Lectio Letalis : Laurent Philipparie

Titre : Lectio Letalis

Auteur : Laurent Philipparie
Édition : Belfond (17/01/2019)

Résumé :
Oserez-vous tourner les premières pages du LECTIO LETALIS ?

Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

Critique :
Un livre qui tue ? Comme le grimoire interdit dans « Le nom de la rose » où en fait, c’était… Ah ben non, je ne vais pas vous divulguer comment le livre tuait de ce roman d’Umberto Eco !

Dans quel autre cas un livre pourrait-il nous pousser au suicide ? J’ai bien des pistes, mais pour cela, il faudrait que je balance des noms d’auteurs ou des titres de livres, et là, je serai muette comme une carpe.

La seule chose que je peux divulguer, c’est que je remercie NetGalley pour l’envoi de ce livre que la curiosité m’avait fait cocher dans leur catalogue.

Niveau marketing, l’auteur et les éditions Belfond ont bien fait leur job car ils nous proposent un titre des plus aguicheur tant il paraît bourré de mystère ou tiré d’une formule magique de Harry Potter et la couverture est plus que réussie. On le veut !

Verdict ? Mitigée. Je ne ferai pas de la critique complaisante, ce n’est pas le genre de la maison, donc, autant le dire de suite, j’ai eu l’impression de tourner en rond dans les premières parties, celles qui mettent tout en place, celles qui devraient distiller le mystère et le suspense.

Disons-le clairement, un certain côté fantastique a failli me faire tourner les talons tant il semblait peu crédible et mal abordé. Pourtant, j’aime le fantastique.

Là où je me suis embourbée aussi, c’est dans le style d’écriture de l’auteur qui était un peu trop imagé à mon goût, qui paraissait fort simpliste et j’ai eu cette sensation que je n’avançais pas dans l’histoire tant tout paraissait obscur et mal mis en scène, avec bien trop de répétitions sur les souffrances de certains personnages principaux, leurs haines, leurs obsessions.

À l’entrée du virage, le roadster manqua de perdre l’équilibre. Gabriel n’était plus en état de piloter. Sur le chemin du retour, la haine avait refait surface, sourde, incontrôlable…

D’habitude, trop obnubilé par ses démons, Gabriel ne s’associait jamais à la liesse collective ; il se contentait d’y puiser l’énergie de poursuivre son propre combat.

Mettre un seul neurone dans cette affaire risquait de l’emporter vers ses vieux démons.

Ses cheveux maintenant noués en queue-de-cheval dégageaient sa figure d’ange.

Les mèches de cheveux collées à sa peau dessinaient de fines arabesques.

Ses cheveux ruisselaient sur ses épaules.

Dommage que tout cela ait été amené de manière si malhabile. Là où le bât blesse de nouveau, c’est que, une fois de plus, le lecteur se trouve face à des flics torturés, au passé très lourd ou au caractère très entier qui donnent plus l’impression d’être des caricatures d’eux-mêmes que des personnages réalistes.

Pourtant, l’auteur est policier, il doit savoir de quoi il parle… Si ce genre de flics existent en vrai, je ne voudrais pas vivre dans leur tête. Et si un ancien SDF peut devenir policier, tant mieux pour sa réhabilitation, mais j’ai un peu coincé là-dessus.

Les parties suivantes sont plus intéressantes (après le chapitre 15), ça bouge, l’adrénaline monte, on entre mieux dans le vif du sujet et l’écriture me paraissait moins fade.

Même si on retrouve encore un peu trop de mots bateau tels que « démon(s) » pour qualifier le méchant de l’histoire, qui lui, est foiré tout à fait car il a encore moins de relief que les autres personnages, il débarque tel un cheveu dans la soupe et son portrait est tellement peu réaliste qu’il en deviendrait risible.

Albert Modéas descendit au compartiment machines. Ses pas claquaient dans l’escalier métallique comme les sabots d’un démon.

— Mes frères ! Nous avons passé ces dix dernières années à le chercher ! J’ai invoqué les démons, offert de nombreuses vies en sacrifice pour qu’il nous revienne !

— Il parle de morts et d’un démon dans la salle des machines. Ils le logeraient depuis deux jours.

Les Apprentis, c’était ainsi qu’ils s’appelaient, lui avaient révélé l’existence d’une force fabuleuse. Celle qui gouverne le monde. Un pouvoir capable de contrôler tous les pouvoirs.

Anybref, même si mon esprit cartésien a bloqué pour quelques trucs fantastiques mal abordés, j’ai tout de même ressenti le suspense dans le final, l’adrénaline a monté dans les derniers chapitres, mais je n’ai pas ressenti ce que je cherche dans un thriller : cette poussée qui vous donne envie de rester éveillée toute la nuit ou cette force qui vous empêche de poser le livre sur la table, cette puissance qui vous sort totalement de votre vie réelle pour vous emporter ailleurs.

Une lecture en demi-teinte, je m’attendais à mieux, la faute sans doute à une écriture un peu trop imagée, des répétitions sur les démons intérieurs ou extérieurs des personnages à ne plus en finir, des obsessions sur une ancienne affaire dont on ne saura pas plus, un Méchant mal travaillé, mal servi et des personnages pour lesquels je n’ai pas eu de grande empathie car pas assez explicités, sans reliefs, aux portraits trop lisses, trop habituels.

Pourtant, il y avait matière à faire un super thriller avec un pitch plus rare qu’est celui du livre tueur. L’idée était originale car différente de celle du roman de Umberto Eco et j’aime assez ce contexte du livre qui vous tue.

Les passages sur les sectes sont bien traités, même si je ne comprendrai jamais rien à cet endoctrinement et alors que nous avons des passages très simplistes, nous en avons d’autres avec de beaux moments d’écriture, avec des réflexions vraies, puissantes, le tout cohabitant comme si deux personnes avaient co-écrit le texte ou comme si l’écriture manquait encore de maturité car l’auteur se cherche et n’a pas encore défini son style à lui.

« Peut mieux faire car a du potentiel mais ne le développe pas correctement », comme pourrait écrire un prof sous un travail rendu par un élève prometteur mais qui doit s’améliorer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Jenny : Fabrice Colin

Titre : Jenny

Auteur : Fabrice Colin
Édition : Sonatine (10/11/2016)

Résumé :
Cayucos, Californie. Dans une villa au bord du Pacifique, un homme désespéré remplit un cahier noir. Dans sa cave, ligotée, une femme obèse, à peine consciente. Avant de la tuer, l’homme veut raconter son histoire.

Quelques mois plus tôt… Un an après la disparition de sa femme, le chroniqueur Bradley Hayden est détruit. Il s’étourdit dans des liaisons sans lendemain via un site de rencontres.

Un jour se présente une femme qui ne correspond en rien à la description qu’elle a faite d’elle. Jenny, 300 livres, QI redoutable, lui montre une vidéo de son épouse. April est en vie. Obéis-moi en tout, et elle le restera.

Dès lors, Bradley est contraint de suivre Jenny dans une épopée meurtrière.

Critique :
Ces derniers temps, dans mes lectures, soit c’est du très bon, soit c’est du mitigé, limite ennuyant… Et pourtant, je n’avais pas sélectionné des tocards mais des bêtes de compet.

Et bien, j’ai dû louper quelques chose d’important dans ces romans parce que celui-ci va rejoindre ma pile des « à donner » et va être oublié en deux temps trois mouvements.

Je ne suis même pas sûre d’arriver à m’en souvenir assez longtemps que pour réaliser cette petite chronique.

Ici, c’est le style assez confus du récit et le fait que je n’ai ressenti aucune empathie ou sympathie pour les différents personnages.

Comme si j’avais survolé le récit du haut de la stratosphère… Déjà, le début m’a semblé long et ennuyeux. Une fois son épouse, April, disparue, je pensais que j’allais enfin m’immiscer dans le roman, et rien n’en fut.

Après plusieurs essais désastreux, j’ai terminé le récit en le survolant, en mode pilotage automatique, ne redescendant sur terre que lorsqu’il y avait des faits importants, mais malgré cela, je me sentais perdue dans ce récit cacophonique, ne sachant plus où était le vrai du faux, soupirant devant la violence de certaines scènes et j’ai terminé ma lecture en roue libre jusqu’au final, qui ne m’a pas fait tomber de ma chaise (alors qu’il aurait dû).

Une lecture de plus à oublier, sans pour autant mettre l’auteur de côté car j’ai envie de le découvrir sur un autre roman et là, qui sait, peut-être l’étincelle tant espérée arrivera.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

 

Version officielle : James Renner

Titre : Version officielle

Auteur : James Renner
Édition : Super 8 éditions (09/02/2017)

Résumé :
Professeur d’histoire, Jack Felter revient dans sa petite ville natale de l’Ohio. Son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire.

Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux et qui a fini par épouser Tony Sanders, un psychiatre et son ancien meilleur ami. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans, et est présumé mort.

Le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans soigné pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Leur quête – sidérante – va les mener de Manhattan à des structures secrètes enfouies sous les montagnes des Catskills, pour s’achever sur une île secrète du Pacifique.

L’enjeu ? Aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler les véritables évènements de la Seconde Guerre mondiale.

Tandis que tout ce que pensait savoir Jack s’effondre, une question demeure, essentielle : est-il préférable d’oublier notre plus grande erreur, ou de se la rappeler pour ne plus jamais la commettre ?

Critique :
Jack Felter n’a rien d’un héros, rien d’un Indiana Jones, c’est juste un prof d’histoire qui revient dans sa ville natale, en Ohio, afin d’aider sa soeur à s’occuper de leur père atteint de démence et d’Alzheimer.

Je viens d’écrire ces quelques lignes et déjà j’ai des doutes en ce qui concerne ce que je viens de pianoter sur mon clavier.

Est-ce bien la réalité ou ai-je déjà été réinitialisée ??? Le calendrier me signale que nous sommes jeudi 23 mars 2017, mais depuis que j’ai dévoré ce roman, je ne me fie plus aux calendriers.

Putain, j’espère qu’on ne va pas faire un bon en arrière dans le temps car je n’ai pas envie de refaire ma journée de travail ! Merde quoi !

Si vous lisez ce roman (et je vous le conseille), laissez une fois de plus vos certitudes à la porte et laissez-vous emporter par le récit qui risque de vous laisser choir votre mâchoire à un moment donné.

Sur le moment, j’ai pensé à voix haute « Hé oh, faut pas pousser bobonne dans les orties, là, surtout quand elle n’a pas de petite culotte », j’ai même failli déposer le roman – bête que j’aurais été – quand je me suis souvenue que j’étais dans de la fiction, de la science-fiction, ou dans une sorte d’uchronie dystopique.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Tout était normal…

Si vous êtes amateur de grand complot mondial, ce roman est pour vous ! Si ce genre de couillonades vous faire sourire doucement, ce roman est pour vous aussi car il risque de vous divertir et de vous faire réfléchir.

Souvenez-vous de vos cours d’Histoire reçus à l’école, qui, comme vous l’avez sûrement remarqué, ont tendance à changer de version au fil des générations ou selon la personne qui s’approprie le fait historique.

D’ailleurs, lorsque je découvre toutes les faussetés historiques qu’on nous a fait gober à l’école, je me dis que l’Histoire est souvent un beau mensonge arrangé par les vainqueurs.

Ici, vu la théorie,  je dois dire que l’auteur a une sacrée paire de couilles pour reprendre des faits historiques mondiaux tels que ceux abordés dans ce roman et de les coupler avec une tragédie américaine post  année 2000.

Et vous savez le pire ? C’est que ça marche du tonnerre ! Tout se goupille l’un dans l’autre et la sauce prend sans avoir besoin d’en faire des tonnes pour vous la faire avaler.

Si j’ai ricané au départ devant ce que je pensais être un truc de fou, je n’ai plus ri ensuite et j’étais tellement absorbée par l’histoire que j’aurais bien tout lâché pour finir le roman de suite. 430 pages, tout de même, ça fait un sacré morceau.

Oui, absorbée je l’étais ! Normal, l’écriture était agréable, les personnages bien campés, diversifiés, réalistes, le mystère et le suspense montent doucement pour ne plus vous quitter ensuite et jusqu’au dernier moment vous vous accrochez à ces pages comme si votre vie en dépendait.

Ce roman qui mélange l’uchronie et la dystopie risque de vous laissera pantois devant ces théories dignes d’un conspirationniste mais qui, dans la trame du roman, restent tout à fait réalistes. Elles s’intègrent parfaitement au récit et on prend tout comme si de rien n’était.

Oui, j’ose le dire, moi qui suis une grande septique et dont les théories des conspirationnistes ou les Grands Complots Mondiaux me font toujours ricaner.

Un roman divertissant et troublant, même si dans le fond, je sais que ce n’est pas possible… Quoique… J’ai des doutes, là, subitement !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Zootopie : Byron Howard et Rich Moore [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 17/52]

Zootopie est le 135e long-métrage d’animation et le 55ème « Classique d’animation » des studios Disney réalisé par Byron Howard et Rich Moore.

Entièrement réalisé en images de synthèse, le film est une comédie policière et un buddy movie sorti en salles en 2016.

1. Synopsis :
Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia !

Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …

2. Fiche technique :

  • Titre original : Zootopia
  • Titre français : Zootopie
  • Réalisation : Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush (en)
  • Scénario : Jared Bush
  • Production : John Lasseter et Osnat Shurer (en)
  • Sociétés de production : Walt Disney Pictures et Walt Disney Animation Studios
  • Société de distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International
  • Pays d’origine : États-Unis

3. Voix originales :

  • Ginnifer Goodwin : le lieutenant Judy Hopps
  • Jason Bateman : Nick Wilde
  • Idris Elba : le chef Bogo
  • J. K. Simmons : le maire Leodore Lionheart
  • Jenny Slate : l’adjointe au maire Dawn Bellwether
  • Nate Torrence : l’officier Benjamin Clawhauser
  • Shakira : Gazelle
  • Octavia Spencer : Mrs Otterton
  • Bonnie Hunt : Bonnie Hopps
  • Don Lake : Stu Hopps
  • Tommy Chong : Yax
  • Raymond S. Persi : Flash

Ce que j’en ai pensé :
Vous voulez que je vous le dise vraiment ? Vous n’avez pas une toute petite idée ? Non ?

Super génial ! Franchement, j’ai kiffé ce film qui tue sa race… Pardon, je me laisse aller…

S’il y a une chose que j’adore, dans un dessin animé, c’est l’anthropomorphisme (des animaux qui se comportent comme des humains) des personnages, ce qui permet de réaliser une satyre sur les travers humains sans que cela pue la morale à plein nez.

De plus, ici, nous avons une enquête menée par la nouvelle policière : Judy Hopps, la première lapine à intégrer le corps de police.

Notre petite lapine a vu son rêve d’enfant se réaliser, elle est flic, mais elle a du mal à trouver sa place au milieu des gros prédateurs que constitue le corps de police. Quant aux herbivores qui s’y trouvent, ce sont des éléphants, des rhinocéros, des buffles…

Alors, une lapine ! Oui, ça l’fait pas… foutons-là aux contraventions !

Judy Hoops est une rêveuse, une idéaliste, une naïve qui débarque à la grande ville, venant de son bled perdu et qui croit que tout va aller.

Les personnages sont bien dessinés, même si ce sont des images de synthèse. Ils font « vrais », ont des mimiques humaines et animales (les oreilles en arrière) et possèdent tous nos défauts.

Je reviendrai sur nos travers après vous avoir parlé un peu de l’enquête : des animaux ont disparus mystérieusement et leurs familles ne sait pas où ils sont passés.

Pendant que tous ses collègues bossent sur les plus importants, Judy fout des contraventions pour stationnement. Rien ne va plus, elle fait semblant que oui, mais elle comprend que le ville n’est pas ce qu’elle pensait.

Après la poursuite d’une Belette voleuse (oui, j’ai toujours les mauvais rôle dans les films), Judy va faire le forcing et le chef Bogo va lui donner le dossier de la loutre disparue.

L’enquête est bien menée – même si Hopps est victime de sa fougue, souvent – avec du suspense, du mystère, des indices à récolter, des théories à échafauder, des pistes à suivre, des gens a arrêter… et notre Hopps va être aidée par un renard, le roublard Nick Wilde qui n’a pas eu trop le choix.

Nick, c’est mon préféré ! Sa dégaine est top, sa chemise va bien à la couleur rousse de son poil et ses magouilles valent leur pesant de cacahouètes. De plus, il appelle sans cesse Judy « Carotte ». Un couple d’enquêteurs explosif parce que différent au possible.

Nick, lui, il est blasé de la vie, il sait qu’elle ne lui apportera rien de bon. Il est cynique, roublard, manipulateur, et les préjugés, il les connait et les subit avec philosophie : puisque tout le monde dit qu’on ne peut pas faire confiance aux renards, qu’ils sont voleurs, alors, pourquoi se donner du mal à détromper les gens ??

Judy, elle, elle veut aider les gens, elle veut changer le monde, elle est naïve mais aussi souvent prompte à en dire trop et à se ramasser une veste lors de son enquête. Sans oublier que l’enfer est pavé de bonnes intentions et Judy en fera l’amère découverte.

Niveau travers humains des personnages, ils sont les mêmes que nous : la peur de l’autre, surtout de la minorité (ici, les prédateurs dont certains retournent à l’état sauvage).

On le voit surtout dans une scène, dans le métro, où une maman attire ses enfants plus près d’elle car elle a peur d’un tigre, peur de ce qu’il pourrait lui faire si jamais… comme nous regardons certains de travers lorsqu’ils montent dans un métro avec un sac de voyage.

Comme chez nous, on peut aussi instrumentalisé la peur des autres, faire en sorte que les événements confirme nos dires. Ce ne serait pas la première ni la dernière fois qu’un pays (un Gouvernement, un groupuscule) instrumentalise lui-même une attaque pour justifier ensuite la sienne.

Le moustachu d’Allemagne l’avait fait : déguisant des soldats allemands avec des uniformes polonais, il les fit attaquer un poste allemand pour ensuite pouvoir attaquer la Pologne. « C’est vrai quoi, c’est la Pologne qu’avait commencé ! » (ironie)

Et voilà comment on manipule les gens. Propagande, qu’on appelle ça et elle marche toujours à plein pot, hélas.

Si les personnages de Judy et Nick sont les principaux, ils ne sont pas les seuls à être bien travaillés.

J’ai adoré Flash, celui qui bosse à l’administration et qui est un… paresseux !

Je ne me suis pas ennuyée une seconde dans ce film – regardé en V.O STFR – où, sans avoir de grands éclats de rire, j’ai eu des grands sourires, des petits pincements au cœur de nous voir si bien représenté dans nos travers honteux, les décors sont magnifiques, les personnages bien travaillés, les expressions aussi, le suspense est bien dosé, le mystère aussi.

Il y a des surprises, des retournements de situations, de l’humour dans les dialogues, de la roublardise, des moments « so cute » et des remise en question des personnages qui vont évoluer durant la durée du film.

Bref, une véritable réussite ! Un animé que l’on regarde en famille ou seul, avec ou sans mojito dans la main, mais avec un immense plaisir, ça, c’est sûr !

Mais… je n’ai pas ressentit des émotions comme les animés de Disney me donnaient, avant…

« Le roi lion » m’avait fait pleurer, « Rox et Rouky » aussi, comme « La belle et le clochard ».

Ce que je veux dire, c’est qu’il y avait des émotions brutes dans les anciens animés, ils n’avaient pas peur de faire chialer les moutards que nous étions. Et je ne vous parle pas du traumatisme que fut Bambi !

Maintenant, faut-il faire pleurer les gosses ou pas ? Vous me ferez 4 pages pour lundi, merci.

En attendant, ne boudons pas le plaisir de ne pas pleurer !

Étoile 4

Le « Challenge US » chez Noctembule et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

Code 93 : Olivier Norek [LC avec Stelphique]

Titre : Code 93                                                            big_4

Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon / Presse Pocket (2014)

Résumé :
Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au coeur de la violence banalisée et des crimes gratuits. Une série de découvertes étranges, un mort qui ouvre les yeux à la morgue, un toxico qui périt par auto-combustion, l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3. Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…

Petit Plus : Écrit par un lieutenant de police, 93 Code zéro se singularise par une authenticité qui doit tout à l’expérience de son auteur ; cette plongée dans un monde où se côtoient aménagement urbain et manipulations criminelles au sein des milieux politiques et financiers nous laisse médusés.

Critique :
♫ Ça balance pas mal Seine-Saint-D’nis, ça balance pas mal… ♪  Le 93… Ce n’est pas un lieu où j’aurais envie de passer mes vacances, ou de le visiter. La Plaine-Saint-Denis du Club Dorothée, c’est loin.

Ami du polar, au revoir ! Ami d’un Derrick classique, prends tes cliques. Amateur de Lescaut-Navarro, détale plein pot.

L’auteur ne fait pas dans le policier classique et nous sommes loin des séries télés du samedi soir ou de celles avec des lunettes de soleil et des tests ADN à foison. Ici, nous sommes les deux pieds dans la réalité.

Quoi de mieux qu’un flic pour nous parler des roussins ? Et monsieur Norek le fait avec brio et avec trio… Non, zut, avec un quatro de policiers bien campés (quatuor, ça ne rimait pas).

Ça commence un peu comme sur l’étal d’une boucherie avec la saucisse du gars ficelée comme un rôti et les deux boulettes absentes (parties sans prévenir la direction).

L’enquête démarre de suite, les policiers s’égarent, cherchent, trouvent, avancent un peu, reculent… Le tout avec de l’humour noir et une bonne dose de camaraderie.

— On commence par les tours nord et on fera retour par les sud.
— Tu te la joues pisteur indien? C’est où, le nord?
— Lève les yeux et cherche les paraboles sur les fenêtres, elles sont toutes dirigées vers le sud, c’est une constante. Maintenant que tu sais où est le sud, ça va aller pour trouver le nord?
— À tes ordres, Pocahontas.

— On va rejoindre deux équipes des compagnies d’intervention pour passer la cité au Kärcher.
— Attention, tu parles aussi mal qu’un président.
— Casse-toi, pauvre con.

Ça se lit tout seul, les chapitres s’enchainent, ça se déchaine, on ne s’embête pas, on trace sa route dans les immeubles tout pourris du 93, on évite de marcher sur les seringues ou les capotes.

Durant la lecture, en plus de bien aimer le récit, l’envie d’aller boire un verre avec ces flics a grandit de plus en plus en moi. Mais pas dans le 93, s’il vous plait !

Dans ce roman, c’est le réalisme qui te pète à la gueule. T’es dans la cité, mec, alors fais profil bas et perds pas de vue qu’ici, tu n’es pas le bienvenu. On sent que l’auteur a mis ses tripes et ses connaissances dans ce roman.

Tu trembles, tu sais des tas de choses que les policiers ne savent pas encore, mais ça change rien à l’affaire, tu sais qu’il manque une pièce du puzzle et que celle-là, tu la verras pas arriver avant la fin du livre.

Une fois le puzzle reconstitué, là, tu te prendras un coup dans le plexus. Et ça fait maaaaal. Mais t’as bon.

Un roman où les Poirot, Holmes, Columbo, Navarro et autre n’ont pas le droit de citée (warf warf warf). Une équipe de choc qui t’emmène au bout de l’horreur, une plume qui te tire des mots à la vitesse d’une balle sortant d’un révolver.

Un roman coup de poing dans ta gueule, mais coup de cœur aussi.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

unnamedImpressions de Stelphique :

Pourquoi je l’ai choisi :
L’idée de la lecture commune avec Cannibal Lecteur, était presque une évidence, tant on savait que ce thriller avait bonne impression, et saurait satisfaire notre soif d’hémoglobine. Je vous laisse apprécier:

« Jamais auparavant dans sa carrière de médecin légiste elle n’avait utilisé l’expression « délabrement périnéal massif ». (p10)

Synopsis :
Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits.

Une série de découvertes étranges – un mort qui ouvre les yeux à la morgue, un toxico qui périt par autocombustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…

Écrit par un lieutenant de police, 93 Code zéro se singularise par une authenticité qui doit tout à l’expérience de son auteur ; cette plongée dans un monde où se côtoient aménagement urbain et manipulations criminelles au sein des milieux politiques et financiers nous laisse médusés.

Les personnages:
Victor Coste est un chef de meute. Un vrai flic comme on espère le voir sincèrement sur le terrain. Il tient à bout de bras son équipe, à moins que ce ne soit l’inverse… Reste que le point fort de ses personnages, c’est cet esprit de communion, d’entraide.

C’est bel et bien le groupe qui révèle chacun d’entre eux, et les font briller à leurs avantages. Un Camion, une Tique, un Don Juan , Une Poigne, chacun devra trouver sa place pour s’imposer et mener jusqu’au bout ,une enquête hors du commun.

« Voilà qui ne voulait rien dire. Comment fait-on peur à un flic du 93? » (p209)

Ce que j’ai peut-être le plus apprécié, en fait, c’est tous ses personnages. Il sont si humains. On se surprend à les comprendre tous, à (presque) pardonner chacun de leurs gestes (même les plus désespérés). La fiction est largement dépassée, tous pourraient s’inviter dans notre entourage. L’auteur doit avoir une incroyable empathie, pour nous donner tant d’humanité dans son imaginaire.

Ce que j’ai ressenti…Totalement bluffée, complètement charmée…..
La Seine Saint Denis n’est pas le quartier le plus tranquille de la France, que ce soit le flic où l’auteur en lui qui nous parle, on sent une volonté de coller à la réalité, de nous faire voir les coulisses de la police, de nous montrer la Vérité, toute la Vérité sur une des zones les plus bouillantes de l’Hexagone.

– On va rejoindre deux équipes des compagnies d’interventions pour passer la cité au Karcher.
– Attention, tu parles aussi mal qu’un président.

On a ici, toute la qualité de l’œil avisé et habitué du flic, avec des scènes qui prennent forme derrière nos paupières, mais on a aussi le talent d’un écrivain qui nous sert un thriller de haute voltige!

Je peux vous dire que j’ai accroché dès le prologue (enfin… Après avoir failli y laisser, une odeur de bile…) , mais que plus on avance, plus la tension, le suspense, la qualité de son intrigue s’intensifie, pour nous donner un final parfait et maitrisé.

Merci d’avoir fini sur une note aussi poétique en l’honneur de tous ses Invisibles. Le code 93 n’aura plus de secret, on se posera seulement la question de son existence ou pas.

Si la noirceur est, forcement, dans ses pages, l’humour est aussi de la partie. C’est appréciable! Les petites notes ici et là, permettent de rafraîchir un sujet aussi lourd. La petite note de « surnaturel » est pour moi, la cerise sur le gâteau.

On se régale de voir l’engouement journalistique pour le sensationnel, et c’est avec un grand sourire, que j’ai aimé voir les mots tels que: Zombie, auto combustion etc (no spolier) …..L’auteur, si réaliste, joue avec des codes « aux frontières du réel », et c’est joliment mené.

« Alors au boulot, « Fox Mulder ». » (p86)

Le 9-3 a mauvaise réputation en France. Dans ce livre, ça se confirme. Je n’irai pas y réserver mes vacances. Je me dis que si l’auteur s’est engagé à ne dire que la vérité, alors, ma confiance aux « hautes stratosphères » ne va pas s’améliorer. Mais c’est quoi le problème des Hommes avec le Pouvoir????!!!! Mais pourquoi leurs pires bassesses ressortent dès qu’un profil de « trône » se présente???!!!

Dans ses pages, j’ai été bouleversée plus que je ne le pensais, car on delà du thriller, c’est un authentique policier qui nous offre son regard sur la France d’aujourd’hui….Et c’est très déstabilisant!!!!!

Certaines strates sont trop élevées pour que la Justice vienne y jouer les alpinistes.

– Va pour le diable. » (p257).

En bref, c’est sans surprise que je vais vous dire que c’est un coup de cœur ! Une lecture très intense, rondement bien menée, et délicieusement réelle.

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Ma note Plaisir de Lecture  10/10

 

 

BILAN - LC réussie - OK

Les apparences : Gillian Flynn

Apparences - Flynn

Titre : Les apparences                                              big_4

Auteur : Gyllian Flynn
Édition : Sonatine (2012) / Livre de Poche (2013)

Résumé :
Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi.

Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée.

Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal.

Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

POLAR - Apparences trompeusesCritique : 
-‭ ‬Accusé Yvan,‭ ‬levez-vous et expliquez aux lecteurs ici présent votre crime ‭ !
-‭ ‬Une fois de plus,‭ ‬votre Horreur,‭ ‬j’ai conseillé un super roman à Belette.
-‭ ‬Vous connaissez son addiction aux super livres et pourtant,‭ ‬vous la poussez à la faute‭ ? ‬C’est un comportement criminel,‭ ‬ça,
-‭ ‬Que voulez-vous,‭ ‬votre Hobbit,‭ ‬elle aime ça…‭ ‬Résister à la tentation pour mieux y succomber‭ !
-‭ ‬Bon,‭ ‬faudrait pas que ça devienne une habitude,‭ ‬tout de même‭ !
-‭ ‬Je pense que je risque encore de me retrouver dans la position de l’accusé,‭ ‬votre Saigneur.‭ ‬Pour elle,‭ ‬je suis un dealer et ma came,‭ ‬c’est que de la bonne‭ ‬:‭ ‬des super livres même pas coupés,‭ ‬purs à sang pour sang.‭ ‬Trop tard pour elle,‭ ‬elle va devoir se shooter avec mes coups de cœur.‭

Oui,‭ ‬vous l’aurez deviné,‭ ‬je dois encore cette lecture à l’ami Babelien,‭ ‬Yvan,‭ ‬qui rit sous cape,‭ ‬le gredin.‭ ‬Même pas mal,‭ ‬on me l’avait prêté,‭ ‬ce livre.

Le pitch ‭ ? ‬Amy a disparu et Nick se trouve fort dépourvu…‭ ‬Surtout que sa disparition coïncide avec leur‭ ‬5ème anniversaire de mariage.‭

Le mariage, c’est des compromis et des efforts, et encore des efforts, et de la communication, et des compromis. Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance.

‬La police débarque,‭ ‬l’enquête piétine et les regards se tournent vers Nick ‭ ‬:‭ ‬serait-il pas un peu coupable,‭ ‬celui-là ‭ ?? ‬Surtout qu’il y a des lacunes,‭ ‬des blancs,‭ ‬des contradictions dans ses explications sur son emploi du temps du matin de la disparition.‭ ‬

Et puis,‭ ‬les extraits du journal d’Amy offerts aux lecteurs ne sont pas tendres avec lui.‭ ‬Si jamais les flics tombaient sur le journal intime d’Amy…‭ ‬Oups.

Les médias en ajoutent et voilà Nick sur la sellette…‭ ‬Pourtant,‭ ‬il clame son innocence mais son comportement n’est pas en adéquation avec ce qu’il dit.‭ ‬Alors,‭ ‬coupable or not coupable ‭ ?

Sincèrement,‭ ‬je m’attendais à une entourloupe de la part de l’auteur,‭ ‬mais pas de cette manière là‭ ! ‬On peut dire qu’il m’a bluffé durant toute la première partie du roman avant d’abattre son jeu,‭ ‬révélant une main gagnante.

Il n’y a que dans mes lectures que j’aime me faire mener en bateau,‭ ‬que l’auteur joue avec mes pieds et de me raconte des carabistouilles ‭ ‬:‭ ‬la surprise n’en est que meilleure,‭ ‬surtout lorsque tout le récit est cohérent et bien ficelé,‭ ‬comme ici.

Ma surprise,‭ ‬je l’ai eue durant la première partie ‭ ‬:‭ ‬je m’étais faite mon idée sur Nick et Amy,‭ ‬et puis,‭ ‬bardaf,‭ ‬insidieusement j’ai ramassé une claque dans ma poire.‭ ‬Une sacrée claque‭ !

L’avantage de ce récit,‭ ‬pour ceux qui ne le sauraient pas encore,‭ ‬c’est que les chapitres sont alternés‭ ‬:‭ ‬un écrit par Nick,‭ ‬le mari et un autre par l’épouse disparue,‭ ‬Amy‭ (‬des extraits de son journal intime,‭ ‬du moins,‭ ‬dans la première partie‭)‬,‭ ‬ce qui fait que nous en apprenons un peu plus sur ce couple pour le moins étrange ‭ ‬:‭ ‬la perte de leur emploi,‭ ‬leurs problèmes financiers,‭ ‬leur déménagement dans un bled paumé,‭ ‬ville d’enfance de Nick,‭ ‬leurs problèmes de couple,‭ ‬l’enfance d’Amy,‭ ‬dans l’ombre du personnage de‭ « ‬l’épatante Amy »‬,‭ ‬une sorte de double d’elle-même,‭ ‬mais en mieux,‭ ‬créé par ses parents,…

C’est une responsabilité injuste qui accompagne l’état d’enfant unique – vous grandissez en sachant que vous n’avez pas le droit de décevoir, vous n’avez même pas le droit de mourir. Il n’y a pas de remplaçant pour accourir après vous ; c’est vous, et point. Ça vous donne un besoin irrépressible d’être parfait, et vous vous enivrez du pouvoir qui va avec. C’est de cette étoffe-là qu’on fait les despotes.

La seconde partie fait la part belle aux circonstances qui ont fait que Amy a disparu et aux conséquences de sa disparition sur son mari ‭ ‬:‭ ‬perte de crédibilité,‭ ‬accusation de meurtre,‭ ‬les médias qui le clouent au pilori,‭ ‬le monde entier qui le juge,‭ ‬la police qui le regarde de plus en plus de travers,…

Les médias ont saturé l’univers juridique. Avec Internet, Facebook, YouTube, les jurys impartiaux, ça n’existe plus. On ne part jamais de zéro. 80, 90 % d’une affaire se décide avant même d’entrer dans une salle d’audience.

C’est un véritable tour de force de l’auteur que d’alterner les personnalité de ses deux narrateurs,‭ ‬variant le style,‭ ‬comme si le récit était vraiment écrit par deux auteurs de sexe différent.‭

Flynn joue avec nos pieds,‭ ‬nos nerf,‭ ‬nous fait douter,‭ ‬on ne sait plus à quel saint se vouer ni à qui se fier.‭ ‬Et les chapitres s’enchainent sans que l’on ait envie de lâcher la brique de‭ ‬690‭ ‬pages,‭ ‬surtout que la seconde partie est diabolique d’ingéniosité.‭ ‬Là,‭ ‬fallait un esprit pervers pour concocter un truc pareil.

Suspense,‭ ‬secrets,‭ ‬mensonges,‭ ‬trahisons,‭ ‬manigances,‭ ‬critique des médias qui font ou défont toute une vie,‭ ‬cynisme,…‭ ‬Tout est bon dans ce roman et je me suis surprise plusieurs fois à insulter un certain personnage.

Et la fin ‭ ? ‬J’aurais aimé une autre,‭ ‬mais celle-ci est encore plus diabolique que celle que j’aurais voulue,‭ ‬parce qu’elle prouve que le plus culotté est le gagnant…

Je n’ai rien d’autre à ajouter. Je voulais simplement m’assurer que j’avais le dernier mot. Je trouve que je l’ai bien mérité.

Du tout grand art,‭ ‬ce livre‭ !

Les gens aiment bien s’imaginer qu’ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu’ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu’elles connaissent leurs maris.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), du « Challenge US » chez Noctembule et de Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand Prix des Lectrices ELLE « Policier »).

CHALLENGE - À tous prixCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)CHALLENGE - mois americain

1984 : George Orwell

Titre : 1984                                                         big_4

Auteur : George Orwell
Édition: Folio (1972)

Résumé :
L’origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s’est inspiré de Staline pour en faire son « Big Brother », figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l’URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.

Mais Orwell n’oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures…

Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c’est la richesse des personnages, qu’il s’agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir…

C’est aussi cette « novlangue », affadie et trompeuse, destinée aux « proles », et ces formules de propagande (« L’ignorance, c’est la force ») scandées par des foules fanatisées et manipulées. 1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d’expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.

Critique :
Que dire de nouveau après 203 critiques sur Babelio ? Que depuis l’incident avec la grosse curieuse NSA, les ventes du livre ont augmenté de… 7000% ? Comme quoi, tout le monde veut en savoir plus sur Big Brother…

Big Brother n’est pas vraiment un système de surveillance, c’est surtout le portrait d’un homme avec des grosses moustaches qui fait curieusement penser à Staline.  Sa tronche est présente partout en Océania.

Océania ? Nouveau Club Med ? Non ! Un Régime Totalitaire dans toute sa splendeur qui nivelle à mort par le fond. Même la télé réalité n’arriverait pas à faire aussi bien qu’eux parce que nous possédons encore le libre arbitre de la regarder ou pas.

Sûr que ce livre m’a fait dresser les cheveux sur la tête ! Quand je vous dis que c’est un régime « totalitaire », vous pouvez me croire, on frôle même la perfection, la machine est bien huilée, style rouleau compresseur et vu d’ici, la mécanique me semble sans faille.

Observons là de plus près…. L’espion qui espionne les espions, c’est nous. En cas de problème, le terminal de l’aéroport en Russie nous servira de Terre Promise !

A Océania, on surveille tout le monde derrière des écrans et pour votre intimité, vous repasserez ! Une sorte d’écran de PC ou de télé au mur qui voit tout.

A Océania, l’ennemi d’hier devient le super pote du lendemain et on efface des « journaux » le fait qu’on ait été en guerre avec lui durant quelques années. La population ne doit pas savoir, elle doit oublier.

Oh, pardon, les journaux ne sont pas en vente libre dans le kiosque du coin, mais disponibles aux archives et constamment remis à jour.

Winston, notre « z’héros », est chargé, avec d’autre, de changer les infos des journaux que la population n’a jamais eu l’occasion de lire. Le tout pour le bien de l’Histoire.

Quand je dis que l’on nivelle par le bas, on y va à fond et même Nabilla a plus de mot de vocabulaire que leurs dicos. Fini les synonymes et les antonymes, on utilisera « bon » ou « inbon » et « plusbon »… Les dictées de Pivot seront insipides… pardon, en Novlangue, c’est « inbon ».

Le sexe ? Bientôt comme chez les animaux d’élevage : pour assurer la pérennité de la race, quand au plaisir… Quel plaisir ?? « Orgasme » ne se trouve pas dans leurs dictionnaire.

Vous faites un pas de travers ? On peut vous dénoncer, surtout votre famille, vos enfants… déjà bien conditionné, les moutards ! Pffffttt, vous serez vaporisés et votre nom disparaîtra aussi. Existence zéro.

A Océania, à 7h du mat’, on vous réveille grâce à l’écran et c’est parti pour une séance de gym tonique  style « Véronique et Davina » mais sans elles, sans les jolies poitrines qui dansent, sans le sourire, mais avec la sueur et les injonctions : « Élève Winston, touchez vos pieds avec vos mains, mieux que ça ! ».

Tout est manipulé et la population gobe tout comme des oies au gavage… Les mensonges sont répétés et deviennent Vérité Historique. Sont gravés, quasi.

C’est pas le cas dans notre société ? Non ? Z’êtes bien sûrs ? Je suis tracée avec mon GSM, mon abonnement aux transports en commun, le PC du boulot, mon PC personnel aussi car Obama lit mes critiques que la NSA surveille de près, je dois être sur la liste rouge parce que tout à l’heure, j’ai dit à mon collègue que… Hé, non, je ne vais pas l’écrire, sinon, je vais monter en grade à la NSA !

Pharmacie ? Idem avec la carte SIS (Vitale en France), si vous avez une carte « GB-Carrefour », ils savent même ce que contient votre panier de ménagère de moins de 50 piges !

Caméras par-ci, caméras par-là… Les JT ne nous disent pas tout, on ne sait rien, les gouvernements nous mentent, les banques et assurances aussi, les lobbys contrôlent tout et certains osent même affirmer que la croissance va remonter… Une bonne nouvelle pour faire plaisir à la masse, comme dans le livre ??

Si le roman est assez long à lire et à certain moment « lourd », il faut s’accrocher afin d’arriver jusqu’au bout. Je l’ai lu par petites doses.

Dans « L’épée de vérité », Richard Rahl était le caillou dans la mare. Winston sera-t-il ici le grain de sable qui vient gripper la grosse machine bien huilée ou se fera-t-il prier d’aller voir sur la plage s’il n’y a pas de pavé en dessous ?

À l’heure ou nos gouvernements stockent nos données, nos messages, nos conversations téléphoniques dans un but « sécuritaire » (mon cul !), à l’heure ou Oncle Sam regarde par-dessus notre épaule, entassant un max de données qu’il ne saura jamais traiter, qu’avons-nous fait de notre indignation ?

Diantre, Frigide Barjot n’était pas là pour s’offusquer de l’œil de Washington ? D’ailleurs, les manifestants des derniers temps ne sont pas là pour crier que les bornes ont des limites ??

Le mariage joyeux, non, l’espionnage à grande échelle, oui !

Orwell, relève-toi, on se laisse faire comme des moutons à l’abattage !

Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Meurtres pour rédemption : Karine Giebel

 Titre : Meurtres pour rédemption

Auteur : Karine Giebel
Édition : Presse Pocket

Résumé :
Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.

Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.

Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l’esprit au-delà des grilles. Grâce à l’amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.

Pourtant, un jour, une porte s’ouvre. Une chance de liberté.

Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n’aspire qu’à la rédemption…

Critique : 
Ami lecteur/trice, si tu cherches un roman dégoulinant d’amour, de bons sentiments, de guimauve, de joie et de bonheur, rempli de Bisounours, de preux chevaliers, de jolies princesses et tout et tout, et bien, je n’ai qu’un mot à te dire « Casse-toi de ce livre, pauv’lecteur ! »©.

Pour les autres, bienvenue à CARCÉRAL LAND, le pays d’où on ne s’évade qu’avec des rails de coke… Le pays de la violence gratuite, l’univers impitoyable des matonnes et de des prisonnières, une jungle où il faut écraser les autres pour ne pas se faire écraser soi-même.

Ici, une seule loi, celle de la plus forte. Ici, l’omerta règne en maître. Ici les coups pleuvent, la brutalité se promène dans les couloirs et peut vous tomber à tout moment, de manière arbitraire ou pour délit de « ta tête qui ne me reviens pas ».

A Carcéral Land, la devise pourrait être celle qui était gravée sur le fronton des Enfers, dans « La divine comédie » : Lasciate ogne speranza, voi ch’entrate – Vous qui entrez, abandonnez toute espérance.

Ami lecteur, vous qui entrez dans ce roman noir, attendez-vous à prendre des coups sans possibilité de les rendre, attendez-vous à vous faire remuer les tripes, à les sentir se nouer, à avoir envie de hurler, à avoir vos yeux qui picotent plusieurs fois, à avoir envie de flinguer un tas de gens et à penser jouer le remake de « La grande évasion » pour Marianne.

Ami lecteur, je vous conseille de respirer un grand coup avant d’entamer votre lecture parce que la plongée sera rude et la remontée laissera des séquelles.

Ici, c’est du noir de chez noir ! Du chocolat à teneur cacao de 90% (© jeranjou). Noirceur, ténèbres, mais de temps en temps, un rayon de soleil viendra vous éclairer… et vos yeux en pleureront. De joie ou de douleur.

Attendez-vous aussi à avoir, durant votre lecture, un autre avis sur les maisons d’arrêt ! Je vous explique…

Dans la première partie, nous sommes dans une maison d’arrêt, en compagnie de Marianne. Elle a vingt ans et elle a pris perpète pour plusieurs meurtres.

« Bien fait pour sa gueule ! » criera la société bien pensante, vous et moi avec. Pourtant, ce n’est pas en enfermant un fauve qu’on va réussir à le calmer… La prison ne rend personne meilleur. Du moins, les exceptions sont rares.

Pour le restant de ses jours, Marianne n’aura pour seul horizon que les barreaux de sa cellule. « Bien fait pour sa gueule, l’avait qu’à pas tuer ! » criera la société bien pensante, vous et moi avec.

C’est une meurtrière, elle est indomptable, incontrôlable, violente… Daniel Bachman, le gradé et seul homme de cette maison d’arrêt féminine le sait, lui qui l’a souvent collée au mitard après l’avoir rouée de coups.

« Bien fait pour sa gueule, faut les mâter, ces délinquantes ! » criera la société bien pensante, vous et moi avec.

Pourtant, Justine, une des matonne, sait que Marianne n’est pas si mauvaise que ça et que si on la traite correctement, elle ne vous mordra pas. De plus, brutaliser quelqu’un, ça n’a jamais fait revenir les morts…

Le roman vous plonge dans cet univers carcéral plus que dur, plus que noir, plus que violent, où tous les coups bas sont permis (j’me répète, si jamais certains n’avaient pas bien compris) et durant toute ma lecture, j’ai souffert avec Marianne, cette adolescente qui, malgré ses crimes, est attachante. J’ai aimé son caractère frondeur, fier et borderline.

Fière, mais étant accro aux cigarettes et à l’héroïne, sans un sou en poche, pour obtenir ses deux vices, elle n’aura pas d’autre choix que de s’agenouiller devant le maton Daniel pour fumer son cigare personnel en échange.

En isolement – à cause de son caractère violent qui a causé la mort d’une surveillante dans la prison précédente -, sans visite, sans amour, méprisée, incomprise, battue et humiliée par une matonne surnommée « La Marquise » (en référence à Sade, c’est vous dire le degré de sadisme), obligée de se prostituer pour obtenir des cigarettes, Marianne a déjà entamé sa descente aux enfers depuis des lustres. On descendra avec elle.

Heureusement qu’elle a pratiqué les arts martiaux, cela peut vous aider en prison, parce que des coups, elle en donnera, mais elle en recevra plus que son compte. Certains matons abusent un peu trop de leur statut et de leur force. Il est facile de tabasser une personne qui ne peut se défendre car blessée ou entravée par des menottes.

Durant ma lecture, j’ai pensé à ce qui s’était passé dans des camps, quand les surveillants abusent de leur supériorité sur les détenus et en profitent pour les brutaliser, les avilir, les considérant comme moins que de la merde. Le contexte n’est pas le même, mais le résultat final l’est : le fait de traiter des humains pire que des bêtes.

Vous me direz que les prisonniers des camps étaient innocents, alors que ceux dans les maisons d’arrêt, non. Que les surveillants dans camps étaient des sadiques et que les matons des prisons ne font que leur boulot.

Et moi je vous dirai « Qu’en savez-vous de qui est innocent et de qui ne l’est pas ? ». Je n’ai pas précisé de quels « camps » je parlais… Imaginez que les soldats du pays envahisseur X se retrouvent dans un camps de prisonnier du pays envahi Y…

Les prisonniers du camp ne sont pas si innocents que cela puisque c’est l’envahisseur. Les autres ont-ils le droit de les battre comme des plâtres et de se comporter comme le fit l’envahisseur ? Non. Sinon, ils se descendront à leur niveau et moi, je refuse de me mettre à ce niveau.

C’est ce que j’ai compris en lisant le livre. Marianne a mis un peu plus de temps à le comprendre, elle qui reproduira le comportement de ceux qu’elle méprise sur une pauvre prisonnière qui arrivera dans sa cellule.

Pourtant, Marianne n’a pas toujours été le monstre que la société bien pensante dit. Orpheline élevée par ses grands-parents avares d’amour, elle n’a jamais rêvé que d’intégrer l’équipe nationale de karaté, rêvé de liberté et de voyages en train. C’est tout ce qu’elle voulait, c’est tout ce qu’on lui a refusé.

Bien qu’elle assume ses crimes, elle les considère comme des accidents ou des dérapages. Et c’est à cause de « La Marquise » que Marianne franchira une fois de plus la ligne rouge. Un accident, un malheureux accident qui ne serait jamais arrivé si La Marquise avait fait son boulot au lieu d’aller provoquer Marianne.

La vengeance des matons est terrible quand on s’en prend à l’un des leurs. Marianne en avait déjà fait les frais avant. Pourtant, si les deux surveillantes amochées avaient fait leur travail au lieu de lui chercher des poux, rien de tout cela ne serait arrivé.

Ce que j’ai apprécié, c’est que l’auteur nous présente Marianne tantôt en monstre, tantôt en victime. Pas de dichotomie « elles sont méchantes, les prisonnières, elles sont gentilles, les matonnes ».

Les salauds sont des deux côtés de la barrière, et chacun alterne avec son côté sombre de la Force. Et je peux vous assurer que des salauds, il y en aura à l’extérieur, en totale liberté ! Bien pire que les détenues. En col blanc, eux.

Marianne, elle est victime de ses failles, de sa soif d’amour, de ce corps qui sait trop bien se battre, de son trop plein de frustration.

Incapable de ne pas provoquer l’autre, elle sait que son plus grand ennemi n’est autre qu’elle-même. Malgré sa colère et sa haine, elle doit apprendre à se maîtriser, à contrôler ses pulsions meurtrières et vengeresses. Elle est capable d’aimer et d’avoir de l’amitié aussi.

J’ai aimé son histoire avec Daniel, le surveillant qui, de tortionnaire, va devenir le défenseur de cette enfant sauvage.

Le seul qui a réussi à la dompter, à canaliser ses peurs, ses provocations.  Le rayon de soleil de toute cette noirceur.

Ici, ami lecteur, de l’amour tu trouveras quand même, mais pas à la sauce Harlequin… Ce que tu obtiens, tu le paieras au prix fort et on t’en fera baver. N’oublie pas que tu en Enfer et que tes espérances ont fichu le camp.

Dans la seconde partie, on offrira à Marianne le moyen de racheter ses crimes… La descente aux enfers sera encore pire dans cette partie là et mon coeur s’est serré de nombreuses fois, ouvrant les vannes des yeux. Après le soleil, c’est la pluie…

Marianne va souffrir et elle comprendra peu à peu qu’elle est seule responsable de ses actes, qu’elle seule est à l’origine de ce qui lui arrive.

Un livre qui ne m’a pas laissée indifférente, qui m’a fait réfléchir, pleurer, qui m’a serré les entrailles, me laissant le souffle coupé, le mot « non » bloqué plusieurs fois au fond de ma gorge.

Un livre coup de poing.

Ici, tout n’est que béton…

Pourtant, là-bas, dans un coin, le béton s’est fendu, laissant apparaître de la terre. Terre prête à accueillir une graine qui donnera peut-être une fleur ou mieux, un arbre !

J’ai terminé cette lecture anéantie, les yeux picotant étrangement, mes tripes nouées, retournées.

Après une telle lecture, j’ai ouvert un vieux Picsou Magazine. Bizarrement, j’ai trouvé qu’Oncle Picsou était perfide, les Rapetou sordides, que Daisy était cynique, et que Donald était un canard violent…

Non, après un tel roman, on s’arrête de lire durant quelques jours…

Bienvenue à Carcéral Land, le pays d’où on ne s’évade jamais tout à fait.

Et comme le chantait Renaud dans sa « Balade Nord Irlandaise » :

♫ Je voulais planter un oranger
Là où la chanson n’en verra jamais
Il a fleuri et il a donné
Les fruits sucrés de la liberté ♪

Titre participant au Challenge   « Thrillers et polars » de Liliba.