109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile : Mr Tan et Yomgui Dumont

Titre : 109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Scénariste : Mr Tan
Dessinateur : Yomgui Dumont

Édition : Casterman (04/09/2019)

Résumé :
La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan !

Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée…

Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l’abandonnent vite à son sort.

Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

Critique :
Ghostbusters ! Et ensuite on balance la musique du film !

Non, stop, remballez les chasseurs de fantômes, cette mission n’est pas pour eux…

Oui, le 109 rue des Soupirs est répété être hanté, mais le petit Elliot qui vient d’y emménager avec ses parents n’a pas à se plaindre de ces lieux soi-disant hanté par de terribles fantômes.

Parce qu’ils ne sont pas si terribles que ça, ces fantômes !

Composée d’une multitude de dessins sur de grandes planches, cette bédé désopilante m’a fait passer une trop courte soirée détente avec Elliot, ses fantômes et sa baby-sitter que personne n’a envie de voir débarquer.

Dans des tons tirant sur les gris, bleus et blancs, cette histoire complète plaira aux enfants de 7 à 8 ans comme à ceux qui ont plusieurs fois 8 ans (même beaucoup de fois 8 ans).

On a du fantastique, de l’humour, du suspense et de l’action, de quoi ravir les plus jeunes et les moins jeunes.

Pour ma part, j’aurais préféré que l’histoire continue encore un peu plus afin de ne pas donner l’impression que la fin arrive brutalement, un peu trop facilement.

Peut-être qu’en accélérant la cadence d’autres passages ou en mettant plusieurs cases par pages, on aurait pu ajouter du développement sans devoir ajouter des pages et éviter cette impression de précipitation sur le final. Ce sera mon seul bémol.

Un bon moment de lecture avec des fantômes sympathiques, burlesques, décalés, toujours branchés sur leur époque (le cow-boy n’a pas fait de mise à jour sur les compétences que les femmes possèdent) et terriblement attachants.

 

Imbattable – Tome 1 – Justice et légumes frais : Pascal Jousselin

Titre : Imbattable – Tome 1 – Justice et légumes frais

Scénariste : Pascal Jousselin
Dessinateur : Pascal Jousselin

Édition : Dupuis (07/04/2017)

Résumé :
Tremblez, malfrats, voici Imbattable ! Ce nouveau protagoniste porte secours à la veuve et à l’orphelin comme tout héros qui se respecte, mais il sauve aussi les chiens, les chats des grands-mères, les terrains de pétanque, le fils du maire, et la ville tout entière.

Masqué, comme tout justicier, capé, comme tout justicier, il mène la vie dure aux savants fous et aux mauvais plaisantins, sans jamais oublier de ramener le pain.

Non seulement Imbattable est imbattable, mais son super-pouvoir fait de lui le seul véritable super-héros de bande dessinée !

Critique :
C’est dans le Spirou Hebdo que j’ai découvert la bédé Imbattable et j’ai été séduite directement par cette série qui s’est affranchie de tous les codes de la bande dessinée.

Cette série ne se regarde pas QUE case par case car il faut aussi la prendre en vue d’ensemble pour comprendre comment notre Imbattable est capable de sortir de ses cases, là où d’autres en sont incapables.

Oui, nous sommes face à un super-héros possédant le pouvoir de changer de case, qui ne se la pète pas, qui est sympa et qui fait face à des méchants cupides, des voleurs, des savants fous voulant dominer le monde, seul où à l’aide de robots… Ou à d’autres personnes possédant des super pouvoirs comme lui ou face à des politiciens qui mentent à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche (et corrompus).

Cela reste toujours bon enfant donc vous pouvez donner cette bédé à lire aux plus jeunes et même un adulte est capable de trouver son plaisir dans ces mini aventures pleines d’humour, à condition qu’il laisse son esprit cartésien au vestiaire et se laisse emporter par le héros en jaune, masqué et capé qui ne respecte aucun code de la bédé.

On pourrait croire que l’auteur va vite se retrouver à court de trucs pour son super-héros et qu’au bout d’un moment, la série va tourner en rond. Non, non, pas de ça dans cette saga !

L’auteur a l’inventivité et de la ressource, énormément de ressource, on sent qu’il a cogité sur les personnages qu’il met en scène, sur les situations qu’il développe et qu’il n’a pas peur d’aller dans tous les sens, de relever des défis puisqu’une histoire d’Imbattable (pas dans cet album, je l’ai lue dans le Spirou) s’est retrouvée, en partie dessinée sur des pages et en partie sur les murs d’une ville (j’ai oubliée laquelle, mémoire de poisson rouge !).

J’adore les dessins qui sont assez simples car ils vont comme une gant à cette bédé dont les gags sont soit sur une seule page, soit sur plusieurs.

Anybref, Imbattable, faut le lire pour le croire, faut le lire pour le voir. Parce que l’expliquer, ce n’est pas la chose la plus aisée qui soit. Faut le voir pour le croire.

N’allez surtout pas croire que c’est gnangnan, pas du tout ! C’est jubilatoire, jouissif et j’adore avoir les yeux qui vont partout en lisant ces aventures. Pour une fois, c’est du jamais-lu ou vu !

Faut juste se laisser porter par la magie de la bédé et pas le talent de Pascal Jousselin, l’inventeur d’Imbattable, le seul véritable super-héros dans la bande dessinée qui n’a pas besoin des supers pouvoirs des Avengers ou autres Justice League pour terrasser les méchants !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages et le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) – Jeunesse N° 14 .

Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Vents d’Ouest (08/01/2020)

Résumé :
Lord Harold Alaister Cunningham Talbot, douzième du nom, est l’héritier de l’une des plus grandes familles de l’Angleterre victorienne.

Mais alors que ses nobles ascendances lui assureraient un train de vie confortable et sans effort, ce grand amateur de littérature romanesque décide de se plier à la dure loi du travail en mettant les fruits de sa prestigieuse éducation au service de la police.

Et pas n’importe où : le voilà propulsé inspecteur novice à Blackchurch, l’un des quartiers les plus mal famés de tout Londres !

En arrivant sur place, le candide Harold va découvrir un univers bigarré, peuplé d’escrocs et de fieffés forbans, où l’unique loi qui vaille est celle du silence.

Ses trop bonnes manières risquent de ne pas passer inaperçues… surtout auprès des trois jeunes femmes qui semblent tenir le quartier d’une main de fer.

Critique :
L’Angleterre victorienne, la ville de Londres, les bas-fonds, une enquête, ma foi, tout était réuni pour me tenter et me la faire acheter.

Le pitch de départ est intéressant : un jeune lord, qui ne doit pas travailler, décide tout de même d’entrer dans le monde du boulot.

Il n’ira pas dans une grande banque, mais chez les flics… Et à Blackchurch, un quartier très mal famé de Londres.

— Souviens-toi, Abi, son grand-père, le dixième du nom, avait un certain goût pour la fantaisie lui aussi.
— Oui ! De retour de la chasse au renard, il lui est arrivé de brosser lui-même son cheval… Un excentrique !

Tout ça pour suivre un livre qu’il a découvert… Et il va en découvrir des choses, ce jeune lord qui a toujours pété dans la soie et qui n’a jamais vu la misère, les miséreux, ceux qui crèvent la dalle et qui vivent dans des quartiers malfamés.

Un lord chez les pauvres gens des bas-fonds, c’est toujours drôle (l’inverse aussi) car leurs mondes sont tellement éloignés l’un de l’autre que cela donne des quiproquos amusants.

Notre lord Harold ne connait pas les codes de cette société, ceux de la sienne sont aux antipodes des leurs, il s’exprime bien, les autres pas… En plus, c’est un trouble-fête, notre jeune policier, car il veut faire régner l’ordre et la justice alors que ses collègues veulent juste se la couler douce et toucher des pots-de-vin. Pour qui il se prend, lui ?

On a du mystère avec trois femmes qui semblent diriger le quartier, des personnes inquiétantes et cagoulées qui voudraient éradiquer ce quartier malfamé où règne la prostitution, les bars clandestins, les gangs, les voleurs et autres margoulins. Bref, il y a du pain sur la planche…

Dans les dessins, je retrouve le trait de Xavier Fourquemin et hélas, les mimiques et visages des personnages du Train des Orphelins (qu’il dessinait aussi), ce qui est assez déstabilisant. Certains personnages ont des visages assez semblables et j’aurais apprécié un peu plus de finesse dans leurs traits afin de mieux les distinguer.

Ceci est plus un album qui s’adresse aux plus jeunes. On passe un bon moment de détente avec mais le scénario est assez léger, gentillet, presque. Harold est un grand naïf, très candide, qui ne réalise pas dans quel monde il vient de mettre les pieds, ni dans quel commissariat… C’est amusant et distrayant.

Dans son commissariat, les policiers sont corrompus, lâches, peureux et ne mouftent pas quand un meurtre est déclaré accident par la populace.

Par contre, j’en ai ma claque des commissaires (ou des divisionnaires) qui ne foutent rien, qui ne prennent aucune responsabilité, que ce soit dans les séries policières françaises ou dans les bédés. Dans l’album, le chef de police passe son temps à peindre comme un pied et rien d’autre ne l’intéresse. C’est lourd.

Une bédé qui ravira les plus jeunes, mais qui laissera sans doute un goût de trop peu dans la bouche d’adultes qui auraient aimé un peu plus de profondeur dans le scénario.

Je n’ai rien contre les univers où deux mondes se télescopent, ni pour les situations invraisemblables ou improbables, je suis même bonne cliente habituellement, mais j’espérais un peu plus que de l’humour potache et léger, dû aux maladresses d’un jeune Lord qui ne connait rien de cette vie-là.

Faudra que je lise la suite pour me faire une idée précise de cette nouvelle série car les dernières cases soulèvent un autre mystère en plus de ce qui se trame dans le pub du quartier et dans les hautes sphères.

À voir avec la suite, quand elle paraîtra.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°157].

Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/09/2020)
Édition Originale : Caccia alla volpe con delitto (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Londres, hiver 1872. Irene propose à son père un séjour à la campagne afin de lui changer les idées.

Au cours d’une partie de chasse, un homme disparaît mais personne ne semble s’en inquiéter.

Irene contacte Sherlock et Lupin pour qu’ils l’aident à mener l’enquête.

Critique :
Sortez les fusils de chasse car Lord Ingletorpe a l’autorisation de faire une chasse au renard hors saison !

Attention, les fusils que je vous demande de sortir, ce n’est pas pour tirer sur le pauvre renard que l’on va poursuivre à cheval, mais sur les chasseurs…

Visez bien, il ne s’agirait pas de tuer un cheval dans l’histoire.

Il est des amis que l’on aime retrouver, même si c’est pour aller au fin fond du trou du cul de l’Angleterre juste en compagnie d’Irene, de son père et de leur domestique Horatio (qui ne porte pas de lunettes de soleil comme celui des Experts Miami).

Quand Irene prend quelques jours de détente en compagnie de son père, c’est comme quand Hercule Poirot va quelque part : un crime à lieu ! Ces gens sont des dangers publiques, ils attirent les assassins comme le miel attire les insectes.

J’aurais aimé avoir des potes comme elle : un message au sujet d’un truc louche qui semble s’être déroulé et voilà Sherlock et Lupin qui rappliquent dard-dard (jeu de mot suite à l’utilisation de miel plus haut et il n’y a pas d’autres sous-entendus).

Des suspects, on en aura des flagrants, comme toujours. Mais est-ce le personnage le plus louche qui est coupable ou pas ?

C’est toujours frais, amusant, enlevé et ça fait un bien fou au moral. L’inconvénient est que ça se lit trop vite.

Mon petit bémol concernera Sherlock qui, repartant enquêter à Londres, ne nous fera vivre ses pérégrinations et déductions que par procuration (sans mettre du vieux pain sur son balcon), lorsqu’il passera la porte pour désigner le coupable.

Zut alors, moi j’aurais bien aimé suivre mon jeune détective en herbe dans les rues de Londres… Puisque la narration est pour Irene, ce que font ses amis, nous ne le savons jamais qu’après. C’était aussi un moyen simple et efficace pour l’auteur de ne pas nous mettre trop vite la puce à l’oreille.

Les indices récoltés m’avaient permis de désigner la bonne personne mais il me manquait le mobile et sans les explications de Sherlock, je ne l’aurais pas trouvé… Seule son enquête à Londres le permettait.

Une fois de plus, c’est un chouette moment que je viens de passer en compagnie de mes vieux amis et j’ai hâte de les retrouver dans de nouvelles aventures policières.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°108].

Les larmes noires : Julius Lester

Titre : Les larmes noires

Auteur : Julius Lester
Édition : Livre de Poche Jeunesse (08/10/2014)
Édition Originale : Day of tears (2005)
Traduction : Raphaële Eschenbrenner

Résumé :
1859. La jeune femme vit dans une plantation de coton entourée des siens et de la famille du maître, lorsqu’on la sépare de ses parents et de ceux qu’elle aime.

À treize ans, elle est vendue, comme des centaines d’autres esclaves. Sarah, la fille du maître, très attachée à Emma, ne pardonnera jamais cette barbarie à son père…

Un texte à plusieurs voix – celles des Noirs et celles des Blancs, celles des esclaves et celles des maîtres. Un chef-d’oeuvre littéraire d’une grande portée humaniste.

Critique :
Il est des lectures où l’on se dit qu’on aurait mieux fait d’aller lire « Tchoupi », c’est moins bien mais au moins, ça ne fait pas mal au bide.

Georgie. Un propriétaire du Sud n’a pas su gérer en bon père de famille l’exploitation léguée par son père et pour éponger ses dettes de jeux, il vend des centaines d’esclaves.

Oui, des centaines. Plus de 400 esclaves qui, d’après les moeurs en vigueur à cette époque (1859) étaient tout de même bien traités.

Ils n’étaient pas libres de leur vie, de leurs gestes, ils étaient esclaves, mais le gentil maître ne fouettait pas. Par contre, il n’a pas de parole, pas de couilles, juste des dettes de jeu car c’est le pigeon de classe royale.

Ce roman choral donne la parole à des esclaves, mais aussi aux maîtres Blancs, que ce soit cet enfoiré de Pierce Butler, ses filles Frances et Sarah, un esclavagiste, une acheteuse d’esclaves ou d’autres esclaves, chacun apportant sa pierre à l’édifice et son point de vue.

J’ai eu un peu de mal au départ car le récit est présenté à la manière d’une pièce de théâtre et les points de vue changent souvent, ce qui est un peu déstabilisant, mais pas de panique, le récit est tellement prenant que je suis passé au-dessus de tout ça.

Le roman est court, très court, cela ne laisse pas beaucoup de possibilité à l’auteur de développer son histoire, de nous montrer la genèse, mais en en 150 pages, il réussi tout de même à vous mettre le coeur en vrac et à vous donner envie de lire les Petzi de votre enfance afin de se remettre de la lecture.

L’auteur évite l’écueil facile du pathos, il maintient la barre et ne s’y aventure pas. Nous aurons droit à quelques scènes tristes, déchirantes, qui brisent le coeur, mais il ne s’appesantit jamais dessus, préférant les les courtes explications aux longs discours.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, une bonne action ne restant jamais longtemps impunie, les choix de certains pourraient avoir des conséquences dramatiques pour les autres et il faut ensuite vivre avec, ce qui n’est pas toujours facile. Un passage l’illustrera bien et j’ai fermé les yeux et serré les lèvres très fort car la facture était aussi salée que les larmes de certains.

Un court roman fort sur l’esclavage, malgré le fait qu’il n’a que 150 pages, même si j’aurais aimé en avoir plus afin de passer plus de temps avec une partie des personnages. Une lecture à faire, même si ce n’est jamais drôle de plonger dans les pages sombres de l’Histoire. Mais moi, je n’ai fait que lire et ressentir, eux, ils l’ont vécu.

Partant d’un fait réel (la vente de centaines d’esclaves) et mêlant habillement les personnages réels (Pierce Butler, Fanny Kemble son ex épouse) et les fictifs, l’auteur nous prouve qu’en peu de pages, avec quelques mots, on peut produire un récit qui marque au fer rouge son lecteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Six-coups – Tome 2 – Les marchands de plomb : Anne-Claire Thibault-Jouvray et Jérôme Jouvray

Titre : Six-coups – Tome 2 – Les marchands de plomb

Scénaristes : Anne-Claire Thibault-Jouvray et Jérôme Jouvray
Dessinateur : Jérôme Jouvray

Édition : Dupuis (2020)

Résumé :
Pauvre Eliot, déjà que son père le shérif l’oblige à porter un revolver du haut de ses 10 ans, le voici maintenant nommé adjoint et affublé d’une étoile.

Dans une ville où la moindre embrouille de saloon finit en duel, l’arrivée de monsieur Johnson met le feu aux poudres.

Ce riche armurier sans scrupules alimente la peur pour vendre sa camelote jusqu’à armer les enfants à l’école.

Une comédie western à la fois décalée et engagée pour réfléchir sur le problème des armes et de la violence.

Critique :
Comment parler du danger des armes à feu de manière amusante ?

Cette bédé y est arrivée avec brio, avec humour et sans que le lecteur ne s’embête car il y a du rythme et intelligent.

Les lobbys des armes sont prêts à tout pour vous en vendre et les auteurs nous le prouvent d’une manière très drôle, très simple, mais si juste.

Pas de manichéisme dans les deux camps (les pro et les contre), tout le monde aura la parole et pourra y aller de sa petite phrase assassine ou encourageante sur ce qu’il/elle pense des armes à feu.

Ce deuxième tome met en avant les femmes, ces épouses qui, pour leurs hommes doivent rester à leurs fourneaux et ne pas faire de vagues, ne pas se mêler des armes et surtout, ne pas gêner le commerce de monsieur Johnson qui vend des armes pour tout le monde et qui n’hésite pas à corrompre le maire ou le shérif.

Un récit dynamique, où le pauvre Eliot ne sait plus trop où donner de la tête, lui qui, à 10 ans, est obligé de porter un revolver parce que père, le shérif, l’oblige et qui, maintenant, est devenu adjoint et doit récupérer Albert le braqueur qui tente de s’évader…

C’est une bédé jeunesse mais qui aborde des thèmes pour les adultes là où les enfants ne verront que du burlesque. Double lecture.

Si vous voulez vous amuser un peu avec le marketing sauvage, les malversations, la corruption, le séduction, les magouilles afin de vous pousser à acheter des armes, les pendaisons publiques, la justice qui fait n’importe quoi, le shérif qui n’écoute jamais son fils, le women power, le tout sur un ton jamais moralisateur, n’hésitez plus !

Une chouette bédé western pour les plus jeunes mais pas que puisque les adultes peuvent la lire car sous le couvert du burlesque et de l’humour, les messages sont intelligents et bien mis en scène.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°43] et Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

Dylan Stark – Tome 12 – La peau du nègre : Pierre Pelot

Titre : Dylan Stark – Tome 12 – La peau du nègre

Auteur : Pierre Pelot
Éditions : Casterman (1992)

Résumé :
La tenancière du saloon d’un village d’Alabama a été tuée. Un noir s’enfuit et devient le suspect n° 1.

Sur cette terre sudiste, seuls les blancs ont le droit de vivre en paix : alors va s’engager une chasse au nègre sans merci à laquelle sera mêlé, involontairement, Dylan Stark, le métis…

Critique :
Cela faisait des décennies que je n’avais plus relu un Dylan Stark…

Possédant les deux intégrales, je les avais lues à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Pour ceux ou celles qui ne connaissent pas Dylan, sachez qu’il est métis Français-Cherokee né dans le Sud et ayant participé à la guerre de Sécession dans le camp des Sudistes, à contre-coeur.

Sachez que dans les intégrales, ses aventures ne sont pas toujours publiées dans l’ordre.

Ce petit roman western se consacre à une page sombre de l’Histoire des États-Unis, à savoir la ségrégation raciale.

Nous sommes quelques années après la fin de la guerre de Sécession, en Alabama et la-bas, on n’aime pas les Noirs, ils n’ont aucun droit et en tuer un n’entraînera pas une peine de prison.

Donc, que les esprits étriqués sachent avant de lire ce petit roman que vu l’époque, les personnages de ce récit utilisent des mots horribles tels que nègre, singe, charbon ou bois-brûlé pour les métis.

Ces termes dégradants, je ne les aime pas, je ne les cautionne pas, mais ce serait un anachronisme si, dans un roman dont l’action se déroule vers 1867/1868 et dans le Sud profond, d’entendre parler de droits civiques, de personnes de couleurs ou de Noirs, le tout prononcé avec respect.

Une femme est morte et on accuse un Noir d’être l’auteur de ce meurtre. Alors que personne n’a rien vu car arrivé après les faits, que la seule femme qui a vu un peu n’est pas fiable car elle change son témoignage comme moi de chemise, le shérif réuni un posse et enrôle des hommes pour se lancer à la poursuite du coupable tout désigné : un homme noir.

Les personnages sont esquissés assez vite, ce n’est pas dans ce récit que vous apprendrez à connaître mieux Dylan, mais plusieurs portraits sont réunis dans la troupe qui se lance à la poursuite du présumé coupable.

L’inconvénient de ce petit récit, c’est qu’il est trop court pour permettre à l’auteur de développer toutes les subtilités des esprits qui s’échauffent lors d’une poursuite avec un posse. C’était mieux traité dans « Un étrange incident » (qui était plus long).

On a beau être dans de la littérature jeunesse, l’auteur ne prend pas ses lecteurs pour des branquignoles et insuffle, aux personnages principaux, une morale qui peut vaciller à tout moment, du réalisme dans leurs actions, dans leurs prises de décisions, qu’elles soient contraintes ou forcées, justes ou injustes, bienveillantes ou malveillantes, sachant que ce qui est intelligent maintenant peut se révéler stupide plus tard.

Ce roman aurait été plus savoureux s’il avait été plus long, si l’auteur avait pu développer un peu plus son récit. Ici, on a l’impression que tout va trop vite.

Malgré tout, renouer avec les aventures de Dylan Stark était plaisant, même si le récit est plus tragique qu’autre chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°34].

Six-coups – Tome 1 – Le crash de monsieur Crunch : Jérôme Jouvray et Anne-Claire Thibault-Jouvray

Titre : Six-coups – Tome 1 – Le crash de monsieur Crunch

Scénariste : Jérôme Jouvray et Anne-Claire Thibault-Jouvray
Dessinateur : Jérôme Jouvray

Édition : Dupuis (2019)

Résumé :
Que feriez-vous si vous aviez dix ans et que vous veniez d’avoir un revolver pour votre anniversaire alors que vous n’aimez pas les armes ?

C’est tout le problème d’Eliot, fils du shérif de la ville, qui n’arrive pas à faire comprendre à son père qu’il n’est pas un as de la gâchette.

En même temps, force est de reconnaître que même lorsqu’il tire n’importe où, il atteint toujours sa cible ! Ce n’est d’ailleurs pas son seul problème.

Un autre, et non des moindres, s’appelle Bianca. Camarade de classe – si elle se donnait la peine de venir suivre les cours -, elle aime tout ce qu’Eliot déteste : l’aventure, les revolvers, la bagarre, enquêter, suivre des bandits…

Elle a d’ailleurs un talent rare pour entraîner Eliot dans des situations dangereuses.

Critique :
C’est dans l’hebdo Spirou que j’avais découvert cette série western comique, moins caustique que la série « Lincoln » du même auteur.

C’est une série jeunesse, autrement dit, peu de sang, pas de morts violentes mais de l’humour, du burlesque, de l’absurde et de la fraîcheur grâce à ses personnages.

Nous sommes dans une ville où toutes les mémés sont armées car toutes copines avec le shérif, ce qui ennuie les deux bandits qui tentent vaille que vaille de braquer l’épicerie ou de voler des gens sur le quai, grâce à un magicien qui préfère faire disparaître l’alcool dans son gosier.

On a beau être dans une bédé jeunesse, les auteurs n’ont pas oublié de faire passer des messages sur les armes à feu, sur le progrès qui va trop vite et d’ajouter à Eliot, le fils du shérif qui n’aime pas les armes à feu celui de Bianca, une gamine issue d’un milieu pauvre et son paternel a la main lourde dès qu’il est saoul.

— La photographie est un processus lent et minutieux ! Aujourd’hui, tout le monde est pressé, on ne prend plus le temps de bien faire les choses, c’est une calamité ! Déjà que le télégraphe est en train de remplacer nos belles lettres écrites à la plume, mais vous avez entendu parler du téléphone ? Une soi-disant formidable invention ! Mais qui sait dans quoi nous sommes en train de nous fourvoyer au nom de votre progrès ?

Les dessins sont tous en rondeur, les tons jaunes chaleureux et cette bédé se lit toute seule, le sourire aux lèvres car le burlesque est de sortie et il va bien à l’univers créé par les auteurs.

Un univers de western humoristique où les enfants sont les héros et où les adultes ne les écoutent jamais.

Une bédé western jeunesse plaisante et agréable à lire, sans se prendre la tête. Cela m’a fait plaisir de replonger dedans et de la relire d’une seule traite et non pas étalée sur plusieurs semaines.

PS : je suis fan du petit cochon nommé Lardon qui suit Bianca comme un chien…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°31] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°27].

Charlie et la chocolaterie : Roald Dahl

Titre : Charlie et la chocolaterie

Auteur : Roald Dahl
Illustrations : Quentin Blake
Édition : Folio Junior (1967/1987/2000/2005/2016)
Édition Originale : Charlie and the Chocolate Factory (1964)
Traduction : Élisabeth Gaspar

Résumé :
Charlie est un petit garçon qui vit avec son papa et sa maman, mais aussi avec ses quatre grands-parents. Tout ce monde est entassé dans deux pièces seulement car la famille de Charlie est très pauvre.

Lorsque son papa perd son travail, la situation devient dramatique, ils meurent presque de faim.

Mais dans la ville où ils demeurent, il y a une mystérieuse chocolaterie : nul n’y entre ni n’en sort jamais. Son propriétaire, Mr Wonka, lance un grand concours : les cinq gagnants pourront visiter l’usine et gagner des sucreries pour toute leur vie.

Mais les enfants mal élevés doivent se méfier : ils seront punis par où ils auront péché.

Critique :
Pour ceux et celles qui aiment le chocolat et les bonbons, la chocolaterie de Willy Wonka est LE pays merveilleux, le pays joyeux des enfants heureux, des enfants gentils, oui c’est le paradis ♫

J’adore vous coller des ritournelles dans la tête pour toute la journée… C’est mon côté diabolique.

Charlie et la chocolaterie est un conte que vous pouvez lire aux plus petits, ça leur fera savoir qu’il existe des différences de classes sociales et que les sales mômes sont toujours punis.

C’est de la morale à deux balles, mais bizarrement, ça passe comme un carré de chocolat qui fond dans la bouche et ça vous laisse la même sensation : ça fait du bien.

Personne ne va nier que voir une sale gamine pourrie gâtée qui veut tout et qui obtient tout, être punie par ses désirs, ça ne donne pas un sourire géant. Oui, personne n’aime les sales gosses mal élevés, désobéissants, impolis, bavards, qui ne respectent rien… Hormis leurs propres parents qui leur trouveront toujours des excuses.

Après avoir passé un peu de temps avec notre Charlie, un enfant issu d’une famille pauvre, très pauvre, où les 4 grands-parents ne quittent jamais le lit (bonjour les escarres), il nous met en présence des 4 enfants qui viennent de gagner le ticket magique, le Golden Ticket : ce sont 4 enfants qui ne manquent de rien, qui ont le superflu et dont les parents leur passent les 4 volontés.

La dichotomie entre eux (riches et sales mômes) et Charlie (gentil gamin pauvre) est un vrai gouffre, l’auteur pousse la caricature à fond, sans nuancer les portraits des sales gosses de sorte que, vous avez envie de les noyer vous-même dans la rivière au chocolat.

Malheureusement, ils sont plus réalistes que Charlie que j’ai trouvé trop lisse, trop sage, trop gentil, trop « pas réaliste » pour son âge.

Mais en poussant ces différents portraits à fond, l’auteur peut tacler l’éducation des enfants qui partait déjà en couille dans ces années-là (et qui continue de plus belle), de ces parents qui pensent que tout laisser faire à un gosse, c’est lui montrer qu’on l’aime, ce qui est faux. L’aimer, c’est l’éduquer !

Roal Dahl vise aussi les parents qui à force de vouloir être potes avec leurs moutards, ne les éduquent plus et acceptent tous leurs caprices de petits Dieux, de peur de brimer ces pauvres choux ou juste pour avoir la paix.

Il ne faut pas trop se fixer sur cette fracture peu réaliste sinon on passera à côté de la magie de ce roman.

Moi qui ne connaissais pas du tout cet auteur (shame on me), je viens de le découvrir en force et ces 3 lectures furent rafraîchissantes, légères, amusantes, tout en ayant une morale.

PS : j’avais sélectionné ce roman jeunesse pour le Mois Anglais de Juin 2020. Pas de bol, l’auteur n’est pas anglais mais britannique (ça change tout) et en plus, en lisant la critique d’un Babéliote, il parlait de l’Amérique… Merde, sérieusement ? Après lui avoir posé la question, il me signala qu’on y parlait de « dollar ». C’était foutu pour le Mois Anglais alors ? Oui, totalement foutu, même si l’auteur ne nomme pas de pays, on y parle de dollar et je ne pense pas que ce soit la monnaie de l’Angleterre !

Les deux gredins : Roald Dahl

Titre : Les deux gredins

Auteur : Roald Dahl
Édition : Folio Junior (1986/1990/2000/2007/2013)
Édition Originale : The Twits (1980)
Traduction : Marie-Raymond Farré

Résumé :
La barbe de compère Gredin est un véritable garde-manger, garnie des miettes de ses monstrueux festins : restes de spaghettis aux vers de terre, bribes de tartes aux oiseaux… un régal que Compère Gredin lui prépare chaque semaine.

Mais voilà qu’une bande de singes acrobates va troubler les préparatifs du repas hebdomadaire…

Critique :
Nos deux gredins sont tellement immondes, crades, méchants, mauvais, laids, bêtes que la distanciation sociale s’applique de suite avec eux.

Et à plus d’un mètre cinquante, je vous prie. Un conseil, foutez un max de kilomètres entre eux et vous, surtout si vous êtes un piaf ou tout autre animal.

En découvrant les tours de pendus qu’ils se font entre eux, ça m’a fait penser à tous ces couples qui se détestent et passent leur temps à pourrir la vie de l’autre. Si, si, je vous jure et j’ai des noms.

L’écriture de Roald Dahl est dynamique et très imagée. C’est le genre de récit qui dégoûte les adultes et fait rire les enfants, eux qui détestent bien souvent les bains. L’auteur le sait bien, il s’en amuse car il nous l’explique un peu à la manière dont le ferait un gosse.

La fable est cruelle car des pauvres oiseaux innocents finissent englué sur un arbre et ensuite en tourte à oiseaux. Chez vous, le mercredi, c’est raviolis, mais chez les Gredins, c’est tourte au cui-cui.

Qui dit fable dit morale. Et dans la morale, ce sont les méchants qui sont punis.

Dans la réalité, les mauvais gagnent et vous plument en passant, mais heureusement, dans la littérature enfantine, on peut se permettre de châtier les être qui sont bêtes cruels et méchants, comme les Gredins, même si ce n’est pas réaliste.

En tout cas, c’était très drôle et même si je suis adulte, j’ai éclaté de rire devant la farce jouée à ces deux imbéciles, aussi crétins qu’ils sont méchants. Na, bien fait pour eux car la maltraitance animale, je suis contre.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°24].