Tif et Tondu – Tome 20 – Les Ressuscités : Maurice Tillieux & Will

Titre : Tif et Tondu – Tome 20 – Les Ressuscités

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :
Perdus en pleine Bretagne, accompagnés d’un représentant en savonnette, Tif et Tondu arrivent dans un petit village (Kermez Er Oïc) où ils sont accueillis… plutôt froidement.

La population a peur d’eux, on leur jette des seaux d’eau à la figure, quand on ne les menace pas avec une carabine. Ils trouvent finalement refuge chez une vieille dame, qui leur explique la situation.

Dans ce village, depuis quelques semaines, on a peur des étrangers. Depuis que les morts ne sont plus vraiment morts. En effet, les deux derniers défunts du village ont tendance à se promener la nuit dans les rues.

Critique :
— * Voix de Béatrice de Montmirail* Vous avez mangé du Goscinny ce matin, monsieur Tillieux ? Oui ? C’est très bien, continuez ainsi et apportez votre zeste d’humour à la Gil Jourdan dans les Tif et Tondu. L’humour et les bons mots apportent toujours un petit plus.

Dans le tome 18, nous avions des pendus fantômes ou des fendus pantômes, si on repense au commissaire Juve (Fantômas contre Scotland Yard)…

Et bien, dans le tome 20, nous serons face à des morts qui sortent de la tombe, tel Jésus, même s’ils ne respectent pas toujours les trois jours de délai officiel.

Alors après, on s’étonne que les habitants de ce bled perdu qu’est Kermez Er Oïc, dans le Morbihan, accueillent les étrangers à coups de seaux d’eau ou de carabine.

C’est qu’il s’en passe des choses bizarres au cimetière, la nuit, on voit des ombres passer près des tombes….

Tif, Tondu et Dupont, un représentant en savonnettes, ont trouvé refuge chez une vieille dame du village et elle est catégorique : elle a reconnu les visages de la vieille Kelmaleur et du père Caradec, décédés depuis peu, sur les fantômes.

— Le soir, la lande bretonne a un petit air sinistre, on s’y attend toujours à y voir danser les korrigans et autres farfadets.

Tillieux, le scénariste de talent de la série Gil Jourdan a déployé son humour bien reconnaissable, sortant les bons mots et les situations à répétition, comme le fait de tenter d’assommer, par tous les moyens, une grosse brute épaisse qui a des charançons dans la tête et qui répétera, tout le long de l’aventure que « sont vraiment pas gentils ces gars là » en parlant de nos deux enquêteurs.

— Faut vraiment être méchant pour n’être pas gentil à ce point-là ! Le patron a beau dire que j’ai des charançons dans le haricot, n’empêche que je suis parfaitement capable de comprendre que ces gars-là ne sont pas gentils. Je fais le fantôme, moi, la nuit… Je ne suis pas n’importe qui… Faut être gentil avec moi… Ben tiens !

— La panne ! Une durite sautée. Plus une goutte d’eau. Ça c’est le bouquet ! Une voiture toute neuve !
— Oh, vous savez, la vapeur n’attend pas le nombre d’années.
— Très drôle ! Maintenant, nous serons trois à faire de la marche à pied.
— J’en ai peur, ce n’est pas passant par ici. Le pied est encore la meilleure des mesures à prendre.

Bourré d’action, de mystère, de suspense, ce tome brille aussi par son humour et pas ses situations rocambolesques et le comique de répétition.

Il faut dire que Dupont, le représentant de savonnettes Savon-Net qui rend propre et net, est un personnage à lui tout seul et niveau imbécilités ou jeux de mots foireux, il n’a rien à envier à Tif.

Si ce dernier fera moins l’andouille que d’habitude, ce n’est pas pour cela qu’il sera en retrait, comme il l’était dans le tome 18 (Le roc maudit) et lui aussi aura droit à quelques bons mots savamment placés.

— On n’a jamais assommé un type autant de fois en si peu de temps.
— Je te promets de faire homologuer ce record !

Une bande dessinée que je relis encore et toujours avec le même plaisir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

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Tif et Tondu – Tome 18 – Le Roc maudit : Maurice Tillieux & Will

Titre : Tif et Tondu – Tome 18 – Le Roc maudit

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1972)

Résumé :
Près de Londres, nos deux amis assistent à un cambriolage en pleine rue et, de surcroît, en plein jour.

L’individu a lancé une bombe lacrymogène, puis a fracturé la vitrine d’un bijoutier, avant de s’enfuir avec un butin en diamants d’un montant considérable. Nos deux compères poursuivent l’individu, sans lui laisser gagner un pouce de terrain.

Afin de semer ses poursuivants, le cambrioleur se dirige tout droit vers une falaise et s’élance dans le vide et disparaît.

Le croyant mort, nos deux amis se retrouvent le bec dans l’eau…

De retour en France, ils sont contactés en Normandie par Bartoldi qui est l’ingénieur des phares et balises de Bellefleur… En effet, de curieux événements viennent de se dérouler dans un phare de son secteur. Les gardiens ont été retrouvés pendus, puis ont disparus …

Tout cela est suffisamment étrange pour qu’on fasse appel aux services de Tif et Tondu…

Critique :
La première fois que j’ai lu cet album, c’était à Noël 1984.

Comment puis-je être aussi précise ? Ma grand-mère notait toujours l’occasion et la date dans les bédés qu’elle m’offrait.

À cette époque, j’étais plus impressionnable que maintenant, c’est un fait.

33 ans après, le plaisir de la relire est intact, malgré le fait que je me souvienne de toute cette enquête dont une grande partie se déroulera dans un phare isolé.

On commence à Londres, par un vol audacieux de bijoux, sous les yeux médusés de Tif et Tondu qui n’hésiteront pas à se lancer à la poursuite du motard voleur, jusqu’à ce que celui-ci lance sa moto du haut d’une falaise et ne meure noyé.

Quel est le rapport entre cette affaire classée et les deux pendus fantômes du phare (à On) ? Ben ça, comptez là-dessus que je vais vous le dire, tiens !

Mais il est un fait que les deux gardiens du phare ont été retrouvé pendus. Suicide collectif… Puis les corps ont disparus et les deux gardiens suivants sont passés de vie à trépas aussi, toujours par pendaison.

La pendaison, papa, ça ne s’explique pas. La dépendaison non plus.

Le coup des pendus qui se dépendent, ça m’avait sans doute foutu les chocottes à 8 ans, avec l’expérience et les heures de vol en plus, je reste zen, surtout que la censure de l’époque n’a pas permis que l’on montre les corps plus haut que leurs genoux.

Malgré tout, si j’étais coincée sur un phare durant 30 jours, je deviendrais folle, surtout si mes deux précédents collègues ont fini par se donner la mort en se passant la corde au cou. Et ce n’était pas une métaphore pour un mariage.

Tondu étant le plus intelligent des deux, il aura vite fait de trouver des petits détails qui ne collent pas, Holmes aurait fait de même, le diable se cachant dans les détails.

Et pour trouver la vérité, il ne faudra pas hésiter à se mouiller !

Une enquête passionnante, du suspense, du mystère, de l’action, des bons mots (mais moins que d’habitude), un dessin des plus classiques et un Tif un peu en retrait sur cet épisode qui ne lui permet pas de faire ses gaffes habituelles.

— Tu veux dire qu’il y a quelqu’un sur ce phare qui va essayer de nous tuer ?
— Oui ! Mais rassures-toi, il commencera par le plus intelligent… Tant que je serai en vie, tu n’as rien à craindre.
— Mais ! Il vient de me traiter d’imbécile !

Sans oublier un inspecteur très, très, mais très con !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Ma couverture originale

 

Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 1 – La piste du prêcheur

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (Janvier 2018)

Résumé :
Janvier 1861, quelque part au Kansas. Un cavalier, malgré le froid et la neige, s’approche d’une batisse où il sait qu’il pourra avoir à manger et se réchauffer.

Trois hommes l’ont vu arriver, ils prennent position pour mieux le surprendre.

Mais il les abat sans sourciller, il réussit néanmoins à soutirer au dernier, avant son dernier souffle, la direction qu’a prise le Précheur qui s’est rendu à Holton.

Critique :
UN NOUVEAU DURANGO !! me suis-je écriée en voyant la couverture sur une tête de gondole d’une grande enseigne.

Il devrait se couper les cheveux, il serait plus beau, mon Durango, me suis-je dis en plus, in petto.

Puis bardaf, l’embardée en lisant le titre : putain, c’est pas un Durango ! Pourtant, il lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Mince alors, un Canada Dry : ça a la couleur et le style de Durango, mais ce n’en est pas un. Et comme j’ai un gros faible pour les histoires et les dessins de Swolfs, ni une, ni deux, je le fourre sous mon bras. Le grand blond de Lonesome, pas l’auteur !

Verdict ? On sent que c’est du Swolfs, c’est son trait, ce sont ses paysages sous la neige (somptueux, rien à redire), ce sont ses têtes à lui et on reconnaît certains traits caractéristiques du dessinateur car des personnages ont des traits de familles avec ceux des autres séries.

Niveau scénario, on pourrait croire au départ que l’on ne s’écarte pas de l’habituel : un cavalier seul, taciturne, poursuit des salopards de tueurs sanguinaires dans la poudreuse, il sait se servir de ses armes, fait des cartons à faire pâlir de jalousie Lucky Luke (sauf que Luke ne tue pas les gens) et on apprend ensuite que les salopards de tueurs sont à la solde d’un riche homme de la ville voisine.

Oui mais, y’a pas que ça ! Ici, on atteint une profondeur dans la recherche scénaristique en ce sens que l’on va plus loin que les mercenaires à la solde du maire ou gros éleveur richissime du coin.

Plus haut, je dirais même, puisque les ramifications sont autrement plus malsaines et ne se limitent pas à la ville ou à la région.

Nous sommes à quelques années de la Guerre de Sécession, au moment où le Kansas et le Missouri sont mis à feu et à sang par des bandes de fanatiques qui sont soit pour l’abolitionnisme, soit pour l’esclavagisme (les Jayhawkers et les Border Ruffians) mais tous les deux pour le pillage et le boxon.

— Pour Marcus, le prêcheur est un dangereux illuminé appartenant à une ligue qui n’a rien de religieux, dont le but est d’attiser par tous les moyens la haine entre les populations du Kansas et du Missouri afin de provoquer des incidents assez sérieux pour déclencher une guerre ouverte sur la frontière.

Si vis pacem, para bellum… Si tu veux la paix, prépare la guerre, mais dans notre cas, on devrait plutôt dire « Si tu veux la guerre, prépare le bordel et les exactions et fait en sorte que l’on accuse le voisin ».

Parce que si la guerre ne nous rapporte rien, à nous, petites gens, elle rempli les poches des marchands d’armes, des banquiers et autres hyènes qui se repaissent sur les cadavres.

— Mon père nous racontait souvent sa guerre contre les mexicains, au Texas… Il en était revenu avec une jambe en moins et un goût immodéré pour la gnôle, monsieur Harper. Depuis, je me suis juré de ne jamais porter un uniforme ou de me retrouver sur un champ de bataille, à descendre des types que je ne connais pas, ou pire, à me faire couper en deux par un boulet envoyé par d’autres avec qui je n’aurais jamais aucun compte à régler… Tout ça au nom des intérêts d’une poignée de pontes trop bien nourris qui décident d’envoyer à la boucherie des gamins pas encore sortis des jupes de leur mère.

Alors si je me désole de ne plus avoir de nouveau Durango, si je me désole que Légende soit au point mort après un départ tonitruant, je me réjouis de cette nouvelle série western, qui, malgré le fait qu’elle mette de nouveau en avant un grand blond aux yeux bleus et aux pétoires qui visent juste, a tout d’un récit profond et qui explore une autre face sombre des États-Unis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Les damnées de Whitechapel : Peter Watson

Titre : Les damnées de Whitechapel

Auteur : Peter Watson
Édition: Paulo Raman (2011)

Résumé :
Londres, début de l’automne 1888. Depuis l’heureux dénouement de l’affaire du Signe des Quatre, le docteur Watson vit sur un nuage. Mary Morstan lui ayant promis sa main, il a décidé de réendosser sa blouse blanche et de ressortir sa vieille trousse médicale afin que son couple puisse vivre de ses honoraires.

Aussi envisage-t-il de quitter Baker Street pour aller s’installer dans un quartier agréable de la grande ville et y fonder une famille.

Sherlock Holmes est quant à lui en proie avec son plus terrible ennemi : le désœuvrement. Depuis quelques temps déjà, il se morfond nuit et jour, tristement allongé sur son canapé.

Les meurtres simultanés de deux prostituées à Whitechapel ainsi qu’un vol commis à Pondicherry Lodge vont subitement le tirer de sa retraite et remettre en branle les rouages de la formidable machine à penser qu’il est.

A la suite de toute une série de rebondissements inattendus, les deux hommes vont devoir quitter la grande métropole afin de s’employer à ce que la Lumière triomphe des Ténèbres.

Critique :
Lorsque je pris connaissance du livre, je m’attendais à une enquête classique de Holmes face à l’Éventreur, les cinq meurtres, l’attente entre le quatrième et le cinquième… Bref, le coup classique, quoi.

Et bien là, j’en fus pour mes frais parce que ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Je fus surprise et agréablement surprise, même, par la tournure de l’histoire.

L’auteur, dans le but de ne pas mélanger l’histoire et la fiction, a changé quelque peu les noms des victimes ainsi que celle d’un apparenté royal. Cela lui a permis de prendre plus de liberté avec la véracité des faits de 1888 et de ne pas décevoir les « ripperologues » en attente d’un nom.

Bref, l’enquête ne s’occupera « pas vraiment » des crimes commis dans les ruelles sordides de Whitechapel, mais partira dans un autre sens, Holmes voulant laisser les policiers résoudre eux-mêmes les crimes sordides (vous comprendrez tout en lisant).

Malgré tout, l’ombre de l’assassin ne sera jamais loin, les pistes se recoupant souvent. On a beau partir d’un côté, au final, on retombe sur les traces de l’assassin.

Entre nous, le final m’a fait accélérer la cadence de lecture, voulant à tout prix connaître la fin. L’auteur m’a donné quelques sueurs froides et… Non, je ne dis rien de plus, cela dévoilerait ce que je ne peux dévoiler.

Le style d’écriture est agréable, ressemblant aux écrits victorien, sans langage moderne. Repéré une seule coquille dans l’absence d’un tiret cadratin. Rien de bien terrible.

Le seul point négatif du livre est un paragraphe un peu longuet où l’ajout d’un point final n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de reprendre mon souffle.

Un autre passage qui pourrait rebuter certain est la description du cérémonial d’ouverture d’une tenue de Loge maçonnique.

Moi, cela ne me dérange pas, mais je pense que cela pourrait en faire soupirer d’autres, les fils de la veuve étant assez cérémonieux, comme vous devez le savoir.

C’est ce que j’appellerai l’exercice périlleux du juste milieu, étant donné que si l’auteur abrège, on considéra qu’il ne maîtrisait pas son sujet (maçonnique) et s’il en fait trop… ben, on le taxera d’en faire trop.

Le Holmes du livre n’est pas caricatural, du moins, pas plus que l’original dont Watson nous contait les nombreux travers dans « Le rituel de Musgrave ».

Je l’ai trouvé fidèle à lui-même, tout en sachant que, bien entendu, les auteurs mettent un peu du leur dans le personnage.

Watson n’est pas un gros balourd, c’est un homme amoureux de Mary et qui va bientôt convoler en juste noce.

La relation entre les deux amis est à cent lieues du « gay-friendly » à la mode ces dernières années, Holmes sait être taquin ou caustique envers Watson et même assez sec avec Lestrade.

Un clin d’œil à la nouvelle « Les hommes dansants » avec un message codé et de nombreuses allusions au canon disséminées par-ci par là.

Petite anecdote : Elveden Hall dont on parle dans le livre existe bel et bien et fut réellement, dans le passé, la résidence du Maharaja Duleep Singh (le nom change dans le récit).

Pour la petite histoire, la chambre n° 12 que l’auteur fait occuper à Watson, à l’hôtel La Cloche, a réellement la réputation d’être hantée (aujourd’hui encore) par le fantôme d’un… curé !

Le livre m’a fait passer un très bon week-end avec Holmes et je remercie l’auteur pour cela. Son histoire était originale, à cent lieues des autres déjà lues, fidèle à la réalité tout en gardant ses distances avec elle. le plus dur fut de fermer le livre quand je l’ai eu terminé et de quitter mon détective préféré.

Je vous le disais, je l’ai dévoré, le livre.

Son unique point merdique est qu’il est difficilement trouvable, hormis sur un grand site de vente de livres en ligne (mais pas que des livres), il me semble…

Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1981)

Résumé :
Blutch et Chesterfield tentent d’échapper à une patrouille Nordiste. Leur but est d’atteindre la fontière Mexicaine où ils seront alors à l’abris. Mais de l’autre coté, chez les Mexicains, deux bandes rivales de bandits sèment la terreur.

Tentant de fuir à nouveau, ils trouvent sur leur chemin le cadavre d’un prêtre et de son serviteur. Afin de se fondre dans la population et de quitter leur uniforme qui mettaient leur vie en péril, il décident d’échanger leur vêtement avec ceux des deux victimes.

Chesterfield, qui possède la même corpulence que le pauvre prêtre, sera El Padre.

Critique :
Cette aventure en terre inconnue ne commence pas par un plan large d’une bataille, mais par nos deux amis poursuivis par un patrouille de Sudistes qui gagne du terrain.

Heureusement, face à eux il y a le Rio Grande qu’ils vont s’empresser de traverser puisque le scénariste a été assez sympa pour leur mettre un gué à disposition.

Les voici donc en terre mexicaine, ce qui n’est pas plus sécurisant que les Sudistes, et en plus, ces enfoirés montent la garde pour ne pas que notre duo retraverse.

Que fallait-il donc faire ? Traverser le Rio Grande ou pousser la chansonnette comme Eddy Mitchell ? Le traverser, pardi, et tâcher de ne pas se faire prendre par les mexicains basanés version guérilleros, les peones étant moins dangereux.

Une fois de plus, le sergent va faire preuve d’inventivité, de ruse et ça ne fonctionnera pas, car ils vont jouer de malchance avec les gris devant eux, un chef indien cruel à leur poursuite et une bande de mexicains mené par un gros type pas commode du tout.

Ce que j’adore dans cet album, c’est que nos deux amis, pour tenter de s’enfuir de cette terre hostile et échapper à Jacomino, le rebelle indien, vont se se vêtir des habits des deux morts trouvés sur leur route : un prêtre et son aidant et notre sergent au caractère bien trempé va devenir El Padre pour les peones du coin, sous la coupe du tyran au sombrero.

Comment s’en sortir coincés qu’ils sont entre ces deux bandes rivales qui ne s’entendent que pour pilier les convois d’armes ?

Les répliques volent bas, Chesterfield a tout d’un Don Camillo énervé et n’hésitera pas à dire à voix haute ce que d’autres auraient peur de penser à voie basse.

C’est un album que j’ai pris plaisir à relire, ayant oublié toute une partie, notamment celle de l’otage, et ma relecture fut une fois de plus placée sous le signe du rire et des sourires devant la mauvaise humeur du sergent et l’hilarité compréhensible de Blutch.

Des situations cocasses, des engueulades, des répliques qui volent dans les gencives, un sergent toujours aussi soupe au lait et un final qui, une fois de plus, ne sera pour récompenser nos deux hommes.

Un de mes préférés à cause de l’humour présent, du scénario drôle et bien pensé, et pour le fait aussi qu’on s’éloigne de la guerre, ce qui n’est pas plus mal, même si nous sommes dans une bédé humoristique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 3 – Et pour quinze cents dollars en plus : Raoul Cauvin & Louis Salvérius

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 3 – Et pour quinze cents dollars en plus

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Louis Salvérius

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :
Le sergent Chesterfield, le caporal Blutch, Tripps et Bryan sont réaffectés de Fort Bow à un campement nordiste à proximité du Texas. Toutefois, Tripps et Bryan se sont mystérieusement faits porter pâle, ce qui laisse pour la première fois nos personnages évoluer en binôme.

Au campement, le général, un vieil homme à la longue barbe blanche, a eu une idée pour combattre les Sudistes, mais trouve peu de volontaires.

Cette idée est un raid de l’autre côté des lignes ennemies, afin de détruire toute infrastructure pouvant soutenir l’effort de guerre des Confédérés : plantations agricoles, voies de chemin de fer, etc.

Ne trouvant aucun volontaire, le général propose une prime de 1.500 $ pour quiconque s’engagera à accomplir cette dangereuse mission.

Critique :
Le petit Gibus nous aurait gratifié d’un  « Ben mon vieux, si j’aurais su j’aurais po v’nu » et le sergent Chesterfield aurait pu nous dire « Moi et ma naïveté, j’aurais mieux fait d’écouter le caporal Blutch ».

Mais comme toujours, le sergent fait une fois de plus preuve d’imbécilité naïve et puisqu’un général l’a flatté et que notre sergent à le respect de la hiérarchie dans le sang, il a dit oui à cette mission suicide consistant à d’infiltrer dans les lignes ennemies pour y faire le plus de dégâts possible.

Au début des Tuniques Bleues, la groupe était 4 : le sergent Chesterfield, le caporal Blutch et les soldats Tripps et Bryan.

Les auteurs, voyant que que des quatre hommes, deux en émergeait, ils en ont profité pour les faire évoluer en binôme et cette aventure est la première à mettre en avant ce qui deviendra un duo aussi célèbre que Laurel et Hardy.

Les dessins de Salvérius avaient perdus de leurs rondeurs dès le tome 2 « Du Nord au Sud » et maintenant, j’apprécie plus le trait que dans ses débuts.

Nos deux nordistes se retrouvent donc en mission d’infiltration dans les lignes ennemies avec le but louable d’y faire le plus de dégâts possible, le tout aidé et guidé par deux mexicains dont un est assez susceptible et a tendance à vous envoyer son couteau pour un mot de travers.

En parlant de mot de travers, dans cet album, le caporal Blutch ne se privera pas de dire à son sergent tout le bien qu’il pense de lui, avec des commentaires acerbes, ce qui lui vaudra un nombre incalculable de coups de poing dans la figure !

Ce qu’il y a de bien avec notre duo, c’est que si Blutch est un lâche qui ne pense qu’à déserter ou fuir le danger, il n’hésitera pas à tout faire pour sauver Chesterfield tombé aux mains des sudistes, même si cela lui voudra une engueulade pour remerciement.

Quant au sergent grassouillet, même s’il claque les talons devant tout gradé, il sait aussi faire preuve d’ingéniosité devant l’ennemi et si ce n’était la malchance qui le poursuit comme une ombre, ses brillantes idées réussiraient.

Mais comme souvent dans leurs aventures, cela se termine mal pour eux, ils ne sont jamais récompensés de leur bonne action et sont toujours aussi naïfs, surtout le sergent…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 4 – Outlaw : Raoul Cauvin & Louis Salvérius

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 4 – Outlaw

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Louis Salvérius

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :

Critique :
Le premier dessinateur des Tuniques Bleues fut Louis Salvérius qui mourut en 1972, laissant le sergent Chesterfield et le caporal Blutch orphelins de dessinateur après 4 aventures complètes publiées en album et 2 anthologies reprenant ses premiers dessins, ses premiers gags, les premières apparitions de Chesterfield et Blutch (que je n’aime pas car je les trouve trop gros nez, trop ronds).

Dans les aventures complètes, le trait de son dessin est plus agréable à suivre, il s’est affiné, est devenu plus réaliste, moins grotesque et je prends toujours plaisir à relire ces bédés.

Dans les premiers albums, il y avait un scénario riche, de l’humour, des dialogues croustillants et pas cette impression de stagner durant 46 pages (on ne sent pas trop que je n’ai pas apprécié les derniers albums ??), sans oublier la première case qui s’ouvre sur une scène de bataille ou d’action.

Ensuite, il arrive toujours des bricoles à nos deux hommes, à tel point qu’on se dit qu’une telle poisse, ça ne peut pas exister, qu’un jour, il devrait leur arriver un truc chouette qui ne tourne pas en couille dans le pâté…

— Vous alors ! Il faudrait une caisse d’explosif pour effriter votre moral !
— Quant au votre, n’en parlons pas ! Si vous en avez une particule, elle doit être restée au fond de vos bottes !

Mais ce ne serait pas drôle ! Comme le final, il doit toujours être à la hauteur de ces deux branquignoles dont l’un est obtus, borné, aimant l’armée et le pouvoir de ses galons et l’autre qui ne pense qu’à déserter.

Dans cette aventure, les militaires bornés et stupides en prennent plein leur grade car ils sont toujours juché sur des chevaux frais, ne chargent pas l’ennemi et se contentent de hurler sur les soldats, épuisés, laminés, blessés, sans armes et avec des chevaux fourbus de fatigue.

— Que la troupe se mette en position ! Faites donner la cavalerie !
— C’est qu’ils sont à court de munitions mon général ! Je vais donner l’ordre de leur en faire distribuer.
— Pas le temps, qu’ils se servent de leur sabre, nom de nom !
— Hélas, les trois quarts d’entre eux l’ont perdu dans les combats !
— Alors qu’ils chargent à mains nues ! 

—  Pensez donc, Docteur ! Aller dire tout haut à un général ce que tout le monde pense tout bas ! Faut plus avoir toute sa raison !

Cette aventure va envoyer nos deux compères en enquête pour le compte du général Küstler car les armées sudistes comme nordistes sont la proie des pillards indiens et mexicains et, vous comprenez, ça les dérange dans leur petite guerre entre gens civilisés. Quand je vous disait que les gradés en prenaient plein la gueule…

— Monsieur, que nous nous battions entre nous, c’est normal et de bonne guerre. Nous sommes des gens civilisés que diable ! Mais que vous mêliez à nos querelles des sauvages et des hors-la-loi, et ce pour nous mener la vie dure après chaque combat, voilà qui est lâche et indigne de vous, général Küstler !

Beaucoup d’humour, de répliques drôles, d’aventures, d’action dans cet album où Blutch et Chesterfield auront fort à faire pour trouver qui organise les pillages après batailles et où ces damnés mexicains vont se réfugier une fois leur forfait accompli.

Le tout sur fond de saloperies faites aux indiens par les bandits qui n’hésitent devant rien pour gagner plus tout en éliminant les autres.

— Nos armées sont fières de vous compter dans leurs rangs ! Grâce à vous, elles pourront lutter l’une contre l’autre sans plus être continuellement dérangées par ces hors-la-loi, honte de notre civilisation et plaie de notre pays. Au nom du général Lee … Merci …
—  Au nom du général Küstler … Merci… 

Assurément une chouette aventure de nos deux gaillards qui, pour une fois, se terminent bien, autrement dit, leur dernière charge dans l’album n’est pas humiliante pour eux et Blutch tient sa petite vengeance.

 Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (01/04/1981)

Résumé :
L’album est un flash-back qui raconte comment Blutch et Chesterfield sont entrés dans l’armée de l’Union.

Critique :
Pour tout ceux qui, comme moi, ont lu les Tuniques Bleues dans l’ordre (ou dans un semi-ordre), la première case de ce 18ème album avait de quoi surprendre : le sergent Cornelius Chesterfield dormant dans un véritable lit, son pouce en bouche, avant que sa maman ne vienne le réveiller.

De toute façon, la couverture était des plus explicites : nous allions enfin savoir comme le gros sergent avait croisé la route du maigre caporal et comment ces deux êtres que tout opposait allaient devenir amis.

Si dans les aventures habituelles ces deux là sont aux antipodes l’un de l’autre, on voit qu’il en a toujours été ainsi : le futur sergent, homme adulte, vit encore chez môman et papa et travaille comme garçon boucher chez Mr Graham, tandis que Blutch s’est déjà pris en charge et possède son propre bar.

De leur rencontre aurait pu naître une belle amitié si un jour, alors que Cornelius – fils à sa maman qui n’a qu’un rêve, qu’il épouse Charlotte Graham, la fille de son patron, afin d’hériter de la boucherie – allait demander ladite quenotte à Charlotte (contre son gré), n’avait eu la mauvaise idée d’aller boire un ch’tit canon chez le Blutch.

Les albums des Tuniques Bleues sont souvent satyriques envers l’armée, mais ici, il l’est encore plus en mettant en scène des militaires qui sont obligés, pour recruter de la chair fraiche, de pousser deux hommes à boire plus que de raison et de leur faire signer, traitreusement, leur papier d’engagement.

On a tellement besoin de chair à canon que les nouvelles recrues sont envoyées au front après une formation plus que sommaire : savoir mettre la baïonnette au fusil et puis charger après. Et tant pis s’ils vont au casse-pipe.

L’incurie des généraux est aussi mise en scène de manière tragico magnifique avec deux officiers de l’armée de l’Union qui se canardent depuis des jours sans savoir qu’ils se bombardent entre eux et que les soldats sont tués par leur propres frères d’armes.

Ça ne fera rire que les officiers, qui demanderont le silence, bien entendu.

Malgré le climat de la guerre de sécession, l’album est drôle, rempli de petits gags, de dialogues savoureux, de répliques acides, et explique la naissance du duo Chersterfield-Blutch ainsi que leur engagement dans l’armée, entre un qui ne désirait que ça (Chesterfield) et qui la vomit depuis toujours (Blutch).

À classer dans les tout bons de cette collection.

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton

Scénariste : Morris
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1975) / Lucky Comics (2015)

Résumé :
La Guérison des Dalton est la soixante-neuvième histoire de la série Lucky Luke par Morris et René Goscinny. Elle est publiée pour la première fois du n°1 au n°13 du journal Nouveau Tintin, puis est publiée en album en 1975 aux éditions Dargaud.

Le professeur Otto Von Himbeergeist expose sa thèse au congrès américain : les desperados sont atteints d’une maladie, ils sont donc guérissables. Pour prouver ses dires, il est prêt à guérir les pires bandits de l’Ouest, les Dalton…

Le professeur emmène les Dalton dans une ferme afin d’être dans un milieu plus propice pour le traitement. Lucky Luke doit les surveiller.

Critique :
La psychanalyse pourrait-elle guérir les despérados les plus terribles ?? Leur méchanceté serait-elle due à une enfance malheureuse ? Et si la criminalité est une maladie, peut-on la guérir ?

C’est ce que va nous prouver le professeur Otto Von Himbeergeist (vous me copierez son nom 20 fois) avec, accrochez-vous bien, les Dalton !!

Ce que j’ai apprécié dans cet album que je viens de découvrir (ceux des éditions Dupuis sont toujours des relectures, ceux de chez Dargaud sont des découvertes), c’est la manière dont les auteurs se moquent de la psychanalyse et de sa propension à toujours tout ramener à l’enfance, ainsi que le fait que notre poor lonesome cow-boy soit totalement dépourvu devant les méthodes du professeur Von Himbeergeist.

Ici, pas de flingue, juste des mots. On ne met pas en fuite des bandits avec son six-coups, mais avec ses paroles. D’ailleurs, pourquoi Lucky Luke aime-t-il tant utiliser son révolver, hein ?? On devrait aussi se pencher sur son cas…

Si certains gags sont un peu redondants, notamment avec cette propension que tout le monde a de raconter son enfance au professeur à la barbichette, j’ai apprécié l’effet que sa thérapie aura sur des personnages tels que Averell Dalton et sur le chien le plus bête de l’Ouest, Rantanplan !

Si nous avions déjà eu l’occasion de voir les Dalton se racheter une conduite avec « Les Dalton se rachètent » qui était bourré d’humour, nous nous trouvons une fois de plus dans cette envie de les réinsérer dans la société, de les transformer en moutons, mais tout en restant dans une autre histoire que la première, heureusement que les auteurs ont su éviter le copié-collé !

Cet album-ci est moins drôle et différent de son prédécesseur, il n’en a pas sa magie et son humour, mais je ne me plaindrai pas car j’ai passé un excellent moment de détente et d’humour, notamment avec le coup du portefeuille et du maillon faible qui fera capoter toute l’affaire.

Pour une fois que la psychanalyse fonctionne !

Oups, j’espère qu’aucun psy ne lit mes bêtises, sinon, il va me demander de raconter mon enfance !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star : Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie


Titre : Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star

Scénaristes : Xavier Fauche & Jean Léturgie
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1984) / Lucky Comics (2000)

Résumé :
Lucky Luke fait la rencontre de Horace P. Greely. Ce jeune homme est un journaliste de talent qui a décidé de partir dans l’Ouest fonder son propre journal, le Daily Star.

Homme intègre, il n’hésite pas à dénoncer les injustices ou la malhonnêteté. Mais cela lui joue des tours et il se fait quelques ennemis dans la ville où il s’est installé. Luke décide de lui venir en aide.

Critique :
Voilà un album de Lucky Luke comme je les aime : de l’humour, des running gags qu’on a plaisir à revoir, de l’Histoire de l’Amérique et un Lucky Luke qui se fait voler la vedette par le personnage de Horace P. Greely, journaliste intègre et fondateur du journal Daily Star qui imprime plus vite que l’encre ne sèche.

Oui, Horace est une sorte de Twitter avant l’heure car il donne les infos en temps réel.

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et encore moins à écrire, dès lors, lorsque vous imprimez noir sur blanc que les alcools servis par le parton du saloon sont frelatés, ne vous étonnez pas que ce dernier vous expulse de la ville.

De nombreuse fois, Horace et sa Washington Impériale n°3 offerte par ses parents se sont retrouvés dans le cours d’eau à la sortie de la ville. C’est d’ailleurs là qu’il a fait la connaissance de notre cow-boy solitaire préféré et de son fidèle destrier.

Horace est un personnage drôle, attachant, émouvant dans sa quête de publier la vérité, sans langue de bois, comme tout journaliste devrait être.

Hélas, vous savez comme moi qu’on aime museler la presse en la corrompant (tout Homme a son prix) ou en menaçant les gens qui veulent creuser dans la fange pour extirper la vérité.

Ça ne va pas faire plaisir à certains dans la ville de Dead End City où le tenancier du saloon n’a pas apprécié l’article sur son whisky frelaté et l’épicier sur ses marges exagérées.

Beaucoup d’humour dans cet album, de l’humour fin, en plus, avec Lucky Luke et Horace cherchant par tout les moyens à imprimer le journal, sur tous les supports possibles et imaginables – ce qui donnera des clins d’oeil des plus amusants sur notre époque – et l’imprimant même avec du café lorsque l’encre n’arrivera pas.

« Vous manquez de café ? Faites infuser votre Daily Star ! »

Inventant des slogans publicitaires, se faisant payer en nature, inventant le premier journal parlé, gravant son nom sur les fers de son cheval, Horace n’est jamais à court d’idées pour diffuser son journal, ne se sentant plus lorsque les ventes passent de 30 à 35 exemplaires.

J’avais déjà pris un plaisir fou à lire cet album post-Goscinny (R.I.P.) qui contenait tout ce que j’apprécie dans les aventures de Lucky Luke et j’ai pris autant de plaisir à le relire et m’esclaffer devant leurs bons mots.

Rien à redire, cet album est une belle réussite et il peut trôner avec mes Lucky Luke préférés !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.