Les vieux cahiers de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moens

Titre : Les vieux cahiers de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net LEN (26/01/2021)

Résumé :
En 1945, après le décès de sa mère Mathilde et de son beau-père Sherlock Holmes, Harry d’Alencourt découvre, par hasard, de vieux cahiers dans leur demeure de Fulworth.

Le détective y a lui-même consigné le récit de quelques-unes de ses enquêtes, les plus insolites. Les ayant lus d’une traite, Harry ressent aussitôt le besoin de les faire publier.

Pour le plus grand plaisir des passionnés d’aventures holmésiennes, ces dix enquêtes inédites ont été rassemblées dans ce livre.

Critique :
Sherlock Holmes est un de mes péchés mignons, l’autrice de cet apocryphe n’est pas une découverte pour moi, cela fait un petit temps que je vais à la pêche, tentant de trouver tous ses pastiches.

Et la pêche fut bonne, dans tous les sens du termes.

Comme je l’ai souvent dit et répété, le format des nouvelles va comme un gant aux enquêtes de Holmes.

Le truc de la malle que l’on retrouve chez un banquier, dans un grenier est vieux comme le monde…

L’autrice le met un peu à jour avec Harry, le fils adoptif de Mathilde, qui, dans la biblio de Holmes, retrouve des vieux carnets où sont racontées des enquêtes qu’il n’a jamais lues, que personne n’a jamais lues !

Nom d’une pipe en bruyère, moi aussi j’ai envie de m’installer devant un bon feu de bois (au diable les 19°) afin de lire ces petites merveilles. C’est ce que j’ai fait, je me suis installée confortablement et j’ai lu avec les yeux pétillants ces enquêtes méconnues de Holmes.

Dix enquêtes… Toutes les 10 différentes, bien que la première, avec une héritière et un château hanté m’ait replongée dans ma dernière lecture (Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle de Pascal Malosse). Semblables toutes les deux, même si les coupables n’étaient pas tout à fait les mêmes, bien que leurs motifs fussent la copie conforme (mais dans ces affaires, c’est toujours le même mobile).

Comme je le disais, les 10 nouvelles sont différents les unes des autres, certaines enquêtes de Holmes étant plus simples que d’autres.

Pas de folie dans les résolutions, nous ne trouverons pas de beau-père machiavélique et son serpent tueur, pas de beau-père se déguisant en fiancé pour tromper la belle-fille, pas de photo à récupérer, par de type caché dans une pièce et faisant croire à sa disparition…

Toutes ces nouvelles sont correctes, agréables à suivre, bien pensées et elles sont aussi le reflet de ce que Holmes aurait pu avoir à résoudre comme petits mystères dans la vie courante. Tout le monde n’est pas un meurtrier retors, même si certains avaient imaginé un super plan pour s’évader.

Dans ces nouvelles, l’on croisera aussi la route de certains personnages canoniques, tel l’éleveuse d’oies de l’escarboucle bleue (mais pas qu’elle) ou madame Cubitt des hommes dansants. C’est habillement mélangé avec de nouvelles enquêtes et c’est toujours plaisant de retrouver de vieilles connaissances.

Dans le lot des personnages canoniques, il y aura aussi des personnages réels, tels Zola, Oscar Wilde et Robert Ross. Apporteront-ils quelque chose ? Pour Zola, c’est moins flagrant que pour Wilde et son ami Ross. En plus d’un mystère, ils permettront à Holmes et Watson d’avoir une discussion intéressante sur le procès de Wilde et de l’opinion publique qui s’était retournée contre lui.

L’écriture de madame Ruzé-Moens est sans fioritures, agréable à suivre, avec les mots qu’il faut pour nous plonger aussi dans une époque révolue. Pas de langage moderne pour l’époque victorienne !

Si dans un précédent tome, je me plaignais de ne pas voir assez son personnage, Mathidle d’Alencourt, dans celui-ci, je grognerai que je n’ai pas vu assez de Watson.

Oui, il est marié, il travaille dans son cabinet médical et il ne peut pas planter ses patients comme ça, ce n’est pas correct, mais j’aime Watson, il est un peu comme moi, il ne voit rien et sort de l’obscurité seulement lorsque Holmes explique la résolution.

Ceci étant dit, je n’ai rien à reprocher à ce recueil de petites enquêtes. Certes, rien d’exceptionnel, mais je m’en fous royalement parce que merde, j’étais bien dedans, j’ai pris du plaisir à le lire et à suivre son Holmes, moins froid que l’original, mais que j’apprécie tel quel.

Attention tout de même à ne pas le commencer au soir… Je m’étais jurée de lire une nouvelle et puis d’aller au lit et vous savez comment ça va « Encore un chapitre », puis on ne sait plus s’arrêter.

C’est un bâillement à m’en décrocher la mâchoire qui m’a fait comprendre qu’il était temps d’aller me pieuter. Le chat, endormi sur mes genoux, l’a bien compris aussi et il en est descendu pour aller se pieuter sur un de ses coussins.

Un très bon apocryphe holmésien, à lire sans se prendre la tête, juste pour le plaisir, comme le chantait Herbert Léonard, que l’on soit raide dingue de Holmes ou juste de petites nouvelles policières.

Attention que ces romans ne sont pas toujours facile à trouver en librairie. Il faut souvent les commander, chez votre dealer habituel ou bien il faudra enrichir un peu plus le Bezos…

Il m’en reste encore trois à lire de cette autrice… Chouette !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX].

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Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé : Isabelle Lesteplume [par Dame Ida, Prêtresse de la Pureté du Canon et alliée de la Communauté LGBTQIA+ complètement déchirée]

Titre : Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé

Auteur : Isabelle Lesteplume
Édition : MxM Bookmark – Mystère (24/11/2021)

Résumé :
Découvrez, au cœur du Londres victorien, les secrets bien cachés d’une romance interdite.

Londres, 1881.
Médecin militaire, John Watson vient tout juste d’être rapatrié d’Afghanistan. La guerre lui a tout pris. Sa santé, sa raison de vivre, son premier amour.

Brillant et excentrique, Sherlock Holmes est fasciné par les crimes et les énigmes, mais rongé par l’ennui et la solitude.

Par un coup du sort, les deux hommes se retrouvent à partager un appartement au 221b Baker Street. Et lorsque Scotland Yard frappe à la porte, Holmes et Watson n’hésitent pas une seule seconde à y répondre.

Aventure et mystère s’invitent dans leur quotidien. Mais alors que le danger n’est jamais loin, les démons du passé, eux, menacent de les rattraper. Leur amour sera-t-il assez fort pour y faire face ?

Critique :
Voilà quelques années que je me chagrinais d’avoir vu fleurir sur le net de multiples adaptations, dessins ou fanfictions NSFW attribuant une liaison aux deux personnages principaux de la série Sherlock…

Je rongeais mon frein, mangeais mon chapeau et pestais dans ma barbe face à l’obsession nouvelle lancée par le succès de cette série qui, d’ailleurs, surfait allègrement sur une petite vaguelette homo érotique pleine de sous-entendus…

Ben oui… Doyle n’avait jamais voulu faire de Holmes et de Watson un crypto-couple gay et s’en était expliqué…

Deux hommes en colocation chez une veuve à l’époque victorienne ? Mais c’était d’une rare banalité !

La société puritaine de l’époque ne permettait pas la mixité entre hommes et femmes dans les lieux publics. Seul un couple marié pouvait cohabiter ensemble sous le même toit…

Et les loyers londoniens, centre du monde de l’époque, étaient déjà hors de prix, contraignant les jeunes célibataires qui n’avaient pas encore fait leur trou dans la société, à louer des chambres chez des veuves dont la maison restait le seul bien dont elle pouvait tirer quelques sous pour subsister.

Et ces messieurs, qui quittaient leur mère, sans avoir encore d’épouse et pas de domestiques, auraient été bien ennuyés pour se faire à manger ou faire leur lessive ! Prendre pension chez une veuve était le bon plan absolu.

Cette colocation était historiquement suffisamment explicable et répandue pour que Doyle puisse faire cohabiter ses héros sans que ça aille jusqu’à les faire cohabiter dans le même lit. N’en va-t-il pas de même de nos enfants étudiants lorsqu’ils prennent une colocation ?

Alors… faire de la cohabitation entre deux hommes un truc louche, laissant supposer une liaison sexuelle entre eux à l’époque victorienne, ni même aujourd’hui, vu le prix des loyers en zone urbaine, n’a rien de bien raisonnable et relève surtout des fantasmes de ceux qui y pensent.

Aussi, si je n’ai absolument rien contre le mariage pour tous et toussa toussa, et que le souvenir de ce que risquaient les homosexuels, il y a encore quelques décennies, en Occident, me révolte (et je ne parle même pas de leur sort actuel en Iran, dans les Émirats du Golfe, en Russie ou encore dans certains pays d’Afrique !

En fait ça mériterait qu’on en parle davantage, mais ce n’était pas l’objet de mon billet), mais voilà… je suis toujours crispée quand un pastiche ou prétendu pastiche trahit les intentions du créateur des personnages d’une œuvre.

Que l’on publie de belles œuvres, avec des personnages plus intéressés sentimentalement ou sexuellement, par les personnes de leur propre sexe si l’on veut…

Le principe ne me dérange pas (notons qu’on a curieusement très peu, voire quasiment pas de polars dont le personnage principal est gay ou lesbien, en rapport à la représentation LGBT dans la population générale – il faudrait que les auteurs se lancent, non ?). Mais quand un pastiche prête une romance homosexuelle à des personnages qui n’étaient pas supposés l’être, dans le projet de leur créateur, ça me dérange. J’ai toujours vu là une forme de trahison, comme quand on veut faire de Dracula un playboy romantique…

Bref, les pastiches holmésiens homoérotiques ne sont franchement pas ma tasse de thé. A priori.

Car… Oui… j’ai mes aprioris.

Et comme toujours… les aprioris sont faits pour être contrariés et vous rappeler que seuls les cons et les connes ne changent jamais d’avis.

Oui, moi, Dame Ida, Grande Prêtresse de la Pureté du Canon Holmésien, qui vomissais tripes et boyaux sur toute représentation homo érotique du couple Holmes / Watson… Je me suis faite retourner comme une crêpe par ce roman.

Qu’Isabelle Lesteplume (ah bon ? son nom est un pseudo ? ) me pardonne, mais j’ai ouvert le premier volet de son triptyque simplement dans l’idée de me faire plaisir en l’étrillant dans une fiche, de me moquer d’elle, de l’humilier, de réclamer qu’elle soit mise au bûcher sur les versions papier de ses livres etc…

Et oui, les Grandes Prêtresses de la Pureté virent toujours dans l’intégrisme meurtrier, quelle que soit leur religion en fait… On devrait les zigouiller ! L’intégrisme, c’est toujours mal et conduit aux guerres civiles !

Mais je dois m’avouer vaincue : Madame Lesteplume, je n’aime a priori pas ce que vous faites, mais je dois vous admettre que vous le faites bien et que vous m’avez bluffée, même si vous étiez rudement mal partie avec moi comme lectrice !

Et oui, je dois humblement reconnaître que cette auteure réalise ici un tour de force diabolique. Son Holmes et son Watson s’aiment, mais sans qu’autre chose vienne jamais vraiment lourdement trahir la psychologie que leur créateur leur a donnée en dehors de ce « détail ».

En outre, elle ne trahit rien des enquêtes du canon qui seront évoquées avec une rare précision. Elle offre une relecture plutôt fidèle du canon, tel qu’il aurait dû s’écrire, s’il n’avait pas dû cacher l’idylle entre Holmes et Watson pour leur éviter de finir en prison.

L’auteure déploie l’histoire d’amour entre les deux hommes en gardant leurs enquêtes marquantes en toile de fond, une toile de fond tracée avec une certaine rigueur. Une étude en rouge et le Signe des Quatre seront au programme.

On y évoquera quelques “untold cases” au passage, comme autant de clins d’œil. Même les personnages secondaires seront bien traités et respectés. Mme Hudson prendra peut-être davantage de place que dans le canon, mais d’une manière tout à fait crédible et sympathique.

La culture holmésienne de l’auteure est indéniable, ainsi que ses références historiques fournies et sourcées. Tout cela donne à ce pastiche une authenticité qu’on ne retrouve généralement pas dans les fanfictions diffusées sur le net par des personnes dont la culture holmésienne se réduit à la série Sherlock.

La psychologie des deux personnages est ici cohérente avec le canon. Elle s’en éloigne sensiblement évidemment, mais seulement pour que la relation amoureuse entre les deux hommes puisse être crédible.

Évidemment, cela suppose que Holmes soit capable d’amour, et de faire un petit forçage de la surface hermétique de ses émotions… Mais même les artifices de l’auteure pour y parvenir se révéleront relativement convaincant. Même pour une sceptique comme moi.

J’ai vu les personnages de Holmes et de Watson parfois bien plus maltraités par d’autres pastiches où ils restaient hétéros. Je me souviens par exemple d’un pastiche lamentable où Watson se prenait pour un playboy et lorgnait sur tous les décolletés, ce qui me semble bien plus éloigné du Watson original que celui que j’ai croisé ici… qui reste fidèle à lui-même, même si son admiration pour son ami va au-delà de ce que le canon nous en dit.

Concernant la façon dont leur liaison se développe, l’auteur échappe à l’écueil de la pornographie. Les rapprochements physiques entre les hommes seront fréquents, certes, mais évoqués malgré tout avec une relative pudeur malgré un ou deux petits détails triviaux.

Quand les deux hommes s’étendent, l’auteure ne le fait pas. Celles et ceux qui voudraient des descriptions cliniques d’emboîtements frénétiques resteront sur leur faim. La plume de Madame Lesteplume n’est pas si leste qu’annoncée (en tout cas dans le premier volume).

Après… pour ce qu’il en est des élans romantiques et de la façon dont les deux hommes découvrent, comprennent et expriment leurs sentiments… Je dirais que nous restons malgré tout dans une écriture très « féminine ».

Je ne suis pas certaine que deux hommes pourraient se parler ainsi, voire élaborer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre à un tel degré de précision. Surtout un homme comme Holmes ! Mais… je fais peut-être un brin de sexisme en suggérant que les messieurs soient moins à l’aise que nous les fâmes, avec les mots, lorsqu’il s’agit de parler de ce que nous ressentons ?

C’est là, je trouve l’un des principaux écueils du genre. Les pastiches de romances entre Holmes et Watson sont souvent plus écrits à destination d’un public féminin, et par des femmes… Et si les hommes ne comprennent que rarement grand-chose à ce que nous voulons ou ressentons, je crois que nous ne sommes pas plus douées qu’eux pour deviner ce qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes de leurs propres sentiments.

Bref, ce roman est venu bousculer des préjugés et mon refus de transiger avec le canon qui m’avaient toujours toujours tenue éloignée de telles histoires, d’autant qu’elles sont souvent fort mauvaises.

Mais là, vous l’aurez compris : je suis scotchée par ce premier opus. Je me l’étais imposé juste pour le plaisir de le descendre et… Vlan ! Je me fais avoir.

Si je n’avais pas passé un moment aussi surprenant et aussi agréable, j’en serais carrément dépitée !

Lirai-je le second ? Le troisième ? Honnêtement, je ne sais pas. L’été prochain peut-être ? Pour me détendre ?

Je suis curieuse de le faire assurément, pour voir si l’auteure parvient à poursuivre aussi bien qu’elle a commencé. Et puis l’épisode Irene Adler n’est pas évoqué ici… je suis très curieuse de savoir comment l’auteur s’en débrouillera…

Mais j’avoue avoir tout de même un peu peur de me lasser des déclarations que les deux hommes se font l’un à l’autre, ou des passages introspectifs romantiques qui émaillent les chapitres.

Comme je vous le disais… je n’y reconnais pas tant que cela la “psychologie” masculine… Car au risque de surprendre certains homophobes, les hommes qui aiment les hommes restent des hommes, même lorsqu’il s’agit de parler de leurs sentiments les uns pour les autres.

Mais la façon dont l’auteure propose sa relecture des affaires majeures du canon avec précision, tout en présentant une version où l’évolution de l’histoire du couple formé par les deux hommes vient s’imbriquer reste particulièrement habile.

L’auteure réussit cela d’une manière totalement inattendue et c’est là à mes yeux la qualité essentielle que je dois reconnaître à ce pastiche.

Préserver aussi bien le canon tout en le malmenant sur un point aussi important réclame un savant savoir faire. Et je suis carrément impressionnée.

Comment coter ce livre en Sherlocks ? Et bien, je dirais 4 pour le respect du canon, si on oublie la liaison entre les deux hommes. Mais comment l’oublier, puisqu’elle est l’argument même de la série de livres annoncée ? Je ne peux pas dire 4 d’un côté, 0 de l’autre et faire une moyenne entre les deux pour aboutir à 2/5. Ce livre mérite évidemment mieux.

Je préfère ne pas le noter, tout en reconnaissant que, dans le genre holmésien homoérotique, il tient certainement le haut du pavé.

 

 

Arthur Conan Doyle – Puis-je marier Sherlock Holmes ? : Isabelle Chevalier

Titre : Arthur Conan Doyle – Puis-je marier Sherlock Holmes ?

Auteur : Isabelle Chevalier
Édition : Lamiroy (01/03/2022)

Résumé :
Que sait-on généralement de Sherlock Holmes et de son auteur, Arthur Conan Doyle ? La résolution des énigmes par la logique, agrémentée d’un (inauthentique) « Élémentaire, mon cher Watson » [formule apocryphe.

En effet, on ne la trouve nulle part dans le canon de Conan Doyle et Sherlock Holmes ne l’a jamais prononcée dans aucune histoire originale], la tenue iconique et, pour les champions de culture générale, la tentative de l’auteur de se débarrasser de son héros.

Isabelle Chevalier nous emmène parcourir le paysage de ces grandes lignes que nous laissions se dessiner à l’horizon.

Parmi celles-ci, mon regard s’est arrêté sur l’aversion de l’auteur pour son personnage, mais surtout j’ai été frappé par le nombre considérable de personnes qui se sont passionnées pour Sherlock Holmes au point de le considérer comme une personne réelle.

Critique :
Le titre semblera racoleur pour un lecteur lambda, mais pour l’holmésien de base, il lui rappellera cette question posée par le comédien américain, Willaim Gilette, dans l’un de ses câbles à Arthur Conan Doyle :
— Puis-je marier Sherlock Holmes ?

Conan Doyle, fatigué de toute cette communication, répond à l’acteur :
—Vous pouvez tuer Holmes, ou le marier, ou tout ce que vous voulez.

J’avais été étonnée, le jour où j’avais appris que Doyle détestait son personnage de Sherlock Holmes, qui pourtant, lui apporta la richesse.

L’auteur aurait préféré être reconnu pour ses romans historiques. Comme bien d’autres personnes dans le monde qui ne sont pas satisfaites de leurs talents, de leurs dons et qui aurait aimé être mis à l’honneur pour autre chose.

Ce petit ouvrage de 36 pages ne m’a rien appris de nouveau (depuis l’avènement d’Internet et mon inscription à la SSHF, j’en sais bien plus qu’avant), mais il a au moins eu le mérite de me remettre des faits en place, des dates, des chiffres…

Oui, je sais, mais j’oublie ! Ma mémoire disjoncte et elle laisse partir des tas de détails et ensuite, c’est Tintin et Milou pour les retrouver dans mon petit grenier mémoriel en bordel. J’avais même réussi à oublier que « Une étude en rouge » avait été publiée pour la première fois dans le « Beeton’s Christmas Annual » de 1887.

Par contre, l’autrice ne parle à aucun moment du repas que firent Doyle et Oscar Wilde (en août 1889), avec l’éditeur américain Stoddart, du Lippincott’s Magazine. Ce dernier demanda aux deux auteurs d’écrire deux romans. Il laissa carte blanche à Wilde (qui écrivit « Le portrait de Dorian Gray ») et exigea de Doyle qu’il écrive une nouvelle aventure de Sherlock Holmes (Le signe des quatre qui parut en 1890).

Cette anecdote, je l’avais lue, en français, sur le site de la SSHF, mais impossible de le retrouver dans la langue de Molière, alors je vous l’inclus dans la langue d’Elisabeth II ou de Shakespeare :

In august 1889, during a dinner hosted by J. M. Stoddart, an American agent of the Lippincott’s Magazine, Conan Doyle and Oscar Wilde were hired to write two stories. Published in 1890, Wilde wrote The Picture of Dorian Gray and Conan Doyle The Sign of Four, the second adventure of the detective. The same year, the Conan Doyles stayed a few months in Vienna for Arthur to improve his medical knowledge. Back in England, they moved to London on Montague Place and the young doctor’s office opens at 2 Devonshire Place. Patients were scarce again, Conan Doyle took up the pen again.

Anybref, sans révolutionner l’affaire, ce petit opus est bien fait, puisqu’il vous donne un max d’informations sur Conan Doyle, sur sa haine de Sherlock Holmes, sur les sommes qu’il a touchées et sur son envie de le tuer.

Pour un holmésien ceinture noire (et robe de chambre gris souris), rien de neuf sous le soleil, pour une holmésienne avec des trous de mémoire, une bonne remise en selle des petits détails (avant que les oublis ne recommencent) et pour les néophytes, un peu de pages, ils en apprendront assez que pour épater la galerie au prochain repas de famille.

Notamment avec des petites anecdotes, comme cette banque (la Abbey National, installée aux numéros n°215-229) qui engagea une secrétaire pour spécialement répondre au courrier que des gens envoyaient au 221b, Baker Street. Et le musée, qui s’installa plus loin, se fit attribuer le numéro 221b et qui entama un procès avec la banque dans le but de récupérer le droit de répondre au courrier…

Holmes, c’est un personnage hors norme ! Hé, un personnage de fiction qui meurt et dont une partie de la population porte le deuil en Angleterre, c’est pas banal, avouez-le ! De plus, ce personnage de fiction est sorti de ses pages et a pris vie, puisque plein de gens pensent que Holmes a réellement vécu !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 36 pages).

Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer

Titre : Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion

Auteur : Nicholas Meyer
Édition : L’Archipel Suspense (14/04/2022)
Édition Originale : The adventure of the Peculiar Protocols (2019)
Traduction : Sophie Guyon

Résumé :
6 janvier 1905. Sherlock Holmes – qui fête ses cinquante ans – et le Dr John Watson sont convoqués par Mycroft, le frère du célèbre détective, au club Diogène.

Sur place, ce dernier leur remet les documents retrouvés sur le corps d’une agente des Services secrets britanniques, repêché dans la Tamise : Les Protocoles des Sages de Sion.

Holmes et Watson prennent alors l’Orient-Express pour la Russie des tsars, d’où provient ce texte explosif, bien que sujet à caution. S’agit-il vraiment du procès-verbal d’une réunion tenue par des complotistes dont le but est la domination du monde ?

Mais à leurs trousses s’élancent des adversaires déterminés à les empêcher de découvrir la vérité. Par tous les moyens… Sans doute l’enquête la plus périlleuse du plus célèbre des détectives.

Critique :
Je suis toujours excitée comme un morbac au salon de l’échangisme, lorsque je tombe sur un apocryphe holmésien, mais celui-ci me faisait un peu peur (comme tous les apocryphes).

Non pas parce que Holmes allait encore être mis à la sauce fantastique, mais parce que son titre faisait référence à cet immonde torchon antisémite, complotiste et que je me demandais bien ce que Holmes allait pouvoir foutre dans cette galère.

Nicholas Meyer est un bon pasticheur holmésien, malgré tout, j’avais peur qu’il ne se prenne les pieds dans le tapis, ou dans ce pamphlet.

Les protocoles de sages de Sion, si on n’a rien d’un complotiste, on sait que c’est une bullshit, un faux qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les Juifs. Maintenant, si l’on remplace dans ce pamphlet, le mot « Juifs » par « Femmes », on pourrait accuser la moitié de l’humanité de comploter contre l’autre.

Pareil si vous le remplacez le bouc émissaire habituel par Asiatiques, Musulmans, Chrétiens, Américains, Banquiers, Politiciens, Assureurs… Cela donnera la même impression qu’une nation, corporation, sexe, s’est réunie pour établir un programme de domination mondiale à votre insu.

Pire, remplacez le terme « Juifs » par « Chats » et je parie que certains goberont tout de même que les félins préparent un sale coup pour dominer le monde (mais après leur sieste, hein). Même si Internet peut vous expliquer que ce texte a été inventé de toutes pièces par la police secrète du tsar (Okhrana) et publié pour la première fois en Russie en 1903.

Pas la peine de faire durer le suspense plus longtemps, l’auteur ne s’est pas pris les pieds dans le tapis et Holmes non plus. Peut-être a-t-il eu les doigts dans le corsage de Mme Walling, mais ça, l’histoire ne nous le dira pas.

Nicholas Meyer nous offre donc une bonne enquête de Holmes, même s’il ne devra pas démasquer un assassin. Une enquête différente, non teintée de danger, et où Holmes va comprendre les potentiels dangers que ces écrits subversifs pourraient avoir, avant de s’en rendre compte de visu, face à une jeune fille juive victime de la vindicte populaire.

Les personnages sont assez conformes aux originaux, mais ils suivent les trames que l’auteur avaient amorcées dans ses précédents romans, notamment en ce qui concerne Moriarty et Freud.

Commençant à Londres avant de s’étendre jusqu’à Odessa, l’enquête de Holmes et Watson ne sera pas de tout repos et ébranlera le détective durablement.

Ce polar historique mélange habillement la fiction et la réalité, sans la forcer, se basant tout simplement sur la bêtise humaine, sur cette propension au complot et que le fait que la vérité met toujours plus de temps que le mensonge à lacer ses chaussures, sans oublier que certains préfèrent croire des conneries, si ça les sert.

L’auteur expliquera ensuite dans son épilogue que les protocoles refont surface de temps, tel un serpent de mer et qu’ils ont été déclarés comme vrais, par Hitler, lorsqu’il parlera du complot juif. Le but d’un virus, c’est de contaminer le plus de monde possible et ce pamphlet antisémite est un virus dont il n’existe pas encore de vaccin, hélas.

Un bon pastique holmésien, différents de ceux que j’ai pu lire dernièrement, mais au moins, Holmes n’est pas cuisiné à la sauce fantastique, ce qui me fait plaisir, car je le préfère dans de bonnes vieilles enquêtes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°36] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Miss Endicott – Tome 2 : Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin

Titre : Miss Endicott – Tome 2

Scénariste : Jean-Christophe Derrien
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Le Lombard – Signé (2007)

Résumé :
Prudence Endicott est officiellement une gouvernante tout ce qu’il y a de plus respectable. En réalité, elle est la Conciliatrice de Londres.

Sa mission : résoudre les problèmes des gens. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand il faut affronter le peuple des Oubliés qui règne sur les dessous de la ville…

Une ambiance très victorienne pour une histoire pleine de fantaisie, truffée de gnomes, de mutants des sous-sols et autres créatures qui mènent la vie dure aux habitants de la surface !

Critique :
La dernière case de Miss Endicott m’avait laissée la bouche ouverte et je ne voulais pas attendre trop longtemps avant de lire la suite et fin de ce diptyque.

La personne qui va aider Miss Endicott à endiguer le « Seigneur des Oubliés » le fera de manière assez violente, tirant d’abord, réfléchissant ensuite, tandis que notre Miss, elle, y va plus au feeeling, sans se presser, mais en sachant parfaitement ce qu’elle fait.

Ce nouveau personnage tirera même la couverture à elle, mettant Miss Prudence Endicott sur le côté, la pensant incapable de résoudre cette affaire épineuse. Ce n’est parce que notre Miss ne tire pas dans tous les sens qu’elle se fiche de l’affaire ou qu’elle ne sera pas capable de la prendre en charge.

Dans ce second album, vu l’action, il est difficile de s’ennuyer. On court sur les toits, on tire avec des gros flingues, Kevin a disparu, les portes des oubliés bientôt vont se fermer (♪)… Bref, ça bouge !

Les révélations seront importantes aussi et je suis tombée de haut, n’ayant pas vu venir l’identité de notre mystérieux Maître des Oubliés.

Comme tous les tyrans de la Terre, le Maître utilise les autres afin de s’arroger le pouvoir, se fichant pas mal ensuite du destin de ces pauvres gens qui vivent en bas, cachés à cause de leurs malformations, oubliés de tous.

Il leur a menti, leur a promis une vie heureuse, qu’ils auraient de meilleurs conditions de vie… En réalité, il les méprise, comme il méprise tout le monde. Comme certains politiciens méprisent aussi leurs électeurs…

L’album ne manque pas d’humour, tout comme le premier, même s’il y en a un peu moins.

Nous sommes au milieu des quartiers défavorisés de Londres, dans les bistrots rempli de types louches, sous terre, mais il ne faut pas oublier la bonne tenue british, of course. De la dignité.

Ce dernier album est un cran en-dessous du premier, je trouve. L’action prend trop le pas sur le reste, notamment avec notre va-t-en-guerre qui tire dans tous les sens, qui gueule, qui donne des ordres et qui dénigre Miss Endicott, lui répétant constamment qu’elle n’est pas capable.

Les mobiles du Méchant sont expliqués, mais je les ai trouvé un peu léger, même s’il n’est pas le premier à vouloir faire de sa ville, de son pays, un endroit pur, où le vice a été éradiqué, la violence aussi, oubliant que pour y arriver, il passe lui-même pas des actions des plus violentes.

Le final est assez nostalgique, triste…

Malgré mon petit bémol pour ce deuxième album, cela reste un diptyque que j’ai apprécié et que je suis contente d’avoir lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°004] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 76 pages).

Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double : Daniel O’Malley

Titre : Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double

Auteur : Daniel O’Malley
Édition : Pocket (2018) – 864 pages
Édition Originale : Stiletto (2016)
Traduction : Valérie Le Plouhinec

Résumé :
Quand, après des années de combats acharnés , deux organisations secrètes et rivales sont contraintes d’allier leurs forces, une seule personne semble en mesure de les aider à conclure cette paix nécessaire : Myfanwi Thomas, la très fantasque héroïne de The Rook.

D’un côté, la Checquy, organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique.

De l’autre, les Greffeurs, une société de peu recommandables alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques en tous genres. Sans compter les mystérieux Antagonistes, qui tentent par tous les moyens de faire échouer les négociations.

Critique :
Imaginez un James Bond avec des pouvoirs surnaturels… Non, non, pas avec une baguette magique comme Harry Potter, oubliez la magie !

En Grande-Bretagne, des gens naissent avec des talents surnaturels, qui peuvent aller de dissoudre les os, ou d’avoir une ombre qui est un portail direct pour l’Espagne ou de voir au travers des choses…

Et tous ces talents sont discrètement escamotés à leur famille, sont formés et ensuite, ils travaillent pour le gouvernement et donc, pour Sa Majesté !

Le premier tome était étonnant, il m’avait bien plu, malheureusement, lorsqu’on a trop à lire, une majorité des romans croupissent dans les étagères, oubliés et il était plus que temps que je le dépoussière.

Ce thriller fantastique est un mélange de surnaturel, de SF, de fantastique (normal) et le tout est saupoudré d’humour british, de dialogues qui pulsent, de situations cocasses.

Sans oublier des références à notre monde tout ce qu’il y a de plus normal puisque l’auteur aborde aussi la peur de l’autre, la haine que l’on cultive, que l’on inculque aux plus jeunes, au pardon impossible.

Nos amis de la Checquy (ceux qui bossent pour Sa Majesté) veulent enterrer la hache de guerre avec les Greffeurs (les alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques) et que leur deux organisations fusionnent, au lieu de se tirer dans les pattes. Ce qui ne plait pas à tout le monde, des deux côtés, et l’on sent la haine transpirer chez certains membres de la Checquy.

Après autant d’années, j’avais même oublié que les Greffeurs étaient belges ! Des belges du Nord, bien entendu, surtout avec des titres comme « Graaf » (comte), grootvader (grand-père) et puis, j’ai vu passer une insulte bien flamande (Klootzak). Pas de panique, pas besoin d’avoir fait néerlandais deuxième langue pour comprendre.

C’est burlesque, bien entendu, sans pour autant devenir du n’importe quoi. À partir du moment où vous acceptez les phénomènes surnaturels, les gens qui possèdent des dons anormaux et des autres qui se greffent des tas de trucs en plus dans le corps, devenant parfois des superman, il n’y aura pas de problème.

On pourrait croire qu’avec une brique pavesque de 860 pages, l’ennui poindrait le bout de son nez : ben non !

Le scénario est bien pensé, le récit est bien mis en page, on alterne les passages avec de l’action, des combats, un éclaircissement sur la provenance de la haine entre les Greffeurs et la Checquy, des scènes de la vie quotidienne pour les Greffeurs présent sur le sol anglais,…

Bon, il n’aurait pas fallu plus de pages, sinon, le risque aurait été grand de tourner en rond. Heureusement, on l’évite !

Ce thriller fantastique, qui ne se prend pas au sérieux, sans pour autant virer au grand n’importe quoi, m’a apporté des instants de détente, une pause rafraichissante, des moments où je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, bref, un moment de lecture détente dans le sens le plus agréable du terme.

Nous ne sommes pas dans de la grande littérature, loin de là, mais parfois, tout ce que les lecteurs demandent, c’est un peu d’humour dans ce monde de brute, une bulle de tranquillité et des instants dédiés au burlesque, au loufoque, à l’absurde, à l’irréel.

Ce n’était peut-être pas une mauvaise chose de l’avoir laissé prendre les poussières durant 4 ans, à ce pavé… Il est tombé à point nommé quand j’avais besoin de me détendre l’esprit, les zygomatiques et de m’évader avec du fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°259] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

WHITECHAPEL – Série Britannique en 4 saisons [par Dame Ida, publicitaire bénévole pour les séries qu’elle kiffe trop grave]

Produite par Carnival Films et Diffusée entre 2009 et 2013 sur ITV

Entrée en matière…

Londres, 2008, un copy-cat reproduit les crimes de Jack l’Eventreur dans le quartier de l’est end mondialement célèbre de Whitechapel…

Un jeune capitaine de police, Joseph Chandler, frais émoulu des publics schools et grandes universités, promis à une brillante carrière dans la police grâce à de hauts appuis familiaux se trouve nommé au poste de police un peu pourri de Whitechapel et plongé dans le bain sans attendre.

Évidemment, son physique de mannequin qui me rend folle, sa montre à dix milles boules, ses costumes sur mesure et ses troubles obsessionnels compulsifs qu’il parvient à cacher comme il le peut, ne plaident pas en sa faveur auprès de son équipe issue de la « working class » et qui est bien décidée à ne pas s’en laisser compter par un jeunot. Il pourra compter sur le soutien d’un historien du crime qui est forcément abonné au blog de Belette !

L’avis de Dame Ida :
Purée de sa mère qui fait du foot en talons aiguilles Loboutins et en string rose bonbon à paillettes au Stade de France en chantant la Marseillaise pendant un concert de Mylène Farmer !!!

La chaîne Arte Séries permet de voir toute la série, gratos et sans pub sur Youtube !!! C’est ici : Le retour de Jack l’éventreur | Whitechapel Episode 1 Saison 1 | MULTI | @ARTE Séries – YouTube

C’est avec un plaisir qui rendrait presque Toqué jaloux et dubitatif sur ses propres performances, que je me suis jetée sur la série avant de ne plus pouvoir la voir.

Je la recommande chaleureusement à celles et ceux qui ne l’auraient pas encore croisée et suis heureuse d’être contente d’avoir le plaisir de permettre aux autres fans de la série de la retrouver sur le net dans son intégralité.

Évidemment, seule la première saison permet de redécouvrir les détails de l’affaire de Jack l’Éventreur par le truchement de la chasse au copy-cat que ce magnifique flic blond et distingué s’efforce à réussir.

Mais les autres saisons sont aussi une occasion de redécouvrir de vieilles affaires certes moins célèbres, mais dont l’étude attentive pourra donner des pistes pour résoudre d’autres affaires actuelles.

Et puis que serait la vie d’un chef de poste de police sans les petites mesquineries de ses subordonnés, l’inertie des fonctionnaires, les rapports compliqués avec la pègre ou la presse et les magouilles de politique politicienne des supérieurs ?

On y retrouve des visages déjà croisés dans d’autres films ou séries… Des intrigues bien diaboliques, bien amenées, une atmosphère parfois anxiogène qui entretien le suspens… un style visuel bien particulier…

Et on appréciera de retrouver Londres, capitale cosmopolite, et son atmosphère so british…

Anybref, il y a deux séries policières britanniques qui m’ont marquée ces 15 dernières années (je ne parles pas du Sherlock Holmes de la Granada bien plus ancienne et des Enquêtes de Poirot qui ont commencé bien avant) : Le Sherlock de la BBC et Whitechapel d’ITV.

Or donc profitez vite d’aller voir et/ou revoir cette excellente série tant qu’elle est visible ! Vous m’en direz des nouvelles !

 

Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – Tome 4 – Le secret de l’éventail : Serena Blasco et Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – Tome 4 – Le secret de l’éventail

Scénariste : Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (2017)

Résumé :
Mai 1889, Londres.
Enola semble reconnaître sur son chemin Lady Cecily Alistair, accompagnée de deux chaperonnes. La jeune femme, en détresse, confie à Enola son éventail rose qui contient un message codé d appel au secours.

Enola découvre que Cecily est séquestré en attendant son mariage avec Bramwell, son peu aimable cousin.

Enola décide alors de venir au secours de Cecily et elle s aperçoit que son frère Sherlock est investi de la même mission. Mais Enola a bien l intention de mener son enquête seule…

Critique :
Dans cette quatrième aventure, il est question des toilettes pour dame (une nouveauté, le WC publique) et de mariage forcé.

On recroise la route de Cecily Allistair, en mauvaise posture avec une robe qui entrave les chevilles et un message secret, adressé à Enola, à l’aide d’un éventail.

Notre jeune héroïne continue de vivre seule et de se débrouiller, tout en se cachant de ses deux frangins, surtout de Mycroft.

Lorsqu’elle mène son enquête au sujet de miss Allistair, Enola tombera même sur son Sherlock de frère, avec qui elle a plus de points communs qu’avec Mycroft.

Comme toujours, les thèmes abordés dans ce quatrième tome ne sont pas des thèmes faciles, puisqu’ils parlent des conditions de la femme dans la société victorienne, les mariages qui se faisaient souvent entre cousins (avant qu’ils n’arrêtent ces horreurs), les mariages arrangés, les petits boulots des pauvres, les orphelinats…

Les romans ne prenaient pas les lecteurs pour des crétins et abordaient ces thèmes, les adaptations bédés ne dérogent pas à la règle, même si, avec 72 pages, il faille bien tailler dans une partie du récit et des petites histoires qui gravitent autour.

Les relations entre Enola et Sherlock changent doucement, elle lui répond du tac-au-tac, le mettant face à ses propres choix de vie à lui et montrant bien aux lecteurs que les hommes avaient plus de droits que les femmes, à cette époque, notamment dans le fait de pouvoir rester célibataire sans que cela ne choque la bonne société. Pour une femme, c’était trèèèès mal vu.

L’avantage de ces adaptations, c’est que si vous n’avez pas envie de vous lancer dans le roman (230 pages), vous pouvez très bien vous contenter de la bédé, tout en gardant à l’esprit qu’elle est moins complète ! Ou alors, faire comme moi qui ait lu les romans il y a un certain temps et qui ai oublié bien des détails.

De plus, bien que nous soyons dans de la littérature jeunesse, l’autrice Nancy Springer ne prenait pas ses lecteurs pour des demeurés à qui il faut tout cacher en l’emballant dans de la soie rose bonbon.

Non, il n’y a pas d’effusion de sang, de meurtres horribles, ou tout autre chose dans la même veine. Il y a juste des véritables morceaux de société victorienne, dans ce qu’elle avait de moins reluisant, de plus détestable, sans pour autant que les romans sombrent dans le pathos.

L’équilibre entre les deux est maintenu, on reste dans de la littérature jeunesse, on n’entrera pas dans les détails sordides de la société victorienne.

J’avais apprécié les romans, j’apprécie aussi les adaptations en bédé, bien que pas très fan des nez retroussés, mais bon, c’est un point de détail…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°255], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 72 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Shi – Cycle 1 – Tome 3 – Revenge ! : José Homs et Zidrou

Titre : Shi – Cycle 1 – Tome 3 – Revenge !

Scénariste : Zidrou
Dessinateur : José Homs

Édition : Dargaud (2018)

Résumé :
Janvier 1852. Les photos prises dans la maison close ont été récupérées et leurs nouveaux possesseurs n’hésitent pas à s’en servir pour faire chanter les principaux concernés, leur extorquant ainsi d’importantes sommes d’argent qui serviront à de « nobles » desseins.

Quant à Jennifer, elle a été déclarée morte, brûlée dans l’incendie qu’elle aurait elle-même provoqué. Mais il n’en est rien. Personne ne peut arrêter la vengeance une fois qu’elle est en marche.

Plus de place pour la pitié en ce monde. Jay et Kita l’ont bien compris et se salir les mains ne les dérange plus.

Ne restent derrière elles que les cadavres de ceux qui ont eu le malheur de se mettre en travers de leur chemin et l’idéogramme « Shi », symbole de leur haine envers la société.

Critique :
Les hommes de la haute ont été s’amuser au lupanar, ne se contentant pas de relations « plan-plan », mais demandant des plaisirs à la carte, comme se faire fouetter, jouer au chien, avoir des relations avec des gamines impubères, se faire pisser dessus, se faire enfoncer un canon dans le cul…

Ils n’ont jamais vu le petit trou (oups) dans une toile, permettant de prendre des photos, appelées encore daguerréotype (à une époque où l’appareil photo était super rare et pas inclus dans n’importe quel smartphone bas de gamme – je précise pour les plus jeunes qui ne s’imaginent pas ça possible).

Lorsque l’on possède dans ses mains de pareilles photos, c’est assurément une main gagnante et on peut alors leur demander n’importe quoi. L’ancêtre du Revenge Porn, en quelque sorte…

Si je ne cautionne pas les revenge porn, ici, je suis plus tolérante et cela me fait même doucement ricaner (oui, le chantage, ce n’est pas bien, c’est mal).

Les auteurs continuent de nous parler de la ville de Londres, qui, bien qu’étant arpentée par des chevaux et non des voitures, n’en est pas moins extrêmement polluée : vingt-cinq mille chevaux à nourrir et cent tonnes de crottin à ramasser. Après, il faut s’en débarrasser, de la merde, comme de celles des vaches qui donnent le lait super frais aux gens friqués…

Bref, en 1852, Londres est une arche à la dérive. C’est aux pauvres, que l’on exige qu’ils mettent la main à la poche, les riches, les nantis, les hommes au pouvoir peuvent assassiner un pauvre, ce n’est pas grave du tout et une gamine résume bien ce qu’elle pense de tout cela : Dieu est du côté de ceux qui boivent le thé à 17h, la bouche en cul d’poule.

Dans les bas-fonds, il n’est pas recommandé d’aller s’y promener, si vous êtes un richard, car à pas d’âge, les gosses se promènent avec des armes pour attaquer, voler,…

Le ton est toujours empreint de cynisme et j’aime ça. Les auteurs sont lucides, ils ne se privent pas de taper sous la ceinture. Le ton utilisé par les personnages est grinçant, non dénué d’humour, parfois.

Les vengeances de nos deux femmes se mettent en place, on sait maintenant qui fait du chantage aux « galipetteurs », afin d’obtenir de l’argent et pourquoi ; des secrets sont levés ; des révélations sont faites et une horrible trahison termine ce tome 3. Et merde, je n’ai pas le tome 4 sous la main, ce qui me frustre !

L’élément fantastique n’est pas présent dans cet opus, les légendes japonaises autour des Dieux le sont, par contre. C’est de ces légendes, autour des différents dieux, qui sont exploitées par les auteurs et le tout s’incorpore bien dans le récit, pour le moment.

Par contre, cette fois-ci, pas de bond dans le temps pour arriver à notre époque, il faudra attendre pour connaître la suite des mésaventures du marchand de mines anti-personnel.

Un troisième tome qui continue dans la bonne lignée du premier avec un scénario original,  à tiroir et des dialogues soignés.

Le rythme est rapide, sans pour autant que l’on perde pied, les personnages sont tous bien distincts les uns des autres, ils acquièrent un peu plus de profondeur, sans jamais sombrer dans le manichéisme.

Les dessins sont toujours bien exécutés, maîtrisés et les couleurs sont parfaites. Bref, rien à redire, si ce n’est : vivement que je lise le tome 4 !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°253], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes : Gareth Moore

Titre : Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes

Auteur : Gareth Moore
Édition : Hachette Pratique (23/02/2022)
Édition Originale : The Sherlock Holmes casebook and curious puzzles (2022)
Traduction : Laurence Gravier

Résumé :
Affrontez le plus grand des détectives avec cette collection d’énigmes et d’enquêtes aussi diaboliques que divertissantes. Certaines impliquent de la logique, d’autres un œil de lynx et d’autres encore quelques notions de mathématiques.

Utilisez vos pouvoirs de déduction logique et voyez si vous pouvez égaler l’intellect démesuré de Sherlock Holmes.

Non seulement, ce recueil collectionne des énigmes à méditer brillantes et mettant en scène les plus célèbres personnages de l’univers holmésien, mais vous plongerez aussi dans l’ère victorienne grâce aux illustrations originales à la plume et à l’encre de Sidney Paget et George Wylie Hutchinson.

• 200 énigmes à résoudre
• Des heures de divertissement
• Le charme de l’univers holmésien

« Mon esprit se rebelle en stagnation. Donnez-moi des problèmes, donnez-moi du travail, donnez-moi le cryptogramme le plus abstrus ou l’analyse la plus complexe, et je suis dans ma propre atmosphère. » Sherlock Holmes, Le signe des quatre.

Critique :
Bien que je ne sache pas résoudre toutes les énigmes (j’en loupe même beaucoup), je suis incapable de résister à un recueil d’énigmes proposées par le grand Sherlock Holmes !

Dans ce recueil, il y a un peu de tout. Pour certaines, la solution m’a sauté aux yeux, pour d’autres, malgré l’activation de toutes mes petites cellules grises, je n’ai pas réussi à donner la réponse au Maître.

Les énigmes sont mises en scène, l’auteur posant un décor rapide, ainsi que ses personnages, le tout sur une page (certaines énigmes sont très courtes). On peut avoir Holmes et Watson en déplacement pour une enquête, ou Holmes racontant une ancienne enquête à lui.

Ne cherchez pas des cadavres, il n’y en a pas à toutes les énigmes, vous aurez même probablement entendu certaines devinettes ailleurs (plus corsées que « Qu’est-ce qui est jaune et qui attend ? »). Tant mieux, ainsi, vous aurez l’impression d’être l’égal du locataire du 221b, Baker Street.

Les petites illustrations de Sidney Paget et de George Wylie Hutchinson agrémentent ce recueil, assez épais, possédant une belle couverture, douce au toucher.

Par contre, en ajoutant à ce recueil, deux nouvelles de Conan Doyle (Un scandale en Bohème / L’interprète grec), cela donne l’impression qu’on a voulu épaissir le livre de manière frauduleuse.

Soit Holmes n’est pas un inconnu pour l’acheteur et ce dernier a lu l’intégrale de ses aventures (ce sera donc une redite), soit l’achat de ce recueil a été fait pour les énigmes (ou par erreur), mais dans ce cas, les néophytes auraient très pu aller acheter les écrits de Conan Doyle ensuite.

Anybref, ce recueil d’énigmes est à réserver aux personnes qui souhaitent faire travailler leurs petites cellules grises, en compagnie de Watson & Holmes.

Je me suis amusée à tenter de résoudre les différentes énigmes. Mon cerveau étant rouillé, je n’ai pas réussi de manière brillante, mais ceci, on ne le dira à personne. Cela reste un recueil amusant et c’était plaisant de retrouver Holmes et Watson.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°251] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).