De loin on dirait des mouches : Kike Ferrari

Titre : De loin on dirait des mouches

Auteur : Kike Ferrari
Édition : Albin Michel (2019) / Le Livre de Poche Policier (2020)
Édition Originale : Que de lejos parecen moscas (2011)
Traduction : Tania Campos

Résumé :
Un glock, des menottes en fourrure, de l’arrogance, de la cocaïne. Et un cadavre. Tout cela tient dans la BMW noire du senor Machi, self made man de l’époque des dictateurs argentins et aujourd’hui entrepreneur sans scrupules.

Lui qui se croit au-dessus de tout le monde voit son univers doré réduit en poussière lorsqu’il découvre le corps d’un homme sans visage dans le coffre de sa BM flambant neuve.

Six heures de la vie d’un personnage infect, étouffé par sa propre prétention, qui doit se débarrasser d’un cadavre. Six heures à passer en revue – et ils sont nombreux – tous les « hijos de mil putas » qui voudraient le voir tomber.

Une attaque frontale contre la bourgeoisie argentine de l’époque de Videla, où les hommes d’affaires sont véreux et leurs femmes accommodantes.

Critique :
Le senor Luis Machi est un enfoiré de sale parvenu qui ne se prend pas pour de la merde mais considère tout le monde comme des résidus de chiottes sales, alors qu’en fait, c’est lui qui l’est.

Oui, Machi est un type abject, avec des airs de Trump dans sa manière qu’il a d’envoyer tout le monde au diable, de leur couper la parole, de raccrocher avant, de donner des ordres et de se vanter que lui, il est parti de rien et qu’il a réussi.

Pourtant, on s’amuse de le voir s’empêtré les pieds, non pas dans un tapis, mais dans un cadavre.

Certains ont des cadavres dans le placard, lui, c’est dans le coffre de sa BM. Menotté, en plus, le cadavre… Le but des prochaines heures sera de ne pas se faire prendre avec le cadavre, s’en débarrasser et trouver qui le déteste à ce point-là que pour vouloir lui faire porter le chapeau.

Ils sont légions ceux qui aimeraient foutre en l’air quelques heures de la vie de Machi. Il s’est essuyé les pieds sur tout le monde, a trompé sa femme, a traité ses maîtresses comme de la merde, ses employés encore plus, jamais de remerciements et j’en passe. Sa carte des méfaits est longue.

Ce roman noir et déjanté vous propose de faire un voyage dans la tête d’un salopard, de ne rien rater de ses pensées monstrueuses, de ses souvenirs, de ses rails de coke et de son esprit limité, comme peu l’être celui de Trumpinette pour tout ce qui touche à la culture, à la lecture et à tout ce qui ne l’intéresse pas.

Machi a beau jouer au macho, on devine les blessures de la jalousie sous son arrogance, lui qui est parti de rien, lui qui n’a pas un nom en deux parties, comme son épouse, lui qui n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, comme elle.

Lui qui, comme beaucoup d’autres, ont profité de la dictature argentine pour s’en mettre plein les poches. Lui qui, comme tous ces nouveaux riches, n’a aucun poids sur la conscience. La quoi ? La conscience ? Pardon, ce mot n’existe pas dans son dico perso.

Enfin bon, il a sa Rolex, donc, il a réussi sa vie, n’est-ce pas ? Plus des costards italiens taillés sur mesure, des cravates en soies d’Italie, des cigares, des vins et des alcools de choix. Un vrai bling-bling qui sniffe de la coke comme d’autres se mouchent le nez un jour de rhume.

Si je vous en parler, c’est parce que tandis que notre pute de fils cherche à se débarrasser du macchabée, il pense déjà à tous ces petits plaisirs qu’il va s’offrir en rentrant chez lui.

Oui, Luis Machi est abject, arrogant, pédant, mal élevé, sans conscience, salopard, harceleur, trompe sa femme, baise autant qu’un croisement improbable entre DSK et le Rocco des films X, méprise tout le monde et puis se demande qui a bien pu lui en vouloir pour lui jouer un coup de pute de la sorte.

C’est justement parce qu’il est tout ça que l’on se délecte en le voyant se démener, vitupérer, s’énerver, crier, mordre sur sa chique et tenter d’être poli de temps en temps, afin de ne pas se faire trop remarquer et même courber l’échine devant des flics… Le tout durant quelques heures qui seront les plus longues de sa vie et qui feront le plaisir des lecteurs, témoins de sa déchéance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°231 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 19].

 

 

La conspiration des médiocres – « Perro » Lascano 04 : Ernesto Mallo

Titre : La conspiration des médiocres- « Perro » Lascano 04

Auteur : Ernesto Mallo
Édition :
Édition Originale : La conspiración de los mediocres (2015)
Traduction : Olivier Hamilton

Résumé :
En Argentine, au début du règne du dictateur Videla, Perro Lascano, jeune policier intègre, enquête sur le suicide d’un Allemand.

Se rendant compte qu’il s’agit en réalité d’un meurtre, il contrarie ses supérieurs corrompus en creusant cette piste et trouve dans le bureau du mort un carnet rédigé par un homme qui a été gardien à Auschwitz.

Critique :
Ce quatrième et dernier tome des enquêtes de « Perro » Lascano est en fait sa première enquête car nous le retrouvons dans l’Argentine des années 70, tout jeune policier, mais déjà tel que nous le verrons ensuite : intègre, incorruptible, ne lâchant jamais rien, tel un chien tenant un os.

Par contre, notre chien est un solitaire et il ne rejoindra jamais la meute des assassins du Triple A (Alianza Anticomunista Argentina).

Lascano dérange, il gêne, et donc, quoi de plus simple que de le mettre sur l’enquête d’un suicide. Elle est bien bonne… Si on voulait se foutre de sa gueule, c’est loupé car le suicide n’en est pas un, c’est une exécution déguisée.

Le faux suicidé est un Allemand et l’enquête va en déranger plus d’un et certains voudront faire cesser la chasse du chien Lascano à tout prix, lui mettre un collier et une laisse autour du cou afin qu’il arrête de chercher des puces sur les dos qu’il ne faut pas.

À mon avis, je viens de lire le Perro Lascano le plus sordide, le plus glaçant, bref, le plus mieux. Lascano est jeune et nous découvrons avec lui l’Argentine de Isabel Perón (1974/1976), qui sera déposée par la junte militaire que dirige le général putschiste Jorge Rafael Videla.

Une fois de plus, la résolution du crime est accessoire, de toute façon, l’assassiné était un salopard de la pire espèce, comme tous les autres qui émigrèrent après la Seconde Guerre Mondiale en Argentine, sans que celle-ci ne s’offusque de leur passé (les autres pays non plus, notamment les États-Unis avec les scientifiques nazis).

Et si tout vous semble aller dans un seul sens, méfiez-vous, parce que Mallo n’a pas  pour habitude de suivre un chemin tracé mais de bifurquer à un moment donné et de vous emmener sur d’autres chemins, plus escarpés, plus sombres, moins connu…

La résolution de l’enquête devient donc accessoire pour le lecteur car moins importante que l’Histoire dans l’histoire que l’auteur dévoile, se servant de ce crime pour nous la conter.

Dans ce récit, ce qui est le plus glaçant, c’est la traduction du carnet de cet Allemand ainsi que les exactions des hommes de Videla, la corruption, les meurtres, les exécutions, la police infiltrée par les types du Triple A, les tortures, les disparitions des gens qui dérangent ou qui pourraient en dire trop sur un indice d’une scène de crime,…

Du début à la fin, j’ai eu du mal à lâcher le roman tant il était prenant, tant il était poisseux de violence et de sang, tant la chape de plomb pesait sur mes épaules à cause de l’atmosphère que l’auteur a su rendre réaliste puisqu’il nous parlait de ce qu’il avait connu dans son pays.

Comme à son habitude, Ernesto Mallo ne s’embarrasse pas de tirets cadratins ou de guillemets pour ses dialogues qui se retrouvent noté en italique, tout simplement, avec les paroles des protagonistes qui se retrouvent toutes l’une sous l’autre, ce qui est plus facile à déchiffrer que lorsque les dialogues se retrouvent insérés dans la narration normale, comme je l’ai déjà vu.

Pour sa première enquête littéraire, Lascano paraît plus humain que dans les suivants car il est amoureux et donc, différent. La vie lui a déjà réservé bien des tourments, bien des peines, mais elle ne l’a pas encore cassé comme il semblait l’être dans les autres romans. Celui nous expliquera pourquoi.

Un roman noir écrit au vitriol, taillé au scalpel, un roman court mais ultra percutant, sombre, violent. L’auteur ne s’encombre pas de fioritures et va directement à l’essentiel. Du brut de décoffrage qui écorche la gorge et pique aux yeux.

Un Perro Lascano qui ne lâche rien mais qui va payer le prix de son honnêteté. Une enquête retorse où les atmosphères angoissantes du pays sont plus importantes que tout le reste. Il m’a glacé, ce roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°225 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 13].

 

 

Spain national flag background texture.

Il pleut sur Managua : Sergio Ramirez

Titre : Il pleut sur Managua

Auteur : Sergio Ramirez
Édition : Métailié (2011)
Édition Originale : El cielo llora por mí (2009)
Traduction : Roland Faye

Résumé :
Entre deux orages, Managua est traversée par des processions religieuses délirantes, des manifs de toubibs, des embouteillages monstres, au milieu des ruines du tremblement de terre de 1972, des bidonvilles et des quartiers chics.

La guérilla est loin désormais, on inaugure en grande pompe des stations-services rutilantes et les évangélistes vendent du savon miracle.

Les anciens guérilleros sont devenus flics, bandits, notables, employés, les trahisons vont bon train, et les narcos courent toujours.

Ce jour-là la Vierge de Fatima entre dans la ville, au son d’un orchestre de chicheros, escortée par les officiers de la police nicaraguayenne.

L’inspecteur Morales regarde la scène de son bureau de la plaza del Sol. Il est chargé d’enquêter sur un yacht abandonné à Laguna de Perlas, sans doute une histoire de narcos, et pas des moindres.

Flanqué d’un lieutenant cynique et d’une ex-guérillera coriace devenue femme de ménage, il traque les coupables avec sa Lada bleue et son P38 sur fond de chaos social et politique.

Ce polar féroce nous plonge dans une société désabusée qui ne sait plus à quel saint se vouer ; l’auteur multiplie les personnages hauts en couleur et les histoires troubles en maniant avec talent l’humour vache et la satire sociale.

Critique :
Le Nicaragua n’avait pas encore été tamponné sur mon passeport de lectrice endiablée et un Mois Espagnol & Sud Américain (chez ma copinaute Sharon) est une excellente occasion pour voyager confiné !

Nous sommes face à un polar, noir, bien entendu, il ne saurait en être autrement dans un pays qui a connu la guérilla et où les anciens guérilleros sont devenus flics, ou bandits, ou bien notables, employés aussi ou femme de ménage.

On se recycle où on peut, on garde son surnom de guerre et il n’est pas facile quand deux personnages se sont connus dans la guérilla et sont maintenant chacun à l’opposé l’un de l’autre (un flic et un voyou en col blanc).

L’inspecteur Morales est un ancien guérillero rattaché à la brigade des stups, souvent en contact avec les agents de la DEA et l’auteur nous fait bien comprendre que les gringos ne sont pas vus avec des yeux de velours car les Américains étant des gros consommateurs de drogues, leur pays est une plaque tournante pour tous ces produits qui se sniffent, s’injectent, se fument…

L’inspecteur Morales, c’est la nonchalance d’un Derrick avec la libido de Siffredi, sans les éclairs de clairvoyance d’un Columbo ! Ok, je force un peu le trait, mais il a des maîtresses et n’hésite pas à se farcir un témoin, mère de la victime et à draguer une infirmière peu après.

Et on ne peut pas dire que Morales courre partout comme un Jack Bauer, surtout qu’il a une patte folle. Ni qu’il a une équipe de flic de choc pour l’aider puisqu’il va se faire aider par Dona Sofia, la femme de ménage du commissariat (ancienne de la guérilla aussi) et Fanny, sa maîtresse… C’est vous dire comment ça bosse à Managua !

Durant l’enquête, l’auteur va nous brosser un portrait du Nicaragua, de la ville de Managua, de ses blessures, ses fêlures due aux guérillas et au tremblement de terre, de la corruption, le tout entrecoupé des vannes de nos deux flics, Morales et Lord Dixon, son pote policier qui enquêtera à ses côtés.

C’est une plume cynique que l’auteur utilise pour nous parler de son pays, de ces habitants, de ces mœurs, des paysages, des bidonvilles, des maisons huppées, des cartels de drogue, des flics corrompus, dans les hautes sphères. Une satire sociale assez grinçante où il vaut mieux éviter de se perdre dans tous les personnages aux multiples noms et surnoms.

À un moment donné, le récit semble s’enliser dans un banc de sable et là, j’ai ramé un peu pour continuer l’histoire qui, juste après, est repartie de plus belle.

Un roman noir à découvrir pour en savoir un peu plus sur un pays à genou, sur une révolution – caramba – encore ratée, sur une société fracturée entre pauvres et riches, pour découvrir un roman sociétal, sans fard ni mascara pour couvrir cette misère que d’autres ne voudraient pas voir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°223 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 09].

 

 

Jungle : Miguel Bonnefoy

Titre : Jungle

Auteur : Miguel Bonnefoy
Édition : Paulsen (2016) / Rivages Poche (2017)

Résumé :
Prenez un jeune écrivain couvert de louanges, couronné de nombreux prix littéraires.

Plongez-le sans autre préparation au milieu de la jungle vénézuélienne. II devra parcourir la montagne (Auyantepuy), escalader des crêtes, s’enfoncer dans la mousse, traverser des torrents, ouvrir des sentiers à la machette…

Et s’élancer dans le Salto Angel, un rappel vertigineux de neuf cent cinquante mètres, dans le fracas de la plus haute cascade du monde.

Laissez frémir quatorze jours, et faites revenir.

Vous obtiendrez Jungle, un texte joliment ciselé par le vent, perlé par les marécages, le récit d’un jeune homme qui s’abandonne à la nature et confirme son talent pour la littérature.

Critique :
Je ne sais pas ce que j’ai ces derniers temps mais j’en suis à ma 3ème déception lecture ! L’une à la suite de l’autre…

Pourtant, ce roman parlant d’un trek de 15 jours dans la jungle vénézuélienne, au milieu d’une flore et d’une faune méconnue par nous, avec grimpette de la montagne Auyantepuy et la redescente en rappel par la gorge du Diable, la où se situe la cascade la plus haute du monde, le Kerepakupai Venà, avait tout pour me plaire.

Une fois de plus, je suis restée quasi de marbre devant les mots de l’écrivain, lisant sans lire, n’arrivant pas à me projeter dans cette jungle.

Sans doute que, comme l’auteur, j’ai compris que la littérature n’arriverait jamais à retranscrire avec les mots juste la beauté de la Nature. L’auteur ne me contredira pas, lui qui s’est renseigné dans les livres sur son périple et qui a avoué ensuite que toutes les pages de bibliothèque ne pouvaient rien devant l’architecture d’une fleur.

Avant le départ, je lus tout ce que je trouvais sur le sujet. Du vieux manuscrit jusqu’au traité de biodiversité, je m’enfermai dans des bibliothèques et des librairies, je rencontrai des archéologues et des géographes, des journalistes spécialisés dans les exploitations minières et des poètes de Ciudad Guayana. J’abattis le travail de plusieurs hommes pour dresser une monographie régionale de la Gran Sabana. Je dois confesser ici que, lorsque je posai le premier pied dans la jungle, je compris que mon effort avait été vain. Toutes les pages des bibliothèques ne peuvent rien devant l’architecture d’une fleur.

Et bien, j’ai dû souffrir du même syndrome aussi car mon petit coeur de lectrice n’a pas vibré dans cette nature luxuriante, dans ces chemins escarpés, ne s’est pas décroché lors de la descente en rapper de la cascade la plus haute du monde.

Là, il est plus que temps que j’aille voir un médecin, je dois souffrir d’un virus de lectrice blasée ou alors, le roman et moi n’étions pas fait pour nous rencontrer.

Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 08].

 

L’Homme en armes : Horacio Castellanos Moya

Titre : L’Homme en armes

Auteur : Horacio Castellanos Moya
Édition : Métailié (13/02/2020)
Édition Originale : El arma en el hombre (2001)
Traduction : Roberto Amutio

Résumé :
Surnom : Robocop.
État de service : sergent dans le corps d’élite du bataillon Acahuapa. Démobilisé à la fin de la guerre civile en 1991 après les accords de paix au Salvador.

Juan Alberto García, ancien d’un escadron de la mort, souffre de son retour à la vie civile. La guerre est terminée sur le papier, mais en fait elle se poursuit dans les ténèbres de cette société opaque, et Robocop, qui ne connaît d’autre métier que celui de tuer, devient l’homme de main de diverses factions rivales.

Acide et haletante confession d’un homme sans âme pris dans l’engrenage d’un système corrompu.

Avec L’Homme en arme, Horacio Castellanos Moya dépeint sans pitié et avec un humour noir cruel les convulsions d’une société pourrie par la guerre et les injustices.

Critique :
Qu’on se le dise, le Robocop de ce roman n’est pas celui du film du même nom. Ce n’est même pas un Homme reconstitué car Robocop est juste un surnom.

C’est une machine à tuer, mais sûrement pas à penser.

Juan Alberto García, de son vrai nom, fut sergent dans l’armée du Salvador, dans le bataillon Acahuapa, pendant la guerre civile.

Tel un Rocky qui ne sait que boxer, notre Juan ne sait rien faire d’autre que se battre, tuer et faire la guerre, puisqu’on ne lui a appris rien d’autre que ça. Démobilisé avec une prime de trois mois de salaire, Robocop est une grenade dégoupillée qui va sauter un peu partout.

Je vous passerai le détail de toutes ses exactions, ses crimes, ses assassinats pour zéro pesos… Le roman est cru, l’auteur ne prend pas des gants et appelle un chat un chat. C’est sanglant, violent et bien souvent, elle est gratuite, comme assassiner deux petits vieux pour finalement n’arriver à rien leur voler.

Robocop est une machine à tuer qui fait ce qu’on lui dit de faire, qui tire là où on lui dit de tirer et si l’auteur voulait démontrer l’absurdité des guerres et des hommes que l’on forme pour être impitoyable durant celles-ci, le but est atteint.

Par contre, une fois de plus, je ne me suis pas retrouvée dans ce récit violent où aucun personnage n’est attachant car peu développés.

Le récit est sanglant, Robocop travaille avec plusieurs patrons, selon l’endroit où il s’est échoué puisque de toutes façons, des tas de factions rivales se font toujours la guerre.

Je l’ai survolé, me demandant dans quel bourbier littéraire j’avais été me foutre et heureusement pour moi, le roman n’était guerre épais. J’en suis vite venue à bout, accomplissant, tel un hélicoptère, quelques survols lointains avant de l’envoyer dans un coin, une fois terminé.

À oublier et au suivant, une fois de plus !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XXX et Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 07].

Histoire d’une baleine blanche : Luis Sepúlveda

Titre : Histoire d’une baleine blanche

Auteur : Luis Sepúlveda
Édition : Métailié Bibliothèque hispano-américaine (12/09/2019)
Édition Originale : Historia de una ballena blanca (2019)
Traduction : Anne-Marie Métailié

Résumé :
Au large de la Patagonie une baleine blanche est chargée de protéger les morts mapuches puis, lorsque la fin des temps sera venue, de guider toutes les âmes au-delà de l’horizon.

Tout est prévu et écrit dans le temps des mythologies. Cependant l’homme vit dans un monde où tout bouge et, au XIXe siècle, la chasse à la baleine se développe.

La baleine blanche va devoir défendre son monde immobile contre ces prédateurs, en particulier le baleinier Essex du capitaine Achab. Elle va livrer une guerre sans merci aux baleiniers et devenir un grand mythe de la littérature.

Luis Sepúlveda nous raconte cette histoire du point de vue de la baleine blanche qui nous explique comment elle vit et s’intègre dans l’ordre du monde, ce qu’elle découvre des hommes, sa mission secrète, puis sa guerre et les mystères qu’elle protège.

Enfin, c’est la mer qui nous parle.

Critique :
C’est avec retard que je découvre l’oeuvre littéraire de Luis Sepúlveda, décédé il y a peu.

Après avoir lu de lui un roman noir, je voulais voir ce que sa plume offrait dans un conte.

Sans être très souple, j’adore faire des grands écarts littéraire, les risques sont moins grands que de le faire en vrai, façon JCVD entre deux chaises (ou camions).

Un conte illustré qui m’a emporté loin de chez moi, au milieu de l’océan, près des côtes chilienne (coucou Rachel !), en compagnie d’un cachalot blanc.

Première fois de ma vie de lectrice que j’ai un cachalot en tant que narrateur d’une histoire pleine de poésie, de respect de la nature mais aussi de surpêche et de violence dans la manière de chasser les baleines pour prélever leur suif.

Au travers d’une légende, l’auteur nous parle du peuple des lafkenche qui respectent la nature et en appelle à quatre vieilles femmes pour transporter leurs morts dans une autre île. Une fois dans l’eau, ces vieilles dames se transforment en baleines et se retrouvent sous la protection de notre cachalot blanc.

Tout en apprenant quelques détails de la vie des cétacés, on a envie aussi de hurler « Cétacé, arrêtez de les chasser ! » tant le récit des harpons se plantant dans leur chair donne l’impression que c’est dans la nôtre qu’ils se plantent.

Il y a un océan d’émotions, dans ces pages, un gulf-stream qui vous emporte dans ses flots et vous dépose ailleurs, dans un monde inconnu mais peuplé de mammifères marins en voie de disparition.

Ballotté dans des courants marins violents, le lecteur est mis face à une dichotomie entre des gens de la mer qui ne prélève que le strict nécessaire pour vivre et de l’autre,  des marins qui veulent exploiter toutes les baleines pour les transformer, notamment, en huile pour leurs lampes, afin de ne pas avoir peur du noir.

Une société de consommation qui était déjà en branle dans ce 19ème siècle et qui pensait que tout était infini dans les stocks naturels.

Une très belle histoire qui nous est contée par Mocha Dick, une baleine blanche, qui, d’après ce que j’ai appris, a servi d’inspiration à Herman Melville pour son Moby Dick. Mieux, Mocha Dick a vraiment existé et on lui a donné la parole.

Le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 05] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°06].

La fin de l’histoire : Luis Sepúlveda

Titre : La fin de l’histoire

Auteur : Luis Sepúlveda
Édition : Métailié Bibliothèque hispano-américaine (02/03/2017)
Édition Originale : El Fin de la Historia (2016)
Traduction : David Fauquemberg

Résumé :
Juan Belmonte a mené toutes les batailles de la fin du XXe siècle sur le continent sud-américain, d’abord aux côtés d’Allende, puis des sandinistes au Nicaragua.

Depuis des années il a déposé les armes et vit en Patagonie près de la mer avec sa compagne, Verónica, qui ne s’est pas encore complètement relevée des tortures qu’elle a subies sous la dictature de Pinochet.

Mais son passé le rattrape, et les services secrets russes qui connaissent ses talents d’agent clandestin et de sniper vont le forcer à leur prêter main forte.

À l’autre bout du monde, un groupe de cosaques nostalgiques a décidé de libérer le descendant du dernier ataman, Miguel Krassnoff. Fils des cosaques russes qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale dans les régiments SS, Krassnoff est devenu général de l’armée de Pinochet, avant d’être emprisonné à Santiago pour sa participation à la répression et à la torture pendant la dictature militaire.

Et Belmonte a de bons motifs de haïr “le cosaque”, des motifs très personnels.

Critique :
Chili… La dictature de Pinochet, les tortures, les gens disparus, l’exil…

On brasse large, dans le roman de feu Sepúlveda, que ce soit au niveau des pays et de la ligne du temps.

D’ailleurs, j’ai croisé Poutine dans son bureau, des cosaques, des Russes, des communistes, des anciens guérilleros…

Désolé, on a peut de beau linge dans les pages de ce roman sombre, noir, mais puissant comme le café du matin, celui qui vous botte les fesses.

Je ne sais pas ce que l’Histoire officielle a dissimulé (beaucoup de choses) mais au moins, la littérature en dévoile une partie, même si la réalité dépassera toujours la fiction.

Les personnages de l’auteur ne sont pas des enfants de coeur et Juan Belmonte, le principal, a un passé violent, trouble, un passé de guérillero. Il a fuit le Chili d’Augusto Pinochet, à été ensuite formé dans une école militaire russe qui a fait de lui un sniper, avant qu’il ne finisse chez les sandinistes au Nicaragua et dans la guerilla bolivienne.

Il a beau vivre dans un bled paumé de la Patagonie (je suis abonnée à cette terre, moi), les enfoirés de pute de fils vous retrouvent toujours pour vous confier une nouvelle mission, sinon, des choses enfouies pourraient resurgir dans les mains des keufs.

Difficile de ne pas s’attacher à Belmonte, à son ami, qui, avec lui, veille sur Veronica, sa compagne brisée par les tortures.

La fin de l’histoire commence dans un sens, va dans un autre, brouille les cartes, les pistes, pour se terminer avec une intensité infernale. J’avais le doigt crispé et je ne vous dirai pas mes pensées, mais elles furent à l’opposées de ce que fera Belmonte finalement. Veronica a plus de force que moi.

Avec Sepúlveda, on empoigne un AK-47 ou un Uzi et on dézingue les politiciens, au sens figuré, bien entendu et comme il reste des munitions (on est en illimité), on balancera aussi sur les escrocs de tout bord, surtout ceux qui ont les mains pleines de sang.

Faut suivre, sinon, on risque d’être largué, mais c’est tellement prenant que les sauts temporels et géographiques ne posent que peu de problèmes. La plume virevolte sur les pages et entraîne le lecteur dans une danse endiablé.

J’aurais aimé découvrir ce roman du vivant de l’auteur… Il était programmé pour le Mois Espagnol de Mai 2019 et puis je n’avais pas eu le temps. L’auteur étant décédé depuis peu, je ne pouvais plus reporter. Mais pourquoi diable n’aie-je pas trouvé le temps de le lire avant ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°219 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 04].

 

El Niño de Hollywood : Juan José Martínez et Óscar Martínez

Titre : El Niño de Hollywood

Auteurs : Juan José Martínez et Óscar Martínez
Édition : Métailié (20/02/2020)
Édition Originale : El niño de Hollywood (2018)
Traduction : René Solis

Résumé :
Quelle est la relation entre le gouvernement de Ronald Reagan et un membre d’un gang en Amérique centrale qui a assassiné plus de 50 personnes ?

Comment un groupe d’immigrés à Los Angeles – fans absolus de heavy metal – est devenu l’embryon du gang le plus dangereux de monde ?

Entre thriller, récit documentaire et enquête historique, les frères Óscar et Juan José Martínez racontent la vie de Miguel Ángel Tobar, dit El Niño de Hollywood, un tueur sanguinaire appartenant au seul gang faisant partie de la liste noire du département du Trésor des États-Unis, la Mara Salvatrucha 13.

Cette histoire brutale permet surtout aux auteurs de livrer les dynamiques sous-jacentes du phénomène des gangs aux États-Unis et en Amérique centrale, et de montrer comment des processus globaux construisent une infinité d’histoires microscopiques qui ont, elles, des conséquences bien réelles.

À travers des scènes d’une réalité féroce, nourries par des centaines d’heures d’interviews et de terrain, les frères Martínez sont à la hauteur de la terrible réponse qu’ils ont donnée au Niño de Hollywood lorsque celui-ci leur a demandé pourquoi ils s’intéressaient à lui : « Parce que, malheureusement, nous croyons que ton histoire est plus importante que ta vie »…

Critique :
Après s’être bien amusée avec les Aristochats et Mowgli, il était temps de revenir aux affaires sombres, sanglantes, affreuses et quoi de mieux pour cela qu’un livre qui explique la naissance du gang Mara Salvatrucha 13 ?

Oui, ce même gang que Trumpinette veut éradiquer, ce gang né à cause d’une guerre au Salvador, de l’exode de sa population (à Los Angeles) et des brimades reçues par les autres déjà présent aux États-Unis (gangs de mexicains ou autres latinos)…

Non mais à quoi ça tient, parfois ? Des gens ayant connu la violence sont brimés, tabassés, ils se rassemblent donc pour être plus fort (l’union fait la force) et ils découvrent le heavy metal et les paroles sataniques de leurs chansons.

On forme des « maras » (abréviation de marabunta, une migration massive et destructrice des fourmis chasseuses), elles-mêmes divisées en cliques. Deux sont sorties de terre, les Mara Salvatrucha 13 et Barrio 18. Frères ennemis puisque appartenant à un groupe différent. La haine, ça entretient… « Je hais donc j’existe ».

Ce roman qui n’est pas une fiction vous démontre comment d’une bande de jeunes amateurs de metal et de culte satanique, on est arrivé au gang des MS-13…

Comment ? Grâce entre autre à un ancien acteur de western, reconverti en président des États-Unis, qui a envoyé des armes au Salvador pour soutenir la guerilla, formé des milices pour les combats, anéanti le Salvador et fait le ménage en mettant à l’ombre tous les petits gangs des rues qui trafiquaient de la drogue.

La nature ayant horreur du vide, le terrain était prêt pour le petit gang des amateurs de heavy metal, même s’ils n’avaient pas encore compris comment fonctionnait le système. Ils l’ont vite appris et ensuite, se sont détourné du metal pour devenir des assassins purs et durs.

Reagan, lui, a continué sa politique à la porte-nawak en faisant expulser les membres du gang qui étaient en prison, comme on se débarrasse d’un déchet, pensant que le problème est résolu, sans penser que le déchet a encore une vie et qu’il va reproduire les cliques du gang dans son propre pays.

Le cercle vicieux, la boucle sans fin… Comme toujours, les ennuis naissent des comportements inadéquats de la part des dirigeants… Ils ont foutu la merde ailleurs, ils ont aidé des tyrans à rester au pouvoir, ils les y ont mis, ils ont été se mêler de ce qui ne les regardaient pas et la population se prend le retour de manivelle…

Ce roman nous éclaire sur la naissance de la Bête, autre surnom de MS-13, au travers du témoignage de Miguel Ángel Tobar, El Niño de Hollywood chez les MS-13 (vous saurez aussi pourquoi le chiffre 13 est  accolé à bien des noms de gangs) car ce dernier a cafté, trahi, donné les siens. Il était pourtant un assassin réputé au sein du gang et, comme bien de ses membres, il y était entré tout jeune.

Ce roman qui se présente sous la forme d’un compte rendu d’enquête journalistique et non comme un récit romancé, est instructif mais il n’est pas toujours facile de s’y retrouver avec tous les sauts dans le temps et l’espace.

Il aurait sans doute été plus digeste si les auteurs avaient tenu compte d’une certaine chronologie linéaire et non faite de saut de puce dans tous les sens.

Évidemment, ces retours incessants sont nécessaires pour tout nous expliquer, pour couvrir toute l’histoire de ce gang (et des autres), pour nous présenter tous les protagonistes importants et leur C.V sanglant, mais cela rend la compréhension plus ardue.

Un roman sombre, sanglant, noir de chez noir, sans espoir aucun puisque les policiers, les prisons, les gouvernements, s’y cassent les dents et ne savent pas comment éradiquer le problème des gangs qui, telle une nébuleuse, un trou noir, attire tous les jeunes défavorisés du coin qui veulent être quelqu’un.

Malgré le côté un peu ardu dû à une chronologie qui n’est pas linéaire, ce roman qui n’est pas une fiction est passionnant à lire, intéressant et horrible aussi car nous sommes sans défenses face à ces gangs.

Je pense qu’après ça, je vais soit lire « Ratatouille » ou un truc plus léger qu’une plume car cette enquête était plus que copieuse et fout les chocottes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°217 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 01].

Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2020

Olé, Sharon, malgré son emploi du temps plus que super chargé, organisera tout de même son célèbre et attendu Mois Espagnol ! ¡Qué guay!

Une fois de plus, on fouille sa PAL, on répertorie tout ce qui a un accent espagnol ou sud-américain.

Pour plus de facilité, en mars, j’avais créé une liste « Mois Espagnol » sur Livraddict et au fur et à mesure, j’y introduisais les romans se déroulant en Espagne ou avec des auteurs hispanophone.

Quoi de neuf au programme lecture ? Du vieux recyclé de 2019 et du nouveau… Si l’auteur n’était pas hispanophone, j’ai ajouté à côté de sa nationalité le lieu où se déroulait l’action principale.

  1. Amigorena Santiago : Le ghetto intérieur (Argentine)
  2. Arból Víctor del : La veille de presque tout (Espagne)
  3. Arból Víctor del : Le poids des morts (Espagne)
  4. Arból Víctor del : Par-delà la pluie (Espagne)
  5. Arból Víctor del : La maison des chagrins (Espagne)
  6. Argemí Raúl : À tombeau ouvert (Argentine)
  7. Arriaga Guillermo : Un doux parfum de mort (Mexique)
  8. Backhouse Hugo : Chez les Gauchos (Angleterre/Argentine)
  9. Bolaño Roberto : 2666 (Chili)
  10. Bonnefoy Miguel : Jungle (Venezuela)
  11. Bryan Helen : Femmes de l’ombre (États-Unis/Andalousie)
  12. Cabré Jaume : Les voix du Pamano (Espagne)
  13. Caparrós Martín : Tout pour la patrie (Argentine)
  14. Carter Chris : Le prix de la peur – Détective Robert Hunter 02  (Brésil)
  15. Castellanos Moya Horacio : L’Homme en armes (Salvador)
  16. Catelin Georges : Crack, chien patagon (?/Patagonie)
  17. Del Castillo Michel : La nuit du décret (France/Catalogne)
  18. Del Valle Ignacio : Empereurs des ténèbres (Espagne)
  19. Del Valle Ignacio : Les Démons de Berlin (Espagne)
  20. Diaz-Eterovic Ramon : L’Obscure Mémoire des armes (Chili)
  21. Diaz-Eterovic Ramon : Negra soledad (Chili)
  22. Fernandez Diaz J : Le gardien de la Joconde (Argentine)
  23. Fernandez Marc : Guerilla social club (France/Espagne)
  24. Fernandez Marc : Mala vida (France/Espagne)
  25. Ferrari Kike : De loin on dirait des mouches (Argentine)
  26. Franco Jorge : Le Ciel à bout portant (Colombie)
  27. Gamboa Santiago : Des hommes en noir (Colombie)
  28. Garduno Juan de Dios : Welcome to Harmony (Espagne)
  29. Giménez-Bartlett : Le silence des cloîtres (Espagne)
  30. González Ledesma : La dame de cachemire – Mendez 04 (Espagne)
  31. González Ledesma : Des morts bien pires – Mendez 11 (Espagne)
  32. González Ledesma : Cinq femmes et demie – Mendez 07 (Espagne)
  33. González Tomás : L’Histoire d’Horacio (Colombie)
  34. Leconte Marianne : Le Manuscrit de Grenade (France/Andalousie)
  35. Mallo Ernesto : Les hommes t’ont fait du mal – Perro Lascano 03 (Argentine)
  36. Mallo Ernesto : La Conspiration des médiocres – Perro Lascano 04 (Argentine)
  37. Martinez Agustin : Monteperdido (Espagne)
  38. Martínez Juan & Óscar : El Niño de Hollywood (Salvador)
  39. Miranda Miguel : Quand les vautours approchent (Portugal)
  40. Montero Manglano : Table du roi Salomon (Espagne)
  41. Montero Rosa : Le Poids du coeur (Espagne)
  42. Montero Rosa : Le temps de la haine (Espagne)
  43. Munoz Gabriel Trujillo : Loverboy (Mexique)
  44. Muñoz José Luis : La frontière sud (Espagne)
  45. Padura Leonardo : La transparence du temps – Mario Conde 08 (Cuba)
  46. Peeters Hagar : Malva (Pays-Bas/Chili – Pablo Neruda)
  47. Perez-Reverte Arturo : Le tableau du maître flamand (Espagne)
  48. Plante Alicia : Les eaux troubles du tigre (Argentine)
  49. Quiros Daniel : Pluie des ombres – Don Chepe 2 (Costa Rica)
  50. Ramirez Sergio : Il pleut sur Managua (Nicaragua)
  51. Ravelo Alexis : La stratégie du pékinois (Espagne)
  52. Redondo Dolores : Trilogie du Baztán, T1 : Le gardien invisible (Espagne)
  53. Rocha Luis Miguel : Le dernier pape (Portugal)
  54. Roncagliolo Santiago : Avril rouge – Félix Chacaltana 01 (Pérou)
  55. Roncagliolo Santiago : La peine capitale – Félix Chacaltana 02 (Pérou)
  56. Ruiz Zafon Carlos : Le jeu de l’ange (Espagne)
  57. Salem Carlos : Je reste roi d’Espagne (Argentine)
  58. Sepúlveda Luis : La fin de l’histoire (Chili)
  59. Sepúlveda Luis : Un nom de torero (Chili)
  60. Sepúlveda Luis : Histoire d’une baleine blanche (Chili)
  61. Sepúlveda Luis : Le vieux qui lisait des romans d’amour (Chili)
  62. Somoza José Carlos : La caverne des Idées (Espagne)
  63. Sánchez Pardos : Daniel Barcelona (Espagne)
  64. Santiago Mikel : Le Mauvais Chemin (Espagne)
  65. Taibo II Paco Ignacio : Nous revenons comme des ombres (Mexique)
  66. Taibo II Paco Ignacio : Jours de combat (Mexique)
  67. Taibo II Paco Ignacio : Ombre de l’ombre (Mexique)
  68. Trelles Paz Diego : Bioy (Pérou)
  69. Zanon Carlos : Taxi (Espagne)
  70. Zukerman David : San Perdido (France/Panama)

Spain flag

Le Gros, le Français et la Souris : Raúl Argemi

Titre : Le Gros, le Français et la Souris

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Rivages Noir (Oct 2005)
Édition Originale : El gordo, el francés y el ratón Pérez (1996)
Traducteur : Jean-François Gérault

Résumé :
Garcia, dit le gros, rencontre par hasard un ancien compagnon de cellule surnommé le Français. Garcia est devenu réceptionniste, pion sur l’échiquier du vaste empire financier dirigé par Tony Capriano Muller, dont la malhonnêteté n’a d’égale que la vanité.

Le Français, anarchiste habité par une inextinguible violence à l’égard de la bourgeoisie, offre au gros l’occasion de prendre une revanche sociale et de gagner beaucoup d’argent.

Avec l’aide de Pérez la souris, un ex-boxeur qui garde les séquelles de ses exploits sur le ring, ils vont organiser le kidnapping d’Isabel Capriano Muller.

Mais la séduisante épouse du « Parrain » n’est pas une victime consentante.

Dans la plus pure tradition du roman noir, le gros, le Français et la Souris puise son originalité dans une narration à la première personne, férocement drôle et décalée.

Ce premier roman de Raul Argemi, Argentin exilé en Espagne, rappelle irrésistiblement, par son style froid et caustique et la virulence de la charge sociale, l’esprit de Jean-Patrick Manchette.

Critique :
Certains disent que la branlette rend sourd, mais d’après Perez La Souris, la branlette te transforme en dégénéré et rend les os mous.

Si ces messieurs pouvaient confirmer ses dires et si la Recherche scientifique pouvait se pencher sur la question, je pense que ce serait d’utilité publique de savoir si ce genre d’activité provoque des séquelles.

Dernièrement, j’avais accompagné des kidnappeurs qui avaient tout de bras cassés en lisant « Les fleurs de saignent pas » de Ravelo.

Garcia Le Gros, Le Français anarchiste et Perez La Souris, ancien boxeur, sont eux aussi des petits truands mais un peu plus professionnels que ceux croisés précédemment.

Bien que, on se demande qui manipule qui car Isabel Capriano Muller, la kidnappée, a plus d’un tour dans son sac et dans sa culotte.

Entre Raúl Argemi et moi, c’est un bilan qui n’est pas équilibré pour ses trois romans lus. Autant je m’étais emmerdée dans « Ton avant-dernier nom de guerre » autant j’avais pris mon pied littéraire dans « Patagonia Tchou-tchou » et voilà que le soufflé est retombé avec ce roman-ci.

L’histoire commence par le fin, du moins, par un coup de pumas (les lecteurs comprendront) accomplis par nos trois truands. C’est dégueulasse, lâche et violent.

Puis, on remonte le temps avec la rencontre du Gros et des deux autres compères et de leur plan pour kidnapper la femme du magnat local.

Les personnages sont habillement croqués, ils sont bourrés de cynisme, d’humour noir, sont désappointés par cette société à deux vitesses où les riches exploitent les plus pauvres et prêts à tout pour changer la main qui leur a distribué les mauvaises cartes.

Le récit est assez lent, à certains moments, je me suis embêtée, ce qui est dommage parce que ça avait bien commencé, les premiers chapitres du récit étant tout en force et en actions violentes.

Pourtant, si « Patagonia Tchou-tchou » était drôle et bien écrit, j’ai eu l’impression qu’ici on s’enlisait dans le récit, qui pourtant fait dans les 200 pages et il m’a semblé que la kidnappée arrivait trop vite à ses fins avec ses kidnappeurs sans que l’on ait eu l’impression qu’elle prenait le temps de jouer avec eux pour les retourner à son profit.

Malgré un final sous haute tension au vu des retournements de situation, mon impression générale est restée la même : bof.

Une lecture où je me suis ennuyée et que j’ai terminée afin de savoir ce qui allait résulter de tout cela et de parvenir à faire la jonction entre les premiers chapitres qui nous laissaient entrevoir une partie du final et le final lui-même.

Patagonia Tchou-Tchou restera indétrônable !

Cette fille est tellement belle que ma main est partie toute seule et je n’ai pas pu l’arrêter : je suis allé directement faire de l’exercice pour me passer l’envie. La branlette, ça te transforme en dégénéré et ça affaiblit les os.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).