Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales : Ced & Boutanox

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales

Auteurs : Ced & Boutanox
Édition : Makaka (26/04/2019)

Résumé :
La réputation du célèbre détective Sherlock Holmes a dépassé les frontières. Ses talents sont requis pour résoudre trois enquêtes internationales.

En compagnie de son frère, homme brillant et membre du gouvernement britannique, il voyagera des Indes au Sud de la France.

Sherlock et Mycroft parviendront-ils à faire la lumière sur ces étranges affaires ?

Entrez dans la peau de Sherlock ou Mycroft Holmes, relevez minutieusement les indices, interrogez scrupuleusement les suspects, utilisez votre sens de la déduction pour trouver les coupables…

De vos choix, dépend la résolution de ces enquêtes, car le héros, c’est vous !

Critique :
Une fois de plus je me suis prise au jeu d’enquêter au côtés de Sherlock Holmes et de… Mycroft Holmes puisque ce tome 6 nous donnes cette possibilité.

Moi qui d’habitude joue en premier lieu avec Watson car son personnage a droit à plus d’avantages (Holmes étant le plus intelligent, il est pénalisé) lors des enquêtes, j’ai décidé cette fois-ci de prendre Sherlock.

On quitte Londres et on voyage dans les colonies à la recherche d’indices pour trouver les coupables.

Une fois de plus, le livre est bien fait, on le tourne dans tous les sens pour quérir des indices, compter les portraits de la reine Victoria et rassembler des objets dans notre valise, objets qui pourront être montrés à nos différents suspects.

Ce que j’aime dans ces enquêtes, c’est qu’il y a peu de suspects, bien souvent 4 par enquête mais purée, c’est toujours autant la prise de tête lorsqu’il faut écrire sur sa feuille d’enquête QUI on suspecte d’être l’auteur de l’assassinat/vol…

On penserait éliminer le groom du navire, mais qui sait s’il n’a pas tué ? La voisine de cabine du défenestré ? Elle aurait pu aussi le balancer, idem pour l’autre de la cabine d’en face… Et puis, et si le mort s’était suicidé ? Ou si plusieurs s’étaient associés pour le tuer ???

Première enquête choisie par votre serviteur et déjà une grosse prise de tête, des hésitations, alors je repasse tous mes indices en revue, je fais fumer mon cerveau, je le triture et je me dis que sur ce coup-là, mes capacités de déduction n’équivalent pas celles du Maître et que c’était plus simple de comprendre la solution de « La police des fleurs, des arbres et des forêts »…

Pour les trois enquêtes, je me suis creusée les méninges, rassemblant mes indices tel un Petit Poucet, scrutant chaque image pour voir si je n’avais pas loupé un numéro (et j’en ai loupé) qui m’amènerait vers un indice important et je ne peux que vous conseiller d’être plus qu’attentif car certains sont écrits en tout petit. Sadisme !

À force de m’arracher les cheveux, j’ai tout de même trouvé les 3 bons coupables (pas toujours les bons mobiles ou modus operandi) mais j’ai risqué de finir chauve à la fin de ces 3 enquêtes, sans compter que le tome 7 est annoncé avec un Watson accusé d’un meurtre…

Mon dieu, encore de belles heures de jeu en perspective !! Parce que oui, ce genre de livre ne se termine pas en 20 minutes, ni même en une heure. Je l’ai étalé sur 3 jours, me concentrant sur une enquête par jour. Quand je vous dis que l’on en a pour ses sous car ça dure longtemps.

Sans oublier que je peux recommencer les enquêtes de mes anciens livres quand je le souhaite et incarner un autre personnage.

Un problèmes à trois pipes, ces enquêtes où je suis le héros !

PS : je suppose que c’est fait exprès, mais le défenestré Balthazar Barks avait des airs de Balthazar Picsou (inventé par le dessinateur Carl Barks !!), notamment quand on voit une photo de lui jeune, tenant une pépite d’or et la soulevant vers le ciel, comme lorsque que Oncle Picsou était chercheur au Klondike. Plus je les regarde et plus je me dis que ceci n’est pas un hasard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°109.

Moriarty – Tome 6 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 6

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (08/11/2019)

Résumé :
Quel meilleur moment pour un rendez-vous secret qu’un somptueux bal masqué ?…

Pour mener les négociations, Albert donne rendez-vous à Irène Adler au bal masqué du palais de Buckingham.

Mais que cherche-t-elle, en réalité ? Que gagnerait-elle à rendre public le contenu de la lettre secrète ?

L’étrange triangle formé par un prince du crime, un détective de génie et une beauté sublimement vénéneuse pourrait déclencher un scandale qui causerait la chute irrémédiable de l’Empire britannique !

Critique :
Maintenant que j’ai commencé la saga, je me vois mal l’arrêter, même si elle part dans une direction qui ne me plait que moyennement.

Elle proposait du bon, cette nouvelle saga, avec un Moriaty qui voulait changer la vie, la révolutionner, aider l’Angleterre d’en bas à s’affranchir de la main-mise de la noblesse sur tout.

Il est toujours râlant de voir un incapable nous ravir une place qui nous revient juste parce qu’il est issu de la noblesse (ou pistonné, de nos jours).

Alors même si j’avais grincé des dents devant un jeune Moriarty qui ressemblait physiquement à Ciel Phantomhive, si je m’étais étranglé devant le sort que les trois fils réservaient à leurs parents nobles, j’avais malgré tout continué ma route avec eux afin de ne rien manquer de l’entrée en scène de Sherlock Holmes.

Je pensais avoir touché le fond avec les méthodes un peu hard de nos Moriarty’s Boys pour s’affranchir de la noblesse et punir les nobles de leurs exactions ou autres saloperies, mais avec le personnage de Holmes, j’ai bu la calice jusqu’à la lie.

C’est un rustre mal élevé, un sale gamin qui mérite une fessée ! Il s’exprime comme un barakî avec moult « bah », parfois même plusieurs « merde », un « arrête tes conneries, quoi », j’ai aussi un « fait chier, merde »…

Holmes tutoie Watson (ils s’appellent par leurs prénoms et nous sommes à l’ère victorienne !!), est plus qu’imbu de lui même, se balade en calbute et parle de « profiling ».

Nous ne sommes pas au XXIème siècle et ce qui passe dans la série de la BBC ne passe pas dans un contexte victorien.

Pire, Irene Adler rabroue Watson à un moment donné et le traite comme s’il était un gamin de 15 ans…

Que l’on s’affranchisse du canon holmésien, je veux bien, à condition de lui faire de beaux scénarios, de belles adaptations, de nous surprendre dans le bon sens du terme, mais là… On piétine certains personnages.

Autant où les scénarios peuvent avoir du bon, autant ils peuvent être exaspérant avec toutes les références à l’univers de James Bond et les dialogues sont limites lourds à tout vouloir expliquer comme si nous étions les lapereaux de l’année (Nathalie, si tu me lis, je cite ton expression).

Dommage parce que tout n’est pas à jeter dans les scénarios de cette saga, mais la manière de les cuisiner a fait brûler une partie des ingrédients au fond de la marmite et a gâché le goût de la mixture.

Et puis nom de Zeus, le final à fini par me faire avaler la soupe de travers. Là, on pousse le bouchon un peu trop loin dans tous les sens.

Je me demande ce qu’ils vont nous servir dans le tome suivant où Jack The Ripper va faire son apparition. Ne me demandez pas pourquoi, mais je m’attends au pire et je serai au rendez-vous car j’ai envie de savoir comment tout cela va finir un jour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°103 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Black Butler – Tome 28 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 28

Auteur : Yana Toboso
Édition : Kana Dark (18/10/2019)
Édition Originale : Kuroshitsuji, book 28 (2019)
Traducteur : Pascale Simon

Résumé :
Un autre comte, qui connaît le passé des Phantomhive, apparaît devant Ciel, la tête haute. Il défie Ciel dans un jeu ingénieusement préparé… Sa faute est révélée au grand jour et il perd tout… La petite alouette noire se débat…

Voici, pour vous, l’histoire de celui qui a enfreint les lois plus que quiconque…

Critique :
Depuis que je suis les aventures du comte Ciel Phantomhive et de son diable de majordome, on peut dire que j’ai eu ma dose d’aventures trépidantes et de suspense.

Mais là, on a encore franchi un palier…

D’ailleurs, à partir du tome 26 et du coup de batte de baseball dans le plexus, j’en ai pris pour mon grade niveau révélations de folie et montée dans le suspense.

Là, on a chu avec le comte Phantomhive et on se demande comment son diable de majordome va arriver à nous sortir tous de ce guêpier dans lequel un autre nous a balancé.

Comme c’est drôle, lorsque l’on chute de son piédestal, tous les gens qui étaient de notre côté font un pas de côté et nous laisse nous casser la gueule, chacun retournant sa veste, toujours du bon côté, comme le chantait si bien Jacques Dutronc.

Normal, personne n’a envie de suivre celui qui tombe dans sa longue chute. Tout le monde essaie de jouer le bon chameau et de s’attitrer les bonnes grâces de celui qui a fait un croche-pied. C’est humain, nous ferions la même chose.

Mais gare quand celui qui est tombé plus bas que terre remontera à la surface… Là, ça va chier grave et niqu** sa race ! Notre comte n’a pas dit son dernier mot, même si pour le moment, il est K.O debout et apathique.

Qui lui restera fidèle ? Qui le conspuera ? Qui le trahira ? Comment retrouvera-t-il sa position d’avant ? La retrouvera-t-il un jour, seulement ? Et comment se comporteront à ce moment là ceux qui lui ont tourné le dos à la vitesse de l’éclair ?

Nous le saurons au prochain épisode et je sens que l’attente va être longue, mais longue, avant le tome 29.

Intensité, ce sera mon résumé de ce tome 28. Comme je vous le disais, depuis le tome 26, j’en ai pris plein ma gueule et je me demande comment le mangaka va pouvoir nous tenir en haleine lorsqu’il aura clôturé cet arc qui est majeur.

Je pourrais avoir la suite, s’il vous plait ?? Et vite !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°101, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – 666 –  possessions, démons).

Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle : Collectif

Titre : Avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle

Auteur : Collectif
Édition : Rivages Noir (25/09/2019)
Édition Originale : The Big Book of Sherlock Holmes Stories
Traducteurs : Frederic Brument & Gerard De Cherge

Résumé :
« Refermant un livre de Conan Doyle, quel lecteur des aventures de Sherlock Holmes n’a jamais essayé les méthodes du détective sur ses parents, ses amis ou, mieux encore, sur des inconnus croisés dans la rue ? Enfin, soyons honnête, l’expérience se conclut souvent par un échec et le moindre succès doit beaucoup à la chance (…). Il n’y a qu’un Sherlock Holmes. Et qui mieux que Watson, sous la plume de Conan Doyle, pour pasticher l’épisode de déduction élémentaire qui reste la marque de fabrique du maître des détectives ? » (extrait de la préface)

Outre cet « auto-pastiche » de sir Arthur lui-même, le lecteur se délectera des tentatives d’holmésiens érudits comme Leslie S. Klinger, Barry Day et Donald Thomas. Des copies dignes des originaux. À la manière du maître.

Ce volume est précédé d’une préface de Thierry Saint Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France et grand érudit en science holmésienne.

Critique :
Écrire des apocryphes holmésiens à la manière du Maître (Conan Doyle) n’est jamais un exercice aisé. Beaucoup s’y sont essayés mais peu ont réussi brillamment à le faire.

Pour une fois, je n’ai rien à redire à ce recueil d’enquêtes de Sherlock Holmes car les trois pasticheurs ont réussi à le faire au plus proche de la manière de Conan Doyle.

Ce dernier s’était même prêté au jeu du pastiche de son personnage dans une nouvelle intitulée « Comment Watson comprit le truc » qui figurait dans un tout petit livre destiné à une maison de poupée, haute d’un mètre, et destinée en cadeau à la reine Mary, l’épouse de George V.

Anybref, ce recueil de 4 nouvelles est savoureux, se déguste avec une bonne tasse de thé par temps pluvieux, avec un sourire béat de satisfaction affiché sur les lèvres.

Certes, il est toujours difficile de penser et d’écrire comme un auteur, mais certains y sont arrivés et la preuve est dans ce 4ème tome des Avatars de Sherlock Holmes.

On a des références canoniques, des déductions du détective, la nouvelle de Conan Doyle est drôle et fait penser à l’épisode de la Granada « Le patient à demeure » et la fameuse scène d’ouverture chez le barbier où Watson se lançait dans le jeu de la déduction avec Holmes, se plantant royalement.

« L’Affaire de la caisse en bois » aurait pu être tirée du canon holmésien tant elle semble familière, comme si nous l’avions lue un jour dans un recueil des aventures officielles du grand détective londonien.

« L’Affaire du curieux canari » fera connaître à Holmes un échec, comme il en eut quelques uns dans sa carrière, notamment lorsqu’il avait sous-estimé le danger qui menaçait la personne visée.

Quant à « L’Énigme de la main invisible », elle entraînera nos deux compères à Paris, pendant l’affaire Dreyfus (pour le commencement) et nous croiserons Mme Marguerite Steinheil, la maîtresse de celui qui « se voulait César, mais ne fut que Pompée » (Félix Faure), celle qui fut surnommée ensuite « La pompe funèbre ».

Oui, ELLE ! Cette histoire coquine qui donna lieu à ce joli jeu de mot, inventé après, sans aucun doute, que l’on mis dans la bouche (oups) du prêtre appelé à l’Élysée en catastrophe pour administrer les derniers sacrements : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? — Non, monsieur l’abbé, elle est sortie par l’escalier de service ».

Dans leur nudité, les deux corps enchevêtrés évoquaient de façon saisissante un détail de quelque tableau figurant un massacre. Félix Faure était un homme bien bâti, séduisant dans le genre robuste. À l’approche des soixante ans, il avait une tête large, des yeux bleu pâle et une longue moustache. Il gisait sur le ventre, nu comme un ver, son corps massif, inerte, affalé d’une manière qui ne pouvait signifier à mes yeux qu’une seule chose. Sous lui, emprisonnée par son poids, sans le moindre vêtement sur le dos, se trouvait Marguerite Steinheil. Son visage et ses épaules étaient mouchetés de gouttes de sang provenant du nez ou de la bouche du mourant.

Anybref, cette enquête, différente des autres, se déroulera sur 10 années, même si, entre temps, Holmes laissa tomber cette histoire pour y revenir le moment opportun.

Assurément, pour ce petit recueil de nouvelles apocryphes, on est dans le haut de gamme. Dommage que ce soit si court, mais quand c’est bon, on peut se contenter d’avoir un goût de trop peu vu qu’on a tutoyé les anges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°80.

Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres : Dobbs & Stéphane Perger

Titre : Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Stéphane Perger

Édition : Soleil (04/07/2012)

Résumé :
Londres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard.

Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.

Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard.

Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix.

À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser.

Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur. À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres…

Critique :
Londres, décembre 1889… Décidément, je suis abonnée au Londres de l’époque de Jack l’Éventreur, moi. Et, une fois de plus, me voici plongée dans des crimes sordides.

Oui, j’aime ça…

Ici, point d’élément fantastique, point de van Helsing, chasseurs de vampires ou de toute autre créature de la nuit aux dents longues et pointues.

Non, pas de ça, même si le criminel est digne d’un Dracula point de vue des sentiments… C’est vous dire son empathie envers ses victimes. Un sadique de la pire espèce.

Par contre, point de vue références littéraires de l’époque, ça foisonne ! En ce qui concerne la plupart, je les ai tous croisé dans le canon holmésien.

Que du beau linge : l’inspecteur Lestrade (en version moins sympa que dans les aventures de Sherlock Holmes originales), l’inspecteur Gregson (défouloir de Lestrade, ici, sinon, il apparaît dans quelques récits de Sherlock Holmes), Bradstreet, le colonel Moran, âme damnée du professeur Moriarty (cité mais pas croisé), Wiggins, ancien des « Baker Street Irregulars », employé par Sherlock Holmes (cité lui aussi, mais non présent).

Pour le reste de la littérature, citons le docteur Seward qui est présent dans Dracula de Bram Stoker, présent aussi dans la bédé, aux côtés du commissioner Fix, discutant d’un certain Phileas Fogg.

Dernière référence, l’assistante du docteur Seward, Faustine Clerval, était présente dans « Mister Hyde contre Frankenstein ».

Que des têtes connues !

Mais que font-ils, tous ces gens connus, dans cette bédé ?

Et bien, vu que deux criminels jugés extrêmement intelligents et tout aussi extrêmement dangereux ont joués les filles de l’air, une partie de ces personnages vont atteler à les retrouver en menant une enquête et quelques investigations avec l’aide de la pègre londonienne.

Mariage contre-nature ? Oui, mais la pègre préfère coopérer avec la maison poulaga, dans son intérêt. Enfin, la coopération ne se fera qu’avec Gregson.

Vous pourriez penser que l’intrigue n’est donc pas d’une folle originalité puisque consacrée à une évasion et à des meurtres. Croyez-moi, il n’en est rien.

La narration devient rapidement captivante, surtout vu la manière dont le livre commence : deux filles poursuivies dans Hyde Park, munies d’un collier fort étrange… et d’un type qui vous ficherait les chocottes si vous le croisiez !

Le scénariste se base aussi sur des luttes internes au Yard, sur Lestrade qui déteste Gregson et qui a Wiggins en horreur, sur la traque des deux prédateurs avec l’aide d’un médecin psychiatre, sur cette alliance contre-nature avec la pègre, sur cette foule de personnages qui restent tout à fait crédibles et séduisants.

Un récit qui se dévore.

Et le graphisme de Stéphane Perger ?

Une sacrée surprise ! M’attendant à des dessins « habituels », dirais-je, quelle ne fut pas ma stupéfaction en découvrant des dessins aux lavis et en aquarelle…

Spécial, mais au bout de deux pages, j’étais dedans. Ce genre de dessins donnent des ambiances différentes de celles auxquelles je suis habituée.

Cela donne de la lumière sur certaines scènes tandis que d’autres sont plus sombres. Certaines scènes sont même dénuées de décor, ne gardant que le personnage et un fond « uni ». Cela renforce les expressions des personnages, le lecteur n’étant pas distrait par les décors.

Le seul bémol à l’époque ? Ben, c’est que le second tome n’était pas paru ! Oui, j’avais grand envie de lire la suite, même si l’auteur n’avait pas terminé l’album par un cliffhanger comme j’aurais pensé qu’il le ferait.

Pas un sadique, l’homme. Merci à lui.

La critique de ce premier album, je l’avais posté sur mon site, maintenant, je la rapatrie sur le blog, je fais du regroupement de fiches et vous trouverez la chronique du tome 2 à cet endroit : Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang.

Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes : Marc Lemonier

Titre : Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes

Auteur : Marc Lemonier
Édition : City Edition (16/11/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est immortel. Plus d’un siècle après sa dernière aventure officielle, il occupe toujours une place de premier ordre au royaume des détectives. Films, pastiches, suites, livres, séries télévisées : Holmes est partout…

Dans ce petit dico, l’auteur part sur les traces de l’œuvre de Conan Doyle, de sa genèse jusqu’à nos jours. Lieux, personnages, objets fétiches, enquêtes, moments clés de sa vie : vous serez incollable sur le dandy détective.

Comment a-t-il rencontré le fameux docteur Watson ? Qui étaient ses parents ? Comment a-t-il disparu en combattant le professeur Moriarty ?

Et au fait, savez-vous que Holmes n’a jamais prononcé le mot « Élémentaire » ?

Critique :
Lorsque je suis tombée sur ce bouquin, je me suis dit que cela serait amusant de le posséder et de faire grossir mes étagères Sherlock Holmes.

Bien souvent, je cherche dans ma mémoire le réalisateur d’un film ou un détail d’une aventure et rien ne surgit (oui, Alzheimer fait des ravages).

Si, à ce moment là, vous n’avez aucun ordinateur allumé, c’est assez embêtant.

Un dictionnaire résoudrait parfaitement ce problème.

Ne vous attendez pas à de grandes révélations en le lisant. Une grande partie de l’ouvrage se trouve sur le site de la SSHF.

Le dico peut, toute fois, se révéler utile en cas de plantage de PC ou de flemme de l’allumer pour vérifier un détail (attention, pas un détail trop petit, juste une indication). Il se lit plaisamment installé dans le canapé, tasse de thé à la main.

L’auteur nous cite souvent des passages entiers du canon, comprenant dialogues ou descriptions. Lorsqu’il nous donne le titre de l’aventure canonique, en dessous, il note le titre en V.O, sa date de publication, l’endroit où elle fut publiée ainsi que son abréviation officielle en bas du texte.

Lemonier nous parle aussi de quelques films sur Holmes, dont les deux derniers de Ritchie, la série Sherlock de la BBC, celle de la Granada, des villes citées dans le canon, des personnages (quelques uns, les plus importants), de quelques acteurs qui ont interprétés Holmes à l’écran, des untold stories,…

Mais sans trop entrer dans les détails. le strict minimum.

Toutefois, il y a des erreurs et quelques oublis importants à mes yeux :

Page 22 : « L’aventure de Wisteria Lodge » (WIST) où l’auteur du dico oublie un détail monumental. Cette histoire commence en effet par Watson qui nous écrit ceci : « Dans mes notes je retrouve la date : fin mars 1892. le temps était froid, et gris, le vent soufflait. Holmes avait reçu un télégramme et il avait griffonné la réponse. » 1892 ? Holmes étant disparu aux chutes le 4 mai 1891. L’erreur canonique aurait dû être soulignée dans le dico, je trouve.

P 43 : parlant de Jeremy Brett qui incarna le détective, il a cette phrase étrange « Il ne lui manque que la haute stature ». Sachant que Brett mesurait 1,88 m et que Holmes en faisait 1,80 m, je me demande ce que Lemonier a voulu dire par-là. N’aurait-il pas vérifié les tailles de ces deux hommes ? Ou alors, il n’aime pas Brett et trouve qu’il n’interprétait pas brillamment Holmes…

P 48-49 : Les titres des recueils (Adventures, Memoirs, Return) sont en gras, les nouvelles qui les composent en italique, notées l’une à la suite de l’autre. Avant de passer au titre du recueil suivant, il y a un espace. Les nouvelles auraient gagnées en clarté à être mise l’une en dessous de l’autre, mais bon.

Par contre, le correcteur n’a pas vu que « His last bow » n’était pas en gras et se trouvait directement sous les titres composant « The return », sans l’espace de séparation requis. Pareil pour « The casebook ». Cela donne un gros plaquage sur la fin.

P 56 : « Quand il s’ennuie un peu, le détective se shoote avec une solution à 7% de cocaïne ! » C’est noté texto ainsi. Punaise, dit ainsi, on dirait un camé de la pire espèce.

P 67 : C’est « LA cycliste solitaire » ou « LE cycliste solitaire » ? Pourtant, il me semblait avoir lu que, d’après des notes manuscrites de Conan Doyle, il visait bien l’homme qui suivait mademoiselle Violet Smith et que c’était « Le » et pas « La ». Une histoire de sexe, encore une fois. L’inconvénient de la langue anglaise, c’est le « the » qui ne vise personne en particulier (The Adventure of the Solitary Cyclist).

Page 73 : « inspecteur « Greyson »?? Dans le canon, c’est l’inspecteur GREGSON !! La faute. Carton rouge.

Page 82 : Dans « L’Employé de l’agent de change », la Franco-Midland est rebaptisée « Les Quincailliers de la Franco-Midland » et serait donc ainsi (en ces termes) présente dans le Canon. Ce qui ferait du président un plagiaire de Conan Doyle si cet intitulé se trouvait bien dans le Canon. Hors, c’est lui qui l’a inventé de toute part pour le site de la SSHF.

Page 94 : on apprend que la série Granada est interrompue par le décès de Brett. Il n’en est rien. Jeremy Brett était pourtant encore bien vivant quand il embrassa publiquement le président à la fin de la soirée télévisée organisée en 1994 pour marquer la fin de la série…

P 165 : erreur lamentable dans le titre en V.O des « Propriétaires de Reigate » qui devient « The Red-Headed League » au lieu de « The Reigate Squires ». L’abréviation REIG et la date de publication sont les bonnes.

P 207 : Il parle de Lady Eudoria Vernet Holmes, mère d’Enola, de Sherlock et de Mycroft. Cette femme est un personnage fictif des livres de Nancy Springer. Lemonier nous signale ensuite qu’elle a été enlevée. Erreur ! Elle a disparu, oui, personne ne sait où ni pourquoi, mais très vite ils comprennent qu’elle a disparu de son plein gré. Désolé, mais on  ne mélange pas les faits canoniques avec les apocryphes.

P 210 : le violon de Holmes. L’auteur nous signale qu’il l’a acheté son Stradivarius pour une bouchée de pain à un brocanteur. Était-ce si compliqué de donner plus de détails ? Comme quoi il valait au moins 500 guinées et qu’il l’avait payé 55 shillings à un brocanteur juif de Tottenham Court Road (The Adventure of the Cardboard Box).

P 210 : le violon, toujours. Lemonier nous parle de Holmes cherchant à découvrir la note qui ferait immobiliser les mouches. Cette expérience est celle de Holmes/Robert Downey Jr dans le film de Ritchie, mais ce n’est pas précisé. Pour l’histoire des mouches et de l’expérience avec le violon, cela provient d’un film avec Rathbone (« Les aventures de Sherlock Holmes ») auquel Ritchie rendait hommage dans son premier opus…

Bref, un peu trop d’erreur pour un dictionnaire !! Un peu trop d’approximations et de mélange entre la fiction et le canon.

Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel : Robert Galbraith [Par Dame Ida, pigiste occasionnelle mais non rémunérée en homard ou en tailleurs]

Titre : Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (10/04/2019)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 4: Lethal White (2018)
Traducteur : Florianne Vidal

Présentation Babelio :
Lorsque Billy, un jeune homme perturbé, vient demander l’aide du détective privé Cormoran Strike pour enquêter sur un crime dont il pense avoir été témoin durant son enfance, Strike est perplexe.

Billy, de toute évidence, est psychologiquement instable et ne parvient pas à se souvenir de nombreux éléments concrets. Il semble néanmoins sincère et son histoire crédible. Mais avant que Strike n’ait le temps de l’interroger, Billy, paniqué, parvient à s’enfuir.

Afin de percer le mystère de l’histoire racontée par Billy, Strike et Robin Ellacott autrefois son assistante et désormais sa partenaire à l’agence s’engagent sur un chemin sinueux à travers les bas-fonds de Londres jusqu’à un sanctuaire secret au cœur du Parlement, puis dans un magnifique mais sinistre manoir de la campagne anglaise.

Alors que l’enquête s’avère labyrinthique, la vie de Strike est également loin d’être rectiligne : sa nouvelle notoriété en tant que détective l’empêche désormais d’opérer en sous-main, comme à son habitude.

De plus, sa relation avec son ancienne assistante devient plus périlleuse que jamais Robin lui est certes indispensable professionnellement, mais leur relation personnelle se complique de jour en jour…

Blanc mortel nous propose à la fois un mystère captivant et un nouvel épisode haletant de l’histoire de Cormoran Strike et Robin Ellacott. Le livre le plus romanesque de Robert Galbraith.

Résumé :
On avait laissé Robin et Cormoran le jour du mariage de celle-ci avec son fiancé Mattew, juste après la résolution très médiatisée de l’affaire précédente. Et bien c’est précisément là qu’on les retrouve au début de ce nouveau volume des enquêtes de Cormoran Strike.

Un Cormoran Strike à la trogne bien amochée d’ailleurs, ce qui détonnera quelque peu lors du pince fesse très mondain voulu par les deux familles…

Et il n’est pas seul à avoir trinqué. Cette affaire a mis Robin en danger et réveillé chez elle les traumatismes du passé qui ne manqueront pas de lui compliquer la tâche pour la nouvelle enquête qu’on vient leur confier.

Robin part dans une lune de miel calamiteuse avec son nouveau mari nombriliste et narcissique qui aura la maladresse d’effacer les textos envoyés par Cormoran pour la réembaucher…

Ah oui… disons que leur collaboration avait un peu souffert juste avant la résolution de leur dernière affaire…

Petite trahison de Mattew que Robin ne lui pardonnera pas facilement et qui mettra un second ver dans le fruit… Et au fil des pages… d’autres vers aussi gros que des pythons viendront se joindre au festin… Mais je ne vais pas tout vous raconter non plus…

D’ailleurs la vie privée de Strike n’est pas plus glorieuse… Il s’est bien trouvé une jeune femme plutôt sympa mais… il a un peu de mal à s’en rendre compte, trop abîmé par les montagnes russes que lui a fait vivre l’aristocratique Charlotte pendant seize ans…

Et v’là que l’ombre de cette pétasse névrosée va venir taper à nouveau l’incruste dans cette affaire qui va encore conduire notre Cormoran devenu LE détective privé à la mode de Londres, dans le grand monde britanniques.

Oui… Billy le schizo a fait irruption au bureau pour leur blablater une histoire décousue de meurtre d’enfants avant de se sauver, mais ça n’est pas pour cela qu’un ministre de sa Gracieuse Majesté vient carrément appeler Strike à l’aide pour régler l’odieuse affaire de chantage (les affaires de chantage sont toujours odieuses) dans laquelle il se trouve empêtré.

Oh… Et figurez-vous qu’il semblerait y avoir des connexions avec l’affaire de Billy ! Quel curieux hasard !

Et voilà Robin propulsée en immersion dans les corridors du Parlement sous couverture… A coller des micros (pratique parfaitement illégale au demeurant!), afin d’oublier sa lune de miel calamiteuse et son couple qui bat de l’aile !

Critique :
Y a un truc qui commence à me lasser dans les romans et les films policiers aujourd’hui… C’est le coup des deux affaires qui a priori n’ont rien à voir l’une avec l’autre et qui d’une façon miraculeuse se trouvent connectées…

Le pire c’est quand elles ont une solution commune… ça tombe bien au moment où j’écris je ne sais pas encore la fin, donc je ne peux pas vous en dire trop…

Oui j’écris souvent mes billets lorsque j’en suis au 8/10e du livre… Une habitude pour éviter de trop spoiler malgré moi…

Bref… JK Rolling… Là… vous me décevez ! C’est un gros poncif du genre… Je sais que vous aimez jouer avec ça, mais là ce coup des deux affaires en une ça me lasse… mais ça me lasse…

Et puis… Je m’étais déjà un peu énervée après Robin la fois précédente : qu’est-ce qu’elle s’emmerde avec ce mec (Mattew) qui vit en orbite géostationnaire autour de son nombril et qui voudrait contrôler sa vie et la voir rentrer dans les petites cases que son esprit étriqué lui assigne !

Flûte quoi ! Voilà trois livres qu’elle s’en plaint de ce mec… et malgré tout elle l’épouse ! Comme l’autre qui nous chantait « J’y crois encooooooore… »…

Pffff ! Elle, si futée et courageuse en matière d’enquête, concernant sa vie privée elle joue sa courge décérébrée en se laissant porter passivement  par les événements avec ce plouc…

Bon… OK… la quatrième enquête va amorcer un virage décisif (quoi que vu le temps qu’il lui faut… je ne sais pas si il sera aussi décisif et si elle se montrera plus dégourdie après!)… Il lui aura fallu le temps tout de même !

Ce décalage entre sa vivacité intellectuelle et le temps qu’elle prend pour se bouger face à ce crétin est un scandale ! Epicétou…

Et puis… Depuis le premier livre on voit Cormoran et Robin se tourner autour… Se rapprocher… prendre leurs distances… Une valse-hésitation sur laquelle on chanterait volontiers « Si tu avances quand je recule… comment veux-tu comment veux-tu que je t’enCENSURE ? »…

C’est comme Agatha et James (enfin je ne leur souhaite pas que ça soit tout à fait pareil!)… On sait qu’ils vont finir dans le même lit un jour !

Le temps qu’ils prennent pour ça est superflu au XXIe siècle !!! Merde quoi ! Personne ne leur a dit ? On aurait l’impression de lire le script des « feux de l’amour » s’il n’y avait pas d’enquête !

Au ciné la première scène de sexe entre les personnages principaux est en moyenne à la 42e minutes il paraît… Et ben là… ça se fait attendre.

Anybref vous l’avez compris, les atermoiements de tous ces gens en matière de vie privée me fatiguent un peu au bout du quatrième tome car ça devient un peu répétitif malgré les mariages des uns, les ruptures des autres, ou les nouvelles aventures qui se dessinent.

Dans le fond des émotions, et ressentis c’est toujours pareil et personne n’agit en fonction de ce qu’il ressent !

Pfff… Soit les anglais sont franchement compliqués en matières de cœur (je dirais carrément très névrosés puisqu’il faut toujours se trouver des empêchements pour vivre ce qu’on voudrait spontanément vivre)…

Soit JK Rolling devrait laisser tomber ce registre là… Après Harry Potter et le policier je lui déconseille franchement de s’essayer aux romans à l’eau de rose !

Voilà ! J’ai vomi mon fiel !

Maintenant je peux parler de ce qui m’a vraiment plu ! Parce que cette enquête une fois de plus nous fait découvrir de nouveaux univers du monde londonien. Les parlementaires… La politique… Les petites magouilles…

Et puis d’obscures histoires de familles recomposées dignes du feuilleton de la succession de Johnny !

Avec toujours ces coups de griffes acérés dont JK Rolling est coutumière à l’égard de la société de caste made in England où les gens ne doivent surtout pas se mélanger, et où ils doivent juste se toiser en affichant leur mépris respectif les uns envers les autres…

Et là nous allons aussi découvrir une meute assez intéressante d’activistes de l’ultra gauche britanniques (oui, oui… ça existe!).

Et puis Robin et Strike… même s’ils sont étrangement con-cons en matière de vie amoureuse… et bien ils savent aussi me rester sympathiques et attachants et je les retrouve toujours comme des amis de longue date à chaque fois que je parcours les pages nous narrant leurs aventures.

D’ailleurs… les autres personnages sont aussi bien campés, hauts en couleurs… et même quand on ne les aime pas, il faut bien reconnaître que l’auteure sait faire ce qu’il faut pour les rendre bien vivants et authentiques.

L’intrigue ? Quoi l’intrigue ? Ah oui… c’est un polar à la base… Ne l’oublions pas ! Et bien elle est excellente ! Habituellement, je commence à avoir un peu d’expérience et vois souvent le vilain venir de loin avec ses gros sabots…

Et bien là… J’ai renoncé à le chercher tant il y a de pistes possibles et de sous intrigues qui se croisent et s’entremêlent.

Un sacré casse-tête. On voit Cormoran chauffer des neurones tandis que Robin s’éparpille dans sa quête aux indices endossant plusieurs personnages différents… C’est franchement prenant.

En résumé : un avis en demi-teinte.

On retrouve nos personnages avec le même plaisir, s’affairer sur une enquête complexe et passionnante, même si hélas le caractère un peu répétitif de leurs vies privées respectives finit par être un peu lassant… mais… l’amorce de quelques changements s’annonce et laisse espérer un tome 5 un peu plus original. Je l’attends de pied ferme !

Le Retour de Moriarty : John Gardner

Titre : Le Retour de Moriarty

Auteur : John Gardner
Édition : JC Lattès (1976)
Édition Originale : The Return of Moriarty (1974)
Traducteur : Iawa Tate

Résumé :
Londres, 1894 – Le silence têtu de monsieur Holmes et Watson, les démentis répétés de Scotland Yard, n’empêcheront plus la vérité d’éclater : le professeur James Moriarty, que la presse et l’opinion publique tenaient pour mort, n’a pas péri aux chutes de Reichenbach.

Aujourd’hui la terrible menace de celui que l’on a surnommé le Napoléon du Crime pèse à nouveau sur Londres et c’est tout l’Empire Britannique qui tremble.

Mais dans quel but Moriarty bat-il le rappel de ses armées de faussaires, de coupe-jarret, de surineurs et de prostituées ? Pourquoi pourchasse-t-il Jack l’Éventreur dans les brouillards de Whitechapel ?

Quelle effroyable machination ourdit-il dans son repaire secret des docks de la Tamise ? Plus inquiétant encore, c’est le mutisme de Sherlock Holmes. Le détective de Baker Street acceptera-t-il de se dresser à nouveau contre celui qui fut, de toute éternité, son plus mortel adversaire ?

Critique :
Moriarty, sa vie, son oeuvre…

La lecture de ce roman m’a déconcertée car je m’attendais à un combat entre Holmes et son vieil ennemi, Moriarty. Que nenni !

Ce livre, c’est uniquement consacré au Napoléon du Crime et à son organisation criminelle.

Une sorte de livre de bord de sa « criminelle entreprise » qui ne connaissait pas la crise et le fait qu’il reprend les rênes que Moran avait laissée un peu trop lâche sur l’encolure de leur « personnel » si particulier.

Bref, le syndicat du crime vient de retrouver son président après trois ans d’absence.

Holmes est fort peu présent dans ce livre, contrairement à ce que le quatrième de couverture pouvait laisser croire en notant « le détective de Baker Street acceptera-t-il de se dresser à nouveau contre celui qui fut, de toute éternité, son plus mortel adversaire ? ».

Holmes est plus ténu qu’une ombre puisque l’on ne fera jamais que référence à sa présence, entre autre lorsque Moran va se positionner en face de chez lui pour le dézinguer ou quand Moriarty repense à ce qu’il s’est réellement passé aux chutes de Reichenbach.

D’ailleurs, je dois souligner que l’explication de Moriarty est une de celle que je n’avais pas encore lue. Elle a le mérite d’être crédible.

Nous avons eu droit aussi à une autre théorie : comment ce paisible professeur de mathématique est-il devenu cet homme à la tête d’une organisation criminelle à faire pâlir de jalousie les autres ? Je dois dire que l’astuce est bien trouvée.

Bref, ce livre est tout entier consacré à Moriarty et à la manière dont il a repris les rênes des affaires lors de son retour. On descendra dans les bas-fonds en compagnie de gens fort peu fréquentable et on découvrira qu’il vaut mieux ne pas doubler l’homme.

Moriarty a organisé sa bande en véritable « famille », donnant pour mieux recevoir, et tenant tout le monde dans une main de fer. Une sorte de mafia anglaise dirigée par son Parrain.

Malgré quelques passages un peu plus lents, le livre se lit avec facilité et bien que détestant le Napoléon du Crime, je dois reconnaître que le livre est bien écrit et je ne regrette pas la lecture.

 

L’esprit des morts : Andrew Taylor

Titre : L’esprit des morts

Auteur : Andrew Taylor
Édition : Cherche Midi (09/06/2016)
Édition Originale : The american boy (2013)
Traducteur : Françoise Smith

Résumé :
Londres, 1819. Thomas Shield devient le professeur particulier d’un jeune Américain, Edgar Poe, et de son meilleur ami, Charles Frant, dont la mère, une femme séduisante et malheureuse, l’attire irrésistiblement.

Lorsqu’un homme est retrouvé mort et que tous les indices convergent vers la famille Frant, Thomas est emporté dans une spirale dont les conséquences risquent d’être lourdes pour lui.

Il décide alors de trouver le coupable mais le piège se referme au fur et à mesure qu’il cherche à s’en échapper. Quel est donc le lien entre ces macabres événements et le jeune Edgar Poe ? Thomas devra traverser bien des épreuves avant que la vérité soit enfin dévoilée…

Mêlant avec brio fiction et réalité, ce roman à l’intrigue haletante nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle, où Edgar Allan Poe passa quatre années de son adolescence : l’agitation des rues londoniennes, les taudis de St Giles et Seven Dials, l’hypocrisie d’une bourgeoisie avide de pouvoir…

Un décor parfait pour un meurtre, des secrets de famille et une galerie de personnages loin d’être aussi respectables qu’ils voudraient le faire croire.

Critique :
La théorie de la relativité te dit que 15 minutes à attendre dans une administration passeront toujours moins vite qu’une heure à boire un verre avec des amis.

De fait, un pavé de 600 pages bourré d’action passera toujours plus vite qu’un court roman chiant de 100 pages.

Mais qu’en est-il de la longueur d’un pavé de 649 pages dans lequel on se fait chier comme un rat mort durant grosso modo les 50 premiers chapitres ??

Un calvaire ? Une horreur ? Une folie à lire ? Du masochisme ? Le tout à la fois, sans doute.

Certes, j’exagère un chouia en disant que je me suis faite chier car, rendons à César ce qui est à lui, les descriptions du Londres de 1819, la distinction nette entre les classes sociales, le racisme ambiant, le mépris pour les sans dents et les saloperies qui se passaient dans les public et private school sont très bien décrites.

Il en est de même pour le fait qu’on suspectera toujours plus vite un indigent ou un de l’Angleterre d’en bas qu’une personne bien née ou fortunée. Même dans les sans-grades, il y avait des grades et un valet de pied pourra se permettre de regarder un précepteur de haut si ce dernier tombe en disgrâce.

Rien que pour cela, le roman mériterait 5 étoiles. La recherche a dû être importante et le tout est amené de manière subtile. Les descriptions de quartiers miséreux est un vrai bonheur aussi.

Le problème est qu’entre le chapitre premier et le  chapitre 54, bon sang, il se passe peu de choses, c’est lent, laborieux et c’est avec un bonheur évident que l’on accueille la mort d’un personnage, pensant, erronément, que ça va bouger un peu plus.

Mais ça n’a pas bougé plus, hélas et plus d’une fois j’ai failli reposer le roman et l’oublier. J’ai persévéré, ça en valait un peu la peine pour les 30 derniers chapitres, mais sans que ce soit non plus un truc de fou.

Dommage car le roman avait tout pour me plaire, du potentiel, une écriture qui rendait justice à l’Angleterre de 1820, des personnages intéressants et une foulitude de petits détails sur la vie de cette époque-là.

Là, on va l’oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°4 et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019).

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

Moriarty – Tome 5 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 5

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (05/07/2019)
Édition originale : Yûkoku no Moriarty, book 5 (2018)

Résumé :
Le mythe de Sherlock Holmes revisité à travers les yeux de Moriarty !

Fin du XIXe siècle, l’Empire britannique a atteint son acmé…

Albert Moriarty, fils aîné du comte Moriarty, est révolté par le système social fondé sur la hiérarchie des classes et profondément enraciné dans les esprits.

Deux frères rencontrés dans un orphelinat vont lui permettre de se lancer dans un projet d’une ambition folle : apporter la paix au pays tout entier.

Eh oui, l’ennemi juré de Sherlock Holmes cachait un secret… !

Critique :
En début de ce tome, Sherlock a joué avec William Moriarty à qui a tué le monsieur dans le train lancé à plus de 80km/h et tous les deux ont résolu cette affaire, bien que l’un ai triché…

Maintenant, voici Sherlock et John face au roi de Bohême tandis que son frère Mycroft, lui, est confronté au vol d’un document tellement important que si il venait à être divulgué, ce serait la fin de l’Empire, au minimum.

Rien que ça… Entre nous, on a déjà une reine Victoria vachement jeune et on se permet d’appeler le voleur de document un pirate…

Je ne sais pas où il a garé son navire, ni avec quel ordinateur il a pénétré dans les appartements de sa Gracieuse Majesté, mais le terme « pirate » est aussi approprié qu’une trou dans son pantalon (au cul, bien entendu).

Vous verrez que dans le tome 6 on va le nommer « Tipiak »…

Je me répète sans doute, mais ça fera du bien à ceux qui n’écoute pas dans le fond, mais le langage ordurier de Sherlock Holmes en ces temps victorien est aussi déplacé qu’une meute de cafards chevauchant des rats dans un restaurant 4 étoiles le jour de l’inspection de l’hygiène et de la venue des inspecteurs du guide Duchemin (l’aile ou la cuisse).

Que le Sherlock BBC jure, utilise des mots de notre époque, je ne dirai rien, mais qu’un Holmes du temps de la reine Victoria utilise les prénoms, dise des « j’en ai rien à foutre » et autre mots barbares, ça ne colle pas, ça ne lui va pas.

De plus, il a toujours l’air d’un gamin déluré qui n’aurait pas reçu assez de fessées dans son enfance. Il n’a pas de charisme, est trop foufou, trop mal poli, trop foutraque, fadasse, sans épaisseur aucune.

Parlons un peu du scénario qui révise le Canon Holmésien à sa manière et nous rejoue Le Scandale En Bohême à sa manière, c’est-à-dire… Heu, j’hésite entre la franche rigolade ou une visite au fond de la Tamise.

Si une copinaute m’avait joué ça dans une fanfic, j’aurais ri de bon coeur, mais dans le mange, ça passe un peu moins bien, surtout que Holmes n’agit pas comme son alter ego du Canon. Qu’on le change un peu, je ne dirai rien, mais là, « trop is te veel », comme on disait chez nous du temps de la terrible rage taxatoire ! (« Trop c’est trop » dans les deux langues).

Quant à la belle Irene Adler, la soprano, elle a plus l’air d’une demi-mondaine qu’autre chose. Ben tiens, c’est justement ça, c’en est une, de demi-mondaine et elle va piéger Sherlock d’une belle manière, mais lui, bordel de dieu, se vautrer par terre pour demander pardon, pitié !

Malgré tout, puisque j’ai commencé cette saga et qu’elle me diverti en me faisant grincer des dents, je la continuerai afin de vous tenir informé de la suite des événements. C’est mon job.

Entre nous, il vaut mieux la prendre pour une revisite des enquêtes de Holmes à la va-comme-je-te-l’interprète plutôt que comme quelque chose de sérieux.

Dommage que leur Sherlock ne soit pas un peu plus stylé, plus gentlemen, moins gamin, parce qu’il y avait tous les ingrédients pour une réécriture étonnante et réussie. Au final, c’est Moriarty qui est le plus sérieux dans tout cela et le moins fadasse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°03.