Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth : Eric Corbeyran et Bojan Vukic

Titre : Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth

Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (17/04/2019)

Résumé :
Nawel a traduit l’antique grimoire relatant l’histoire de Haarn’al, le premier semi-elfe. Il est temps d’en savoir plus et de se plonger dans l’histoire de celui par qui le rapprochement et la dissension sont arrivés.

Chaque jour, sur un archipel perdu appelé Le Roc, l’ancêtre sacré des semi-elfes reçoit la visite de dizaines de curieux impatients de voir de leurs propres yeux le premier bâtard d’une espèce bâtarde dont l’innombrable descendance peinait à trouver sa place au sein d’un monde qui ne voulait pas d’elle.

Les mains d’Haarn’al possédaient en outre un pouvoir. Elles étaient capables de chasser tous les maux…

Critique :
Si dans la saga des Nains, j’ai un faible pour la caste des Errants, dans celle des Elfes j’ai toujours eu de l’affection pour les semis-elfes qui, tout comme les métisses, appartiennent à deux cultures mais sont rejetés par les deux.

Le cul entre deux chaises, n’étant ni tout à fait des Hommes ni tout à fait des Elfes, ce peuple est réduit à une vie d’errance et de merde.

Même dans la grande saga Elfes on n’arrivait pas vraiment à les caser, chaque album pouvant être lu indépendamment des autres et on ne les a pas fait briller dans la résolution du cas de l’invasion des zombies.

Des laissés-pour-comptes à tous les étages, je vous le dis !

Mais quand on est au fond du trou, la seule solution qui reste, c’est de remonter (ou alors de se laisser mourir) et on peut dire que nos semi-elfes vont faire une remontada digne d’un Napoléon revenant de son exil, avec la rage aux dents. Faudra juste éviter la morne plaine de Waterloo…

Dommage que cet album ne possédait pas plus de planches car il aurait mérité un traitement plus approfondi que ce qu’il a eu.

Le dilemme est là : en soi, l’histoire aurait été plus courte si le scénariste n’avait pas développé les histoires de deux des personnages principaux : Tein-Nooh et Oranth’al, la soeur ancienne gladiatrice dans une arène et le frangin ancien guerrier-moine défroqué.

Leurs enfances fut misérable, Dickens n’était pas loin, Hugo non plus. Heureusement que leur père littéraire les a dotés d’un caractère en acier trempé et d’une science du combat (qu’on leur a appris).

Problème, lorsqu’on raconte ses histoires personnelles, l’Histoire centrale, elle, s’en trouve réduite. Ou alors, faut faire un ajout d’une dizaine de planches et faire grossir l’album.

Développer les récits de nos deux Mad Max était une excellente chose, mais j’aurais aimé en savoir plus sur celle du bagne de Komoorth, où l’on vous emprisonne pour un rien et surtout parce que vous êtes un semi-elfe… Vous voyez le parallèle avec notre Histoire à nous ?

Autre parallèle avec les moines guerriers qui combattent l’injustice mais qui eux-mêmes sont injustes… On connaît ça aussi.

Vraiment dommage que l’album n’ait pas été plus long car il y avait matière à faire plus, à pousser un peu plus loin la réflexion car les semis-elfes méritent mieux que des histoires sans réel fil conducteur.

Dans la saga des Nains, la caste des Errants est jusqu’à présent très poussée, très profonde, bourrée d’émotions en tout genre et les semis-elfes auraient mérité le même traitement car ils sont pareils que les Errants.

Malgré tout, les auteurs ont réussi à transformer la donne et à donner un Nouvel Espoir à nos semis-elfes, ceux qui ont été toute leur vie le cul entre deux chaises…

À voir dans le prochain tome quelle direction nos auteurs vont donner à nos Elfes à moitié.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer ♪ (ou s’ouvrir).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°144.

Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2) : Stéphane Betbeder & Darko Perovic

Titre : Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2)

Scénariste : Stéphane Betbeder
Dessinateur : Darko Perovic

Édition : Soleil 1800 (11/10/2017)

Résumé :
Après la disparition de Sherlock Holmes dans les chutes de Reichenbach, le docteur Watson part à sa recherche.

Son enquête le mène de son Angleterre natale en Afghanistan où il s’était battu pour la couronne d’Angleterre onze ans auparavant. Ce retour en terre d’Orient réveille les cicatrices du passé.

Est-il manipulé ? Revivre ce traumatisme de guerre, est-ce la condition de la libération de Holmes ?

Critique :
Vous qui entrez cette bédé, oubliez toutes vos connaissances  holmésiennes !

Le premier tome du Grand Hiatus avait du potentiel, mais je n’avais pas aimé le fait que l’on représente Watson comme un homme âgé, alors qu’en 1891, il devait avoir dans les 41 ans (au plus).

Mon grognement s’était accentué avec le fait qu’on le fasse tout quitter, même sa femme en cloque, pour se mettre à la recherche de Holmes qu’il pensait toujours vivant et retenu prisonnier par Moriarty.

Allez Watson, fait ton deuil, il reviendra dans 3 ans tout fringuant !

Anybref, ma rencontre avec le premier tome ne s’était pas bien déroulée, doux euphémisme.

Puisque l’occasion de lire le tome 2 sans débourser un euro s’est profilé dans mon horizon littéraire, j’en ai profité pour faire taire la curiosité éveillée lors du premier tome et voir si Watson allait revenir à la raison et surtout, mettre fin à l’horrible cliffhanger du tome 1 qui laissait Watson dans une sale situation.

On reprend donc dans le trou où Watson était tombé.

Passé et présent s’entremêlent habillement dans ce second tome à tel point que nous aurons même l’impression que Watson fait un retour dans le temps puisque 11 ans après (1891), il recroise Murray, son ordonnance qui lui avait sauvé la vie à la bataille de Maiwand et ce dernier lui rejoue le même scénario en lui sauvant la vie.

Attendez, là, on rembobine tout ! Nous sommes en 1891 pas en 1880 ! Si nous étions à la seconde guerre anglo-afghane (1879/1880), comme les images du passé de Watson nous le montraient, nous aurions un Watson jeune et pas un vieux croulant !

Petit aparté, je n’ai toujours pas compris comment en 11 ans, le Docteur Watson avait pu vieillir aussi vite et donner l’impression d’être un Sean Connery de 60 ans.

Comment diable Watson pourrait-il revivre cet épisode en 1891 ? Qui a utilisé la De Lorean de Doc sans lui demander la permission ??

Sous des airs de fantastique, cette histoire qui mêle le présent et le passé est intrigante, dérangeante, surtout lorsque nous rencontrons le Murray en question, en 1880, avec un Watson jeune et que le Murray a tout d’un Holmes, niveau déductions.

La partie jeunesse de Watson est intéressante, elle nous éclaire un peu sur cette guerre qu’un Empire mena à un pays qui ne se soumettra jamais, même si l’Empire contre-attaqua encore et encore.

Les dessins sont agréables et les couleurs chaudes, surtout lorsque nous sommes en Afghanistan car une fois de retour à Londres, ce n’est que grisaille.

Si j’avais eu des doutes à la lecture du premier tome, le second les a levés. Par contre, je pense que les non initiés au canon holmésien prendront plus de plaisir à la lecture car ils sont vierges de tout.

Nous, lecteurs qui le connaissons par coeur, on est toujours pris au dépourvu par certains changements, par certaines interprétations, car notre mémoire est fidèle aux récits canoniques et elle a du mal à découvrir une autre histoire.

Pourtant, celle-ci n’est pas mal foutue et elle s’éloigne du canon tout en le respectant, un peu à la manière d’un « Solution à 7% » de Meyer devenue « Sherlock Holmes attaque l’Orient Express » lorsque mise en film.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).