Bilan Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2020 ¡Olé!

Hélas, le Mois Espagnol est déjà terminé… Là-dessus, pas le temps de faire la siesta car je dois déjà me tenir prête à crier « Vive le Mois Anglais ! »

Cette année, confinement oblige, j’ai eu du temps pour lire plus et j’avais envie aussi de battre mes précédents records.

Non pas par soucis de compétition, mais juste pour faire honneur à Sharon, qui n’avait pas vraiment l’envie d’organiser son Mois Espagnol mais, comme je lui ai dis que si elle ne l’organisait pas, j’allais participer quand même, juste pour le fun, elle l’a mis au calendrier. Je l’en remercie !

Je n’ai jamais été une branquignole à son challenge (à aucun de ses challenges, d’ailleurs), mais là, j’ai pété les records, même si, une fois de plus, des romans sélectionnés plusieurs années de suite repartent dans les étagères, non lus.

On a beau lire à fond, il en reste toujours sur la pile et je n’ai même pas eu le temps de lire mes Del Arbol en retard, ni tous les autres que j’aurais vraiment souhaité lire cette année. Caramba encore raté !

Il y aura du rab’ pour l’édition 2021. Vu que j’avais une sélection de 70 titres et que j’ai rajouté 3 bédés ensuite (lues), il est clair que j’aurais eu bien besoin de 4 mois pour arriver à tout lire.

Sharon, on prolonge le Mois Espagnol ?? Ok, je sors et je file en Angleterre pour le Mois Anglais…

Oups, je vais passer de la paella à… On mange quoi de bon, chez les Anglais, hormis les petites saloperies sucrées à l’heure du thé ?? mdr

Ce que je retiendrai de ces lectures, c’est que si certaines furent des déceptions, d’autres furent des découvertes, des coups de cœur et des coups dans les tripes car la plupart de mes sélections étaient des romans noirs, des policiers durs et les lectures détentes furent peu nombreuses.

Livres lus et bilan de ce Mois Espagnol 2020 : 20 billets !

  1. El Niño de Hollywood : Juan José Martínez et Óscar Martínez (Salvador)
  2. Crack, chien patagon : Catelin Georges (Patagonie)
  3. Loverboy – Miguel Ángel Morgado 03 : Gabriel Trujillo Muñoz (Mexique)
  4. La fin de l’histoire : Luis Sepúlveda (Chili)
  5. Histoire d’une baleine blanche : Luis Sepúlveda (Chili)
  6. Tout pour la patrie : Martin Caparros (Argentine)
  7. L’homme en arme : Horacio Castellanos Moya (Salvador)
  8. Jungle : Miguel Bonnefoy
  9. Il pleut sur Managua : Sergio Ramirez (Nicaragua)
  10. Dracula, Dracul, Vlad ?, Bah.. : Alberto Breccia (Argentine)
  11. Dracula : Fernando Fernández (Espagne)
  12. Mala vida : Marc Fernandez (France/Espagne)
  13. La conspiration des médiocres – Perro Lascano 04 : Ernesto Mallo (Argentine)
  14. Le tableau du maître flamand : Arturo Perez-Reverte (Espagne)
  15. La frontière sud : José Luis Muñoz
  16. Le Manuscrit de Grenade : Leconte Marianne (France/Andalousie)
  17. Spirou et Fantasio – T07 – Le Dictateur et le champignon : Franquin (Palombie)
  18. Ni vivants ni morts : Federico Mastrogiovanni (Mexique)
  19. De loin on dirait des mouches : Ferrari Kike (Argentine)
  20. Chez les Gauchos : Backhouse Hugo (Angleterre/Argentine)

54 romans Repartent dans les étagères pour une nouvelle année de poussières… 

  1. Amigorena Santiago : Le ghetto intérieur (Argentine)
  2. Arból Víctor del : La veille de presque tout (Espagne)
  3. Arból Víctor del : Le poids des morts (Espagne)
  4. Arból Víctor del : Par-delà la pluie (Espagne)
  5. Arból Víctor del : La maison des chagrins (Espagne)
  6. Argemí Raúl : À tombeau ouvert (Argentine)
  7. Arriaga Guillermo : Un doux parfum de mort (Mexique)
  8. Bolaño Roberto : 2666 (Chili)
  9. Bryan Helen : Femmes de l’ombre (États-Unis/Andalousie)
  10. Cabré Jaume : Les voix du Pamano (Espagne)
  11. Carter Chris : Le prix de la peur – Détective Robert Hunter 02  (Brésil)
  12. Del Castillo Michel : La nuit du décret (France/Catalogne)
  13. Del Valle Ignacio : Empereurs des ténèbres (Espagne)
  14. Del Valle Ignacio : Les Démons de Berlin (Espagne)
  15. Diaz-Eterovic Ramon : L’Obscure Mémoire des armes (Chili)
  16. Diaz-Eterovic Ramon : Negra soledad (Chili)
  17. Fernandez Diaz J : Le gardien de la Joconde (Argentine)
  18. Fernandez Marc : Guerilla social club (France/Espagne)
  19. Franco Jorge : Le Ciel à bout portant (Colombie)
  20. Gamboa Santiago : Des hommes en noir (Colombie)
  21. Garduno Juan de Dios : Welcome to Harmony (Espagne)
  22. Giménez-Bartlett : Le silence des cloîtres (Espagne)
  23. González Ledesma : La dame de cachemire – Mendez 04 (Espagne)
  24. González Ledesma : Des morts bien pires – Mendez 11 (Espagne)
  25. González Ledesma : Cinq femmes et demie – Mendez 07 (Espagne)
  26. González Tomás : L’Histoire d’Horacio (Colombie)
  27. Mallo Ernesto : Les hommes t’ont fait du mal – Perro Lascano 03 (Argentine)
  28. Martinez Agustin : Monteperdido (Espagne)
  29. Miranda Miguel : Quand les vautours approchent (Portugal)
  30. Montero Manglano : Table du roi Salomon (Espagne)
  31. Montero Rosa : Le Poids du coeur (Espagne)
  32. Montero Rosa : Le temps de la haine (Espagne)
  33. Padura Leonardo : La transparence du temps – Mario Conde 08 (Cuba)
  34. Peeters Hagar : Malva (Pays-Bas/Chili – Pablo Neruda)
  35. Plante Alicia : Les eaux troubles du tigre (Argentine)
  36. Quiros Daniel : Pluie des ombres – Don Chepe 2 (Costa Rica)
  37. Ravelo Alexis : La stratégie du pékinois (Espagne)
  38. Redondo Dolores : Trilogie du Baztán, T1 : Le gardien invisible (Espagne)
  39. Rocha Luis Miguel : Le dernier pape (Portugal)
  40. Roncagliolo Santiago : Avril rouge – Félix Chacaltana 01 (Pérou)
  41. Roncagliolo Santiago : La peine capitale – Félix Chacaltana 02 (Pérou)
  42. Ruiz Zafon Carlos : Le jeu de l’ange (Espagne)
  43. Salem Carlos : Je reste roi d’Espagne (Argentine)
  44. Sepúlveda Luis : Un nom de torero (Chili)
  45. Sepúlveda Luis : Le vieux qui lisait des romans d’amour (Chili)
  46. Somoza José Carlos : La caverne des Idées (Espagne)
  47. Sánchez Pardos : Daniel Barcelona (Espagne)
  48. Santiago Mikel : Le Mauvais Chemin (Espagne)
  49. Taibo II Paco Ignacio : Nous revenons comme des ombres (Mexique)
  50. Taibo II Paco Ignacio : Jours de combat (Mexique)
  51. Taibo II Paco Ignacio : Ombre de l’ombre (Mexique)
  52. Trelles Paz Diego : Bioy (Pérou)
  53. Zanon Carlos : Taxi (Espagne)
  54. Zukerman David : San Perdido (France/Panama)

La frontière sud : José Luis Muñoz

Titre : La frontière sud

Auteur : José Luis Muñoz
Édition : Actes Sud Actes noirs (02/09/2015)
Édition Originale : La frontera sur (2010)
Traduction : Alexandra Carrasco

Résumé :
Mike Demon (déjà aperçu dans Babylone Vegas) est vendeur d’assurances. Il mène une existence de bon Américain moyen tout en s’offrant des escapades amoureuses ou sexuelles lors de ses tournées.

À Tijuana, il promet à la prostituée sublime dont il est tombé follement amoureux de lui faire passer la frontière.

C’est sans compter Fred Vargas, un flic mexicain violent et véreux, qui fait chanter les bons pères de famille yankee venus s’encanailler de l’autre côté de la frontière…

Une double intrigue menée de main de maître pour un western noir sursaturé de violence et de sexe.

Critique :
Ce roman noir, c’est le film Pretty Woman en version glauque, poisseuse, sombre, violente, à la western, le tout assaisonné de poudre blanche, sursaturé de sperme à gogo et de sexe.

Mike Demon est comme le Belzébuth de la « Salsa du démon » (Grand Orchestre du Splendid) : il est en rut !

Qu’on lui enfonce du bromure en suppositoire dans le fion, ça lui fera les pieds, tiens !

Ce n’est pas de la bigoterie mais de l’énervement car bon sang, aucune leçon ne lui sert et il retombe toujours dans sa folie sexuelle avec n’importe quel trou féminin (le tout sans trop de respect, c’est du sexe bestial).

Ne chercher pas une morale dans ces pages, il n’y en a pas. Mike ne tirera aucune leçon de ses mésaventures, pire, il s’enfoncera dans le vice encore plus avant de basculer dans une autre catégorie, sans même ressentir du remord ou de la culpabilité.

Pour Mike, le sexe des femmes se nomme l’enfer parce que Satan l’habite (je vous offre le jeu de mot). Son épouse est moins portée sur la chose que lui et donc, monsieur la fourre dans tous les trous féminins qui ne sont pas ceux de son épouse.

De l’autre côté de la frontière, à Tijuana, il y a Carmela, la soeur de Ruben, drogué branleur et tueur à gage à ses heures. Une scène de ce roman m’a donné envie de vomir car on dépasse en glauquitude la relation Cersei/Jaime. Oui, c’est possible.

Malheureusement, il y a trop de passages à vide dans ce roman, trop de longueurs afin de présenter les personnages et de les placer dans leurs décors, leur boulot, leur vie.

La partie consacrée à l’autre côté de la frontière, à Tijuana, est hyper violente, sordide, donnant des sueurs froides avec les exécutions, les viols, la misère, la prostitution (pas toujours de son plein gré), les crimes, la drogue, les chantages, enlèvements et j’en oublie sans doute.

Fred Vargas est encore plus immonde que Mike. Non, je ne parle pas de l’auteure Fred Vargas mais de son homonyme, un flic mexicain violent et véreux qui adore faire chanter les américains friqués qui viennent avec Popaul visiter les petites femmes de Tijuana, dans tous les sens du terme. Et ça ne chante pas à The Voice !

Impossible pour moi de m’attacher à un personnage, si ce n’est cette pauvre Carmela qui est mal tombée avec son frangin libidineux et Mike Demon qui est un beau parleur, mais rien de plus.

Les ambiances sont poisseuses de sperme car ça baise à tous les étages, ça y pue la sueur, le sang, les morts, la corruption… L’auteur nous a mis la tête dedans et le goût restera coincé dans les narines, même à la fin de la lecture.

Malheureusement, trop de longs passages ennuyeux (ceci n’est que mon avis) que j’ai survolé tant je n’accrochais pas à ce roman noir, ce western survolté où la violence et le sexe se côtoient ad nauseum.

Pour la prostituée drôle, amusante et le loverboy sexy qui tient ses promesses avec un beau happy end sur une musique magique, choisissez Pretty Woman, une valeur sûre !

Une fois de plus, je dirai : au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°227 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 15].

 

 

Le tableau du maître flamand : Arturo Perez-Reverte

Titre : Le tableau du maître flamand

Auteur : Arturo Perez-Reverte
Édition : Le Livre de Poche Thriller (1994/2007/2010))
Édition Originale : La tabla de Flandes (1990)
Traduction : Jean-Pierre Quijano

Résumé :
Sur la toile, peinte il y a cinq siècles, un seigneur et un chevalier jouent aux échecs, observés depuis le fond par une femme en noir.

Détail curieux: le peintre a exécuté ce tableau deux ans après la mort mystérieuse d’un des joueurs et tracé l’inscription « Qui a pris le cavalier ? », également traduisible par: « Qui a tué le cavalier ? »

Tout cela n’éveillerait que des passions de collectionneurs si des morts violentes ne semblaient continuer la partie en suspens sur la toile.

Et c’est ainsi que l’histoire, la peinture, la logique mathématique viennent multiplier les dimensions d’une intrigue elle-même aussi vertigineuse que le jeu d’échecs…

Critique :
Quis necavit equitem ? Et pour ceux et celles qui n’ont pas écouté pendant les cours de latin (moi en premier), la traduction veut dire « Qui a pris le cavalier ? », ou plus simplement, « Qui a tué le cavalier ? ».

Omar n’a pas « tuer » et il semblerait que Dupont de Ligonnès soit innocent aussi.

Mais alors, QUI a zigouillé le cavalier ?

Cette inscription latine et énigmatique a été inscrite sur la toile « La Partie d’échecs », peinte en 1471 par Pieter van Huys, flamand de son état et sans les rayons X, jamais elle n’aurait été mise à jour puisque recouverte par la peinture.

Il est trop tard pour passer les menottes au coupable, sauf à arrêter un squelette. Il semble que la prescription jouerait pour celui qui assassina le cavalier de la toile… Malgré tout, il y a là un petit mystère qui ne déplaît pas à Julia, restauratrice de cette toile.

Tout le monde pourrait penser que l’amant (le cavalier/chevalier) de l’épouse (la dame en noir en arrière-plan) aurait été assassiné par le mari cocu et jaloux (un grand classique), son adversaire dans cette partie d’échec.

Plausible mais banal, bien que la théorie du rasoir d’Ockham nous la souffle. Mais ce serait trop simple, beaucoup trop simple !

La solution était moins simple mais nom de Zeus, pour arriver à comprendre le raisonnement, qui est long et obscur j’ai dû avaler des aspirines afin de calmer mes maux de tête !

On est loin des déductions à Holmes ou Poirot, loin des indices faciles à repérer car la résolution est dans les échecs, jeu hermétique pour mon pauvre et simple esprit. C’est trop mathématique, trop abscons pour moi.

En plus, j’ai trouvé les différents personnages assez plats, sans relief, hormis pour le vieux César qui nous gratifiait de touches d’humour de temps en temps. Lui, il a relevé le niveau des autres qui eux, pouvaient retourner au vestiaire.

L’écriture est simple, à la portée de tous, les complications venant dans la partie consacrée aux échecs.

Par contre, malgré le fait que je me suis perdue, j’ai apprécié quand l’auteur nous parlait de l’art et de ses trafics nombreux, des manières de restaurer des peintures et de la fabrication des couleurs à une époque lointaine.

Vous vous en doutez, j’ai sauté des passages entiers et des pages et des pages tant le roman ne me passionnait guère. Je suis allée jusqu’au bout tout de même car « Le polar pour les Nuls » en parlait en bien, tant au niveau de sa construction que de sa résolution.

Ouf, je suis arrivé dans les chapitres des révélations ! Et patatras, lorsque Munoz, le « détective », prodige aux échecs, dévoilera le nom du coupable « tadaaaa », j’en suis restée baba tant ça me semblait lourd, déjà vu, déjà fait, coup classique… Le coup que je déteste qu’on me fasse. Le coup de pute.

Sinon, c’était vachement alambiqué, c’était recherché d’incorporer la solution de l’énigme dans des parties d’échecs, mais tout ça m’a perdu. En plus, avec des personnages sans trop de saveur et de goût, ça m’a achevé.

Je vais l’oublier et le ranger sur mes étagères.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°226 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 14].

 

Dracula : Fernando Fernández

Titre : Dracula

Scénariste : Fernando Fernández
Dessinateur : Fernando Fernández

Édition : Campus (1985)
Édition originale : Bram Stoker’s Dracula (1984)

Résumé :
Alors qu’il vient d’épouser Mina, le jeune Jonathan Harker se rend en Roumanie pour y rencontrer le comte Dracula, qui projette de faire l’acquisition d’une propriété à Londres.

Après un voyage placé sous le signe des superstitions locales, Harker va se rendre compte que le Comte n’est pas qu’un simple noble roumain.

Car Dracula est une créature de la nuit, un vampire à la recherche du sang qui lui permettra de prolonger indéfiniment son existence.

Critique :
Cette bédé est une adaptation libre du roman de Bram Stoker tout en étant fidèle au texte et à l’esprit de l’oeuvre originale.

L’apport personnel de l’auteur se trouvant dans le sens des dessins et l’utilisation de la couleur.

Premier constat : j’aime les dessins ressemblant à des aquarelles, j’aime aussi les couleurs utilisées, assez claires, comme des lavis.

Dès la première case, on ressent déjà des frissons, le poids des superstitions et la peur qui prend directement à la gorge.

Pourtant, je ne devrais pas être surprise, je sais très bien où je m’engage, contrairement à Jonathan Harker quand il prend la route du château du comte Dracula… Et bien, malgré tout, j’ai eu la trouille.

L’auteur a rendu vie au roman, l’a brillamment mis en scène – pardon – en pages, et en couleurs. Les scènes sont superbes, très parlantes, sensuelles, même, à certains moments (lorsque Dracula boit le sang de Lucy et celui de Mina) et on se surprend à d’abord admirer les images avant de passer au texte.

Contrairement au film de Coppola, il n’y a pas d’histoire d’amûr entre Mina et le comte Dracula. Pas de Dracula en dandy comme l’était Gary Oldman. Pas d’introduction non plus que les origines du vampirisme de Dracula.

Pour les midinettes amatrice de vampires sensuels, sexy et suceur de sang végétal, faudra passer son chemin, ici, c’est du véritable vampire A.O.C !

Comme dans le roman original, on est dans le gothique et l’horreur pure. De quoi faire monter sa tension tout en régalant ses petites mirettes.

Un album qui est tombé dans les bonnes mains, les miennes. Il va aller rejoindre la liste de mes bédés préférées.

Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 11].

 

Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2020

Olé, Sharon, malgré son emploi du temps plus que super chargé, organisera tout de même son célèbre et attendu Mois Espagnol ! ¡Qué guay!

Une fois de plus, on fouille sa PAL, on répertorie tout ce qui a un accent espagnol ou sud-américain.

Pour plus de facilité, en mars, j’avais créé une liste « Mois Espagnol » sur Livraddict et au fur et à mesure, j’y introduisais les romans se déroulant en Espagne ou avec des auteurs hispanophone.

Quoi de neuf au programme lecture ? Du vieux recyclé de 2019 et du nouveau… Si l’auteur n’était pas hispanophone, j’ai ajouté à côté de sa nationalité le lieu où se déroulait l’action principale.

  1. Amigorena Santiago : Le ghetto intérieur (Argentine)
  2. Arból Víctor del : La veille de presque tout (Espagne)
  3. Arból Víctor del : Le poids des morts (Espagne)
  4. Arból Víctor del : Par-delà la pluie (Espagne)
  5. Arból Víctor del : La maison des chagrins (Espagne)
  6. Argemí Raúl : À tombeau ouvert (Argentine)
  7. Arriaga Guillermo : Un doux parfum de mort (Mexique)
  8. Backhouse Hugo : Chez les Gauchos (Angleterre/Argentine)
  9. Bolaño Roberto : 2666 (Chili)
  10. Bonnefoy Miguel : Jungle (Venezuela)
  11. Bryan Helen : Femmes de l’ombre (États-Unis/Andalousie)
  12. Cabré Jaume : Les voix du Pamano (Espagne)
  13. Caparrós Martín : Tout pour la patrie (Argentine)
  14. Carter Chris : Le prix de la peur – Détective Robert Hunter 02  (Brésil)
  15. Castellanos Moya Horacio : L’Homme en armes (Salvador)
  16. Catelin Georges : Crack, chien patagon (?/Patagonie)
  17. Del Castillo Michel : La nuit du décret (France/Catalogne)
  18. Del Valle Ignacio : Empereurs des ténèbres (Espagne)
  19. Del Valle Ignacio : Les Démons de Berlin (Espagne)
  20. Diaz-Eterovic Ramon : L’Obscure Mémoire des armes (Chili)
  21. Diaz-Eterovic Ramon : Negra soledad (Chili)
  22. Fernandez Diaz J : Le gardien de la Joconde (Argentine)
  23. Fernandez Marc : Guerilla social club (France/Espagne)
  24. Fernandez Marc : Mala vida (France/Espagne)
  25. Ferrari Kike : De loin on dirait des mouches (Argentine)
  26. Franco Jorge : Le Ciel à bout portant (Colombie)
  27. Gamboa Santiago : Des hommes en noir (Colombie)
  28. Garduno Juan de Dios : Welcome to Harmony (Espagne)
  29. Giménez-Bartlett : Le silence des cloîtres (Espagne)
  30. González Ledesma : La dame de cachemire – Mendez 04 (Espagne)
  31. González Ledesma : Des morts bien pires – Mendez 11 (Espagne)
  32. González Ledesma : Cinq femmes et demie – Mendez 07 (Espagne)
  33. González Tomás : L’Histoire d’Horacio (Colombie)
  34. Leconte Marianne : Le Manuscrit de Grenade (France/Andalousie)
  35. Mallo Ernesto : Les hommes t’ont fait du mal – Perro Lascano 03 (Argentine)
  36. Mallo Ernesto : La Conspiration des médiocres – Perro Lascano 04 (Argentine)
  37. Martinez Agustin : Monteperdido (Espagne)
  38. Martínez Juan & Óscar : El Niño de Hollywood (Salvador)
  39. Miranda Miguel : Quand les vautours approchent (Portugal)
  40. Montero Manglano : Table du roi Salomon (Espagne)
  41. Montero Rosa : Le Poids du coeur (Espagne)
  42. Montero Rosa : Le temps de la haine (Espagne)
  43. Munoz Gabriel Trujillo : Loverboy (Mexique)
  44. Muñoz José Luis : La frontière sud (Espagne)
  45. Padura Leonardo : La transparence du temps – Mario Conde 08 (Cuba)
  46. Peeters Hagar : Malva (Pays-Bas/Chili – Pablo Neruda)
  47. Perez-Reverte Arturo : Le tableau du maître flamand (Espagne)
  48. Plante Alicia : Les eaux troubles du tigre (Argentine)
  49. Quiros Daniel : Pluie des ombres – Don Chepe 2 (Costa Rica)
  50. Ramirez Sergio : Il pleut sur Managua (Nicaragua)
  51. Ravelo Alexis : La stratégie du pékinois (Espagne)
  52. Redondo Dolores : Trilogie du Baztán, T1 : Le gardien invisible (Espagne)
  53. Rocha Luis Miguel : Le dernier pape (Portugal)
  54. Roncagliolo Santiago : Avril rouge – Félix Chacaltana 01 (Pérou)
  55. Roncagliolo Santiago : La peine capitale – Félix Chacaltana 02 (Pérou)
  56. Ruiz Zafon Carlos : Le jeu de l’ange (Espagne)
  57. Salem Carlos : Je reste roi d’Espagne (Argentine)
  58. Sepúlveda Luis : La fin de l’histoire (Chili)
  59. Sepúlveda Luis : Un nom de torero (Chili)
  60. Sepúlveda Luis : Histoire d’une baleine blanche (Chili)
  61. Sepúlveda Luis : Le vieux qui lisait des romans d’amour (Chili)
  62. Somoza José Carlos : La caverne des Idées (Espagne)
  63. Sánchez Pardos : Daniel Barcelona (Espagne)
  64. Santiago Mikel : Le Mauvais Chemin (Espagne)
  65. Taibo II Paco Ignacio : Nous revenons comme des ombres (Mexique)
  66. Taibo II Paco Ignacio : Jours de combat (Mexique)
  67. Taibo II Paco Ignacio : Ombre de l’ombre (Mexique)
  68. Trelles Paz Diego : Bioy (Pérou)
  69. Zanon Carlos : Taxi (Espagne)
  70. Zukerman David : San Perdido (France/Panama)

Spain flag

Jack l’Éventreur : José Ortiz & Antonio Segura

Titre : Jack l’Éventreur

Scénariste : Antonio Segura
Dessinateur : José Ortiz

Édition : Magic Strip (1992)

Résumé :
8 histoires de tueurs en série, se déroulant entre 1869 et 1888.

Critique :
Parlons d’emblée de ce que je n’ai pas apprécié dans cette bédé : les dessins en noir et blanc !

Non, je n’ai rien contre le noir et blanc, que du contraire, mais ici, on est loin de la ligne claire et le tout donnait une impression de fouillis, rendant la lecture plus ardue, plus âpre et faisant un peu saigner les yeux à force de les plisser pour essayer de distinguer des détails.

Horribles et moches, voilà mon verdict pour les dessins… D’ailleurs, j’ai souvent eu du mal pour distinguer à quel personnage j’avais affaire, ce qui est un comble.

Passons maintenant à la bonne nouvelle, entre deux conjonctivites due à cette lecture : leur Jack est bien trouvé, c’est une théorie qui pourrait se tenir et expliquer bien des choses, notamment qu’on ne l’ait jamais attrapé ou même identifié depuis toutes ces années.

Les ambiances sont sombres, bien entendu, le niveau de vie social et la misère sont bien représenté, les taudis aussi et idem pour ce qui est de la mentalité anglaise qui voulait que le tueur ne soit pas un Anglais, parce que shocking !

— Croyez-moi !! Je vous le dis !! Ce Jack est un marin… venu d’ailleurs… Aucun sujet de sa Gracieuse Majesté ne serait capable de commettre pareille boucherie.

— Bougez-vous un peu les enfants ! Pour seulement 4 pennies je t’emmènes au 7ème ciel. T’en reviendra pas.
— Pas ce soir… Demande à un autre.
— Désolé… Impossible… La bonne Annie nous a déjà offert ses services… À tous.

Et puis, tout est parti en couillonnade… Le tout sans queue ni tête, ou plutôt si, mais dans un style tellement brouillon que j’ai moult fois soupiré de dépit tant il était pénible d’avancer dans ce fatras de cases noires comme le charbon où l’on ne distingue jamais les traits des protagonistes, ou alors, après avoir plissé les yeux ou attendu une avancée dans le récit pour enfin comprendre que c’était lui.

Le fil rouge est bien entendu des histoires de meurtres, commis non pas par un, mais pas plusieurs qui se nomment Jack et qui tuent de toutes les manières possibles et imaginables, sans pour autant que ce soit sur des prostituées que leur rage s’acharne.

Pas de sexisme, pas de sélection, ça tue tout. Le tueur a mille visages, mille mobiles, mille victimes.

Tiens, entre deux assassinats, j’ai croisé un type portant une espèce de MacFarlane et deerstalker, un autre qui avait tout des traits d’un Boris Karloff en créature du docteur Frankenstein… Me demandez pas ce qu’ils foutaient là, après ça, j’ai décroché.

Anybref, pas besoin de vous faire un dessin pour vous prouver combien cette lecture a été pénible et inintéressante.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak : Nicolas Jarry & Jesús Hervàs Millàn

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jesús Hervàs Millàn

Édition : Soleil (22/05/2019)

Résumé :
Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer, a pour mission de délivrer et ramener le rejeton d’un chef Gobelin contre un gros tas d’or. Une expédition périlleuse en territoire elfique les attend.

Il y a quelques années, les elfes Sylvains de l’île des Céliandes entrèrent en guerre contre la tribu des Gobelins de Dumn.

Au terme d’un affrontement meurtrier, les elfes parvinrent à capturer le fils du chef de guerre adverse et le gardèrent en otage afin de tenir les Gobelins en respect. Ayraak et six de ses valeureux compagnons, tous vétérans de nombreuses campagnes, ne se doutent pas qu’en acceptant la mission ils devront traverser l’enfer s’ils veulent un jour toucher le comptant de leur solde…

Partis à sept, le danger et même la mort ponctueront leur périple…

Critique :
Ce nouveau tome de Orcs & Gobelins m’a attiré par son résumé, par ses promesses et comme nous allions aller devoir voter dans pas longtemps, je me suis dit qu’au moins, avec les Orcs, je n’allais pas être déçue.

Apparemment, si je ne suis pas déçue du scénario qui conjugue la baston à tous les temps, et ajoute une bonne dose d’amitié virile, pour les dessins, je reste sur ma faim.

Si les premières cases donnaient l’impression d’être face à des tracés précis et foisonnant de détails, la suite m’a démontré que pour la plupart des cas, nous avions des traits flous, peu détaillés, à tel point que j’ai dû parfois y regarder à deux fois avec de reconnaître tel ou tel personnage.

En ce qui concerne les personnages, les Orcs de la compagnie du Croc de Fer, ils ont beau être une belle troupe de 8 mercenaires, on les distingue facilement d’après leur taille ou leur visage, sauf dans les cases mal fagotées où il faut y regarder à deux fois.

Leurs caractères sont belliqueux mais chacun a sa personnalité propre et leurs noms permet de deviner le trait principal de certains : Picole, Grimoire, Crapaud, Tambour, Plume, Gratteur et Barbak. Il n’y a que pour Ayraak que je ne vois pas la fonction dans son nom. Mais c’est lui le capitaine de la compagnie.

Dans le plus pur style des films d’actions comme « Les Douze Salopards », nos grosses bêtes vertes vont devoir exfiltrer un Gobelin (vert aussi, mais c’est pas l’amour entre les deux peuples), un fils de chef, tenu en otage chez les Elfes. Un Theon Greyjoy moins bien loti car pour le Gobelin, c’est la prison.

Si leur balade en terres d’Elfes se déroule plus ou moins bien, leur sortie sera tout sauf une partie de plaisir, surtout lorsqu’on doit gérer un Gobelin qui n’en fait qu’à sa tête, sorte de gamin non discipliné qu’on aurait envie de jeter dans la flotte et certains membres de son équipe qui pensent que tout se résout d’un seul coup de hache.

Beaucoup de dialogues dans cette aventure, des grandes cases aussi, pour représenter certaines parties qui ne tiendraient pas dans une case standard et des couleur tirant dans les tons verts-bruns (normal pour le vert, on est en compagnie d’Orcs).

Nos mercenaires causent plus que des femmes, même en territoire ennemi, ce qui permet aussi au scénariste de présenter la fine équipe sans que cela prenne 10 pages au départ. Et comme j’apprécie souvent les textes de Nicolas Jarry, le scénariste, cela ne m’a pas dérangé.

Sans en donner l’impression, le scénariste glisse souvent des références à notre Monde dans ses mondes à lui et quand on a tout fini, le bon vieux « Diviser pour régner » est valable dans toutes les civilisations, qu’elles soient Humaines, Orcques, Elfiques, Naines ou Gobelines.

C’est intemporel et ça fonctionne toujours, tout le monde se laisse attraper, manipuler et on se retrouve ensuite sur un champ de bataille à taper sur l’autre d’en face pour des motifs futiles et créé de toutes pièces.

Une bédé dont l’histoire a du punch, de la profondeur, des personnages intéressants, qui aurait, en effet, méritée de s’étaler sur deux tomes pour ne pas donner cette impression de précipitation dans l’action et nous permettre de mieux faire connaissance avec tous les membres de la troupe.

Dommage que les dessins aient donné cette impression de flous, de manque de détails dans les visages et que le tout paraisse bâclé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Les fleurs ne saignent pas : Alexis Ravelo

Titre : Les fleurs ne saignent pas

Auteur : Alexis Ravelo
Édition : Mirobole Horizons Noirs (06/10/2016)
Édition Originale : Las flores no sangran (2015)
Traducteur : Amandine Py

Résumé :
Dans la liste des crimes les plus idiots au monde, le kidnapping contre rançon de la fille d’un parrain de la mafia figurerait en deuxième ligne, juste après le cambriolage d’un commissariat de police.

C’est pourtant le gros coup absurde qu’ont décidé de monter Lola, Diego le Marquis, Paco le Sauvage et le Foncedé, une bande de petits escrocs.

Bienvenue aux Grandes Canaries, une île paradisiaque où, derrière les plages magnifiques, se livre un duel inégal entre deux mondes : les apprentis-bandits vivant de larcins contre les barons en col blanc baignant dans la corruption et la politique.

Les fleurs ne saignent pas est un roman choral superbe, rythmé, qui fait le portrait d’une culture insulaire haute en couleurs et d’une société perdue dans le naufrage du capitalisme.

Critique :
Après avoir arpenté l’Inlandsis du Groenland, il me fallait une destination un peu plus chaleureuse, donc, cap sur les Grandes Canaries.

Là vous vous dites que le programme sera farniente sur la plage, boites de nuit mojitos, tapas, paella et tutti quanti.

On arrête de suite, l’auteur ne nous propose pas une carte postale de l’ile mais plutôt la réalité telle qu’elle est : crue, nue, pas belle à voir.

Rangez votre maillot et votre paréo et sortez votre débrouillardise en magouilles et compagnie afin de ne pas crever de faim puisque vous n’avez pas de boulot.

Ou alors, vous vous trouvez dans la catégorie sociale de ceux qui ont réussi, qui ont une grosse entreprise qu’ils font tourner, avec des milliers de gens à leur ordre, mais qui, pour gagner plus de fric et survivre, trempent aussi dans la magouille, les marchés publics, le blanchiment d’argent ou autres embrouilles.

Les Balkany n’ont pas le monopole et ils font mêmes petits joueurs face à deux entrepreneurs de l’ile, Isidro Padrón Alfonso et Marcos Perera, surnommés L’Enclume et Le Marteau.

L’auteur met en scène l’ile de Grande Canarie dans ce qu’elle a de plus sordide, ce décor que le touriste ne voit pas, celui des gens qui vivotent grâce à de petites combines et ceux qui s’enrichissent grâce à de grosses combines et des trafics en tout genre.

Ce sont les petits magouilleurs qui sont les plus sympathiques, même s’ils vous piquent vos valises à l’hôtel car nos amis restent encore avec une certaine morale, même lorsqu’ils décident de suivre un autre ami, Eusebio Le Gaucher, qui leur propose de kidnapper la fille de L’Enclume.

La connerie du siècle quand on est juste un petit voleur à la semaine. Encore plus con que de braquer une banque du sperme (et se faire payer en liquide), plus débile que braquer Madame Chirac avec ses pièces jaunes ou ceux du Télévie avec leurs pièces rouges. Le truc débile qui mériterait de figurer dans les « idées les plus connes du siècle ».

— Plus la mécanique est complexe, plus on a de chance qu’un ressort nous pète à la gueule. Et une simple vis peut tout foutre en l’air.

Ce roman noir n’a pas à proprement parler un rythme trépident, il prend son temps, se met en place, explore les portraits des différents personnages dont les psychés sont bien développées, que ce soit nos petits escrocs, nos deux bandits en cols blancs ou d’autres personnages qui y gravitent, telle des satellites.

La palette était copieuse niveaux personnages différents, on a eu des points de vue de chacun, on a suivi tout le monde à un moment donné, la chorale n’a jamais chanté faux et des tons rouge sang sont venus colorer les pages au fur et à mesure que tout partait en sucette. Quand on vous disait que c’était la connerie du siècle !

Lola, Diego le Marquis, Paco le Sauvage et Felo le Foncedé m’ont fait sourire, crisper les doigts sur les pages, exploser de rire à un moment donné, trembler. Oui ce sont des escrocs, mais des escrocs comme je les aime.

Il a du suspense dans ces 408 pages, même si on commence en douceur, mais à partir du moment où ça partira en vrille, plus un seul moment de répit à soi et les questions vont se bousculer, surtout celle de savoir comment ce kidnapping avec demande de rançon va se terminer.

Un roman noir bien écrit, qui met en scène des anti-héros, des bouffons, des escrocs du dimanche, mais qui parle aussi d’amitié, de fidélité, d’amour, de conditions sociales, de fric et de gens qui ne veulent pas toujours savoir l’origine de l’argent qu’on leur verse dans le portefeuille.

Un roman noir drôle, bourré de piments et d’une couleur qu’on ne voit pas tous les jours. Des comme lui, on en redemande car c’est une parenthèse agréable dans la littérature habituelle.

3,80/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Elfes – Tome 21 – Renaissance : Jean-Luc Istin & Kyko Duarte

Titre : Elfes – Tome 21 – Renaissance

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte

Édition : Soleil Productions Heroic fantasy (20/06/2018)

Résumé :
Lanawyn a promis à Lah’saa de trouver le moyen de changer les elfes Noirs Lea’yn et Feda’yn en elfes Rouges.

Alors que le lien qui l’unit au crystal bleu semble de plus en plus distendu, elle et ses alliés doivent affronter mille périples afin que puisse renaître la dynastie Rouge.

Mais dans l’ombre, certains se sont ligués et ont engagé la compagnie Noire pour les empêcher d’accomplir leur dessein.

Critique :
Le Rouge et le Noir ? Non, juste le Rouge qui est devenu Noir et que l’on va tenter de faire redevenir Rouge, et nous ne parlons pas de couleur politique, je vous assure.

Lanawyn, l’Elfe Bleue a promis de transformer deux Elfes Noirs en Rouges, afin de faire renaître ce peuple assassiné.

Ces deux machines à tuer qui ont reçu leur formation dans la terrible citadelle de Slurce appartenaient au peuple des Elfes Rouges auparavant.

Pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas, on ne nait pas Elfe Noir, mais on le devient… Une mutation intervient et directement ceux de la citadelle le savent et viennent vous quérir.

N’allez pas croire que tout le monde a envie de voir renaître le peuple des Rouges… Lanawyn va avoir fort à faire, aidée de ses guerriers bleus et tout dévoués afin de déjouer les tentatives de meurtres sur leur personnes.

N’allez pas croire non plus que nos deux Elfes Noirs sont les meilleurs potes du monde ! Lea’yn semble haïr Feda’yn et ce dernier n’est pas très copain non plus avec son homologue féminine. Ça risque d’être difficile d’en faire les nouveaux concepteurs de leur ancienne race…

Le chemin vers la renaissance sera semé d’embûches, donc (sinon, c’est trop facile), de pièges, d’attaques, de traitrise, de sabotage et, cerise sur le gâteau, nos Elfes vont embarquer un Orcs bien connu, Turuk ! Oui, le sexy Turuk est de la partie aussi et là, j’ai fait la danse de la joie.

Si la fantasy n’a rien inventé, empruntant comme les autres genres à notre monde, elle ne se prive pas non plus d’emprunter à des films ou autres œuvres bien connues.

J’ai vu un mur immense pour empêcher des choses d’entrer (GOT), j’ai vu un mage qui avait tout d’un Gandalf, j’ai assisté à une bataille de 10 contre 300, dans le style de celle du Gouffre de Helm (LOTR), une espèce de Hulk en version moins sympa (Marvel), une Compagnie Noire (Glen Cook) et les habituels génocides familiers de notre Monde réel.

Une fois de plus, les dessins sont à la hauteur de leur ambition, donnant des paysages féériques, même sur l’eau et le scénariste n’étant pas un manchot, il nous propose du très bon au niveau de l’aventure et du challenge à relever par les Elfes Bleus.

Comme ce n’est pas un imbécile, il nous propose un méchant charismatique, un autre mystérieux, ainsi que des Elfes Noirs au passé aussi sombre que leur âmes, eux qui se sont rendus coupable de choses horribles qui vont à l’encontre de tout.

Deux Elfes qui, avant de pardonner à l’autre, devront se pardonner à eux-mêmes et s’allier au lieu de se haïr.

Un récit haletant, bourré de fuite afin de ne pas se faire tuer par la Compagnie Noire, de combats pour sauver sa peau, quelque soit sa couleur, de questionnement pour savoir qui ne veut pas de la renaissance des Rouges et qui a ordonné leur massacre.

Du boulot pour Lanawyn, le tout sous l’égide d’un grand Mage qui va devoir, lui aussi, tout donner afin d’arriver à remplir sa mission. Non, personne ne va se la couler douce dans ces pages.

Une fois de plus des dessins magnifiques et un scénario servi au petit poil !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Ana Campoy

Titre : Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ?

Auteur : Ana Campoy
Édition : Bayard Jeunesse (2016)
Édition Originale : Las aventuras de Alfred & Agatha – Tomo 2 – El chelín de plata (2011)
Traducteur : Martine Desoille

Résumé :
En récompense pour ses bonnes notes, Alfred reçoit un shilling en argent de la part de son père. Tout fier, il va chez Agatha pour le lui montrer.

Son amie en profite pour lui présenter son voisin, l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle, auteur de romans policiers et créateur du célèbre Sherlock Holmes. Alfred est enchanté par cette rencontre.

Mais il se querelle avec Snouty Jones, la chienne à deux queues d’Agatha car elle a mordillé son précieux shilling.

Le lendemain, alors qu’il décide d’aller faire la paix avec la petite chienne, Hercule, le majordome des Miller, vient lui annoncer une affreuse nouvelle : Snouty Jones a disparu !Agatha est convaincue qu’elle a été enlevée….

Critique :
Je n’irai pas par quatre chemins, ces romans sont vraiment fait pour les plus jeunes et je n’y ai toujours pas trouvé matière à plaisir dans leurs enquêtes.

Pour les plus jeunes, c’est sans doute génial, amusant, mais pour une vieille habituée telle que moi, la résolution arrive un peu trop vite, trop facilement et j’en suis toujours à me demander si celui qui a enlevé Snouty Jones avait bien un cerveau parce que vu ce qu’il voulait qu’elle accomplisse, c’était du suicide !

La seule chose que j’ai apprécié, au cours de cette lecture rapide, c’était la rencontre avec Conan Doyle, voisin d’Agatha (future Christie). Alfred (futur Hitchcock) en a été subjugué.

Là, je me suis régalée et j’ai aimé la manière d’amener son futur roman d’après chute de Holmes grâce à l’enquête de nos deux futures célébrités.

Vous remarquerez sans doute la différence entre les personnages dessinés sur la couverture de l’édition espagnole et la française.

Sur l’espagnole, les deux enquêteurs en herbe ont l’air d’avoir 8/10 ans alors que sur l’autre, on dirait des ados de 16 ans. Et je ne vous parle même pas de la représentation du chien !!

Pour ce qui est de la résolution, j’avais déjà compris qui était l’auteur du kidnapping et ma foi, ce n’était pas compliqué tant il y avait peu de suspect.

Le final arrive très vite, un peu trop exagéré au niveau du méchant sans cervelle et de ce qu’il voulait que Snouty accomplisse.

Bon, je pense que je vais arrêter les frais ici.

Pour les jeunes, c’est le genre de lecture qui plaira. Moi, en tant qu’adulte, ce roman n’a pas réveillé mon âme d’enfant, là où d’autres y arrivent. Dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).