Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – T01 – Les revenants de Whitechapel : George Mann

Titre : Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – T01 – Les revenants de Whitechapel

Auteur : George Mann
Édition : Eclipse Fantastique (2011)
Édition Originale : The Affinity Bridge (2008)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
Bienvenue dans un Londres victorien, étrange et dangereux. Chaque jour, de nouvelles découvertes technologiques viennent améliorer la vie des Londoniens : des dirigeables sillonnent le ciel alors que des automates sont à leur service.

Mais sous le vernis du progrès se cachent de sombres événements.

Sir Maurice Newbury et sa charmante assistante Miss Veronica Hobbes doivent enquêter sur le crash d’un dirigeable et la disparition de son pilote automate, tout en investiguant sur les apparitions mystérieuses d’un policier fantôme à Whitechapel…

Critique :
Londres… Mais un Londres steampunk avec des dirigeables, des automates, des machines à vapeur et une bonne dose de fantastique avec des revenants (morts-vivants), un spectre de policier et des automates qui agissent bizarrement.

Le steampunk et moi, on n’est guère habitué ensemble mais ici, entre le roman et moi, ça a matché directement.

Je dirais même plus, ce roman aurait pu avoir lieu avec un Sherlock Holmes car il n’aurait pas dépareillé dans cette où son sens de la déduction et sa science du crime auraient fait mouche.

Sir Maurice Newbury, qui a une addiction au laudanum, travaille dans un musée comme anthropologue et il bénéficie de l’assistance de la charmante Miss Veronica Hobbes.

Mais ceci n’est qu’une couverture car en réalité, il est agent de sa Très Gracieuse Majesté Victoria, ou, pour faire plus court, un agent de la Couronne (et pas dentaire).

Notre duo est bien assorti, sympathique, n’ont pas froid aux yeux et s’y ajoute un inspecteur de Scotland Yard, Bainbridge, qui aurait mérité un peu plus de traitement car il se révélera un atout important dans l’enquête et je l’avais sous-estimé un peu, ce qui est dommageable car il n’a rien d’une cinquième roue du fiacre.

De l’action, du rythme, du suspense, du mystère, des revenants qui puent de la gueule et qui font plus de dégâts dans Whitechapel que ne le fit Jack The Ripper, un spectre de policier qui s’en prend à des habitants du coin et un accident de dirigeable, hautement suspect, puisque l’automate qui le conduisait a disparu.

Non, impossible de s’emmerder dans ce récit qui pulse et qui comporte des tas de petites affaires dans l’affaire, notamment quelques détails sur la vie privée de nos deux enquêteurs, sans que cela prenne le pas sur l’histoire ou ne la dénature. Ici, tout est important, tout se rattache ensemble.

Les descriptions de la ville de Londres sont très bien faites, sans longueurs excessives,  la séparation des classes aussi, les dialogues sont enlevés, pas neuneu et les actions des personnages sont fort visuelles, comme pour un scénario.

L’avantage, c’est que l’on visualise bien les cascades que notre pauvre Sir Maurice Newbury va devoir réaliser, déjà qu’il a encaissé quelques sales coups dans cette enquête.

Le côté prégnant des machines à vapeur, automates, dirigeables sont parfaitement bien intégrés aux décors, à la ville de Londres, à tel point qu’on les croirait réels, comme s’il était normal de circuler dans un fiacre à vapeur, sans besoin de chevaux pour le tirer.

Même la reine Victoria, dans un état jamais vu, passe très bien dans sa version steampunk.

Sans en faire trop, l’auteur incorpore quelques réflexions dans son récit, qui valent toujours pour notre époque, et se permet aussi de jouer avec ses lecteurs jusqu’au bout.

Voilà un roman policier steampunk comme j’aimerais en lire plus souvent car il est difficile à lâcher une fois que l’on a commencé sa lecture, les enquêtes sont complexes, différentes, les personnages intéressants, sympathiques.

Il est juste dommageable que les aventures suivantes n’aient pas été traduites en français car j’aurais bien aimé arpenter ce Londres steampunk avec Sir Maurice Newbury et  Miss Veronica Hobbes afin de voir ce que l’avenir allait leur réserver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°250 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

L’héritier de Dracula : Sam Stall et Roland Sarkany

Titre : L’héritier de Dracula

Scénariste : Sam Stall
Dessinateur : Roland Sarkany

Édition : Tornade Tourbillon (2009)
Édition Originale : Dracula’s heir
Traduction : Stan Barets

Résumé :
En 1897, Archibald Constable & Co publièrent Dracula, le roman de Bram Stocker, chef-d’œuvre de la littérature fantastique. Mais, pour une raison inconnue qui fait encore gloser les spécialistes, l’éditeur, à la veille de l’impression, retira de cette œuvre le premier chapitre qui ne fut jamais publié.

Or, voici qu’il réapparaît aujourd’hui, au cœur de cette troublante énigme interactive.

L’héritier de Dracula se déroule dix ans après les terrifiants événements narrés dans le roman originel.

Jonathan et Mina Harker forment un couple heureux et vivent à présent à Bixby, en Angleterre. Leur ami, le docteur John Seward, est alors sur la piste d’une série de meurtres qui lui semblent étrangement familiers.

À l’occasion d’une crise de somnambulisme, une fillette de 14 ans s’enfuit du domicile familial et disparaît dans la nuit.

Deux autres victimes, « mortes accidentellement », sont découvertes vidées de leur sang.

Or, on n’en retrouve pas la moindre trace sur les lieux du drame. Lorsque le docteur Seward fait part de ces étranges constatations à Abraham van Helsing, le célèbre chasseur de vampires, tous les soupçons semblent accuser Jonathan Harker.

En effet, Harker, invité par le comte, a séjourné plusieurs semaines au château de Dracula. N’aurait-il pas été infecté sans le savoir ?

Et si depuis dix ans, ce digne gentilhomme anglais, métamorphosé en nosferatu, se dissimulait dans l’ombre ?

À moins qu’une autre créature ne nargue la justice depuis tout ce temps ? Cette effrayante énigme repose sur 8 indices dont les fac-similés sont inclus dans cet ouvrage.

On y trouve notamment un journal d’époque, un certificat de décès, le carnet personnel de Renfield ou le premier chapitre originel du Dracula de Bram Stoker.

Si vous pensez avoir résolu ce mystère, vous pourrez ouvrir le dernier cahier (scellé par l’éditeur) et mesurer ainsi vos qualités de détective.

Critique :
Mince alors, je n’avais jamais lu ce roman graphique ! Dire qu’il est dans mes étagères depuis… Depuis la naissance de Dracula, au moins.

Comment le sais-je ? En rangeant un peu ma bilio, lors du confinement, j’ai attrapé ce superbe livre à la couverture matelassée et par pur plaisir, je l’ai feuilleté, troublée de n’en avoir aucun souvenir…

Arrivée à la fin, j’ai compris car le cahier de solution n’avait pas été ouvert ! Donc, je ne l’avais pas lu.

Hop, directement mis de côté pour le Mois Anglais de Juin.

Nous sommes après les événements qui ont donné lieu au roman de Stoker et l’on soupçonne que Dracula ait contaminé Jonathan Harker et qu’il en ait fait un vampire demi-sang.

L’histoire est non seulement prenante mais c’est vous qui menez l’enquête, au côté du docteur Seward, pour tenter de savoir si oui ou non Harker est devenu un vampire.

Ce qui fait aussi le charme de ce roman graphique, ce sont les fac-similés qui se trouvent entre ces pages vampiriques. Allant d’une photo, à une feuille de journal, au chapitre retiré dans le livre de Bram Stoker, tous pourraient avoir de l’importance et si vous être attentifs, pas de doute, comme moi, vous trouverez la clé de l’énigme.

Je ne vous dirai pas l’indice le plus important, mais lisez-tout, ne loupez rien, même sur la page de journal.

Sans se presser, en prenant le temps de tout bien explorer, on passe un bon moment d’occupation dans ces pages, les yeux allant un peu dans tous les sens, admirant la déco ou les dessins.

Un très bel album, pour les fans de Dracula et des enquêtes version « comme si on y était » car les indices en fac-similés sont du plus bel effet.

Rhôôôô, dire que j’étais persuadée de l’avoir lu… Shame on me. Maintenant, le mal est réparé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°235 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Nains – Tome 4 – Oösram des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Nains - Tome 4 - Oösram des Errants

Titre : Nains – Tome 4 – Oösram des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (2016)

Résumé :
Oösram était le plus grand général de la forteresse de Goll-Garsëm, mais il a trahi son ordre et son roi.

Depuis il n’est plus rien. Sa barbe a été coupée, ses biens confisqués, sa gloire oubliée. Lui et sa famille sont désormais des Errants, travaillant la terre, soumis aux caprices des puissants.

Avec le temps, Oösram pense avoir fait le deuil de son ancienne vie, mais peut-on renier ce que l’on a toujours été ?

Nain T4 - Exilés.inddCritique :
♫ Hé oh, hé oh, on rentre du boulot ♪ chantaient en cœur les Nains dans Blanche-Neige (dans ? Oui… La cochonne).

Sauf que ici, c’est plutôt ♫ Hé oh, hé oh, les Elfes Sylvains, on vient vous annexer ♪ Et on s’en fout si ça vous fait chier ♪ On va tous vous massacrer ♫ Vous niquer, vous trucider ♪ Et vos arbres, on va tous les débiter ♪

L’Histoire ne change pas, un roi cupide décide d’annexer 7 îles car il a besoin des chênes de certains pour construire une flotte de guerre et les Elfes Sylvains qui vivent dans cette forêt sacrée ne sont pas prêt à la lui laisser.

Les Nains gagnent car ils sont menés par Oösram du Bouclier, un grand général qui sait se battre et mener des batailles.

Pas de bol Oösram est victime, comme tous les nains de la triple malédiction imposée par le Dieu des Elfes aux créatures du Dieu Yjdad : avidité, ambition et de obstination.

Une légende raconte que le peuple nain fut créé avec ce qu’il restait d’argile primordiale après que celle-ci eut servi à façonner les Elfes. Déçu par leur petite taille en raison du manque de terre glaise, Yjad décida de compenser ce handicap en leur donnant le courage, la résistance et le secret de la forge. Mais le Dieu des Elfes, Arran, inquiet ce nouveau peuple puisse contester la suprématie de ses propres enfants, glissa trois malédictions dans l’argile encore humide : l’avidité, l’ambition et l’obstination. Ainsi le Dieu des Elfes s’assura jamais aucune alliance naine ne résiste au temps.

« Tu ne voleras pas ton roi » est la règle, même si le roi, lui, peut voler son peuple…Quand je vous dit que l’Histoire ne changera jamais…

Anybref, Oösram a voulu garder le trésor que Joron et trois autres avaient découvert, juste se le partager entre eux.

Peau de balle, trahi, Oösram est banni de sa caste et se retrouve dans celle des Errants et je vous dit que plus bas que ça, on fait pas ! Obligé de travailler une terre qui ne donne pas grand-chose, notre ancien général a dû accepter son sort.

Nom de Zeus, pour cette historie, Nicolas Jarry a mis les petits plats dans les grands, changé de braquet et mis un moteur dans son cadre car il nous pond une putain d’histoire où s’entremêlent profondeur, émotions, et personnages attachants.

Redwin de la Forge m’avait ému, Oösram aussi et j’ai dévoré le récit, le reprenant ensuite pour m’attarder sur les dessins que j’ai trouvé plus réussi, plus juste, moins épais que dans le tome 2 et 3.

Oôsram est humain par bien des travers, comme celui de baisser la tête et de faire celui qui n’a rien vu quand on écorche des Errants mais qui montra les dents et sortira la hache de guerre quand on cherchera misère aux siens. Sa famille, son bien le plus précieux.

J’avais été dans l’erreur toutes ces années, avoir une famille n’était pas une faiblesse. C’était ma plus grande force.

Mais comment transformer des Errants, fermiers éleveurs pour la plupart, en machine de guerre pour faire face au tout puissant ordre du Bouclier, des vétérans de guerre qui passent leur vie sur des champs de bataille ?

Les combats sont épiques, beaux, violents, sans espoir, c’est vaincre ou mourir… C’est mourir les armes à la main pour ne pas crever sous le joug de ce roi qui veut toujours plus d’argent pour faire toujours plus de guerre.

Mourir debout, en Nain, pour ne pas crever de faim, mourir en luttant pour leur montrer qu’on n’est pas des agneaux, pour leur dire qu’on est des Nains nous aussi et qu’on a des droits, bordel de merde.

Dans tout ce sang versé entre frères d’une même peuple, il y a un espoir qui, telle une graine plantée, fera germer la liberté d’un peuple opprimé.

Le changement, c’est pas maintenant, c’est pas tout de suite, mais le changement est en marche ! Gare aux joufflus (fesses) des différents Ordres.

Quand aux textes, ils sont toujours au poil et le fait d’avoir inventé des mots donne plus de poids aux Nains. Un glossaire se trouve à la fin.

Vivement la suite, si elle est du même acabit parce que là, on est dans le tout tout bon !

PS : Je ne sais pas si c’est fait exprès ou si c’est le hasard, mais le Dieu des Nains se nomme Yjdad, ce qui, en inversant les sons donne djihad

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

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Nains – Tome 3 – Aral du Temple : Nicolas Jarry & Paolo Deplano

Nains - Tome 3 - Aral du Temple

Titre : Nains – Tome 3 – Aral du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (2016)

Résumé :
Un cube en or recouvert d’écritures ésotériques a été exhumé des entrailles dune forteresse-état du sud.

L’artefact, datant dune époque reculée et terrible, intéresse au plus haut point les maîtres de l’Ordre du Temple qui rassemblent aussitôt un groupe pour aller enquêter sur place.

Bien malgré lui, Aral, un jeune ingénieur tout juste diplômé, fait partie de l’expédition.

Arrivés sur place, le mal est déjà en train de s’éveiller, révélant la face la plus obscure du peuple nain.

Nains 3 - 1891_P3Critique :
« NAINS, la série qui copie ELFES en plus petit »…

Même concept que pour la série « Elfes » sauf qu’ici, nous gardons le même scénariste, Nicolas Jarry et changeons de dessinateur à chaque tome.

Tout comme leurs aînés, les Elfes, les Nains sont répartis en caste selon qu’ils sont forgerons, combattants, marchands, prêtres, ou sans caste, bannis, errants.

Après les forgerons et les assassins, nous arrivons dans la caste de l’ordre du Temple, celle qui regroupe les ingénieurs et bâtisseurs du peuple nain.

On commence par du mystère avec un bateau qui vient ravitailler l’habitant d’un phare, exilé sur une île tel un autre nabot célèbre. Dehors, le ciel est sombre, nous voilà happé par le récit et les éléments mystérieux.

Des bruits courent sur lui, on le dit centenaire, même vieux de plusieurs siècles ! Alors Aral va coucher sur papier toute sa vie… Celle qui commença 7 siècles plus tôt…

Bon, on pourrait penser, au vu de la troisième et quatrième planche qu’on est dans du déjà-vu surtout si l’on a regardé la trilogie de Peter Jackson, Le Seigneur des Anneaux avec nos amis qui traversent les ruines de la Moria car on se croirait en train de revoir le film (voilà pourquoi je n’ai pas parlé de l’œuvre de Tolkien).

Une quête, une cité souterraine gardée par un truc pas très gentil, une sorte de chien de garde qu’il faudra terrasser… ça sent mauvais !

Et pourtant, pourtant, ce n’est pas ça ! Oui, ça ressemble à un passage d’un film célèbre, ou ça en a l’odeur, oui ça en a la couleur, mais ce n’est pas de l’alcool, comme le disait si bien une célèbre pub pour le Canada Dry©.

Aral, jeune orphelin, va se retrouver, bien malgré lui, embarqué dans une expédition archéologique destinée à percer les secrets d’un artefact maudit dépositaire d’un savoir interdit et de comprendre si l’artefact est lié au fait que tout le monde dans la cité se bouffe le choux de manière vachement agressive.

Oui, oui, on mélange assez bien de genre dans cette bédé qui nous propose une énigme, une enquête, une quête, et qui distille son suspense à petites doses avant de faire monter le compteur cardiaque et nous donner un final auquel je ne m’attendais pas. Je parle des choix que fit Aral, même si j’avais compris sa combine.

Des dessins réalistes, des couleurs lumineuses dans la sombritude (néologisme offert), dessins mieux réalisés que ceux pour Ordo du Talion, mais j’avoue que j’ai déjà vu mieux dans la collection des Elfes.

Pour le moment, c’est toujours Redwin de la Forge qui m’a le plus ému.

Malgré ces quelques petits bémols, cela reste tout de même un très chouette album qui m’a diverti et une collection aussi intéressante que celle des Elfes.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

Elfes – Tome 1 : Le Crystal des Elfes bleus

4fa7b-preview_page-phpTitre : Elfes – Tome 1 : Le Crystal des Elfes bleus            big_3-5

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte

Édition : Soleil (2013)

Résumé :
Les Elfes bleus d’Ennlya, une petite ville portuaire du Nordrenn, ont tous été massacrés !

L’Elfe bleue Lanawyn et Turin, un homme réputé, enquêtent alors que toutes les pistes mènent vers un clan d’Yrlanais, ces Hommes du nord qui haïssent les Elfes.

Dans la cité île Elsemur, Vaalan une jeune Elfe bleue passe l’épreuve de l’eau des sens. La mère prophétesse voit son avenir proche, un avenir lié au crystal sacré.

« Celui qui contrôle le crystal, contrôle l’océan ».

Cette annonce fait grand bruit et il se murmure que Vaalann pourrait être le messie que les Elfes bleus attendent depuis plusieurs générations…

Entre enquête et initiation, cette histoire nous mène dans un monde de faux-semblants, de rêves et de désillusions !

Critique :
C’est grâce au magazine « Lanfeust » que j’avais découvert l’album 5 des Elfes.

Ayant pris mes renseignements sur la série, j’ai découvert avec ravissement que les éditions Soleil avaient lancé ce concept : faire une série de 5 albums sur un même univers – Elfes – mais en changeant à chaque album de scénaristes et de dessinateurs. Original ! Ce premier tome est consacré aux Elfes bleus.

Ouverture et feuilletage de l’album : un dessin maîtrisé, des couleurs pâles qui côtoient des couleurs plus chatoyantes, des Orks, des cadavres. Un début plus que prometteur.

Le scénario ? On se croirait dans une bonne vieille enquête : Turin, un homme, voyage avec la belle Lanawynles, Elfe de son état. Ils se rendent dans la ville portuaire d’Ennlya.

Là, c’est la stupeur additionnée de puanteur : tous les Elfes d’Ennlya ont été massacrés et tout porte à croire que le forfait a été perpétré par les Yrlanais, une tribu humaine qui entretient des relations houleuses avec ces voisins immortels.

Des problèmes entre les peuples, les races : on se croirait sur la Terre…

Lanawyn, aidée de Turin, va entreprendre la délicate mission d’élucider le mystère.Tout en faisant gaffe de ne pas se laisser mener par des indices de culpabilité trop gros que pour être vrai. Faudrait faire gaffe aussi de ne pas heurter certaines sensibilités, parce que dans l’ombre, ça complote ! Une étincelle et tout peut s’embraser.

L’album n’est pas uniquement centré sur l’enquête car « ailleurs », une prêtresse dévoile à la jeune Vaalann son destin : elle est l’Élue, celle qui sera digne de contrôler le crystal qui permet de se faire obéir de l’océan.

Avantage du format one-shot : on sait qu’à la fin, tout sera joué, pas de « suite » directe, le prochain album étant consacré à une autre race elfique (les Sylvains). Donc, pas de tirage en longueur.

Des inconvénients ? Oui et un fameux : le format du one-shot  n’autorise pas le développement des caractéristiques du peuple des « longues oreilles ». Pas assez de place que pour développer plus, ce qui n’aurait pas fait de mal… À mon avis, deux tomes auraient été nécessaires pour donner plus de corps à l’histoire et aux protagonistes. Comme quoi, quand c’est trop court, c’est pas assez long !

Ce que j’ai apprécié, en plus du graphisme, c’est l’alternance entre l’enquête de Lanawyn et Turin sur le massacre des villageois d’Ennlya  et le parcours de Vaalan pour devenir la guide de son peuple puisqu’elle est l’Élue. Le tout est habillement agencé et parfaitement imbriqué puisque tout se dévoile au fur et à mesure de l’histoire.

Suspense, pas de temps mort dans la narration, du mystère, une enquête « policière », de la nécromancie, de la lâcheté pour certains et du courage pour d’autre, une attaque « surprise », des gens qui veulent devenir Calife à la place du Calife, de la vengeance, de la haine, de la rancœur, de la xénophobie entre les différents peuples, de l’amitié, aussi… Bref, un cocktail des plus agréable.

Quant aux personnages, malgré le manque d’espace pour mieux les développer, ils sont intéressants, certains sont attachants et le tout est bien présenté, compte tenu des 52 pages pour pouvoir tout faire.

Ce récit, pour les habitués de la fantaisy, pourrait paraître « trop classique », mais il n’en reste pas moins « plaisant » et comme je vous l’ai déjà dit, les dessins sont superbes : que ce soit sur les gros plans des personnages ou des grandes cases montrant les décors majestueux du royaume marins des petits êtres bleus… Enfin, pas si petits, on n’est pas chez les Schtroumpfs non plus.

Le dessinateur a utilisé une technique que j’aime beaucoup : une grande image et des petites cases dessus. Ça varie et apporte beaucoup à l’originalité.

On ne lui reprochera que le fait d’être un one-shot et de ne pas avoir de tome 2 ainsi qu’un air de déjà-vu. Il me semble que le monde des Elfes pouvait donner plus d’idées moins  basique.

Attention, j’ai tout de même passé un très un bon moment d’évasion !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)