Rêver : Franck Thilliez

Titre : Rêver

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Pocket Thriller (11/05/2017) – 630 pages

Résumé :
Psychologue réputée pour son expertise dans les affaires criminelles, Abigaël souffre d’une narcolepsie sévère qui lui fait confondre le rêve avec la réalité.

De nombreux mystères planent autour de la jeune femme, notamment concernant l’accident qui a coûté la vie à son père et à sa fille, et dont elle est miraculeusement sortie indemne.

L’affaire de disparition d’enfants sur laquelle elle travaille brouille ses derniers repères et fait bientôt basculer sa vie dans un cauchemar éveillé… Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Critique :
Abigaël… Encore un personnage de Thilliez qui pourrait aller porter plainte, vu comment son père littéraire l’a affligée de problèmes de santé : narcolepsie et cataplexie, sans oublier que lorsqu’elle rêve, elle a l’impression que c’est la réalité. 

Bon, moi aussi, lorsque je rêve, je pense que c’est réel, même si j’arrive à l’école en pyjama et en charentaises, juchée sur un vélo à trois roues. Alors que je ne vais plus à l’école depuis longtemps (ils m’ont donné mon diplôme), que je porte pas de pyjama, ni de charentaises et que je ne fais plus de tricycle. Pour moi, c’est réaliste.

Oui, mais moi, une fois réveillée, je sais que j’ai rêvé, Abigaël non ! Elle ne sait plus où est la réalité et où est le rêve ! La merde, tout de même, lorsqu’on est psychologue et que l’on aide les policiers dans des affaires sordides d’enlèvements d’enfants.

Hé oui, pas de petit assassin pèpère avec monsieur Thilliez ! Que des grandes poitures du crimes, du vice, du glauque, de l’horreur, de ceux qui se creusent la tête pour mettre en scène leurs saloperies et donner des cauchemars au parents des disparus et aux lecteurs.

Une fois de plus, l’auteur est arrivé à construire un véritable page-turner, avec des chapitres se finissant sur des cliffhanger et dont l’ordre n’est pas chronologique. Pas de stress, il y a une ligne du temps au-dessus qui vous indiquera à quel moment nous nous trouvons (on joue sur une ligne du temps de 7 mois).

Attention, vu que Abigaël ne sait plus où est la réalité, ni quand elle rêve, vous risquez quelques surprises. Faudrait juste pas en abuser…

Si le scénario est addictif et que les mystères semblent insolubles, les problèmes sont venus d’ailleurs : Abigaël, justement ! Difficile de la trouver sympathique, difficile d’entrer en phase avec elle, car j’avais l’impression qu’elle manquait de réalisme, de profondeur, bref, qu’elle était fausse. Sa maladie l’handicape lorsque l’auteur en a besoin et lui fout une paix royale si cela n’est pas nécessaire. Un peu facile.

Abigaël est intelligente et pourtant, elle n’a pas vu ce qui m’a crevé les yeux (trois choses importantes qui m’ont sauté aux yeux). En même temps, si elle les avait remarqué plus tôt, le cours du récit en eut été changé. De toute façon, une fois que j’avais éliminé l’impossible, ce qui me restait, aussi improbable que ça, était la vérité et bingo !

Un autre écueil, ce fut les explications finales, qui m’ont semblées être un peu limite, trop vite expliquées, trop vite expédiées et ensuite, on n’en parle plus. Et cette arme sortie dans la panique, ce tir, cela m’a semblé être le truc en trop, celui qui fout en l’air tout le scénario.

Puis le final, qui se termine abruptement, comme ça, pouf. Le deus ex machina qui vient au secours de l’héroïne qui se trouve dans une situation inextricable ? C’est moyen. Les ficelles étaient plus grosses dans ce roman et je les ai aperçues un peu trop facilement.

Anybref, je ne dis pas que ce thriller est mauvais, juste que je l’ai moins apprécié que d’autres du même auteur, qu’il ne m’a pas emporté comme les autres et que la séduction habituelle n’a pas eu tout à fait lieu. Il est addictif, je l’ai dévoré sur deux jours, mais la vague ne m’a pas emportée comme je le pensais.

Pas grave, il me reste encore quelques romans de l’auteur à découvrir et pour vibrer, comme j’ai l’habitude avec lui.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°28] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

La capture – Yvonne Chen 02 : Nicolas Lebel

Titre : La capture – Yvonne Chen 02 (Qui sème les coups récolte la vengeance)

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Le Masque (23/03/2022)

Résumé :
Morguélen. Un nom funèbre pour une île bretonne giflée par les vents. Un terrain idéal pour la lieutenante Chen, lancée dans une traque sans merci. Dans son viseur : des tueurs à gages insaisissables, les Furies, déesses du châtiment.

Mais à l’heure de la rencontre, la partie pourrait bien compter plus de joueurs qu’il n’y paraît. Et quand le prêtre de cette île du bout du monde entre à son tour dans la danse, une seule certitude demeure : quelqu’un va mourir.

Jeu de miroirs à huis clos, le nouveau roman de Nicolas Lebel entraîne le lecteur dans une course échevelée où tout n’est qu’ombres et reflets. Porté par l’humour et l’ingéniosité inégalables du lauréat du Prix des lecteurs du Livre de Poche, La Capture impose Nicolas Lebel comme l’une des voix les plus brillantes du thriller français.

Critique :
Si Dave avait écrit sa lettre à Hélène, exilée sur l’île Morguélen, pas sûr que ça aurait eu le même effet qu’un exil  aux îles des Kerguelen.

Parce que Morguélen (mêle si ça rime super bien avec Helen) se situe en Bretagne et que, ce n’est pas le bout du monde !

♪ Quelle idée, ma douce Hélène, de t’exiler sur l’île Morguélen ♫ (ou comment pourrir votre journée en vous collant la chanson dans la tête).

Bon, on ne va pas se mentir, Yvonne Chen n’est pas mon personnage préféré ! Malgré son caractère de cochon, sa voie éraillée et sa tronche de grenouille, je lui préfère, et de loin, le Capitaine Mehrlicht.

La lieutenante Chen est froide, antipathique au possible, imbuvable et si ça coince de la sorte entre nous, c’est sans doute parce que c’est une femme. Bizarrement, une telle froideur, ce manque d’empathie qu’elle a pour les autres, je pense que ça passerait mieux avec un mec. Me demandez pas pourquoi, docteur.

Chen m’a fait l’effet dune poêle Tefal : déjà que tout glisse sur elle, sans attacher et moi, je ne me suis pas attachée à elle non plus.

Cela ne m’a pas empêché de passer un moment rempli de suspense et de mystère avec notre flic au caractère de merde, qui, poursuivant les assassins de son collègue, va mener son enquête sur la petite île de Morguélen, sorte de trou perdu qui ne s’anime que durant les périodes de vacances.

Moi, je me méfie toujours des petits coins paumés qui semblent super calme, lorsque je lis un roman policier ou un thriller ! C’est bien souvent au moment où débarque notre personnage que le taux de mortalité explose en masse et que l’insécurité règne en maîtresse de maison.

Comme aux échecs, notre Chen va devoir avancer sur un échiquier dangereux, sans savoir où se trouvent les Furies, tandis que de l’autre côté, deux flics de l’OCLCH avancent, eux aussi, à pas de loup, sans savoir si l’homme qu’ils espionnent est un criminel de guerre ou pas.

N’ayant jamais joué aux échecs autrement qu’avec Ron Weasley (on a les références que l’on peut), je sais tout de même que parfois, pour gagner, il faut savoir sacrifier des pions importants…

Dans ce roman, les apparences sont trompeuses et même si j’ai vite deviné où se trouvait la couille dans le pâté, je manquais de certitudes pour affirmer avoir raison.

Comme avec un iceberg, je n’avais trouvé qu’une petite partie, ce qui était immergé, je l’ai découvert au fur et à mesure, me faisant avoir comme une bleue ! Génial, il y avait des surprises dans la surprise du Kinder© !

Non, non, ce n’était pas une saloperie de salmonelle, rassurez-vous, vous pourrez déguster le roman sans risque. C’est comme une sorte de double effet Kiss Cool (pour les plus anciens qui ont passé l’âge des Kinder) et l’explosion finale en bouche pour la fin. Là, je vous garantis que je n’avais rien vu venir !

Si le roman possède moins d’humour que dans ceux consacrés aux enquêtes du Capitaine Mehrlicht, l’auteur ne sera jamais avare de bons mots, de situations cocasses (notamment avec les chansons de Johnny), de vérités vraies, de mettre en scène ses potes auteurs (Claire Favan, Alexis Laipsker, Mazza et de mettre Norek à la Pléiade)…

Et puis, on ne s’y embête pas, le rythme, sans être trépidant, ne nous laisse pourtant pas le temps de flâner et de cueillir des fleurs. La preuve, j’ai lu ce roman en même pas 24h. Une fois qu’on est plongée dedans, c’est comme dans une piscine, on n’a pas envie d’en sortir.

Un scénario bien trouvé, qui laisse la place aux surprises, au suspense, aux mystères et qui se termine d’une manière inattendue, ce qui relance les dés pour le prochain épisode, si suite il y a… C’est intelligent de la part de l’auteur. Un twist génial.

Mon seul bémol sera pour Yvonne Chen, qui n’aura pas le prix de la sympathie du public, ni des collègues, ni celui de la politesse, mais je pense qu’elle s’en moque comme de ma première paire de chaussettes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°260] – Dernière du challenge.

La renaissance des héros Marvel – Tome 9 – Wolverine : Mark Millar, John Romita Jr et Jason Aaron

Titre : La renaissance des héros Marvel – Tome 9 – Wolverine

Scénaristes : Mark Millar et Jason Aaron
Dessinateur : John Romita Jr

Édition : Panini Comics – Panini Family (2019)

Résumé :
Cet album présente deux sagas d’exception mettant en scène le mutant griffu. Dans Ennemi d’Etat, écrite par Mark Millar, le scénariste de Civil War et de Kick-Ass), Wolverine devient le redoutable adversaire des super-héros Marvel.

Sous l’emprise de la Main, Wolverine accomplit sa mission à coups de griffes… Un X-Man y laissera même la vie ! Une saga menée tambour battant.

Puis Logan fait face à la terrible Mystique dans une course poursuite impitoyable.

Contient les albums US Wolverine (2003) 20 à 25: « Enemy of State », Wolverine (2003) 62 à 65: « Get Mystique ! ».

Critique :
Une fois de plus, j’ai fait une bonne pioche dans cet album de la collection « Marvel – La Renaissance », acheté 2,99€, pour plus de 200 pages d’action rythmée.

Wolverine, je l’avais surtout découvert dans les films et depuis le début, j’ai eu un faible pour ce personnage (pas que pour lui) qui n’est pas lisse, qui possède des zones d’ombres et qui n’a rien d’un boy-scout.

Moins causant et moins blagueur que Deadpool, ces deux super-héros possèdent pourtant tous les deux un facteur auto-guérisseur important.

Dans cet album, en voulant aider une personne dont le fils à été enlevé par erreur, Logan se fait piéger et après un lavage de cerveau (plus fort que de lui faire visionner la saga des anges de la télé), le voici devenu l’ennemi numéro Un !

Ce n’est pas la première fois que des scénaristes nous pondent ce genre de récit : un super-héros qui se trouve du côté des gentils, se fait retourner et le voici passé du côté des méchants, s’attaquant à tout le monde, tuant des super-héros, des civils, des innocents…

Dans le cas de Wolverine, cela donne un récit qui se déroule pied au plancher et durant tout cet épisode, le suspense sera toujours présent et le rythme ne diminuera jamais.

Le dessinateur offre aux lecteurs des planches agréables à regarder, assez sombres, et les scènes de combats sont très bien exécutées. Et des combats, il va y en avoir beaucoup.

La seconde histoire concerne Wolverine et la Schtroumpfette : Mystique ! On va apprendre où ils se sont connus, comment, ainsi que la traque de Logan afin de retrouver la belle bleue et de mettre fin à ses jours. Amusant et violent, tout de même.

En bref, un bon album pour ceux et celles qui aiment l’homme aux griffes en adamantium, son caractère irascible, qui veulent le découvrir en grand méchant, mettant toute sa violence pour contrer les autres super-héros (les bons), lui qui est tout de même une arme et le meilleur dans sa partie.

Parfois, on retourne votre arme contre vous et c’est un autre que votre doigt qui presse la gâchette…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°197].

Voyage au bout de l’enfance : Rachid Benzine

Titre : Voyage au bout de l’enfance

Auteur : Rachid Benzine
Édition : Seuil Cadre rouge (07/01/2022)

Résumé :
Fabien est un petit garçon heureux qui aime, le football, la poésie et ses copains, jusqu’au jour où ses parents rejoignent la Syrie.

Ce roman poignant et d’une grande humanité raconte le cauchemar éveillé d’un enfant lucide, courageux et aimant qui va affronter l’horreur.

Critique :
C’est ce qu’on peut appeler une lecture bouleversante, bourrée d’émotions fortes et remplie de tristesse.

Comme quoi, on peut faire un roman court, mais intense. Comme quoi on peut, en 96 pages, nous montrer une partie de l’horreur du régime islamique de Daesh, ainsi que l’inhumanité des camps de réfugiés.

Sans trop de préambules, l’auteur nous plonge directement dans la vie d’un couple de français qui se sont convertis à l’Islam et sont ensuite parti en Syrie, combattre pour Daesh et pour vivre dans ce qu’ils pensent être le paradis sur Terre pour les musulmans.

Las, je pense que même l’Enfer est mieux que ce qu’ils découvrent au fur et à mesure. Le problème est qu’ils ont un enfant, Fabien, devenu Farid, qui lui, n’a rien demandé. Notre garçon aime le foot et surtout la poésie. Lui, tout ce qu’il voudrait, c’est revenir en France, retrouver ses grands-parents, ses copains et son prof, Monsieur Tannier.

Hélas, l’État Islamique veut faire de lui un assassin, un enfant soldat, un égorgeur, un tueur, un parfait soldat du Djihad et au pire, un martyr qui se fera sauter avec une ceinture d’explosifs.

Ce court roman montre combien il est facile d’embrigader les gens, de leur mentir, ou tout simplement de leur laisser se faire un film tout seuls, pensant dur comme fer que là où il vont aller, ils seront mieux, qu’ils seront respectés, compris, qu’ils pourront vivre leur nouvelle foi de la meilleure manière qu’il soit.

Faux et archi faux, sauf si vous avez vraiment l’âme d’un assassin et que cela vous fait kiffer d’égorger du mécréant, de les assassiner, de les torturer…

Raconté du point de vue du petit Fabien/Farid, qui va passer quelques années chez les fous furieux de Daesh et ensuite, finir dans un camp de réfugiés, ce petit roman est encore plus intense, puisque raconté à hauteur des yeux d’un enfant qui ne comprend pas ce qui lui arrive et qui se raccroche à la poésie pour ne pas sombrer.

Si les passages chez Daesh sont violents, horribles et inhumains, l’auteur fait en sorte de ne pas sombrer dans le pathos inutile, racontant simplement ce qu’il en est chez eux, le traitement réservé aux femmes devenues veuves et aux enfants, que l’on endoctrine.

Les passages consacré à la vie dans un camp de réfugiés sont tout aussi violents, rempli d’inhumanité, de délations, de privations, de manque d’hygiène, de tortures, mais jamais l’auteur ne fait l’erreur de surdoser l’indicible, sans pour autant nous édulcorer ses propos.

L’équilibre est parfait, ni trop, ni trop peu. Le résultat est que votre âme se liquéfie, que votre coeur se brise en pensant à tous ces enfants de nos pays qui sont toujours enfermés là-bas, nos populations (et nos dirigeants), ne voulant pas qu’ils reviennent, puisqu’ils sont partis.

Oui, mais ce sont des enfants, personne ne leur a demandé leur avis, personne ne s’est soucié d’eux. Les laisser mariner dans de telles conditions, dans de tels endroits, les abandonnant à leur triste sort, c’est peut-être prendre le risque que leurs convictions, celles qu’on leur a enfoncé de force dans le crâne, ne s’ancrent un peu plus, faisant d’eux, ensuite, des parfaits petits terroristes, ivres de vengeance.

Un roman poignant, court et intense. On pourrait trouver qu’il est trop court, j’aurais aimé en apprendre plus, surtout avec la plume de cet auteur qui est allé visiter des camps, qui sait de quoi il parle.

Un petit concentré d’émotions fortes qui m’a brouillé la vue à bien des moments.

Le Messie du Darfour : Abdelaziz Baraka Sakin

Titre : Le Messie du Darfour

Auteur : Abdelaziz Baraka Sakin
Édition : Zulma (2016)
Édition Originale : Masīḥ Dārfūr (2012)
Traduction : Xavier Luffin

Résumé :
« C’était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s’appeler Abderahman. »

Avec son prénom d’homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le cœur grand, qui l’a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout.

C’est un jour de marché qu’elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l’armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l’aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix.

Formidable épopée d’une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, le Messie du Darfour est une histoire d’aventure et de guerre, une histoire d’amitié et de vengeance qui donne la part belle à l’humour et à la magie du roman.

Critique :
♫ Pour vouloir la belle musique ♪ Soudan mon Soudan ♫ Pour un air démocratique ♪ On t’casse les dents ♫

À la lecture de ce roman, on comprend que l’auteur ait dit l’avoir écrit afin d’expulser sa peur de la guerre…

Cette lecture, je la dois à ma copinaute Rachel. Voulant découvrir l’auteur avant notre LC, j’ai tenté le coup avec ce roman inclassable et bizarre et ça a matché entre nous.

Pourtant, ce n’était pas gagné ! Déjà, il y a peu de dialogues, l’auteur écrivant les paroles des personnages en les intégrant dans le récit. Habituellement, je déteste ça, ça me pompe l’air.

Là, il m’a fallu un certain temps avant de me rendre compte que les dialogues étaient quasi inexistants. Un bon point si je ne l’ai pas remarqué de suite, cela veut dire qu’ils étaient bien intégrés au texte.

Le récit semble suivre une ligne bien à lui, pas vraiment de fil rouge entre les récits, si ce n’est qu’ils sont arrivés à des personnages du récit, à des époques différentes et qu’ils permettent d’éclairer la situation politique du Soudan, ainsi que les années de guerre, les massacres, les exactions des rebelles, les différentes ethnies, la situation géopolitique du pays, l’antagonisme entre les Noirs et les Arabes, le racisme, l’esclavagisme…

Le Darfour est complexe, faut pas croire que vous comprendrez tout de cette région après avoir lu le roman, mais cela vous éclairera un peu. Sachez que cet auteur s’est exilé et que ses écrits sont interdits au Soudan. Là-bas, ils circulaient sous le manteau.

Dans ce roman, il n’y a pas de choses joyeuses, certains passages sont assez durs, violents et l’on donnerait bien n’importe quoi pour que jamais cela ne nous arrive. Malgré la dureté de ces scènes, l’auteur évite le voyeurisme et le pathos.

L’écriture de l’auteur est belle, c’est un excellent conteur, même si, de temps en temps, on ne sait pas trop où il va nous conduire, ni ce que cache la partie avec le messie. Cette partie-là est un peu plus mystique. Plus déroutante.

Mon bémol sera que ce roman donne l’impression que l’auteur n’est pas allé au fond des choses, qu’il a lancé beaucoup de pistes, sans jamais aller les terminer, ou les explorer un peu plus.

Cela donne une impression d’avoir survolé les choses, les faits, l’Histoire du Soudan et que le tout n’a pas été achevé… Dommage, il y avait tant à nous apprendre.

Bizarrement, malgré ce bémol, j’ai apprécié ma lecture (oui je sais, cherchez pas docteur) et que je compte bien découvrir l’autre roman de cet auteur.

À vous de voir si vous l’ajouterez à votre wish ou si vous passerez votre chemin. Pour ma part, je ne suis pas mécontente d’avoir ajouté un auteur soudanais à mon planisphère. J’ai trop peu d’auteurs africains dans mes biblio et je tente de corriger cela, lentement, mais sûrement.

Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Soudan).

Batman vs Deathstroke : Christopher Priest, Carlo Pagulayan, Ed Benes et Roberto Viacava

Titre : Batman vs Deathstroke

Scénariste : Christopher Priest
Dessinateurs : Carlo Pagulayan, Ed Benes et Roberto Viacava

Édition : Urban Comics DC Rebirth (2019) / Urban Comics Editions (2021)

Résumé :
Au cours d’une enquête sur le vol de documents illégaux, Batman apprend une terrible nouvelle : Damian ne serait pas son véritable fils. Les tests ADN semblent indiquer qu’un autre redoutable combattant serait son géniteur : Deathstroke, l’exterminateur !

Décontenancé par cette révélation, le Chevalier Noir va devoir retrouver Slade Wilson et le forcer à avouer la vérité sur ce retournement de situation.

Critique :
Damian, je ne suis pas ton père ! Damian, ton père est un autre que moi…

Ah, les tests ADN ! Quel bordel ils peuvent foutre dans les vies des gens. Ici, un test ADN indique que Damian, le fils de Batman, ne serait pas son fils, mais celui de Deathstroke. La bombe !

Je connais une femme qui est heureuse qu’on ait prouvé que l’amant de sa mère était bien son père biologique… Il est un ancien roi qui ne fut sans doute pas content que ses dénégations soient mises à mal, la preuve affichée noir sur blanc : il était son père.

Bref, ça doit la foutre mal aux réunions de famille, ce genre de test. Pour moi, c’était l’occasion de découvrir un album de Batman pour pas cher (4,90€) et de faire la connaissance avec Slade Wilson, dit Deathstroke, celui qui a inspiré Deadpool (Wade Wilson).

De Deathstroke, je ne connaissais rien, de Batman, un peu plus. Tous les deux sont des combattants hors pair et cet antagonisme sur leur paternité supposée ou non, va les faire s’affronter dans quelques combats très esthétiques.

J’aurais dû prévoir des aspirines car la vie familiale et privée de Deathstroke est des plus complexe, digne d’une série américaine des années 80. Entre son ex-femme, ses divers enfants, les vivants et le décédé, ses anciennes conquêtes, j’ai parfois perdu pied.

Pas facile non plus de replacer dans le fil de l’histoire les interventions de Robin sur son passé, sur ses griefs contre Batman… J’avoue avoir dû faire quelques allers-retours afin de tout bien intégrer. Les ellipses ne m’ont pas facilitées la tâche non plus.

Cet album ne se déroule pas de manière linéaire et il faut rester concentré, comme le lait du même nom.

N’ayant pas non plus de grandes connaissances de l’univers de Batman (je connais le principal), je me suis parfois perdue dans les différents Robin qui l’ont épaulé.

Toutes ces choses m’ont un peu empêché de profiter pleinement de cette lecture, obligée que j’étais de faire des pauses, de revenir en arrière, de réfléchir.

Non, ce n’était pas une lecture facile, mais au moins, j’en ai eu pour mon argent ! Les dialogues n’étaient pas de pacotille, il y avait de l’action, du suspense, des mystères, le tout porté par des dessins superbes, dont ceux des combats entre Batman et Deathstroke.

Néanmoins, c’est un album à réserver aux fans de comics, de Batman ou de Deathstroke. Vu la complexité des personnages et des multiples intrigues, il faudra que je le relise plus tard, pour le plaisir et pour tenter de comprendre plus.

Avant, je réviserai mon « Petit Deathstroke sans peine ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°149] et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°31].

Durango – Tome 18 – L’otage : Yves Swolfs et Giuseppe Ricciardi

Titre : Durango – Tome 18 – L’otage

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Giuseppe Ricciardi
Édition : Soleil (17/11/2021)

Résumé :
Durango sauve deux américains poursuivis par des pistoléros mexicains, maîtresse et conseiller financier d’un homme fortuné, John Glazer qui gère ses investissements au Mexique depuis son hacienda de Tucson. Le fils de Glazer est retenu prisonnier par les guérilleros qui exigent une rançon pour sa libération. Glazer charge Durango de ramener son fils à Tucson.

Critique :
Durango fait partie de mes chouchous en matière de western, au même titre que Blueberry ou Undertaker. Après 5 ans de diète, le retrouver dans une aventure procure une joie immense.

La couverture, très belle, très attirante, avec un Durango aux yeux plissés, chevauchant, l’air déterminé, en compagnie de bandits mexicains, m’avait fait monter la température dans la librairie.

Hélas, j’attendais trop de mon Durango et il n’a pas été à la hauteur, que ce soit au niveau du scénario, très basique ou des dessins de Iko, à la ramasse pour cet album, alors que je les avais appréciés dans le tome 17.

Les couleurs manquaient de chaleur, alors que nous sommes au Mexique et j’ai trouvé les traits des visages un peu brouillons, surtout celui de Durango. La couverture a été composée par son père de toujours, Swolfs, mais les planches d’Iko n’ont pas été à la hauteur.

Le scénario est classique : des bandits mexicains, un trésor, un fils à papa enlevé et détenu en otage, le paiement d’une rançon et personne qui ne fait confiance à l’autre.

Ce qui me gêne le plus, ce n’est pas le côté conventionnel de l’histoire, mais la manière dont elle est racontée : sans piments, sans pep’s, sans ce qui faisait le sel d’un Durango de la première heure.

À voir si la suite de cet album m’offrira plus de profondeur, des surprises et des dessins un peu plus agréables que ceux que le dessinateur nous livre dans ce nouveau tome.

Swolfs se concentre sur les scénarios, mais déléguer les dessins à d’autres n’est pas toujours une riche idée. Les albums étaient plus soignés lorsque l’auteur assurait la totale, nous offrant alors de beaux dessins et des bons scénarios.

Durango, reviens-moi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°108 Bis], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°103] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther : Christopher Priest & Reginald Hudlin

Titre : La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther

Scénaristes : Christopher Priest & Reginald Hudlin
Dessinateurs : Collectif

Édition : Panini Comics (04/06/2019)

Résumé :
T’Challa, la Panthère Noire, règne sur le Wakanda éternel. Ororo, alias Tornade, est la X-Woman considérée comme une déesse au Kénya.

Les deux héros se connaissent depuis l’adolescence et forment l’un des couples les plus puissants de l’univers Marvel.

Critique :
Black Panther faisant partie de mes chouchous, j’ai profité de l’offre à 2,99€ pour m’offrir cette anthologie regroupant plusieurs aventures de T’Challa.

La première histoire, « Sturm und drang : une histoire d’amour et de guerre » était des plus intéressantes à lire.

Le scénario ne manquait pas de profondeur avec cette guerre qui menaçait, T’Challa qui devait jouer au diplomate (mais ne l’étais pas) et ces complots entre plusieurs puissances pour foutre le chaos.

Mon seul bémol ira pour le narrateur qui avait tendance à m’embrouiller plus qu’autre chose avec ses commentaires.

Les dessins étaient très agréables pour les yeux.

L’autre histoire importante, c’est celle du mariage entre T’Challa et Tornade, dont j’avais déjà lu une partie de l’histoire dans « Je suis Black Panther ». Ce ne fut pas un soucis de relire l’histoire, cela m’a permis de mieux l’ancrer dans ma mémoire.

Là aussi les dessins sont agréables, les couleurs vives et on n’a pas le temps de s’embêter car ce mariage n’est pas un mariage ordinaire : deux personnages super-héros qui vont convoler ensemble, deux personnages puissants, deux personnages apparentant à des groupes différents, le tout sur fond de pré-Civil War puisque Iron Man est pour le recensement et le Captain, contre. Ça fume déjà entre eux deux !

Anybref, ce recueil est à réserver aux fans de Black Panther, ou à ceux et celles qui voudraient découvrir le personnage sans vouloir se farcir les anthologies.

Pour le prix vendu en magasin (en neuf !), on n’est pas volé sur la marchandise : il y a de quoi lire durant un bon moment et occuper ses longues soirées d’hiver pendant que la pluie tombe dehors.

Les soeurs de Montmorts : Jérôme Loubry

Titre : Les soeurs de Montmorts

Auteur : Jérôme Loubry
Édition : Calmann-Lévy (25/08/2021)

Résumé :
Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri.

Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme.

Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ? Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?

Critique :
Julien Perrault, flic, est allé chercher le calme dans le trou du cul de la France : Montmorts.

Là, il se dit qu’il va être pépère tranquille dans ce commissariat dont l’affaire la plus importante est un habitant qui cherche à la biblio un livre qui n’existe pas, d’un auteur qui n’existe pas et qui traite la bibliothécaire de salope.

Lui comme moi, nous nous attendions à débarquer dans un village peuplé de bouseux, sans électricité, sans wifi, avec des routes qui datent des guerres napoléoniennes et nous en avons été pour nos frais : le village est pimpant, bien pourvu, loin des décors collant habituellement aux idées que l’on se fait d’un trou perdu.

Pourtant, notre flic va passer une journée en enfer, ne sachant plus où donner de la tête, tel un John McClane (les muscles et les explosions en moins) ne sachant pas ce qu’il va lui arriver ensuite car il n’a pas lu le scénario, tout en se disant que s’il avait été au 36 Quai des Orfèvres, il aurait passé des journées plus paisibles !

Ce roman policier surfe allégrement avec le fantastique, limite surnaturel et jusqu’à l’explication finale, on se demande bien ce qui a pu arriver à certains habitants de Montmorts pour avoir le cerveau vidé de la sorte.

Auraient-ils tous regardé une chaîne de télé qui proposerait plus que du temps de cerveau à une boisson pétillante ? Nul ne le sait, mais j’ai eu beau faire fumer mes méninges, imaginer tout et n’importe quoi, je n’ai jamais réussi à trouver avant que l’auteur ne me foute le nez dedans.

L’auteur n’a pas peur de jouer avec ses lecteurs, de les entraîner là où l’on ne s’y attend pas, de nous mettre le cerveau à néant, de nous faire danser selon son tempo à lui et de laisser planer le doute, jusqu’au bout, sur côté surnaturel ou non de son récit.

Il m’aura juste manqué un petit quelque chose : durant tout mon récit, je ne me suis attachée à aucun personnage, ils auraient pu tous mourir sans que cela m’en touche une (de corde sensible). Dommage, cela aurait été un petit plus bien agréable que de vibrer en ayant peur pour leur vie.

Au moins, l’auteur a préféré donner plus de présence, d’épaisseur au village de Montmorts, faisant de lui un personnage à part entière, un protagoniste muet, mais bien présent et qui nous offre quelques atmosphères bien angoissantes de par ses lieux étranges er rempli de superstition ou d’anciens faits guère reluisants.

L’auteur a réussi à bien doser le  rythme de son récit, sans qu’il ne soit trop rapide ou trop lent, sans perte de régime, relançant la machine du mystère et du suspense sans trop en faire (et ça marche !), me donnant envie d’arriver au bout pour enfin savoir tout sur tout !

Il n’a pas succombé aux sirènes des actions rocambolesques dans le but de tenir son public en haleine, même si, durant le roman, nous aurons quelques scènes de folie, mais pas dans le but d’en rajouter, tout s’expliquera à la fin.

Si vous en avez marre de vous faire manipuler par les banquiers, assureurs, politiciens et autre prometteurs de beaux jours, venez vous faire manipuler par Jérôme Loubry : ça vous coûtera moins cher. Au moins, vous aurez le plaisir de dire, avec un grand sourire : putain, il m’a bien eu !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°69].

La renaissance des héros Marvel – Tome 4 – Captain America : John Ney Rieber et John Cassaday

Titre : La renaissance des héros Marvel – Tome 4 – Captain America

Scénaristes : John Ney Rieber et Ed Brubaker
Dessinateurs : John Cassaday et Ed McGuinness

Édition : Panini Comics Panini Family (2019)

Résumé :
Captain America est le pilier de l’univers Marvel, celui vers qui se tournent les autres héros en cas se doute. Mais que se passe-t-il lorsque la Sentinelle de la Liberté se met à douter ?

Découvrez-le dans deux récits cultes mettant en scène Steve Rogers qui, après avoir affronté des terroristes, devra en découdre avec le Soldat de l’Hiver.

Critique :
Poursuivant ma découverte des super-héros en version comics, je suis tombée sur cette édition avec Captain America.

Les dessins me plaisaient bien, les couleurs aussi, alors, dans mon panier !

Une chose est sûre, pas de regrets. Après avoir lu avec attention les pages d’introduction, après avoir noté ce que cette édition nous conseillait de lire afin de découvrir Captain America, je me suis plongée dans les 2 histoires se trouvant dans ce recueil.

La première parlait de terrorisme et se déroulait post 11 septembre 2001. La seconde était consacrée à Crâne Rouge et à la disparition de Bucky, le compagnon d’arme de Captain durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le Captain n’est pas un personnage si lisse que ça, il a ses défauts, il sait faire preuve de violences, même s’il est contre la torture et qu’il essaie de ne pas faire plus de mal qu’il n’en faut. Ce qui est difficile lorsque l’on combat dans un conflit mondial ou contre des terroristes, les dégâts collatéraux sont souvent inhérents à l’action.

Dans ce comics, la violence n’est pas présente à toutes les pages, sans pour autant que le récit vire à celui des Bisounours, mais les auteurs n’ont pas fait dans la surenchère.

Pas de sang (ou si peu), pas de tripes à l’air, bref, c’est propre, même si c’est tout de même sous-entendu (le boum de a personne qui a marché sur une mine).

Sans être une connaisseuse du Cap, rien qu’en ayant vu les films, je ne suis déjà plus vierge de son univers et pas besoin d’avoir révisé pour comprendre ces deux récits qui ont le mérite d’être clairs, nets et précis.

Mon seul bémol sera pour le fait que les quelques phrases prononcées par les soldats allemands ne sont pas traduites et pour le bruitage des mitraillettes : « budda budda » ou « krak ». Bon, les bruiteurs étaient en grève, sans aucun doute… Cela ne nuit pas à la qualité du récit, cela m’a juste fait sourire dans un moment qui ne s’y prêtait guère.

Deux histoires du Cap qui m’ont entraînées dans son univers, avec peu de temps morts (même si nous avons des moments plus calmes), les mystères bien présents, une enquête afin de savoir qui se cache derrière certaines éliminations de Grands Méchants et l’ombre de Bucky qui plane sur les pages (ben oui, j’ai vu les films).

Une bien chouette découverte !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°27].