Le voleur de goûter [Commissaire Montalbano 03] : Andrea Camilleri

Titre : Le voleur de goûter – Commissaire Montalbano 03

Auteur : Andrea Camilleri
Édition :
Édition Originale : Il ladro di merendine (1996)
Traducteur : Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza Loria

Résumé :
Un retraité poignardé dans un ascenseur, un pêcheur tunisien mitraillé au large de Vigàta, une flamboyante prostituée, un colonel nain, une vieille institutrice en chaise roulante… et un enfant abandonné.

C’est en ronchonnant, comme à son habitude, que le commissaire Montalbano va tenter de trouver le lien qui relie tous ces personnages, d’autant que, pour la première fois, il doit se frotter aux Services secrets, incarnation d’une Italie occulte et malfaisante.

Mais pour sauver un enfant de la meurtrière raison d’État, notre commissaire est prêt à faire des choix. Même les plus difficiles..

Critique :
Un voleur de goûter ?? Qui a osé voler les chocos BN ou ceux du Petit Écolier ???

Heureusement que le commissaire Montalbano veille et qu’il va déployer ses policiers dévoués pour mettre la main sur le voleur de goûter !

Oui, dit ainsi, ça parait risible, un voleur de goûter, arrêté par des policiers, on devrait en rire si la situation n’était pas aussi grave.

— Mais qui on doit prendre ? intervint Fazio.
— Un voleur de goûter.
Dans la pièce, on n’entendait plus personne respirer. Sur le front d’Augello parut un voile de sueur.
« Ça fait un an que je lui dis de voir quelqu’un », pensa-t-il.

— Que se passe-t-il au commissariat de Vigàta ? demanda l’éditorialiste, question adressée à lui-même et à la création sur un ton à faire passer celui qu’utilisait Torquemada dans ses meilleurs moments pour le ton d’un type qui raconte une blague.

C’est ce que j’ai aimé dans cette enquête de Montalbano : le côté risible de la chose qui cache en fait la partie immergée de l’iceberg et cette émotion qui en ressort par tout les pores de la peau, même si notre commissaire amateur de bonne cuisine ne le remarquera pas tout de suite.

Puis arrivèrent les huit morceaux de merlan, portion clairement destinée à huit personnes. Ils criaient, les morceaux de merlan, leur joie d’avoir été cuisinés comme Dieu le veut. Au nez, le plat faisait sentir sa perfection, obtenue par la juste quantité de chapelure, avec le délicat équilibre entre l’anchois et l’œuf battu.

Montalbano mit une bonne demi-heure à se manger les rougets, parce qu’il voulait les déguster comme ils le méritaient…

Pour ma deuxième incursion en Sicile, sur les terres de Chouchou, je dois dire que j’ai été gâtée par l’auteur qui m’a mis en scène une enquête qui n’est pas simple, doublée d’une autre qui n’a, à priori, aucun rapport avec la première, mais qui, par un subtil jeu du scénario, va se retrouver greffée avec le mort dans l’ascenseur qu’on a retrouvé planté d’un couteau.

Oui, après le planté du bâton, on a aussi le planté du couteau… Et on apprendra qu’il peut y avoir un rapport entre un sexa-génaire mort dans l’ascenseur de son immeuble, un couteau planté dans son corps et la mort en mer d’un marin tunisien, embarqué sur un bateau sicilien et abattu par une vedette de l’armée tunisienne.

Salvo Montalbano, c’est une institution à lui tout seul, cynique, un peu fou, utilisateurs de traits d’esprits, un véritable estomac sur pattes, un commissaire qui se plait tellement bien là où il est dans la ville portuaire de Vigatà qu’il serait prêt à tout pour y rester.

— Tu veux me dire comment, bordel, on a tué le Tunisien du bateau de pêche ?
— Arme à feu.
— Tiens, c’est drôle ! Je croyais qu’on l’avait étouffé avec un coussin.
— Tes traits d’esprit me font vomir.

En toute sincérité, Fazio aurait voulu répondre qu’à son avis, le commissaire était fou de naissance, mais il ne dit rien et fixa la fenêtre.

L’auteur profite aussi de son personnage pour nous présenter un portrait au vitriol de la Sicile et de l’Italie, en général, que cela concerne la politique, les policiers, l’administration, l’armée, la corruption, les immigrés, le racisme bête et crasse…

Sans vouloir laver plus blanc que blanc, l’auteur nous brosse juste le portrait de la société telle qu’elle est, sans vouloir la réformer ou donner des leçons, mais ça marche et l’immersion dans le milieu est complète, car, en plus de nous décrire la vie telle qu’elle est en Sicile, la traduction joue aussi beaucoup et le fait d’avoir des mots siciliens ou italiens dans le texte ajoute du piment dans le récit.

— Allô, Mimi ? Montalbano, je suis.
— Oh mon Dieu, qu’est-ce qui fut ? Qu’est-ce qui se passa ?
— Tu l’as encore le roman de le Carré qui s’appelle « L’appel du mort » ? Je suis sûr de te l’avoir prêté.
— Mais bordel ?! Il est quatre heures du matin.
— Eh bê ? Je veux que tu me le rendes.
— Salvo, écoute quelqu’un qui t’aime comme un frère, pourquoi tu te fais pas hospitaliser ?
— Je le veux tout de suite.
— Mais je dormais ! Calme-toi, demain matin je te l’apporte au bureau. Maintenant, je devrais me mettre le caleçon, commencer à le chercher, me rhabiller…
— Je m’en fous complètement. Tu le cherches, tu le trouves, tu te prends la voiture, en caleçon si tu veux et tu me l’apportes.

— E cu minchia è ? Et qui c’est, bordel ? demanda Montalbano, médusé.

L’enquête, sans être trépidante, est prenante, on prend plaisir à suivre notre commissaire dans son enquête, ne manquant jamais de s’arrêter pour manger ou pour bougonner sur certains de ses adjoints, soit parce qu’ils sont trop cons, soit parce que ce sont des jolis coeur et que sa copine l’apprécie un peu trop.

Mélangeant habillement les enquêtes et la découverte de la vie en Sicile, l’auteur développe aussi ses différents personnages, nous faisant entrer dans leur vie privée, à tel point qu’on en arriverait presque à se ficher de l’enquête tant la vie de Montalbano est riche en événements.

Un roman policier épicurien, qu’on déguste comme un goûter lorsqu’on est affamé. Je ne sais pas quand j’aurai le temps de revenir à mon commissaire sicilien, mais je sais que lorsque je lirai le suivant, ce sera avec le sourire d’une qui sait qu’elle va passer un bon moment en compagnie de vieux amis tout autour d’une table chargée de mets qui mettent l’eau à la bouche.

Les spaghettis arrivèrent quand, par chance, Montalbano eut fini son merlan, parce que Mimì couvrit abondamment son assiette de parmesan. Seigneur ! Même une hyène, une vraie hyène qui se nourrit de charogne aurait vomi à l’idée d’un plat de pâtes aux palourdes avec du parmesan dessus.

— Ça te convainc pas ?
— On dirait la reconstitution de l’assassinat du président Kennedy par le sénateur Warren.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

 

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Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine : Irene Adler

Titre : Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/01/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – Le ombre della Senna (2014)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Automne 1871. La guerre contre la Prusse est enfin finie, et Irene et sa famille retrouvent avec bonheur leur appartement parisien.

Évidemment, c’est aussi l’occasion pour la jeune fille de retrouver ses deux acolytes, Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Le trio d’enquêteurs se reforme vite, un nouveau mystère les attend.

Le cousin d’Arsène, Fabien d’Andrésy vient de se volatiliser, après, semble-t-il, une sortie dans les bas-fonds parisiens.

Essayant de glaner quelques informations dans une taverne mal famée, les trois amis se retrouvent au cœur d’une guerre entre bandes rivales.

Les retrouvailles promettent d’être mouvementées !

Critique :
Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré !

Non, nous ne sommes pas à la fin de la Seconde Guerre Mondiale mais à la fin de celle qui laissait présager que ce ne serait pas fini, niveau contentieux, entre la France et l’Allemagne et que les matchs retours seront sanglants et meurtriers.

Nous sommes en 1971 et les casques à pointes ont gagné la guerre Franco-Allemande (ou franco-prussienne), l’annexion de l’Alsace-Moselle ne sera pas au menu de cette enquête de notre jeune trio, mais on se consolera en descendant dans les bas-fonds parisiens.

Ça me change de mes traditionnels bas-fonds londoniens que j’ai arpenté en long et en large (et malgré tout, je n’ai pas tout vu) et ça me change aussi du Paris traditionnel que je visite car ce genre de quartiers, je n’y mets pas les pieds, sauf accompagnée de Sherlock, Lupin et Irene, bien entendu.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, on ne prend pas les jeunes lecteurs pour des cruches, dans ses pages, et on ne leur épargne pas la vérité non plus : la pauvreté, la misère, les mendiants qu’on a éclopés pour qu’ils rapportent plus, c’est une réalité à laquelle le jeune lecteur va être confronté.

En ces temps-là, il y avait déjà des gens riches qui aidaient les plus démunis, mais quand bien même on irait éplucher les patates pour la soupe populaire comme nos trois amis, au soir, tel Jack London et eux, nous rentrerions dans nos maisons douillettes pour manger plus qu’à notre faim, là où d’autres dormiront à la belle étoile ou sous les ponts de Paris.

Parlons-en des dessous des ponts de Paris ! Faudra que je vérifie si le système est toujours en place sous le pont d’Austerlitz (morne plaine)…

Ce sixième tome prend son temps pour s’installer, nous berce d’une douce langueur avant de nous jeter dans la Seine ainsi que dans les ruelles tortueuses fréquentées par la pègre. Cours, Irene, cours !

Un tome bien plus sombre que les premiers, bien plus mature aussi, avec un final qui m’a laissé sur le cul tant il était inattendu dans tous les sens du terme : on est dans de la littérature jeunesse et même s’il y avait des indices dans le texte d’Irene, j’étais loin de m’imaginer pareille fin du roman. Violent.

Non, on n’épargne plus les jeunes de nos jours et c’est tant mieux…

Une série qui continue de m’enchanter, un trio qui devient plus mature, des questions qu’Irene se pose sur l’amour que lui porte ses deux amis et des aventures toujours plus palpitantes, comme on en aurait rêvé de vivre à leur âge.

Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles : Sylvain Cordurié & Andrea Fattori

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 6 – Le champ des possibles

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Collection 1800 (07/11/2018)

Résumé :
Il reste peu de temps pour empêcher Liam Holmes de mettre sa menace à exécution. L’avenir de Londres est des plus incertain, face à la détermination du fils du plus célèbre détective privé britannique.

Après la trahison de Liam, Sherlock et ses alliés s’unissent pour l’arrêter avant qu’il ne fabrique la bombe susceptible d’anéantir la capitale. Sherlock fait appel à Megan Connelly pour traquer le capitaine Johnson, détenteur d’informations sur Liam.

Sherlock servira d’appât mais la stratégie est risquée. Proie ou prédateur, le capitaine reste dangereux et chaque heure qui passe rapproche Liam de son objectif…

Critique :
Comme je vous le disais dans le tome précédent, pour apprécier cette série, il ne faut pas être allergique à l’immersion de l’univers de Sherlock Holmes dans celui du fantastique !

Si vous pensez que les vampires et les voyages dans le temps n’ont rien à faire dans une histoire de Sherlock Holmes, alors, je vous déconseille fortement cette saga.

Je ne suis pas chaude pour ce mélange, mais étant collectionneuse, curieuse, aimant les vampires (les vrais), Holmes et Retour vers le futur…

Ok, je l’avoue, j’ai toujours été perdue dans les voyages temporels, je n’ai jamais compris pourquoi, lors du premier voyage dans le temps d’un personnage, il y ait déjà des faits qui en aient découlé et je suis toujours en panne sur le voyage dans le temps que réalisa Lanfeust, c’est vous dire ! Pire, j’ai même pas compris le Terminator 3…

Alors, les paradoxes temporels, je vous le jure, ça me laisse toujours les sourcils en l’air et la tronche qui n’a pas tout capté… Malgré tout, je reste toujours fan de ces voyages, même si je comprends pas tout.

Voici donc le face à face tant attendu, le combat de Holmes père contre Holmes fils, le combat entre deux cerveaux puissants, mais dont celui du fils possède le talent légué par sa mère et que je ne révèlerai pas ici (ou alors, via MP, moyennant paiement sur mon compte offshore, je veux dire, of course).

Waw, c’est retors ! Et le plus retors de tous, ce ne sera pas le fils de Holmes… J’ai pas tout compris dans le concept de la trame du temps, cela restera toujours pour moi un truc difficile à imaginer, mais j’ai bien aimé la manière utilisée pour résoudre le problème du fiston qui voulait tout faire péter.

Mon seul bémol sera pour le fait que ce nouveau dessinateur ait un peu trop surligné de noir les yeux de Liam Holmes et qu’il lui ait fait des sourcils en M, lui donnant un air démoniaque, ou méphistophélique (fallait le replacer, cet adjectif là !).

Un tome qui clôt ce diptyque puisant ses origines dans la série des « Vampires de Londres » et des « Voyageurs du temps » mais il n’est pas nécessaire de les lire pour aborder ces deux tomes, même si, c’est un plus, bien entendu.

Un tome agréable, un scénario bien ficelé, le fantastique bien abordé, qui ne nuit pas trop à Holmes et un final inattendu, du moins, dans sa réalisation. Même le grand détective ne l’avait pas vu venir.

Là, pas sûr que Holmes et madame vont se laisser aller à mélanger leurs différentes sécrétions, sachant ce que cela risque de donner. Dommage… (à moins de se protéger en couvrant le mont pelé).

Un bon diptyque, mais à réserver pour les inconditionnels du genre ou les curieuses, comme moi. En espérant qu’il y ait une suite…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils : Sylvain Cordurié & Fabio Detullio

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Fabio Detullio

Édition : Soleil Productions Collection 1800 (10/10/2018)

Résumé :
Quand Liam Holmes détruit la deuxième ville d’Angleterre et menace Londres, George V décide de recourir au voyage temporel pour envoyer son meilleur soldat tuer son père.

Tentant d’empêcher le meurtre, Liam se voit contraint de le poursuivre dans le temps. Inconscient de la menace qui pèse sur lui, Sherlock Holmes recrute Owen Chanes au sein de sa fondation qui compte déjà Hayden Hyatts, Lynn Redstone et le docteur Watson.

Critique :
Pour apprécier ce genre de pastiche holmésien, il ne faut pas être allergique au fantastique, ou plutôt, ne pas être en froid avec le fantastique dans l’univers de Sherlock Holmes.

N’ayant jamais été fan du mélange des deux genre, préférant retrouver mon enquêteur de génie dans un univers normal, victorien de préférence…

Alors oui, j’ai dû parfois me faire violence avec la série « 1800 » de chez Soleil qui a balancé mon détective dans l’univers fantastique, le mettant face à face avec des vampires, des zombies et les voyages dans le temps.

Je ne sais pas si c’est pour être plus vendeur, si c’est pour avoir accès à d’autres scénarios que celui de l’enquête traditionnelle en Whodunit, ou si c’est juste une mode ou tout simplement une envie.

Les auteurs et scénaristes font ce qu’ils veulent, j’ai apprécié une grande partie des bédés avec Holmes face au fantastique, mais mes préférences iront toujours au rationnel avec lui, ou alors, au fantastique qui n’en est pas, comme avec un chien sorti des Enfers…

Cet album, bien qu’appartenant à la série « Sherlock Holmes society » plonge ses racines aussi dans la série « Les vampires de Londres » et celle des « Voyages dans le temps » et n’ayant pas relu ces séries depuis un petit temps, j’ai dû faire fumer mes petites cellules grises pour me remettre tout en tête.

Si vos dents grincent déjà, je m’en voudrai d’ajouter qu’en plus de vampires et de voyages dans le temps, vous allez vous trouver face au résultat d’un mélange d’ADN entre Holmes et une femme…

Je suppose que ce mélange se fit de manière traditionnelle, c’est-à-dire avec des coups de rein, de la sueur, des bruits de plaisir, des halètements et une bonne giclée en provenance des bourses personnelles de Sherlock Holmes qui rencontra l’ovule de la madame qui se promenait dans le coin.

Ok, pour le romantisme, avec moi, vous repasserez mais puisque les auteurs ne m’ont pas dessiné la scène, je me venge bassement et sans honte.

Niveau dessins, ils sont très bien réalisé, Holmes est correct, il n’a pas des épaules de débardeurs comme dans une certaine collection que je ne nommerai pas, ne porte pas la ridicule casquette de chasse, ni la Macfarlane, ni la Inverness cape.

Son rejeton, par contre, lui ressemble beaucoup, mais en version « j’ai basculé du côté sombre de la force » car ce que réalise mon gouvernement ne me plait pas, donc, je vais tenter de l’arrêter en faisant comme lui…

Ça se défend, notez bien… Je dirais même que Liam, dans cet opus, a un peu des airs de Thanos, dans le dernier Marvel.

Il veut détruire, pas juste pour anéantir, mais dans le but de protéger le futur des exactions de l’Empire, l’Angleterre, of course (Star Wars, sors de ma tête). Si on attaque l’Empire, vous pensez bien, l’Empire contre-attaque !

Un opus réservé à ceux qui n’ont rien contre le mélange Holmes/univers fantastique, ou aux collectionneurs malade, tel que moi, au curieux, qui aimeraient découvrir Holmes sous un autre jour et le voir ailleurs que dans des enquêtes traditionnelles.

De mon côté, j’avoue que j’ai bien aimé, ce qui est paradoxal puisque je ne suis pas fan de l’univers de Holmes plongé dans le fantastique, sauf quand c’est bien fichu, bien amené, bien scénarisé et bien dessiné.

Puisque les autres ont bien fait leur job, moi, je valide ! L’album est bon, même s’il n’est pas exceptionnel. Sans doute aurait-il fallu plus de planches pour approfondir l’histoire et ne pas en faire 36 tomes (elle en fait deux, ici).

Il ne me reste plus qu’à tout relire pour tout me remettre dans la tête…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Orcs & Gobelins – Tome 5 – La Poisse : Olivier Peru & Stefano Martino

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 5 – La Poisse

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stefano Martino

Édition : Soleil Productions Heroic fantasy (octobre 2018)

Résumé :
La Poisse est un Orkelin, une créature bâtarde mi-Orc, mi-Gobelin. Assassin et voleur hors pair, il est l’un des meilleurs mercenaires de la compagnie Grise.

Hélas pour lui, il souffre d’une encombrante malédiction : la déveine. La Poisse attire les coups du sort comme personne.

Rien d’étonnant donc à ce qu’il se réveille dans une cité emplie de cadavres, ceux de ses compagnons d’armes pourtant envoyés là pour remplir une simple mission d’escorte.

Quelqu’un doit payer pour le massacre !

L’Orkelin n’a pas que la guigne, il a aussi très mauvais caractère.

Critique :
Lorsqu’on découvre l’orkelin La Poisse, il est plutôt mal en point…

À sa place, Hébus, le troll de Lanfeust, aurait dit qu’il avait deux cure-dents plantés dans le dos, mais aussi costaud que soit notre orkelin, ça reste toujours deux poignards dans le dos !

Voilà un tome qui tombait à pic pour les fêtes de Noël puisque notre cul-vert découvre toute sa compagnie de frères d’armes pendus aux branches d’un arbre, telles des boules de noël macabre (et puante, à la fin).

L’orkelin, en plus d’être poissard au possible (malédiction qui traine dans la famille depuis des siècles), blessé, tout seul, se met à voir son pépé, qui est un fantôme puisqu’il est mort.

Bardaf, dès le départ, l’auteur me surprend, me file un coup de pied dans le fondement parce que je ne l’avais pas vue venir, celle-là ! Fallait y penser, le scénariste là fait et ça ajoutait du peps au récit, qui n’en manquait pas, je vous rassure, mais cet ajout surprenant a le mérite de… surprendre !

Ami du glauque et de la magie noire, entre ici dans ton domaine ! Tu aimes qu’on te ponde une bédé avec une sorte de rejeton issu d’un accouplement contre nature de Predator et d’Alien (je ne sais pas qui a fait la femelle) ?

Et bien tu le trouveras dans ces pages, additionné d’un soupçon de vampirisme à l’ancienne, mâtiné de ténia dans tes entrailles et salé avec des morceaux de Cthulhu.

Fuyez la cité, pauvres fous ! Cours, La Poisse, cours !

La Poisse a peut-être une sale gueule, il ne gagnera jamais les 6 chiffres du Lotto (ou alors, il perdra le ticket gagnant), mais il a tout de même de la suite dans les idées et son papy fantôme lui soufflera quelques bonnes idées, sans parler d’un coup de main pour essayer que son petit-fils sauve sa couenne.

Le scénario est bien pensé, j’ai eu de belles surprises inattendues et le suspense était au rendez-vous, en plus du plaisir de découvrir ce 5ème tome de la série.

L’inconvénient, c’est que je n’en ai plus à lire, l’avantage, c’est que la fin pourrait avoir une suite puisqu’elle n’est pas totalement fermée…

Oui, j’adore cette saga avec les culs-verts !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les Maîtres inquisiteurs – Tome 2 – Sasmaël : Nicolas Jarry & Paolo Deplano

Titre : Les Maîtres inquisiteurs – Tome 2 – Sasmaël

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (03/06/2015)

Résumé :
Au nord de l’Ardaigne, dans la cité de Destrion, un fou-furieux a massacré tous les occupants d’un palais appartenant à la puissante famille de Tyr.

Le forcené a finalement été arrêté par le maître des lieux, le prince Bran de Tyr, mais ce dernier a également succombé à ses blessures.

Pour le Maître inquisiteur Sasmaël, il pourrait s’agir dune enquête parmi tant d’autres qui ont émaillées sa longue vie… pourtant ce n’est pas le cas ! L’assassin n’est autre que son ancien mentor, le vénérable et très intègre Maître inquisiteur Fendraël.

Pour Sasmaël le temps est compté sil veut innocenter son vieux compagnon et ainsi sauver l’avenir politique de l’Inquisition.

Lors de l’autopsie, il découvre que Fendraël a été drogué, que son esprit a été corrompu.

Avec laide de son elfe Lotweën il remontera la piste des véritables coupables jusqu’à Vieilles-Forges, une cité industrielle au coeur d’un trafic d’armes avec les clans Mannlander du Sud du Gottland.

Une guerre semble se préparer… Et l’Ordre des Maîtres inquisiteurs pourrait bien être impliqué…

Critique :
Quand un tueur implacable s’amuse à tuer tous les occupants d’un palais, faut envoyer un enquêteur et pour cette mission, Sasmaël et son elfe Lotweën sont tout indiqué.

Surtout s’il faut la jouer profil bas et éviter d’ébruiter la chose car le tueur n’est autre qu’un Inquisiteur, le Maître de Sasmaël, en plus.

Gênant, tout de même…

Rien à dire de Sasmaël : hormis la magie et la science du combat à l’épée en plus, Holmes n’a rien à lui envier.

En plus, en tant qu’Inquisiteur, les plaisirs de la chair ne sont pas vraiment des choses admises dans l’ordre et si on veut dégainer, on est prié de sortir une épée, un poignard ou tout autre chose que son p’tit bigorneau.

Nous avons beau être dans de la fantasy moyen-âgeuse, enquêter chez des Nains, tomber sur des Orcs assoiffés de combats, pour le reste, nous sommes face à une bonne vielle enquête et à des petits rappels de ce qui s’est passé dans notre Monde.

Comment ne pas penser aux Anglais lorsque l’on parle de commerce de l’opium et de vente de cet opiacé à des autres peuplades pour les tenir calme ? Comment ne pas assimiler la confrérie du Soleil, composée d’hommes et de femmes de pouvoir et qui se réunit une fois par an sur l’île de Bilsberg à une sorte de Bilderberg humain ?

Comment ne pas faire une analogie entre la fabrication en stoemelings (en black, en noir, en schmet) d’armes et leur vente à des peuples fort belliqueux avec nos pays qui arment des autres, pensant que ceux-ci ne vont les utiliser que proprement ou dans un but de défense ?

Anybref, pour les allergiques à la fantasy, je conseillerais tout de même cette série car elle est au final très humaine car tous nos travers se trouvent réunis dans ces pages ou dans celles des autres tomes.

Niveau dessins, je les ai trouvé agréables mais peu détaillé dans les expressions et lorsque les personnages sont loin, le visage n’est même pas détaillé, ce qui est un peu dommage vu le niveau du dessinateur et de la maison d’édition.

Leur sombritude ne m’ont pas dérangé, par contre car elle collait bien à l’ambiance et il aurait été déplacé de sortir une belle palette de couleur alors qu’on arpente les couloirs des forges des Nains ou que l’on autopsie son vieux Maître.

Ma découverte sur le tard de la saga des Maîtres Inquisiteurs continue donc sous de bons auspices.

J’ai apprécié le duo Inquisiteur-Elfe (une elfe, ça change) et Sasmaël, avec qui le courant est passé, est un Inquisiteur beaucoup plus froid qu’Obeyron, plus réfléchi, moins soupe au lait, moins cruel, bien qu’il ne faille lui chier dans les bottes ou tenter de le tuer, ça vous équivaudrait à recevoir une décharge de courant…

Ah, quel grand malheur pour moi d’avoir découvert cette saga !! Elle est terrible et ça ne va pas arranger mes finances ! Moi qui voulais revenir à la fantasy, me voici plongée dedans et par le biais des bédés.

Allez, je vous laisse et je continue ma lancée sur l’enquête suivante puisque chaque tome se termine par un nouveau mystère (en tout cas, pour les tomes 1 & 2).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Orcs & gobelins – Tome 2 – Myth : Sylvain Cordurié & Giovanni Lorusso

Titre : Orcs & gobelins – Tome 2 – Myth

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil Productions – Heroic fantasy (24/01/2018)

Résumé :
Myth est un voleur gobelin très doué. C’est aussi un incurable vantard partageant son temps entre la cambriole et la fuite incessante. Quand il fait escale à Scarande, des mercenaires le mettent à l’épreuve pour tester ses compétences.

Un mystérieux assassin veut lui confier une mission suicide : voler le joyau de Raal’yn, un vieil elfe noir qui réside dans la citadelle de Slurce.

Une réponse négative s’impose mais ce client, diablement efficace pour massacrer son prochain, menace sa vie, difficile de dire non…

Critique :
Vous vous souvenez du bel Arsène ? Mais si, Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur, le gars aux doigts de fées (les dames s’en souviennent, parait-il) à qui aucune serrure ne résistait, avec qui aucun bijou n’était à l’abri…

Et bien Myth, c’est la version gobelin du Lupin : ça est tout vert, balafré, puant, mais au niveau de la cambriole, il n’a rien à lui envier, il le dépasse, même, puisque notre ami de couleur sait se battre et grimper aux murs, tel une mouche.

Avant de découvrir la saga des Orcs & Gobelins, je vous aurais juré, la main sur le cœur, que je détestais ces créatures qui étaient réputées puantes, perfides, stupides, bagarreuses, envahissantes, vils,… Enfin, d’après ce qu’en disaient les Elfes et les Nains.

Maintenant que j’ai fait la connaissance de quelques uns de ses meilleurs représentants, je n’en suis plus aussi sûre…

Comme quoi, faut jamais écouter ce que disent les autres sur les gens différents de nous car c’est souvent trompeur : la preuve ! Ouvrons notre esprit et allons à leur rencontre, de ces Orcs et Gobelins (qui sentent mauvais, ça c’est véridique… et tout le reste aussi, d’ailleurs ! mdr).

Conseil d’ami, si vous croisez la route de Myth, planquez vos richesses et si vous l’engagez pour aller voler/tuer un ennemi/rival (biffez les mentions inutiles) ne jouez pas avec ses burnes.

Avec des dessins qui donnent envie de plonger la tête dans l’histoire et un scénario, certes classique, mais bien amené, voilà une bédé qui a du peps, de l’action et qui a pour héros un gobelin peu recommandable, vantard mais, ô combien attachant.

En plus, son prénom – Myth – me fait penser à la blague du gérant d’hôtel dépité qui avait derrière lui, une énorme mite dans une cage. Faudra que je vous la raconte un jour, tiens…

Devant un commanditaire mystérieux qui ne lui laisse pas le choix (tout en cachant son identité) et une mission qui a tout d’impossible, notre gobelin va développer des ruses de renard, aidé par trois compères tout aussi vert que lui et donner au lecteur une tension qui va aller crescendo, avec quelques scènes de bagarres bien détaillées.

Myth n’en est pas un (de mythe) et, s’il est un horrible vantard, il ne se vante jamais que de ce qu’il a réussi, contrairement à d’autres. En plus, il a un cerveau et il sait s’en servir pour découvrir l’identité du mystérieux commanditaire.

Un héros moche, puant et immoral à découvrir car il le mérite, ce Myth !

Comme quoi, tout est possible, dans la fantasy.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Elfes – Tome 20 – Noirs d’écailles : Marc Hadrien & Dimat

Titre : Elfes – Tome 20 – Noirs d’écailles

Scénariste : Marc Hadrien (pseudo de Christophe Arleston)
Dessinateur : Dimat (Daniela di Matteo)

Édition : Soleil Productions – Heroic fantasy (29/11/2017)

Résumé :
Toujours en fuite, Gaw’yn et Dyfeline se sont réfugiés à Akrähyng, la cité où l’on élève les dragons. Loin de mener une existence apaisée, tous deux sont en proie avec leurs démons…

Gaw’yn doit absolument se procurer de la fleur de Thnen, seul remède à ses pulsions sanguinaires d’Ar’thnen et Dyfeline, rongée par le remords d’avoir tué alors qu’elle était goule, ne peut se résoudre à se pardonner.

Loin de la citadelle des elfes Noirs, ils pensent avoir réchappé à leurs assassins et sont embauchés comme valets de cages, aux élevages de dragons.

Déterminé à gagner sa vie honnêtement, le couple ne se doute pas que depuis Slurce des messages sont envoyés aux elfes Noirs des quatre coins des Terres d’Arran pour retrouver leur trace.

Critique :
Non je ne viens pas de lire cette bédé avec un an de retard puisque je l’avais lue en avant-première dans le « Lanfeust Magazine ».

En créant cette fiche critique et en faisant une recherche sur le scénariste (dont j’avais déjà vu le nom sur d’autres bédés), j’ai appris qu’en fait, Marc Hadrien n’était autre que Christophe Arleston, le scénariste prolifique des éditions Soleil.

Ce tome 20 met en scène un des Elfes  que je préfère, Gaw’yn, appartenant au peuple des Elfes Noirs, les maîtres assassins vivant dans la citadelle de Slurce.

Gaw’yn possède une sacrée paire de couilles puisqu’après avoir été envoyé en mission « élimination » par ses maîtres, monsieur est tombé amoureux d’une humaine et est fichu le camp avec, entraînant à ses guêtres toute une flopée de tueurs de son ordre.

La Phalange Obscure n’a guère besoin d’ordres. Chacun sait ce qu’il a à faire. Et aucun témoin n’a jamais survécu pour dire que les Elfes Noirs sont des assassins.

Alors que le tome 15 mettait en scène les goules zombies très amitieuses, très collantes, très puantes et très envahissantes, celui-ci revient sur la fuite des amoureux et les moyens qu’ils devront mettre en oeuvre pour gagner de l’argent puisque madame ne veut plus que son Noir Elfe tue, vole, pille et autres joyeusetés de son ordre.

Heureusement, Gaw’yn reste un Elfe Noir et même contraint de nettoyer les merdes des dragons, il est toujours à la recherche des petits secrets des autres afin de pouvoir s’en sortir et fuir de cet endroit. Il est malin, notre Gaw’yn et il a été bien formé.

— Ne t’inquiète pas, l’or, ça se trouve…
— Non Gaw’yn. Ça ne se trouve pas, ça se gagne.

Quand on ne veut pas de témoin, c’est qu’il y a des informations qu’on ne souhaite pas partager. Et un elfe formé à Slurce sait que l’information, c’est primordial.

On a une fois de plus de l’action, des personnages récurrents, une histoire avec un fond (et pas que des cascades ou des combats), ainsi que des rappels flagrants à notre société capitaliste et à la lutte des classes. On est dans la fantasy, certes, mais ces sujets sont universels et commun à tous les mondes.

Les personnages qui gravitent dans ces pages aux dessins magnifiques sont bien esquissés. Le dessinateur des tomes 5 et 10, Ma Yi avait cédé sa place à Popescu pour le tome 15 et là, je trouve que ceux de Daniela di Matteo (Dimat) n’ont rien à envier à ceux de ses prédécesseurs, même si j’avais un faible pour l’univers dessiné par Ma Yi qui était plus sombre.

Ma seule peur était que le personnage de Dyfeline ne nous la joue un peu trop « femme amoureuse » et que notre bel Elfe Noir ne finisse guimauve à force de tant d’amûr. C’est une tueur, nom de dieu ! Ouf, mes craintes étaient infondées, mon Gaw’yn est toujours impitoyable.

Pourtant, j’aurai un bémol… Alors que dans le tome 15, qui mettait en scène Gaw’yn et sa douce, nous avions terminé sur un happy end inattendu et quasi inespéré, vu la tournure qu’avaient pris les événements, maintenant, alors que le pire danger est passé, bardaf, l’embardée et un final zéro happy end.

En attendant, notre Black Elfe est en train de succomber au côté Obscur de la Force et je sens que dans le tome 25, ça va chier des barres et niquer fort sa race quand Gaw’yn va débarquer à Slurce…

Encore un chouette tome, même si en deçà du 5 qui était une véritable claque dans cet univers des Noirs.

Allez, vivement la suite !

Une promesse faite au nom de Slurce est la seule qu’un Elfe Noir tient toujours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Sherlock, Lupin et moi – Tome 5 – Le Château de Glace : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 5 – Le Château de Glace

Auteur : Irene Adler (Alessandro Gatti et Pierdomenico Baccalario)
Édition : Albin Michel (29/08/2018)
Édition Originale : Il castello di ghiaccio (2013)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Juin 1871, quelques mois après les récentes aventures de notre trio à Évreux et Paris, Irene se rend à Davos pour rencontrer Sophie von Klemnitz, sa vraie mère, et connaître enfin les raisons pour lesquelles celle-ci s’est séparée d’elle juste après sa naissance.

Sherlock et Lupin rejoignent leur amie pour l’aider à surmonter cette épreuve et la découverte de lourds secrets familiaux.

Durant leur séjour, on tente de voler le précieux collier d’une excentrique voyante russe, un grand brûlé disparaît au grand désespoir de son frère qui séjournait au Belvédère avec lui, un individu louche est assassiné.

Les trois comparses décident de mener leur enquête. Bien vite, ils se retrouvent pris dans une affaire d’espionnage qui les dépasse…

Critique :
Cette série jeunesse comportant mon détective préféré est toujours une parenthèse agréable dans mes lectures et si je suis toujours heureuse de découvrir une nouvelle aventure, je sais que je la lirai trop vite et qu’ensuite, le manque se fera sentir.

Une fois de plus, sans révolutionner le genre policier, cette série fait le job : divertir ses lecteurs et les emmener, une fois de plus, sur une enquête dépaysante.

Pas de meurtre, mais bien des mystères opaques dans cette ville bien connue pour ses forums économiques mondiaux.

Irene va rencontrer sa véritable mère et, ne sachant trop comment faire face à ce maelström d’émotions comme seule une ado peut avoir, demande à ses amis, Lupin et Holmes, de venir la rejoindre.

Si le mystère sur sa mère ne sera pas levée dans cet opus, celui du zoologiste le sera et nos jeunes amis vont vivre, une fois de plus, une aventure mouvementée où tout ne sera pas tel que certains le pensaient.

Les personnages sont toujours bien campés et, tel un Club des Cinq à trois, ils vivent toujours des aventures que nous aurions rêvé de vivre à leur âge. Pas de bol pour nous, il faudra les vivre par procuration et à l’âge adulte, en ce qui me concerne.

On ne s’embête pas, sans pour autant déménager à tout allure, l’auteur prend le temps de planter son décor, de faire se rencontrer Irene et sa mère avant que ses deux complices n’arrivent à Davos.

Une fois le mystère levé comme un lièvre, nos amis commencent leur enquête et les multiples indices qui parsèmeront leur histoire mettront Holmes sur la piste de ce qu’il se trame vraiment dans la vallée…éééee…. de Davos… ♫

Si j’avais compris certaines choses, j’en avais loupée d’autre. Pas de soucis, Holmes nous expliquera tout à la fin, si jamais nous n’avions pas fait tilt nous-mêmes.

Par contre, je n’ai toujours pas compris l’illustration de la couverture où l’on voit notre trio dans un traineau tiré par un cheval, dans la neige…

Cette scène n’existe pas dans le roman, nous sommes peut-être en Suisse, mais après la mi-juin, ce qui limite les chutes de neige dans la ville de Davos. Mais bon, ça faisait sans doute plus mieux sur la couverture.

En tout cas, je n’attends qu’une chose : la parution du suivant car j’adore lire cette collection jeunesse avec mon détective préféré, jeune, en compagnie du futur roi des cambrioleurs, l’Arsène et de LA femme, Irene Adler.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Durango – Tome 17 – Jessie : Yves Swolfs et Iko

Titre : Durango – Tome 17 – Jessie

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Iko (Giuseppe Ricciardi)

Édition : Soleil (15/06/2016)

Résumé :
Durango se remet d’une blessure au bras chez son ami Larry Haynes, shérif de la petite bourgade tranquille de Hanckok.

Seul le braquage d’un fourgon contenant un bon paquet de dollars a récemment troublé cette sérénité. Ni les coupables ni le butin n’ont été retrouvés.

Un matin, un différend bruyant opposant Maxwell, tenancier du saloon et maison de passe de la ville, à Jessie, une nouvelle fille qui a été surprise en train de fouiller dans le bureau du patron, attire l’attention de Haynes.

La jeune inconnue est une menace pour ces escrocs sans scrupules. Simultanément, Franck, à la tête d’une bande d’outlaws, sillonne la région, à la recherche d’un magot disparu.

Critique :
Changement de dessinateur pour le moins bénéfique ! Non pas que je détestais ceux de Girod, mais je n’avais pas aimé son trait lors de sa reprise dans le tome 14 « Un pas vers l’enfer ».

Ici, Giuseppe Ricciardi (dit « Iko ») nous donne l’impression que c’est le trait de Swolfs dans cet album.

Les couleurs sont chaudes et les ambiances telles qu’on les trouvait dans les premiers albums car ici, nous revenons aux poncifs qui font de Durango ce qu’il est : un tueur.

Se remettant de sa blessure chez son ami shérif, son séjour est obscurci par l’affaire d’un braquage de fourgon qui contenait un sacré paquet de pognon et qui, à ce jour, n’a pas été retrouvé.

Oukilé l’argent ? Vous le saurez un peu plus tard et c’est là que l’engrenage va se mettre en branle, entrainant notre tueur blond dans une enquête où le Mauser va faire entendre sa voix caractéristique.

Lorsque le chef des bandits est entré en jeu, je l’ai regardé à deux fois, pensant à une hallucination (il y avait du soleil dehors) ou à un abus de café… Je connaissais cette tête !

Après avoir passé en revue mon boulanger, boucher, kiné, pharmacien, je me suis rendue compte que, ce visage, je l’avais croisé dans un film… avec la belle Claudia Cardinale et un joueur d’harmonica : Henry Fonda (Once Upon A Time In The West) !

On reste dans un scénario « basique » dans le sens où notre Durango va aider une fois de plus une jolie fille, même si celle-ci n’est pas une innocente petite femme et qu’elle retournera sa veste quelques fois.

D’ailleurs, elle ne sera pas la seule, à la retourner, tant le fric peut faire tourner les têtes et rendre les gens fous.

Malgré tout, j’ai pris du plaisir à découvrir ce tome 17 que je ne possédais pas encore (sorti il y a 2 ans, shame on me) car on revenait vraiment aux premières histoires de notre Blondin.

Sans pour autant révolutionner l’affaire, ce scénario tient la route, le méchant est cynique, envoûtant, tel Kaa vous susurrant « Aie confiance », a les épaules solides et reste toujours d’une froideur à toute épreuve.

Un portrait réussi, même si c’est « copié sur le personnage de Franck (Henry Fonda). Un Méchant froid a toujours plus d’envergure qu’un sanguin qui hurle à tout bout de champ.

Y’a plus qu’a espéré qu’on aura un tome 19 et que nous ne devrons pas attendre 2020 pour revoir notre tueur aux yeux verts.

Ou alors, quitte à attendre autant, faudra nous livrer un scénario qui s’éloigne un peu de ceux que l’on connait et proposer du neuf pour notre Durango, avec un peu plus de subtilité dans certains personnages. J’aime quand ils évoluent ou qu’ils ont des part d’ombre (ou de lumière).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019)Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (46 pages).