Féroce – Tome 1 – Taïga de sang : Gregorio Harriet et Alex Macho

Titre : Féroce – Tome 1 – Taïga de sang

Scénariste : Gregorio Harriet
Dessinateur : Alex Macho

Édition : Glénat (01/09/2021)

Résumé :
Quand la nature se déchaîne, personne n’est à l’abri.

Sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord, un tigre de Sibérie blessé par un braconnier se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim mais plutôt par vengeance, il peint du sang de ses victimes la taïga sibérienne.

Ni les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, ni les agents du Centre du Tigre de l’Amur, ni les groupes environnementaux ne sont en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse.

Inspiré de faits réels, Féroce fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. Un récit puissant, peuplé de personnages forts et plus vrai que nature où le massacre et l’horreur peuvent être enclenchés à tout instant.

Critique :
Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord… Autrement dit, dans le trou du cul du Monde, version glacée ! Là-bas, on coupe des arbres qu’on ne peut pas couper, pour l’exportation.

D’ailleurs, il paraît que l’on déforeste plus en Sibérie qu’en Amazonie et pourtant, on ne parle que l’Amérique du Sud… Les petites branches laissées au sol, après l’abattage (pas une machine) deviendront tellement secs en été que c’est incendie garantit !

Et quand un connard ne trouve rien de mieux que de tirer sur un tigre, les emmerdes commencent car quand tigre fâché, lui toujours manger Homme.

La première chose que j’ai appréciée, c’est le visuel : la couverture frappe bien fort et les dessins sont magnifiques. Très dynamiques aussi.

Le scénario part dans plusieurs directions à la fois et bien avant la fin de ce premier album, on a bien compris les différentes ramifications entre les personnages et ce qui est en train de se produire depuis le tir sur le tigre.

Nous sommes dans un excellent scénario, avec de la profondeur et sans dichotomie entre les bons reporters qui font un reportage sur les tigres de l’Amour et les vilains bûcherons qui coupent à tort à travers. Pas de ça, Lisette, madame la journaliste peut avoir l’écologie à géométrie variable et le jeune bûcheron des états d’âmes.

Le final, petit salopard, laisse le lecteur devant un suspense frustrant, puisqu’il faut attendre pour lire le second tome. Une chose est certaine, je serai au rendez-vous pour la suite !!

Une bédé à découvrir en restant bien au chaud chez soi car les paysages enneigés, s’ils sont magnifiques, donnent tout de même l’impression de froid extrême.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°92], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°94] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Blacksad – Tome 6 – Alors, tout tombe (1/2) : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 6 – Alors, tout tombe (1/2)

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (01/10/2021)

Résumé :
Chargé de protéger le président d’un syndicat infiltré par la mafia à New York, John Blacksad va mener une enquête qui s’avèrera particulièrement délicate… et riche en surprises.

Dans cette histoire pour la première fois conçue en deux albums, nous découvrons à la fois le quotidien des travailleurs chargés de la construction du métro dans les entrailles de la ville, mais également la pègre et le milieu du théâtre, contraste absolu entre l’ombre et la lumière, le monde d’en bas et celui d’en haut incarné par l’ambitieux Solomon, maître bâtisseur de New York.

Le grand retour de la série star de la bande dessinée !

Critique :
La mafia des Belettes ? Punaise, les auteurs doivent m’en vouloir pour faire de mon animal totémique un mafioso…

Ma lecture du sixième tome commençait bien.

Une fois de plus, les particularités intrinsèques des différents animaux sont parfaitement utilisées et c’est toujours un régal pour les petites mirettes de se plonger dans une album de Blacksad.

Notre chat renoue avec les histoires sombres et le scénario est étoffé. Une fois n’est pas coutume,  les magouilles politiques sont sur le devant de la scène et l’on comprend vite que tout va bien plus loin qu’on ne pourrait le penser. La toile est gigantesque, comme toujours.

Plusieurs événements qui semblent n’avoir aucun rapport entre eux (la pègre, le théâtre, le métro, les travaux de construction en surface), qui semblent être sur des voies différentes, commencent à se rapprocher, sans que l’on sache encore à quel aiguillage ou à quelle gare ils vont se télescoper.

La mafia des belettes a infiltré le syndicat des taupes, ceux qui construisent le métro de New-York et tentent de décapiter la tête de ce syndicat. Tous les moyens sont bons, vous le savez comme moi et notre Blacksad n’aura pas le temps de se tourner les pouces. Weekly non plus, mais de son côté, en jouant au parfait petit journaliste pour ne pas perdre sa place.

Comme toujours, le scénario aborde plusieurs cas de la société, comme le harcèlement sexuel, les mains baladeuses, les pauvres filles obligées de jouer le jeu pour payer leurs études…

Les mauvaises conditions de travail seront mise sur le tapis aussi, avec ceux qui construisent le métro et les aigrefins de la construction qui sont prêts à tout pour bâtir leur empire qui leur survivra.

On renoue vraiment avec le Blacksad des débuts. Les ambiances, même les plus colorées, ne sont jamais loin de la sombritude (néologisme offert) des conditions sociales des pauvres gens, à la merci des plus riches qui détiennent le pouvoir, l’argent et le pouvoir.

J’avais peur que ce sixième album ne soit pas à la hauteur, mais plus maintenant. Je n’ai qu’une envie, c’est de lire la suite pour voir comment tout ce beau merdier, dans lequel certains se trouvent englué, va se résoudre. Et pour savoir ce que va apporter le retour d’un personnage d’un ancien tome.

Ah, ces cliffhangers de malade qui nous laissent, pauvres lecteurs et lectrices, dans l’attente de la suite.

Mon avantage d’avoir découvert Blacksad cette année, c’est que je n’ai pas dû attendre des années en ma lecture du tome 5 et celle du 6… Maintenant, cela va changer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°64], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°87] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Blacksad – Tome 5 – Amarillo : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 5 – Amarillo

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2013)

Résumé :
Weekly doit quitter La Nouvelle-Orléans ; il y laisse John qui préfère rester pour chercher du travail sur place.

Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé !

Critique :
Blacksad décide de rester à la Nouvelle-Orléans et son pote Weekly le quitte à regret.

Moi aussi j’ai regardé partir Weekly avec regrets car c’est un personnage que j’apprécie beaucoup.

Heureusement, les auteurs vont m’en sortir un nouveau de leur poche : Neal, un avocat éditeur avec une belle tête d’hyène et une gueule sympathique.

Dommage que sa collaboration avec notre chat détective s’arrêtera à ce tome…

Ce récit commence comme des vacances pour notre Blacksad, un peu à la manière du Corniaud, le voici chargé de reconduire la Cadillac d’un riche Texan à Tulsa. Voilà un boulot pépère et bien payé. Notre chat roule, la pédale douce.

Oui mais, tel un Hercule Poirot sur lequel pleuvent les meurtres lorsqu’il prend des vacances, les emmerdes, volant en escadrille (et non en espadrilles), lui tombent dessus sans qu’il sache vraiment comment faire pour gérer tout ça.

Plusieurs choses resteront sans réponses dans ce cinquième tome : comment le riche texan réagira t-il en découvrant sa superbe bagnole cabossée de partout et puant le macchabée ? Pourquoi Chad, le beau lion et écrivain talentueux sur le retour et son pote Le Bison, poète qui se prend pas pour de la merde, ont-ils volé une moto et ensuite la bagnole de Blacksad ? La villa vue au départ leur appartenait-elle ou l’avaient-ils squattée ? Que deviendra le rouleau aux chiottes ? Mystères…

Si ce tome n’est pas mou du genou, si les dessins sont toujours magnifiquement exécutés, si les expressions faciales sont toujours superbes et d’une finesse que j’apprécie, si les couleurs sont chatoyantes, j’ai tout de même eu l’impression que notre détective félin se laisse emmener plutôt que de mener la danse.

Les personnages, même secondaires, ont une importance capitale et ceux de Neal l’avocat gouailleur et de Chad, l’auteur a succès qui doute, sont des portraits magnifiques et plein de profondeur.

Notre incursion dans le monde impitoyable du cirque ne nous donnera pas envie d’aller acheter un billet, mais cela permettra à Blacksad de nous montrer qu’il a encore de la ressource et de faire connaissance avec sa frangine.

Road movie les poils au vent, ce cinquième tome n’a pas la force des trois premiers, même s’il reste d’excellente facture et supérieur à bien d’autres bédés. Malgré tout, ces avalanches de situations alambiquées semblent n’être là que pour meubler un peu.

Pourtant, j’ai passé un bon moment avec mon Blacksad, un peu comme si nous étions en vacances et qu’il nous arrivait des bricoles amusantes, avant qu’elles ne deviennent franchement dangereuse pour notre santé.

À noter que le final est très beau… Fallait avoir des couilles, Chad, et tu les as eues.

Maintenant, sans attendre des années, je vais passer au nouveau tome qui vient de sortir. Parfois, découvrir des séries sur le tard, ça a du bon.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°86] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Black Panther – Tome 1 – L’empire intergalactique du Wakanda (Partie 1) : Ta-Nehisi Coates, Daniel Acuña et Jen Bartel

Titre : Black Panther – Tome 1 – L’empire intergalactique du Wakanda (Partie 1)

Scénariste : Ta-Nehisi Coates
Dessinateurs : Daniel Acuña et Jen Bartel

Édition : Panini – 100% Marvel (2019)

Résumé :
Dans un futur lointain, le Wakanda s’étend jusqu’aux confins de l’espace. L’impitoyable dirigeant de cet Empire intergalactique revêt le manteau de la Panthère Boire et réduit en esclavage des planètes entières.

Seul un héros pourra faire triompher la rébellion. S’agira-t-il de T’Challa ?

(Contient les épisodes US Black Panther (2018) #1-6)

Critique :
Une fois de plus, je ne connaissais l’univers de Black Panther uniquement via les films de Marvel, mais j’avais apprécié le personnage, l’acteur (snif) et l’univers.

Ici, on change tout à fait d’univers puisque nous ne nous trouvons pas au Wakanda mais dans l’espace infini.

T’Challa est un esclave et a tout oublié de qui il était, sa mémoire ayant été effacée.

Il y a fort, fort longtemps, un petit détachement du Wakanda a établi une colonie au fin fond du fond de l’univers.

Oubliant eux aussi qui ils étaient, ils sont passé de l’auto-défense à l’attaque des autres et de ce fait, sont devenu un empire galactique englobant 5 galaxies. Leur extension de connait pas la crise.

C’est une découverte totale pour moi. Mes premières impressions ont été bonnes puisque j’ai apprécié les dessins et les couleurs, même si le dessinateur Acuña amalgame ses traits des contour et les couleurs.

C’est à l’aveuglette que j’ai plongé dans ce nouvel univers où le Wakanda possède un empire galactique et où le beau T’Challa est un prisonnier de l’empire, en train de creuser dans les mines de Vibranium (pas de charbon, je vous rassure).

Si j’ai bien compris, c’est un changement radical afin de relancer la série.

Cet album est rythmé, avec moult scènes de batailles entre les soldats Impériaux et ceux des Marrons qui font partie des forces de la rébellion. Oui, ça fait un peu Star Wars, tout ça !

En ce qui concerne l’action, on est servi et bien servi. On ne révolutionnera rien dans ces scènes qui restent d’un classique absolu, mais elles sont bien représentées, ont de la fluidité dans les mouvements des différents protagonistes et elles sont crédibles.

Anybref, j’ai été agréablement surprise par cette découverte qui m’a changé de ce que je connaissais de Black Panther et du Wakanda.

Pour le coup, j’aurais peut-être dû commencer par du conventionnel plutôt que par un album qui relance la série avec du tout nouveau, mais bon, j’ai quand même réussi à comprendre et j’ai envie de savoir la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°46].

Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 4 – L’Enfer, le silence

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (17/09/2010)

Résumé :
Années 1950, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi gras bat son plein.

Grâce à Weekly, un producteur de jazz dénommé Faust fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star.

Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer.

Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu’il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d’un égard.

Critique :
Quel plaisir de retrouver John Blacksad, un de mes détectives préférés (après Holmes, bien entendu), dans une nouvelle enquête.

Moi qui le découvre seulement maintenant, je me régale à chaque fois que j’ouvre un album.

La Nouvelle-Orléans… Son carnaval, ses guérisseuses, ses légendes, le jazz…

Cette fois-ci, Blacksad, aidé de la fouine Weekly, enquête dans le milieu de la musique.

Sebastian « Little Hand » Fletcher, un pianiste de talent, qui a disparu et son producteur, Faust Lachapelle, a engagé notre chat noir afin d’enquêter sur cette disparition mystérieuse.

Les dessins et les couleurs sont toujours un régal pour les yeux, à la limite de l’orgasme visuel.

Le scénario semble conventionnel au départ mais comme d’habitude, il s’éloignera du classique pour entrer dans du plus sombre et faire sortir des secrets que chacun cache. Et personne n’a envie que ses secrets remontent à la surface !

Dans ce 4ème tome, les auteurs abordent la misère qui règne dans certains quartiers, obligeant les gens à vivre d’expédient, de mendicité,… Certains sombrent dans la drogue et les puissants n’hésitent jamais à exploiter la misère des uns pour assurer leur fortune.

Heureusement que Weekly vient apporter sa petite note d’humour dans ces pages bien sombres.

Mon léger bémol sera pour le final qui arrive un peu trop vite à mon goût… Le récit est rempli de mystères, de non-dits, de rebondissements, d’action, de violence, de sombritude (néologisme offert) et puis bardaf, le final tombe brusquement et tout nous est expliqué un peu trop rapidement.

Mais ceci n’est que pinaillage comparé à l’excellence des dessins, des couleurs, des personnages, des dialogues et du scénario qui est tout de même en béton. Quelques pages de plus auraient permis de prendre un peu plus son temps dans la résolution finale.

Merde, il ne me reste plus qu’un seul album à découvrir….

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°28], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°79] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Blacksad – Tome 3 – Âme rouge : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 3 – Âme rouge

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2005)

Résumé :
John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter.

En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.

Critique :
Le nucléaire est-il une bonne affaire ? Pour nous éclairer, c’est pas si mal (hormis les déchets et les dangers des centrales qui fuitent).

Ici, on parle plus du nucléaire en tant qu’arme absolue à envoyer sur la gueule des ennemis afin qu’ils se taisent pour toujours et à jamais.

Blacksad, qui s’emmerdait à jouer le garde du corps pour un milliardaire, va mettre, une fois de plus, ses coussinets dans une affaire puante, le tout sur fond de traque aux communistes.

Comme pour les deux premiers, les dessins sont léchés (normal avec des chats et des chiens), les couleurs chaudes, vivantes, qui mettent en valeur l’excellent travail du dessinateur Guarnido.

La Guerre Froide n’est pas une guerre qui aurait lieu en Antarctique, c’est encore pire car elle a opposé deux grandes puissances et à fait frémir la Terre entière.

C’est sur ce sujet que les auteurs vont se baser pour ce troisième opus de John Blacksad, en y ajoutant la chasse aux sorcières et les fameuses listes où se trouvaient inscrits des noms d’écrivains, de cinéastes, scénaristes… Le maccarthysme était une saloperie de maladie.

Le ton est toujours un peu ironique, cynique et en 56 pages, les auteurs arrivent à tout caser sans que l’on ait l’impression d’avoir été grugés ou que tout ait été scénarisé en accéléré.

Comme toujours, personne n’est tout blanc ou tout noir, certains ont des péchés horribles sur le dos et ont tenté de se racheter, de faire le bien… Faut-il leur en vouloir de leurs erreurs passées ? Les bonnes actions rachètent-elles les fautes impardonnables ? Ces erreurs, d’autres personne n’auraient-elles pas pu les faire, elles aussi ?

Ces questions, vous y répondrez vous même, en âme et conscience (ou vous n’y répondrez pas car il n’est pas facile de se prononcer définitivement) après avoir lu ce troisième album de Blacksad qui, sans atteindre l’excellence des deux premiers, n’en reste pas moins un excellent album.

En tout cas, des certitudes, je n’en ai pas, je cherche toujours la bonne réponse. Ma seul certitude c’est qu’il est plus que conseillé de lire Blacksad.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°03], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°72].

Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings : Fabrice David et Jaime Calderón

Titre : Les Voies du Seigneur – Tome 1 – 1066 – Hastings

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Soleil (2009)

Résumé :
1066. L’Angleterre se prépare à devenir le théâtre de l’une des plus furieuses et des plus épiques batailles de tout le Moyen Age.

C’est pourtant un tout autre enjeu qui fera basculer le sort des îles britanniques.

Inscrit dans le cuir, n’y a-t-il pas un secret susceptible de transformer le destin de la chrétienté ?

Odon de Bayeux, demi-frère du Duc Guillaume, sera le premier à découvrir à quel point les Voies du Seigneur semblent tortueuses.

Critique :
Si vous m’aviez demandé de vous parler d’Hastings, je vous aurais sorti la biographie du compagnon d’enquête d’Hercule Poirot…

Et si ensuite, vous m’aviez aiguillé sur la fameuse bataille d’Hastings, j’aurais été incapable de vous donner la date, les protagonistes et qui gagna le match (et à combien de buts d’écarts).

Comme il n’est jamais trop tard pour augmenter sa culture, je me suis dirigée vers cette bédé historique qui, en plus de nous faire vivre la bataille d’Hastings de l’intérieur, ajoutera à cela un petit mystère contenu dans un parchemin et qui est de la bombe !

Pour les Nuls qui se trouvaient au fond de la classe avec moi, je vous résume le brol en quelques lignes : Guillaume Le Bâtard (pas encore « Le Conquérant »), qui est, pour l’instant, le duc de Normandie, s’apprête à se lancer à l’assaut de l’Angleterre (anti-brexit, le mec). Son énorme flotte est postée à Bayeux et n’y fait pas tapisserie.

Son but ? Renverser celui qui revendique le trône (Harold) et s’approprier le pays, aidé en cela par Hardrada, le chef saxon (vikings).

Odon, le demi-frère de Guillaume le Conquérant n’a rien d’un espion mais il va devoir jouer double-jeu pour tenter de récupérer ce précieux parchemin, sans que son frangin le sache.

Les atouts de cette bédé sont ses dessins, très bien réalisés et son scénario qui est empli de mystère. Pour l’issue de la bataille, si vous trouvez le suspense trop dur, Wikiki vous dira tout mais vous ne vivrez pas cette bataille de l’intérieur.

Les découpages de l’histoire sont dynamiques, quasi cinématographiques et une fois que l’on a lu les premières cases, on n’a plus envie de s’en aller, mais plutôt de lire jusqu’au bout.

Le mystère sur le parchemin sera levé, les lecteurs sauront ce qu’il contient et c’est une bonne chose car cela évite de devoir attendre la fin de la saga pour savoir. Effectivement, il aurait pu changer bien des choses…

Anybref, voilà une bédé historique plus que correcte, avec un scénario qui romance quelque peu l’Histoire, sans pour autant la dépraver ou la changer totalement.

Mon seul inconvénient sera pour les personnages avec lequel je n’ai eu aucun atome crochu, mais ceci n’est pas trop grave.

Par contre, plus de pages auraient permis aux auteurs de faire durer un peu plus la bataille afin que l’on soit vraiment immergé à fond dedans. Ici, elle se termine un peu trop vite.

L’intrigue liée au parchemin commence dans ce premier tome et je me doute bien qu’elle continuera dans les autres. Si j’ai le temps, je tâcherai de poursuivre cette saga afin de voir sur quelles routes (en dur ou maritimes) elle va me mener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°293], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°46], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les traqueurs – Tome 3 – La dernière chasse : David Muñoz et Tirso

Titre : Les traqueurs – Tome 3 – La dernière chasse

Scénariste : David Muñoz
Dessinateur : Tirso

Édition : Glénat (21/08/2019)

Résumé :
On ne contrôle pas impunément l’arme des dieux… Le Cerbère des dieux a été capturée et rapportée en Angleterre. Grâce au pouvoir de Mara, qui le contrôle, le roi souhaite en faire son arme suprême pour mettre un terme à la guerre qui l’oppose aux hollandais.

Mais aveuglé par sa soif de conquête, il ne compte pas en rester là et projette même d’envoyer d’autres traqueurs capturer toujours plus de créatures. Mais il ignore qu’on ne contrôle pas impunément l’arme des dieux…

Critique :
♫ Gare au gorille ♫ Ou plutôt, gare à la bête, au cerbère des dieux qui vient d’arriver à Londres.

Nous sommes en 1666 et lorsque j’ai vu cette date sur la case, j’ai eu un flash et me suis demandée si les auteurs allaient nous donner une nouvelle interprétation de ce qu’il se passa à Londres à cette date.

La couverture est en elle-même un sacré indice ! D’ailleurs, j’ai envie de chanter du Johnny ♫ Allumer le feu ♪

Minute culturelle : j’ai appris dernièrement que Paris aurait eu plus de mal à finir comme Londres en 1666 grâce au plâtre dont était recouvert ses murs.

Les dés sont jetés, les acteurs doivent assumer leur choix et asseoir leur position, quel qu’en soit le prix à payer. Le roi d’Angleterre veut asservir l’Europe (no brexit) et ça coince un peu dans la gorge des anglais que la bête soit commandée par une femme.

Le seul homme qui peut la commander est considéré comme un traître puisqu’il ne veut pas que le cerbère des dieux servent à des dessins de conquête et d’extermination des ennemis.

Les dessins sont toujours agréables et bien exécutés, la vieille Londres est bein représentée, le côté fantastique passe comme une lettre à la poste et les personnages au pouvoir sont cupides à souhait, ne pensant jamais que la bête pourrait se retourner contre eux.

C’est comme posséder l’arme nucléaire, on oublie trop souvent qu’elle peut nous péter à la gueule et que nous n’avons aucun contrôle, juste une très haute opinion de nous-même, de notre savoir, de nos compétences. Comme nos anglais de 1666…

Il y a du suspense, de la tension dramatique, les ennemis d’hier doivent s’entraider, les amis d’hier se sont séparés, bref, on a rabattu les cartes et le jeu a changé. En possession d’une arme absolue, rien n’est jamais garanti et l’amour exclusif de la patrie n’est jamais une bonne chose.

Jonas prend de l’ampleur dans ce dernier tome, il s’affirme, il n’est plus le jeune gamin du début, sous l’autorité de son oncle. Les personnages ont évolués, montrés leur vrais visages et j’ai apprécié le voyage aux côtés de certains.

J’avais peur que le final ne parte en carabistouilles, mais non, il est logique, bien exécuté et tout se termine dans ce troisième tome, tout en laissant une porte ouverte à de nouvelles aventures…

Une série qui est montée en puissance au fil des tomes, un scénario qui s’est affiné et si j’avais quelques réserves après le premier tome, la suite m’a prouvé le contraire. En un mot, j’ai eu raison de pousser la curiosité à poursuivre la lecture de cette série, qui, contrairement à la saga « L’Or des fous », a progressée vers le beaucoup mieux !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°268], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°17], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°59]  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2003)

Résumé :
Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).

Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille.

Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John.

Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

Critique :
Le premier tome de Blacksad sentait bon le polar hard-boiled à l’ancienne (nous sommes dans les années 50) et avait tout d’une grande bédé.

Le tome 2 grimpe encore plus haut et crève le plafond et explose la cotation.

Hard-boiled, il l’est toujours, mais en lieu et place d’une enquête « classique », on met les pieds dans l’auge puante (et j’insulte les cochons) du ségrégationnisme, du racisme, des encagoulés du KKK et des bas de plafond des WASP (le banc anglo saxon et protestant).

Bienvenue dans le quartier de The Line, bienvenue chez la racaille des Claws, bienvenue aussi chez les suprémacistes d’Artic Nation, ceux qui viennent du froid et qui sont plus Blancs que Blancs que même les poudres à lessiver Dash/Dixan vont leur coller un procès tellement qu’ils sont Blancs.

Si au départ on pense à une enquête classique sur la disparition d’une jeune gamine Noire, restez sur vos gardes car il n’en sera rien et le scénariste sait non seulement monter une histoire qui tient la route mais en plus, il sait comment nous trouer le cul à la fin de son album. J’adore me faire entuber de la sorte.

Le dessinateur Juanjo Guarnido me donne envie d’acheter des ex-libris de Blacksad tant ses dessins sont sublimes, magnifaïïïïks, géniaux (et faudra aussi que j’achète un dico car les superlatifs comment à manquer).

Lorsque je lis (que je dévore goulûment) Blacksad, j’ai l’impression de regarder un vieux film des années 50, un bon vieux polar à l’ancienne, avec des atmosphères à la Bogart. Les dialogues, eux, sont toujours ciselé au scalpel, rempli de cynisme et de sarcasmes. J’adore !

Surtout qu’une espèce de fouine (une belette ?) a fait son entrée aux côtés de Blacksad : le journaliste surnommé Weekly qui ne manque pas d’humour.

L’anthropomorphisme est toujours bien réalisé à tel point que l’on oublie que l’on a affaire à des animaux qui souffrent des mêmes tares que les Humains.

Blacksad, c’est sobre, soigné, c’est intelligent, c’est fin, bref, je me demande pourquoi je n’ai pas lu cette série plus tôt. Avantage, je la découvre avec encore plus de plaisir et là, elle a sa place sur les plus hautes étagères de ma biblio, là où je classe le Graal de la bédé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°261], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°58], le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) [N°20  Une bd récompensée] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

  • 2003 : prix spécial du jury au festival de Sierre;
    • Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Arctic-Nation.
  • 2004 : prix du public et Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Arctic-Nation ;
    • Prix Virgin du meilleur album pour Arctic Nation.
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur album original pour Arctic-Nation;
    • prix Virgin du meilleur album pour Arctic-Nation.

Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombres : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombre

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2000)

Résumé :
Par un moche matin couleur sépia, Blacksad, détective privé de son état – ou  »fouille-merde » selon certains – est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre.

Il reconnaît : c’est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire.

En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

Critique :
Je sais, je sais… Il m’en aura fallu du temps pour découvrir Blacksad !

Croyez-moi, j’ai honte de ne pas m’être penchée plus tôt sur cette bédé dont tout le monde avait parlé à l’époque, pour n’en dire que du bien…

C’est sur le tard que je viens de découvrir le premier tome et je me suis pris un uppercut dans la gueule pour plusieurs raisons.

La première concerne les graphismes ! Ce sont de véritables œuvres d’art, tant au niveau du coup de crayon de Juanjo Guarnido mais aussi en ce qui concerne les couleurs.

C’est bien simple, dès la première case aux tons sépia, on est subjugué et on se demande si on ne va pas rester de longues minutes à examiner la case pour apprécier le luxe de détails.

Le dessinateur a aussi réussi à rendre vivants les personnages qui ont des têtes d’animaux sur des corps humains (avec la carrure qui va avec), mais, encore plus fort, à les rendre tout à fait réaliste, poussant le vice jusqu’à leur donner la tête de l’emploi (le rat espionne, le gorille boxe, le chien commissaire).

Le chat étant curieux de nature, c’est à un élégant chat noir qu’incombe le rôle de détective privé. Oubliez votre gentil minou tout câlinou, John Blacksad n’est pas une boule de poils ronronnante !

Tout comme pour les autres personnages, ses expressions sont étudiées, soignées et parfaitement restituées.

L’enquête est classique mais ses ramifications vont plus loin que l’on aurait pu le penser au départ et elle nous fera entrer dans un monde de corruption, de violence, de meurtres gratuits… Bref, c’est glauque, poisseux et on adore ! Un détective hard-boiled comme au bon vieux temps de Dashiell Hammett et ses pairs.

Si vous n’avez pas encore découvert Blacksad, je vous conseille de vous la faire prescrire par votre libraire dealer et pas en version homéopathique mais en injection directe. L’abus de Blacksad n’est pas nuisible pour la santé (l’abus de bédés non plus).

Blacksad, une merveille graphique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°257], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°57], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.