Sherlock vs Cthulhu – 02 – Les psychoses neurales : Lois H. Gresh

Titre : Sherlock vs Cthulhu – Tome 2 – Les psychoses neurales

Auteur : Lois H. Gresh
Édition : Ynnis (10/02/2021)
Édition Originale : Sherlock Holmes VS. Cthulhu: The Adventure of the Neural Psychoses (2018)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Le combat épique entre la logique froide de Sherlock Holmes et l’horreur indicible de Cthulhu continue !

La monstrueuse portée d’Amelia Scarcliffe va bientôt voir le jour, grouillant des hérauts de Cthulhu. Ses chants appellent la folie, la mort… mais aussi une fortune infinie. Et Moriarty fera tout ce qui est en son pouvoir pour mettre la main dessus, quitte à abattre les murs entre un monde d’horreurs indicibles et le nôtre.

Après l’affrontement entre Sherlock Holmes et l’Ordre de Dagon, d’affreuses créatures ont commencé à hanter la Tamise, tandis que la démence s’est emparée des rues de Whitechapel.

Alors que les hommes de main de Moriarty sèment la terreur en se confrontant aux membres de la secte, seuls Holmes et le docteur Watson peuvent remédier à la situation. Mais pourront-ils trouver l’origine de cette psychose avant que Watson n’en devienne la victime ?

Critique :
Cette fois-ci, c’est terminé, le troisième tome ne sera pas lu par moi ! La coupe est pleine, n’en jetez plus…

La lecture du premier tome avait déjà en dents de scie, celle du deuxième fut une catastrophe sans nom faite de soupirs et de sauts de pages.

Si dans le premier tome j’avais apprécié les 200 premières pages, ici, je ne saurais dire combien de pages j’ai vraiment appréciées… Celles consacrées au final, ce qui ne fait pas énormément de pages !

Qu’est-ce qui m’a bloqué dans ma lecture ? Je ne saurais trop le dire. L’auteur n’écrit pas comme un pied, il y avait de la logique dans sa narration, ce n’était pas erratique. Les personnages de Holmes et Watson, vus par l’auteur, ne m’ont jamais emballés, mais c’est une histoire de goût.

Pour tout dire, je me suis ennuyée dans le récit, rien ne trouvait grâce à mes yeux et ce fut donc laborieux d’arriver à la page 100. Après, je ne me suis plus embarrassée avec les scrupules, j’ai tracé la route jusqu’à l’affrontement final avec une sale bête et puis basta, j’ai refermé le livre et je ne perdrai pas mon temps à lire le troisième et dernier opus.

Autant où la trilogie consacrée à Holmes vs Cthulhu de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, autant celle-ci fait le contraire. Si le premier tome de l’autre trilogie ne m’avait pas emballé, les deux autres oui et j’avais terminé cette trilogie contente.

Ici, on part dans l’autre sens : ça commence moyen puis ça s’enfonce, alors, je n’ose imaginer pour le dernier tome !

Bah, sans rancune, ce n’était pas pour moi, j’ai assez de livres dans ma PAL pour m’offrir des frissons littéraires.

Je dois encore couver un virus littéraire parce qu’avec mes dernières lectures, c’est où ça passe (et donc, j’adore) ou ça casse et je passe royalement à côté. Pour le moment, pas d’entre deux, c’est tout ou rien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°74].

Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 2 – L’Affaire du ticket scandaleux : Cyril Lieron et Benoit Dahan

Titre : Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 2 – L’Affaire du ticket scandaleux

Scénariste : Cyril Lieron et Benoit Dahan
Dessinateur : Benoit Dahan

Édition : Ankama Éditions (24/09/2021)

Résumé :
Alors que Sherlock Holmes et le Dr Watson sont sur la piste du magicien chinois Wu-Jing, le ministre des Colonies Britanniques est à son tour visé.

Cette fois, ce sont les plus hautes sphères de l’État qui sont frappées. Quel genre de complot le sulfureux mage peut-il bien tramer ?

Le célèbre détective est décidément confronté à un personnage aussi secret qu’inquiétant et il n’est pas au bout de ses surprises…

Critique :
Alors là, une fois de plus, je m’incline bien bas et tant pis pour mes raideurs ! Voilà une bédé intelligente et foutrement bien faite !

Non seulement le scénario de l’enquête tient la route parfaitement, non seulement il n’y a pas d’élément fantastique et en plus, tout se tient, tout est clair et le fil rouge est toujours là pour vous guider, même quand il se casse.

Si j’avais dû penser à un album pareil, je pense que j’aurais fini mes jours à l’hôpital psychiatrique. En tant que lectrice, je termine au panthéon de la bédé, au summum du plaisir livresque.

Donner aux lecteurs (et lectrices) le plaisir de se retrouver DANS la tête de Sherlock Holmes au moment de ses déductions, de ses pensées lorsqu’il fume 5 pipes pour résoudre cet épineuse énigme dont je ne m’étais pas doutée de la solution finale avant de la découvrir par transparence (suggérée par les auteurs).

Ce qu’il se passe dans la tête de Holmes est bien imaginé, bien mis en scène, bien illustré (ah, la biblio avec les livres importants) et durant toute l’histoire, nous suivrons donc ce fameux fil rouge illustrant le fil de l’enquête.

Les auteurs ont même pensé à ajouter un plan de Londres pour nous montrer la route suivie par Holmes et Watson, en fiacre. La cerise sur le gâteau déjà somptueux…

L’Angleterre ne sortira pas grandie du final… Nos nations n’ont pas à se gausser, elles n’en sortiraient pas grandies non plus !

Une excellente bédé mettant en scène un Sherlock Holmes tel que je l’apprécie le plus : suivant une enquête, faisant des déductions, entraînant un pauvre Watson dans son sillage, qui, comme nous, ne comprendra pas avant de se trouver face à leur ennemi, qui, heureusement, n’est pas Moriarty !

Une bédé intelligente, innovante, surprenante (même si je ne suis plus surprise puisque j’ai lu le premier tome direct après sa sortie), qui ne sombre jamais dans l’excès et qui réussi à ne pas se prendre les pieds dans le tapis.

L’exercice n’était pas simple, vu la particularité de ce récit qui nous plonge dans la tête de Holmes et qui nous montre, au travers de petits médaillons, les différents indices récoltés. Qu’ils soient importants ou pas…

Génial, tout simplement !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°58], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°73], et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 02 – L’empoisonneur de Brook Street : Michel Bourdoncle [Par Dame Ida]

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 02 – L’empoisonneur de Brook Street

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (12/07/2021)

Résumé :
Londres, automne 1894

La troublante Violet Handcock vient solliciter l’aide de Sherlock Holmes. L’ombre d’un danger sournois plane au-dessus de l’officine de pharmacien de son père. Las, le lendemain, le vieil homme est retrouvé mort dans son laboratoire fermé de l’intérieur.

Dès lors, le détective de Baker Street n’aura de cesse de mettre ses extraordinaires facultés d’observation et de déduction au service de l’énigme de ce meurtre en chambre close, pour démasquer un assassin machiavélique et pour innocenter un homme injustement accusé par Scotland Yard.

Holmes sera aidé dans sa tâche par son fidèle ami Watson, que la gent féminine laisse moins indifférent que jamais, et par une madame Hudson rajeunie et à la personnalité nouvelle des plus surprenantes.

Mon Avis :
Attention : critique saturée de spoilers. Le roman n’étant pas très gros… quand on pointe l’inutile et qu’on le retire… il ne reste plus que l’essentiel… et on parle très vite des grosses ficelles grossières du scénario.

Donc… si vous collectionnez les pastiches comme Dame Belette, lisez le livre d’abord et on discutera ensuite de nos impressions dans les commentaires.

– Si l’introduction et l’intrigue sont au départ sympathiques on ne peut pas dire que le mystère soit bien compliqué à résoudre : nous avons le choix entre deux suspects : la solution est cousue de fil blanc et se devine rapidement même si on ne sait pas encore comment Holmes va arriver au résultat prévisible.

– La solution est en outre dévoilée au 3/4 du livre. On se demande pendant plusieurs dizaines de pages réparties sur quelques chapitres ce qu’on peut encore en attendre… on ne sait jamais… un rebondissement de dernière minute…

Et ben non… telle sœur Anne je ne vis rien venir. Rien de rien ! T’as juste perdu ton temps. Aucun intérêt. C’est l’épilogue le plus long (plusieurs chapitres) et le plus brouillon (car partant dans tous les sens) que je n’ai jamais lu !

L’auteur voulait juste prolonger le plaisir qu’il avait à écrire (à moins qu’il ne soit payé à la page?) sur ses personnages préférés. Si le lecteur s’emmerde ce n’est pas son problème.

– Cela doit être de l’auto édition à en croire le nombre de coquilles. Quelques fautes d’accords complexes sont tolérables mais une odeur « d’amende amère » qui aurait davantage convenu à un mauvais stationnement qu’à un empoisonnement au cyanure (qui sent l’AMANDE amère!) là ça devient comique… et que dire de Madame Hudson nommée Madame Watson à deux reprises dans la même page !!! Heureusement qu’on nous avait dit que Mary Morstan-Watson était déjà morte!

– Le Lestrade de ce roman n’est pas canonique… Ses rapports avec Holmes sont ici haineux et désastreux! Rien de ça dans le canon où les deux hommes sont toujours restés courtois l’un avec l’autre ! On le fait passer pour un sadique brutal, une caricature de ripoux à deux neurones… C’est pas vraiment sympa… Et c’est d’un manichéen ! Lestrade c’est le méchant pourri (on a pas pu ressusciter Moriarty alors on prend ce qu’on a sous la main!) et Holmes c’est le Gentil!

– Watson de son côté se prend pour un don Juan ayant besoin de se rassurer sur la longueur de sa quéquette  et son impudeur en la matière n’a rien de très victorien… en outre il passe juste pour un crétin prétentieux qui se croit très malin. C’est pénible à la longue.

– Holmes reste holmesien…si on oublie que le voila amoureux! Et oui un Holmes asexuel ça dérange encore quelques uns qui s’obstinent à lui imaginer une vie sexuelle…

Du temps de Victoria on n’avait pas de vie sexuelle (si on en avait une c’était tabou-caché et on ne parlait de rien et on écrivait pas sur le sujet!). On se mariait et des enfants venaient au monde.

Aujourd’hui les auteurs ou lecteurs de pastiches se fichent de savoir si les enfants vont arriver ou s’ils ont pilules, capotes ou stérilet ! Ils faut juste qu’ils niquent parce que c’est ça l’amouuuur ! C’est si bô la passion!!!! Peu importe si ça ne se faisait pas comme ça à l’époque! On dira qu’ils sont modernes et le tour est joué !

Or, un pastiche doit être écrit dans le respect rigoureux des mœurs de l’époque !!! On ne rajoute pas de modernité de mœurs, car ça n’aurait pas été publiable !

– On réintroduit Irene Adler… Ben oui quoi ! Elle est trop fascinante pour n’apparaître que dans Scandale en Bohème ! Et puis si Holmes doit s’intéresser à une femme ça ne être qu’elle !

Ok pourquoi pas… mais Watson la croiserait au quotidien sans comprendre que quelque chose cloche puisqu’elle emprunterait les traits d’une personne qui lui est familière depuis des années… Et il ne se rend pas compte du subterfuge ! Les lunettes n’existaient pas à l’époque ? Si pourtant ! OK il est supposé être très con et Irene est supposée être une pro du déguisement comme Holmes… mais tout de même… C’est tellement énorme que ce n’est crédible pour deux sous.

– En plus la présence d’Irene n’apporte rien au roman si ce n’est que d’y ajouter des chapitres entiers sans utilité puisqu’elle ne participe pas du tout à l’enquête. Contrairement à ce qu’annonce le bandeau du livre !!! Publicité mensongère !!! Elle n’est qu’un personnage secondaire dans une vie parallèle ! Pourtant la couverture nous laissait croire qu’elle enquêtait ! Quelle arnaque !

– Et l’auteur nous raconte deux, voire trois fois comment elle s’est réintroduite dans la vie de Holmes. Bref à chacune de ses incursions dans le roman. Des fois que le lecteur ait la maladie d’Alzheimer ! A moins que ce soit l’auteur qui ait des problèmes de mémoire et ne se relise jamais ???

Franchement à la deuxième répétition j’ai cru que l’auteur me prenait pour une conne. Et je n’aime pas ça… Mais alors pas du tout !!! Déjà que ses multiples rappels d’anciennes affaires du canon étaient limites et sans intérêt pour une holmésienne amatrice… car que l’auteur du roman ne se leurre pas : la majorité des lecteurs de pastiches connaissent le canon et trouvent souvent ces rappels aussi inutiles qu’artificiels.

Au mieux faudrait-il faire de simples notes explicatives de bas de page pour ceux qui ne sont pas familiers du canon plutôt que des parenthèses d’un à plusieurs paragraphes qui brisent la progression du développement.

– Je passe aussi sur le côté Harlequin le Champion de l’Amour de ces chapitres introduisant Irene ! Ça pue la guimauve à un point que ça n’en est pas crédible si on reste fixé sur le Holmes du canon et sur les mœurs de l’époque qui incitaient à plus de retenue dans l’évocation des sentiments personnels.

– Cerise sur le pompon : le poison utilisé pour tuer la victime… on évoquera l’odeur « d’amende amère » typique du cyanure mais sans jamais nommer ce poison… en oubliant vite que seul le cyanure a cette odeur et on optera pour l’arsenic à la fin… en le disant inodore… Déjà une contradiction de plus…

Et ce n’est pas un poison à effet rapide !!!! On ne tombe pas foudroyé d’un coup avec l’arsenic. Si elle en avait pris, la victime serait morte lentement et douloureusement et serait nécessairement sortie de sa chambre close pour chercher du secours !

L’auteur aime à montrer qu’il a fait un grooooos travail de recherche sur le canon ou sur l’histoire de l’ère victorienne « genre je suis membre de la SSHF » etc. mais quand on empoisonne ses victimes on se renseigne un minimum sur les effets des poisons borde l!

Tout le monde n’est pas ancienne infirmière de guerre comme Agatha Christie mais quand même !!! Il y a un minimum syndical à assurer ! On se forme ! On s’informe ! On regarde les Experts à Miami ou des Hercule Poirot par exemple !!! Ou on peut lire Madame Bovary qui se suicide à l’arsenic si on veut des références plus smart !!!

Ça commence par des troubles digestifs très pénibles et le système neurologique n’est détruit que dans un second temps. Ça peut durer entre quelques heures et plusieurs jours ! Parfois les gens en réchappent même en fonction de la dose et de leur vigueur !

– Et quand on dit que Irene était contralto dans la première présentation de son parcours… on ne parle pas d’elle ensuite comme d’une soprano quand on se sent obligé de re-raconter et re-re-raconter sa vie !!!!

Une soprano c’est pas une contralto ! Aaaaarrrrg ! Le registre de contralto est bien plus grave et a une dimension androgyne permettant de chanter les rôles masculins des opéras baroques ! C’est le registre qui est effectivement attribué à Irene par Conan Doyle car ce qui distingue Irene aux yeux de Holmes ce sont justement ses qualités supposément masculines et ses ambiguïtés.

À cette époque, justement, on était en pleine transition dans l’importance des registres lyriques et une nouvelle hiérarchie se dessinait : les sopranos ne s’étaient pas encore tout à fait imposées comme archétypes des premiers rôles mais le succès des contraltos était déjà sur le déclin (d’où le retrait probable d’Irene des scènes). Bref…

Écrire c’est pas juste aligner des mots qu’on recopie sans savoir ce qu’ils veulent dire ! Écrire suppose de s’être approprié le moindre mot que l’on offre au lecteur. Quand on sait ce qu’est une soprano et ce qu’est une contralto… et bien on ne fait pas l’erreur ! Au contraire ! On a bien en tête que l’ambiguïté de ce registre participe au charme particulier d’Irene !

Bref en résumé : une bonne idée de départ très maltraitée et qui donnera de l’urticaire à un/e holmesien/ne amateur/trice.

Comme disait Mistinguette une fois arrivée au bas de l’escalier en chantant et en montrant ses jambes : « l’ai-je bien descendu » ?

[Série] ABC contre Poirot (2018) : Sarah Phelps

ABC contre Poirot (The ABC Murders) est une mini-série télévisée britannique de quatre épisodes, écrite par Sarah Phelps et réalisée par Alex Gabassi, diffusée du 26 au 28 décembre 2018 sur BBC One, en trois épisodes. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom d’Agatha Christie publié en 1936.

Synopsis :
En 1933, à Londres, le célèbre détective belge Hercule Poirot est vieillissant et coule une retraite paisible. C’était sans compter sur Alexander Bonaparte Cust, qui arrive à Londres et s’installe dans une pension glauque.

Avec sa machine à écrire, il tape des lettres, signées d’un mystérieux ABC, qu’il envoie à Hercule Poirot. Dans ces lettres, ABC explique à demi-mot son jeu macabre : assassiner, dans l’ordre alphabétique, des personnes dont le nom et le prénom commencent par la même lettre que la ville où le meurtre a lieu.

Le détective décide d’enquêter mais se heurte à l’inspecteur Crome. Sur chaque scène de crime, Poirot retrouve un indicateur des chemins de fer ouvert à la lettre correspondante et taché de sang.

Peu à peu, Poirot commence à faire le lien entre lui, ces villes et les personnes assassinées…

Personnages principaux :

  • John Malkovich : Hercule Poirot
  • Rupert Grint : Inspecteur Crome
  • Andrew Buchan : Franklin Clarke
  • Eamon Farren : Alexander Bonaparte Cust
  • Jack Farthing : Donald Fraser
  • Gregor Fisher : Dexter Dooley
  • Tara Fitzgerald : Lady Hermione Clarke
  • Henry Goodman : Sidney Prynne
  • Shirley Henderson : Rose Marbury
  • Bronwyn James : Megan Barnard
  • Freya Mavor : Thora Grey
  • Kevin McNally : inspecteur Japp

Ce que j’en ai pensé :
A.B.C contre Poirot, je commence à connaître puisque j’ai vu son adaptation pour « Les petits meurtres d’Agatha Christie » et que j’ai lu, en juin, son adaptation en bédé.

Là, je découvrais, au cours d’un zapping, une nouvelle adaptation du roman en mini-série avec John Malkovich dans le rôle de Poirot.

Évacuons de suite ce qui m’a profondément gêné : John Malkovich n’est pas un Poirot crédible du tout !

Il n’est pas obnubilé par ses petites cellules grises, ne porte pas sa moustache ridicule mais une barbichette, ne semble pas avoir une haute opinion de lui-même, n’a pas vraiment l’allure d’un dandy et on dirait que son orgueil est parti en vacances sans le prévenir…

J’adore John Malkovich, mais pas dans le rôle du détective belge ! Il a foiré le personnage, selon moi, mais ceci n’est que mon avis, vous le savez bien.

C’est un Poirot vieux (en 1933 ???) qui se trouve face à nous. Son succès n’est plus là, c’est un has been. Exit aussi l’inspecteur Japp, pensionné heureux qui bine ses salades, avant de d’aller les manger par la racine…

Par contre, son remplaçant, c’est Ron Weasley ! Heu, pardon, Rupert Grint… Je le préférais en gamin dans Harry Potter, ici, dans son rôle de l’inspecteur Crome, remplaçant de l’inspecteur Jaap, il joue le rôle d’un homme imbu de sa personne, qui ne réfléchit pas toujours avec discernement et considère Poirot comme un vieux chieur.

Ron, ta copine Hermione t’aurait conseiller d’aller faire un tour à la bibliothèque ! Là, tu verras que Poirot n’est pas un imbécile ! D’ailleurs, il y a une lady Hermione dans l’épisode…

Maintenant que j’ai évacué le mal, tirons la chasse et passons à ce que j’ai apprécié dans cette mini-série : les décors et les ambiances 1933…

Qui dit 1933, dit merde brune qui commence à sentir mauvais du côté de l’Allemagne et ça remonte jusqu’à la perfide Albion, qui en a marre des immigrés et qui aimerait qu’on les remballe chez eux (une éternelle rengaine), Hercule Poirot y compris, lui qui n’a pas fait la guerre quand son pays a été envahi (son pays qui est aussi le mien… ♫).

Pas besoin de vous faire de dessins, les imbécilités faites en paroles ou en actes ne changent pas selon les époques, on charge à fond l’étranger, on le rend coupable de tous ses maux et on se dit qu’une fois entre nous, on sera mieux.

Erreur fatale, mais tout le monde ne l’a pas encore compris… L’hypocrisie est dans le camp des Anglais, eux qui ont eu un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et dont les habitants des colonies auraient sans doute apprécié qu’ils foutassent le camp de chez eux.

Anybref, c’est dans cette ambiance « brexit » que se trouve l’Angleterre quand le tueur ABC se met à trucider en suivant l’alphabet.

En fouillant un peu sur le Net, j’ai appris que la réalisatrice n’avait jamais lu les romans d’Agatha Christie et qu’elle était donc partie totalement vierge en ce qui concernait ce personnage. Au lieu de reproduire à l’identique ce qui avait déjà été fait 100 fois, elle a préféré mettre Hercule Poirot au centre de l’épisode et lui écrire un passé.

Un passé qui m’a fait tomber de haut… On aimera ou l’on criera à l’hérésie. Il est vrai que découvrir Poirot dans cette profession-là à de quoi déstabiliser (non, Ida, il n’est pas meneuse de revue au Moulin Rouge !!!).

Mon avis restera mitigé sur cette mini-série. Autant où j’ai apprécié les ambiances des années 30 qui montraient les Anglais dans leur xénophobie galopante (comme c’était déjà le cas durant l’ère victorienne), autant où j’ai apprécié les décors qui donnaient vraiment l’impression d’avoir voyagé dans le temps, autant où j’ai aimé les petits changements apporté à l’œuvre originale qu’est le roman, je reste bloquée sur Malkovich en Poirot.

Il ne saurait égaler David Suchet (qui pourrait ?), mais j’aurais mieux aimé que l’on fasse cette mini-série sans son personnage, avec un autre enquêteur, comme dans l’adaptation française. Malkovich ne m’a pas emballée en Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°17] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°71].

Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 1 – La double disparition : Serena Blasco & Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 1 – La double disparition

Scénaristes : Serena Blasco & Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (2017/2020)

Résumé :
Quand Enola Holmes, sœur cadette du célèbre détective Sherlock Holmes, découvre que sa mère a disparu le jour de son anniversaire, en ne lui laissant pour mot qu’un recueil sur les fleurs, et un carnet de messages codés, elle se met rapidement à sa recherche.

Elle va devoir recourir à son sens de la débrouille, ainsi qu’à d’ingénieuses techniques de déguisement afin de fuir le manoir familial alors que ses deux frères se sont mis en tête de l’envoyer en pension afin de faire d’elle une vraie « Lady ». Mais rien ne la prépare à ce qui l’attend.

Son chemin la conduit rapidement dans les quartiers sombres et malfamés de Londres, et elle se retrouve impliquée dans le kidnapping d’un jeune marquis. Enola arrivera-t-elle à s’en sortir seule, et continuer de suivre la piste de sa mère tout en échappant à ses deux frères ?

L’ adaptation des romans de Nancy Springer.

Critique :
Les enquêtes d’Enola Holmes, je les avais découverte il y a quelques années déjà et j’avais lu toute la collection.

Sa mise en bédé n’allait rien m’apporter si ce n’est de découvrir les personnages en images, mettre à jour ma mémoire (j’ai oublié les petits détails de l’histoire) et, qui sait, m’apporter du plaisir de lecture, comme les romans l’avaient fait à l’époque.

Enola, c’est avant tout de la littérature jeunesse, mais pas de celle qui prend ses lecteurs pour des crétins, qui lui évite les mots de plus de deux syllabes de peur qu’ils se fassent une entorse du cerveau oui qui lui masque la vérité de ce qu’il se passait à cette époque. Le jeune vicomte en fera l’amère découverte, lui qui a toujours vécu dans la soie.

D’ailleurs, dans la série de romans, l’auteure avait bien mis en scène tous les codes de l’époque victorienne, notamment dans les vêtements portés par les dames ou ce qui se faisait et ce qui ne se faisait pas. La naissance, assez tard, d’un enfant, ne se faisait pas, dans la haute société. Sans doute que les femmes n’avaient plus droit à leur partie de gambettes en l’air une fois un certain âge passé…

Les dessins, sou forme d’aquarelles, ont des coloris très doux, un peu délavés. Mon seul ronchonnement sera pour le nez en trompette d’Enola… D’ailleurs, tout le monde semble avoir un nez en trompette !

Le pire sera pour Sherlock, de profil, ça lui fait presque un groin de cochon, ce maudit nez ! Sa représentation ne m’a pas satisfaite, il ressemble plus à un dandy en goguette qu’à Sherlock Holmes. Je l’ai même vu avec une pipe calebasse dans la main, ce qui est un anachronisme total.

Quant à Mycroft, c’est comme Sherlock, il ne ressemble pas vraiment au personnage de Conan Doyle. Les dessins, de style un peu girly, ne sont sans doute pas la meilleure manière de mettre ces deux hommes en valeur.

Enola est très féministe, indépendante, ne veut pas ressembler à une plante verte comme il est de nature pour les dames de la haute et ses deux frères ont des pensées et des actes très phallocratiques, très mâles, très typés société patriarcale. La tête d’Enola n’est pas assez grande pour stoker des informations, elle va exploser… Et j’en passe !

Les adeptes de la cancel culture vont en grincer des dents, pourtant, ce n’est que la vérité de cette époque, celle de 1888.

Hormis ces petits points d’achoppement avec les représentations des Holmes Bothers, j’ai apprécié relire les enquêtes d’Enola en version dessinée, j’avais oublié bien des choses et maintenant, ma mémoire est rechargée pour quelques temps.

Bien qu’il ait fallu saquer dans le récit original, le fait de se trouver face à une bédé de 80 pages permet de ne pas trop caviarder et de garder l’essentiel tout en lui ajoutant des petits plus, notamment le carnet en fin d’album, avec des mots codés et quelques explications sur les petits changement qu’Enola a fait à son corset.

J’ai retrouvé la fraîcheur qu’il y avait dans les romans dont j’avais déjà apprécié que l’auteure ne fasse pas l’impasse sur les saloperies de l’époque victorienne, que ce soit sur le maintien des femmes qui ne pouvaient pas éternuer (ni respirer) avec leurs corsets de merde ou sur la misère qui règne dans les bas-fonds, sans pour autant entrer dans tous les détails, mais en disant juste ce qu’il fallait pour éveiller les consciences.

Ma préférence ira toujours aux romans, mais avec ces adaptations en bédés, les plus jeunes qui auraient envie de découvrir la série peuvent le faire de manière plus amusante en regardant les images avant de bifurquer sur les romans.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°310], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°63], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Aventures de Philip et Francis – Tome 1 – Menaces sur l’empire : Pierre Veys et Nicolas Barral

Titre : Les Aventures de Philip et Francis – Tome 1 – Menaces sur l’empire

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Dargaud (01/04/2005)

Résumé :
Depuis quelques semaines, d’étranges phénomènes secouent le cœur de l’empire britannique. Londres vit des heures tragiques : les femmes se rebellent et entreprennent des actions spectaculaires et délirantes pour se libérer du joug de la domination masculine…

On s’aperçoit ainsi que la stabilité de la société anglaise dépend entièrement de la discipline stricte qu’elles respectaient jusqu’alors. Ce changement de comportement annonce-t-il une catastrophe sans précédent ? D’où vient cette terrible menace ?

Qui a intérêt à saper les fondements de cette brillante civilisation ? La mission de nos sémillants héros, Philip et Francis, sera d’apporter toutes les réponses à ces terrifiantes questions.

Critique :
Parodier, c’est facile, ce qui est plus compliqué, c’est de ne pas sombrer dans l’humour gras et lourd.

Il faut connaître sur le bout des doigts le mythe que l’on va parodier, connaître ses codes et jouer avec, sans que cela ne tourne à la caricature grossière.

Les lecteurs doivent rire, sourire, pouffer de rire et s’esclaffer devant les personnages archi connus et présentés sous un autre angle.

Le pari est réussi avec Blake et Mortimer, comme il l’était avec Baker Street et Hercule Potiron.

Blake et Mortimer, personnages d’Edgar P. Jacobs, sont ultra coincés, ne jurent jamais comme un capitaine Haddock, ne s’énervent pas comme un Joe Dalton. De tout temps et en toutes circonstances, le flegme britannique est affiché.

Alors, les découvrir totalement relâchés, décoincés, drôles, pas toujours des plus intelligents, ça fait un bien fou ! Ici, pas de bâton de chaise coincé dans les fessiers flegmatiques. Attention, ils restent raides, nos deux britanniques, mais d’une autre manière que leur alter ego officiels.

Philip Mortimer est obsédé sexuel, possède des magazines avec des femmes nues au milieu (et dans toutes les autres pages), c’est aussi un obsédé de la bouffe qui ne pense qu’a remplir son estomac et un savant raté.

Francis Blake est macho sur les bords, s’envoie en l’air avec une femme, vit chez sa môman et joue au petit train (le coquin !). Quant à Olrik, le découvrir en méchant raté m’a fait hurler de rire.

Dans ce premier album, les mâles anglais du M.I.5 (ou est-ce le 6 ?) se posent des questions : un vent de révolte gronde chez les femmes. Le thé n’est plus servi à l’heure, le service n’est plus impeccable, des femmes ont retirés leur soutien-gorge, d’autres l’ont brûlé…

Les ménagères de plus et moins de 50 ans et les épouses ne feraient plus ce pourquoi elles sont là ?? Je veux dire par là s’occuper de leurs maris, patrons, employeurs… Shocking !

Philip et Francis vont enquêter et ça ne manquera pas de piquant, d’humour, de drôlerie, de cocasseries, de clins d’œil à des choses connues (Kill Bill, Le Corniaud,…) ou tout simplement à la société anglaise.

On est dans la moquerie, dans le détournements des codes de la série originale, dans l’utilisation des clichés (à bon escient) tout en restant dans la finesse de l’humour anglais et pas dans le gras bon marché des films d’humour bas de gamme.

Sous le couvert de l’humour, il y a tout de même la dénonciation d’une société patriarcale qui considère que les femmes doivent rester à leur place, c’est-à-dire à la cuisine, dans le ménage, les tâches subalternes et aux ordres de ces messieurs (c’est ce que les personnages masculins dans cet album pensent, ceci n’est pas ma pensée, ni celles de tous les hommes – précision pour les gens qui prennent tout au premier degré).

C’est une parodie réussie, une fois de plus, un détournement des codes de Blake et Mortimer réalisé avec brio, humour et finesse. Une réussite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°308], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°61], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’Histoire Secrète – Tome 05 – 1666 : Jean-Pierre Pécau et Léo Pilipovic

Titre : L’Histoire Secrète – Tome 05 – 1666

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Léo Pilipovic

Édition : Delcourt – Série B (2006)

Résumé :
Londres, 1666. Erlin sert aujourd’hui les intérêts de la couronne d’Angleterre. Une succession de crimes étranges mettent l’Archonte sur la piste de Dyo, censé pourtant avoir disparu au cours du siège de Magdebourg.

L’alliance de Dyo avec les frères rouges de Guillaume de Lecce expliquerait la présence de moines mystérieux qui hantent les sous-sols des bouges londoniens.

Critique :
Effectivement, ce n’est pas très malin de commencer une série bédé par le cinquième tome.

Cela freine la compréhension puisque l’on ne sait pas ce qu’il s’est passé avant (même si on a un résumé des derniers tomes).

Si je l’ai sélectionné, c’est pour le fait qu’il se déroulait à Londres et que c’était parfait pour le Mois Anglais.

Cette saga est avant tout dans le fantastique, l’ésotérique et la dystopie.

Londres, 1666. Une nouvelle théorie pour le grand incendie. Ces derniers jours, cela fait déjà la deuxième sur le même sujet (et toujours dans l’axe du fantastique).

Si j’ai trouvé les couleurs des premières pages assez criardes, j’ai été rassurée en comprenant que ce n’était que pour les explications du début, ensuite elles sont tout à fait normales et tant mieux pour mes yeux.

Les dessins sont bien exécutés eux-aussi et j’ai apprécié déambuler dans ce Londres entièrement en bois même en sachant comment ça allait se terminer.

En ce qui concerne les sociétés secrètes, je n’ai pas tout compris puisque je n’ai pas encore lu les premiers tomes, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture et les différents personnages, notamment Isaac Newton et le huguenot George Soubise, celui qui doit être apparenté aux castors, vu comment il travaille avec sa queue.

Le mystère a leu du côté du Club Hellfire où les prostituées disparaissent mystérieusement et où le lecteur apercevra des être bizarres dont on a fermé tous les orifices (oui, tous !).

Ma foi, on aurait pu avoir du plus horrifique que ce que j’ai lu puisque nous avions ces espèces d’onculus, des goules, des morts-vivants, des immortels, des vampires d’un autre genre…

Bref, si le plaisir de lecture est au rendez-vous, si l’action était présente, les chocottes n’y étaient pas. Les temps morts non plus, ce qui est toujours une bonne chose.

Attention, la bédé n’est clairement pas pour les petits n’enfants… Nous avons tout de même une Bellepaire de Loches et des fesses bien fournies (mais pas de bite, hélas, les femmes sont les grandes perdantes dans le voyeurisme).

La collection comportant 36 tomes (pour le moment), je ne pense pas que je vais la suivre, mais je lirai au moins les premiers tomes afin d’en savoir plus sur les archontes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°299], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°52], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Sherlock Holmes et les ombres du passé : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et les ombres du passé

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (03/10/2016)

Résumé :
Le docteur Watson avait-il tout dit? Non, si l’on en croit ces nouvelles révélations exhumées aujourd’hui, qui présentent des affaires totalement inédites.

Des cadavres qui disparaissent de la morgue pour être remplacés par des squelettes, un cambrioleur qui marche au plafond, un trésor disparu et convoité par des héritiers sans scrupules, un fantôme qui arpente un cimetière, la nuit, dans un village des Cornouailles, autant d’affaires nouvelles résolues par Sherlock Holmes qui devra élucider également l’énigme des pendus de la Tour de Londres.

Mais quand Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville, l’insolite atteindra son comble…

Critique :
Sherlock Holmes continue d’avoir une vie grâce à tous ces auteurs prolifiques qui ne cessent d’enrichir les écrits apocryphes.

Certains sont meilleurs que d’autres et ce recueil de nouvelles, même s’il ne déchire pas grave sa race, fait partie des bons recueils de nouvelles holmésiennes.

Alors que dans les nouvelles holmésiennes du canon, j’étais comme Watson, incapable de comprendre ce qu’il se tramait sous mes yeux, ici, j’ai eu facile de comprendre en additionnant les faits et en relevant les indices.

De deux choses l’une : ou je suis devenue soudainement intelligente et l’égale du maître, ou Conan Doyle était plus tortueux dans ses énigmes que Thierry Niogret. Cela n’enlève rien au plaisir de lecture que de comprendre avant, que du contraire, ça fait même chaud au cœur.

Le format des nouvelles est ce qui va le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes : on lui présente le mystère, les faits et il les résout assez vite. Ce format ne frustre jamais le lecteur avec Holmes.

J’ai apprécié qu’il y ait un côté fantastique dans les aventures mais que ce dernier se révèle être une supercherie, comme pour Le Chien des Baskerville : tout s’explique simplement et de la meilleure manière qui soit.

Dans ces nouvelles, on retrouve des anciens clients de Holmes, croisés dans le canon holmésien, et qui revienne vers lui pour d’autres affaires, tout aussi mystérieuse. Une bonne idée que d’utiliser des personnages connus et déjà croisé, on a l’impression de retrouver des vieux amis.

Par contre, le quatrième de couverture est un peu mensonger ou racoleur avec la mention « Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville » !

Bien que l’enquête se déroule à Baskerville Hall, le chien dont on parle n’est pas celui que vous pourriez penser et c’est Watson qui, lisant la réponse de Holmes, se demandera pourquoi il a inscrit « Chien » alors que personne n’a vu le bout de sa queue, ni même mis son pied dans une de ses crottes diaboliques et méphitiques sur les pelouses. Là, on vend le bazar et ça fait pchiittt, même si l’enquête est bien réalisée.

Ce recueil de nouvelles holmésiennes ne révolutionnera pas le monde du polar, aucune enquête ne déchirera sa race ou ne laissera pantois son lecteur.

Par contre, elles sont plaisantes à lire, agréables, bien réalisées. Le duo Holmes/Watson est quasi conforme aux originaux, les ambiances sont victoriennes, sentent le fantastique sans que cet élément n’entre en ligne de compte pour la résolution.

Le tout est assez dynamique et enlevé, ce qui fait qu’on avale tout, sans faire de pause, avec un véritable plaisir littéraire, râlant à la fin parce qu’il n’y en a plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°292], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°45] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La méthode de Sherlock Holmes – Secrets et astuces du plus grand détective du monde : Ransom Riggs

Titre : La méthode de Sherlock Holmes – Secrets et astuces du plus grand détective du monde

Auteur : Ransom Riggs
Illustrations : Eugene Smith
Édition : Ynnis (2021)
Édition Originale : The Sherlock Holmes Handbook : The Methods and Mysteries of the World’s Greatest Detective (2009)
Traduction : Stéphanie Chaptal

Résumé :
« Je m’appelle Sherlock Holmes. C’est mon métier de savoir ce que les autres gens ne savent pas. » Sa réputation n’est plus à faire, et pourtant, le célèbre détective ne vous a pas livré ses plus précieux secrets.

Dans cet ouvrage, Ransom Riggs consigne avec humour et sarcasme les méthodes et astuces nécessaires pour vous hisser à la hauteur du maître !

Comment ouvrir un coffre-fort ? Comment feindre votre propre mort ? Comment soutirer de l’argent a la famille royale ?

Autant de questions dont vous aurez les réponses dans ce manuel qui dépeint entre les lignes la fascinante figure de Holmes et son époque haute en couleur.

Un guide richement illustré qui ravira les fins limiers comme les détectives en herbe. Alors… que l’enquête commence !

Critique :
Ce petit guide ne fera pas de vous un parfait détective version 2021, mais il vous fera passer un agréable petit moment de lecture au jardin ou au coin du feu (tout dépend de la saison).

Ce guide s’attache surtout à parler des méthodes d’investigations de Holmes durant l’époque victorienne (il ne fera donc pas de vous un parfait détective 2.0 de notre ère) mais vous apprendrez comment ouvrir un coffre-fort (pas ceux à claviers digitaux), déchiffrer des messages codés (celui des hommes dansants), analyser des empreintes, vous déguiser, apprendrez à pratiquer des sports de combats.

Reprenant des extraits du canon, ce petit guide pourra se révéler idéal pour une personne qui viens de lire pour la première fois l’entièreté du canon et qui voudrait apprendre quelques petits détails pertinents sur le détective, sur ses méthodes…

Vous apprendrez aussi ce qui est anti-canonique comme éléments (pipe calebasse, le élémentaire mon cher Watson et le deerstalker – on explique le pourquoi du comment ces objets sont devenus inhérent à sa personnalité), sur les sociétés secrètes (du temps des publications des aventures de Holmes, la mafia, on n’en parlait pas comme maintenant), sur les drogues en ventes libres et sur les fumeries d’opium qui n’étaient pas aussi trash que l’on a cherché à nous faire croire.

Ce n’est pas avec ce guide que l’on cassera trois pattes à un canard car il reprend essentiellement des extraits du canon holmésien, autrement dit, rien de neuf sous le soleil pour un holmésien, même pour un membre en bas de l’échelle.

« Le simple fait que vous teniez ce livre entre les mains permet de faire un certain nombre de déductions élémentaires vous concernant : que vous êtes intéressé par les crimes et les criminels ; que vous avez au moins quelques connaissances en matière de littérature ; et que, comme beaucoup d’autres, vous cherchez à mieux comprendre (et même à imiter) la capacité presque surnaturelle qu’a Holmes à reconstituer à partir des plus infimes des effets constatés les faits incroyablement précis qui les ont causés. »

L’auteur n’apporte rien de nouveau, il se contente d’analyser l’œuvre de Conan Doyle, son époque et son personnage emblématique.

Au moins, tout ce qui se trouve dans ces pages est correct, il n’y a pas de digressions folles comme certains auteurs l’ont déjà fait en mélangeant les éléments canoniques avec les théories en tout genre (sans jamais préciser ce qui était certifié A.OC et en faisant prendre des vessies pour des lanternes à un lecteur non initié).

Ce petit guide est parfait pour le collectionneur holmésien (même s’il n’apprendra pas grand-chose) et encore plus parfait pour le néophyte qui aimerait en savoir plus sur le détective et sa méthode d’investigation.

Ce guide est parfait aussi pour remettre les pendules à l’heure sur le détective qui savait rire (si, si), sourire, niquer la loi et qui mettra en lumière les objets qui ne lui appartenaient pas et qui sont devenus siens dans l’imaginaire collectif.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°291], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°44] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.