Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne (18/04/2018)
Édition Originale : Blackwing (2017)
Traducteur : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Sous son ciel brisé, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois des profondeurs.

Au cœur de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes aguerri, il est chargé de retrouver une femme aux pouvoirs mystérieux, qui semble avoir mis au jour un inquiétant secret. Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien.

Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…

Critique :
Alors que j’ai des piles de livres qui attendent depuis des lustres d’être lus, celui-ci n’a pas fait long feu dans mon HAL.

La couverture superbe me l’a fait sortir un peu plus vite, de plus, j’avais envie de me replonger dans de la fantasy.

Si j’en ai lu assez bien, cela faisait longtemps que je n’avais plus plongé dedans.

De plus, les critiques pour ce roman étaient plus qu’élogieuses, alors, je me suis dit que qui ne risquait rien n’avait rien.

Le voyage fut-il bon ? Non, j’ai manqué de me faire zigouiller par des tas de créatures horribles, je ne compte plus les fois où j’ai eu la trouille, où j’ai dû courir, vendre mon âme en remboursement de dette, manqué de me faire déchirer en deux par des esprits entrés dans mon corps, sans compter que je me suis faite trahir, torturée, et plus, si affinités.

Pire, j’ai même failli perdre la raison dans la Désolation, zone de non droit, terres ravagées peuplées de trucs pas nets (des slweans, des dulchers ou des gillings), le genre de paysage qui devrait naître après le largage de 10.000 bombes H…

À l’époque où je portais l’uniforme, le marshal m’avait dit que seules trois sortes de gens s’aventuraient volontairement dans ce territoire maudit : les désespérés, les imbéciles et les corrompus. Les adeptes étaient suffisamment désespérés. J’avais donc réuni une dizaine d’imbéciles corrompus pour me lancer à leurs trousses.

Je n’ai jamais compris pourquoi, mais ces pitoyables créatures aimaient encore plus leurs seigneurs que Tnota aimait la queue. C’est dire.

Pas un lieu que je recommanderais pour des vacances tranquilles ! Par contre, le bouquin, vous pouvez l’emmener avec vous en vacances pour oublier le temps qui passe ou bien le lire chez vous pour vous évader à petit prix.

Mes compagnons de voyage étaient un navigateur (Tnota) qui ne pense qu’à la bite (on s’est bien entendu tous les deux, même si on ne la met pas au même endroit), une femme acariâtre (Nenn) qui ne pense qu’à se battre et un chef, limite ivrogne et tête brûlée (Ryhalt Galharrow), sombre, rempli de blessures secrètes, sorte de chasseurs de primes et chef des Ailes Noires au ordre du Sans-Nom Corbac et une Fileuse, sorte de magicienne, la mystérieuse et bizarre Ezabeth.

— Un converti, répétai-je avec une esquisse de sourire. À l’église de la sodomie et de la fornication dépravée.
— C’est la seule putain d’église que je connaisse, capitaine. (Tnota ricana et se tourna vers Nenn.) Tu devrais essayer un jour. Il paraît que t’as une sacrée queue là-dessous.
— Si c’était le cas, je la fourrerais dans un endroit plus propre que ton fion puant, rétorqua Nenn.

Pas de doute, j’étais bien entourée ! Les chevauchées et les combats furent éprouvants mais au moins, je ne me suis pas emmerdée.

Ambiance d’apocalypse ou de fin du monde, dans cette histoire car les Rois des Profondeurs commencent à bouger et une seule personne se demande si la Machine de Nall (une arme de destruction magique) sera capable de les repousser une fois de plus. Mais ce genre de questionnement est très mal vu par les autorités de la ville…

Bourré d’actions, de péripéties, d’enquête, de fausses-pistes, de questionnements, de doutes et de personnages épiques, ce roman vous fera planer comme un corbeau au dessus d’un champ de cadavres.

Un véritable festin sous mes yeux ! De la fantasy comme je l’aime, avec quelques personnages emblématiques et d’autres qui fraient dans leur univers sans que l’on sache qui est un traître ou pas, qui ment, qui dit la vérité, qui est fou, qui a raison, de la magie, mais utilisée avec parcimonie car il y a un contrecoup à payer…

Là où cette histoire se démarque des autres, c’est dans son final digne d’un esprit vachement retors ! On visait plus haut que certains livres de fantasy, assurément, et ce fut réussi !

Certes, ce n’est peut-être pas de la haute littérature pour certaines journalistes, mais j’ai passé un excellent moment dans ces pages, j’ai vécu une aventure qui ne m’a pas laissé le temps de savourer des mojitos et j’ai eu chaud mes fesses, croyant ma dernière heure arrivée.

Un roman de fantasy que je recommande à tous les fans du genre ou à ceux qui voudrait tâter de l’épée sans jamais en avoir fait.

Ce n’est pas du 4 Sherlock, mais on est plus haut que le 3,5 car il y a de la profondeur et de la justesse dans les dialogues, des situations de notre monde (la lutte de classe, pauvreté, exploitation de l’Homme par l’Homme, guerres, discussion sur le sexe des anges quand l’ennemi est à nos portes, croyances et extrémistes religieux), un scénario bien ficelé et une question : tout ce carnage valait-il la peine ?

Pour chaque manoir majestueux occupé par Lindrick et ses pairs, un millier d’âmes en souffrance iraient se coucher le ventre vide.

Quand on asticote la garde civile alors que la force de frappe de l’Empire dhojaran fond sur la nation, c’est que l’on n’est pas doté d’une surabondance d’intelligence ou d’ingéniosité.

— Mon âme pleure pour vous, le raillai-je. Je comprends. Ça ne peut pas me plaire. C’est la guerre, et je pige le principe. Je trouve simplement que le prix qu’on a payé était trop élevé.
— Nous ? Ou juste toi ?
— Quelle différence ça fait ?
— Dans un cas, tu pleures pour le monde. Dans l’autre, tu t’apitoies simplement sur ton sort.

Le point qui me fâche le plus, c’est la narration à la première personne. On suit les pensées de Ryhalt Galharrow et j’aurais apprécié avoir les pensées ou les actions des autres personnages. Une narration à la 3ème personne ou un changement de POV (Point Of View) aurait fait monter l’intérêt et donc, les étoiles.

— Vous êtes tombé bien bas, me lança-t-il sèchement tandis que j’actionnais la poignée de la porte. Regrettez-vous parfois vos décisions, quand vous êtes entre deux bouteilles ?
— Lorsqu’on se rend compte que la montagne qu’on gravissait n’est qu’un tas de merde, la chute paraît moins dure.

— Vous êtes une Aile noire, lâcha-t-elle avec désinvolture. Vous pouvez décider que ce sont vos affaires.
— Les gens qui abusent de leur pouvoir ont tendance à ne pas s’y accrocher longtemps. Je refuse de jeter l’ombre d’un soupçon sur la mémoire de Gleck. Il méritait mieux que ça. Il était peut-être dingue, mais il n’y avait pas plus loyal que lui.

Les hommes de son calibre ne comprenaient pas que le véritable pouvoir était silencieux. Un homme comme le marshal Venzer ne fanfaronnait pas ni ne défiait ses ennemis, il leur disait simplement ce qu’il attendait d’eux. Soit ils rentraient dans le rang, soit ils se retrouvaient écrasés, réduits en miettes par le poids de son autorité. Il ne se vantait jamais de ses victoires, ne venait pas jubiler devant les vaincus. Le véritable pouvoir se dessine dans le mépris que l’on a pour ceux qui ne le respectent pas.

— Les gens sont des moutons, assenai-je. Ils font ce qu’on leur demande. Ils croient ce qu’ils veulent, ou ce qui leur fait le plus peur. Si ça ne leur plaît pas, ils rejettent tout en bloc ou font comme s’ils n’avaient rien entendu. C’est naturel. On ne peut pas le leur reprocher. On ne peut pas non plus leur affirmer qu’ils sont stupides. Ils ne comprennent pas qu’ils sont des moutons. Comment le pourraient-ils ? Les moutons ne se rendent pas compte que le berger est plus malin qu’eux.

Il arrive souvent que des gens de bien essaient de faire ce qu’il y a de bien pour de mauvaises raisons appartenant à de mauvaises personnes. L’homme grisonnant semblait être de ceux-là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

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Les passe-temps de Sherlock Holmes : René Réouven

Titre : Les passe-temps de Sherlock Holmes

Auteur : René Réouven
Édition : Denoël – Sueurs Froides (12/09/1989)

Résumé :
Les passe-temps de Sherlock Holmes, sont illustrés ici par trois nouvelles parodies de René Reouven, toujours rédigées selon les mêmes principes : une allusion à une citation piochée dans l’œuvre de Conan Doyle, évoquant une histoire que le Dr Watson n’a jamais osé ou voulu publier, des personnages célèbres et des faits divers réels, présents ou passés, qui s’inscrivent en toile de fond.

Dans les trois récits, les « passe-temps » correspondent à la résolution d’énigmes survenues dans un passé bien antérieur à l’époque des héros de Baker Street, mais qui trouvent un écho dans les enquêtes menées au présent.

  • « La tragédie des Addleton »
  • « La mort subite du cardinal Tosca »
  • « La persécution spéciale »

Critique :
Il fait chaud et pour me rafraîchir, je m’enfile des « pastiches » (comme dirait Alambix et son accent) à tour de bras.

Certains sont parfois trop dosés, mais là, j’hésite entre le trop dilué ou le trop concentré.

Ce n’est ni le premier, ni la première fois que Réouven se penche sur les Untold Stories, ces histoires citées dans les aventures canoniques de Holmes mais jamais racontées.

Nous en avons trois ici qui vont nous être contées et si j’ai passé un bon moment de lecture, il y a tout de même quelques petits morceaux qui passent moins bien et je vais vous dire lesquelles.

Déjà, la première histoire est cousue de fil blanc et le coupable est visible comme un deerstalker posé sur la tête. Si l’enquête sur le double mystère de l’identité de Shakespeare et de Marlowe (Christopher, pas Philip, ni la capitaine de gendarmerie).

Bon, l’identité de la mère laisse un peu pantois, limite irréel, mais bon, la chair est faible et les enfants faciles à faire…

Pour le reste de la solution de l’énigme, je la laisserai à l’appréciation de chacun, elle est étayée d’une certaine manière (nous sommes dans de la fiction), mais reste toujours supputée car nous n’avons aucune preuve véridique, s’est passée dans les années 1500 (1564 et plus) et pourrait faire grincer les dents des plus pointilleux.

Niveau erreurs flagrantes, je relèverai celle de Guy Fawkes qui ici, est renommé Guy Hawkes (?) et le pléonasme horrible de « deux jumeaux ».

Pour ce qui est de la narration, l’auteur utilise le passé simple, quelques subjonctifs présent et imparfaits, ce qui va bien dans le texte, mais il utilise aussi des termes anglais sans les traduire en bas de page…

La deuxième enquête nous parlera du fameux cardinal Tosca et là où je grince des dents, c’est en voyant Holmes utiliser le titre de « votre éminence » devant le cardinal Guiseppe Sarto et se comporter comme un petit catholique alors qu’en tant que protestant, il ne reconnaît pas l’autorité du pape.

Maintenant, on ne nous a jamais dit à quelle religion Holmes appartenait, mais la logique voudrait que ce soit celle du protestantisme, non ? Il était croyant, on le sait, c’est du moins ce que l’on déduit de son monologue de la rose dans « Le traité naval ».

Cette deuxième enquête a de bonnes choses, notamment sur les peuples, les races, les différentes religions, les références aux divers pogroms qui ont ensanglanté les siècles précédents, niveau Histoire, on se couche moins bête, mais il y a parfois un peu trop de blablas et, tout comme la première, Holmes est obligé de supputer ce qui s’est passé puisque cette histoire est ancrée dans le passé lointain.

Pour la troisième, je dirais « mouais »… On a connu mieux mais elle est correcte et la manière de vouloir tuer est pour le moins originale, pas ressassée du tout.

Un apocryphe qui met en scène Holmes dans le format qui lui convient le mieux : les nouvelles, qui ne révolutionnera sûrement pas le policier, bien que l’auteur nous présente ici un Holmes plus érudit que les écrits canoniques ne le laissent supposer.

Correct mais pas transcendantal.

Mais au moins, Watson enquête avec Holmes, l’éclaire sans être une lumière (dixit Holmes), bref, ce n’est pas le benêt présenté comme parfois (dans une ancienne série et des films) et madame Hudson y met du sien.

PS : Alambix est un personnage que l’on retrouve dans « Astérix et le bouclier Arverne ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Sauf : Hervé Commère

Titre : Sauf

Auteur : Hervé Commère
Édition : Fleuve Editions (08/03/2018)

Résumé :
L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mathieu a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.

Mathieu est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions.

La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Mathieu a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé.

De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

Critique :
Mais il est fou, dis ! Dingue ! (comme le disait Jacquouille). Oui, il est dingue, cet auteur, moi je te le dis !

Hervé Commère m’avait déjà époustouflé avec « Ce qu’il nous faut c’est un mort » et là, il m’a décoiffé.

Pire, je pourrais même dire qu’il m’a troué le c** mais je ne voudrais pas qu’il ait des problèmes et qu’on l’accuse d’abus textuel sur la pauvre lectrice que je suis.

Oui, ce roman est un truc de ouf (pour parler djeuns), tout en étant réaliste. C’est court, c’est intense, sans que l’auteur ait bradé la qualité de son histoire, de ses personnages ou de son écriture.

Au départ, tu te poses moult questions sur le pourquoi du comment un album photo, censé avoir brûlé avec le manoir, se retrouve dans les mains de Mathieu, propriétaire d’un dépôt-vente et, accessoirement, fils de ses parents qui sont mort dans l’incendie dudit manoir. Tu m’suis ?

Il y a du mystère, qui, tel un brouillard léger, entoure cet album photo. Ensuite, le brouillard s’épaissi, tout comme le mystère et les questions affluent dans ta tête, sans que tu puisses trouver la solution de l’affaire. Je pensais l’avoir trouvé et je me suis plantée. Et royalement !

Avançant à vitesse élevée dans ta lecture, malgré la purée de pois, tu la vois se lever vers la moitié du roman et là, tu as la trouille : si l’auteur nous raconte tout, qu’est-ce qu’on va faire le reste du roman ? Se gratter les cou…des ??

Si le brouillard s’est levé en partie, l’auteur sort ensuite le canon à smog et t’enfumes un peu plus, te faisant tourner en bourrique au niveau cérébral car tu cherches le fin mot de l’histoire, mais aucun des scénarios échafaudés dans ta tête ne sera plausible.

D’ailleurs, la tête, je me la suis prise, éliminant l’impossible pour que, ce qui me reste, si improbable soit-il, devienne nécessairement la vérité. Et je me suis plantée…

Punaise, quel roman ! Je suis essoufflée par l’enquête menée par Mathieu et sa femme, Anna, aidé tout deux par les employés de Mathieu : Gary, le gitan (♫ que tu ne connais pas ♪) et la vendeuse, Mylène (pas Farmer).

Du rythme, du mystère, du suspense, de l’action, des personnages intéressants, sympathiques, avec leur part d’ombre, une enquête qui ne sera pas pépère, sorte de chasse à la vérité, une chasse au présent pour éclairer le passé et ce qui est arrivé dans ce putain de manoir, la nuit 6 au 7 août 1976.

Un truc de fou, je vous le dis ! Et comme le disait si bien Jeanne D’Arc alors que les flammes dansaient autour d’elle « Vous ne m’avez pas crue, et bien, vous m’aurez cuite ».

Faites fumer vos méninges sur ce roman de fou et, comme moi, perdez le sens du temps, oubliez ses heures (Qui tuaient parfois À coups de pourquoi ♫), oubliez de manger, de boire et lancez-vous comme un affamé sur ce roman qui vous enfumera plus que si vous étiez une noix de jambon dans un fumoir.

Son précédent roman avait placé la barre très haute au niveau émotions et profondeur.

Celui-ci ne le dépassera pas, ne l’égalera pas, mais ce n’est pas grave car les histoires ne sont pas les mêmes. En tout cas, il le talonne de près.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

Hortense : Jacques Expert [LC avec Bianca]

Titre : Hortense

Auteur : Jacques Expert
Édition : Sonatine (09/06/2016)

Résumé :
1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.

2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle.

La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.

Critique :
♫ Quand je pense à Hortense, je danse, je danse ♪

Zut, la rime originale ne fonctionne pas !

Vous vous demandez sûrement comment on peut plaisanter avec un sujet aussi poignant que la disparition d’une enfant de même pas 3 ans et comment j’arrive à être guillerette devant la peine et le désarroi de sa mère.

Ben justement, faut que j’évacue la tension que ces quelques 330 pages (en grande édition) viennent de me faire subir. Parce que nom de Dieu, je l’ai marathonée, cette lecture, tant je voulais savoir ce qui était arrivée à la petite Hortense et si le final allait être happy end ou pas.

Comment est-ce possible de faire battre autant le palpitant d’une pauvre lectrice avec un récit, somme toute, assez banal, de la vie de Sophie, la mère éplorée d’Hortense, qui, 22 ans après sa disparition, subit toujours le manque de sa petite fille.

Elle ne vit plus, ou quasi plus, ses journées sont monotones, et, tout en vivant sa vie par procuration, elle nous raconte ce que fut sa vie de femme amoureuse, sa vie de mère, l’enlèvement de la petite, son combat pour la retrouver.

Poignant, je vous le dis, sans pour autant être larmoyant ou faire preuve de voyeurisme.

L’auteur, un peu sadique sur les bords (et pas que sur les bords), en profite aussi pour nous donner les différents points de vue de plusieurs protagonistes de l’enquête, et ce faisant, nous avons une vision plus large de la personnalité de Sophie, de son calvaire, mais aussi de son caractère, qui, au fil des pages et du temps, deviendra franchement agressif et paranoïaque.

Autant j’aurais aimé la consoler, autant j’ai eu parfois envie de lui dire d’y aller mollo dans la manière de répondre aux gens.

Tout le roman m’a tenu en haleine, ne sachant jamais s’il y avait anguille sous roche ou pas, et dans quel pâté j’allais retrouver une couille : je ne suis pas déçue, j’ai adoré l’histoire, le côté psychologique des personnages, le scénario, le découpage de l’histoire, les multiples questions que je me suis posée, ainsi que le suspense.

Pour tout ces ingrédients, je mets une bonne note parce que même si j’avais soupçonné, j’ai tout de même été sur le cul.

De plus, le personnage de Sophie étant ambigu, le voir raconté par d’autres, nous permet de l’éclairer un peu plus et d’arriver à un peu mieux le cerner car elle oscille entre le gris clair et le gris foncé, de par sa manière d’agir avec les autres.

Il en ira de même pour les autres personnages et cette manière de les présenter est toujours positive, car bien souvent, ils ne sont pas toujours ce que l’on pense d’eux au premier abords. Pour certains, il faudra même attendre l’ultime dénouement pour savoir s’ils sont bien ce que l’on pense qu’ils sont, ou pas.

Là où je suis plus mécontente, c’est dans l’abrupt dénouement : on te balance le final et puis c’est terminé, alors que tout un tas de questions restent sans réponses !

Et ce ne sont pas des questions banales, elles sont hyper importantes pour expliquer certains points qui, sans ces explications, resteront obscurs à jamais, et incompréhensibles. Même le plus crétin des flics se les poseraient, ces questions.

Me voici donc mitigée : oui j’ai adoré le récit, oui j’en ai eu pour mes sous niveau palpitations, mystères, suspense, oui j’ai apprécié que l’on joue avec moi, mais j’aurais aimé quelques pages de plus, afin d’expliquer l’inexplicable ou tout du moins, les questions légitimes qu’un lecteur est en droit de se poser…

Un thriller psychologique rudement bien monté, où l’on doutera à toutes les pages, ou les éclairages pourraient nous montrer un personnage sous un autre jour (bon ou moins bon), mais avec un final bâclé dans ses explications et où il reste des mystères qui auraient mérités d’être résolus.

Ma copinaute de LC, Bianca, est restée comme moi avec tout un tas de questions sans réponses, ce qui nous donne une lecture commune super, mais bourrée de points d’interrogation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk : Jean-Luc Istin & Diogo Saito

Titre : Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Diogo Saito

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. A l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer.

Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

Critique :
Le sexy XIII serait-il revenu sous les traits imposants d’un Orc ? Parce qu’un mec qui se réveille sans savoir qui il est, ni ce qu’il fait là, ça ressemble vachement à la saga XIII, non ?

En plus, tout comme le plus célèbre amnésique de la bédé, Turuk est plutôt beau gosse pour un Orc !

Tiens, à lui aussi on veut lui faire la peau. Décidément, c’est vraiment XIII en version fantasy.

Nouvelle série pour cette saga qui, après les Elfes et les Nains, s’attaque maintenant aux Orcs et aux Gobelins, tout en faisant tenir leurs histoires dans un Grand Ensemble scénaristique, puisque certains Nains vont chez les Elfes et certains Gobelins des Elfes auront leur Histoire dans cette nouvelle série.

Vous suivez toujours ? Non ? Retenez juste que tout le monde se mélange avec tout le monde et que tout cela reste foutrement cohérent ! Mais pas sexuel…

Une autre référence à l’univers des Elfes, ce sont les zombies, les goules, les morts-vivants qui veulent toujours vous faire des gros poutous puants. Ben oui, ils ont envahi le monde des Elfes, des Nains et des Orcs, puisque c’est le même monde. Élémentaire.

L’amnésie de notre géant vert sera de courte durée et principalement utilisée pour nous présenter la vie et le passé du beau Turuk, comment il est arrivé là, dans ce trou paumé et pendant que le scénariste nous présente son passé, Turuk se rend compte qu’il n’est pas seul dans ce village peuplé de zombies et qu’il n’est pas LE seul non plus à ne pas être infesté.

Va falloir se serrer les coudes pour s’évader.

Turuk, c’est l’Orc dont on aimerait avoir pour ami, un type qui ne vous lâche pas, sauf si sa vie est en danger, alors là, vous irez vous faire pendre ailleurs car Turuk partira sans vous. Turuk, c’est l’immonde salaud qu’on arrive pas à détester vraiment car en nous racontant sa vie et sa survie, il nous rend complice de ses exactions.

Dans ce premier tome, c’est de l’action pure et dure, mêlée à des mystères, une quête, une enquête et une fuite endiablée de nos amis pour tenter d’échapper aux bisous horribles de ces créatures en putréfaction qui sèment des morceaux d’eux un peu partout.

On pourrait croire le scénario éculé (rajoutez pas un « n » mal placé), mais non, car le scénariste arrive à insuffler du mystère et une tension énorme durant le périple des Orcs et de l’Elfe afin d’atteindre une zone où ils ne seront plus mis en danger.

— Cours, Forest, cours !

Sans oublier que, selon le célèbre Docteur House, tout le monde ment !

Le scénario est déjà bien travaillé, mais en plus, les dessins sont à tomber par terre tant ils sont superbes !

Alors, que demander de plus ? La suite, bien entendu ! Se sera avec Myth le voleur, puis avec Gri’im le vieux guerrier Orc en quête de vengeance, Sa’ar le gobelin, Dirty Dozen d’Ayraak, sans oublier l’orkelin La Poisse croisé dans le tome 18 de la série « Elfes ».

Sans être un chef-d’œuvre au niveau scénario, cet album tient toutes ses promesses et je me réjouis à l’idée de découvrir les aventures des Orcs et Gobelins !

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Inavouable : Zygmunt Miłoszewski

Titre : Inavouable

Auteur : Zygmunt Miłoszewski
Édition : Fleuve Editions (14/09/2017)

Résumé :
Pendant la Seconde Guerre mondiale, une peinture est volée dans le musée de Cracovie.

De nos jours, à Varsovie, le gouvernement envoie une équipe de quatre personnes pour la récupérer.

Ils vont aux États-Unis, sur l’île Sainte-Catherine, en Suède et ailleurs. Ils découvrent des secrets dont la divulgation pourrait nuire aux grandes puissances mondiales.

Critique :
Depuis que les aventures du procureur Szacki, c’est fini, je ne croyais pas que je m’en remettrais un jour (si Hervé Vilard chante dans votre tête, c’est tout à fait normal).

Et pourtant, pourtant… (Aznavour aussi, tiens, chante dans votre tête) Je dois dire que Zygmunt Miłoszewski a réussi à me plaire avec un roman tout à fait différent des enquêtes de mon procureur Szacki chéri.

Ce que j’apprécie chez cet auteur, c’est qu’il me parle de son pays, la Pologne, sans concession, sans prendre des gants, c’est brut de décoffrage, sans prendre de gants et s’il faut critiquer le pouvoir ou les habitants, il ne s’en prive pas.

La toile n’est pas signée, mais le diplomate y a fait attention parce qu’une seule nation au monde se complaît dans les représentations de cavalerie lasse et sale, pataugeant dans la neige, et c’est la nôtre [Pologne].

Et en Pologne, en plus, tout est parti en fumée. Les Allemands brûlaient les archives avec une grande application parce qu’ils savaient qu’ainsi, ils détruisaient la mémoire d’une nation.

Malgré tout, je découvre des pans de son pays avec toujours le même plaisir renouvelé, surtout lorsqu’il va gratter dans les pages sombres de l’Histoire, celles qui se sont déroulées entre 39-45. Et tout le monde ne fut pas droit dans ses bottes…

— Et côté USA ? demanda Anatol. Est-ce qu’il pourrait s’agir de la preuve que la guerre a profité aux Américains ?
— La guerre profite à tous les empires, c’est une loi immuable de l’Histoire. Les milieux d’affaires et les industriels trépignaient d’impatience à l’idée que les États-Unis s’engagent dans le conflit mondial. Pour eux, cela équivalait à une pluie de dollars, à des milliards en commandes gouvernementales. Une guerre mondiale engrangeait des profits pour tous, à l’exception des soldats envoyés au front et de leurs familles. Tout le monde y trouvait son compte, depuis l’économie nationale, en passant par les fabricants de chars d’assaut et les laboratoires scientifiques, jusqu’aux couturières qui cousaient les lanières des casques. Sans parler des banques, les banques gagnent toujours, et au cours d’une guerre, elles gagnent sur tous les fronts parce qu’elles financent d’ordinaire l’ensemble des belligérants. Pour les États-Unis d’Amérique, aucun investissement n’a jamais été aussi rentable que la Seconde Guerre mondiale. Bien sûr, personne ne le crie sur les toits, il vaut mieux chanter les louanges des héros tombés sous les drapeaux, mais les mécanismes qui relient la guerre, l’économie et le monde des affaires ont été décrits des millions de fois.

Anybref, le sujet n’est pas là, il se trouve plutôt dans la spoliation des œuvres d’art par les uniformes noirs à tête de morts – les nazis – qui ne se sont pas privés et ont vidés les musées et les maisons privées de tout ce qu’elles comportaient comme peintures ou autres objets d’art.

— Il ne s’agit pas seulement de l’œuvre d’art la plus importante volée à la Pologne durant la guerre, c’est tout simplement le tableau le plus important et le plus précieux jamais perdu et recherché dans le monde. Je ne crains pas de le qualifier de version masculine de la Joconde [Le Portrait de jeune homme de Raphaël]. 

La Pologne ne fut pas épargnée et voilà que son gouvernement désigne 4 personnes pour aller récupérer un Raphaël dans une maison privée aux États-Unis… « Ocean Eleven » à quatre pour jouer aux « Monument Men »…

— Quelle… misérable créature a accroché un Raphaël à côté d’une télé ? 

L’auteur, sous le couvert de l’Histoire et de faits réels, nous offre un thriller punchy, avec des personnages sympathiques, pas toujours très clean eux aussi, mais qui ont tous en comment l’Art, que ce soit un marchand, une spécialiste des œuvres volées, une voleuse ou un espion.

On pourrait se croire dans une grosse production hollywoodienne et pourtant, l’auteur a soigné son histoire, faisant en sorte que si fiction il y a, elle se glisse adroitement dans la réalité et ne vire pas non plus à du non-sens, même si, les personnages sympathiques qui constitue ce quatuor a tout de même beaucoup de chance en survivant à tout ceux qui sont lancés sur les traces.

De plus, en lisant ce thriller qui pulse sans pour autant être trop rapide, on apprend des tas de choses sur les œuvres d’art volées, sur les petites magouilles des États, et rien qu’en Art, on a de quoi briller durant les prochains repas en famille.

— Mais ils n’exposaient que les vieux maîtres ! Jamais les impressionnistes, et certainement pas Gauguin ou Van Gogh. Ces dirigeants ne les mettaient peut-être pas au même niveau de bizarrerie que les Picasso, Chagall ou Klee, mais on ne pouvait certainement pas classer ces toiles dans la peinture réaliste et académique. Officiellement, ces œuvres appartenaient à « l’art dégénéré » et aucun cacique nazi sain d’esprit ne se serait vanté d’y prendre goût. Himmler aurait débarqué aussi sec avec son obsession de la puissance germanique brute et aurait chuchoté à l’oreille du Führer que l’un de ses prétoriens était tombé amoureux des impressions et des expressions juives.

— Les nazis ne s’intéressaient vraiment qu’au réalisme ? demanda Anatol.
— Loin de là. Les Allemands savaient ce qui était bon. Officiellement, ils dénigraient l’épouvantable modernité pour lécher les bottes du grand chef. Officieusement, ils extrayaient les meilleures toiles impressionnistes des collections de Juifs français comme les pépites d’or d’un lit de rivière, le tout sous prétexte d’actions aryennes. Mais ils ne s’affichaient pas avec leurs prises.

Les fêtes de fin d’années sont proches, pensez-y… Si la conversation s’enlise, plutôt que de raconter une blague cochonne, embrayez sur la disparition de toutes ces peintures de grands maîtres.

Au final, une brique qui se lit toute seule, au coin du feu, avec un sourire béat devant les répliques qui fusent, les pensées remplies d’humour cynique.

Il s’était dit que c’était dommage pour tous ces gens si sympathiques. C’était dommage qu’ils soient nés dans ce pays qui n’avait jamais eu de bol [Pologne]. Vraiment, on avait de la peine à croire qu’ils avaient vécu ici toutes ces années en compagnie des Juifs. Les deux peuples les plus malchanceux du monde côte à côte, comme dans une putain de réserve naturelle de perdants. Si Dieu existait, son sens de l’humour manquait de finesse.

Le sage qui affirmait que le pouvoir absolu corrompt absolument avait raison. Les dirigeants américains avaient fini par croire qu’ils étaient au-dessus des lois, qu’ils étaient les maîtres de l’univers et ils se comportaient en tant que tels.

On se prend de sympathie pour les 4 personnages principaux, on tremble avec eux, on conduit pied au plancher, on tente de s’en sortir par tous les moyens, on transpire, on a froid, et on tente surtout de découvrir quel est l’horrible mystère qui se cache derrière tout ça, en toile (hahaha) de fond et qui pourrait faire des gros dégâts s’il venait à être révélé.

— Tu sais que je ne peux pas te le dire, Martin. Mais, puisque nous sommes entre vieux amis, je te dirai simplement qu’il y a des vieilleries, certaines vraiment vieilles, dont l’émergence menacerait bien plus la sécurité nationale que des bombes atomiques en vente par correspondance avec livraison gratuite à n’importe quelle adresse du globe. Tu comprends ?

Pas de baisse de régime dans le cadre de ce nouveau roman, on a perdu un procureur cynique et on se retrouve avec deux baroudeurs et deux experts qui en possèdent autant que Theodore Szacki.

Un vrai plaisir de lecture grâce à un scénario excellent et des dialogues au top. Sans compter qu’il tape toujours sous la ceinture, là où ça fait le plus mal.

Bien sûr qu’il comprenait. Des armes, c’était des morts, mais quelques cadavres supplémentaires ne faisaient pas une grande différence. Une propagande bien menée pouvait faire d’un mort le prétexte d’une guerre, ou d’un millier de morts un incident sans importance. Mais le savoir… le savoir, c’était le pouvoir.

PS : j’ai pouffé de rire avec le prénom d’un personnage secondaire : « Jerzy Majewski ». J’ai pensé directement au porc Jerzy de Gotlib dans un de ses calembours célèbre « Et père y colle au zoo ce porc Jerzy ».

— C’est comment dans ta taule en Pologne ? demanda-t-il. T’en as pas marre de bouffer du chou pourri ?
— Y a de jolies détenues, je suis devenue la reine des lesbiennes.
— Cool. Tu m’enverrais une photo ou deux ?
— À toi ? Mais tu as accès à tout le porno de la planète !
— Je sais, mais une connaissance, tu vois, c’est jamais pareil.
— Tu éplucherais une adresse pour moi ?
— Bien sûr. Et tu me rendras visite, un jour ?

Elle était loin d’être une sainte nitouche : une semaine plus tôt, elle avait couché avec l’un d’entre eux avant de rompre, et avant cela, elle avait sucé plus de bites qu’aucune femme à la ronde, et plus souvent que les mères du coin n’embrassaient leurs enfants pour dormir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°51 – Environnement montagneux).

Puzzle : Franck Thilliez [LC avec Bianca]

Titre : Puzzle

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Éditions (10/10/2013) / Presse Pocket (09/10/2014)

Résumé :
Accepteriez-vous de mourir… juste pour un jeu ?
Illan et Chloé, deux jeunes gens spécialistes des chasses au trésor ont longtemps rêvé de participer à la partie ultime.

Celle d’un jeu mystérieux dont on ne connaît pas l’entrée, mais dont on connaît le nom : Paranoïa.

Lorsque les deux amis sont enfin sélectionnés, on leur remet la règle numéro 1 : « Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. »

Après plusieurs heures de route, ils arrivent devant un gigantesque bâtiment isolé en pleine montagne portant le nom de « Complexe psychiatrique de Swanessong » où ils sont informés de la règle numéro 2 :
« L’un d’entre vous va mourir. »

Quand les joueurs trouvent le premier cadavre, quand Illan découvre des informations liées à la disparition mystérieuse de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est plus en plus difficile à établir…

Paranoïa peut alors réellement commencer…

Critique :
Huit grands joueurs accédèrent enfin au jeu Paranoïa,
Deux d’entre eux disparurent et seulement six il resta.
Les Six continuèrent le jeu, car tout ceci n’était que fiction,
L’un manqua et les Cinq n’eurent pas de soupçons,
Ramenés à Quatre, ils étaient toujours aussi cons,
De pas remarquer que ça faisait comme dans le roman d’Agatha,
Où à la fin, il ne reste plus que toi, lecteur lambda…

Ça faisait longtemps que je n’avais plus fait un marathon lecture : le temps merdique s’y prêtait, mon jour de congé aussi et, bien entendu, le roman de monsieur Thilliez !

Sacré Franck, va ! C’est pas la première fois que je dévore un de tes romans, mais avec autant de ferveur, je n’en avais plus souvenir (mais je vieilli aussi).

Par contre, mon cher Franck (Tu permets ? Parce que je me suis permise), étant une cinéphile honnête et une grande lectrice, je ne te cacherai pas que j’ai vu venir l’affaire de très très loin ! Pour ta défense, tu ne l’avais pas trop caché non plus…

Est-ce que ça a gâché mon plaisir de savoir à l’avance ce qui m’attendait à la fin ?? Que nenni ! Je savais, je me doutais, je soupçonnais, mais je m’en foutais, je lisais comme une dératée car tu as réussi à créer une ambiance de paranoïa comme j’adore les détester !

Ben oui, on a peur, on tremble, on est dans un huis-clos, le tout se déroulant dans un ancien hôpital psychiatrique désaffecté, avec des conditions météo adaptées et, malgré le fait que je me doutais, je ne pourrai pas nier que tu as su tisser les fil d’un mystère bien sadique et tortueux.

Les descriptions des machines à lobotomiser ou électrocuter les pauvres fous qui furent soignés au Swanessong m’ont fait froid dans le dos, car hélas, ceci n’était plus de la fiction…

— Bon Dieu, la voilà enfin, s’exclama Chloé en restant immobile dans l’encadrement d’une porte. La fameuse salle dédiée à la lobotomie préfrontale. L’une des toutes premières du genre, qui a fait la sombre réputation de cet hôpital.

Conseil à celui ou celle qui voudrait commencer ce roman : vaut mieux le faire au matin et un jour de congé, car si je l’avais ouvert au soir, j’aurais passé une nuit blanche dessus ! Tout en me doutant de l’issue…

C’est vous dire comment l’auteur a réussi à me scotcher à mes pages. Un talent, il a, c’est indéniable ! Je comprends que la clinique Elfique qui s’occupe de mon autre binôme de lecture lui écrive souvent pour se plaindre de l’état de Stelphique après lecture d’une de ses œuvres.

LC réalisée avec Bianca (lien vers sa chronique ICI). Merci à elle de m’avoir donné le choc électrique nécessaire pour enfin sortir ce roman de ma PAL où il prenait la poussière depuis sa sortie (il y a 3 ans).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay

Titre : Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu

Scénaristes : Mark Gatiss & Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (12/10/2017)

Résumé :
En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur.

Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation.

Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock.

Critique :
Le grand jeu ? The full monty ? Heu, pas tout à fait car nous n’aurons pas droit à un strip-tease intégral de Sherlock et John…

Donc, on se calme mesdemoiselles et mesdames les ménagères de moins de 50 ans : vous ne verrez pas les plumeaux de ces messieurs.

J’ai beau avoir visionné plusieurs fois les épisodes de cette série, j’oublie toujours des tas de petits détails et le manga m’en a remis quelques uns en tête.

Comme je le dis depuis le début (mais vu qu’au fond de la classe, on ne suit pas, je le répète) : l’avantage de relire les épisodes télés en manga, c’est que l’on peut faire des arrêts sur image, sur dialogues, lire à son aise et ainsi, s’en imprégner d’une autre manière.

Et vu que l’épisode 3 de la saison 1 avait un rythme endiablé, passer à un slow ne fait de tort à personne, surtout pas à mon cerveau surmené.

Le scénario du manga colle toujours à celui de la série, au plus juste, mais on a quelques petits soucis dans les dessins des personnages et des expressions, une fois de plus.

Les dessins de Lestrade peuvent être confondus avec certains de John Watson, le nez de Sherlock Holmes n’est pas tout à fait conforme à la réalité et le pire sera pour James Moriarty qui, dessiné, perd toute son aura, toute sa morgue, toutes ses mimiques du visage qui font de lui un méchant bien plus angoissant que tous les anciens Moriarty réunis.

Ce sera mon seul bémol pour cet opus : la perte de l’intensité dramatique de la scène de la piscine municipale où Sherlock découvre QUI est Moriarty.

Dans la série, on monte en puissance, on découvrait, subjuguée, l’acteur qui jouait le rôle d’un Moriarty joueur, drôlement sarcastique, s’amusant de la situation, lançant des bons mots et nous montrant sa palette d’expressions du visage.

En manga, on perd tout ça…

Mais pour le reste, si vous voulez revivre cet épisode à un rythme plus lent, vous attarder plus longuement sur les dialogues, les situations, les pensées de Sherlock qui vont à la vitesse de la lumière, et bien, laissez-vous tenter, que diable !

Rien ne vous empêchera, ensuite, de revivre la scène intense de la piscine sur grand écran.

Vivement le suivant avec Irene nue devant un Sherlock sans voix et sans pensées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

[SÉRIE] Westworld : La série qui a lifté le western de papa !

Westworld est une série télévisée américaine de science-fiction créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy, et notamment produite par J. J. Abrams et Bryan Burk, et diffusée depuis le 2 octobre 2016 sur HBO.

C’est l’adaptation télévisée du film Mondwest (Westworld) écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973.

La série est diffusée en version originale sous-titrée en français depuis le 3 octobre 2016 en France sur OCS City, en Belgique sur Be 1 et en Suisse sur RTS Un. Elle est diffusée en version française depuis le 9 janvier 2017 en Belgique sur Be Séries.

Synopsis :
Westworld est un parc d’attractions futuriste recréant l’univers de l’Ouest américain (Far West) du XIXe siècle. Il est peuplé d’androïdes, appelés « hôtes » (hosts), réinitialisés à la fin de chaque boucle narrative.

Les visiteurs, appelés « invités » (newcomers), peuvent y faire ce qu’ils veulent sans aucune conséquence.

Mais à la suite d’une mise à jour du programme des androïdes, les dirigeants du parc devront faire face à plusieurs bugs dans leur comportement.

Musique :
Ramin Djawadi compose la bande originale de la série. Il a déjà travaillé avec la chaîne HBO sur Game of Thrones et avec Jonathan Nolan sur la série Person of Interest.

En plus des compositions originales, Ramin Djawadi réarrange des chansons modernes dans des versions pour piano de saloon ou orchestre symphonique. Il explique vouloir souligner avec ce choix l’anachronisme de la série mettant en scène des robots au Far West.

Dans la première saison, il réarrange par exemple des chansons de Radiohead (No Surprises, Fake Plastic Trees), des Rolling Stones (Paint It, Black), de Soundgarden (Black Hole Sun), de The Cure (A Forest), de Nine Inch Nails (Something I Can Never Have), de The Animals (The House of the Rising Sun) ou d’Amy Winehouse (Back to Black).

Ce que j’en ai pensé : 
Je ne sais pas comment te dire, chez ami(e) lecteur(trice), ce que je ne sais pas écrire… faudrait que j’invente des mots qu’existent pas dans le dico…

(toute ressemblance avec une chanson n’est absolument pas fortuite)

Westworld, c’est une série qui mélange le western avec la SF et de cet accouplement étrange est né un beau bébé, un bébé compliqué, faut bien suivre ses premiers pas et ne rien rater de son retheutheu mais je vous jure que ça vaut le coup de poser ses fesses sur une chaise, un fauteuil, un canapé (biffez la mention inutile ou inconfortable) et de se délecter de cette série qui, en 10 épisodes, te chambouleront tout.

Imaginez un monde où vous pouvez faire ce que vous voulez : braquer la banque, violer le banquier, vous taper la tenancière du bordel du coin et flinguer le pianiste si celui-ci a fait une fausse note…

Rien ne vous sera reproché ! Emprisonnerait-on un gosse qui a hurlé de joie dans une attraction de Disney ? Non.

Et ici, nous sommes aussi dans un parc, une sorte de Disney Land version cow-boys et indiens et on a le droit de flinguer tout les habitants de ce petit monde ! On s’en fout, se sont des robots !

Des robots qui ressemblent follement à des humains, mieux que le Canada Dry ©, et qui n’ont absolument pas conscience d’être des robots.

« Et le huitième jour, l’Homme créa des robots humains, ou des humains robots »…

Lorsque l’Homme joue à Dieu, ça donne quelque chose de joli, de novateur, mais c’est bien entendu imparfait, tout comme nous. Un androïde, ça bugue, ça foire, et ça pourrait aussi ne pas s’en tenir au scénario chargé dans sa carte mère, son processeur, son A.I…

Et c’est, à chaque fois, par la souffrance et la douleur des souvenirs régurgitant dans le subconscient des hôtes que passe leur humanisation et l’évolution de leur conscience, car la douleur est une des sensations rendant certains souvenirs plus facile à se remémorer que d’autres.

Niveau acteurs, rien à redire, Ed Harris est flippant en homme en noir à la recherche d’un autre truc dans le parc, lui qui le hante depuis des lustres, Anthony Hopkins est charismatique en concepteur de parc, sorte de Dieu créateur. Mais je ne me fierais pas à lui…

Les autres, je les connais moins bien, mais chacun est à sa place dans son rôle et leur jeu d’acteurs donne une série réaliste à tel point qu’on a l’impression que tout est vrai et que nous assistons à tout, en tant que témoin impuissant.

Et puis, les bandits ont des gueules à l’emploi, mais certain ont un côté sexy et ne sont pas toujours les salopards cruels que l’on pourrait croire.

Sexy l’ami. Tu m’enlèves ??

Le scénario est riche, dense, fouillé, faut bien tout suivre consciencieusement, d’ailleurs, cette série, vaut mieux se la taper toute d’un coup ou en peu de jours, c’est plus facile pour tout remettre en place ensuite.

Oui, cette série fait travailler tes neurones, car elle est remplie de flashbacks, de sauts entre le monde faux et le monde réel des concepteurs de ce Parc, c’est rempli d’allusions à d’autres personnages dont on ne sait rien, mais qui entretiennent le mystère et le suspense.

Entre les flashbacks de Dolores, ses multiples vies, son aventure avec Logan et William, les nouveaux scénarios du parc qui sont ajoutés au fur et à mesure, la possibilité qu’il y ait autre chose derrière le jeu, l’homme en noir, les conflits en interne, les androïdes qui commencent à réfléchir, à sortir des scénarios préconçus ou encore la mention de ce fameux Arnold qui hante la conscience de nombreux hôtes au sein du parc, il y a de quoi remplir sa petite tête.

Il arrive il descend… l’homme en noir… Men in black

Alors on a déjà un scénario béton, des personnages fouillés, qui évoluent, qui cachent des choses, qu’ils soient robots ou humains, on a des visiteurs qui révèlent leur vraie nature, du rythme, de l’action, des flashbacks et, et…

Une bande-son à se damner, mes aïeux ! Ramin Djawadi n’est plus à présenter, il a déjà conçu entre autre la bande-son de « Game of Thrones » qui est somptueuse et celle de « Person of Interest, » que je ne connais pas.

Sa reprise de « Paint It Black » des Rolling Stones (une de mes chansons préférées), reprises au piano bastringue et illustrant la scène où les bandits viennent flinguer tout le monde dans la ville, donne des frissons de plaisir sur les bras. Une telle chanson ça collait bien à la scène et son changement de tempo, de musique, était surprenant, frais, et j’adore.

Tout est bien travaillé dans cette série qui sors des sentiers battus, que ce soit la musique, ou tout ce dont je viens de vous parler, mais aussi les costumes, les décors, les acteurs, tout est réaliste, magnifique et on sent que les concepteurs n’y ont pas été avec le dos de la cuillère pour nous offrir un tout grand spectacle.

Bon, ce n’est pas pour les t’its n’enfants non plus, car on a de la violence omniprésente durant tous les épisodes, et des nus, aussi… Fatalement, on stocke les androïdes dans leur plus simple appareil, alors, les nibards, les chattes et les bistouquettes, ça défile !

Autre chose, la preuve qu’il faut être attentif : il y a une timeline à partir d’un moment et on retourne en arrière, dans le passé. Comment le sait-on ? Les logos de la société Westworld changent !

Timeline

Bon, je sais aussi que certains crieront à la caricature avec William qui, gentil petit monsieur, choisira un chapeau blanc alors que Logan, son pote et beau-frère, prendra un chapeau noir car il n’a pas l’intention de rester sagement assis sur une chaise, lui !

Et si certains dialogues étaient bluffants, originaux, pas piqué des vers, il y a de temps en temps une réplique un peu basique, téléphonée, ou ne volant pas très haut, mais bon, dans l’ensemble, c’est une goutte d’eau !

Anybref, si tu n’as pas encore découvert cette série, il est plus que temps de le faire parce que c’était une véritable révolution, un peu comme le fut LOST en son temps, mais je croise les doigts que les concepteur ne nous sortent pas une fin comme ils le furent pour l’autre série…

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

V pour Vendetta – Intégrale : Alan Moore & David Lloyd

Titre : V pour Vendetta – Intégrale

Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : David Lloyd

Édition : Delcourt (25/01/1999)

Résumé :
Londres, fin du XXe siècle : plus personne n’ose résister au « Système ». L’œil et l’oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l’ordre et la terreur.

L’Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu’un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres.

Il est vêtu comme un comédien, masqué d’un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu’il reste de la culture dans son musée des ombres. Un anarchiste s’est glissé au cœur du système.

Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n’a pour nom qu’une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance.

À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça…

Critique :
Comment parler de cette intégrale que j’ai lu en plusieurs jours, tant elle est foisonnante de détails, de dialogues ciselés et dont l’atmosphère était lourde ?

Une uchronie sombre, dure, travaillée, violente, dérangeante, superbe…

Le festival des adjectifs et des superlatifs vient de s’ouvrir ! Qui dit mieux ?

Watchmen était déjà une œuvre aux personnages fouillés et à l’histoire complexe, mais avec celui-ci, on a encore franchi une limite dans le « oufti putain que c’est bon ».

Fin 20ème siècle, années 90. L’Angleterre sous une dictature implacable, qui fait peur et qui a tout de ce qu’auraient été notre vie si les nazis avaient gagné, camps d’internements compris.

Restrictions totale des libertés (le mot « liberté » existe-t-il encore ??), surveillance audio, vidéo (on va éviter de se promener à poil chez soi), contrôle de l’information, culte de la personnalité, arrestations arbitraires avec internement de certaines catégories de personnes dans des camps de concentration, anéantissement de la culture, des livres, du cinéma,… Les gens ne savent même plus ce qui a existé avant.

Si je n’ai pas vraiment accroché aux dessins (qui, je dois l’avouer, collent parfaitement avec l’histoire), le scénario, lui, est de toute beauté dans son réalisme car ce que les auteurs décrivent pourrait très bien nous arriver. Ça nous pend peut-être même déjà au nez.

Pour le lecteur habitué aux mangas, la surprise sera de taille car pas d’onomatopées (aucune !!) glissées ça et là pour bruiter l’action, pas de ballons de pensées non plus, et exit les pavés narratifs aussi, le tout ayant déstabilisé l’amatrice de bédé que je suis.

Entre nous, on s’y habitue vite, le talent des auteurs résidant dans le dessins et la narration qui arrivent à se passer de ses trois artifices, sublimant l’action et la narration, pour nous proposer un monument de la littérature dessinée.

Les personnages sont plus que criants de vérité, et V, celui qui s’insurge, celui qui est seul à se dresser contre l’oppresseur et la tyrannie, le seul à donner de la voix à la multitude silencieuse, il est humain, mystérieux, intrigant, passionnant, possède de l’humour et de la dérision.

Il a des valeurs morales, est prêt à tout pour faire tomber cette dictature abjecte et possède aussi des désirs de vengeance. Mon chouchou dans l’Histoire.

Son personnage s’est fortement inspiré de Guy Fawkes, le terroriste catholique qui est à l’origine de la Conspiration des Poudres qui eu lieu en 1605. Il faisait partie de ceux qui avaient planifié l’assassinat du roi Jacques Ier et de faire péter la Chambre des lords.

Quant au scénario, il y a du 1984 d’Orwell, mélangé à du Fahrenheit 451 de Bradbury avec une touche de Dumas et de son célèbre Edmond Dantès mué en un comte de Monte-Cristo vengeur, s’attaquant à ceux qui furent à l’origine de son emprisonnement.

V pour Vendetta est un joyaux noir, taillé à la juste mesure, éclairé de sombritude (oxymore additionné d’un néologisme, je sais) qui dénonce les régimes autoritaires et tout le cortège de privations qui va avec tout en mettant en garde le lecteur : sois vigilant, mec, ça pourrait revenir sans que tu le sentes venir !

Une putain d’excellente uchronie dessinée !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.