Voyage lunaire – Tome 2 – Autour de la lune : Jules Verne [LC avec Rachel]

Titre : Voyage lunaire – Tome 2 – Autour de la lune

Auteur : Jules Verne
Édition : Le Livre de Poche Classiques (2001)
Édition Originale : 1869

Résumé :
Après trois mois d’intenses préparatifs, l’énorme boulet-wagon tiré par un gigantesque canon construit a même le sol de la Floride est enfin lancé vers la lune.

Il emmène a son bord trois hardis voyageurs : l’honorable président du Gun-Club, Impey Barbicane, le capitaine Nicholl et Michel Ardan, un français aventureux Ces trois hommes entendent bien être les premiers à poser le pied sur la lune.

Nos héros risqueront plus d’une fois leur vie. Arriveront t’ils jusqu’à l’astre de la nuit ? Et reviendront t-ils sur terre ?

Ceci est la suite du roman « De la Terre à la Lune » paru en 1865.

Critique :
Bardaf, c’est l’embardée ! Je pense qu’entre Jules Verne et moi, il n’y aura que le Tour du Monde en 80 jours et Michel Strogof pour nous rassembler car pour le reste, je suis une fois de plus passée à côté de ce roman !

Les personnages m’ont amusés au départ, leurs dialogues aussi.

L’aventure était belle et prometteuse : pensez-vous, nous allions vers la lune avant Tintin, un siècle avant Buzz Aldrin et Armstrong, le trompettiste de talent qui gagna aussi 7 Tour de France !

Mais à un moment donné, les détails techniques m’ont soûlé ! Bon sang, qu’est-ce que j’en avais marre de toutes les descriptions de chaque morceau de Lune, de ses reliefs…. Mais putain, on s’en fout !

Là, ça m’a achevé et j’ai eu envie de boire pour oublier ma déconvenue.

Si le départ était encore plaisant, ensuite, cette lecture fut laborieuse et sans ces sauts dans le récit, elle aurait pu être aussi longue que si j’avais pédalé entre la Terre et la Lune.

Alors, comme dans l’île mystérieuse, j’ai sauté, j’ai fait des bons comme j’en aurais fait sur une planète où la gravité est moins importante que sur la Terre et j’ai tracé ma route jusqu’à la fin…

Je ne me permettrai pas de me gausser pas sur invraisemblances techniques, à l’époque de sa parution, nous étions à 100 ans du premier pas sur la Lune et il faut tout de même saluer le talent visionnaire de Verne.

Bon, ce n’est pas encore avec ce roman que Rachel et moi allons nous trouver un coup de cœur livresque en commun autre que ceux que nous avons déjà. Va encore falloir creuser un peu pour en trouver d’autres.

Justement, Rachel m’a parlé d’un certain capitaine Hatteras et de ses aventures… Qui sait, ça pourrait marcher ?

Pour aller au lit moins bête : En dépit de ses invraisemblances et de ses erreurs (lancement par un canon, pesanteur présente sauf au « point neutre », etc.), le roman s’est avéré étonnamment prémonitoire par rapport à la mission Apollo 8 : l’initiative du voyage dans la Lune a bien été prise par les Américains, le départ de la mission américaine a eu lieu à Cap Canaveral, à quelques centaines de kilomètres seulement de l’endroit choisi par Verne en Floride, non pour les raisons qu’offre l’auteur, mais parce que la vitesse supérieure de rotation de la terre à cet endroit y est plus favorable.

Il y a bien eu trois astronautes à bord de la capsule et la mission a duré un peu moins d’une semaine, comme celle de Michel Ardan et ses amis.

Enfin, au retour, l’engin se retrouve dans l’océan après avoir effectué un contournement lunaire.

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Prime Time : Jay Martel

Prime Time - Jay Martel

Titre : Prime Time

Auteur : Jay Martel
Édition : Super 8 (2015)

Résumé :
À l’insu de ses habitants, la Terre est depuis des décennies le programme de télé réalité le plus suivi de la galaxie.

Tous se régalent depuis longtemps des aventures des Terriens, ces êtres primaires, aussi stupides qu’arrogants, qui, à force de guerres, de pollution, de décisions irrationnelles, s’approchent chaque année un peu plus de l’autodestruction.

Leurs aventures sexuelles, religieuses, politiques ont souvent été irrésistibles. Puis, peu à peu, l’audience s’est mise à chuter. Les spectateurs se sont lassés. Inutile d’épiloguer : vous faites partie du spectacle, après tout, vous savez ce qu’il en est.

Aussi les producteurs ont-ils décidé d’arrêter les frais. Et ils préparent en secret un dernier épisode destiné à marquer durablement les esprits : la fin du monde, prévue dans trois semaines.

Un seul homme, bien malgré lui, va avoir la possibilité de sauver la planète. Scénariste has been un peu déplumé et travaillé par une libido dévorante, Perry Bunt va en effet lever le voile sur la conspiration.

Hélas pour nous, il n’a pas grand chose d’un héros !

50astro13-5_Pleine_Lune_maxiCritique : 
Me voici face à un nouveau paradoxe au moment d’écrire ma critique d’un roman : j’ai bien aimé, mais…

Le bandeau-titre disait « Hilarant » et je n’ai « hilaré » (néologisme) autant que ça. Quelques sourires, sans plus.

Oui, c’est loufoque, drôle à la limite, mais de là à hurler de rire, non.

Si le pitch est intéressant et bien raconté, il y a quelques longueurs qui auraient pu être coupées au montage sans nuire au récit… Ajoutons que j’ai trouvé certains dialogues un peu simplistes et plats. Traduction ?? I’don’t know…

Le côté moralisateur, en ce qui concerne les travers de l’Homme, était parfois un peu poussé, même si je suis la première à dire que l’Humain est souvent un Crétin et responsable des situations qu’il créé lui-même avant d’accuser l’Autre.

Ce roman SF est en fait une satyre de notre société et des médias que nous consommons en masse, médias qui nous manipulent et nous qui nous laissons faire, tels des veaux en route vers l’abattoir.

Je me suis toujours demandée qui était le pire : les gens qui participent à de la soit-disant télé-réalité ou à ceux qui regardent ces émissions avec des étoiles pleins les yeux ? Pour moi, ce sont les deux.

Quand la télé en arrive à filmer des gens devant leur télé et que des spectateurs regardent ces même gens devant leur télé, on peut se dire qu’on a touché le fond, non ? Vous suivez toujours ?

Le pays peut bien s’enfoncer dans l’ignorance et dans l’apathie, la Terre peut bien se consumer dans ses propres émanations, l’expansion de l’univers peut bien se résoudre dans le néant, tout ce qu’on veut savoir c’est : qu’est-ce qu’il y a ce soir à la télé ?

Ici, l’auteur se plait à critiquer notre société humaine mais aussi les médias et leur course – à n’importe quel prix – à l’audimat au travers du peuple des Édénites, cette société d’extra-terrestres qui ont fait de la Terre un programme de télé-réalité.

Une réelle prospérité, une foi religieuse particulièrement affirmé, une législation très souple en matière d’armes à feu: tout concourait à ce que ce soit aux États-Unis que se déroulent les programmes de Channel Blue qui marchaient le mieux. Oui, c’était un pays où le gouvernement assassinait des gens parce qu’ils assassinaient des gens et déclenchaient des guerres pour empêcher que des guerres ne se déclenchent.

Cette société plus évoluée que nous, qui a banni les embrassades à pleine bouche, l’amour, le coït, le sexe, les touches-pipi, les crimes, les défauts, les croyances, la fonction d’uriner, de déféquer et qui ne se reproduit plus que par fécondation extra-utérus; s’emmerde à fond et n’a d’autre choix que de se gaver des milliers de programmes de télé-réalité fait à l’insu de certaines planètes.

Ça se dit évolué, mais ça vit devant un écran de télé… Trouvant bien entendu que nous sommes des pauvres terricules avec des comportements bestiaux. Fatalement, nous, on baise encore, on se tue et on s’entretue…

Tiens, à un moment, avec leurs questions à la con pour ce pauvre Perry Bunt – le gars qui essaie de sauver la Terre – ils m’ont fait penser à nos explorateurs qui, découvrant d’autres civilisations, les cataloguaient de primitives parce qu’ils ne faisaient pas les mêmes choses que nous.

Un roman amusant, plaisant, mais qui ne restera pas dans mes annales (pas oublier les deux « n »).

La satyre n’était pas mal, la critique de la société était bonne mais elle était servie par une écriture un peu plate, des rebondissements un peu trop nombreux avec trop de retournements de situations et le roman aurait été plus court qu’il en aurait gagné.

Amusant mais rien d’excitant.

Par contre, j’ai bien aimé le final et le clin d’œil de l’arroseur arrosé.

Étoile 2,5

Le « Challenge US » chez Noctembule.