Durango – Tome 17 – Jessie : Yves Swolfs et Iko

Titre : Durango – Tome 17 – Jessie

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Iko (Giuseppe Ricciardi)

Édition : Soleil (15/06/2016)

Résumé :
Durango se remet d’une blessure au bras chez son ami Larry Haynes, shérif de la petite bourgade tranquille de Hanckok.

Seul le braquage d’un fourgon contenant un bon paquet de dollars a récemment troublé cette sérénité. Ni les coupables ni le butin n’ont été retrouvés.

Un matin, un différend bruyant opposant Maxwell, tenancier du saloon et maison de passe de la ville, à Jessie, une nouvelle fille qui a été surprise en train de fouiller dans le bureau du patron, attire l’attention de Haynes.

La jeune inconnue est une menace pour ces escrocs sans scrupules. Simultanément, Franck, à la tête d’une bande d’outlaws, sillonne la région, à la recherche d’un magot disparu.

Critique :
Changement de dessinateur pour le moins bénéfique ! Non pas que je détestais ceux de Girod, mais je n’avais pas aimé son trait lors de sa reprise dans le tome 14 « Un pas vers l’enfer ».

Ici, Giuseppe Ricciardi (dit « Iko ») nous donne l’impression que c’est le trait de Swolfs dans cet album.

Les couleurs sont chaudes et les ambiances telles qu’on les trouvait dans les premiers albums car ici, nous revenons aux poncifs qui font de Durango ce qu’il est : un tueur.

Se remettant de sa blessure chez son ami shérif, son séjour est obscurci par l’affaire d’un braquage de fourgon qui contenait un sacré paquet de pognon et qui, à ce jour, n’a pas été retrouvé.

Oukilé l’argent ? Vous le saurez un peu plus tard et c’est là que l’engrenage va se mettre en branle, entrainant notre tueur blond dans une enquête où le Mauser va faire entendre sa voix caractéristique.

Lorsque le chef des bandits est entré en jeu, je l’ai regardé à deux fois, pensant à une hallucination (il y avait du soleil dehors) ou à un abus de café… Je connaissais cette tête !

Après avoir passé en revue mon boulanger, boucher, kiné, pharmacien, je me suis rendue compte que, ce visage, je l’avais croisé dans un film… avec la belle Claudia Cardinale et un joueur d’harmonica : Henry Fonda (Once Upon A Time In The West) !

On reste dans un scénario « basique » dans le sens où notre Durango va aider une fois de plus une jolie fille, même si celle-ci n’est pas une innocente petite femme et qu’elle retournera sa veste quelques fois.

D’ailleurs, elle ne sera pas la seule, à la retourner, tant le fric peut faire tourner les têtes et rendre les gens fous.

Malgré tout, j’ai pris du plaisir à découvrir ce tome 17 que je ne possédais pas encore (sorti il y a 2 ans, shame on me) car on revenait vraiment aux premières histoires de notre Blondin.

Sans pour autant révolutionner l’affaire, ce scénario tient la route, le méchant est cynique, envoûtant, tel Kaa vous susurrant « Aie confiance », a les épaules solides et reste toujours d’une froideur à toute épreuve.

Un portrait réussi, même si c’est « copié sur le personnage de Franck (Henry Fonda). Un Méchant froid a toujours plus d’envergure qu’un sanguin qui hurle à tout bout de champ.

Y’a plus qu’a espéré qu’on aura un tome 19 et que nous ne devrons pas attendre 2020 pour revoir notre tueur aux yeux verts.

Ou alors, quitte à attendre autant, faudra nous livrer un scénario qui s’éloigne un peu de ceux que l’on connait et proposer du neuf pour notre Durango, avec un peu plus de subtilité dans certains personnages. J’aime quand ils évoluent ou qu’ils ont des part d’ombre (ou de lumière).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019)Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (46 pages).

 

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Blueberry – Hors-Série – Apaches : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Apaches

Scénariste : Jean Giraud (Jean-Michel Charlier étant décédé)
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (2007)

Résumé :
La Guerre de Sécession vient de s’achever. Le lieutenant Blueberry, en pleine déchéance, rejoint son affectation à Fort Mescalero accompagné d’un pasteur et de sa fille.

Sur le chemin, ils sont attaqués par les Apaches qui s’en prennent en particulier à l’homme de Dieu, que Blueberry défend malgré leurs divergences.

Heureusement pour eux, la garnison arrive à temps pour les sauver et de retour au camp, le héros fait déjà preuve d’une insubordination qui deviendra légendaire…

Le cycle Mister Blueberry avait la particularité de comporter deux histoires en une.

La participation rocambolesque du lieutenant (désormais civil) au duel d’OK Corral d’une part, et de l’autre, ses confessions à un écrivain, au cours desquelles il revenait sur un épisode décisif de sa vie tumultueuse, sa rencontre avec Geronimo.

Apaches est tout simplement le regroupement de l’ensemble de ces planches, agrémenté ça et là des quelques cases inédites et de légendes pour mettre du liant.

Critique :
Pour que tout le monde arrive à s’y retrouver, cet album, un des dernier que Giraud (Charlier nous ayant déjà quitté) nous eut offert sur Blueberry.

Mais cet album est aussi celui des débuts de son lieutenant débraillé et alcoolique juste après la guerre de Sécession (nous sommes en novembre 1865) et avant qu’il ne soit affecté à fort Navajo.

Publié en dernier, cet album hors-série est en fait le premier. Une sorte de préquel… Vous suivez toujours ?

En fait, c’est un album « hommage » qui est composé des planches que nous retrouvons dans plusieurs albums : Mister Blueberry, Ombres sur Tombstone,  Geronimo l’Apache, OK Corral et Dust qui ont été réorganisées, rectifiées, bref, un montage dans l’ordre de tous les flash-back présents dans ces cinq albums (tomes 24 à 28) qui constituent les derniers de la saga du lieutenant Blueberry (après, on aura sa jeunesse, qui vient bien avant cet album, elle).

Z’êtes toujours là ? Besoin d’un café ou d’un tube d’aspirines ? Allez, on reprend où nous en étions avec cet album hommage qui reprend des planches des derniers albums pour donner un récit qui est en fait le premier après la guerre de sécession.

Non, non, ce n’est pas qu’un assemblage de planches déjà faites ! L’auteur a ajouté quelques planches pour lier le tout et les faire tenir ensemble, mais cela permet de se faire une autre idée de notre lieutenant de cavalerie au sortir de la guerre de Sécession et de comprendre une partie de ce qui se passera dans sa tête ensuite, puisqu’il aura souvent tendance à prendre la défense ou du moins d’aider les Indiens.

Et là, ce sera sa première rencontre avec celui que les Hommes Blancs ont appelé Geronimo.

Une fois de plus, nous retrouvons notre Blueberry en fâcheuse position : alcoolique au dernier degré, mort saoul, cuvant son mauvais whisky dans l’enclos des cochons alors qu’il doit prendre la diligence pour sa nouvelle affectation :  Fort Mescalero.

Il voyagera sur le toit car sa puanteur indispose plus le pasteur Younger qui voyage avec eux que sa fille. Le charme du bad lieutenant agit sur toutes les femmes…

— Comment la cavalerie des États-Unis peut-elle accueillir de tels individus en son sein ?

Si j’avais encore des doutes, je n’en avais plus du tout en découvrant cet album pour la première fois (oui, je ne le possédait pas, shame on me) : Blueberry souffre de ce qu’on appelle maintenant le syndrome post-traumatique.

La guerre l’a marqué, il a dû tuer des frères en passant dans le camp des Nordistes et cela lui pèse plus qu’il voudrait bien se l’avouer à lui-même.

Anybref, notre bel homme est une loque humaine et le fait de se faire attaquer par des Indiens va pouvoir le remettre un peu dans le droit chemin, enfin… Niveau prise de risques, il est toujours aussi tête brûlée, le lieutenant !

Il y a dans ses pages toutes la noirceur humaine, surtout celle des Blancs qui n’en sortiront pas grandi de l’histoire. Les Indiens, de leur côté, ne sont pas des anges mais là, je ne peux que comprendre et approuver les motivations de Geronimo et sa haine envers le pasteur Younger. Les Hommes d’Église ne sortent jamais grandi des albums de Blueberry non plus…

Violent, sans temps mort, avec une pointe de fantastique dans le fait que Geronimo comprend que Blueberry doit vivre car ils se reverront un jour et qu’il aura besoin de lui, cet album est sombre car il met en lumière des faits réels et peu glorieux de l’armée des États-Unis : les Tuniques Bleues.

Blueberry est toujours fidèle à lui-même, contestant les ordres, s’insurgeant sur le fait que l’on abatte les Indiens blessés ou des squaws et des enfants. Il a beau écluser de l’alcool comme moi de l’eau, il reste humain, lui.

Un album hommage qu’il convient de posséder dans sa biblio pour avoir l’histoire complète de ce grand homme qu’était le lieutenant Blueberry. Ne reste plus qu’à mettre tout cela dans l’ordre et à relire toute cette fresque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Durango – Tome 16 – Le crépuscule du vautour : Yves Swolfs & Thierry Girod

Titre : Durango – Tome 16 – Le crépuscule du vautour

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil (21/11/2012)

Résumé :
Un gouverneur assassiné à quelques semaines des élections… Une bande d’Indiens shoshones qui tuent des blancs en se faisant passer pour des washos…

Et une jeune femme washo, témoin des meurtres, que Durango prend sous son aile…

Une série riche en action qui ravira les amateurs de Sergio Leone, Sam Peckimpah et Clint Eastwood ! Le plus grand western de la bande dessinée !

Critique :
Voilà un épisode qui ferait le bonheur de Sheldon Cooper (The Big Bang Theory) car il comporte un magnifique train. Par contre, la suite lui fera moins plaisir car elle sera extrêmement violente…

Notre blondin aux yeux verts prairie continue sa vendetta personnelle et traque le commanditaire ultime des prises violentes des concessions minières et autres biens. Steiner himself.

Cette fois-ci, le bien convoité est un lac dans un lieu sacré indien. On se doute bien que c’est parce que ces lieux contiennent un truc de plus intéressant que des poissons.

Je ne pense pas que je vais vous apprendre quelque chose en vous disant que pour certains, la fin justifie les moyens et que flinguer des gens ne pose pas de problème moraux, qu’ils soient gouverneur ou autre,… La caravane doit passer et les chiens cesser d’aboyer.

Le meurtre doit ouvrir les portes à ce qui est convoité et généralement, l’assassiné était celui qui tenait la porte fermée ou qui allait la clore à double tour. Hold the door…

Une fois de plus, nous sommes face à un récit violent, les morts tombent comme des mouches (face au fromage corse de Ocatarinetabellatchitchix) et notre commanditaire ne recule devant aucun sacrifice pour arriver à ses fins.

L’argent appelle l’argent et c’est bien connu, on n’en a jamais assez.

Durango, dans cet opus, va une fois de plus devoir ruser, tuer, tirer et viser juste et ne pas s’embarrasser des détails car lui aussi veut la fin de cet homme et il va y mettre les moyens, et si dommages collatéraux il y a, tant pis.

Les dessins et les coloris ne sont toujours pas ceux de Swolfs, mais je m’habitue aux traits de Girod et mon Blondin est redevenu lui-même, aussi bien physiquement que mentalement et nous sommes loin du Durango qui laissait faire les autres comme dans « Un pas vers l’enfer ».

On dirait même qu’il a vieilli, mûri et que les monceaux de cadavres qu’il a laissé derrière son passage, lui ont terni le fond de l’oeil couleur de prairie.

Il faut dire qu’il avait cru un jour se poser et vivre un peu plus tranquillement et qu’on lui a retiré ça des mains de manière brutale. Notre as de la gâchette est désabusé et ne doit plus trop croire dans le genre humain.

Un western sombre, violent, une critique virulente de la société de l’époque qui n’est jamais que le reflet de la nôtre puisque, comme le chantaient si bien les Puppies ♫ Non, non, rien n’a changé ♪ Tout, tout à continué ♪ héhéhé ♫

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Durango – Tome 15 – El Cobra : Yves Swolfs & Thierry Girod

Titre : Durango – Tome 15 – El Cobra

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (2008)

Résumé :
Durango a enfin obtenu l’information qu’il voulait et fait maintenant route vers sa destination afin d’assouvir sa vengeance.

Il n’est pas le seul à suivre cette piste et à se diriger en direction du siège de la Lawrence Mining Company.

Un homme poursuit le même but. Dans ce genre de confrontation, l’issue de la rencontre est toujours incertaine et souvent fatale pour l’un des protagonistes.

Critique :
Et bien voilà, ce n’était pas si difficile que ça de nous proposer un Durango comme on les aime !

Moi qui me plaignais dans ma précédente chronique du manque d’envergure de notre blondin préféré…

Là, je suis satisfaite, c’est du Durango couillu, persévérant, sans foi ni loi, mais avec tout de même un soupçon de compassion.

De plus, face à lui, un pistolero d’envergure, un homme qui, comme lui, possède des pistolets hors norme. Et qui sait s’en servir !

Cet album clôt le dyptique commencé dans « Un pas vers l’enfer » et il le clôt en beauté puisque si le précédent tome manquait de carrure et d’épaisseur, celui est plus étoffé et on retrouve ce qui faisait la saveur des premiers tomes : le western spaghetti dans toute sa splendeur !

De plus, l’auteur nous introduit un nouveau personnage avec lequel il faudra compter puisqu’il est le commanditaire de tout ce bordel pour acquérir, à n’importe quel prix (le prix du sang), des concession minières ou des terrains appartenant à des indiens mais qui recèlent des métaux précieux.

Ben non, rien ne change jamais sur cette bonne vieille Terre !

Un Durango qui fait plaisir à revoir, une histoire avec de la profondeur, du rythme, du suspense, du mystère et des coups de feu.

Une fois de plus, Swolfs nous gâte avec du western pur jus et revient au meilleur de sa forme niveau scénario, quant aux dessins de Girod, ils me plaisent plus que dans le tome précédent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 17 – Angel Face : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 17 – Angel Face

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
L’action se déroule à l’époque du premier mandat d’Ulysses S. Grant, vers 1870.

La première page de cet épisode est un récapitulatif du cycle débutant par « Chihuahua Pearl » jusqu’au « Hors-la-loi » et se concluant par « Le Bout de la piste », avec pour intrigue principale le sort du trésor des confédérés entremêlée avec un plan d’assassinat du Président des États-Unis.

Critique :
Faut croire que le complot visant à assassiner JFK était mieux préparé et avait une meilleure organisation que celui visant à éliminer Grant…

Ou tout simplement, pour JFK, il n’y avait pas la célèbre tenancière de bordel, Guffie Palmer, pour faire échouer le tir du flingueur d’élite.

Pas de bol, cette bonne vieille Guffie, dans les bras d’Ulysse Grant, murmure le nom de Blueberry et il n’en faut pas plus à tout le monde pour le croire coupable et se mette à le chasser.

Déjà que ce dernier vient d’échapper aux conspirateurs de l’assassinat, à ces types sans foi ni loi qui voulaient descendre le président afin afin de favoriser la création d’une « dictature militaire » aux États-Unis et en faire un parfait bouc émissaire, mort de préférence.

Je vous l’ai déjà dit, Blueberry, c’est pas pour les tits n’enfants, c’est plus violent que Lucky Luke, ça va encore plus loin qu’un Durango et les auteurs n’ont jamais eu pour habitude de ménager leur personnage.

Là, ils vont nous faire ♫ Il court il court le Blueberry, le Blueberry de Fort Navajo ♪ Il est passé par ici, il ne repassera pas par là ♫

Cache-cache… Blueberry va devoir y jouer pour semer ses poursuivants et éviter de se faire attraper car il sait qu’on le tuera d’abord et qu’on le jugera ensuite. Non seulement ils doit éviter les policiers et les soldats qui sont en nombre dans le ville de Durango, mais en prime, il lui faut éviter de se faire allumer par les hommes de Blake, un des homme de main de la conspiration « Élimine ton président ».

Un album jonché de cadavres, de tentative d’assassinat, de grand complot, de bandits pas manchots, d’une petite mémé qui fume le gros cigare, d’un pompier sexy et d’un président qui pense que ses hommes sont incapables de retrouver l’homme qui voulut le tuer.

Hé, mister president, je ne te chanterai pas Happy Birthday To You, mais je te dirai que Blueberry, c’est un sacré morceau et qu’il a plus d’un tour dans son sac, comme notamment se déguiser en courant d’air qui aurait pu soulever la jupe de Norma Jean.

Un album bourré d’action, une fois de plus, de suspense et toujours avec un final qui donne envie de se ruer sur la suite afin de savoir si on va réhabiliter notre grand lieutenant au nez cassé et au regard ténébreux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le Hors-la-loi est le seizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le premier album du cycle du premier complot contre Grant (deux tomes).

Emprisonné depuis plusieurs mois au bagne de Francisville, Blueberry « avoue » où se trouve caché le trésor des Confédérés qu’il aurait prétendument volé. Convoyé dans un train, il profite d’une attaque armée pour s’évader.

Par la suite, il trouve refuge dans un bordel tenu par Guffie Palmer et se voit dans la quasi-obligation d’accompagner un jeune homme, « Angel Face », vers le Mexique.

Lors de la pré-publication dans Pilote, l’épisode s’intitulait « L’Outlaw ».

Critique :
Ce n’est pas courant, mais ♫ les portes du pénitencier ♪ sur Blueberry se sont refermées et c’est là qu’il devra finir sa vie, sauf, si, tel les membres de la 7ème Compagnie, il s’évade au clair de lune.

Saut il s’évade, soit il va y crever parce que le directeur est un petit sadique de la pire espèce qui va le faire trimer sans eau, sans repos afin qu’il crache le morceau au sujet du trésor des confédérés après lequel il courait dans les 3 épisodes précédents.

Je ne divulguerai rien, mais sachez juste que l’Union n’a pas touché une seule pièce d’or de ce fabuleux trésor et bien entendu, tout le monde pense que Blueberry l’a enterré quelque part.

Blueberry, jamais à court d’idées folles, va nous la jouer à la Louis Chedid et chanter ♫ Je me suis fait la belle, je me suis fait la belle ♪

Machiavélique ! C’est le mot pour résumer cet album où j’étais bien incapable de dire qui baisait qui, car non seulement on va de surprise en surprise, mais en plus, celui qui croyait baiser peut se retrouver en train de se faire prendre à sec et sans élan et cela donnera un final bourré de « nom de dieu, j’l’ai pas vue venir celle-là », sauf si vous l’avez déjà lu et que vous vous souvenez de tout. Moi j’avais la mémoire vide.

Une fois de plus, les auteurs ne mettent pas leur héros dans de l’ouate et il va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle, courir comme un fou, tenter de se dépêtrer de ce sac de noeuds et, comme d’habitude, faut pas penser que on termine en happy end mais que un cliffhanger qui laisse présager moult emmerdes pour le tome suivant.

Blueberry, une valeur sûre de la bédé, toujours un plaisir à relire.

Allez, vite la suite, parce que je ne m’en souviens plus du tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974) – Le Lombard (1974-1977)

Résumé :
Ballade pour un cercueil est le quinzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le dernier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

Presque tous les acteurs de l’album précédent convergent vers un « pueblo abandonné », Tacoma, à la recherche du trésor des Confédérés.

Après avoir affronté les jayhawkers et Lopez à plusieurs reprises, la troupe de Blueberry ramène le trésor à la frontière des États-Unis, où elle aura à faire face au commandante Vigo, aux jayhawkers à nouveau et à un chasseur de primes.

Critique :
Voilà un album comme nous n’en verrons sans doute plus de nos jours car il est composé de 72 pages d’aventures pures et dures.

Maintenant, business oblige, on couperait l’album en deux.

Franchement, ici, on en a pour ses sous, niveau lecture, car le début de l’album est composé de longs textes expliquant l’origine de Blueberry, cet homme bourru, têtu, bagarreur, buveur, coureur de jupons, de pistes, au nez cassé et qui poste un nom de gonzesse (Myrtille).

Avant même l’émergence de la saga « La jeunesse de Blueberry », nous en savions enfin plus sur ses origines et je peux vous dire que malgré le fait que je connaisse les origines de mon lieutenant de cavalerie préféré, cela m’a fait plaisir de les relire.

Dans ce lourd album dense, notre lieutenant court toujours après le fameux trésor des confédérés, il n’est pas le seul et sa piste sera jonché de cadavres car dans cette course à l’or, tous les coups bas sont bien entendus permis.

Zéro temps mort, même pas pour laisser souffler les bêtes, des balles qui sifflent, des tombes que l’on creuse, un cercueil qui va faire un long voyage, des trahisons, des coups bas, des aides improbables, du whisky, de fausses pistes, de jeu de cache-cache, de chausses-trappes et j’en passe.

Du rythme sans perdre son souffle, un suspense maintenu tout au long de l’album et des surprises en veux-tu en voilà !

Je ne sais pas ce qu’il en est des nouvelles éditions, mais dans l’ancienne, on a beaucoup de couleurs monochromes et des cases coloriées tout dans le même ton, ocre ou bleu gris. Si on a l’habitude, ça ne fait pas de mal aux yeux, mais si on ne l’a pas, on pourrait être surpris.

Cet album met aussi en avant la fièvre de l’or et ce que l’Homme est capable de faire pour en obtenir, devenant fou devant ce métal jaune, prêt à trahir ou à mourir pour lui.

Les auteurs étant impitoyables pour leurs personnages, ça va saigner et on ne comptera plus les morts à la fin de l’odyssée du trésor des Confédérés. C’est sombre, violent et tous les travers de l’Homme sont réunis dans ces pages.

Personne n’en sortira indemne, personne n’en sortira grandi et certains partiront les pieds devants…

Un tournant dans la saga Blueberry, une trilogie qui marque, un peu à l’image du diptyque « L’or de la sierra » dont je vous parlais l’année dernière (Ici et ).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Les Tuniques Bleues – Tome 6 – La Prison de Robertsonville : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 6 – La Prison de Robertsonville

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1975)

Résumé :
Le sergent Chesterfield et le caporal Blutch se sont tirés de bien des situations périlleuses, mais cette fois, ils ont été capturés par les Confédérés.

Direction Robertsonville : la prison dont on ne s’évade pas ! Cette appellation menaçante n’est pas pour décourager nos deux Yankees.

Ils mettront tout en œuvre pour s’enfuir, allant jusqu’à enfiler des uniformes sudistes pour échapper à la vigilance des gardes.

Ce qui n’est peut-être pas la meilleure idée pour parvenir aux lignes nordistes sans y laisser sa peau… !

Critique :
Cet album fait partie de mes préférés car l’humour de situation est omniprésent et les multiples tentatives d’évasion de Blutch et Chesterfield sont toutes plus cocasses les unes que les autres.

Le côté épuré du trait de Lambil me plait bien aussi, ses chevaux sont moins large du poitrail et le sergent moins gras du bide.

C’étaient aussi les premiers traits de Lambil qui venait de reprendre la série suite au décès de Salvérius.

Évidemment, étant gosse, je me marrais bien en lisant cet album, sans savoir que cette prison existait réellement, mais sous le nom d’Andersonville et où les conditions de vie étaient bien pires que celles décrites dans l’album.

De plus, celui qui me faisait le plus rire aussi était un personnage secondaire réussi : le fameux Cancrelat, qui portait bien son nom, et qui est à lui tout seul un concentré d’énergie maléfique, plus bête que méchant, sorte de Joe Dalton en taille normale et ne rêvant que de faire la peau à nos deux Nordistes préférés.

Des années plus tard, devenue adulte (si, si), je me marre toujours en lisant cet album car les auteurs sont arrivés à nous présenter les dures conditions de vie de prisonniers (privations, conditions de travail horribles, épuisement, rationnement, punitions,…) de manière épurées, sans sombrer dans le pathos (nous sommes dans une série humoristique) et toujours amusante, comme le fait de creuser un tunnel pour s’évader avec les dents.

— D’après les rares types qui ont pu s’en évader, il paraîtrait que c ‘est un trou infect ! Rien à manger. Un boulot à vous rendre dingue et trois heures de sommeil par nuit ! Des vacances quoi… 

Non seulement on se marre avec les tentatives d’évasion de nos deux compères et leurs multiples retour à la case départ, mais en plus leur inventivité est sans limites, sans bornes et le chef du camp aura bien du mal avec nos des énergumènes qui, pour une fois, travailleront de concert.

— Eh, Cancrelat ! J’ai comme l’impression que le lieutenant a attrapé un coup de sang ! Il pleure comme une madeleine et refuse de sortir de son trou ! …

Rythmé, sans temps morts, bourré d’énergie pour s’enfuir, de quiproquo une fois évadés (je ne spolie pas, s’ils ne s’étaient pas évadés, la série se serait arrêtée là !), rempli de bons mots et de traits d’esprits, cet album, c’est de l’humour concentré, un duo au meilleur de sa forme qui nous prouve, une fois de plus, qu’ils ne peuvent se passer l’une de l’autre, même s’ils se détestent et que l’un ne rêve que de désertion.

Je suis revenu, j’ai vu mais je n’ai pas pu.
Cessez donc de faire de l’esprit espèce de bougre d’âne et dites-moi plutôt pourquoi vous êtes revenu ?
Qu’est-ce que vous feriez sans moi sergent ?

Un album que je vous invite à découvrir et, si c’est déjà fait, à relire juste pour le plaisir car il fait partie du temps où Les Tuniques Bleues ne manquaient pas de fraicheur, d’inventivité, de rythme, de scénarios intéressants, amusants…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Durango – Tome 14 – Un pas vers l’enfer : Yves Swolfs & Thierry Girod

Titre : Durango – Tome 14 – Un pas vers l’enfer

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (25/04/2006)

Résumé :
Durango pensait bien avoir trouvé le havre de paix et d’amour tant espéré. Jusqu’au jour où la violence et l’injustice sont venues le frapper dans sa chair. La vengeance est donc de nouveau à l’ordre du jour.

Endossant son costume de justicier, il va joindre l’utile à l’agréable en défendant la veuve et l’orphelin tout en réglant ses comptes. Le pacificateur est de retour.

Huit ans d’absence pour une des meilleures adaptations de western spaghetti c’est long. Donc très attendu était ce 14e album de Durango par les inconditionnels du genre. Nouvel éditeur, nouvelle maquette et surtout nouveau dessinateur.

Yves Swolfs, en confiant son héros à Thierry Girod, n’est pas tombé sur le dernier-né.

Critique :
Punaise, 8 ans, c’était long ! 8 ans qu’on avait abandonné notre tireur aux beaux yeux après la traque du terrible Louie Holledigger et on se doutait qu’il était retourné à Nortonville auprès de la belle Celia, l’héritière.

Mais qu’est-ce qu’il fout, notre Durango, à envoyer un homme prendre les chevaux des 3 sales gueules, ces 3 cow-boys aux mines patibulaires qui se rinçaient le gosier au saloon ?

♫ Bang Bang ♪ He shot me down ♫
♫ Bang Bang ♪ I hit the ground ♪

Une fois de plus, le Mauser a parlé et de sa gueule est sortie les pruneaux qui ont définitivement constipés à jamais les trois sales gueules. Mais avant, il en fait parler un et il lui donne le nom du commanditaire d’un incendie dont nous n’en saurons pas plus : Lance Armstrong ! Non… Harlan Coben ! Oups, désolé, Lance Harlan.

Cet album était attendu au tournant, cela fait déjà quelques années qu’il est dans ma biblio et j’ai eu le temps de le lire moult et moult fois.

Commençons par ce qui me démange et que je vais grattouiller un petit peu : Swolfs a confié les dessins à Girod, celui qui dessine « Wanted » et même si leur style sont similaires, je suis désolée, mais on a perdu au change parce que je préférais le dessin de Swolfs, plus fin, plus précis, que celui de Girod (que je n’aime déjà pas trop dans Wanted).

La mise en page est excellente, le choix des plans aussi, mais le trait, je le trouve épais, grossier et on a perdu ses tonalités d’ocres, ces tons chauds qui donnaient une de ces ambiance à la série quand notre tueur à la gâchette facile se trouvait dans un endroit chaud (dans la neige, on passait à d’autres tons, mais je les aimais aussi).

Deuxième truc qui me dérange encore un peu, c’est le fait que Durango ne soit là que pour une vengence et avec lui, ce ne sera pas de la vengeance raffinée à la Monte-Cristo, mais plus de celle à la « viens ici que je te farcisse de plomb » et avec lui, la fin justifie les moyens, donc, les autres, il s’en branle allégrement.

Non pas que l’album ne soit pas bon, mais j’aurais préféré un scénario avec un peu plus de finesse pour son grand retour que l’habituel vengeance et que les méchants soient un peu plus travaillés et pas rien que des hommes de main juste là pour acheter les mines à tout prix, quitte à intimider, menacer, foutre le bordel et tuer.

Lance Harlan manque d’épaisseur, de travail, c’est la brute qui exécute les ordres, l’homme de main d’un autre, celui qui n’a pas peur de se salir les mains. Un peu de nuance l’aurait rendu plus intéressant.

Un tome fort attendu mais qui ne me donne pas autant de plaisir que les premiers, l’histoire semble se mordre la queue et je n’aime pas trop mon Durango dessiné par Girod.

Malgré ces bémols, j’avais tout de même été contente de retrouver mon héros solitaire, mon lonesome tueur préféré dans ce qui reste une excellente série de western spaghetti.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Lucky Luke – Tome 20 – Billy the Kid : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 20 – Billy the Kid

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
Dans cet album, les auteurs reprennent le personnage de Billy the Kid, bandit notoire, né en 1859 et mort à 21 ans.

En fait, ils reprennent surtout son nom et jouent sur son surnom (kid signifie gamin en anglais) pour en faire un personnage de sale gosse.

La véritable histoire de Billy the Kid n’est abordée à aucun moment dans l’album.

En braquant sa première diligence à cinq ans, Billy the Kid commence son impressionnante carrière de bandit. Il s’installe à Fort Weakling où il terrorise la population.

Lucky Luke arrive à Fort Weakling, étonné que la rue soit aussi déserte. Il est ensuite bizarrement accueilli par le directeur de l’hôtel. Puis il fait la connaissance de Billy the Kid qui, drôlement, sympathise avec lui et l’invite à boire du chocolat chaud au saloon.

Critique :
Si vous voulez briller au prochain repas de famille ou à la machine à café, évitez de leur raconter cette aventure de Lucky Luke car elle n’est pas à prendre pour argent comptant : le célèbre desperado dont il est question ici, Billy The Kid, n’est pas canonique !

Ce n’est pas la première fois que les auteurs font entrer des personnages réels dans les aventures de leur lonesome cow-boy, mais ici, ils prennent des grosses libertés en faisant de Billy un sale gamin méritant une grosse fessée.

Évidemment, c’est bien plus drôle ainsi.

Les situations cocasses ne manquent pas et comme la ville où Billy a élu domicile est peuplée de couards de la pire espèce, tout le monde fait moult courbettes devant le sale gamin, lui donne l’argent de la banque, de la diligence, le tout sans qu’il ait besoin de tirer un coup de feu où qu’une victime porte plainte.

Terrorisés qu’il sont, les habitants de Fort Weakling (weakling qui veut dire « faible ») et ce n’est pas la venue du célèbre cow-boy tirant plus vite que son ombre qui va les rendre plus courageux ! Courage, laissons-nous faire et ne nous plaignons pas.

L’album est drôle du fait de Billy, le sale gosse qui ne sait pas lire, qui aime les histoires de princesses, mais sans méchantes sorcières, sinon il cauchemarde ! Billy, qui boit du chocolat chaud, pique des crises et mange des caramels.

Oui, Billy est un gamin en pleine crise d’adolescence, un enfant à qui on a passé tous les caprices, qui a braqué une diligence à pas d’âge et a juste été privé de dessert.

Même Lucky Luke n’arrive pas à en venir à bout tant ce gamin est insolent, lui qui voit le cow-boy comme un type qui le fait rire et tant la population lui fait ses quatre volontés sans broncher.

Si le dessin de Morris est excellent, l’album ne brille pas par les jeux de mots de Goscinny et on le dirait même aux abonnés absents tant on ne « sent » pas sa plume dans cet album, ce qui ne retire rien au fait que je l’apprécie, mais il manque son grain de sel, son groin de folie.

Le scénario reste excellent de par son déroulement et de par la stratégie adoptée par Lucky Luke pour venir à bout de ce sale môme qui n’a pas volé la fessée donnée en couverture, quoiqu’en dise les brillants penseurs qui l’ont consacrée au rang de torture pour enfant (alors que les adultes amateurs de sado-maso l’ont érigée en chose sensuelle).

Je viens d’apprendre qu’une fois de plus, la censure était passée par là dans la case de départ où l’on voit Billy téter le canon d’un revolver, ce qui, à l’époque, avait été jugé inappropriée par ces messieurs de la censure.

Un tome plaisant mais pas du niveau de certains, malgré tout, j’ai de la tendresse pour cet album, et cela, ça ne s’explique pas mais ça me rend sans doute plus indulgente.

J’y vois aussi un reflet de notre société où l’enfant-roi ne doit jamais être contrarié, ni stoppé dans ses bêtises, jamais grondé, et où même les adultes (politiciens) ne sont presque jamais punis pour leur fautes, aussi grosses soient-elles.

J’vous jure, il y a des fessées qui se perde !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).