Blacksad – Tome 3 – Âme rouge : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 3 – Âme rouge

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2005)

Résumé :
John Blacksad s’ennuie dans son nouveau rôle de garde du corps d’un parvenu flambeur. Heureusement, on peut toujours compter sur le destin qui vous met dans les pattes de vieilles connaissances pour vous sortir du ronronnement du quotidien et de nouvelles rencontres pour éviter de vous empâter.

En cette période de guerre froide, certains ont tendance à voir rouge et l’atome a des odeurs de soufre.

Critique :
Le nucléaire est-il une bonne affaire ? Pour nous éclairer, c’est pas si mal (hormis les déchets et les dangers des centrales qui fuitent).

Ici, on parle plus du nucléaire en tant qu’arme absolue à envoyer sur la gueule des ennemis afin qu’ils se taisent pour toujours et à jamais.

Blacksad, qui s’emmerdait à jouer le garde du corps pour un milliardaire, va mettre, une fois de plus, ses coussinets dans une affaire puante, le tout sur fond de traque aux communistes.

Comme pour les deux premiers, les dessins sont léchés (normal avec des chats et des chiens), les couleurs chaudes, vivantes, qui mettent en valeur l’excellent travail du dessinateur Guarnido.

La Guerre Froide n’est pas une guerre qui aurait lieu en Antarctique, c’est encore pire car elle a opposé deux grandes puissances et à fait frémir la Terre entière.

C’est sur ce sujet que les auteurs vont se baser pour ce troisième opus de John Blacksad, en y ajoutant la chasse aux sorcières et les fameuses listes où se trouvaient inscrits des noms d’écrivains, de cinéastes, scénaristes… Le maccarthysme était une saloperie de maladie.

Le ton est toujours un peu ironique, cynique et en 56 pages, les auteurs arrivent à tout caser sans que l’on ait l’impression d’avoir été grugés ou que tout ait été scénarisé en accéléré.

Comme toujours, personne n’est tout blanc ou tout noir, certains ont des péchés horribles sur le dos et ont tenté de se racheter, de faire le bien… Faut-il leur en vouloir de leurs erreurs passées ? Les bonnes actions rachètent-elles les fautes impardonnables ? Ces erreurs, d’autres personne n’auraient-elles pas pu les faire, elles aussi ?

Ces questions, vous y répondrez vous même, en âme et conscience (ou vous n’y répondrez pas car il n’est pas facile de se prononcer définitivement) après avoir lu ce troisième album de Blacksad qui, sans atteindre l’excellence des deux premiers, n’en reste pas moins un excellent album.

En tout cas, des certitudes, je n’en ai pas, je cherche toujours la bonne réponse. Ma seul certitude c’est qu’il est plus que conseillé de lire Blacksad.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°03], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°72].

Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 2 – Arctic-Nation

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2003)

Résumé :
Oldsmill, le maître de la ville, est un tigre blanc.
Karup, le chef de la police, un ours blanc.
Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant).

Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille.

Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai nœud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui est Weekly, le reporter d’un magazine à scandale, un fouille-merde qui sera utile à John.

Et ça vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte…

Critique :
Le premier tome de Blacksad sentait bon le polar hard-boiled à l’ancienne (nous sommes dans les années 50) et avait tout d’une grande bédé.

Le tome 2 grimpe encore plus haut et crève le plafond et explose la cotation.

Hard-boiled, il l’est toujours, mais en lieu et place d’une enquête « classique », on met les pieds dans l’auge puante (et j’insulte les cochons) du ségrégationnisme, du racisme, des encagoulés du KKK et des bas de plafond des WASP (le banc anglo saxon et protestant).

Bienvenue dans le quartier de The Line, bienvenue chez la racaille des Claws, bienvenue aussi chez les suprémacistes d’Artic Nation, ceux qui viennent du froid et qui sont plus Blancs que Blancs que même les poudres à lessiver Dash/Dixan vont leur coller un procès tellement qu’ils sont Blancs.

Si au départ on pense à une enquête classique sur la disparition d’une jeune gamine Noire, restez sur vos gardes car il n’en sera rien et le scénariste sait non seulement monter une histoire qui tient la route mais en plus, il sait comment nous trouer le cul à la fin de son album. J’adore me faire entuber de la sorte.

Le dessinateur Juanjo Guarnido me donne envie d’acheter des ex-libris de Blacksad tant ses dessins sont sublimes, magnifaïïïïks, géniaux (et faudra aussi que j’achète un dico car les superlatifs comment à manquer).

Lorsque je lis (que je dévore goulûment) Blacksad, j’ai l’impression de regarder un vieux film des années 50, un bon vieux polar à l’ancienne, avec des atmosphères à la Bogart. Les dialogues, eux, sont toujours ciselé au scalpel, rempli de cynisme et de sarcasmes. J’adore !

Surtout qu’une espèce de fouine (une belette ?) a fait son entrée aux côtés de Blacksad : le journaliste surnommé Weekly qui ne manque pas d’humour.

L’anthropomorphisme est toujours bien réalisé à tel point que l’on oublie que l’on a affaire à des animaux qui souffrent des mêmes tares que les Humains.

Blacksad, c’est sobre, soigné, c’est intelligent, c’est fin, bref, je me demande pourquoi je n’ai pas lu cette série plus tôt. Avantage, je la découvre avec encore plus de plaisir et là, elle a sa place sur les plus hautes étagères de ma biblio, là où je classe le Graal de la bédé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°261], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°58], le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) [N°20  Une bd récompensée] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

  • 2003 : prix spécial du jury au festival de Sierre;
    • Prix Saint-Michel du meilleur album francophone pour Arctic-Nation.
  • 2004 : prix du public et Prix du dessin au Festival d’Angoulême pour Arctic-Nation ;
    • Prix Virgin du meilleur album pour Arctic Nation.
  • 2005 : Prix Harvey du meilleur album original pour Arctic-Nation;
    • prix Virgin du meilleur album pour Arctic-Nation.

Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombres : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 1 – Quelque part entre les ombre

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2000)

Résumé :
Par un moche matin couleur sépia, Blacksad, détective privé de son état – ou  »fouille-merde » selon certains – est appelé par le flic Smirnov pour reconnaître un cadavre.

Il reconnaît : c’est Natalia Wilford, une actrice avec qui il a vécu jadis la plus heureuse époque de sa vie. En bon flic, Smirnov lui conseille de garder le museau hors de cette affaire.

En bon fouille-merde, Blacksad ne suit pas ce conseil avisé : un salaud a tué une femme et, par la même occasion, ses meilleurs souvenirs. Il va payer.

Critique :
Je sais, je sais… Il m’en aura fallu du temps pour découvrir Blacksad !

Croyez-moi, j’ai honte de ne pas m’être penchée plus tôt sur cette bédé dont tout le monde avait parlé à l’époque, pour n’en dire que du bien…

C’est sur le tard que je viens de découvrir le premier tome et je me suis pris un uppercut dans la gueule pour plusieurs raisons.

La première concerne les graphismes ! Ce sont de véritables œuvres d’art, tant au niveau du coup de crayon de Juanjo Guarnido mais aussi en ce qui concerne les couleurs.

C’est bien simple, dès la première case aux tons sépia, on est subjugué et on se demande si on ne va pas rester de longues minutes à examiner la case pour apprécier le luxe de détails.

Le dessinateur a aussi réussi à rendre vivants les personnages qui ont des têtes d’animaux sur des corps humains (avec la carrure qui va avec), mais, encore plus fort, à les rendre tout à fait réaliste, poussant le vice jusqu’à leur donner la tête de l’emploi (le rat espionne, le gorille boxe, le chien commissaire).

Le chat étant curieux de nature, c’est à un élégant chat noir qu’incombe le rôle de détective privé. Oubliez votre gentil minou tout câlinou, John Blacksad n’est pas une boule de poils ronronnante !

Tout comme pour les autres personnages, ses expressions sont étudiées, soignées et parfaitement restituées.

L’enquête est classique mais ses ramifications vont plus loin que l’on aurait pu le penser au départ et elle nous fera entrer dans un monde de corruption, de violence, de meurtres gratuits… Bref, c’est glauque, poisseux et on adore ! Un détective hard-boiled comme au bon vieux temps de Dashiell Hammett et ses pairs.

Si vous n’avez pas encore découvert Blacksad, je vous conseille de vous la faire prescrire par votre libraire dealer et pas en version homéopathique mais en injection directe. L’abus de Blacksad n’est pas nuisible pour la santé (l’abus de bédés non plus).

Blacksad, une merveille graphique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°257], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°57], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 48 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Le Ciel à bout portant : Jorge Franco

Titre : Le Ciel à bout portant

Auteur : Jorge Franco
Édition : Métailié (16/01/2020)
Édition Originale : El cielo a tiros (2018)
Traduction : René Solis

Résumé :
Si une des grandes questions de la littérature est comment “tuer” le père, que faire quand son propre père a été le bras droit de l’un des plus grands assassins du pays ?

Larry arrive à Medellín douze ans après la disparition de son père, un mafieux proche de Pablo Escobar.

À son arrivée, ce n’est pas sa mère, l’ex-Miss Medellín, qui l’attend, mais Pedro, son ami d’enfance, qui vient le chercher pour le plonger dans l’Alborada, une fête populaire de pétards, de feux d’artifice et d’alcool où tous perdent la tête.

Larry retrouve son passé familial et une ville encore marquée par l’époque la plus sombre de l’histoire du pays. Il ne pense qu’à fuir son enfance étrange liée au monde de la drogue. Mais il cherche aussi une jeune fille en pleurs rencontrée dans l’avion et dont il est tombé amoureux.

Entrecroisant des plans différents, Jorge Franco, étonnant de maîtrise narrative, fait le portrait de la génération des enfants du narcotrafic, qui sont de fait les victimes de leurs pères, et nous interroge sur l’importance de la mémoire pour que l’histoire ne se répète pas.

Une construction impeccable et des personnages ambigus et captivants : un roman qui ne vous laisse aucune trêve et qu’on dévore, fasciné.

Critique :
Larry aurait pu avoir pour père un cassos, il a eu un narcos… Un proche de Pablo Escobar et il ne s’occupait pas de beurrer les tartines.

Dans les deux cas, il est très difficile de sortir de sa condition, elle vous colle à la peau, vous êtes « le fils de… » et si quand Escobar était le chef, tout allait bien pour vous, une fois qu’il s’est fait descendre, la vita di merda a commencé.

La construction narrative de ce roman noir n’est pas linéaire, mais elle est constituée de trois récits à des époques différentes : celui de Larry qui revient en avion à Medellín ; ce qu’il se déroule maintenant depuis son retour et enfin, ses souvenirs de jeunesse, lorsque son père était un proche d’Escobar et ce qu’il s’est passé quand le chef fut abattu le le 2 décembre 1993.

Est-ce que la ville a changé depuis qu’Escobar est mort ? Oui et non… Mais si l’on gratte un peu, si l’on se donne la peine de regarder de plus près, on se rend compte que tout compte, pas grand-chose n’a changé, même si, vu d’ici, les apparences donnent à penser que oui.

Le récit de Larry est intéressant au plus haut point car il met en avant les hypocrisies des uns, les amis d’avant qui vous lâchent ensuite, ceux qui avaient peur et qui se déchaîne, maintenant que la Bête est morte.

Notre narrateur n’est pas tendre, appelle un chat « un chat » et si la violence n’est pas très présente dans ce récit, on la sent tapie non loin, prête à surgir, en tapinois. Elle est plus suggérée que mise en scène.

Les blessures de Larry sont profondes et en Colombie, il lui est difficile d’échapper à son statut de « Fils de Libardo », alors qu’à Londres, il se fond dans la masse, anonyme.

Comme Larry qui tombe de sommeil et qui aimerait dormir de tout son soûl mais qui en sera empêché par moult personne, le lecteur n’aura pas le temps de s’embêter, sans pour autant que le récit aille à cent à l’heure. C’est juste qu’il est intéressant à lire, de par la multitude des portraits des personnages et dont aucun n’est sans consistance. Mention spéciale à la mère le Larry, ex-Miss Medellín, à qui ont a envie de coller des baffes bien souvent.

Sans en faire trop, l’auteur nous immerge totalement en Colombie, à Medellín, grâce à ses personnages travaillés qui seront nos guides dans le présent et le passé et qui, au travers de leur récit, de leurs souvenirs, tenterons de nous expliquer ce qu’est la ville de Medellín, la Colombie et ses habitants.

Tragique mais poétique car l’écriture, sans être excessive, était d’une justesse que j’ai apprécié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°245] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Il faut flinguer Ramirez – Tome 2 : Nicolas Petrimaux

Titre : Il faut flinguer Ramirez – Tome 2

Scénariste : Nicolas Petrimaux
Dessinateur : Nicolas Petrimaux

Édition : Glénat (04/12/2020)

Résumé :

Qui parviendra à flinguer… la rockstar du S. A. V. ? Falcon City est en émoi. Le lancement du Vacuumizer 2000 s’est transformé en une scène de crime macabre. L’inspecteur Eddy Vox est persuadé que le coupable n’est autre que Jacques Ramirez, un salarié de la Robotop fraîchement nommé « employé de l’année ».

Quant aux hommes du cartel de Paso del Rio, ils n’ont pas dit leur dernier mot… C’est avec l’aide inattendue de deux célébrités en cavale que Ramirez parvient à leur fausser compagnie ! Alors qu’il avait planifié un week-end mémorable à Stone Creek, il se retrouve embarqué bien malgré lui dans une chasse à l’homme aussi explosive que pittoresque.

L’occasion idéale pour régler certains conflits familiaux et profiter des richesses qu’offrent l’Etat d’Arizona. Dans ce décor majestueux, nombreux sont les candidats qui courent après Ramirez.

918vlpedlolCritique :

Enfin la suite des aventures trépidantes de Ramirez, le roi du S.A.V, poursuivi par des tueurs sanguinaires et en cavale avec deux braqueuses de banque.

Le tome 1 nous laissait sur un suspense insoutenable mais avec déjà un fragment de réponses quand au fait que notre Jacques Ramirez, paisible employé muet du S.A.V de la société d’aspirateurs Vacuumizer 2000 était considéré par des membres d’un cartel comme un dangereux tueur.

De l’humour, de l’action, encore de l’action et toujours de l’humour pour cette bédé où je conseille à tous et toutes de tout lire ! Même les pubs de lancement pour un film, même les annonces de pub pour des aspirateurs… TOUT, lisez-tout, nom d’un aspirateur à l’obsolescence programmée !

Oui, dans cette bébé géniale, on a des coupures pubs, mais c’est pour la bonne cause parce qu’elles sont drôles, singeant notre monde, disant tout haut ce que les publicitaires (et les vendeurs) n’oseraient pas dire tout bas : obsolescence programmée, garanties plus que limitées, malbouffe, empreinte carbone excessive et j’en passe.

Bref, vous l’aurez compris, dans cette bédé, l’humour est décalé et le second degré est nécessaire pour apprécier toutes les subtilités, d’ailleurs, il est noté dans l’album que des situations peuvent avoir recours au degré N°2. Sans cette disposition, vous risqueriez de ne pas apprécier l’affaire.

L’auteur n’est pas vache, il répond à une partie de nos questionnements et nous en apprend un peu plus sur son personnage principal, Jacques Ramirez, qui entre nous, n’a sans doute pas fini de nous étonner.

Les couleurs sont toujours dans les tons chauds, les dessins, même s’ils offrent des gros nez à certains personnages, sont dynamiques et les scènes de baston ne sont pas statiques, figées, comme parfois j’ai déjà vu, mais ici, c’est dynamique !

D’ailleurs, impossible de lâcher l’album avant d’avoir tout lu, la moindre page, la moindre pub, les imbécilités de fin d’album, non, je n’ai pas sauté une seule ligne, une seule lettre.

C’est fun, décalé, bourré d’humour, d’action, de suspense, de flingues, de balles qui partent dans tous les sens, de cadavres semés à tous les vents et de révélations sur le passé de certains personnages. Lire cette bédé, c’est ouvrir la porte d’un autre monde, un monde des années 80, sans covid, sans masques, sans papiers de sortie à se signer soi-même.

Une bouffée d’air frais, voilà ce que c’est ! Elle sent peut-être la poudre et l’essence qui brûle, mas on s’en fout, tant qu’on ri et que l’on passe un super bon moment de lecture, non ?

Je ne sais pas ce que vous foutez encore devant vos écrans qui vont vous abîmer les yeux au lieu d’être en train de courir vers le dealer de bédés le plus proche pour acquérir ces deux petits bijoux que sont ces deux tomes.

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°222].

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Thrillers polars 06

Sang Chaud : Un-Su Kim [LC avec Rachel]

Titre : Sang Chaud

Auteur : Un-Su Kim
Édition : Matin Calme (09/01/2020)
Édition Originale : Hot Blooded (2010)
Traduction : Kyung-ran Choi et et Lise Charrin

Résumé :
Huisu, homme de main pour la mafia de Busan, atteint la quarantaine avec pas mal de questions.

Jusque-là, il n’a vécu que pour les coups tordus, la prison, les exécutions, tout ça pour se retrouver dans une chambre minable, seul, avec pour horizon des nuits passées à dilapider son argent au casino. il est temps de prendre certaines résolutions… avec un solide couteau de cuisine dans son poing serré.

Critique :
♫ Parla più piano e nessuno sentirà ♪ Il nostro amore lo viviamo io e te ♫ ♪Nessuno sa la verità, Nemmeno il cielo che ci guarda da lassù. ♪

Avec la mafia, même Coréenne, il vaut mieux parla più piano (parler moins fort) e nessuno sentirà (personne n’entendra).

Si Séoul peut-être comparé à Paris, Busan pourrait être l’équivalence d’un Marseille avec son port qui est d’une importance capitale.

On a beau être au pays du matin calme, à Busan, les habitants ont le sang chaud et dans le quartier mal famé et sordide de Guam (qui n’existe pas en vrai).

Nous sommes dans les années  90. Les habitants tirant tous et toutes le diable par la queue, la prostitution et les trafics en tous genre sont légions. Ils sont bien souvent les seuls moyens de survie ou de quoi mettre un peu de beurre dans les épinards.

Pourtant, malgré les trafics, les gens sont souvent perclus de dettes et les taux d’intérêts dépassent souvent la dette en elle-même. Dès que l’on contracte une dette, on se retrouve pieds et poings liés pour la vie, impossible de s’échapper.

Oui, ce roman noir, c’est un peu la version Coréenne du Parrain : plusieurs clans règnent sur les trafics, sur les quartiers, mais la plupart des chefs n’ont pas de sang sur les mains, comme le père Sohn, le chef de Huisu. Pas parce qu’il est tendre et bon, juste parce qu’il délègue ce genre de choses à d’autres, comme Huisu.

Au début du récit, tout semble calme et paisible dans le petit monde des mafiosi coréens, on se salue, on fait des courbettes, on mange ensemble, on se tape parfois dessus, mais juste avec les poings, rarement avec des armes à feu… Mais faut jamais jurer de rien, après le soleil, la tempête peut arriver.

Ce roman noir, c’est une carte postale sombre de la Corée du Sud, l’envers du décor, les coulisses sordides des trafiquants, des jeux de pouvoir, des guerres du trône, des trahisons, des coups fourrées, de couteau à sashimi planté dans le ventre ou dans le dos.

Au départ, je me suis un peu perdue dans cet univers, j’ai mélangé les noms, j’ai un peu galéré avant de me sentir à mon aise dans ces pages. Et puis, je me suis attachée à Huisu, au père Sohn et à différents personnages.

L’auteur leur a donné du corps mais surtout une âme, des sentiments, des questions existentielles, des doutes, une conscience, des sentiments… Non, nous ne sommes pas face à des truands méchants, stéréotypés et sans nuances. Ce sont des êtres humains et ils sont soumis aux mêmes questionnements que tout le monde, à des emmerdes, à des trahisons… Ok, nous, dans les bureaux, on ne règle pas nos problèmes avec des couteaux…

Un polar noir qui a tout d’une tragédie, une tragédie qui arrive doucement, qui prend son temps pour se mettre en place car l’auteur ne se dépêche pas et pose toutes les bases de son récit, de ses personnages, de ses décors afin que l’on s’immerge en douceur dans ce monde que nous ne connaissons pas vraiment.

C’est sanglant, meurtrier, violent et sans concession. Les mafiosi, qu’ils soient italiens ou coréens, ce ne sont pas des Bisounours… Un roman à découvrir avec l’esprit bien ouvert et un petit papier afin de noter certains noms et ne pas se tromper ensuite. Une belle plongée dans le monde de la mafia du pays du matin calme.

Un polar noir qui m’a donné envie de ne plus manger QUE des poissons végétariens et plus des carnivores… Je vous laisse deviner pourquoi… Mais au moins, je salue l’esprit de recyclage des truands coréens. On n’y pense pas assez souvent.

Un grand merci à Rachel de m’avoir proposé cette LC Coréenne (on y est abonnés, aux auteurs Coréens) car cela faisait longtemps que je voulais découvrir ce roman policier dont tout le monde avait beaucoup parlé en début 2020 (la blogo). Pour connaître son avis, suivez le lien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°216].

Commissaire Montalbano – 02 – Chien de faïence : Andrea Camilleri

Titre : Commissaire Montalbano – 02 – Chien de faïence

Auteur : Andrea Camilleri
Édition : Pocket Policier (2004)
Édition Originale : Il cane di terracotta (1996)
Traduction : Serge Quadruppani

Résumé :
Tano u grecu, important mafieux menacé par ses pairs, décide de se livrer au commissaire Montalbano, mais il est abattu par ses anciens complices en même temps que deux policiers.

Avant de mourir, il a révélé l’existence d’une importante cache d’armes dans une grotte aux environs de Vigàta.

Bientôt le cadavre d’un employé municipal vient s’ajouter à la liste. L’affaire ne s’arrête pas là : dans l’arrière-fond de la grotte, on trouve les corps de deux amants s’étreignant dans la mort.

Touchant ! Troublant, surtout, ce chien de faïence qui semble monter la garde devant les défunts.

Critique :
Autant où je n’ai jamais adhéré à la série policière tirée des romans, autant j’adore lire les enquêtes du commissaire Montalbano !

Montalbano n’a rien d’un commissaire énergique et charismatique, aux premiers abords… Il a un sale caractère, est égoïste, estime qu’il doit être le seul à réfléchir et mener ses enquêtes comme il l’entend lui.

Incapable de s’engager, avec sa copine Livia, il s’amuse à faire un pas en avant et deux en arrière.

Oui, lorsqu’on découvre le commissaire Montalbano, on aurait envie d’aller voir ailleurs s’il n’y est pas. Pourtant, ce serait une grave erreur car les romans de Camilleri sont des petits plats qui se dégustent avec voracité, en se léchant les doigts à la fin du repas.

Les atouts de Montalbano, faut les mériter, il ne se livre pas ainsi à la première rencontre, faut creuser un peu, mener son enquête et on se rendra compte qu’il peut être bienveillant à l’égards de certains et impitoyable envers ceux qui l’ont titillé un peu de trop près. Il a un humour bien à lui et adore faire bonne chère.

Comme souvent, on pourrait croire que l’on a affaire à une affaire banale : on cambriole un magasin et on retrouve le camion garé tranquille sur le côté, avec toutes les marchandises dedans. Une blague ? Bizarre car ensuite personne n’a crié « Surprise sur prise ! ».

Et puis, en plus de cette affaire de blague louche, on a la mafia qui rôde, des plans foireux qui foirent, des cavernes d’Ali Baba qui cachent non pas des trésors, mais des énigmes vieilles de plus de 50 ans.

La force de Montalbano ? Son entêtement, son obstination, son indépendance et son équipe de flics prêts à tout pour lui, qui sont plus des amis que des subordonnés, même que l’un d’entre eux n’a pas le gaz à tous les étages… Catarella, le genre de type que personne n’embaucherait et que personne ne garderait si jamais il l’avait engagé.

Si Montalbano demandait à Caterella, responsable du standard téléphonique, d’aller voir dans son bureau si, par hasard il n’y était pas, vous pouvez être sûr que ce grand crétin de Caterella irait vérifier de suite, en courant, même… Quel imbécile ! Il pourrait téléphoner dans le bureau du commissaire, ce serait plus rapide !

Anybref, une fois de plus, avec Montalbano qui enquête, on pense toujours que ce n’est rien de grave alors qu’en fait, c’est bien plus profond que ce qu’il y parait. Notre commissaire n’a jamais sa langue en poche et s’il y a des hypocrisies à dénoncer, il ne se prive jamais de l’ouvrir en grand.

Comme Montalbano a une grande gueule, il a aussi un grand estomac et moi, je rêve toujours d’aller manger au San Calogero… Et quand il mange, il n’y est pour personne…

Sauf que dans sa tête, ça n’arrête jamais de penser et quand notre commissaire veut résoudre un mystère, il y va, tant pis si le meurtrier est sans doute décédé depuis des lustres, lui, il veut juste comprendre !

Une fois de plus, c’est un beau voyage en Sicile que je fis avec mon commissaire préféré, Montalbano, qui, au niveau de ses petites cellules grises, n’a rien à envier à Hercule Poirot et qui ne laisserait jamais son estomac de côté durant une enquête, comme Sherlock Holmes (le canonique).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°206] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°32].

My home hero – Tome 1 : Naoki Yamakawa & Masashi Asaki


Titre : My home hero – Tome 1

Scénariste : Naoki Yamakawa
Dessinateur : Masashi Asaki

Édition : Kurokawa Seinen (19/01/2019)
Édition Originale : My Home Hero, book 01 (2017)
Traduction : Nabhan Fabien

Résumé :
Que seriez-vous prêt à faire pour sauver la vie de votre enfant ?! Je ne suis qu’un pauvre type qui aimerait pouvoir se dégonfler au point de disparaître…

Tetsuo est un modeste père de famille qui se passionne pour les romans policiers. Il découvre un jour des traces de coups sur le visage de sa fille qui vient à peine de quitter le foyer familial pour vivre seule. Tetsuo retrouve rapidement le coupable et le suit.

Sans savoir que cela le mènera à commettre un crime qui changera pour toujours la destinée de sa famille. Mais pour le bien de sa fille, ce papa fait le choix de la lutte …

Critique :
Un manga seinen qui parle de yakuzas, de mafia, de gans, de meurtres, de découpage de cadavre et qui arrive à me faire rire… Étonnant, non ? Et pourtant, comme le disait une actrice connue « Je ne suis pas folle, vous savez ».

Tetsuo est un modeste père de famille, le genre de papa gâteau qui fait tout pour sa fille, qui la couve, que cherche à la voir, à passer des moments avec elle.

À ses heures perdues, il écrit des polars. Rien de prétentieux, il s’inspire beaucoup de ce qu’ont déjà écrit les autres.

Et alors que tout semblait bien aller dans sa ville monotone et tranquille, le voilà avec un cadavre sur les bras, à se demander comment faire pour s’en sortir et s’en débarrasser.

Bourré de situations cocasses et d’humour noir, ce manga m’a fait découvrir des choses intéressantes, notamment comment se débarrasser le plus facilement possible d’un corps. Par certains aspects, j’ai pensé à un épisode de la série Breaking Bad où Walter White doit lui aussi réduire un cadavre à l’état le plus liquide possible.

En prenant ce manga au second degré, il me fut plus facile d’accepter que notre pauvre homme de 47 ans, le genre d’homme tranquille qui ne sera jamais le meneur d’un groupe, ait su trouver toutes les astuces pour liquéfier le corps dans la baignoire et rapporter ensuite les restes dans une sorte de doggy bag valise.

Notre Tetsuo n’a rien d’un super héros, ni d’un mec couillu, il est monsieur-tout-le-monde, mais je me demande combien réussirait cette mission sans craquer, sans foirer le truc, sans rien oublier… Tetsuo est à deux doigts de craquer, il a la trouille de sa vie mais il y arrive, lui !

Le tout sous la compréhension absolue de son épouse qui va l’aider et sous le regard un peu absent de sa fille qui ne se rend pas compte de ce que ses parents sont en train de faire pour elle et qui me semble fort apathique. Limite à baffer, la fille !

En tout cas, dans ce manga, on ne voit pas le temps passer, le rythme est assez élevé, sans pour autant aller trop vite et le mangaka nous évite les scènes les plus gores. L’humour noir est présent, les situations cocasses font sourire, il y a du suspense et on se demande bien comment cette petite famille va s’en sortir avec les yakuzas.

J’ai bien envie de poursuivre avec le tome suivant, lorsque je l’aurai acheté, pour voir comment ce manga va évoluer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°204] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°30].

Il faut flinguer Ramirez – Tome 1 : Nicolas Petrimaux

Titre : Il faut flinguer Ramirez – Tome 1

Scénariste : Nicolas Petrimaux
Dessinateur : Nicolas Petrimaux

Édition : Glénat (30/05/2018)

Résumé :
Jacques Ramirez est l’exemple parfait de l’intégration des personnes handicapées dans le milieu professionnel.

Le fait d’être muet ne l’a pas empêché de devenir le meilleur technicien chez Robotop, le leader de l’aspiration des poussières.

Ponctuel, efficace et aimable, son nom a même été avancé pour recevoir le titre d’employé de l’année (chut, ce n’est encore qu’une rumeur).

Par contre, le cartel mexicain de la drogue l’a dans le collimateur et un contrat court sur sa tête.

Critique :
Pour ceux et celles qui aiment les bédés qui ne manquent pas d’action, d’humour, qui sont totalement barrées en plus d’être supercool, celle où il faut flinguer Ramirez est parfaite pour subvenir à leur bonheur littéraire.

Mais qui est ce Ramirez, au fait ? C’est LE meilleur employé du S.A.V de Robotop (Arizona), une société spécialisée en aspirateurs pour les ménagères de moins de 50 ans.

Il est muet, discret et souffre-douleur de son chef, sorte de petit dictateur beuglant sur tout le monde, sauf sur le directeur, bien entendu.

Problème : un cartel mexicain veut sa tête car il leur a joué un coup de tepu il y a quelques années.

Est-il bien celui qu’il dit qu’il est ? Enfin, non, il ne peut pas le dire, il est muet, mais bon, on s’comprend ! A-t-il une double vie ou est-il victime d’une énormissime erreur sur la personne ? Si oui, il ne peut même pas leur crier « Ce n’est pas moi ! ».

Cette bédé se déroule dans les années 80 et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est jubilatoire !

Entre les dialogues drôles, bien écrits, avec un petit air d’Audiard, le scénario qui ne nous laisse que peu de répit, les situations cocasses, les coïncidences malheureuses, les dessins aux couleurs chaudes et le récit entrecoupé de pubs ringardent de cette époque, comme elles pouvaient l’être, sans oublier la Une du Falcon City Today, journal de la ville, qui ne se prive pas pour annoncer à ses lecteurs que aucune info n’est vérifiée ou recoupée, moi, je me suis marrée comme une baleine !

Sorte de road-movie où l’on peut croiser un moustachu en chemise hawaïenne, dans sa Ferrari rouge clinquante, en communication avec un dénommé Higgins, des filles façon Thelma & Louise, des flics aux lunettes de soleil (même quand il n’y en a pas), aux méthodes borderline, le tout épicé avec du Miami Vice, de l’Arme Fatale, à la sauce Tarantino, cette bédé se déguste avec un sourire béat affiché tant elle est bourrée de références à ces années 80 et tant elle est une bouffée d’air frais.

Les personnages sont bien campés, le casting est parfait, le mystère est bien présent, le suspense aussi, surtout à la fin, avec un cliffhanger de fou qui donne envie de courir acheter la suite (merde, il est trop tard, c’est fermé !). Il y a de l’humour, le tout est décalé, un peu fou, mais totalement assumé.

Un premier tome qui détonne, qui explose et qui ravira tous ceux et celles qui aiment les bédés qui sortent de l’ordinaire ! Moi, je suis conquise et je vais aller acheter la suite dès que je pourrai.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°196] et Le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°22].

Le gang des rêves ‭:‬ Luca Di Fulvio [LC avec Bianca]

Titre : Le gang des rêves

Auteur : Luca Di Fulvio
Édition : Slatkine (2016) / Pocket (2017)
Édition Originale : La gang dei sogni (2008)
Traduction : Elsa Damien

Résumé :
Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Critique :
Qu’en est-il du rêve américain ? Poudre au yeux ? Couillonnades ? Foutaises ? Ou est-ce bien vrai que tout était permis ?

Une jeune sicilienne, enceinte suite à un viol, débarque en 1909 aux États-Unis.

Puisqu’elle est italienne, jeune maman de 13 ans, son destin est déjà inscrit pour certains et la voilà réduite à faire le plus vieux métier du monde pendant que son enfant grandi et devient un excellent baratineur.

Christmas, c’est le gamin dont on envie d’être le copain, le gamin qu’on aurait aimé croiser quand on était gosse, celui qui nous aurait fait vivre un autre destin, nous faisant croire ce que nous avions envie de croire.

C’est ce que font les politiciens, je sais, mais lui, il est bien plus flamboyant ! Il est magnifique, le jeune Christmas avec son gang des Diamond Dogs. Que j’ai aimé sa gouaille, sa débrouillardise, son culot, son effronterie.

Sa mère a échouée, comme bien d’autre, dans les quartiers pauvres, les ghettos et ici, ton avenir est déjà tout tracé. Tu n’iras pas à l’école, ou si peu, tu ne feras pas l’ENA, ni sciences-po, tu as grandi dans les taudis et les taudis te garderons prisonniers, le rêve américain n’est pas fait pour tout le monde, beaucoup en rêve mais peu le réalise. Sauf à se battre et à en vouloir…

L’histoire fait 950 pages dans sa version poche et pourtant, on ne les sent pas, elles se tournent toutes seules, le récit coule comme une fontaine et vous inonde le coeur.

Le petit bémol sera pour quelques situations que j’ai déjà lue dans un autre de ses romans (Le soleil des rebelles) parce qu’ici aussi nous suivons un jeune gamin qui va apprendre à se débrouiller, qui va tomber amoureux très jeune et ne jamais changer de direction puisqu’il veut épouser sa belle.

Le méchant de l’histoire n’a rien pour le sauver, il est méchant jusqu’au bout des ongles et rien ne viendra adoucir ce portrait un peu trop caricatural ou plutôt, dichotomique puisque nos personnages principaux, eux, sont sympathiques, même le truand qui cache son cœur.

Ces petits bémols n’ont pas entamé mon plaisir de lecture car l’histoire est belle, violente, sombre, pas tendre avec les filles mais bien contée. Les alternances entre le passé et le présent étaient une bonne idée et cela permettait de suivre Christmas plus grand et Christmas plus jeune.

Lorsque j’ai eu terminé ce roman, j’avais une sensation de vide en moi car je quittais à tout jamais des personnages dont j’ai pris grand plaisir à suivre les pérégrinations.

La féé Stelphique me l’avait chaudement recommandé, elle ne pourra plus m’en vouloir, je l’ai lu et je fais coup double puisque c’est une LC réussie avec Bianca.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°89] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.