Nains – Tome 11 – Torun de la forge : Nicolas Jarry & Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 11 – Torun de la forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions – Heroic Fantasy (août 2018)

Résumé :
Fuyant la vengeance d’un maître du Talion, la famille de Torun s’est exilée à l’autre bout du monde.

Le jeune nain se retrouve alors sans mentor pour lui enseigner l’art de la forge. Le prêtre du village se propose de le prendre comme disciple afin qu’il puisse lui succéder.

La mort dans l’âme, il s’apprête à accepter quand sa route croise celle d’un ermite à moitié fou, un nain vivant comme une bête au fin fond des bois…

Critique :
Si dans le cycle des Elfes j’ai une préférence pour la saga des Elfes Noirs et Sylvains, dans le cycle Nains, ma préférence va à ceux de l’ordre de la Forge et des Errants car ce sont souvent eux qui m’ont apporté le plus d’émotions.

Le premier tome, avec Redwin de la Forge était époustouflant et celui avec  son fils cadet, Jorun, tout autant.

Dans ce tome 11, nous entamions une autre histoire, avec d’autres personnages, mais puisque les albums de cette saga font partie d’un tout, on croise souvent des têtes connues.

Direction la terrible Légion de Fer, celle où les Nains s’engagent lorsqu’ils veulent fuir les règles, le poids de la tradition naine, le déshonneur ou la justice… Là, on ne vous demandera rien, si ce n’est de savoir vous battre.

Un guerrier forgeron va nous conter une histoire, alors qu’il s’éloigne de la tente d’un instructeur, après lui avoir donné un couteau forgé de sa main.

Il fait nuit, il tombe des trombes d’eau et le dessinateur a réussi à donner à ce temps de merde une réalité grâce à ses traits précis et l’utilisation de couleurs sombres.

Une fois de plus, le scénariste nous entraîne dans une histoire connue : le poids des fautes du père, l’entêtement, l’exil, le poids des secrets, le dépassement de soi, les rêves improbables et une enfance difficile, sans les parents, aux côtés d’un grand-père, d’une gamine et d’une grande sœur qui trime pour faire bouillir la marmite.

Oui, on est dans du déjà-lu, du connu, mais le gamin qui nous raconte son enfance, ses rêves, ses espoirs et sa rencontre avec un vieil ermite le fait si bien qu’on ne peut être conquis par ce Marmouse un peu borné, qui aurait aimé être forgeron, comme son père, si celui-ci ne les avait pas contraint à fuir avant de mourir, laissant ses enfants à son propre père, infirme.

Torun aurait aimé suivre une voie, mais celle-ci lui est fermée, son grand-père se trouvant médiocre forgeron et le gamin étant trop âgé que pour entrer en apprentissage : alors il cherche sa voie, prêt à tout pour forger, quitte à s’engager dans la Légion de Fer alors qu’il n’a pas l’âge. Mais celle-ci n’accepte pas les gamins.

— Quelles que soient les circonstances qui te poussent à vouloir t’engager, il va falloir y faire face en véritable poilu, Torun… On ne grandit pas en fuyant les épreuves, mais en les traversant.

Il avait la rage sur la terre entière à cause du fait qu’ils vivaient comme des Errants alors qu’ils appartenaient à ceux de la Forge, et là, c’est la douche froide… Va falloir devenir membre du Temple comme préconisé par son papy ? Ça le fait chier, le Torun. Ne lui reste plus que l’ermite qui vit dans la forêt…

Des épreuves, notre garçon va en vivre quelques unes traumatisantes et comprendre que le comportement de renoncement qu’il a méprisé il y a peu peu lui tomber dessus sans coup férir et le laisser aussi inerte qu’un rat mort.

Son apprentissage, il va le faire dans le sang, la colère mais aussi dans l’amour des siens.

Les scènes de combats sont magnifiques, détaillées, pleines de vigueur, de sang, de combat de grands guerriers, sans compter qu’il faut aussi expliquer aux autres QUI a tué des familles de fermiers sans défenses… et arriver à deviner l’identité de ce vieil ermite un peu fou mais qui sait forger et qui va nouer avec Torun les liens qu’il n’a pas su nouer avec son cadet.

Torun est un jeune Nain qui m’a conquise, emportée, pour qui j’ai frémi. Tous les codes de la fantasy sont réunis, accompagnés de ceux de notre société à nous et de nos travers habituels (dont celui d’éliminer les autres pour avoir tout).

Un album à lire, une saga à découvrir, enfin, pour ceux qui aiment la fantasy… Bien que, au final, on soit toujours dans une critique et une analyse de notre société humaine. En cela, nous sommes les meilleurs inspirateurs qui soient.

Mon père m’a dit un jour qu’il n’existait pas de poilus médiocres, seulement des poilus qui n’avaient pas eu la chance de rencontrer un maître capable de révéler leur talent…

Un diction dit que celui qui renonce pourrait bien le faire un instant avant qu’advienne le miracle. Alors nous ne renonçons pas. Nous attendons le miracle. Et les quelques instants que nous grappillons font parfois la différence entre la vie et la mort… Entre la défaite et la victoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier : Nicolas Jarry & Nicolas Demare

Titre : Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil Productions (24/01/2018)

Résumé :
Trente-huit ans ont passé depuis la mort de la jeune Tiss. Abokar a été le seigneur de bataille du grand-père du roi actuel. Il est vieux, très vieux, il combat depuis plus d’un siècle. Il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il a été jadis.

Son corps, habitué à la rudesse des campagnes, le fait souffrir, et ses pensées semblent parfois le fuir… Abokar sait qu’il est temps pour lui de tirer sa révérence…

Critique :
Non, je ne fais pas comme le Maréchal Groucho… Grouchy (pardon) et arriver après la bataille ! D’accord, l’album est sorti en janvier 2018, mais je profite toujours de mon anniversaire fin novembre pour me faire offrir les dernières bédés manquantes à ma collection.

Pardon pour ceux qui n’aiment pas ça, mais dans les prochains jours, vous risquez de voir défiler des Nains, des Elfes, des Orcs et des Gobelins.

Mon cher et tendre a fait le plein (mdr)… Manu, si tu me lis… Descends ! (les fans des Inconnus comprendront).

Mais je m’égare ! Un qui ne s’égare pas, c’est Abokar, vieux chef des armées, un Poilu habitué à tenir le rang, à se battre et un stratège hors pair ! Ze Napoléon, en version Austerlitz et pas Waterloo, bien entendu.

Bérézina pour ce grand chef, il est atteint d’une maladie dégénérescente qui le fait trembler et risque de le faire mourir dans d’atroces souffrances et surtout, de le faire pisser eu chier sous lui et ça, il n’en est pas question pour lui !

Habitué à donner des ordres, à se faire obéir et à envoyer bouler les politiciens ou banquiers, Abokar a du mal à accepter se déchéance, tout comme il n’accepte pas les boiteux dans ses rangs ou les gens qui contestent ses ordres.

J’ai pris plaisir à retrouver un jeune marmouse croisé dans le tome 5 : Dohan, le jeune frère de Tiss, première pisseuse à entrer dans l’ordre du Bouclier. C’est Dohan le boiteux qu’Abokar déteste et encore plus lorsque ce dernier lui sauve la mise.

Dohan est tellement présent dans la première moitié de l’album que j’ai pensé à un moment que le scénariste s’était planté dans le titre puisque je suivais les pérégrinations de Dohan et non celles d’Abokar, avant de retrouver ce vieux guerrier.

En plus de mettre en avant un vieux guerrier atteint de tremblote et de perte de contrôle, les auteurs lui ont ajouté un boiteux, un guerrier qui n’a jamais trouvé sa place à cause de son handicap et exilé aux confins du royaume, sur un Mur qui bouche un passage au Nord, empêchant des Nains renégats de les envahir. GOT en hommage ?

Le duo improbable, les deux guerriers handicapés chacun par un mal et qui vont tenter de sauver l’empire de la menace venue en droite ligne du Nord…

Une fois de plus, l’univers des Nains m’a enchanté et vu le nombre de phylactères ou de cartouches explicatifs. Certains pourront trouver que ça fait trop de textes et que ça ralentit le rythme de lecture, mais je n’ai pas ressenti cela de cette manière.

Pour moi, ces explications étaient nécessaires et m’ont fait passer plus de temps sur la bédé. Moralité ? Ma lecture a duré plus longtemps… ♫ Pour mon plaisir ♪

Derrière tous ces beaux dessins, il y a aussi un récit, un scénario étoffé, travaillé, qui laisse la place au suspense, au mystère et à de belles stratégies.

Certes, on pourra me dire que le scénario reste classique car on n’a plus rien inventé depuis longtemps et tout à été déjà écrit car souvent tiré de l’Histoire du monde, de l’Homme ou de la politique.

On a beau lire les mêmes histoires en fantasy (ou ailleurs), on continue de les dévorer avec avidité car lorsque les conteurs sont bons, on se fiche pas mal de lire un scénario « déjà-vu ».

Bien que moins poignant que « Tiss du Bouclier », Abokar mérite lui aussi d’être connu car il reste un guerrier légendaire, un meneur de nains hors pair (paires ?). Quant à Dohan, malgré sa patte folle, il a un cerveau, sait l’utiliser et mérite lui aussi d’être un grand guerrier car il a du courage et ne fuis pas devant le danger.

Une fois de plus, un tome qui m’a fait passer un bon moment de lecture, avec un vrai scénario, même si avec moins d’émotions que d’autres albums précédents et des superbes dessins.

Oui, je suis une inconditionnelle des sagas Nains, Elfes et Orcs & Gobelins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Harry Potter – Tome 1 – Harry Potter à l’école des sorciers : J.K. Rowling

Titre : Harry Potter – Tome 1 – Harry Potter à l’école des sorciers

Auteur : J.K. Rowling
Édition : Folio Junior (2001) / Gallimard Jeunesse (2018)
Édition Originale : Harry Potter, book 1: Harry Potter and the Philosopher’s Stone (1997)
Traducteur : Jean-François Ménard

Résumé :
Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée.

Un géant vient le chercher pour l’emmener à Poudlard, une école de sorcellerie ! Voler en balai, jeter des sorts, combattre les trolls : Harry se révèle un sorcier doué.

Mais quel est le mystère qui l’entoure ? Et qui est l’effroyable V…, le mage dont personne n’ose prononcer le nom ?

Amitié, surprises, dangers, scènes comiques, Harry découvre ses pouvoirs et la vie à Poudlard. Le premier tome des aventures du jeune héros vous ensorcelle aussitôt !

PS : Les nouvelles éditions sont magnifiques et je compte bien terminer ma collection (j’avais emprunté les 3 derniers à ma soeur) en en prenant un de chaque maison… Oui, vous comptez bien, j’aurai un titre en double.

Critique :
Ma PAL atteint un sommet phénoménal, ma pile à lire est un délire, la pile des nouveautés est overbookée, ma pile urgente est démente et moi, je n’ai ressenti qu’une seule envie : relire un Harry Potter, le premier !

Surtout que le premier, en fait, je ne l’avais jamais lu…

Que je vous explique : ma petite soeur avait déjà essayé plusieurs fois de me faire lire un Harry Potter mais je n’étais pas tentée du tout. Je l’avais vue se ruer sur le tome 4 et là, pour lui faire plaisir, j’allais l’accompagner à l’avant première du film.

Pas de bol, une semaine avant, alors que j’allais reprendre le train pour remonter sur la capitale, bardaf, l’embardée : plus rien à lire (oui, à cette époque, j’avais une toute petite PAL de rien du tout et elle était dans mon studio bruxellois).

Et voilà que ma sœur m’agite devant mon nez le tome 1 de Harry Potter. Je refuse, puisqu’on allait aller le voir sur grand écran. Alors, maline et pleine de ressources comme sa grande sœur (vos gueules, les mouettes !), elle me balance le tome 2. J’avais donc commencé ma longue addiction par le deuxième tome.

Le RAT Épouvante chez Chroniques Littéraires allait me permettre de réparer cette injustice et de présenter un livre dans la catégorie « Forêt enchantée et Farfadets ».

Que vous dire sur ce roman que tout le monde connait ?

Rien de plus si ce n’est que l’on prend autant de plaisir à relire une saga qu’à la découvrir : fini les temps d’attente entre deux tomes, on sait comment cela va se dérouler et, cerise sur le gâteau, je peux maintenant tenter de trouver les petits indices semés ça et là par l’auteur puisque maintenant, je SAIS tout sur tout.

Terminé le regard un peu bienveillant sur le rat Croûtard, terminé le regard haineux envers le professeur Rogue, fini de m’interroger sur telle ou telle chose, maintenant, je peux dire que je SAIS, même si, comme vous le savez, on ne sait jamais rien.

Ce que j’avais apprécié dans l’univers de Harry Potter, ce sont les personnages et les multiples références à notre monde de Moldus dans tout ses travers : haine, peur de l’autre, rejet, sentiment d’être un être supérieur, racisme…

Sans oublier ce qui en fait aussi un monde qui vaut la peine : amitié, courage, entraide, solidarité.

Anybref, j’ai pris plaisir à plonger dans ce roman qui reste fort proche du film, à tel point qu’en lisant, je revoyais les images du film !

Oui, un vrai plaisir de redécouvrir nos amis lorsqu’ils étaient jeunes, innocents, sans poils au menton, le tout dans une ambiance encore fort gentille, quand on le compare aux suivants qui seront de plus en plus noirs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Forêt enchantée et Farfadets (302 pages).

Black Butler – Tome 26 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 26

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana Dark (31/08/2018)

Résumé :
Afin de récupérer Lizzy et de mettre fin aux agissements de Bravat, Ciel redouble d’efforts pour que son cabaret soit le plus attrayant possible, quitte à sacrifier quelques pions au passage.

Mais alors que le Comte semble sur le point d’obtenir ce qu’il souhaite, de nouvelles complications surviennent…

Critique :
Le mangaka de la série nous a réservé deux surprises de taille dans ce tome 26 (déjà que le final du tome 25 était un cliffhanger de malade).

Si on trouvait qu’on s’endormait un peu ces derniers temps et que nous n’avions pas vraiment eu de nouvelles infos sur le passé de Ciel, là, on se prend deux baffes dans la gueule coup sur coup !

Le premier coup de poignard dans le dos m’a fait mal, très mal, mais le suivant, lui, il m’a laissé sur le cul, totalement.

Certes, le procédé est vieux comme le monde, éculé, même, mais quand on ne s’y attend pas, il produit toujours son petit effet.

Maintenant, j’aimerais savoir si cette nouvelle fracassante était prévue depuis le début de la série ou si le mangaka l’a sortie de son chapeau afin de donner un rebondissement inattendu à la série.

Ah je voulais en apprendre plus sur la jeunesse de Ciel Phantomhive ? Et bien, je vais être servie au delà de mes rêves ! Mais je suis toujours sur le cul…

Nom de Zeus, Marty, c’est vraiment THE / ZE Tome qui fait basculer toute la série dans une nouvelle dimension dont je ne sais pas encore comment ça va se terminer, mais une chose est sûre, les prochains mois avant la sortie du tome 27 vont être longs, mais longs !

En plus, je ne dégusterai plus dans ma tête les bons petits plats de ce personnage que j’appréciais énormément… Bouhouhouhou….

Un coup de poignard et la série repart (adaptation de l’ancien slogan de Mars « un coup d’barre ? Mars et ça repart ») mais pour aller où, je ne le sais pas…

En tout cas, ça promet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (178 pages).

Ekhö monde miroir – Tome 8 – La Sirène de Manhattan : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö monde miroir – Tome 8 – La Sirène de Manhattan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (29/08/2018)

Résumé :
Retour à la Grosse Pomme pour cette aventure qui voit la belle Fourmille habitée par l’esprit d’un sommelier assassiné. Une enquête qui se déroule dans les milieux du vin.

Des très chics restaurants de Manhattan aux fantasmatiques égouts, repaires, comme chacun sait, de crocodiles terribles et de créatures d’outre-monde, Yuri et Fourmille affrontent un ennemi inattendu et redoutable…

Critique :
Cet album des aventures de Fourmille et Yuri ne nous fera pas voyager dans Ekhö puisque nous sommes de retour à New-York, à Manhattan, pour être précis, où notre Fourmille va se retrouver habitée par un très grand sommelier.

Si le sommelier l’habite (pardon), c’est qu’il est raide mort… Mais qui a pu tuer un sommelier et surtout, pourquoi ?

C’est ce que notre duo d’enquêteurs, aidé d’un Preshaun, vont devoir trouver et comme vous le savez, peut importe la bouteille, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Le tome 6 était un peu en deçà des autres et je vais devoir ajouter que le tome 8 aussi.

L’enquête est intéressante, Fourmille est souvent habitée par l’âme du sommelier, mais il manquait au tableau de Preshaun Sigisbert et, sans lui, il manque quelqu’un.

Il a été remplacé par le Preshaun Van Piperzeel mais je trouve qu’il n’a pas la même saveur que Sigisbert. D’ailleurs, on ne parle même plus de ce qui se passe lorsqu’un Preshaun manque de thé… Bheu, c’est le fil rouge, pourtant.

Quand aux motivations du Grand Méchant, je dirai bof bof, j’ai connu mieux, Arleston m’a habitué à beaucoup mieux et je n’ai pas retrouvé le scénariste génial qui m’a enchanté au début de la série Ekhö.

Le seul moment que j’ai bien aimé, c’est le survol du Central Park version Ekhö…  Avec un rappel de ce qu’avait vécu Yuri une fois, dans ce parc où il ne faut pas trainer une fois la nuit tombée.

Anybref, ce n’est pas que cet album ne soit pas bon, mais j’ai une nette préférence pour les premiers qui avaient plus d’humour, de peps, de Preshaun, de références à notre monde, mais sous forme miroir.

À noter les petits clins d’oeil à King Kong et à une référence au combat titanesque entre Godzilla et le Kong, version « autres animaux ».

En espérant que le suivant soit plus intéressant et que nos deux amis explorent un peu plus ce monde fascinant qu’est Ekhö.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Ekhö Monde miroir – Tome 6 – Deep South : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö Monde miroir – Tome 6 – Deep South

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (12/04/2017)

Résumé :
À New York, la bomba latina Soledad vient de sortir un disque pour gramophone qui lui vaut les foudres d’un groupuscule presbytérien mené par le très médiatique révérend Fox.

On ne pardonne pas à la chanteuse de militer pour le choix en matière d’avortement.

Agressée lors d’un show-case, elle se réfugie chez son agent, Fourmille Gratule.

Fourmille va accompagner Soledad et son groupe dans une tournée mouvementée qui les emmènera vers le sud jusqu’à la Nouvelle-Orléans.

Critique :
♫ En mi soledad ♪ Laisser glisser… ♪ En mi soledad ♪

Non, ici il n’est pas question d’Opispo mais de la chanteuse Soledad (comme le titre d’Opispo) qui a des soucis avec la ligue de La Foi, un espèce de groupuscule qui prône des tas de choses en contradictions avec les paroles de la chanteuse et de son mode de vie.

Ceux de La Foi veulent laver plus blanc que blanc et être plus catholique que le pape, si tant est qu’il y ait un pape sur le monde miroir d’Ekhö…

Ce tome revient sur la fusion thaumique entre Yuri et Fourmille et notre Preshaun Sigisbert de Motafiume voudrait avoir plus de détail sur cette fameuse nuit, ce que Yuri ne veut pas lui révéler, bien entendu.

On sent bien dans ce tome que Yuri voudrait avouer ses sentiments à Fourmille, mais celle-ci n’en a cure, ne voit rien venir ou préférerait l’utiliser comme un sex-toys grandeur nature ce qui fait que notre roux préféré va aller voir ailleurs sur l’herbe est plus verte, emportant avec lui ses petits oiseaux bleus gazouilleurs.

N’oubliez pas que sur le monde miroir d’Ekhö, l’électricité n’existe pas et que ce monde, miroir du nôtre, utilise les animaux (dragons et autres bêtes fantastiques) pour se déplacer ou communiquer.

Comme tout le stock d’album de Soledad a été vandalisé, Fourmille a l’idée géniale de partir en tournée avec elle et d’enregistrer on live ! Et on descend dans l’Amérique profonde, celle du Sud et des rednecks.

Les dessins sont magnifiques, les couleurs chaudes et profondes, mais je trouve qu’Arleston donne le sentiment de survoler un peu différent sujet sans vraiment l’approfondir.

Que ce soit avec les espèces d’illuminés de la foi, les groupuscules religieux, les gens qui voudraient nous faire revenir en arrière, le viol, tout est survolé en peu de temps et on passe vite à autre chose, comme si nous étions encore à l’époque de la censure et qu’il ne fallait pas trop s’attarder sur certains sujets sensibles.

Certes, nous sommes dans de la bédé humoristique, mais malgré tout, il n’y a pas de mal à shooter là où ça fait mal puisque l’on aborde certains travers de nos sociétés.

Une fois de plus, Fourmille va prendre l’âme d’un mort et devenir lui, parlant comme lui, ce qui était assez chiant à cause de tous les « fuck’n » utilisés.

Un tome aux paysages somptueux, avec des Preshaun bien présent mais un tome en deçà de ce que j’ai connu. De plus, fallait pas être grand clerc pour deviner le truc avec le révérend Fox, ça m’a sauté aux yeux tellement le truc est éculé de chez éculé.

Malgré tout, on passe un bon moment de lecture, mais je trouve que l’on joue moins avec les sauts de personnalité de Fourmille, que son enquête sur le révérend Fox est  trop rapide et que le secret de Soledad, on s’en doutait un peu.

Notre Yuri est peu présent puisqu’il s’est éloigné de Fourmille et tente, tout seul de son côté, de monter un truc avec des petits oiseaux bleus permettant de transmettre des messages : Touïte.

Un album en demi-teinte par rapport aux précédents qui avaient placé la barre très haute.

Cela ne n’empêchera pas de découvrir avec plaisir la suite des aventures thaumique de Fourmille et Yuri et de voir si Sigisbert va trouver matière à son étude…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne (18/04/2018)
Édition Originale : Blackwing (2017)
Traducteur : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Sous son ciel brisé, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois des profondeurs.

Au cœur de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes aguerri, il est chargé de retrouver une femme aux pouvoirs mystérieux, qui semble avoir mis au jour un inquiétant secret. Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien.

Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…

Critique :
Alors que j’ai des piles de livres qui attendent depuis des lustres d’être lus, celui-ci n’a pas fait long feu dans mon HAL.

La couverture superbe me l’a fait sortir un peu plus vite, de plus, j’avais envie de me replonger dans de la fantasy.

Si j’en ai lu assez bien, cela faisait longtemps que je n’avais plus plongé dedans.

De plus, les critiques pour ce roman étaient plus qu’élogieuses, alors, je me suis dit que qui ne risquait rien n’avait rien.

Le voyage fut-il bon ? Non, j’ai manqué de me faire zigouiller par des tas de créatures horribles, je ne compte plus les fois où j’ai eu la trouille, où j’ai dû courir, vendre mon âme en remboursement de dette, manqué de me faire déchirer en deux par des esprits entrés dans mon corps, sans compter que je me suis faite trahir, torturée, et plus, si affinités.

Pire, j’ai même failli perdre la raison dans la Désolation, zone de non droit, terres ravagées peuplées de trucs pas nets (des slweans, des dulchers ou des gillings), le genre de paysage qui devrait naître après le largage de 10.000 bombes H…

À l’époque où je portais l’uniforme, le marshal m’avait dit que seules trois sortes de gens s’aventuraient volontairement dans ce territoire maudit : les désespérés, les imbéciles et les corrompus. Les adeptes étaient suffisamment désespérés. J’avais donc réuni une dizaine d’imbéciles corrompus pour me lancer à leurs trousses.

Je n’ai jamais compris pourquoi, mais ces pitoyables créatures aimaient encore plus leurs seigneurs que Tnota aimait la queue. C’est dire.

Pas un lieu que je recommanderais pour des vacances tranquilles ! Par contre, le bouquin, vous pouvez l’emmener avec vous en vacances pour oublier le temps qui passe ou bien le lire chez vous pour vous évader à petit prix.

Mes compagnons de voyage étaient un navigateur (Tnota) qui ne pense qu’à la bite (on s’est bien entendu tous les deux, même si on ne la met pas au même endroit), une femme acariâtre (Nenn) qui ne pense qu’à se battre et un chef, limite ivrogne et tête brûlée (Ryhalt Galharrow), sombre, rempli de blessures secrètes, sorte de chasseurs de primes et chef des Ailes Noires au ordre du Sans-Nom Corbac et une Fileuse, sorte de magicienne, la mystérieuse et bizarre Ezabeth.

— Un converti, répétai-je avec une esquisse de sourire. À l’église de la sodomie et de la fornication dépravée.
— C’est la seule putain d’église que je connaisse, capitaine. (Tnota ricana et se tourna vers Nenn.) Tu devrais essayer un jour. Il paraît que t’as une sacrée queue là-dessous.
— Si c’était le cas, je la fourrerais dans un endroit plus propre que ton fion puant, rétorqua Nenn.

Pas de doute, j’étais bien entourée ! Les chevauchées et les combats furent éprouvants mais au moins, je ne me suis pas emmerdée.

Ambiance d’apocalypse ou de fin du monde, dans cette histoire car les Rois des Profondeurs commencent à bouger et une seule personne se demande si la Machine de Nall (une arme de destruction magique) sera capable de les repousser une fois de plus. Mais ce genre de questionnement est très mal vu par les autorités de la ville…

Bourré d’actions, de péripéties, d’enquête, de fausses-pistes, de questionnements, de doutes et de personnages épiques, ce roman vous fera planer comme un corbeau au dessus d’un champ de cadavres.

Un véritable festin sous mes yeux ! De la fantasy comme je l’aime, avec quelques personnages emblématiques et d’autres qui fraient dans leur univers sans que l’on sache qui est un traître ou pas, qui ment, qui dit la vérité, qui est fou, qui a raison, de la magie, mais utilisée avec parcimonie car il y a un contrecoup à payer…

Là où cette histoire se démarque des autres, c’est dans son final digne d’un esprit vachement retors ! On visait plus haut que certains livres de fantasy, assurément, et ce fut réussi !

Certes, ce n’est peut-être pas de la haute littérature pour certaines journalistes, mais j’ai passé un excellent moment dans ces pages, j’ai vécu une aventure qui ne m’a pas laissé le temps de savourer des mojitos et j’ai eu chaud mes fesses, croyant ma dernière heure arrivée.

Un roman de fantasy que je recommande à tous les fans du genre ou à ceux qui voudrait tâter de l’épée sans jamais en avoir fait.

Ce n’est pas du 4 Sherlock, mais on est plus haut que le 3,5 car il y a de la profondeur et de la justesse dans les dialogues, des situations de notre monde (la lutte de classe, pauvreté, exploitation de l’Homme par l’Homme, guerres, discussion sur le sexe des anges quand l’ennemi est à nos portes, croyances et extrémistes religieux), un scénario bien ficelé et une question : tout ce carnage valait-il la peine ?

Pour chaque manoir majestueux occupé par Lindrick et ses pairs, un millier d’âmes en souffrance iraient se coucher le ventre vide.

Quand on asticote la garde civile alors que la force de frappe de l’Empire dhojaran fond sur la nation, c’est que l’on n’est pas doté d’une surabondance d’intelligence ou d’ingéniosité.

— Mon âme pleure pour vous, le raillai-je. Je comprends. Ça ne peut pas me plaire. C’est la guerre, et je pige le principe. Je trouve simplement que le prix qu’on a payé était trop élevé.
— Nous ? Ou juste toi ?
— Quelle différence ça fait ?
— Dans un cas, tu pleures pour le monde. Dans l’autre, tu t’apitoies simplement sur ton sort.

Le point qui me fâche le plus, c’est la narration à la première personne. On suit les pensées de Ryhalt Galharrow et j’aurais apprécié avoir les pensées ou les actions des autres personnages. Une narration à la 3ème personne ou un changement de POV (Point Of View) aurait fait monter l’intérêt et donc, les étoiles.

— Vous êtes tombé bien bas, me lança-t-il sèchement tandis que j’actionnais la poignée de la porte. Regrettez-vous parfois vos décisions, quand vous êtes entre deux bouteilles ?
— Lorsqu’on se rend compte que la montagne qu’on gravissait n’est qu’un tas de merde, la chute paraît moins dure.

— Vous êtes une Aile noire, lâcha-t-elle avec désinvolture. Vous pouvez décider que ce sont vos affaires.
— Les gens qui abusent de leur pouvoir ont tendance à ne pas s’y accrocher longtemps. Je refuse de jeter l’ombre d’un soupçon sur la mémoire de Gleck. Il méritait mieux que ça. Il était peut-être dingue, mais il n’y avait pas plus loyal que lui.

Les hommes de son calibre ne comprenaient pas que le véritable pouvoir était silencieux. Un homme comme le marshal Venzer ne fanfaronnait pas ni ne défiait ses ennemis, il leur disait simplement ce qu’il attendait d’eux. Soit ils rentraient dans le rang, soit ils se retrouvaient écrasés, réduits en miettes par le poids de son autorité. Il ne se vantait jamais de ses victoires, ne venait pas jubiler devant les vaincus. Le véritable pouvoir se dessine dans le mépris que l’on a pour ceux qui ne le respectent pas.

— Les gens sont des moutons, assenai-je. Ils font ce qu’on leur demande. Ils croient ce qu’ils veulent, ou ce qui leur fait le plus peur. Si ça ne leur plaît pas, ils rejettent tout en bloc ou font comme s’ils n’avaient rien entendu. C’est naturel. On ne peut pas le leur reprocher. On ne peut pas non plus leur affirmer qu’ils sont stupides. Ils ne comprennent pas qu’ils sont des moutons. Comment le pourraient-ils ? Les moutons ne se rendent pas compte que le berger est plus malin qu’eux.

Il arrive souvent que des gens de bien essaient de faire ce qu’il y a de bien pour de mauvaises raisons appartenant à de mauvaises personnes. L’homme grisonnant semblait être de ceux-là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Le Hobbit : J.R.R. Tolkien

Titre : Le Hobbit

Auteur : J.R.R. Tolkien
Édition : Le Livre de Poche (29/04/2015)
Édition Originale : The hobbit (1937)
Traducteur : Daniel Lauzon

Résumé :
Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table.

Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d’un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n’ont qu’une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire.

Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.

Critique :
« Dans un trou vivait une bite »…. STOP ! Des enfants nous lisent peut-être ! Reprenons correctement, si vous le voulez bien… « Dans un trou vivait un Hobbit ». Merci !

Si le Lotto avait pour slogan « 6 croix qui peuvent changer une vie », on peut appliquer ce genre d’accroche publicitaire au récit de Tolkien : « 6 mots qui peuvent changer une vie ».

Six mots qui donneront naissance à une formidable aventure de fantasy, souvent copiée mais jamais égalée (tiens, on dirait une autre pub).

Ça vous dit de partir à à l’aventure et de chevaucher un poney en compagnie de 13 nains ? De sortir de votre trou de Hobbit si confortable ? De quitter vos fauteuils et votre petite vie pèpère qui n’a rien de trépidant ?

Oui ? Alors faites comme ce pauvre Bilbo qui s’est retrouvé embarqué dans cette grande aventure épique sans vraiment le vouloir et qui, surprenant tout le monde (et lui même), a réussi à gagner la confiance des nains en faisant preuve de courage, de ténacité, de ruse et de chance.

Des années que je voulais découvrir le Hobbit, des années aussi que les films croupissaient dans mon DD ! Honteux, je sais.

2018 devait être LEUR année puisque dans la foulée du visionnage des trois films, j’ai aussi plongé sur la nouvelle traduction des aventures de Bilbon Sacquet ou plutôt devrais-je dire « Bilbo Bessac ». Elle était grosse cette différence là !

L’avantage d’avoir vu les films et que je n’ai pas dû faire le travail d’imaginer les personnages ou les lieux, le tout ayant pris les visages des acteurs et des décors du film.

L’inconvénient est qu’il y a des différences notables entre les deux, comme des ajouts dans les films afin d’étoffer certaines histoires. Le plus gros changement aura lieu lorsque les nains se retrouvent prisonniers des Elfes et où le bô Legolas est absent du livre.

Rien à redire du talent de conteur de Tolkien, pas besoin de lui faire de la pub, la majorité d’entre nous savent qu’il a l’art et la manière de raconter ses histoires fantastiques et, durant ma lecture, je me suis imaginée petite enfant écoutant cette historie merveilleuse.

Le Hobbit est moins sombre que le Seigneur des Anneaux, il va sans dire, sans pour autant être un récit enfantin ou gaga. Il y a de l’action, de l’humour, de l’amitié, de la méfiance et de la confiance qui se gagne à la sueur du poignet ou à l’aide d’anneaux.

Mon seul bémol sera pour le fait qu’il y avait plus de profondeur et de développement dans certains personnages du film (Thorin, Kíli, Bard, le bourgmestre d’Esgaroth, Alfrid son éminence grise, le roi des Elfes Sylvains, Tauriel, notamment et Radagast est absent) alors que dans le livre, ils sont plus lisses, leurs failles sont moins poussées, leurs histoires moins développées ou ils n’existent pas car inventés pour les besoins des films, ce qui enlève quelque peu le plaisir.

Dans le film, on sent bien que Thorin est en train de succomber au côté obscur de la Force et qu’il est sous l’emprise du pouvoir de l’or. Dans le livre, il y succombe aussi, mais c’est moins détaillé que dans le livre. Son retour à la raison est plus détaillé dans le film que dans le livre où il semble survenir par l’opération du Saint-Esprit.

Que vous dire de plus qui n’ait jamais été dit sur ce roman ? Rien de plus, si ce n’est qu’il est plaisant de savoir qu’enfin les œuvres de Tolkien sont retraduites en collant le plus aux textes puisque maintenant son œuvre est intégralement terminée.

« Traduire étant trahir », une nouvelle plume qui colle le plus aux textes originaux n’était pas du luxe et dans un temps prochain, je souhaiterais relire le Seigneur dans sa nouvelle version (avec ma binômette de LC Stelphique).

Un très beau récit d’heroic fantasy à découvrir, si ce n’est déjà fait, ou à redécouvrir. Une quête bourrée de rythme, d’aventure, de magicien, de nains bougons, le tout sans Blanche-Neige, avec un Hobbit peureux et casanier qui va, presque sans le faire exprès, devenir un héros courageux.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Black Butler – Tome 25 : Yana Toboso

Titre : Black Butler – Tome 25

Scénariste : Yana Toboso
Dessinateur : Yana Toboso

Édition : Kana (16/03/2018)

Résumé :
Afin de contrer le music-hall et ses activités clandestines, Ciel décide de monter son propre établissement et de proposer son propre spectacle : les Phantom Five.

Critique :
Enfin, nous allions savoir ce qui se passe derrière les hautes portes du Sphere Musical !

Bon, j’en savais déjà un peu plus grâce au tome précédent, mais je ne vais pas vous en dire trop non plus.

Cette aventure a tout des airs d’une bagarre entre deux boys-band, sorte de guerre entre les To Be Frites et les World’Patate, comme au bon vieux temps de notre jeunesse où certaines filles devenaient hystériques face à ces bôgosses.

Le plan de Ciel est bien trouvé, très bien trouvé et à la limite du machiavélisme car, pour arriver à coincer les hommes de mains de Bravat, il n’hésitera pas à envoyer des gens à la mort et à utiliser les gens de son entourage comme des pions.

Non, Ciel n’a rien d’un gentil petit garçon et ce tome nous montre une fois de plus sa noirceur, même si elle était utile pour faire cesser les activités de Bravat. La fin justifie-t-elle les moyens ? Vous avez 3h pour me pondre vos pages.

Anybref, maintenant, je sais tout, mais je me demande si ce genre de chose aurait été possible dans l’Angleterre victorienne… Sans doute que non, mais puisque nous avons un diable de majordome à nos côtés, on se dit que tout est possible.

Un tome bourré de révélations, d’humour, de suspense et qui se termine avec un cliffhanger de malade (sadisme !!) juste pour nous pourrir la vie jusqu’au prochain tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les âges sombres : Karen Maitland [LC avec Bianca]

Titre : Les âges sombres

Auteur : Karen Maitland
Édition : Sonatine (2012) / Pocket (2014)
Édition Originale : The Owl killers (2010)
Traducteur : Pierre Demarty

Résumé :
1321. Les habitants d’Ulewic, une petite cité isolée de l’est de l’Angleterre, sont sous le joug de leur seigneur et de l’Église, celle-ci ayant supplanté, depuis quelques années, le paganisme qui régnait dans la région.

Non loin du village s’est installée une petite communauté chrétienne de femmes, des béguines originaires de Belgique.

Sous l’autorité de sœur Martha, elles ont jusqu’alors été assez bien tolérées. Mais les choses commencent à changer. Le pays connaît en effet des saisons de plus en plus rigoureuses, les récoltes sont gâchées, les troupeaux dévastés et le besoin d’un bouc émissaire se fait sentir.

Neuf hommes du village, dont on ignore l’identité, vont profiter de la tension qui commence à monter pour restaurer un ordre ancien et obscur.

Renouant avec de terribles rites païens, usant de la terreur, du meurtre et de la superstition, ils vont s’en prendre aux béguines, qui devront les démasquer et élucider les secrets du village avant que la région ne soit mise à feu et à sang.

Critique :
Anus horribilis… Voilà comment les Béguines Martha d’Ulewic, petit village perdu au fin fond du trou de cul de l’est de l’Angleterre, auraient pu résumer l’an de grâce 1321.

JDM résumera cette première journée de mai qui commença sous des auspices merdiques pour bien des gens et qui, tel une goutte d’eau tombant sur le visage, donnera ensuite naissance à un torrent dévastateur.

Voilà une brique que je viens de m’enfiler en même pas trois jours, dévorant chaque page comme une affamée, m’attachant à certains personnages ou ayant envie d’en trucider certains…

Dieu mais qu’ils n’étaient pas très malins, en 1321 ! Dieu qu’ils étaient crédules, ces bonnes gens du fin fond de l’Angleterre profonde. Dieu qu’ils étaient manipulables ! On en faisait ce qu’on voulait…

À la moindre chose qui ne tournait pas rond, que ce soit des changements climatiques, des épidémies, des maladies, il fallait de suite trouver un bouc émissaire et les étrangers de tout poils étaient tout trouvés pour se voir accuser de moult crimes qu’ils n’avaient pas commis.

Vu l’époque, je leur pardonnerai leur imbécilité et leur manque de réflexion : ils n’étaient pas instruit, ils étaient crédules, qu’ils soient païens ou religieux, ne savaient pas vérifier les dire des uns ou des autres, l’Église et les nobles avaient encore tout pouvoir sur eux et pouvaient leur servir des fake à volonté puisque eux-mêmes y croyaient, bien souvent…

De nos jours, ils n’ont plus ce pouvoir, ils l’ont délégué à d’autres, mais j’ai l’impression que ♫ non, non, rien n’a changé ♪ tout tout à continué ♪ car l’Homme est toujours prompt à s’enflammer pour des futilités ou à gober ce qu’à brait l’âne du coin ou dans la télé. En 1321, ils avaient des circonstances atténuantes, eux.

Nous avions beau être dans l’Histoire, puisque le roman s’appuie sur des faits réels et une part des légendes, mais je l’ai trouvé très contemporain, moi.

Ce polar historique donnera la voix à plusieurs narrateurs, ce qui nous permet de nous balader dans le récit en suivant des personnages différents, de suivre leurs pensées, d’en apprendre plus sur eux. Ils sont humains, réalistes, avec des pensées et des actions bien de leur époque.

Pas de dichotomie dans les personnes qui gravitent dans ce roman, ils sont travaillés et si je pensais que Philip D’Acaster allait avoir un grand rôle en tant que salaud tout comme les Maîtres-Huants, ils sont resté, au final, plus en retrait que je ne l’aurais pensé. On peut toujours me surprendre, donc.

Impossible de s’embêter, je le suis gorgée des faits historiques, je me suis plongée dans le passé, me suis baladée dans les temps obscurs et tout en me gavant de l’histoire, je suis arrivée à la conclusion que cette époque n’aurait pas été faite pour moi car certaines questions sur la religion n’était pas bonnes à poser à voix haute.

L’auteure a fait aussi un super travail au niveau de l’écriture, la rendant accessible, même dans les descriptions qui, sans cela, aurait pu rendre le récit lourd. Pas de soucis, il est d’une fluidité tout en évitant un style plat.

Un polar historique qui parle de croyances, de foi, d’acceptation de la différence de l’autre, de la place de la femme en cette époque (derrière les fourneaux, évidemment, avec autant de droit qu’un animal), de crédulité, de propagande, de manipulations des foules, de fourberie (et pas de Scapin) et de jalousie.

Une LC réussie ou, une fois n’est pas coutume, Bianca et moi sommes sur la même longueur d’onde pour dire que nous avons aimé !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)  et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).