Sur les pas de Geronimo : Corine Sombrun et Harlyn Geronimo

Titre : Sur les pas de Geronimo

Auteurs : Corine Sombrun et Harlyn Geronimo
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
Combattant légendaire, Geronimo (1829-1909) fut l’un des derniers chefs indiens à déposer les armes après avoir tenu en échec près de la moitié de l’armée des Etats-Unis.

Malgré les promesses qui lui ont été faites, il ne reverra jamais sa terre natale : les restes du vieux guerrier chiricahua seront ensevelis dans le cimetière militaire de Fort Sill, en Oklahoma.

Aujourd’hui, Harlyn Geronimo, son arrière-petit-fils, engagé dans la défense des droits de son peuple, continue de se battre pour honorer la mémoire de son aïeul et pour que soit réalisé son ultime souhait.

Né de la rencontre entre une Française, Corine Sombrun, et Harlyn Geronimo, ce livre présente le portrait croisé du héros indien et de son descendant.

Au fil d’un voyage vers la Gila River, mêlant le récit intime et l’histoire d’un peuple, les auteurs évoquent la « mémoire apache » mais aussi les défis auxquels cette communauté doit faire face de nos jours.

Critique :
Que sait-on de Geronimo ? Pas grand-chose en somme, hormis qu’il était un grand guerrier Apache…

Nous croyons savoir, nous pensons savoir, moi même je pensais savoir et tout compte fait, je ne savais pas grand-chose.

Il était temps que cette biographie arrive dans mes mains afin d’augmenter mon savoir sur cet Amérindien dont tout le monde connait le nom mais pas vraiment l’homme derrière.

Corine Sombrun, chamane en Mongolie, nous raconte sa rencontre avec Harlyn Geronimo, arrière-petit-fils du célèbre guerrier Apache et medicine-man.

Alternant les chapitres où l’auteure nous raconte son périple au côté de Harlyn Geronimo et ceux parlant de Geronimo, cette biographie se lit toute seule et je l’ai trouvée ni trop copieuse, ni trop concise. Un bel équilibre qui évite de devenir indigeste au bout d’un moment.

Le récit consacré à Geronimo le guerrier est en fait raconté par son arrière-petit-fils, Harlyn, comme s’il s’adressait à lui au travers du texte. Il nous parle des croyances Amérindiennes (des Apaches), de leur mode de vie, de leur culture, tout en gardant des choses secrètes (sur les plantes médicinales entre autres).

C’est tout un pan de la culture Apache que j’ai découvert et que Harlyn voudrait faire revivre, afin que les siens cessent de s’empiffrer et de grossir devant la télé, les pubs et qu’ils reviennent à une vie plus saine, plus proche de la Nature.

Parlant de son combat pour récupérer les os de son aïeul, Harlyn nous racontera toutes les fausses promesses que les Hommes Blancs firent au peuple de Geronimo, leur placement dans des réserves humides qui provoquera la tuberculose, la famine, l’interdiction de pratiquer ses rites, sa culture…

C’est un récit fort émouvant à certains moments car Geronimo ne s’est jamais battu que pour son peuple, pour ses droits les plus primaires, pour sa terre, pour retourner vivre avec les siens aux sources de la Gila.

Le gouvernement Américain, l’armée, les Blancs, ont fait de lui un assassin sanguinaire et n’ont jamais compris que la plupart des Apaches voulaient vivre en paix mais décemment, comme tout être humain qui se respecte. Mais ils gênaient…

Un très beau récit entre le descendant direct de Geronimo et son ancêtre, un parallèle intéressant entre le peuple Mongol et les Apaches, un voyage fantastique aux sources des traditions des Apaches chiricahuas et un échange des plus instructifs entre Corine Sombrun et Harlyn Geronimo.

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Le train des orphelins – Tome 5 – Cowpoke Canyon : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 5 – Cowpoke Canyon

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo Edition (07/01/2015)

Résumé :
1990 : Jim a trouvé la paix auprès de Bianca, mais Joey, son frère, reste pétri de haine pour Harvey, celui qui a volé l’identité de Jim, et rien ni personne ne l’en guérira… pas même Lisa, l’amie de toujours.

Pourtant, à la mort de Lisa, Joey annonce qu’il accompagnera Jim pour rendre à Harvey son dossier d’adoption.

1922 : à Cowpoke Canyon, les affaires sont florissantes et la main d’oeuvre bon marché grâce aux orphelins qu’Effron, le maître des lieux, fait venir en grand nombre. Le petit Joey, livré à lui-même, survit tant bien que mal.

Lisa, mariée à Effron, est maman d’un petit garçon et tentent de faire oublier ses origines de fille des rues.

Critique :
Que peuvent se dire deux frères qui se revoient après 70 ans de séparation ?

Joey voulait tant retrouver son frère quand il l’avait perdu, après leur voyage dans le Orphean Train et voilà qu’en 1990, ils se regardent comme deux étrangers.

Personne n’a eu la vie facile dans les orphelins, hormis Harvey la crapule machiavélique et Joey semble être celui qui est le plus rancunier, qui a gardé les blessures les plus profondes, comme s’il ne voulait pas qu’elles cicatrisent.

La page sombre de l’Amérique continue, l’exploitation des enfants, main d’oeuvre bon marché aussi.

Quand on a une ville à construire, à étendre (Cowpoke Canyon) et qu’on est son maire, son shérif et le chef tout puissant, quoi de mieux que de faire venir des orphelins de New-York et de leur offrir le bon air pur de la campagne en leur faisant construire une partie de la ville ? Des Légos grandeur nature…

Harvey continue son petit manège, séduit tout le monde, continue de pousser l’imposture et de manipuler les adultes, faisant chanter les uns, promettant des choses à d’autres, tirant les ficelles dans l’ombre.

L’album alterne toujours l’histoire entre le passé et le présent, l’éclairage commence à se faire, on comprend certaines choses, d’autres sont encore obscures, comme le fait que Lisa s’en veuille pour quelque chose. C’est la première fois qu’elle en parle.

Un 5ème tome qui est toujours dans la lignée des premiers et qui nous montre une partie de ce que fut la vie de Lisa et Joey, à Cowpoke Canyon et ce n’était pas du gâteau.

Anybref, une saga que j’adore et que j’ai bien fait de découvrir !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°75] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Walter Appleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : WalterAppleduck – Tome 2 – Un cow-boy dans la ville

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dupuis (2020)

Résumé :
Son master de cow-boy en poche, Walter Appleduck regagne la ville en compagnie de Billy, l’adjoint du shérif de Dirtyoldtown. Son objectif est désormais que celui-ci s’ouvre aux valeurs modernes et humanistes.

Mais loin de son Ouest sauvage, Billy, homme rustre, macho, grossier et alcoolique, a beaucoup de mal à s’adapter.

Critique :
Walter Appleduck est un être civilisé, cultivé, poli, instruit, ouvert d’esprit et aux autres cultures.

Puisque son stage à DirtyOldTown  est terminé, il invite l’adjoint au shérif, Billy, dans la grande ville.

Billy, l’adjoint, est le négatif de Walter : il est grossier, bourru, impoli, imbuvable, raciste, con, gaffeur, macho, crétin, inculte, rustre,… n’en jetez plus !

Anybref, pour arriver à ouvrir l’adjoint du shérif aux valeurs humanistes et modernes, faut se lever très tôt le matin.

On prend les mêmes, on recommence, mais on inverse l’histoire : après le citadin qui débarquait dans la ville de l’Ouest, voici le bouseux délicat de la gâchette qui arrive en ville. Changez de trottoir !

Ce que j’apprécie dans cette bédé, c’est le ton décalé, déjanté, utilisé par les auteurs, que se soient dans les dessins ou dans les dialogues.

Lorsque l’on est attentif, on remarque des petits détails amusants dans les cases, comme ces chevaux devant un grand hôtel qui portent les insignes Rolls-Royce et Ferrari. Il y en a plein, à vous de les découvrir.

Billy est un personnage qu’on n’a pas envie de trimbaler derrière nous tant il est un crétin fini mais il est drôle et ses péripéties avec le bandit Rascal Joe sont des plus hilarantes. Le tout est à prendre au second degré, bien entendu.

C’est corrosif, sous le couvert d’humour, les auteurs taclent notre société de consommation, l’art, les restos gastronomiques, le racisme… Tout y passe à la moulinette de l’humour noir et des running gags avec Rascal Joe.

Scénario déjanté avec des dessins cartoonesques (qui va bien au ton de la bédé), cette bédé est parfaite pour rire un bon coup, pour se détendre le corps et l’esprit ou pour se changer les idées si on broie du noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°74] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 3 – Le Shérif de la ville sans loi : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 3 – Le Shérif de la ville sans loi

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1997)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son cœur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps « les frères Bull » ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des Indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… Il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Critique :
La vengeance est un plat qui se mange froid mais Yaqui-Jed, métis Navajo, préfère la savourer la plus chaude possible et Wanted va lui donner un coup de main tout en aidant une jolie veuve.

Attendez un peu… Une jolie veuve, un ranch convoité, un fils assassiné, une spoliation des biens et un chasseur de primes qui aide…

Il y a comme des relents de « Once upon a time in the west », dans cet album (le chemin de fer en moins-, d’ailleurs, un personnage a la tête de Bronson.

Si l’on veut lire du western dans ce qu’il a de plus classique, l’album es tout ce qu’il y a de plus honorable, classique de chez classique, mais si on a envie de voir autre chose que ce qui a déjà été mis en scène tant de fois, faudra aller voir ailleurs.

Les dessins ont un peu évolués par rapport au premier tome mais les couleurs sont toujours à chier et ça tire l’album vers le bas.

Rien de neuf sous le soleil, que de l’ultra-classique avec le shérif véreux qui tient tout le monde sous sa coupe et un Wanted qui va tirer plus vite que son ombre (surtout plus vite que les autres) et réussir là où personne d’autre que lui ne réussirait.

Pas mal, le niveau remonte un peu mais ça reste dans les sentiers battus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°73] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 19 – La longue marche : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 19 – La longue marche

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Fleurus (1980) / Hachette (1982) / Dupuis (1992) / Dargaud (2003-2013)

Résumé :
Le lieutenant Blueberry est emprisonné à Fort Bowie (Arizona). Une escorte s’apprête à l’emmener à la plus proche station de chemin de fer. Il doit en effet être jugé à Durango pour vol, évasion, haute trahison et tentative d’assassinat sur la personne du président des États-Unis.

Mais c’est peut être sans compter sur Red Neck et Mac Clure, fidèles amis de Blueberry, qui vont tout tenter pour le faire évader.

D’autres alliés avancent aussi dans l’ombre : Chini, la jolie fille de Cochise, et un groupe de Navajos emmenés par Vittorio.

Dix-neuvième album de la série de bande dessinée Blueberry, publié pour la première fois en 1980, c’est le deuxième album du cycle de Blueberry fugitif (trois tomes). Le titre est une allusion à la longue marche des Navajos survenue en 1864.

Critique :
J’avais relu « Nez-Cassé » il y a deux ans et je n’avais pas eu le temps de continuer le cycle « Blueberry fugitif », ce qui était une grave erreur de ma part puisqu’il est excellent (mais bon, je l’ai déjà relu au moins 36 fois).

Pour ne pas changer, Blueberry est dans une merde pas possible. Là, on l’accuse d’avoir tenté d’assassiner le président, rien que ça.

Jamais de sa vie Blueberry ne sera pris au sérieux quand il clame son innocence. Et jamais il n’aura une aventure pépère sans coups fourrés qui le mettent à mal vis-à-vis de la hiérarchie.

Cet album, qui n’a pas été édité chez Dargaud (je ne sais pas pourquoi) possède une fois de plus un scénario béton, avec de l’action, du suspense, le retour des Navajos chez qui Blueberry s’était réfugié dans le tome précédent et une évasion de dingue, orchestrée par ses deux compères Red Neck et Mac Clure.

Et quand ces deux là montent un plan d’évasion, c’est vachement plus réfléchi que les plans foireux d’évasion dans « La 7ème compagnie ». Ici, au moins, aucun con ne fera sauter de ponts…

Autant les personnages Blancs ne savent pas reconnaître leurs erreurs dans les Blueberry, autant l’Homme Rouge sait battre sa coulpe et admettre que Blueberry avait raison.

— La ruine de mon peuple a enfin ouvert les yeux de Vittorio, aveuglé par la soif de gloire ! Seul le plan de Tsi-Na-Pah était sage ! En le refusant, moi Vittorio ai provoqué la mort inutile de beaucoup de braves… J’ai dit !

Les dessins de Giraud sont toujours fidèles à eux-mêmes et les cases débordent de détails, de plans larges, de visages en gros plan. Les décors sont toujours majestueux et on ressent bien tout le poids des paysages naturels des États-Unis.

Blueberry est toujours un grand stratège, il pense comme un Blanc, ce qui aide bien les Indiens qui eux ne penseraient pas à certains détails. Notre lieutenant est un joueur de poker, le bluff, il connait, et certains vont en faire l’amère démonstration.

Ce dix-neuvième tome se recentre sur les Indiens, comme le précédent et les met en avant d’une manière intelligence, réaliste. On est loin des emplumés un peu crétins de Lucky Luke ou d’autres bédés, films, séries. Les auteurs ont rendu à César ce qui était à César et aux Indiens ce qui étaient à eux.

C’est aussi l’occasion de dénoncer le système des réserves qui parquaient les Indiens dans des coins hostiles, où on se les gèle en hiver (on ne leur donne pas assez de couvertures) et où on se liquéfie en été, sous le soleil infernal. Le tout sans recevoir assez de nourriture…

Et l’Homme Blanc, les militaires, estiment que le Rouge doit se taire car c’est déjà bien qu’on lui donne ces terres arides. Bref, belle mentalité que nous avons là.

Comme toujours, Blueberry ne m’a jamais déçu, ni au niveau du personnage, ni au niveau du scénario, des décors, des personnages secondaires… Tout est bien pensé, pesé, c’est taillé au millimètre et, last but not least, nous recroisons la route de certaines personnalités marquantes du cycle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°66] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes associés (20/06/2001)

Résumé :
Etats Unis, fin de la guerre de sécession… un petit groupe de confédérés ne pouvant croire à la défaite de leurs camps continuent la guerre comme si de rien n’était. Ils se livrent aux pillages, viols autres cruautés sans aucun complexes.

Leur chef, le capitaine Ralton, un homme dément, prend conscience que son détachement ne pourra se livrer à ses massacres longtemps avant que les nordistes ne leur tombent dessus et ne les réduisent en charpies.

C’est pourquoi il décide de séparer son détachement et de partir avec ses meilleurs hommes à l’abri pendant quelques temps.

Il s’en va chez son frêre qu’il n’a pas vu depuis longtemps et avec lequel il s’est séparé en de mauvais termes. C’est à cause de lui que Ralton est défiguré, mais ne serait il pas venu le temps de lui faire payer ceci…

Critique :
*Voix de Jacques Martin*
— Bonjour, tu aimes La Petite Maison Dans La Prairie ? Les Bisounours ? Mon Petit Poney ? Lucky Luke ? Bref, toutes ces choses pleines de gentillesse, de bons sentiments où les Gentils sont très gentils, les Méchants très drôles et un peu cons et où les Bons gagnent toujours ??
— Oh oui, j’aime ça *voix enfantine*
— Et bien alors ne lis pas cette bédé !!

Avec Alejandro Jodorowsky au scénario, il ne faut pas s’attendre à du western gentillet à la Lucky Luke mais à quelque chose d’ultra violent dépassant même la série Durango.

Niveau violences, je pense que Jodorowsky a fait le tour : viols, pillages, incendies, décapitations, tortures, assassinats, pédophilie, prostitution et un personnage fouillera même les entrailles de sa mère morte…

Ma foi, on a fait le tour de ce qui était le plus abject, dans cette bédé western. Comme si l’auteur avait décidé d’y incorporer toute l’horreur dont sont capables des êtres humains quand ils se comportent de la pire des manières.

Là, le glauque dépasse l’entendement et perd de son charme.

Certes, l’Ouest, juste après la guerre de Sécession, ce n’était pas Le Manège Enchanté, mais tout de même… L’impression est qu’on a noyé le scénario dans de l’ultra violence (sérieusement, Durango, à côté, c’est pour les p’t’its z’enfants).

J’ai lu sur Babelio que Jodorowsky et Boucq ont inventé un genre nouveau : le « western shakespearien ». Sanguinolent à mort et, en trame de fond, on a une histoire ultra conventionnelle de vengeance, de trésor perdu et de Confédérés qui ne veulent pas se rendre.

Les dessins m’ont énormément gênés tant ils sont moches au niveau des visages, les chevaux donnent l’impression d’être démesurés en longueur… Par contre, les paysages étaient bien faits, ça compense un peu.

Malgré l’ultra violence exagérée et le scénario conventionnel, j’ai été happée par le récit, me demandant jusqu’où les auteurs allaient aller (sont allés trèèèès loin) et par le personnage énigmatique du Bouncer.

Les flash-back sont insérés aux bons endroits, ils permettent d’éclairer les personnages, de leur donner de l’épaisseur, un passé et d’expliquer le pourquoi du comment, le Grand Méchant Sudiste Ralton, a décidé de flinguer, torturer et plus si affinités.

J’ai beau être un peu mitigée, ma curiosité est titillée et comme on m’a prêté la série, je ne vais pas me gêner pour la lire et voir les tomes suivants sont toujours dans cette violence extrême. J’espère que non car cela fout souvent en l’air des scénarios.

 

et

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°65] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Le train des orphelins – Tome 4 – Joey : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 4 – Joey

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo Edition (12/03/2014)

Résumé :
Faute d’être bien nés, ils feraient tout pour être bien adoptés.

Après avoir fugué de leur famille d’adoption, Lisa et Joey arrivent à New York dans l’espoir de retrouver leur ami et grand frère, Jim.

Sur place, ils demandent l’aide de M. Coleman, en charge du placement des orphelins à bord du train où ils voyageaient, et aujourd’hui licencié et poursuivi pour trafic d’enfants.

Lorsque ce dernier apprend que Jim serait en ville, il y voit l’occasion de tirer profit du secret du jeune garçon en le faisant chanter.

Jim, qui n’est autre qu’Harvey l’usurpateur, ne voit pas d’un très bon oeil les recherches de Lisa et Joey, et la pression de Coleman, car elles pourraient mettre en péril son identité auprès de ses richissimes parents adoptifs..

Critique :
Qu’aurait été le destin de ces orphelins s’ils avaient grandi à New-York au lieu d’être dispersé dans l’Ouest, offert à des familles qui manquaient de bras ou juste d’enfants ?

Le destin d’Harvey aurait été tout autre, sans la cuillère en argent qu’il a su mettre dans sa bouche, Joey n’aurait pas été séparé de son grand frère mais il n’aurait jamais rencontré Lisa…

Leurs vies auraient-elles été mieux ou pire ? Nul ne le saura jamais, mais une chose est sûre, ce qu’ils ont vécu durant leur enfance leur forgera leur caractère une fois adulte.

Joey, jeune ou vieux, est toujours bougon, tête de mule et nous balance toujours ces « Moi j’aime pas… ».

Alternant les moments du passé (1920) et ceux du présent (1990), ce tome nous fera voyager aussi dans le pays puisque nous serons à New-York avant de repartir ailleurs…

Le périple phénoménal que Joey et Lisa ont réalisé dans le tome précédent leur refera croiser la route d’une vieille connaissance : Harvey.

Ce diable de merdeux joue toujours à cacher ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire un gamin fourbe, manipulateur, menteur, qui sait jouer tout en finesse et manœuvrer sa barque là où il veut qu’elle aille. Plus habile qu’un politicien véreux, cet enfant donne des envies de meurtre.

Machiavélique comme ça, c’est presque pas possible pour un enfant de cet âge… Manipulateur, oui, mais jamais à un tel degré de puissance, du moins, pour un gosse d’à peu près 10 ans… Même à 12. Irréaliste mais ça met pimente l’histoire de fourberie puisque tous les coups sont permis pour ce démon en culottes courtes et à casquette.

Ce tome 4 joue avec nos émotions et ne manque pas de rythme vu les rebondissements et le fait que tous les sales coups sont permis… L’arrivée d’un nouveau personnage énigmatique ouvre aussi d’autres possibilités et on se demande ce que le tome 5 va nous réserver, maintenant que le sort en est jeté.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°62] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 2 – Le canyon de La Muerte

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1996/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son cœur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des Indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Critique :
Wanted est une série 100% western, qui utilise tous les codes du western de manière ultra-classique, sans nouveautés et avec des dessins pas géniaux.

On ne parlera même pas des couleurs, ça risquerait de plomber l’ambiance… Elles sont à chier.

J’avais relu la saga en 2015 mais je n’avais chroniqué que « Les frères Bull », tome 1 de cette série qui en comptera 6.

La série Durango jouait elle aussi dans le western classique à 100% mais la mise en scène donnait un souffle nouveau, ici, ce n’est pas la cas.

J’avais plus d’indulgence avec la série lorsque je l’ai commencée, vers 1995. Maintenant, j’en vois tous les défauts et le tome 2 ne remonte pas dans mon estime.

Une histoire de vengeance, c’est classique mais ça marche toujours. Vengeance contre qui ? Contre des salopards qui scalpent de paisibles Hopis (femmes et enfants compris) pour toucher la prime « Navajos » parce qu’ils n’ont pas les couilles d’aller chercher les scalps sur la tête de ces terribles Navajos… Et non content de tuer des innocents, ces salopards violent. Yaqui Jed veut leur peau après la mort de sa femme et ses gosses.

Tout ceci se trouvait dans le premier tome. Dans cette suite, nous avons toujours Yaqui Jed, notre métis Indien qui ressemble à Rahan en quête de vengeance, aidé par le chasseur de primes surnommé Wanted, qui y va les pieds de plombs mais qui y va quand même.

Ce que je reproche à ce deuxième tome, c’est d’être bordélique et d’aller dans tous les sens, quitte à perdre le lecteur au passage.

Comme dans « Le bon, la brute et le truand », nous avons notre chasseur de primes et le métis qui se retrouvent au milieu de la guerre de Sécession, coincés dans l’affrontement entre deux beaux-frères (véridique !) : le confédéré Henry Hopkins Sibley contre son beauf, l’unioniste Edward Canby qui est accompagné par les troupes du célèbre Kit Carson.

Ajoutons à cela les guerres Indiennes et nous avons un brol pas possible de conflits en tous genre qui semblent n’être là que pour faire durer l’histoire de vengeance un peu plus longtemps.

Je reprocherai aussi un manque de profondeur des personnages. Tout cela ressemble à de la caricature, à des images d’Épinal, à du bon gros western spaghetti où la sauce est si lourde qu’on a du mal à avaler et encore plus à digérer.

Sans le Mois Américain, je n’aurais pas relu cette saga, mais comme je n’avais chroniqué que le premier tome, j’ai eu envie de poursuivre et bien mal m’en pris… J’aurais dû relire ma propre chronique avant de commencer la relecture du tome 1.

La lie du vin étant tirée, je vais terminer le cycle de la vengeance et je passerai à du bien meilleur, comme du Blueberry, ou même du Lucky Luke et du Jerry Spring.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°58] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 09 – La piste des Sioux

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Capturé par les indiens, Blueberry est torturé afin qu’il livre l’endroit où l’argent de l’Union Pacific a été enterré. Plus il tiendra, plus la résistance aura le temps de se préparer.

Critique :
Blueberry, c’est LE mec qui chope toutes les emmerdes possibles et inimaginables à cent kilomètres à la ronde !

La preuve une fois de plus avec cet album où il se sort d’un guêpier pour retomber dans un autre, puis un autre… La poisse est son amie.

Blueberry, c’est aussi l’Histoire de l’Ouest de manière plus réaliste que Lucky Luke ou Jerry Spring, plus violente, aussi.

Les dessins de Giraud sont toujours des petits bijoux, remplis de détails et les décors ne sont pas négligés.

Dans ce tome, Blueberry ne va pas se reposer, ses deux amis Red Neck et MacClure non plus. Que ferait notre lieutenant sans eux ? Parfois ça lui ferait moins d’ennuis…

Ce tome emprunte une voie plus positive puisque la langue droite de Blueberry et celle du Général Dodge promettent aux Indiens de ne pas aller massacrer leurs femmes et papooses lorsqu’ils seront à la chasse au bison.

Enfin, se dit-on, du happy end dans l’air avec l’arrêt des massacres d’Indiens… Et puis saloperie, on voit apparaître cet enfoiré d’enfant de pute de Général Allister, un salopard qui râle de ne pas avoir de décorations durant la guerre civile et qui pense qu’un bon Indien est un Indien mort et que la parole de Dodge, il va se torcher avec.

Steelfingers était un salopard fini et Allister peut aller lui donner la main.

Une fois de plus, un excellent tome des aventures de Blueberry mais qui annonce avec horreur le tome suivant, que je déteste, que je crains de relire car le Général Allister est un bel enfant de salaud d’assassin, une couille molle qui s’attaque au plus faibles afin de faire mousser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°57] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blueberry – Tome 08 – L’homme au poing d’acier : Jean-Michel Charlier et Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 08 – L’homme au poing d’acier

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le général Dodge est certain que parmi ses proches, se terre un espion empêchant le chantier de l’Union Pacific de progresser. Il charge Blueberry de le débusquer.

Critique :
James Bond avait pour ennemi Jaws, l’homme à la mâchoire d’acier et Blueberry a Jethro Steelfingers, l’homme au poing d’acier.

Et Steelfingers est cent fois plus méchant et machiavélique que Jaws (qui fait chaton à côté).

L’histoire continue et elle monte en intensité : le camp est entouré d’Indiens sur le sentier de la guerre, tout ça à cause des exactions que Steelfingers a faites pour favoriser la compagnie de chemin de fer pour laquelle il travaille vraiment, à savoir,  la Central Pacific.

Blueberry va-t-il arriver à sauver tout le monde ou va-t-il se foutre un peu plus dans la merde ? Si on connait le personnage, on a déjà la réponse… Si Lucky Luke triomphe toujours, on sait qu’il n’en est rien dans la réalité et les auteurs n’ont jamais épargné notre lieutenant à la barbe mal rasée.

Dans cet album, tous les sales coups sous la ceinture sont permis pour faire échouer la ligne de chemin de fer de l’Union Pacific car il y a un marché à rafler et quand il s’agit de business, tous les coups de pute sont permis.

Les dessins de Giraud sont toujours superbes, foisonnants de détails sur la vie en ces temps-là et les décors sont grandeurs nature.

Le scénario n’est pas à la ramasse avec Charlier et Steelfingers continue dans les saloperies à faire pour foutre le bordel, ment comme il respire, manipule tout le monde… Au rayon des Méchants, il est tête de gondole !

Pas de temps mort, de l’action, du suspense, des emmerdes comme s’il en pleuvait pour Blueberry et ses deux acolytes, Red Neck et Jimmy MacClure (que j’adore) pendant que le camp du chemin de fer est assiégé.

Rien à redire, Blueberry, c’est de la toute bonne came western !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°54] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.