Preacher (Urban) – Tome 1 : Garth Ennis et Steve Dillon

Titre : Preacher (Urban) – Tome 1

Scénariste : Garth Ennis
Dessinateur : Steve Dillon

Édition : Urban Comics Vertigo Essentiels (2015)
Édition Originale : Preacher, book 1 (2009)
Traduction : Jérémy Manesse

Résumé :
Au premier abord, le révérend Jesse Custer ne semble pas différent des autres petits pasteurs de province des États-Unis. Isolé dans une petite ville du Texas, le temps s’y dilue sans agitation, et avec lui, l’ardeur de sa foi.

Jusqu’au jour où un terrible accident vient anéantir son église et décimer l’ensemble de ses fidèles. Depuis lors, Jesse développe d’étranges pouvoirs émanant d’une force spirituelle appelée Genesis.

En proie au doute et à de multiples interrogations, l’homme se lance alors à la recherche de Dieu et, chemin faisant, croise la route de Tulip, son ex-fiancée, et de Cassidy, un vampire irlandais.

Un pèlerinage au coeur de l’Amérique, où le Bien et le Mal ne font qu’un.

(Contient Preacher #1-12)

Critique :
Bon, il est temps que j’écrive ma chronique au lieu de me taper la main sur la cuisse tellement j’ai apprécié ce comics.

De l’audace, il ne fallait que ça pour arriver à mettre en scène une histoire déjantée, sombre, noire, folle, aux dialogues extras.

N’en jetez plus, même les dessins, je les ai appréciés !

Par contre, si vous êtes allergiques au fantastique, prenez une boîte d’antihistaminique car vous pourriez avoir une crise de boutons…

Imaginez un paradis où un ange aurait copulé avec un démon et qu’un enfant serait né de cette union sauvage et sensuelle. Désolée de vous l’apprendre de cette manière, mais apparemment, les anges ont un sexe (une bite) et ils peuvent l’utiliser.

Je ne vous en dirai pas plus, z’avez qu’à lire le comics, tiens ! Partez sur la route en compagnie de Jesse, le pasteur habité par l’entité Genesis (pas le groupe), suivi de Tulip, son ex-copine et de Cassidy, le vampire. Faites juste gaffe au Saint des tueurs.

Oui, c’est irrévérencieux au possible, c’est violent, sombre, les têtes explosent, les gros mots fusent, le racisme crasse colle aux basques de certains personnages, mais bon sang, qu’est-ce que c’est jouissif ! Sauf si vous êtes une grenouille de bénitier… Là, vous risquez de défaillir grave votre mère.

Certains personnages sont un peu dans la caricature, mais la majorité sont étoffés, travaillés. Les personnages secondaires sont pour la plupart des trous du cul bas de plafond.

Une fois de plus, je me dois de remercier Jean-Marc-Les-Bons-Tuyaux (Actu du Noir) pour m’avoir donné envie de lire cette saga. J’ai mis un peu de temps mais maintenant que je suis lancée, j’espère avoir le temps de la lire en entier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°95] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc [FIN DU CHALLENGE].

Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait : Faith Martin [LC Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins (17/06/2020)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 2: A Fatal Mistake (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow.

Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête.

Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College.

Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ?

Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Critique :
Pour une pique-nique réussi qui marquera les esprits, plongez un cadavre fraîchement assassiné dans une rivière composée de sédiments, laissez flotter lentement avant de le repêcher.

Effet garanti !

Pour prolonger la fête, passez tous et toutes devant le coroner Clement Ryder et faites en sorte de rester évasif dans vos témoignages sur la présence ou non du mort à votre petite sauterie en barque.

À déguster sans modération car ce roman se savoure à toutes heures du jour. Prévoir une tasse de thé.

Les duos homme/femme ne sont pas les plus faciles à réaliser, mais avec Loveday & Ryder, l’auteure a réussi le délicat équilibre et nous donne un mariage parfait entre le vieux briscard bougon et la jeune stagiaire de police qui a encore tout à apprendre.

L’époque est aussi bien choisie : 1960, quand les femmes commencèrent, timidement (et sous les regards désapprobateurs des mâles), à entrer dans la police, ce qui n’était pas toujours bien vu puisque tout le monde s’accordait à dire que la place de la femme était auprès de son mari et de ses enfants.

Une époque délicieusement rétro, surannée (restons vigilantes) et pudibonde. Une époque où les nobles avaient des pouvoirs exagérés et où l’on devait presque faire des courbettes devant eux.

Cette époque, mêlée habillement à la ville d’Oxford, donne un charme fou au récit car l’auteure n’a rien d’une branquignole qui se prendrait les pieds dans le tapis en en faisant trop ou pas assez.

Une fois de plus, c’est équilibré entre l’enquête et tout ce qui concerne les mœurs et les pensées de l’époque, à tel point que l’on croirait le roman écrit en 1960, avec la mentalité de l’époque.

Anybref, un polar historique qui sent bon la ville d’Oxford, les privilèges d’une certaines classes, la société patriarcale où la femme n’a pas trop sa place au travail, la fin des examens et l’école de prestige pour les dirigeants de demain.

Une vraie enquête, avec des pistes à remonter, des témoins à auditionner et d’autres à trouver. Si j’ai eu une révélation sur le modus operandi et l’identité du coupable, cela n’a pas entamé mon plaisir de lecture car derrière ce crime et cette enquête, c’est aussi une critique de la société qui est mise en avant et le fait que les coupables ne sont pas toujours puni pour leurs comportements déplacés.

Une LC où Bianca et moi sommes sur la même longueur d’ondes pour dire que des lectures ainsi, on en veut encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°14].

 

Regarder le noir : Collectif (sous la direction d’Yvan Fauth)

Titre : Regarder le noir

Auteurs : Collectif (sous la direction d’Yvan Fauth)
Édition : Belfond Noir (11/06/2020)

Résumé :
Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : que l’on ouvre grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Electrique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

N’ayez pas froid aux yeux, venez Regarder le noir.

Critique :
Les auteurs qui écrivent des nouvelles dansent sur une corde raide car l’exercice n’est jamais facile.

Le format de la nouvelle est frustrant et les lecteurs en voudraient toujours plus.

Il faut donc, en peu de pages, présenter, développer et finir son histoire, si possible sur un twist qui glace ou fige ses lecteurs.

Ma lecture précédente, « De mort lente » de Michaël Mention m’avait glacée jusqu’aux os et j’aurais peut-être dû lire un ancien « Oui-Oui va à la plage » avant d’ouvrir ce recueil de nouvelles Noires parce que l’histoire qui ouvre le bal (Regarder les voitures s’envoler), écrite par Olivier Norek, m’a retournée les tripes, glacée d’effroi et figée, le livre en main.

Monsieur Norek, il faudra un jour qu’on parle de cette sale habitude que vous avez prise avec les chats. Un félin vous aurait-il pissé dessus que vous les assassiniez de si cruelle manière dans vos récits ?? Dans ma kill-list, vous êtes en fluo, maintenant ! Mais je saurai reconnaître que votre histoire ne m’a pas frustrée car elle a un début, un développement et une fin excellente.

Déjà bien ébranlée, je me suis faite de nouveau secouer par l’histoire de Julie Ewa (Nuit d’acide)… J’avais vu venir le final, mais jusqu’au bout, j’avais espéré m’être trompée… Hélas, mon cynisme m’avait fait deviner juste et comme ceci n’est pas un recueil de nouvelles Bisounours, on va oublier les happy end qui seraient des plus malvenus.

Ma petite incursion dans une boîte de libertinage m’a fait sourire. Fred Mars nous offre une douceur bienvenue avec The Ox. Rassurez-vous, il y a du sang, un meurtre horrible mais à la fin, on a un grand sourire. Claire Favan, quant à elle, m’a surprise dans un univers où je ne l’attendais pas… Le post-apocalyptique.

Pour les autres nouvelles, si le noir est omniprésent, elles étaient moins glaçantes que les deux premières. L’art de la nouvelle étant dans la chute, les auteur(e)s ne se sont pas privés pour nous faire tomber, parfois de haut et toujours en traître. En littérature, c’est un sentiment puissant qu’on aime ressentir, qu’on recherche.

Mention spéciale à la nouvelle de Johana Gustawsson qui m’a prise par surprise, encore plus en traître. Je n’ai pas vu venir le coup… Joli ! Inattendu. À tel point que je l’ai relue pour voir si j’avais raté quelques chose dans le texte. Je n’avais rien raté mais on m’a fait voir ce que l’on voulait que je voie…

Autre mention aussi à la nouvelle écrite par Barbara Abel et Karine Giebel car je me suis creusée les méninges comme une folle pour tenter de trouver la solution et, si à un moment, un sourire béat s’est affiché sur ma face car « Héhéhé, mesdames, j’ai trouvé » et bien en fait, non, je n’avais rien capté et je me suis faite tacler une fois de plus. C’était vachard mais j’en reprendrais bien un peu.

Ellory, c’est toujours mon Amérique à moi même s’il est Anglais. Vicieuse, sa nouvelle et même si j’ai senti venir l’oignon, ce fut un régal à lire.

Des nouvelles glaçantes, noires, où la vision est à l’honneur, même si, les auteur(e)s ne se priveront pas de jouer avec votre vue et de vous faire voir, grâce à leur écriture, leurs mots, leur manière de raconter les histoires, ce qu’ils/elles veulent que vous voyiez, vous masquant la pointe effilée de la face cachée de l’iceberg, celui qui vous fera trébucher ou qui vous déchirera les entrailles.

Des histoires qui taclent. Préparez-vous à chuter, victime d’un coup en schmet que vous n’aurez pas vu venir car ici, tout le monde se coupe en quatre pour vous brouiller la vue et jouer avec elle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°02].

O. Norek – Regarder Les Voitures Voler : 5
J. Ewa – Nuit D’Acide : 5
F. Mars – The OX : 4.5
C. Favan – Le Mur : 3.5
R. Manzor – Demain : 4
A. Antoine – Transparente : 3,5
F. Papillon – Anaïs : 3,5
G. Perrin-Guillet – La Tache : 4
R.J. Ellory – Private Eye : 4,5
J. Gustawsson – Tout Contre Moi : 4,5
B. Abel & K. Giebel – Darkness : 4,5

Charlie et la chocolaterie : Roald Dahl

Titre : Charlie et la chocolaterie

Auteur : Roald Dahl
Illustrations : Quentin Blake
Édition : Folio Junior (1967/1987/2000/2005/2016)
Édition Originale : Charlie and the Chocolate Factory (1964)
Traduction : Élisabeth Gaspar

Résumé :
Charlie est un petit garçon qui vit avec son papa et sa maman, mais aussi avec ses quatre grands-parents. Tout ce monde est entassé dans deux pièces seulement car la famille de Charlie est très pauvre.

Lorsque son papa perd son travail, la situation devient dramatique, ils meurent presque de faim.

Mais dans la ville où ils demeurent, il y a une mystérieuse chocolaterie : nul n’y entre ni n’en sort jamais. Son propriétaire, Mr Wonka, lance un grand concours : les cinq gagnants pourront visiter l’usine et gagner des sucreries pour toute leur vie.

Mais les enfants mal élevés doivent se méfier : ils seront punis par où ils auront péché.

Critique :
Pour ceux et celles qui aiment le chocolat et les bonbons, la chocolaterie de Willy Wonka est LE pays merveilleux, le pays joyeux des enfants heureux, des enfants gentils, oui c’est le paradis ♫

J’adore vous coller des ritournelles dans la tête pour toute la journée… C’est mon côté diabolique.

Charlie et la chocolaterie est un conte que vous pouvez lire aux plus petits, ça leur fera savoir qu’il existe des différences de classes sociales et que les sales mômes sont toujours punis.

C’est de la morale à deux balles, mais bizarrement, ça passe comme un carré de chocolat qui fond dans la bouche et ça vous laisse la même sensation : ça fait du bien.

Personne ne va nier que voir une sale gamine pourrie gâtée qui veut tout et qui obtient tout, être punie par ses désirs, ça ne donne pas un sourire géant. Oui, personne n’aime les sales gosses mal élevés, désobéissants, impolis, bavards, qui ne respectent rien… Hormis leurs propres parents qui leur trouveront toujours des excuses.

Après avoir passé un peu de temps avec notre Charlie, un enfant issu d’une famille pauvre, très pauvre, où les 4 grands-parents ne quittent jamais le lit (bonjour les escarres), il nous met en présence des 4 enfants qui viennent de gagner le ticket magique, le Golden Ticket : ce sont 4 enfants qui ne manquent de rien, qui ont le superflu et dont les parents leur passent les 4 volontés.

La dichotomie entre eux (riches et sales mômes) et Charlie (gentil gamin pauvre) est un vrai gouffre, l’auteur pousse la caricature à fond, sans nuancer les portraits des sales gosses de sorte que, vous avez envie de les noyer vous-même dans la rivière au chocolat.

Malheureusement, ils sont plus réalistes que Charlie que j’ai trouvé trop lisse, trop sage, trop gentil, trop « pas réaliste » pour son âge.

Mais en poussant ces différents portraits à fond, l’auteur peut tacler l’éducation des enfants qui partait déjà en couille dans ces années-là (et qui continue de plus belle), de ces parents qui pensent que tout laisser faire à un gosse, c’est lui montrer qu’on l’aime, ce qui est faux. L’aimer, c’est l’éduquer !

Roal Dahl vise aussi les parents qui à force de vouloir être potes avec leurs moutards, ne les éduquent plus et acceptent tous leurs caprices de petits Dieux, de peur de brimer ces pauvres choux ou juste pour avoir la paix.

Il ne faut pas trop se fixer sur cette fracture peu réaliste sinon on passera à côté de la magie de ce roman.

Moi qui ne connaissais pas du tout cet auteur (shame on me), je viens de le découvrir en force et ces 3 lectures furent rafraîchissantes, légères, amusantes, tout en ayant une morale.

PS : j’avais sélectionné ce roman jeunesse pour le Mois Anglais de Juin 2020. Pas de bol, l’auteur n’est pas anglais mais britannique (ça change tout) et en plus, en lisant la critique d’un Babéliote, il parlait de l’Amérique… Merde, sérieusement ? Après lui avoir posé la question, il me signala qu’on y parlait de « dollar ». C’était foutu pour le Mois Anglais alors ? Oui, totalement foutu, même si l’auteur ne nomme pas de pays, on y parle de dollar et je ne pense pas que ce soit la monnaie de l’Angleterre !

Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack : Mark Hodder

Titre : Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack

Auteur : Mark Hodder
Édition : Bragelonne Steampunk (2013)
Édition Originale : Burton & Swinburne, book 1: The Strange Affair of Spring Heeled Jack (2010)
Traduction :

Résumé :
Londres,1861

Sir Richard Francis Burton
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.

Algernon Charles Swinburne
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.

Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.

Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.

Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…

Quand une poignée d’hommes change l’Histoire, l’Histoire change tous les autres.

Critique :
Ça, c’est du steampunk digne de ce nom ! Moi qui me plaignais de ne pas avoir eu mon compte avec « Cuits à point », voilà que ce roman m’en offre à toutes les pages.

Des machines volantes, des fiacres à vapeur, des chevaux démesurés, un smog noir comme de la suie, des lévriers qui portent le courrier, des perroquets qui délivrent des messages vocaux (ils ajoutent aussi des insultes allant de bouffon à va enfiler une chèvre)…

Ce Londres n’est pas ordinaire car il est sous la coupe des Technologistes, des Libertins, des Débauchés et des Eugénistes.

Les Technologistes vous inventent des tas d’appareils aussi fous les uns que les autres (la chaise volante, des vélos vapeurs) et les Eugénistes jouent à science sans conscience en créant des monstruosités mi-animale, mi-homme ou en changeant la nature des animaux (les perroquets qui délivrent des messages). Je me contenterai du Chat Spoussière qui semble être une invention magnifique.

Économisez l’huile de coude avec le CHAT SPOUSSIÈRE. Ce magnifique animal d’intérieur au long pelage est un compagnon affectueux, conçu pour satisfaire vos besoins. Il se comporte comme le ferait n’importe quel félin domestique, MAIS EN PLUS Quatre fois par jour, votre Chat Spoussière arpentera les moindres recoins du sol de votre maison et son long pelage de conception unique ramassera poussière et saleté. L’animal se léchera ensuite afin de se nettoyer et il digérera toutes les impuretés absorbées. LE CHAT SPOUSSIÈRE GARDE VOS SOLS IMMACULÉS ! Disponible en blanc, noir, tigré, gris-bleu ou écaille de tortue. De nouveaux coloris sont en préparation.

La première partie du récit (et la troisième) est consacrée au récit de Sir Richard Francis Burton et de l’enquête complètement folle (et super dangereuse) qu’il va mener seul, traquant Spring Helled Jack, avant de s’adjoindre les services de Algernon Swinburne, disciple du marquis de Sade (fessez-le, il adore ça. Fouettez-lui les fesses et il sera aux anges) et totalement barré.

Les duos, ça marche ou ça foire et dans ce cas-ci, ça marche du tonnerre de dieu. D’ailleurs, j’ai regretté que l’on n’ait pas droit à plus de Swinburne car ce personnage est décalé, drôle, fou, déjanté.

Le grand inconnu observa Burton.
— Nom de nom ! vous revenez de la guerre ? Vous êtes tombé dans un escalier ?
— En effet, intervint Swinburne en croisant les jambes. Dans l’escalier d’un bordel.
— Dieu du ciel !
— Ils l’ont jeté dehors, poursuivit le poète. Ils ont prétendu qu’il avait des goûts trop exotiques.
— Ér… Érotiques ? bafouilla l’homme.
— Non. Exotiques. Je suis certain que vous connaissez la signification de ce mot.
Swinburne fit un bruit qui évoquait le sifflement d’une canne dans l’air.
— Euh… bien sûr. Bien sûr que je le connais.
Burton esquissa un sourire féroce. On aurait dit le diable en personne.
— Algy, espèce d’idiot ! souffla-t-il.
L’inconnu se racla la gorge une, deux puis trois fois avant de reprendre la parole.
— Éro… je veux dire exotique, hein ? Ça alors ! Ben, dites donc ! Taïaut !
— Connaissez-vous le Kama Sutra de Vatsyayana17 ? lui demanda Swinburne.
— Le… euh… Ka… Kama…
— C’est un ouvrage qui vous guide à travers l’art de faire l’amour. Ce monsieur vient d’en entreprendre la traduction à partir de l’original écrit en sanscrit.
— La… la… l’art de f…
L’homme déglutit avec un bruit de gorge.

Si Burton a tout d’un Bud Spencer pour la carrure et le maniement des poings, dans le rôle de Swinburne, je verrai bien le mignon Q de James Bond : Ben Whishaw, même si sa chevelure n’est pas rousse.

La deuxième partie du récit est de Spring Helled Jack et va apporter les éclairages nécessaires aux énigmes qui parsème la première partie.

Là, on va tout comprendre. Entrer dans les pensées de Spring Helled Jack, connaître le mobile de toutes ces agressions de jeunes filles, nous donnera de l’empathie pour ce personnage qui a sombré du côté super obscur de la Force.

Pas de manichéisme, tout le monde n’est pas tout blanc ou tout noir et nous avons une multitude de nuances dans les personnages.

N’oublions pas que la plupart des personnages de ce roman ne sont pas fictifs mais ont réellement existé (Burton, Swinburne, Oscar Wilde, John Hanning Speke, Laurence Oliphant, Richard Monckton Milnes, Isambard Kingdom Brunel, Florence Nightingale et Henry de La Poer Beresford), même si ce qui leur arrive dans ce roman est fictif.

Ce roman de steampunk fantastique et uchronique (ben oui, Victoria a régné sur l’Angleterre et n’est pas morte assassinée) est tout simplement DÉJANTÉ ! Tout en étant parfaitement maîtrisé, le scénario est bourré de rebondissements, de questionnements, de mystère, de suspense, d’aller et retour dans la ligne du temps et jamais on ne se perd.

La société victorienne qui ne l’est pas (Victoria est morte jeune, assassinée à la JFK, suivez nom d’une pipe) est décrite dans ses moindres recoins. Mention spéciale à la fumée noire qui salope tout et qu’on ne voudrait pas respirer…

Nous avons beau être à l’ère des machines à vapeur, des fauteuils volants, des loups-garous et des chats aspirateur, pour le reste, elle est telle que nous la connaissons avec son clivage entre les classes sociales, ses quartiers pauvres, son Whitechapel, ses coins mal famés, ses enfants qui bossent dur, ses pubs, les confrérie selon les métiers.

Oui, c’est un roman déjanté, fou, atypique mais tout est à sa place et si on se laisse entraîner dans ce monde de machines à vapeur, de loups-garous et autres trucs louches, je vous garantis que le plaisir littéraire sera au rendez-vous et que ces 504 pages seront vite dévorées sans que vous voyez le temps passer.

Chaque fois que nous sommes confrontés à un choix, ce qui arrive chaque minute de chaque jour, nous prenons une décision et nous en subissons les conséquences dans le futur. Mais que deviennent les choix que nous avons écartés ? Sont-ils comparables à des portes restées closes ? Mènent-ils à des avenirs parallèles ? Dans quelle mesure notre présent serait-il différent si nous pouvions, une fois seulement, revenir en arrière et ouvrir la porte A au lieu de la porte B ?
(Henry de La Poer Beresford)

— La société ne veut pas d’hommes en harmonie avec leur nature profonde, mais des citoyens modelés selon ses désirs. Des esclaves obéissants.

— Dieu du ciel ! cette affaire est vraiment trop étrange ! Que s’est-il passé dans le bois ?
— Il m’a raconté des choses sans queue ni tête. Il a dit que j’appartenais à l’époque victorienne.
— Qu’est-ce que cela signifie ?
— Je n’en ai pas la moindre idée, mais je suppose qu’il y a un lien avec le nom de notre défunte reine. Il a dit que si nous l’empêchions de faire ce qu’il à faire, tout resterait ainsi. Il a dit qu’il avait besoin de réparer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°291 et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°23]

Moriarty – Le chien des d’Urberville : Kim Newman

Titre : Moriarty – Le chien des d’Urberville

Auteur : Kim Newman
Édition : Bragelonne (2015) / Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Professor Moriarty – The Hound of the D’Urbervilles (2011)
Traducteur : Leslie Damant-Jeandel

Résumé :
Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent et libertin.

Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, défiant police et hors-la-loi.

Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants, dont une certaine Irène Adler…

Critique :
Vous prenez la rencontre mythique entre Holmes et Watson, par l’entremise de Stamford, mais en version « Moriarty/Moran » et vous comprendrez que ce que vous tenez entre vos mains est inhabituel.

Vous lirez « Une étude en rouge », avec une partie des protagonistes du roman, l’histoire sera différente, avec des similitudes, mais adaptée pour le duo maléfique.

Irene Adler n’est plus La Femme, mais La Salope et le chien des Baskerville est rouge sang, et c’est devenu celui des d’Urberville…

Là j’en entends déjà qui grognent que reprendre les histoires déjà écrites, connues et juste la mettre à la sauce Moriarty/Moran, c’est facile.

Et bien non, ce n’est pas vraiment ainsi que cela se déroule car l’auteur a tout de même pris la peine de modifier les scénarios et même carrément toute l’histoire, comme dans celle qui concerne des Martiens et qui ne parlera qu’en filigrane de John Clay et de la succursale Coburg de la Banque de la City…

En lisant les carnets du colonel Moran, on se rend compte de plusieurs choses : il a de l’humour, est un utilisateur de femmes, un fanfaron (au lit et on ne peut vérifier ses dires) et en plus d’être une fine gâchette, c’est un aventurier.

Moriarty est bien présent, avec sa toile criminelle, son rire qui tue les pigeons aux alentours, son dodelinement de tête tel un cobra et son ego démesuré.

Évidemment, lorsqu’on suit des histoires présentées par des méchants, ils considèrent les gentils comme des crétins, des petits lapinous juste bon à tirer à la sortie du terrier.

Anybref, tout allait bien dans le meilleur des mondes pour moi, les références aux enquêtes de Holmes étaient présents, mais détournées et bien détournées.

Hélas, parce qu’il y en a un, à un moment donné, le bel édifice s’est écroulé, les histoires qui étaient amusantes, bien présentées ont commencé à devenir laborieuses pour les 3 dernières et c’est avec la lenteur d’un escargot que je les ai terminées, sautant allègrement des paragraphes entiers pour terminer le livre.

Quelle disparité de niveau entre les premières histoires et les 3 dernières ! Entre celles bourrées d’humour, de petites phrases humoristiques ou cyniques du colonel Moran, on passe à des histoires poussives dont on à l’impression qu’on les a tirées en longueur pour remplir le roman.

Le pire fut pour la dernière histoire qui concerne le dernier problème où on a l’impression que l’auteur s’est cassé le cul pour nous offrir une aventure soporifique, chiante, lourde et loin de ce que l’on aurait pu espérer en la suivant du point de vue de Moriarty et du Colonel Moran.

Le début était prometteur et l’auteur n’a pas su conclure avec panache puisqu’il a débandé à la moitié de l’ouvrage ce qui est plus rageant que le contraire (commencer mou et finir en beauté) car j’avais l’espoir de le terminer avec bien plus d’étoiles dans les yeux et dans sa cotation.

PS : c’est le coeur gros que je dis au revoir au Mois Anglais édition 2020 car ceci était ma dernière fiche. Merci aux organisatrices qui peuvent maintenant aller se reposer, je vais entrer en hibernation ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°290, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°22] et le Challenge Pavévasion – Saison 2 chez Mez Brizées [Lecture N°05 – 704 pages en version LP].

Les dossiers Cthulhu – Tome 3 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 3 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (12/02/2020)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks – Sherlock Holmes and the Sussex Sea-Devils (2018)
Traduction : Arnaud Demaegd

Résumé :
utomne 1910. Voici longtemps que Sherlock Holmes et le docteur John Watson combattent R’luhlloig, l’Esprit Caché lié au professeur James Moriarty.

L’Europe glisse inexorablement vers la guerre, et un autre conflit, d’ampleur cosmique, approche de son point culminant ; en une seule nuit, les membres les plus éminents du Club Diogène connaissent une mort atroce, apparemment de leur propre main. Holmes soupçonne un espion allemand qui travaille pour R’luhlloig…

Retranché sur la côte anglaise, le duo est confronté à une nouvelle menace. Trois femmes ont disparu de la ville voisine de Newford.

D’après la légende, d’étranges créatures amphibies, habitant une cité bâtie au fond de l’eau, viennent sur la terre ferme tous les deux ou trois siècles chercher de nouvelles proies.

Le décor est planté pour l’ultime bataille qui verra s’opposer Sherlock Holmes et John Watson aux démons marins du Sussex, et peut-être à Cthulhu lui-même…

Critique :
Aah, le Sussex, rien que le nom de la région invite à des pensées grivoises…

Et Sherlock Holmes a pris sa retraite dans le Susse Sexe ! Il nous avait bien caché son jeu, le coquin…

Trêve de rigolade grivoise.

Certaines trilogies se bonifient au fil des tomes. Si le tome 1 m’avait moyennement emballé au niveau du méchant qui expliquait tout, j’avais mieux aimé le tome 2 dont le scénario était mieux élaboré.

Avec le tome 3, on termine en apothéose et je remercie ma copinaute Ida qui m’avait conseillé de poursuivre la lecture après la déception du N°1.

Holmes et le fantastique, ça passe ou ça se casse la gueule. Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Ici, pas de soucis, ça passe très bien car l’auteur a gardé la personnalité de Holmes, son côté froid, ses émotions refoulées, le côté analyseur, la machine à penser, celui qui nous cache tout et ne nous dit rien.

Je ne connais pas le canon Lovecraftien comme l’holmésien, donc, je ne me prononcerai que sur le second qui est respecté, tout en étant adapté puisque toutes les enquêtes de Holmes avaient un côté surnaturel que Watson a camouflé (dixit la trilogie).

Plusieurs enquêtes de Holmes se retrouvent dans ce dernier tome et toutes auront pour thème les créatures marines, version Lovecraft, bien entendu.

Si la première enquête de « La Confrérie de l’Amas Pulsatile » est à part par rapport au reste du récit, mais comme elle concerne aussi le surnaturel avec un truc pas net qui sort de l’eau, on peut dire qu’une sorte de tentacule de méduse la relie à l’enquête suivante, qui sera plus longue et aussi plus triste (je garde un chien de ma chienne à l’auteur pour ce qu’il a osé faire).

L’action brute ne prend pas le pas sur les déductions holmésiennes, notre détective court un peu partout, traque les indices, se déguise, ne dit rien à Watson (ni aux lecteurs), ne montre aucune émotion ou si peu, traque le surnaturel ou la main de l’Homme quand elle manipule.

Étant donné que nous sommes en 1910, on sent qu’un conflit est proche et qu’il opposera la perfide Albion à l’Allemagne. Les espions sont déjà dans la place et ça magouille de la soupe pas nette dans les arrières-cuisines.

James Bond se battait contre les Russes et Holmes se battra contre des Teutons, une fois de plus, mais sans gadgets, sans bimbo à forte poitrine, mais avec l’aide de Watson, toujours prêt à prendre des risques avec Holmes ou à défendre les jeunes femmes, tel un chevalier servant. Par contre, il devrait plus souvent écouter Holmes, ce dernier voit des choses que ni lui (ni nous) ne voyons.

Le pari était osé mais au fil des tomes, l’auteur s’est approché au plus près des personnages canoniques tout en les intégrant à un univers qui ne fut jamais le leur puisque jamais Holmes ne dû se battre contre des vraies choses surnaturelles, dans le canon.

Un dernier tome qui est au-dessus des deux autres tant j’ai trouvé les personnages plus justes dans leurs comportements. Impossible de s’ennuyer durant la lecture, même si la partie avec le U-Bot pourra sembler longue à certains.

En plus, l’auteur nous propose une vraie fin. La trilogie est close et on ne verra pas fleurir 36 tomes juste pour faire du fric facilement. Pas de risques de sombrer après un tome aussi réussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°288, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°21].

Le Samouraï : David Kirk

Titre : Le Samouraï

Auteur : David Kirk
Édition : Albin Michel (2014) / Livre de Poche (2015)
Édition Originale : Child of Vengeance (2013)
Traduction : Marina Boraso

Résumé :
Le rêve de Bennosuke, 13 ans, est de devenir un grand guerrier, à l’instar de son père : l’un des Samouraïs les plus craints et les plus respectés du Japon.

Mais il doit d’abord se montrer digne de cet héritage. La voie du sabre est faite de sang, de vengeance, d’héroïsme.

Le jeune garçon l’apprendra, parfois à ses dépens, avant de remettre en question des siècles de tradition : pourquoi un samouraï devrait-il préférer la mort au déshonneur ?

Quel prix devra-t- il payer pour entrer dans l’Histoire sous le nom de Musashi Miyamoto ?

Critique :
Musashi Miyamoto n’est pas un cousin de Yamamoto Kekassé. Non, Musashi Miyamoto est un samouraï, un vrai !

Enfin, là, il a 13 ans, il se nomme encore Bennosuke et aura encore beaucoup à apprendre avant de devenir samouraï, même si papa l’est déjà…

Freud aurait beaucoup à dire de Munisaï Shinmen, le père de Bennosuke.

Leur relation père/fils n’est pas harmonieuse, papounet Munisaï a disparu durant 8 ans et personne n’a expliqué à Bennosuke les véritables raisons de son exil.

Pour le moment, il vit tranquille avec tonton Dorinbo, qui a suivi la voie spirituelle et un oncle par alliance qui lui apprend le maniement du bâton de bois dans un dojo.

On pourrait penser que c’est chiant comme la pluie mais non, pas du tout ! Ces 500 pages sont passées à une vitesse folle, immergée à fond que j’étais dans le monde codifié des samouraïs dont l’auteur a si bien mis en mot à tel point que je peux dire que j’ai visité le Japon médiéval.

Ce qui va faire basculer l’histoire, c’est le caprice d’un fils de seigneur, d’un clan allié au seigneur que sert Munisaï Shinmen. Ce sans couilles n’a pas apprécié être remis à sa place par Munisaï et il veut se venger. Mais bien caché derrière ses guerriers…

L’humiliation sera double puisqu’après le père, ce sera Bennosuke qui va l’humilier. Et pas qu’une fois…

C’est flamboyant, ce récit. Mais d’une facilité déconcertante à lire. Le style n’est pas simpliste mais il est simple, sans chichis, facile à comprendre, même si parsemé de petites réflexions spirituelles qui naissent souvent dans les petites piques lancées à un autre personnage.

Dans ce Japon médiéval, tout est hiérarchisé, tout est codifié, il y a des tas de règles à respecter pour l’honneur et que chez les samouraïs, l’honneur est la chose la plus importante, avec le seppuku.

Ce premier tome nous montre l’apprentissage de Bennosuke, que ce soit celui de la vie, de l’honneur, de la guerre, de la hiérarchie, des codes des samouraïs et des techniques de combat. Sans oublier une vengeance contre un sans couille et sans honneur.

Qui aurait cru que ce roman serait aussi addictif ? Pas moi… Je l’ai ouvert pour ce Mois Anglais dans le but de poursuivre mes voyages loin de l’Angleterre (même si l’auteur est un Anglais pur jus) et de découvrir un autre Monde, une autre société, une autre civilisation.

Instructif sans être rébarbatif, rythmé sans être une course au suspense, ce roman biographique de la vie de Bennosuke qui deviendra le légendaire guerrier Musashi Miyamoto. Pour le moment, la chenille est en cours de mutation mais rien que ça, c’était bougrement intéressant.

Chouette, j’ai le tome 2 dans ma PAL.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°286 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Inspecteur Pekkala – T01 – L’oeil du Tsar Rouge : Sam Eastland

Titre : Inspecteur Pekkala – T01 – L’oeil du Tsar Rouge

Auteur : Sam Eastland
Édition : Pocket (2011)
Édition Originale : Eye of the Red Tsar (2010)
Traduction : David Fauquemberg

Résumé :
1929, Sibérie. Staline en personne a ordonné la libération du prisonnier 4745-P. Le jeune commissaire Kirov ne se doute pas qu’il vient d’extirper du goulag une véritable légende : l’inspecteur Pekkala, « L’Oeil d’Emeraude », un homme au-dessus de tous les pouvoirs, ne répondant qu’au tsar et dont la loyauté à la Couronne a entraîné la perte.

Si Staline a rappelé son pire ennemi à son côté, c’est que nul autre ne peut résoudre une énigme qui pourrait receler une bombe politique : que sont devenues les dépouilles des Romanov ? L’un des enfants du tsar aurait-il échappé à la colère des bolcheviks ?

Critique :
Sibérie, 1929… Ça caille et pourtant, un prisonnier du goulag marque les arbres à l’aide de ses mains trempées dans la peinture.

Le prisonnier 4745-P n’a pas grand-chose sur le dos et pourtant, il résiste à ce froid, à cette vie frugale, quand nous serions déjà transformé en glaçon.

Pour ceux et celles qui suivent, j’adore la Russie en littérature et si le récit se déroule durant l’époque des Romanov de la révolution, de la guerre, du communisme, cela m’intéresse.

Ici, j’ai été servie et bien servie car le récit s’articule sur deux périodes : celle des Romanov et de leur assassinat et celle de 1929.

L’auteur a été bien inspiré d’alterner les récits fait des souvenirs de l’inspecteur Pekkala (sa jeunesse, son ascension, la chute des Romanov) et sa vie de maintenant, au goulag, avant de reprendre du collier pour une enquête sur les meurtres des Romanov.

Malgré tout, Pekkala reste un personnage mystérieux qui se dévoile peu. Il baigne dans une aura de mystère et c’est ce qui le rend encore plus intéressant. L’auteur, au travers des souvenirs de Pekkala, en profitera pour nous montrer la Russie sous toutes ses coutures et l’Histoire dans l’histoire, c’était passionnant.

Mêlant fiction et Histoire, ce thriller est dynamique, sans pour autant partir dans tous les sens ou à un rythme Da Vinci Code, heureusement. Le récit est réaliste, crédible, intriguant et on aimerait croire à cette histoire… L’auteur, dans la postface, nous expliquera ce qui est réalité et ce qui est fiction.

Évitant l’écueil du manichéisme, l’auteur ne sombre jamais dans les jugements faciles mais place ses lecteurs devant des faits et à eux d’en penser ce qu’ils veulent. Il nous conte une histoire, nous parle de l’Histoire et si on a un cerveau, on sait que les ennemis d’hier peuvent devenir les employeurs de demain.

Un thriller historique bien écrit, aux ambiances russes, à cheval entre des époques importantes dans la Russie : la fin des Romanov, la révolution, la guerre entre les Rouges et les Blancs, l’avènement du communisme, du camarade Staline de sinistre mémoire et des goulags.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°285 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Le jour où Kennedy n’est pas mort : R. J. Ellory

Titre : Le jour où Kennedy n’est pas mort

Auteur : R. J. Ellory
Édition : Sonatine (04/06/2020)
Édition Originale : Three Bullets (2019)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
La vérité est plus forte que tout.

C’est l’une des histoires les plus connues au monde – et l’une des plus obscures. Le 22 novembre 1963, le cortège présidentiel de John F. Kennedy traverse Dealey Plaza. Lui et son épouse Jackie saluent la foule, quand soudain…

Quand soudain, rien : le président ne mourra pas ce jour-là.

En revanche, peu après, Mitch Newman, photojournaliste installé à Washington, apprend une très mauvaise nouvelle. La mère de Jean, son ex-fiancée, lui annonce que celle-ci a mis fin à ses jours.

Le souvenir de cet amour chevillé au corps, Mitch tente de comprendre ce qui s’est passé. Il découvre alors que Jean enquêtait sur la famille Kennedy. Peu à peu, le photographe va s’avancer dans un monde aussi dangereux que sophistiqué : le cœur sombre de la politique américaine.

Sexe et manipulations, mensonges et assassinats… Dans cette histoire alternative où l’on retrouve le clan Kennedy au complet ainsi qu’un certain Lee Harvey Oswald, JFK semble avoir échappé à son destin. Pour combien de temps ?

Critique :
Cette uchronie aurait pu aussi s’appeler « Le jour où le tailleur rose Chanel de Jackie ne reçu pas la cervelle de John Kennedy »…

Titre sans doute non retenu car trop long. Trop gore aussi… Pas une bonne pub pour les tailleurs Channel, ni pour les décapotables.

À propos de capote, il semblerait que JFK était un chaud lapin qui tirait très souvent son coup (sauf que le dernier tir fut pour Lee Harvey Oswald – ok, je sors).

L’a-t-il fait plus souvent qu’un certain DSK, ça, l’Histoire ne le dit pas car on n’a pas compté les tirs.

Pour revenir aux choses sérieuses, le titre en V.O était bien trouvé car mystérieux (Trois balles – Celle qui l’a manqué, celle qui l’a tuée et celle qui a changé le monde).

Le portrait de JFK est sans paillettes et loin de ce que j’ai toujours entendu depuis que je suis gosse : Kennedy, le gendre idéal, parfait, le bô gosse, le jeune président, le sourire ravageur.

Les médias nous ont vendu un homme qui n’existait pas, on nous a fabriqué une légende, dressé un portrait flatteur de JFK et passé sous silence ses défauts, ses manies, ses erreurs, ses amitiés avec la mafia, les magouilles de son élection.

Dans cette uchronie, on part du principe que JFK n’a pas été abattu à Dallas, le 22/11/63… Qu’est-ce qu’il se serait passé ensuite, si John avait pu travailler à sa réélection ? Vous avez 432 pages pour y répondre.

Mêlant habillement la politique de l’époque, les personnages réels et ceux de fiction, cette dystopie nous montre un JFK tel qu’il était et nous sommes loin de la légende qu’on nous a fait bouffer durant des décennies.

Le portrait réel de John n’est pas flatteur et on a même envie d’aller le classer parmi les présidents les plus catastrophiques alors qu’on aurait eu envie, avant, de le mettre parmi les meilleurs.

Propagande, quand tu nous manipules et qu’on te croit sur parole.

Mais Ellory ne se contente pas de nous montrer les coulisses du pouvoir et de la chambre, il propulse aussi Mitchell Newman, un pauvre journaliste raté, dans une enquête sur un événement qu’il semble avoir eu lieu à Dallas, au moment où Kennedy traversait Dealey Plaza dans sa Ford Continentale décapotable.

Ce n’est pas lui qui avait soulevé le lièvre, mais son ex-petite amie, que l’on vient de retrouver suicidée (alors qu’elle avait un chat !) et dont la police est venue chercher tout ses papiers de journaliste. Louche, très louche.

Newman va devenir un nouvel homme (son nom était-il prédestiné ?) en se lançant sur l’enquête, commençant à sortir de sa léthargie, de son laisser-aller, de son apitoiement sur lui-même et ce qu’il va découvrir, sur l’enquête et sur lui-même, va le changer. Et il va hériter d’un chat.

L’équilibre est bien respecté entre le côté politique et celui de l’enquête de Mitch, qui est parti de quasi rien et à tout de même remonté une fameuse piste, sans jamais rien lâcher, emmerdant tout le monde dans cette quête qu’il n’accomplit que pour tenter de se racheter, tant il s’en veut encore d’être pari en Corée, laissant sa copine seule.

Il n’a manqué qu’une chose dans le roman : des émotions. Ellory m’a habitué à des émotions dans ses romans, certains m’ayant même foutu le coeur en vrac, mais ici, j’en ai moins ressenti, n’arrivant pas à m’attacher à Mitch, le trouvant un peu trop pathétique de vouloir effacer sa faute du passé en se rachetant aux yeux d’une morte.

Maintenant, ce n’est pas parce que je n’ai pas ressenti des émotions qu’il n’y en avait pas, juste que je suis restée de marbre face à elles.

Une uchronie bien ficelée, qui nous montre l’envers du décor, l’envers de la légende et croyez-moi, elle n’était pas reluisante, la légende de JFK, ni celle de sa famille.

Le roman nous montre un président accro aux médocs, à la santé chancelante, aux appétits sexuels gargantuesques et un homme qui ne tenait pas si bien la barre du pays qu’on a voulu nous faire croire.

Ellory n’a pas choisi la facilité en revisitant un événement marquant du siècle dernier, cette scène d’un président qui s’écroule et de son épouse qui fiche le camp (j’aurais fait pareil), de ces images qui furent diffusées des milliers de fois.

En s’affranchissant de cet assassinat qui fit couler beaucoup d’encre et dont on ne saura jamais le fin mot, l’auteur développe un autre roman, une autre histoire, comme le fit Stephen King, mais d’une autre manière.

Le sujet n’était pas facile, il était glissant mais Ellory tire son épingle du jeu dans cet univers de l’uchronie et nous propose un roman qu’il est difficile de lâcher, même si, comme je l’ai dit, je n’ai pas ressenti des émotions.

PS : Juste un détail qui m’a perturbé : John est surnommé Jack, ce qui est normal, mais quand, au même moment, vous lisez aussi un livre qui parle de Jack The Ripper, à un moment donné, votre cerveau amalgame les deux et dans un éclair d’imbécillité, vous vous surprenez à crier que Kennedy était Jack The Ripper…

Faut que j’évite de lire deux livres en même temps, ça ne me réussi jamais, mon esprit mixant le deux, quand bien même les sujets traités sont aux antipodes l’un de l’autre : Holmes et la guerre de Troie, par exemple… Non, Holmes ne se trouve pas sur une galère Itaquienne et non, Ulysse n’est pas à Baker Street.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°284 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).