Les Lamentations du coyote : Gabino Iglesias

Titre : Les Lamentations du coyote

Auteur : Gabino Iglesias
Édition : Sonatine (04/02/2021)
Édition Originale : Coyote Songs (2018)
Traduction : Pierre Szczeciner

Résumé :
La Frontera, une zone de non-droit séparant le Mexique des États-Unis. C’est là que sévit le Coyote. Personne ne connaît son nom, mais à quoi bon ? Il est le Coyote, tout simplement.

Celui dont la mission divine est de sauver des enfants mexicains en leur faisant passer clandestinement la frontière vers la terre promise. La Virgencita veille sur eux – et sur lui, son guerrier sacré, son exécuteur des basses oeuvres.

Autour de lui, d’autres habitants de la zone, confrontés eux aussi à la violence, au deuil, au désespoir. Tous résolus à se soulever contre un monde qui fait d’eux des indésirables.

Cavales, fusillades, cartels, sacrifices sanglants, fantômes et divinités vengeresses… L’heure de la revanche latina a sonné.

Critique :
Pour moi, le Coyote, c’est celui qui poursuit inlassablement le Road-Runner, celui qui se prend des explosions dans la gueule et des rochers sur la gueule.

Au Mexique, le Coyote, c’est celui qui fait passer la frontera aux migrants qui veulent aller dans le pays où un peroxydé à la mèche blonde orange ne voulait pas qu’ils aillent.

Si son premier roman était un récit linéaire, celui-ci est un roman choral et si certaines voix m’ont emportées, d’autres m’ont laissée indifférente.

Le point de convergence de ces personnages, c’est la frontière mexicaine-américaine.

Une fois de plus, l’auteur trempe sa plume dans une encre fort sombre, noire comme la nuit. C’est violent, très violent. Le monde des Bisounours n’existe pas, ici. Nous sommes dans un monde cruel, impitoyable et vous savez que même si c’est une fiction, elle exsude la réalité.

Oui, c’est d’un réalisme à couper le souffle, le tout teinté de magie, de croyances, de mysticisme, de légendes, sans oublier la présence omniprésente de La Virgencita. Elle se trouve même représentée sur le blouson du Coyote.

Dans ce monde de folie, la Vierge côtoie des hommes armés qui s’en remette à sa bénédiction avant chaque opération, qui font bénir leurs guns, qui l’ont gravée sur les crosses de leurs flingues et où même le padre peut être un ancien de la A.B.

Malgré tout cela, le premier roman restera mon préféré car dans celui-ci, parmi les six portraits, deux ne m’ont pas emballés (la mère et Alma) et un autre m’a semblé moins puissant que les trois autres (Jaime).

Cette différence de puissance dans les personnages m’a fait redescendre brusquement à chaque fois que le chapitrage me ramenait à ces deux portraits.

Dommage…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°213].

Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres : Christophe Arleston et Dimat

Titre : Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Dimat

Édition : Soleil (27/01/2021)

Résumé :
Les origines des elfes sur les terres d’Arran enfin dévoilées ! Des elfes premiers au mystère du grand schisme, l’histoire elfique est mise en lumière par le plus torturé des elfes noirs.

Gaw’yn est en quête de la dague de saphir dont il espère qu’elle l’aidera à se débarrasser de sa part d’ombre. Accompagné de deux jeunes elfes noires, il recherche à travers les glaces du grand nord la mythique cité de Skögsta.

Mais au détour d’un étrange campement saisonnier, son chemin croise celui d’un prédateur millénaire détenteur d’un secret qui touche à la nature même des elfes…

Critique :
Gaw’yn est depuis le début un de mes Elfes préférés et le suivre dans de nouvelles aventures est toujours un moment fort attendu, et redouté.

Il reste toujours la crainte que le tome ne soit pas à la hauteur, qu’il me déçoive, qu’Arleston tourne en rond dans son histoire.

Pas de panique avec le tome 30, on fait un bond en avant sur l’Histoire, la Genèse du peuple Elfe, le tout sur un rythme assez élevé où les temps morts sont rares et quand il y en a, ils sont toujours instructifs.

Nos Elfes Noirs sont des assassins professionnels, pourtant, ils sont tombés sur un dur-à-tuer et durant tout l’album, on n’est jamais sûr de qui est le berneur ou le berné et si notre Elfe à la couleur halée est un habile stratège ou un Elfe qui va obéir sans sourciller à nos assassins.

Les couleurs sont une fois de plus magnifiques, les dessins aussi, même si je trouve que Gaw’yn a changé depuis qu’il n’est plus dessiné par Ma Yi dont j’appréciais le coup de crayon.

Ce nouveau tome ouvre une autre porte, celle des origines des Elfes et je gage que le nouveau souffle va provenir de là, ainsi que des nouvelles terres d’Arran puisque la guerre des goules est terminée. Il y a matière à aller s’encanailler dans de nouveaux scénarios riches de péripéties et de secrets divulgués.

En attendant, Gaw’yn et ses deux collègues meurtrières ont une mission à accomplir, pour leur survie, une quête à faire, un contrat à honorer et ils leur faut éviter de sombrer du côté obscur de la Force, eux qui en viennent déjà et qui savent tout des différents formes que le Mal peut revêtir.

Vont-ils y arriver ? Je ne vous dirai rien (maintenant, si vous me payez, je vous raconterai tout, même ce que je ne sais pas)…

Sachez juste que ce tome est de très bonne facture, même si conventionnel dans le fond (mais quel scénario ne l’est pas ?), la surprise venant de la manière dont le conventionnel est narré, mis en scène et quels personnages intéressants évoluent dans le monde créé par le scénariste.

Et ici, tout est réuni pour que le conventionnel sorte de l’ordinaire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°188] , le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°14]. et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B).

L’autre ville : Michal Ajvaz

Titre : L’autre ville

Auteur : Michal Ajvaz
Édition : Mirobole – Horizons Pourpres (02/04/2015)
Édition Originale : Druhé mesto (2005)
Traduction : Benoît Meunier

Résumé :
Dans une librairie de Prague, un homme trouve un livre écrit dans un alphabet inconnu et l’emporte chez lui ; bientôt l’ouvrage lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux.

À mesure qu’il s’enfonce dans les méandres de cette autre ville, il découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes ; derrière la paisible Prague des touristes, des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous les pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps…

Critique :
Il est des romans dans lesquels on entre directement et d’autres qui sont plus rétifs, qui se dérobent, qui se rebellent et avec lesquels on a le plus grand mal à avancer, comme si on entrait dans un buisson de ronces.

Mon buisson de ronces est arrivé et j’ai eu grand mal à avancer tant les phrases étaient longues, tant l’écriture me semblait pénible, tant le roman me semblait hors de ma portée.

Cet O.L.N.I surfe sur le fantastique, le fantasmagorique, l’onirique (oui, je fais tout en « ique) et il m’a fait la nique durant une grande partie de ma lecture. Il y a du merveilleux aussi et c’est totalement surréaliste.

Imaginez un homme qui a trouvé dans une librairie un livre à la couverture violette qui est écrit dans une langue inconnue. Ce livre ouvre les portes d’une autre ville, un truc de ouf, qui dans notre monde n’a aucun sens.

N’ayant aucun GPS, je me suis perdue, j’ai étouffé, je me suis noyée et je suis sortie de ce roman en me demandant ce que j’avais vécu comme expérience, mon imagination ayant été souvent dans l’impossibilité de me donner des images de ce que je lisais.

En plus, la fin m’a semblé plate comparée à ce que j’avais tenté de défricher durant toute ma lecture, tout ce fantasmagorique, tous les animaux croisés, ce monde de dingue constitué. D’ailleurs, la fin, je l’ai comprise, c’est vous dire son niveau facile !

Je ne coterai pas cette lecture, elle n’était pas pour moi à ce moment-là de ma vie, ou alors, nous n’étions pas fait pour nous rencontrer…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°186], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°12] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°41].

 

Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan : Jean-Luc Istin et Sébastien Grenier

Titre : Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Sébastien Grenier

Édition : Soleil (27/01/2020)

Résumé :
Antarya traverse une crise des plus graves depuis que la reine Nawell a perdu la raison. Lors d’une trahison de haut vol, elle fait exécuter ses soldats. L’orc Kronan, capitaine de sa garde en réchappe.

Pour lui, celle qui dit se nommer Nawell est une usurpatrice et il compte bien le prouver mais aussi se venger.

Et quand Kronan se venge, il trace toujours un sillon de sang sur son chemin.

Critique :
Quand Kronan fâché, lui toujours faire ainsi !

Non, non, il ne vous crachera pas dessus (quoique) tel un lama sur le capitaine Haddock, mais il laissera un sillon de sang sur son chemin à tel point que vous n’aurez pas besoin de GPS pour le suivre !

N’allez pas pour autant considérer que Kronan est un barbare ! Non, cet Orc est capitaine des gardes de la reine d’Antarya et si les hommes acceptent d’être conduit par un Orc, c’est qu’il a des vertus.

Mais quand la reine semble péter une durite et massacrer tout le monde, Kronan a les crocs et le crucifier n’est pas la bonne action à avoir si on veut en être débarrassé ! Kronan est un guerrier et un Orc n’a pas peur de souffrir, ni même de la mort.

Quelle bonne idée j’ai eue d’aller faire un tour à la librairie, moi ! Cherchant tout autre chose, je suis tombée en arrêt fixe sur la superbe couverture et j’ai embarqué Kronan en même temps qu’un Elfe et Buffalo Bill.

Les amateurs des romans de Robert E. Howard retrouveront sans doute ce qui faisait l’identité des romans originaux, tandis que moi, n’ayant jamais lu les romans ou vu les adaptations cinématographique avec Schwartzy, j’étais vierge de tout et j’en ai bougrement profiter pour me gorger de cette histoire de vengeance et de quête de la vérité.

On peut dire ce qu’on veut, mais les scénaristes de la saga Orcs & Gobelins ont réussi à rendre les culs verts sympathiques, malgré leur violence et Kronan fera partie de mes chouchous car j’ai aimé sa vaillance, ses stratégies, sa fidélité aussi.

Les dessins sont un régal pour les yeux, avec de la finesse, le sens des détails et j’aurais aimé feuilleter l’édition Noir & blanc, mais ce sera pour une autre fois.

Le scénario a aussi tout du conventionnel : une reine qui devient sanguinaire, un prince consort et qu’on devrait laisser à l’intérieur, la soif de pouvoir, de sang, l’emprise d’un démon, des mages, des nécromanciens et un Orc qui rêve de vengeance, de la baston, des pillages, de l’action et du rythme.

Mais, une fois de plus, c’est la manière de raconter l’histoire qui est importante, les dialogues, la profondeur des personnages, leur manière d’interagir et ici, malgré les ingrédients habituels, le plat servi était un trois services, plus dessert : copieux et délicieux.

Conan le Barbare est peut-être devenu Connard le Barbant, sorte de Musclor atrophié du cerveau, entouré de belles nymphes tout aussi sans cervelle (sous la plume de Lyon De Sprague de Camp) mais Kronan l’Orc n’est pas comme lui : il a un cerveau et il sait s’en servir !

Une fois de plus, un excellent tome d’Orc & Gobelins !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°185] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°11].

Black Butler – Tome 29 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 29

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana Dark (28/08/2020)
Édition originale : Kuroshitsuji, book 29 (2019)

Résumé :
Enfin remis du choc des révélations, Ciel rassemble ses partisans. Il est désormais temps de contre-attaquer.

Critique :
L’affaire du sang n’est pas terminée, ni celle de l’usurpation d’identité (ceux qui ont lu comprendront) mais comme la vie de notre jeune comte est menacée, il s’est réfugié chez Lau avec son diable de majordome.

L’enquête est délicate, il faut trouver les lieux où les banques de sang sont installées et qui est à la tête de ce trafic de suceurs de sang.

Dracula est innocent, le sang n’est pas sucé par un vampire mais par des pompes conventionnelles de l’époque victorienne.

Cet album met notre Ciel habituel un peu en retrait car ces missions vont être accomplies par les membres de son personnel, ceux qui lui sont restés fidèles et c’est la myope May Linn, sa femme de chambre, qui va enquêter dans ce tome.

Pas de temps mort, une enquête qui se poursuit et qui mêle l’arc des vols de sang et celui de l’usurpation d’identité. On a toujours du mystère, du suspense et une touche de fantastique comme d’habitude.

Vivement le prochain tome !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°1XX].

Un chocolatier pour Noël : Hope Tiefenbrunner

Titre : Un chocolatier pour Noël

Auteur : Hope Tiefenbrunner
Édition : MxM Bookmark Essential (28/10/2020)

Résumé :
La magie de Noël.

David n’y croit pas, pas plus qu’il ne croit qu’il pourrait se passer quelque chose entre lui et Nathan, qui travaille dans sa chocolaterie. Autant espérer croiser un lutin ! Après tout, Nathan est en couple et ne sort qu’avec des top models, pas vraiment la catégorie dans laquelle concourt David.

Lorsque Séraphine, sa meilleure amie, l’incite à écrire Nathan sur sa liste de Noël, David ne le fait que pour l’humour. Tout le monde sait que le père Noël n’existe pas et qu’il ne dépose pas les cadeaux au pied du sapin, même quand on a été très sage !

La magie de Noël n’existe pas. Mais ça… c’est lui qui le dit !

Critique :
En voyant une telle lecture chez moi, vous devez penser que c’est un poisson d’Avril en avance (ou en retard) ou pire, que je suis devenue zinzin, qu’il faut appeler les blouses blanches de l’HP !

Ou que j’ai fumé les poils du chat additionné d’herbe de Provence, le tout roulé dans un tapis Ikéa.

Je vous rassure de suite, rien de ça ! L’année 2020 se terminant, j’avais envie de légèreté pour la terminer et mon choix s’est porté sur une romance joyeuse.

Enfin, une romance gaie… Gay ! Ben oui, pourquoi pas après tout puisque ma copinaute Sharon l’a lu et en a parlé en bien. Désolée, mais je ne voulais pas du neuneu non plus (oups, je sens le jeux de mots foireux que je n’ai pas voulu faire).

Qui dit romance dit final couru d’avance mais je m’en fichais parce que l’auteure a tout de même soigné ses personnages, les a rendu sympathiques, agréables à suivre, profonds et j’aurais eu envie d’aller bosser avec eu dans la chocolaterie (sans Charlie) et de ressentir cette belle ambiance de travail quasi familiale.

Par contre, l’auteure semble s’être assise sur la législation du travail car ses personnages bossent 7/7, même le jour de Noël ! Qu’un indépendant bosse non stop, c’est courant, j’en connais plein (soit ils triment pour s’en sortir, soit ils adorent leur job), mais on ne peut pas imposer ça à ses employés sans qu’il y ait des jours de récup ! Eux, ils font les 70 heures semaine au lieu des 35…

C’est décidé, je vais envoyer l’inspection du travail faire une descente dans cet atelier afin de vérifier tout ça. Comme j’ai tout vu, j’ira avec et j’en profiterai aussi pour piquer des chocolats de la main gauche pendant que la droite testera la fermeté des fesses de Nathan dont on dit qu’elles sont à tomber ! #BalanceTaCochonne (mdr).

Nathan se retourna, se mit sur la pointe des pieds et David eut toutes les peines du monde à se concentrer sur autre chose que les fesses qui étaient de nouveau à quelques centimètres de son visage. Cela lui donnait des idées parfaitement déplacées.

Hormis ce point d’achoppement sur les heures et jours de travail, je ne me plaindrais de rien d’autre. J’ai passé un bon moment de lecture, sans prise de tête, avec un sourire béat.

Sans révolutionner le genre de la romance, l’auteure a réussi à me tenir en haleine alors que la scène d’ouverture m’avait laissée la bouche ouverte car il est rare qu’un roman commence par le passage aux toilettes pour le petit pipi du matin (même si ça concerne tout le monde, rois comme présidents comme citoyen lambda), avec la gaule en plus.

Puisque nous sommes dans une romance gay, l’auteure en profitera aussi pour parler d’homophobie et de ces enfoirés qui adorent casser du pédé (mais s’amusent-ils aussi à aller casser du mec baraqué ceinture noire de karaté ?) juste pour le plaisir d’humilier et de jouer aux durs à plusieurs contre un.

L’acceptation de leur orientation sexuelle par leurs parents y passera aussi, même si, de ce côté-là, les réactions des parents de nos hommes sera plus de l’indifférence que du rejet pur et simple. Maintenant, qu’est-ce qui est le pire ? L’indifférence ou la non acceptation ? Vous avez deux heures…

Une romance gay qui a le mérite de m’avoir fait sortir de mes sentiers battus, loin de ma came littéraire habituelle, qui m’a donné la pêche et même la banane !

Une romance qui est comme une boîte de chocolats (pas celle de Forrest Gump) : on sait sur quoi on va tomber mais on replonge la main avec gourmandise et on dévore, on lèche, on croque (ce que vous voulez).

Un roman qui est joyeux, où les personnages sont attachants (sauf le crétin d’enfoiré), sympathiques et auquel on s’attache de suite. Une lecture idéale pour les temps de sinistrose que nous vivons depuis mars 2020 !

 

Mages – Tome 04 – Arundill : Nicolas Jarry et Bojan Vukic

Titre : Mages – Tome 04 – Arundill

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
Arundill avait six ans quand elle a été achetée par l’alchimiste « triste-sourire » qui en fait sa disciple et sa fille adoptive…

Aujourd’hui la jeune femme appartient à l’ordre des Ombres et elle s’est jurée de le retrouver.

Elle brûle de se venger de ce qu’il lui a fait subir, même si pour ça elle doit enfreindre les règles et devenir elle-même une proie pour son ordre.

Critique :
Arundill est une alchimiste guerrière, appartenant à l’ordre des Ombres et il vaut mieux ne pas se mettre en travers de sa quête…

Triste-Sourire, qui l’a acheté lorsqu’elle avait 6 ans et en a fait sa disciple, lui a effacé la mémoire…

Si elle veut se venger de lui, son enquête minutieuse devra se faire hors des clous, quitte a maquiller un peu la vérité afin d’apprendre quelques détails qui lui permettront de retrouver celui qui a fait ce qu’elle est.

Ponctué de flash-back qui vont nous raconter une partie de l’apprentissage d’Arundill ainsi que la dureté de l’épreuve finale entre les différents disciples où il ne doit en rester qu’un (Koh-Lanta version trash, super trash où le maillon faible ne se contente pas de sortir du jeu). Depuis, elle en veut à mort à son ancien maître et ne rêve que de le tuer.

Les dessins du Serbe Bojan Vukic sont des petits bijoux pour les yeux, des diamants resplendissants grâce au travail du coloriste, Nanjan.

Les combats sont dynamiques, bourrés de signes ésotériques que les alchimistes exécutes dans les airs et si l’album ne connait pas vraiment de temps mort, on a envie de s’attarder sur les détails des cases afin de ne rien rater.

Le scénario se joue de ses lecteurs, comme les alchimistes se jouent de nous et s’abusent les uns les autres avec des homoncules et autres sorts pour se tirer d’affaire. Pour cela, le final est explosif.

Nicolas Jarry est un habitué, il sait se jouer de nous et jouer avec nos convictions solidement ancrées. L’enfer est pavé de bonnes intentions et les méchants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, pareil pour ceux qui se disent gentils, qui sait ce qu’ils cachent dans leurs âmes pas si pure que ça…

La nouvelle saga consacrée aux Mages est, elle aussi, une réussite et les Terres d’Arran s’étoffent de plus en plus avec tous ces albums et ces peuples qui l’habitent. Mais un doute m’habite aussi : tous ces êtres vivants vont-ils rester dans un semblant d’harmonie (euphémisme avec les Orcs) ou bien un peuple va-t-il essayer de régner sur tous (quelqu’un a vu l’anneau de Sauron, dernièrement ?).

J’attends la suite avec impatience et j’espère recroiser la route de notre alchimiste badass qui n’a pas froid aux yeux, ni aux miches et qui, en se vengeant, aurait dû creuser plusieurs tombes… La vengeance valait-elle la peine ? À méditer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°149].

Ekhö, Monde miroir – Tome 9 – Abidjan-Nairobi Express : Christophe Arleston et Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö, Monde miroir – Tome 9 – Abidjan-Nairobi Express

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (13/11/2019)

Résumé :
À travers la planète entière, des Preshauns meurent de honte après avoir brusquement perdu leurs poils. Un mal étrange sur lequel Fourmille doit enquêter.

Point commun de toutes le victimes : un séjour à Abidjan.

C’est donc vers l’Afrique que s’envolent Yuri et Fourmille, qui doit également résoudre le meurtre de Niele, célèbre conteuse ivoirienne, assassinée car elle savait des choses sur la plante-qui-pue-des-pieds, celle-là même qui ferait tomber les poils des Preshauns…

Critique :
Moi qui me plaignais que les tomes 8 et 10 soient de moins bonne qualité comparés aux premiers, voilà que le tome 9 (que j’avais sauté par inadvertance) sauve les meubles.

Comparé aux premiers tomes de la série, il est nettement en deçà de ce que Arleston nous offrait en début de saga, mais après deux tomes en demi-teinte (8 & 10), celui-ci semble génial.

Du moins, il est correct et semble plus travaillé que le dernier en date.

Perdre ses poils, pour un Preshaun, c’est la honte absolue et eux, ils savent tomber raide mort de honte.

À qui profite le crime ? Pourquoi est-ce que cette perte de pilosité intervient-elle après un passage à Abidjan et surtout, pourquoi est-ce que cette maladie touche essentiellement les Preshaun appartenant à la caste des Authentistes, ceux qui se laissent aller à leur vraie nature ?

Pour enquêter sur les poils, rien de tel que d’envoyer à Abidjan notre chère Fourmille et Yuri pour mettre fin à ces morts et éviter une guerre entre les castes de Preshaun.

On a de l’humour, des références à notre monde, des petites piques dirigées vers les chasseurs qui vont dézinguer des animaux en Afrique car ils sont à la recherche de sensations fortes, ainsi que des Preshauns qui se sentent toujours attaqué sur leur mode de vie, un peu comme certains humains qui voient des attaques contre eux tout le temps (ou des complots les visant).

Pas de temps mort dans l’album, nous avons une vraie enquête, des pistes que l’on remonte, des indices recherchés, une rencontre avec un seigneur de la jungle et un hommage à la nourriture et les taxis brousses.

Alors non, ce n’est pas le meilleur, alors oui, les trois premiers sont les plus mieux, mais dans l’ensemble, celui-ci est correct et est clairement plus jubilatoire que les tomes 8 et 10 qui étaient fadasses comparé à ce chouette tome 9.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°148].

Orcs & Gobelins – Tome 10 – Dunnrak : Jean-Luc Istin et Alex Sierra

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 10 – Dunnrak

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Alex Sierra

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
« C’est en observant la lumière sur les reflets du lac que je l’ai remarqué. C’était là, au fond. Ça me faisait de l’oeil, ça brillait. Mais le trouble de l’eau m’empêchait de voir de quoi il s’agissait précisément. Alors, je me suis laissé aller vers le fond ».

Un jour, en pêchant, Dunnrak l’orc récupère au fond du lac un pendentif. Lorsque le nom de son frère se grave sur la pierre, Dunnrak ne s’en préoccupe pas, sauf que son frère meurt dans la journée et aussitôt son nom disparaît.

Très vite le phénomène se renouvelle. Dunnrak est-il fou ? Est-ce une pierre de divination ? Et pourquoi personne d’autre que lui ne peut lire les noms inscrits dans la pierre ?

Critique :
♫ Père Castor, raconte-nous une histoire ♪ Lis-nous dis, oui une histoire encore ♪ Une avec des Orcs et des Gobelins ♪ Et des Hommes qui veulent le pouvoir ♪

Oups, désolée, ce n’est pas le Père Castor qui va nous conter une histoire choupi, mais Dunnrak, un Orc, un cul vert… Ce ne sera pas choupinou, ce sera violent, mais foutrement excellent !

— Un jour, c’est toi qui tues ; un autre jour, c’est toi qui est tué. Autant miser sur la première option, tu ne penses pas ?

Dunnrak n’est pas un Orc comme les autres, il est moins violent, ce qui va à l’encontre de ce que son peuple veut et surtout cela va à l’encontre des préceptes de son père : un Orc est fait pour se battre, pour tuer, massacrer. Dunnrak, lui, veut juste pêcher en paix.

La pêche peut rapporter gros puisque notre jeune cul vert trouve un pendentif avec une pierre bleue brillante qui peut prédire la mort… Poursuivi par des mercenaires et capturé, notre Orc va devoir raconter l’histoire de ce pendentif.

Une fois de plus, voilà un album brillant avec un scénario aux petits oignons qui laisse la place à des surprises et des retournements de situation inattendus.

Les Terres d’Aran sont vastes mais on risque toujours de tomber sur des vieilles connaisses, tel Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer ou un vieux mage croisé dans la série éponyme.

Cela donne une continuité à tous ces one-shot et le final laisse présager que nous reverrons notre raconteur d’histoire. En tout cas, je l’espère et avec ce niveau d’excellence !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°138].

Betty : Tiffany McDaniel

Titre : Betty

Auteur : Tiffany McDaniel
Édition : Gallmeister Americana (20/08/2020)
Édition Originale : Betty (2020)
Traduction : François Happe

Résumé :
“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.” La Petite Indienne, c’est Betty.

Née en 1954 dans une baignoire, Betty Carpenter est la sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la bonne société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.

Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu.

Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie alors sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années.

Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler au grand jour.

Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. A travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Critique :
Est-il possible de tenir un lecteur en haleine et en émerveillement avec une saga familiale de 700 pages, sans le perdre en route ?

Pas besoin de réfléchir, la réponse est un grand et massif OUI !

Ohio, durant les années 60-70… Les paysages décrits sont magnifiques, beaux, grandiose et le racisme y est vif, laid, imbécile, crasse, les clichés tenaces et débiles…

Pourtant, si les gens ouvraient un peu les yeux au lieu de se réfugier dans cette haine des autres, le Monde tournerait mieux.

Betty est une petite fille qui adore son papa. Sa mère est Blanche, son père est un Cherokee, ce qui fait d’elle une sang-mêlée et ce n’est pas au goût des autres car elle a la peau sombre, du moins, « sombre » pour les standards de l’époque. Et elle va bouffer des avanies à l’école…

Betty, elle est magnifique, c’est le genre de personnage attachant au possible, le genre de gamine qu’on aurait aimée avoir pour copine et son père est tout simplement hors norme, du genre qu’on aurait tendance à penser qu’il n’existe que dans les romans, et pourtant, ce roman est tiré d’une histoire vraie, celle de Betty, la mère de l’auteure…

Ce roman, c’est une ode à la vie, à l’amour, à la différence et les mots me manquent pour en parler tant il m’a remué les tripes et mis l’eau au bord des yeux (mais ça, faut pas le dire, hein).

La plume de l’auteure est une caresse pour les yeux, un délice pour l’esprit, un couteau pour le cœur, mais sans jamais sombrer dans le pathos vulgaire et racoleur.

Ce qui est décrit dans ces pages, c’est tout simplement l’Humain tel qu’il était à cette époque et comme il est toujours en 2020 : un crétin fini qui aime humilier les autres, les avilir, les écarter à cause de différences de couleurs de peau ou d’ascendance. L’Homme dans toute sa splendeur (ironie).

Dans le roman de David Vann, « Aquarium », il y avait une scène d’une rare violence psychologique qui restera gravée dans ma mémoire, comme celle dans « My absolute Darling » (de Gabriel Tallent).

On peut y ajouter celle où la mère de Betty lui raconte une histoire le jour de ses 9 ans. Oh putain… Après ça, vous avez envie de lire « Cache-cache petit faon » que vous avez offert à votre nièce !

Betty, c’est le genre de roman qui vous marque à vie, dont vous vous souviendrez toujours. Même si dans quelques années vous en avez oublié la majeur partie, il reste toujours le sentiment que ce livre était un grand livre, comme je me souviens toujours de certains titres qui ont marqué ma mémoire au fer rouge.

Betty entre dès maintenant dans le panthéon de mes grandes lectures.

PS : Comme Betty est tiré d’une histoire vraie, j’espère que tout les enfoirés de crétins et toutes les jeunes gamines imbéciles le liront et sentiront la honte leur monter aux joues. Et pour le directeur de son école, je propose un champ de tir… De paintball, je serai gentille (mais à poil !).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°104].