Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K : Jijé & Lob

Titre : Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K

Scénariste : Jacques Lob
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1986)

Résumé :
Un soir de pluie torrentielle. Jerry et Sancho sont hébergés chez une famille de paysans noirs.

La nuit, une attaque est organisée par des cavaliers vêtus de blanc, porteurs de cagoules. L’intervention armée de nos amis les surprennent et ils sont mis en fuite.

Qui sont ces hommes qui en veulent aux populations noires du comté?…

En ville, Jerry et Sancho mènent leur enquête; ce qui a le don « d’ennuyer » certains édiles locaux.

Un adjoint du shérif, pourtant, veux les aider. Il leur raconte l’histoire du Ku-Klux-Klan, les expéditions punitives contre les anciens esclaves, les maisons brûlées, les tortures et les lynchages.

Critique :
Il fallait bien qu’un jour il les affronte, ces encagoulés qui terrorisaient les Noirs : le Ku-Klux-Klan.

Il pleut à verse et nos deux amis frappent à la porte d’un petite masure et demande l’hospitalité.

Le couple qui y habite semble terrorisé et on comprendra pourquoi en plein milieu de la nuit lorsque surgiront, au galop, non pas Zorro mais le K.K.K

C’est à un sacré morceau que Jerry et Pancho vont s’attaquer car sous les cagoules, ce n’est pas la plage, mais souvent des notables…

La ville n’apprécie pas tant que ça les personnes de couleurs et qu’un candidat aux élections pour le poste de maire veuille leur donner le droit de vote, ça leur fait avaler leur whisky de travers.

Les dessins sont sombres, tout comme l’ambiance de cet album, mais pourtant, il est bon, même s’il se contentera de survoler le problème puisque avec l’aide de Jerry, tout s’arrange toujours, ce qui n’est pas le cas IRL.

Véritable enquête dans les hautes sphères, enquête qui dérange, enquête hautement dangereuse pour la santé, Jerry Spring va se transformer, une fois de plus, en enquêteur démêlant patiemment la bobine de laine afin de mettre à jour le vrai visage des encagoulés et ramener un peu de sérénité sur la ville.

Un bel album avec un scénario correct, étayé, bourré de suspense et de mystère, d’aventures, de pièges, de pluie, de croix en feu et d’Hommes Blancs tout puissants face au pauvre Homme Noir qui n’avait aucun pouvoir, sauf celui de fuir et de se taire, bien entendu.

Qui a chantonné ♫ non, non, rien n’a changé ♪ ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°86 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Jerry Spring- Tome 08 – Les 3 barbus de Sonoyta : Jijé

Titre : Jerry Spring- Tome 08 – Les 3 barbus de Sonoyta

Scénariste : Jean Acquaviva
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Les Trois Barbus de Sonoyta est la onzième histoire de la série Jerry Spring de Jijé. Elle est publiée pour la première fois du n°1012 au n°1032 du journal Spirou. Puis est publiée sous forme d’album en 1959.

Critique :
Lorsqu’un petit vieux barbu trouve un sac vide ayant contenu l’argent d’un gros braquage et qu’il le récupère pour y mettre ses tartines, il ne se doute pas un instant que ce recyclage va l’entraîner, lui et ses deux vieux potes barbus dans une histoire de fou !

Chico El Matador n’est pas une célèbre marque de café ou le titre d’un dessin animé.

Non, c’est le nom d’un terrible bandit dont on n’a jamais retrouvé le fric de la banque qu’il braqua… Ennuyeux tout ce pognon perdu que tout le monde aimerait trouver dans le Canyon de la Muerte (ou partout ailleurs).

Si les dessins de Jiji semblent un peu brouillons dans ce huitième tome, je l’apprécie pour son humour, surtout pour ces trois petits vieux barbus (Jeremiah McCoy, Slim Jones et Tom Patterson) qui se chamaillent tout le temps sous le regard attendrit de Lola, la nièce de l’un d’entre eux.

Cette affaire du sac de la banque vide va mener tout ce petit monde dans une aventure avec un grand A et il faudra à Jerry toutes ses petites cellules grises et une enquête menée tambour battant pour trouver le méchant qui tirait les ficelles de tout ça.

Sans révolutionner le genre, ce tome est agréable à lire, on ne s’y embête pas, ça part dans tous les sens, c’est bourré de fausses pistes, de mystères, de suspense, de pauvre banquier assoiffé d’alcool et de vieux barbus bougons aussi.

Toujours un plaisir de le relire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°75 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1957 / 1986)

Résumé :
Sur le territoire des Indiens Utes, une famille de pionniers est massacrée. Jerry Spring et Pancho découvrent les corps criblés de flèches et préviennent le shérif de la ville voisine.

Tous trois se rendent à la réserve indienne pour enquêter, mais le chef Long-Cri leur certifie que les Utes ont définitivement enterré la hache de guerre et que ses guerriers n’ont attaqué aucun visage pâle depuis des années.

Le shérif est sceptique, tout comme ses concitoyens qui souhaitent organiser des représailles et parlent de « casser de l’Indien » comme au bon vieux temps, avant la signature des traités et la création de la réserve.

Lorsqu’une nouvelle victime est découverte, blessée d’une flèche dans le dos, le shérif propose d’organiser une patrouille pour battre la campagne, à la recherche des assassins.

Critique :
Avant, lorsque tu passais la Passe des Indiens, tu y trépassais car ces derniers transformaient tout les Blancs en pelote d’épingles, mais avec des flèches au lieu d’épingles.

Ça fait beaucoup plus mal et bien souvent, ça tuait catégoriquement.

Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça. Tout est pacifié, on a fumé le calumet de la paix et c’est terminé de flécher les colons.

Ah ben tiens, non… Apparemment, les Indiens ont ressorti les flèches et ce n’est pas pour vous indiquer le meilleure route à suivre, sauf si c’est celle du paradis…

Mais dites-moi, ça ne puerait pas un peu, cette histoire de gens criblés de flèches ?? N’y aurait-il pas, un jour, un sale moustachu qui aurait fait de même, habillant ses soldats allemands en soldats polonais pour attaquer des allemands ?

D’accord, c’était bien après ces événements, mais le truc est vieux comme le monde, toujours d’actualité et il a beau avoir de la barbe tant il est éculé, ça marche toujours, les gens étant prompt à sauter sur l’occasion de casser de l’Indien en guise de vengeance, ou juste pour le plaisir d’en casser.

EDIT : vous pouvez remplacer le mot « Indien » par celui d’un autre peuple, religion, gens du voyage… ça marche à tous les coups.

Au moment où j’écrivais cette phrase, les Poppies se sont mis à chanter dans ma tête que ♫ Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué, héhé ♪

À défaut d’Amérindiens, de nos jours, on s’attaque à d’autres, comme je vous le disais plus haut (il faut enfoncer le clou pour ceux qui n’auraient pas compris ou ne voudrait pas comprendre qu’on se fait encore berner à l’heure actuelle).

Dormez-en paix, braves gens, Jerry Spring est là pour résoudre cette affaire et fesser les vilains Méchants, même si sa tâche ne sera pas facile, toute la ville ayant envie d’aller tirer sur des Indiens comme d’autres iraient tirer aux pigeons d’argile.

Le scénario nous plonge dans le racisme primaire, dans la peur des autres, plus précisément, de l’autre et l’auteur ne tombe pas dans le piège de ne mettre les échauffés du cerveau uniquement chez les Blancs car les jeunes guerriers de Long-Cri veulent aussi venger leur honneur et ne pas se laisser faire une fois de plus.

L’auteur en profite aussi pour quelques tacles assassins sur les traités jamais respectés par l’Homme Blanc, par le fait qu’il laisse crever les Indiens de faim sur leurs réserves et que ces derniers ne peuvent même plus chasser pour subvenir à leurs besoins.

Jerry Spring, tel un Sherlock Holmes juché sur son cheval, va démêler ce sac de nœud, faire face à des lâches qui attaquent dans le dos (des deux côtés), de ceux qui ont le cerveau bouillonnant et  une multitude de personnes qui ont envie d’en découdre avec ceux d’en face.

Un scénario avec de la recherche, de la profondeur et un Sancho Watson très perspicace et observateur.

Un bon tome que celui-ci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°65, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Sonora – Tome 2 – Lola Montez : Jean-Pierre Pécau & Benoît Dellac

Titre : Sonora – Tome 2 – Lola Montez

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac

Édition : Delcourt Néopolis (31/01/2018)

Résumé :
Après l’assassinat d’un mineur chilien, le général de Freney pousse les mineurs à se débarrasser des Hounds et rétablir enfin la sécurité dans les placers. Mais son but est ailleurs et il est vraiment prêt à tout pour arriver à ses fins.

Devenu Alcade, et toujours assoiffé de vengeance, Max va devoir naviguer à vue entre ses intérêts et ceux de son employeur, sa vengeance… et ce que lui dictera son coeur.

Critique :
L’Histoire est un éternel recommencement et ceux qui fustigeaient les comportements des uns, s’empressent toujours de faire comme ceux qu’ils vilipendaient avant de les chasser. Un clou chasse l’autre et notre Maximilien Bonnot a tout du marteau.

1850. Nos mineurs français grognent, la Californie vient d’être nommée 31ème états des États-Unis et le mot « impôt » les fait grimper au mur.

Pourtant, ces gens creusent sur une terre qui n’est pas la leur et n’apprécieraient qu’on vienne creuser dans leur jardin… Mais ce qu’on aime pas que l’on fasse chez nous, on le fait chez les autres.

La politique et toujours la politique, c’est le maître mot de cet album, avec l’élite au pouvoir et les damnés de la terre qui, tout comme Tuco dans « Le bon, la brute et le truand », creusent car c’est une élite qui a le pouvoir (et des revolvers chargés).

N’oublions pas, dans ce tableau qui n’a rien de socialiste, la vengeance que Max (Maximilien Bonnot) voudrait assouvir sur l’homme qui lui  a fait vivre l’enfer durant la révolution française de 1848. Il connait son nom, mais pas sa gueule et un nom, ça se change.

Heureusement que la belle Lola n’a pas que des charmes de chair mais aussi un petit talent d’enquêtrice… Elle va lui trouver, le nouveau nom.

Dans ce deuxième et avant-dernier album, tout le monde évolue : Tortillard devient un porte-flingue fou, sans pitié, loin du gamin sages des premières pages, Lola nous montre ses charmes (oups, elle ne change pas), Max se rend compte que ceux qui ont chassé les Hounds qui faisaient vivre l’enfer aux placers, sont devenus comme eux, le général de Freney a des encore plus hautes ambitions qu’avant et les mineurs français pensent qu’après avoir foutu la raclée aux soldats américains, ceux-ci n’y reviendront plus.

Les dessins sont toujours dans les tons chauds, bien esquissés, sauf parfois les têtes des chevaux, on évolue dans le scénario, on change aussi de place puisque nos amis vont quitter la Californie pour le Sonora et la politique fait une entrée tonitruante dans le récit. Elle n’est jamais bien loin, elle.

On a du rythme, de l’action, de la violence, de l’Histoire, des gens qui rêvaient d’un monde meilleur, d’un monde plus juste et qui ont trouvé pire que ce qu’ils ont quitté en France.

La fameux Monde Libre n’est pas aussi libre qu’on le pense… D’ailleurs, il est né sur des vols, des spoliations, des massacres, des guerres et ses nouveaux habitants ne sont jamais que des Hommes qui ont quitté leurs pays respectifs, de gré ou forcé (Europe, Asie, Afrique).

Au final, que l’on soit miséreux aux States ou en France, on se fait toujours exploiter par les autres, ceux d’en haut et ce sont toujours les petits qui pâtissent en cas de coups durs, pas le puissant en haut de son trône, caché derrière ses sbires qui ont tout d’assassins patentés.

On veut la Liberté pour soi, pas pour les autres, en ce qui concerne l’Égalité, si on n’est pas dans les Hauts du Tiroir, on la revendique, mais si on est en Haut, l’Égalité, on s’en branle…

Pour la Fraternité, on repassera car si on veut être accueilli correctement ailleurs, nous sommes de piètres hébergeurs, tout le contraire de Nausicaa, celle qui vêtit et nourri le naufragé que fut Ulysse.

Un très bon tome que j’avais lu début d’année mais pas encore chroniqué. Le relire m’a fait du bien, cela permet toujours de se remettre les faits en place et quand la bédé est bonne, pourquoi s’en priver ?

Dommage que le tome 3 clôtura la série car il y avait encore moyen d’aller plus loin, d’explorer plus le coeur des gens, leurs rêves, leurs utopies, leurs idéalismes et de nous montrer que tout cela, c’est du vent et que les politiciens feront vite retomber le soufflé de l’espoir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°62, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne : Jijé & Philip

Titre : Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne

Scénariste : Philip
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1987)

Résumé :
Pas de chance, Jerry et Pancho… Ils se sont fait voler leurs montures et leurs armes dans un petit désert près de Puerto Penasco, au Mexique.

Sauvés de la mort certaine par un « peone » de passage, conduits en ville, ils retrouvent les auteurs.

Désarmés, ils parviennent à régler leurs comptes grâce à l’aide d’une jeune femme qui les engage pour une mission : ravitailler un camps de prospecteurs dirigé par son mari.

Le voyage dure plusieurs jours. Mais le lourd chariot bâché attise la convoitise d’un parti d’Apaches. L’attaque est lancée.

Critique :
Une fois de plus, on demande à Jerry Spring de transporter de la marchandise, mais ce ne sont pas des machines à coudre (voir Trafic d’armes) mais du ravitaillement pour un camp de prospecteur.

Pancho et Jerry seront accompagnés par l’épouse du prospecteur, la belle señora Juanita Muños pour un voyage qui ne sera pas de tout repos.

Pas le temps de souffler, dans cet album aux multiples rebondissements et bourré de bons sentiments et de mise en garde pour le brave lecteur.

L’esclavage, ce n’est pas bien, la cupidité non plus, les Indiens sont des Humains comme les autres et même s’ils t’attaquent dans le but de te tuer, si tu gagnes, tu les laisse reprendre leurs blessés et tu laisses aussi la vie sauve aux deux salopards qui t’ont dépouillé dans le désert au début de l’album et qui ont tenté de te tuer ensuite.

Jerry Spring, c’est un boy-scout. Parfois même un peu trop à mon goût, trop lisse, trop gentil, trop vas-en-paix, mon ennemi.

Si dans les Lucky-Luke ça passe mieux, c’est surtout parce que l’homme qui tire plus vite que son ombre appartient au registre « comique » là où Jerry Spring s’inscrit plus dans un registre réaliste (déjà de par ses dessins) et par des méchants plus sérieusement méchants que ceux de l’univers de Morris.

Ici, on peut mourir ! Pas les gentils, mais les vilains, oui. Bon, Jerry a été gentil avec les Indiens qui voulaient les tuer et capturer la sqaw blanche, mais le fait d’avoir épargné les blessés sera payant. On est dans de la bédé.

Là où on sent le côté moralisateur, c’est dans le final où tous les prospecteurs d’or, en fuite, se battront pour leur paquet de poudre jaune. L’album étant sorti en 1987, la censure a dû moins tiquer qu’elle ne l’aurait fait 20 ans plus tôt et je ne pense pas qu’elle ait demandé à Jijé de changer son final horrible comme Mitaq dû le faire avec un de ses albums (La patrouille des Castors – Tome 7 – Le Secret des monts tabou).

Moralisateur, affreux, mais réaliste quand on connait l’Humain et sa cupidité légendaire, sans oublier tout ce qu’on est capable de faire pour de l’or. Ou pour des pots de Nutella… Même si on n’en arrive pas à cette extrémité là.

Un album correct, pas d’ennui en vue, du rythme, de l’action, des retournements de situations, des aventures comme il ne nous en arriverait pas en 10 vies et un Jerry Spring au faîte de sa forme. Pancho aussi.

PS : au début de l’album, nos amis se sont fait voler leur affaire et errent dans le désert, sous le soleil. Jerry Spring n’a pas son beau et fier destrier, Ruby. Bizarre qu’un homme ait pu voler son cheval, dans tous les autres albums, c’est impossible. Sauvés, ils retrouvent les voleurs et exigent, en priorité, leurs armes… Pas leurs chevaux (Ruby et Chiquito) ? Bon, ils récupèrent leurs affaires, on ne parle pas des chevaux et quelques jours plus tard, Jerry a son fidèle Ruby à ses côtés… Il y a eu une ellipse faramineuse, là ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°61, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1965 / 1980)

Résumé :
La cavalerie manquant de chevaux, le commandant du fort charge Jerry Spring et un certain Jim Barret d’aller capturer des chevaux sauvages dans le Montana et le Wyoming.

« Les Broncos du Montana » est la dix-septième histoire de la série Jerry Spring de Jijé. Elle est publiée pour la première fois du no 1322 au no 1343 du journal Spirou. Puis est publiée sous forme d’album en 1965.

Critique :
Jerry Spring est un homme courageux, loyal, non raciste, qui ne connait pas la haine, ni l’envie, ni la jalousie, qui est intègre et qui n’a qu’une parole.

Alors, quand il s’engage auprès du commandant du fort à prospecter les chevaux sauvages au Wyoming et à laisser le Montana à Jim Barret, il n’a qu’une seule parole et n’ira pas tenter de capturer les chevaux sauvages au Montana, même si c’est là qu’ils sont.

Pas de bol, sans le savoir, c’est son ami Pancho qui trahira la parole faite par Jerry à ce mal élevé de Barret car notre gros moustachu préféré va aller chasser les hardes de broncos avec les Dakotas.

Ce que j’apprécie dans ce tome et dans les autres de la saga, ce sont avant tout les dessins, très réalistes, avec des chevaux bien esquissés.

Évidemment, ici, les Méchants sont des vilains pas beaux et finissent toujours mal, alors que les gentils, eux, gagnent toujours, sont pétries de bons sentiments et de toutes les vertus.

Malgré ça, j’apprécie toujours relire ma collection de Jerry Spring parce que ça fait du bien de voir un univers où le méchant perd et le gentil gagne. Où certaines personnes n’ont qu’une parole, sont sans haine, sans animosité, respectant les autres peuples et leurs coutumes.

On a de l’action, une chasse au cheval sauvage, des Indiens mis en évidence, mais pas dans le mauvais rôle, car c’est plutôt le Visage-Pâle qui est montré sous son mauvais jour, qui est aussi celui de tous les jours, sans forcer le trait.

On pourrait penser que ça a mal vieilli, une personne qui découvrirait la collection de nos jours le penserait sans doute, mais de mon côté, je trouve que non, même si la saga ne correspond plus à la réalité que l’on mettrait en scène de nos jours.

N’oublions pas que cette série passait dans le journal Spirou et que Monsieur Dupuis, le directeur de la maison d’édition et de l’hebdo, était plus catho que le pape. En ce temps-là, il ne fallait pas troubler les lecteurs.

Ça reste de bonne facture et ça fait du bien au cerveau quand il est surchargé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°56, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 03 – Lune d’argent : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 03 – Lune d’argent

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1956)

Résumé :
En mauvaise posture Jerry… six ans plus tôt, une gamine a été enlevée lors d’un raid des Kiowas.

A la demande de son grand-père, Jerry parcourt le territoire de cette nation dans le but de retrouver celle qui avait pour nom Daphné Elliott.

Pas de chance Jerry, car, déguisé en colporteur il est tombé sur un parti de guerriers qui, en plus de lui voler sa marchandises, veulent également lui faire la peau.

Entravé au sol il ne doit son salut qu’à l’intervention inopinée de Pancho.

En fuite tous deux, pourchassés par la meute rouge, ils se dirigent vers le territoire des Dakotas car Jerry n’a pas oublié sa mission.

Critique :
Les Jerry Spring ont souvent un ton assez moralisateur et celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Normal, cette série était destinée à la jeunesse et il fallait que tout soit propre et que tout se termine bien, sinon, panpan cucul la censure !

Et panpan cucul Monsieur Dupuis aussi car les aventures de Jerry Spring étaient destinées aussi aux jeunes lecteurs de l’hebdo Spirou.

Mais je ne vais pas bouder mon plaisir, Jerry Spring a enchanté mes lectures jeunesses (piqués dans la biblio de papa) et si j’ai toute la collection, c’est que, dans le fond, j’apprécie la série.

Elle vieillit mal, par contre. Ce qui passait lorsque j’avais 12 ans et même 15, passe moins bien une fois la trentaine dépassée. Le côté naïve romantique est loin, je travaille, j’ai voté mainte et mainte fois et je me suis fait les dents sur ma déclaration d’impôts.

Anybref, je ne suis plus une oie blanche qui est contente que tout se termine bien et surtout, aussi facilement !

Putain, sa mère, comment Jerry et Pancho ont niqué les Dakotas ! Pfouit, ni vu, ni connu, j’t’embrouille ! Et évidemment, ils ne sont pas fait rattraper par les guerriers Rouges dont un devait être plus vénère que ses frères puisqu’on lui soustrayait sa fiancée, Lune d’Argent, cette jeune fille Blanche enlevée il y a 6 ans par les Indiens.

Daphne Eliott pour son richissime oncle bienveillant. Hé oui, tout le monde n’a pas les moyens de retrouver les siens enlevés par les Indiens… Ni Jerry Spring sous la main. Ni une jeune fille qui, après avoir passé 6 ans chez les Indiens, semble se réadapter tout de suite à la vie des Blancs… Heu… Pas réaliste.

Une autre chose qui me chagrine, c’est que, pourvu de grosses cases, cet album ne fait pas l’éloge de la ligne claire : les traits sont épais, peu détaillés et les paysages ne sont corrects que lorsque notre dessinateur ne nous propose pas des gros plans sur les personnages. Même au niveau des couleurs, j’ai déjà vu mieux.

Avec juste trois bandes par page, on dirait que l’auteur/dessinateur n’a rien trouvé d’autre comme solution pour remplir un album de 46 pages.

Jijé, tu ne m’entends plus, mais bon sang, tu aurais pu étoffer un peu ton histoire, lui donner un peu plus de profondeur et ne pas résoudre tout par des deus ex machina.

On tourne en rond au départ et puis, miracle, on tombe sur la jeune fille enlevée qui, toujours un miracle, parle encore l’anglais !

Miracle de nouveau, on arrive à la soustraire aux Indiens et elle fait même preuve d’intelligence en faisant en sorte de nous donner une nuit et un peu plus avant que ses Frères Rouges ne s’inquiètent de son non-retour.

Pourtant, il y a du bon, sans cette série et notamment le fait que les Indiens ne soient pas présentés comme des êtres assoiffés de guerre, de pillage, de viols mais soient des êtres Humains comme les autres, avec leurs défauts, leurs qualités, leurs prises de conscience et leur évolution dans l’histoire, comme le fit Tête Folle, le fils de chef chez les Kiowas.

Pas le meilleur album de Jerry Spring, un scénario qui semble être étiré pour faire 46 pages alors qu’on a un final précipité et une sacrée ellipse entre le moment où Jerry qui Pancho en canoë et le moment où il le retrouve, à la plantation du riche type. Allez, en quelques lignes on explique tout et hop, terminé, merci, au revoir.

On pouvait faire mieux, bien mieux… Mais c’est trop tard.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°54, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 45 – Émeutes à New York : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 45 – Émeutes à New York

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (2002)

Résumé :
Quand l’armée manque de bras et que les volontaires ont cessé de se bousculer au portillon pour finir en chair à canon, que reste-t-il pour repeupler les rangs ? La conscription !

Mais un peu partout dans le pays, la révolte gronde face à cette démarche injuste et impopulaire. Afin de ramener le calme, les Bleus sont envoyés en renfort pour superviser les opérations, à New York.

Mais quand les plus riches achètent au détriment des plus pauvres la liberté de ne pas faire la guerre, excédés, les conscrits prennent les armes. Sus aux bourgeois ! Sus à l’armée ! Il est temps pour nos deux amis de changer de camp, s’ils veulent finir cette aventure vivants…

Critique :
Pas besoin d’avoir fait West Point (célèbre académie militaire) pour savoir qu’une guerre est énergivore en argent mais surtout en vies humaines… Dont la matière première : les soldats !

Et les Américains n’ont pas envie d’aller à la souscription, pas envie de faire la guerre, pas envie de mourir et sont en colère contre le système de tirage au sort, surtout par le fait qu’avec 300$, on peut y échapper.

Autrement dit, seuls les riches peuvent échapper au carnage et y faire échapper leurs enfants.

La colère et la révolte gronde… Les gens sont mécontents, haineux…

♫ Il suffira d’une étincelle, D’un rien, d’un geste ♪ Il suffira d’une étincelle […] Allumer le feu ♫ Et faire danser les diables et les dieux […] Se libérer de nos chaînes, Lâcher le lion dans l’arène ♪

Et l’étincelle a eu lieu et le feu a pris. C’est une révolution ? Non, sergent Chesterfield, c’est une révolte… Et vaudrait pas mieux traîner en uniforme de l’armée !

Une fois de plus, le sergent Chesterfield manquera d’intelligence et d’esprit, sans le caporal Blutch, il aurait fini taillé en pièces détachées.

Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait et dans cette excellente aventure, Chesterfield sera plus con que con. Heureusement que le caporal Blutch compense et qu’il a de la suite dans les idées, lui.

Beaucoup de tensions dans cet album qui quitte les champs de bataille pour nous plonger dans le New-York de la guerre de Sécession, au moment d’une conscription et qui va nous faire vivre les émeutes de l’intérieur puisque nos deux amis vont se retrouver, sans le vouloir, parmi les émeutiers et obligés de faire pareil pour ne pas se faire repérer.

L’épisode de l’incendie de l’orphelinat Noir, Michael Mention en avait parlé dans « Manhattan Chaos » mais puisque cet album ne concerne que cette émeute là, nous aurons aussi, pêle-mêle,  des exactions contre les Noirs, les journaux, les commerçants, les églises, les bourgeois, bref, tout ce qui peut être rendu responsable de cette guerre puisque les véritables responsables ne sont pas sur place pour se prendre une volée de bois vert.

On ne le dit pas dans l’album, mais ce qui pourrait être pris pour du racisme envers les Noirs n’était en fait que de la peur de perdre son job ou de ne plus en trouver. En effet, de nombreux immigrants voyaient, dans les esclaves Noirs affranchis, des concurrents pour décrocher le peu d’emploi disponible.

De plus, les émeutiers considéraient les Noirs comme les responsables de cette guerre entre le Nord et le Sud, et leur en voulaient aussi pour cette raison.

Anybref, on a des réparties cinglantes, sarcastiques, ironiques et de l’humour, mais moins burlesque que d’habitude, même si, de par son comportement débile, Chesterfield sera l’instigateur de la plupart des gags et se prendra des coups, tel un Vyle Coyote poursuivant le Road Runner.

On rit, mais dans le fond, on a les tripes qui se serrent lorsqu’on voit les journalistes du Times sortir des mitrailleuses Gatling, achetées à l’armée, on a le cœur serré en voyant des commerçants innocents se faire piller et dépouiller, des innocents se faire agresser, violenter…

De l’humour, mais dans le fond, c’est un album assez dur, assez violent et les petits gags qui le parsèment font du bien car cela évite de se trouver face à une aventure à l’atmosphère plombée et lourde suite au comportement des émeutiers qui règlent leur compte avec tout ce qui leur passe sous le nez.

L’intervention de l’armée est aussi un moment fort. Non content d’être englué dans une guerre fratricide, les voilà obligés de tirer sur les leurs, sur des civils qui ont eu le tort de se rebeller contre des décisions injustes, inégales, alors qu’on dit se battre pour l’égalité de tout les citoyens, quelque soit leur couleur de peau.

Être riche a toujours été un truc en plus et cela a toujours permis aux friqués de s’en sortir… Si nous l’étions, nous ne rouspéterions pas.

Un album excellent, de la facture d’un Bull Run, avec un scénario qui ne laisse pas la place aux temps mort et des situations qui, pour une fois, ne se mordent pas la queue en tournant en rond sans savoir dans quelle direction le récit va partir.

— Vous n’allez quand même pas vous mettre à obéir aux ordres du premier imbécile venu !
—  C’est vrai, au début, c’est un peu difficile ! …et puis c’est une question de routine. Regardez, moi, depuis le temps !

Dommage qu’ils ne soient pas tous de cette facture là car on est dans du tout bon.

PS : les émeutes à New-York ont eu lieu du 13 au 16 juillet 1863.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°52 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959 / 1985)

Résumé :
Trois histoires dans cet album :
1. LE RANCH DE LA MALCHANCE : Jerry et Pancho sauvent la passagère d’une diligence attaquée par des bandits.

L’un de ces derniers, blessé, est abattu par un de ses acolytes. La jeune dame –Jane Ellis- arrive de Boston pour reprendre le ranch de son oncle décédé.

La propriété semble fortement intéresser un voisin : Tom Halley.

2. ENQUÊTE À SAN JUAN : Un vieux bâtiment, la nuit, où Jerry a décidé de prendre du repos. Du repos ?..

Il parvient à sauver un homme qui va être lynché par quelques cow-boys qui l’accusent d’un meurtre. L’homme s’enfuit. Le lendemain, Jerry rencontre le shérif des lieux et le met au courant.

3. LE TESTAMENT DE L’ONCLE TOM : Jerry et Pancho découvrent le cadavre d’un indien Navajo. Ce dernier, curieusement loin de son territoire, a été abattu dans le dos. Un morceau d’un pli est retrouvé. Cet indice amène nos amis à Yaqui-Town, chez un certain Mansfield.

Critique :
Jerry Spring est un vieux pote de chevauchée, toute petite déjà, je rêvais de posséder un cheval comme le sien : vif, rapide, intelligent, obéissant, bref, un cheval de cirque au service de son maître.

C’est dans les anciens Spirou de mon père que j’ai découvert cet autre redresseur de torts de l’Ouest qui ne fera jamais d’ombre à Lucky Luke car ici, on a moins d’humour (l’humour est différent).

Niveaux dessins, ceux de Jijé sont plus réalistes que ceux de Morris et pas de gros nez dans cette série, mais bien souvent des personnages aux traits qui se ressemblent, comme ici un régisseur de ranch et le conducteur de la diligence.

Je vous le dis de suite, ce n’est pas le meilleur de la série ! La première investigation va très vite, trop vite même et aurait mérité plus que 16 pages de traitement car « la rapidité nuit à l’efficacité » (vous la ressortirez pour ce que vous voulez, cette citation offerte avec cette chronique).

La seconde aventure a plus d’une enquête, mais elle sera, elle aussi, assez rapide, Jerry Spring ayant sans doute regardé « Il était une fois dans l’Ouest » et compris pourquoi Reiner voulait tant acheter les ranchs des environs, à n’importe quel prix, mais celui de la mort pour qui refusait.

Quant à la dernière, qui met en scène Pancho pour une piste à remonter, elle est tellement courte qu’on se demande s’il ne manque pas des pages ! Limite si on ne nous livre pas l’explication finale en vitesse, parce qu’on va se trouver à court de cases et que on est dans un album de 46 pages.

Franchement, Jerry Spring a beau être bourré de bons sentiments (les gentils triomphent des méchants), se terminer toujours bien pour nos héros (même si Pancho, dans les autres albums, est toujours victime du racisme envers les mexicains), là, on est face à des scénarios faiblards de chez faiblards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°47, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.