à me faire saliver devant un recueil de nouvelles.

Yvan a su y faire, on s’est laissé faire. Et nous aurions eu tort de ne pas lire ces romans consacrés aux cinq sens et composé uniquement de nouvelles sombres, avec, à chaque fois, des auteurs différents.

C’est une sortie que j’attends ardemment, je saute sur le livre en librairie et je mordrais le premier qui essaierait de me le prendre des mains et ensuite, tel un vin nouveau, je le fais vieillir sur ma pile, je lui laisse prendre un peu de poussières, je le décante et ensuite, je déguste.

RESPIRER… La chose la plus importante, sans cela, nous mourrons. Et bizarrement, alors que respirer est essentiel, nous respirons mal. Alors, ouvrons en grand nos poumons, prenons une grande bouffée d’oxygène et plongeons dans ce recueil de nouvelles noires, sombres et ne retenons pas notre respiration.

On commence avec « Le parfum du laurier-rose » de R.J Ellory (love). Andersen est un policier qu’un vice de procédure va transformer en coupable. La nouvelle vous frappe dans la gueule, notamment en raison de la longue peine infligée à cet homme qui a rendu justice. L’empathie est toute pour lui. Je n’ai pas réussi à sentir le parfum abricoté du laurier-rose, mais je me suis pris une tarte dans la gueule.

« Respirer la mort » (Sandrine Loubière) est une nouvelle que j’ai particulièrement bien aimé, notamment en raison des deux gamins et de la bouse de vache (vache qui n’a pas chié sur la petite taupe, heureusement). Le plus jeune a développé des capacités olfactives du tonnerre. Les gamins sont devenus adultes… Le final m’a soufflé, lui aussi.

« Je suis un poisson » (Franck Bouysse) avait tout d’une nouvelle drôle, malgré le syndrome qui affecte le personnage principal. Vie sociale réduite à zéro, vie professionnelle aussi, sauf à aller bosser aux halles de Rungis, rayon poissons ou dans un abattoir… Au moment du final, je me suis tapée sur la cuisse, me disant qu’elle était bien bonne celle-là, riant même un bon coup, avant que mon cerveau ne me rappelle ô combien c’était putain dangereux à cette époque-là. Oh mon dieu ! Reviens, ne fais pas ça !!

Dans « Cristal qui sent », Mo Malø nous entraîne dans le Grand Nord, dans le froid (avec col roulé), un traîneau tiré par des chiens. L »expédition commence et le but est de localiser la sépulture de Villmussen, disparu mystérieusement, 80 ans plus tôt. Là aussi les capacités olfactives sont être développées à l’extrême et j’ai aimé ce serpent qui se mord la queue dans le final.

« Deux heures et trente minutes » (Dominique Maison) fait partie de mes préférées. Palais de l’Élysée, un technicien de surface vient de s’écrouler sur le tapis épais pendant qu’il faisait le ménage (ben non, hein, ce n’est pas Brigitte qui passe l’aspi). Le suspense monte crescendo, le mystère aussi, et le final est totalement génial, dommage que l’auteur ne nous ait pas fait le plaisir de nous montrer ce qu’il se passait après… Oups, je risque des ennuis, moi, rien qu’en suggérant cela !

Je ricanais toujours de la chute de la nouvelle précédente, quand François-Xavier Dillard m’a entraîné à « Happy world », sorte de Disneyland. Je m’amusais bien, même si je n’avais pas envie d’aller sur le Speed Mountain quant tout à coup, l’auteur m’a saisi, me glaçant d’effroi. Oh putain, je ne riais plus, mais plus du tout. Sueurs froides garanties. Mais directement dans mes préférées aussi.

Difficile ensuite de reprendre pied et de se téléporter en 1914, avec « Glandy » d’Adeline Dieudonné, qui possède des vrais morceaux de belgitude, se déroule à Marcinelle (manquait plus que Gisèle), en Belgique donc. La chute est vertigineuse entre ces deux nouvelles et celle-ci est très sombre, on sent qu’elle est tirée d’un fait divers, comme l’annonce l’autrice. Réaliste, elle nous fait côtoyer les petites gens, boire du péket (genièvre), renifler les odeurs de vomi. Le final est atroce. Noir et sombre.

« Le monde d’après » (Hervé Commère) n’est pas de la SF, mais pourrait appartenir aussi à la catégorie des faits divers. Un village tranquille où tout le monde vit grâce à une entreprise qui, un jour, met la clé sous le paillasson, à cause de la concurrence étrangère. Puis vient le covid, les confinements, la colère monte suite aux parisiens qui viennent s’aérer à la campagne. Respirer le bon air ! Oui, cela aurait pu être un fait divers tragique et c’est affreux. Une nouvelle que j’ai bien aimée aussi tant elle était terrible et réaliste.

De l’anticipation avec « Miracle » de Vincent Hauuy, qui a tout d’une enquête policière, Chase étant à la recherche de la vérité sur la mort de Maria, sa partenaire chez les flics. Bizarrement, j’ai compris avant lui et je me doutais du nom qui allait sortir. Par contre, c’est une de celle que j’ai le moins aimé.

« Les doux parfums du cimetière » (Jérôme Loubry) restera ma préférée de ce recueil, avant toutes les autres, parce qu’au lieu de me coller des sueurs froides ou de me glacer d’effroi, elle était remplie de tendresse, de poésie et contenait un concentré d’émotions qui m’ont explosé au visage. Cela se passe dans une cimetière, je ne dirai rien de plus, si ce n’est qu’elle était émouvante et que j’en ai eu les larmes aux yeux.

Ça va puer très fort avec « L’amour à mort » (Chrystel Duchamp). Un petit côté fantastique, un petit côté glauque, un sourire à la fin lorsque l’on comprend, mais malgré tout, elle ne m’a pas emportée.

Bouquet final avec « Petit nouveau » du duo Karine Giebel et Barbara Abel, une nouvelle qui m’a glacée d’effroi aussi, parce que tout est possible, réaliste, horrible… Pire, à la fin, elles nous expliquent que ça a déjà eu lieu et là, on reste silencieuse. Noir c’est noir, il ne reste plus d’espoir. Plusieurs récits s’imbriquent les uns dans les autres pour donner un récit sombre, violent et angoissant. Une personne que je ne nommerai pas n’aime pas les traîtres, moi non plus, mais de là à utiliser ce truc… Une nouvelle angoissante mais dans mes préférées aussi.

Malgré deux nouvelles que j’ai moins aimé, l’ensemble tient la route et m’a apporté assez d’angoisses, de peurs, d’émotions pour que mes batteries soient rechargées pour quelques temps.

Une fois de plus, Yvan du Blog ÉmOtionS, a réuni une belle brochette d’auteurs et nous propose un menu des plus alléchants. Le plumage ressemble au ramage, ce qui se trouve dans l’assiette est conforme à ce qui était annoncé, l’équilibre est là, moi, je dis bravo et vivement le dernier sens !

PS : Yvan, dans ta postface, tu te présentes comme le taulier du Blog ÉmOtionS, mais le taulier, c’était aussi le surnom de Johnny… Quel bel hommage tu lui rends ! Tiens, ça me donne envie de pousser la chansonnette… mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°56].

Duchess : Chris Whitaker

Titre : Duchess

Auteur : Chris Whitaker
Édition : Sonatine Thriller/Policier (05/05/2022)
Édition Originale : We Begin at the End (2020)
Traduction : Julie Sibony

Résumé :
Duchess a 13 ans, pas de père, et une mère à la dérive. Dans les rues de Cape Haven, petite ville côtière de Californie, elle ne souffre ni pitié ni compromis.

Face à un monde d’adultes défaillants, elle relève la tête et fait front, tout en veillant sur son petit frère, Robin.

Mais Vincent King, le responsable du naufrage de sa mère, vient de sortir de prison. Et son retour à Cape Haven ravive les tumultes du passé.

Quand cette menace se précise, Duchess n’a plus le choix : il va lui falloir engager la lutte pour sauver ce qui peut l’être, et protéger les siens.

Critique :
Cette année avait été assez pauvre en coup de cœur et septembre m’en offre un superbe avec ce roman sombre, violent, ce drame terrible.

Une tragédie comme savent nous offrir certains auteurs, même si l’action se déroule dans un coin de paradis californien (Cape Haeven).

Comment toute cette merde est-elle arrivée ? Pourquoi, un jour, la roue du destin s’est-elle arrêtée sur une case rouge, synonyme d’emmerdes puissance 100 à venir ? Pourquoi ce putain de hasard n’a-t-il pas été un peu plus sympa avec ces personnages qui n’avaient rien demandé à personne ?

La faute à pas de chance ? La faute à trop de facteurs ? Parce que si  Duchess n’avait pas allumé le feu, rien de tout cela ne se serait passé… Une terrible erreur qu’elle paiera au prix fort, trop fort… Mais est-elle vraiment responsable ?

Si sa mère, Star, n’avait pas été aux abonnés absents, dans l’éducation de ses enfants, si elle s’était occupée d’eux correctement, si elle avait enfin arrêté de promettre qu’elle allait changer et qu’elle l’avait fait réellement, on n’en serait pas arrivé à l’incendie.

Oui, mais si la petite sœur de Star, Sissy, n’avait pas été tuée, toute jeune, renversée par une voiture, sa famille n’aurait pas explosé… Et si Vincent King n’avait pas conduit une voiture, sans permis, sans faire attention à ce qu’il faisait, jamais il n’aurait renversé la gamine (Sissy)… Et si Star avait surveillé sa petite sœur, au lieu de courir ailleurs, rien de catastrophique n’aurait eu lieu.

Et si un jour lointain, un homme n’avait pas eu un accident de voiture, tuant son épouse et laissant sa gamine dans un état nécessitant l’utilisation d’une machine pour la garder en vie, ainsi que des soins coûteux, est-ce qu’on en serait arrivé à ces extrémités là ? Non, jamais…

Les responsables sont nombreux, bien souvent sans l’avoir voulu : un domino tombe et entraîne tout les autres. Personne ne s’en relève vraiment tout à fait, leur vie sombre dans le chaos et ce ne sont pas les quelques bouées de sauvetage que certains leur lanceront qui les aideront à ne pas boire la tasse, à respirer. Putain de destin !

Ce roman m’a entraîné dans un scénario inattendu, qui m’a emporté du soleil de la Californie au étendue du Montana et à sa neige froide. Un scénario fort sombre, comme je vous le disais. À se demander même s’il était possible d’avoir une lueur d’espoir.

Les personnages sont tous bien travaillés : si Duchess et son petit frère Robin sont les protagonistes centraux, l’auteur n’a pas oublié de donner de la profondeur aux autres. Duchess est une mère pour son petit frère, elle le protège, mais elle n’est pas la seule à protéger une personne qu’elle aime et à se dévouer entièrement.

Walker, le policier de Cape Haeven, les aide aussi, il tentera même d’aider son ami, Vincent King. Lui-même est énigmatique, suspect, j’ai mis du temps à le cerner. Il m’a bien étonnée.

Dolly, la vieille dame dans le Montana, est un personnage flamboyant, en deux phrases, elle s’impose, elle est lumineuse, on aimerait la rencontrer en vrai. Thomas Noble, le jeune voisin de Hal est lui aussi un personnage que l’on a envie de croiser dans sa vie. Un gamin peureux qui osera redresser les épaules. Et Hal, lui aussi a souffert, lui aussi est une victime, lui restera inoubliable…

Les méchants évitent le côté manichéen. Que ce soient les deux voisins de Star, vachement zarbi (et chelous), le genre qu’on n’a pas envie d’avoir pour amis ou voisins. Ils possèdent eux-aussi des failles, des blessures et ils se défendent comme ils peuvent. Sans oublier deux femmes de la communauté, qui poseront des actes terribles, mais toujours dans le but de sauver leur ménage, leur enfants, leur vie,… Tous et toutes sont victimes des circonstances.

Même Darke, le méchant méchant, a un portrait nuancé. Ni tout blanc, ni tout noir, avec de belles nuances de gris.

Oui, tout est bien mis en scène pour donner une tragédie parfaite, le genre qui a des ramifications tellement lointaines, tellement nombreuses, qu’on ne saurait plus vraiment dire quand et à cause de qui (ou de quoi) tout cela a commencé.

Quant à Duchess, elle fait déjà partie de ces grandes héroïnes que l’on oubliera jamais, telles Turtle (My absolute Darling), Kya (Là où chantent les écrivisses) ou Harley McKenna (Mon territoire).

Le final de ce roman est bouleversant et flamboyant. Triste et heureux à la fois. Il est terriblement déchirant et tellement magnifique. Sombre, mais lumineux. Explosif et doux. Un mélange d’amertume et de sucre des plus réussis.

Il arrive à manier ce subtil équilibre entre les rires de joie et les larmes de tristesse. Quoi que vous fassiez, elles couleront, vos larmes, de joie ou de peine, ou des deux à la fois.

Bien qu’il restera des zones d’ombre dans la vie future de Duchess et de Robin, l’espoir est permis, ils le toucheront, ils le prendront en main. Putain, ils le méritent !

Merci à l’auteur de m’avoir offert ce coup de cœur magnifique, ce roman qui marque durablement, qui reste dans la mémoire et auquel on pense avec une note de chagrin (ben oui, on l’a fini) et un sourire béat parce que l’on a rencontré des personnages marquants à vie.

PS : mon seul bémol sera pour le fait que le roman ne fasse que 528 pages ! Mince alors, 12 pages de plus et il pouvait entrer dans le challenge du Pavé de l’été. Tiens, si je gribouille 12 pages de plus et que je les insère dans le livre, peut-être que Brize n’y verra que du feu ! Chiche !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°38] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Omerta : R. J. Ellory

Titre : Omerta

Auteur : R. J. Ellory
Édition : Sonatine (02/06/2022) – 587 pages
Édition Originale : City of Lies (2006)
Traduction : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Après Vendetta, le nouvel opéra mafieux de R. J. Ellory !

Écrivain à la dérive, John Harper vient d’apprendre une nouvelle qui le bouleverse : son père, qu’il n’a jamais connu et croyait mort depuis longtemps, est bel et bien en vie. Il se trouve dans un hôpital de Manhattan où l’on vient de le transporter, à la suite de graves blessures par balles.

John n’est cependant pas au bout de ses surprises : son père n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Lenny Bernstein, l’un des pontes de la mafia new-yorkaise. Bien vite, John va découvrir que si son passé a été bâti sur des mensonges, son présent l’est tout autant. Pour démêler le vrai du faux, il va devoir se confronter à une énigme insoluble : quel genre d’homme est vraiment son père ?

Plongée saisissante au sein d’une mafia new-yorkaise agitée par les luttes intestines, Omerta est surtout un superbe roman sur la perte de l’innocence, l’apprentissage des désillusions et l’héritage lourd de conséquences qu’un père peut léguer à son fils. Un sommet d’émotion, par un des écrivains les plus talentueux du genre.

Critique :
Impossible de résister au dernier Ellory ! En plus, l’auteur avait pris la mafia pour sujet principal, ce qui me tentait encore plus. En commençant ma lecture, je me suis demandée pour quelle raison l’auteur situait l’action en 2004. Il devait y avoir une raison…

Puis, en mettant à jour sa fiche sur Livraddict, je me suis rendue compte que le roman datait de 2006… Ok, ce n’était pas un nouveau roman, mais un ancien que l’on publiait en français seulement maintenant et là, j’ai compris pourquoi l’écriture de l’auteur me semblait différente.

Désolée, mais dès le départ, je n’ai pas accroché du tout ! Ni au récit, ni aux personnages, ni à l’ambiance. Ou la malédiction des lectures foirées recommence (vu le nombre, je suis prête à le croire), ou bien il manquait un truc dans ce premier roman de l’auteur.

Après avoir lu un cinquième de ce roman, il ne se passait toujours rien dans ma vie de lectrice : pas d’émotions, de l’ennui, l’envie d’envoyer bouler les personnages, notamment la virulente tante Evelyne (avant qu’elle ne remonte dans mon estime lorsque j’en ai appris plus sur elle et compris sa colère) et ce pauvre John Harper qui ne savait pas où il venait de foutre les pieds, vu qu’il n’avait pas eu accès, comme moi, au résumé du quatrième de couverture.

Cette lecture m’a donné l’impression que ce n’était pas la plume d’ Ellory que je lisais. Mon ressenti était comme lorsque j’entends des chansons qui ne sont pas les originales, mais interprétées par d’autres chanteurs, des absolument pas connus.

Lorsque j’entends une telle horreur dans un magasin (ils paient moins de droits, je pense), je me dis toujours que si j’avais entendu telle quelle la première version, jamais je n’aurais aimé la chanson. Ben ici, ce fut pareil.

Même les dialogues m’ont semblés surfaits, mal joués, comme dans une série B. L’échange qu’aura John Harper avec les autres mafiosi était génial, mais peu réaliste, vu qu’il n’avait rien d’un acteur ou d’un mec au sang-froid exceptionnel.

Alors que les autres romans de l’auteur m’ont toujours fait vibrer ou apporté du plaisir de lecture, celui-ci m’a laissé de marbre, sauf dans son final, explosif, qui était jouissif, je l’avoue. Tout s’enchaîne, tout s’explique, les secrets de famille tombent, laissant entrevoir une vérité bien plus horrible que celle que je pensais.

Hélas, je me suis ennuyée ferme durant plus de la moitié des 580 pages, ce qui a plombé toute cette lecture. Heureusement que je n’ai pas commencé ma découverte de l’auteur avec ce roman. Heureusement pour moi, j’ai eu assez de coup de coeur avec ses autres romans que pour être rassasiée, mais je n’aurais pas dit non à une fois de plus.

J’attendrai le vrai nouveau roman de 2023, avec impatience.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°20] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).