Arrowood : Mick Finlay

Titre : Arrowood

Auteur : Mick Finlay
Édition : Harper Collins (14/02/2018)
Édition Originale : Arrowood (2017)
Traducteur : Marta De Tena

Résumé :
1895 : Londres a peur. Un tueur terrorise la ville. Les pauvres ont faim ; les criminels prennent le contrôle des rues ; la police, débordée, arrive à un point de rupture.

Tandis que les bourgeois se tournent vers Sherlock Holmes pour qu’il résolve leurs problèmes, dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, les gens s’en remettent à un homme qui méprise Holmes, sa clientèle fortunée et ses méthodes de travail voyeuristes.

Cet homme, c’est Arrowood – psychologue autodidacte, ivrogne occasionnel, et détective privé.

Quand un homme disparaît mystérieusement et que la meilleure piste d’Arrowood est poignardée sous yeux, Arrowood et son comparse Barnett doivent faire face à leur plus rude défi : capturer Mr Cream, le malfrat le plus redouté de la ville.

Une enquête savoureuse, à la façon de Anthony Horowitz et Andrew Taylor.

Critique :
— COMMENT ??? Que lis-je ? Que vois-je ? Tu as osé critiquer Sherlock Holmes ? Non mais, j’hallucine, là ! Arrowood, viens un peu t’expliquer ici, TOUT DE SUITE !!

— Mais madame Belette, ce n’est pas de ma faute, je suis jaloux du succès de ce détective de Baker Street ! Il a tout pour lui…

— Bon, au moins tu avoues que tu es jaloux de son talent !

— Son talent, son talent ! Hé, il a fait des erreurs, ton grand détective !

— La preuve qu’il est humain et non une machine, la preuve qu’il est réaliste, aussi. Et toi, Arrowood, as-tu la conscience tranquille ou n’aurais-tu pas aussi foiré une affaire dans ta carrière ? Non, ne répond pas, tes yeux fuyants parlent pour toi.

Oui, Arrowood est un détective de Londres, oui, il déteste Holmes, oui, il est un peu jaloux de son succès, oui, il est de mauvaise foi, oui, il a une haute opinion de lui-même, pourtant, il est moins bon que Holmes, moins rapide aussi, mais c’est normal, Sherlock Holmes reste le meilleur détective au monde !

— Vous avez une haute opinion de votre personne, Arrowood, dit l’agent, irrité. Vous ne me ferez pas croire que vous pourriez résoudre les affaires qu’il a démêlées. Holmes a plus d’esprit que quatre hommes réunis.

On ne peut pas dire non plus qu’Arrowood croule sous les affaires à résoudre : cela fait un certain temps qu’il n’a pas eu d’enquête, il gratte les fonds de tiroir pour trouver une piécette et les petites gens ne se bousculent pas à sa porte comme on pourrait le croire en lisant la phrase notée sur la couverture.

— Vous n’arrivez pas à la cheville de Holmes, Arrowood, cracha Coyle, jetant encore de l’huile sur le feu. Regardez-vous ! Vous n’êtes qu’un vieux limier fatigué, qui gagne sa croûte en traquant des endettés avec votre homme de main. On dit aussi que vous êtes doué pour prendre sur le fait les femmes des cocus. Vous aimez ça, on dirait.
Je sentis que le patron était de nouveau à deux doigts d’éclater.

Pourtant, malgré tout ça, j’ai apprécié l’enquête de William Arrowood et de son ami et assistant Norman Barnett, même si tous les deux manquaient un peu de charisme, d’épaisseur, et il faudrait un second tome pour les étoffer un peu afin que l’on s’attache à eux (ce qui fut direct pour Holmes et Watson).

L’enquête est agréable à suivre, truffée de pistes dont on ne comprend pas au départ les relations entre elles, avant que la lumière ne se fasse à la fin.

Nos deux personnages vont arpenter les ruelles sordides de Londres, croiser quelques spécimens rares de ces abysses.

Si la ville de Londres et ses habitants semblent moins présents que je ne l’aurais espéré, nous aurons tout de même quelques indications sur les conditions de vie qui régnaient dans ces quartiers (famine, misère, prostitution,…), par opposition aux belles maisons dont nous pousserons la porte plus tard dans l’enquête.

Attention, ce n’est pas parce que l’on pète dans la soie, que l’on mange plus qu’à sa faim, tout en buvant le thé avec le petit doigt en l’air que l’on vaut mieux que les miséreux qui peinent pour nouer les deux bouts. Il y a bien souvent des squelettes peu reluisants dans les placards de ces gens de la Haute…

Un polar historique agréable à lire, une incursion dans une autre société que celle de Holmes, un côté politique non négligeable sans pour autant rebuter les allergiques de la chose, du mystère, des fausses pistes, des mensonges, des allusions aux enquêtes de Holmes, le tout donnant un mélange harmonieux.

Le thé que je viens de déguster n’étant pas servi dans une tasse de porcelaine, mais si Arrowood me proposait une autre tasse de son thé particulier, je ne dirais pas non et je la boirais afin de savoir si le nouveau breuvage a évolué depuis le précédent.

De plus, je serais heureuse de pouvoir discuter avec Arrowood de tout ce qu’il reproche à Holmes et au récit de ses enquêtes car je sais que sur certains points, il n’a pas tort…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

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Sherlock Holmes – Tome 2 : Sir Arthur Conan Doyle

Titre : Sherlock Holmes, tome 2

Édition: Robert Laffont (1998)

Résumé :

Les brumes de Londres, les landes désolées… autant de décors inquiétants qui hantent les enquêtes de Holmes, toujours épaulé -même s’il le nie- par le fidèle Dr Watson.

Dans « Le Chien des Baskerville », son aventure la plus célèbre, il résout de manière élégante et rationnelle une énigme où affleurent des accents de fantastique. La lande de Dartmoor ne sera plus jamais la même…

Malgré les efforts de son géniteur pour le faire disparaître -précipité dans les chutes de Reichenbach- Sherlock Holmes ressuscite dans « La Maison vide », puis sort de sa retraite pour nous faire profiter de « Son dernier coup d’archet ». Jusqu’à la prochaine fois…

Cette édition comporte :

1. La vallée de la peur : roman
2. Le chien des Baskerville : roman

3. Les archives de Sherlock Holmes :
– L’illustre client
– Le soldat blanchi
– La pierre de Mazarin
– Le vampire du Sussex
– Les trois pignons
– Les trois Garrideb
– Le problème du pont de Thor
– L’homme qui grimpait
– La crinière du lion
– La pensionnaire voilée
– L’aventure de Shoscombe Old Place
– Le marchand de couleurs retiré des affaires

4. Son dernier coup d’archet :
– L’aventure de Wisteria Lodge
– La boîte en carton
– L’aventure du cercle rouge
– Les plans du Bruce-Partington
– L’aventure du détective agonisant
– La disparition de lady Frances Carfax
– L’aventure du pied du diable
– Son dernier coup d’archet

5. Les exploits de Sherlock Holmes (Adrian Conan Doyle & Dickson Carr) :
– L’aventure des sept horloges
– L’aventure du chasseur d’or
– L’aventure des joueurs en cire
– L’aventure du miracle de Highgate
– L’aventure du sombre baronet
– L’aventure de la chambre hermétiquement close
– L’aventure de Foulkes Rath
– L’aventure du rubis d’Abbas
– L’aventure des anges noirs
– L’aventure des deux femmes
– L’aventure de l’horreur de Deptford
– L’aventure de la veuve rouge

6. Pièces de théâtre :
– Le diamant de la couronne (en un acte)
– Sherlock Holmes (en 5 actes)

7. Documents :
– La kermesse sportive
– Comment Watson apprit le truc
– Avec Sherlock Holmes, sujet pour une nouvelle non écrite
– La véritable histoire de Sherlock Holmes (de Francis Lacassin)
– Les quatorze enquêtes préférées de l’auteur
– Bibliographie de Sherlock Holmes

Critique :

C’est lors d’une de mes descentes en bouquineries (endroits de perdition pour quelqu’un tel que moi) que je suis tombée sur ce recueil « Sherlock Holmes » de Conan Doyle.

Le prenant en main avec tendresse, mon œil amoureux se posa sur la couverture afin de lire – juste pour le plaisir – son contenu.

Premier sursaut en voyant que « Les exploits de Sherlock Holmes » écrits par Adrian Conan Doyle (le fils du père) et J. Dickson Carr étaient compilés sous le nom du père !

Grosse erreur ! Ils n’ont rien à faire là, même s’ils sont très bons. Le recueil est au nom du père, pas du fils ! Et encore moins du saint-esprit.

Aucune indication lorsque nous abordons la lecture des « Exploits » pour nous signaler que c’est l’œuvre du fiston et pas du paternel…  Seuls les connaisseurs rectifieront, les autres l’incluront dans l’œuvre canonique, faisant une énorme erreur.

Les éditions Laffont ne sont pas réputées pour son sérieux en matière de traduction et de compilation… Ceci explique sans doute cela (les éditions « Le Masque » firent pire dans leurs recueils sur Sherlock Holmes).

Pourquoi l’avoir acheté, alors, puisque je possède toute l’œuvre holmésienne de Conan Doyle, père (et fils), et que celle-ci n’est pas tout à fait correcte ? Le plaisir du doublon ?

Non, tout simplement pour les bonus ! Il y a deux pièces de théâtre inclues dans le recueil :

La première est « Le diamant de la couronne » et ressemble fortement à l’aventure canonique « La pierre de mazarin ».

La seconde est celle qui a mit le feu à mon esprit.

Intitulée « Sherlock Holmes », pièce en cinq actes et six tableaux, signée par Arthur Conan Doyle et aussi par l’acteur qui joua le rôle du détective au théâtre : William Gilette (un Holmes au poil, si je puis me permettre ce jeu de mot foireux).

– Yeeeessss !! m’écriai-je dans la bouquinerie.

Serait-ce CETTE pièce de théâtre dans laquelle Gilette, acteur américain et auteur dramatique, prit une part prépondérante et fit une demande un peu spéciale à Conan Doyle ?

« Mais qu’est-ce qu’elle avait donc de spécial, cette pièce dont je vous parle? » vous demandez-vous.

Qu’est-ce qui a bien pu me faire frémir dans un bouquinerie alors que je crevais de chaud sous ma veste ? Qu’est-ce que j’espérais comme pièce de théâtre ? Quels souvenirs sont revenus à la surface ?

Je vous l’explique…

Ce qui m’a fait frémir et m’a donné des étoiles dans les yeux, c’est que je me suis souvenue de la pièce de théâtre dans laquelle Gilette, ayant envisagé de « marier » Holmes, écrivit donc à Conan Doyle pour savoir s’il pouvait le faire.

Conan Doyle, en plein rejet de son personnage, lui télégraphia : « Vous pouvez le marier, l’assassiner ou en faire ce que vous voudrez ».

William Gilette renonça à marier Holmes… Dommage !

Voilà donc la cause de mon émoi devant cette possible concordance entre la pièce dans le recueil et celle jouée par Gilette (le rôle du groom Billy était tenu par un gamin de 14 ans : Charlie Chaplin ! Oui, LE Chaplin).

Mon âme « fleur bleue » n’a pu résister à cet achat et puis, une collection, c’est une collection !

Alors, est-ce bien elle ? Sont-elles les mêmes ? Je ne le sais pas avec certitude. Celle du recueil a 5 actes, l’autre en possédait 4… C’est la seule différence !

Dans cette pièce que je viens de lire, Holmes tombe tout de même amoureux d’une femme (je précise pour les yaoistes qui me liraient et espéreraient un mâle).

Rien que pour lire cela, le jeu en valait la chandelle.

Hormis le coup de foudre de Holmes, la pièce reprend une grande partie du canon holmésien.

Le pitch ? Nous avons une jeune femme qui est tombée amoureuse d’un homme issu d’une famille princière et qui, pas de chance, s’est vue laissé choir comme une vieille chaussette par son amoureux sous prétexte qu’elle n’était pas issue de la noblesse.

Non, ce n’est pas une célèbre cantatrice prénommée Irène Adler (voir « Un scandale en Bohème » – SCAN en abrégé).

La grande différence avec SCAN, c’est que l’amoureuse éconduite avait un polichinelle princier dans le tiroir et qu’il est mort avec sa pauvre mère.

C’est donc sa soeur, Alice, qui a récupéré les lettres d’amour compromettantes que le prince avait envoyées, les photos et tout le tralala.

A qui fait-on appel dans ce genre de situation pour récupérer un paquet de lettres sirupeusement compromettantes ? A Sherlock Holmes !

Pour découvrir la cachette des lettres, la méthode « allumer le feu » marche toujours autant.

Par contre, la jeune fille semble sous séquestre chez deux personnes peu recommandable… Si elle veut la vengeance, eux veulent le pognon du chantage princier !

Holmes va devoir jouer serré et bien négocier l’affaire afin d’honorer son contrat avec ses employeurs…

Mais, mais… Que lis-je ? Monsieur Holmes qui avoue à son fidèle Watson qu’il n’a pas été insensible au charme de la demoiselle.

Là, c’est du coup de foudre, vu le peu de temps qu’il l’a vue. Un peu rapide mais la pièce ne fait que 5 actes et pas 5 volumes !

Je sais, un peu trop rapide, mais je m’en voudrais de bouder mon plaisir, j’ai tellement rêvé de lire une chose pareille dans un livre !! Alors zut, je déguste.

Dans cette pièce et en vrac, nous avons aussi Moriarty dans le rôle du Grand Méchant, des méchants secondaires, le rituel de la seringue de cocaïne (« Le signe des quatre »), une allusion à l’affaire de Lauriston Gardens (« Une étude en rouge »), les déductions sur la montre de Watson (« Le signe des quatre »), des déductions tout court, des pièges, de l’amour avec un grand A et un Holmes qui demandera sûrement à son Alice de l’emmener au Pays des Merveilles…

Ah, oups, désolé, mais de « ces choses là », on ne nous le dira pas, même si on sait avec assurance qu’ils se marieront sans aucun doute, ses penchants étant partagés par la demoiselle…

Bref, un bon moment de lecture et l’impression de m’être transformée, le temps de la lecture, en midinette de 14 ans.